L’actualité de la crise : L’impardonnable est arrivé, par François Leclerc

14 juin 2009 par Paul Jorion | Print L’actualité de la crise : L’impardonnable est arrivé, par François Leclerc

Billet invité.

L’IMPARDONNABLE EST ARRIVE

Rien d’un tant soi peu concret n’est sorti de la réunion du G8 qui vient de se terminer en Italie et qui a réuni les ministres des finances de l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, de la Russie et du Japon. La prudence des formulations très générales du communiqué final, comme le silence fait sur certaines questions sensibles (l’évaluation de l’état du système bancaire), illustrent ce qu’il faut bien désormais appeler la paralysie de nombreux gouvernements, en premier lieu européens quand il s’agit d’œuvrer de concert à une solution de la crise.

Loin de s’éclaircir, la situation se complique. L’opacité financière de départ n’est pas dissipée, les crises financières et économiques se contaminent mutuellement, la globalisation de la crise générale contribue à son approfondissement et non pas à son recul, les actions des gouvernements, comme leurs déclarations, se poursuivent en ordre dispersé et, il faut bien le dire, dans une confusion accrue qui ne fait que refléter l’expression d’intérêts nationaux antagoniques faisant obstacle aux réponses communes qui sont indispensables : la crise est internationale, les solutions sont mondiales. Mais celles-ci font toujours défaut, l’improvisation continue d’être la règle. Est-ce un répit ou le début d’une accalmie porteuse de nouveaux problèmes, nul ne le sait vraiment, bien que tout le monde ou presque affecte de le laisser entendre quand il ne l’annonce pas. Mais dans tous les cas de figure, la crise et ses effets vont être de longue durée et douloureux.

Expression de cette situation, la Banque Mondiale vient de rendre public ses dernières prévisions de croissance, revues à la baisse, annonçant pour 2009 une chute du PIB mondial de 3 %, contre 1,75 % précédemment. Cette moyenne ne devant pas masquer, comme toujours, de grandes disparités et des situations particulièrement alarmantes dans les pays en voie de développement. En revanche, le FMI a revu ses propres prévisions afin de préparer le G8 et se montre pour une fois nettement plus optimiste, il prévoit désormais une croissance mondiale de 2,4% en 2010, au lieu de 1,9% jusqu’à présent. Qui a raison ? Qui a tort ? Ces divergences d’appréciation ne sont-elles pas l’expression de l’incertitude qui continue de prévaloir, plutôt que le résultat d’analyses momentanément divergentes ? Que valent en réalité ces prévisions, comme tant d’autres, quand il n’y a plus de points de repère, quand les instruments de mesure mêmes devraient être réétalonnés ?

Une autre approche permet peut-être de trancher le débat. « La situation du commerce mondial a empiré. Et si je ne partage pas l’optimisme, parfois un peu de commande, des gouvernements ou de ceux qui cherchent à influencer les marchés financiers, c’est parce que (…) du côté du commerce international, je ne vois pas à l’heure actuelle de signe positif », a déclaré Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, vendredi dernier à Paris.

En volume, le commerce mondial devrait en effet chuter de 9% en 2009. Il faut remonter à la Seconde guerre mondiale pour trouver une contraction d’une telle ampleur, a-t-il fait remarquer. « Il n’y a rien qui démente qu’on soit toujours en plein dans cette crise qui commence et qui continuera », a également ajouté Pascal Lamy, prédisant que ses conséquences sociales étaient encore devant nous, en particulier dans les pays en voie de développement.

Une autre image de cette situation, mais cette fois-ci de la confusion qui règne, est le débat désormais permanent qui s’est engagé des deux côtés de l’Atlantique à propos des dangers respectifs de la déflation et de l’inflation. Avec pour conséquence, selon le choix qui est fait, la poursuite de la politique de création monétaire des banques centrales (ou son affirmation s’agissant de la BCE), ou, alternativement, la préparation de mesures afin d’assécher le marché des liquidités qu’elles ont abondamment répandues. La difficulté provenant non seulement de la valeur contestable des pronostics de reprise, que l’on continue à entendre sans qu’ils soient davantage fondés sur des données établies (ou correctement analysées), mais du fait que, d’un pays à l’autre, les situations sont dissemblables. Or, encore une fois, une réponse unique est indispensable dans notre économie globalisée.

De partout, nous entendons les mots de déflation et d’inflation, sans savoir trop bien où nous en sommes finalement, et surtout où nous allons. Allons-nous bientôt découvrir ceux de stagflation et, plus étrange encore, de slumpflation ? Contraction de l’anglais slump (crise) et d’inflation, ce dernier terme pourrait acquérir une certaine renommée, il caractérise une situation économique marquée à la fois par une récession et une forte inflation. C’est la version détériorée de la stagflation, mélange de faible croissance nulle ou faible et toujours d’une forte inflation. Le véritable choix devant lequel nous sommes placés, et que les politiques vont devoir assumer et nous avec, est plus probablement celui qui va devoir être effectué entre ces deux dernières hypothèses. Un spectre pouvant chasser l’autre.

Pour l’instant, ces mêmes politiques préfèrent évoquer une « inflation négative », toujours à l’affût d’une représentation des faits qui justifie leurs mesures ou leur inaction, afin de ne pas reconnaître la déflation que va selon toute vraisemblance connaître toute l’Europe dès ce mois de juin. Au G8, ils ont choisi de parler de « signes de stabilisation », ce qui est encore plus vague. Christine Lagarde, ministre française de l’économie, a pour sa part parlé de « repli de l’inflation » et de « signe négatif de l’inflation » dans un communiqué publié vendredi dernier, pour désigner l’inavouable, alors qu’elle confirme qu’aucune mesure de relance supplémentaire française n’est prévue (« nous n’avons pas besoin de rajouter de l’engrais à la croissance qui germe actuellement », dans son interview de vendredi dernier aux Echos). Etrange gymnastique que la sienne, destinée à justifier sa politique, quand elle en vient à expliquer que cette baisse des prix (signe précurseur d’une déflation qu’elle ne nomme pas) agit « comme un facteur de soutien à la consommation dans le contexte difficile de la remontée du chômage. » Il n’y a donc pas besoin de relance, elle se fait toute seule et cela coûte moins cher au budget de l’Etat, CQFD.

C’est à 1957 qu’il faut remonter, selon l’INSEE, pour retrouver une inflation annuelle négative en France. Et, si l’on voulait poursuivre dans la même veine et rechercher d’autres précédents historiques, on n’en trouverait pas à propos de la chute de la production industrielle de la zone euro enregistrée par Eurosat (l’office européen des statistiques), car cet indice n’a été crée qu’en 1990, avec cet organisme. La baisse enregistrée en avril dernier est de 21,6% sur un an, de savants calculs ayant permis de l’établir, la zone euro n’existant que depuis 1999. Voici le détail, sur un an : – 27,1 % pour les biens intermédiaires, – 26,7 % pour les biens d’investissement, – 22,4 % pour les biens de consommation durables, -12,3 % pour l’énergie et – 6,5 % pour les biens de consommation non durables.

Pour revenir à Christine Lagarde, et essayer de comprendre la situation, était-il utile de se référer à son appréciation de la situation, dans Les Echos de vendredi dernier, selon laquelle « de multiples petits signes (…) laissent penser que la chute s’est arrêtée » ? Car, dès le lendemain, vendredi, et en marge de la réunion du G8 italien, la ministre a voulu mettre les choses au point : « Il ne faut surtout pas s’emballer sur la reprise alors que l’on est encore en train de relancer, de stimuler et de s’assurer que les plans de relance fonctionnent ». François Fillon, le premier ministre français, avait quant à lui préféré évoquer, de Paris, « une sortie de crise qui s’amorce ». Comprenne qui pourra. Quand Sophie démarrait, Charles traînait et Pierre freinait…

Plus prudent qu’à l’accoutumée, Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, a qualifié, vendredi depuis Sofia, la situation de « très difficile, et impossible à prévoir ». Dans un accès de franchise, pour ne pas dire de clairvoyance, qui ne lui ressemble pas, il ajoutait : « Il est de notre devoir de rendre plus résistant le système financier mondial et de renforcer la stabilité de l’économie réelle mondiale. Nous ne pouvons pas permettre que dans quelques années une nouvelle crise semblable à la crise actuelle apparaisse. Ce serait impardonnable ».

