L’entourloupe. Le prix des matières premières (III)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Si l’on veut comprendre ce qui survivra à la crise présente et ce qu’elle engloutira, une distinction essentielle doit être faite entre un risque financier auquel on est exposé à son corps défendant et contre lequel il est légitime de se protéger, et un risque auquel on s’expose de manière délibérée et qui constitue un danger, non seulement pour soi mais pour tous ceux qui dépendent de soi directement ou indirectement. Le risque inévitable est dicté par les circonstances, par exemple par l’ensemble des facteurs naturels ou d’ordre humain susceptibles d’influer sur le volume final d’une moisson. Le risque évitable est lui un pari que l’on fait, où l’on s’expose de manière librement consentie à une perte éventuelle en vue d’un gain incertain.

Les marchés à terme furent inventés pour permettre à des intervenants, l’un qui livrera et l’autre qui prendra livraison, de déterminer aujourd’hui à quel prix aura lieu une transaction qui prendra place ultérieurement. En fixant le prix dès maintenant, les deux parties, acheteur et vendeur, se protègent contre les aléas de la variation du prix susceptibles d’intervenir d’ici la livraison. A la maturité du contrat, au jour préétabli de la livraison, le prix à terme et le prix « spot », le prix du moment, auront convergé jusqu’à – en principe – coïncider. Je dis « en principe » parce que cette coïncidence n’est plus nécessairement constatée aujourd’hui en raison de l’intense spéculation qui s’observe sur ces marchés.

Les contrats à terme avaient lieu traditionnellement « de gré à gré » (en anglais « Over the Counter » ou OTC) entre deux parties qui se mettaient d’accord sur les termes de la vente de manière anticipée à la transaction proprement dite, à savoir au transfert effectif de la marchandise à l’acheteur par le vendeur.

Avec l’apparition de marchés organisés pour ces ventes à terme, favorisant la rencontre d’acheteurs et de vendeurs potentiels et garantissant les contrats contre la mauvaise foi de l’une des parties, des marchés « secondaires » se mirent en place où ces contrats purent être librement rachetés et revendus par des tiers entre le moment de leur création et celui prévu pour la livraison.

En fait, la création de marchés secondaires pour les opérations à terme ouvrit une boîte de Pandore : elle autorisa désormais la présence sur ces marchés d’intervenants n’ayant aucune intention ni de livrer ni de prendre livraison de la marchandise et dont le seul but est de parier sur la variation du prix entre le moment où ils interviennent et celui prévu pour la livraison. Ces passagers clandestins, qui s’esquivent du marché lorsque le moment de la livraison approche, ce sont bien sûr les « spéculateurs ». Les traders débutants, mandatés par un établissement financier pour spéculer sur ces marchés, commettent souvent l’erreur classique consistant à se dégager trop tardivement et se voient alors obligés de trouver en catastrophe des tonnes de carcasses de porc ou de graines de soja, ou, pire encore, de devoir en prendre livraison.

La raison pour laquelle les spéculateurs sont tolérés sur les marchés à terme n’est pas celle que l’on entend toujours invoquer : leur capacité à offrir de la « liquidité ». Elle est en fait beaucoup plus simple : ces marchés sont dominés et tenus en main par les établissements financiers qui spéculent en leur sein au nom de leurs clients ou pour leur propre compte. Interpelés par ceux qui remettent en question la légitimité de leur présence, leur réponse est très simple : ce furent les intervenants légitimes – ceux qui sont présents sur ces marchés parce qu’ils entendent véritablement y acheter ou y vendre à terme une marchandise – qui les y ont invités parce qu’ils assurent une fonction essentielle au bon fonctionnement des marchés à terme : ils y assurent de la « liquidité ».

L’histoire est rapportée ainsi : pris d’une lubie soudaine, et agissant contre leur intérêt bien compris, les intervenants légitimes voulurent un jour interdire l’accès d’un marché à terme aux spéculateurs (le marché à terme de l’oignon dans les années 1950, répète-t-on à voix basse) et mal leur en prit : le ciel leur tomba aussitôt sur la tête. Conscients de leur tragique erreur, et bourrelés de remords, ils invitèrent humblement les spéculateurs à les rejoindre. Ceux-ci dispensent désormais avec largesse – et sans manifester la moindre rancune – la manne de la liquidité dont ils sont les porteurs.

