L’actualité de la crise : à la recherche des capitaux perdus, par François Leclerc

Billet invité.

A LA RECHERCHE DES CAPITAUX PERDUS

Il y a des fins de semaine où il n’est pas bon d’être une banque, quoi qu’on en dise ! Jeudi, le Comité de Bâle rendait public un projet de réglementation financière, très attendu, qui laisse des ouvertures mais va leur imposer de ferrailler dur. Vendredi, la BCE en faisait autant avec son rapport semestriel, qui annonce que de lourdes dépréciations (estimées à 187 milliards de dollars d’ici à la fin 2010) devront encore être passées par les banques de la zone euro, qui vont devoir faire face à des pertes accrues (en particulier dans les secteurs du crédit immobilier commercial et dans les pays d’Europe centrale et orientale). La pente, décidément, se révèle longue et lente à remonter. Comment la gravir fait problème.

De quoi les banques disposent-elles dans leur boîte à outils ? Les obligations hybrides, ou contingentes, ne seraient prochainement plus admises par le Comité de Bâle pour renforcer le noyau dur des fonds propres. On ne peut donc plus compter sur elles, alors qu’elles ont été abondamment utilisées et qu’elles ne vont plus être prises en considération. Le sort des CoCos (les obligations convertibles contingentes), ces nouveaux instruments de dette encore peu éprouvés et dans lequel de grands espoirs sont fondés, afin de les remplacer, reste encore incertain. Leur formule new look prévoit un dispositif de transformation automatique en actions de l’émetteur, un événement identifié à l’avance le déclenchant (par exemple le passage sous un seuil donné de ratio de solvabilité). C’est pourquoi il est espéré par les banques que le Comité de Bâle les regardera d’un oeil doux et considérera ces quasi fonds propres comme éligibles à son noyau dur, sur la base duquel leur ratio de solvabilité est calculé.

Les banques sont à la recherche de la formule magique qui permettra de colmater les brèches, tout en satisfaisant leur autorité suprême de tutelle. Prises en tenaille entre les marchés, dont les réactions doivent être testés, et celle-ci, avec laquelle elle va négocier. Elles se préparent à en priorité demander du temps, car c’est la seule issue possible, faute de solution immédiate sous la main. Ainsi qu’à négocier des portes de sorties dans le dédale obligataire, en sophistiquant leurs instruments, comme à l’habitude. A l’arrivée, certaines CoCos seront probablement admises, d’autres pas. Les génies de la finance, encore une fois, vont être appelés à la rescousse, il y a du danger dans l’air  !

Trois obstacles successifs vont devoir être franchis dans la course de lenteur qui s’annonce : que des CoCos soient médaillés par Bâle, que les souscripteurs soient ensuite au rendez-vous qui leur sera proposé, et qu’ils n’imposent pas pour y être à l’heure des taux trop élevés. Cela fait beaucoup. Il ne faut pas, dans ces conditions, s’étonner de la réaction de la Fédération bancaire de l’Union européenne (EBF), qui vient de mettre en garde contre les conséquences d’exigences réglementaires en capital trop sévères en raison, dit-elle, des conséquences négatives que cela aurait pour le financement de l’économie. Réclamant une harmonisation mondiale des règles comptables et prudentielles, leur absence créant des distorsions de concurrence (l’argument permettant aux banques de demander l’alignement sur les conditions qui leur sont les plus favorables). Celles-ci seraient dommageables, car elles représenteraient « un risque accru pour la stabilité bancaire » (autre argument majeur toujours utilisé à sens unique). Dans ce même communiqué, l’EBF salue l’ouverture par le Comité de Bâle d’une large consultation (avant de s’engouffrer dans la salle de conférence en ayant soin de bien fermer la porte derrière elle) et applaudit à l’idée d’un calendrier de mise en place progressive – afin donc de ne pas compromettre la reprise de l’économie – des règles qui seront finalement retenues.

