La dimensionnalité de la monnaie (L’étape suivante)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Merci à ceux qui ont compris ce que j’appelais mes « tentatives exploratoires » dans La dimensionnalité de la monnaie (La dimension créancière) et m’ont encouragé de leurs conseils. Aller vers une réelle « dimensionnalité » – sans se contenter d’un simple taux – est effectivement ce à quoi je vise.

La « dimension fractale » est bien entendu – et comme beaucoup l’ont deviné – ce qui me servait d’exemple. Pourquoi ? parce qu’il faut maintenant intégrer de nouveaux niveaux à la mesure, « évoquant » la notion d’auto-similarité, centrale aux fractales. Ce sont bien sûr les intérêts et le temps qu’il va falloir intégrer.

Un taux entre argent + dette et argent [ (a + d) / a ], la définition originale de ma dimension créancière atteint une valeur de 2 quand tout l’argent sert à rembourser la dette. Mais c’est compter sans les intérêts. S’il y a des intérêts à verser, ce qui sera généralement le cas, 2 (le seuil d’insolvabilité) est atteint alors que la somme d’argent est toujours supérieure au niveau de la dette. Si, a est l’argent, d, la dette, et i représente le taux d’intérêt, alors dans le cas simple d’une année, 2, le seuil d’insolvabilité de la dimension créancière est atteint lorsque

a = d x (1 + i)

Si le taux est de 5 % et la dette de 100 €, l’insolvabilité est atteinte dès que la somme d’argent disponible est inférieure à 105 €.

Quand on passe à deux ans, 2 est atteint lorsque

a = d x (1 + i)^2

et ainsi de suite, l’exposant de la parenthèse représentant la maturité du prêt.

On pourra ainsi, en fonction du montant de la dette et de l’argent disponible, calculer les combinaisons de taux maximum et de maturité maximum qui garantissent toujours la solvabilité.

On aura des surprises, parce qu’on s’apercevra alors à quel point les intérêts « bouffent » l’argent. J’ai constaté aux États-Unis que dans le cas du prêt immobilier typique : trente ans avec amortissement, la plupart des gens étaient effarés d’apprendre que les intérêts versés sur la période représentent en général une somme équivalente à celle du prêt lui-même (je viens de refaire le calcul : pour un prêt sur trente ans, un taux de 5,3% assure que la somme qui sera remboursée – intérêts et principal – est le double de la somme empruntée ; pour un taux plus élevé, les intérêts dépassent le montant du principal).

Le billet précédent tâtait le terrain, établissant les principes élémentaires d’une dimension créancière, il s’agit maintenant – comme vous l’aviez compris – de créer un véritable outil.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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35 réflexions au sujet de « La dimensionnalité de la monnaie (L’étape suivante) »

  1. « On aura des surprises parce qu’on s’apercevra alors à quel point les « intérêts « bouffent » l’argent » dites-vous.

    Personne ne s’en était aperçu?

    A quoi peut servir votre outil? A créer une dimension créancière qui ne « bouffe » pas l’argent?

  2. C’est une démonstration biaisée qui repose sur le postulat que l’emprunt est réalisé « pour le plaisir  » d’emprunter.
    En général quand on emprunte pour acheter une maison, ici ou là et même aux USA, c’est pour économiser un loyer.
    Dans une entreprise, on calcule un ROI.
    Maintenant, si les prévisions s’avèrent inexactes, si l’immobilier plonge, c’est une autre question.

  3. @Paul
    La vulgarisation impose beaucoup de contraintes mais vos propos et vos théories ne serviront pas à grand chose s’ils ne sont pas compris et adoptés par le plus grand nombre.
    Pourquoi alors ne pas faire une bande dessinée ou un scenario de bande dessinée pour exposer vos théories. Ce doit être un exercice passionnant, difficle mais pas impossible.

