Le tout-solaire – ou la mort !

Vous avez dû voir – c’est peut–être même vous d’ailleurs ! – qu’on me fait parfois des reproches comme « Vous ne parlez pas du problème écologique – ou plutôt vous en parlez en termes vagues et tout à fait généraux. Vous ne semblez pas avoir conscience du fait que le danger est très grave et imminent ! »

Est-ce que je pense qu’on va droit dans le mur ? La réponse est oui. Est-ce que je crois que ça ira vite ? Oui, je crois que ça ira très vite, vingt ans, grand max !

Alors pourquoi est-ce que je n’en parle pas davantage ? Parce que je suis convaincu que le problème – et sa solution – sont beaucoup plus simples que ce dont je parle d’habitude. J’ai la faiblesse de croire que si je mobilise toute ma matière grise, je vais peut–être arriver à résoudre une question importante qui permettra de réformer la finance dans le sens qui convient. J’ai au contraire le sentiment que je pourrais écrire dans les jours qui viennent vingt billets à la queue pour dire que le Gulf Stream va disparaître dans les dix ans à venir et que ça ne ferait aucune différence. Est-ce que je pense que c’est possible ? Parfaitement. Mais je suis tout aussi certain que l’espèce est du genre Saint-Thomas et qu’elle ne croit qu’à ce qu’elle voit. Et je n’ai pas tellement de temps devant moi que je puisse me permettre de le passer à pisser dans des violons.

Le jour où le Gulf Stream sera mort et que la température en Europe tombera de cinq degrés (corrigez-moi, si c’est dix), je vous fiche mon billet que tout l’argent dont on nous dit aujourd’hui qu’il est impossible à trouver, on le trouvera soudain en moins de trois heures. Je vous fiche mon billet également qu’il faudra à peine cinquante ans pour le ressusciter. Bien sûr je ne serai pas là pour le voir, je m’adresse ici à la postérité : « Cinquante ans ! ». Parce que ce n’est pas la réflexion qui manque : observons-nous à l’œuvre ! Et nous ne sommes qu’un blog parmi des dizaines de milliers. Ah ! C’est la volonté qui fait défaut !

Pareil pour les émeutes de la faim qui viendront : avec des émeutes de la faim, les choses vont très vite. Il suffit de quelques bâtiments incendiés ou mis à sac et la situation change du tout au tout. Regardez en France : on est passé comme ça de la monarchie à la république, ce qui n’était pourtant pas une mince affaire. Oui, je sais, on a coupé la tête d’un roi et d’une reine (ce que je ne conseille pas : vous avez noté que je recommande toujours qu’on s’asseoie autour d’une table) mais ils avaient pactisé avec l’ennemi… et il y eut un vote démocratique… et certains sadiques ont même voté contre (Donatien Alphonse François marquis de). Avis cependant aux « rois » et aux « reines » d’aujourd’hui : le moment est venu de se mettre à réfléchir : le coup de la brioche, on nous l’a déjà fait !

Les bio-carburants, on l’a vu ces jours derniers, ça a été vite réglé : s’il faut un champ par bagnole, et si on compte que les engrais nécessaires, c’est du pétrole sous une autre forme et que l’eau qu’il faut amener, c’est aussi, essentiellement, du pétrole… Même chose pour le moteur à hydrogène : liquéfier l’hydrogène c’est, une fois de plus, du pétrole !

Permettez-moi donc de mettre les points sur les i à propos de cette question de l’écologie : nous sommes une espèce dure de comprenure mais également tout à fait persuadée qu’un fait est plus fort qu’un Lord-Maire. Alors une fois le nez vraiment dans la merde, nous tirerons très très rapidement les conclusions qui s’imposent : le tout-solaire ou la mort !

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23 réflexions au sujet de « Le tout-solaire – ou la mort ! »

  1. Bonjour,

    Bravo !

