Le « Ce soir (ou jamais !) » du jeudi 4 février

DomLW (Dominique Larchey-Wendling) a eu l’amabilité de faire comme les fois précédentes : découper mes interventions et les afficher sur youtube. C’est insuffisant mais c’est un début : je vais enquêter du côté de la chaîne.

L’émission en entier :

Première partie
2ème partie
3ème partie
4ème partie
5ème partie
6ème partie
7ème partie

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172 réflexions au sujet de « Le « Ce soir (ou jamais !) » du jeudi 4 février »

  1. La réaction de De Closet (pas sûr de l’orthographe), outré !
    Bravo Paul. Je n’ai malheureusement pas pu voir l’émission mais à ce que je peux en juger, vous êtiez en milieu hostile.
    Et c’est ça que je déplore le plus. Alors que vos paroles ne sont que le bon sens !

    1. que dit monsieur De Closet, notre expert en aérospatiale, espaces infinis et « toujours plus » ?
      pourquoi cet homme intelligent est-il outré ?
      merci

  2. Je pas encore vu l’émission, mais très curieux de voir. Au moins je vois Paul Jorion pose quelques bonnes questions!

    Une autre angle pas encore mis au débat et du point de vu de l’état.

    L’état est responsable pour le soi disant intérêt général, il dévise et gêre par dire l’économie est plus efficace par « la concurrence réciproque », en chassent le profit, rien d’étrange pour le moment. Mais si on regarde de prêt et on analyse un petit peut plus on voit que l’état ce met dans un grand écart.

    En disant, voilà messieurs et madames vous allez faire de profit pour le mieux de vous et votre pays et nous occupent de tous le reste, l’état se met en retard chroniquement en faisant le nouveaux lois sur les anciens lois, sans au fond qu’il change quelque chose. L’état est comme une moutarde après le repas répétitive, sans aucun réelle changement de gérance de notre société.

    Si, l’état ne mets pas les individu aussi responsable pour la société, la société deviens tôt ou tard ingérable et on est là depuis un moment.

    Un partie de film l’homme d’exception pouvais expliqué mieux: http://www.youtube.com/watch?v=v5jrNoNNtrE

    Aujourd’hui c’est très profitable de mettre les frais, façon parler vers les autres, dans cette logique personne est responsable, ni nous les citoyens, ni le gouvernement ou l’assemblée, n’importe quel couleur il prend.

  3. Bonjour Paul,

    Vous parlez dans la deuxième vidéo de la faillite frauduleuse d’Enron. Ce qui faut savoir c’est que l’auditeur des comptes de cette escroquerie était la firme Arthur Anderson. Firme dont le PDG en France s’appelait E.Woerth.

    De plus comme ministre du budget il tien les cordons de la bourse en ce qui concerne les chaînes publiques.

    Beau travail Paul

  4. Dans le 1er passage, le ministre est vraiment de mauvaise foi. Paul dit que la protection sociale va être attaquée par les marchés, mais il répond qu’on devrait être « fier » de ce système de protection sociale. Vraiment n’importe quoi. Ce n’est pas en esquivant les questions gênantes qu’on trouve des solutions.

    1. Oui c’est une manière très habile et peu respectueuse de réduire le propos de l’autre, de celui qui ne sourit plus du tout au sujet de la crise et dire que nous sommes dirigés par des gens comme ça, décidément je comprends un peu mieux la réaction de Mr Jorion à l’antenne et au regard de sa propre conscience.

      Mais que ces gens là fassent bien attention quand même, ils ne pourront pas toujours se ficher de la gueule du monde. C’est la prière que j’adresse au Ciel et pour tous les gens qui n’en peuvent plus.

    2. Pauvre ministre si seulement l’ironie pouvait suffire.

      Quand tout est fichu, il y a encore le courage. [Daniel Pennac]

      Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire. [Jean Jaurès]

      L’ironie tue. C’est une arme dont il ne faut pas se servir. [Claire de Lamirande]

      L’ironie consiste à dire, par une raillerie le contraire de ce qu’on pense [Pierre Fontanier]

      L’ironie n’est jamais que parade, bassesse, fourberie, cuirasse plus ou moins efficace. [Stanley Péan]

      Quand la prudence et la lâcheté sont partout, le courage n’est nulle part. [Cardinal Mercier]

      Le vrai courage c’est celui qui refusera une place de ministre pour le prince du monde.

      Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. [Périclès]

      Le manque de courage n’est qu’un manque de bon sens de droiture. [Georges Meredith]

      Le courage est la première des qualités humaines car elle garantit toutes les autres. [Aristote]

      Le sort qui vous emporte, il faut le porter courageusement avec noblesse et droiture. [Sophocle]

      Le courage est contagieux. Il suffit qu’un brave le montre pour que d’autres relèvent la tête. [Billy Graham]

      Vis comme un homme brave ; et si la fortune t’es contraire, affronte-la avec coeur rempli de courage. [Cicéron]

      Aux plus hauts niveaux des institutions nous voyons souvent des gens très ressemblants [Patrick Fauconnier]

      L’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. [Marcel Proust]

      Ce n’est pas voir plus de courage dans le monde que de voir plus de ministres faire taire la vérité.

      Quel courage que de voir encore un homme crier contre l’arbitraire du système mis en place.

      Seul le courage est le prix de la dignité, d’une meilleure dignité humaine. [Pierre Billon]

      Le vainqueur ignore l’ironie, la fourberie, arme dérisoire du vaincu. [François Cavanna]

      Trop de ministres, de gestionnaires, de puissants, tue le juste, la vie, l’homme.

      Difficile parfois de garder son calme au regard de sa propre conscience.

      Humour, c’est amour ; ironie, c’est mépris. [Dominique Noguez]

  5. Concernant la demande d’avis sur le pouvoir des sociétés de notation, la réponse du ministre est plus que fabuleuse : oui, peut être, non…heureusement le journaliste (avenir prometteur, fait diversion, ouf sauvé..) Si ça ce n’est pas un début de preuve de la démission du politique…Si, comme je le pense, la solution à la crise est politique et philosophique, la fin risque d’être très, très loin…

  6. En effet, le service public vanté par M. Woerth est en train d’être cassé et jeté aux loups, comme le prouvent les derniers textes de loi publiés dans ce blog, concernant la distribution du gaz. Rentabilité – Profitabilité – Liquidité est leur maxime de vie. Le travail bien fait, ils s’en foutent. Le ministre Woerth n’avait pas l’air à l’aise. Il préfère pérorer seul sur un plateau de télé, à brandir sa liste des 3000 de la HSBC. Maintenant, Woerth et tous les autres de la même bande, il y a au moins une chose que nous pouvons faire grâce à ce blog, c’est voir à travers la fumée.

    1. En Espagne, ils sont en train de préparer la population à « flexibiliser » le marché du travail et à augmenter l’âge de la retraite. Ils doivent être en train de faire de même en Grèce et au Portugal. Pourtant, ces pays ont déjà une protection sociale au rabais. Préparez-vous, on va nous vendre les mêmes salades.

    1. Comment voulez-vous retrouver une meilleure dignité humaine avec des gens pareils au dessus de nous ?

      Ce n’est bien sur pas possible, pourquoi le monde se sent si mal aujourd’hui ?

  7. Si cette émission reste inaccessible sur le Net, c’est peut-être parce que votre parole devient dérangeante ?
    (N’ayant pu voir toute l’émission, je ne juge que d’après les extraits de DomLW, où je vous trouve d’une rare pugnacité.)

    Car il arrive rarement qu’un ministre, ou le système qu’il représente, soit attaqué aussi frontalement, « basiquement », que ce pauvre Mr.Woerth, secoué par des arguments solides et étayés, loin de l’habituelle complaisance qui règne sur ces plateaux.

    Et, comme la tentative de vous faire passer, au choix, pour un illuminé, ou un incompétent (« oui, pour un ethnologue, vous vous débrouillez pas trop mal, en économie. » ) a échoué, ils vont tenter de vous rendre moins audible.
    Il ne m’étonnerait pas que vous commenciez à être tenu à l’écart des plateaux-télé….(ah, ce cri du coeur de Mr.De Closets, quand vous dénoncez l’attaque en cours sur le système social : « mais c’est absuuuurde! »…un régal.)

    Mais, de toute manière, la télé n’est pas, n’est plus du tout, le lieu pour une remise en cause sérieuse de ce qui se passe en ce moment, et vous le savez.)

    Tant que nous avons votre blog, ce socle de base, tout va bien (enfin…un peu moins mal.)

  8. Une émission d’excellente qualité dont le mérite revient à M Taddéi qui a convié des interlocuteurs loins du béni oui-oui habituel qui nous serinent toujours la même chose pour nous endormir. L’introduction avec « Honorin » était très judicieuse, un cours d’économie vraie et simple à comprendre. Toutes les questions posées étaient oppotunes face à un ministre qui a su esquivé habillement les flèches décochées. J’ai l’impression que M Woerth a déjà compris que les « jeux étaient faits » mais il a quant même joué sa partition avec maîtrise. Si Mme Lagarde avait été conviée à sa place, ce qui aurait été légitime, puisque officiellement elle est ministre de l’économie donc plus responsable que son collégue qui est comptable du budget, la déroute aurait été totale. Dans les interventions j’ai particulièrement apprécié M jorion mais aussi M De Closets qui a su faire remarquer que l’impasse était non de 8% mais en réalité de 40% du budget. Certes l’état n’est pas une entreprise comme les autres mais quant même car à terme ce sont bien les recettes qui remboursent les prêts sauf à faire fonctionner la planche à billets mais comme le rappelait M Reynié nous ne sommes plus une superpuissance comme au 19e siécle; seuls les dominateurs peuvent se permettre de ne pas honorer leur dettes. J’ai bien aussi aimé l’intervention de Mme Moatti sur les cadeaux de Sarko aux riches : bouclier fiscal, relévement des seuils des droits de successions qui ont accentué le déficit sans aucune contrepartie positive pour le pays. Malheureusement, durée de l’émission trop courte pour développer, trop de débatteurs auxquels M Woerth a répondu au détriment du débat, trop de sujets fondammentaux effleurés comme la connivence entre les multinationales, les banques, les politiciens, les médias dont M Woerth par son ancienne fonction représente un des rouages. Mais en semant il reste toujours quelques choses et je crois que la prise de conscience est en train de prendre corps dans l’opinion publique. Pendant ce temps-là nos politiciens s’inquiètent du sexe des anges… jusqu’à quand ? La chute anges ?

  9. @ Paul Jorion

    votre intervention (vidéo no1) permet de prendre date avec mr E.Woerth concernant son « apparent » engagement à défendre les dispositifs sociaux « à la francaise »…
    nous l’attendons impatiemment…
    bravo!
    cordialement

    1. Croyez-vous vraiment que des gens pareils, se soucient réellement du bien de leur société, c’est comme demander à un agent trop bien nourri et payé du système, à un faux porteur de lumière, de liberté, de nous apprendre davantage à faire carême et jeûne spirituel pendant quarante jours contre le monde de la finance, contre le tentateur, contre le plus malin en bourse.

