L’actualité de la crise : Le pire est-il encore évitable ?, par François Leclerc

25 mai 2009 par Paul Jorion | Print L’actualité de la crise : Le pire est-il encore évitable ?, par François Leclerc

Billet invité.

LE PIRE EST-IL ENCORE EVITABLE ?

Depuis quelque temps, je me cantonne dans l’actualité, j’évite d’imaginer l’avenir et d’en parler. Non pas à cause des incertitudes persistantes qui demeurent, ou de l’étrangeté de cette situation totalement imprévue et inédite dans laquelle nous sommes, mais parce que je ne vois, quand je m’y mets, que les plus sombres des perspectives advenir. Le mal est combattu par le mal, la débâcle de la finance par de nouvelles folies, ce qui dérange est écarté, comment pourrait-il en sortir du bien ?

J’ai acquis le sentiment, au fil de mes lectures et réflexions, que le prix qu’il faudra payer pour résorber des pertes que l’on ne sait même pas chiffrer n’est pas à portée, même avec le concours des Etats. Les investisseurs privés ne se manifestant que garantis par les Etats, ce qui renvoie au cas précédent. J’ai d’abord cru que les financiers ne voulaient pas assumer les pertes et se défaussaient, ce qui n’était pas à mes yeux étonnant outre mesure, mais je saisis maintenant que c’est tout autant en raison de cette impasse que l’on tente de masquer les pertes. Ce qui est bien davantage surprenant. Pour gagner tout simplement du temps, faute de mieux. Quant aux financements déjà engagés ou à venir, au titre du sauvetage des banques ou de la relance, ils recréent une bulle financière, différente de la précédente en ceci qu’elle est cette fois publique. Et l’on sait déjà que cette bulle ne sera pas extensible à l’envi, car elle s’appuie sur la monétisation des dettes ou sur l’émission obligataire, solutions ayant chacune leurs limitations. Depuis que le mauvais chemin a été choisi, nous avançons dans un cul-de-sac, à tâtons.

Le mot est trop fort ? parlons-en. Les banques centrales ne vont pas pouvoir augmenter sans limites la taille de leur bilan – ligne de plus grande pente qu’elles suivent les unes après les autres – sans devoir rechercher le moment venu auprès des Etats, des points d’appui financiers que ceux-ci seront bien en peine de leur accorder. Il n’y aura plus d’artifices disponibles, le montant prévisible de leurs émissions obligataires dépassant selon toute probabilité ce que le marché est prêt à supporter. Au mieux, les taux obtenus généreront un service de la dette insupportable pour leurs budgets : les Etats s’endettent auprès des investisseurs privés pour réunir les moyens de sauver ceux-ci de leur propre déroute. Nous vivons dans un monde bien étrange. Ce n’est pas raisonnable de leur part, mais l’ont-ils jamais été ?

Alors qu’il devient de plus en plus clair que seule l’inflation permettra de résorber cette dette (et encore, pour une petite partie uniquement), le débat s’engage timidement sur ses conséquences potentielles. Pas celles que l’on connaît par cœur, réservées aux rentiers et aux créanciers qui verront leurs revenus ou patrimoines diminuer en terme réels. Mais celles qui atteindront la timide et rédemptrice relance de l’économie tant espérée, car l’inflation aura d’inévitables conséquences sur les taux d’intérêt, accroissant les taux de défaut sur les emprunts, perturbant le marché des obligations privées et publiques, augmentant le stock de mauvaises dettes. Au risque de se retrouver au final avec dans une main ce que l’on a lâché de l’autre : des dettes.

Je croirai à la relance économique quand je la verrai. En attendant, la récession s’est mondialement installée, sans que sa fin soit prévisible, sauf du sommet des tribunes et devant les caméras et les micros. Son poids va alourdir les charges budgétaires, afin de maintenir vaille que vaille un filet de protection sociale de plus en plus mince, ainsi que de financer des plans successifs de relance ou de soutien de l’économie, au nom de la sauvegarde de l’emploi, qui ne cessera cependant de décroître. Les recettes diminuant, la pression fiscale augmentera, en dépit de toutes les assurances.

Les crises financière et économique s’alimentent dorénavant mutuellement, sans que cette boucle rétroactive puisse semble-t-il être interrompue par autre chose qu’une rupture du système capitaliste lui-même. Ce dernier a toutefois réussi à échapper à la catastrophe en ne s’effondrant pas, comme cela aurait pu être le cas en fin d’année dernière.

Sans qu’il soit nécessaire de prophétiser l’apocalypse, il est parfaitement envisageable que le système financier, dont la perfusion en liquidités n’est pas près de s’interrompre, tienne le coup grâce à elle, même s’il elle s’avèrera insuffisante à lui rendre son lustre. Incorrigible et sans scrupules, il s’est réengagé dans la formation d’une nouvelle bulle de capitaux privés, alors que la précédente est encore loin d’être résorbée. Même s’il n’est plus, comme à son heure de gloire passée, en mesure de se lancer dans les aventures financières les plus insensées, empilant à nouveau pour faire bonne mesure des crédits de toute nature en quantité faramineuse. Dans ces conditions, les entreprises non financières continueront de rencontrer de sérieuses difficultés de financement, tant auprès des banques que sur le marché des actions ou des obligations. Déjà déséquilibrées en trésorerie, elles devront continuer de payer au prix fort leurs emprunts, ralentissant d’autant leurs investissements. Les particuliers vont quant à eux devoir diminuer et modifier leur consommation. Mais cette moyenne à la baisse ne masquera pas l’accroissement de fortes disparités sociales.

La croissance, même retrouvée, sera durablement modeste : il faut bien que quelque chose le soit. Le parasitisme du système financier en apparaîtra encore plus flagrant, exhibant la situation inédite d’une finance apparemment en bonne santé, greffée sur une économie chroniquement malade. La crise sera permanente, la finance s’en accommodera, faisant preuve non plus de sa légendaire créativité, mais de ses capacités d’adaptation et de résistance.

Le basculement de l’axe mondial s’accroîtra, marqué par le déclin accéléré des Etats-Unis, la stagnation au mieux des pays européens occidentaux, ainsi que par la poursuite de la croissance plus modérée des pays émergents. De nouveaux pôles économiques et financiers régionaux et internationaux se constitueront, le développement des échanges internationaux ne sera plus le principal moteur de la croissance mondiale, sur le mode dont l’OMC s’était fait le chevalier blanc.

C’est au plan social que la situation sera la plus lourde. Dans les pays « développés », les couches moyennes de la société payeront un important tribut à la récession économique prolongée. Les pauvres resteront pauvres – ils savent y faire. Les inégalités sociales s’accentueront encore, suivant des modalités qui rappelleront dans les pays « développés » celles que connaissent les pays qui ne le sont pas. Le monde s’homogénéisera, mais par le bas, pas par le haut. La précarité s’accroîtra en Occident, tandis que la pauvreté s’y installera et se cristallisera dans des zones entières, induisant une urbanisation jusque-là réservée au Tiers-monde. L’économie informelle s’y développera, au fur et à mesure qu’il sera nécessaire pour des couches sociales de plus en plus larges de subvenir à leurs besoins les plus criants – en-dehors des circuits défaillants de l’économie formelle. Un contrôle social omniprésent, assorti d’une répression rampante, s’efforcera de contenir des tensions sociales soutenues dont les explosions sporadiques seront criminalisées – tout comme le seront toujours davantage les formes les plus élémentaires de la protestation.

Le modèle de société dominant du monde de demain, au-delà des diversités nationales et culturelles sera, toutes proportions gardées, plus proche de celui des sociétés émergentes que de celui des sociétés occidentales tel que nous l’avons connu à l’apogée du capitalisme financier triomphant.

Cette perspective peut paraître à première vue exagérée et même absurde, les indices en sont pourtant déjà présents. Les limbes de la société de demain existent dans celle d’aujourd’hui, il en fut toujours ainsi.

Déjà constituée, une oligarchie internationale se renforcera afin de gérer ces sociétés marquées par la difformité qui les caractérise à la naissance. Elle le fera en symbiose étroite avec le monde de la finance, consacrant l’avènement d’un nouveau mode de production oligarchique. Jouant des acteurs de la vie politique comme des pions, un peu à la manière des Américains autrefois, aux lendemains de la défaite du nazisme, lorsqu’afin de s’opposer alors au péril rouge, ils bâtirent leur propre glacis.

Et quid du chapitre des ressources mondiales et des dérèglements de toutes natures, négligé dans ces ténèbres ? Nous nous serons entretemps inéluctablement rapprochés du moment où de redoutables taquets environnementaux – déjà identifiés – nous attendent. Et d’autres seront peut-être apparus. Peu aura été réellement accompli afin de s’y préparer. Il n’y aura plus cette fois d’échappatoire, comme il n’y aura plus d’artifices financiers. Mais ces oligarques réfugiés dans leurs emprises protégées, où ils se sentiront prémunis de leurs coups d’arrêt, accepteront-ils de rendre les armes ?

Invisibles aujourd’hui, existe-t-il des événements futurs capables de me démentir ?

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144 commentaires

  1. ybabel

    oui : la « nature », pas le biais d’épidémies ou de « dérapage climatique ».
    Quand je dis la nature, je le met entre guillemet, car les pandémies profitent bien sur des déséquilibres provoqués par les industriels.
    Quand je dit « dérapage » je parle de tout ce que le réchauffement peut produire de meilleur : cyclones, inondations, changement de climat dans certains pays…

    Cela pourrait perturber le bon déroulement de la crise.

  2. JJJ

    @ François

    Vous faites de la politique-fiction. La seule certitude aujourd’hui, c’est que le système ancien est délabré et irréparable. Il est probable que les « autorités » n’aient même pas imaginé l’ébauche d’un plan B cohérent. Quant à la façon dont se produira l’effondrement, c’est objectivement imprévisible. Et ses conséquences peuvent être encore pire que celles que vous évoquez…

  3. WB

    Au niveau de l’inflation, outre les possibles conséquences sur les emprunts etc. , je crois que le plus grave ce sera pour les retraités et tout ceux qui bénéficient d’une prestation sociale… C’est à ce niveau que ça saignera aux US : c’est en effet le prix à payer pour rembourser les trillions qu’ils injectent en ce moment. Cf mes post sur le CPI sur mon blog : les pensions ne seront pas revues à la hausse avec une indexation sur l’inflation, le calcul lisse un maximum l’augmentation des prix.

    Surtout, les fonds de pension sont largement positionnés sur les obligations du trésor américain…censées être stables…et elles ne le sont pas…du tout du tout… ça sera douloureux.

  4. all

    « Un contrôle social omniprésent, assorti d’une répression rampante, s’efforcera de contenir des tensions sociales soutenues dont les explosions sporadiques seront criminalisées – tout comme le seront toujours davantage les formes les plus élémentaires de la protestation. »

    Et il va pleuvoir des grenouilles et les survivants auront la peste et le choléra. C’est Julien Coupat votre mentor ?

  5. François Leclerc

    @ JJJ

    Je déroule un petit fil rouge, essayant que le raisonnement se tienne, tout mis bout à bout, souhaitant être démenti par les faits.
    Mais je ne crois pas que l’effondrement soit inévitable, comme vous l’écrivez. C’est pour ne pas m’en tenir à l’interrogation qui est la vôtre, prévoyant le pire plus que je ne peux l’imaginer (que donc peut-il être ?), que j’écris ce qui n’est aujourd’hui qu’un scénario. D’autres sont possibles.

  6. François Leclerc

    @ all

    J’ai écris mon texte avant de lire l’interview de Julien Coupat dans Le Monde d’aujourd’hui. Ce qui me permet néanmoins de vous préciser que je n’ai pas de mentor. Et de rajouter que la durée de sa détention préventive tendrait plutôt à me donner hélas raison.

  7. Cécile

    lundi 25 mai 2009 émission « Lobby Planet » (la-bas.org )
    A Bruxelles, capitale européenne, capitale du lobbying : reportage sur les activités et l’influence qu’excercent ces cabinets de « communication », « d’analyse » ou de « stratégie » (peu importe finalement leur couverture) employés par les groupes industriels pour défendre leur intérêts auprès des institutions européennes.
    Comment promouvoir les OGM, encourager les privatisations ou préserver les pesticides …en faisant du lobbying et en détournant ainsi les lois européennes au service de l’industrie ! (ou de quelque profitariat … )
    Avec Erik Wesselius du Corporate Europe Observatory et Gérard de Sélys, reportage: Daniel Mermet et Giv Anquetil

    lien (français, allemand, anglais…) derière http://www.corporateeurope.org/ (anglais)
    http://www.electioncampaign.eu/?article_id=7&clang=8
    « Demandez au Parlement européen d’agir pour le changement
    Interpellez vos candidats au Parlement européen pour qu’ils s’expriment en faveur d’une UE qui place les populations et la planète avant les profits… « 

  8. Vous êtes dans « le vrai » Francois. Il ne s’agit pas d’anticipation mais de lucidité. La mondialisation n’a rien de monstrueux, elle répete simplement à l’echelle du globe ce qu’il s’est passé dans nos tribu, puis dans nos regions, dans nos pays et dans notre continent : une elite se dégage, dont l’objectif, comme toute les classes superieures, est simplement de conserver son rang.
    Mais alors qu’auparavant, l’elite pouvait être amener à rendre des comptes au niveau local, regional, voire national (1791), sa dimension mondialisée fait qu’elle échappe désormais à la vindicte du peuple par definition local, voire national.

    Alors, plus rien n’est interdit et voilà disparaitre les derniers remords.
    Cette élite mondialisée, auto reproductrice, apatride est deja perceptible dans le monde des « people ».

    Au niveau local, l’appauvrissement generalisé des classes moyennes européennes et bientot US se constate déjà.

    Heureusement pour elle, l’Elite à trouvé la solution : diviser les peuples en les communautarisant, en creeant des conflits d’interets, des groupes de pressions antagonistes qui permettent de diviser et d’affaiblir. L’importation massive et contre la volonté majoritaire d’une immigration de peuplement est la solution.
    Les dindons de la farce : les autochtones autant que les allochtones.
    Les uns s’affrontent aux autres, pied a pied, culture a culture, bourrage de crane contre repentance permanente.

    Et pendant ce temps là, le champagne coule à flot sur les yachts.

  9. anonymous56

    La reprise économique sur l’ensemble du monde est pour 2022-2023 d’apres Harry DENT.

    D’ailleurs il avait prévu pour la période 2006-2010, une grande dépression dans son livre « Le grand boom de 1994″ paru en France en 1995 et 1994 aux USA , soit 13 ans avant que celà arrive grace à son modele permettant de prévoir une croissance économiquen en fonction de la démograhie.
    Il avait prévu dans ce livre une crise mi 2001 et une grande depression aux USA en 2006 ou 2010 et
    aussi une grosse croissance des prix de l’immobilier en France pendant 2002-2007.

    Je vous conseille de lire 12 étapes vers la prochaine grande dépression :
    http://cfs7.blog.daum.net/upload_control/download.blog?fhandle=MElyZEFAZnM3LmJsb2cuZGF1bS5uZXQ6L0lNQUdFLzAvMC5wZGY=&filename=0.pdf&filename=HarrySDent_12_Steps_NGD.pdf

    Les mises à jour de son livre The great depression ahead :
    http://www.hsdent.com/bookupdates/

    et une présentation de ces idées :
    http://www.hsdent.com/hs-dent-free-video-downloads/

  10. Bravo et merci pour ce texte malheureusement très vraisemblable. Que dire de plus?

  11. vincent

    bonsoir à tous.

    @ F.Leclerc : bravo, bien vu comme d’habitude … mention spéciale pour le flicage permanent qui nous entoure désormais (observez donc la densité de képis autour du chef de l’état lors de ses déplacements) et croîtra à l’envi. Contrôles et raidissements policiers sur une rampe ascendante. Ce qui m’amène au seul élément que vous avez, volontairement je pense, laissé de côté : quid du social, de l’écoeurement progressif des masses, de l’agitation de la jeunesse, du raidissement des contribuables, de l’inquiétude de la mère de famille assommée par l’hyper inflation ?

    vincent

  12. Joel GOUPIL

    Lecteur assidu depuis longtemps de vos chroniques , je me dois aujourd’hui de réagir . Comme la plupart de mes compatriotes , je n’ai jamais eu de rente donc je n’ai encore rien perdu . Comme la plupart , je travaille et je ne travaille pas dans une de ces grosses sociétés dont la trésorerie fond au soleil de la déflation . La petite société dans laquelle je travaille refuse les commandes . De la même façon Je connais plusieurs artisans qui sont aujourd’hui débordés de travail . Comme beaucoup j’ai un prêt immobilier à taux fixe que la future inflation va rendre plus agréable à payer , et rendre plus abordable un logement que j’ai acheté trop cher.
    Ce ressenti que j’ai de cette situation est confirmé par plusieurs études , relayées par les journaux classiques que nous lisons tous … »La crise : les PME et TPE tirent leur épingle du jeu ».

    Alors …
    L’inflation à une époque ou il y en avait trop a peut ‘être été un problème . On pourrait aussi se demander si les problèmes que nous vivons aujourd’hui ne viennent pas d’une sur-correction de l’inflation au profit du capital . Vouloir d’un coté la stabilité des prix et prêcher de l’autre côté pour la loi de l’offre et de la demande me parait …….illogique !

    Grand Merci quand même pour la qualité de vos informations qui me sont précieuses pour essayer d’appréhender la réalité d’aujourd’hui. Merci à Paul Jorion d’animer ce blog avec le courage et l’originalité que nous sommes obligés de constater. Ma réaction n’est là que parce que j’ai souvent l’impression que le ressenti d’une majorité est trop occulté dans vos analyses.

  13. Omar Yagoubi

    @ François Leclerc
    Entièrement d’accord avec vous sur l’orientation de la canalisation du désordre social, bien écrit.
    Coupat n’est qu’un des exemples emblématiques.
    Nous assistons et participons, en France, à un tests de tolérance à l’intolérable judicière (les bébés en rétention…).
    Ceci, étant, le vrai problème commencera quand les « forces de l’ordre » devront affronter en face leurs propre famille, leurs copains, leur proches, leurs connaissances. Il y a des techniques de fragmentation militaire pour ça, mais elles ont leurs limites..

  14. Mikael EON

    Vous nous donnez quotidiennement des pépites. C’est cela que vous faites, comme les chercheurs d’or vous sassez la presse afin d’en extraire les éléments signifiants.

    Aujourd’hui vous vous hasardez avec le même talent d’analyse et un art de la synthèse (il s’agit bien d’art ), à brosser un paysage plausible pour demain.

    Vous vous trouvez un peu dans la position du bon connaisseur des plantes arbres et arbustes qui essaie de deviner ce que dans cinq ans sera le jardin dont il entrevoit les pousses devant lui.

    Merci de nous offrir ainsi votre talent et votre lucidité.

  15. tigue

    Ce qui menace a court et moyen terme ce n’ est pas l’ inflation (augmentation de l’ offre de monnaie, dont le symptôme est la hausse des prix)
    Ce qui menace, c est la déflation par la dette : chaque euro devient très difficile a gagner (la monnaie créee est aspirée a tous les niveaux par les remboursements ou l epargne de protection, et n’ est pas disponible pour etre dépensée pour de la consommation) le prêt a taux fixe pèse de plus en plus lourd dans un revenu mensuel qui décroit ( le prêt a taux variable vous achève beaucoup plus vite).
    Beaucoup d’ entreprises commencent a proposer des baisses de salaires, pour echapper a des licenciements.
    L’ economie est en lévitation grâce a la création massive de monnaie qui empêche la déflation pour le moment, la facture sera l’ hyperinflation pour ceux qui auront survécu a la déflation.
    En résumé un défaut de trésorerie de 1000 euros peut vous faire plonger, et vendre a bas prix ce qui aurait pu être une bonne affaire pendant l’ hyperinflation. Soit vous pouvez tenir, soit il faut se desendetter maintenant, tant que les prix lévitent encore…

  16. Killixs

    @ Cecile
    Ceci est encore très, mais alors très très loin de la réalité…
    Je précise que le lobbying n’est qu’une partie des activités d’influence, et qu’elles comprennent de nombreux profils métiers qui n’apparaissent ni au sein des cursus de formation classique ni dans les pages « emplois ».

