A propos de « Les banques coopératives », par Pierre Dubois et Michel Abhervé

On me fait lire Les banques coopératives. Du pire au meilleur pour le développement de l’économie sociale par Pierre Dubois et Michel Abhervé. Ce texte qui examine pourquoi les banques coopératives françaises se sont retrouvées dans la même tourmente que les autres et dans bien des cas, plus exposées encore, est très intéressant.

Il réclame « qu’elles reviennent à leurs principes fondateurs, qu’elles disent haut et fort : « nous nous sommes trompées en imitant la finance capitaliste qui recherche une rentabilité annuelle démesurée du capital investi ; nous sommes au cœur de l’économie sociale et solidaire ; nous voulons développer cette économie respectueuse de l’homme, de tous les hommes et en particulier des plus démunis ; nous allons nous investir, ensemble avec les mutuelles d’assurance et de santé, pour dynamiser les structures à but non lucratif, les coopératives et les associations employeurs. Ensemble, nous pesons plus de 2 millions d’emplois ; nous visons davantage ». »

Lisez ce texte. Une fois sa lecture terminée, vous comprendrez sans doute pourquoi j’ai répondu ceci à ceux qui me l’ont fait lire :

La question n’est-elle pas plutôt : « Pourquoi les coopérateurs ont-ils autorisé leurs coopératives à « jouer dans la cour des grands » ? »

La réponse n’est-elle pas : parce qu’il y avait sous-estimation généralisée du risque et du coup, des profits colossaux à faire ?

Les coopérateurs se sont conduits en « bons pères de famille », c’est–à–dire en spéculateurs à la petite semaine.

Le responsable de la crise, ce ne sont pas les autres : l’Amérique, la finance, les banques non-coopératives, c’est la sympathie universelle et populaire pour le gain sans cause (= sans travail).

Non, les salariés du secteur ne seront hélas pas sauvés parce que les coopérateurs se reconvertissent dare-dare à la vertu.

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18 réflexions au sujet de « A propos de « Les banques coopératives », par Pierre Dubois et Michel Abhervé »

  1. Bonjour,
    Que de crédulité dans ce texte et dans les réponses que vous avez faites ! La grande majorité des ‘coopérateurs’ sont là uniquement pour servir ‘de faire valoir’ à la coopérative. L’ignoriez vous ainsi que les auteurs de ce texte ?
    C’est là une jolie façade que présente ces banques.

  2. Bonjour,

    Au début, j’ai eu peur en lisant votre article, j’ai cru que vous parliez de la nef et du crédit coopératif puis je me suis rendu compte que non et la effectivement, j’ai reconnu des banques qui avaient beaucoup perdu de leurs valeurs initiales.

    Par contre, savez vous si la nef et la crédit coopératif ont trempé leur main dans le camboui ? J’imagine que non mais sait on jamais …

  3. « Le responsable de la crise, ce ne sont pas les autres : l’Amérique, la finance, les banques non-coopératives, c’est la sympathie universelle et populaire pour le gain sans cause (= sans travail). »

    Entièrement d’accord. Je pense d’ailleurs que le succès actuel des loteries ressort du même phénomène. Ne pouvons-nous y voir un succédané de la grâce divine calviniste? Si nous sommes réellement dans une crise de civilisation, cette crise est forcément religieuse.

  4. Entiérement d’accord avec « Moi », nous assistons à la chute d’une Idole, l’Argent, et c’est un phénomène s’apparentant à la religion; c’est pourquoi les conséquences en seront révolutionnaires. Nous, les coopérateurs, accordons nos votes en voyant très bien maintenant qu’ils sont dévoyés. N’en est-il pas de même finalement pour nos démocraties bien pensantes.
    Il faut néanmoins continuer à analyser ses causes, ce blog nous y aide, mais sans se faire d’illusion sur la fin prochaine de ce mode de transaction pervers qu’est le capitalisme financier.