A l’étage du dessous, pour financer l’activité courante, d’autres difficultés sont rencontrées par les banques. La titrisation étant toujours en petite forme, il n’est plus guère possible de compter sur elle comme avant. Restent les covered bonds, les obligations sécurisées, qui sont également adossées à des crédits, mais dont la banque émettrice reste propriétaire, à l’inverse des opérations de titrisation qui leur permettent de s’en défaire. Les émissions d’obligations sécurisées ont fait ces deux dernières années une énorme progression en Europe, alors que les opérations de titrisation régressaient. Signe de la perte de confiance des investisseurs. La BCE a pour sa part soutenu leur marché en procédant, en mai dernier, à l’achat pour 60 milliards d’euros de ceux-ci, faisant pour l’occasion une entorse à sa politique de refus de toute mesure d’assouplissement qualitatif. C’est dire l’importance de la question.

Mais l’agence Standard & Poor’s vient de jeter un pavé dans la mare en revoyant sa politique de notation des obligations sécurisées, ce qui va avoir comme conséquence d’abaisser la notation de la majorité de leurs émissions. Il s’agit, explique l’agence, de dorénavant non seulement tenir compte de la qualité des actifs sur lesquels les obligations reposent, mais également de celle de l’émetteur, c’est à dire des banques ! Cette décision est dans la logique des résultats de l’étude de S&P’s, publiée récemment, qui évaluait sévèrement le ratio de solvabilité des banques, très en dessous, selon son appréciation. des exigences réglementaires actuelles. Dans la zone euro, elle va aller à l’encontre du début de reconfiguration par la BCE de sa politique d’injections de liquidité, qui a pour objectif d’inciter les banques à se tourner à nouveau vers les marchés. Car ceux-ci sont plus regardants que la banque centrale sur la note des actifs qu’ils acceptent en garantie.

Du côté des banques américaines, on est un peu à contretemps de cette évolution. Ces derniers temps, celles-ci avaient tendance à regarder de haut leurs consoeurs européennes ou japonaises, et même à les cafarder en toute confraternité. Insinuant que la qualité de leurs fonds propres laissait à désirer, pour avoir abusé des obligations hybrides, contrairement aux banques américaines. Car cela revenait à renforcer leur capital en émettant de la dette, ce qui est somme toute une facilité, on le leur accordera. Mais elles oubliaient de mentionner qu’elles ont eu abondamment recours, pour se donner elles aussi de bonnes couleurs, à un autre grand subterfuge : au lieu d’augmenter les fonds propres par ce qui peut être qualifié d’artifice fragile, elles ont escamoté de leurs bilans les actifs à problèmes, en utilisant des special investment vehicles (SIV), ces structures hors bilan utilisées dans le cadre de leurs opérations de titrisation. Dont elles ont été les championnes toutes catégories des émissions, bien devant les banques européennes, qui ne se sont engagées qu’ensuite sur leur voie.

La titrisation n’étant plus ce qu’elle était, en dépit du colossal programme de soutien financier de la Fed qui vise à en favoriser le redémarrage, avec peu de résultats, cela amène aujourd’hui les banques à s’intéresser de près aux obligations sécurisées, et à demander à Barney Franck, le président de la commission financière de la Chambre des représentants, de légiférer au plus vite afin que les souscripteurs de ces obligations puissent, en cas de problème d’un émetteur bancaire, être dorénavant remboursés en priorité. Avant la FDIC, qui saisit à cette fin les titres de dette possédés par les banques afin de financer sa garantie des dépôts, les mêmes qui deviendraient les collatéraux des nouvelles obligations. Afin de présenter aux investisseurs leurs futures émissions sous leur plus beau jour.

