France Culture, « La rumeur du monde », samedi 19 décembre de 12h45 à 13h30

Je fus l’invité de Jean-Marie Colombani et de Jean-Claude Casanova. On a parlé de l’année qui s’achève, de « L’argent, mode d’emploi » et de « Comment la vérité et la réalité furent inventées ».

Ci-dessous, un résumé. Le podcast en entier se trouve lui ici.

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229 réflexions au sujet de « France Culture, « La rumeur du monde », samedi 19 décembre de 12h45 à 13h30 »

  1. Excusez-moi de poser cela ici mais je viens d’y songer seulement maintenant:

    Le fait que la Chine ait décidé de mettre en œuvre une mesure dont vous avez fait votre meilleur cheval de bataille, à savoir l’interdiction des paris sur les variations de prix, n’est-elle pas la pire nouvelle à laquelle vous pouviez vous attendre?

    Quel personnel politique désireux de rallier à sa cause une majorité pourrait se permettre d’annoncer publiquement: « Nous allons suivre la Chine en matière de politique financière »?

    Ne pensez-vous pas qu’il susciterait immédiatement une levée de bouclier générale du seul fait de l’évocation de ces termes « suivre la Chine », indépendamment de la pertinence (supposée) de la mesure?

    En d’autres termes, le verrou idéologique à l’encontre de la politique chinoise n’est-il pas si important que toute mesure appliquée chez eux en soit automatiquement disqualifiée chez nous, « par principe »?

    1. J’ai regardé cette histoire d’interdiction de paris sur les prix much ado about nothing.

      Les officiels chinois étaient juste en colère car certains de leurs opérateurs ont spéculé plus qu’à leurs tours avec l’argent du parti en souscrivant à des produits structurés made in occident.

      Il ne s’agit finalement pas du tout d’interdire les paris sur les prix rien n’a été fait sauf de refuser de payer certaines ardoises à des banques occidentales.
      Les chinois se content donc d’aboyer comme ils le font avec la monnaie de singe dont-ils se plaignent très officiellement mais qu’ils rachètent pourtant à tour de bras.

      Ce sont de très grands parieurs ils ne vont pas se priver du casino géant. Si ils avaient des vélléités en ce sens ils commenceraient par fermer la bourse chinoise dont je ne saisi pas bien l’utilité dans une économie à moitié administrée mais j’imagine que les millionaires locaux (dont beaucoup sont très probablement encartés) n’ont absolument pas envie que ça arrive.

      L’élite chinoise est aussi faite d’hommes avides il faut arrêter de ne les prendre que pour des héros.

    2. Une petite reflexion sur la supposée préméditation des chinois sur le 10 ans US pour pousser les banques américaines à prêter n’importe comment (comme le suppose Mr Jorion). Une explication plus simple est sans doute meilleur.

      Dans les années 2000, le 2 ans US servait des rendements misérables. Les chinois comme tous les autres pays asiatiques accusant un excédent commerciale chronique se sont donc tous simplement reportés sur les plus longues échéances servant de meilleurs rendements y compris les GSE (les chinois avaient quelques centaines de milliards $ de Freddie machin et de Fanny truc).

      Les chinois pas plus que les japonais ne jouaient donc au Go, ils cherchaient tous simplement le meilleur rendement/risque possible et ne sont donc heureusement pas si machiavéliques que Mr Jorion le suppose 🙂

    3. @ Iunderstand…

      Ce que vous affirmez dans votre premier post n’est pas tout à fait exact: toutes les agences et branches des banques occidentales en Chine ont été interdites de négoce de produits financiers dérivés, quels qu’ils soient. Le patron de Calyon à Shanghai s’en est même plaint à la presse en disant que l’activité de sa banque était aujourd’hui réduite à l’achat et à la vente de produits financiers tout simples (« plain vanilla ») (Source: Les Echos et le Financial Times). Il faut se souvenir que Calyon est la filiale du Crédit Agricole et du Crédit Lyonnais spécialisée dans le négoce de produits financiers sophistiqués et la « banque privée ».

    4. @ Jaycib.
      Merci pour l’information & shame on me ! Je m’étais contenté de l’article ou il était fait allusion à des chinois en colère pour une histoire de produits structurés incomprehensibles.

      Auriez-vous l’article ou il est fait mention des propos du dirigeant de calyon ?

      Merci.

  2. La fin de l’année est la période idéale pour s’interroger sur nous-mêmes.
    Malgré les connaissances et le niveau intellectuel de beaucoup parmi nous, j’ai des doutes quant à notre réel pouvoir d’influence sur les dirigeants, et par conséquent sur les décisions prises.
    Je regrette particulièrement que des gouvernements soi-disant démocratiques outrepassent largement l’opinion de leur population, y compris celle de ses « intellectuels » indépendants. Je peux malheureusement en donner de nombreux exemples : la décision de certains pays de partir en guerre contre l’Irak alors que plus de 90% de leur population était contre ; la construction européenne, qui se fait sans débats et sans consultation populaire…
    Je constate en même temps une tendance des dirigeants à refuser de donner du travail aux esprits indépendants et à préférer engager des gens d’une capacité intellectuelle moindre mais soumis et obéissants… Alors, dans de telles conditions, est-il encore utile de continuer à se battre pour une cause, quelle qu’elle soit ?…
    Ne vaut-il finalement pas mieux s’atteler à concentrer sans aucun scrupule un maximum de fric et de pouvoir comme eux, au lieu de faire des études…

    1. Tu as sans doute raison, la garde pretorienne du système est encore en place et va continuer à sévir mais le billet de médiapart reporté par Mr Jorion laisse entrevoir une petite lueur d’espoir.

    2. A « Le marin », « Malgré les connaissances et le niveau intellectuel de beaucoup parmi nous, j’ai des doutes quant à notre réel pouvoir d’influence sur les dirigeants, et par conséquent sur les décisions prises. »
      Justement, c’est la force d’Internet, tant qu’il restera accessible et libre, des blogs comme celui-ci peuvent donner une autre approche et sensibiliser les populations à ces approches, les rendre plus informées, plus critiques et voter en conséquence.
      Sensibiliser les populations à l’écologie, indépendamment des médias, des politiques.

    3. @ Le marin
      Votre fatalisme me fait penser que vous êtes sans doute au stade « dépression » de Elisabeth Kübler-Ross. Dépassez le stade « dépression » pour arriver à « l’acceptation ».
      N’oubliez pas que la démocratie (même imparfaite), les droits et libertés, les avancées sociales… étaient choses inadmissibles et impensables en leurs temps pour ceux qui en profitaient.

      « Le progrès n’est que l’accomplissement des utopies. » Oscar Wilde

      « Lorsqu’on rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve alors que lorsqu’on rêve à plusieurs c’est déjà une réalité. L’utopie partagée, c’est le ressort de l’Histoire. » Elder Camara

      « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. » Albert Einstein

      « Si tu refuses ton propre combat, on fera de toi le combattant d’une cause qui n’est pas la tienne. » Jean Rostand

      « Sois le changement que tu veux voir dans le monde. » Mohandas Karamchand Gandhi

    4. @fujisan
      « dépression » n’est pas le bon mot mais bien « déception », un peu comme Angela Davis… : mais ne vous inquiétez pas, je suis toujours aussi combatif…(ce qui ne veut pas dire que j’ai toujours raison ou que je crois posséder la vérité absolue…)

  3. Ah ça ! Vous entendre assimiler J-C Casanova à un propagandiste des politiques ultra-conservatrices est un plaisir d’autant plus raffiné qu’il fut si longtemps différé.
    merci
    lou

  4. Alors là, c’est la bagarre du fin connaisseur du monde bancaire et imaginatif Paul Jorion contre le psycho-rigide bardé de ses diplômes et convictiions néo-libérales Jean-Claude Casanova !!! (un auditeur de l’Eldo – Dijon)

  5. Discussion avec un orthodoxe de l’économie libérale… qui affirme que la croissance pour l’année prochaine sera positive.

    Jean-Claude Casanova

    Différent à propos de la crise de 1929. Le Newdeal a-t-il été efficace ou non ? QUi possède une bonne analyse de la question ?

  6. Jean-Claude Casanova est un dinosaure, ce n’est pas nouveau…
    Je me disais aussi avant l’émission – et c’est mal… je m’auto-flagelle immédiatement – que ça allait sentir l’uri…

  7. Pour faire face à Casanova, ils se font rares. Pour le faire avec brio et raison, encore moins. Fascinant « choc frontal », vous vous êtes conduit comme un maître en la matière.

  8. Merci à Lou pour sa formule bien frappée.

    Au final Casanova nous la joue petit pied, en parlant de la phase d’adaptation aux inventions.
    Vous l’avez « tué » au plan des idées !

  9. Bonjour,

    J’ai coupé l’écoute de cette émission écoeurante :
    Casanova n’est pas un animateur mais un propagandiste militant qui veut clouer le bec ou louanger selon SON opinion.
    Un Casanova odieux dans ses infantilisation et dérision de l’interlocuteur avec qui il se retrouve en desaccord.

    Un bon point : avoir besoin de cette attitude souligne la vacuité de ses thèses et l’indéfendable campagne médiatique qu’il mène, alors je me tourne vers les textes de la main même de Paul Jorion et des analystes tels que lui. Ce qui me permet de découvrir ce site, au moins cette émission a servi à cela !!!

    Courage à tous !

    EM

  10. Bravo Monsieur JORION !
    Cette émission était très belle et vos répliques savoureuses… mais vous vous y attendiez, n’est-ce pas ?
    Probablement marquez-vous un changement irréversible de la compréhension économique du monde et par là même, le nouveau paradigme proche de la contestation écologique ?
    Quelle est votre position sur l’écologisme ?

  11. J-C Casanova, à court d’arguments, réduit à lancer un proces en incompétence absolument gratuit et infondé: son agressivité est bien la preuve que P. Jorion a ébranlé son discours. D’ailleurs par la suite, on l’a senti gêné, comme s’il avait compris que ses petits coups de pieds dans les tibias dignes d’une cour de récréation, risquaient de le faire apparaitre pour ce qu’il est: un ultra-lib borné suffisant et susceptible.

    1. Casanova avait 2 arguments massue : 800 économistes ont signé le texte révisant la lecture des faits de la crise de 1929, selon lequel l’influence du Newdeal était moindre. Rappelons donc qu’une première phase de l’analyse avait estimé que le ND avait été efficace, puis une seconde bien plus tardive en était venue à une conclusion inverse, ce à quoi P Jorion ajoute que le ND a été saboté par la Chambre du Commerce d’extrème-droite des USA (mots très forts et je dirais, jamais entendus dans cette émission qui s’appelle « la rumeur du monde »), cette Chambre étant toujours active et nuisible de nos jours… ! A ce moment-là Casanova a sorti son argument massue des 800 économistes, une petite armée un peu surréaliste, sans doute en costume d’épée comme l’Académie, peut-être même vaccinés ? Qui peut lutter contre une telle masse, mais ai-je bien entendu ?

      Ce à quoi Camus ajouterait, Un homme courageux est une majorité (ref. nécessaire).

  12. […] Esprits du dernier ordre
    Qui, n’étant bons à rien, cherchez sur tout à mordre.

    Croyez-vous que vos dents impriment leurs outrages
    Sur tant de beaux ouvrages ?
    Ils sont pour vous d’airain, d’acier, de diamant.

  13. exergue:
     » La city ne sera pas de cet avis »
    Le cri spontané du conservatisme irrémissible.
    Dans le patois de ma petite région, ceux qui font preuve de paresse intellectuelle
    sont nommés « feignants de la tronche ».

    En se plaçant du point de vue de la popularisation de vos idées, j’ai été déçu
    par cette confrontation que rien n’obligeait. Les animateurs n’ont pas montrés
    qu’ils l’avaient préparées. L’un d’entre eux a fait preuve d’une agressivité
    qu’il aurait dû percevoir comme superficielle. Elle ne blessait que lui et son acolyte.
    Bref, le « chose » apparaît comme un guet-apens dont vous vous êtes sorti au mieux.
    Rien à voir avec le festival d’intelligence donné aux matins de France Culture.

    J’aimerais beaucoup que vous nous donniez votre avis sur ce qui s’est passé.

  14. La première fois en tout cas qu’il vous est opposé dans une émission où vous êtes invité parmi toutes celles que j’ai pu entendre quelqu’un qui ne vous approuve visiblement pas et en rien ! Jusqu’à être limite insultant ! Genre condescendant, toi le p’tit anthropologue de mes deux et vous traitant presque d’amirateur d’Hitler…
    Pas inintéressant et vraiment jouissif de voir le Casanova aussi remonté dans une des deux émissions de France-Cul hautement centristes avec celle du dimanche, de celles où tout le monde d’habitude s’approuve mutuellement et s’auto-congratule en des consensus écoeurants et dégoulinants de ce fascisme rampant qu’on appelle ultra-libéralisme.

    Bravo et merci Paul Jorion pour ce petit plaisir rare que vous nous avez offert là.

    Je propose comme next target « l’Esprit Public » pour une petite et pénible bavette autour d’un pastaga ou deux pour nos alcolos pas anonymes, la bande à meyer-bourlanges-gallo-wiegel ?

    Ras-le-bol !

    1. 100 % d’accord.

      Mon seul triste plaisir n’est-ce pas ce sera de voir toutes leurs prévisions démenties au fil des mois, leur doctrines rompues et anéanties, leur monde intellectuel partir en lambeaux. Les « MATHS » comme dit Nathan dans son blog, et comme un enfant peu le voir, prédisent le contraire de leur modèle… Et à mon avis même ce que propose P. Jorion est encore insuffisant sur le fond, même si c’est le début d’une entame au pouvoir des banques, et donc un pas dans la bonne direction.

      Peut-être qu’on peut « attraper du temps » par diverses procédés et tricheries avec l’orthodoxie capitaliste mais pas beaucoup car les salaires représentent environs 65% de la VA, donc la consommation ne dépassera pas cette valeur, ou très peu. Par conséquent une déflation de -10% comme en 1930 ne parait pas de l’ordre de l’impossible, selon moi, au cours des prochaines années.

      Voir :

      Steve Keen (qui a prédit la crise en 2005). J’ai fait une recherche sur Keen dans le blog de P Jorion, dont un seul résultat remonte à 2008 dans une discussion sur la monnaie. Ce n’est pas faire du prosélytisme exagéré que de rappeler cet excellent blog :

      http://www.debtdeflation.com/blogs/

      Avec Nathan :

      http://economicedge.blogspot.com/

    1. « Il me semble que Colombani favorise Casanova. »

      Logique… il est indiqué « La rumeur du monde par Jean-Marie Colombani et Jean-Claude Casanova ». Et d’ailleurs, Casanova parle en général plus longtemps que Colombani – qui joue le rôle d’animateur. C’est le genre d’émission de et pour pépères et mémères à tisane et coussins roses – où le consensus mou est la règle. Il n’est pas question de manque d’intelligence mais de bêtise, au sens que Flaubert lui donnait. Merci à Paul Jorion d’avoir mis les pieds sur la table et fait tomber thé et petits fours.

    2. Colombani c’est l’homme des médias qui s’adjoint un expert habilité par l’élite en la personne de Casanova ; je pense que cette émission avait pour but de jeter le discrédit sur la figure de Paul Jorion. En règle général, l’invité vient parler sur un thème dont il est spécialiste ; ce samedi l’invité et le thème se confondaient. Et vu le déroulé des événements avec d’entrée de jeu une entame agressive et insidieusement humiliante, enfin se voulant telle, de la part de Casanova, on ne peut que nourrir quelque hypothèse allant dans ce sens. Colombaniu était làà en perfide M. Loyal, assisté de son dogue allemand en charge de malmener l’invité-victime qu’il avait pour mission d’exécuter. Je m’autorise à parler d’exécution, terme connoté d’une violence certaine eu regard à la teneur des attaques ad hominem portées par le sicaire de service. Compte-tenu de ces conditions pour le moins hostiles, car nous n’étions plus là je le redis dans un débat d’idées mais dans une entreprise de démolition sur la base d’un procès en disqualification, Paul Jorion s’en est assez bien sorti à mon sens… En tout cas il ne s’est pas laissé marcher sur les pieds tout en restant lui dans les limites de la correction qui sied à un débat d’idées où doivent s’échanger des arguments et non pas des avanies !

    3. (suite du premier commentaire) Contrairement à ce que j’ai affirmé dans le commentaire précédent, il arrive de temps à autre qu’une personnalité soit invitée dans le cadre d’un grand entretein, exercice auquel Paul Jorion était la 4e personnalité conviée à s’adonner. Avant lui il y avait eu Mona Ozouf, Elie Cohen et Edouard Balladur. ce n’est pas faire uinjure à Paul Jorion que de préciser que sa présence en ce lieu était beaucoup plus inattendue que celle de ses trois prédécesseurs qui peuvent être considérés comme faisant partie du cercle fermé des élites françaises adoubées à un titre ou à un autre par le système. Paul Jorion lui en dépit de ses titres et références présente un profil bcp plus atypiques et indépendants. D’où ma surprise quant j’ai appris par l’intermédiaire de son blogue qu’il allait se voir offrir une tribune de référence relativement prestigieuse, qu’on apprécie ou pas. et pour tout vous dire, je fus moins surpris du ton employé par Casanova, lequel venait corroborer ma surprise initiale : comme je ne pouvais m’empêcher de le soupçonner, malheureusement, Paul Jorion n’était pas un invité comme les autres dans l’esprit des animateurs de l’émission. La liberté de ton de JC Casanova conforte ce soupçon.

      http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/rumeur/archives.php

  15. Cher oncle Paul ,

    Quant à moi, j’ai écouté l’émission jusqu’au bout (@E.Muva). Je me demandais si c’était pénible pour vous. Je vous sentais un peu énervé. Mais vous n’avez pas perdu votre flegme ni votre présence d’esprit (votre longue fréquentation des Africains, je suppose). Quelle vipère ce Casanova. Il était piqué au vif ! Que lui avez-vous donc fait que nous ne voyions pas (des grimaces) ? Quels sont ses intérêts, qui le paye ?

    Ce fut argument d’autorité sur argument d’autorité. Tel livre (lequel ?) fait huit cent pages. Que pouvez vous prétendre contre un livre qui fait huit cents pages. Telles statistiques montrent que… (quelles statistiques ?), Ce sont les spéculateurs qui permettent l’existence des marchés à terme. Pourquoi? etc.

    Mais vous l’avez laminé. Contrairement à lui vous avez cité toutes vos sources avec précision. Je suis bien d’accord avec Martin, ci-dessus.

    Courage et sincères salutations.

    JP Voyer

    1. ah oui, l’argument des spéculateurs fut immensément drôle. On ne doit pas s’en prendre aux spéculateurs car l’étymologie du mot le place au-dessus de tout soupçon !

  16. Au sujet de ce que j’ai ressenti comme une apologie de la Chine:

    La Chine est compromettante. A trop l’idéaliser, vous risquez de vous retrouver
    devant un crime massif dont ses dirigeants étaient coutumiers, et rien n’indique
    une pacification démocratique.
    Devant l’action des dirigeant chinois, il faut bien distinguer la valeur d’exemple
    de certaine de leur décisions et l’état actuel de leur politique que rien ne permet
    d’approuver.

  17. Je voudrais juste signaler la clarté auditive et remercier France culture de la tenue du débat, car on peut se faire une idée juste des positions de JC Casanova et de P.Jorion.
    Sur le fond, on a pu percevoir que les dogmes en économie ont la vie dure, et qu’il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir………….!

    1. Il faut distinguer l’incapacité de « voir » et le militantisme dont c’est la stratégie de nier envers et contre toute objectivité…
      Casanova est de ceux-là : défendre une structure de société malgré l’indéfendable, car il en tire la dose de flatterie qui lui est nécessaire pour se croire quelqu’un…

      EM

  18. Je ne peux que revenir vous feliciter . Démasquer Casanova de son role de loobiiste libéral et le provoquer a la faute (entropologue!) c’est tres fort .
    Les libéraux sur les médias font le forcing (finkeltruc et Enthoven qui parlent de complotisme pour des gens comme Bourdieu!)
    Bien le calme. tres bien !

  19. Cet échange sur France Culture n’est pas anodin.
    1. J’ai compris en lisant Paul Krugman depuis une dizaine d’années que les connaissances sur le New Deal sont loin de faire l’objet d’un consensus des spécialistes. En revanche elles font sans doute l’objet d’une réécriture de l’histoire comme vous l’avez indiqué.
    2. En outre, j’ai clairement entendu une forme de légèreté de la part de Daniel Casanova. Les références de votre interlocuteur sur Rousseau, clairement décalées par rapport au sujet de la discussion (votre ouvrage L’argent mode d’emploi) montrent qu’il n’est parfois plus besoin d’être précis quand il s’agit de contrer des idées nouvelles.
    3. J’ai aussi entendu une forme accérée d’agressivité à votre égard dans ces références à votre début de parcourt professionnel. Enfermer son interlocuteur dans ces origines ne révèlent rien de positif non plus.
    4. Le caractère centriste de cette émission et son ton plutôt neutre habituellement n’est plus de mise face à la contestation de la sagesse conventionnelle. Les auditeurs qui ne vous on pas lu et ne connaissent pas suffisamment l’histoire et les mécanismes de l’économie politique en ont fait les frais.
    5. Au moment de la chute de Lehman, la parole s’était libérée avec comme point fort les paroles de Greenspan lors des « hearings » au parlement américain.
    6. C’est inquiétant de constater que cela est déjà du passé et que ceux qui ont la parole n’ont pas encore basculé vers la compréhension des phénomènes. Sans doute ne percoivent-ils pas encore ce qui peut advenir de nos économies.
    7. Malheureusement, ceux qui n’ont d’autres choix cherchent des explications et ils vont être très nombreux.
    8. Si les gens capables de comprendre et dans lesquels la société a investi n’ont pas décidé de leur en donner c’est que les intérêts de ceux qui ont la parole et de ceux qui ne l’ont pas aparaissent désormais inconciliables.
    9. J’espère que crescendo d’agressivité de la part de Daniel Casanova révèle seulement une mauvaise passe et non pas une tendance de fond mais j’ai de plus en plus de mal à la croire et cela ne me rend pas optimiste.
    10. Merci pour vos ouvrages, votre blog, vos prises de parole. C’est une connaissance très concrète au profit de ceux qui vous lisent et vous écoutent.
    A bientôt, j’espère.

    1. @ centriste.

      Qualifier cette émission, et les propagandistes aux manettes, de « centriste »
      est une blague, une erreur, un non-sens.
      La « chose » est n’importe quoi à droite ou au-dessus de Gengis-Kan, mais
      pas « centriste ».
      Attachons-nous à voir les qualités « professionnelles »:
      elles ne sont pas loin d’être déplorables.
      Les qualités humaines des 2 propagandistes sont minces :
      agressivité, légèreté, tribalisme et copinage ( pour d’autres écoutes sporadiques de leur émission), emphase décalée -Rousseau restera dans les anthologie-, etc…
      Les ‘centristes’ doivent de retourner dans leurs tombes.

      Il est bon et rassurant qu’une idéologie obsolète soit défendue par un tel repoussoir…

  20. Merci d’avoir brillamment rivé son clou à l’insupportable Casanova. Une question cependant : ne serait-il pas temps, au vu de ses résultats pour les pays européens, de réexaminer nos dogmes sur les mérites du libre-échange ? Certes, le protectionnisme a propagé la crise de pays à pays dans les années d’avant-guerre. Mais le libre-échange imposé par Delors et Lamy aux gouvernements sociaux-démocrates européens a permis aux multinationales américaines de transférer vers la Chine les capitaux et les techniques qui faisaient la force de l’Occident en supprimant chez nous les emplois qui en vivaient. Pouvons-nous raisonnablement espérer que la Chine saura modérer sa puissance ? Ce qu’elle fait en Afrique – au Soudan ou en Guinée – n’incite pas croire qu’elle nous prépare un monde meilleur.

  21. Merci Paul Jorion pour avoir gardé votre sang-froid face à la suffisance de J.-C. Casanova donneur de leçons. Mais j’aimerais vous demander une bibliographie de base pour contrer l’interprétation dominante, que Casanova a confirmée, selon laquelle la guerre 39-45 est due principalement à la montée du protectionnisme pour lutter contre la crise des années 20. Pascal Lamy en fait son premier argument pour promouvoir une libéralisation toujours plus grande des échanges, comme je l’ai entendu le répéter le 30 novembre à Genève lors de la Conférence ministérielle de l’OMC et j’aimerais bien l’interpeller là-dessus. La seule critique que j’ai trouvée est celle de Jacques Sapir. Mais vous avez fait allusion à plusieurs critiques faites aux Etats-Unis même au début des années 30. Merci de me les transmettre et je pense que cela intéressera beaucoup d’autres.
    Cordialement
    JB

    1. En effet, moi aussi je serais très intéressé par une biographie sur ce thème, car l’argument de Lamy paraît « moralement » inattaquable, péremptoire ; or il y a certainement moyen de  » l’interpeller là-dessus », comme vous dites.

      Dans « la grande transformation », de K Polanyi, vous trouverez de nombreux éléments sur la manière dont les états, et plus généralement la société ont résisté tout au long du 19e et jusqu’au début du 20e à l’apparition d’une société de marché, c’est à dire à l’extension de la logique de marché à ces « marchandises » particulières que sont l’emploi, la terre et la monnaie.
      Polanyi montre notamment comment le fascisme et le nationalisme qui précédent et annoncent la 2de guerre peuvent s’interpréter comme une réaction au mouvement de libéralisation des échanges qui tentait de se reprendre son essor après la première guerre – sans faire bien sur l’apologie du fascisme ! En d’autres termes, le libéralisme ne peut servir de remède au nationalisme, puisqu’il en est une des causes. Le livre de Polanyi n’est pas dénué de paradoxes, mais en tout cas très riche d’informations sur les pbm que vous soulevez et la résistance au libre-échangisme.