      Il n’y a plus rien à attendre de ces gens là, tais-toi Jérémie, tais-toi Jérémie,

      Sinon la reprise du beau mirage moderne ne sera plus là,

    2. …Prendre date ? Il y a déjà longtemps qu’on a « pris date » avec ces gens-là… La casse méthodique, systématique, minutieuse, des services publics, entreprise depuis des décennies, a connue une subite accélération, orchestrée précisément par M. Woerth, chef de file de la RGPP (Révision générale des Politiques publiques). On ne prend pas au mot ces gens-là qui assument parfaitement leur novlangue : énoncer l’exact contraire de ce qu’ils pensent et de ce qu’ils font.

    3. @ jérémie

      ces hommes se soucient comme tous les hommes de ce qu’il pense être le bien…..
      c’est bien de cette variable « subjective » dont il faudrait d’abord parler ,sauf à ne trouver que des solutions violentes à cette crise..

  10. Un moment qui n’est pas dans ces vidéos m’a plu. C’est lorsque Paul Jorion a dit : « Et si la reprise n’était pas là? ».
    Le blanc, ou plutôt le trou de notre ministre était parlant.

  11. Bjr,

    Et rappelons-nous que Madame ( Woerth) travaille à la Société Générale, section Gestion des Grandes Fortunes . Dans l’ affaire des listings HSBC , n’ était il pas un peu juge et partie ?
    Que pouvaient ils donc se raconter le soir en rentrant ???
    Sinon, le ton monte par rapport aux précédentes interventions de M. Jorion sur le même plateau…
    Mais,Jusqu’ où s’arrêteront ils ???
    http://blog.crottaz-finance.ch/?p=3481

  12. Puis je rappeler le très interessant « La Stratégie du choc » de Naomi Klein, qui dit exactement la même chose: rien de mieux qu’une bonne crise pour imposer la sape méthodique des acquis sociaux.

    1. Non ils font le bien paraît-il de leur société,

      Enfin ne leur demandons pas trop d’ouvrir les yeux,

      Ce sont des gestionnaires, des ministres, des banquiers, des politiciens, des médias,

      D’être moins dans la langue de bois, ça ils ne pourraient le supporter au fond d’eux-mêmes,

  13. bravo,mr jorion
    je viens de voir vos 2 interventions
    une brise de radicalité vous va bien
    que le vent monte sur 2 ans juqu’au cyclone me ferait grand plaisir sachant que la dialectique n’est pas facile en public
    bon sens et interet collectif sont les 2 mamelles des états-nations,belge ou français et autres

  14. Bonjour à tous!

    personnellement, j’ai écrit à France 3 afin de réclamer la mise en ligne de l’émission.

    Manifestons-nous….

    Et aidons Monsieur Jorion dans la cause qu’il défend (de façon géniale) pour nous tous!

    Nous sommes des gens debout.

  15. Bravo pour votre intervention. Plus je vous lis, plus je partage vos opinions, vos analyses et votre objectivité. Continuez ainsi !

  16. J’ai regardé l’émission. Que vouliez vous qu’il dise d’autre ? c’est foutu ?, on est des guignols et vous encore pire , vous arrivez encore à nous le reprocher ? Ils ne sont pas là pour ça. M’enfin encore un débat inutile. Faut dire à Taddéi et surtout aux mecs qui font son émission qu’il y a trop d’invités ; 2 de trop. Ils font comme les riches ,  »mieux vaut trop que pas assez » quand il s’agit d’eux. Erreur. Bien tenté Paul, la colere et l’énervement, bien tenté france 3 mais chou blanc.

    1. Lorsque j’ai regardé tout-à-l’heure les quelques minutes de ce débat, j’y ai vu au contraire autre chose, pas seulement un duel entre deux personnes, mais deux attitudes, deux humanités différentes l’une sans doute encore trop proche de la bêtise de ce système, et une autre plus représentative quand même de la réalité de plus en plus écœuré des gens au quotidien, c’est même très visible à un moment donné, ils savent bien au fond d’eux mêmes que c’est foutu que tout ce système prend l’eau, que tout cela ne va plus pouvoir tenir bien longtemps debout, on peut bien sur vouloir continuer plus longtemps à le faire croire aux gens à travers cet autre guignol de ministre.

      Mais rira bien qui rira le dernier, les gens ne sont plus dupes quand même, surtout que cela commence à toucher de plus en plus de gens dans la classe moyenne, petits entrepreneurs de plus au bord de la faillite, aïe aïe aïe …

  17. Bonjour M. Jorion

    Si je puis me permettre, j’aimerais apporter une critique (constructive bien sûr) à votre intervention, je me doute bien qu’il n’est pas facile de répondre de manière toujours efficace et percutante sur un plateau de télévision, surtout lorsqu’on se trouve entouré de personnalités rompues cet exercice.

    J’en viens donc à ma critique : je pense que lorsque M. Woerth vous dit que la France n’est pas un pays ultra-libéral, mais plutôt un pays où règnent de belles et bonnes mesures sociales, etc., vous auriez pu le reprendre de volée de manière très efficace en lui rétorquant que si la France est un pays social, ce n’est surtout pas grâce aux politiques menées depuis une quinzaine d’années, et surtout pas grâce au gouvernement actuel qui à des visées clairement ultra-libérales :
    – casse organisée des services publics
    – projet exprimé en 2007 par Sarkozy de développer le crédit hypothécaire (subprimes)
    – dislocation du droit du travail et du système judiciaire
    – promotion de l’auto-entrepeneur
    – encouragements à la vénalité – les riches « décomplexés »
    – intégration à l’OTAN, guerre en Afghanistan
    etc.

    En bref une « américanisation » très nette de la société française.
    Il est vrai que les États-Unis en ligne de mire peuvent sans doute nous donner un immense espoir pour le social…

    Il ne fallait surtout pas le laisser terminer cette intervention par le discours qu’il a prononcé, en glorifiant le social, sous-entendu promu par les siens.
    Ce Tartuffe, semblable à ses amis politiques, a pu faire passer au téléspectateur naïf, ou simplement peu attentif au débat, une image de lui-même et du gouvernement plutôt rassurante.

    Tel était le but, et je pense malheureusement qu’il l’a atteint.

    Vous gagneriez certainement, dans ce genre de débat, à vous engager plus en avant sur un terrain franchement politique plutôt que de vous cantonner à un discours majoritairement orienté vers les questions techniques.

    Voilà mon avis, il est certainement discutable, mais c’est le mien.

    Encore merci pour votre magnifique travail d’information.

    1.  » Ce Tartuffe, semblable à ses amis politiques, a pu faire passer au téléspectateur naïf, ou simplement peu attentif au débat, une image de lui-même et du gouvernement plutôt rassurante. Tel était le but, et je pense malheureusement qu’il l’a atteint.  »

      Vous savez il y a quelque temps ce genre de conduite pouvait peut-être encore le faire, endormir les gens, le téléspectateur naïf, mais là aujourd’hui je me demande s’ils se rendent vraiment bien compte que tout cela sonne de plus en plus faux, surtout lorsque cela touche de plus en plus douloureusement les gens, il n’y a qu’à ouvrir les yeux partout.

      Non ils ne pourrons pas toujours berner le monde de la sorte à l’antenne, ça fait trop mal à l’homme.

    2. J’apporte un bémol sur votre jugement des US.
      Les US étaient très règlementés dans les années 70, à tous les niveaux. Il ne serait pas étonnant de voir qu’il reviennent plus vite que l’on ne pourrait le penser au protectionnisme et à la réglementation(voir affaire Toyota). Je m’inquièterais plus pour l’Europe à ce sujet.

    3. Là ou le débat était biaisé me semble-t-il, c’est dans le fait que M. Jorion répondait a un individu en face de lui : le ministre.
      M. Woerth, lui en professionnel de la com (comme il se doit dans le gouvernement actuel) ne répond pas à M. Jorion et ne se préoccupe pas de lui. Il communique directement avec les spectateurs en pensant l’impact de ses interventions dans ce sens.
      Le ministre n’a pas besoin d’argumenter, ce qu’il ne fait d’ailleurs pas, il doit laisser une « bonne » impression, mesurée et calme. Il y parvient hélas, même si son discours est du niveau du néant. Reste à savoir si les spectateurs sont dupes ou pas.
      Les lecteurs de ce blog ne le seront sans doute pas. Mais si M. Jorion fait l’effort de participer à ce genre d’exercice difficile c’est tout de même, je pense, pour toucher un public différend de celui du blog ?

    4. C’est en effet ce qui me fait hurler depuis « cette crise » où les gouvernants se félicitent « des amortisseurs sociaux » en France , qui font que les français seraient moins touchés, alors qu’eux mêmes sont en place pour détricoter maille après maille ces acquis sociaux !

    5. Je partage complétement votre critique. Face à des politique, il faut parfois adapter son discours de vérité pour mieux se faire entendre…
      Paul Jorion, je vous lis chaque jour avec intérêt et suis certains que vous saurez travailler et adapter votre répartie pour prendre l’ascendant sur ces politiques démagogues.

  18. Merci Paul Jorion pour votre intervention. Visiblement il y avait toute une émotion contenue chez vous.
    Vous avez posé les bonnes questions, les gens ne sont pas des imbéciles, ils sentent quand une personne s’exprime avec un supplément d’âme ou si vous préférez avec ses tripes.

    Petit mot à l’adresse de Monsieur le Ministre E. Woerth : Monsieur, arrêtez ce jeu malsain qui consiste à jeter à la tête de l’autre des phrases du type : « Vous êtes pessimiste ».
    Au moment ou j’écris ces quelques lignes, on nous annonce que des milliers de chômeurs vont arriver en fin de droit. Fini de jouer, la vraie crise la voici, c’est pour nôtre pomme maintenant. Que croyez-vous, ces hommes et ces femmes ne sont pas comme vous, à jouer dans le théâtre de l’idéologie permanente.
    Monsieur Woerth, avez-vous conscience de votre propre précarité ?

    1. Quelle précarité ? Ces gens s’en foutent ! Ils sont les fondés de pouvoir des prédateurs que suscitent le capitalisme et le libéralisme économique (souvenez-vous de la Nuit du Fouquet’s…). Pendant leurs aller-retours du privé au pouvoir, du pouvoir au privé, ils s’en mettent plein les fouilles ! Remplacez Sarkozy et sa clique par DSK et sa claque, est-ce que cela changera quoi que ce soit ?… L’alternance ? effet de fausse fenêtre, bouche-à-bouche obscène à une « démocratie » électorale sub-claquante…

  19. Carton jaune pour M. De Closet (dont je suis sûr de l’horographe du nom mais dont les initiales des prénoms m’échappent, ne serait-ce pas…) pour son cri « absuuuurrde!!!!! », il me fait penser au public de certains stades de foot-ball, imitant le cri des singes pour signifier leur racisme envers un hand-fooballeur basané du nom de Henri (je n’adhère pas à toutes les idées de P. Jorion), on aurait eu envie de se trouver sur le plateau et de sortir ce T.D.C. à coup de pied dans l’arrière train !!! Excusez la véhémence de mon propos … mais l’heure est grave et mon ressenti est proche de l’écœurement.