    Pour un tout petit peu agrémenter cet article, je dirais que le solaire sert d’ores et déjà à chauffer l’eau et que des techniques pour produire de l’énergie pas cher du tout se développent à grande vitesse que ce soit avec des panneaux solaires a faible rendement (10%) mais faible coup de production (3 fois moins que les panneaux actuels) comme ce que peut faire nanosolar par exemple (http://leblogdelenergiesolaire.com/reportages/reportage-video-sur-le-solaire-photovoltaique-de-4eme-generation/) ou avec le solaire concentré (CSP) qui consiste à concentrer le rayonnement solaire en un point pour faire tourner une turbine (http://objectifterre.over-blog.org/)

  2. Paul, je vous trouve très optimiste:  » nous tirerons très très rapidement les conclusions qui s’imposent : le tout-solaire ou la mort ! »

    Lorsque le baril sera à 1000$, l’énergie électrique devenue très chère, la nourriture devenue inaccessible pour une grande majorité de la population, la population va se « réguler » (que je n’aime pas ce terme!) elle -même mais c’est évidemment les possédants qui pourront survivre en utilisant leurs milices ou leurs armées: je ne crois pas que quelques batiments incendiés, ou même une tentative de passage de frontières par quelques millions de gens pourront faire tomber les têtes.

    Comme je le disais dans un précédent mail, je pense que 100 millions de riches « utiliseront » 1 milliards d’individus bien rémunérés pour assurer leur sécurité commune et la production nécessaire… et tant pis pour les autres…
    Ce sera donc le tout solaire peut être pour une minorité, mais la mort certaine pour une majorité. Et je « vois » cela à moins de 20 ans.

    Je vais aller un peu plus loin au risque de choquer: je pense que seule une incitation forte à la régulation mondiale des naissances peut sauver l’humanité d’un destin à la « mad max »: mais il faudrait faire vite … par exemple par le financement « d’allocations familiales inverses » et de retraites minimales garanties par une structure mondiale. Mais je sais que je rêve!!! A mon sens il est vraiment trop tard (néanmoins je viens de commencer, en anglais – c’est dur -, la mise à jour de Meadows « The 30 year update » de « Limits to growth »… je verrai ce qu’il en pense)

    J’espère vraiment me tromper…

  3. Merci pour ce billet : c’est ce que je pense depuis longtemps…

    Je pense que le solaire ne sera pas la seule solution : il y aura beaucoup de solaire, pas mal d’énergie éolienne, un peu de nucléaire (en tant qu’énergie de transition) et pas mal d’autres choses aussi : biomasse, énergie des vagues et des marées, etc… Et puis aussi — et surtout — une véritable recherche de l’efficacité maximale, des économies d’énergie, etc.

    @Stilgar : 1 milliards de personnes, ce n’est pas beaucoup quand on en a 4 ou 5 milliards en face, dans le camp des pauvres. Et ce n’est pas parce qu’on est pauvre que l’on est stupide. Dans ces 4 ou 5 milliards, il y en a certainement pas mal qui sont éduqués et intelligents. À un contre quatre, l’affaire sera vite réglée, et, comme le dit Paul Jorion, on a coupé des têtes pour moins que cela…

  4. Puisque vous parlez d’écologie je me permets de signaler que certains biocarburants n’entrent pas en concurrence avec la production nutritionnelle. On en entend peu parler dans les médias mais les biocarburants à base d’algues semblent très prometteurs, après tout ce sont des capteurs solaires naturels et qui nécessitent une bien plus faible surface d’exploitation que les biocarburants classiques.

    Voir le projet Shamash de l’INRIA par exemple:

    http://www.capenergies.fr/fichiers/evenements/AG%20220307/capenergie220307-SHAMASH.pdf

    http://www-sop.inria.fr/comore/shamash/

    Et puis il y a toujours la fameuse voiture à air comprimé qui nécessite bien moins de carburant que les automobiles classiques :

    http://www.mdi.lu/fra/affiche_fra.php?page=accueil

  5. Hello Bernard,

    et plus concrète le développement de prof Greatzel (Swiss) récement acheter par Dyesol http://www.dyesol.com/

    Quote : Leaves of plants are tiny factories in which sunlight converts carbon dioxide gas and water into carbohydrates and oxygen. They are not very efficient however but are very effective over a wide range of sunlight conditions. In spite of the low efficiency and the fact that the leaves must be replaced, the process has worked for hundreds of millions of years, and forms the primary energy source for all life on earth.