      Par ailleurs, pour un point de vue anthropologique – et donc pas du tout économique – sur l’émergence du nazisme en allemagne, je vous engage à consulter les ouvrages passionnants d’Emmanuel Todd (« l’invention de l’europe » : les pages sur l’allemagne). Todd développe aussi un argumentaire assez solide contre la doctrine libre échangiste en se référant lui-même, en matière économique, à Friedrich List (par exemple dans « l’illusion économique » ) : l’idée de base étant que tous les grands succès économiques, y compris en tant de paix, s’obtiennent en ayant recours à un certain degré de protectionnisme : d’où il apparaît clairement que le protectionnisme peut conduire aussi bien à la prospérité et à la paix qu’à autre chose – les causes de la guerre sont ailleurs.

      Encore une chose : il me semble qu’en mettant dans la balance les immenses tensions géopolitiques dues à l’épuisement des ressources, le réchauffement climatique ou l’interdépendance alimentaire des états, il y a largement de quoi contrer, sur son terrain (la guerre et la paix), l’argumentation de l’OMC.

      Là dessus, consultez par exemple le dernier rapport éloquent du PNUD, « Climate Change as a security risk » :
      http://www.wbgu.de/wbgu_jg2007_engl.html.

      J’espère que cela vous aura aidé même si je suis parti un peu dans tous les sens 🙂
      Bien à vous,

      Gwynplaine

  22. Bravo Paul Jorion ! Vous vous êtes fort bien défendu lors de ce traquenard en butte à deux bandits aux comportements différents mais deux couteaux du système qu’il faut changer.
    J’ai remarqué que c’est à la toute dernière reprise que vous avez non pas convaincu mais battu votre adversaire principal Cazanova en évoquant un possible ralliement à vos thèses du Monsieur Brun de Londres et de notre Escartefigue. Cette pointure de service a l’oreille fine et tout d’un coup (vous avez pu en être surpris) l’échine beaucoup plus souple lorsqu’on évoque certains noms qui ont chez lui quelque résonance. Excellent valet, ce serviteur, dans la tradition somptuaire des républiques.
    Vous a-t-il demandé de lui dédicacer votre ouvrage « Comment la vérité et la réalité furent inventées »?

  23. Chaud le débat, il y avait de l’électricité dans l’air!
    Après s’être fourvoyé avec Rousseau et à court d’arguments, ce Docteur ès Sciences Eco a fait étalage de ses trop nombreuses lectures pour tenter de vous décridibiliser. C’est petit…
    Un bon point : vous avez fini tout de même par tomber d’accord pour interdire l’accès des marchés des MP aux non-négociants.

    1. 20/12 /2009 @fujisan 19 décembre 2009 à 15:01

      Je vous suis à 100% dans cette appréciation. La grande force de Paul réside à mon humble avis dans le fait

      1- qu’il s’est fait sa propre « philosophie » sur le sujet notamment parce qu’il y l’a travaillée afin d’accéder à l’essence des choses

      2- qu’il a accumulé une grande culture sur le sujet et qu’il s’en sert non pour défendre la doctrine ou l’idéologie de tel ou tel, mais afin de montrer qu’il est suffisamment armé pour défendre ses idées sans avoir besoin de s’abaisser à la violence dans les échanges

      3- qu’il est fondamentalement un humaniste et de ce fait tout à fait capable d’être un fédérateur, un rassembleur de tous ceux qui cherchent à œuvrer positivement pour que nous nous en sortions tous ensembles, même s’il y a entre nous tous de grands très grand écarts d’approche.

      Au sujet de son billet « Les mesures que je préconise » je vous ai répondu. Est-ce que ce je dis est inexact ? Si oui, dites-moi où je falsifie la réalité ou la vérité. (Je n’ai pas encore lu le bouquin de Paul sur ce sujet).
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=5861#comment-45596

  24. Bonjour,
    Je me suis lancé dans une recherche sur Internet à la suite de l’incroyable scène sonore que vient de nous faire
    un « vénérable professeur pétri de modération » Jean-Claude Casanova.
    Une perte de contrôle lamentable dont j’ai essayé de comprendre les raisons.
    Je découvre un Casanova à la tête d’une revue soutenant des relations atlantistes néo-conservatrices.
    http://ipr.univ-paris1.fr/spip.php?article36
    Et le lièvre qu’a soulevé Paul Jorion sur la Chambre de Commerce américaine, foyer d’extrême-droite, et ses incidences sur le plan de redressement initié par Roosevelt après la crise de 1929, a faillit déclencher des injures de J.C. Casanova.
    Sans aucun démenti relié à une source sérieuse, juste une affirmation sur l’existence d’un « ensemble sérieux d’historiens » .
    La sèche totale.
    Tiens-tiens le vénérable professeur Casanova descendu au même rang qu’un néo-con de la dernière campagne présidentielle américaine… Un masque de respectabilité est tombé.
    Je vais voir les choses moins sérieuses sur le groupe de Bildelberg et autre « Trilatérale » :

    Tapez Jean-Claude Casanova + trilatérale dans la fenêtre et que voyez-vous ? Quelle célébrité ! Usurpée ou non ?

    1. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de faire de Casanova un comploteur pour réfuter ses affirmations.

      Casanova n’est pas forcément de mauvaise foi, il est seulement conservateur de l’ordre existant, une personne incapable de vouloir et de concevoir un monde où la compétition ne serait plus le principe moteur.
      Il dit seulement de façon virulente — ce qui n’aide pas à constituer un débat approfondi — ce que beaucoup d’économistes et de penseurs bon teint assènent avec le plus grand calme.

      Casanova n’a pas joué un rôle de journaliste mais s’est comporté en contradicteur monopolisant le temps de parole. Paul a dû exposer ses thèses de façon lapidaire en tranchant dans le vif, peut être au détriment de la pédagogie.
      Mais les auditeurs ne sont pas des imbéciles, ils feront eux-mêmes le tri, iront voir sur le site de France culture le résumé des livres.
      Le message est passé à un autre niveau, plus dialectique, au sens hégelien du terme. Deux visions du monde qui s’affrontaient.

    2. Les infos ci-dessus rendent plus compréhensible les raisons du discours de Casanova. Ce doit être un de ces anticommunistes (peut-être sincère) qui s’est jeté dans les bras du libéralisme et qui est donc devenu un communicateur officieux de ces officines. Il est intéressant de voir combien le discours des néolibéraux est uniforme, bien rodé (le couplet sur Rousseau est sorti hors de propos mais il est de toute évidence préparé et répété de longue date) mais de plus en plus difficile dans les circonstances actuelles et vu la diffusion large des idéaux alternatifs.
      Contrairement à d’autres, je n’ai pas ressenti une victoire nette de Paul aux points. Face à cette voix de basse impérieuse et agressive (sans en avoir l’air), le débit de Paul a été plus rapide que d’habitude. On sentait son énervement (légitime), voire sa colère. C’était bien un piège mais si Paul n’a pas été aussi bon que d’habitude c’est parce qu’il a répondu à Casanova et oublié que son message doit s’adresser aux auditeurs et pas au contradicteur. Mais quand Paul sera calme face à la mauvaise foi, répondra à côté des questions pour placer son mémento préparé, il sera devenu un vrai politicien et on l’aimera moins sur ce blog…

  25. Merci jean-marie colombani d’avoir invité paul jorion . Ce qui nous a enfin permis d’entendre un jean-paul casanova tendu et même énervé ; révélant ainsi ses véritables valeurs au delà du ton toujours lénifiant .

  26. est-ce que nous ne supporterions plus des propos franchement ultra-libéraux sur une radio respectable ? Si c’est le cas, c’est quand même très bon signe, vous ne trouvez pas ? N’étant pas coutumière de l’émission, j’avoue que je me suis demandée si j’étais bien sur F Culture quand j’ai entendu cette apologie de la spéculation. Mon sang n’a fait qu’un tour. Et moi aussi j’ai admiré l’apparence de votre calme et que vous ne cessiez pas de penser à vos auditeurs. Merci pour tout votre travail.

  27. il ne faut plus accepter ce genre d’émission où le contradicteur parle plus que l’invité;
    Colombani s’est couvert de honte;

  28. Belle émission, choc frontal en effet, je ne connais pas ce J.C Casanova mais il ne sort pas grandi par la médiocrité de ses arguments ni par ses attaques personnelles. Comment peut-on le laisser autant s’exprimer ?

  29. Grandiose affrontement…

    Vainqueur incontestable : P.Jorion…
    Sans doute parce qu’il n’a pas ( pas encore ?) de contrat avec tel ou tel grand organisme financier, à l’inverse de Mr.Casanova…

    En attendant, bravo, car Mr.Casanova, ce serpent, était venu avec l’idée bien arrêtée de piquer P.Jorion…Ce qu’il fit d’entrée…Et que pensez-vous qu’il arriva?…Ce fut le serpent qui creva !

  30. Bravo Paul !!!

    Un spéculateur,c’est un visionnaire…et pourquoi pas un philanthrope tant qu’on y est !! Bien bonne celle la!!

  31. Lorsque les chiens de garde de l’idéologie dominante se sentent vraiment pris en défaut, le ton devient réellement violent. Je n’ai pu m’empêcher de penser aux premiers chapitres du talon de fer de Jack London.

  32. Bravo pour votre flegme à l’égard de Jean-Claude Casanova, qui m’a déçu.

    Vous auriez pu être plus cinglant sur ce qu’il affirmait de Keynes. Dans sa conclusion à la « Théorie générale », il exprime une philosophie générale « libérale » au sens anglais du terme, à l’opposé du nazisme, et il exprime ses craintes de voir la dépression économique déboucher sur l’autoritarisme. Keynes a tenu des propos ambigus et malheureux sur l’interventionnisme économique des nazis, c’est très différent. Il est affligeant de constater que la référence au nazisme tient lieu désormais d’argument contre tout et n’importe quoi. Si l’on ajoute à cela la mention du diplôme, Casanova semblait vraiment déstabilisé et agressif.

    J’écoute souvent cette émission, et je les ai trouvés très durs, voire dans le cas de Casanova méprisants avec vous. Par ailleurs, je regrette que certains journalistes de France Culture aient autant de mal à s’effacer devant leurs invités, d’une manière générale. On peut se taire sans approuver. On apprend beaucoup d’idées que l’on ne partage pas.

  33. @jean-Michel 15:21 « Et le lièvre qu’a soulevé Paul Jorion sur la Chambre de Commerce américaine, foyer d’extrême-droite, et ses incidences sur le plan de redressement initié par Roosevelt après la crise de 1929, a faillit déclencher des injures de J.C. Casanova. »

    Oui, c’est préceisément très exactement à ce moment-là que Jean-Hubert Casanova a commencé à vraiment péter les plombs.
    A creuser, le rôle de la chambre de commerce.

  34. Jean Claude Casanova n’est pas sorti grandi de sa confrontation avec Paul Jorion.
    Je lui conseille d’écouter à nouveau l’émission « la rumeur du monde » pour qu’il prenne la mesure de sa suffisance et du mépris à peine dissimulé dans lequel il tenait « monsieur Jorion ».
    Et pourtant, je suis un libéral convaincu, mais mon éthique est incompatible avec les agissements de Wall Street qui nous ont foutu dans la …
    PS: J’ai moi-même travaillé un quart de siècle dans le secteur bancaire. Cela vaut largement la lecture des 800 pages sur lesquelles s’appuie notre brillant économiste qui n’a sans doute jamais « mis ses mains dans le cambouis » comme notre ami Paul.

    1. Excellent ce papier ! Que d’autres organes de presses vous soutienne contre l’etablishment est une très bonne nouvelle ! (Même si on est encore loin de la très officielle presse du peuple français.)

      Sinon êtes vous sûr de bien comprendre les marchés à terme ? Sans déconner il a vraiment peur de rien ce Casanova, pourquoi ne lui avez-vous pas demandé pourquoi il n’avait rien vu venir de la crise lui et sa science alors que fort de votre CAP en anthropologie déja en 2005 …

      D’une manière plus générale, pourquoi ne vous servez vous pas plus de la justesse de vos analyses pour légimiter vos propos ?

    2. Encore une fois bravo pour cette empoignade que je ne qualifierai non pas de belle mais d’utile et de révélatrice.
      J’adhère tout à fait aux commentaires de Mediapart: tout ce mépris et cette morgue qui transpiraient des propos de ce monsieur Casanova, avec le silence bienveillant de Colombani,cela en dit long sur la cécité et la suffisance de ces soi-disant élites intellectuelles qui ne peuvent supporter un discours et des analyses sortant de la doxa du TINA.
      Le point positif, c’est que ces agressivités verbales me semblent trahir une certaine nervosité, comme un parfum de trouille face à des idées qui se répandent en dehors de leur contrôle et dans un media qu’ils ne peuvent maitriser.
      Mais peut-être que je fantasme!

  35. J’ai oublié de dire merci à vous Mr Paul Jorion, pour la qualité de votre intervention, avec tous les intervenants ici étonnés voire stupéfaits de la tournure prise par l’émission face à vous, pour ne pas dire contre vous. Une tournure extrémiste soutenant les spéculateurs de tous bords, une paille ! Moi aussi j’ai eu un coup de sang, devant pareille provocation.

    Tous les points que vous avez soulevé méritent une exploration sérieuse sur la société américaine, sans parti-pris ni haine, et de voir tant de générosité et de grandeur qui l’a habitée, sabotée insidieusement par des groupes d’influence
    dont il importe de connaitre l’histoire. Celle de l’extrême-droite cachée en particulier, à des endroits inattendus, et que
    Jean-Claude Casanova semble nier et involontairement protéger je l’espère pour lui, car c’est un comble après avoir accusé Keynes sur de banales réflexions techniques qui ne faisaient de lui ni un membre de l’extrême-droite ni un pro-nazi. Procédés digne d’un Troll.

  36. Une confrontation révélatrice. Deux univers qui se rencontrent et qui, en fait, n’ont pas beaucoup de points communs. D’un côté, un intellectuel, chercheur et universitaire (dont la vie montre qu’il a pris souvent des risques), de l’autre, finalement, un homme du « système », nomenklaturiste maniant quelques idées mais sans être pour autant un intellectuel : dans ce monde-là manier symboles et idées n’a absolument pas pour but de faire naître une connaissance (élaborer/faire émerger un nouveau point de vue, éclairer un nouveau chemin…) ou de faire bouger les choses, mais de légitimer et de pérenniser ce qui existe. J-C Casanova fait un peu penser à A. Adler. Casanova représente un groupe, Jorion est seul. Si son audience grandit encore certains vont peut-être songer à le « récupérer ».

    La question de l’efficacité du New-Deal sur la sortie de crise aux EU mériterait une clarification. J’en été resté à l’idée que c’était la seconde guerre mondiale qui, en provoquant l’essor du complexe militaro-industriel étasunien, avait vraiment sorti cette économie de sa crise.

  37. Sur le cadre de l’émission : c’était en duplex, j’étais assis devant un micro dans le minuscule studio de France Bleu à Vannes, seul (la porte m’avait été ouverte par l’hôte de ces lieux qui s’était aussitôt esquivé pour vaquer à des affaires plus pressantes) au premier étage d’une de ces petites maisons du XVe ou du XVIe siècle qui parent la capitale du Morbihan. Je ne pouvais donc voir mes interlocuteurs.

    1. Ambiance chaleureuse garantie ! ahahah
      Au moins cela vous aura-t-il évité des au-revoirs déchirants après l’émission…

    2. Vous étiez revenu sur l’île d’Houat? 😉
      Vannes est une jolie ville. C’est quand même mieux que l’horrible maison ronde.
      Je ne cesse de m’étonner du patrimoine délirant que nous avons en France.

    3. C’est peut-être cet éloignement qui a laissé aux 2 bêtes plus de latitude à s’exciter. Si vous aviez été dans le studio leur hypocrisie/politesse aurait arrondi les angles et ils ne vous auraient jamais laissé la parole. Quand on pense que ces deux types sévissent depuis tant d’années. les Guignols ont bien résumé cela avec leurs sketchs sur « le journalisme couché ». Petite remarque: impossible de réécouter l’émission en podcast, le fichier mp3 disponible est celui de la semaine dernière.

  38. Cher Paul, bravo, je connais cet exercice du dupleix, fort délicat quand on aime la vie d’un débat, c’est un grand moment de solitude. Ceci dit, Casanova n’a décidément plus le même pouvoir de séduction, la crise est là, le maquillage est passé, et puis son dédain était par trop audible. Amitiés 🙂

  39. Bravo Monsieur Jorion de vous être si bien défendu face aux attaques de cet individu déchainé qu’était Casanova face à vous.J’admire vos analyses tout en étant aucunement spécialiste dans ces domaines et je sens que vous êtes dans le juste et surtout crédible car non impliqué dans tel ou tel parti politicien ou défendant des intérêts personnels.En ce qui concerne votre adversaire du jour je pense que cette indépendance ne doit pas être son point fort et vous sembler lui faire très peur avec l’apparition de vos études sur les médias .

  40. Bravo pour vos interventions de ce matin, depuis un petit studio en Bretagne, sans vidéo, si j’en crois les précisions que vous venez d’ apporter.
    J’ai voulu écouter à nouveau l’émission. Malheureusement, cette émission n’est pas « podcastable » (pas encore ? mais d’autres émissions d’aujourd’hui le sont) ni même simplement écoutable !… je vais de ce pas essayer de trouver la revue Vacarme !!
    Bonne soirée

    1. En général france culture est très réactif avec ses podcats qui sont disponibles presque immédiatement après la fin des émissions, voire même avant lorsqu’elles ne sont pas en direct.
      Comme expliqué plus bas on peut toujours l’écouter grâce à l’application real player en cliquant (sur la page de l’émission) sur le bouton « écoutez » (puis « ouvrir avec real player » (si vous avez installé le player)).
      On peut même enregistrer le fichier en cliquant sur le point rouge à côté du triangle (play) de lecture, pour savourer à nouveau la « violence des échanges en milieu tempéré ».

      Oncle paul, vous nous aviez consulté pour savoir dans quelles émissions intervenir. Je crois que ceux qui vous connaissez le moins (dont j’étais et suis encore) vous avez donné des avis vous incitant à la méfiance et la réserve au lieu de faire confiance à votre maitrise à l’époque encore méconnue.
      Je ne suis pas sûr que l’émission la rumeur du monde soit très écoutée par les foules, mais cela va surement faire le tour du sérail médiatique en espérant que cela va vous « catapulter » vers d’autres émissions.

      « Je veux bien que l’anthropolgie soit une discipline maitresse mais elle ne dispense pas de connaitre la totalité de la littérature scientifique sur cette question ». J.C. Casanova
      « …d’abord en perspective économique, l’avenir est toujours incertain, il n’y a jamais…je ne connais…il n’y a jamais eu de période où l’on pouvait prévoir avec certitude ce qui allait se passer. Dans la situation actuelle ce qui est sûr c’est que la reprise existe pour 2010, c’est à dire qu’en gros la totalité des pays auront des taux de croissance positif… ». J.C. Casanova

      Bon alors c’est de la science…mais on est sûr de rien…bien qu’en gros on soit sûr que…

      Dès fois, il vaut mieux se taire, non ?

  41. Bravo Paul !
    Vous avez su maîtriser un contradicteur qui ne semblait pas ne vous vouloir que du bien. J’ai personnellement apprécié que vous employiez le terme « construire ensemble » plusieurs fois d’entrée de jeu et que vous citiez les déclarations conjointes de 2 chefs d’état de couleur distinctes.
    Je suis rassuré, vous n’envisagez de ne faire interdire les paris que sur les marchés à terme. Les bons pères de familles vont être soulagés.

  42. Cher Ami,

    Je ne résiste pas à vous raconter un souvenir d’enfance à propos de la soi-disant capacité de « voir clair » des spéculateurs d’après Monsieur Casanova et l’exemple de l’achat d’un tableau impressionniste à la fin du XIX° siècle.

    Petit, j’allais chez ma Tante qui louait un appartement chez « Madame Goujon » avenue Charles-Floquet le long du champ de Mars à Paris. Elle louait un petit studio fait du raccordement de chambres de « bonnes » (pas des « mauvaises ») sous les toits d’un superbe hôtel particulier du XIX° siècle. Pour aller la rejoindre il fallait traverser des dédales de couloirs, d’escaliers et de bibliothèques. Les murs étaient tapissés de tableaux, d’aquarelles, de dessins, de sculptures, dont un tigre qui me faisait très peur.

    Nous étions guidés dans ce périple par une adorable Vieille Dame « Madame Goujon » qui nous faisait plein de commentaires à notre demande sur toutes les « images ». J’ai grandi en traversant régulièrement ce que j’ai découvert, adolescent, comme une extraordinaire collection d’art de la fin du XIX° Siècle et du début du XX°. La sculpture qui me faisait peur était un tigre de Pompon, les tableaux étaient des Manet, des Delacroix, des Cézanne… Une collection prodigieuse qui était enfouie dans l’histoire singulière de cette Dame.

    Voici comment adolescent j’ai reconstitué sa vie, je vous laisse faire la part entre l’Histoire et les histoires que celle-ci m’a racontée.

    Madame Goujon était la nièce du sculpteur Jean Goujon et la fille unique d’un banquier. Le Papa était très occupé, mais comme tout Papa, amoureux fou de sa Fille. Celle-ci fut éduquée pour se marier, elle avait des goûts que ne comprenait pas son Père. Elle aimait ces peintres bizarres qui cachaient leur incapacité à faire du bel ouvrage sous un discours justificateur des « impressions » que cela leur donnait. Mais, comme c’était SA fille, il lui achetait ces « croûtes » qui n’étaient pas trop chères. Et le Tonton sculpteur fournissait le goût de sa nièce avec les pièces de ses copains. Je ne sais pas quand elle s’est rendu compte de ce qu’elle avait. Mais elle racontait cela avec beaucoup d’humour et une jolie voix de très vieille Dame.

    Je n’ai connu qu’une seule fois une exposition où sa « collection » fut présentée au Public… À l’occasion d’un gala pour « La Ligue contre le taudis » dont elle était la Présidente super-active.

    Elle est morte quasi centenaire vers 1970, le jour même les collections sont parties en camion à l’abri dans des Banques, puis furent vendues. Dans les mois qui suivirent ma Tante dut déménager.

    J’ai ainsi perdu l’un de ces souvenirs d’enfance qui vous façonnent pour toute une vie.
    Parfois dans les Musées ou les expositions je retrouve un tableau qui a formé mon goût.
    Je garde un souvenir plus qu’ému de ma Tante vérifiant que nous disions bien : « Bonjour Madame Goujon ! » avant de disparaître en courant, et de mes retours furtifs pour poser des questions « C’est quoi ça ? » à cette vieille Dame qui m’impressionnait beaucoup, toujours entrain de lire ou d’écrire. Elle s’arrêtait pour dire : « Ce sont mes Amis et leurs dessins », elle était intarissable.
    J’ai encore à vous raconter cela, l’odeur de la cire.

    C’est ainsi qu’une vieille Dame « qui a vu clair » dans son goût a pu vivre entouré de Merveilles.

    Aussi la crétinité et l’absence de Culture des magouilleurs financiers qui ont voulu « débattre » (du verbe battre) avec vous, me sont encore plus odieuses.
    Pour eux cette vieille Dame avait sans doute eu du flair ou pire était inconsciente.
    Ce qui prouve bien la perte culturelle de l’esprit marchand.

    Où sont les nouveaux impressionnistes ?

    1. Euh… Cette Madame Goujon avait peut-être un rapport avec Jean Goujon, mais ce n’était sans doute pas d’être sa nièce. N’est-il pas un des grands sculpteurs du XVIe siècle ?

    2. Oui, c’est remarquable et fort explicite que ce Monsieur Casanova fasse l’ellipse de l’amateur (étymologie Mr ? ) entre une œuvre pictural et le spéculateur.

    3. Il y a effectivement le grand sculpteur de la renaissance Jean Goujon, mais il y a aussi un Goujon sculpteur du XIX° siècle bien moins célèbre, dont je ne me rappelle plus le prénom et qui était connu des cercles artistiques. Je me rappelle du bas-relief d’un théâtre avenue des Gobelins à Paris (détruit pour rénovation en cinéma), c’est de celui-ci qu’il doit s’agir. (Amusant comme les souvenirs d’enfant s’amalgament).

  43. Casanova tient avec Colombani depuis des années sur France culture une tribune réactionnaire et Malhonnête; UN EXEMPLE : il fait dire à Marx ce qu’il n’a jamais dis je cite « Marx voyait d’un bon oeil le système des actions » ; je jure que c’est la vérité, ( j’avais écris à France Culture, ils doivent avoir l’enregistrement et je me suis étonné à l’époque ( c’était juste après les convulsions… d » ENRON ») que personne n’ait rien dit ; Il serait souhaitable que ce genre d’émission cesse, car chaque fois selon le contexte le très libéral et malin Casanova, ment ; ou alors embarque ( essaie … ) ses interlocuteurs vers une pseudo-érudition : l’exemple du jour est démontré par sa définition originelle du  » spéculateur  » et de cette façon impressionne les auditeurs, ainsi que les participants, ou bien encore les flatte dans l’érudition Ces derniers temps il a écrit une chronique dont certains disent qu’elle est anti – américaine, ( je ne l’ai pas lue, mais une question se pose : son pro – américanisme jusque là prononcé , prendrait – il subitement un virage…. et pourquoi juste en ce moment ?

    A Mr Paul Jorion : Vous êtes le seul depuis que cette émission existe a avoir réellement affronté Mr Casanova, sinon c’est toujours un débat, politiquement correct, avec l’aide de Colombani …..