« Rendre plus résistant le système mondial », puisque même le mot de régulation semble ne plus avoir cours dans les interventions de Jean-Claude Trichet, est une préoccupation qui fait l’objet de multiples débats publics, ainsi que de batailles qui le sont moins. Il est toutefois surprenant de constater que – que l’on soit aux Etats-Unis ou en Europe – les discussions portent sur les dispositifs de surveillance et non pas sur les mesures de régulation, reléguées pour l’instant au second plan. Avec toutefois des enjeux qui ne sont pas minces. Aux Etats-Unis, il s’agit de savoir si tous les pouvoirs vont être concentrés dans les mains de la Fed, ou si la multiplicité des organismes de contrôle (dont les agences d’Etat) peuvent contribuer à l’efficacité du dispositif qui sera finalement retenu. En Europe, on attend avec curiosité de lire les termes du compromis alambiqué qui permettra de mettre d’accord les Britanniques, qui veulent à tout prix que la City garde les mains libres, avec les autres pays européens, dont les Allemands, qui voudraient l’encadrer dans un dispositif commun. A moins que, comme des voix le suggèrent outre-Manche, les Britanniques fassent un esclandre et refusent ne serait-ce même qu’un accord à minima, encore jugé trop contraignant, prenant la responsabilité d’ouvrir une grande crise européenne qui est pour l’instant larvée mais contenue.

Car, sur ces dossiers très sensibles, on est plus que jamais dans le royaume des simulacres. On dit ainsi que Tim Geithner, secrétaire américain au Trésor, pousserait les Européens à rendre public les résultats des stress tests que les banques vont devoir subir, les Allemands s’y refusant avec véhémence et les Français ne se mouillant pas, mais que faut-il en penser quand on sait la farce que ceux-ci ont été outre-Atlantique ?

Que croire aussi, quand on lit les dernières déclarations de Larry Summers, conseiller économique en chef de Barack Obama, réfutant les attaques républicaines selon lesquelles c’est une politique industrielle « socialiste » et à l’européenne qui était menée par l’administration démocrate, assurant que les interventions dans le secteur des entreprises étaient « temporaires, basées sur les principes du marché et intrusives au minimum » ? Le pragmatisme le plus total règne, en réalité, au fur et à mesure des urgences, les mesures qui sont adoptées sont habillées pour la circonstance de manière plus ou moins convaincante. Dans les faits, les grands principes ont été balayés et l’on ne s’y réfère plus que pour la galerie. D’autant, en l’espèce, que Larry Summers a donné comme exemples de ce soi-disant respect des principes du marché le fait qu’il n’était plus nécessaire que l’Etat fasse l’acquisition des actifs toxiques présents au bilan des banques, et que la réforme du secteur financier, qui devrait être annoncée la semaine prochaine sera « l’élément central » de la révision de la régulation financière. Deux décors dressés pour masquer, sous couvert du changement, ce qui s’affirme essentiellement comme la volonté déterminée de laisser à l’oligarchie financière sa liberté d’action. En témoigne, très symboliquement, l’abandon qui vient d’intervenir de toute règle contraignante en matière de rémunération des cadres supérieurs des institutions financières bénéficiant d’aides publiques.

Le G8 Finances a surtout été consacré à la situation européenne, car celle-ci est désormais considérée comme la plus fragile du moment. Non seulement parce que les banques européennes sont soupçonnées de ne pas avoir effectué autant de progrès (relatif) que leurs consœurs américaines dans le nettoyage de leur bilan, mais parce que de menaçants nuages orageux se présentent à l’horizon des semaines et des mois à venir. La crise financière dans les pays baltiques, qui menace l’édifice bancaire européen, lui-même tenté de ne plus soutenir à bout de bras ses filiales des pays de l’Est, ayant ses propres problèmes à régler. Les conséquences de la rareté et de la cherté du crédit bancaire pour les entreprises (on sait le rôle déterminant que les banques jouent à cet égard en Europe, au contraire des Etats-Unis), en premier lieu celles dont l’acquisition a été financée par l’emprunt (LBO), ainsi que sur le marché obligataire, auquel seules les grandes entreprises ont accès.

La révision des normes engagée par l’IASB, dans la foulée des Américains (l’abandon de la comptabilisation à la valeur du marché), est désormais en cours, après avoir eu quelques difficultés de démarrage. Tout est fait pour que ce soulagement accordé aux banques, qui pourront ainsi améliorer leur bilan par de simples jeux d’écriture, intervienne à temps pour que les nouvelles normes puissent être utilisées pour l’exercice 2009. On verra d’ailleurs si tout le chemin que les banques souhaitent voir accompli par l’IASB le sera effectivement, ou s’il ne le sera seulement qu’en partie, mais il est de toute façon clair que le compte n’y sera pas et que d’autres mesures, non comptables, seront nécessaires.

Les récentes fanfaronnades de certaines banques françaises, qui laissent entendre qu’elles souhaiteraient suivre l’exemple des américaines et rembourser les fonds publics qu’elles ont reçus, ne sont pas crédibles. Elles seraient irresponsables si elles devaient connaître ne serait-ce que d’un commencement d’exécution pour certaines d’entre elles. La situation alarmante des banques régionales allemandes, des caisses d’épargne espagnoles ou de la Caisse d’Epargne-Banque Populaire en France n’est que le sommet visible de l’iceberg, étant donné ce qui peut être valablement craint de la suite des évènements, sans compter ce qui est actuellement dissimulé.

D’où l’important regain de pressions en cours pour que des stress tests soient systématiquement engagés en Europe. L’enjeu étant moins sur le principe, car ils ont déjà plus ou moins eu lieu, en ordre dispersé, que sur leurs modalités et, par la suite, sur la publicité donné à leurs résultats. Ce ne sera toutefois qu’un coup d’épée dans l’eau, lorsque qu’ils auront été effectués, si des mesures financières ne sont pas dès rapidement appliquées ensuite. Les Allemands y travaillent activement, bien qu’ils souhaitent faire l’économie des tests politiquement scabreux, ayant en réalité bien mesuré la désastreuse situation de leur système bancaire. Les Britanniques ont, dès la première heure ou presque, pris le taureau par les cornes en nationalisant plusieurs banques. Pour résumer les mesures déjà adoptées, les Allemands (pour leurs Landesbanken, les banques régionales), ainsi que les Irlandais, ont annoncé la création de « bad banks », les Britanniques ont préféré assurer les banques contre les éventuelles pertes occasionnées par leurs actifs toxiques. Mais cela laisse de grands trous dans le système bancaire européen.

Ce qui est en cause, ce n’est pas seulement le risque, toujours présent, que représente un édifice financier globalement très fragilisé, susceptible de connaître des incidents ayant des répercussions en chaîne non maîtrisées. C’est aussi l’impact très négatif que va avoir cette situation d’incertitude sur la croissance future, si ce même système, incapable de jouer son rôle pendant de nombreuses années à venir (s’il parvient à échapper à de nouveaux dérapages). Justifiant les sombres pronostics de croissance atone entendu de toutes parts, lorsque la récession sera passée, avec une double et lourde conséquence : sur l’emploi et la situation sociale (et donc politique), ainsi que sur le déficit des Etats, qu’il faudra pourtant bien résorber, soit par des mesures fiscales et des coupes budgétaires claires, soit par l’inflation. Avec un effet en boucle sur la situation sociale.