  5. 1) J’ai eu peur, j’avais cru qu’on allait parler des coopératives de banques ou des formes de coopération bancaire, dans et entre Clearstream , Euroclear, Swift par exemple
    N’hésitez pas à les consulter…

    « SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunications), coopérative du monde de la finance fournissant des services de messagerie sécurisée et des logiciels d’interface à plus de 7000 institutions
    financières à travers le monde… »

    2) « Pourquoi les coopérateurs ont-ils autorisé leurs coopératives à “jouer dans la cour des grands” ? » La question « comment » serait plus interessante..

    3) « Le responsable de la crise…c’est la sympathie universelle et populaire pour le gain sans cause (= sans travail). » C’est une réponse très facile pour ne pas dire vulgaire, et qui mériterait de plus amples explications ou descriptions… comme hypothèse peut-être ? Mais certainement pas comme conclusion .

  6. Pour apporter un peu d’eau au moulin de « Moi », cet extrait d’un texte de Gavin Kennedy, professeur honoraire, université Heriot-Watt, Edimbourg, repris en VO par l’excellent site ContrInfo :
    « le mythe de la main invisible enseigné à des générations d’économistes les amenés à croire dans une impossible idée, à savoir que les marchés, bien que complètement inclus dans le monde réel, étaient d’une façon ou d’une autre (ce qui n’a été jamais été expliqué) sous l’influence d’une essence fantomatique, que certains ont identifié à l’intervention de « la main de dieu », avec la conséquence d’une absurdité hors des limites de la recherche scientifique. »
    Replacée dans le contexte emprunt de religiosité des WASP nord-américain, cette interprétation permet aux esprits « laïcs » à la française, de peut-être mieux comprendre le fonctionnement de la finance anglo-saxonne.
    Paul l’a abondamment commenté dans « Vers la crise du capitalisme américain » pge 186 et suivantes.

  7. Moi aussi d’accord avec Moi ; ce qui signifie si on va plus loin que les causes et donc les remèdes à la crise ne sont et ne seront pas techniques mais moraux ; c’est un problème de valeur , de sens ; nous n’avons donc pas à résoudre ou à savoir si l’argent est crée ex nihilo , un peu , beaucoup , pas du tout mais à opérer une révolution mentale collective ,à entamer une gitantesque psychanalyse ; la sortie de crise ou l’entrée dans le chaos va dépendre de notre capacité ou non à mener cette démarche de réflexion collective .

    Mais ce n’est pas la religion qui nous sauvera ; le lien , ce qui va nous relier ensemble c’est la démocratie au sens de construire ensemble la société qu’on veut.

  8. Il n’y a plus de banques authentiquement « mutualistes » depuis qu’elles sont devenues des sociétés par actions (et quelquefois cotées). Si bien que l’émoi légitime des honorables universitaires est un peu tardif. Pour l’assurance et la banque mutualistes, sans capital social, ce sont les sociétaires qui doivent statutairement apporter leur contribution lorsque ces organismes sont décavés. L’évolution de leur structure a ainsi été dictée par des arguments sécuritaires, au détriment des objectifs statutaires. Au final, l’abandon de la solidarité de tous les sociétaires au profit de l’enrichissement sans cause de quelques autres…

  9. @ Paul

    Cher Monsieur,

    Tout d’abord merci pour le bol d’air que vous nous apportez.

    Votre prose recèle des trésors digne de Boileau et La Fontaine, j’espère que vous ne m’en voudrez pas d’avoir démasqué chez vous le poète satirique.

    « Les coopérateurs, « bons pères de famille »?
    Des spéculateurs à la petite semaine! »

    @Bernard Valton et Girolamo.

    La Nef est associée au Crédit coopératif.

    Le Crédit coopératif fait partie du groupe Banques populaires.

    Le groupe Banques populaires s’est associé aux Caisses d’épargne pour réaliser les exploits que vous connaissez sans doute.

    Tout cela est bien décourageant et inquiétant.

    A quand une vraie banque mutualiste?