John Kenneth Galbraith – qui avait très mauvais esprit – disait à propos de la liquidité procurée par les spéculateurs qu’elle

… favorise ce degré supplémentaire d’activité qui transforme un marché maigre et anémique en un marché gras et en bonne santé. Il s’agit là dans le meilleur des cas d’un sous-produit qui ne fait pas grande différence et de toute manière d’un intérêt douteux (Galbraith 1954 : 25)

Pour celui qui dispose réellement d’une marchandise ou qui la convoite, le marché à terme fonctionne comme une assurance. Pour celui qui n’en dispose pas, le marché à terme propose un casino. Contenant leur gratitude envers les spéculateurs et la manne de liquidité que ceux-ci procurent dans leur munificence – et conscients du fait que leur présence massive signifie la mort certaine d’un marché – les organisateurs de marchés à terme ont généralement cherché à restreindre l’influence de ceux-ci en limitant le nombre de contrats qu’ils peuvent détenir.

Les spéculateurs considérèrent qu’il s’agissait là d’une exigence excessive et ils mirent leur génie au service de la découverte de moyens de contourner cette barrière. C’est ce génie qui permet aujourd’hui au prix des céréales d’atteindre dans le monde des sommets vertigineux, ou à celui du pétrole d’avoir atteint de tels sommets récemment : pareils au loup se parant de la peau d’une brebis, les spéculateurs, représentés par les banques d’investissement de Wall Street, envahirent les marchés à terme en se déguisant en « commercials », en intervenants légitimes, cherchant véritablement à vendre ou à acheter une marchandise. La CFTC (Commodity Futures Trading Commission), le régulateur américain des marchés à terme, en l’occurrence plus benête que malveillante, n’y vit que du feu, ouvrant la voie à une chaîne d’événements dont l’ultime aboutissement sont les émeutes de la faim des mois récents provoquées par un renchérissement dramatique du prix des céréales sur les marchés mondiaux.

Oui, je sais : le pétrole est désormais en quantité limitée. Oui, je sais, l’agriculture contemporaine repose en grande partie sur le pétrole. Mais je sais aussi que les spéculateurs agitent désormais le spectre du « pic pétrolier » afin de détourner l’attention du public de leurs agissements. Je ne souscris pas personnellement à la notion de « spéculation excessive » que vise à juguler le nouveau projet de loi américain intitulé « Stop Excessive Energy Speculation Act of 2008 », je crois que, pour adapter à de meilleures fins un vieil adage de l’Ouest, que le seul « bon spéculateur » est un spéculateur mort. Je ne nie pas que le « pic pétrolier » existe, j’affirme simplement qu’il s’agit d’une autre histoire, dont il convient de parler séparément.

L’entourloupe qui a permis à la spéculation de jouer un rôle renouvelé sur les marchés à terme des matières premières fut révélée lors d’une réunion du Agricultural Advisory Committee qui eut lieu à Washington le 6 décembre de l’année dernière. Le mérite d’avoir extrait de la gangue des 276 pages de la transcription des auditions qui eurent alors lieu, leur substantifique moelle, revient à Michael Masters, qui en fit la synthèse le 20 mai dernier devant le comité on Homeland Security and Governmental Affairs du Sénat américain.

Voici, expliqué brièvement le mécanisme de l’entourloupe, destinée, je le rappelle, à neutraliser les quotas appliqués au nombre de spéculateurs sur les marchés à terme de matières premières. Faisant preuve – comme toujours – d’une remarquable inventivité en matière d’ingénierie financière, les banques d’investissement de Wall Street contractèrent avec ceux que l’on appelle les « investisseurs institutionnels », les fonds de pension, fondations universitaires américains, fonds souverains, etc., des swaps où ils promettent de verser à ceux-ci des sommes correspondant aux gains de prix sur les marchés à terme des matières premières.

Si ces investisseurs institutionnels avaient opéré sous leur propre identité sur les marchés à terme, leurs positions auraient été limitées en taille. En se plaçant de manière indirecte, par le truchement d’un swap contracté avec une banque d’investissement, ils contournaient cette limitation.

Voici comment fonctionne ce swap : l’investisseur institutionnel s’engage à verser à échéance fixe, à la banque d’investissement, une somme correspondant au cours, à la date du contrat, d’un indice représentant la valeur d’un panier de contrats à terme de matières premières. La banque verse elle, à la même échéance, la valeur actuelle de cet indice. Les versements s’annulent bien entendu partiellement et à chacune des échéances, l’opération équivaut à ce que la banque verse à l’investisseur le gain de l’indice si celui-ci a crû entretemps, alors que l’investisseur verse le différentiel à la banque, si l’indice a, au contraire, décrû.

Après avoir contracté de tels swaps avec une multitude d’investisseurs institutionnels, les banque d’investissement se tournèrent vers la CFTC en lui disant : « Las ! Je suis exposé à un abominable risque sur le marché des matières premières : si le prix monte, je suis mort ! Autorisez-moi – je vous en prie – à me couvrir contre ce risque abominable ! ». La CFTC, au bord des larmes, répondit (selon le témoignage de Mr. Heitman le 6 décembre 2007) : « Pas de problème puisqu’il s’agit de la couverture d’un risque ! Allez-y, et pour faire bonne mesure, on vous attribuera le statut de « commercial » (= non-spéculateur) ».