  20. Question triviale : où et comment revoir l’émission en entier et particulièrement l’extrait du film avec Fernandel ?

  21. Woerth incarne magnifiquement cette citation de Coluche : « On ne peut pas dire la vérité à la télé: il y a trop de monde qui regarde. »

  22. J’aimerais compléter mon message précédent par un argument qui devrait être martelé par ceux qui souhaitent défendre le système social français :

    – Il faut bien rappeler que ce système subit depuis à peu-près 1985 une érosion continue. Ce qu’on appelle aujourd’hui le système social français n’est constitué que des lambeaux du système initial.
    Et le mouvement mené par Sarkozy et les siens vise à achever le mourant le plus rapidement possible.

    – Un point très important est aussi de rappeler, sur les plateaux de télévision, l’origine de ce système social : le CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE.
    Il doit aussi être bien clair dans l’esprit des français que les travaux de ce conseil n’ont été adoptés par le gouvernement de l’époque que parce que le parti communiste représentait 30 % de l’électorat français.

    IL S’AGIT DU RÉSULTAT D’UN RAPPORT DE FORCE FAVORABLE AU PEUPLE ENTRE CE DERNIER ET LE GOUVERNEMENT.

    En fait, on peut dire que ces mesures sociales ONT ÉTÉ IMPOSÉES À UN GOUVERNEMENT PAR LA VOLONTÉ D’UN PEUPLE et non pas l’inverse. A comparer avec la situation actuelle…

    Bonne journée à tous.

  23. AzUL (salut en thamazight)Paul Jurion,

    je vous remercie vous et l’autre journaliste dont je me rappelle plus le nom d’avoir eu le courage de illustrer la situation économique et financier et décrypter certains termes «économiquement correctes »que utilise les économistes , les bankers et les politiciens pour cacher la vérité .

    par contre je vous pose les questions suivantes monsieur Paul Jurion :

    pourquoi on explique pas le vrais origine de problème qui se résume en outre sur deux virus qui contamine l’économie mondiale

    ► le virus de l’intérêt sur le crédit, mais surtout un autre problème que je trouve dommage que vous savez pas parler dans cette émission,

    ► le virus de la monnaie sans valeurs ex. dollar : le dollar est un papier contrairement a ce que on a cherchée a nous manipuler n’a aucune valeur en or et ceci depuis une bail,

    l’autre faux information : le dollar n’est pas une monnaie de l’État américaine mais une monnaie privée développer par un groupe des hommes d’affaires privée vers la fin de 1919,

    donc la banque fédérale américain(connue sous le nom de FED) contrairement a ce que on fait croire au gens n’est pas une banque publique de l’État mais une banque privée et cette banque privée n’a absolument rien avoir avec l État américaine, et c’est elle qui contrôle le taux d’intérêt et les crédits de l’ensemble de système américaine publique comme privée, autrement dit une banque privée qu’a le contrôle réale et le pouvoir réale sur tout le système monétaire et financier pas uniquement de USA mais de monde entier avec une monnaie qui le dollar qui n’a aucune valeur réale en terme d’Or … c’est scandaleux et dangereux !

    L’économie mondiale et son système monétaire et système financier sont des «EFMM»(system economique financier et monétaire manipuler ) par ces deux virus dans leurs gênes donc c’est impossible de les soigner, il faut revoir tout la génétique de ces systèmes et rechanger tout ce que cet Mafia des annes 20 de FED on développer, si vraiment on veut éviter dans le future une chute de l’économie et l’humanité.

    Amazighement,
    Ticonius ,
    Thamazgha (L’Afrique de Nord),

  24. Je viens du site de France 3 et , au surprise, je vois la fenêtre à cliquer pour voir la vidéo de l’émission ! Alors, sur le coup je me dis, mais la voilà cette vidéo ! Il n’y a pas de quoi s’insurger, il n’y a pas de théorie du complot ! Donc, je clique, et…. écran noir « video non disponible ». MMMhhhhh…

    1. D’autant plus que les 20 secondes de pub avant la vidéo sont elles, bien disponnibles 🙂
      Toutes les autres émissions sont visionnables. Et comme par hasard, pas celle-ci.
      Je leur ai tout de même écrit pour signaler ce ‘problème technique’ regrettable.
      Nul doute que quand ils en auront connaissance, ils y remédieront au plus vite.

  25. Très bien que vous puissiez vous exprimer dans ce genre d’émission, Paul.

    Mais on mesure (surtout dans le premier extrait) combien est impossible toute discussion, toute entente, avec des gens de pouvoir comme ce Woerth. Quand vous exprimez une analyse, eux affichent une posture.

  26. Ce que ne dit pas Mr Woerth, c’est que le système de protection sociale française est dépecé depuis une dizaine d’années à coup de déremboursement, de forfaits supplémentaires et j’en passe…de telle sorte que d’après une étude de l’insee, les habitants de ce pays ont vu leur dépenses de santé augmenter de 40% depuis 2001…je ne peux pas être fier d’un système que l’on pervertit de plus en plus, où les prélèvements ressemblent plus à du racket qu’a un système équitable suivant les couches sociales, où les gens rechignent à aller chez le dentiste ou acheter des lunettes car c’est trop cher, où des médecins croient pouvoir refuser des gens couverts par la CMU parce qu’ils seraient trop pauvres (on en fait quoi du serment d’Hippocrate ???) et j’en passe.

  27. Les deux interventions de Paul Jorion présentées sont excellentes. Tout est dit sur une remise en cause profonde du système.
    Le ministre fait la langue de bois et use des faux fuyants habituels (hypocrite et inutile feinte lorsqu’il vous accuse de ne pas être fier de la protection sociale française), mais peut être dans son coin de cerveau ou parmis ses conseillers vos réflexions porteront leurs fruits, on ne peut que le souhaiter.
    Le fait que vous vous retrouviez en face de responsables gouvernementaux prouve qu’on considère de plus en plus votre point de vue.

  28. C’est dommage d’avoir que des extraits, j’aurais bien aimé voir l’ensemble de l’émission (y compris le passage avec Honorin) pour comprendre pourquoi vous êtes énervés comme cela.

    1. bonjour , je viens de poster sur le site de l’émission , en disant que France télévision appartenait au français et que si pour une raison autre que technique cette émission n’étais pas mise en ligne j’en tirerais les conclusions .
      a suivre pour voir si le modérateur va publier mon message .

  29. Je dois avouer qu’en regardant les deux vidéos , j’ai une impression bien plus positive de vos interventions et je crois que cela doit être le cas d’autres personnes…alors comment expliquer ceci ? Je ne suis pas un expert en médias, mais il y a certainement des raisons qui peuvent expliquer ces impressions (peut-être la vitesse de la parole dûe au stress, la façon de filmer, les interruptions….). Alors, comment éviter ces pièges ? J’aimerais qu’un expert m’explique…

    1. je viens de revoir à l’instant les images et j’ai la même impression que vous.
      Il me semble que hors de l’ambiance créée par le ministre du sommeil cette discussion semble normale et je ne ressent aucun malaise lorsque je revois la première intervention.
      Par contre, là ou en direct j’ai ressenti un malaise et aurais plutôt plaint un ministre malmené je trouve vraiment qu’il ne comprend pas ce que PJ lui dit, qu’il est de mauvaise foi et tente de noyer le poisson en le contredisant sans argumenter.

  30. @Paul :

    Comme vous l’avez fait remarqué au ministre du budget dans cet entretien, les décideurs sont là pour appliquer leur programme libéral et le terminer (1 ère vidéo, 2mn51). Vous avez eu devant vous un politicien dont le logiciel économique greffé dans le cerveau est inamovible. Lorsque vous avez dit, « ils vont terminer ce programme ultra-libéral », vous confirmez mon pessimisme : S’il s’agissait d’un complot d’une petite élite contre tous, cela ne tiendrait qu’à un fil, mais comme il s’agit d’une idéologie enseignée à tous les étages de la fusée capitaliste, surtout aux cols blancs que l’on nomme experts qui gravitent comme idiots utiles dans les médias pour nous rassurer sur les vertus de notre civilisation (ce que fait parfois Mr de Closet et ce que font tous les ministres de l’économie), alors là, attendez-vous à quelques piques contre vous dans les journaux d’opinions, ils finiront par nous expliquer que Paul Jorion n’a pas bien compris la crise, qu’il est trop pessimiste, et que cela « ne se fait pas » de dire la vérité. Le volume d’idiots utiles en pleine crise se révèlera toujours croissant, merci pour votre travail intègre devant tant de bêtise humaine.

  31. @ Paul Jorion

    Attention Mr Jorion, ce n’est pas que l’on ne peut plus vendre le Liberalisme ou l’ultra liberalisme c’est que l’on ne peut même plus les prononcer!!! De Closet n’a materiellement pas le temps d’integrer ce que vous dites pour réagir, sa réaction est Pavlovienne face a ces Gros Mots que vous prononcez! Et Woerth gagne de précieuses secondes cependant, ainsi que l’appui d’une figure bien connue des français.

    D’autre part votre entrée en matière (« discourtois ») met votre interlocuteur sur la défensive, et lui laisse du temps pour monter sa garde pendant que vous rappelez Fernandel. L’entrée en matière doit être délicate pour laisser l’adversaire se relâcher (il est habitué à ce que l’on n’ose d’attaques aussi frontales) et l’attaque doit être rapide comme l’éclair, tenir en trés peu de mots simples en fin d’intervention (cf le coup qu’il vous fait sur la fierté su système social). Tout un art que ces gens là passent leur temps a peaufiner au lieu de s’occuper des vrai problèmes.

    Pour ceux qui fréquentent le blog vous êtes suffisamment clair mais pour les autres le champs lexical de votre intervention vous catalogue assez rapidement.

    En somme vous n’êtes pas prêt pour le débat politique et c’est pour cela que j’apprécie votre blog. Utilisez plus souvent cette position, extrayez vous du débat franco-français à la noix : vous n’avez pas à être fier du système social français, vous êtes Belge!

    Certes tout cela est bien facile à dire. Veuillez l’interpréter comme un semblant de critique constructive. J’aprécie tout particulièrement le fait que si près des échéances électorales à venir vous n’ayez toujours pas été récupéré par un parti quelconque. Pour ceux qui fréquentent ce blog, ce serait le début de la fin. Surtout ne révélez jamais ni ne laissez entendre pour qui vous voteriez en France ou pour qui vous votez en Belgique.

    Merci pour le travail que vous fournissez au service de tous.

    PS : Un chomeur Grec, Portugais ou Espagnol peut s’exporter facilement dans l’UE, la mise en cause des systèmes sociaux des pays voisins équivaux à la mise en cause du notre, peut être auriez vous du insister sur ce fait pour dire que la mise en cause du bouclier social n’est pas pour demain mais a commencée hier et le présenter ainsi plus comme un fait que comme une intention. J’espère que nous pourrons un jour profiter de l’intégralité du débat car je n’ai pu le suivre en direct. Merci à l’internaute qui a mis ces extrait en ligne.