  10. Afin d’asseoir leur plaidoyer pour un réinvestissement des Banques coopératives dans l’économie sociale et solidaire, les professeurs Pierre Dubois, Michel Abhervé nous décrivent leur progressif embourgeoisement – la prise de pouvoir par les dirigeants salariés –. À contre-pied de l’explication par le haut de la pyramide organisationnelle, Paul Jorion explique l’agrégation des coopérateurs historiques autour de l’apéritif annuel par notre appétit commun envers l’argent facile.

    Devant le chaos qui s’installe, le plancher des revenus de transferts remplacement – pension, prépension, chômage, etc. – sera totalement enfoncé ; le chômage comme « assurance antiémeute » ne fonctionnera plus, aussi le contrôle social par l’argent au compte goutte se transformera ,toujours, plus en insertion « active » par le travail, lequel devra – et c’est çà l’important – être suffisamment « chiant » pour le soir allumer la TV et éviter de penser. Les travailleurs sociaux, les cadres et gestionnaires de l’économie sociale (comme précisé dans le texte, encore insuffisamment intégré aux strates supérieures) sont tout naturellement appelés assumer la mise en place de cette forme de domination adaptée aux nécessités du temps.

    Le système est rodé les travaux « de stage de fin d’études en économie sociale» comportent, rituellement depuis trente ans, l’un ou l’autre paragraphe mettant en cause l’insuffisance de la participation de la base aux processus de décision. La fonction de ce paragraphe étant de garantir que le récipiendaire perçoit le fonctionnement du système avec la lucidité minimale nécessaire à son intégration sans heurt.

    Investissez-vous dans les monnaies locales, et autres dispositifs de transition, il y a des places à prendre !

  11. @Publicola :
    Pourriez vous développer un peu plus quels sont ces liens entre Nef, Crédit Coopératif et Banques Populaires s’il vous plaît ?

  12. La NEF n’est pas une banque (elle ne peut pas émettre de monnaie, seulement prêter une épargne préalable ou se financer sur le marché monétaire) … c’est la raison pour laquelle elle est adossée au Crédit Coop pour permettre à ses clients de bénéficier des avantages d’une banque.
    Les dirigeants de la NEF réfléchissent actuellement au sujet de savoir s’ils vont demander l’agréement bancaire.

  13. Sur le site de la banque populaire :

    Du 27 janvier au 1er février 2009, il se tiendra la 9ème édition du Forum Social Mondial dans la ville de Belém, capitale de l’État du Para, situé au nord du Brésil.

    Les dix objectifs qui guideront les actions du FSM 2009 sont les suivantes:

    1. Pour la construction d’un monde de paix, de justice, d’éthique et de respect des diverses spiritualités, sans armes, en particulier sans armes nucléaires ;
    2. Pour la libération du monde de la domination du capital, des multinationales, de la domination impérialiste, patriarcale, coloniale et néo-coloniale et des systèmes inégaux de commerce, pour l’annulation de la dette des pays appauvris ;
    3. Pour assurer l’accès universel et soutenable aux bien communs de l’humanité et de la nature, pour préserver notre planète et ses ressources, en particulier l’eau, les forêts et les sources renouvelables d’énergie ;
    4. Pour la démocratisation et décolonisation de la connaissance, de la culture et de la communication, pour la création d’un système partagé de connaissances et de savoirs, avec le démantèlement des Droits de Propriété Intellectuelle ;
    5. Pour la dignité, la diversité, la garantie de l’égalité de genre, de race, d’ethnie, de génération, d’orientation sexuelle et pour éliminer toutes les formes de discrimination et de castes (discrimination fondée sur la descendance) ;
    6. Pour la garantie (au long de la vie de toutes les personnes) des droits économiques, sociaux, humains, culturels et environnementaux, en particulier le droit aux soins de santé, à l’éducation, au logement, à l’emploi, au travail décent, à la communication et à l’alimentation (avec la garantie de de la sécurité et de la souveraineté alimentaire) ;
    7. Pour la construction d’un ordre mondial basé sur la souveraineté, l’autodétermination et les droits des peuples, y compris des minorités et des migrants ;
    8. Pour la construction d’une économie démocratisée, émancipatrice, soutenable et solidaire, avec un commerce éthique et juste, centrée sur tous les peuples ;
    9. Pour la construction et le développement de structures et d’institutions politiques et économiques – locales, nationales et globales – réellement démocratiques, avec la pleine participation des peuples sur les décisions et le contrôle des affaires et des ressources publiques ;
    10. Pour la défense de la nature (l’Amazonie et les autres écosystèmes) comme source de vie pour la Planète Terre et pour les peuples originaires du monde (indigènes, afro-descendants, tribaux, côtiers) qui exigent leurs territoires, langues, cultures, identités, justice environnementale, spiritualité et bien vivre.