    Ce qui surprend/écoeure la première fois (et les suivantes?) c’est le degré de sophistication des méthodes/process utilisées, qui empruntent à différentes écoles: école kominternienne (approche mondialiste, techniques d’agit-prop), école soviétique (désinformation, manipulation des élites, caisses de résonance), école trotskyste (entrisme, noyautage), école maoiste (combat du faible au fort, travail d’enquête, contre-information) et qui intègrent les acquis les plus récents en sciences humaines (du perceptive management au social engineering en passant par l’éthologie humaine, la théorie de la négociation, la théorie des organisations, etc etc…). Des attaques terroristes sur les infrastructures aux accusations fondées ou non de corruption, il n’y a rien qui n’ait sa « solution ».
    Le lobbying qui repose sur l’idée- libérale- stupide que le bien commun se tient à l’intersection des intérêts particuliers
    n’est rien d’autre que de la corruption institutionnalisée. Et nous connaissons tous le sort promis aux peuples dont les hommes et les institutions sont corrompues: c’est celui de Rome.

    bonne journée à tous :-)

  17. Scaringella

    C’est peut-être parceque nous avons si peu d’informations fiables que nous imaginons ce genre de scénarios. Comme je travaille dans l’informatique, la grande mode actuellement c’est l’entreprise 2.0, c’est à dire l’utilisation des médias sociaux, genre blog,wiki et autres dans les entreprises. Afin que les travailleurs du savoir que nous devenons tous de plus en plus, collaborent mieux,plus plus vite, pou innover plus,mieux,plus vite. C’est cela l’économie de demain dans nos pays développés. Et il va y avoir bcp de casse sociale pour muter nos économies vers ce nouveau paradigme. Tout ce qui est fabrication en série se fera dans des pays ayant de miriades d’esclaves a broyer. Notre niveau de vie va tomber évidemment, car devenant tous travailleurs du savoir par obligation, nous serons tous des ouvriers et payés comme tels. Et l’effondrement actuel correspond bien à la mise en route de ce nouveau paradigme de société (pas seulement d’économie). Ce que vous ne lirez pas sur les mainstream à propos de tout ce buzz 2.0, et qu’il faut aller chercher dans des revues spécialisées comm Flux et autres de recherche en socio, enthropo, et autres sciences sociales, c’est que cela va augmenter de manière exponentielle le contrôle social automatique, par feedback entre les travailleurs qui sont immergés dans ces nouveaux environnements de travail. Evidemment on retrouve la société du contrôle mais la c’est fort puisque l’encadrement ne sera plus qu’animateurs de communauté, tout ce déroulement par auto-organisation et régulation entre les fourmis. Voilà l’avenir dans nos pays déveloopés. En attendant l’avènement de cette société on a droit à un durcissement policier qui est très inquiétant. Les oligarques ont besoin que ça tienne le temps de mettre en place ces sociétés qui fonctionnent toutes seules pour leur plus grand profit. Ceux qui ne pourront pas fonctionner dans ce type d’économie devront émigrer. Il n’est pas prévu que la couverture sociale continue comme elle est en france. Elle doit etre du meme niveau que dans les pays à esclaves.

  18. Yves de Bressy

    Merci François pour cette vision hautement optimiste de la situation. Je ne saurai que trop conseiller à ceux qui ne l’ont pas vu de regarder ce film de Mickael Hanneke (vous savez, celui de la palme d’or…), « le temps du loup », qui vous met en pleine figure ce qu’un pays comme le notre pourrait devenir quand tout se serait déréglé. A la fin du film je me suis demandé : « que faudrait-il, ou plutôt de quoi suffirait-il, pour que ça arrive chez nous ? » De pas grand-chose en fait.
    http://films.blog.lemonde.fr/2004/12/09/2004_12_temps_du_loup/

    De mon côté je constate aussi tous les jours le gaspillage qui est fait du temps et des moyens qui nous restent. Nous pourrions avancer à marche forcée dans la refondation du système, avoir nationalisé le secteur bancaire (par précaution) et les places boursières, avoir inversé la pression fiscale (pour faire revenir les capitaux dans l’économie), avoir mis en oeuvre une nouvelle TVA plus lourde globalement mais qui pénaliserait moins les productions locales, avoir lancé des programmes de réindustrialisation des territoires européens, etc, etc.
    Mais à quoi assiste-t-on, au contraire : à une résistance acharnée de ce système chancelant pour se maintenir au pouvoir, car c’est de cela qu’il s’agit, porté par une équipe de dirigeants qu’il a porté lui-même à la tête des états par son pouvoir fantastique d’influence. Sur les moyens d’y parvenir, nul besoin d’être devin : on y assiste tous les jours, au moins chez nous, par le contrôle intense des media, l’utilisation généralisée de la désinformation, la pression policière, bientôt le changement de règle électorale « à la carte », l’intervention ouverte et directe du pouvoir dans la sphère économique, financière, médiatique.
    Il n’y a qu’une chose que François a (peut-être volontairement) omis de parler : c’est l’issue logique de ce type de situation, qui par la radicalisation des gouvernements, des états et des peuples, conduit systématiquement au conflit armé. Il n’est qu’à voir l’explosion de notre budget militaire, soi-disant au nom de la relance. Il fallait oser. SI on se contentait d’acheter de nouvelles infrastructures ou de nouveaux véhicules, ça pourrait passer. Mais quand il s’agit de munitions offensives, c’est pour quoi faire ? (http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2009/05/pour-herv%C3%A9-morin-le-plan-de-relance-cest-de-la-bombe-.html)
    Mes amitiés à tous, en attendant !

  19. Après le dernier N° du GEAB de Leap2020, cela commence à sentir le roussi pour l’économie occidentale (http://www.leap2020.eu/GEAB-N-35-est-disponible!-Crise-systemique-globale-Juin-2009-Quand-le-monde-sort-definitivement-du-cadre-de-reference_a3240.html).

    Une seule remarque : tous les continents semblent sévèrement touché par la crise financière et écologique… mais pas d’infos sur l’impact sur l’Afrique…

  20. Scaringella

    @Dave L’afrique est moins en danger que nous face à la mondialisation et aux sociétés de termites qu’on nous promet. la bas la singularité de chaque personne est très forte. Lisez les oeuvres de Tobie nathan pour appréhender la compléxité des ces sociétés et des relations interpersonnelles. Chacun la-bas est quelqu’un. Ici nous sommes tous des individus de plus en plus indifférenciés, donc presque plus des humains. Le laminage des personnalités est la technologie privilégiée du capitalisme en général, compagnon indeffectible des toutes les collectivités policières. C’est ce laminage qui provoque les poussées de fièvre comme le racisme, car l’humain ne peut pas etre une termite, et sa singularité il lui faut l’exprimer. Le drame utu/tutsi est le résulat de l’indifférenciation de deux ethnies dans un même pays où ces ethnies perdaient leur identité. Les massacres entre ces ethnies disaient explicitement nous ne sommes pas eux. Les élites de ces pays tiennent grace aux armées des pays dans lesquels ces élites ont étées (dé)formées, usa, france etc … La chine prend la suite et fera face aux mêmes problèmes. Le laminage se fait chez nous depuis le moyen-age, après la grande peste. Celà laisse de la marge aux pays africains. La corruption dans ces pays est le fait des élites aux ordres des oligarques occidentaux.

  21. tomate

    Bonsoir !

    je note ce qu’il m’apparait comme une absence dans votre article : L’ELEMENT FEDERATEUR !!!
    Cet ELEMENT, qui mobilise, désigne la direction, le sens de la direction, qui donne son sens, qui le définit, qui est son essence ….
    Le sous- système mange tout , et se mangera lui-même : ainsi, L’ELEMENT pourra se montrer ( invisible ???? aujourd’hui même????AHbon !!! ) . ..Le champ sera libre …
    Mais , réflexion pour réflexion : l’émergence de cet ELEMENT n’est elle « programmée « ??? par qui ??? par quoi ??? Motus …

    En attendant, de mues en mues, le serpent ( le sous – système ) couve !!! Mais il est prêt !!!! Il ne faut pas douter !!! une mue s’effectue … un autre chemin se fait jour …qui invite , soumet, et contraint au voyage !!!

    Pour compléter votre tableau , j’ajouterai ceci :
    – l’invasion de la corée du nord me semble une opportunité et un relais de croissance très ( trop) tentant, pour laisser passer l’opportunité : cela dynamisera les états en -STAN composant le groupe de SHANGHAI, le japon, la russie, la chine, la corée du sud et les USA . Sans parler de tous les pays dans une sphère géographique de proximité ….
    – puisqu’on parle beaucoup de la religion , la bien nommée  » L’ECONOMIE », avec tous ses dogmes, ses croyances, ses prophètes .
    On m’appelle l’homme KRUG , car j’adore le KRUG ! j’en mangerai sur la tête d’un galeux!! L’autre, AMBROISE E-P. n’aime pas trop …et pourtant , s’en NOURRIT! NOURRI NIE …, bien sur …Il préfère le banana STIGLITZ … malheureusement, faut pas oublier d’enlever la peau … !!!. Sacrés produits de consommation … non essentiels!!!!
    En somme, cette religion s’inspire des autres religions dominantes … et elle a encore enormément de ressources …
    – En revanche, une confrontation se fait jour : la société informelle combattant la société formelle … Laquelle sera la plus dominante ??? Laquelle sera la plus résiliente ???? Pourquoi, quand et comment s’imposera t’elle ???? La réponse se trouve dans les 3 questions …

    Bonne soirée .

  22. Scaringella

    @tomate …….. vous pourriez écrire en français svp …..

  23. Crapaud Rouge

    L’effondrement est en cours, mais on le voit de trop près, on ne peut pas s’en rendre compte. (Pas plus qu’on se rend compte de la rotondité de la planète.) Imaginer que le camp occidental puisse s’en remettre comme d’une mauvaise grippe, cad sans laisser de traces profondes et durables, c’est dire que cette méga-crise n’en est pas une. L’existence de la méga-crise étant admise, il y aura traces, et ce seront celles d’un effondrement. What else ?

  24. Champignac

    Eh bien, cette fois, Mr Leclerc, vous avez réussi à me faire peur.

  25. @ François Leclerc

    Depuis un moment, déjà, vous stoppiez net au ras de la ligne, sans céder à la tentation de « prédire » : Merci !

    J’en profite pour donner le lien d’une vidéo ou des parlementaires s’expliquent assez laborieusement sur la disparition de 9 trillions de dollars aux états unis. Si ce n’est pas un montage bidon, c’est assez impressionnant.

    http://www.youtube.com/watch?v=cJqM2tFOxLQ

  26. il professore

    Le problème avec obama c’est qu’il n’a pas les solutions, il porte les schémas de pensée de plusieurs générations en retard. S’il était de ma génération ce serait démantèlement du nucléaire militaire et au moins moratoire sur la perceuse électrique nucléaire (tchernobyl, imaginaire de la guerre des étoiles, hiroshima, syndrome du docteur folamour), abolition des frontières (première génération élevée pour accepter le multiculturalisme, mur de berlin), protection de l’environnement (exxon valdez, amoco cadiz, WWF plutôt que greenpeace), tout ce qui est normal pour la génération « Y » et semble choquant pour les précédentes.

    Personne n’en parle ici en france mais obama n’est pas seulement qu’un président noir, c’est aussi, fait incroyable, un président de la génération « jones » qui a en partie gagné parce que les « jones » ont voté contre la génération des « baby boomers », contre bush, de la génération du baby boom. Et ça fait une autre sorte de différence, celle de la génération. Regardez la transformation du monde quand un enfant du baby boom se fait mettre la pâtée par un de la génération « jones »: ça ferme guantanamo, ça réduit la consommation des voitures, ça annonce le retrait des troupes d’irak. Des annonces toutes aussi puissantes que celles de la chute du mur de berlin. Qu’aurait été le choc des annonces faites par un président « Y »?

    Pour les premiers développements de la crise, Obama fait en fonction du feedback décevant qu’un de la génération « jones » a toujours reçu du monde. Mais c’est dans sa nature de jones, il essaiera encore de faire éclore les attentes surdimensionnées de ses parents du baby boom. Pour laisser éclore le nouveau serpent (ça « éclot » un ouroboros?) dsl mais il faudrait attendre un président américain de la génération Y (la mienne), c’est à dire, si tout va pour le mieux… dans l’hypothèse hautement improbable où la génération Y des echo boomers se mettrait à voter en masse (gros point d’interrogation): dans une dizaine d’années, pendant la très grande dépression.

    Toute cette inertie (le passage de témoin d’une génération à une autre, en espérant que l’allongement de la durée de vie ne fasse pas non plus des « jones » des centenaires clairvoyants) c’est beaucoup de temps perdu, surtout que si on raisonne en terme de générations, comme le dit l’expression, les générations X, Y, millenial, mtv et boomerang « ne paient rien pour attendre », mais auront à régler une addition plus salée quand ils seront aux commandes et verront la note.

    En plus quand on voit les efféminés qu’on est devenus, à partir de la génération X, qui n’avons pas eu de guerre à perdre, faudra pas s’attendre à une révolution « brute force » mais plutôt à l’asservissement consenti.

    Nous sommes déjà les premiers hommes d’un nouveau genre: celui d’une sorte de bétail docile et claquemuré dans un monde digital.

    La suite logique de la supériorité totale du virtuel sur le réel, du mécanique sur le vivant sera la dissémination industrielle d’une copie de l’intellect humain, cerveau prothétique d’ici dix ans et totalement synthétique d’ici quinze ou vingt…

    D’abord prothétique parce qu’on voudra obtenir une réalité augmentée pour faire du multitâche. Perspective choquante pour les autres générations, élevées dans la tradition apocalyptique du signe de la bête (implanté dans la main ou le front) l’implant serait pourtant bien accepté par les générations digitales. Il faudra bien doper la capacité de travail du cerveau original et lui permettre de travailler en multitâche, de partout. Par émulation arrivant au point où on est en en même temps en vacances et au travail en train de pédaler dans la semoule dans une sorte de bureau intérieur. Il faudra en ajouter des prothèses pour faire tout ça (de mémoire, d’aide au raisonnement, de messagerie instantanée télépathique, d’antenne internet wifi).

    Sélection naturelle impitoyable, au bout de quelques années de course au progrès prothétique, avènement de l’intelligence artificielle, nouvelle révolution industrielle.

    Enfin, je me comprends!

  27. Nikademus

    @ François Leclerc

    Déjà constituée, une oligarchie internationale se renforcera afin de gérer ces sociétés marquées par la difformité qui les caractérise à la naissance. Elle le fera en symbiose étroite avec le monde de la finance, consacrant l’avènement d’un nouveau mode de production oligarchique.

    Un contrôle social omniprésent, assorti d’une répression rampante, s’efforcera de contenir des tensions sociales soutenues dont les explosions sporadiques seront criminalisées – tout comme le seront toujours davantage les formes les plus élémentaires de la protestation.

    C’est sans conteste ce dont on rêve en haut lieu et que l’on a déjà commencé à préparer. Mais n’est-ce pas basé sur une étourderie méthodologique, et en fait précisément la même qui a mené la finance droit dans le mur? A savoir, l’illusion qu’une oligarchie peut subsister, comme en apesanteur, hors de tout rapport avec la masse des manants que nous sommes? (C’est ainsi, je pense, qu’on peut traduire sans le trahir le discours qui nous a été servi, disons pendant 30 ans, et un peu plus crûment ses dernières années: les pauvres ne servent à rien, ils coûtent chers aux riches, qui sont les seuls véritables producteurs de richesse, pressurons-les, faisons-leur une guerre sans merci, et si Dieu nous aide, supprimons-les.)

    Mais on peut fortement en douter, et déjà, si on en croit la théorie qui ne date pas d’hier et qui tend à se vérifier on ne peut plus aujourd’hui, celle qui faisait valoir que l’argent n’est pas une chose mais bien une forme des rapports humains. Et dont Paul propose semble-t-il une réactualisation. Que vaudraient leurs richesses, et pour acheter quoi, dans ce monde imaginaire coupé en deux? Le pouvoir, la richesse c’est le pouvoir de diriger le temps des autres, mais pour cela il faut précisément aussi qu’ils reconnaissent et acceptent ce droit, si peu naturel, qu’on leur impose. Il y faut une immense machinerie idéologique, comme l’ont prouvé les deux régimes qui se sont partagés le XXème siècle. Elle n’est pas si simple à mettre en place.
    De plus, du moment que le monde est unifié, on est dans une situation qualitativement très différente de celle d’une dictature bananière locale: dont les gens peuvent toujours s’extraire pour immigrer, ce qui n’est pas certes très enviable. Le modèle algérien n’est pas universalisable, il ne subsiste que de par « ses généreux » contributeurs.

    Plus concrètement, à une oligarchie, il faut toujours des médecins : où vont les dictateurs chiliens ou zaïrois pour se faire opérer? Ils savent bien qu’ils ont tellement ruiné leur pays qu’ils n’ont pas les moyens d’en offrir même à leur caste limitée. Il leur faut aussi, peut-être pas des juges, on sait qu’il n’y a pas d’ « affaires » dans ces mondes-là, mais au moins des précepteurs, et puis toute une flopée de laquais (je sais, on dit « service à la personne » quand on est poli…). Mais où les trouveront-ils? Pour un Coupat, il y a évidemment 10000 autres « intellectuels précaires » et autres gens pourtant si nécessaires pour faire tourner la machine qu’ils ne peuvent même plus employer et peut-être bien plus qui ne veulent pas. Et déjà combien rien que sur ce blog ?

    En d’autres termes, on le sait bien, la paix sociale a été achetée, et de haute lutte, par la contrepartie des salaires, puis du crédit. Mais la paix sociale, ce n’était pas seulement une idée dans la tête des gens, c’était une réalité bien concrète. L’oligarchie croit pouvoir s’en passer parce qu’elle a poussé ses victoires très loin. Elle oublie, et peut-être vous aussi momentanément, que en fait ce sont les pauvres qui créent la richesse, que les riches ne sont là que par tolérance spéciale bien patiente (et quelques gros mensonges aussi certes) et un compromis.

    Ils ne peuvent finalement pas se passer de nous. Fatale erreur qu’est la leur que de l’avoir cru. Ils vont perdre bien plus que ce qu’ils auraient pu conserver par quelques accommodements.
    Car au fond, il ne faut pas oublier que leur ordre, ou vision du monde, n’est pas simplement injuste, ou stupide, surtout, on le voit bien, ça ne marche pas. En définitive, comment pourraient-ils mettre en place une mécanique si compliquée, et avec quel personnel, s’ils n’ont pas su empêcher la ruine de ce qui les servait si bien?

    Bien cordialement,

    PS: Il me semble qu’on peut imaginer un autre scénario, en tout cas « équiprobable »: comme en 1789, ou en 1917, une caste dégénérée et incapable, qui n’a pas su venir mais en plus a aggravé ce qui venait la renverser, est simplement chassée. Les plus intelligents, ou raisonnables, parmi eux comprennent vite où est leur intérêt et changent de bord. D’autres polarisations se font, un autre équilibre se met en place. (Sans préjuger en rien en terme de violence de la transition, ou d’inégalités qui peuvent se recréer mais que l’on peut sans doute déjà commencer à anticiper.)

  28. Rumbo

    Joel GOUPIL dit :
    25 mai 2009 à 18:41

    «  »La petite société dans laquelle je travaille refuse les commandes . De la même façon Je connais plusieurs artisans qui sont aujourd’hui débordés de travail » »

    Je témoigne de la même chose de mon côté. Retraité depuis 4 ans, à la faveur d’un déplacement la semaine dernière, j’ai revu quelques clients à moi devenus des amis. Habitant depuis plus de vingt ans à quelques dizaines de kms du Golfe de Saint Tropez (certains disent de Sainte Maxime) je connais très bien le tissus artisanal de toute la région, ayant été moi-même fournisseur dans la branche du second-œuvre du bâtiment (et je ne parle pas de la concurrence ravageuse, ici comme ailleurs).
    Par exemple, un ami artisan métallier de Cogolin revu il y a à peine une semaine, a une année entière d’activité devant lui. Il ne peut prendre aucun chantier à moins de ce délai d’un an (au moins). Il travaille maintenant avec son fils. Il n’a jamais fait une meilleure année que 2008. Pendant notre discussion la semaine dernière, une entreprise de maçonnerie est passée cherchant (et ne trouvant pas) le serrurier dont elle a absolument besoin pour finir un chantier qui a été modidié en cours de travaux. Il est vrai que la clientèle privée autour du Golfe de Saint Tropez est particulièrement aisée et, avec la crise, elle aurait tendance à consolider concrètement ce qu’elle a déjà dans la pierre, d’où les travaux (ce n’est pas Marseille-Nord, encore que j’y travaillais). Tous les clients PME-PMI artisans que je cotoyais dans la région ont toujours « marché à fond » (certes, ça ne durera peut-être pas toujours). En attendant, il n’y a pas l’ombre ici de la crise.
    Sauf imprévu, évidemment, les riches resteront riches et même devraient le devenir davantage. C’est vraiment cruel ! Incroyable dans une société qui se prétend « humaniste », et cela fait écho au présent billet de François Leclerc. Certains avaient 4 millions d’euros (banal!), et vous avez perdu 2 millions d’euros!? Et-ce que vous vivez mal avec 2 autres millions d’euros qu’il vous reste? (soit:13.119.140 franc) Sûrement pas… Dans le pire des cas, c’est ~10 000 euros mensuels assurés…

  29. barbe-toute-bleue

    @Il grande prof Y

    Oui et non. Merci pour les délais en intelligence artificielle, mais ceci n’est pas prévisible. La direction ? Peut-être, mais ce sont des prédictions assez aléatoires tant qu’on a aussi mal compris ce que faisait la vie, et l’intelligence qui l’anime.

    Les scientifiques trop orgueilleux, ça existe. Ce qui leur fait dire tout et n’importe quoi lorsqu’ils parlent de leurs espoirs … sur lesquels on va rattacher des budgets. Imaginez qu’ils disent : « pas de résultats probants avant un siècle en AI ». Il vaut mieux présenter des extrapolations de courbes qui ne sont en réalité pas toujours prolongeables.
    Vous énoncez plutôt des projets de recherches pour, au delà, la génération Y, que vous ne faites de prédictions sur les résultats.

    Ceci dit, une oligarchie financière dominant perpétuellement le monde ? On en reparlera quand elle saura faire pousser toute seule des radis dans son jardin. Je veux dire des vrais radis.
    Pour ce qui est de mettre au point l’intelligence artificielle, ça va être dure de compter sur des banquiers pour y parvenir. D’ailleurs, si les banquiers devenaient vraiment plus perspicaces, ils changeraient d’orientation dans la stratégie pour stopper de pomper sur le système productif … pour aider à réaliser plus de concret. Le courant inverse de ce qui s’est généralisé en finance « productiviste ».

    Implantez des puces à l’oligarchie, et elle s’arrête de vouloir être oligarchique, ou alors, l’intelligence artificielle est vraiment un leurre non fonctionnelle et impossible.