Quant aux SIV, leur utilisation devrait être remise en question, créant la nécessité d’une opération vérité (ne faisant que dévoiler un secret de polichinelle), car cela impliquera de rapatrier les actifs qui s’y trouvent et d’augmenter à nouveau les fonds propres des banques. Cela permet de mieux comprendre le revirement de politique du Trésor, qui a soudainement incité les banques ayant bénéficié de fonds publics (le programme TARP) à les rembourser après les en avoir dissuadés. L’un des objectifs est qu’elles puissent continuer à lever des capitaux sur les marchés sans ce boulet aux pieds. L’autre, plus politique, est que l’administration Obama puisse se prévaloir d’une bonne opération financière, utilisant qui plus est une partie des fonds pour améliorer l’emploi. Toutefois, les remboursements par les banques des aides publiques gouvernementales reçues ne doivent pas faire oublier qu’elles continuent d’être massivement soutenues par la Fed, comme le sont les banques européennes ou japonaises par leurs banques centrales respectives.

Le système financier reste en crise profonde. Les mesures proposées par le Comité de Bâle visent à le consolider à terme, mais il est si fragile que cela ne peut être fait qu’en prenant de grandes précautions et du temps. Et en diminuant la portée de ce qui a été annoncé, à la demande des banques, car cela restera inaccessible pour elles et elles vont le faire savoir. Les banques américaines, elles, continueront à faire cavalier seul.

Plus les Américains et les Européens avancent (très lentement pour ces derniers, les Britanniques s’y employant) dans les mesures de régulation qu’ils envisagent de prendre, plus il apparaît qu’elles ne raccorderont pas, ou très difficilement, dans tous les domaines. Un problème qui n’est pas nouveau, mais qui va prendre une nouvelle dimension. Minant un dispositif déjà très peu contraignant.

Voilà donc ce que l’on trouve quand on pénètre dans les cuisines des banques et que l’on y goûte les sauces qui vont nous être servies. Le problème reste toujours celui des ingrédients de leurs bases, qui sont gâtées.

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14 réflexions au sujet de « L’actualité de la crise : à la recherche des capitaux perdus, par François Leclerc »

  1. Comment rendre raison à des personnes de pouvoir qui n on comme unique neurone, un rendement financière à deux chiffres?

    On ne raisonne pas une personne ivre.

    Là est le d espoir.

    1. Mais, Monsieur Leclerc, je reste persuadé que la méfiance des « investisseurs » face à l’achat des actions de Citigroup est assez révélateur.

      Et pourtant, lorsqu’on regarde bien, être propriétaire d’une banque est le rêve de tout bon idiot d’ « investisseur »
      Surtout de façon bradée, car l’action était vendue 3,15 pour un cours de 3,5…

      Il y a donc pour moi un virage qui vient d’être pris :
      Même les requins finissent par être méfiants.

      Certes, Citigroup ne peut tomber. Mais imaginez-vous le nombre de banques qui vont se casser la figure…???
      Les plus gros vont se frotter les mains.

  2. Finalement, toute cette agitation pour, comme d’habitude, accoucher d’une souris (gâtée), n’est pas sans rappeler Copenhague…Heureusement que Van Rompeuy est là !!!

  3. « Le sort des CoCos, ces nouveaux instruments de dette encore peu éprouvés et dans lequel de grands espoirs sont fondés, afin de les remplacer, reste encore incertain. Leur formule new look prévoit un dispositif de transformation automatique en actions de l’émetteur…. »

    S’il s’agit de la même chose c’est une formule courante dans les montages LBO. L’entreprise émet des obligations convertibles en actions (OC): elle emprunte auprès de financiers et émet en échange des reconnaissances de dette. Celles-ci sont assorties de la possibilité pour le financier, le prêteur, de convertir sa dette en actions à des échéances convenues d’avance. De simple créancier le financier devient actionnaire, il substitue des actions à de la dette (le dette devient donc des fonds propres). Ce faisant, en tant qu’actionnaire, il sera associé aux prises de décision. Il prend plus de risque car contrairement au remboursement d’une dette, qui se fait à échéances régulières, sa sortie en capital (vente des actions) ne pourra se faire que s’il trouve un acquéreur pour ses actions. Il le fera soit parce qu’il souhaite rester investi durablement dans l’entreprise (espoir de plus-values sur la cession des actions, peu probable aujourd’hui), soit parce qu’il n’a plus le choix: le remboursement de sa dette est compromis.