    A lire
    Les schtroumpfs et le G20 qui aurait pu s’appeler Les schtroumpfs et la monnaie. ( Il faudrait travailler sur une suite)

    http://tinyurl.com/lebryn

  4. La quantité d’ « argent disponible » face à la masse d’endettement n’est qu’un critère de la solvabilité du système : elle ne correspond qu’à une fraction de la valeur des actifs détenus par les agents économiques. Mais lorsqu’il devient nécessaire d’aliéner des actifs pour honorer ses dettes, et donc que la croissance ne suffit pas à générer les flux financiers pour y faire face, les tensions apparaissent. Surtout si les agents sont nombreux à devoir vendre, ce qui fait baisser la valeur de marché desdits actifs, réduisant encore la solvabilité des débiteurs.
    Les banques centrales ont inondé la planète de liquidités, mais il se pourrait bien que l’endettement global soit supérieur à la richesse globale (en valeur de marché). Tel est le cas, en particulier, des entreprises bancaires, pour lesquelles il est apparu nécessaire d’adopter des conventions comptables ésotériques pour maintenir la fiction de leur solvabilité. Que les banques européennes adoptent ou non les normes US ne changera pas la réalité ; tout au plus le « cours forcé » de l’illusion peut-il retarder la date du constat officiel de leur ruine (et de la nôtre, par la même occasion).
    Ainsi, tel qu’il fonctionne encore aujourd’hui, le système ne peut survivre qu’avec un taux de croissance mondiale continument compatible avec le prix de l’argent. Ce qui, faute de pouvoir éviter les récessions, implique la possibilité théorique de taux d’intérêt négatifs – et donc la négation du métier de banquier comme activité lucrative. Voilà peut-être ce à quoi nous amènera la crise en cours : le constat que la disponibilité de monnaie ne peut être qu’un service public. Mondial. Et donner raison à Aristote, selon lequel pecunia pecuniam non parit

  5. @ JJJ
    Parfait:
    « le constat que la disponibilité de monnaie ne peut être qu’un service public. Mondial. Et donner raison à Aristote, selon lequel pecunia pecuniam non parit… »

  6. On pourrait représenter la monnaie sous la forme mathématique d’un « complexe », c’est à dire une valeur a 2 dimensions.
    L’une serait la valeur, l’autre, la dimension créancière.

    Pour aller plus loin, on pourrait utiliser un vecteur a 3 dimensions :
    x = monnaie
    y = créance
    z = confiance

    vous ne parlez toujours pas de confiance, mais cela ne m’empêche pas de le proposer 😉

    Mais pour le moment, on est juste dans la multi-dimensionnalité, et non pas dans les dimensions fractales. A savoir que chaque axe est une dimension supplémentaire, mais si on rajoute une dimension fractale on a des « demi »-dimensions ou des tiers dimensions (en fait tout réel devient une unité de mesure des dimensions.
    On en est pas encore la.

    Mesurer la dimension fractale de la finance, trouver ses attracteurs étranges, et déterminer ce qui fait varier l’espace des phases sera alors la B A BA de l’économie.

    L’espace des phases sera régit selon moi par : la confiance, qui dépendra en fait de la législation (censée assurée cette confiance) et in finé du succès du modèle. C’est à dire qu’on a une boucle de rétroaction : le succès dépendant de la confiance, et la confiance du succès.
    D’ou les incantations méthode coué des politiques.

    La vraie question, qui est valable dans beaucoup de domaines (médecine notamment) est de connaitre la limite « placebo » ! lol … une espèce de constante de la lumière de la psychologie collective.

  7. A M. Jorion

    Je ne grommelle pas, je suis atterrée.

    « il se pourrait bien que l’endettement global soit supérieur à la richesse globale » (JJJ 10.22)

    « il se pourrait » pas!!! Il est!!!

    Pour Le Chiffon rouge, mon mari, expert musicologue, m’a rafraîchi la mémoire en effet, très belle chanson.

  8. C’est marrant, ça fait six mois que je bosse là-dessus, depuis le film de Grignon qui m’a fait rouvrir une ancienne boîte. 2 points :

    1) l’encours de crédits bancaires dans l’eurozone dépasse 11000 milliards d’euros, et la monnaie (M3) est de… 9478,3 milliards ! BINGO ! A quoi il faut ajouter le même phénomène dans le cas des obligations.
    Source des chiffres : page 112 et 113 de ceci

    2) deux effets salvateurs existent : l’annulation de dette, mais surtout la dépense des banques (de la banque centrale qui imprime sa base monétaire, ou des banques commerciales qui dépensent l’argent déposé chez elles).