    Vous avez juste, pour la succession des générations. Il y a de l’inertie dans les dynasties que sont les oligarchies.

  30. lacrise

    Solution pour la crise : faire travailler des chimpanzés et leur prêter de l’argent. On devrait pouvoir faire une méga bulle et tout régler avec un petit virus une fois que ça sera à point. Réfléchissez il y a des tas de boulots qu’un chimpanzé devrait pouvoir effectuer (trader, ministre…- déjà testé pour les traders et ça marche très bien.)

  31. Crapaud Rouge

    @Nikademus :

    la théorie qui ne date pas d’hier et qui tend à se vérifier on ne peut plus aujourd’hui, celle qui faisait valoir que l’argent n’est pas une chose mais bien une forme des rapports humains. Et dont Paul propose semble-t-il une réactualisation.

    Oui mais, je crois que Paul veut montrer que l’argent n‘est qu‘une chose (de la catégorie marchandise), même s’il est malgré tout autre chose : l’objet de tous nos fantasmes.

  32. mcarmen

    Bonjour,

    Après lecture de ce texte qui a relevé beaucoup de signaux faibles d’un futur négatif, je dis oui, nous pouvons ;-))
    élaborer, toutes classes sociales confondues, un présent immédiat qui n’est pas porteur de conflits futurs.

    J’imagine que nous pouvons relire ensemble http://www.evene.fr/celebre/actualite/charles-darwin-theorie-evolution-especes-creationnisme-1954.php?p=5 Darwin et l’importance pour lui de la solidarité et de l’altruisme dans la « construction » de l’espèce humaine.
    Ensuite, après ce rafraichissement neuronal auprès de ces textes fondamentaux de notre pensée occidentale ethnocentrée, peut-être aurons-nous la capacité à dissoudre la peur qui nous sépare et divise. Elle fait partie du passé, a été, elle aussi médiatisée par notre inconscient territorial ; l’histoire ne se répète que si on l’y invite.

    Bonne journée

  33. Karluss

    malheureusement, François Leclerc est un visionnaire avéré, il donne dans le juste, le sans faute. L’individualisme exacerbé par la culture occidentale répandant son modèle comme le seul convenable et souhaitable, ne va rien arranger. Et nos oligarques resterons les modèles de ce qu’il faut atteindre, ils scelleront les empreintes du rêve, comme toujours.
    à moins que d’autres réseaux informatifs permettent à la connaissance et à la sagesse de prendre le dessus.
    et puis les révolutions tournent mal, mais elles ne naissent pas par hasard ; des soupapes vont craquer à différents endroits, des conflits semblent inévitables. Misère !

  34. jacques

    On a joué sur notre cupidité, notre espoir de devenir riches.On nous a fait croire que l’on s’enrichissait à coups de bulles. On va nous lessiver à coups d’inflation, de diminutions de prestations sociales , de non augmentations salariales , de dette publique. On= nos gouvernants , associés à cette « industrie financière « , qui n’ont rien vu venir , viennent nous expliquer aujourd’hui avec un cynisme absolu ce qu’is vont essayer de faire pour nous sortir du pétrin.La finance n’est plus l’endroit ou l’on finance des projets mais l’endroit ou l’on prend des paris incensés avec la couverture du contribuable si l’on se plante.Intuitivement, tout le monde a compris ou l’on va.

  35. Ton vieux copain Michel

    Un autre dont les affaires vont très bien en dépit de la crise (et même sans doute grâce à elle), c’est ce célèbre avocat londonien spécialisé dans les divorces des gens très fortunés et célèbres auquel le New-York Times consacre un article.

    Cet homme est en quelque sorte un socialiste car il milite pour une redistribution équitable des revenus dans le couple :-)

    http://www.nytimes.com/2009/05/26/business/global/26divorce.html?_r=1&hp

  36. ybabel

    @Rumbo et Jean Goupil,
    oui bien sur, l’économie se re-dirige vers d’autres secteurs. Plutôt que de construire, on répare. Plutôt que de fabriquer on recycle. Donc l’artisanat va se porter mieux un temps, dans le bâtiment ou les garagistes.
    Un autre secteur plein d’avenir aussi c’est policier…
    Mais ca ne veut pas dire que la crise n’est pas la, ni qu’elle n’est pas grave (pour le reste de la population).

    Ceci dit, tant mieux pour vous :-)

  37. H.Giraudon

    @ Nikademus
    Votre « mise au point », si l’on considère la situation pour demain comme n’étant pas nette ou très floue, correspond à ma vision. Je chausse donc vos lunettes avec satisfaction. J’ajouterais une autre incertitude que vous n’évoquez pas ici, et qui semble être hors de votre champs visuel (l’exigence écologique ou planétaire) mais je comprends pourquoi : une complexité de plus qui viendra réguler ou tyranniser (c’est selon) les enjeux existants que vous décrivez.

  38. Crapaud Rouge

    @Karluss : « L’individualisme exacerbé par la culture occidentale »… En voilà un cliché ! En dépit des apparences, nous sommes bien plus « collectivistes » qu’individualistes. L’individualisme n’est qu’un leurre. Exemple : tout le monde cherche à placer ses gosses dans « la meilleure école possible ». Quand je dis « tout le monde », c’est bien sûr ceux qui le peuvent, mais si tout le monde le pouvait, tout le monde le ferait. Le vrai individualisme est celui des « marginaux » qui refusent cet espèce de « collectivisme global » que le capitalisme s’efforce d’imposer. Cet individualisme-là est haï, à commencer par les braves gens qui dénoncent « L’individualisme exacerbé par la culture occidentale » et votent pour Sarkozy et sa politique de répression.

  39. clemence Daerdenne

    Nous savons que l’economie reste une science molle meme si certains tentent de la legitimer en science dure en la mathematisant. Les parametres humains – emotionnels, psychologiques etc – y jouent un role preponderant, souvent imprevisible et difficilement quantifiable.

    On evoque bq cette crise par l’analyse rationnelle des statistiques, de divers indicateurs. C’est indispensable et je lis les apports de chacun d’entre nous avec un vif interet.

    Je vous soumet cette question pour avoir votre avis et votre perception :
    COMMENT, ACTUELLEMENT, LES PERSONNES DE VOTRE ENTOURAGE EVOQUENT-ELLES LA CRISE ?

    Pour ma part, je constate depuis quelques temps, 2 mois environ, une propension – chez mes collegues, amis, famille – à ne plus vouloir parler de la crise, à eviter le sujet ou tres vite l’abandonner quand il est abordé.

    J’en ai eu un choc samedi soir, lors d’un diner avec des ami(e)s, travaillant dans le milieu politique, quand ceux-ci m’ont dit, alors que j’evoquais la gravité de la situation economique et que je pensais pouvoir echanger avec eux, qu’ils ne voulaient plus parler de la crise.

    Je fais partie de la CSP de classe moyenne, je cotoie des personnes de differentes CSP dont peu , pour l’instant, subissent la crise et je constate la mise en oeuvre d’une sorte d’une sorte de “déni” collectif trans- categories-sociaux professionnelles.

    Quel est votre constat, il m’interesse grandement.
    Au moins, je sais que sur ce blog , on peut en parler .

    -

  40. Killixs

    Je ne sais pas ce qu’il faut penser de ces histoires d’inversion de pôle magnétique terrestre en 2012 (ou de changement d’axe de la Terre?), mais cette donnée à elle seule, indépendamment de catastrophes environnementales liées à l’activité humaine (obscurcissement solaire), suffit à faire froid dans le dos, indépendamment de toute crise politique majeure. Alors si on cumule les deux…

  41. antoine

    @ Clemence

    Même constat.

    Les rares financiers- banquiers que j’ai pu approcher veulent bien en parler avec moi. Et je me rend compte qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. Je suis mieux informé qu’eux sur ce blog! Ils ne savent pas « quoi » faire (pour ceux qui ont gardé un minimum de respect des citoyens et qui souhaiteraient améliorer la situation) mais ils ont conscience de la précarité de la situation de la banque dans laquelle ils exercent (et leur discours est bien moins optimiste que celui de Trichet). En fait en dehors de leur domaine de compétence professionnel ils n’ont pas de vision globale de ce qu’il faudrait faire pour remettre leurs métiers au service de l’économie productive. Je devais en discuter avec un trader la semaine dernière mais au dernier moment il a annulé.

    Les industriels que j’ai pu voir, en revanche, nient le problème. Ou plutôt non ils ne le nient pas puisqu’ils en voient les effets sonnant et trébuchants tous les jours. Ils espèrent que ca va bientôt finir parce que c’est tout ce qui leur reste. Alors si on leur dit que non « on n’est même pas à la fin du début » et qu’en plus ce qu’ils ont mis de côté en bourse va continuer de fondre comme neige au soleil, ceci pendant les moments ou ils n’ont pas le nez plongé dans les comptes de leur société, ben c’est normal ils ont envie de fuir pour respirer un peu d’air. Même chose ils n’ont aucune idee de quoi faire. Quand ils en ont une un bref rappel de l’ampleur du desastre leur fait baisser les bras. Et dans le même mouvement ils voudraient que « tout continue comme avant », éviter de trop « politiser » (ils aimeraient des solutions « techniques » apolitiques mais ca n’existe pas) et donc refusent tout diagnostic du système qui serait trop « profond » (par exemple, on sent un « agacement » bien compréhensible d’ailleurs dès qu’on passe de « la méchante oligarchie financière » à « le rapport salaire/recours au crédit pour les ménages »). C’est pourquoi ils préfèreront systématiquement croire une explication de la crise qui ne ferait pas intervenir ces dimensions là du problème, et c’est pourquoi in fine ils restent des cibles privilégiées pour le discours « remise en question non du capitalisme mais des abus du capitalisme financier ».

    Les politiques c’est différents. S’ils sont UMP ou socialistes la crise va les cramer et ils le savent. Ils n’ont donc aucun intérêt à en parler, car les seules mesures-radicales- qui pourraient assainir le système sont de toute façon incompatibles avec la conception de la sociale-démocratie pour laquelle ils ont plaidé jusque là (pour des raisons suffisantes). Ils sont donc en position de faiblesse.

  42. IMPORTANT RAPPEL : Compte à rebours, écrit par Roland Lehoucq en janvier 2005 - Le Monde Diplomatique - Information proposée par Philippe Soubeyrand

    @ François, @ Paul et @ vous tous…

    Je parcours très souvent les articles de Paul et François, et j’accorde toujours un peu de temps à la lecture des commentaires tout aussi pertinents que les billets concernés ; je tiens d’ailleurs à saluer ici les commentaires d’anonymous56 et d’Yves de Bressy.

    Dans la vie de tous les jours, je suis chercheur en mathématiques auprès d’une multinationale. Mes travaux concernent la création d’outillages mathématiques visant à conforter nos activités de capacity planning et de business intelligence. Je suis donc très au fait des méthodes d’observation et d’analyse des systèmes quels qu’ils soient.

    Je tiens à dire que ce billet est hélas très en phase avec la réalité. Il ne s’agit malheureusement pour nous tous, ni d’une fiction, ni d’une vision partisane avant le prochain scrutin européen…

    François Leclerc semble en outre poser une autre question, bien plus inquiétante selon moi, puisque décisive pour l’avenir de l’humanité bien plus tôt qu’il n’y parait :  » [...] Et quid du chapitre des ressources mondiales et des dérèglements de toutes natures, négligé dans ces ténèbres ? [...]  »

    Pour répondre à la question de François Leclerc, je vous propose de parcourir (si ce n’est déjà fait) cette démonstration du chercheur Roland Lehoucq écrit en janvier 2005, bien avant le prix Nobel de Paul Krugman en 2008, bien avant l’intervention de Nouriel Roubini devant le FMI en 2006 : Compte à rebours. Cette démonstration a suscité elle aussi de nombreuses controverses. Cette démonstration concerne la crise systémique globale dans laquelle l’humanité s’est engagée.

    Aussi très franchement, le pire est-il encore évitable ?

    A cela ma réponse est oui, ce qui n’engage que moi si je décide de raisonner par l’absurde, puisque cela impliquerait une décision planétaire qui dépasse l’entendement pour tout un chacun y compris pour moi-même : réduire au plus vite (sous-entendu en moins d’une année) la population mondiale et la ramener au niveau raisonnable de 3 milliard d’êtres humains… Absurde et insoutenable humainement ? Certes, mais est-ce pour autant impossible techniquement ? Non hélas…

    — La démonstration de Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA — Bonne lecture à tous !

    La Terre est un système fini. Ainsi formulée, la chose semble évidente. Au quotidien, elle passe pourtant inaperçue, tant les mesures de référence humaines sont distinctes des échelles terrestres. La différence est même si grande que nous avons toujours puisé sans compter dans des ressources imaginées, sinon infinies, du moins très grandes. Si la part que l’humanité prélève sur l’écosystème terrestre a longtemps été négligeable par rapport aux ressources disponibles, il faut bien reconnaître que, après une bonne cinquantaine d’années de croissance exponentielle, l’activité humaine rivalise désormais avec les forces de la nature. Une façon de quantifier cette activité est de considérer l’énergie qu’elle consomme. Du point de vue du physicien, l’énergie représente la grandeur qui exprime la capacité d’un système à modifier l’état d’autres systèmes avec lesquels il est en interaction.

    Une croissance exponentielle se heurte inévitablement, et beaucoup plus rapidement qu’on ne le croit, à la finitude des ressources de son environnement. Prenons l’exemple de bactéries cultivées dans une boîte. Elles se reproduisent en se divisant et leur nombre double au bout d’un temps variable qui, pour prendre un exemple, peut ne pas dépasser 20 minutes.

    Imaginons que la descendance d’une unique bactérie, placée à midi sur le milieu de culture, parvienne à saturer la boîte à minuit : dans ce laps de temps, le nombre de bactéries aura été multiplié par 68 milliards. Quand la boîte était-elle à moitié pleine ? A 23 h 40. Si nous étions l’une de ces bactéries, à quel moment aurions-nous conscience que l’on s’apprête à manquer d’espace ? A 22 heures, quand la colonie n’occupe encore que 1,5 % du volume de la boîte, nous n’imaginons pas la catastrophe qui se prépare. Supposons qu’à 23 h 20, une bactérie particulièrement avisée commence à s’inquiéter. A grands renforts de moyens, elle lance un programme de recherche de nouveaux espaces. A 23 h 40, trois nouvelles boîtes sont découvertes, ce qui quadruple le volume disponible ! Cet accroissement des ressources, apparemment considérable, ne donnera pourtant qu’un répit de 40 minutes : la colonie étouffera à 0 h 40.

    Avec les taux de croissance actuels, le temps de doublement de la consommation mondiale d’énergie est voisin de 50 ans. La crise que l’on annonce, et dont on perçoit déjà les premiers symptômes, n’est que la manifestation d’une croissance exponentielle dans un environnement fini. Peut-on estimer les échelles de temps mises en jeu ? Le calcul du temps de doublement de la consommation est une première tentative. Une autre façon de procéder consiste à calculer le rapport entre les réserves estimées d’une ressource et la consommation annuelle actuelle. La valeur obtenue est une borne supérieure au temps réel d’épuisement de la ressource considérée, car elle fait implicitement l’hypothèse – non vérifiée aujourd’hui – d’une stabilité de la consommation. Selon que l’on considère les réserves prouvées ou les réserves ultimes, les temps d’épuisement du pétrole, du gaz naturel et de l’uranium varient entre 40 et 120 ans ; pour le charbon, la situation est plus favorable : entre 220 et 850 ans (1). Du point de vue des ressources fossiles, minuit approche…

    Quelles sont les possibilités d’allonger la durée du compte à rebours ? La première, qui tombe sous le sens, consiste à passer à un mode de développement plus lent, à croissance nulle, voire négative. Cette démarche est indispensable, même si sa mise en œuvre à l’échelle mondiale apparaît très difficile, tant la demande énergétique est forte. Chaque pas dans cette direction a cependant le mérite de faire gagner un peu de temps sur l’inéluctable disparition des ressources fossiles. Par ailleurs, le captage de l’énergie solaire, éolienne, géothermique, hydraulique, de la biomasse, de l’énergie des marées, des vagues ou de l’énergie thermique des mers permettrait également de ralentir l’épuisement des combustibles fossiles. Cependant, si l’on exclut le solaire, la puissance disponible dans les sources d’énergies renouvelables n’est supérieure que de quelques fois à celle consommée aujourd’hui. Si la croissance planétaire de la consommation se poursuit au rythme actuel, le temps viendra où les prélèvements satureront les capacités de renouvellement. La puissance disponible dans ces sources d’énergie impose donc une limite à la croissance de la consommation énergétique humaine, avec toutefois un avantage incontestable sur les boîtes à bactéries et les énergies fossiles : le stock disponible se renouvellera.

    En revanche, la Terre reçoit du Soleil une puissance 13 000 fois supérieure à celle que consomme l’humanité. Le Soleil brille parce qu’il est chaud – sa température de surface est de l’ordre de 6 000 °C – et, en un peu plus d’un millionième de seconde, il rayonne autant d’énergie que l’humanité en produit en un an (2).

    Ainsi, à l’échelle humaine, cet astre constitue une source en apparence inépuisable : il brille depuis 4,5 milliards d’années, et continuera à le faire pendant à peu près la même durée. S’il brille intensément depuis si longtemps, c’est qu’il puise son énergie au cœur des noyaux des atomes : dans les régions centrales les plus chaudes, des réactions de fusion thermonucléaire dégagent de l’énergie en transformant quatre noyaux d’hydrogène en un noyau d’hélium. Capter une fraction appréciable de cette énergie changerait radicalement les échelles de temps mises en jeu. Comment faire ? En sus des méthodes traditionnelles (capteurs solaires de type photovoltaïque ou thermique), deux projets ambitieux tentent de baliser la piste à suivre. Le premier, la construction d’une gigantesque tour solaire, est en voie d’expérimentation ; le second, la mise en orbite d’une station solaire, est encore à l’étude.

    La structure la plus haute jamais construite par l’homme pourrait voir le jour dans l’outback (3) australien d’ici à 2008. La compagnie australienne EnviroMission projette d’y ériger une tour solaire de plus d’un kilomètre de hauteur, capable de produire une puissance de 200 mégawatts (4). Elle aura une section de surface voisine de celle d’un terrain de football, et se situera au centre d’un parterre de verre de plus de 7 kilomètres de rayon. Son fonctionnement est simple : la lumière solaire chauffe l’air situé sous le toit de verre, incliné de sorte que l’air chaud s’élève vers la tour. Il y est canalisé pour actionner des turbines dont la rotation produira de l’électricité 24 heures sur 24. Bien que l’énergie solaire soit, par essence, intermittente, la chaleur stockée dans le sol situé sous le collecteur de verre fournira une source d’appoint durant la nuit. Cette tour est une version géante du prototype de « cheminée solaire » inventée et construite par l’ingénieur allemand Schlaich Bergerman en 1982, près de Manzanares, en Espagne.

    Quasiment toute l’énergie rayonnée par notre étoile se perd dans l’infini, la Terre n’en interceptant qu’un demi-milliardième. Pourquoi, alors, ne pas capter ce rayonnement depuis l’espace ? L’absence d’alternance jour/nuit permet de s’alimenter au Soleil en permanence, et l’absence du filtre atmosphérique multiplie par huit la puissance reçue. Durant les années 1995-2000, la NASA a lancé le programme de recherche et de développement technologiques Space Solar Power (5) pour conduire les études préalables à la réalisation de grandes stations solaires orbitales, capables de produire plusieurs centaines de mégawatts, voire quelques gigawatts. De grands panneaux photovoltaïques capteraient le rayonnement solaire, dont l’énergie serait ensuite transmise sous forme d’ondes centimétriques. Une expérience dans ce sens a même été réalisée à La Réunion, où l’utilisation de micro-ondes a permis d’alimenter en énergie les habitants vivant dans une vallée difficile d’accès (6). D’autres pays sont intéressés par ce projet. Le Japon a annoncé, début 2001, son intention de réaliser une centrale solaire orbitale d’ici à 2040. Ce satellite serait équipé de deux panneaux géants de 1 kilomètre sur 3, et il pèserait autour de 20 000 tonnes.

    Si la consommation énergétique de l’humanité devait poursuivre sa croissance actuelle sur le long terme, seul le Soleil serait capable d’y pourvoir. Avec, cependant, une date butoir théorique : celle où la croissance de la consommation imposerait de capter toute la puissance qu’il rayonne. Cette date pourrait ne pas être aussi lointaine que nous l’imaginons : 3 200 ans d’une croissance annuelle de 1 % suffisent à l’atteindre. Le Soleil est, lui aussi, fini.

  43. tigue

    @clémence

    Cela fait environ 1 an que je n’ en parle plus, sauf si on m’ y invite…
    Le fait d’ avoir eu raison avant le déclenchement de la crise ne change rien au fait que les gens n’ aiment pas les mauvaises nouvelles, ni leur messager, surtout quand il n’ a pas été écouté.
    Toutefois, ce réflexe repose sur une base bien rationnelle: si chacun transmettait « le cafard » , la situation s’ aggraverait aussitôt (prophétie auto réalisatrice).

  44. enzobreizh

    @Rumbo et Jean Goupil

    Attention au petit raccourci, ne faites pas de cas isolé une généralité.
    Je suis moi même artisan dans le bâtiment, et en ce moment c’est la purge ; il faut bien distinguer deux secteurs: le neuf et la rénovation.
    La rénovation est aussi en baisse et donc se restructure (panneau photovoltaique, isolation renforcé,…grace aux incitation gouvernementale..), mais compte tenu de la quantité incroyable de rénovation qu’on à observé c’est dix dernières années
    le plus gros à été fait.(et le cash manque)
    Le neuf est en mauvaise situation dans ma région selon les départements on attend une baisse de -30% à -50%,
    au niveau national je n’ai plus les chiffres mais on est dans la moyenne.
    rendez vous compte qu’on laissait encore s’installer des artisans en Octobre dernier……alors que déjà la baisse se faisait sentir début 2008.