La proposition d’un député français de l’UMP de créer une « Caisse européenne d’amortissement de la crise financière », où seraient logées les dettes européennes nées de la récession, qui emprunterait sur le marché international, est sans doute fondée. Au regard de l’accroissement prévisible de la dette des pays européens et de la solidarité que l’on pourrait attendre entre eux, ainsi que des difficultés qu’elles vont inévitablement rencontrer à la financer, de son coût accru, et au final de ses conséquences quant à la solidité de la zone euro, ou de l’Europe tout court. Mais elle se heurte dès maintenant à une réalité qui ne peut que croître, sauf sursaut dont on ne voit pas l’origine. C’est de plus en plus le chacun pour soi qui domine et toute solution collective, assise sur une mutualisation des problèmes et des risques, est écartée par ceux qui pensent pouvoir s’en sortir par eux-mêmes. C’est le cas de l’Allemagne, mais aussi celui de la Grande-Bretagne, qui considérant que la City est le seul levier dont elle dispose pour se tirer d’affaire, cherche à tout prix à la prémunir de toute régulation européenne contraignante.

L’emploi est et va être la question la plus importante en Europe dans les prochaines années, en dépit des « boucliers sociaux » des Etats. Les chiffres de « destruction » de l’emploi – la brutalité du mot évoque celle de la réalité sociale auquel il correspond – donnés tout dernièrement par l’INSEE pour la France, risquent de n’être qu’un avant-goût de la vague qui touche et va déferler sur toute l’Europe. Ce n’est pas seulement le chômage qui va grimper, c’est aussi la précarité de l’emploi, qualifiée de flexibilité par ceux qui la préconisent. C’est pour cette raison que le prochain sommet de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), du 15 au 17 juin à Genève, va être très fréquenté par les chefs d’Etat et de gouvernement, qui vont s’en servir de tribune à leur avantage. L’objectif, selon Juan Somavia, le directeur du secrétariat de l’OIT, est de réduire au maximum la durée de la crise de l’emploi, qui pourrait s’étaler sur « six à huit ans » et se prolonger bien au-delà si « on laisse les choses en l’état ». Un « Pacte mondial pour l’emploi » va être proposé à la signature des 183 membres de l’OIT, afin de mettre la lutte contre le chômage au centre de gigantesques plans de relance. Il ne restera plus qu’à mettre sur pied ceux-ci, les moyens financiers des Etats étant prioritairement consacrés au sauvetage des banques.

Ce chômage accru va avoir une conséquence inévitable sur la consommation, et donc sur la croissance économique. Sans que les plans de relance ne puissent y suppléer. On commence à mieux appréhender combien le coût du sauvetage du système financier, tel qu’il a été engagé, va être lourd et long à payer. Ce ne sont pas seulement les Etats-Unis qui vont devoir payer ce tribut et céder leur place de leader du monde libre, ni les Américains qui vont en subir les conséquences. Plusieurs phénomènes se conjuguent pour que le déclin des pays occidentaux s’accélère. Le vieillissement de leur population, avec ses fortes conséquences sur les comptes sociaux, le changement d’axe de la croissance mondiale (déjà bien entamé, mais qui va se poursuivre plus rapidement), et les conséquences de la crise du système financier dont ils avaient le contrôle quasi exclusif et dont le coût prohibitif est en premier lieu à leur charge.

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53 commentaires

  1. gibus

    Merci cher François Leclerc,
    pour cette longue et pertinente analyse.
    Mais vous semblez oublier l’action pugnace et décisive notre illustre ministre français de la relance économique, j’ai nommé P. Devedjian, qui va nous tirer de ce mauvais pas avant la fin de l’année….8-))

  2. A.

    Merci à François pour ce résumé de l’évolution de la situation.

    Les dirigeants européens et américains cesseront de croire en la possibilité de sauver le système financier quand ce dernier se sera bel et bien effondré. Dans les prochaines années, on peut anticiper une stagnation de l’économie en raison de hausse des taux d’intérêt que les banques centrales seront obligées de réaliser pour prévenir tout risque de dérapage de l’inflation. Le taux d’intérêt nominal sera d’autant plus élevé que les banques devront maintenir une marge élevée pour reconstituer leurs fonds propres. Le problème de la stabilité financière n’aura pas été résolu et le système sera toujours bancal en raison des atermoiements et demi-mesure.

    Pour l’heure, les informations que je viens de lire me laissent penser que pour le moment, en Europe, chaque pays tente de préserver sa situtation. Cette attitude s’incrit dans la continuité des plans de relance nationaux dont le point commun de chacun était la volonté d’empêcher de voir l’effort budgétaire profiter au voisin.

    La solution à terme réside dans cette proposition de ce député UMP de créer une caisse d’amortissement de la crise. Vous constaterez qu’elle arrive après la campagne des europénnes aucours de laquelle l’UMP s’était montré résolue à écarter ce genre de mesure qui aurait pour conséquence une hausse de la fiscalité. Mais elle pose le problème de la contre-partie que les pays qui supporteraient l’essentiel des efforts exigeront pour aider les pays les plus touchés.

    Un dernier point sur l’emploi. On parle de l’augmentation du chômage mais on oublie de la replacer dans l’actuel contexte, en France du moins, de réduction de la population active. Les lecteurs d’alternatives Economiques se souviendront d’une couverture de l’année de 2005 qui posait la question de la réduction du chômage grâce à l’importance des départs en retraite. L’augmentation brutale du chômage se déroule donc dans un contexte où le nombre d’arrivants sur le marché de l’emploi est plus faible que celui des départs en retraite. Imaginez une situation comparable à celle du début des années 90 où les effectifs qui arrivaient sur le marché de l’emploi étaient pléthoriques … C’est ce qui est en train de se passer aux E-U où la population active augmente … en raison du retour sur le marché de l’emploi des retraités.

  3. A.

    @ Gibus

    Je tiens à relativiser le ton pessimiste de mon dernier commentaire. En effet, grâce à notre équipe de winners du gouvernement, cette crise ne sera plus qu’un mauvais souvenir dans quelques années.

  4. Cécile

    Il reste encore , les ressources de la grande terreur, avec ces guerres préventives ( ex -Corée du Nord, -grippe, -…)
    dont sur nos ondes, campagnes et propagandes se maintiennent ….

  5. Grospolo

    Sauf à être a minima millionnaire, avoir quelques boîtes de chaussures remplies de dollars ou d’euros, sans aucune dette, la grande majorité qui est le contraire de tout cela et qui exerce son capitalisme qu’au travers la possession de un à trois biens immobiliers a tout intérêt à ce que le système s’écroule dans une hyperinflation joyeuse.
    Ceci en supposant, bien entendu, que l’hélicoptère de la Fed fonctionne bien, que le lâcher de milliers de milliards de dollars s’est répandu jusqu’au sol, a généré une inflation des matières premières puis de tout le reste.
    En bref, dans le pire des cas on laisse faire nos experts qui ne défendent que le très grand capital gagé sur les futurs impôts des contribuables (non soumis au bouclier fiscal…) et dans le meilleur des cas on ouvre une bouteille de champagne, peut-être la dernière disponible.
    La situation étant ce qu’elle est ,nous avons plus intérêt à la chute du dollar qui serait certainement de nature à restreindre le pouvoir des quelques familles bancaires régnantes qu’à la pérennisation d’un système qui est visiblement sans issue et nous phagocyte patiemment.

  6. WB

    à Propos d’inflation ou déflation, je me permets deux liens qui proposent un début d’éclairage (plutôt focalisé sur les US dans un premier temps :

    http://blogduglobe.wordpress.com/2009/04/27/inflation-ou-deflation-point-sur-leconomie-americaine-1ere-partie/

    http://blogduglobe.wordpress.com/2009/05/27/inflation-ou-deflation-2/

    Merci pour cet article.

  7. Merci d’avoir mis en lumière la cacophonie du G8 et les perspectives à venir.

    Un autre phénomène s’ajoute à tous les autres pour que le déclin des pays occidentaux s’accélère: les matières premières et plus particulièrement les énergies fossiles et les matières alimentaires. La hausse récente va provoquer de l’inflation et plomber toute éventuelle reprise puisque toute activité économique consomme de l’énergie. Le scénario de slumpflation me semble le plus probable.