Voici donc la manière dont les marchés à terme se firent entuber : les investisseurs institutionnels ne connurent désormais plus aucune limite à leurs positions spéculatives – puisqu’elles se contentaient de contracter des swaps avec les banques d’investissement de Wall Street, tandis que celles-ci avaient obtenu carte-blanche sur les marchés à terme où – selon la version officielle – elles n’ont jamais cherché qu’à se couvrir contre un abominable risque.

Comment tout cela affecte les prix, nous en reparlerons dans un prochain épisode.

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John K. Galbraith, The Great Crash – 1929, Boston : Houghton Mifflin 1954.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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13 réflexions au sujet de « L’entourloupe. Le prix des matières premières (III) »

  1. Bonjour, il faudrait un jeu de société type monopoly / hôtel en un peu plus technique avec le principe de création de monnaie en début de partie, où les joueurs devraient payer des intérêts à la banque à chaque tour. Dans une partie plus complexe, on pourrait faire jouer la spéculation des uns sur la production et la famine des autres.

    Ce sont des moyens d’expliquer les systèmes en micro au commun des mortels et comment dans la plupart des cas, ils aboutiront sur une amélioration globale des richesses avec, toujours, une inégalité de répartition de celles-ci.

    Le but du jeu de société n’est-il pas souvent de plumer les autres et de racheter toute la table, alliant généralement l’armée, les tribunaux, les médias et les banques ?

    C’est autour de ces « jeux de sociétés » que j’ai grandi. Quel bon modèle !

    Pour le sujet, que ces gens jouent au poker, à somme nulle ne me dérange pas, tant que ça n’implique qu’eux. Tout étant maintenant inter-dépendant, leur poker déstabilise la planète et empêche ceux qui n’ont rien demandé d’accéder aux ressources alimentaires basiques.

    Ceux qui jouent au loto, au bingo, au poker, aux courses le font dans leur coin, avec les mêmes joueurs, et leur jeu n’influe pas en création monétaire plus que ça, et leurs actions ne portent pas sur le droit de vie des autres. Pour jouer à ce poker, il faut déjà avoir accès à des études pour en comprendre les enjeux et les mécanismes.

    La soif d’argent, la soif de rentabilité des capitaux ne sera jamais étanchée, et tous les moyens sont bons pour contourner toutes les règles, et le plus vite possible. Nous nous battons contre des forces exponentielles de toute part. Les booms de la société de consommation, du crédit, de l’internet de la mondialisation, la télécommunication ont fait décupler les forces de ce système.

    Puisque les pansements ne font que gagner du temps, l’interdiction de spéculer me semble urgente, quant aux liquidités… mouais

  2. Excellentes explications comme d’habitude. Mais enfin …. que de complicités aux plus hauts niveaux des états et des soi-disant représentants des peuples. De la création pseudo-officielle de bakchich, de la mafia légalisée ?????????

    Sans cela ces entourloupes à l’échelle planétaire ne pourraient pas exister. A nous petites gens de nous adapter.

    Comment ? Quelle sont les moins mauvaises options pour nous ? Un bunker avec des stocks ??

  3. Encore une fois les « banksters » ont encore frappé alors. Banquiers et fonds, de connivence, agissent pour se refaire des pertes subprimes en se rabattant dans un autre domaine. J’imagine que les autorités américaines n’auraient sans doute pas réagi si les tendances inflationnistes ne devenaient pas elles-mêmes un danger pour l’économie américaine et la consommation. Franchement ils mériteraient une sévère correction de leur économie, une récession qui leur rappelleraient 1929, cela leur apprendrait à jouer avec le feu et mettre le feu chez les autres aussi. A quoi vont-ils passer maintenant, que tous les secteurs financiers sont sinistrés, que vont-ils trouver, quelle bulle vont ils créer, qui vont ils pouvoir racketter pour se refaire un meilleur bilan financier ?

  4. Nous nous battons contre des forces exponentielles de toute part. Les booms de la société de consommation, du crédit, de l’internet de la mondialisation, la télécommunication ont fait décupler les forces de ce système.

    doucement zoupic, ne mélange pas tout ! sans internet ce blog n’existerait pas (par exemple), et personnellement c’est en naviguant sur le net que j’ai compris que quelque chose clochait… la mondialisation c’est encore autre chose ! le problème qui est développé ici c’est la spécu financière qui n’est pas si récente que ça ! bravo à ce blog qui permet d’y voir plus clair, de comprendre les enjeux et les solutions possibles, tout ça 🙂

  5. @ Xavier

    Dwight Cass est l’ancien rédacteur en chef d’un magazine spécialisé dans le conseil aux détenteurs de grosses fortunes, Worth. Il n’y a pas de sot métier mais pourquoi Le Monde a-t-il pensé qu’il s’agissait là d’une source fiable d’information sur ce sujet, je l’ignore personnellement. Le Monde Economie, en tout cas, est en vacances.