    1°:La quantité de construction et rénovation subit une forte baisse
    2°:L’effectif global dans l’artisanat était basé sur la croissance exceptionelle de ces dernières années
    3°:l’effectif par confrérie est très disparate (le nombre de maçons est énorme par rapport aux serruriers par exemple)
    4°:la taille de l’entreprise
    5°:sa zone géographique
    ……….
    La purge à commencé enfin 2008 par les artisans maçon puis début d’année par des couvreurs……..
    trop de personnes se sont installés ces dernières années, laissant la qualité en second plan, l’appât du gain certainement sans compter le travail au noir en supplement pour les faux frais :).

    En ce moment on vous dit : « ça semble repartir », foutaise, qui construit ?, à qui les banques prêtent-elles ?
    On est tous débordé en ce moment (dans la construction neuve) parce qu’on vit sur les commandes de l’année dernière et surtout les constructeurs veulent approcher leurs rendements des dernières années , les maisons se montent en 7 à 8 mois au lieu de 11 à 12 mois, la grande course jusqu’à Aout (la respiration dans le bâtiment).
    Les constructeurs ne vendent plus beaucoup ils savent que certains vont mourrir (normal, comme les artisans ils sont trop nombreux, regardez l’immobilier c’est la même chose), ils sont au point de nous demander des baisses de tarif de 5%
    (certains constructeurs jusqu’à 16%!!!),voila le rapport de force est bien monté d’un cran, la purge commence, j’attend l’hiver prochain pour voir si je reste dans le train ou si je reste sur le quai (et peut etre sous le pont :) ).
    Alors ne tirez pas de conclusions hative,la crise économique touche même les tpe/pme, comme dans n’importe quel autre secteur tout dépend de l’entreprise, de son marché, de son patron (petit!), de son réseau, de sa situation géographique………

  45. antoine

    @ Tique

    C’est avoir une conception particulière de ce qui constitue la moralité d’une action, qu’on pourrait qualifier d’utilitariste ou de conséquentialiste (je passe sur les différences), qui n’a RIEN à voir avec une quelconque idée de rationalité. Que cette approche soit l’approche morale correcte, ou qu’elle soit même compatible avec l’idéal démocratique de respect mutuel entre égaux, cela ne va pas de soi. Il n’y a rien de « rationnel » là dedans. Il s’agit juste d’une posture morale qui ne dit pas son nom (ou stratégique pour ceux qui y ont un intérêt… la « prophétie autoréalisatrice c’est du pain béni pour l’oligarchie financière).
    Les démocrates qui passent leur temps à exiger la transparence sur l’espace public, et qui en même temps dès que les choses deviennent sérieuses sortent le concept de « prophétie autoréalisatrice » ou de « principe de précaution » de leur chapeau m’ont toujours fait beaucoup rire.

  46. Ton vieux copain Michel

    La situation est grave, peut-être désespérée, mais rappelons-nous que l’homme est comme le saumon, il n’est jamais autant lui-même que lorsqu’il remonte le courant.

    Par exemple, Apple a sorti son iPhone en 2007, année du démarrage de la crise. Il en a vendu des millions. La communauté des programmeurs s’est aussitôt mise au travail pour concevoir de nouvelles applications. Il y en aujourd’hui plus de 22.000, accessibles d’un clic sur l’Apple Store. Plus d’un milliard de téléchargements. Une sorte d’économie symbiotique a bourgeonné et est sortie de terre: les applications rendent le smartphone encore plus intéressant et désirable et d’autre part, le volume des ventes de l’iPhone stimule les programmeurs qui rivalisent de créativité. Au total, l’iPhone est en train de devenir une sorte de super canif suisse virtuel, un objet magique à tout faire, ayant largement excédé ce à quoi il était destiné à l’origine. Il se transforme, par exemple, en télécommande, en palette de peintre (la dernière couverture du New Yorker a été composée sur un iPhone), en instrument de musique, en lampe de poche, en livre de recettes. Il vous oriente en ville, reconnait un air de musique, traduit. Bientôt, on l’utilisera comme carte de paiement.

    Et tout ça par temps de crise…

  47. lebanquier

    @ françois,

    je partage avec vous le fait que le scénario « désagréable » prend de jours en jours une probabilité d’occurence croissante. Cependant le pire n’est jamais certain et les regles du jeux peuvent etre changer à tout moment. Baignant au quotidien dans l’environnement financier je temoigne de l’autisme ambiant , de l’effet lobotomisant du »on le pense positif donc cela sera » conduisant à un optimiste dangereux pour l’avenir.

    A vous lire,
    chris

  48. enzobreizh

    @ clémence

    même constat que vous .
    Cela fait des mois que je passe pour un urluberlu, j’ai argumenté, développé, déssiné, recommandé ce blog, rien n’y a fait, la difficulté de penser peut ètre …….
    Alors finis je n’en parle plus , même mon banquier(pardon ! mon vendeur de produit financier) n’y pige que dalle lorsque je lui pose des questions sur la banque et son fonctionnement.
    Je ne sais pas s’il s’agit plus d’un déni que d’une accoutumance.

    Sur wikipédia j’ai trouvé cela:

    Accoutumance

    L’accoutumance ou tolérance est un processus d’adaptation de l’organisme à un stimulus extérieur, un environnement nouveau ou même un produit toxique. Cette accoutumance se manifeste par un affaiblissement ou même un épuisement de la réponse à ce stimulus à mesure que l’organisme y est confronté. Cette diminution de la réponse implique nécessairement une capacité plus grande à supporter les effets du stimulus et la possibilité potentielle d’augmenter le stimulus afin de recréer les mêmes effets qu’à la première confrontation.

    Drôle non! il faudrait donc 2 fois le tintamarre de septembre pour que les personnes réagissent ;)

  49. Crapaud Rouge

    @tique: « Toutefois, ce réflexe repose sur une base bien rationnelle: si chacun transmettait “le cafard” , la situation s’ aggraverait aussitôt (prophétie auto réalisatrice). » Encore ce cliché de l’optimisme pensé comme une nécessité ! Si les capitalistes s’étaient abonnés au pessimisme, ils auraient une vision plus prégnante de la réalité : elle n’est pas faite d’options, et encore moins de stock options, mais de nécessités.

  50. Christophe

    Super….. Entre LEAP 2020 et ça, je fais quoi maintenant !! Euh, je crois que je vais lancer Mario Kart et jouer à la Wii…. Vous me réveillez dans 20 ans??

  51. Moi

    La classe moyenne n’a pas encore trinqué. Tout est là. Lorsqu’elle sera touchée à son tour, on en reparlera.

  52. coucou

    @ Philippe Soubeyrand

    Merci pour l’article !

    « réduire au plus vite (sous-entendu en moins d’une année) la population mondiale et la ramener au niveau raisonnable de 3 milliard d’êtres humains… Absurde et insoutenable humainement ? Certes, mais est-ce pour autant impossible techniquement ? Non hélas… »

    Comment dire…Heureusement que vous avez ajouté le « hélas » ! J’ai eu très peur…

    Cela dit, suite à votre commentaire je voudrais évoquer ceci :

    Le malthusianisme à l’échelle globale est-il souhaitable ? S’il l’est, est-il possible ? Je m’explique :

    -Les manuels d’Histoire-Géo (vous noterez la qualité de mes sources) expliquent que la démographie d’un pays est étroitement liée à sa capacité à produire de la richesse, et de redistribuer cette richesse de façon pas trop injuste.

    -La capacité à produire les richesses est elle-même intimement liée à la production et à la consommation énergétique.

    -On pourrait donc supposer qu’à l’échelle du globe, une démographie « sage » (stabilité) serait intimement liée à la capacité de jouir d’une énergie justement répartie et maîtrisée.

    -C’est là qu’entrent en scène les énergies alternatives existantes, et surtout du futur disons « proche ». Mon dada à moi, c’est la fusion nucléaire produite sur Terre, et dans l’article de Lehoucq, c’est la fusion du vrai Soleil récupérée dans l’espace.

    Voici où je veux en venir : nos grands politiques et financiers sont bien gentils de tourner en rond en temporisant et en pleurnichant parce que leur joujou est cassé.

    Mais s’ils passaient sur le mode LONG TERME, ils verraient, au-delà de leurs hydrocarbures et de leurs marchés boursiers confits par la spéculation,

    que non seulement la compréhension de ce qu’est la monnaie est fondamentale, mais que la mise au point d’une production énergétique viable et durable l’est tout autant, car c’est la clé de la coexistence des humains sur le long terme, sans craindre de déborder de la boîte à bactéries !

    Cela dit, l

  53. Auguste

    à Antoine
    Environ 99% du personnel d’une banque n’a aucunement en tête la synthèse du fonctionnement d’une banque et des swot (menaces, opportun,ités, marges, risques) de ses flux monétaires avec ses « parties prenantes » (au passif, à l’actif, au hors bilan, en charge).

    à Clemence Daerdenne
    Vous n’êtes pas seule.
    Il y a des mois que je n’évoque plus la question crise qu’au compte-gouttes.
    Serait-ce de la mauvaise volonté ou du déni ? J’en doute.
    … Le capital des banques est négatif … L’offshore déborde
    … Le hors bilan des banques est inconnu … les autorités sont calfeutrées et mensongères …
    Faute de ducs-d’Albe ou de poteaux auxquels tendre un axone,
    les neurones ne voient pas même des lucioles ou des libellules qu’ils pourraient re-connaitre.
    Ne serait-ce pas le cerveau de votre protagoniste qui ne sait pas quoi faire de vos propos ?
    A propos où en est l’avancement du Glossaire ?
    Le mot hors-bilan y figure t-il ?
    Le 8 juin, à la publication des feuilles-de-vigne de la BRI il vaudrait mieux que tout visiteur de ce blog comprenne bien ce que signifie (a) hors bilan – (b) propagation de hors bilans depuis NewYork, via (…) jusqu’à Socgen et BNP, puis à (…) via (…)

  54. Crapaud Rouge

    @Ton vieux copain Michel : à quelle nécessité obéit l’iPhone et ses 22.000 applications qui ont l’air de faire votre enthousiasme ?

    @coucou : y’a belle lurette qu’il aurait fallu « passer sur le mode long terme », mais le système n’est pas équipé pour. Les individus non plus, du reste, il est prouvé qu’on a tendance à privilégier le présent au détriment du futur. Toutes les espèces en font autant : elles ne savent, au mieux, que faire des provisions pour le prochain hiver. Les politiques ne font pas mieux : leur horizon est borné par les prochaines élections. Et le peuple, quand on lui demande son avis, vote pour les solutions à court terme des problèmes à court terme. Et les journalistes, qui informent le peuple, votent d’abord pour leur salaire à la fin du mois. Pensez enfin au Château de Kafka : la stratégie à long terme de son héros, qui veut à tout prix rencontrer les dignitaires du Château, s’échoue à tous les coups sur les récifs du court-terme. Bref, le « long terme » est encore un cliché.

  55. Mikael EON

    Le New York Times rapporte l’inauguration du « National Ignition Facility », ou NIF.

    La remarque du Dr Moses qui dirige le projet nous fait tous rêver:

    “If fusion energy works,you’ll have, for all intents and purposes, a limitless supply of carbon-free energy that’s not geopolitically sensitive. What more would you want? It’s a game changer.”

    Si l’énergie de fusion fonctionne, vous aurez,à toutes fins utiles, une ressource illimitée d’énergie libre de carbone non sensible géopolitiquement. Que voudrions nous de plus? C’est un changement de donne.

    http://www.nytimes.com/2009/05/26/science/26fusi.html

    Qui peut savoir quand le rêve deviendra réalité mettant à notre disposition sur terre la puissance des étoiles, celle de la fusion nucléaire?

    Les prévisions sont hasardeuses et rarement justes.

    Le tableau esquissé par François Leclerc n’est heureusement pas ne prévision. Il a plutôt essayé de deviner l’esquisse d’un tableau dans les lignes tracées sur la toile, les taches de couleur déjà visibles… mais l’hypothétique « Pollock » auteur du tableau peut renverser un pot de peinture qui rendrait caduques ces arcanes entrevues.

    http://www.ipollock.com/

    Guernica n’est pas sure.

  56. tigue

    @Philippe Soubeyrand
    Les humains ne sont pas comme les bactéries confinées dans une boîte.
    De mon point de vue, il y a plein de place en Australie, aux US, dans les campagnes Françaises…
    La fin du monde pour tout a l’ heure est un gros flan indigeste qui ne passe pas.
    Il sert uniquement a noyer le poisson (l arnaque reelle, immediate, ici et maintenant) dans du gros flan (échelle galactique).
    PS : la terre n’ est pas une boîte de Pétri, les hommes peuvent radicalement changer, une decouverte revolutionnaire (comme internet ) appliquée a l’ énergie, et tout le gros flan s’ évapore.
    Par contre les Top profiteurs humains seront toujours là pour monter leurs péages et tondre leurs semblables : cela j’ en suis certain !

  57. A.

    Je propose un exercice de style à François :
    écrire un billet optimiste

  58. jducac

    @ Tous,

    Le moment de la conviction approche. Nous allons tous bientôt mettre le doigt sur la cause première de cette crise qui est très probablement un problème d’épuisement des matières premières non renouvelables, déjà signalé sur ce blog. Les perturbations dans le monde de la finance ne sont que des conséquences.
    La monnaie ne serait qu’accessoire dans cette histoire.
    Lisez « C’est maintenant. 3 ans pour sauver le monde Editions du Seuil » de JM. Jancovici ou bien écoutez et visionnez sa conférence sur le site ci-après
    http://www.espci.org/fr/jancovici

  59. barbe-toute-bleue

    Lehoucq ne parle pas de réduction malthusienne, il dit que 3 milliards, ou 6 milliards est approximativement la même chose quand le temps se déroule et que la demande énergétique augmente. Bref, il explique ce que sont les exponentielles et que lorsque les hommes politiques ou Johannes Finckh parlent de sauver le monde à jamais en relançant la consommation, c’est surtout qu’ils semblent avoir du mal à intégrer une donnée fondamentale dès le départ.
    Jancovici dit la même chose que Lehoucq d’ailleurs, mais son pari est plus porté sur le moment où on va dépasser le pic de l’extraction pétrolière.

    A la suite de quoi, il faudra comprendre si avoir au delà d’une certaine quantité d’énergie à sa disposition, et par personne, est un fait qui rend les gens à coups sûrs, plus heureux pour profiter de leur existence.
    A voir la tête de certains banquiers dans de magnifiques tailor made suits, descendant d’un jet privé après être rapidement passé à LA, Tokyo, Singapour, et Londres, j’en doute souvent

  60. François Leclerc

    @ A

    C’est la version optimiste que je publie !

  61. Ton vieux copain Michel

    @ Crapaud Rouge

    C’est un peu comme si vous m’aviez demandé « A quelle nécessité obéit un ordinateur? »

    Réfléchissez à tout ce que votre ordinateur vous permet de faire.

  62. François Leclerc

    Nouvelle optimiste pour A

    On apprend aujourd’hui que, selon l’Institut Conference Board, l’indice mesurant la confiance des consommateurs américains est remontée de manière spectaculaire en mai.

    Question, on interroge l’Institut sur sa méthodologie ou on envoie les 5.000 ménages du panel en consultation chez les psy ?

  63. Ton vieux copain Michel

    Ils sont optimistes parce que la bourse a monté, et ce regain d’optimisme entraîne une hausse de la bourse, ce qui les rend encore plus optimistes et ainsi de suite…

    Je lis ici qu’une manne d’une cinquantaine de milliards va tomber dans l’escarcelle de certaines banques grâce à une nouvelle astuce comptable.

    http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601087&sid=aZ838mo99dGo&refer=home

  64. BA

    Etats-Unis : chute record des prix du logement au premier trimestre.

    La chute des prix des logements aux Etats-Unis a établi un record au premier trimestre, s’établissant à – 19,1 % sur un an, selon l’indice Standard and Poor’s/Case-Shiller qui mesure les prix nationaux.

    Par rapport au quatrième trimestre 2008, la baisse atteint – 7,5 %. Lors de ce trimestre, elle avait été de – 7,4 % par rapport au troisième trimestre 2008.

    Dans les vingt plus grandes agglomérations du pays, la baisse a également été un record au premier trimestre, atteignant – 18,7 % sur un an, et dans les dix plus grandes agglomérations – 18,6 %, a ajouté Standard and Poor’s.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=468ed28c360b4df2fac5ff41c62ee8e3

  65. pseudo

    Selon le Radar du 26/O5/09, qui se pose la question de savoir si « le public va-t-il s’effondrer sous la charge de la dette privée et des relances ? « ,  » Nous sommes sans doute proches de la barre horizontale du L. Mais combien de temps va-t-elle se prolonger ?  »
    « …, si la liquidation de la dette révèle d’autres gouffres financiers, la fragile branche horizontale du L va casser.  »

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2732

  66. ... suite, Philippe Soubeyrand

    @ coucou

    Je suis parfaitement en phase avec ce que vous exposez. Seul bémol selon moi, le temps qui nous est imparti ?

    Cet été austral 2009 en Arctique est important à plus d’un titre, et nous devrions y prêter une attention particulière, les économistes aussi selon moi :
    – soit il confirme la tendance générale 2007-2008 au réchauffement accru de la banquise et à son retrait toujours plus important dont les conséquences sur le permafrost et le pergisol sont désormais hélas bien connues, avec tout ce que cela suppose de dégagement supplémentaire de gaz à effet de serre, tel ce méthane retenu ici et là depuis des milliers d’années ;
    – soit il infirme au contraire cette thèse à la grande satisfaction de la communauté des sceptiques j’imagine, ce qui peut sous-entendre aussi que le système dans sa globalité nous accorderait là un répit ?

    Et même si c’était le cas, combien de temps nous reste-t-il pour agir ?
    – James Hansen n’a pas écrit par orgueil une lettre manuscrite à l’actuel président américain, il était parmi les premiers à avoir tiré la sonnette d’alarme il y a déjà bien longtemps ;
    – Bernard Swynghedauw n’a pas établi par hasard les conséquences médicales du réchauffement climatique qui sont depuis peu relayées par la presse médicale http://www.em-consulte.com/showarticlefile/207840/main.pdf ;
    – WWF n’a pas inventé fin 2008 l’empreinte écologique pour faire couler de l’ancre à perte http://assets.panda.org/downloads/lpr_wwf_2008_french.pdf ;
    – le NIC n’a pas rédigé son rapport d’investiture à la présidence US pour effrayer les dirigeants du monde mais bien pour les sensibiliser http://www.dni.gov/nic/NIC_2025_project.html ;
    – le FMI n’a pas rédigé avant le G20 son rapport pessimiste sur l’économie mondiale juste pour s’excuser de ne pas avoir entendu Nouriel Roubini en 2006 http://imf.org/external/np/g20/pdf/031909a.pdf ;
    – etc… hélas pour nous tous, la liste des rapports s’allonge jour après jour…

    En traitement du signal, il existe une mesure relative à la distribution des réalisations du cours d’un indicateur : l’entropie de Shannon. Si les réalisations sont équiprobables au cours du temps, l’entropie ne cesse de croitre et l’on peut alors affirmer que plus sa valeur calculée est importante et plus importante encore est sa fiabilité. En d’autres termes, l’échantillon observé devient suffisant pour conclure. L’entropie est un bon indicateur quant à la stabilité systémique.

    Ramené à l’échelle de la planète, l’entropie de Shannon du couplage Hémisphère Nord-Hémisphère Sud est énorme à l’aube de la révolution industrielle, pour diminuer progressivement jusqu’à la fin des années 70… Il est fin 2008 réduit à peau de chagrin sur un échantillon de 850000 ans !

    J’ai personnellement écrit une lettre au Président de la République pour signaler cette observation car je suis intimement persuadé que le pire est bel et bien devant nous : 2012
    – il ne s’agira pas de l’enlisement dans la crise financière uniquement, résultat du productivisme de masse ;
    – ni de l’élévation interminable de la quantité de gaz à effet de serre autoalimentée par le réchauffement climatique lui-même ;
    – ni de la surpopulation mondiale ;
    – …
    – mais bel et bien de la conséquence des trois, à savoir : l’élévation du niveau des océans…

    Toutes les populations côtières sont menacées d’ici là, les politiques mondiales devraient d’ores et déjà songer à l’évacuation…

    Tout investissement en bord de mer n’est que pure perte ! Economistes à vos tablettes !

    Je n’ai personnellement jamais vu un système se redresser après une telle chute de l’entropie. La seule issue possible pour un système complexe devenu ainsi brutalement compliqué : basculer d’un extremum à l’autre afin de retrouver les bases de sa reconstruction naturelle… et progressivement de sa complexité…

    J’espère me tromper, mais à la lecture de ce qu’écrivent Roland Lehoucq, James Hansen, François Leclerc, Paul Jorion, Nouriel Roubini, Paul Krugman, etc… Mais aussi vous tous ! Car nous sentons bien au fond de nous que tout va mal…

    Je me demande parfois ce que me dirait ma chère tante Marcelle, résistante durant la Seconde Guerre Mondiale…

  67. Moi

    @Ton vieux copain Michel : « Réfléchissez à tout ce que votre ordinateur vous permet de faire. »

    Je crois que ce que Crapaud Rouge voulait dire c’est que ça ne répond à aucun besoin réel. Pour ma part je n’ai pas d’Ipod et je ne ressens aucun manque. Idem pour l’ordinateur avant qu’il n’existe, pourtant aujourd’hui j’ai l’impression que je ne pourrais pas m’en passer.
    Les hommes ont les moyens, c’est sûr. Mais poursuivent-ils les bonnes fins? C’est là qu’on hésite à être optimiste.