    Cordialement.

  32. Bjr, voilà déjà quelques temps que j’annonce ce qui semble inéluctable, le contribuable va passer à la caisse.

    http://blog.crottaz-finance.ch/?p=3033

    et si l’Etat n’augmente pas les impôts existants….il va en inventer d’autres…..le résultat est le même.

    Au sujet de la prévoyance (retraites) ce n’est guère mieux et voici ce que l’Etat tout puissant pourrait nous réserver (article décalé volontairement, mais si le cauchemat avait déjà commencé ?)
    http://blog.crottaz-finance.ch/?p=1202
    bravo aux lucides qui sont, pour l’instant, peu nombreux.

  33. @Paul Jorion

    Message personnel

    J’ai montré les vidéos à plusieurs personnes dont ma femme (psychologue) . Elle n’a pas vu l’émission dans son entièreté mais elle a trouvé votre intervention excellente. Elle pense que le stress vient surtout du fait qu’il faut expliquer des choses compliquées alors que l’on sait que l’on dispose de très peu de temps. Dans un tel contexte, elle a conseillé d’éviter les références historiques (qui accrochent peu et qui auraient plus leur place dans une discussion plus longue) et de se concentrer sur la clarté du message : les idées et arguments doivent être énoncés de manière simple et directe afin que les gens les comprennent vite et les retiennent, et puissent facilement les diffuser en les réexpliquer à d’autres s’ils y adhèrent… Cela empêchera également les professionnels du « noyage de poisson » de marquer trop de points grâce au temps de parole beaucoup plus important dont ils jouissent. Par rapport à eux, vous êtes obligé de vous concentrer sur la force de vos idées (au détriment des nuances) si vous voulez que les téléspecateurs se souviennent de vos propos.

  34. Merci à Julius pour nous donner l’extrait avec Fernandel!

    Comme le suggère Zaichonok plus haut en parlant de Woerth et en citant Coluche (6 février à 13:59), si monsieur Jorion disait la vérité, il ne serait plus invité à la télévision!

    Monsieur Taddéï a appris récemment à ses dépens ce qu’il en coûtait de vouloir franchir les barrières du débat que le système impose. Il n’est pas près de recommencer. Les invitations de Dieudonné, Soral ou Ramadan lui avaient valu quelques remontrances, mais les très mauvais moments qu’il a passé, après l’invitation de Kassovitz dans une autre émission, devant les tribunaux de France-Info, d’Europe1 ou de Paris Première, lui ont fait passer le goût de la vérité. Pour l’instant.
    La question est posée maintenant: le nouveau « Michel Polac » finira t-il comme l’ancien, viré pour avoir franchi les bornes du champ de coton?

    Les Fouquier-Tinville médiatiques sont de plus en plus dangereux car ils ont appris à ressembler à des gentils. Nicolas Poincaré, David Abiker, Frédéric Bonnaud, Alain Marschall, Renaud Revel, Jean-Marc Morandini, ils ont tous des petites allures de gendres idéaux. On reconnaissait facilement les précédents lorsqu’ils se présentaient avec leurs masques grimaçants de Robespierre, hélas! ils arrivent maintenant avec le sourire de Roger Pierre!
    Robespierre et Jean-marc Thibault, on ne se méfie pas, mais ce n’est pas le même sketch!

    Heureusement monsieur Jorion a fabriqué le blog que nous lisons pour pouvoir parler librement.
    Il est évident que les idées de Paul Jorion ne sont pas celles d’un dangereux opposant au système, tout au plus celles d’un réformateur « poil-à-gratter ». Méfions nous cependant car aujourd’hui un simple poil-à-gratter peut se retrouver sur liste noire (voir la liste des invités de Taddeï qu’il n’a plus le droit de ré-inviter).

    Internet est peuplé de ces « évités » de la télévision.
    A la vitesse ou va notre époque moderne, il ne faudra pas beaucoup d’années pour que de nouvelles lois élèvent le niveau de « modération » exigé par les détenteurs de sites et de blogs comme celui que nous lisons. La lutte contre le terrorisme, la pédophilie, l’antisémitisme ou pour la défense du droit d’auteur, des femmes, des minorités, vont avoir le dos large, très large, de plus en plus large.
    (lequel d’entre nous aurait pensé il y a peu que le « Mignonne, allons voir… » de Ronsard devait être interdit à l’école car, selon un rapport de la HALDE, « ce texte véhicule une image somme toute très négative des séniors »? Qui aurait pensé que « pas très catholique » ne pouvait pas être dit à un juif, et qu’un tel « dérapage » pouvait mener devant les tribunaux?).

    Lorsque Internet, dans trois ou quatre ans, sera comme la télévision et les journaux totalement circonscrit par la police de la pensée, nous retrouveront alors les plaisirs clandestins des « ronéos » à alcool et des samizdats interdits, et nous nous échangerons sous le manteau le DVD de « François 1er »!

    Merci encore à vous Paul Jorion, et à vos invités pour le travail que vous fournissez.

    1. « nous retrouveront alors les plaisirs clandestins des « ronéos » à alcool  »

      Ou alors le papier et le crayon, comme dans « Globalia » par exemple ?

  35. M Jorion , pour votre intervention à « ce soir ou jamais » , un grand merci. Si j’ai bien compris pour la Grèce, les banques centrales prêtent à zéro pour cent aux grosses banques privées, qui le replacent à six pour cent en obligations , et pour que le gouvernement puisse rembourser il faut sacrifier le social. Est ce que je me trompe?

    1.  » Il faut sacrifier le social. Est ce que je me trompe ?  »

      Il faut bien en sacrifier un autre de plus pour mieux faire peur aux autres ?

      Et si au coeur du plus refoulé et sacrifié de nos sociétés, résidait encore une petite once d’espoir, sortir de notre continuel état de négoce, d’égoïsme, d’abrutissement, de marchandage, apprendre au fur et à mesure que la crise s’aggrave à se débarrasser du superflu, de l’inessentiel, du superficiel, de ces mauvaises valeurs de vie continuellement ressassé et rabâché vainement par nos élites, pour mieux retrouver un meilleur état d’esprit non conditionné, non seulement pour soi-même mais aussi pour l’autre, car si nous recherchons continuellement à sacrifier le meilleur de l’homme, à vivre dans le périssable comme nos méchants Maîtres, ne périrons nous pas tous avec le ver et la mite ? Pourquoi vouloir sacrifier autant de monde à la fous pour le seul autel supplémentaire du tout marchand sur terre, celui de l’économisme, quelle grande montage de cadavres et de désolation, regardez donc tout ce sang qui coule et encore, n’est ce donc pas suffisant à voir, mais quelle grande bande d’aveugles des aveugles conduisant des aveugles.

      C’est sur ils en poussent beaucoup plus dans l’abime, quel grand progrès vers le bas, vers la petitesse …

  36. Le silence des pantoufles est parfois plus inquiétant que les bruits de bottes!
    C’est ce qui m’inquiétait jusqu’alors.
    Je commence à l’entendre, le bruit des bottes…

    1. …des bottes texanes, n’est-ce pas? (pendant que les porteurs de pantoufles nous effraient avec les babouches musulmanes ou les socques chinoises)

  37. Ce duel met en lumière, de quelle manière les gens du système s’y prennent pour mieux discréditer la pensée et le propos de la personne qui n’exprimerait pas exactement le même vocabulaire consensuel, convenant que leur sur la crise, et encore vous avez une certaine notoriété vous avez écrit des livres, vous connaissez un peu de monde, imaginez alors l’attitude de ce ministre vis-à-vis d’un tout petit citoyen sans importance, ayant bien perdu son optimisme et sa joie de vivre face à un tel gouvernement de nantis je n’ose alors imaginer le tableau.

    Le terme ultra-libéralisme n’était peut-être pas le meilleur terme pour mieux surprendre et frapper l’opinion du téléspectateur sur ce que nous sommes tous en train de subir à part une petite clique de gens bien à l’abri. Ce terme a trop souvent été galvaudé, terni, abaissé par des gens n’ayant peut-être pas du tout la même approche et analyse que vous, comment frapper l’opinion, le téléspectateur, sans se faire systématiquement étiqueter et cataloguer comme tel ou telle autre personne déjà vu ou entendu, pas évident je dois reconnaître, pensez-vous qu’un tel ministre puisse vraiment se donner la peine d’y chercher la perle dans ce que vous avez à lui dire sur la crise du capitalisme, pensez-vous, non il a préféré au contraire inciter davantage le téléspectateur à ne pas vous écouter
    sérieusement.

    Sa manière de tourner la tête cause toujours tu m’intéresses, c’était pas mal à voir je trouve, sa marque de fabrique, des gens comme vous Mr jorion, n’ont bien sur aucune utilité à apporter pour une société quand bien même en période de crise, encore moins des gens comme moi ou d’autres intervenants de ce blog, oui merci encore à ce ministre de bien nous le faire comprendre à l’antenne.

  38. Ca y est!
    Paul s’est enfin fâché, libérant ainsi un peu de la tension qu’il accumule au fil du temps et que nous ressentons à son écoute sur meetic ou à sa lecture…
    Evidemment, nous tous, habitués du blog, ne pouvons que prendre fait et cause pour son argumentaire et l’approuver puisque nous en connaissons déjà le détail et la structure
    Nous sommes donc frustrés de le voir envoyé balader par le « ministre » qui ne répond aucunement sur le fond mais utilise un des nombreux trucs des dir-com et spin-doctors qui font florès dans l’environnement gouvernemental…
    La victoire de Paul dans cet échange n’est pas d’avoir expliqué sa façon de penser et de voir l’avenir, mais bien de nous avoir démasqué les pantins qui sont au gouvernement et leurs stratégies d’enfumage…
    En tant que conseiller municipal de ma petite commune (1000hab) et essayant d’oeuvrer (gratuitement) au bien commun au niveau local, je suis proprement écoeuré de l’attitude de ces « élites » enfermées dans un système pernicieux, putréfacteur, corrupteur dans tous les sens du terme, pour qui le petit peuple (le « vulgaire » aurait dit certain président défunt) n’est qu’une version moderne des serfs du premier millénaire de notre ère..
    L’accentuation, la poursuite d’une telle situation ne peut que finir dans le sang et la violence qui sont filles de la frustration et de l’humiliation.

  39. @ Philippe Laure

    La légitimité de Paul Jorion procède de ses recherches et des résultat obtenus.
    Colorer sa présentation d’un contenu idéologique est le piège dans lequel il ne doit pas tomber, sinon il apparaitra comme n’importe quel intellectuel « à la solde de »… Il faut qu’il continue de se maintenir tenir au dessus/indépendamment des partis (même si on sait bien que…). Sans cela il ne convaincra jamais les décideurs, quels qu’ils soient.
    Par exemple, si je devais « vendre » l’approche jorionesque auprès de militants UMP, je mettrais l’accent sur les questions d’indépendance nationale et de guerre économique en rapport avec l’idée de « dette ». Mais si « néolibéral » ou « classes » interviennent dans le discours ca deviendrait beaucoup plus dur pour moi. Ca donne un côté « embrigadé », « dogmatique », « pavlovien » (quand bien même ce serait vrai).
    Le but étant de toucher le plus grand nombre sans diluer le discours dans une langue de bois ou de compromis de bon aloi, le discours technique du chercheur qui se met au niveau des gens est la meilleure attitude stratégiquement parlant.