    Particulièrement quand vous avez évoqué l’immobilier pendant la crise de 1929 en Floride. Personne la non plus n’a parlé de cette crise immobilière, où les terrains vendus passaient de mains à d’autres mains en un temps record…. et où les infrastructures étaient quasiment inexistantes… ( lire Galbraith – La crise de 1929 ) – lui même économiste n’en a soufflé mot pendant des années ( Casanova )

    Une fois dans une émission de Finkelkrault le samedi matin, un participant dont je n’ai plus le nom, a traité ce dernier de  » menteur  » voilà donc un exemple de parler vrai , non pour parler vrai, mais dans la vie quand on a dire quelque chose on le dit, même si l’époque veut et souhaite les pseudos valeurs qui ne valent rien, celles de Mr Sarkozy et de son idéologue patenté Mr Guaino, véritable théoricien à la petite semaine mais pour autant habile et d’un populisme au moins égal à son président. Ne perdons plus de temps avec les paroles devenues creuses , faussement polies, qui tentent, à l’aide de ce que W. Reich, appelait la peste émotionnelle….. histoire de nous faire prendre des vessies pour des lanternes – Si respect il y a doit s’autoriser de lui – même , à savoir le service Public sur lequel vient toutes les semaines Casanova avec son béni -oui -oui , et que cela passe par des polémiques, fussent – celles qui sont dans le registre de la véhémence verbale, personne n’en meurt, bien au contraire , c’est par ce moyen que passe un avenir meilleur…. le fond prévaut toujours sur la forme, un peu comme la mode… c’est ce qui se démode… Le libéralisme ambiant est démodé et vermoulu.

    Encore Bravo à P- Jorion .

  44. Bonsoir Paul,

    Je vous ai écouté en léger différé sur le site de France-culture en début d’après-midi. Bonne radio à mon goût. Sur cette émission en particulier, c’est la première fois que je m’y attarde. Mon dieu, Colombani exerce encore ? !

    Durant cet « entretien », (et vous venez d’en décrire le déroulement physique) votre flegme vous honore, et votre parlé vous distingue.

    Casanova c’est qui ? Jamais entendu parler de ce type. Il est éminemment drôle je trouve ! Il faut dire que j’ai une tendresse toute particulière pour les experts auto-proclamés, et une affection toute spéciale pour les « élitistes » autosuffisants !

    Démonstration encore une fois du haut degré de débilité des propos de ce Monsieur, s’il fallait les mettre en évidence, son speech, dans le désordre (comme ses idées) sur 2010 année de la reprise (j’ai cru m’étouffer de rire), la bourse qui monte (là j’ai franchement [censuré]), Keynes admirateur du nazisme, Zola le populiste, les spéculateurs clairvoyants (j’en ai pleuré), et autres fadaises toutes aussi abracabrantesques du même tonneau. Disons le clairement ce gars est proprement un [long passage censuré] et mes anciens amis romains du sénat savent de quoi je parle ! Y en a marre des salamalecs, et de tous ces cireurs de pompes qui résonnent comme des cloches lorsqu’on raisonne devant eux.

    Bravo !

  45. Je ne peux pas écouter cette émission en différé. Je suis équipé de Windows XP (mais j’utilise Firefox comme navigateur). Quelqu’un a un tuyau? Merci de votre aide.

    1. Le plus « simple » est d’installer iTunes qui permet de télécharger et d’écouter les podcasts. Ce n’est pas la seule application mais elle est très fonctionnelle.
      Ensuite, sur la liste des podcasts de france culture, il suffit de trouver celui de l’émission: « (la) rumeur du monde » et de cliquer sur « installer dans iTunes » ou bien de cliquer sur ceci:
      itpc://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10234.xml

      Une fenêtre s’ouvre dans windows XP, il suffit de sélectionner iTunes.

      ça y est,vous êtes abonné au podcast de la rumeur du monde (mais j’ai l’impression que le fichier de l’émission avec oncle paul n’est pas encore disponible).

    2. J’ai eu le même problème avec firefox. il faut cliquer sur le lien « écouter », là effectivement, cela ne marche pas. Mais Firefox ouvre une fenêtre « téléchargement ». Vous cliquez droit sur la ligne RUMEUR20091219.ram, puis « ouvrir le dossier contenant le fichier ». Une fois là, il suffit de lire le fichier avec Real Player et çà fonctionne.

    3. Tout à fait d’accord avec les commentaires postés ici.
      M. JORION, vous avez brillamment contré l’agressivité manifeste d’un M. CASANOVA, dont on avait l’impression qu’il voulait simplement « en découdre ».
      Notons la passivité totale de M. COLOMBANI devant les saillies desespérées de son compère, c’en était risible.

      Encore bravo !

      Pour télécharger l’émission en mp3, utilisez ce lien dans Firefox
      http://radiofrance-podcast.net/podcast09/rss_10234.xml -> Fichiers média.

  46. La rumeur du monde,c’est le plus souvent une émission tranquille,échange d’amabilités bien rodées ou l’on s’écoute parler.Deux de tension comme disent le jeunes gens.J’ai été stupéfait de l’agressivité de M.Casanova.En d’autres temps, c’était le duel à l’aube. Au moins M. Jorion, vous n’auriez pas manqué de témoins.

  47. Je viens d’écouter l’émission « La rumeur du monde »…. Seuls les économistes patentés semblent avoir le droit de proposer une critique des dispositifs actuels et d’inventorier les dispositifs passés. Je ne suis ni économiste ni anthropologue ; simplement lecteur d’une actualité inquiétante. Comme de nombreux français, je me suis lancé dans la lecture de certains ouvrages d’économie destinée à expliquer cette fameuse crise que l’intuition me prête à considérer comme le premier stade d’une maladie dont l’évolution peut être funeste. Le discours de Jean-Claude Casanova me faisait penser à celui que peut tenir un adulte responsable et savant soucieux d’invalider la parole d’un enfant qui confronte sa vision objective à ce mélange de déni et de cynisme que véhicule une partie de l’intelligentsia universitaire.
    La mutation en cours qui procède de l’activité intellectuelle des hommes semble suivre celle d’un climat qui obéit à des facteurs objectifs, scientifiquement mesurables et en tant que tel soumis à la fois au jeu des probabilité et d’une certaine prédictibilité. D’un côté, le produit de pensées qui puisent leurs motivations au cœur du psychisme humain ; de l’autre, le résultats d’actions qui rappellent à l’homme que son désir et sa volonté ne peuvent pas tout et que la réalité finit tôt ou tard par l’emporter. Je suis de ceux qui espèrent ne pas vivre les conséquences de ces pensées et d ces actes en considérant notre impuissance à modifier le cours des choses.

  48. D’abord un immense merci d’avoir permis de faire tomber les masques !

    Quelle responsabilité maintenant !

    Pour moi ( je m’étais mis en position d’écoute d’un conducteur lambda qui tombe sur France Culture ), le plus énorme et le plus porteur d’avenir est à la fin , en une phrase de moins d’une ligne :  » que dire à la City et à Wall street ? « : allez vous faire foutre ! La maison nous appartient et nous voulons être maîtres de nos choix , de nos réussites et de nos erreurs ,car nous sommes à la fois les seuls actionnaires et les seules forces créatrices . Si Brown et Sarkozy l’oublient , ça va c…!

    S’il vous plait , pour que les forces populaires transforment l’essai , démultipliez , détaillez , illustrez , montrez les impacts de vos propositions phares sur la vie de chacun et de tous… Et tous les Casanovas du monde ( et parfois du Monde où fut Monsieur Colombani ) rejoindront le cimetière des illusions qui les nourrissent et dont ils se font boucliers , sur et en dehors des ondes .

    Cantona , tu es là ?

    C’est dit , je cotise avant la fin du mois . Auvergnat comme vous me connaissez et plutôt porté à me sacrifier uniquement pour mes petits enfants , c’est dire si j’en appelle à une suite politique et donc économique .

    Mais pour le coup ma cotisation m’apparait comme un cadeau à mes petits enfants .

    Aux urnes ( toutes ) !

  49. A la question  » Que faut-il faire ? « , vous avez répondu  » Interdire la spéculation « .

    Voilà une proposition que j’approuve à 100 %, qui a le grand mérite d’être concrète, symbolique, et facile à mettre en oeuvre (selon vos propres termes).

    Dans ces conditions, ne faudrait-il pas prendre des initiatives ambitieuses pour la défendre ? lancer un mouvement de soutien planétaire pour la faire connaître ? un peu à l’image de la taxe Tobin ?

    J’aimerais pouvoir agir sur ce monde de la finance qui ne tourne plus très rond, ne pas rester en spectateur impuissant.

  50. L’agressivité de Casanova est l’attitude typique du type dont les convictions vacillent. Ses amis et lui se trouvent déstabilisés pas les thèses de Paul et ils voient en lui un adversaire dont l’influence augmente.L’attaque était préméditée et la pièce montée avec Colombani comme « gentil ».
    Quant à l’installation du « prévenu » seul au loin,si elle fut organisée à dessein elle ne l’a apparemment pas dérangé.

  51. Tenez bon Mr Jorion ! Vous avez bien réussi ce débat. Mr Casanova est passé dans un mode « agressif », ce qui est toujours une erreur dans les médias. Avec des voix comme Frédéric Lordon, Jacques Sapir … vous êtes important pour de nombreuses personnes. Il serait bien aussi de dialoguer avec Emmanuel Todd, une autre voix originale. Pourquoi ne pas échanger vos réflexions un jour ?

  52. J’ai réécouté l’émission à tête reposée et je trouve parfaitement inqualifiable son déroulement.
    Ce personnage prétentieux vous a insulté ouvertement et c’est la première fois que je vois ça dans cette émission que j’écoute depuis des années. Et plus largement je ne me souviens pas qu’un invité ait jamais été aussi maltraité dans une émission de radio du service public. Même l’antéchrist cryptomarxiste Frédéric Lordon à l’Economie en Question ne s’est pas fait vomir dessus de cette façon par Olivier Pastré !

    Aussi j’invite tous ceux qui seront d’accord à comme moi écrire à France-Culture pour se plaindre du comportement insupportable de Jean-Claude Casanova en demandant qu’il soit mis fin à ses aimables services… payés avec nos impôts ! Merdre !

    1. « Même l’antéchrist cryptomarxiste Frédéric Lordon à l’Economie en Question ne s’est pas fait vomir dessus de cette façon par Olivier Pastré ! »

      Suggestion: Peut-être parce que F. Lordon dispose du double adoubement de l’économiste académique. C’est le mouton noir de la famille certes, mais il fait néanmoins partie de cette famille. Et au CNRS encore. Ça doit être très largement suffisant à calmer les velléités des plus obséquieux.

  53. Cher Monsieur Jorion,
    je viens d’envoyer une protestation à M Colombani contre l’attitude de M Casanova. En général, j’apprécie ses interventions, mais dans ce cas-ci, il s’est comporté comme un malotru. De plus, je n’ai jamais entendu dire qu’il fût un spécialiste des finances et de l’économie. Il en va autrement de vous. Vous faites partie de ceux qui pensent par eux-mêmes, sans répéter le discours officiel lénifiant.
    Je viens de commander votre livre sur l’invention de la réalité et de la vérité. J’ai été confronté à ce problème dans l’étude de certaines notions védiques comme celle de satya, qui ignore la distinction entre la réalité et la vérité. J’ai aussi l’impression que la réalité et la vérité ont été confondues dans l’Islam traditionnel.
    Cordialement

    1. « J’ai aussi l’impression que la réalité et la vérité ont été confondues dans l’Islam traditionnel. »

      Peut-être mais pas vers 1270 : ce sont des iraquiens qui ont construits les premiers grands trébuchets à contre-poids permettant aux mongols de prendre les « twin cities » :

      http://www.deremilitari.org/resources/articles/hanson.htm

      Still, Lu Wen-huan would not surrender, and the Mongols could not storm the city without taking heavy casualties without a strong probability of taking the city. Khubilai realized something had to be done and sent word to his nephew, Abakha, the Il-khan of Persia. Abakha sent two renowned engineers, Isma’il of Hilla and Ala al-Din of Mosul, who built the first counterweight trebuchets in China called hui-hui pao, or “Muslim trebuchet”.

      The Mongol commanders employed the new siege weapons against Fan-ch’eng first. Chroniclers report the siege engines shook heaven and earth when they fired and the projectiles destroyed everything they hit. The projectiles weighed weigh 150 catties, (approximately 165 lbs. or 75 kg), and had a range greater than anything the Song had within the city so they couldn’t counter the attack. The Mongols launched explosives and who knows what else into the city with their new siege trebuchets. Fan-ch’eng could not hold out against such a barrage and fell several days after the weapons were employed.

      ==========

      Sur le plan technique, la vérité correspondait bien à la réalité.

    2. J’ai eu la même réaction que Svadchii, sans concertation : J’ai envoyé un courriel de protestation à Mr Colombani et j’ai commandé votre livre sur sur l’invention de la réalité et de la vérité. Comme quoi, les attitudes agressives peuvent obtenir l’effet inverse de celui recherché.

  54. Bravo Monsieur Paul Jorion, beau pugilat. Je ne connaissais pas ce quidam. Encore un qui a tout faux et qui me rappelle Jacques Marseille qui pérorait haut et fort il y a encore peu que cette crise était une bricole sans commune mesure avec les années 30. Au fait qu’est il devenu ? Il est certain que m. Colombani et plus encore m. Casanova sont à l’affût de nos posts et donc je les invite à user de leur droit de réponse face à l’ensemble des attaques qu’ils subissent.
    Qu’est ce, cette affaire de ne pouvoir podcaster l’émission ? Maintenant il faudrait convertir les langages parfois ésotériques ou châtiés de ce blog en langage populaire, voir populiste (comme l’adversaire) car nous sommes une infime minorité à piger et encore, je rame trop souvent.

  55. On peut trouver l’adresse contact sur la page du site de l’émission. En ce qui me concerne j’ai été tellement outrée qu’on puisse traiter un invité de telle manière, que j’ai immédiatement envoyé mon avis.Il serait souhaitable que le maximum d’auditeurs leur fassent savoir qu’ils n’ont pas apprécié ce manque d’éthique journalistique.

  56. Depuis le 13 décembre , avec les « mesures que je préconise » , la pensée de Paul Jorion a sérieusement et elle , avec succès , changé de braquet . Ses réflexions notoires et cohérentes deviennent des actes qui engagent de fortes adhésions et provoquent aussi naturellement de douloureuses remises en cause .

  57. Les rondeurs professorales de Monsieur Casanova rappellent étrangement celles de Monsieur Barre, qu’il a servi en son temps.

    Elles ne l’ont pas empêché de laisser percer son agacement devant cet intrus. Au nom d’une caste mandarinale, à laquelle on croit comprendre qu’il appartient peut-être, ainsi que d’un savoir académique qui n’accepte pas de vulgaire remise en cause, qu’il pourraIt partager et défendre.

    Si c’était le cas, ce serait banal et galvaudé.

    Mais il a trébuché, Monsieur Casanova, associant comme si cela allait de soi innovations en matière d’ingénierie financière et progrès en général, ce grand mot qui clos le bec (comme libre, dans libre entreprise). Car, dans son système philosophique, est progrès ce qui est nouveau. Qui perturbe d’abord un peu, à chaque fois, avant que tout ne s’arrange finalement.

    Les faits lui donneront raison, n’en doutons pas.

  58. Il me semble que Jean-Claude Casanova regarde toute remise en cause du système comme une révolution larvée qu’il imagine déjà déboulant fantastiquement hors de son cocon, répandant la mort et l’effroi, comme le firent, à ses yeux, toutes les révolutions historiques. Je comprends qu’il veuille garder ce pépère statu quo actuel et sa position personnelle pas trop mal assise où il peu se gargariser. D’habitude, après manger, je m’endors en écoutant cette émission, pas cette fois-ci.

  59. Comme le chantait Guy Béart :  »Celui qui dit la vérité , il doit être exécuté… »
    J’ai l’impression que la classe dirigeante commence à paniquer tant à cause de la crise qui s’aggrave qu’à son incapacité à renier son mode de pensée. Elle pressent que tout lui échappe.

    Vos propos me font de plus songer au film d’Al Gore : Une vérité qui dérange.
    Décidément vous dérangez beaucoup de monde Mr Jorion est c’est tant mieux.
    Il n’y a que la vérité qui blesse. Continuez à nous livrer la vôtre, elle mérite d’être entendue et relayée.

  60. @François Leclerc

    Je pensais aux remises en cause du genre de celles qu’ont connues des staliniens que j’ai aperçus , cela dura , ils crurent effectivement avoir encore raison un certain temps .
    La « crise » est trop profonde pour s’autoriser d’approches fallacieuses .
    Les jugements et les engagements seront les derniers dans de nombreux « champs » des activités humaines , autant bien les peser. Certains ont joué aux navettes à Copenhague , aux allers-retours , alors que nous n’avons justement plus de tickets de retour à la situation « ante » . En avant , la seule issue …

  61. Je trouve que je suis tout à fait d’accord avec le commentaire de Bertrandpc dans Mediapart au sujet de Jean-Claude Casanova :  » des réactions outrancières d’un expert qui se sent menacé dans l’exercice de sa fonction « .  » Un seul souci semblait présider aux interventions de l’ancien conseiller de Raymond Barre (« plus grand économiste de France » selon VGE) : disqualifier ce griot qui avait eu l’outrecuidance de prédire la crise du capitalisme américain.  »

    ( http://www.mediapart.fr/club/blog/bertrandpc/191209/jean-claude-casanova-vs-paul-jorion-ou-la-volonte-de-disqualification )

    Quelle bagarre ! Ca commence à chauffer. Les dirigeants attaquent ! Un très bon signe.

    Bravo, Paul ! Vous avez bel et bien décontenancé ce monsieur « édicocrate ». Il était sûrement piqué au vif. Je suis presque tombé de mon fauteuil. Lui aussi.

    1. Les commentaires sur ce blog sont très sympathiques, et réagissent bien à ce qui s’est passé lors de cette émission, mais viennent de la part, je crois, de gens prévenus en faveur de M. Jorion car ils le connaissent déjà.

      N’empêche que, si l’on ignorait M. Jorion avant l’émission, c’est quand même M. Casanova et Colombani qui en sortent vainqueurs CAR ils ont fait en sorte qu’on ne parle presque pas du contenu du livre en question !!!

      Les gens prévenus en faveur de M. Jorion sont peut-être furieux, mais l’auditeur quidam n’en sait pas plus sur le livre, et est-ce qu’il ou elle aura envie de le découvrir suite à ce débat.

  62. Casanova a eu un mot très symptomatique aussi lorsqu’il a parlé du « dérèglement » du système pour évoquer les causes de la crise, comme si la crise ressortissait seulement à un mauvais réglage. Et le même Casanova de dire aussi plus loin qu’une politique populiste avait abouti à ce que l’on prête de l’argent pour favoriser à tout va l’accès à la propriété. (je traduis en substance).

    Dans un cas Casanova évoquait ainsi une cause purement technique — le mauvais réglage –, dans l’autre une cause politique — le populisme.
    Mais il manquait de toute évidence à l’analyse de Casanova une approche de type sociologique, approche qu’il assimila derechef à de l’économie pas sérieuse, ce à quoi Paul répondit fort justement qu’il n’avait à s’autoriser pour ses idées — et au premier chef concernant l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix –, que de lui-même. Ce qui renvoyait les libéraux et les keynésiens à leurs chères études, et bien entendu le sieur Casanova qui suivant l’idée qu’il voulait mettre en avant pour confondre son interlocuteur fit de Keynes tantôt un bon Keynes pour lui tout acquis à la spéculation, tantôt un mauvais Keynes admirateur de l’économie allemande sous Hitler !

    Si J.-C. Casanova avait lu « La crise du capitalisme américain » au lieu d’avancer l’explication par la populisme il aurait pu donner l’explication plus convaincante de l’atavisme culturel rural selon laquelle les américains aiment à habiter des maisons individuelles et spacieuses en raison de leurs origines rurales et pauvres, car c’est cet atavisme culturel qui fournit le terreau anthropologique favorable au développement des subprimes.
    De même s’agissant du « dérèglement » du système financier il aurait pu parler de la dérèglementation progressivement mise en oeuvre aux Etats-Unis depuis 30 ans. Dérèglementation qui elle était bien d’origine politique ! Mais de cela il n’en fut pas question dans son analyse.

  63. Interessant…

    Paul, comme je l’ai déjà dit, évite « droite »/ »gauche » même pour parler des « utopies de droite ». C’est s’exposer pour rien.
    Pourquoi, lorsqu’on t’ennuie sur ton « background », ne réponds tu pas que l’économie est une sous-discipline de l’anthropologie (en trois phrases le problème est réglé) ou, plus simplement, que ce n’est pas en tant qu’anthropologue seulement que tu parles des marchés à terme, mais que ta « bonne compréhension » vient sur doute de ta relativement longue expérience professionnelle dans le domaine. De là il t’est facile de montrer que c’est ton interlocuteur qui n’est pas à sa place, ou que « pour quelqu’un qui n’a jamais concrètement travaillé dans le secteur et qui n’a regardé ça que de loin à travers ses livres, il comprend relativement bien le fonctionnement des marchés à terme ». 😉 Ou plus dur « pour quelqu’un qui n’ a pas été foutu de comprendre ce qui allait venir en 2007 vous comprener quelques petites choses à l’économie ou aux ventes à terme, meêm s’il y a quand même encore beaucoup de choses à revoir, l’érudition ne pouvant compenser le manque d’expérience ».
    Ne laisse personne t’attaquer sur la légitimité.

    S’agissant des interventions de Mr Casanova: 3 étaient parfaitement ridicules.

    – son intervention sur Rousseau, à la fois auto-réfutante (on ne peut pas en même temps affirmer que les libertariens ne sont pas les premiers utopistes « de droite » et ne pas trop savoir comment placer Rousseau sur un axe gauche-droite,- ce qui n’est pas étonnant l’humanisme civique, le républicanisme et le néo-républicanisme ne pouvant pas se prêter à ce petit jeu de placement), et pathétique (confondre sens d un texte, histoire de ses interprétations et histoire de ses usages idéologiques lui aurait évité de croire qu’il disait quelque chose de sensé en reprenant de façon implicite l’interprétation hegelienne de Rousseau – qui n’y avait strictement rien compris au demeurant- et la filiation Hegel/marx, ou en reprenant les interprétations critiques de Rousseau d’inspiration plus libérales, également douteuses sur le plan philologiques). Bref avec M. Casanova on en reste à la vulgarisation de bas niveau et à l’idéologie, qui sont d’ailleurs souvent la même chose (normal direz vous ce n’est pas sa discipline). Paul fait de la recherche (il va chercher « à la racine ») et ce monsieur fait des batailles de pokemon (remplacez Pikachu par « interprétation hégelienne de Rousseau » ou « école de Chicago »).

    – son délire quant à la définition de « spéculation »: à tous ceux qui vous objectent l’étymologie pour masquer leur incapacité à donner une définition précise de ce terme plutôt « flou » ou « vague » de prime abord, et qui s’éloigne à mesure qu’on essaie de le cerner de façon plus précise, proposez de sortir un nouveau dictionnaire, bien meilleur que ceux qui trainent actuellement et qui ne sont sans doute pas très bons, selon leurs propres critères. Ce « nouveau » dictionnaire comprendrait seulement les étymologies des mots, qui c’est bien connu servent de définition… Pourquoi rajouter la signification du mot en effet, on se le demande…
    Bref M. Attali avait déjà raconté n’importe quoi sur ce terrain glissant, dommage qu’il soit imité à son tour.

    – Ses remarques sur « l’avenir de la crise ». En gros il tente de noyer le poisson en escamotant la discussion sur le « contenu » pour ne retenir que l’idée de marge d’incertitude plus grande que d’habitude. Il se garde bien de choisir parmi les 3 scénarios. Heureusement il ne s’est pas laissé aller à parier sur le 3e. L’idée qu’il puisse y avoir des évènements « périphériques » (Dubai, Grèce) à un « noyau » (le système économique et financier mondial) dans
    une économie globalisée comme le nôtre est idiote et parfaitement indigne de quelqu’un qui réfléchit, avec une formation d’économiste en plus! Je suppose qu’il n’avait plus toute sa tête à cet instant.

    1. Si l’on s’en réfère à l’étymologie pour établir la respectabilité de telle ou telle activité, travail vient de tripalium (instrument de torture à trois pieux). Il faut vite interdire tout travail et promouvoir la spéculation, exclusivement.

    2. Il ne faut pas tomber dans l’excès inverse non plus. L’étymologie, ce n’est pas sale 🙂

      Comme le suggère AntoineY, il est simplement nécessaire de ne pas s’en contenter.

  64. Bonjour Paul.

    J’étais là, ce midi, rivé à mon poste radio, te supportant et t’encourageant : « Vas-y, mets-lui une droite, à ce prétentieux, voilà… Ah ! Comme il ment, le Tartuffe ! Réponds-lui, voilà, bien dit ! Mais que vient faire ici Rousseau, espèce de sophiste ?! Ah, mais ce Casanova est hautain à vomir, on voit bien qu’il n’est pas assez souvent contredit en public… Ah, mais tu t’étrangles enfin, Casanova, l’ami des spéculateurs, accusé de la plus vile propagande devant tout le monde… tu fais moins le mariole quand on t’oppose un contradicteur qui connaît son affaire et qui a du courage, hein ?… »

    Je pense que nous avons été nombreux ici à t’écouter avec plaisir.

    Casanova : — (…) Vous comprenez parfaitement le fonctionnement des marchés à terme, ce qui pour un anthropologue est parfaitement louable, mais… (…) Keynes a été le plus grand spéculateur de sa génération (…) donc, la condamnation… grossière de la spéculation pour en appeler au sentiment populaire contre la spéculation n’est pas un raisonnement digne d’une personne qui réfléchit.

    Jorion : — Oui, c’est parce que Keynes connaissait si bien la spéculation qu’il en a demandé l’interdiction lui aussi.

    Casanova : — Non non il n’a demandé aucune interdiction de la spéculation : je vous défie de me donner une phrase de Keynes sur ce sujet (…)

    Source : France Culture, La Rumeur Du Monde, 19/12/2009.

    Paul, pour t’aider à répondre au défi de Casanova Le Fier-à-bras, voici quelques extraits de la Théorie générale qui disent, directement ou indirectement, le plus grand mal des spéculateurs, comme tu le résumais à ta manière.