  68. Crapaud Rouge

    @tique: « Les humains ne sont pas comme les bactéries confinées dans une boîte.« Ben si, justement, la boîte c’est la planète. Il reste bien des interstices, ici ou là, comme le désert de Gobi ou celui du Sahara, mais ce n’est pas demain que les bactéries que nous sommes parviendront à les coloniser. Une boîte mal aérée, au demeurant, et bien plus petite qu’il n’y paraît si l’on tient compte de notre mode de vie qui exige X hectares par habitant et par an. On consomme « du nécessaire », (nourriture et espace vital), pour produire du superflu : l’iPode.

    @Ton vieux copain Michel : tout ce que l’ordinateur permet de faire est soit superflu (jouer), soit faisable sans ordinateur (compter, remplir une formalité, communiquer, lire…), soit spécifique à l’ordinateur (écrire, dessiner, concevoir,…).

  69. Pablo75

    Ayant travaillé sur les prophéties au XIXe et XXe siècles et sachant donc qu’une sur 10 000 se réalise (et ce ne sont jamais celles des « spécialistes »), l’article de François Leclerc me rassure: au moins ça, ça n’arrivera pas…

  70. Crapaud Rouge

    @Ton vieux copain Michel (suite) : ma dernière catégorie est bien sûr mal définie. Je voulais dire que l’ordinateur change radicalement ce qu’on faisait autrefois sans lui, comme d’écrire, de dessiner, etc…

  71. Moi

    @Pablo75: « au moins ça, ça n’arrivera pas… »

    C’est une prophétie? :)

  72. Phil

    @ François Leclerc

    j’apprécie le travail titanesque que représente vos chroniques
    elles sont habituellement bourrées d’infos tangibles grapillées à diverses bonnes sources
    les résumés qu’elles constituent sont denses et cohérents – et bien écrits

    mais cette fois, pas d’infos : de la prospective et beaucoup d’angoisse.
    cela ne vous ressemble pas!
    cordialement

  73. Crapaud Rouge

    Winston Churchill : « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté.« Dieu sait ce que les optimistes vont nous inventer pour « sortir de la crise » !…

    Du même personnage : « Sous le capitalisme, les gens ont davantage de voitures. Sous le communisme, ils ont davantage de parkings. »

    « Quand on doit tuer quelqu’un, ça ne coûte rien d’être poli. »

    « Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur. »

  74. easyrider

    @crapaudrouge

    « Winston Churchill : “Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté.“
    Dieu sait ce que les optimistes vont nous inventer pour “sortir de la crise »

    vous avez envie d’y rester vous? cela vous plaît… l’idée de la cata définitive?
    beaucoup de commentateurs de ce site semblent très dépressifs, voire morbides

    je connais un bloggeur très apprécié et très pro (que PJ a déjà cité ici – et vice versa) qui annonçait en 1982 une attaque soviétique pour 1984…

    Je connais aussi un commentateur sur ce site qui ne poste que les mauvaises nouvelles et fait de même chez loïc abadie… un vrai boulot

    @ clémence, antoine, tigue et d’autres

    Oui il y a une forme étrange de déni sur cette crise. Oui, l’euphémisme est de rigueur quand ce n’est pas le silence qui est imposé par les convives d’une belle tablée
    Mais au fait, ignorer la crise – sous cette forme de déni effectivement inhabituelle, ce n’est pas à la fois l’admettre et la combattre? on peut continuer à vivre, non? c’est une forme de résistance!

  75. Pablo75

    @Moi: les déductions mathématiques sont des prophéties?

  76. Pablo75

    À ne pas oublier: « Il est difficile de faire des prédictions, surtout quand ça concerne l’avenir. »
    (Niels Bohr, Prix Nobel de physique en 1922)

  77. François Leclerc

    @ Pablo75

    Je dois être, alors, le seul prophète qui souhaite être détrompé!

    @ Phil

    Je reviens à l’actualité dès que possible, pas certain qu’elle est moins angoissante !

  78. Mikael EON

    A F.Leclerc

    Ceux qui comme vous dressent des constats ébouriffants, n’en croyant pas leurs yeux, et se disant si cela est vrai….et c’est bien ce qu’il semble, alors où va-t-on ? Dans ce mur, dans cette mare, dans ce marais (pour ne pas évoquer le fameux précipice)?
    Ceux qui comme vous souhaitent être détrompés me paraissent plutôt nombreux au fil des blogs.

    Encore une pelletée de constats peu plaisants:

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2747

  79. Tolosolainen

    La force de ce billet est démontré par le nombre des commentaires suscités !
    Pour revenir à la question mise en conclusion
    ‘Invisibles aujourd’hui, existe-t-il des événements futurs capables de me démentir ?
    Je me pose la question de l’homogénéité des oligarchies (par déf. pouvoir de qqs uns).
    Si l’on considère l’oligarchie US il y a peut-être des contractions internes là aussi. Il y a Wall Street (les voleurs de la finance) mais aussi le vieux complexe militaro-industriel (par ex. Cheney/Halliburton). Le pouvoir militaire va t’il accepter cette perte de puissance impériale qui se profile et qui a été initiée par Wall Street? Leur guerre en Irak à 3000 M$, il faut bien aussi une économie derrière : leçon de la Grande Stratégie telle que décrite par B. Liddell Hart. La guerre n’est jamais dans les mains des militaires uniquement.
    Cette réflexion m’est venue simplement en me rappelent le billet si percutant de Paul sur ce qu’aurait fait McCain vs. Obama  » il aurait mieux résisté à Wall street?  »
    Cela dit Obama est quand même aussi un espoir : rien n’est jamais écrit et avoir été élu en partie avec l’aide des ces bandits ne garantie pas une réaction…
    Cela dit pas de mal entendu : le pouvoir militaire US ce n’est pas un espoir, juste un facteur !

  80. Crapaud Rouge

    @easyrider : « vous avez envie d’y rester vous? cela vous plaît… l’idée de la cata définitive?
    beaucoup de commentateurs de ce site semblent très dépressifs, voire morbides
     »
    Mauvaises nouvelles, catastrophes et difficultés réelles posent des problèmes autrement plus intéressants que les faux problèmes inventés par les capitalistes pour coller tout le monde au turbin. D’invention en invention, le capitalisme n’en finit pas de produire des objets de plus en plus ludiques, mais dans des conditions de travail de plus en plus débilitantes. C’est le coût de l’optimisme, le revers de la médaille : il y en a toujours un. Cela dit, pour faire de l’argent, l’optimisme est absolument nécessaire, on est obligé d’en convenir.

  81. albert

    Pessimisme injustifié …
    Apres la pluie le soleil.

  82. Auguste

    à Tolosolainen [19:02]
    Q1 : Connaissez-vous la natiofurivité des topCreanciers du complexe militaro-industriel qui détient des bureaux d’études et des usines sur le territoire US et d’autres ailleurs, et pas seulement sur les territoires du réseau Echelon (France, Allemagne, Taiwan, Italie, Turquie, etc.) ? Quelle part de ces topCreanciers est abrité par la forme légale « Trust ».
    Il y a quelques années, j’avais consacré des jours à rechercher les actionnaires réels du groupe d’armement britannique (Westland), avec le soutien (simulé ?) d’une banque d’affaires anglaise; fiasco. Officiellement, maintenant, ce serait « italien ». Il faudrait aller regarder … les %, statuts, by-laws publiés (ou non), garanties, montages subtils, etc.
    Q2 : Connaissez-vous la natiofurtivité des noyaux durs de ces mêmes conglomérats partiellement détenus par des sociétés écrans (trusts, fiducies) internes ou externes au G20 ?
    Q4 : Selon vous qu’est-ce qui serait « américain » dans l’expression « WallStreet » ?   
    les bâtiments qui hébergent du personnel local ? …
    la saga de sa construction folle au XIXe siècle ? … les « trademarks » qu’arborent actuellement les membres du conseil d’administration médiatisé ? … (…) ?
    Q5 : Serait-ce un loupé involontaire d’inattention quand vous avez écrit « oligrachie US » ?
    ou bien pensez-vous que cette expression pourrait avoir un sens exploitable ?

  83. D’où viendra le secour ?

    Dans la confrérie des cancres , on s’en doutait un peu :nous vivons la décomposition d’un monde ancien.
    Bon, ben, puisque les zintelligents le confirment, faudra s’y faire.

    On pourrait chercher à estimer combien de temps tout celà va tenir , tout comme certains étudient la résistance des métaux.
    Mais, à part prévoir une date ( la plus précise possible ) de la décomposition totale de l’économie , ce genre d’étude n’est pas spécialement bonne pour le moral, Jaurès ayant déjà fait le lien entre guerre et capitalisme.

    Mieux vaut, c’est certain, ne pas oublier que la nature a horreur du vide, et que du coup, un monde nouveau va pointer le bout de son nez.

    Alors, que doit on guetter ? A quel genre d’inattendus doit on s’attendre?

    Je pencherai pour une invention providentielle capable de révolutionner nos modes de vies …à l’image de ce que le feu apporta à l’humanité.
    Il se pourrait aussi que notre génération soit , sous peu ( les zabeilles trinquent déjà) , passée par perte et profit comme l’a été la génération des hommes de cros-mignons…
    Laissera t’on la place à une nouvelle humanité , capable de nettoyer la planète de nos déchets, tant physiques que mentaux.

    Des hommes nouveaux , avec un coeur nouveau … qui sait ?
    P’têt même qu’avec eux, l’argent redeviendrait un moyen et non plus une fin en soi.

    Comme une envie de fleurs des champs et de lever de solei, moâ…
    Butinons, chers zamis zinternautes, tant qu’il en est encore temps.

    Et comme les poissons se font rares eux aussi, passons encore et toujours à l’essentiel : carpe diem.

  84. gil

    L’origine de cette crise est en nous. C’est simplement l’avidité. Rien de plus.

  85. Crapaud Rouge

    @albert :
    Pessimisme justifié.
    Soleil vert.

  86. coucou

    @Albert

    « Pessimisme injustifié …
    Apres la pluie le soleil. »

    La démonstration est époustouflante.

    Me voilà rassuré.

  87. Paul Jorion président, Jean Marc Jancovici premier ministre et Eva Joly à l’intérieur

    Ou la grande lessive.

    Pardon, je rêve tout haut….

  88. François Leclerc

    @ Auguste

    Q1…..Q(x) : C’est quoi, aujourd’hui, l’oligarchie ?

  89. Claude Animo

    Je me présente: je ne suis pas financier et la suite va vous le prouver.

    Une question me brûle les doigts depuis que je fréquente ce blog, c’est à dire depuis plus d’un an déjà.

    Pas très vif le gars, êtes vous en droit de penser, après avoir surmonté assez rapidement votre tendance naturelle à la bienveillance.

    Je m’explique: c’est en état de légitime défense que j’interviens, ce dernier billet de F. Leclerc, m’ayant réellement perturbé de façon très profonde.

    La question que je me pose est donc la suivante: pourquoi n’arrive-t-on pas à valoriser, par une approche macroscopique, le montant de la bulle ?

    Je ferais remonter à 1980 l’origine de cette bulle, période où me semble-t-il, les lois anti-trust US commencèrent à faire ressentir de façon significative leurs effets.

    Cette bulle, je fais l’hypothèse qu’elle est nourrie par une partie de la consommation, celle inutile et parasitaire (la surconsommation), mais qui , toute inutile et parasitaire qu’elle est, doit être impérativement financée.

    Sortez vos boules de cristal. La mienne me dit qu’en 2008 nous avons gâché au moins 30% du PIB mondial en yaourt bifidus, airbus, automobiles, centrales nucléaires, guerres coloniales, haricots verts du Kenya, éoliennes, îles artificielles quataries, iPhone , j’en passe, et des meilleurs.

    Les compteurs étaient à zéro en 1980, nous avons eu 28 années d’accumulation, j’en enlève 3 pour cause de purge Internet et Japon. Il en reste 25, ce qui fait un taux moyen de 15% par année. L’addition devrait donc se monter à quelque chose comme 2 à 3 pib mondiaux de 1995.

    Ces calculs sont évidemment fantaisistes, mais des gens sérieux devraient, eux, pouvoir approcher la valorisation de cette bulle en ne faisant intervenir que des données macroscopiques. Où sont-ils ? Mais que fait donc la police ?

  90. François Leclerc

    Bonne nouvelle.

    D’après l’agence Bloomberg, les hedge funds parient fortement sur l’élévation du cours des matières premières, si l’on considère l’index de la U.S. Commodity Futures Trading Commission, qui a atteint son plus haut depuis août dernier.
    Les positions les plus « longues » sont concernent le sucre et le blé, tandis que le gas naturel et le cuivre présentent les positions plus « courtes ». Commentaire d’un analyste de la Barclays de Londres; rapporté par l’agence: « les produits agricoles ne vont pas être aussi vulnérables au repli économique actuel que des choses comme les métaux ou le pétrole ».

  91. Champignac

    @ François Leclerc

    Hum… Je ne suis pas sur d’avoir envie de lire votre version pessimiste, alors. Je risquerais de devoir me faire prescrire du Xanax ou autre :-)

    J’ai la foutue impression d’être quelqu’un qui vient de se prendre (c’est une image) un cyclone dans la figure. Arrive l’œil du cyclone. Calme soudain. Est-ce fini? Ben non. Le restant arrive. Et, pendant ce temps, il a encore augmenté sa puissance.

    Devriez jeter jeter un oeil sur la Californie. Financièrement, ils sont exsangues. A deux millimètres du gouffre. C’est l’affaire d’un mois ou deux. Pour eux, de toute façon, la « reprise » arrivera trop tard.

    Pour l’instant, Obama refuse d’intervenir (évidemment, il a tout donné aux banques). Il a peur que d’autres Etats n’en profitent pour tendre leur sébile. Mais peut-il vraiment se permettre de laisser purement et simplement couler un des plus gros Etats US? J’en doute.

    Par contre, s’il intervient, il ouvre un nouveau front de dettes. Dans le meilleur des cas, ça coulerait plus que probablement le financement, déjà acrobatique, de sa réforme du système de santé. Politiquement, il ne lui resterait plus grand-chose à mettre sur la table pour sa réélection.

  92. jacques

    Cher Auguste,en vertu du principe de conservation des quantités offshore, peut-on considérer qu’il existe des bénéfices hors bilan correspondant à des pertes hors bilan ? Peut-on penser que ces bénéfices hors bilan se refont une virginité en se transformant en T-bills après quelques tours de passe-passe de carry trade? Merci pour votre top-réponse.

  93. H

    @tous

    Je me permet de polluer ces brilliants et noirs commentaires (pollusion minime pour mon enpreinte ecologique, j’espere). Pour detendre ceux qui seraient eventuellement tendu…enfin c’est surtout Arthur H qui va faire le boulot, plus que moi.

    Arthur H – le chercheur d’or

    Evidement il faut ecouter les paroles avec l’idee de la crise en tete pour que cela fasse effet.

    Bien amicalement,

    h.


    « L’ancien cheminot regarde par la fenêtre mais le paysage ne défile pas » Haïkus de prison – Lutz Bassmann

  94. François Leclerc

    @ Champignac

    Si vous regardez la localisation des banques régionales fermées par la FDIC ces derniers mois, vous serez frappé par leur concentration en Californie, premier Etat américain si l’on prend en compte le PIB. La banqueroute de la Californie, ce serait celle des USA. C’est pour cela qu’elle sera d’une manière ou d’une autre sauvée. Par des garanties accordées par la Fed ou autrement.

    Le financement de la réforme de la santé, c’est une autre afaire. Il sera d’autant plus difficile à boucler que les milieux d’affaire concernés y mettront ou non du leur, en acceptant une modération de leurs augmentations. Ce n’est pas bien parti, si l’on considère les résultats de la réunion dernièrement organisée avec Barack Obama à la Maison Blanche. Ce qui a incité Paul Krugman à rédiger dans le New York Times une mise en garde.

    Politiquement, après la réglementation des cartes de crédit, la fermeture de Guantanamo, la publication des photos de torture, etc…la question est de savoir sur quel sujet Barack Obama ne va pas devoir reculer.

  95. Champignac

    Intéressant, cet « indice de confiance » qui, paraît-il, aurait tellement augmenté qu’il justifierait l’euphorie à Wall Street.

    Voir ici: http://www.conference-board.org/economics/ConsumerConfidence.cfm

    D’abord, le « panel » est plutôt maigre. Et, quand on voit la maigre évolution de la plupart des indices concernant la situation présente, on se dit qu’il n’aura pas fallu grand-chose pour le faire varier.

    Ensuite, les seuls indices à varier vers le haut, sont les indices concernant la perception future de l’économie. Autrement dit, ils pensent que cela va aller mieux dans le futur, mais ils n’en savent rien. Vu le bombardement permanent des médias en faveur de la « reprise imminente », ça n’est pas trop étonnant.

    Ce qui n’empêche nullement les auteurs du sondage de résumer l’évolution de leur index par un, quasi-triomphant, « While confidence is still weak by historical standards, as far as consumers are concerned, the worst is now behind us ».

    Ca ressemble curieusement à une profession de foi, plus qu’à une réalité démontrée. Pour ne pas parler du langage en forme de slogan, qu’on retrouve à l’identique à peu près partout.

  96. Champignac

    @ François Leclerc

    A mon humble avis, sa réforme du système de santé, il va pouvoir s’assoir dessus. C’est juste qu’il ne le sait pas encore.

    Il y a d’énormes intérêts financiers là derrière. Et ces intérêts ne sont pas du tout disposés à le laisser changer leur « business model », extrêmement profitable, au motif d’offrir une couverture santé au nombreux américains qui n’en disposent pas. Ils n’en ont rien cirer.

    Ces intérêts seront d’autant moins disposés à lui faire des cadeaux, qu’en leur offrant l’actuel sauvetage quasiment sans condition, Obama sape en même temps le seul moyen réel de pression dont il disposait. Leur faiblesse.

    D’après ce que je peux lire, les lobbys sont déjà à l’œuvre pour saborder sa réforme. Et, comme, aux Etats-Unis, il suffit de mettre assez d’argent sur la table des « représentants du peuple » (y compris Démocrates) pour les faire changer discrètement d’avis, l’obstacle du Congrès, déjà difficile, va rapidement se transformer en mur de béton financier.

    Bien sur, ils ne vont pas lui dire « never », comme ça, tout de suite. Obama est encore trop populaire. Il va sans doute lui arriver ce qui était arrivé à Hillary Clinton. Des années de palabres, des ambitions en rétrécissement permanent, et, pour finir, un petit machin symbolique. N’ayant plus rien à voir avec l’original.

    Y’a pas à dire, c’est triste, un idéaliste à la Maison Blanche.

  97. @tous:
    s on voulait se donner la peine de comprendre qe c’est la monnaie elle-même qui ne circule plus guère, on trouverait une issue rapide à la crise financière:
    Il suffirait de faire en sorte que la monnaie ne soit plus thésaurisable (refusant ainsi de rendre le service pour lequel elle existe, à savoir le fait de devoir circuler,) il en serait déjà fini de cette misère!
    jf

  98. Dissonance

    Une expression courante sur internet dit: « Don’t feed the troll ».

    Le troll étant un animal issu de la littérature médiévale fantastique, poilu, et pas bien sympathique la plupart du temps. Selon les routards du web (autrement appelés geeks), le troll symbolise également un discours volontairement provocateur, outrancier, voir malhonnête. Le texte ainsi que son auteur sont alors tour à tour nommés ainsi. Il semblerait que dans l’imaginaire de l’internaute, la veulerie de la bête soit proportionnelle à la densité de sa fourrure. On dit alors d’un texte particulièrement irritant: « Il est velu, celui là ».

    Une synthèse rapide entre la description originale de l’animal et son allégorie virtuelle m’incitent à appliquer le terme de troll pour désigner autre chose: La finance, et par extension, l’économie et la politique qui la soutiennent (euphémisme). L’expression « Ne nourrissez pas le troll » prendrait ici un sens tout à fait nouveau: Pour que l’infâme bestiole arrête de bouffer les mains qui le nourrissent, il suffirait simplement de ne plus le nourrir. Du tout. Rien.

    J’entends d’ici vos cris d’orfraie à la lecture de cette suggestion: « Mais voyons, vous n’y pensez pas, ce n’est pas toute l’économie qui est mauvaise, l’économie est indispensable à la cohésion sociale, il faut juste l’organiser avec intelligence et patati et patata… »

    Clairement, je n’entendrai jamais rien de ce genre d’argumentation, parce qu’elles reposent systématiquement sur un déni de certaines réalités – déni toujours partiel, mais aussi certainement systématique. Notez toutefois qu’ici, je nie moi aussi une réalité, celle qui consiste en ce que bien peu de monde ici, voir personne, ne serait sans doute près à se ranger à mon avis – personne n’est parfait n’est-ce pas.

    L’intelligence, lorsqu’on se trouve au pied d’un mur et qu’on souhaite continuer d’avancer, peut se manifester de diverses manières, selon les moyens dont on dispose. Refuser le contournement lorsque la destruction est impossible, et inversement, refuser la destruction lorsque le contournement n’est pas envisageable, ce n’est rien d’autre que de refuser l’intelligence. Manifestement, il est des moyens que les 99.9% de pigeons que nous sommes (bonsoir Auguste, Clown Blanc) dont nous ne disposons pas pour continuer d’avancer. Il semble donc pertinent de s’intéresser aux autres.