    S’enfermer dans la politique politicienne (c’est la faute de X Y ou Z) en désignant des coupables plutôt que de faire son travail pédagogique d’explication et de décryptage serait contre-productif. Ce ne serait pas socratique dans l’esprit. Les gens veulent « comprendre », et non pas se retaper les gesticulations partisanes sans intérêt ( à la rhétorique usée jusqu’à la corde). Après il faut arbitrer entre « informer » et « expliquer », parce qu’on ne peut pas faire les deux en même temps. Je suppose que le type d’invité et la longueur des émissions et la thématique peuvent servir de guide.

    S’il apparaissait une fois, ne serait-ce qu’une fois comme attaché à une formation politique particulière (même à son dépourvu), une grande partie des gens se refermerait comme une huitre. Paul a essayé de déplacer le débat sur « l’équilibre du budget » vers un débat sur « ce qu’est le budget/la dette ». C’est là son meilleur rôle je pense.

    1. C’est étrange de penser que « indépendance nationale » ou « guerre économique » sont des mots agréables aux oreilles des militants UMP, et que « néolibéral » ou « classe » les ferait fuir.
      Seriez-vous de gauche AntoineY, pour vous faire une image aussi tranchée du parti présidentiel?
      Et Jorion serait-il de gauche? (J’ai peut-être raté quelque part sa profession de foi.)
      Qu’il soit de gauche n’enlèverait cependant rien à la pertinence de son discours.
      Et s’il était de droite nous le lirions quand même.

      La question que vous soulevez est intéressante, et il est vrai qu’il est préférable d’avancer sans étiquette pour avoir des chances d’être écouté. Il suffit de voir Corinne Lepage, en réponse à un billet qu’elle a publié aujourd’hui -sur un autre fil de discussion de ce blog-, se défendre d’être MODEM et rappeler qu’elle n’est pas candidate aux prochaines élections régionales.

    2. @ Antoine Y

      Il ne faut pas s’occuper de politique politicienne lorsqu’on tient, comme Monsieur Jorion, un discours 1- de bon sens, 2- étayées par observations de terrain soutenu par un corpus théorique.

      Dans une telle démarche, Il faut affirmer que la vérité est au centre. L’homme, l’humanité et ses valeurs devraient se trouver au centre de toute démarche intellectuelle honnête, et plus généralement de toute action économique. La bonne attitude est donc centriste.

      Quelle tristesse et quelle honte d’être représenté »démocratiquement » par un ministre qui ne sait plus quelle casquette chausser, vu que le mauvais temps s’annonce. Son sourire crispé et sa pratique de la « communication » n’arrivent pas à cacher que derrière son discours cynisque, la panique s’annonce et que ça va aller de mal en pis pour son chef et sa petite coterie du Fouquet’s

  40. Si seulement monsieur Éric Woerth (avec un m minuscule, voire un minuscule m ,oui monsieur !) se rendait compte que son attitude, hostile, dédaigneuse, méprisante, était indigne !
    Je suis scandalisé non seulement par ses propos mensongers (notre gouvernement ne va pas casser le système social français), son zèle à faire diversion sur les sujets abordés, mais surtout par cette attitude de comédien n’ayant qu’un seul but : faire passer son interlocuteur pour un fou, semer la confusion, empêcher toute discussion.
    En attendant, lorsqu’il s’exprime lui-même, Monsieur Woerth ne propose strictement aucune argumentation.
    Pire, il se permet d’attaquer non pas les arguments de Paul Jorion mais sa personne – je cite : « vous devriez respecter/aimer le système social français » …
    L’inversion typique des rôle : le bouffon (comment l’appeler autrement) se veut ici donneur de leçons.
    Bravo à Monsieur Jorion d’avoir su garder un minimum son sang froid, mais hélas le dialogue est impossible avec de tels personnages, bardés d’astuces dialectiques et de mauvaise foi …

    Veuillez m’excuser, je me sens réellement remonté, et pourtant.
    Ce n’est pas la première fois que monsieur Woerth démontre qu’il n’est ni un honnête homme, ni un homme honnête.
    Dommage car les sujets abordés méritaient humilité et sérieux !

    1. Oui ce genre de phrase « vous devriez respecter/aimer le système social français  » c’est la même chose qu’ailleurs où on entend  » Il faut respecter la douleur des victimes » . On a l’impression qu’ils ont tous le même conseiller de com.

    2. Si seulement la droiture, l’honnêteté, la noblesse d’esprit, la franchise, le courage, le bon sens, l’intégrité, pouvait toujours venir systématiquement et automatiquement d’un seul parti alors comme tout pourrait être plus facile pour mieux se hisser jusqu’au pinacle d’une société, et pour certaines personnes habiles celui de voter tous les cinq ans pour avancer, devenir ministre. Oui il faut vraiment ne pas aimer son pays pour laisser faire cela, quel bonheur.

  41. Bonsoir Mr.Jorion,
    Vous étes toujours invisible sur France 3. Manifestement, vous voilà « triquard » de la chaine.
    C’est la preuve évidente que Woerth et sa clique(claque?)on pris peur des vérités que vous leur avez assénées.
    Des consignes ont très certainement été données pour que « le bon peuple » ne soit troublé (euphémisme) par vos justes propos.
    Un très grand BRAVO.

  42. @Paul

    Bravo. L’exercice n’était pas évident mais vous avez les idées claires et a fait mal. Taddéï vous aime bien, il vous a fait passé plusieurs fois dans son émission.

    1.  » Taddéï vous aime bien  »

      Je l’aime bien moi aussi Taddéi,

      Il a toujours le sourire, il est toujours de bonne humeur, même sur des sujets très graves qui touchent des millions et des millions de personnes de part le monde, bien évidemment son sourire peut parfois nuire indirectement à l’expression parfois plus différente de certains de ses invités.

      Enfin c’est la télé, il faut souvent sourire pour garder sa place, attirer le téléspectateur chez comme c’est Mickey,
      il faut sourire même quand ça fait très mal n’est ce pas Mr le ministre du budget et de l’optimisme.

      Malheureusement l’optimisme de nos élites ne semble guère mieux se répandre dans la société, tout cela sonne si faux en eux.

  43. Bonne prestation de Paul Jorion, face à un politicien aguerri et habitué des plateaux de télévision. L’attitude suffisante, voire condescendante, d’Eric Woerth est particulièrement insupportable. Il y a des claques qui se perdent mais il vaut mieux garder son calme.

    Tenez-nous au courant de la disponibilité de la version intégrale de l’émission. Merci d’avance.

    Et encore bravo.

    1. Oh vous savez sans être trop dur envers Eric Woerth, il n’est peut-être pas non plus le plus fourbe de la bande des Picsous oui j’ai encore une toute petite estime pour lui, malgré le fait qu’il n’est plus guère de cheveux sur la tête,

  44. Bonsoir Mr Jorion,
    J’ai découvert votre blog récemment en voguant sur le net. Dans l’information, il y a toujours de la désinformation (majoritaire dans les médias traditionnels). J’aime bien comprendre les choses et n’hésite donc pas à regrouper le maximum d’informations afin de pouvoir mieux jauger les choses. Un homme doit pouvoir penser par lui-même or un homme qui pense est un homme dangereux. Tout est donc fait aujourd’hui pour distraire, occuper la pensée de cette homme afin qu’il ne se pose pas de questions. Votre blog me permet de mieux comprendre (ou de comprendre tout simplement) certaines choses. Les commentaires aux articles sont également très constructifs. Donc ce n’est que du positif. Maintenant cela n’est possible que grâce au net car la personne qui vient sur le blog prend le temps qu’il faut pour lire les articles et commentaires. A la TV, tout va trop vite et tout est contrôlé, maîtrisé… Vous n’aviez aucune chance même si l’émission de FR3 est l’une des rares émission ou le débat, les discussions, les invités sont interréssants par une certaine liberté de parole.
    Je dis toujours qu’il y a le pouvoir des faits et le pouvoir des mots. Bien malheureusement, le pouvoir des mots domine notre monde. Dans l’un de ces 2 extraits, j’ai tout de suite vu que notre ministre des finances ne répondait pas à vos questions mais s’attachait à vous décridibiliser car il n’y a rien de plus dangereux qu’une personne crédible.
    « Ne soyez pas pessimiste comme ça » – « Vous avez complètement tort » – « Vous devriez être fier de notre système social » – « Vous devriez être fier plutôt que de le critiquer (2ème couche pour bien marquer l’esprit) » – « Non vous n’en êtes pas fier puisque vous le critiquer (3ème couche pour faire oublier votre explication de départ et après terminé votre parole est coupé…) »
    Bref comme je l’ai déjà dit, vous n’aviez absolument aucune chance. Mais il faut tenir pour contourner la propagande de nos élites véhiculé dans les médias dépendants.
    Bravo encore pour votre blog que je suis maintenant attentivement.

    1. « Vous avez complètement tort »

      Tort de penser différemment de nous, nous qui vous dirigeons bien de haut maintenant, tel est notre monde.

  45. Tout le monde reclame la video sur le site de france 3, mais ils ne veulent pas la mettre en ligne. pourquoi ?

    merci beaucoup Paul Jorion pour votre franc parlé, et tout vos articles.

  46. Bonjour à tous,
    M. Jourion peut-être pourriez vous m’expliquer ?
    Je ne suis pas sur d’avoir compris.
    Quand les banques sont limites de faire faillite, on baisse leur taux d’emprunt, alors que lorsqu’un état a des difficultés (liées en partie aux erreurs de ces mêmes banquiers) on augmente leur taux d’emprunt (principe de la notation). Arrêtez moi si je me montre, mais on ne s’y prendrait pas autrement pour accélérer :
    -> soit un processus de « dislocation » de la zone euro. La Grêce est le premier coin, le Portugal le deuxième, le troisième l’Espagne, … à qui le tour, la France peut être ?
    -> soit une remise à plat de toutes les protections sociales, acquis sociaux, … sous le prétexte qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses ou trop cher à emprunter.
    Les deux surement.
    Je ne suis pas « Economiste » et je ne pense pas qu’il soit nécessaire de l’être, mais il y a « à mes yeux », une volonté de « nuire » derrière tout ça. c’est évident.
    Quand un ami à des difficultés pour honorer ses créances, et qu’il vient vous demander un peu de liquidé. Vous ne lui prétez pas avec intérêts. Vous serez déjà satisfait qu’il vous rembourse. Et généralement, vous ne lui réclamerez même pas la dette en vous disant qu’un jour ça pourrait être vous dans la même situation. Mais la non, on s’empresse de lui mettre la tête encore plus sous l’eau…
    Je suis désolé, j’ai loupé votre intervention, mais y a t-il un lien, ou l’on peut la visionner dans son intégralité ?
    Bon week end à tous.