    Mieux : Keynes ne s’en prend, finalement, pas seulement aux spéculateurs, mais plus généralement à tous les rentiers… et il ne se contente pas de les interdire : il envisage carrément, sans sa conclusion devant l’Histoire, de les euthanasier… (Bon, par mansuétude, une inflation soutenue fera l’affaire, pas de massacre pour le moment…)

    Dans ces conditions, est-ce que le défi casanovesque est relevé ?

    Extraits de la Théorie générale de Keynes :

    (p. 170) « Pour l’investisseur professionnel, c’est donc une obligation impérieuse de s’attacher à anticiper ceux des changements prochains dans l’ambiance et l’information que l’expérience fait apparaître comme les plus propres à influencer la psychologie de masse du marché. Telle est la conséquence inévitable de l’existence de marchés financiers conçus en vue de ce qu’on est convenu d’appeler « la liquidité ». De toutes les maximes de la finance orthodoxe, il n’en est aucune, à coup sûr, de plus antisociale que le fétichisme de la liquidité, cette doctrine selon laquelle ce serait une vertu positive pour les institutions de placement de concentrer leurs ressources sur un portefeuille de valeurs « liquides ». Une telle doctrine néglige le fait que pour la communauté dans son ensemble il n’y a rien qui corresponde à la liquidité du placement. Du point de vue de l’utilité sociale l’objet de placements éclairés devrait être de vaincre les forces obscures du temps et de percer le mystère qui entoure le futur. En fait l’objet inavoué des placements les plus éclairés est à l’heure actuelle de « voler le départ », comme disent si bien les Américains, de piper le public, et de refiler la demi-couronne fausse ou décriée. »

    ______________

    (p. 173) « S’il nous est permis de désigner par le terme spéculation l’activité qui consiste à prévoir la psychologie du marché et par le terme entreprise celle qui consiste à prévoir le rendement escompté des actifs pendant leur existence entière, on ne saurait dire que la spéculation l’emporte toujours sur l’entreprise. Cependant le risque d’une prédominance de la spéculation tend à grandir à mesure que l’organisation des marchés financiers progresse. Dans une des principales Bourses des Valeurs du monde, à New York, la spéculation au sens précédent du mot exerce une influence énorme. Même en dehors du terrain financier la tendance des Américains est d’attacher un intérêt excessif à découvrir ce que l’opinion moyenne croit être l’opinion moyenne, et ce travers national trouve sa sanction à la Bourse des Valeurs. Il est rare, dit-on, qu’un Américain place de l’argent « pour le revenu » ainsi que nombre d’Anglais le font encore ; c’est seulement dans l’espoir d’une plus-value qu’il est enclin à acheter une valeur.

    Ceci n’est qu’une autre façon de dire que, lorsqu’un Américain achète une valeur, il mise moins sur le rendement escompté que sur un changement favorable de la base conventionnelle d’évaluation, ou encore qu’il fait une spéculation au sens précédent du mot. Les spéculateurs peuvent être aussi inoffensifs que des bulles d’air dans un courant régulier d’entreprise. Mais la situation devient sérieuse lorsque l’entreprise n’est plus qu’une bulle d’air dans le tourbillon spéculatif. Lorsque dans un pays le développement du capital devient le sous-produit de l’activité d’un casino, il risque de s’accomplir en des conditions défectueuses. Si on considère que le but proprement social des Bourses de Valeurs est de canaliser l’investissement nouveau vers les secteurs les plus favorables sur la base des rendements futurs, on ne peut revendiquer le genre de succès obtenu par Wall Street comme un éclatant triomphe du laissez-faire capitaliste. Et il n’y a là rien de surprenant, s’il est vrai, comme nous le pensons, que les meilleurs esprits de Wall Street étaient en fait préoccupés d’autre chose.

    De telles tendances sont une conséquence presque inévitable du succès avec lequel on a organisé la « liquidité » des marchés de capitaux. Il est généralement admis que, dans l’intérêt même du public, l’accès des casinos doit être difficile et coûteux. Peut-être ce principe vaut-il aussi en matière de Bourses. Le fait que le marché de Londres ait commis moins d’excès que Wall Street provient peut-être moins d’une différence entre les tempéraments nationaux que du caractère inaccessible et très dispendieux de Tlirogmorton Street pour un Anglais moyen comparée à Wall Street pour un Américain moyen. La marge des jobbers, les courtages onéreux des brokers, les lourdes taxes d’État sur les transferts, qui sont prélevés sur les transactions au Stock Exchange de Londres, diminuent suffisamment la liquidité du marché (l’usage des règlements de quinzaine agissant d’ailleurs en sens inverse) pour en éliminer une grande partie des opérations qui caractérisent Wall Street. La création d’une lourde taxe d’État frappant toutes les transactions se révélerait peut-être la plus salutaire des mesures permettant d’atténuer aux États-Unis la prédominance de la spéculation sur l’entreprise. »
    ___________________

    (p.174) « Devant le spectacle des marchés financiers modernes, nous avons parfois été tentés de croire que si, à l’instar du mariage, les opérations d’investissement étaient rendues définitives et irrévocables, hors le cas de mort ou d’autre raison grave, les maux de notre époque pourraient en être utilement soulagés ; car les détenteurs de fonds à placer se trouveraient obligés de porter leur attention sur les perspectives à long terme et sur celles-là seules. Mais il suffit d’un instant de réflexion pour comprendre qu’une telle méthode pose un dilemme ; car, si la liquidité du marché financier contrarie parfois l’investissement nouveau, en revanche elle le favorise le plus souvent. Le fait que chaque investisseur individuel se flatte de la « liquidité » de sa position (ce qui ne saurait être vrai de tous les investisseurs pris collectivement) calme ses nerfs et lui fait courir plus volontiers les risques. Si on enlevait aux achats individuels de valeurs leur caractère liquide, il en résulterait un sérieux obstacle à l’investissement nouveau tant que s’offriraient aux individus d’autres moyens de conserver leurs épargnes. C’est là que gît le dilemme. Tant que les individus auront l’alternative d’employer leur richesse, soit à thésauriser ou a prêter de l’argent, soit à acheter des biens capitaux réels, on ne pourra rendre le second terme de l’alternative assez attrayant (surtout pour ceux qui n’administrent pas les biens capitaux et qui n’ont aucune connaissance spéciale à leur sujet) qu’en organisant des marchés où ces biens puissent être aisément transformés en espèces.

    Le seul remède radical aux crises de confiance qui affligent la vie économique moderne serait de restreindre le choix de l’individu à la seule alternative de consommer son revenu ou de s’en servir pour faire fabriquer l’article de capital réel qui, même sur la base d’une information précaire, lui paraît être l’investissement le plus intéressant qui lui soit offert. Peut-être, à certains moments, lorsqu’il serait plus que de coutume harcelé par des doutes au sujet de l’avenir, l’incertitude le conduirait-elle à consommer plus et à investir moins. Mais on éviterait par ce moyen les répercussions désastreuses, cumulatives et presque illimitées du fait que les personnes envahies par le doute peuvent s’abstenir de dépenser leur revenu d’une façon ou d’une autre. »
    ______________

    (p. 368) « Mais il y a une seconde partie de notre analyse dont les conséquences sont beaucoup plus importantes pour l’avenir des inégalités de fortune ; c’est notre théorie du taux de l’intérêt. On justifiait jusqu’ici une certaine élévation du niveau de l’intérêt par la nécessité de fournir à l’épargne un encouragement suffisant. Mais nous avons démontré que le montant effectif de l’épargne est rigoureusement déterminé par le flux de l’investissement et que l’investissement grossit sous l’effet d’une baisse du taux de l’intérêt, pourvu qu’on ne cherche pas à le porter au delà du montant qui correspond au plein emploi. La politique la plus avantageuse consiste donc à faire baisser le taux de l’intérêt par rapport à la courbe de l’efficacité marginale du capital jusqu’à ce que le plein emploi soit réalisé.

    Ce critère conduira, sans aucun doute, à un taux de l’intérêt beaucoup plus faible que celui qui a régné jusqu’ici, et pour autant qu’on puisse faire des conjectures au sujet des courbes de l’efficacité marginale qui correspondent à un équipement en capital de plus en plus développé, il y a lieu de croire que le maintien plus ou moins continu d’une situation de plein emploi exigera une baisse profonde du taux de l’intérêt, sauf toutefois si dans la communauté tout entière (État compris) il se produit une forte variation de la propension à consommer.

    Nous sommes convaincu que la demande de capital est strictement limitée, en ce sens qu’il ne serait pas difficile d’accroître l’équipement jusqu’à ce que son efficacité marginale tombe à un chiffre très faible. Ceci ne veut pas dire que l’usage des biens de capital ne coûterait presque plus rien, mais seulement que le revenu qu’on en tirerait aurait tout au plus à couvrir la dépréciation due à l’usure et à la désuétude, et une certaine marge destinée à rémunérer les risques ainsi que l’exercice de l’habileté et du jugement. En bref, les biens durables de même que les biens éphémères fourniraient au cours de leur existence un revenu global couvrant tout au plus le coût du travail nécessaire à les produire, augmenté des coûts de l’habileté et de la surveillance et d’une allocation correspondant aux risques.

    Cet état de choses serait parfaitement compatible avec un certain degré d’individualisme. Mais il n’en impliquerait pas moins l’euthanasie [la disparition progressive] du rentier et par suite la disparition progressive chez le capitaliste du pouvoir oppressif additionnel d’exploiter la valeur conférée au capital par sa rareté. L’intérêt ne rémunère aujourd’hui aucun sacrifice véritable non plus que la rente du sol. Le détenteur du capital peut obtenir un intérêt parce que le capital est rare, de même que le détenteur du sol peut obtenir une rente parce que le sol est rare. Mais, tandis que la rareté du sol s’explique par une raison intrinsèque, il n’y a aucune raison intrinsèque qui justifie la rareté du capital. Il n’existerait de façon durable une raison intrinsèque de cette rareté, c’est-à-dire un sacrifice véritable que l’offre d’une récompense sous forme d’intérêt pourrait seule faire accepter, que si la propension individuelle à consommer était assez forte pour que l’épargne nette en situation de plein emploi devienne nulle avant que le capital fût suffisamment abondant. Et, même dans ce cas, les Pouvoirs Publics auraient encore la ressource d’entretenir une épargne commune assez importante pour permettre au capital de se développer jusqu’à ce qu’il cessât d’être rare.

    Dans l’évolution du capitalisme, la présence de rentiers nous semble marquer une phase intermédiaire qui prendra fin lorsqu’elle aura produit tous ses effets. Et la disparition du rentier entraînera bien d’autres changements radicaux dans ce régime. Le grand avantage du programme que nous préconisons, c’est que l’euthanasie du rentier ou du capitaliste oisif [sans profession] n’aura rien de soudain, qu’elle n’exigera aucune révolution, qu’elle résultera de la simple persistance pendant un certain temps de l’évolution graduelle que la Grande-Bretagne a connue récemment.

    Dans la pratique on pourrait donc se proposer (tout ceci n’a rien d’irréalisable) d’une part d’augmenter le volume de l’équipement jusqu’à ce qu’il cessât d’être rare, de manière à supprimer la prime attribuée au capitaliste oisif ; d’autre part d’aménager les impôts directs de manière à affecter au service de la communauté sur la base d’émoluments raisonnables l’intelligence, le dynamisme et la capacité administrative des financiers, entrepreneurs et tutti quanti (qui certainement aiment assez leurs métiers pour que leur travail puisse être obtenu à bien meilleur marché qu’à présent). »

    Source: J .M. Keynes, « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » (1936), Payot 2005.

    Pour vos recherches en plein texte, voyez aussi : Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. (1936)

    Bon. Merci Paul. Tu as été très bien.

    Malheureusement, tu as oublié (ou tu n’as pas eu l’occasion), cette fois, de parler (comme tu le fais souvent, et tu es un des seuls « économistes » à le faire avec force) de la NÉCESSAIRE HAUSSE DES SALAIRES, de la nécessaire RELANCE PAR LA DEMANDE (au lieu de cette véritable escroquerie libérale — dénoncée comme escroquerie par Galbraith lui-même— qu’est la « relance par l’offre », technique d’enfumage qui n’a JAMAIS marché, comme on peut s’en douter quand on est de bonne foi). Tu n’as pas pu en parler cette fois, c’est dommage, ça manquait au tableau de la contradiction du chroniqueur-officiel-des-spéculateurs-et-des-privilégiés.

    Car le niveau des salaires est bien l’enjeu central, l’enjeu de société que révèlent toutes ces crises : le capitalisme permet aux plus riches de trop accumuler et donc de ne pas distribuer assez de pouvoir d’achat, ce qui voue le système à la ruine (mais pas pour tout le monde) de temps en temps.

    D’ailleurs, comme l’histoire le montre toujours et partout, la hantise éternelle des industriels et des banquiers, leur priorité absolue, au point de massacrer s’il le faut, c’est le niveau de salaires, salaires qu’ils tiennent par-dessus tout à garder le plus BAS possible. Vomitif. Tout part de là, tout s’explique par là, toute la théorie prétendument « classique » repose (sans le dire) sur cet objectif central injuste et révoltant.

    L’union européenne sert ce même objectif lamentable, d’ailleurs, à mon avis.

    Keynes lui-même soulignait cette mauvaise foi des prétendus « économistes », manifestement complices « professionnels » à la solde d’une classe privilégiée dont ils sont chargés d’assurer le fondement théorique, « scientifique », des privilèges.

    Exemple (extrait tiré de la Théorie générale, Payot, p 58 et s.) :

    « Dans l’Économie ricardienne, qui est à la base de tout ce qui a été enseigné depuis plus d’un siècle, l’idée qu’on a le droit de négliger la fonction de la demande globale est fondamentale.

    À vrai dire, la thèse de Ricardo que la demande effective ne peut être insuffisante avait été vivement combattue par Malthus, mais sans succès. Car faute d’expliquer (si ce n’est par les faits d’observation courante) comment et pourquoi la demande effective pouvait être insuffisante, Malthus n’est pas parvenu à fournir une thèse capable de remplacer celle qu’il attaquait ; et Ricardo conquit l’Angleterre aussi complètement que la Sainte Inquisition avait conquis l’Espagne. Non seulement sa théorie fut acceptée par la Cité, les hommes d’État et l’Université, mais toute controverse s’arrêta ; l’autre conception tomba dans l’oubli le plus complet et cessa même d’être discutée. LA GRANDE ÉNIGME DE LA DEMANDE EFFECTIVE, à laquelle Malthus s’était attaqué, disparut de la littérature économique. On ne la trouve même pas mentionnée une seule fois dans toute l’œuvre de Marshall, d’Edgeworth et du Professeur Pigou, qui ont donné à la théorie classique sa forme la plus accomplie. Elle n’a pu survivre qu’à la dérobée, sous le manteau et dans la pénombre de Karl Marx, de Silvio Gesell et du Major Douglas.

    Une victoire aussi décisive que celle de Ricardo a quelque chose de singulier et de mystérieux. Elle ne peut s’expliquer que par un ensemble de sympathies entre sa doctrine et le milieu où elle a été lancée.

    Le fait qu’elle aboutissait à des conclusions tout à fait différentes de celles qu’attendait le public profane ajoutait, semble-t-il, à son prestige intellectuel. Que son enseignement, appliqué aux faits, fût austère et souvent désagréable lui conférait de la grandeur morale. Qu’elle fût apte à supporter une superstructure logique, vaste et cohérente, lui donnait de l’éclat. Qu’elle présentât beaucoup d’injustices sociales et de cruautés apparentes comme des incidents inévitables dans la marche du progrès, et les efforts destinés à modifier cet état de choses comme de nature à faire en définitive plus de mal que de bien, la recommandait à l’autorité. Qu’elle fournît certaines justifications aux libres activités du capitalisme individuel, lui valait l’appui des forces sociales dominantes groupées derrière l’autorité.

    Jusqu’à une date récente la doctrine elle-même n’a jamais été contestée par les économistes orthodoxes, mais son inaptitude remarquable à servir à la prédiction scientifique a fini par diminuer grandement le prestige de ses adeptes. Car depuis Malthus les économistes professionnels paraissent avoir été insensibles au désaccord entre les conclusions de leur théorie et les faits d’observation. Le public au contraire n’a pas manqué de relever ce désaccord et c’est ce qui explique sa répugnance croissante à accorder aux économistes le tribut de respect qu’il alloue aux autres catégories de savants dont les conclusions théoriques sont confirmées par l’expérience, chaque fois qu’elles sont appliquées aux faits.

    Quant au fameux optimisme de la théorie économique traditionnelle, optimisme en raison duquel on a fini par considérer les économistes comme des Candide, qui, ayant abandonné le monde pour cultiver leur jardin, enseignent que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles pourvu qu’on le laisse aller tout seul, il a pour origine, selon nous, la méconnaissance de l’obstacle qui peut être opposé à la prospérité par l’insuffisance de la demande effective. »

    Source: J .M. Keynes, « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » (1936), Payot 2005, p 58 et s.

    ====================

    Par ailleurs, j’ai bien noté que Casanova Le Fourbe a prétendu que Keynes défendait ardemment la politique nazie de l’Allemagne et son ministre Schacht ; selon cet expert, c’était dans l’introduction de la Théorie générale. L’amalgame calomnieux, rien de tel quand on n’a pas d’arguments… C’est classique. En entendant ça, j’ai sursauté car je ne me souvenais pas du tout avoir lu cette admiration (prétendument coupable) sous la plume de Keynes, ni dans la Théorie générale, ni ailleurs.

    Alors, je suis retourné dans mes livres de Keynes et, après un après-midi de recherches (forcément trop rapides), je confirme ce soir que, jusqu’à plus ample informé, aussi bien dans sa Théorie générale que dans ses autres ouvrages et articles en ma possession :

    • « Les conséquences économiques de la paix » (1919),
    • « Nouvelles considérations sur les conséquences économiques de la paix » (1920),
    • « La réforme monétaire » (1923),
    • « Les effets sociaux des fluctuations de la valeur de la monnaie » Dans « A tract on Monetary Reform » (octobre 1923),
    • « Les objectifs possibles de la politique monétaire « , dans « A tract on Monetary Reform » (octobre 1923),
    • « La fin du laissez-faire « , dans « The end of Laissez-faire » (1926),
    • « Perspectives économiques pour nos petits-enfants », dans The Nation and Athenaeum (11 octobre 1930),
    • « La grande crise de 1930 », dans The Nation and Athenaeum (décembre 1930)
    • « Essais de persuasion » (1931),
    • « Le retour a l’étalon-or : auri sacra fames », dans « A treatise on Money » (septembre 1930),
    • « L’alternative : épargner ou dépenser ? », dans The Listener (janvier 1931),
    • « Le Rapport de la Commission économique », dans The New Statesman and Nation (août 1931),
    • « Les effets de l’effondrement des prix sur le système bancaire » (août 1931),
    • « Le projet de loi sur l’économie », dans The New Statesman and Nation (19 septembre 1931),
    • « La fin de l’étalon-or », dans The Sunday Express (27 septembre 1931),
    • « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » (1936),

    dans aucun de ces livres ou articles, donc, Keynes ne se répand en louanges accentués de la politique allemande de l’époque ; de même, je n’y ai pas trouvé une seule occurrence du nom de Schacht, pas une seule…

    Mais j’ai peut-être mal cherché : si quelqu’un a des citations précises de Keynes pour défendre les assertions calomnieuses de Casanova Le Médisant, je suis preneur 🙂

    _____

    Schacht était ce ministre d’Hitler —président de la Reichsbank (1933-1938) et ministre de l’économie du Troisième Reich (1934-1937)— qui est (très rapidement) venu à bout du chômage en Allemagne avec une politique de grands travaux, en distribuant beaucoup de revenus salariaux (une relance par la demande, donc, et qui a bien marché).

    Mais, comme c’était sous Hitler et que les grands travaux en question concernaient largement un réarmement odieusement agressif, il semble impossible, aujourd’hui, politiquement incorrect, de tirer une leçon positive de cette expérience, pourtant éclairante pour qui cherche vraiment les clefs objectives de la prospérité.

    Le fait que ces grands travaux-là aient été des travaux d’armement hyper belliqueux est une honte absolue, c’est une évidence, mais cette particularité n’explique en rien l’efficacité mécanique de la relance en termes économiques. On peut parfaitement attirer l’attention et l’intérêt des citoyens sur une expérience réussie de relance par une politique publique de grands travaux menée par les nazis tout en détestant profondément les nazis et leur idéologie diabolique, cela va sans dire.

    Et ceux qui prétendent le contraire sont, soit de mauvaise foi (ils ne veulent pas de vraie relance, en fait, parce que le chômage les arrange bien, comme instrument de torture conduisant tout le monde à une docilité propice au maintien des privilèges, et ils s’affairent donc à discréditer cette relance par la demande qui fut une démonstration historique de la pertinence des thèses keynésiennes), soit bêtes à bouffer du foin (pollués qu’ils sont par l’esprit de parti, ce détestable esprit d’orthodoxie qui ronge nos prétendues [oxymore]démocraties électives[/oxymore] au point de refuser LA bonne idée au seul prétexte que leur pire ennemi a eu la même idée…).

    En tout cas, bravo Paul, d’avoir aussi bien résisté à ce coriace.

    Amicalement.

    Étienne.
    _______________

    « Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : « Ceci est à moi » et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile.

    Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne.

    Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres.

    De là commencèrent à naître la domination et la servitude. »

    Jean-Jacques Rousseau
    (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes)

    1. Relire l’historienne Annie LACROIX-RIZ qui a bien compris la volonté des puissants (politiques-industriels-banquiers) pour maintenir la masse sous leur talon (commun) par des bas salaires, cela depuis longtemps et encore de nos jours. Les médias officiels nous mentent et nous endorment sous un tas de fadaises tels que des journaux télévisés très « orientés » des invités à la solde des pouvoirs politiques et financiers….
      Je suis heureuse que Monsieur JORION puisse s’exprimer car c’est un homme vrai, que ses interventions continuent à bousculer des individus comme Monsieur CASANOVA (que je ne connaissais pas) qui sont des prédateurs au service de pouvoirs bien mal définis et pour qui la vérité doit être cachée, niée.

    2. Répondre au propagandiste à coup de citations savantes est une perte de temps:
      La crainte de changement investit sa victime d’une force supérieure à celle de la raison.
      30 ou 40 ans de croyances idéologiques qui ont bâti une position sociale enviable, et
      que l’expérience semblait confirmer, se trouvent tout à coup dévalidées: c’est un fait
      insupportable.
      Ces livres à contenu théorique sont des vieilleries. En abuser assèche le coeur.

      Une dénonciation humaniste, pondérée, me semble préférable :
      l’agressivité ne blesse que son auteur-propagandiste. Il va bien finir par décrocher
      ou revenir au réel, du moins je le lui souhaite.

      Selon mes souvenirs de lecture, le texte de Keynes, soit disant apologétique
      des oeuvres hitlériennes, apparaît dans le préface allemande de sa « théorie générale etc… ».
      J’ai fouillé dans mes livres actifs. Je trouve dans « lettre ouverte aux … économie … pour des
      imbéciles » , page 138 :
       » On peut accuser Keynes de tout — de ne pas goûter les économètres bien que président
      de la société d’économétrie, de ne pas aimer Marx et de mépriser Walras, de détester Say et
      de révérer Montesquieu, d’avoir fait une préface ‘douteuse’ à l’édition allemande
      de sa théorie générale — mais pas d’être un ‘expert’.  »

      Pas de quoi fouetter un chat…
      [ j’avais fait de la pub pour ce livre, il y a quelques jours ]

    3. Les références à « Keynes = nazi » renvoient à un seul élément : sa préface à une édition allemande de la Théorie générale publiée en Allemagne, fin 1936. Il faudrait retrouver cette préface pour en voir la formulation exacte. Ce que j’en sais, c’est par Skidelsky qui écrit dans sa biographie de Keynes (vol. II : 581) :

      … une préface aux termes malheureux, où Keynes défend une applicabilité toute spéciale de la macroéconomie aux « conditions d’une État totalitaire » ayant une « direction nationale » forte.

      Ça n’ajoute en effet pas grand-chose à la gloire de Keynes. Bien sûr, comme on l’a entendu, si Jean-Claude Casanova m’oppose ce Keynes « pro-nazi », c’est à partir de la prémisse que quiconque est anti-monétariste est automatiquement keynésien. Ce théorème s’applique aux économistes mais pas aux anthropologues, qui pour la plupart ignorent même qui est Keynes et dont les raisonnements, de manière générale, ne sont pas « dignes d’une personne qui réfléchit ».

    4. The theory of aggregated production, which is the point of the following book, nevertheless can be much easier adapted to the conditions of a totalitarian state [eines totalen Staates] than the theory of production and distribution of a given production put forth under conditions of free competition and a large degree of laissez-faire. This is one of the reasons that justifies the fact that I call my theory a general theory. Since it is based on fewer hypotheses than the orthodox theory, it can accommodate itself all the easier to a wider field of varying conditions. Although I have, after all, worked it out with a view to the conditions prevailing in the Anglo-Saxon countries where a large degree of laissez-faire still prevails, nevertheless it remains applicable to situations in which state management is more pronounced.

      J. M. Keynes, 7 September 1936, Foreword to the German Edition of the General Theory : English and German

    5. Jean-Claude Casanova n’a pas du écouter votre intervention sur BMF Radio du 7 décembre:

      Dans la pratique – comme l’innovation technologique chère à Schumpeter ne se commande pas – on procède par essais et erreurs. Et quand la solution de Keynes ne marche pas, on passe à celle de Friedman. Ou l’inverse.

      Pourquoi cela ne marche-t-il jamais ? Parce que le système est beaucoup plus compliqué qu’on ne veut le reconnaître, et qu’il y a toujours des facteurs dont on n’a pas tenu compte, soit intentionnellement (on introduit toujours des hypothèses simplificatrices), soit par accident.