    En résumé, cela signifie « nous banquier, cédons aux prêteurs une partie du contrôle de la banque, si nous sommes dans l’incapacité de vous rembourser ». Cela ne peut fonctionner que si le prêteur a l’assurance que l’Etat du pays concerné renflouera, par un biais ou par un autre, la banque en cas de difficulté majeure.

    « Le système financier reste en crise profonde ». En effet, il suffirait que les bourses plongent encore de manière importante (par ex. en cas de retraits massifs des liquidités injectées dans le système, ou que les taux BC remontent comme en 2007) pour que la valeur des actifs détenus par les banques se remette à chuter à toute vitesse. Le système financier est toujours sur le fil du rasoir.

  4. Oh non, il n’y aura aucune chance de remonter la pente qui est actuellement parfaitement glissante et descendante.
    La titrisation rappelle la titrisation de la dette allemande après la première guerre mondiale qui avait été, en fin de compte, payée par les épargnants américains essentiellement (et pr la « purge » que représente la Seconde guerre mondiale, mais c’est une autre histoire peut-être)
    Sans doute, face aux créances pourries et dévalorisées, les banques essayeront un coup comparable, mais, vu l’ampleur, cela n’a aucune chance de marcher.
    La « sagesse » du comité de Bâle est simplement de laisser faire et de simplement « tancer » un peu.
    Face à tant d’insolvabilité et face à une consommation atone, la production de richesses réelles ne peut que diminuer, y compris dans les pays émergents, car tute la souplesse des BC ne fera pas revenir l’argent dans l’économie, étant donné qu’i n’y a pas d’emprunteurs solvables en quantité et en volume suffisants.
    Autrement dit, à part des bulles spéculatives successives, il n’y aura pas de redémarrage avant longtemps!
    Les prévisions très optimistes (de l’ordre de +0,1% de croissanc) sont pure propagande san aucun fondement macro ou micro économique.
    La progression de près de 20% de la production industrielle chinoise (soi-disant) es en fait extrêment préoccupante, car cela s’appelle surchauffe avant une chute très brutale prochainement!
    On peut simplement prévoir que l’émission de CO2 diminuera peut-être bel et bien dans ce contexte de récession et de déflation qui s’annonce long t tenace.
    Autrement dit, l’échec de Copenhague sera « corrigé » par les échecs répétés des politiques monétaires.
    A moins qu’on penserait, enfin, à une nouvelle monnaie de type anticrise qui se remettrait à circuler réellement et efficacement….CQFD
    Ce qui sort des « cuisines des banques centrales », c’est qu’elles ne savent plus quoi faire pour maintenir le système à flot.
    Quant aux banques, elle avouent leur propre impuissance face à un comportement du capital investissant qui les dépasse totalement.
    Un capital devenu, c’est compréhensible, très frileux avec une violente préférence pour la détention liquide. Les coups spéculatifs sont toujours et encore un moyen puissant pour soutirer encore davantage de liquidités des circuits économiques et monétaires.
    Comme disait Gesell: « et l’argent se retire parce qu’il se retire… »
    Il y en a qui se remplissent méchamment les poches, c’est vrai, et c’est obscène, mais, en le faisant, cela donne aux investisseurs l’illusion que leurs banques seraient solvables alors qu’elles ne peuvent l’être étant donné la multiplication des défauts e paiement au niveau des emprunteurs.

  5. « Quant aux banques, elle avouent leur propre impuissance face à un comportement du capital investissant qui les dépasse totalement. »

    Johannes. Pourriez-vous, s’il vous plaît, expliciter.
    Car j’ai du mal à m’expliquer les rapports de force, là.