    Comme A., je n’attends aucune réforme en pronfondeur par l’oligarchie en place qui ne tente que de sauvegarder et perpétuer un système qui les a si bien servi. Dans notre vieille Europe, les états-providence jouent encore leur rôle d’ammortisseur, mais pour combien de temps encore? Je crains qu’il faudra attendre que la crise économique et sociale ne s’aggrave encore avant que la population ne réalise enfin l’ineptie des actions prises par les autorités: plans de relance, innodation de liquidités, QE, manipulation des marchés…

    Contrairement à A., je ne suis pas d’avis de créer une caisse d’amortissement de la crise. Ce serait non seulement ruineux pour nous tous puisqu’il faudrait acheter des monceaux d’actifs toxiques bien au delà de leur valeur, actifs qui seront pour la plupart sans valeur puisque reposant sur des créditeurs insolvables. Mais ce serait aussi inefficace puisque les états ne paieraient ces actifs que le minimu nécessaire pour garantir la solvabilité de la banque. Au fur et à mesure que la crise s’aggravera, il faudra à nouveau intervenir pour recheter toujours plus d’actifs défaillants. Sans oublier la profonde injustice de vouloir à nouveau socialiser les pertes et maintenir l’impunité pour les responsables. Une autre solution serait l’inverse: saisir la banque insolvable, créer une nouvelle entité « Good Bank » qui ne reprendrait que les activités de base, le personnel des agences, les dépôts et actifs « sûrs ». Le public et les autres banques ont affaire avec la Good Bank. La banque d’origine devient une « Bad Bank » dont l’activité spéculative est mise en veilleuse. Elle devient actionnaire de la Good Bank et reste aux mains des actionaires et obligataires d’origine qui ne sont donc même pas lésés.

    Il faut se faire une raison, cette énorme bulle de crédit alimentée depuis des décénies doit exploser un jour ou l’autre et quelqu’un devra assumer les pertes, c’est inévitable. Pour l’instant les autorités font tout ce qu’elles peuvent pour que ce soit le contribuable qui paie (impôts et/ou inflation). Elles ne font qu’empiler des montagnes de dette en plus des dettes existantes, ce qui est intenable. Cela ne fait que prolonger l’agonie et gonfler encore plus la bulle de crédit. Ces dettes doivent revenir à un niveau « soutenable » pour l’activité économique, faute de quoi on verra toujours plus de faillites/défauts s’enchaîner en cascade. On ne peut payer indéfiniment des dettes en s’endettant toujours plus, c’est le cercle vicieux du surendettement dans lequel s’engagent maintenant beaucoup d’états.

  8. Eric

    Bravo à tous pour ce blog que je lis depuis plusieurs mois

  9. @Grospolo
    Une hyperinflation n’est joyeuse pour personne! C’est la destruction de la monnaie et de l’état. Sans monnaie +- stable, pas d’activité économique possible, on perd tout ses repères.

    Le dollar US est appelé à terme à perdre son hégémonie comme monnaie mondiale. Les BRIC et exportateurs de pétrole l’ont d’ailleurs bien compris et s’en détournent ouvertement. Ce n’est pas nécessairement un « bonne » chose pour nous en zone euro, car l’euro pourrait prendre de la valeur, ce qui plomberait nos exportations (ex. en Allemagne).

    Quoi qu’il en soit, espérons que la perte d’hégémonie du dollar US se fasse « en douceur ». En effet, un scénario peu probable mais qui aurait un impact désastreux serait un événement imprévu (ou non) qui provoquerait une panique sur le dollar US. Une chute brutale du dollar US, une fuite de capitaux. Je vous laisse imaginer le désastre que cela provoquerait. Cela détruirait des réserves des BC, mais surtout on aurait plus aucun repère pour les cotations des MP et d’autre tritres. Les autorités seraient alors forcées de fermer toutes les banques et bourses du monde pour bloquer cette panique. Je ne prétends pas que c’est le plus probable, mais le risque est énorme, alors il vaut mieux s’y préparer. Comparez avec une assurance incendie: la probabilité qu’une maison flambe est très faible, mais le coût en serait très grand, c’est pourquoi on s’assure contre l’incendie.

  10. François Leclerc

    @ fujisan

    C’est tout à fait cela, et le refus des actionnaires des banques (ainsi que de leurs créditeurs, ce qui complique un peu le montage bad bank/good bank) d’assumer leurs risques, comme la politique suivie par les gouvernements occidentaux, quelles que soient leurs couleurs, jettent une lumière crue sur la réalité du pouvoir oligarchique.

    L’avenir nous dira si cette attitude est tenable, tant au regard de l’évolution de la crise financière que de l’évolution de l’opinion publique et des mouvements sociaux.

    Il est regrettable, sans être étonnant, qu’aucune force politique importante n’intervienne clairement sur cete crise majeure, nous forçant à considérer que soit elles sont d’accord avec cette politique (puisqu’elles ne s’en différencient pas sur le fond), soit elles ne mesurent même pas l’effort qu’elles devraient accomplir pour intégrer la crise dans leur réflexion programmatique.

    Mais les soucis d’ordre programmatique ne sont pas, de toute évidence, les plus partagés parmi les professionnels de la politique.

  11. Yves de Bressy

    @ A.
    Les dirigeants européens et américains cesseront de croire en la possibilité de sauver le système financier quand ce dernier se sera bel et bien effondré.
    Le (gros) problème est que si il s’effondre, la totalité des sommes colossales d’argent public qu’on y a injecté disparaissent avec. Il ne nous restera plus qu’à payer l’addition, et alors nos états seront en faillite ! D’où l’espèce de partie de poker que l’on voit se dérouler où les perdants annoncés jouent et rejouent « pour se refaire » en espérant que la chance tourne. Mais ils savent qu’il y a des tricheurs dans la partie et ils ne veulent pas les flinguer avant de continuer à jouer. Peut-être espèrent-ils que ces derniers deviennent sympas…
    A moins que les « perdants » apparents soient eux-même les tricheurs ?

  12. tomate

    Merci pour cette analyse Mr LECLERC !

    Une option alternative est de considérer que l’initiative majeure ne sait pas encore imposé à nous .
    Pourtant, cette INITIATIVE MAJEURE est bel et bien lancée, par l’intermédiaire de plusieurs acteurs… des LEADERS :

    – Les BRIC vont assurément nous en donner un exemple, avec une impulsion complémentaire, tactique et stratégique, dès la semaine prochaine.
    – Les pro-capitalistes libéraux , toutes nationalités confondues, s’affairent, pour ouvrir d’autres marchés à coloniser.A ce titre, les évènements qui se déroulent en IRAN, COREE DU NORD – médiatisés -, et ceux non médiatisés dans d’autres zones géographiques – voir mes posts précédents- sont la conséquence de plans stratégiques bien établis.Je leur fais confiance pour arriver à leurs fins.
    – D’autres mouvements ,tel que les protectionnistes orthodoxes ….
    – Et les protectionnistes alternatifs….

    Aussi, la quinzaine qui s’annonce – et notamment les 16 et 18 juin 2009- sera déterminante pour lever certains doutes!!!
    Et appellera nombres de commentaires…. et de conséquences pour les aspects financiers, monétaires, économiques et sociales pour nos pays dit  » riches » ou  » développés ».

    @ « …Guerres préventives … » :
    Oui !!!! Mais il y aussi des « guerres préemptives » !!! C’est mieux… et on gagne du temps , quand c’est bien réalisé !!!

    Corée du Nord : USA , avec bientôt 3 PA ( + de 240 Aéronefs …comme en 1991, en Irak) sur zone …. et combien de
    Sous- marins ????
    La Corée du Sud affirme qu’elle veut négocier « directement » avec son homologue Nord- Coréenne…
    Dans quel but ??? J’ai mon idée …
    Que cela finisse mal ou pas ( sang, irradiation, balles, etc… ) ou pas, Les 2 camps pré-cités sont sur
    les rangs pour capter ce « marché » juteux !!!!