      Il apparaît aussi que JC Casanova était directeur de la traduction française de « Histoire de l’analyse économique » de Schumpeter…

    6. La hausse des salaires sans mesures protectionnistes « minimales » va induire nécessairement dans nos sociétés une augmentation néfaste de la dégradation de la balance des paiements.

    7. Pour Nikademus 20 décembre 2009 à 16:48

      Un grand merci; précision salutaire.
      Peut-on tenir pour certain qu’il n’y a rien d’autre ?
      Si oui , comme probable:
      ‘Keynes, proche des nazis’ était une fable bien pratique.
      Les intello-universitaires, soutiens des corps constitués
      et gardiens de l’orthodoxie, ont des moeurs bien étranges.
      Mais c’est fini ; la baudruche a crevé.

  65. Je me souviens, il y a quelques années, dans la même émission, d’un choc frontal, dur, entre J.C. Casanova et Emmanuel Todd…

    J. C. Casanova, sauf erreur, a été chef de cabinet de Monsieur Raymond Barre pendant les presque 5 ans où ce dernier fut Premier ministre de Giscard d’Estaing. Raymond Barre, alors presqu’inconnu, était secrétaire d’État aux affaires européennes, il fut « parachuté » du jour au lendemain (fin août 1976) Premier ministre de Giscard en remplacement de Jacques Chirac en « froid » avec Giscard, et ce, jusqu’à l’arrivée de Mitterrand en mai 1981. J. C. Casanova a donc été Chef de cabinet de Raymond Barre pendant tout ce temps. À noter que Raymond Barre et J. C. Casanova furent des membres très assidus de la Commission Trilatérale (la Trilateral commission fut fondée par david Rockefeller en 1973); j’ignore si J.C. Casanova en fait encore partie, mais ce dernier est très représentatif du mondialisme actif par ses options de la Trilatérale dont il est un proche. Tout ceci est un indice de plus du cordon ombilical mondialiste auxquels sont rattachés les gouvernements français de toute couleur. C’est on ne peut plus vrai aujourd’hui…

    Il faut d’urgence se détacher du mondialisme qui n’est qu’un succédané des grandes idéologies qui ravagèrent l’humanité et œuvrer à la démocratie en économie. Pourquoi donc la grande échelle serait-elle « meilleure » que la petite?

  66. Bonsoir,

    J’ai été outrageusement censuré, c’est vrai on ne peut plus s’exprimer comme on veut en République, je vais donc m’exprimer en latin ! Casanova, est un un [long passage censuré en latin] ! C’était une petite blague de latiniste comme Casanova les aime tant ! Que le dieu Bacchus laisse cette outrecuidance s’étaler sur ces pages HTML ! 😉

  67. Etienne Chouard
    tu es le créateur du « Blog du plan C » , lieu de discussion, où tu laisses des personnes de peu utiliser des propos diffamatoires et insultants à l’égard de ceux que j’apprécie;
    ton intervention utilise les mêmes méthodes ,même si c’est de façon plus subtile, puisque tu es plus intelligent,que celles que tu dénonces;
    puisque tu viens trainer par ici, je me permets de te faire savoir que je me considère comme insulté quand on me prend pour l’adepte illuminé d’une secte ;
    je ne serais pas fâché de ne plus avoir tes textes sous les yeux, alors même que je ne vais pas te lire sur ton blog;
    a-t-on vraiment besoin de pareils amis ?

    1. @Auspitz…

      Vous semblez avoir de vrais griefs à l’endroit de Mr.Etienne Chouard…
      Mais je constate tout de même que ce Mr.Etienne Chouard, ( que je ne connais pas) a au moins le mérite de s’exprimer autrement que par des insultes.
      Et il donne l’impression de savoir citer des sources, chose importante lorsqu’on souhaite argumenter.
      En tous cas, merci de m’avoir signalé son blog, qui semble, après vérification, être le lieu d’une parole libre, un peu comme le blog de Mr.Jorion, d’ailleurs.

    2. Censure ou liberté d’expression ?

      @ « Ausptiz » :

      Je fais moi-même l’objet de propos diffamatoires et insultants sur mon propre site, et je comprends votre ressentiment, ayant les mêmes tentations de censure que n’importe qui, devant un propos excessif et injuste.

      Mais, après mûre réflexion, j’ai fait le choix, dans le respect de la loi, autant que possible, de ne rien censurer.

      Au lieu de ça, je me défends comme je peux. Je préfère.
      Et pour l’instant, ça suffit.

      Quand on commence à accepter la censure (un peu, au début, et davantage ensuite), à mon avis, on dérive déjà vers une police de la pensée et on n’est plus en démocratie. C’est trop facile, vous comprenez : si on lâche la vraie liberté de parole, ça va dériver et s’accentuer, tout naturellement.

      J’ai déjà dit ici tout le bien que je pense du pilier fondateur de la démocratie grecque qu’était l’iségoria, droit de parole publique pour tous, à tout moment et à tout propos. Je vous invite à relire ce message.

      Au lieu de fuir une insulte publique (en appelant, en plus, si j’ai bien compris, à la censure), vous feriez mieux, peut-être, de prendre à votre tour la parole pour condamner publiquement cette insulte, pour montrer la sottise de l’agression, pour ridiculiser l’outrance de la critique, pour dénoncer l’injustice du reproche…

      Venez chez moi défendre qui vous voulez, comme vous voulez : si vous restez dans la légalité, je ne vous censurerai pas.

      Sans rancune.

      Étienne.
      __________________

      « Ou tu défends la liberté d’expression pour des opinions que tu détestes, ou tu ne la défends pas du tout. Même Hitler et Staline étaient ravis de défendre la liberté d’expression pour des idées qui leur convenaient. Voilà les enjeux essentiels. Pour pouvoir éluder ce débat, il y a toujours le flot de mensonges habituels. »

      Noam Chomsky.

  68. Durée annoncée pour l’émission  » la rumeur du monde  » : 45 minutes .

    Temps de parole de l’invité paul joiron : 20 minutes et 7 secondes.

  69. Bonjour M. Jorion,

    J’ai écouté hier l’émission et j’ai une question à vous de poser:

    Ou s’arrète l’économie réelle et commence la spéculation?

    C’était curieux l’émission hier vous avez tout le deux des choses vrai à dire, mais sans apparement aucun base commun, intérêt général. C’est ça ‘la divorce’ de l’homme, plus de base commun et on se bat des idées en l’air sans racines essayer de faire des racines? C’est peut une challenge en général de (re)trouver la base commun?

    Peter

    1. « vous avez tout le deux des choses vrai à dire »

      C’est quoi ces choses vraies pour Casanova? Je suis curieux de savoir.

    2. @ Moi dit,

      Jean-Claude Casanova voit les choses dans la context économique actuelle, qui et ça c’est vrais est très fausse. Mais on besoin d’essayer dans la dialogue de voir a partir de quelle context chacun parle. C’est ‘normal’ psychologiquement parlent que le context actuel est défendu par ceux qui prend leur sécurité de cette système. Si i y quelquen comme Paul Jorion et aussi moi-même ( http://www.solution-simple.com/ ) met en causse le système actuelle, c’est logique que le gens qui sont bien servi par ce système font réagir pour protéger « leur » système.

      Sans créer une base commun, c’est impossible de créer une dialogue constructif et le débat reste dans l’air, sans contribution pour faire de racines communs dans la société.

      Je me sens plus proche de M. Jorion, mais la challenge est de voir aussi l’événtuellement peur pour laquelle on fuit une dialogue. Si on reconnait pas la peur ‘de chacun, pour changer les choses, on va continuer de tourner en rond. Même avec les meilleurs idées du monde. 😉

  70. chers amis du blog,
    méfions-nous de trop d’enthousiasme; nous nous sommes faits plaisir; tant mieux, ça n’arrive pas si souvent;
    le vrai problème est de connaitre l’impact que l’émission a pu avoir sur les auditeurs, s’il y en a eu au-delà de notre cercle restreint;
    tout a été organisé pour démolir les thèses de Paul, et je ne suis pas sûr, que pour un auditeur inexpérimenté, le résultat n’ait pas été obtenu;
    ce que nous souhaitons, c’est bien de faire progresser nos idées; pas seulement de remporter des victoires dans un saladier ;
    cette émission a-t-elle convaincu quelqu’un d’autre que ceux qui étaient déjà convaincus ?
    en tout cas, elle aura été un bon entrainement pour Paul, pour le jour où il se retrouvera face à Sarkozy ;

    1. Complètement d’accord avec toi, Auspitz.

      Mais…
      Le respect n’est une grande valeur que face à des personnes en ayant aussi…

      (et, malheureusement, j’ai trop souvent dû IMPOSER le respect, ce qui, vous en conviendrez, est la première pierre du manque de respect)

    2. C’est entendu cher auspitz, pas de banderoles ni d’autocars en vue !
      Le point essentiel c’est de repérer le début de la fin, le symptôme qui présage de la révélation d’une imposture,
      qui pouvait se justifiait à l’époque de la guerre froide, celle de la supériorité de la pensée aronienne sur la
      pensée sartrienne. Casanova en est la vague mourante. Le remède est devenu pire que le mal, et même toxique.
      L’essentiel est d’être là au bon moment, comme on a vu une éclipse totale de soleil.
      Et d’en revenir à une réflexion sur la fameuse chambre de commerce américaine pointée du doigt par Paul notre
      initiateur de samedi dernier. Et chahutée dernièrement par les Yes Men sur l’autre et nouveau New Deal écologique.
      Donc étudions cette chambre de commerce, avec l’aide de Paul Jorion et d’Internet, voilà un bon programme pour être moins vulnérables au débat.

    3. @auspitz

      Je trouve que Paul s’est très bien défendu dans ce débat et, selon moi, on peut même dire qu’il l’a gagné. Comme beaucoup sur ce site, je ne suis pas toujours d’accord avec ce que dit Paul : nous avons chacun nos propres idées et valeurs, Paul n’est pas notre gourou… d’ailleurs, quand on n’est pas d’accord, on le fait savoir, et en ce qui me concerne, je ne suis jamais censuré. On est d’accord sur le principal, c’est-à-dire contre le néolibéralisme, la spéculation… Comme lui, je trouve que l’état a un rôle à jouer mais Paul est plus interventionniste que moi. En effet, moi, je défends un libéralisme social. Je déteste les sociétés trop hiérarchisées qui mènent souvent vers des abus. Je doute que la crise aura la forme d’un W : je crois qu’on va plutôt assister à une croissance « molle » avec un taux chômage élevé et une diminution du pouvoir d’achat, ainsi qu’une augmentation des inégalités et de la pauvreté, et ceci pendant plusieurs années – mais de toute façon, il est difficile de prédire l’avenir !

    4. @marin

      Je doute que la crise aura la forme d’un W : je crois qu’on va plutôt assister à une croissance « molle » avec un taux chômage élevé et une diminution du pouvoir d’achat, ainsi qu’une augmentation des inégalités et de la pauvreté, et ceci pendant plusieurs années

      Es-tu bien sûr de parler d’une reprise ?

    5. Sur ce blog nous sommes en phase, les auditeurs de France Culture font partie majoritairement d’une CSP spécifique.
      Pour diffuser large il faudrait passer par des médias plus populaires comme : Marianne, Libé, Le Nouvel Obs, BFM, RTL, ……Le Monde et pour rêver Europe 1, Le Figaro. Le papier devra être synthétique et mis au point avec l’aide d’un expert en com.

    6. @Iduunderstandanditsimpple

      « Es-tu bien sûr de parler d’une reprise ? »

      Pour moi ce n’est pas une reprise ,mais pour certains (banquiers,spéculateurs,profiteurs en tout genre….)ça en est une.

  71. L’émission de P Meyer, ce matin, « l’esprit public » qui défend le privé, était encore pire que celle de Colombani hier, de suffisance surtout et d’aplomb. Oui l’aplomb avec lequel ces gens-là assènent leurs idées est insupportable, ainsi que le dénigrement du « modèle » Français. Le dénigrement systématique de nos traditions, de notre identité institutionnelle, républicaine. Avec un ousider, Rony Browman

    Pour en revenir a hier, quand P Jorion demande « où étaient les économistes », (ont ils vu venir la crise), Casanova répond qu’ils l’expliquent parfaitement, avec un aplomb inoui, alors qu’ils ne l’ont pas prédite, et en prédisent faussement la sortie, alors que P Jorion lui est délégitimé en tant qu’économiste lui qui a vu venir la crise ! C’est quand-même inoui, P Jorion est 1000 fois plus en droit de parler d’économie que ces collèges d’économistes qui n’ont rien vu venir et n’ont rien fait pour alerter ou évite la crise, on se retrouve donc dans un processus de relégitimisation d’élites économiques (et politiques) qui ont faillis, et on se demande bien comment est-ce possible. Des gens qui méritent de disparaitre de la scène paradent encore comme si de rien n’était ! l’aplomb et la suffisance, et le mensonge qui caractérise cet esthablishment est inconcevable.

  72. Vue d’une autre sphère : M Casanova apparaît comme l’archétype du peintre Pompier a qui tout les salons sont ouverts .Il assène son dogme avec violence a l’aimable Impressionniste
    P Jorion qui met « un peu d’air » dans sa peinture ,comme disait Rodin.

  73. pour répondre à auspitz /

    Il semble que les participants du blog se soient rendu compte combien Casanova & Colombani aient été bousculés, pour le moins, des millions de personnes ont entendu ce que Jorion avait à dire , ce qui est très important, jusqu’à hier , vraiment, l’émission était un rituel ( qui durait depuis des années ) mais sous la forme d’un consensus , sorte de messe où le grand prêtre sacré Casanova ,seul et hautain officiait , cela est terminé , j’en suis certain , ébranlé , à la fois parce rapidement la crise s’approfondit de jour en jour , mais aussi parce que P- Jorion a su dire ce qu’il fallait dire ; le consensus a pris du plomb dans l’aile, comment pourrait -il en être autrement avec la misère qui s’est installé dans les pays industrialisés, des salaires qui eux prennent économiquement les salariés en Otages , les emprisonnent et les déciment . …

  74. Je l’ai réécouté…

    « Centre-droit » et disciple de Aron (et des opérations d’influences auxquelles il a été mêlé, ce qui n’est pas un reproche pour ma part, les conditions historiques historiques requérant ce genre de contre-offensive idéologique), M. Casanova ne se rend pas compte qu’il se trompe d’ennemi et de « carte du monde » (il en est resté aux années 60).

    Outre l’erreur habituelle qui consiste à se prendre pour le « centre droit » quand on n’est pas le centre du tout mais un libéral bon teint (je crois pourtant que sur ce point il est de bonne foi), le vrai centre s’enracinant dans un tout autre héritage intellectuel que le sien (Aristote – Ciceron – Machiavel – Hobbes – Rousseau- Montesquieu – Pocock – Pettit, voire le Walzer des « sphères de justice » et les interprétations égalitaristes de Rawls… et pour les hommes politiques sous certains aspects éventuellement Robespierre, Gambetta, De Gaulle), M. Casanova garde un point de vue sclérosé par la guerre froide, comme beaucoup de sa génération, avec les thèmes habituels qui associent libéralisme politique et libéralisme économique contre la menace totalitaire (marxiste ou fasciste)…

    Cette perspective « guerre des idées », qui est le contraire de la pensée (la pensée est orientée par des problèmes à résoudre et n’a pas pour but de s’acquérir le plus grand nombre (un cheptel) mais tout simplement de trouver la vérité) se traduit par des interprétations spécieuses ou carrément à côté de la plaque (à longueur de pages dans « Commentaire », qu’il faut déconseiller à tout étudiant sérieux).

    Aussi Paul n’avait pas en face de lui un « chercheur » mais un « polémiste ». Je ne crois pas qu’il ait jamais parlé du fond théorique. Le problème c’est que ce qu’il y a de plus précieux dans ce « nouvel espace » qui n’a rien de commun avec celui des chercheurs, c’est non pas la qualité de l’argumentation (il y a 10 bédouins qui sont au courant de la polémique sur l’interprétation des causes de la crise de 29 et sur la portée du New Deal) mais « l’impression que ca donne » et la légitimité est le point crucial. En guerre informationnelle (puisque c’était de ça qu’il s’agissait et non pas d’une discussion en vue de la recherche de la vérité ou même d’un « débat »), contrairement à ce qui se passe en guerre réelle où sur le terrain la position défensive est meilleure, l’attaque a des effets immédiatement dévastateurs. Donc protège ta légitimité Paul, qui n’est du reste nullement usurpée, parce que c’est ce que tu as de plus précieux et c’est toujours là qu’ils porteront les coups (jusqu’à ce qu’ils trouvent de quoi faire une critique indécidable aux yeux du public, mais M. Casanova ne s’abaisserait pas lui-même à cela, ayant trop de respect pour la recherche et l’intégrité intellectuelle je pense… même s’il n’en comprend jamais que les résultats et leurs implications, vite passés au tamis de sa conception politique du meilleur régime).

    Bref M. Casanova n’a ni le gout ni les qualités requises pour faire un bon chercheur… « la monnaie mode d’emploi » étant un apport bien plus important à la science économique que tous ceux qu’il a pu faire lui-même jusqu’ici, et qu’il ne fera jamais. C’est un professeur… et les professeur sont, du point de vue du chercheur authentique, du même côté que ceux qu’il qualifie lui-même d’ignorants (un érudit ignorant en fait, comme il y en a trop dans ces sphères).

    Le truc c’est qu’avec « la monnaie mode d’emploi » tu attaques M. Casanova, sans le savoir, sur ce qu’il a essayé de bâtir avec Commentaire : tu ne proposes pas un article de recherche dans une revue spécialisée qui ne sera lu que par quelques personnes, tu t’adresses… aux gens, avec le niveau argumentatif qui convient. C’est à la fois compréhensible pour le quidam que ca intéresse et dépourvu des concessions habituelles à l’exactitude qu’on fait dans les travaux de vulgarisation. Bref du « Commentaire » en plus efficace, et soutenant en plus des thèses terrifiantes vu son background (pour lui libéralisme politique et libéralisme économique sont les deux faces d’une même pièce… et tu avances donc des arguments « populistes » contre le libéralisme économique). C’est pour ça que ta clarification des concepts d’économie de marché, de capitalisme et de libéralisme économique va vite devenir essentielle.

    Du reste je suis persuadé qu’il na pas lu « la monnaie mode d’emploi ». il faudrait que tu demandes cela systématiquement à ton contradicteur. S’il l’avait lu, il aurait compris du premier coup que tu n’interdisais pas les marchés à terme, mais seulement les spéculateurs sur les marchés à terme. Il aurait compris que tu n’étais pas hostile à l’économie de marché (contre son interprétation de Rousseau…). Et il aurait pu parler de la distinction entre monnaie et reconnaissance de dette au lieu de partir sur… une citation de Zola.

    Le problème c’est que le monde a changé depuis le moment où il était « aux affaires », la distribution des rapports de force n’étant plus la même. Je crois qu’au mieux il pense Paul de bonne foi dans son désir de servir l’intérêt public mais, tout à sa morgue, pense également que la diffusion de ces idées qui pourraient être reprises tant par l’extrême droite que par l’extrême gauche, font courir un risque aux institutions. Au pire il pense que Paul est un crypto-marxiste révolutionnaire qui avance masqué…

    Le problème c’est qu’il se pourrait bien qu’in fine les positions de M. Casanova, et les croyances qui sont les siennes, ne soient plus du tout à la hauteur des enjeux géopolitiques actuels (j’aurais donné cher pour voir sa tête quand tu as évoqué les Chinois poussant méticuleusement leurs pions, ce qu’ils font bien évidemment)… Il se pourrait bien aussi que le refus de supprimer les activités financières parasitaires du libéralisme économique tel qu’il se pratique aujourd’hui fasse courir un risque plus grand pour la survie du libéralisme politique que les vaines tentatives plus ou moins idéologiques qui se refusent de prendre le problème « à la racine » et à bras le corps.

    Bref, au vu du nouveau contexte, le plus fidèle à la stature de R. Aron, tant sur le plan du courage que des vues, n’est à mon avis pas celui qu’il croit.

    1. j’ai écouté et partage la remarque de AntoineY: les deux interrogateurs patentés n’ont pas lu les deux livres en question.

      où ai-je lu que Raymond Aron était appointé par la CIA?

      M. Jorion est resté d’un calme olympien, celui du sage sachant et expliquant à un ignorant qui ne voulait rien en savoir.
      Effectivement ces mises en scène sont asymétriques et le principe est de déstabiliser par administration de crocs en jambes répétés que sont de longues digressions. Le public non attentif compte les mises à terre même si elle sont déloyales.
      Sauf qu’ici Paul Jorion était sur un autre territoire, inaccessible depuis l’érudition pédante, pathétique et orientée politiquement de son « attaquant ».
      Bravo, M. Jorion.

  75. http://www.citations-ses.net/index.php/?q=malthus

    Pour compléter les citation de d’Etienne Chouard :

    Robert Malthus

    « La première chose dont on ait besoin (…), avant même tout accroissement du capital et de population, c’est une demande effective de produit, c’est-à-dire une demande faite par ceux qui ont les moyens et la volonté d’en donner un prix suffisant. »

    Robert Malthus – Principes d’économie politique

    ============================

    Ceci dit en ce qui me concerne, le système actuel est fichu et rien ne pourra le sauver. P Jorion est le médecin en soins palliatifs, mais ça ne changera presque rien. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour lancer une chaine de montage qui produit 10000 voitures par jour, or l’ingénieur qui actionne ce bouton ne pourra pas conduire ces voitures, même si elles sont jetables. Et il en va de même partout. Il faut réfléchir sur le statut philosophique, anthropologique, de la machine atteignant le stade de productivité où elle met en danger le travail humain.

    On peut imaginer des limites encore plus flagrantes qui contredisent le modèle séculier du capitalisme, par ex à côté des cohortes de d’employés remplaçables par des robots (maitres d’hotels, conducteurs de tram automatiques….), veilleurs de nuits, etc, si par exemple on pouvait se passer de dormir ? Si on avait 4 bras au lieu de 2 ? Penser que le domaine de validité du capitalisme couvre toute l’étendue de la productivité jusqu’à l’infini, c’est FAUX ! Le capitalisme fonctionne dans des limites sociales et technologiques, en dehors il ne fonctionne pas.

  76. à auspitz

    Naïve, relativement, je suis. D’habitude, je reste rarement plus de 5/10 mn sur l’émission la « rumeur du monde », histoire de savoir de quoi ça cause puis je baille d’ennui et m’enfuis. Cette fois-ci, le thème ne m’affriolait pas particulièrement, mais curieuse j’ai attendu les mn de convenances avant de prendre congé.

    Et là, surprise ! Une voix nouvelle disait des choses que je comprenais même si je ne suis pas férue d’économie, un raisonnement qui dépasse les finances et leur spéculateurs m’emballait, un débat passionné et au combien instructif se déroulait. Je suis restée scotchée. Regrettant que M. Jorion n’ait pas plus la parole.

    Par ailleurs, l’attitude de M. Casanova, d’habitude soporifique à souhait, m’est apparue comique : quand on n’a plus que l’argument d’autorité à opposer à ses interlocuteurs c’est qu’on est très mal en point.

    Du coup, j’ai cherché et trouvé votre blog et commandé deux de vos ouvrages pour me faire une idée plus approfondie (dont un pour offrir à noël).

    Ce que vous avez dit pour finir sur la construction de la « vérité » et de la « réalité » m’a beaucoup intéressée, j’espère vous entendre plus avant sur ce thème un de ces jours en confrontation avec des philosophes (avec Latour, pourquoi pas ?). Vous pourriez l’envoyer à M. Finkielkraut : un débat sans doute passionnant à venir. 😉

    1. A noter que la dernière émission – L’époque est-elle Camusienne? – de M. Finkielkraut n’est pas inintéressante, sur le fond comme sur la forme. Les désaccords sont profonds entre MM. Finkielkraut et Daniel et pourtant ils parviennent à dialoguer et parfois à se comprendre. Il y a chez M. Finkielkraut – quoiqu’on puisse penser par ailleurs de ses prises de position hallucinantes ou hallucinées – ce qui a manqué à M. Casanova : le respect et la tension (et l’attention) de qui celui cherche et pense encore contre soi-même.

      http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/repliques/

      Remarque : émission ‘catégorie dinosaures’ cependant (endormissement possible, hyperactifs s’abstenir)

    2. A.Finkielkraut passe tous ses raisonnements dans un filtre très spécial… (voir sa sortie sur l’équipe de France « Black-Black-Black », par exemple.)
      Par moment, il peut être bien pire, question conservatisme, que Casanova.
      Et je ne suis pas sûr qu’il fasse un interlocuteur valable, ni même intéressant, pour P.Jorion.

  77. En suite de mon post du 19 décembre à 20 h 40 , et remarque faite qu’à cette heure là le compteur de l’appel de décembre indiquait 1027 € alors qu’à l’instant il oscille à 1647 € , je tiens à péciser à l’intention des papys pointilleux et des services fiscaux , que la différence n’est pas de mon seul fait !

    Sur Finkelkraut et les philosophes : la philosophie nous aide à comprendre le passé et imaginer l’avenir , elle n’a jamais rien pu sur le présent . Le recours à la philosophie , pas plus que les pesanteurs historiques Casanavesques , ne sont à l’aune de l’urgence des quelques mesures  » leviers » à promouvoir et décider. C’est après trois ans de replongées dans mes prises de tête philosophiques que j’en suis arrivé à cette forte et « réelle vérité » .

    Etienne et Auspitz : j’offre une bouteille de St Joseph …virtuelle ( je dois faire des économies après mes excès cotisants . Auvergnat pas mort !).
     » Vous êtes ici comme chez vous …mais faîtes comme si vous êtiez comme chez moi », disait mon jumeau méridional , Yvan Audouard .

    1. Il me semble que le rôle du philosophe est de poser des questions, pas d’y apporter des réponses. Un philosophe qui donne des réponses n’est plus un philosophe mais un doctrinaire. Il est donc vain d’attendre d’un philosophe quelque réponse que ce soit. L’action, c’est autre chose.