    La politique monétaire, si elle était consciente de ce risque, devrait dépenser à hauteur de ce qui est nécessaire pour ne pas provoquer d’asphyxie monétaire. Elle pourrait en profiter pour rétablir le plein-emploi, et racheter de la dette publique ou privée (de nombreux ménages souffrent actuellement).

  9. Désolé, coquille sur le lien du « ceci »… http://www.ecb.int/pub/pdf/mobu/mb200906en.pdf

    En fait, je suis désolé de dire que l’argent, la monnaie centrale, est une dette : une dette de la banque centrale, à intérêt nul, et qui a la particularité d’avoir elle-même comme unité de prix !

    Lorsque dans notre système, un crédit est octroyé, seul le principal est injecté et on a initialement dette = monnaie, mais au fur et à mesure du temps le mécanisme de l’intérêt augmente la dette sans augmenter la quantité d’argent pour rembourser… Alors
    1) on se surendette globalement (course à l’endettement sans inflation)
    2) les créanciers dépensent l’équivalent des intérêts
    3) on annule la dette
    4) l’endettement absolu augmente dans un contexte inflationniste, ce qui fait diminuer la dette réelle.

  10. @Paul
    Il est certain que la mécanique des intérêts et des intérêts composés que vous découvrez là est bien le méanisme de base pourquoi les avoirs monétaires croissent selon une courbe exponentielle tout comme celle des dettes accumulées!
    Ilest certain aussi que,depuis la crise systémique de 2008, cette mécanique est quelque peu enrayée.
    D’où les retraits liquides massifs mal compensés par les injections tout aussi massives de monnaie centrale.
    Pour donner une autre « dimension » à la monnaie, il faudra bien qu’elle « cesse » d’exiger toujours un intérêt, car ceux-ci ne sont pas vraiment justifiables quand on tient compte de l’économie réelle!
    Car si je n’ai pas clairement saisi ce que vous visez par la « dimensionnalité » de la monnaie- j’attends votre livre avec impatience!- si cela expose que nous devons émettre une monnaie différente qui ne serait pas viciée dès le départ par la notion de réserve de valeur ou de valeur refuge et qui n’exige donc pas toujours un intérêt = un seigneuriage, vous connaissez ma proposition d’une monnaie anticrise!
    Sans supprimer les intérêts dans tous les cas, la monnaie anticrise remet le point d’équilibre à zéro et non pas, comme actuellement, à +3 ou +4%, moyennant quoi, le seigneuriage aura disparu sans ouvrir la trappe aux liquidités.
    jf

  11. monnaie et richesse:
    Les avoirs monétaires sont l’équivalent des dettes à tout moment!
    Se retranchent des avoirs monétaires des retraits liquides.
    Dès que les retraits liquides sont importants, les avoirs monétaires baissent d’autant, et, partant, la dette aussi, via une « dépréciation d’actifs »!
    En effet, pour opérer des retraits liquides, des actifs doivent être proposés par les banques pour se procurer les liquidités nécessaires, soit sur le marché des capitaux soit à la BC, moyennant quoi, le marché affiche une baisse de la valeur des actifs! C’est spécialement flagrant pour les « actifs toxiques »!
    A propos de la richesse: exprimée en unité monétaire, elle est effectivement fortement variable, comme nous le voyons bien pour les cours de bourse, et aussi pour les immeubles:
    Dire qu’un actif « vaut » 1 million d’euros n’a pas de sens, tant que la réalisation (la transaction) n’a pas eu lieu.
    jf

  12. Rien à voir direz vous? Pas sûr…

    bancs et nuées

    Avez-vous déjà observé un vol d’étourneaux ? On a l’impression d’avoir affaire à un super-organisme, souple et fluide, capable de modifier instantanément sa vitesse ou sa direction sans perdre sa cohérence. Un prédateur se pointe? Il se divise en un clin d’œil pour se reformer aussi sec dès que le danger est passé. Et puis arrivé près d’un champ, il se désagrège tout aussi soudainement, transformant ses organes constitutifs en autant d’individus autonomes. Les nuées de sauterelles ou les bancs de poissons compacts évoquent de la même manière des « organismes collectifs », ayant chacun une forme et un comportement propres. Les similitudes entre ces formations sont frappantes dans ces deux vidéos:

  13. La crise, quelle crise ?
    Les dettes, quelles dettes ?
    Les déficits, quels déficits ?
    Les faillites, quelles faillites ?