    H1N1-Pandémie : Pas d’affolement ! Attendons la prochaine …. ou la prochaine mutation …. patiemment !!!
    En attendant , et si l’aventure vous tente, acheter des actions SPERIAN PROCTECTION :
    Malgré une hausse appréciable, selon mes sources, il y aurait un potentiel significatif !

    En clair, Il faut juste un LEADER . Des Blocs rennaissent ….

    Chacun joue sa partition, pour sa propre survie !!!
    Les BRIC ou les pro capitalistes libéraux sont des leaders potentiels du monde qui se dessine.

    Il n’y aura donc pas de réponse unique face à cette économie globalisée.

    Bonne journée !

  13. Vincent

    Merci à François Leclerc pour cette mise au point. Remarquez que cette fois-ci, la couverture médiatique du G8 qui vient de clôturer a été plus que discrète : circulez il y a rien à voir.
    Demain 15 juin, la Californie risque de se déclarer en cessation de paiement. Quelles sont les conséquences d’un tel évènement sur l’économie locale, US et pour le dollar, est-il suceptible de déclencher une réaction en chaîne aboutissant à une panique sur le dollar dont parle Fujisan?

  14. Candide

    Quand Sophie démarrait, Charles traînait et Pierre freinait…

    Et Jean-Claude… Trichet. Nous aurons tous remarqué la proximité de ce 4e larron, tout juste séparé des 3 autres par un saut de paragraphe. :)

  15. @François Leclerc
    Les « grands » partis politiques sont parties prenante du système. Il y a bien sûr des personnes honnêtes avec des convictions et des bons sentiments, mais elles ont peu de poids face à l’appareil du parti qui est aveuglé par la pensée unique, le fameux TINA de Miss Maggie. Ils coient sans doute agir dans le meilleur intérêts

    Les financiers et économistes qui les conseillent sont eux aussi aveuglés par la pensée unique. Ils ont tous cru avoir trouvé la recette miracle pour éviter toute crise: relancer le crédit et/ou plan de relance. Un crise? Ouvrons le robinet à crédit. Une inflation? Fermons le. C’est si facile et si simple le boulot d’un banquier central! Sauf que l’ampleur, l’étendue, la vitesse de propagation de cette crise sont sans précédent. Maintenant ils doutent mais sont toujours incapables de remettre en cause les théories et modèles fumeux qu’ils ont appris sur les bancs d’école. Mais comme le disait P. Jorion, on ne change pas une équipe qui perd … quand il n’y pas assez de remplaçants sur le banc de touche.

  16. A.

    @ Cécile,

    Pas besoin de chercher si loin : il suffit de dénoncer la montée de l’insécurité dans les collèges et de faire une loi répressive sur l’appartenance à une bande.

  17. jacques

    En résumé, on assiste à une consolidation de l’activité à périmètre décroissant accompagnée d’une contraction à développement durable de l’emploi.Qui dit plus positif?Mieux vaudrait en rire si on n’était pas certain des catastrophes humaines qui vont arriver.Je me prononce pour l’établissement d’un tribunal pénal international pour incompétence économique des dirigeants politiques.

  18. A.

    @ yves

    1- Nous sommes dans une situation où ce n’est pas un pays isolé qui va faire faillite, ce sont les plus importants qui risquent de sombrent et d’entraîner tout le monde dans leur chute. Au final c’est une situation du genre créancier-débiteur où si ce dernier se casse la gueule, le créancier perd tout. Le risque le plus important, c’est le risque d’une hyper inflation qui entraîne une perte de confiance dans la monnaie.

    2- L’addition, on la paie déjà depuis que la configuration deS capitalismeS tourne autour de la finance et de la division internationale du travail. La finance offrait une compensation à la faible demande intérieure de nombreux pays. Maintentant, ce stimulant ne fonctionnant plus, on se retrouve avec des économies occidentales dont l’industrie a été transférée dans le sud et qui un secteur tertiaire où les salaires sont bas. Le problème de la demande se pose alors. Avec, c’est le financement de l’Etat qui pose problème. Et comment y fait-on face depuis que l’on se traine trente ans de déficits budgétaires ? En réduisant les services publics et l’Etat Providence.
    Nous sommes embarqués dans une spirale infernale où les gouvernements de droite (et parfois de gauche) seront obligés de démanterler, à petite touche, le compromis social issus de la seconde guerre.

  19. François Leclerc

    @ jacques

    Un Tribunal Russell (du nom du philosophe britannique) a jugé en son temps l’intervention américaine au Vietnam. De son vrai nom: Tribunal International sur les crimes de guerre au Vietnam.

    C’est une idée à étudier: des juges ayant une stature morale se constituent en Tribunal, s’appuyant sur les ressources du droit, des experts, ainsi que des témoignages.

  20. @Vincent
    Je parle d’un événement imprévu (Black Swan). Par ex. le 18 mars 2009, la Fed a surpris les marchés qui ont réagit vivement: chute de 3% du $ en peu de temps. Une chute si vive sur le forex est exceptionelle. On est pas sur le marché des actions. Voir: http://www.pauljorion.com/blog/?p=2354

    La cessation de paiement de la Californie est prévue de longue date. Les marchés ont anticipé et ne seront pas paniqués, même si la faillite de la 8ème économie mondiale est loin d’être anodine.

    Mon sentiment est qu’il se joue un bras de fer entre Governator et BO … Et Mr muscle risque bien d’obtenir une rallonge du fédéral pour boucher les trous.

  21. @jacques & François Leclerc
    Dans le cas présent, c’est le crime parfait, tous coupables:
    Les néo-libéraux, Reagan, Tatcher… qui ont dérégulé
    Les BC qui ont alimenté les bulles à répétition par du crédit trop facile.
    Les américains qui vivent à crédit au dessus de leur moyens (free lunch). Et dans une moindre mesure en Europe.
    W qui a creusé un déficit énorme avec 2 guerres et une réduction d’impôts.
    Les chinois, japonais, exportateurs de pétrole, européens… qui leur ont accordé ce crédit.
    Les européens cupides qui ont voulu avoir des placements à haut rendement sans risque.
    Les grandes banques qui ont fait la course au rendement afin de ne pas perde de client.
    Les JP Morgan et Cie qui ont inventé la titrisation et les autres qui l’ont appliqué à tout afin de fournir ces placements « sans risque »
    Les grandes banques cupides et leurs actionnaires qui ont fait la course au profit.
    Bill Clinton qui a voulu que des pauvres insolvables puissent accéder à la propriété.
    Les courtiers et pauvres insolvables qui ont falsifié leurs revenus (NINJA)
    Les grandes banques ont prêté à pauvres insolvables en toute connaissance de cause et ont refilé les titres pourris aux investisseurs cupides (fraude pyramidale)
    Les réassureurs, agences de notation et autorités de contrôle qui ont fermé les yeux sur ces prêts frauduleux.
    Les autorités qui manipulent les chiffres de chômage, d’inflation, de PIB.. afin de se donner l’illusion que tout va bien.
    Les chinois qui ont dumpé leurs exportations en maintenant le reminbi artificiellement bas.
    Les pays dits « développés » qui vivent au dessus de leurs moyens en exploitant les ressources et la mains d’oeuvre des pays dit « en voie de développement »
    Les occidentaux qui confondent croissance exponentielle et prospérité.
    Les économistes qui s’imaginent qu’une croissance exponentielle infinie est possible dans un monde aux ressources limitées.

    Liste non-exhaustive et dans le désordre.

    Alors tous en prison?

  22. François Leclerc

    @ fujisan

    Dans les cas de mutinerie, c’était un tous les dix, pour l’exemple.

    On peut l’appeler comme on veut, mais c’est le capitalisme financier en tant que système qui est en cause.