    Selon les évènements qui sont continuellement décrits sur ce blog, ce dernier billet en étant un exemple parfait, l’intelligence n’est pas nécessairement de trouver le moyen de maintenir l’existence de l’économie, qui n’est qu’une modalité d’organiser les échanges, certes commode mais en rien indispensable, elle peut également consister à parvenir à la définition d’un système capable de s’en passer. Pour preuve que la chose soit possible, l’humanité n’est pas née avec un porte monnaie dans les mains; elle est par ailleurs la seule espèce vivante connue à avoir choisi ce mode d’organisation. « On ne peut pas avoir raison contre tout le monde » entend-on fréquemment dans la bouche de ceux qui, au regard de l’ensemble de la biosphère, continuent pourtant à agir comme si, sans même se l’avouer.

    Ceci dit, j’emploie à dessein une expression que par ailleurs je conteste avec vigueur. Bien sur qu’on peut avoir raison contre tout le monde. C’est dans une certaine mesure toute l’histoire des sciences que de s’opposer – seul ou en nombre restreint – contre un dogme fermement établi, rappelez-vous Galilée et Copernic. Je n’oublie cependant pas que l’inverse puisse également être vrai, et qu’on puisse être seul à se tromper. La question étant ici de savoir si l’humanité a raison ou tort de s’organiser comme elle le fait, sans tenir compte du fait qu’elle soit seule à se comporter ainsi.

  99. Vincent Porel

    Demain est sans aucun doute capable de vous démentir, je vous trouve bien péremptoire noble viellard. A la différence des hommes politiques, demain tient toujours ses promesses, seulement ni vous ni moi ne les connaissons.

    Faites confiance à Dame Nature qui s’en est toujours très bien sorti.

  100. leduc

    Je vais bien tout va bien… comme disait Dany Boon

    Si on faisait une échelle comme en politique pour classer les gens des extrêmes optimistes aux optimistes aux modérés aux pessimistes jusqu’aux ultra pessimistes, je serais certainement dans cette dernière catégorie, ce dernier parti.
    Je n’essaie que très rarement aussi d’aborder le sujet de la crise en société, dans des soirées mondaines, au milieu de repas conviviaux et passablement arrosés, tellement la majorité des gens peuvent vous regarder comme un animal de foire quand on aborde ce sujet, des yeux exorbités comme quelqu’un qui a vu un extra terrestre.
    J’ai même peur de passer pour fou ou mentalement dérangé, qu’un jour on finisse par me faire interner de force à force justement de parler de la crise et de ces conséquences funestes à court terme.

    Imaginons un exemple concret, un couple qui a acheté récemment un appartement à crédit dans une banlieue cotée de Paris (donc pas bon marché mais pas bon marché du tout du tout), vient d’avoir en bébé, veut revendre le dit appartement pour passer à une maison dans la même zone alors que l’un et l’autre travaillent dans le secteur automobile et le tourisme (je dirais deux secteurs où on est assis sur un siège éjectable vu la crise actuelle et où on peut sauter comme un fusible à tout moment, enfin ça aurait pu être pire avec l’immobilier ou l’intérim me direz vous)
    Vu la crise actuelle à la fois économique, du crédit, du crédit immobilier, de l’immobilier, l’explosion des bulles (vous allez me dire, on est en France, pas aux USA mais bon hein toute proportions gardées en général la France ne fait que suivre avec un peu de retard, de décalage), vous faites quoi ? Vous leur conseillez de patienter, de ne surtout pas faire cela car c’est le moment de prise de risque maximum actuellement, au risque de vous fâcher avec eux et de passer pour un jaloux aigri ; ou alors vous la bouclez ne dites pas un moment en priant qu’ils fassent le bon choix, qu’ils aient de la chance et qu’ils ne se retrouvent pas pratiquement à la rue, sans le sous, sur endettés avec un enfant en bas age d’ici quelques temps ?

    Franchement pour ma part je ne sais plus quoi dire, et surtout plus à qui le dire et en parler, de tout çà, de la crise, des futurs possibles et probables qui vont déchanter.

    Comme disait quelqu’un de plus avisé que moi, il vaut mieux parfois déprimer devant certaines situations critiques plutôt que d’être d’un optimisme béat qui confine à la politique de l’autruche et la naïveté du mouton qui suit le troupeau mené par un berger aveugle vers le précipice. Parfois je dirais que ce qui pourrait passer en temps normal pour des signes de troubles et désordres psychologiques, est au contraire un signe salvateur de lucidité devant une situation extérieure tout à fait anormale. En même temps je dit peut être cela pour me rassurer aussi.

    Je reste intimement persuadé que tout ceci va très mal finir, très très mal. Je ne vois pas comment les choses pourraient finir bien vu les mauvaises décisions prises ici ou là par les diverses autorités, vu le dénis sur la gravité actuelle de la situation économique, vu l’emprise des mass media sur le citoyen moyen. Le système « défend » son processus d’auto destruction, et il ne laissera rien ni personne l’empêcher d’aller à son terme, c’est complètement fou.

    Parfois j’en vient à rêver qu’un petit groupe de personnes déterminées, avec différentes qualités, décident d’allier leurs talents et de créer quelque part une société alternative, un petit groupe d’individus « conscients » qui prépareraient une alternative, une suite à cette société à ce monde, oserais je dire une sorte d’arche pour sauver ce qui pourra l’être, donner un refuge à ceux qui veulent fuir cette folie collective qui a envahis le monde moderne ?

  101. François Leclerc

    Si mes propos très généraux sur le contrôle social montant avaient besoin d’illustration, voici un sondage de ce matin à propos des fouilles dans les écoles.

    64% des Français y seraient favorables, 81% des personnes interrogées seraient pour l’installation de portiques de détection des métaux (sondage d’Opinion Way pour le ministère de l’Education nationale).

    Ce moins les intentions du ministre qui sont inquiétantes, que les résultats de ce sondage qui sont révélatrices. Une intériorisation de ce type de dispositions, expression d’une abdiquation et de la recherche d’une sécurité octroyée, d’une raréfaction des rapports sociaux.

  102. Jean Louis Bars

    « Ils » arrivent à leur faim de cupidité et à notre fin de démocratie,de la joie de vivre (qui est celle d’avancer debout et de créer ensemble ou ,parfois ,seul…mais pour l’intérêt commun )
    Décidément ,la question est nettement posée : complot ou pas ??
    Un avenir qui nous appartient ou qui est déjà en train de passer entre les mains de l' »oligâchis » du « fric à faire f… » ?
    Et,l’équivalent de 1000 euros mensuels pour les serfs du XXI e siécle !!

  103. Crapaud Rouge

    @François Leclerc : votre interprétation de ce sondage est « révélatrice » de la confiance que vous lui accorder.

  104. Auguste

    à Johannes Finckh [26 mai 23:58]
    Les flux monetaires sont-ils tous de même nature ? Non.

    Les flux conditionnés par des risques compris entre la minute et le 3J (3 jours) ou le 7J (7 jours) sont-ils modelisables par une theorie de la mecanique des fluides ou le savoir-faire à gaver les oies ? Non

    Les flux conditionnés par des risques compris entre le mois et le 3 ans sont-ils modelisables par une theorie de la « circulation automobile » (avec ses ralentissements et bouchons) ? par la magie d’un « multiplicateur de velocité » ? par une theorie de la « circulation de la monnaie » (M1, M2,…) ? Non – Non … et … Non.

    Les flux monetaires portant sur des produits banalisés (bois, cacao, grain, minerais, pétrole, ) et conditionnés par des risques inferieurs à 5 ou 7 ans sont-ils modelisables par une theorie quelconque ? … A votre avis ?

    Les flux monetaires portant sur des systemes ou infrastructures (archipels de plates-formes petrolières, barrages, flottes de portes-conteneurs, parcs d’avions, systemes de poursuite de satellites, teleréseaux planetaires, tunnels, usines, etc ) et conditionnés par des risques compris entre 7 et 20 ans sont-ils modelisables par une theorie quelconque ou concevables avec une « monnaie fondante » ?
    NON et NON.

    Pour moi la CONFIANCE est absolument conditionnée par la STABILITE (future, à venir) des étalons pour les flux monétaires.
    Ne pourriez-vous pas décrire, très précisément, les « marigots de flux monetaires » qui vous interessent ou qui vous semblent présenter un lien avec ? l’intérêt ? d’une perte régulière (exponentielle ?) de valeur ?

  105. enzobreizh

    @ leduc

    Vendez tout ! partez sur une île deserte, s’il en reste encore une non privée! ;)

  106. Alexis

    @ Leduc… aurions nous les même amis ;-) ?
    @ Cécile et d’autres… même remarque, ma discussion préférée (voire monologue) tournant autour du climat, des pôles et du pétrole… Alors, comme pour les amis de Leduc, je me contente de leur conseiller une isolation par l’extérieur de leur futur pavillon et de planter des patates… et encore !

    A propos d’essais, de rapports et autres conférences et blogs, est passé sous silence le rapport 3021 de l’Assemblée Nationale produit en 2006 par un pannel trans partisan et écrit par Nathalie Kosciusco Morizet (UMP) et Jean-Yves Le Déaut (PS), mais qui fut éclipsé par celui plus médiatisé de Nicholas Stern en Grande Bretagne. Aucun calcul de coût n’y est proposé, mais la sonnette d’alarme y est tirée, même si l’aspect financier actuel n’est pas le propos…
    On pourra toujours se replonger dans le rapport Meadows (Club de Rome), certains livres tels « le Plein SVP » de Jancovici,  » La fin du Pétrole » de J. H. Kunstler, « l’Humanité disparaîtra, bon débarras » de Paccalet et j’en passe…
    Il n’est pas nécessaire de tout prendre au pied de la lettre bien sûr !

  107. Jérémie

    Si quelqu’un a des oreilles, qu’il entende! [10] Si quelqu’un mène en captivité, il ira en captivité; si quelqu’un tue par l’épée, il faut qu’il soit tué par l’épée. ( les systèmes totalitaires ou idéologiques )

    C’est ici la persévérance et la foi des saints. [11] Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon. ( la folle dualité mortifaire des systèmes de penser )

    [12] Elle exerçait toute l’autorité de la première bête en sa présence, et elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête, dont la blessure mortelle avait été guérie. ( provoquant davantage la peur du rouge ou du blanc )

    [13] Elle opérait de grands prodiges, même jusqu’à faire descendre du feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes.
    ( la grande illusion politique, marchande et commerciale du monde actuel, promesses de lune )

    [14] Et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image à la bête qui avait la blessure de l’épée et qui vivait.
    ( l’orgueil de l’homme moderne sans cesse et sans fin sur terre et cela quelque soit les autres calamités de plus )

    [15] Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. ( à votre avis qu’est ce que cela pourrait-être ? )

    [16] Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, ( jusqu’où seront-ils prêts à aller pour défendre leurs privilèges et position ? )

    [17] et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom.
    ( un monde devenant de plus en plus bête à voir et qui en porte le mieux la marque de ce caractère sur lui ? )

    [18] C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six. ( combien sommes nous de nos jours à ne pas vouloir réellement changer de conduite ou de comportement en société, quelle grande liberté n’est ce pas de ne plus pouvoir faire autrement ? )

    Que l’on soit croyant ou pas, je me demande à combien s’élève ceux qui sont réellement en mesure de
    comprendre ce genre de paroles de nos jours ? Sans doute encore un trop peu, hélas pour le plus grand nombre
    préférant encore faire joujou devant leur hiphone, au double estomac de plus la faim d’un monde en direct …

    ———————————————————

    A cause de cela, en un même jour, ses fléaux arriveront, la mort, le deuil et la famine, et elle sera consumée par le feu. Car il est puissant, le Seigneur Dieu qui l’a jugée. ( à quand la prochaine calamité provoqué par l’homme ? )

    [9] Et tous les rois de la terre, qui se sont livrés avec elle à l’impudicité et au luxe, pleureront et se lamenteront à cause d’elle, quand ils verront la fumée de son embrasement. ( ce grand pressentiment ressenti par tous )

    [10] Se tenant éloignés, dans la crainte de son tourment, ils diront: Malheur! malheur! La grande ville, Babylone, la ville puissante! En une seule heure est venu ton jugement! ( La fin du grand commerce mondial et des êtres affligés )

    [11] Et les marchands de la terre pleurent et sont dans le deuil à cause d’elle, parce que personne n’achète plus leur cargaison, ( La reprise ou la confiance ne reviendra pas de sitôt avec de telles personnes si corrompus par le vice )

    Des hommes ou des femmes qui ne trouvent plus guère le temps ni le courage spirituel de s’arrêter, de jeuner celui de faire réellement grève sur la durée ne peuvent bien sur plus vraiment prétendre changer les cours des événements
    avant hélas le grand feu d’artifice final, certes tout est devenu privilèges, confort matériel, commerce des êtres et des armes de plus, exercice du pouvoir, maltraitance de plus en plus visible et brutale envers les personnes factures à payer et peur du chômage de masse nos jours…

    [12] cargaison d’or, d’argent, de pierres précieuses, de perles, de fin lin, de pourpre, de soie, d’écarlate, de toute espèce de bois de senteur, de toute espèce d’objets d’ivoire, de toute espèce d’objets en bois très précieux, en airain, en fer et en marbre,

    [13] de cinnamome, d’aromates, de parfums, de myrrhe, d’encens, de vin, d’huile, de fine farine, de blé, de bœufs, de brebis, de chevaux, de chars, de corps et d’âmes d’hommes.

    [14] Les fruits que désirait ton âme sont allés loin de toi; et toutes les choses délicates et magnifiques sont perdues pour toi, et tu ne les retrouveras plus.

    [15] Les marchands de ces choses, qui se sont enrichis par elle, se tiendront éloignés, dans la crainte de son tourment; ils pleureront et seront dans le deuil,

    [16] et diront: Malheur! malheur! La grande ville, qui était vêtue de fin lin, de pourpre et d’écarlate, et parée d’or, de pierres précieuses et de perles! En une seule heure tant de richesses ont été détruites!

    [17] Et tous les pilotes, tous ceux qui naviguent vers ce lieu, les marins, et tous ceux qui exploitent la mer, se tenaient éloignés,

    [18] et ils s’écriaient, en voyant la fumée de son embrasement: Quelle ville était semblable à la grande ville?

    [19] Ils jetaient de la poussière sur leurs têtes, ils pleuraient et ils étaient dans le deuil, ils criaient et disaient: Malheur! malheur! La grande ville, où se sont enrichis par son opulence tous ceux qui ont des navires sur la mer, en une seule heure elle a été détruite!

    [20] Ciel, réjouis-toi sur elle! Et vous, les saints, les apôtres, et les prophètes, réjouissez-vous aussi! Car Dieu vous a fait justice en la jugeant.

    [21] Alors un ange puissant prit une pierre semblable à une grande meule, et il la jeta dans la mer, en disant: Ainsi sera précipitée avec violence Babylone, la grande ville, et elle ne sera plus trouvée.

    [22] Et l’on n’entendra plus chez toi les sons des joueurs de harpe, des musiciens, des joueurs de flûte et des joueurs de trompette, on ne trouvera plus chez toi aucun artisan d’un métier quelconque, on n’entendra plus chez toi le bruit de la meule,

    [23] la lumière de la lampe ne brillera plus chez toi, et la voix de l’époux et de l’épouse ne sera plus entendue chez toi, parce que tes marchands étaient les grands de la terre, parce que toutes les nations ont été séduites par tes enchantements,

    [24] et parce qu’on a trouvé chez elle le sang des prophètes et des saints et de tous ceux qui ont été égorgés sur la terre.

    Quand tout cela se produira-t-il sur terre ? Paradoxalement qui sont vraiment les prophètes du bonheur ou de malheur pour l’homme ?

  108. Auguste

    à Jacques [26 mai 2009 à 22:34]
    D’abord une petite erreur de vocabulaire à amender. En offshore, pour une part, ce ne sont pas des « bénéfices » (cpte d’exploitation)
    mais des « gains ou profits accumulés » (dont détournements de marges, commissions indues, etc.) en anglo-américain « Retained Earnings » c’est-à-dire des réserves_off, du bon-boon « net worth potentiel »
    … de quoi acheter tout et n’importe quoi
    – si c’est relativement liquide et que ça ne perd pas la moitié ou les 3/4 de sa valeur [ par ex. obligations courtes avec un risque décent supérieur à AA, titres d'Etat où habitent des classes moyennes qui peuvent être encore davantage tondues, or pour ceux qui croient que c'est une valeur refuge (ce n'est pas mon cas, mais je suis seul à le penser) ].

    Citation-question un peu retouchée : « Peut-on penser que ces — bénéfices — « réserves offshore » dont l’ownership masqué n’est pas pistable à partir des contreparties qui pourraient éventuellement être évoquées dans les « Notes » faisan,t suite à un marqueur sur de brèves mention de l’existence d’un hors bilan … se refont une virginité en se transformant en T-bills après quelques tours de passe-passe de carry trade ?

    Réponse: pas besoin de virginité. C’est propret et déjà, pour une part (%), variable, placé en T-Bills
    ces dépôts provisoires sont disponibles pour une liquidité ou une autre … ou pour toute autre bonne affaire.
    Quand ça file ailleurs par centaines de milliards …
    Etre créancier de la BCE (c’est … ) ou créancier de la BRI (… plus sûr ! et avec une rétribution exempte d’impôt).

    A ma connaissance (sauf erreur) le dircom de la BCE ne reçoit pas de compte d’exploitation du dirlo de la compta BCE
    Si c’est exact, être créancier de la BCE c’est peut-être pas mal non plus.
    – – – – – – – – – – – – – – – –
    [Nota: Si vous avez trouvé l'URL des comptes d'exploitations BCE sur les 5 dernières années ça m'intéresse.]

  109. Ton vieux copain Michel

    @ Champignac et François Leclerc

    Depuis hier, les bourses grimpent car elles sont dopées par une hausse surprise de l’indice de confiance des ménages américains.

    Mais comme cet indice de confiance repose notamment sur le sentiment que les choses vont mieux et que ce sentiment repose en partie sur la hausse des valeurs boursières de ces deux derniers mois, il y a de fortes chances que nous assistions à une sorte de croyance qui s’auto-entretient. Un cas typique de boucle de rétroaction positive.

    Il est également intéressant de voir comment cette confiance se traduit en intentions d’achat pour les 6 prochains mois. Franchement, ce n’est pas très convaincant et à priori, ça ne semble pas justifier la hausse des bourses. Mais cela montre une fois de plus que tout est subjectif et qu’il s’agit moins d’avoir confiance ou d’avoir de bonnes raisons d’avoir confiance, mais de vouloir avoir confiance.

    « The percentage of consumers with plans to buy an automobile within six months rose to 5.5% in May from 4.9% in April, and those planning to buy major appliances rose to 28.7% from 26%, according to the Conference Board. Meanwhile, those with plans to buy a home within six months fell to 2.3% from 2.6%. »

    http://www.marketwatch.com/story/consumers-confidence-surges-on-brighter-job-view

  110. Crapaud Rouge

    @Jérémie: il semble que ce genre de texte, à forte consonance religieuse, recèle un fond de sagesse, une morale de la modération. On peut y voir le pendant de ces appels à la « moralisation du capitalisme », et des « condamnations » des salaires exorbitants des patrons. (Cf. la lettre ouverte de Minc s’adressant à ses amis de la classe dirigeante.) Mais une petite chose ne colle pas : l’imprécateur et sa cible sont du même milieu, de la même culture, (quasiment religieuse), de sorte que les pratiques « immorales » des uns et les discours « moraux » des autres constituent les deux faces d’une même médaille. Au lieu de commencer sa lettre par : « Nul ne peut me soupçonner d’être votre ennemi« , Minc aurait dû écrire : « Tout le monde saura désormais que je suis votre ennemi… » Vit-on jamais un juge, un vrai, se dire l’ami des fripouilles qui défilent dans son tribunal ?

  111. pseudo

    @Leduc

    Toute personne censée devrait partagée votre pessimisme. D’autant plus que ceux qui sont supposés être les plus qualifiés pour nous tirer de là, semblent complètement dépassés. Sans être particulièrement croyant, on en arrive parfois à se demander si c’est une malédiction qui s’est abattue sur l’humanité et que l’issue relève peut être de la métaphysique et du religieux.

  112. Ton vieux copain Michel

    Dans le cas de Minc, on peut même dire que le « moraliste » est pire que les excès qu’il condamne. Pour avoir une petite idée du personnage, je conseille la lecture de « Petits conseils » de Laurent Mauduit. Absolument édifiant!