    Since the 1970’s, attempts have been made to create a better solar cell based on this principle. There were early attempts to cover crystals of semiconductor titanium dioxide with a layer of chlorophyll. However, the electrons were reluctant to move through the layer of pigment, so the efficiency of the first solar cells sensitised in this way was about 0.01%.

    Then in 1988 at EPFL in Switzerland, Michael Graetzel discovered that nanotechnology could overcome the problem. Instead of using a single large titanium dioxide (titania) semiconductor, he worked with a sponge of small particles, each about twenty nanometres in diameter, coated with an extremely thin layer of pigment. This method increased the effective surface area available for absorbing the light by ‘many times’- now the sunlight was efficiently converted into an electric current.

    Dyesol’s team has developed this invention to a range of commercial product solutions. Now, less than 15 years after the DSC effect was successfully demonstrated in Switzerland, manufacturing, prototyping and research equipment for 3rd Gen DSC is available from the Australian company Dyesol.

    unquote.

    et pour répondre a Stilgar, il y en a des dizaines d’organisations qui se battre pour une revenue de citoyenneté (ou revenue de base etc) mais aucune en territoire francophone.

    http://www.usbig.net
    http://www.basicincome.org

    Paul

  6. Une hypothèse très intéressant à mon avis de William Ruddiman

    http://www2.sunysuffolk.edu/mandias/es18/docs/Ruddiman_article.pdf
    ……….
    During the current interglacial interval, CO2 concentrations reached the expected peak around 10,500 years ago and, just as anticipated, began a similar decline. But instead of continuing to drop steadily through modern times, the trend reversed direction 8,000 years ago. By the start of the industrial era, the concentration had risen to 285 ppm— roughly 40 ppm higher than expected from the earlier behavior.
    What could explain these unexpected reversals in the natural trends of both methane and CO2?

    ………….
    Implications for the Future
    the conclusion that humans prevented a cooling and arguably stopped the initial stage of a glacial cycle bears directly on a long-running dispute over what global climate has in store for us in the near future. Part of the reason that policymakers had trouble embracing the initial predictions of global warming in the 1980s was that a number of scientists had spent the previous decade telling everyone almost exactly the opposite—that an ice age was on its way.

    …………

    S’il a raison, cela veut dire que l’influence de l’activité humaine est encore beaucoup plus grande qu’on ne le pense aujourd’hui.

    Paul

  7. à Stilgar,
    il faut constater une forte baisse des taux de fécondité dans le monde entier, on peut anticiper une baisse de la population mondiale assez rapidement.
    Les stocks de pétrole sont encore imposants et nous laissent bien plus de 20 années pour rebondir. Evidemment l’énergie bon marché est vraiment derrière nous pour l’instant. On est dans la phase où l’odeur prend puissance et commence à être vraiment dérangeante, pour reprendre la métaphore de notre hôte.
    bien à vous

  8. @karlu$$

    Tout à fait d’accord pour la réalité d’une baisse de fécondité générale… il n’empêche que toutes les extrapolations donnent entre 8 et 10 milliards d’individus lors du « peak » de population, dont la majorité souhaite vivre « mieux »…

    Je ne pense pas que le peak de réserves de pétrole soit « le » problème… il y a en a bien d’autres (halieutiques, réchauffement, terres arables, céréales, eau … j’en oublie), mais le problème me semble être les simples *capacités de productions* : toutes énergies fossiles confondues, ça stagne depuis 2 ans malgré une demande de plus en plus forte.

    Donc effectivement, l’énergie bon marché est derrière nous et deviendra de moins en moins accessible au plus grand nombre… les conséquences pour ces 80% de la population (mais aussi pour la Terre elle-même qui sera dégradée) me semblent incommensurables pour les 20 ou 30 ans à venir.