    Non, aboutissement (jusqu’à quelle limite ?) d’un non sens absolu imposé à Bretton-Woods en juillet 1944….
    Le gros problème (il y a quelque temps quelqu’un a dit : « Nous avons un gros problème » (sic)) est de vivre dans un système monétaire non viable avec une monnaie de réserve sans fondement (depuis au moins 1970), et même depuis les « accords » de Bretton-Woods en 1944.

    En effet le « choix » en 1944 d’une MONNAIE D’UN SEUL PAYS COMME MONNAIE DE RESERVE ne pouvait que faire vivre (DE FAIT) ce pays avec des DEFICITS (et DONC à CREDIT) avec le risque de le rendre à terme, ou de le conforter, paresseux et belliqueux en lui permettant d’user et d’abuser du DROIT DE SEIGNEURIAGE. A l’époque, Keynes avait (paraît-il ?) déclaré que ce système portait en lui, dès sa naissance, le GERME DE SA PROPRE DESTRUCTION.

    Cette conséquence, VIVRE EN DEFICIT, donc à CREDIT SUR LE DOS DE LA PLANETE, INELUCTABLE dés LE DEPART, est connue sous le nom de paradoxe (ou dilemme) de Robert Triffin, il a été exposé dès 1960. (nota : Le dilemme de Triffin ou paradoxe de Triffin tire son origine du système de Bretton-Woods, lequel rendait nécessaire le déficit de la balance des paiements des Etats-Unis pour alimenter le monde en moyens de paiement internationaux. Une telle situation contribue à un affaiblissement progressif de la confiance des agents économiques étrangers envers la monnaie de référence ; les besoins importants de l’économie mondiale en une devise fiable aboutissent donc paradoxalement à la perte de confiance envers cette monnaie).

    Lors de sa conférence de presse du 04 février 1965 (extrait consultable sur le net et conférence complète visible sur le site de l’INA), le général de Gaulle avait parlé de PRIVILEGE EXORBITANT.

    En usant et en abusant des privilèges qu’il procure à certains, ce non système a été poussé depuis 65 ans, jusqu’à l’extrême et jusqu’à l’absurde, et jusqu’à aujourd’hui avec les dérives (et mêmes les dérivés, c’est le cas de le dire) les plus inimaginables, les plus invraisemblables et avec des montants absolument ASTRONOMIQUES.

    Donc la crise monétaire systémique que nous vivons, contrairement à ce que l’on voudrait presque nous faire croire, n’est pas une fatalité (en cette année de l’astronomie, ce n’est pas une météorite qui a percuté la terre), car en effet, tout ce qui doit arriver arrive… Comme l’a dit aussi Maurice Allais.

    J’invite à lire (consultable sur le net) Robert Triffin (« Les comptes des Etats-Unis et leur impact sur le reste du monde », texte écrit en 1985), Maurice Allais («La Crise mondiale d’aujourd’hui. Pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires», livre écrit en 1999), et aussi Le Monde Diplomatique (Manière de voir) en particulier les articles d’Ibrahim Warde, Christian de Brie, Gabriel Kolko, articles écrits pour certains depuis… 1994, etc…. Et d’autres (liste non exhaustive).

  14. Lourd héritage

    J’ai hérité d’un milliard de dollars…

    Une personne vient d’apprendre qu’elle va hériter d’un milliard de dollars, elle déclare :
    «Je ne sais pas ce que représente un milliard de dollars, un million, je vois, mais un milliard, non ».
    L’exécuteur testamentaire lui répond :
    « Ecoutez, c’est facile, remplacez les dollars par des secondes et donc l’argent par le temps : Un million représente 11,57 jours et un milliard représente 31,70 années, voilà vous voyez maintenant ».

    Donc, pour ne pas s’en laisser compter…

    Si 1 dollar correspond à 1 seconde
    1 million de dollars correspond à 11,57 jours ;
    1 milliard correspond à 31,70 années ;
    10 milliards correspondent à 317 années = 3 siècles ;
    100 milliards correspondent à 3 170 années = 31,7 siècles = 3 millénaires ;
    1 000 milliards correspondent à 31 700 années = 317 siècles = 31,7 millénaires ;
    10 000 milliards correspondent à 317 000 années = 3170 siècles = 317 millénaires = 0,3 millions d’années ;
    50 000 milliards correspondent à 1 585 000 années = 1,6 millions d’années environ ;
    500 000 milliards correspondent à 15 850 000 années = 16 millions d’années environ.