  23. PhilD

    @ François Leclerc répondant @ Jacques

    désolé de faire l’avocat du diable mais…

    « des juges ayant une stature morale se constituent en Tribunal, s’appuyant sur les ressources du droit, des experts, ainsi que des témoignages »

    définition de la stature morale des juges?
    qui les désigne, sur quels critères?
    qui définit les critères?

    mais au fait, pourquoi un tribunal?

    si les événements découlant des erreurs commises sont à peu près aussi catastrophiques que vos analyses le suggèrent, pourquoi affecter tant d’énergie et de ressources à en condamner les coupables – même pour la forme?

    il ne s’agit du reste ni de crimes de guerre, ni même de crimes tout court!

  24. Laurent K

    @fujisan

    La mise sous tutelle financière de la Grande-Bretagne par le FMI ou la BCE pourrait être le déclencheur d’une panique sur le dollar US car derrière se profile le spectre de l’insolvabilité des Etats-unis…

    Selon GEAB, cela devrait arriver vers la fin de l’été. Ils se sont souvent trompé sur les dates dans leurs anticipations mais rarement sur la séquence des évènements eux-même. Et une fois que la chute du dollar sera visible pour tout le monde, je ne vois pas comment elle pourrait se passer en douceur.

  25. Allfeel

    @PhilD
    Que des gouvernements soient au dessous de tout ok on a l’habitude
    Que des banquiers déstabilisent un pays ruinent des actionnaires,ok on a l’habitude
    les condamner non c’est pas leur faute il font ce qu’on leur a appri de génération en génération dans les meilleures écoles
    Mais juger Madoff c’est le comble de l’hypocrisie
    C’est vrai au lieu de faire les grincheux on devrais une fois pour toute accepter qu’il y a des hommes irresponsables et dangereux pour l’économie qui se payent a coup de millions et qu’il n’ont aucun compte a rendre a personne mais que nous devons renflouer a tout prix.
    J’ai déja vu une interview de prisonniers en sibérie.
    Dans les prisons sibériennes l’échelle de valeur est différente les meurtres sont au bas de l’échelle de gravité car il s’agit d’une pulsion , souvent d’un geste brusque au pays de la vodka ca se comprend, meme les crimes sexuels se comprennent une pulsion incontrolable meme si la ca peut durer plus d’un instant , les pire des crimes
    sont pour eux les crimes financiers, les détournements de fonds, les abus de biens sociaux car ils sont prémédités , planifiés , réfléchis…
    Je n’ai pas d’avis tranché sur le sujet mais leur point de vu se défend assez bien.

  26. jacques

    Un tribunal dit le droit, consulte les experts ,interroge ,relève les malversations,reconstitue le scénario de la crise, pointe les erreurs, dit la responsabilité de tout un chacun.Fort de ses conclusions et recommandations, on peut établir une constitution pour l’économie sur le modèle de l’OMC par exemple , à laquelle tout pays peut adhérer mais sans droit de veto.Il suffit que trois ou quatre pays donnent l’exemple pour démarrer.Modestement, je ne vois pas d’autre solution pour changer le système.

  27. Grospolo

    @fujisan
    Ce système est corrompu jusqu’à la moelle.Et naturellement, les acteurs et décideurs de ce drame étant dans le problème et donc ne peuvent pas le résoudre ou si ce n’est par hasard…
    Un renouvellement de la classe dirigeante ce n’est pas pour demain. Les buts de l’oligarchie dirigeante sont clairement définis et bien visibles: Tondre ras les nouveaux serfs, c’est-à-dire la classe moyenne et supérieure les autres étant au SMIC ou au RMI depuis longtemps.
    Très sincèrement je ne vois pas à quel intérêt aurions-nous à conserver ce système. Et pourquoi ne pas souhaiter l’inflation qui annule les dettes ?Le désordre créateur ?

  28. François Leclerc

    Voici la liste des membres du Tribunal Russell de l’époque (1967)

    * Bertrand Russell (Tribunal Honorary President)- Peace Activist; Philosopher; Mathematician
    * Jean-Paul Sartre (Tribunal Executive President)- Philosopher;
    * Vladimir Dedijer (Tribunal Chairman and President of Sessions)- M.A. Oxon., Doctor of Jurisprudence; historian
    * Wolfgang Abendroth- Doctor of Jurisprudence; Professor of Political Science, Marburg University
    * Gunther Anders- Writer and philosopher
    * Mehmet Ali Aybar- International lawyer; Member of Turkish Parliament; President, Turkish Workers’ Party
    * James Baldwin- African American novelist and essayist
    * Julio Cortázar (writer) Writer, novelist and essayist
    * Lelio Basso- International lawyer; Deputy of Italian Parliament and Member of the Commission of Foreign Affairs; Professor, Rome University. President of PSIUP (Italian Socialist Party of Proletarian Unity).
    * Simone de Beauvoir- Writer and philosopher
    * Lázaro Cárdenas- Former President of Mexico
    * Stokely Carmichael- Chairman, Student Nonviolent Coordinating Committee
    * Lawrence Daly- General Secretary, UK National Union of Mineworkers. Socialist.
    * David Dellinger- American pacifist; Editor, Liberation; Chairman, Fifth Avenue Parade Committee.
    * Isaac Deutscher- Historian
    * Haika Grossman- Jurist; Jewish liberation fighter
    * Gisele Halimi- Paris lawyer; attorney for Djamila Bouhired; author of works on French repression of Algeria
    * Amado V. Hernandez- Poet Laureate of the Philippines; Chairman, Democratic Labor Party; Acting President, National Organization of Philippine Writers.
    * Melba Hernandez- Chairman, Cuban Committee for Solidarity with Viet Nam, now the Cuba-Viet Nam Friendship Association
    * Mahmud Ali Kasuri- Member National Assembly of Pakistan, Senior Advocate Supreme Court of Pakistan
    * Sara Lidman- Swedish Writer
    * Kinju Morikawa Attorney; Vice-Chairman, Japan Civil Liberties Union, a human rights organization.
    * Carl Oglesby- Past President, Students for a Democratic Society; playwright; political essayist.
    * Shoichi Sakata- Professor of Physics
    * Laurent Schwartz- Professor of Mathematics, Paris University.
    * Peter Weiss- Playwright; Author; Experimental Film Director

  29. Allfeel

    http://www.csotan.org/textes/texte.php?art_id=137&type=TPI
    Le tribunal de la haye de moins en moins crédible voir article de 2004

    Les gouvernements sont difficiles a juger, la guerre en irak est illégitime Obama a eu le mérite de le reconnaitre
    alors dans ce n’importe quoi international ou la collusion entre les milieux financiers et la politique est avérées
    on peut se demander qui a une légitimité pour juger des dirigeants. Et si l’état Us est le vrp de la chambre de commerce qu’en est il de la justice américaine. Et vu que la plupart des pays ont des choses a se reprocher qui a interret a soutenir une justice internationale indépendante chargée d’enquêter sur les crimes et délits économiques d’envergure?

  30. @François Leclerc
    Arf, décimer la population! Mais c’est la Rome antique qui a inventé ça.

    Pour moi, c’est plus profond que simplement remettre en cause le capitalisme financier. C’est notre système de valeurs à nous, occidentaux, qu’il faut remettre en cause. Depuis des générations, notre esprit est biaisé par l’illusion que le bien-être ne passe que par la possession et la consommation. Que seule la voie vers la prospérité est la croissance économique. C’est ancré dans nos esprits à force de propagande à l’école, par les politiciens, les médias et surtout la pub qui voudrait combler notre mal-être par du plus-consommer. Le pire, c’est que les pays dits « en voie de développement » copient notre modèle consumériste alors qu’ils ont des liens sociaux et humain plus forts.