  9. Un ajout…

    La crête de capacités de production n’est pas due, semble t-il, à un manque d’investissement, mais plutôt au fait que les puits ont tous cessé de produire le « pétrole facile ».
    Je vous suggère un forum dans lequel plusieurs « fils » sont très argumentés (par de vrais professionnels) sur ce sujet http://forums.oleocene.org/ , ainsi, bien sur, que les bulletins de l’ASPO http://aspofrance.org/

  10. L’homme a l’arrogance de croire qu’il trouvera des solutions aux problèmes qu’il pose lui-même. J’en pose donc un en tant que représentant de cette espèce :

    « Donnez un nombre positif qui ajouté à un autre nombre positif donne un nombre négatif »

    Ce problème n’a pas de solution ! En mathématiques on parle d’ensemble de solutions vide. De plus « on » vous parle d’exemples où dans le passé l’homme aurait trouvé des solutions : voiture, ampoule électrique, etc… que sais je encore ? Edison n’a pas découvert l’ampoule électrique parce que l’on était dans le noir et on n’a pas inventé la voiture parce que l’on n’arrivait pas à se déplacer ou à travailler ! Donc certes on améliore mais l’homme est en train de se créer un problème qui n’a pas de solution. C’est le sous-estimer de penser qu’il n’en est pas capable et c’est probablement le surestimer que de penser qu’il trouvera toujours une solution. Le problème écologique en en train de devenir insoluble et de laisser croire que l’argent permettra de faire quelque chose est aussi une erreur grave : vous pouvez planter toute la monnaie du monde et il ne poussera même pas un radis !

  11. Voici ce qu’écrit un cultivateur sur le forum « oléocène »

     » Moi je suis agriculteur et ce qui m’inquiète, c’est la flambée du prix des engrais et du gasoil. Peut être que les prix des céréales ont doublés mais celui des engrais chimiques a explosé!!!

    Il est certain que l’an prochain on va freiner dessus et diminuer les doses drastiquement ce qui signifiera une baisse de la production et une nouvelle flambée alimentaire.
    Je fais des céréales sur ma ferme et c’est pas le bio qui va nous sauver: rendement de 80 quintaux en agriculture industrielle, 30 a 40 en bio. Avec l’objectif de passer 20 % en bio d’ici quelques années cela entrainera une baisse de la production de plusieurs millions de tonnes et donc une nouvelle flambée des prix !!!

    En tant que céréalier industriel, je ne suis pas contre le bio d’ailleurs je me lance sur une parcelle cette année « pour voir » mais le bio suppose de mettre du compost, beaucoup de compost animal dont le prix flambe aussi sans compter le coût de transport !!!

    Beaucoup de mes collègues commencent à dire qu’ils vont faire l’impasse sur l’engrais l’an prochain en cas de baisse des prix car si le pétrole monte à 200 euros l’engrais va être hors de prix… Sans engrais on retourne 60 ans en arrière au niveau des rendements malgré les progrès de la génétique.
    prix 2006 du P2O5 (un des trois principaux engrais) : 230 euros
    prix 2007: 450
    prix 2008 actuel 750 euros lorsque le pétrole a passé les 100 dollars
    Si le pétrole passe a 200 dollars ce sera 1500 euros la tonne.
    Qui plus est les Chinois sont en train de ramasser tout ce qu’ils peuvent comme engrais au niveau mondial pour augmenter la productivité.
    Donc l’heure où il faudra choisir entre un i-phone et une tonne de patate est peut être plus prêt que ce que l’on pense.

    La seule solution, c’est de changer nos habitudes alimentaires en diminuant la consommation de viande.

    50% de la production céréalière mondiale part dans l’alimentation animale. C’est ce qui se passe en Chine où la nouvelle classe moyenne ne veut plus se contenter de son bol de riz mais où elle veut aussi y rajouter de la viande.

    Si l’on ne change pas nos habitudes de consommation, on est très mal parti !!!  »

  12. Merci Paul pour ce message clair et franc.

    … Bravo Jean-Baptiste, bien dit !