    Bon, mais maintenant, on ne voit plus ce que représente 1,6 millions d’années.
    Et bien l’Homo erectus date de 1,5 à 1,8 M.a., l’Homo sapiens issu de l’Homo erectus est apparu en Afrique orientale il y a 200 000 ans, soit 0,2 M.a.. Depuis 30 000 à 35 000 ans, soit 0,030 à 0,035 M.a., l’Homo sapiens est maintenant la seule forme humaine présente sur terre.

    Bien, plus près de nous, les pyramides d’Egypte ont été bâties vers – 2 600/2 500 années (= – 260/250 siècles = – 2,6/2,5 millénaires) de l’ère chrétienne. Aujourd’hui, nous sommes en l’an 2009 de l’ère chrétienne, les pyramides ont donc été bâties il y a 4 600/4 500 années (= 460/450 siècles = 4,6/4,5 millénaires). C’était hier…..

    Nota :
    – D’après les chiffres publiés le 11 juin 2009 par la FED, le montant total (public + privé) de la dette US était à fin mars 2009 de 52 904 milliards de $ (= 52,9 trillions de $).
    – D’après les chiffres publiés en mai 2009 par la BRI, à fin décembre 2008 la valeur notionnelle des produits dérivés était de 591 963 milliards de $ (en baisse cependant par rapport à fin juin 2008, à cette date la valeur était de 683 726 milliards).
    – Le budget US produira en 2010, selon les dernières estimations, un déficit de 1 800 milliards de $.

  15. @TL

    « En fait, je suis désolé de dire que l’argent, la monnaie centrale, est une dette : une dette de la banque centrale, à intérêt nul, et qui a la particularité d’avoir elle-même comme unité de prix ! »

    Pour une dette, il faut être deux 😉
    La monnaie centrale est une dette de qui envers qui?

  16. “La plus grande lacune de la race humaine est notre incapacité à comprendre la fonction exponentielle.” – Dr Albert Bartlett

    http://jcbonsai.free.fr/cc/CH4.html

    NB Une manière simple de se représenter une croissance exponentielle est de mesurer le temps nécessaire pour doubler de valeur. Pour des taux habituels, la règle de 70 donne une bonne approximation. On divise 70 par le taux pour obtenir le nombre d’années pour doubler la valeur. Ex un placement à 5% double après 14 ans (70/5).

  17. @Mathieu

    Une dette de la Banque Centrale (BC) envers celui qui détient la monnaie.
    Mais toute dette du système étant exprimée et exigible uniquement en monnaie (ou à peu près, il doit subsister des dettes en nature quelque part), la dette à taux zéro de la Banque Centrale est exprimé en elle-même, et exigible en elle-même, ce qui revient à dire que la BC n’a pas à la rembourser !!

    Trouvez-vous cela cohérent ?
    Je me suis rendu à cette conclusion à l’issue d’un essai de formalisation. C’est très pratique, ça permet de généraliser le principe de dette. Ainsi, lorsqu’un refinancement a lieu (on dirait que la BC prête aux banques commerciales), cela consiste en un échange de titres de créances : la BC reçoit un titre à taux REFI, tandis que la banque commerciale reçoit un titre à taux nul.

  18. Plutôt qu’une conception mathématique de la monnaie , n’est -il pas envisageable d’en faire une modèlisation en terme d’énergie potentielle ( forces , énergie , travail ) , où le joule/DTS serait l’unité de compte ?

    Mais je suis peut être en train de découvrire la lune et il se peut que ça existe déjà .

  19. @TL

    Cela permet effectivement conceptuellement de considérer que toute monnaie, y compris la monnaie centrale, est une dette.

    Mais c’est assez bizarre: en fait la banque centrale n’a plus grand-chose à faire dans tout ça. En effet on peut remplacer la banque centrale par n’importe qui dans votre définition. Si je dis « toute monnaie centrale est une dette de Monsieur Pierre-Paul Jacques envers celui qui détient cette monnaie centrale. Sur présentation de cette monnaie centrale, Monsieur Pierre-Paul Jacques vous remettra un montant équivalent en monnaie centrale ». Cette définition est OK: Monsieur Pierre-Paul Jacques sera toujours capable de respecter cet engagement.