  6. Volontiers, yvan:
    il faut garder à l’esprit ce fait massif, flagrant:
    Selon les rapports mêmes des banques centrales, et cela ressort aussi de tous les bilans bancaires au cas par cas, les banques versent tous les ans, pour un pays comme la France, environ 600 milliards d’euros d’intérêts, je dis bien: 600 milliards! aux épargnants/déposants/investisseurs, autrement dit, aux plus fortunés.
    Elles encaissent un peu plus (marge bancaire et fonctionnement bancaire oblige) sous forme d’intérêts débiteurs, commissions, frais de compte, etc.
    Ces chiffres grossissent tous les ans selon une courbe de croissance exponentielle!
    Il s’agit, en fait de transferts de richesses opérées par les plus pauvres (les débiteurs) en faveur des lus riches, via les banques. qui sont les intermédiaires, c’est leur métier!
    Vous trouverez cette mécanique très bien décrite dans l’ouvrage d’Helmut Creutz, « le syndrome de la monnaie », publié chez ECONOMICA en décembre 2008 (traduit de l’allemand).
    Autrement dit, tous les ans, les banques doivent placer des sommes telles qu’elles génèrent les intérêts ici mentionnés, car, sinon, elles ne sont pas en mesure de rémunérer les épargnannts, et l’insolvabilité les guette.
    Vous verrez que l aussi, les réserves fractionnaires n’interviennent guère.
    Et c’est pourquoi les banques cherchent aussi des rendements élevés, par définition (très) risqués, car les emprunteurs dits normaux (entreprises et ménages) sont devenus insolvables du fait même du poids insupportable de la dette.
    Concrètement, c’est bien cela l’exploitation capitaliste à côté de quoi le déficit de la sécurité sociale apparaît ridicule (30 milliards sur deux ans environ).
    Afin de bien faire ressortir de telles vérités, il est effctivement indispensable de lire les documents bancaires et ceux de la banque centrale de la bonne façon!
    Il n’y a pas là, tout simplement, aucune place pour la supposée création monétaire via le rédit, il y a, d’une façon plus lapidaire, un transfert de richesses massif et répétitif!
    Cela représente près de 40% du PIB (le pourcentage augmente tous les ans!), et il n’est donc pas étonnant pourquoi nous assistons, sans croissance, à un appauvrissement d l’immense majorité au bénéfice des plus riches.
    Toutes les charges sociales et impôts pâlissent (en volume) devant les chiffres d’une telle charge financière.
    Le scandale est justement que cette vérité élémentaire ne semble absolument pas soucier la plupart des commentateurs politiques et économiques, alors que c’est tout simplemnt le problème central!
    Autrement dit, nous payons, via toutes nos dépenses, près de 40% directement aux bénéficiaires capitalistes.
    40% du revenu généré par le travail vont vers le capital, il reste au travailleur donc: 60%.
    Telle est la vraie signification de la « plus-value » de Marx!

    1. Merci, Johannes, de cette explication claire.

      Les banques, dans leur rôle d’intermédiaires, sentent donc bien que les pompes à fric sont en train de s’assécher.

      Mais, lorsque nous constatons tous les jours qu’elles tiennent les gouvernements en otage et se font subventionner largement par eux, où est le problème…??
      Où est leur impuissance..??

  7. eh bien, elles sont néanmoins impuissantes en tant qu’institution pour résoudre le problème posé!
    Le fait que des individus se remplissent les poches au passages est un fait, la notion de banques TBTF (too big to fail) signale effectivement que ces banques sont l’instrument de la continuation de la spoliation qu’exerce le capitalisme tel qu’il est.
    Mais, comme je le ressasse souvent, une pichenette, comme l’émission de monnaie fondante, suffirait pour en finir avec ce spectacle affligeant – en une nuit!

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