    2. @ Boukovski

      « Un philosophe qui donne des réponses n’est plus un philosophe mais un doctrinaire. »

      Un philosophe qui donne des réponses, les donne en connaissance de causes. Il a étudié le pour et le contre. Il doit faire des choix, il les fait, et la vie continue. Et si ses choix s’avèrent mauvais, il le prend avec philosophie.

    3. La fameuse rengaine sur l’inutilité du philosophe et de la philosophie…

      « L’exemple de Thalès te le fera comprendre, Théodore. Il observait les astres et, comme il avait les yeux au ciel, il tomba dans un puits. Une servante de Thrace, fine et spirituelle, le railla, dit-on, en disant qu’il s’évertuait à savoir ce qui se passait dans le ciel, et qu’il ne prenait pas garde à ce qui était devant lui et à ses pieds. La même plaisanterie s’applique à tous ceux qui passent leur vie à philosopher. Il est certain, en effet, qu’un tel homme ne connaît ni proche, ni voisin ; il ne sait pas ce qu’ils font, sait à peine si ce sont des hommes ou des créatures d’une autre espèce ; mais qu’est-ce que peut être l’homme et qu’est-ce qu’une telle nature doit faire ou supporter qui la distingue des autres êtres, voilà ce qu’il cherche et prend peine à découvrir. » Platon, Théétète, 174a

      M. Casanova dirait que le philosophe est avant tout celui qui aime la sagesse et qui pour le demeurer – philosophe – ne doit jamais l’atteindre…blablabla…

      C’est oublier un peu vite exercices philosophiques antiques, création de concepts et ce que peuvent dire les philosophes eux-mêmes – Bergson « Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action »… On ne peut pas demander à la philosophie de répondre à l’urgence de la crise actuelle – court-terme -, c’est bête, elle ne dispose pas des outils nécessaires. D’autres logiques plus lentes sont en jeu ; des idées émanant de philosophes – ou de personnes qui se disent tels – pénètrent parfois petit à petit le corps social et impliquent changements de mentalités et actions nouvelles sur la matière du monde. Interprétations/illusions rétrospectives et unifactorielles? Peut-être…
      D’accord finalement avec Orengo/Adorno ; les philosophes qui ne s’occupent pas d’économie ont tort. La philosophie a trop souvent le goût de la consolation…

  78. Adorno dans Minima Moralia, si je ne me trompe, si c’est le cas vous me rectifierez , peut -être dans la Dialectique de la raison …. ; dit que les philosophes qui ne s’occupent pas d’économie ont tort, Finkielkraut à mon avis devrait s’y mettre rapidement, au lieu de cela, il ouvre son émission avec Jean Daniel… et Camus, pathétique pour certains, récupéré pour d’autres, avec la dernière polémique, où sa fille vient au secours de l’ultra lib qu’est Sarkozy…; de plus j’ai horreur du clavecin….

  79. Puisqu’on en est à parler des philosophes, au moins dans ce domaine on ne demande pas un diplôme pour « être digne de réfléchir », on y juge le contenu. Il aurait été piquant qu’un philosophe d’université oppose à un Nietsche (qui était philologue de formation) ce genre d’argument d’autorité. Dieu merci, et c’est bien pour cela que j’apprécie la philosophie, les arguments d’autorité de type corporatiste n’y sont perçus que pour ce qu’ils sont: des effets de rhétorique de bas étage.

  80. monsieur Casanova devrait se faire expliquer ce qu’est réellement la spéculation par Monsieur Jean-Pierre Jouyet.
    Durant son cours passage à l’exécutif j’avais pu apprécier à travers quelques articles du Monde les qualités d’honnêteté intellectuelle de JP Jouyet et son efficacité à recoller des fissures.
    Un article du Monde du 17/12 intitulé « Jean-Pierre Jouyet : Un an après Lehman on vit toujours sur la spéculation », nous précise « Sur le marché du pétrole les transactions financières représentent 10 fois les volumes de pétrole effectivement échangés ».
    L’AMF va donc tâcher d’être un gendarme efficient pour courir après les spéculateurs, à suivre, pour l’instant je n’ai pas une confiance aveugle en l’AMF.
    http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1109293

  81. @ auspitz

    impact de l’émission?
    toujours pas disponible en podcast sur le site de france culture…
    d’habitude, il ne faut que quelques dizaines de minutes pour disposer, par exemple, du ‘hors-champ’ de Laure Adler ou de carnets nomades ou même de ‘réplique’ de Finkielkraut dont on fait bien de souligner la qualité d’écoute et d’attention (verywell)

    interprétations?
    explications?

  82. Puisque vous vous demandez ce qu’est la philosophie, je reprendrais la même idée que Deleuze, à savoir que c’est créer des concepts. La philosophie s’occupe de concepts. La science s’occupe d’objets plus ou moins réels qu’elle doit pourtant définir, le philosophe, le mathématicien créent des concepts, ou des objets maths.

    On voit très bien comment fonctionne Deleuze dans son cours sur le pli, il a une idée puis tente d’en évaluer les capacités heuristiques. Ce que j’ai tenté de faire brièvement en invoquant Leibniz pour l’appliquer à l’économie, juste pour voir, d’où le principal intérêt de la philosophie à savoir décaler le regard, ne plus partir de ce qu’on voit, partir de tout à fait ailleurs pour rejoindre le sujet. C’est une libération du regard qui se fatigue et n’ose pas inventer face au problème, ici on lâche le problème un instant pour examiner une autre théorie et l’on tente de joindre les deux, en fait c’est une métaphore, un transvasement de formes…

    Je suis en train de relire Marx, le Chp 3, marchandise et monnaie, p 117.
    Le style est compréhensible et pourtant terrible. Très imagé et romancé, ce qui brouille la clarté. p 117 il a fait appel a Hégel, comment le concept passe de la nécessité à la liberté (?), un homard qui éclate sa carapace, et St jérome se débarrassant du vieil Adam pour expliquer le prix d’une tonne de fer. On a vu plus simple.
    Puis l’or, étalon idéel, « rôde » dans le procès d’échange…

    Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement. Le homard explique l’équivalent or de la forme-prix de la tonne de fer.

    Du coup, grâce à Marx je me plonge dans St jérome ! Et pourquoi pas ? Peut-être le catholicisme, notre culture après tout, peut nous apprendre des choses.

    Lettre à Eustochius : « Et tandis que je n’avais pour compagnons que les scorpions et les bêtes sauvages, souvent je me trouvais en esprit dans les assemblées des jeunes filles ; et dans un corps froid, dans une chair déjà morte, le feu de la débauche m’embrasait. De là des pleurs continuels. Je soumettais ma chair rebelle à des jeûnes pendant des semaines entières. Les jours et les nuits.

    St jérome n’était pas un consommateur-né. Cela par exemple fait découvrir un mode de vie totalement différent du nôtre… ascétique, spirituel et pourtant riche, riche d’une conscience d’être…

  83. Relance par la DEMANDE (ex. : New Deal), la seule qui vaille,
    et RMA : revenu MAXIMUM autorisé

    Merci Lisztfr.

    Cette phrase de Malthus a du sens.

    Je me garderai cependant de prendre en référence ce triste sire qui a dit tant de sottises sur l’inopportunité de porter secours aux pauvres.

    Le passage de Keynes ci-dessus sur l’extravagante négligence de la DEMANDE (et donc du niveau des SALAIRES) dans les théories économiques modernes, et l’explication qu’il suggère de chercher dans la corruption intellectuelle probable de la classe des « économistes », bien trop dépendante des privilégiés, ce passage me paraît éclairant pour la période actuelle et mérite d’être relu.

    « Tout a été pensé ; l’important est d’y penser à nouveau » observait Goethe.

    Votre citation de Malthus me conduit à renchérir un peu avec quelques mots d’un économiste que je trouve enthousiasmant : clarté, précision, humour, pédagogie, érudition… C’est un bonheur de le lire.

    Il s’agit de John Kenneth Galbraith.

    Voilà un auteur qui a prédit la crise actuelle avec… 53 ans d’avance ! Dans « La crise économique de 1929. Anatomie d’une catastrophe financière. », 1954, nouvelle préface en 1988 (Payot 2008), Galbraith propose une explication limpide des rouages fondamentaux — toujours en vigueur — et permet de comprendre à la fois la crise actuelle et les remèdes nécessaires.

    Il faut lire ce petit livre, qui est comme un phare dans la nuit de la crise.

    Au passage, Maurice Allais connaît Galbraith depuis longtemps (50 ans ?) ; on sent partout des filiations (comme avec Schumpeter).

    Extrait de « La crise économique de 1929. Anatomie d’une catastrophe financière. », J. K. Galbraith, 1954 (Payot 2008, p. 12) :

    « Une troisième condition déterminante [du déclenchement des crises], aussi peu mentionnée à l’époque que récemment, fut l’adoption, peu avant le krach, de réductions d’impôts dont bénéficiaient principalement les gens très riches — avant 1929, les réductions de Andrew Mellon, et avant 1987, celles, plus spectaculaires, des économistes de l’offre avec Ronald Reagan.

    Dans les deux cas, ces réductions étaient censées donner un coup de fouet à l’investissement, et permettre la création de nouvelles entreprises, de nouvelles usines et de nouveaux équipements. DANS LES DEUX CAS, ELLES NE FIRENT QUE DÉTOURNER DES FONDS VERS LE MARCHÉ DES ACTIONS : c’est en effet ainsi que les gens gagnant bien leur vie emploient leurs excédents de trésorerie. »

    Ceci est essentiel, il me semble, et mérite d’être lu et relu, (diffusé et propagé), porté à la connaissance du Président de la République et de ses conseillers « économistes » de l’offre, escrocs de la chimérique « relance par l’offre ».

    Il faudrait qu’ils sachent qu’ils sont repérés.

    Extrait de « La crise économique de 1929. Anatomie d’une catastrophe financière. », J. K. Galbraith, 1954 (Payot 2008, p. 16) :

    « En 1987, la situation, héritée des politiques de l’administration fédérale, était fort différente. Déjà sous le président Carter, l’inflation avait été combattue par la politique monétaire, par le biais surtout de taux d’intérêt élevés. Puis, au cours des années Reagan, les impôts furent drastiquement réduits, au nom de LA CHIMÈRE QUE REPRÉSENTE L’ÉCONOMIE DE L’OFFRE mentionnée plus haut, selon laquelle des taux d’imposition plus bas devaient encourager les initiatives individuelles et entraîner ainsi des recettes fiscales plus élevées.

    Le résultat, en réalité, combiné à celui de dépenses militaires accrues, fut un énorme déficit budgétaire. Les effets inflationnistes de ces évolutions furent alors contenus par une politique monétaire encore plus agressive, et des taux d’intérêt encore plus assassins. C’était le monde né du croisement du professeur Arthur Laffer et du professeur Milton Friedman.

    Les conséquences de cette politique aberrante ne font aucun doute. Les taux d’intérêt élevés attirèrent des capitaux de l’étranger qui, eux-mêmes, poussèrent le dollar vers le haut sur les marchés des changes. Il en résulta une subvention extraordinairement généreuse aux importations, une forte pénalisation des exportations et un énorme déficit de la balance commerciale américaine. Les produits étrangers, notamment japonais, s’installèrent solidement sur nos marchés et, contrairement aux bonnes vieilles matières premières, ne furent pas facilement délogés quand le dollar baissa. Une part substantielle des dollars qui s’étaient accumulés dans les mains des étrangers prirent le chemin de Wall Street. Il y avait là, pour le marché, une double source d’incertitude qui n’avait pas existé en 1929 : les investisseurs étrangers se préoccupaient à la fois du futur du dollar et du futur de leurs investissements boursiers. La panique de 1929 avait été, pour l’essentiel, un phénomène américain; celle de 1987 fut mondiale. »

    Cette séquence — décrite dès 1988, il y 20 ans !— ne vous rappelle rien ?

    Le fils de J. K. Galbraith, James Galbraith, de son côté, écrit ceci :

    « La théorie prédominante s’appuie sur l’idée que prix et quantité s’établissent par l’interaction de l’offre et de la demande dans des marchés concurrentiels libres. Cette idée, et nulle autre, qui est au cœur de la pensée économique, est la source des errements qui font que les économistes ont presque toujours tort.

    La présentation des concepts de l’offre et de la demande comme principes explicatifs universels date de plus d’un siècle (ce n’était pas le cas pour Adam Smith, David Ricardo, Thomas Malthus, Karl Marx ou John Stuart Mill). Les principaux protagonistes en sont Alfred Marshall, pour la tradition anglo-saxonne, et sans aucun doute Léon Walras en Europe continentale.

    Au XXe siècle, de grands économistes, tels Keynes, Joseph Schumpeter et John Kenneth Galbraith, ont tenté de briser le pouvoir de ces notions dans l’imaginaire de la profession économique. En vain.

    Une approche de l’offre et de la demande sur le marché du travail sous-entend que le plein-emploi ne peut être réconcilié avec des prix stables, que l’évolution technologique entraîne l’inégalité des revenus et que l’augmentation du salaire minimum provoque obligatoirement le chômage. Dans tous les cas, l’erreur théorique fondamentale est essentiellement la même : la réification d’une courbe d’offre pour laquelle il n’existe aucun fondement empirique. »

    James Galbraith – Comment les économistes se sont trompés (2000)

    On continue à se faire bien enfumer par les riches, qui détruisent la planète.

    Tiens, à propos de riches qui détruisent la planète, vous devriez aller voir cette bonne conférence de Chavez à Copenhague : c’est intéressant et amusant.

    C’est bien qu’on puisse dire ça à ce niveau.

    L’ami Hervé Kempf se voit là honoré d’une publicité mondiale gratuite.

    Publicité bien méritée, je trouve : son livre passionnant m’a fait découvrir (en l’articulant bien avec les problèmes écologiques) la pensée formidable de Thorstein Veblen qui moquait les pulsions puériles de la classe des loisirs, ultra riches forcément toujours insatiables parce que mus par une ridicule rivalité ostentatoire.

    Cette rivalité irrépressible conduit à un gaspillage permanent et croissant, imposé à partir du haut jusque tout en bas de la pyramide sociale par le jeu de cette même rivalité ostentatoire qui nous anime tous. C’est assez bien vu. Et c’est la suite qui est particulièrement intéressante, car cette analyse permet de fonder une proposition politique radicale :

    Ce gaspillage généralisé impulsé par un haut de pyramide inutilement riche justifie, pour la survie de l’espèce, l’intervention publique pour imposer UN REVENU MAXIMUM AUTORISÉ (RMA), puisqu’il est vain d’escompter que les riches s’arrêteront un jour spontanément d’accumuler et de gaspiller, une fois leurs besoins satisfaits (cela n’arrivera pas et ils détruiront la planète).

    Dans cette optique, par le RMA, on n’impose pas les riches pour obtenir de l’argent, ni pour les punir de quoi que soit, ni même pour répartir cet argent auprès de ceux qui en auraient plus besoin, mais prioritairement pour sauver tout le corps social d’un gaspillage mortifère sans fin.

    Décidément, l’analyse de la DEMANDE est bien un pan stratégique de la réflexion économique, à travailler prioritairement pour la recherche du bien commun.

    Ne comptons pas sur les « économistes » pour le faire : on dirait qu’ils sont, pour la plupart, payés précisément pour ne PAS le faire. C’est donc, peut-être, aux citoyens eux-mêmes de s’emparer du sujet et d’en imposer ensuite les conclusions politiques logiques ?

    Amicalement.

    Étienne.
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    Le mystère de la nullité de patrons de banques résolu

    (Source : Petit dictionnaire des mots de la crise, Philippe Frémeaux et Gérard Mathieu, Alternatives économiques.)

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    Discours par lequel MIRABEAU exhorte l’Assemblée constituante, face à la crise, à décider la confiscation d’un quart des plus grandes fortunes (1789) :

    « Il faut le combler, ce gouffre effroyable. Eh bien ! Voici la liste des propriétaires français. Choisissez parmi les plus riches, afin de sacrifier moins de citoyens ; mais choisissez ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons, ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l’ordre dans vos finances, la paix et la prospérité dans le royaume (…). Vous reculez d’horreur… Hommes inconséquents ! Hommes pusillanimes ! Et ne voyez-vous pas qu’en décrétant la banqueroute, vous vous souillez d’un acte mille fois plus criminel ? (…) Croyez-vous que les milliers, les millions d’hommes qui perdront en un instant, par l’explosion terrible ou par ses contrecoups, tout ce qui faisait la consolation de leur vie, et peut-être leur unique moyen de la sustenter, vous laisseront paisiblement jouir de votre crime ? Contemplateurs stoïques des maux incalculables que cette catastrophe vomira sur la France, impassibles égoïstes, êtes-vous bien sûrs que tant d’hommes sans pain vous laisseront tranquillement savourer les mets dont vous n’avez voulu diminuer ni le nombre ni la délicatesse ? Non : vous périrez. »

    1. Etienne Chouar: « Relance par la demande »

      Oui, à condition d’instaurer un certain protectionnisme , que l’augmentation générale de pouvoir d’achat (et donc des salaires) ne rende pas nos quelques productions restantes inexportables et ne permette pas une ruée sur les produits chinois ou autres.

      Que pensez vous du protectionnisme et de la « TVA Sociale » dans cette hypothèse ?

    2. Merci Etienne Chouard pour ce lien sur le magnifique Hugo Chavez. Splendide. Certains présidents doivent se faire tout petits dans leurs souliers (pour certains ce doit être plus facile…).

      Espérons que ce grand homme soit entendu, qu’il continue à se faire entendre. Durant son discours de près d’une demie heure pas une seule fois le mot « économie » n’a été prononcé. Il n’est pas tombé dans le piège tendu, le leurre, qu’est la lutte contre la crise économique et il est en train de retourner l’arme qu’est la lutte contre le réchauffement climatique contre ceux qui la brandissaient pour effrayer les pays émergents et tenter de garder la mainmise sur le jeu capitaliste.

      Bien vu. Grand homme. Qui en plus a la politesse de parler de ceux qui se gèlent à l’extérieur et que certains de nos présidents doivent prendre pour des fans en délire…si toutefois il leur arrive encore de mettre le nez dehors (peut-être ont-ils peur de choper une berlusconite aigüe…dans le pif !)

      Et paf.

  84. A propos de philosophie :

    Pas plus que les papys , je ne méprise la philosophie : pas de méprise !

    Simplement pour agir , donc choisir , je ne délègue pas à un philosophe , un anthropologue , un idéologue d’une quelconque architecture sociale , ou quiconque prétendant m’enfermer ( et un peuple avec moi) dans une vision idéale prédéterminée .

    Je ne choisis qu’un politique s’engageant pour une durée bornée , à mettre en oeuvre (ou au moins essayer) des actions compréhensibles annoncées , même douloureuses , …et si possible sous tendues de façon apparente par les philosophes , les anthropologues , les ingénieurs , les juristes , les affects ,les idées géniales et décoiffantes ..les plus proches de mes préférences . Mais ça n’est pas condition sine qua non .

    Je ne donne mandat que pour des actes définis , compris , acceptés , et mis en oeuvre avant la fin du mandat .

  85. Je reviens … encore …. dans cette époque de  » consensus « enfin , bref, politiquement correct et toutes ces fadaises , qui durent depuis trop longtemps

    1- Réécoutez si vous en avez le temps l’avant dernière l’émission de Colombani & Casanova, ou l’invité était Daniel Cohen , et comparez sa  » tonalité » ( je ne suis pas musicien ), avec celle de ce samedi avec P. Jorion… je vous livre la comparaison qu’à distance je fais, – << je vois ( je ne suis pas voyant pour autant, plutôt quelque fois aveuglé par l'injustice ) je perçois donc deux petits élèves bien élevés devant le grand – professeur, Mr Daniel Cohen, ils, ( Casanova & Colombani ) posent leurs questions tout en bas de l'estrade, aucune agressivité dans leurs paroles, il écoutent, manifestent leur accord sur tout ce que développe Mr Cohen. Bref, des élèves rêvés par tous les profs de lycée.

    2_ Samedi dernier , Casanova devient directement dès le début , le professeur, vocalise, attaque, tente la diversion , …;
    Pourquoi donc , un changement aussi brutal à 15 jours d'intervalle avec deux invités, qui somme toute ne sont ni l'un ni l'autre un troisième …. Cohen ( Elie ) .

    Je ne peux que remarquer, ( je ne suis pas économiste ), que ce dernier Elie Cohen qu'on entendait souvent avant la crise , et ce jusqu'au début de celle -ci…. semble avoir disparu au moins de F-C. est – ce en raison de son optimisme inébranlable ?

    Pour l'internaute " Moi dit", qui évoque Nietzsche, je peux amicalement lui conseiller ( s'il ne l'a pas lue ..? ) la polémique féconde de 1873 : David Strauss le confesseur et l'écrivain , dans les Considération Inactuelles,1…Un bel exemple polémique dont l'enjeu est encore vivace de nos jours.

  86. extrait de la crise de 1929 et l’émergence américaine :

    << Nous nous trouvons toujours dans l'ère des crises à dominante salariales , si nous admettons que la grande période de croissance de croissance de l'après deuxième guerre mondiale n'a été qu'une parenthèse , liée à un phénomène de rattrapage , suite à deux guerres mondiales et une grande crise : une fois l'effet de rattrapage épuisé et la parenthèse refermée, nous aurions simplement retrouvé l'ère de 1929 et ses risques. Sans doute, le mode de régulation de l'économie s'est – il entre- temps, profondément modifié, tant en ce qui concerne la gestion de la masse salariale qu'en ce qui a trait à la place de la dépense publique et des transferts. Ce qui contribue à expliquer que la salarisation croissante de l'économie ne se vit pas, jusqu'ici , accompagnée de crises de plus en plus violentes. Mais en imposant la nécessité , historiquement nouvelle, d'un soutien permanent de l'activité, la grande crise ( 1929 ) aurait amené l'économie à naviguer au plus près entre deux risques, celui de l'effondrement, si le soutien est insuffisant, et celui de l'étouffement, s'il est excessif. …; …….Les contraintes héritées du passé délimitent , il est vrai, l'univers des possibles . Pourtant , a partir de ce cadre , a tout moment , des chemins , des carrefours, des bifurcations s'offrent à nous. Ne l'oublions pas : si l'Histoire ne peut- être violée, elle peut être séduite –

    de l'ouvrage la crise de 1929 et l'émergence américaine , par Isaac Joshsua –

  87. à Moi dit,

    AH ces philistins , Moi dit, je vois que vous l’avez lu, les temps reviennent, où l’on va devoir réemployer le terme non ?

    Cordialement

    1. Ce qui est notable, ce n’est pas que l’on va devoir réemployer le terme (car les philistins ne disparaissent jamais), c’est que l’on ose repenser à la nécessité de le réemployer (la pensée unique craque). Je viens d’aller sur le site de Jean-Pierre Voyer et j’y retrouve des textes de Jorion, Chouard, Creutz, etc. Comment dire? Je sens frémir comme la mise en place inégalée depuis des décennies d’une concentration de forces anti-philistines.
      Je me demande juste si ce n’est là qu’un phénomène purement francophone, ce qui serait dommage.

  88. à Paul Jorion,

    Je n’avais pas vu le clip de votre blog,<> je n’ai pu qu’associer la neige au tireur tueur de Bisons dans le film la Dernière chasse de Richard Brooks, qui meurt de froid dans une grotte où il a passé la nuit . BONNES FËTES -malgré tout.

    1. Méprise : dans le film, celui qui meurt gelé, raidi par le blizzard, est l’effréné tueur de bisons et affameur d’indiens qui a pensé braver le froid en s’enveloppant de la dépouille encore chaude et sanglante d’un bison qu’il venait d’abattre ; la grotte, elle, a protégé et sauvé celui qui s’insurgeait contre la folie destructrice du premier et de ses semblables, ainsi que l’indienne et l’enfant qu’il avait défendus, offrant son asile quasi maternel face au déchaînement de haine de la vie qui s’abattait alors sur les Plaines -et n’en a pas fini à ce jour…

  89. Bonjour à tous,

    le podcast n’est toujours pas dispo sur France Culture, est ce qu’un d’entre nous a le fichier en MP3 à tout hasard, j’ai toutes les difficultés du monde à lire le real audio…

    Merci d’avance

    PS c’est tou de même très rare un podcast qui ne sort pas chez RadioFrance 😉

  90. J’ai dû mal m’expliquer je disais » tueur de bisons » ( le méchant ) si vous voulez, incarné par Robert Taylor, j’ai écris tireur tueur de bisons , mais il était clair dans mon esprit que je ne faisais pas allusion à Stewart Granger qui au début du film se disait en avoir fini avec la chasse… Il est vrai que la grotte comme vous le dites a protégé ( mère nature ) c’est vrai j’avais oublié ce détail important le tueur paranoïaque est mort aussi de son imprudence … Hors champ ,tant que j’ y suis, voici ce que qu’il en était de la réalité pendant le tournage du film: un carton explicatif qui accompagne le générique est d’une cruelle brièveté : <>

    << De nombreux bisons furent tués au cours du tournage , raconta Stewart Granger, et l'équipe technique et nous mêmes commencions à être écoeurés . Brooks semblait prendre un réel plaisir à filmer en gros les vers qui sortaient des cadavres qui jonchaient les plaines ou l'écorchement et le dépeçage d'animaux puants tués plusieurs jours auparavant … Mais les carcasses nécessaires au tournage se décomposaient rapidement à cause de la chaleur. Pour lutter contre, chaque soir, des camions frigorifiques venaient emporter les corps et es rapportaient le lendemain matin. C'était un travil horrible qui nous retournait l'estomac. ( Regard dur le cinéma américain – P- Brion )- Quant à R- Taylor , je crois qu'il existe des bandes d'actualité le montrant pendant le maccarthysme dans le triste rôle de dénonciateur…

  91. Les chemins de fer furent aussi les auxiliaires des grandes parties de chasse au loin. Dès le début de la construction des transcontinentaux; des excursions furent organisées par les grands de ce monde. La plus célèbre est celle de du grand- duc Alexis, fils du tsar Alexandre II, qui fut guidé dans les Plaines en 1872 par le général Sheridan. Il devint chic, dans les années 1870- 80, de participer à une chasse au bison. Les paris sur le nombre de bêtes abattues en un temps record, la renommée des chasseurs les plus adroits, le faste de certaines parties de chasse occupent le folklore et la presse de ces deux décennies.
    L’Amérique fin de siècle par Elise Marienstras.