    Bref, cela me laisse un peu perplexe…

  20. @ Mathieu

    Vous marchez sur les traces de Hayek, qui demandait la dénationalisation de la monnaie !

    Je comprends que vous restiez perplexe… mais dans nos contrées il est illégal de refuser la monnaie centrale comme paiement. N’importe qui ne peut pas en émettre : seule la banque centrale le peut.

    Et le rôle de la BC est le suivant : absorber à elle seule le désir de détention monétaire.

  21. @ KITALU

    Concernant le paradoxe de Triffin, je dirais qu’il s’agit d’un diagnostic tout à fait pertinent : le monde permet et nécessite un déficit de la balance commerciale des USA, ou que ceux-ci prêtent massivement au reste du monde, le tout étant que des dollars approvisionnent le monde.
    Mais il me semble que Triffin a trop voulu jouer les cassandre : le système ne risque pas s’effondrer pour autant de façon inéluctable. Si le dollar reste accepté, et que l’économie des USA reste forte pour garantir un débouché aux dollars, il n’y aura pas de problème systémique.

    Par contre, il est clair que le système actuel est sous-optimal : le DTS du FMI serait une excellent monnaie mondiale, si le FMI n’était pas verrouillé par les USA en matière de droits de vote. Triffin a tout à fait raison là-dessus.

    Enfin, je tiens à dire que Triffin était aussi un excellent microéconomiste, et qu’il a écrit sur la manière de cataloguer les marchés en fonction de l’élasticité de la demande aux prix, des choses absolument admirables.

  22. Je vous invite à ce qui suit :
    1/ Vous représenter mentalement les masses monétaires qui irriguent les divers marchés domestiques de l’économie américaine (Toutes Branches)
    2/ Vous représenter, pleinement à l’extérieur des Etats-unis, la part des masses monétaires des transnationales qui sont exprimées en euro$ [ pas en d’autres monnaies ni en d’autres eurodevises telles que euro£, euroYen, euro€, etc… non, juste en euro$ ] en rapport à des transactions qui furent exécutées pour des affaires de pétrole, distribution, armement, ou autre
    3/ Vous dire le total « 2 » est supérieur au total « 1 » et ne suit aucune règle vraiment sérieuse; contrôles quasi inexistants
    4/ Lire le dernier tiers de la contribution ci-après EURODEVISES [euro$, euro€, euro£, euroY, …]
    – – – – – – – – – – – – – – – – –

    Est-ce que cela change quelquechose aux idées que vous vous faites

    Q1 : sur les relations d’une banque centrale avec « son territoire domestique » ?

    Q2 : sur la théorie de l’universitaire-économiste X ou Y ?

    Q3 : sur ….. ce que vous voulez … ?

    Kitalu ? Mathieu ? TL ? Fujisan ? …

  23. dans le cas du prêt immobilier typique : trente ans avec amortissement, la plupart des gens étaient effarés d’apprendre que les intérêts versés sur la période représentent en général une somme équivalente à celle du prêt lui-même

    Cet article s’annonce comme une suite, mais il revient en arrière, cad dire qu’il raisonne, comme l’on fait d’habitude, sur des montants totaux. La question fondamentale n’est pas de savoir que la maison achetée à crédit coûtera deux fois plus cher, (il faudrait au demeurant tenir compte de l’inflation), mais si l’on aura, 20 ou 30 ans durant, suffisamment de revenus pour payer les traites. La question est en fait sans réponse : personne ne peut savoir ce que sera son pouvoir d’achat dans 20 ou 30 ans, on ne peut faire que des hypothèses. Mais les échéances, elles, sont des certitudes. Dans le cas des fameux crédits « subprimes », les créanciers auraient raisonné juste s’ils avaient eu la certitude que les prix à l’immobilier allaient augmenter pendant toute la durée des prêts. C’est bien la dynamique qui est intéressante, et rien d’autre.