    1. Bonnes remarques.
      A qui profite le crime ?
      Les USA seraient-ils en guerre contre nous ?
      Qu’a fait NS après son élection et la soirée au Fouquet’s ? N’est-il pas allé prêter allégeance à GW Bush?

  47. Lorsque j’essaie de lire la vidéo sur le site de france 3, j’obtiens après avoir effectué un chargement spécifique de « plugins » réussi, une PUB de 20″ de la VOLVO C quelque chose.
    Aussi BIZARRE qu’ETRANGE cette vidéo!…Dommage on n’en verra pas plus pour le moment…J’entends impatiemment la suite…

  48. À Alexandria

    C’est bien moi qui ai écrit le 5 février à 12H12 : Woerth s’en fout.
    En plein dans le mille Alexandria.

    J’ai une vision entière de la condition humaine, de fait, et contrairement à vous, je ne serais insister sur le vague concept de l’alternance.

    Il est plus important à mes yeux de parler de précarité, dans le sens d’un tableau des vanités humaines. Il y a toujours une tête de mort pour nous accompagner : memento mori.

  49. Bravo à Paul Jorion pour son intervention.

    Je suis sûr que les spectateurs de l’émission auront été interpellés, et auront sans doute l’envie de creuser un peu le sujet.

    Dans une émission télévisée, le seul objectif peut être celui-ci.

    Faire de la pédagogie, expliquer des choses qui ne peuvent pas se résumer en une phrase est trop ambitieux à la télé.

    Woerth ne peut pas, quelle que soit son honnêteté, se tirer une balle dans le pied, ou tirer une balle dans le pied du gouvernement actuel.

    D’ailleurs, quels sont les moyens d’action réels dont le gouvernement dispose ?

    Les grands changements n’apparaissent qu’une fois que la situation est dépassée, que la catastrophe est avérée.

    Toute idée est d’abord combattue, niée avant d’être acceptée.

  50. Vidéo toujours indisponible sur le site de FR3. C’est fâcheux tout de même.
    Hou hou les employés de cette chaîne, cette situation entretient la suspicion.
    C’est un vilain sentiment qui sape plus encore votre crédit déjà bien entamé.
    Difficile de mobiliser le citoyen dans ces conditions … en cas de besoin.

  51. Je pense qu’ils sont trop nombreux, ils sont solidaires, ils sont tous passés par les fonctions clés des grands groupes et des grandes banques. Frédéric Lordon l’a compris, nous ne pouvons pas gagner un argumentaire face à eux sur ce genre de plateau de télévision. Les dés sont truqués d’avance. Il faut d’abord nous fédérer, nous organiser, créér une force ensemble. Nous avons raison, ils ont tort. A nous de nous organiser et de trouver nos armes pour les vaincre, leur monde s’écroule.

    1. ‘ Les dés sont truqués d’avance.’

      Tout à fait mon ami les dés sont bien pipés partout, triple six six six

      Car c’est aussi un grand nombre d’hommes, d’égos, de personnes, riches et puissantes de part le monde,

      Politiciens élus à la majorité, banquiers, financiers, hommes d’affaires, médias, et j’en passe quel beau quand même,

  52. Guerre des blogs? Commentaire de Loïc « malheur à moi! je suis nuance » Abadie publié hier.

    « Oui ce qui est écrit dans la presse est assez hallucinant.

    Tout aussi délirant que cette « pensée » que j’ai pu lire sur un blog assez connu (Paul Jorion) :

    « ne vaudrait-il pas mieux pour tout le monde que ces sommes que Mr. AAA a en trop et qu’il se voit obligé de placer dans des emprunts d’État, qu’on l’en soulage plutôt par l’impôt ? »

    Pour Paul Jorion (et les personnes de la mouvance à laquelle il appartient), nous n’avons donc pas le droit d’épargner, l’épargne étant de « l’argent en trop » !
    Et il suffirait qu’on « soulage » les épargnants (ceux-ci devraient en plus dire « merci » pour ce « soulagement » que nos bienveillants gauchistes totalitaires souhaitent leur apporter) pour financer la fuite en avant de notre états (qui dépensent déjà, rappelons le, 53% de notre PIB) et le train de vie de nos chers boomers hédonistes !

    C’est pratique quand même et je devrais faire pareil : Dès que j’aurai envie de quelque chose, je « soulagerai » quelqu’un du « fardeau » dont j’ai besoin : Jorion vient de (ré)inventer le concept d’état pickpocket qui vous « soulage » de tous vos biens !

    Mais que veulent donc ces personnes ? Un état qui dépense 70 % du PIB ? ou 90% du PIB comme au bon vieux temps de Staline et Mao ?

    Cela dit, il faut toujours garder un oeil sur ces courants de pensée, les partis qui les soutiennent et une certaine presse.
    Parce que si un jour ces personnes pleines de « bonnes intentions » arrivent au pouvoir, il faudra avoir anticipé et s’être mis à l’abri avant qu’ils n’aient réussi à nous « soulager ».

    Ainsi ils pourront se « soulager » et refaire le monde entre eux, dans un pays déserté par les épargnants et les investisseurs…Et nous les regarderons faire de très loin !… »

    1. Vous oubliez de rappeler que dans l’exemple de Paul monsieur AAA gagne 40 fois plus que monsieur X.

      Vous identifiez-vous à ce monsieur AAA ?

      Ah, mais me direz-vous, ce sont les messieurs AAA qui créent les richesses.
      Nous voyons aujourd’hui ce que sont ces « richesses ». Des bulles.
      Non, il faut être sérieux, ce sont les nations qui créent les richesses, pas une minorité d’individus.
      L’épargne investie dans le casino mondial de la finance appauvrit le plus grand nombre.

  53. je ne serais pas aussi élogieux que certains ici. je vois tellement de bravos dans les commentaires que j’ai peur qu’il y ait un vraiment effet « gourou » autour de PJ.

    pour écarter des doutes sur mon honnêteté, je suis ce blog depuis assez longtemps, et je le trouve suffisamment intéressant et instructif pour faire un don mensuel.

    mon impression sur l’émission est mitigée, car je l’ai regardé en temps que téléspectateur.
    j’ai trouvé que PJ a pris dès le départ un ton inhabituellement agressif qui ne passe pas à la télé et pour moi contrairement aux autres invités il s’est mis dans un rôle d’hurluberlu seul contre tous qui raconte des choses de mauvais goût et hors sujet.
    (comment dire à la télé en 30 secondes que c’est le cadre entier qui s’effondre sans un refus des gens? je ne sais pas)

    j’ai pu voir aussi que les sujets trop précisément techniques ne passent pas bien l’écran et qu’il est facile de les tuer. le ministre le sait et je ne l’ai pas trouvé déstabilisé par les questions. il s’est contenté de ronronner des choses rassurantes sur la France qui est un grand pays comme ils savent faire.

    au niveau image donc, je pense que les gens iront plutôt acheter le livre de De Closets qui lui sait y faire pour avoir l’air intéressant.

  54. Concernant la video, ils prennent leur temps en général. mais là étrangement même les vidéo de la veille ne marche pas que ce soit sur ie ou autre… attendons lundi.

  55. Etudiant en école de commerce (EDHEC). Je recherche activement cette emission sur la dette publique; je réalise un dossier « faut-il avoir peur de la dette publique? ». Nombreuses personnalités m’interessent dans cette émission.

    Elle est tout simplement introuvable… je n’ose imaginer une censure.

    Quelqu’un a une alternative à proposer au site France3?

    1. @Ted Chennis

      Mon Silverlight est à jour et la video est toujours indisponible, me concernant du moins.

  56. Bonjour,

    J’ai suivi dans la totalité cette émission.
    j’ai, à nouveau, la confirmation que ce gouvernement oeuvre pour les catégories les plus aisées (le seuil étant les classes moyennes supérieures). Pour avoir vécu et travaillé en Grande-Bretagne de 1985 à 1989, je me trouve en terrain connu.
    Ce gouvernement parit-il sur une crise bien plus grave et bien plus longue et compte-t-il sur cette catégorie « protégée » pour relancer plus tard l’économie ?

    Remarque: Il est dommage que la « bulle » immobilière soit systématiquement oubliée dans les débats. De quoi a t-on peur ?

  57. Grâce à l’un de vous, j’ai désormais un enregistrement de l’émission. Au cas où ils l’auraient perdue (rires) à France 3, je pourrais donc la leur communiquer.

    1. Bonjour Mr Jorion,

      comme dit dans un commentaire précédent je réalise une étude sur la dette publique. Et la source que vous détenez est très intéressant et contribuera à enrichir mes recherches.

      Etant donné que France 3 ne met pas a disposition cette video, pouvez-vous la mettre en ligne ou bien me faire communiquer un lien depuis lequel je peux télécharger celle-ci.

      Bien à vous,

      delamarre.py@gmail.com

  58. España se queda sola en la recesión

    « Los indicios de una recuperación incipiente son todavía débiles » – « les signes d’une reprise naissante sont encore faibles »

    Au bas de l’article, on trouve un encadré sur la justesse des pronostics de Zapatero.
    Mais il finira sans doute par affirmer : « je vous l’avais bien dit ».

    1. Dup,

      Faut pas chercher des complots ou une erreur tout bête suffit. Plutôt que cliquer sur le lien avec le bouton gauche de la souris, copiez l’URL avec le sous-ménu du bouton droit… et lorsque vous faites un coller dans la barre à directions de votre navigateur… enlevez le dernier caractère (~) avant d’appuyer sur la grande touche qui valide.

    2. @ningunotro

      Merci pour le tuto, pour une fois je ne pensais pas vraiment à un complot, ma reaction se voulait plutot sarcastique vu que je vis en espagne (et y travaille mais pour combien de temps?) et que les chiffres qui tombent dans les journaux j’en observe la realité tous les jours.

      A propos de l’Espagne, il est interessant de noter que son économie est trés liée à l’amerique (surtout du sud je crois) et que la bulle immo a été aussi grande sinon plus qu’aux US et que ses banques sont relativement imposantes au niveau mondial (cf Santander).

      @Verywell

      Merci d’avoir modifié le lien.

      Saludos a todos

    3. @Dup

      De nada.

      Pourriez-vous nous décrire l’état d’esprit des Espagnols tel que vous le ressentez au quotidien? On a le sentiment, vu d’ici, qu’ils encaissent sans broncher [souvenir encore présent du Franquisme, eurobéatitude, fuite dans le sport et la drogue…]

    4. Dup,

      Je suis espagnol et je m’y trouve…

      Une différence pas du tout banale entre la crise immobilière sub-prime anglo-saxonne et la crise immobilière espagnole… c’est que les anglo-saxons peuvent s’acquitter en retournant les clefs, car la propriété est toute la garantie. En Espagne, c’est l’acheteur qui est personnellement garant AVEC TOUS CES AVOIRS. C’est à dire qu’après la saisie et la vente judiciaire de la maison il continue endetté pour le solde. C’est en cela que le système bancaire espagnol est plus solide que l’anglo-saxon, entre autres.