  6. Très intéressante saga sur les prix des matières premières et la spéculation. J’ai un peu attendu avant d’écrire :

    1) cet article m’a convaincu que la spéculation a un effet important sur les prix ; mais elle n’en pas une condition suffisante, il faut aussi qu’une partie suffisante de la demande soit capable de subir les hausses de prix. Qu’il s’agisse d’autres spéculateurs ou de « vraie » demande.

    2) Comment agir, et vers quoi ? Eliminer la spéculation est une chose, à supposer que ce soit possible, mais fondamentalement n’est-il pas également choquant que de la nourriture soit balancée dans les restaurants et magasins des pays riches, alors que d’une part elle pourrait nourrir, et que d’autre part elle a nécessité des facteurs de production et donc occupé (et un peu épuisé) le sol.

  7. Vince > Quand je parle de forces exponentielles je fais référence à un ensemble de variables du monde moderne qui nous entourent et croissent de façon.. exponentielles. L’équation que j’essaye de poser est de savoir si le capitalisme saura lui même être durable, s’adapter aux nouvelles contraintes, aux limites alimentaires, énergétiques etc.. S’il perdurera ou s’il atteindra un point de non retour que je n’ose imaginer. La troisième hypothèse serait l’alternative douce vers un autre chose, qui s’inscrit un peu dans les transformations du capitalisme face à la société moderne : ce qui vous est proposé tout au long de ce blog et sur des milliers d’autres sites. L’équation se trouve ici : http://zoupic.over-blog.com/article-21564091.html

  8. Merci beaucoup, Paul, pour cette analyse qui met la compréhension de la complexité du fonctionnement des marchés à terme à la portée de tous ceux qui, comme moi, souhaitent simplement comprendre ce qui leur arrive vraiment. Je crois que c’est essentiel, parce que, comme toujours, il est impossible de trouver une solution si l’on se contente d’écouter les experts débiter savamment leur catéchisme dans leur langue de bois méticuleusement ciselée pour être totalement hermétique. La seule issue possible dans ce cas est de se résoudre à les laisser inventer un catéchisme encore plus complexe, et qui leur est comme par hasard encore plus favorable, pour corriger les défauts du catéchisme responsable sur la forme mais pas coupable sur le fond.

    Tant que les marchés a terme de matières premières auront besoin de liquidité pour fonctionner, et tant que les apporteurs de cette liquidité providentielle seront rémunérés sur le nombre de transaction et les écarts de cours, il ne faut pas vraiment être surpris si ces variations se multiplient et si leur ampleur varie au moindre prétexte, de l’age du capitaine du pétrolier ou du minéralier au légendaire battement de l’aile du papillon de la théorie du chaos.

    Il faut pour en sortir changer de mécanisme de garantie de bonne fin des transactions. Je fais partie de ceux qui pensent qu’un mécanisme de type assurance pourrait faire l’affaire. Un assureur, quand il fait son métier, gagne son argent quand l’événement dont il assure les conséquences négatives n’intervient pas. Quand il garantit un prix, il n’a donc aucun intérêt à ce que ce prix augmente. Tout cela suppose bien sur que l’assureur n’évolue pas comme le banquier, – qui ne porte plus depuis longtemps le risque qu’il vend, sauf quand il se fait prendre les doigts dans la porte -, c’est-à-dire qu’il ne passe pas son temps, comme il commence regrettablement à le faire, à inventer lui aussi des mécanismes qui lui permettent de passer la patate chaude du risque en gardant la prime d’assurance en créant des produits, un marché suivant le modèle connu.

    L’enjeu est de taille ; il ne s’agit pas de « punir » une profession qui a eu la faiblesse de croire que tout ce qui rapporte de l’argent légalement est forcement moral et donc désirable et socialement enviable. Il s’agit de dégager les ressources qui sont nécessaires pour passer d’une économie pillarde et pollueuse à une économie un peu plus durable, en donnant aux créateurs de valeur ajoutée « durable », à commencer par les agriculteurs, les moyens financiers qui leurs sont nécessaires pour créer ou rénover les outils de production de matières premières et d’énergie renouvelables et pour recycler les matériaux épuisables. On fait exactement le contraire aujourd’hui en pillant leurs maigres valeur ajoutée pour la transférer au secteur financier dont les happy few l’investissent en partie dans une insolente consommation de luxe. Si ce n’etait pas grave parce que quelques centaines de millions de personnes risquent de voir leur vie basculer dans le cauchemar, ce serait presque drôle.

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