    Au fait, puisque l’on parle dette et argent disponible, ne serait-ce pas intéressant de rapprocher la notion de reconnaissance de dettes des autres dépenses contraintes, comme celles de payer des assurances, de quoi se nourrir, se vêtir et se loger ?

  24. Et oui cela montre bien que l’achat a crédit a pour objectif de faire monter les prix a long terme. Hors lorsqu’ont paye deja cher au départ et que cel double a l’arrivé. Ont se rends bien compte que l’inflation et bien générer par le crédit et donc que le crédit fait monter la masse monaitaire.

  25. @ logique

    Je trouve votre raisonnement illogique.
    Il faudrait dire : pour que les prix de l’immobilier continuent à progresser, il faut que la demande soit alimentée.
    Lorsque les gens solvables ont déjà une maison, on va chercher dans l’armée de réserve. Et c’est là que le crédit intervient.
    Certes au moment au le crédit est créé, de la monnaie est injectée, ou plutôt sa reproduction est permise, dans la mesure où les crédits vont finir sur des comptes en banque ou nécessiter du refinancement bancaire central.

    Mais dans la perspective dont nous parlons, d’un phénomène de pénurie monétaire à cause de l’intérêt, l’inflation permet simplement d’échapper à cette asphyxie, en augmentant la taille du tuyau du crédit, ce qui « noie » les intérêts antérieurs.

    J’ai l’impression que vous voulez dire que la hausse de la masse monétaire amène l’inflation, or il ne me semble pas que les choses se passent ainsi.

    @ Auguste

    Ce que vous dîtes n’est pas inintéressant, loin de là, mais c’est une donnée (importante certes) de plus à intégrer dans l’analyse…
    Le dollar est la monnaie mondiale, il est sûr que son emploi dépasse largement les considérations étatsuniennes intérieures.

  26. @TL,

    C’est pourtant les bases de l’économie moderne qui stipule qu’une augmentation de la masse monaitaire entraine l’inflation.

    MV = PQ (masse monaitaire * vitesse de circulation = Prix * quantité d’échanges) Irvin Fisher 1911.

    Si ont veux éviter l’inflation il faut que les prix baissent ou que la vitese de circulation diminue ou au choix, il reste 2 autres paramètres. hors c’est vers quoi ont se dirige a vrai dire, puisque l’augmentation de la masse monaitaire qui a grandement augmeté voie sa vitesse de circulation diminuer. Vitesse de circulation que l’ont peut aussi considérer comme les échanges. Mais le seul danger afin de tenter une stabilisation serait de faire monter les prix. Hors le problème de la quantité décroissante d’échanges est du a une monter des prix trop rapide. Monter des prix qui pour permettre le maximum d’échange a du faire appel au crédit. Hors le temps du crédit pour tous est terminé.

    Donc avec cette petite &quation toute simple, il y a de quoi faire fonctionner les neuronnes, même des plus brillant.

  27. @ logique

    Utilisez votre cerveau, la TQM est une ânerie de la pire espèce. Les choses ne se passent pas ainsi. Ce sont les prix qui entraînent la monnaie : quand on doit payer plus cher, on a besoin de plus d’argent. P influe sur M, l’inverse est en réalité marginal : si je vous donnais une grosse quantité d’argent, vous en thésauriseriez au moins la moitié sur le moment, vous ne courriez pas dans le premier magasin venu pour faire monter ses prix.

    Si la hausse des prix freine les échanges, expliquez pourquoi depuis 50 ans on a eu à la fois croissance ET inflation.

  28. « vous en thésauriseriez…une grosse partie ? »
    Thésauriser comme « mettre sous le matelas » ou comme  » déposer a la banque, pour qu elle puisse justifier de créer 9 lignes de crédit a 9 pékins pour se précipiter à acheter 9 bagnoles (maintenues artificiellement chères Grace a la solvabilisation par le crédit )?
    Quand le crédit s arrête, il y a zéro pékins et les prix vont au Sud, c est ce qu on appelle la déflation…(c est le truc qui est train de se passer en ce moment quoi…)

  29. @paul,

    pour que cela soit possible il faut que le crédit pour voiture soit gerer par le constructeur. Si celui ci vends une voiture, il remet a la banque l’argent de sa vente et l’utilise pour generer un nouveau crédit. Le banquier lui dit d’acoord est il autorise un secand crédit voiture avec l’argent du constructeur. La secande voiture vendu a crédit fait que le constructeur recupére l’arget de la première vente qu’il remet en circulation via le crédit. Cette petite machine fonctionnent bien et peut continuer a fontionner trés longtemps. Le problème reste que le constructeur n’as jamais de cash mais doit faire entièrement confiance aux personnes qui auront pris les crédits.