  14. « Le responsable de la crise, ce ne sont pas les autres : l’Amérique, la finance, les banques non-coopératives, c’est la sympathie universelle et populaire pour le gain sans cause (= sans travail).

    le gain sans le travail : je pense que M Jorion a raison et qu’on (coopérateur moustachu ou capitaliste cigaru ) aime cette aubaine qui consiste à avoir le réultat attendu sans avoir à se casser les reins ou la tête.

    d’ailleurs, qui aime le travail (sauf à vouloir se « fatiguer » pour perdre une partie de sa conscience et oublier une réalité difficile et pénible) ?
    c’est le résultat du travail qui interesse en général.

    résultat = récompense = reconnaissance, pouvoir, revenu etc…

    Sans résultat escompté, pourquoi travailler ?
    …pour s’occuper peut être… ?

    et si un coopérateur voulait que ses intérêts (au sens large aussi) soient défendus le MIEUX possible ?

    le mieux est l’ennemi du bien

    bien s’oppose à mal

    mieux s’oppose à bien,

    mieux est une surenchère

    mieux c’est la CONCURRENCE

    bien c’est la liberté ?

    « Non, les salariés du secteur ne seront hélas pas sauvés parce que les coopérateurs se reconvertissent dare-dare à la vertu »

    fait ch…, j’en suis.

  15. Avoir toujours une utopie d’avance

    Les institutions coopératives et mutualistes ne sont, jamais aussi vertueuses qu’au temps de leur émergence. C’est après, lorsqu’elles sont institutionnalisées et que la technicité et la complexité de l’entreprise appellent l’arrivée d’un corps de dirigeants salariés et qu’il faut faire des choix économiques, que commencent à poindre les risques de dérive.

    Je souscris très largement aux réflexions de Pierre Dubois et Michel Abhervé. Ils mettent l’accent sur les risques courus par les institutions solidaires à vouloir mimer les comportements et les objectifs des sociétés capitalistes. D’où résulte souvent l’altération de la mission sociétale, l’entreprise ayant pris le parti de vivre pour elle-même.

    Une entreprise d’économie sociale c’est à la fois un corps et une âme. Le corps ne doit jamais s’affaiblir s’il veut porter durablement les valeurs que l’entreprise prétend vouloir faire partager par la société. Mais l’âme ne doit pas, pour autant, s’évanouir. Il faut conserver vivant l’enthousiasme et l’esprit pionnier des dirigeants bénévoles. De telle sorte que subsiste toujours cette part d’utopie, c’est-à-dire cette somme de projets imaginaires pour une société alternative, qui débouche, avec bonheur sur des utopies réalisées.

    Pour avoir assumé des fonctions régionales et nationales à la Macif et au Crédit mutuel et pour avoir inspiré, parfois, l’adoption de quelques moyens pour conserver la ferveur militante, je sais les efforts consentis pour que ces institutions ne sombre pas dans l’oubli de leur vocation originelle. Mais je sais aussi, hélas, qu’en ce domaine, comme en d’autres « on a rien fait lorsqu’on a pas tout fait ».