    5. La reponse a Verywell se trouve plus ou moins résumé dans le post de ningunotro : si aprés être saisi on doit encore de l’argent, on encaisse sans broncher pour essayer de ne pas finir en prison, alors au lieu de manifester dans la rue on cumule tant qu’on peut chomage et bricole au noir pour arriver a boucler la fin de mois comme on peut et payer son hypotèque. La ministre qui a recement parlé de l’économie souterraine s’est fait remettre a sa place mais elle avait pas vraiment tort. Ce qui m’étonne un peu c’est qu’on entend pas trop parler de greve generale pour l’instant. Personellement je suis ni vraiment de gauche ni vraiment de droite (je tire un peu a gauche quand meme disons centre gauche ou politiquement mou si vous preferez) mais je crois que ZP est fini sur ce coup la et vu ce qu’il y a dans l’autre camp ça devrait pas être beaucoup mieux. La politique ZP a l’avantage d’etre rationnelle (ressemble beaucoup a celle Jospin en france a l’epoque. Meme causes memes effets?) mais il a passé son précédent mandat a faire des mesures demagos et des effets d’annonces quand il aurait du preparer la crise (au moins son aspect immobilier qu’il fallait etre aveugle pour ne pas voir venir). « Gouverner c’est prévoir » et quand les choses allaient bien il fallait commencer a freiner les secteurs en bulle (mais s’il avait fait ça il aurait pas eu de second mandat).

      Pour information sur France 24 il ya une petite interview interessante avec Garrido et un PP et un centre et le redacteur del Pais pour parler de l’Europe, ce qu’il dit est vrai, on ne peut pas avoir une meme monnaie et aucune synergie au niveau des politiques economiques et sociales mais c’est pas d’hier et ça m’etonnerais que la présidence espagnole fasse avancer le sujet.

      Enfin pour resumer l’ambiance ici « aguantamo el tiron y tiramo palante ». A mal tiempo buena cara.

      Nota : pour ce qui est du Franquisme, ce sont souvent les jeunes c… qui l’ont pas vecu qui en sont nostalgiques, les plus ages qui ont bien souvent pasado hambre et qui ont du emmigrer ils ne le regrettent pas vraiment.

      Autre chose qui se note fortement c’est une montee du racisme (ici il est pas interdit et il n’est vraiment mal vu u’officiellement) ça fait penser aux annees 80 en France mais sans Coluche et les africains du nord et autre equatoriens ont bon dos actuellement alors que la regularisation massive (a condition de contrat de travail et donc de cotisation) avait permis a ZP de ne pas avoir a augmenter l’age de la retraite durant son premier mandat mais les memoires sont courtes. Tant qu’y a du fric on est tous pots mais au premier coup dur c’est les dernier arrivés qui trinquent et je tiens a preciser que ce n’est pas specifique au peuple Español.

      Buenas noches.

  59. J’ai vérifié en fin de matinée , toujours pas d’émission : c’est cocasse. Sinon en y repensant, Woerth a dit des énormités : il a prétendu que M. Jorion n’aimait pas le service public, c’est de la mauvaise foi éhontée. M. Jorion venait de dire que ce gouvernement s’apprêtait à couper dans les budgets sociaux pour payer les dettes. Voilà une rhétorique bien grossière. Mais n’a-t-on pas vu des ministres agiter des flacons d’anthrax, et tant d’autres proclamations misérables. Après la prestation de Woerth il n’est pas étonnant que sa video ait un « problème technique ».

  60. @ Jean-Luc

    Je ne suis ni de gauche, ni de droite. Je n’ai jamais voté ni pour un camp ni pour l’autre tant leur bêtise atteint des sommets (la dernière fois c’était un « non » au Traité Européen). En même temps je n’ai pas eu beaucoup d’occasion de voter à des présidentielles (2 je crois, dont une « forcée au deuxième tour » et un vote blanc).

    Je suis quelque part entre Walzer, Rawls, Skinner et Strauss… et proche de la pensée classique (disons Aristote, Farabi et Rousseau, le dernier des Anciens) dans la façon de poser les problèmes et d essayer de les résoudre.
    Du coup, ceux qui sont de droite me disent de gauche, et vice-versa. Ca n a aucune importance de toute façon.

    A part ça j’ai grandi dans une famille traditionnellement de droite (avec les deux volets gaullistes et libéraux).

    Je sais très bien ce qui marche et ce qui ne marche pas: il vaut mieux leur parler « d’intérêt national » plutôt que de lutte des classes (que le concept soit pertinent ou pas d’ailleurs). D’une part parce que, personne, et surtout pas les classes moyennes n’aime se retrouver dans le camp des méchants (surtout s’ils sont « à la limite » ou s’ils ont le sentiment – et généralement à juste titre aussi, d’en avoir bavé et d’avoir fait autant de sacrifices que les autres pour avoir ce qu’ils ont).
    Et d’autre part, sur le plan purement stratégique, mêler « intérêt national » et « guerre économique », fournit un arrière plan (qu’ils croient généralement) viril, qui donne immédiatement une « stature » à bon compte, et qui permet de diviser les sensibilités libérales et gaullistes à droite (en muselant les premiers au profit des seconds).
    Je le teste tous les jours et ca fonctionne très bien.

    « néo-libéral » ne gênera pas un libertarien mais la plupart des gens qui votent à droite ne sont pas libertariens (ce n’est pas en ces termes qu’ils réfléchissent)… pour ces derniers s’entendre dire « néo-libéral » c’est avoir atteint le point Godwin (« tu as utilisé un mot polémique en guise d’argument: tu es un militant embrigadé par la vulgate communiste et donc tu as perdu »). D’où la réaction du ministre d’ailleurs, qui fait un clin d’oeil à ses supporters en rebondissant immédiatement dessus (manière de dire: j’ai pensé à la même chose que vous en même temps que vous, nous sommes sur la même longueur d’onde).

    Le thème même de la « dette publique » est un thème « de droite ». Une façon de fixer le point d’ancrage (les médias ne vous disent pas ce qu’il faut penser mais à quoi il faut penser). Si vous faite une émission sur la dette publique vous gagnez quand même, même si vous vous faites chahuter… ca paiera dans l’inconscient de l’électeur le jour J. Donc pour l’emporter, il faut lier la « dette » à un conflit « citoyens »/ »banques »… là vous regagnez les classes moyennes (qui font les élections). En répétant l’opération de nombreuses fois vous pouvez faire en sorte que la problématique de la dette devienne un « point d’ancrage » pour la gauche.
    Enfin bon… tout ça c’est de la guerre informationnelle de base. Le degré zéro de la politique, si j’ose dire (quoiqu’on peut descendre encore plus bas)

    J espère que le retard est normal. Voyons si la prochaine émission sera en ligne avant celle-ci avant de crier à la censure… Si effectivement il y avait un « problème », ce serait une erreur tactique grave de leur part… qu’il conviendrait d’exploiter avec un maximum d’habileté.

    1. Merci AntoineY pour ce texte d’une très grande clarté.

      C’est un plaisir de vous lire car cela met des mots sur un sujet qui me préoccupe depuis longtemps. Je ne pensais pas que la question que je vous posais plus haut (« Seriez-vous de gauche, pour vous faire une image aussi tranchée du parti présidentiel? ») amènerait une réponse dans laquelle je me retrouve à ce point. Je craignais même que vous la preniez pour une perfidie.

      Sensible depuis longtemps à cette troublante injonction qui réclame de nous positionner sur une ligne tirée de façon arbitraire de la droite à la gauche, il m’arrive de questionner les gens qui m’entourent. Rares sont mes interlocuteurs qui, comme vous le faites, vont me répondre que, ayant compris que ce positionnement déterminait des modes de raisonnements déterminés, ils ne les balayaient pas d’un revers de main, car cette dichotomie gauche/droite donne des atouts supplémentaires à celui qui sait se tenir hors du curseur.
      Les jeux dialectiques que vous décrivez sont très éclairants. Je m’y amuse aussi parfois et, c’est vrai, ça fonctionne très bien!

      Tout comme vous, et sans que j’y attache une quelconque importance, je me suis vu qualifié par certains de droite et par d’autres de gauche. Sans forfanterie, j’ai porté plus de dossards que vous, ayant traversé cinq présidentielles à ce jour!

      Vous évoquez votre famille d’une phrase. Mon père, anti-communiste non militant, avait sa carte du Parti Communiste! Comme beaucoup d’employés municipaux de villes communistes à une certaine époque, elle lui était nécessaire pour éviter d’être mal noté par son contremaître.
      C’est peut-être de là que me vient la certitude que ce jeu d’échiquier politique n’a que peu d’intérêt.

      Il est troublant de penser que pendant 23 siècles la démocratie s’est très bien accommodé de l’absence du curseur gauche-droite, et que ce dernier n’est que d’invention récente (1789, pour caricaturer).
      L’ouverture d’esprit que vous montrez (un rapide coup d’oeil Internet sur des noms de penseurs que vous citez et que j’ai envie de découvrir) ne me surprend pas; j’ai depuis longtemps fait l’expérience que le positionnement hors du curseur permet de découvrir des choses interdites aux hémiplégiques politique.
      De plus, plusieurs penseurs nous l’ont démontré (Clouscard et Michéa parmi les plus récents), la vision gauche-droite empêche même de comprendre certains phénomènes sociaux ou politiques.
      Concernant les classes justement (et tant pis si le terme est une pochette surprise qui fait seulement image), certains ne pourront jamais comprendre que leurs pires ennemis de classe se trouve de leur bord politique. Tout comme lors de conflits armés, ils n’auront de cesse que de tirer sur leurs frères de classe du bord politique opposé, encouragés par leurs véritables ennemis de classe qui, à l’arrière, les arment et les conseillent.
      Comprendre ce genre de chose est le début de l’autonomie de pensée. Et finalement, penser de façon autonome, sans porter des lunettes imposés, est la meilleure manière d’être des citoyens, et non plus de la chair à canon électorale.

      Quelque chose me rassure en lisant ce blog et de nombreux autres, et en discutant avec des amis: nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus vouloir être enrôlés dans les armés régulières.
      La prochaine grande guerre picrocholine du 14 mars prochain va avoir son nouveau lot de déserteurs.
      La vie dans le maquis est beaucoup plus riche et fraternelle, on y trinque en camarade avec les ennemis que le curseur gauche-droite nous désignait, et on rigole ensemble des déconfitures électorales de nos généraux sans troupes.

      Santé!

  61. Une autre perle merci à vous l’ami ?

     » Les médias ne vous disent pas ce qu’il faut penser mais à quoi il faut penser « 

  62. Je viens de la page de fr 3, un commentaire dit que la video est dispo sur orange, j’y ai donc ouvert un compte visiteur pour la visionner et surprise : la aussi la page n’est pas disponible alors que le commentaire de l’internaute sur fr3 disait qu’il avait pu le visionner!!! Il semble que les videos ne soient accessible qu’a ceux qui possedent un compte orange, quequ’un peut il confirmer ?