  113. FabienF

    Je ne pouvais pas m’en empêcher… Bien que vivant en Australie et ne pouvant ainsi pas voter en Juin prochain, je persiste à ‘écouter’ les magnifiques débats électoraux de Public Senat.
    Au programme :
    L’EUROPE EN DEBATS
    N.Dupont-Aignan (DLR), C.Lepage (MODEM), G.Pargneaux (PS) et D. Riquet (UMP)
    http://www.dailymotion.com/video/x9asqw_leurope-en-debatsndupontaignan-clep_news

    Je me demande comment les électeurs peuvent se faire un jugement en écoutant un tel verbiage. C’est mignon tout de même, ils ont tous un tas de projets de réforme. Le constat (dans l’analyse d ordre 0… allez, 1) est en gros le même, les solutions sont aussi plutôt semblables. On parle de réformer la finance, les divers ‘gouvernances’, l’écologie (hummm). Et surtout, on se veut pragmatique.
    Je suis alors pragmatique. Je regarde mes données, je suis ébloui par le considérable accroissement de la richesse globale depuis l’après guerre, et ne peux que me réjouir de l’augmentation générale des niveaux de vie. Les joies des valeurs moyennes ! La baisse des tarifs douaniers, l’ouverture totale aux capitaux étrangers, la libéralisation de l’économie, bref, la fable magique des échanges mondiaux libres et non faussés, tant de principes qui semblent ‘fonctionner’ et sont donc ‘vrais’, tout du moins, dans l’échelle de temps du mandat politique. Les hétérogénéités des niveaux de vies se résorberont inexorablement si l’on se conforme à cette belle vision du monde.
    C’est du moins l’interprétation que me fais du paradigme dans lequel nos hommes politique se trouvent. Pour ma part, je vois surtout le paroxysme de l’hypocrisie ou du cynisme.
    D’abord, parce que je ne vis pas dans un monde de libre échange non faussé. La croissance des uns s’appui sur le dos des autres, a l’échelle nationale ou mondiale. Le capital est sans cesse ‘fructifié’ dans les mêmes mains, qui cherchent les ‘optimums’ fiscaux, politiques ou sociaux, comprenez, la ou les Etats sont le moins regardant et/ou l’exploitation du travail humain et de la Nature est la plus aisée.
    Je vis dans un monde dans lequel les externalités négatives (écologiques, sociales) des marchés sont constamment négligées dans la formation des prix. Les consommations en énergie, en ressources naturelles ou humaines explosent mais la foi en la Science (physique, chimique … même économique) nous dit que tout cela est durable.

    Bref, aidez-moi SVP à trouver un parti politique qui ne vit dans le même monde que moi, et qui trouve qu’il est grand temps de le changer de manière démocratique ? La notion de Démocratie ici n’étant pas a mon sens antagoniste a une ‘révolution, car je pense que nous sommes a mille lieu de l’idéal démocratique.

  114. Champignac

    @ Ton vieux copain Michel

    Ajoutons-y aussi le fait que l’impact de cette remontée, très rapide, des « valeurs » boursières est certainement beaucoup plus effectif, et immédiat, sur le moral des consommateurs (et des entreprises) US qu’en Europe.

    La remontée des valeurs boursières, toute spéculative & artificielle qu’elle soit, c’est, pour nombre d’américains, par exemple, la réduction des craintes de ce que leurs fonds de pension, investis en bourse, ne puissent pas payer. Ou ne puissent pas payer autant que prévu.

    Bien sur, c’est de l’ultra-court-terme. Parce que, notamment, ces entreprises, vont continuer plus que jamais à tenter de se dégager au maximum de ces fonds de pension qui leur coûtent cher. D’autant que la pression des actionnaires, sous l’effet de la recherche du rétablissement de haut taux de profits, va exercer une pression inverse.

    C’est aussi, pour des ménages US (considérablement plus investis en placements boursiers qu’ici) la forte tentation de revenir sur des marchés très haussiers, en profitant plus ou moins consciemment de la boucle rétro-active, pour tenter de « se refaire ». Dans l’espoir d’éponger au moins une partie des pertes dues à l’effondrement de 2008. Et/ou d’en espérer un supplément de pouvoir d’achat qu’ils ne trouvent toujours pas dans la valeur de leur immobilier. Lequel continue de chuter.

    C’est, encore, pour les entreprises (puisque, là-bas, elles se financent principalement sur les marchés, et non dans le système bancaire, comme en Europe. Très mal barrée à ce niveau) l’espoir de pouvoir à nouveau y lever des fonds. Ce qui commence, effectivement, à être de nouveau possible.

    C’est, d’ailleurs, plus que probablement, pour obtenir cet effet d’entrainement, que les grosses institutions financières ont procédé à « l’amorçage de pompe » en solitaire dont on a vu l’apparition il y a deux mois.

    Sauf que, pour elles, l’objectif « d’optimisme » immédiat est sans doute relativement secondaire. Leur pari, c’est que la boucle rétroactive s’étende à l’ensemble de la sphère économique. Promettant, en autre, le retour des profits élevés que leur permet leur rôle d’intermédiaire obligé.

    Surtout, elles espèrent que cette remontée générale du pari prix/valeur va permettre de faire remonter rapidement la valeur des actifs immobiliers. Donc celle des produits « pourris » à laquelle ils sont adossés. Si cela arrivait, le problème des actifs toxiques, de leur évaluation dans leurs bilans, et des obligations de les dégrader si les prix ne remontent pas, se réduirait considérablement. Leur enlevant une fameuse épine du pied.

    Évidemment, rien de tout cela n’est durable, ni sain. Puisque toute la stratégie vise à remettre en route exactement les mêmes mécanismes viciés que ceux qui avaient abouti à la crise actuelle. Lesquels, vaguement corrigés à la marge, et sans aucune remise en cause des mécanismes fondamentaux, finiront toujours par produire les mêmes effets.

    Mais, bon, on l’a suffisamment souligné ici. Ce système là n’a aucune vision de long terme. Parce qu’il ne veut pas en avoir. Il ne vise qu’à se reproduire indéfiniment au gré des bulles et des crises successives. Leur seul problème, de plus en plus criant, consistant à trouver à chaque fois de nouvelles sources de « valeur », soit encore inexploitée (il n’en reste quasiment plus), soit de revenir perpétuellement sur les classes d’actifs déjà exploitées, en les dopant littéralement à grands coups de spéculations sur d’imaginaires, et complètement démesurées, anticipations de « profits futurs ».

    Bref, ce que nous voyons actuellement, c’est un peu l’équivalent de l’application intensive de l’usage du défibrillateur, à un patient financier qui vient de faire un infarctus majeur. Pour cause d’abus prolongé de produits trop gras, de substances toxiques, d’obésité revendiquée. Le cœur est reparti. Tout le monde crie victoire, le « malade est sauvé ».

    Sauf que… le malade en question à toutes les chances de connaitre une récidive à court terme. Parce que son état général est toujours aussi mauvais. Qu’il refuse obstinément toute remise en cause de son mode de vie précédent. Qu’il n’a pas la moindre intention de changer ses habitudes « alimentaires », ni de suivre les très maigres conseils de prudence prodigués par le médecin. Et, surtout, parce qu’il croit dur comme fer que, s’il a pu s’en sortir cette fois, cela voudrait forcément dire qu’il s’en sortira toujours.

    (fin de la parenthèse médicale)

  115. Alexis

    Je ne peux m’empêcher de citer à nouveau Claude Levi-Strauss :

    «Le pessimisme me paraît après tout offrir à l’optimisme sa meilleure chance, parce que c’est à la condition d’être très pessimiste que nous prendrons conscience des dangers qui nous menacent, c’est à la condition d’être très pessimiste que nous aurons le courage d’adopter les solutions nécessaires et donc, peut-être, nous pourrons recommencer à avoir une certaine dose d’optimisme… disons modéré.»

  116. simon

    En clair, les choses telles que de plus en plus de gens les comprennent : il n’y aura pas de sortie de crise possible sans sortir du capitalisme.

    Plus je vous lis, Messieurs Jorion et Leclerc, plus j’en arrive à cette conclusion : d’ici 10-15 ans, pour la planète entière ce sera SOCIALISME OU BARBARIE.

  117. Auguste

    à Simon [13:46]
    Pas un peu trop XIXe siecle votre manicheisme ? alors que l’on peine à distinguer la différence entre le sarkosocialisme et le melenchoncapitalisme natiofurtif; alors que l’on observe autant de faux-semblants et de fausses pistes dans la pseudolutte contre quelques vilains petits canards (chanteurs, footballers, distributeurs) tirant parti de quelques « non cooperative tax havens » ?
    Pas un mot sur la part étrangère dans la Dette de la France, déjà montée de 40% à 66%.
    Une oligarchie financière ? Où ça ?
    Travail de mémoire: Relire les propos à « gauche » comme à « droite » (chaudron bien arrosé) … une liste, plus ou moins bien faite par l’OCDE ou le GAFI, de « non cooperative tax havens ».
    Cette même duperie-supercherie dans les partis alimente la défiance.
    Quel intérêt pouvez-vous trouver à différencier les petit(e)s-comtes(ses) et petit(e)s-marquis(es) qui vont à Strasbourg alors que (…) cf. supra … les trillions d’euros se baladent on et off

  118. Crapaud Rouge

    Impressionnant : Vers une guerre mondiale des taux d’intérêts pour capter l’épargne globale
    Pour rester optimiste après avoir lu ça, faut être drôlement fortiche ! (Ou être déjà dans l’autre monde, au paradis.)

  119. Moi

    Voici comment je vois la tactique actuelle pour sortir les banques de la panade:

    1) Les banques centrales produisent massivement des billets.
    2) Ces billets achètent des bons d’Etat.
    3) L’argent des bons d’Etat est donné aux banques pour les renflouer.
    4) Les banques gardent les billets auprès de la banque centrale, ce qui rapporte des intérêts (c’est encore un don de billets de la banque centrale quoiqu’indirect).
    5) Pas d’inflation car les nouveaux billets ne circulent pas.
    6) Lorsque les banques n’auront plus de dettes, les Etats seront massivement endettés.
    7) Les banques remettront alors les billets en circulation.
    8) S’en suit de l’hyperflation et une réduction de la dette des Etats.
    9) Les créanciers des Etats l’ont dans l’os.

    Quelqu’un peut-il me dire si j’ai tort et en quoi?

  120. Anne.J

    @simon
    Les socialistes montrent tous les jours qu’ils sont pieds et poings liés avec le capitalisme: ce sera donc la barbarie ou « autre chose » … Mais n’enterrez pas trop vite le capitalisme: il corresponds à un besoin fondamental de l’homme de posséder un peu plus que « l’autre ».
    Je crains fort que que ce soit encore plus  » la collectivisation des pertes et la privatisation des profits »!

  121. Auguste

    à Anne J [15:04]
    Tous ces mots en -isme — dont capitalisme — sont inutisables. Vos réflexes semblent y attacher une sorte de « religion de la cupidité ou de la rente passive ». Ce sont les créanciers des Etats et les majorités parlementaires des Etats — c’est-à-dire les élu(e)s des nations supervisé(e)s par la TopNoblesse du capitalo-etatisme (BRI, BCE, OCDE, OMC, CE, FMI) — qui vous placent dans cet état d’esprit excessif.
    Plusieurs catégories de structures entrepreneuriales ont besoin, pour l’avantage du plus grand nombre, de fonctionner avec la recherche de cashflows fondés sur l’innovation et le risque — en se fondant sur la souscription de titres de propriété, matérialisés par des parts de capital. Sinon c’est la bureaucratie, la paralysie, l’inaction, l’aliénation, l’absence de liberté, le fascisme de gauche ou de droite, la mort à petit feu. Autant mourir de suite.
    Avec ce qui apparait, chez vous, comme du découragement, du cynisme, de la raillerie, ou de la rancoeur

    Je crains fort que ce soit encore plus « la collectivisation des pertes et la privatisation des profits »!

    vous faites le jeu de Mme Thatcher et d’autres : TANI !
    There is no alternative !
    comme Paul Jorion le 9 février 2009.
    J’avais dénoncé cela en son temps et je persiste.
    Au nom du leuco-trio

  122. NuageBlanc

    à Anne J [15:04]
    Sur un site américain, vous trouverez dans l’ordre
    (1) ma réponse à …
    (2) ma réponse à Anonymous
    Votre contribution me fait penser à (2) « Anonymous »
    avec la réponse que je lui ai donné
    que ce soit une personne de NSA-CIA ou une personne réelle

    To : Carl Baydala | 05.19.09 – 4:47 pm

    You say :

    « If the banks want to play these large financial games they can do so
    on their own time and on their own money. »
    Investment banks and the like can play their casino games among themselves.
    So, gamble you little hearts out but leave the citizens and

    the rest of the world alone while they conduct their business in a more civilized manner. »

    OK

    … but … JP Morgan also controls the transnational « blood network of the world economy »

    the clearing and payment systems which « irrigates » the « world actual economy »
    (industry, non-bankinsur services, distribution of products)

    JP Morgan controls even more.

    You say :

    « Simply set up a system whereby all contracts are visible
    ))((and all debts are capable of being paid off by the losers))(( »

    Not so simple.

    First who will read and effectively follow what you mean.

    In France I suggested the creation of a clearing network, in parallel to Clearstream.

    I have not receiced one — not one — comment.

    You say :

    « The people who allowed them to occur should take responsibility for their existence and of their result »

    Do you mean (a) the US Congress, (b) the BBA (Bristish Bankers Ass) and
    the Bank-of-England which support and protect the (cheated, touchy, untrue) LIBOR pseudo » »markets » » ,
    (c) the governments of OCDE which sign treaties and maintain touchy egoFurtivCentralBanks,
    (d) the Parliaments which sustain the governments.

    How the people may not suffer
    from the direct damage of the topBankers and their allies : (a), (b), (c), (d) ?

    ————————————————– ——————————

    To : Anthony Innes | 05.19.09 – 6:24 pm
    BIS = Bank Intl Settlements @ Bale (Switzerland). OK. TopTrue !

    JP Morgan controls BIS, since 1930, with less subterfuge (shift, making up) than the IMP (Intl Monetary Fund)

    What do you mean by BIS.Local initiatives ?

    Whats is the main items of BIS agenda during the next six months, apart the disclosurers of next June 8 ?

    I do not undestand « unassailable power that will support and protect them » and « achilles heel ».

    Have you read the « Articles-of-Association » of BIS ? … one feasible path for change ?

    ————————————————– ——————————

    To : Malcolm Martin | 05.19.09 – 8:23 pm

    Karl Marx ignored Internet, Clearstream, BIS, Trichet, Lipsky, DSK, PsUmp in France, 33LibStreet, … and he is dead.

    You say : « the capitalist economic system is exhausted and will soon collapse ».

    May be … if people understand « le non dit et non exposable (censure) »
    about offshore practices in London, in NewYork, etc.
    (in American : beyond words ? unutterable ? ).
    Afterwards I discourage your verbs in a past form as if the the collapse had occured.

    ————————————————– ——————————

    To : Jedd | 05.19.09 – 9:23 pm
    Capitalism topTopNatiofurtivCapitalists (less than 0.01%) will continue
    — during several years — to fester and poison life upon this planet … ))for generations to come(( .

    You say: « The only hope is revolt ». I disagree.

    The « system » (33LibStreet + JPMorgan’s_IMF + JPMorgan’s_BIS + NSA-Pentagon)
    would love … LOVE … a revolt

    TV_watchers do not understand what is written here !!! Dont’forget !
    99.98% of people are just pigeons or sheeps, « living » in stupid beliefs.

    They vote ! … In Europe, on Sunday June 7 they will elect European « bearers of a flag » (Strasbourg Parliament).

    ————————————————– ——————————
    To: Follow the Facts 05.19.09 – 9:31 pm

    Question : to you have the list (including foreigners) of the gun owners. of armament entities physically located in « American States » — from West to East and North to South ? … This list would be of prime interest to all OECD pigeons and sheeps.

    ————————————————– ——————————

    To Jim. | 05.20.09 – 5:12 am

    You say : No « Public Servant » anywhere will be allowed to have more of anything than his or her poorest taxpayer, whether it be money, land or resources. Every one would be well off by next Thursday if this was the rule.

    This is a solution. It is not the only one.

    ————————————————– ——————————

    To: Anonymous | 05.20.09 – 6:12 am

    You say : « A Silent Revolt » . I agree.

    The threat is not credit … but hyper-hyper-inflation.

    You will lose your cash, your banknotes. There is no longer any secure reference … nowhere

    ————————————————– ——————————

    To Paul Anderson | 05.20.09 – 12:39 pm

    … get swallowed up by the black hole of fraudulent derivatives AND AND of the fraudulent offshore !
    François Jeru, NuageBlanc, Auguste & LeClownBlanc, an ex JP Morgan banker, financial analyst long term & MT loans,
    read http://www.pauljorion.com/blog/ since february 8 2009
    François Jéru | 05.21.09 – 11:22 am | #

    ——————————————————————————–

    Ref. My earlier message
    – – – – – – – – – – – –

    ERRATUM — Please replace CLEARSTREAM by EUROCLEAR

    (my neurons were probably linked elsewhere)
    François Jéru WhiteCloud Augu | 05.21.09 – 12:14 pm | #

    ——————————————————————————–

    Good bye casino capitalism. We won’t miss you at all.

    Nonproducers will no longer screw people out of their investments/savings ever again.
    Anonymous | 05.21.09 – 8:09 pm | #

    ——————————————————————————–

    Please do not mix all financial institutions, banking and insurance services in the same basket.
    If you do so there would be no « system alternative » (ref TINA : There Is No Alternative, Thatcher, UK)

    Example: the « Actual Economy » (industry, infrastricture, etc.) needs good skills for evaluating the SWOT (Opportunities, Threats, Strengths, Weaknesses) of LongTerm or MediumTerm Ventures … whether with or without innovation

    To anonymous :
    Many thanks in advance

    (1) for differenciating appropriate « Nomenclatures of Bankinsur Aims-Activities » and

    (2) being more-more precise in your critics by type of flows between saving-debt (source) and investment-with-loan (use-of-funds)

    (3) always considering TimeRelation :

    (a) 20-24 years – (b) 14-19 years – (c) 9-13 years – (d) 6-8 years – (e) 3-5 years – (f) 1year-or-two – (g) 6 months-or-3M-or-1M – (h) 7 days (week) – (i) 3 days – (j) 1 jour = 1 day – (k) 1 hour – (l) minutes – (m) microseconds.

    Within these different timeframes,
    the transactions are completely different, and often absolutely necessary [i.e. it is impossible to pass round, skirt, get round)

    All life will continue with strategic or commonplace tables of « Sources-and-Uses-of-Funds »,
    including « Heterogeneous Monetar Flows » (HFM) between « Items of Banking Liabilities » (source of funds, such as deposits-savings) and « Items of Banking Assets » (use of funds, such as a mortgage loan for a family home).
    Restons souriants (… YesWeCan smiling remain)
    Have a nice day, week, 3M, 6M, 1-2y – 3-5 – etc. 20-24 !
    NuageBlanc (WhiteCloud) | 05.22.09 – 12:29 am |

  123. tigue

    @Auguste
    La fonction de valeur refuge aurait elle encore un sens, si même l’ or n’ en était pas une ?
    Un M16 conviendrait il mieux dans cette fonction ?

  124. LeTransmuteur

    A côté des prêts hypothécaires à taux variables, les subprime sont négligeables par Eric J. Fry le mercredi 27 Mai 2009 pour La Chronique Agora.

  125. Alain Aubinet

    @François Leclerc

    Votre post a provoqué une avalanche de commentaires; Preuve s’il en fallait, que celui-ci « tape dans le mille » !

    D’emblée je veux vous dire que je partage l’essentiel de votre analyse de la situation actuelle, et des conséquences envisagées d’une « fin qui n’en finit pas de finir… ». De nombreux auteurs d’anticipation ont décrit ce genre de monde qui pourrait être celui de nos enfants et petits enfants. Il n’y a rien de réjouissant dans ces « futurs » éventuels. Aussi, est-il de notre devoir de tout faire pour qu’un autre demain soit possible.
    Ici, en France, une utopie a fait naître des alternatives qui ont apporté de l’espoir à ceux qui n’en avaient plus, ou qui n’en avaient jamais eu, c’était il y a déjà longtemps,…il est peut être temps de repenser notre société?
    Il nous faut donc réinventer une utopie.
    D’autres « possibles » existent, j’en suis convaincu; Le monde ne tourne pas autour des seuls « banquiers et autres financiers ».
    Votre vision a ceci de déplaisant, (pour moi) qu’elle ne semble pas laisser d’alternatives à l’éternel recommencement des mêmes modèles. Seule, la géographie pourrait changer!
    J’ai souvent entendu cette phrase, pour étayer la justesse d’un raisonnement: Toutes choses égales par ailleurs…, autrement dit si rien ne change voilà comment ça se passe.
    Avec une population mondiale qui n’a jamais été aussi importante, rien ne peut être comme avant.
    Ce n’est pas une croyance, c’est une nécessité!
    Que chaque Etat, en fonction de son histoire, chemine différemment, n’empêchera pas que finalement, nous seront tous obligés de nous rencontrer pour envisager l’avenir autrement.

  126. Auguste

    à Tigue [16:52]
    Excellente question ! Tous les champs des possibles resteraient ouverts et plus ou moins régulables, avec ou sans curseur, y compris la fonction valeur refuge. N’en a t-on pas besoin même si l’on ignore l’historiette « La Cigale et la Fourmi »

    Quant à l’or !
    Combien proposeriez-vous ? 10 kg par personne ?
    … en oubliant ou en comptant les personnes qui en ont des tonnes ?
    6 milliards d’habitants, bientôt 9 milliards -> 60 à 90 millions de tonnes.

    Les mines extraient environ 2 500 tonnes d’or par an. En 30.000 ans (24.000 à 36.000) ce serait vaguement envisageable, si les réserves mondiales (non exploitées) ne limitaient pas à 37.000 tonnes.
    Par personne : 37 milliards de grammes divisés par 6 à 9 milliards d’humains = 4 à 6 grammes.
    Et avec ces 5 grammes d’or qu’est-ce que fais ?