    Je pense très sincèrement que les institutions coopératives et mutualistes ont le droit et le devoir de jouer dans « la cour des grands », mais pas avec les moyens et objectifs des sociétés capitalistes D’abord la dimension des institutions, souvent nécessaire, pour tenir tête à des concurrents prédateurs ne peut se concevoir que si les structures sont décentralisées et qu’une charte définit clairement les droits et obligations des élus. D’autre part je souscris sans hésitation à l’idée qu’une part du salut réside dans la capacité des entreprises d’économie sociale à s’unir et à jouer le jeu de la synergie. A cet égard j’ai longtemps défendu l’idée qu’il fallait éviter les concurrences mais plutôt favoriser les complémentarités. J’ai abandonné cette idée lorsque le Crédit mutuel s’est lancé dans l’assurance.

    En réalité je crois que la faiblesse des entreprises d’économie sociale tient à la faiblesse de la position qu’ont les élus dans une structure d’entreprise de plus en plus complexifiée. Elle tient aussi à la façon dont parfois ils exercent leur mission, car lorsque les techniciens dérivent c’est souvent parce que les dirigeants bénévoles n’ont pas été à la hauteur de leur mission de contrôle et de « gardiens du temple ».

    Trop peu d’esprit critique, une tendance à prendre pour argent comptant les décisions ou les préconisations des dirigeants salariés, l’inclination de certains élus décentralisés à se comporter comme des potentats comme s’ils étaient propriétaires de leur baronnie, tout cela contribue à la dévalorisation de la fonction d’élus bénévoles.

    Je connais certaines fédérations du Crédit mutuel où le salaire ou l’indemnité reçu par un président salarié est disproportionnée par rapport à ses revenus antérieurs. Lorsqu’on prétend à la noblesse de la fonction de dirigeant élu et que l’importance de l’entreprise exige une permanence en son sein il n’est moralement pas admissible que le l’indemnisation attribuée soit signicativement différente de celle procurée par la fonction précédemment exercée. Je pense à ce président d’une fédération du Crédit mutuel, ancien enseignant, dont le salaire aujourd’hui a été multiplié par 2,5. Et qui, pour avoir la « sécurité de l’emploi » a fait démesurément allonger la durée de son mandat. On est là en présence d’un comportement de cupidité qui ne sied pas à la nature de la fonction exercée et on ne peut plus parler, alors, de bénévolat. Mais cette offense à la démocratie n’a été possible que parce qu’aucun élu n’a levé le doigt ni ouvert la bouche.

    Bref il faut donner à la fonction d’élu la noblesse et la vigueur sans lesquelles leur rôle se cantonnera à approuver le meilleur et le pire.

    Je ne veux cependant pas « jeter le bébé avec l’eau du bain » car j’ai vécu, au Crédit mutuel des moments forts : le soutien par ma fédération à l’action de Maria Nowak en faveur du micro crédit dont nous avions prolongé les moyens, la création d’une structure de médiation pour les sociétaires ayant des difficultés à rembourser leur crédit du fait de la survenance d’aléas, la dotation financière de chaque caisse locale pour favoriser le développement local etc. Quant à la Macif j’ai vécu le superbe et courageux moment de la décentralisation politique des structures, la création d’une fondation largement dotée, la réalisation d’un projet mutualiste exigeant, la création de guichets pour les malentendants, la garantie gratuite des remboursements d’emprunts pendant une période pour les chômeurs, et bien d’autres novations initiées par des élus.

    Mais je sais aussi pour l’avoir dit lorsque j’ai quitté mes fonctions dans le groupe Macif, que la pérennité d’une ambition n’est jamais inscrite dans le marbre ; qu’elle dépend largement des Hommes, du rôle qu’on fait jouer aux structures ainsi que des contre-pouvoirs.

    Bref, vivre sans jamais perdre l’enthousiasme, l’humilité et la générosité que requièrent les grandes causes, cela suppose que l’on ait toujours une utopie sociale d’avance. Exprimer cela c’est dire d’une autre façon ce que disait cette interpellation de Charles Gide, historien de l’économie sociale : « la marque de la vitalité ce n’est pas de durer, c’est de renaître ».

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