    Un de mes sites favori où je vais me ressourcer quand je suis exaspéré:
    http://www.revolution-lente.com/

    En particulier pour le sujet concerné:
    http://www.revolution-lente.com/patrick-viveret-pourquoi-ca-ne-vas-pas-plus-mal.php
    http://www.revolution-lente.com/richard-tomkins.php

    Citation du jour:
    « La croissance pour la croissance est l’idéologie de la cellule cancéreuse » – Edward Abbey

    @Grospolo
    Le désordre créateur ? càd le grand soir, un mai 2010 ?
    J’ose espérer une issue plus pacifique.
    L’oligarchie dirigeante est plus fragile qu’on ne le crois face à une population déterminée à défendre une cause juste. Surtout dans nos prétendues démocraties. L’issue n’est pas fatale. Il y a 20 ans, le mur de Berlin s’est effondré sans bain de sang. Par contre Tian’anmen s’est mal terminé. Il y a eu la révolution des oeillets au Portugal, mais des juntes militaires un peu partout. Souvenons nous aussi des luttes non-violentes d’un Mohandas Gandhi, Martin Luther King Jr, Nelson Mandela, Alexandre Soljenitsyne…

    C’est une question de rapport de force. Pour l’instant la population subit comme des moutons, est bercée par les discours mielleux et creux. Mais la crise s’aggravant, ce voile rose tombera dévoilant la réalité. Quand une « masse critique » de la population réalisera qu’elle est spoliée et exigera des réformes. A nous de nous y préparer pour que ça ne se passe pas trop mal.

  31. @un fois de plus, seule une monnaie anticrise, une nouvelle monnaie qui ne se retire en aucune circonstance, pourrait apporter une réponse satisfaisante face à l’aggravation e tous les paramètres!
    jf

  32. BA

    En bleu, la moyenne des récessions depuis 1945.

    En rouge, la récession actuelle.

    Regardez tous les graphiques :

    http://www.cfr.org/content/publications/attachments/2009OutlookFinal_Long.pdf

  33. @johannes finckh
    Oui, mais qui peut croire une seule seconde que l’oligarchie en place va se saborder en instaurant une monnaie fondante nationale ou européenne? Ils vont défendre leurs privilèges bec et ongle tant qu’ils peuvent.

    Reste alors les monnaies complémentaires qui existent déjà : SOL, Chiemgauer…
    http://www.sol-reseau.coop/
    http://www.chiemgauer.info/

  34. David

    @Jef
    Merci, j’avoue que cette histoire m’intrigue. Je ne comprends pas, mais alors pas du tout. Rien.
    Est ce que Auguste Nuage clown et compagnie ou n’importe qui d’autre peut m’expliquer a quoi cela aurait il servi si ils n’avaient pas été pris ? ou n’importe quoi d’autre, parce que là j’ai l’impression que quelquechose de gros m’a echappé.

  35. Yves

    Bonjour, je n’ai pas franchement de commentaire à faire mais une question à poser. L’AFP affirmait vendredi que deux hommes ayant des passeports japonais avaient été appréhendés par la garde financière italienne en possession de 249 bons du trésor américain valant chacun 500 millions de dollars et dix obligations de 10 milliards. Soit un total de 135 milliards de dollars. Si ces titres ne sont pas faux, que signifie cette information ? Comment vend t’on de pareils bouts de papier ? Pourquoi cette information ne fait pas la une des journaux, les journalistes sont-ils si serviles pour que cette affaire puisse être aussi finalement étouffée ? Je pose ces questions parce si ces obligations sont vraies, il me semble que le seul vendeur possible est la Chine. Ce qui confirmerait que la Chine cherche à diversifier ses investissements. Quand de telles sommes sont en jeu, l’information me semble importante.

  36. jacques

    @ Grospolo
    L’inflation annule les dettes mais aussi les augmentations de salaire et le pouvoir d’achat.On n’annule pas une dette en se réendettant mais en coupant les dépenses.

  37. Allfeel

    @Yves
    Ya rien a confirmer concernant les chinois il y a plus d’un an ils ont acheté la totalité du bois d’une scierie en france chez qui un ami allait se fournir.
    personne n’en a parlé. Ca fait longtemps qu’ils diversifient.

  38. Alexis

    Merci à François Leclerc pour cette brillante intervention.
    Et si on ne faisait rien… en laissant les choses se recaler toutes seules comme le propose je ne sais plus qui non sans malice ?

    Merci à BA pour ce lien et les graphiques proposés.
    A ma grande habitude sur ce blog (billet invité : Candide au pays de l’or noir), je me pose la question du lien avec le prix du pétrole (cf dernier schéma en page 3). Je repense encore au rapport de l’AIE de novembre 2008 qui a mes yeux fait référence (ce n’est peut-être pas parfait, mais c’est la seule) et dans lequel est bien mis en évidence le pic de production de light crude oil en 2007. Ce n’est certes pas la fin DU pétrole, mais c’est le début de la fin d’UN pétrole, DU pétrole de qualité, facile à extraire et à raffiner, DU pétrole bon marché, pour ne pas dire gratuit (ne pas oublier l’équivalent pétrole en « esclaves » humain comme le défini Jancovici : un litre = dix bonshommes). C’est en revanche le début d’un pétrole plus difficile à extraire, de moins bonne qualité et surtout plus couteux en énergie pour le conduire des fonds marins du large du Brésil par exemple, dans notre assiette (évidemment on ne le mange ou ne le bois pas directement, en revanche le « poids carbone » de nos aliments est fort « pétrolier » : engrais, transport, distribution,transformation…).
    En d’autres termes le ratio « énergie dépensée/énergie produite » nous sera de moins en moins favorable ; les fameuses « techniques » salvatrices permettant dans l’avenir d’aller chercher le pétrole là où il se trouve encore… seront forcément gourmandes… en énergie, donc en pétrole ! Et par voie de conséquences le ratio « énergie dépensée/énergie produite » sera encore moins favorable. A supposer que l’on construise une raffinerie solaire ou nucléaire, c’est autant d’énergie qui ne servira pas ailleurs…

    Dans ces conditions, le prix atteint en juillet 2008 est-il uniquement le fruit de la spéculation ?
    La chute (35$ en décembre) est-elle due à la dégringolade boursière, à la baisse de consommation (-2 mbj) ou aux deux éléments conjugués et dans quelles proportions ?
    L’augmentation croissante depuis janvier de son prix (72$ la semaine dernière) alors que sa consommation a continué de baisser (81 mbj en mai, la plus basse depuis plusieurs années) n’est-elle que le résultat de la spéculation saisonnière (hausse habituelle en juin…) ?

    Je n’ai pas de réponse toute faite… même si je subodore un gros problème de ce côté là sous peu.

  39. @Jef
    Ces 134 milliards de $ en bonds sont plus que probablement contrefaits. Voir:
    http://www.bloomberg.com/apps/news?pid=20601092&sid=afJXAA1ahZyo

  40. Marquis de Laplace

    Bien écrit, mais toutefoirs avec une erreur capitale qui est en fait une simple répétition de ce qui s’écrit partout ailleurs sans vraiment que les gens y aient pour une seconde penser (sauf Alain Dumait):
    « la crise est internationale, les solutions sont mondiales. »
    Lorsqu’une tour d’appartement est en feu, les solutions sont LOCALES: chacun dans son appartement doit juger de sa propre situation (qui variera dramatiquement d’un appartement à l’autre) et agir en conséquence (le plus rapidement possible) sans se « concerter » avec les autre locataires.

    « Mais celles-ci font toujours défaut »
    fort heureusement! Il n’y a pas de solution GLOBALE: c’est un rêve de technocrate inbu de pouvoir qui s’imaginent faire mieux que tout le monde et qui nous ont bien montré qu’ils sont de véritables ado avec une testostérone disproportionnée en rapport avec leurs capacité coginitives devant un monde complexe!

    « l’improvisation continue d’être la règle. »
    C’est vraisemblement la meilleure approche. Pas deux paysm pas deux entreprises, n’est dans la même situation qui change rapidement de jour en jour.

    « C’est à 1957 qu’il faut remonter, selon l’INSEE, pour retrouver une inflation annuelle négative en France. »
    Littéralement, oui; mais en termes économiques définitivement non.
    En fait la France mise dans des situations similaires d’endettement ou de déficit commercial important recourrait dans le passé libéralement en dépréciation de sa monnaie ce qui équivalait à une déflation interne puisqu’elle avait pour effet (et but non dit) de causer une déflation relative des salaires de la fonction publique au profit de la relance des profits des entreprises privées (surtout exportatrice).