    Depuis que les créanciers, gouvernants et voleurs se sont intéressés à l’or, 145 000 tonnes d’or ont été extraites (Source World Gold Council 2001). Aujourd’hui, on extrait environ 2 500 tonnes d’or par an.
    Voyons voir sur wikipedia : gold & or

    Les banques centrales possèdent une part importante du stock d’or mondial :

    Banque centrale
    1948
    2004

    Réserve fédérale des États-Unis
    21 700
    8 100

    Banque d’Angleterre
    1 400
    312

    Banque nationale suisse
    1 200
    1 350

    Banque de France
    487
    3 200

    Banque du Japon

    765

    Bundesbank
    0
    3 400

    Banque populaire de Chine

    600

    Banque centrale de Chine

    420

    Banque centrale de Russie

    ~ 400

    Inde

    ~ 350

    Venezuela

    ~ 350

    Banque du Liban

    286

    Ensemble de l’Union européenne

    12 700

    Banque des règlements internationaux

    208

    Total banques centrales mondiales
    30 200
    31 400

    Chiffres du Conseil mondial de l’Or 2004, en tonnes

    Les 99.99% de perpétuellement bernés (lamas, moutons et pigeons) sont vraiment régalo-administrés par des imbéciles :
    Les bien-élevés de la Banque de France n’ont rien trouvé de plus intelligent que d’acheter de l’or … cette année ça parait bien
    mais resterons-nous longtemps au bord du goufre puis dans du plus sombre et vraiment nauséeux ? Car ensuite, l’or ?

  127. NuageBlanc

    à Alain Aubinet [17:47]
    Pour aller dans le sens de vos rêves et espérances les 99.99% de tondus et pigeons,
    auront besoin,
    plus que jamais,
    de banquiers et autres financiers et des vrais
    … innovants, ouverts, pas secrets, attentifs, non suceptibles ou arrogants,
    faisant circuler leurs propositions avec des délais suffisants pour informer les publics hétérogènes et en débattre avec eux.
    Les études préalables et les chantiers de mise-en-oeuvre sont immenses.

  128. Anne.J

    3200 tonnes d’or (France), ça ne représente qu’environ le montant d’une année d’impôts sur le revenu… on fait quoi avec ça?

  129. NuageBlanc

    à Anne. J [20:56]
    surement pas des reserves …
    et encore moins des conserves au delà de la période où le cours de l’or descendra à la vitesse du son
    … A votre avis ? … des médailles pour les cabinets ministériels et les enarques de la BdF ou du Trésor ?
    … A votre avis ? … ça plait toujours les petites breloques en or ? …
    pinces de cravate, carafons de poitrine, amulettes ?

  130. Cécile

    soit, soit, les comptes ne tiennent pas debout,
    il y a trop d’argent sorti (planqué, jeté)
    en douce par les windows -fenêtres (un empilement de chateaux en espagne tel moulins à vent enchassés les uns derrière les autres en dettes gigognes -hors bilan, hors taxes, …. – )
    et ouvertement par la porte … ( … alors qu’éthymologiquement « l’économie c’est la loi de la maison »…. )

  131. simon

    A Auguste et Anne J.

    Quand je parle de socialisme, je ne parle absolument pas du parti qui n’a de socialiste que le nom.

    Je parle d’un changement de société qui remmette en cause les fondements du système actuel basé sur la propriété privée illimitée, au but ultime de valorisation et d’accumulation du capital.

    Je sais que pour beaucoup ces idées sont « ringardes », mais n’enterrez pas Marx trop vite. Sa critique de l’économie politique est peut être celle qui est le plus d’actualité. Les contradictions et limites endogène au capitalisme qu’il a mis à jour sont celles qui se manifestent aujourd’hui, mais je ne vais pas développer.

    Après je ne parle pas de léninisme, de parti ou autre. Je parle uniquement de cette certitude qui se renforce chaque jour : les conditions socio-historiques, de même que l’état de notre planète, font que si le capital doit maintenir sa domination, ce sera nécessairement par la mise en place de régimes autoritaires, seuls capables de contenir les revendications et le désespoir des populations qui subissent la crise. Dans un contexte de raréfaction des ressources, de tels régimes n’envisageront que la prédation et la guerre pour leur contrôle.

    Seul un changement de paradigme dans le champ politique et économique peut éviter la barbarie.

  132. tomate

    Bonjour !

    Une question : si l’on considère que le capitalisme s’impose par sa productivité, et dure par sa société de consommation , et en excluant volontairement le paramètre environnemental ( écosphérique, je préfère…), que recherchent les nabab, drogués et vassaux du capitalisme – version actuelle- pour relancer la machine, depuis plusieurs mois ???
    Je m’explique : les sociétés de consommation des états, adhérant ( de gré ou par contrainte) au système capitalisme, traverse « une passe difficile »…. Dès lors, dans quelle direction, regardent les pro-capitalistes actuels pour maintenir le système en vie ????
    Ils regardent ailleurs ….
    Il faut coloniser, coloniser ….. de gré ou de force…. à tout prix …. et le plus rapidement possible !!!

    1/ Les décisions récentes de l’administration Américaine à propos de CUBA ( sa population) sont une stratégie … une vision
    2/ La vision, méthodes et les tactiques – non médiatisée – des USA , vis à vis de l’IRAN , et aidé en cela par ses vassaux ( FRANCE, GB, et dans une moindre mesure la RUSSIE ) constitue un second exemple… pour le même objectif espéré ( dans la douleur ou pas …mais de préférence PAS )!
    3/ le devenir de la Corée du Nord est scellée : les USA ont l’appui direct et indirect (implicitement et explicitement selon l’interlocuteur) de la RUSSIE, du japon et de la Corée du Sud, et des principaux représentants de l’UE… et même de la Chine … Le partage du gâteau est ‘il définit??? Je parie pour une réponse positive …Sera t’il respecté ??? Je ne parie pas , mais je pense que NON !
    4/ Le rythme de la colonisation de l’Afrique s’intensifie …..
    5/ Chacun fourbit ses armes pour la colonisation de l’Arctique….
    6/ Chaque état bordé par une mer et/ ou un océan, s’affaire … à étendre son espace maritime…. en proposant ( imposant) sa méthodologie de calcul, ses critères, ses paramètres, pour modifier ( imposer) une refonte des règles internationales …. On colonise…
    7/ Le statut de l’Antarctique …. volera bientôt en éclats….. et sera colonisé.

    Le facteur humain n’est qu’une variable… importante toutefois pour le capitalisme.
    Beaucoup de représentants de ce facteur méritent de mourir ( y compris moi).
    Je souhaite que cela se fasse dans la douleur, la peur incontrôlée et primaire, le sang : le moment est venu !!!
    Je souhaite que la purge arrive le plus rapidement possible…. et que la méthode employée par les dominants pro – capitalistes soit défaillante, et que leur vision stratégique, opérationnelle et tactique soit battu en brèche : Car, de cela viendra le SALUT !!! ( pour les survivants éveillés, actifs,responsables – coupables .

    Bonne soirée !

  133. tomate

    PS :

    Parmi les autres pays actuellement dans le viseur de la démarche coloniale, on peut citer le BANGLADESH, la BIRMANIE, l’AFGHANISTAN ( et la- les- future-s- nation-s- des états tribaux …) , le PAKISTAN ( et l’autre partie des futurs états tribaux) dont le futur BALOUCHISTAN …

    Bonne soirée !

    PS : Pour la COREE DU NORD comme POUR LA BIRMANIE, famille ou pas , le problème est réglé … Que leurs « dictateurs » vivent encore 1 heure ou 10 ans , c’est plié !!!

  134. ybabel

    @tomate
    qui te dit que les survivants seront « éveillés, actifs, responsables » ???
    ca pourrait tout a fait être les pires, planqués dans leur bunkers que eux auront eux les moyens de se payer (y compris les milices pour les défendres) qui resteront au final … et non pas le gentils bisounours qui glandouillent en attendant un hyppothétique éveil (parce que s’ils sont déjà éveillés, ils attendent quoi au juste pour agir ???)

  135. tomate

    @ YBABEL :

    Vous avez précisé ma pensée . Je ne pensais cela …. et même , bien pire !!
    Maintenant , laissez de côté les bisounours à mes petits neveux et nièces …. décadents !

  136. tomate

     » je ne pensais que cela « 

  137. phil

    @ François Leclerc

    étonnante bonne nouvelle en provenance de l’économie réelle (source Lloyds’ list)

    wild market could drive capesize rates over $100,000
    Keith Wallis – Friday 29 may 2009
    FRONTHAUL capesize rates could climb through the $100,000 per day mark next week as mounting congestion at Chinese ports, combined with the ongoing fixing frenzy, further tightens vessel supply.
    “The market has gone wild. It really is an owner’s market these days which shows little immediate sign of slowing,” said one Hong Kong…

    autre bonne nouvelle, le BDI a quintuplé depuis décembre et doublé depuis un mois…
    je ne crois pas à la seule explication par le déstockage (voir la congestion dans les ports chinois – output!)

    merci d’avance de votre éclairage

  138. François Leclerc

    @ Phil

    Vous me posez de ces colles ! Spécialiste incontestable dans ce domaine, j’ai appris que les « capesize » sont des bâtiments de fort tonnage ne pouvant emprunter les canaux (Panama, Suez), obligés de contourner le Cap, d’où leur nom. Ce sont généralement des vraquiers, affectés au transport des céréales ou de minéraux. J’en traduis qu’il y a un fort traffic maritime en direction de la Chine, sans être capable d’en déterminer les causes, qui peuvent être multiples.

    Quant au fameux BDI (Baltic Dry Index), j’ai également appris qu’il n’était plus considéré par les experts comme indice probant de l’activité industrielle.

    « Pundits who watch the four-route composite index for signs of industrial decline and recovery might do well to look elsewhere, because the numbers have lost touch with the industrial reality. » (www.lloydslist.com/ll/news/viewArticle.htm?articleId=20017649192&src=rss)

  139. Phil

    @ François Leclerc

    Désolé pour ces colles – auxquelles vous répondez néanmoins!!! -)

    Je pense que nous sommes au coeur d’une partie de la réponse à beaucoup de questions – et c’est pourquoi j’insiste. Et je vous remercie de collaborer.

    J’ai d’autres infos sur le sujet (je cherche moi aussi)

    Vous avez raison, le BDI est indirectement le fruit de la spéculation de ses propres opérateurs (simple guerre des prix)
    Mais l’info importante que vous souligniez, c’est la Chine… qui importe le max de matières premières et soutient à elle seule certains marchés…
    Les commandes de porte-containers sont en revanche au point mort et les prochaines livraisons ex chantiers navals promises pour 2013! (second article ci-dessous, même source)

    J’estime que ce sujet nous emmène au coeur de toutes les questions sur l’intensité de la crise, sur le sort des émergents et les conséquences géopolitiques de cette passionnante affaire (et je souhaiterais que mon métier d’avocat (droit des affaires) me laisse plus de temps pour l’examiner)

    IDLE BULK CARRIERS ON THE RISE
    Increase in inactive vessels despite rate rise to eight-month high

    By Michelle Wiese Bockmann – Tuesday 2 June 2009

    The number of bulk carriers idle at ports around the world has risen over the last month, at a time when surging iron ore and coal shipments have seen rates more than double for larger vessels.

    A total of 382 bulk carriers above 10,000 dwt are classified as inactive, with no movement for 35 days, according to data from Lloyd’s Marine Intelligence Unit.

    That compares with 314 idle bulk carriers at the end of April, according to Lloyd’s MIU’s Inactive Vessels Report.

    Ce qui représente 6% d’inactivité du tonnage disponible… (source Lloydslist)

    suite

    The rise in idle bulk carrier tonnage has surprised many industry observers, as it comes at a time when China’s insatiable demand for iron ore and coal has tied up most vessels trading on the spot market, sending bulk carrier rates soaring again to eight-month highs.

    During the freight market collapse, the numbers of bulk carriers idle or laid up around the world sharply peaked as owners refused to trade at such low rates, and charterers refused to take ships with complicated hire chains.

    But China has imported record amounts of iron ore from Australia and Brazil for four consecutive months, resulting in serious shortfalls for capesizes, trickling down to panamax and smaller vessel sizes.

    Port congestion at China’s main six ports is now at the highest levels ever recorded, according to London shipbrokers Simpson Spence & Young.

    There were more than 78 capesize vessels waiting at the ports of Ningbo/Beilun, Shanghai, Rizhao, Qingdao, Tianjin and Caofeidian, said SSY director Peter Norfolk.

    That represents 9.1% of the existing fleet of 855 capesize bulk carriers and an average waiting time to unload of 10.5 days, Mr Norfolk said.

    SSY has been tracking congestion at Chinese ports for the last two and a half years, he said.

    The Baltic Dry Index yesterday surged to 3,681 points, up from 1,806 points on May 1, and nearly six times higher than the low of 663 points recorded on December 5.

    As few as 10 capesize vessels were immediately available in the Atlantic trading basin to load iron ore in Brazil, pushing fronthaul rates to exceed $97,000 daily.

    Mr Norfolk said the spike in rates had not fully trickled down to smaller bulk carriers, which could reflect the higher number of inactive vessels.

    Handysize average time charter rates yesterday averaged $12,517 per day, according to the Baltic Exchange, up from a low of around $3,950 in early January.

    Many smaller bulk carriers have also been sold for demolition and may be awaiting scrapping at ports in India, Bangladesh and Pakistan.

    REALITY CHECK

    By Lloyds List Comment
    Tuesday 2 June 2009

    SIX months have passed since a containership was last ordered. Not a single newbuilding contract has been signed this year.

    And just about every one of the ships now in the pipeline is scheduled for delivery by 2013. After that, shipyards face a lack of boxship construction work for years to come.

    And yet, the penny still has not dropped, it would seem. Word seeping out from South Korea would suggests that the only concessions granted to hard-pressed lines desperate to delay deliveries or, better still, cancel some of the orders placed in the heady days of 2007, is agreement to postpone completion by a few months and stretch out payment schedules.

    Yet it is clear that lines like CSAV, which had to be bailed by German shipowners, or Zim which is on life support from its parent company, are never going to need the super-sized ships they have on order. Neither will some of the others whose ambitions got the better of them.

    Owners placed $56bn worth of containership orders in 2007, having already splashed out more than $30bn in each of the previous two years.

    That number had sunk to $20bn by last year, according to Clarksons, and stands at zero so far for 2009.

    If the shipbuilders are assuming that the collapse of containership business will be offset by other sectors, they are living in a dreamworld. Virtually no tankers or bulkers have been ordered this year either.

    That position may change a little, if the drybulk recovery continues, but never enough to compensate for the disappearance of containership orders for the foreseeable future.

    Latest Alphaliner figures show that while carriers have reduced their idle fleet in recent weeks, non-operating owners still have more than 300 ships at anchor. Nearly 60 ships in excess of 5,000 teu are unemployed.

    The yards have it in their power to help pull the liner trades out of deep recession by agreeing to delay deliveries for several years, not just a month or two. Otherwise, they risk driving some of their own customers into bankruptcy and depressing ship values even further.

  140. François Leclerc

    @ Phil

    L’analyse du trafic maritime est effectivement instructive, mais je me méfie d’avantage de celle des commandes aux chantiers, sauf si elles reposent sur des contrats d’affrètements à long terme, mais est-ce bien le cas et comment le savoir ? Ces commandes résultent d’anticipations…qui reposent sur d’autres anticipations. On peut donc constater des flux commerciaux, guère plus, non ?

  141. Sonate d’automne

    Car le ver était dans le fruit, le venin dans la veine et le poison dans le sang…

    _______________

    Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’homme… dit moderne, est placé dans un système de production aveugle et inconscient ; dans ce système, il peut donc produire et agir sur le monde sans avoir à penser aux conséquences, encouragé par le fait que personne ne lui demandera des comptes ; et la débâcle financière du mois d’octobre 2008 ne fait que confirmer ce phénomène propre à l’aire moderne ; débâcle qui, soit dit en passant, a bien failli mettre à genoux le système bancaire et financier de l’Occident mais qui, pour sûr, plongera des millions d’individus dans la précarité, le chômage, la pauvreté et la misère.

    Qu’à cela ne tienne : aucune responsabilité ne sera établie et par voie de conséquence, aucune culpabilité non plus.

    Un pas de plus vers un « Ni responsable ni coupable » généralisé, cette impunité qui, nul doute, en affligera plus d’un (souvenons-nous de Eichmann qui n’avait fait que servir mais qui a tout de même fini au bout d’une corde) et qui n’est que la suite toute logique d’un « responsable mais non coupable » déjà trop familier à nos oreilles depuis une bonne vingtaine d‘années.

    ____________

    « Ecoutez-moi Monsieur !
    – Mais… je vous écoute ! Je fais que ça !
    – Aujourd’hui, il n’est plus question de rentabilité… car le besoin légitime d’un retour sur investissement finit là où commence la recherche effrénée du profit maximal ; et cette recherche-là, c’est la recherche du seuil de rupture des modes de production et de fonctionnement musculaires et psychiques de l’espèce humaine salariée. Le fameux point-mort, c’est ça ! Le moteur de cette production humaine, c’est bien le meurtre ! C’est la recherche perpétuelle du concurrent à trucider, pour occuper seul la place et imposer sa loi. Et si d’aventure on ne peut pas le tuer ce concurrent, eh bien, on s’entend avec lui sur le dos de tous les autres ou bien, on le neutralise, on l’absorbe, on l’avale et puis, dans le même temps, on expulse tous les éléments non assimilables ; éléments devenus du jour au lendemain des matières fécales dont il faut au plus vite se débarrasser avant de déféquer en douce, à l’abri des regards indiscrets. Et là, triomphants et enfin seuls, ils maintiennent les mêmes cadences infernales pour, cette fois-ci, non pas tuer la concurrence mais engranger des bénéfices colossaux. L’entreprise, c’est une machine de guerre incestueuse, scatologique et anthropophage. Une fois la concurrence éliminée et la source tarie, on jette tout le monde : les clients, les salariés improductifs et usés, et les fournisseurs récalcitrants ; ces fournisseurs qui ne veulent plus se plier aux conditions de leurs donneurs d’ordres. Ils ne supportent personne. Ils ne tolèrent que le besoin qu’il faut créer, le monopole pour le satisfaire et le profit pour ne pas perdre son temps et son argent. Dans ce système, tout le monde est le client et le fournisseur de tout le monde et seuls les donneurs d’ordres sont aux commandes : plus intolérants, plus misanthropes qu‘eux, vous ne trouverez pas. Monsieur, saviez-vous que le commerce, c’est la haine ?
    – Non Monsieur mais… maintenant que vous m’en parlez, je vous crois.
    – On fait des affaires le couteau entre les dents car, le moteur de cette production-là, c’est bien le meurtre. Ils sont prêts à tout pour survivre même si ce système les condamne tous à se sacrifier quand le moment sera venu pour eux de se retirer parce qu’un plus performant qu’eux les aura balayés, eux, leurs salariés, leurs fournisseurs et leurs clients. Leurs successeurs pourront toujours se réjouir, et ceux à qui ils distribuent des miettes, avec eux, insoucieux qu’ils sont, les pauvres bougres, du sort qui les attend. Bientôt, il n’aura plus de nom ce système. On ne sait déjà plus comment le nommer. Il n’a déjà plus de visage ! Lorsque le sacrifice de tous contre tous sera partagé par tous, en kamikazes d’une défaite universelle, ce système sera sans morale et sans honneur, car sous le couvert de l’anonymat, tout lui sera permis : absolument tout ! Nul doute à son sujet : le moteur de ce système, c’est bien le meurtre ; le meutre du meurtrier et de ses victimes et puis encore… le meurtre de ce même assassin qui se donne la mort en tuant. Alors, aujourd’hui, qu’est-ce qui nous reste à célébrer ? Je vous le demande.

    – Eh bien, je…

    – Sûrement pas la vie ! La fin, nous sommes ! La fin et les moyens… et rien d’autre. Plus rien ne nous précède. Plus rien ne nous dépasse. Pourquoi croyez-vous que les femmes n’enfantent plus là où ce système triomphe sans conteste ? Il vient de là, le déficit démographique : quelque part au fond de nous-mêmes, nous savons tous que nous sommes tous… déjà morts. »

  142. Aux trois où 4 qui ont parlé d’énergies renouvelables et de « tours solaires ». On peut vraiment lutter contre le réchauffement climatique, mais il faut s’en donner les moyens !
    Ainsi il existe une technologie solaire thermique qui a fait ses preuves, qui reviendrait au même prix que l’hydrolique, c’est à dire moins cher que le nucléaire et que les énergies fossiles et surtout moins cher que l’éolien et que le solaire photo-voltaïque !
    Il s’agit des « cheminées solaires » et des « tours énergétiques ». Un site très complet les décrit en détail et mentionne tous les prototypes ou les variantes… c’est sur http://www.tour-solaire.fr
    La famille de ces cheminées se nomme « Réacteurs Météorologiques »
    UPDRAFT (à air chaud ascendant)
    Tour Solaire – Schlaich
    Flotante – Papageorgiou
    Tropicale – Bonnelle
    Polaire – Bonnelle
    Volante – Sorensen
    A flanc de Montagne – Menard
    Greentower – Stellenbosch Afrique du Sud 1.5km de haut
    Super Cheminée – Pesochinsky 5km de haut

    DOWNDRAFT (à air froid descendant)
    Tour energétique – Zaslavsky – Guetta
    MIXTES
    Bi-Directionnelle – Rohatensky
    Buse Solaire Williams

    VORTEX (cyclones)
    Vortex Michaud – Monrad
    Vortex Nazare – Maugis-Sumatel
    Tour aérogénératrice – Coustou-Alary
    Vortex Mamulashvili

    Autres variantes de Réacteurs Météorologiques ou « vent artificiel »
    James Bowery pour cultiver des algues à biodiesel
    Tom Bosschaert pour co-génération énergétique
    Tom Bosschaert en milieu urbain
    Patrick Nicolas autoportées
    Pyramide Solaire – MSC Power Corp
    Nazar Hassen Minaret Solaire
    et bien d’autres…
    Pour les anglophones : le site a également une version anglaise http://www.solar-tower.org.uk
    Bonne lecture !

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