  92. J’ai donc dis le tueur de bison dans préciser O-K , il meurt gelé effectivement recouvert d’une peau d’un bison  » fraîche «  » ce tueur de bison incarnée par R- Taylor est un paranoïaque, raciste, l’autre chasseur incarné par Stewart Granger est au début du film, un chasseur las de ces tueries .qui souhaite arrêter la chasse, mais qui y renonce ,bien qu’à regrets.

    Hors du champ de ce film voici ce que rapporte Patrick Brion dans <>

    <<La force du film tient également au fait que les bisons qui son tués au cours de l'histoire ( du film ) l'ont été réellement été. Le carton explicatif qui accompagne le générique est d'une cruelle brièveté : "" Nous avons eu l'autorisation de filmer le moment où annuellement, une partie du plus important troupeau de bisons d'Amérique est abattue. Le tir du bison est le travail de tireurs spécialisés dépendant du gouvernement."" """ De nombreux bisons furent tués au cours du tournage, raconta Steward Granger, et l'équipe technique et nous – mêmes commencions à être écoeurés . Brooks semblait prendre un réel plaisir à filmer en gros plans les vers qui sortaient des cadavres qui jonchaient les plaines ou l'écorchement et le dépeçage d'animaux puants tués plusieurs jours auparavant… Mais les carcasses nécessaires au tournage se décomposaient rapidement à cause de la chaleur. Pour lutter contre, chaque soir, des camions frigorifiques venaient emporter les corps et les rapportaient le lendemain matin. C'était un travail horrible qui nous retournait l'estomac""

    Pour R- Taylor il existe des archives filmées dans lesquelles il " témoigne " au procès de certains acteurs lors du macchartysme en tant que dénonciateur, d'acteurs soupçonnés d'être ' communiste ".

  93. Pour la grotte proprement dite, je crois que j’ai fais une méprise, effectivement , c’est plutôt un abri de rocher, et l’indienne, son petit enfant, et stewart Granger sont dans une grotte .. ouf

  94. Les principaux responsables de la destruction du bison sont les constructeurs de chemins de fer transcontinentaux. Le bison se trouvait au menu quotidien des équipes d’ouvriers isolés dans les Plaines. Aux employés des compagnies se joignirent ainsi des aventuriers, d’anciens soldats, des chasseurs recrutés dans l’intendance pour leur connaissance de l’Ouest et des Indiens. William Cody y acquit son surnom de Buffallo Bill parce qu’il tua plus de 4000 bisons à lui seul pendant dix huit mois que dura son emploi à l’UNION PACIFIC COMPANY.

    Pour obtenir une chair plus tendre, on tuait surtout les femelles, et l’on accélérait ainsi l’extinction de l’espèce. Le massacre ne cessa pas avec la fin des travaux de construction : la ligne terminée, on s’aperçevait que les troupeaux qui restaient barraient souvent le passage. Il fallait arrêter le train pendant plusieurs heures pour attendre que les bêtes évacuent les voies. Les passagers pressés et effrayés obtinrent que la chasse se poursuive–

    Elise Marienstras – Amérique fin de siècle.

  95. Mortus ridendo : mais c’est la secte du Mandarom, ici, ma parole. Perso je trouve que JC Casanova t’a plutôt bien remis à ta place de petit populiste en peau de lapin. Sinon, en parlant de spéculation, pourquoi ton pote Attali, qui a lu ton scénario catastrophe avant tout le monde, ne te filerait pas un poste important au sein de PlanetFinance. Hein mon popol ? Avoue que de se priver d’un visionnaire dans ton genre est pour le moins une faute de goût. Si je dis ça, c’est parce que je m’inquiète pour ton avenir professionnel.

    Sinon, sur http://extremecentre.org nous n’effaçons pas les commentaires qui nous sont défavorables. Il est vrai que n’y règne pas la pensée unique, ni un arrière-goût de petit gourou…

    1. Rassurez-vous, je ne vais pas manquer au contraire une occasion de révéler à mes lecteurs le blog de quelqu’un dont le point de vue diffère aussi fondamentalement du mien.

      Ceci dit, j’ai suffisamment de respect pour Mr. Jean-Claude Casanova pour penser que l’idée de vous avoir comme supporter ne l’enthousiasmerait pas.

    2. Euh… Je suis peut-être pas raisonnable de ne pas aller voir, mais en lisant juste l’entête du site extremecentre, j’ai eu peur :

      eXc: Nous aimons la liberté, l’état de droit, l’héritage des Lumières, la séparation de l’église et de l’état, l’humour. Nous n’aimons pas le fascisme, le communisme, l’antiaméricanisme, l’antisémitisme, le racisme, la bureaucratie, les totalitarismes. Nous estimons que le plus grave danger que courent les démocraties libérales est de céder à l’islamofascisme.

      Si on ajoute une énorme photo de PIE XII avec comme commentaire : « Pie XII est un Saint, en voici la preuve. »

      On est en plein « choc des civilisations » là !!!

      J’avoue, que ça ne me laisse pas l’impression que je vais trouver des messages de tolérance et d’idées ouvertes sur ce site (d’ailleurs EXTREME centre, j’avoue que je vois pas quel concept ça recouvre.

      Le coup de grâce dans le ton employé par SIL dans son message… No comment, par respect pour la dignité humaine.

    3. Moi j’ai eu le « courage » d’aller voir un peu ce que contenait ce blog…

      J’en retire que l’extrême-centre est ce qui se rapproche le plus de l’extrême-droite, dans ce qu’elle a de plus caricaturale. Après un rapide survol du site, c’est une suite de tracts néo-conservateurs assumés et majoritairement haineux, ce qui est parfaitement en phase avec le ton de l’intervenant ci-présent.

  96. J’ai apprécié ce dialogue, je n’écoute plus « La rumeur du Monde » depuis plus de deux ans, exaspéré par leur analyse économique néoclassique. Je suis assez surpris du fait qu’ils vous aient invités. J-C Casanova n’a visiblement pas l’habitude d’être contredit, il doit vivre dans son monde peuplé d’économistes néoclassiques contents de leurs analyses et de leurs méthodes pseudo scientifiques.

    L’argument habituel des économistes néoclassiques pour disqualifier leurs opposants consiste a leur dénier toute légitimité dans le champ de l’économie que eux seuls maitrisent. Rappeler de manière méprisante que Paul Jorion est un anthropologue relève de cette démarche.

    Je me demande toutefois ce qu’on pensé les auditeurs habituels de cette émission, peut-être qu’au final ils prennent Paul Jorion pour un anthropologue égaré dans un domaine qui le dépasse… et que ce bon Casanova a bien fait de remettre à sa place… qui sait !

  97. à SIL, puis à Jean – Luc

    Sil, je ne vous connais pas, mais votre prose m’indiquent deux choses , la première c’est qu’elle est fausse en ce qui concerne l’accusation de populisme , je vous demande de le démontrer si toutefois vous en êtres capable….,le deuxième point c’est que vous induisez au monde !!! .. votre rumeur…; un peu comme le pratique le F- N , c’est un procédé identique à celui que pratique ce parti.

    Perso je ne connais pas l’oeuvre de P-Jorion, mais je n’ai pas  » entendu l’anthropologue, mais quelqu’un qui a argumenté le débat, et qui pour la première fois depuis que cette émission existe s’est clairement opposé à Mr Casanova dont je l’ai dis plus haut dans le blog prend des libertés .. suspectes… ( il faudra bien un jour que l’enregistrement dans lequel il évoque Marx à propos de l’actionnariat soit re – diffusé afin qu’on puisse juger sur pièces. Sur la conclusion de votre mail le même Casanova  » qui remet en  » place  » et qui rappelle la définition du spéculateur…. .cela est comique, Pour ma part, plutôt qu’une définition j’aurais préféré qu’il nous évoque la « Chrématistique  » cette dernière ayant un grand auteur, et un lieu…

  98. C’est vrai, comme l’a dit M. Casanova, que M. Keynes a fait gagner beaucoup d’argent à son Hedge Fund lors de prises de positions spéculatives sur les marchés à terme … mais cela n’a pas toujours été de tout repos, et il y a eu des moments où, même en s’y connaissant en latin, il n’a pas vu clair … et heureusement qu’il avait à sa disposition les locaux immenses de Trinity College, Cambridge pour prendre livraison des tonnes de blé dont il ne savait pas quoi faire !!!

    Imaginons cela !! et rigolons !!

  99. Surprenant. C’est bien. J’aime bien être surpris. Je vois aussi que nous voilà repassés en mode vouvoiement. Cela me sied. Vous « révéler » (une manie ma parole) certes, et c’est bien, mais admettez qu’il eut été plus honnête de ne pas effacer notre premier échange, effaçant par la même occasion le petit tir de barrage de votre délicieux fan-club. Enfin, ne boudons pas notre plaisir et félicitons-nous d’un retour en grâce auprès du professeur Jorion. J’ai beau ne pas en être digne, je m’en félicite tout de même.

    S’agissant de Monsieur Casanova, je ne sais pas ; quelque chose me dit qu’il doit posséder (quel capitaliste celui-là aussi) beaucoup plus d’humour, et sens du second degré, que vous…

    Concernant votre populisme, permettez-moi d’insister et de vous demander de cesser de caresser les craintes du petit peuple dont je suis issu, de spéculer sur nos angoisses du lendemain, pour faire avancer vos petites ambitions bureaucratiques ou textuelles (Et qui serait chargé de veiller à l’application de la constitution Jorion; La Cour Jorion, Le Haut Conseil Jorion, une ONG Jorion ?). Oui, pour utiliser l’une de vos formules « je vous l’interdis ». Vous ne nous êtes en rien utile (Jorion le Benjamin Franklin de l’économie avec sa constitution mondiale, plutôt drôle, non). Aussi, refaites donc le monde autant que vous le désirez, entre petits bourgeois médiocres frustrés de pouvoir et d’argent, mais ne venez surtout pas rogner les ailes de tous ceux qui veulent voler, à plus forte raison quand cela sert au final les intérêts du plus grand nombre.

    D’ailleurs histoire de vous occuper, voici deux trois idées. Avez-vous songez, au motif que tout un tas d’autres domaines sont susceptibles de produire moult dégâts, à proposer une constitution mondiale voire galactique pour chacun d’entre eux : Une metaconstitution du langage, de la vie amoureuse, conjugale, sexuelle, éducative, alimentaire, routière, sociale, religieuse, philosophique…(liste ouverte). Si vous avez besoin d’aide, sifflez-moi, je vous donnerai un coup de main. Votre logique absurde est si facilement assimilable qu’il me sera facile de l’appliquer à tout un tas de champs de l’activité humaine.

    Très respectueusement votre, car moi aussi je vous respecte, si vous saviez à quel point je vous respecte, vous seriez ému par autant de respect.

    SILius minus

    PS : trêve de Dieu oblige, je vous souhaite, très sincèrement, de très bonnes fêtes de fin d’année. Tiens je semble être le premier. Si c’est pas triste avec autant de courtisans, que ce soit l’un de vos opposants qui vous fasse et la fête et vous la souhaite 😉 Allez bonne fêtes encore une fois, à vous ainsi qu’à votre fan-club 🙂

    1. C’est un métier « Légende urbaine »……. SIL en est ému.
      Réconfortant pour vous, Paul, le raccourci anthropologique « contes et légendes ».
      Vous qui aimez trop souvent cet échappatoire, vous voilà servi.

      Légende ici, les gens d’ là-bas, populiste ici, populaire là-bas, saint ni-coco, saint ni-cola.
      « En vert de rouge hollandais qui’s’déguise le patron des marins qui ont les boules!!!  »
      Plus saillant que le vert de gris pour courir là haut comme un con sur tout les toits, certes.Mais pardon, il est tard… Noyeux Joël!

      L’année dernière les pères noël des grands boulevards étaient en grève…. Vous vous souvenez à la télé? Non? Bon…
      Les enfants ne savaient plus comment être en pleure sur la photo….

      Mais Théodore dort, je l’espère.
      Pour l’instant il s’en fout.
      Au fait, croira-t-il, … ou saura-t-il le père noël?
      Rien ne serait effacé de l’escroquerie première….
      Le bonnet rouge ne vous va pas, mais pourtant, mieux qu’à d’autres…..
      Tentez le bonnet phrygien pour rire… C’est le moment ou jamais!
      Bonnes « fêtes » à vous et aux autres!

  100. @ Orengo : Le populisme c’est se servir de nos pulsion primaires, des peurs (la peur de la misère quelle belle vieille peur) du peuple pour s’arroger un pouvoir, de préférence exorbitant (bureaucratique hors de tout contrôle populaire par exemple par le biais d’une institution chargée de veiller à l’application d’une constitution économique mondiale).

    1. Selon une vieille sagesse, l’homme a peur de ce qu’il ne connait pas. Je ne peux donc avoir peur de la misère. Joyeuses fêtes à vous aussi.

    2. SIL

      En quoi une constitution pour l’économie serait-elle attentatoire aux libertés ?

      Vous n’avez pas lu les écrits de Paul Jorion, ou alors en diagonale.

      Une constitution n’a pas pour finalité d’organiser une économie de A à Z comme vous semblez le penser.
      Une constitution pour l’économie propose des principes explicites là où l’économie actuelle a ses principes implicites (l’argent comme marchandise et la concurrence sans limites) avec les dégâts qu’ils occasionnent et que chacun peut constater.

      D’autre part, par définition, toute constitution émane d’une volonté populaire, c’est donc tout l’inverse d’une démarche de type technocratique.

      S’agissant de la question du pouvoir, le principe de l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix, loin d’aboutir à l’établissement d’un pouvoir exorbitant comme vous dites — sinon sur une minorité qui s’arroge tous les pouvoirs –, implique une redistribution du pouvoir au profit de ceux qui en ont peu ou pas du tout, ce que vous appelez justement le peuple. Sauf à admettre que l’argent ne donne aucun pouvoir — hypothèse intenable vous en conviendrez — le principe mis en avant par une telle constitution rétablirait un certain équilibre dans le jeu à trois impliquant investisseurs, entrepreneurs et salariés. Tout en précisant que les entrepreneurs sont dans certains cas eux-mêmes investisseurs, ce qui leur confère plus de pouvoirs encore sur la troisième catégorie d’acteurs économiques, les salariés, lesquels s’ils se font parfois investisseurs le sont dans des proportions bien moindres.

      Cette proposition de constitution pour l’économie repose donc sur l’examen des rapports de force effectivement constatés sur le « terrain ».

      D’aucuns objecteront que cette constitution est difficile à mettre en oeuvre. Mais n’est-pas justement parce qu’une minorité qui dispose du pouvoir de l’argent s’y oppose de toutes ses forces ?

    3. @ Pierre-Yves

      j’ai le sentiment que ce qui semble « troubler » quelques uns ,dont moi , c’est que dans cette affaire de « Constitution pour l’économie » ne soit nulle part envisagé , dans sa chronologie , le principe d’une Assemblée Constituante au cours de laquelle seraient confrontées les idées de chacun (c’est en celà que le travail d’ECCE est , bien sùr, indispensable)…

      la diagramatisation d’une volonté populaire n’apparait pas assez dans les préoccupations de chacuns , et sans l’adhésion populaire aux mesures necéssaires (interdiction des paris,recentrage du controle des flux monétaires sur les Banques Centrales….etc…) , celà risque de ne pas fonctionner , voire de dysfonctionner (on commence à s’en apercevoir quand à la mise en place de la constitution européenne (traité de Lisboa))

  101. Admettons Pierre-Yves, à ceci près qu’il vous manque et la volonté populaire et qu’une constitution avec un article, ou une seule interdiction, comment vous dire, ce n’est pas sérieux enfin.

    Et puis, j’attends toujours une réponse au sujet de l’institution (de préférence démocratique) chargée de veiller au respect de ce texte (soumis à ratification ou referendum, j’espère, comment ça « non »).

    1. SIL

      Puisque vous êtes capable d’admettre le raisonnement qui se trouve dans mon précédent commentaire, tirez en toutes les conséquences avant de dire que tout ceci n’est pas sérieux. Et si vous ne voyez toujours pas relisez les billets, articles, et/ou livres de Paul Jorion qui traitent de la question. Vous finirez par comprendre les implications sur la finance et l’économie de l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix. Tout de même, en deux mots, je dirais qu’ il s’agit de « fermer le casino » mondial de la finance, un casino dont les joueurs sont les spéculateurs, ces acteurs financiers qui parient sur la hausse ou la baisse de transactions — financières — qui ne donnent lieu à aucune livraison de marchandise, ce qui a pour conséquence de livrer entreprises et salariés pieds et poings liés au petit jeu très lucratif des spéculateurs avec toutes le conséquences que l’on connaît : fusions-acquisitions, LBO, délocalisations, chômage, stress et insécurité sociale des employés ……repli identitaire.

      Si vous trouvez qu’il manque la volonté populaire je compte sur vous pour vous joindre à nous ainsi nous augmenteront nos chances de parvenir à l’adoption de cette constitution pour l’économie.

      L’institution démocratique chargée de veiller au respect de la constitution ce n’est pas vraiment un problème sauf pour ceux dont la confiance qu’ils portent à l’égard de toute institution démocratique est proche de ou égale à zéro. Ou bien, ce qui revient un peu au même, pour ceux qui ont une si piètre opinion de l’humanité qu’ils ne pensent pas que des êtres humains puissent être capables de transformer le monde afin le rendre un peu meilleur qu’il n’est.

  102. Bonsoir,
    Je viens de lire les interventions de SIL, et ses changements de ton « m’inquiètent » pour lui, il tutoie et vouvoie, il donne des ordres ahurissants d’ arrogance, « cessez de caresser les craintes » « je vous l’interdis » « vous ne nous êtes en rien utile » « petits bourgeois médiocres frustrés d’argent et de pouvoir » « ne venez pas rogner les ailes de ceux qui veulent voler » « votre logique absurde » etc. suivi par un délirant « Très respectueusement votre, car moi aussi je vous respecte, si vous saviez à quel point je vous respecte, vous seriez ému par autant de respect. » Un délire de persifflage et d’orgueil. J’ai connu cela lors des élections présidentielle américaines, sur agoravox, très assuré de la victoire du camp républicain et ne tarissant pas d’éloge sur Sarah Palin. Je retrouve cette absence totale de complexe, où la parole est tordue dans tous les sens pour « rire un bon coup », dérouter et se moquer du moindre détail de l’autre. Après cela quelle dignité pour défendre un Pape quel qu’il soit ! Je ne vois pas Benoît XVI apprécier cette prose. Cela détonne à chaque instant chez lui, je le retrouve tel qu’il a sévit…Sinon c’est son double !

    Bon Noël à vous Mr Jorion, en souhaitant que l’esprit de cette fête calme ce lutin facétieux.

    1. D’accord avec vous , il me fais penser au fantôme de Céline, n’étant pas de ceux qui apprécient l’écrivain, la notion de fantôme n’est pas péjorative, pour autant, Breton après tout demande se demande <>

      Le site qu’il indiquait , ( j’y suis resté quelques secondes ! ) m’a semblé être très confus….

      Une phrase énigmatique en regard de son mail :

       » Très respectueusement votre, car moi aussi je vous respecte, vous seriez ému par autant de respect »

    2. Jean-Michel, vous fabulez mon ami. Du coup, fabuleux Jean-Michel, puisque vous fabulez, me voici obligé de rectifier vos propos, et ce alors que j’étais en pleine rédaction d’une constitution globale sur les échanges d’information, seule véritable source de pouvoir suprême, comme l’enseignait déjà la mythologie germanique (voir Odin et ses deux corbeaux) et autres (d’où l’adage « l’information c’est le pouvoir »). Cependant, pour avoir les idées larges, je vous laisse volontiers à votre obsession de l’argent.

      Donc rectifions. Je ne suis jamais intervenu sur Agoravox au sujet des élections américaines (mes interventions sur ce site se comptant sur les doigts d’une main, articles y compris -1). Mais puisque vous en parlez, sachez que j’ai été l’un des premiers à spéculer(1) sur l’élection du président Obama (séduction oblige également), sentant qu’il correspondait si bien à l’air du temps, tout en étant l’un des premier aussi à supputer (après avoir glaner autre chose que ses mémoires pour info) que sa présidence ne serait pas une bonne chose pour les USA.

      Pour le reste, je vous laisse bien évidemment apprécier comme vous l’entendrez (fort mal, je le crains), la forme ainsi que le fond de mes chtites chroniques ou interventions, votre appréciation me laissant de toute façon aussi froid qu’un travers de yak oublié par un sherpa au sommet d’un glacier himalayen. Allez, bonnes fêtes Jean-Michel.

      SILutin facétieux mais pas seulement

      (1) : s’agissant d’Obama http://extremecentre.org/2007/12/02/american-idol-barack-obama/

  103. Il est regrettable que Paul Jorion, avec son slogan « interdire les paris sur les fluctuations des prix » et son très étroite définition de la spéculation fasse tourner court le débat sur la nature de la monnaie qu’il a pourtant initié!

    1. J’y travaille. Certains sujets exigent davantage qu’un billet ou qu’un rapide commentaire, il faut analyser le problème et il faut le temps de rédiger sa solution – si on la trouve ! « Capitalisme, économie de marché et libéralisme » prend la forme d’un livre. L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix y sera traitée dans un exposé systématique couvrant les tenants et les aboutissants, l’autre question qu’il faudra résoudre, c’est celle des revenus. Keynes l’avait abordée en mettant le plein emploi au centre des préoccupations. Cette approche a non seulement perdu sa pertinence en raison du niveau actuel de productivité mais elle conduit à la destruction de la planète. Il est urgent de trouver autre chose.

      Quant à l’argent, je viens de lui consacrer un livre. L’argent est un problème en soi parce que notre système de société conduit de manière inévitable à sa concentration. Il n’y est lui pour rien, c’est notre système de société qui est à revoir.

  104. J’insiste pour dire que la construction de l’argent tel qu’il est « y est pour beaucoup » dans les phénomènes que nous observons!
    Parler de « système de société » dans ce contexte est un faux-fuyant!
    Les « interdictions », toujours soviétiques, ne changent absolument rien à la mécanique déclenchée par la monnaie telle qu’elle est conçue!
    Comment peut-on maintenir la monnaie telle qu’elle est, dotée d’une contradiction interne redhibitoire, à savoir, elle est censée circuler, et au moment où on aurait le plus besoin qu’elle circule, à savoir au moment des crises systémiques, c’est là qu’elle circule le moins!
    Où est le problème de vouloir problématier ce point?
    Vous traitez des choses importantes dans votre livre, et vous avez publié mes commentaires, alors, je comprends mal pourquoi il faut maintenant se contenter de solutions qui ne peuvent pas marcher!
    Justement, la distinction entre capitalisme et et économie de marché est liée à cette problématique de la monnaie qui circule selon des critères capitalistes ou non!
    Aussi, le fait même d’entraver la circulation monétaire comme c’est le cas actuellement de tous les refinancements centraux par les banques (elles ne peuvent sans doute agir autrement étant la nature de cet objet absurde qu’est la monnaie actuelle), est déjà de la spéculation esentiellement!
    Spéculer c’est attendre pour voir.
    Je n’imagine pas que cette façon de faire soit le souhait des banquiers centraux ni même des politiques!
    Même les chefs d’entrerise ne le souhaitent probablement pas, mais il y a là une logique « rationnelle » totalement irrationnelle qui impose un tel fonctionnement!
    Si vous continuez à proférer que « c’est notre système de société » sans identifier plus clairement le point sensible, à savoir la conception même de la monnaie, vous ne trouverez pas la bonne réponse, cela me paraît totalement exclu!
    Comme vous le signalez, il faut avancer ensemble, il ne me semble pas concevable alors que mes critiques soient supprimées du blog!
    Il faut DEMONTRER puis problématiser ces questions, j’attends évidemment impatiemment votre nouvel ouvrage.
    Quant à la question des revenus, je pense comme vous pour dire que la répartition actuelle des revenus, où plus de 40%(!) du PIB sont devenus revenus du capital, autremnt dit, le fait qu’un travailleur donne plus de 40% fe ses revenus au capitaliste est bien le principal facteur de crise.

    1. Comme je l’explique dans « L’argent, mode d’emploi », il n’y a pas à mon sens de problème « DE » la monnaie. Je m’intéresse maintenant plus particulièrement dans ce que j’écris aux raisons pour lesquelles on aboutit dans nos sociétés à la concentration de l’argent.

      [Je ne sais pas si c’est un problème dû à votre ordinateur mais vous envoyez maintenant deux ou trois versions de chacun de vos commentaires].

  105. @ Sil,
    1. Il me semble que votre apport à la réflexion de chacun serait bien plus utile si vous vous concentriez avant tout sur le contenu de l’analyse de Jorion (ou des (rares) commentaires contenant un niveau pertinent d’analyse), pour développer votre point de vue de « contradicteur » (qui serait très bienvenu)… plutôt que de formuler des procès d’intention à côté de la plaque ou des fantasmes quant au profil psychologique et sociologique d’un « lecteur type » de ce blog.
    2. Si vous croyez avoir trouvé une secte intello d’extrème gauche agitée par un manipulateur illuminé (ça existe), vous faites fausse route.
    3. Votre arrivée provoc’ était amusante, j’espère que vous nous reviendrez avec des arguments.

    Autre chose : je lis les articles de Jorion depuis quelques mois déjà (entre autres blog et journaux), et si vous souhaitez réagir à ses arguments, je vous conseille de relire deux trois fois, car ses écrits sont souvent très synthétiques, très denses, bien que la syntaxe soit simple, si bien qu’une lecture trop hâtive peut prêter à des interprétations hasardeuses.