    C’est exactement ce que nous avons besoin aujourd’hui: vraisemblablement une dépréciation des monnaies occidentales en rapport avec la monnaie chinoise et si insuffisant (probablement), une déflation inéluctable qui règlera le tout en nettoyant le surplus de production et les incompétents (et malheuseusement aussi d’excellents gestionnaire et entreprises prises entraînés malgré eux).

  41. Yves

    @ Serge, Allfeel et Fujisan, à propos des bons du trésor saisis en Italie.
    On peut bien sûr penser que ce sont des faux, même si j’imagine mal des faussaires fabriquer de fausses obligations qui n’existent pas. Ils ne risqueraient certes pas grand chose, et surtout pas de les vendre.
    Quant aux passeports japonais, ils peuvent aussi être faux. Et je vois assez mal le Japon vendre de telles sommes et selon des procédés aussi curieux.

  42. […] L’impardonnable est arrivé Blog de Paul Jorion » L’actualité de la crise : L’impardonnable est arrivé, par François Lec…. […]

  43. Pierre Canart

    Le titre est accrocheur! Mais au fond quel est cette chose impardonnable qui est arrivé?

  44. Pierre Canart

    arrivée

  45. François Leclerc

    @ Pierre Canart

    Tout simplement la crise actuelle, dont les conséquences à venir sont encore mal mesurées et sous-estimées, sans attendre la prochaine, dont Jean-Claude Trichet dit qu’elle serait impardonnable si rien n’était fait pour l’empêcher.

    A lire, à ce sujet, la dernière chronique de Wolfgang Münchau dans le Financial Times de ce jour. Elle est intitulée « l’optimisme ne suffira pas à une reprise globale ». En voici un extrait : « Au lieu de résoudre les problèmes permettant de générer une reprise, les stratégies politiques ont consisté à attendre que la reprise résolve les problèmes. Les Européens attendent des Américains le retour de la croissance. Les Américains l’espèrent des Chinois, qui l’attendent du reste du monde ».

    http://www.ft.com/cms/s/0/04e578a6-58fa-11de-80b3-00144feabdc0.html?ftcamp=rss

  46. Grospolo

    @jacques
    je ne suis pas spécialiste de l’inflation bien évidemment, mais je peux vous livrer un témoignage sur les indéniables bienfaits de l’inflation en Ukraine après la chute de l’URSS.
    En une année les prix ont été multipliés par 10, les dettes ont été divisées par 10, toutes les personnes qui avaient sollicité un emprunt pour payer leur appartement ont pu s’en libérer très rapidement. Ensuite il y a eu une nouvelle monnaie et la situation s’est stabilisée. Bien sûr pendant cette année là, il y a eu de grands désordres sociaux, de nombreux règlements de comptes physiques violents et les fonctionnaires n’ont pas été payés.
    Pour subsister mon infirmière d’épouse a fait les marchés, produit et vendu des pommes de terre…

  47. @Grospolo
    Bien sûr quand on est endetté sans un sous de côté, c’est tentant, mais…
    Tous les salaires, allocations… ont été divisé par 10.
    Toutes les personnes qui avaient épargné, les plans de pension… ont perdu 90% de leur épargne.
    Le pays est devenu un mauvais payeur vis-à-vis du reste du monde.
    Sans oublier les troubles sociaux.
    Merci bien!

    Ne jamais oublier que l’inflation est une taxe, c’est le résultat d’un politique monétaire délibérée (JC Trichet le répète assez, il veux un inflation proche de 2%)

    Voir aussi:
    http://jcbonsai.free.fr/cc/CH10.html

    Citation du jour:
    « Lénine a certainement raison, il n’y a pas de moyen meilleur, plus subtil ou plus sûr de détruire la base existante de la société, que de débaucher sa monnaie.

    Par un processus d’inflation continue, les gouvernements peuvent confisquer, secrètement et sans qu’on le remarque, une partie importante de la richesse des citoyens.

    Le processus engage toutes les forces cachées de l’économie du côté de la destruction, et le fait de telle manière que pas un homme sur un million ne peut le diagnostiquer. »
    John M. Keynes

  48. Jérémie

    Aujourd’hui beaucoup d’argent est versé afin de tenter desépérement de maintenir la paix sociale entre les êtres dans beaucoup de pays n’arrivant plus à suivre hélas si demain les États tombent en faillite les uns à la suite des autres comme les dominos hypothèse de situation qu’il ne faudrait pas non plus écarter comment feront-ils demain pour maintenir la paix sociale ? Cela m’inquiète me préoccupe nous ne sommes en fait pas très bien informés nous vivons vraiment follement de nos jours dans des valeurs dangereuses, il est vrai que les spots publicitaires sur la plupart des chaines du monde tournent toujours en boucle mais cela pourrat-il vraiment suffir à résoudre la crise alors que beaucoup c’est déjà la galère. La Californie est-elle vraiment au bord de la faillite si oui jusqu’où cela peut-il aller pour elle et pour le quotidien des plus mal lotis… Apparemment certaines sociétés certains pays n’ont pas l’air de réagir tous de la même manière brutale ou inhumaine à l’égard des personnes quels en sont les premiers et derniers élèves au regard des yeux du monde.

    Parmi tous les pays du monde quel est le meilleur modèle social de la planète si bien sur il est encore possible de les comparer ou de les distinguer de nos jours devant tant de pays sous informés ou alors si souvent conditionnés à ne se conduire partout ainsi. L’Europe est-elle vraiment le modèle à suivre ? La Chine se soucie t-elle vraiment de sa population la plus fragile ?

  49. Grospolo

    @fujisan
    Bien sûr quand on est endetté sans un sous de côté, c’est tentant, mais…
    Comme vous le dites, c’est très tentant et même désirable ,vraisemblablement pour une grande majorité d’entre nous qui certainement préféreront regarder la barque couler avec leurs capitaines.
    Si leur veau d’or, après inflation ou mieux hyperinflation, ne vaut plus que quelques pets de lapin, nous n’allons quand même pas les plaindre.
    Pour ceux qui ont quelques économies, on peut leur conseiller , j’espère sans trop de risques ,le placement en or physique qui a fait ses preuves depuis des millénaires.
    Et si on est soudainement à court de quelques piécettes, que l’on souhaite vite lâcher ses billets de banque ,un distributeur d’or physique va être mis en service dans les gares allemandes…
    http://metauxprecieux.blogspot.com/2009/06/distributeur-automatique-dor.html

  50. tomate

    @ Jérémie

    Parmi les sociétés vernaculaires, tu trouveras peut le modèle social qui t’intéresse!
    Le problème, c’est que les sociétés véhiculaires, ont plutôt, un fort penchant ( naturel ???) à détruire ces sociétés vernaculaires…. et donc les valeurs, interactions, qui , entre autres, les définissent…..

  51. BELLINI

    Le drame des riches, c’estqu’ils sont incultes et qu’ils vivent dans un monde inculte. Alors que faire de son argent? Jeff Koons ou Madoff. Regardez ce pauvre F. Pinault, incapable de différencier un Titien d’un Jeff Koons et qui essai de se convaincre qu’il est le grand mécène de notre temps. Seulemnt il n’y a plus de Titien, P

  52. Bien entendu, le chacun pour soi, le sauve-qui peut est probable. Pour le moment les G 8 ou 20 essaient de gagner du temps, espérant qu’ils pourront petit à petit colmater les brèches. A mon humble avis, ils sont passé à côté de la seule solution rationnelle : insuffler des liquidités non pas seulement dans les circuits bancaires, mais dans les flux monétaires de base, c’est-à-dire augmenter massivement les bas salaires . Tout le monde a bien compris que jusqu’à maintenant le curseur a été placé sur l’entreprise, avec ce que ça suppose de mauvaise distribution, les fameuses inégalités. Mais en appliquant le fordisme, en augmentant les salaires, la crise n’aurait pas eu lieu. Donc pratiquer une stratégie de la demande, qui est naturelle, et non de l’offre qui est artificielle.

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