    Moi, je meurs d’envie depuis longtemps d’écrire ce qui va suivre, car ça m’énerve prodigieusement depuis mon enfance, et oui ! , d’entendre cette ineptie :  » CE QUI DISTINGUE L’HOMME DE L’ANIMAL, C’EST L’INTELLIGENCE !  » Ça m’énerve a un point… vous ne sauriez l’imaginer ! Mais a un point…

    A ce que je vais dire, je fais une exception pour quelques Esprits brillantissimes et quelques Coeurs d’or (… dont nous sommes, vous l’avez compris !), mais en règle générale et en antidote au poison énoncé ci-dessus (celui de notre supériorité présupposée), je veux pouvoir affirmer haut et fort que :

    Ce qui différencie l’espèce humaine des autres espèces animales n’est pas l’intelligence (Conceptualiser ses prédations pour les masquer, les justifier, les minorer… est-ce de l’intelligence ? Non ! ), mais le déni de réalité.

    Oui !!! LE DENI DE REALITE.

    Le déni de réalité est la base même de la bêtise. Et la terre va en mourir. La beauté en meurt déjà… et sans la beauté, vivre est de peu de goût.

    Benoit, des bords du Mékong.

  13. C’est vrai que l’occidentalisation du monde global pose un réel problème avec ce mimétisme puéril qui pousse les peuples à ressembler aux feuilletons américains. La sous-culture américaine à rotation rapide dans les étals des hypermarchés fait de l’occident un standard et désacralise les autres cultures. C’est bien dommage… mais peut-être le réajustement de notre alimentation se produira nécessairement par le prix qui fixera le choix et les nouvelles habitudes (moins de viande et plus de bio). Le bio c’est bon !

  14. Malheureusement, le tout-solaire n’est guère envisageable tant qu’on n’aura pas un moyen efficace de stocker l’énergie. Comment faire avancer les transports à l’énergie solaire ?

    Bon, j’imagine que cette référence au « tout-solaire » est là pour résumer la nécessité de ne plus dépendre d’énergies non renouvelables.

    Je ne suis pas aussi optimiste que vous sur la capacité de l’humanité à changer. Le problème du réchauffement climatique, c’est qu’il est graduel. Il n’y aura pas d’évènement catastrophique style « le jour d’après », simplement une dégradation lente. Le risque, c’est que nous réagissions comme ces grenouilles, qu’on met dans une casserole d’eau froide progressivement chauffée. Le caractère graduel du réchauffement fait qu’elle ne le perçoit pas et se laisse cuire…

  15. Les enchaînements de cause / conséquence sur les prix de l’énergie, les prix alimentaires, les prix des engrais cités par Stilgar donnent le tournis. La remarque initiale sur « 1 milliard d’individus bien rémunérés assurant la sécurité et la production pour 100 millions de riches » font froid dans le dos.

    Y-a-t-il des économistes, des sociologues qui travaillent sur des scénarios, des modèles pour explorer les enchaînements de changement de comportements qui se préparent ? … ou qui seraient intéressés à le faire ?

  16. A la réflexion, je crois bien que ce sera 10 millions de riches, plutôt que 100 millions 🙁

    Comme je le disais, je lis en ce moment « Limits to growth – the 30 year update », et en attendant d’en faire un article/résumé comme je l’avais fait pour le premier livre de 1972 ( http://www.societal.org/docs/cdr1.htm ) voici ma première impression…

    Sur 9 scenarii étudiés par Meadows, il n’y en a qu’un seul (le 9) qui permettrait de nous sortir de ce mauvais pas avec une stabilité de population à 8 milliards. Il faut tellement de conditions simultanées que je crains qu’en aucun cas nous ne puissions y arriver…

     » In this scenario population and industrial output are limited as in the previous run (scenario 8), and in addition technologies are added to abate pollution, conserve ressources, increase land yield, and protect agricultural land. The resulting society is sustainable: Nearly 8 billion poeple live with high human welfare and a continuously declining ecological footprint. »

    scenario 8 : « If the model society both adopts a desired family size of 2 children and sets a fixed goal for industrial output per capita, it can extend somewhat the « golden pediod » of fairly high human welfare between 2020 and 2040 in scenario 7. But pollution increasingly stresses agricultural ressources. Per capita food production declines, eventually bringing down life expectancy and population »

    … mais pensons que quand Meadows a fait ces études (#2000), le baril de pétrole était entre 25 et 30$. Il a évidemment tenu compte de la déplétion et de la probabilité du « peak », mais a t-il prévu des prix aussi élevés que ceux que nous connaissons, 8 ans après ?