    Bonne journée à toutes et à tous

    1. Débarquement tonitruant et provoc mis à part, que l’on réponde déjà aux questions très simples et concrètes que je pose au lieu de me renvoyer aux exégèses des écrits du maître.

      Quant aux manipulations, les travaux de psychologie sociale nous enseignent (s’il en était besoin) que l’on n’a très souvent besoin de personne pour se manipuler, et faire fausse route. Par contre on aime bien faire bonne ou fausse route en bonne compagnie (l’avenir nous dira si c’est moi ou vous qui récolterez le Lemmings d’or. Que voulez-vous, bien que combatif, je sais rester beau joueur) 🙂

  106. Je vous ai soutenu dans la question de la création monétaire via le crédit, chose qui n’existe tout simplement pas, alors je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de suite autour de la question de la nature même de la monnaie!
    Cela est quand même la question centrale!
    Il faudra bien que cela vienne aucentre des préoccupations des économistes, car, sinon, des gens comme Casanova auront beau jeu de vous démonter!

  107. Capitalisme et autorégulation
    A mon sens, l’autorégulation des marché est impossible du fait du régime capitaliste dans lequel nous sommes prisonniers.
    Et ce capitalisme prend sa racine dans la seule monnaie telle qu’elle est, objet d’échange et RESERVE DE VALEUR ULTIME!
    Un seul et même objet incarnant ainsi deux objectifs totalement inconciliables et contradictoires!
    Autrement dit, dès que l’autorégulation des marchés aura joué pendant un temps, c’est la logique capitaliste qui reprend le dessus qui, en concentrant les richesses et en creusant l’écart entre créanciers et débiteurs (riches et pauvres), fige le jeu, bloque les échanges et les investissements, et nous nous enfonçons dans la crise!
    Les soubressauts auxquels nous assistons ne dureront pas, je partage l’analyse de Paul Jorion.
    A la fin, c’est la civilisation toute entière qui se retrouve menacée, un peu comme la seconde guerre mondiale était bien la sortie de la crise de 29!
    Si on ne modifie pas l’émission dela monnaie elle-même au sens de la monnaie anticrise que proposent les geselleiens, je crains fort qu’il n’y ait pas véritablement d’issue à cette crise – sauf après une catastrophe encore plus grande que la seconde guerre ondiale qui, déjà, n’a pas débouché sur un monde paisible!
    Un pays émergeant (la Chine?) pourait-il prendre la relève et devenir moteur d’un ordre capitaliste engagé dans une fuite en avant?
    Je n’y crois guère en raison du retard encore trop important de ce pays, et aussi en raison des limites des ressources sur terre, certainement plus près d’être atteintes que par le passé.
    L’autorégulation ne pourra se déployer en continue et d’une façon stabilisante qu’avec la monnaie anticrise!

  108. Lire,…;

    : << Me croyant seul , je voulu prendre un livre qui semblait ouvert sur la table à mon intention, mais une vieille femme , couchée dans un coin sur des couvertures , poussa un cri.

    – Je ne vous avais pas aperçue , lui dis-je. Est -ce que ma présence vous incommode ?

    – Pas du tout, mais à mon âge, je n'ai pas l'habitude des visites.

    Je m'assis auprès d'elle et , les yeux fermés, je commençai les salutations d'usage : <>

    – Approchez – vous donc , dit la vieille femme. Npus passerons ces quelques instants ensemble.

    Elle se dévêtit et , le corps couvert d’un long maillot noir , alla prendre le livre dont elle arracha plusieurs feuillets. <> demanda -t elle en baissant la voix . Elle me tendit quelques pages ; nous nous étendîmes, côte à côte, chacun enveloppé dans une couverture. <>

    <>

    M- Blanchot – Dernier mot

  109. Il n’y a plus de bibliothèque. Chacun désormais lira à sa guise.

    La peur est votre seul maître . Si vous croyez ne plus rien craindre , inutile de lire. Mais c’est la gorge serrée par la peur que vous apprendrez à parler..;

    Depuis qu’on a supprimé le mot d’ordre, dis- je, la lecture est libre . Si vous jugez que je parle sans savoir ce que je dis, vous resterez dans votre droit . Je ne suis qu’une voix parmi les autres.
    M- Blanchot-

    Le Ressassement éternel.

  110. Paul:
    Comme je l’explique dans « L’argent, mode d’emploi », il n’y a pas à mon sens de problème « DE » la monnaie. Je m’intéresse maintenant plus particulièrement dans ce que j’écris aux raisons pour lesquelles on aboutit dans nos sociétés à la concentration de l’argent.

    [Je ne sais pas si c’est un problème dû à votre ordinateur mais vous envoyez maintenant deux ou trois versions de chacun de vos commentaires].

    JF:
    Je ne vous suis toujours pas tout à fait!
    Cette monnaie pose quand même l’énorme problème que les injections massives de liquidités dans les banqes en faillite n’ont absolument pas abouti dans l’économie réelle!
    Comme vous le savez très bien, cela nourrit des bulles nouvelles largement, ou alors, les banques placent l’essentiel de ces liquidités simplement dans la banque centrale pour gagner des profits faciles et sûrs.
    A quoi cela peut bien servir?
    Cela ne peut être l’intention d’une politique monétaire digne de ce nom!
    Et là, j’attends toujours que d’autres que moi proposent une idée pourquoi cela se passe ainsi!
    Dans le même registre, on sait que la monnaie liquide est thésaurisée pour 90% du montant de son émission!
    Les chiffres des banques centrales confirment cela parfaitement!
    Comment dire dès lors « il n’y a pas à mon avis de problème DE monnaie »?
    Cela ne fait pas sens, surtout de votre part!
    [non, pas de problème d’ordi, sauf un peu de lenteur d’exécution, mais j’envois effectivement plusieurs versions parfois, car je suis un peu insistant pour de bonnes raisons]

    Il resteque ce que je formule sans réplique valable pour l’instant: le fait d’attendre est déjà spéculer, pas nécessairment dans le mauvais sens, mais l’effet spéculatif opère à cause même de la monnaie!
    La monnaie telle qu’e’elle est est bien la conserve de la richesse et, dans ce cas, se soustrait à son usage comme institution publique!
    Comment accepter plus longtemps que l’autorité monétaire émet un instrument de paiement et d’échange qui pourra à tout moment se soustraire à son usage?
    La monnaie incarne des notions contraires et inconciliables, elle devient dès lors fétiche, c’est le propre du fétiche d’incarner des choses paradoxales.
    Ceci est bien un héritage de la monnaie or qui fonctionnait déjà ainsi!
    Evidemment, le fait d’accumuler des billets peut être aisément compensé par la BC, ce qu’elle fait, mais, comme nous le voyons au Japon, ce n’est pas très efficace!
    Je ne vois pas comment lâcher sur ce fait massif!
    Pour revenir à votre livre, c’est vrai que vous écrivez que la monnaie doit aussi être réserve de valeur, ce que je ne conteste pas, mais je vous en prie, soyez nuancé sur cette question, car le diable réside là dans le détail et la précision!
    Ce que j’articule à longueur de mes interventions est plus subtile!
    Car la monnaie doit bien être « réserve de valeur », mais il faut absolument détacher cette fonction réserve de valeur du véhicule, du billet lui-même!
    La réserve de valeur est le pouvoir d’achat. Et, dans ce que j’expose précisément, le pouvoir d’achat de la monnaie est préservé très exactement quand le billet passe de main en main, pas quand le billet tend à se retirer! Surtout que es prix moyens deviendront absolument stables dans ce que je propose, c’est technique!
    J’expose aussi, dans le souci de la « conservation des quantités » que les billets « fondants » impliquent une restauration de masse au niveau central en continu.
    Tout comme le temps qui passe, et tout comme les transactions sont successives, il est fondamental de prendre en compte le facteur temps, y compris dans l’idée de la réserve de valeur!
    Encore une fois, au niveau de l’épargne, lla valeur sera complètement conservée et stabilisée avec la monnaie fondante.
    Par contre, avec la monnaie actuelle qui génère des intérêts, la valeur de l’éparge est augmentée, ce qui diminue d’autant le pouvoir d’achat des emprunteurs! (sauf en cas d’inflationoù c’est le contraire, mais les intérêts plus élevés compensent cela et bien au-delà)
    Si vous trouvez cela acceptable, il me semble que vos propositions ne donneront alors aucune possibilité de sortir du système.
    Au niveau de la thésaurisation porteuse de déflation, ce n’est pas l’intérêt de la monnaie qui agit pour diminuer le pouvoir d’achat, mais la déflation signifie une augmentation de la valeur du trésor thésaurisé, et cela diminue d’autant le prix des biens, services, salaires et actifs financiers.
    En cas de déflation, le poids de la dette devient totalement écrasant, et les créanciers s’enrichissent (autour de la part de monnaie restant circulante) en ayant un pouvoir d’achat plus fort pour revenir sur le marché quand bon leur semble.
    Si vous ne trouvez rien à redire sur cette mécanique diabolique, je ne comprends vraiement pas ce qui peut changer par vos propositions d’interdiction des paris sur les variations des prix, mais je ne demande qu’à être convaincu…

    1.  »
      Comme vous le savez très bien, cela nourrit des bulles nouvelles largement, ou alors, les banques placent l’essentiel de ces liquidités simplement dans la banque centrale pour gagner des profits faciles et sûrs.
      A quoi cela peut bien servir?
      Cela ne peut être l’intention d’une politique monétaire digne de ce nom!
      Et là, j’attends toujours que d’autres que moi proposent une idée pourquoi cela se passe ainsi!
      Dans le même registre, on sait que la monnaie liquide est thésaurisée pour 90% du montant de son émission!
      Les chiffres des banques centrales confirment cela parfaitement!  »

      C’est intéressant ça … vous pourriez nous donner quelques références, un lien ou des chiffres sur toutes ces infrmations?
      Merci

  111. à Moi dit

    Ils ne disparaissent jamais c’est exact. Mais c’est peut-être pire de nos jours par l’offre de Culture sur le marché…avec une intention , sinon un slogan abstrait « chacun choisit »… J’avais été stupéfait, il y a quelques années de trouver devant un Carrefour, une grande tente , me rappelant les cirques de village de mon enfance, et dans laquelle le supermarché cité vendait les livres au Kilo…..Certes la balance n’était plus la balance Romaine , mais la quantité et la soi -disante diversité des thèmes était impressionnante, pour le coup , j’aimerais qu’un économiste en explique le mécanisme, d’autant que la pseudo – diversité était soit romanesque , soit directement utilitaire, ( les deux l’étaient ) , en fait …

    BONNES FËTES

  112. Bon, me voilà renseigné et avec plaisir peu apprécié par SIL. J’ai donc prêché le faux pour me rapprocher du vrai.
    Ma participation ici me bombarde pour le juge SIL à un obsédé de l’argent, je le laisse à ses suppositions automatisées.
    Mais qu’y a-t-il de vrai sur un site décoré d’une « SIL-Icône gay » Père-Noëlisée, dans une posture explicite et dénudée à la mode des calendriers d’équipes de rugby, trônant au-dessus du portrait de Pie XII en retour d’examen historique ? Je vous le demande ? Et à défaut de sincérité, de bon gout ? Mais il n’est de bon bec que celui de SIL, je l’ai compris.

    Au plaisir un peu pervers je l’avoue, de vos insultes, SIL, très narcissiques et destinées à vous mettre en valeur. Bon Noël pas trop ripailleur, mais surement matérialiste, sans trace de foi, devant le foie gras.

    1. « un site décoré d’une « SIL-Icône gay » Père-Noëlisée, dans une posture explicite et dénudée à la mode des calendriers d’équipes de rugby ».

      🙂 Mortus ridendo, elle est vraiment pas mal celle-là.

      En fait, il s’agit d’un extrait de tableau de Lucian Freud « girl with a white dog ». Sans rancune Jean-Michel. Vraiment poilante celle-là. Surtout ne changez rien…

  113. – Si l’on s’arrête un instant pour observer la situation constitutionnelle à la fin de cette période, c’est à dire en 1929, on constate un phénomène curieux – et Non accidentel : les Etats, et à un moindre degré, le Gouvernement fédéral sont presque dépourvu de pouvoir pour réglementer le commerce et l’industrie. L’Interstate Commerce Commission est le seul organe véritablement effectif. Ce qui forme dans l’Etat moderne , le souci fondamental du Gouvernement : l’économie , échappe très largement, dans les Etats Unis de 1929, à son contrôle . Les garanties de la liberté individuelle ont été étendues au point de produire ce résultat . Le plus curieux n’est pas tant que le fait lui -même que la satisfaction et l’orgueil que les Etats – Unis de 1929t tirent du fait. La paralysie gouvernementale leur semble un bienfait de la Constitution et de ceux qui l’interprètent , puisque , loin de constituer une gêne , elle est une garantie du jeu parfait du principe de laissez faire et protège les Etats – Unis contre les mesures socialistes prise en Europe . Effectivement ; l’industrie prospère , les concentrations augmentent , leur puissance leur permet des découvertes techniques ou un abaissement du prix de revient qui augmente leurs revenus. Mais une économie sans contrôle , dont les participants professent qu’en raison des progrès techniques elle peut connaître une expansion sans limite et qu’il n’y aura plus de pauvres , ne peut qu’aller à sa la ruine . L’agriculture n’a pas cessé de souffrir depuis 1921, et elle est profondément endettée ( de 1926 à 1931 un cultivateur de l’Iowa, sur 7, dut vendre sa ferme ou la laisser saisir.) .

    Les salaires n’ont pas entièrement suivi la hausse générale de prix; le progrès technique a créé un certain chômage. Une situation de monopole permet aux grandes entreprise de baisser leurs prix de revient en maintenant ou en accroissant leurs prix de revient en maintenant leur prix de vente. Pour placer leurs bénéfices accrus, les entreprises achètent des actions et les font monter constamment. Surtout, l’économie connaît un expansion considérable du crédit, permise par l’imprudence du Federal Reserve Board et par la réglementation trop lâche des marchés boursiers : crédit au consommateur, rendu nécessaire par la montée du pouvoir d’achat beaucoup plus faible que la montée de la production, – crédit au spéculateur- et tout le monde spécule quand la hausse des valeurs est assurée et quand , dans les moindres villages, on ne parle que de la fortune réalisée la veille par un voisin- ( L’indice des valeurs monte de 117 en décembre 1928 à 225 en septembre 1929. La bourse de New-York permet les opérations à terme sur une couverture de 10%, dans laquelle entrent les gains réalisés sur les opérations précédentes ) – crédit au commerce et à l’industrie, car banque et emprunteur savent qu’une nouvelle affaire aura rapidement payé son capital. Un jour, sans raison particulière , mais non pas sans avertissement du Président Coolidge , mais surtout des avertissements nombreux et répétés de la part du <>lui- même , ( Des chutes boursières brutales s’étaient produites dès 1928, toujours à vrai dire compensées par de nouvelles hausses ) la catastrophe arrive : le vendredi 24 octobre 1929, où douze millions d’actions sont échangées en baisse à Wall Street. C’est le début de la « dépression ». Toutes les tentatives de reprises boursière se terminent par de nouvelles chutes brutales , tous les pronostics optimistes par des démentis cinglants . Le 29 octobre 1929, un nouveau « crash » se produit, dans un mouvement de seize millions et demi de valeurs . Un mois plus tard , la baisse moyenne des valeurs industrielles est de 40 % / Trois ans plus tard, l’indice des valeurs industrielles sur la base de 1926 est tombé de 216 à 33 ; celui des chemins de fer, de 168 à 14, celui des entreprises réellement saines , qui enregistrent pourtant des baisses de 90 % , 95 % ou plus, est considérable. Ce n’était pas seulement un crise comparable aux précédentes, ni même la plus grave de toutes : c’était la fin d’une philosophie de la vie , c’était la fin d’un rêve .

    Ceux qui sont restés dans les villes y sont prisonniers de leur désoeuvrement ; des hommes de trente ans font des heures de « queue  » pour obtenir un soupe chaude gratuite . A bout de quelques temps, des millions de chefs de famille n’ont plus dix dollars , ni même un dollar d’argent liquide : ils ne peuvent se déplacer . Cependant , quelques personnes échappent à la catastrophe, ce qui crée un état socialement malsain : ce sont , non seulement les fonctionnaires et ceux qui des employés ou ouvriers qui ont pu conserver leur emploi, mais tous ceux qui sont à la tête des entreprises , dans les conseils d’administration ou dans des postes élevés des services administratifs. Certaines sociétés , malgré une activité réduite , font des profils importants ou puisent dans sur leurs réserves , et distribuent de larges dividendes pour soutenir les cours de de leurs actions
    et <>. A ors que le revenu national tombe de 85 à 37 milliards de dollars de 1929 à 1932 , la place des seuls dividendes et intérêts dans ce revenu atteint en 1931 son niveau record de 8 milliards .

    extrait du : Système Constitutionnel des Etats- Unis D’ Amérique – par andré TUNC

  114. Pour une nouvelle démocratie économique basée sur la robotique:

    Le système économique actuel, grâce aux nombreuses découvertes et inventions, notamment aux robots de plus en plus nombreux et efficaces, produit une abondance insoupçonnée de biens en même temps qu’il réduit la main-d’oeuvre et engendre un chômage permanent croissant.

    Une partie importante de la population se trouve ainsi privée de tout pouvoir d’achat des biens créés.

    Pour que tous puissent avoir une part de l’héritage culturel légué par leurs prédécesseurs, nous proposons un dividende dont la quantité sera déterminée par la masse des biens à consommer.

    Ce dividende universel est versé à chaque personne, à titre d’ actionnaire du pays, qu’elle ait ou non d’autres sources de revenus. Ceci provoquera une relance réelle par la demande.

    I. Nous devons donc reprendre le contrôle de l’émission et du volume de la monnaie et du crédit en l’exerçant par des commissions locales indépendantes jouissant de toute l’autorité voulue pour atteindre ces buts.

    II. Les ressources matérielles du pays représentées notamment par la production constituent la base de la monnaie et du crédit.

    III. En tout temps l’émission de la monnaie et du crédit devrait se mesurer sur le mouvement de la production de façon qu’un sain équilibre se maintienne constamment entre celle-ci et la consommation. Cet équilibre est assuré, partiellement du moins, par le moyen d’un escompte dont le taux varierait nécessairement avec les fluctuations mêmes de la production.

    Exemple pratique:

    http://pavie.ch/mobile/articles.php?lng=fr&pg=263

    plus sur http://www.pavie.ch

  115. Pour en finir avec le jugement de Casanova sur la spéculation… et donc, sur la Floride :

    -<< Dans le cas de la Floride ils ( les gens ) voulaient croire que toute la péninsule serait bientôt peuplée de vacanciers et d'adorateurs du soleil, d'un ère nouvelle et remarquablement indolente, Tel serait l'engouement que les plages , les marécages , les marais , et les terres incultes auraient tous de la valeur. Le climat de la Floride évidemment, ne garantissait pas que cela se produirait , mais il permettait effectivement aux gens qui voulaient croire , de croire que cela se passerait ainsi .

    Toutefois , la spéculation ne dépend pas entièrement de s'abandonner aux illusions. En Floride ,la terre fût partagée en lotissements à construire et vendue par pour un règlement comptant de 10 % . Manifestement , une grande partie du terrain ingrat qui changeait ainsi de main, était aussi peu agréable à voir aux gens qui l'achetaient qu'à celui qui passait devant. Les acquéreurs ne comptaient pas y vivre ; il n'était pas facile de supposer que quiconque le ferait jamais ; mais ces considérations étaient théoriques . La réalité étaient que ces biens douteux gagnaient en valeur tous les jours et pouvaient être vendus avec un solide bénéfice , quinze jours après. C'est là un autre aspect du climat spéculatif : au fur et à mesure que le temps passe , la tendance diminue à voir au – delà du simple fait de la valeur croissante et jusqu'aux raisons qui l'expliquent . Et il n'y a pas de raison pour qu'on le fasse tant que le flot des gens qui achètent avec l'espoir de vendre avec profit continue à augmenter à un rythme suffisamment rapide pour maintenir les prix .

    Tout au long de 1925; la chasse aux richesses sans efforts amena en Floride des gens dont le nombre s'accroissait à souhait. Chaque semaine davantage de terres étaient partagées. Ce qu'on appelait de façon approximative le rivage s'étendit à dix , quinze ou vingt – cinq kilomètres du bord de mer le plus proche. Les faubourgs se trouvaient à une distance étonnante de la ville. Comme la spéculation s'étendait vers le nord, un Bostonien entreprenant , Mr Charles Ponzi , fit naître un quartier résidentiel <>. Il se trouvait à peu près à cent kilomètres de la ville . Par ailleurs, Ponzi croyait en de bons quartiers bien compacts : il vendit , <>, qui se situaient à <>- la ville ( c’était le cas pour Nettie ) n’existait pas ! La congestion de la circulation pénétrant dans l’Etat de la Floride devint telle qu’à l’automne de 1925 , les chemins de fer furent obligés d’interdire
    le transport des marchandises les moins nécessaires ( y compris des matériaux de construction pour le développement des quartiers nouveaux ). Les valeurs montaient miraculeusement . Dans un rayon de de soixante kilomètres autour de Miami , des lotissements en bord de mer atteignaient de 15 000 à 25 000 dollars et des sites plus ou moins côtiers de 20 000 à 75 000 dollars.

    Cependant , au printemps de 1926 , la source de nouveaux acquéreurs, si essentielle pour que les prix continuent de monter , commença à se tarir . Comme en 1928 et 1929 devaient le monter , l’élan donné par une bonne ,hausse ne se dissipe pas en un instant . Durant une partie de 1926, l’éloquence des vendeurs s’amenuisa ( même la voix résonna de William Jennings Bryan, qui avait autrefois tonné contre la croix d’or, avait été enrôlée dans la tâche de vendre des marécages) . Mais on ne laisse pas la hausse s’effondrer sous l’effet de s a force propre . A l’automne de 1926 , deux ouragans montrèrent , selon les termes de Frederick Lewis Allen,  » ce qu’un doux vent des Tropiques pouvait faire quand il prenait un bon élan des Antilles >> Le pire de ces vents tua, le 18 septembre 1926, quatre cents personnes , arracha les toits de milliers de maisons et amassa des tonnes d’eau et un certain nombre de yachts élégants dans les rues de Miami. Tout le monde s’accorda à penser que la tempête avait provoqué un pause salutaire pour que la hausse se calme , bien que sa reprise fût reprise tous les jours. Dans le Wall Street Journal du 8 octobre 1926 un certain Peter O . Knight , un des responsables de la compagnie aérienne Seaboard , convaincu de l’avenir de la Floride , reconnut que quelques dix- sept ou dix – huit mille personnes avaient besoin d’aide . Mais il ajouta : <> Il exprima des inquiétudes sur le fait que demander à la Croix – Rouge de l’aide à cause de l’ouragan causerait <> .

    Cette réticence à concéder que la fin est arrivée correspond également au schéma classique. La fin était bien là pour la Floride. . En 1925, les virements bancaires de Miami s’élevaient à 1 066 528 000 dollars ; vers 1928, ils étaient descendus à 142 364 000 dollars . Les cultivateurs qui avaient vendu leurs terres à un joli prix , et qui se faisaient des reproches en les voyant se vendre ensuite pour le double , le triple, le quadruple , du prix d’origine , les retrouvèrent parfois, grâce à toute une succession de défauts de paiement. Quelquefois, ces terres étaient découpées en rues aux noms éloquents, équipés de réverbères et chargées d’impôts et d’une côte foncière représentant plusieurs fois leur valeur courante.

    Le boom de la Floride fut la première indication de l’atmosphère des années Vingt et cette conviction que DIEU voulait que la classe moyenne américaine s’enrichît . Mais que cette atmosphère ait survécu à l’effondrement de l’Affaire de la Floride est encore plus remarquable . Il était admis par tous que les choses étaient en déconfiture en Floride . Alors que le nombre de spéculateurs était certainement faible par rapport à la participation au marché financier quelques années plus tard , il y avait dans presque tous les milieux quelqu’un de connu pour avoir <> en Floride. Pendant un siècle, après l’effondrement de l’ Affaire des Mers du Sud , les Anglais considéraient avec suspicion les sociétés par actions les plus estimables. Mais , tandis que le boom de l Floride s’effondrait, la foi des Américains en un enrichissement rapide et sans effort dans le domaine financier devenait tous les jours plus évidente.

    J-K GALBRAITH _ La crise économique de 1929

  116. il y a quelques temps, nous avions discuté sur le blog de l’opportunité d’aller à la rencontre du public en passant par les médias;
    on avait conclu qu’il fallait le faire, mais en gardant notre libre arbitre, et nous permettre de juger sur pièce à chaque fois;
    cette expérience-ci aura donc été un très grand succès, au regard de l’applaudimètre ;
    il n’empêche que l’émission était organisée comme un traquenard, où l’invité a moins de temps de parole que celui qui invite et qui se met lui-même en valeur;
    j’en tire comme conclusion qu’il faut rayer Colombani de la liste des personnes fréquentables; qu’il faudra négocier, pour les prochaines interventions, les temps de parole; on ne peut pas descendre en dessous de 2/3 pour l’invité; 1/3 pour celui qui invite;
    il ne faut pas avoir peur; le rapport de force est désormais en notre faveur; si nos conditions ne conviennent pas, on ira ailleurs;

  117. à Mr Auspitz,

    Je suis complètement d’accord, avec vos conclusions, l’intérêt de la présence de Mr Jorion à cette émission a eu néanmoins le mérite d’une douche bien froide pour deux participants « autorisés » d’eux – mêmes sur France Culture, alors qu’ils répandent à longueur d’années, l’esquive imbécile , face aux réalités les plus évidentes. Ce ronron au fil du temps , c’est transformé en Rumeur d’incompétence , à défaut de Monde, .. et beaucoup d’auditeurs l’ont entendu…..

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