    @TL,

    Si le prix monte, soit la quantité d’échanges baisse, soit parce que la circulation ne se fait plus, soit c’est la masse monaitaire qui augmente trop vite. Comme tu le remarque les variables d’ajustements sont multiples. Mais ne t’inquiète pas TL, plus les prix montent plus il y a de crédits qui seront disponible, si la quantité d’échange reste élevé. C’est une excellente équation, mais bien sur il n’y a pas que celle là dont il faut tenir compte. Tu peux y ajouter les parités monaitaires et bien sur le ration des banques en fonction du prix de ses actifs. Ensuite c’est un vrai système neuronal d’information avec des relations entre tout les paramétres. Mais je vais laissé cela de coté pour l’instant. Le temps que les bases soit deja solide.

    Pour les 50 dernières années ont a eu un phénome de baisse des prix sur les produits manufacturé, grace a la mondialisation, par contre pour le prix des biens de longue duré, immo principalement et pain cigarette médicament ext… les salaires ont conpensé l’inflation. Le vrai problème de notre socièté debutent dans les années 80 ou la competitions des état les a forcé a construire de grosses structure financière pour mettre en place le crédit et éviter un hausse massive des salaires. Le merdier dans lequel ont n’est rien d’autre que le résultat des decision anglaise. Car si en france ont se plein en angletterre eux ils se serrent la ceinture et trés fortement.

    @tique,

    Oui, Et c’est d’ailleurs se qui inquiète beaucoup les BC a l’heure actuel et en particulier les état unis. Pour l’europe une déflation ne ferait que permettre aux peuple de l’est de retrouver une capacité de consommer, ceux qu’il ont largement perdu a par pour ceux qui sont venu travailé a l’ouest.

    M’enfin je comprends bien notre incompréhension plus ou moins générale des mécanismes économiques, c’est une équation diffrenciel a 4 parametres minimum. Puisque dans MV = PQ , M ou masse monaitaire n’est sencé représenter que les salaires lié a la production et non pas la volatilité des prix, variations. Le monde change et les équations se transforment, et c’est souvent dans le second cas que le bordel arrive car les conséquence ne sont pas toujours visible tout de suite. Les vrai responsable du bordel actuel sont ceux qui ont organisé la propagande immobilière et boursière en jouant avec les crédits.

  30. Ce qui est exposé là est ce que les geselliens montrent de par la croissance selon une courbe exponentielle des avoirs monétaires d’un côté et des dettes de l’autre.
    L’insolvabilité est atteinte dès que « la capacité de souffrance » des peuples atteint sa limite. Et quand, comme pour les subprimes, les mensualités dépassent ce que les revenus les plus modestes peuvent assumer, d’où les insolvabilités croissantes, etc.
    L’évolution « naturelle » du cpaitalisme impose une rente d capital croissante au point de dépasser toute croissance économique possible. A ce moment-là, la baisse du revenu disponible s’ensuit inéluctablement:
    La rente du capital dépasse ce que la croissance annuelle ajoute au PIB.
    Il s’ensuit une baisse de la consommation des ménages ainsi qu’une baisse du PIB.
    Et puisque la croissance de la rente se poursuit, ou essaye de se poursuivre « comme si de rien n’était », la crise sociale devient aigue à tout moment, comme par exemple en Grèce maintenant (fin 2009).
    La rente du capital est à ce point vorace et obscène qu’elle finira par avoir raison aussi très bientôt de la croissance chinoise!
    Peut-être que la décroissance du PIB mondial en tamé dans les pays riche s’étendra prochainement à la planète entière, quel que soit le niveau d’industrialistion des pays respectifs – et cela sera, en quelque sort, une « réponse du réel » pour limiter les gaspillages des ressources. Une part de l’humanité va souffrir lourdement, en fait, l’immense majorité, mais la survie, déjà problématique pour les plus pauvres, va devenir franchement encore plus problématique!

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