    A-J Holbecq

  17. @Paul: j’avais lu cet article de Gorz il y a quelques années, je ne me souviens plus où.
    Il n’empêche que sa question  » Car la survie non plus n’est pas une fin en soi : vaut-il la peine de survivre dans « un monde transformé en hôpital planétaire, en école planétaire, en prison planétaire et où la tâche principale des ingénieurs de l’âme sera de fabriquer des hommes adaptés à cette condition »  » pose peut-être celle de sa fin l’an dernier ?

  18. Bonjour,

    J’ai découvert vos articles sur le site « contreinfo » et les apprécie, d’autant qu’ils sont écrits par un Belge.

    Je partage votre vision. Mais les politiciens qui dirigent nos nations, se fichent comme d’une guigne, que l’humanité (ce mot a-t-il encore un sens pour eux ?) coure à sa perte, de toutes les façons ils auront pris leurs dispositions pour partir sous des cieux plus cléments.

    C’est curieux comme les médias découvrent depuis 2 ou 3 ans, les problèmes que la pollution a engendrés, alors que des cassandres nous mettaient en garde il y a 20 ou 30 ans. Mais ils prêchaient dans le désert

    Peut-être, que sous la pression du chaos, les gouvernements se ressaisiront ? Je n’y crois guère.

    Cordialement.

  19. Et nous ? Allons nous nous (re)saisir ? Et saisir enfin les moyens qui sont à notre portée pour agir ? 1 million de riches ne peuvent emporter 6 milliards d’humains dans le désastre sans le consentement de ces derniers. Mais par où commencer ?

    La question du pétrole est intéressante. On commence à voir que les effets économiques de la crise pétrolière ont des impacts plus rapides en réalité que les effets écologiques de sa consommation. Le prix monte, génère une rente artificielle pour les producteurs que la plupart utilisent très mal et met en péril l’équilibre alimentaire de la planète.

    Comment juguler cette situation ? La taxation (existante mais visiblement insuffisante) ne sélectionne absolument pas les « bonnes » utilisations du pétrole et est extrêmement inégalitaire. Comme l’est le « libre mouvement du marché ».

    Il faut donc chercher des solutions hors des champs habituels. La question d’un rationnement démocratique de la consommation de pétrole devrait être posée de manière très urgente à mon sens.

    Qu’en pensez-vous ?

  20. fmarsal écrit « Il faut donc chercher des solutions hors des champs habituels. La question d’un rationnement démocratique de la consommation de pétrole devrait être posée de manière très urgente à mon sens. »

    Faut-il partager le pétrole (et l’énergie d’une manière générale) égalitairement ou équitablement ? La même quantité pour un nord-américain et pour un ???? (je vous laisse mettre ici qui vous voulez 🙂 ) ?

    Mais le nord-américain ou l’européen accepteront-ils ? Non surement pas, ni leurs gouvernements d’ailleurs…

    Je n’ai pas de solution si ce n’est une proposition limitée à un pays (ou zone économiquement identique, les USA ou l’Europe par exemple..) Cette proposition serait celle d’un quota par adulte à un prix « nationalisé » (subventionné). Celui qui ne consomme pas son quota pourrait soit le reporter le solde d’une année sur l’autre, soit le commercialiser dans une bourse au prix du marché d’offre et de demande… les « économes » (en énergie) bénéficieraient ainsi d’un supplément de revenu fonction du prix auquel les « dépensiers » seraient prêts à acheter le surplus…

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