  63. sur le plateau TV entendre ce beau monde traiter du problème de la dette sans s’interroger sur la nature inouïe de cette crise… l’impatience, la fébrilité de Paul Jorion m’a fait repenser à cette saine colère de Lacan :

    1. A Roma à Paul et Fab et les autres …

      « cette saine colère de Lacan »

      Oui saine colère, ce qui n’est pas une colère en soi, celle qui arrête, non !

      Saine car c’est plutôt l’intensité de sa voix qui marque. Et justement ce qui est sain c’est que lorsque Lacan monte le ton, ce n’est pas pour gronder ou pour reprocher, non !

      C’est pour le son ! Le son de sa voix qui est le signifiant, le message signifié (la signification) de sa parole étant fixée par le son. Il ne manque que le signe pour souder l’ensemble, et c’est bien la mort comme la foi, le signe de la croix.

      Lacan signe sur cet épisode toute sa découverte du triptyque SIGNIFIANT-SIGNIFIE-SIGNE

      La DETTE c’est l’absence du SIGNIFIANT (un son ou une image mnésique) qui donne du sens (ORIENTATION) au discours.

      Voici ma réponse à Roma.

    2. L’argent FACILE,

      C’est bien ce qui vient supprimer et masquer le signifiant (l’argent n’a pas d’odeur) qui aurait pu donner le bon sens de l’affaire.

      Cet argent facile qui vient chasser le signifiant qui est ce petit supplément d’âme nécessaire à toute relation humaine à toute forme échange harmonieux, cet argent facile il ne sert qu’à cacher la fonction paternelle, qui à l’instar de Lacan, vient à hausser le ton, à donner de la voix au bon moment …

      … pour éviter l’inceste.

      C’est bien la fonction symbolique du père que l’argent facile veut supprimer !

  64. @ AntoineY

    Il ne s’agit pas à mon sens d’orienter le débat vers une discussion politico-politicienne stérile, mais de dire les choses simplement comme elles sont.

    Les rapports de force à l’œuvre entre différentes classes sociales sont un fait et cela dans toute société. Aujourd’hui il s’agit bel et bien de rééquilibrer ce rapport de force entre les « élites » économiques et le reste de la population, toute possibilité de changement passera par là, immanquablement.

    La situation actuelle découle tout de même bien de décisions politiques (issues de l’idéologie de Reagan et de Thatcher, elle même initiée par les théories de Von Hayek, Milton Friedman et autres compères), donc pour trouver des réponses adéquates il faut bien en passer par une autre POLITIQUE, même si le terme semble vous rebuter.

    Comme dit l’autre : « Si tu ne t’occupes pas de politique, c’est la politique qui s’occupera de toi.” C’est imparable, que cela plaise ou non.

  65. bonjour a tous

    je viens de visionner l’emission integrale sur 24 24 tv (orange) je crois qu’il faut juste avoir un compte orange

    je pense juste que fr3 n’a pas eu le temps de le mettre en ligne ( compression de personnel ? )

  66. Bonjour M. Jorion

    Je suis un lecteur assidu de votre blog depuis environ 1 an et je tiens à vous remercier ainsi que M. Leclerc pour votre extraordinaire travail.

    J’ai trouvé votre prestation très bonne, on sent la sincérité quand vous parlez et c’est important. Le but n’était pas, j’imagine, de convaincre M. Woerth (qui ne le sera probablement jamais) mais de toucher les gens. Les questions que vous posez sont excellentes, pourquoi après tout doit-on accepter le système sans pouvoir se poser de questions. La réaction est d’ailleurs la même qu’avant la crise : ne soyez pas pessimiste !

    L’exemple de la grèce que vous avez citée est repris dans un article de lecho.be.
    Et ils le font comment ? Avec les CDS, qui étaient soi-disant régulés.

    Cela va faire réagir un nombre croissant de personnes. Comme vous l’aviez dit dans une autre intervention, c’est trop proche les gens n’auront pas eu le temps d’oublier.
    Je suis quand même curieux de voir comment les libéraux vont nous expliquer que c’est bon de faire tomber un pays.

  67. Paul, si vous lisez encore les commentaires ici :
    quand Woerth vous répons « la france n’est pas un pays ultra-libéraliste », il vous piège. Pourquoi ? parce que la France n’existe déjà plus … c’est de l’Europe dont il s’agit. La « France » n’est qu’un masque qu’on présente au public, un habillage de la politique Européenne, qui elle est ultra-libéraliste. D’ailleurs, comme je le disais dans un autre post, ce plus vraiment de l’ultra-libéralisme. On ne peut plus opposer keynesianisme et libéralisme. Woerth a raison de vous dire que ces notions sont dépassées. Vous tombez dans son piège parce que vous regardez avec le prisme « national » qui n’existe plus pour les gens de « l’élite ». Il ne sont que les VRP des multi-nationales. Le « libéralisme » (protéger la libre entreprise), c’est juste devenu un prétexte pour les multi-nationales.
    Le débat se situe ici… Les hommes politiques sont largués, mais ils sont malins. Ils jouent de l’ignorance des gens.

    Donc : même si la France n’est pas ultra-libéraliste, il y a l’Europe (technocratique, industrielle) au dessus, et les multi-nationales qui imposent leurs lois.
    Posez lui la question, si ces notions sont obsoletes par quoi elles sont remplacées … vous aurez des surprises. Et le débat pourra avancer.

    On est avec vous. Vous êtes le petit grain de sable qui les irrites …

  68. @Paul,

    Tu as raison de poser le problème du déficit public. Dans une stricte logique d’économie de marché, le déficit public est de toute évidence le signe d’un échec : si toutes les décisions d’engagement de dépenses avaient historiquement été correctes, les rentrées d’argent au jour j devraient permettre de couvrir les dépenses courantes et d’assurer le service de la dette. Si elles ne le font pas, c’est soit que les décisions étaient mauvaises, soit que le marché ne permet pas de rendre compte de la justesse de l’action de l’Etat, soit plus vraisemblablement un inextricable mélange des deux.

    Une réflexion sur ce thème serait sans doute plus utile que de s’interroger gravement et séparément d’une part sur ce nouveau sexe des anges qu’est la quantification de la production de bonheur national brut, et de l’autre sur l’analyse strictement comptable des comptes publics. En attendant, pour en rester au niveau de la cuisine comptable, il me semble qu’au lieu de parler de déficit public comme on le fait aujourd’hui, on pourrait présenter les comptes publics de façon un peu plus lisible pour que tous les citoyens/électeurs, puissent plus facilement faire la différence entre le déficit qui sert à financer les fins de mois difficiles dues aux erreurs et à la gabegie passées, – dont ils sont parfois eux aussi responsables -, et celui qui correspond au financement d’investissements pour l’avenir, en particulier dans des infrastructures destinées à garantir la qualité des services publics

    Concernant l’indécente affaire des dettes souveraines, je trouve que le pire reste probablement que cet “argent” qui tente aujourd’hui de faire sauter les Etats à sa corde spéculative est probablement celui la même que les mêmes Etats on prêté aux banques pour les sortir d’affaire et/ou dépensé pour racheter leurs créances pourries. On marche vraiment sur la tête !

    Jean-Paul

  69. Je n’ai pu entendre que la fin de l’émission en direct… mais avec la première séquence disponible cela fait un drôle d’écho que je n’avais pu goûter !

    Le ministre-ultralibéral-qui-s’ignore est sérieusement touché puisqu’il conclut sa dernière intervention par (en substance, à vérifier dans la vidéo complète !) : il faudra inévitablement être raisonnables et revenir sur la sécurité sociale et les retraites… et diviser par trois les budgets des collectivités territoriales.

    Je souhaite avoir mal entendu ! Mais je ne le crois pas, et cela signifie que le ministre-ultra… se contredit complètement dans ses réponses. Ce sera toujours utilisable pour convaincre ceux qui croient encore que le traité de Lisbonne est le moyen de développer la démocratie en Europe ! (Au cas où certains ne voient pas à quoi il est fait allusion, qu’ils regardent la définition des services d’intérêt général, les interdictions d’harmonisations sociales et fiscales…).

    Oui, il nous faut une fiscalité juste : impôt progressif sur TOUS les revenus, avec la dernière tranche à 90 ou 95 %, sans niches fiscales. Mais cela ne suffira pas si l’interdiction que la BCE prête aux Etats n’est pas levée (traité de Lisbonne, encore ? oui !)

  70. Paul Jorion a bien raison de parler des impôts qui ne sont plus progressifs.

    Les gens semblent oublier que les impôts américains étaient extrêmement progressifs, notamment à partir de Roosevelt élu au lendemain de la Grande Dépression. C’était un des éléments clés du New Deal, et ce qui a permis de financer une relance (inspirée par Keynes) tout en limitant la dette publique. Il est intéressant de remarquer que l’imposition sur la tranche supérieure est passée de 70% à 30% pendant les années Reagan qui ont par ailleurs enclenché une dérégulation massive et un désengagement de l’État. On connait la suite.

    http://en.wikipedia.org/wiki/Income_tax_in_the_United_States#Tax_rates_in_history

  71. j’ai contacté france 3, le site de l’émission et le médiateur: il est encore impossible de visionner l’émission:
    « bonjour,
    il est encore aujourd’hui impossible de visionner l’émission de Taddei du 04/02.
    La manipulation de l’information est claire: M.woerth n’a pas agréé l’émission qui, comme par hasard, rencontre des problèmes techniques.

    Alors nous sommes dans un pays avec : un gouvernement de figurants, un parlement à la botte (on peut même faire appliquer des lois non votées), une justice de plus en plus dépendant du gouvernement et du bon vouloir d’une seule personne, une opinion manipulée et censurée = hors de France cela s’appelle une DICTATURE = tous les pouvoirs dans les mains d’un seul.

    A quand la fin de l’émission de Taddei?
    on doit surement déjà y penser »

  72. Automobile : Sarkozy va « bloquer sa propre industrie » selon Neelie Kroes

    Où l’on se rend compte de la cordialité des échanges entre dirigeants européens et du niveau exceptionnel du débat…

    « Mme Kroes s’était émue de la démarche française. Selon l’hebdomadaire français Le Canard Enchaîné, M. Sarkozy aurait dans la foulée affirmé que la commissaire européenne n’a que « deux neurones », une déclaration relayée par la presse néerlandaise et flamande.

    Interrogée sur cette insulte par le Handelsblatt, Mme Kroes rétorque « comme cela j’en ai au moins 100% de plus que lui ». »

    J’en déduis que le président de la France a au moins un neurone, c’est rassurant.

  73. Pour nos élites bancaires financières le problème des déficits publics ne vient toujours pas d’eux mais des autres, c’est même écrit dans les écritures.

    En France l’age de la Retraite finira bien un jour par être repoussé jusqu’à l’age de 67 ans comme bientôt en Espagne, et puis si cela ne marche toujours pas pour renflouer les caisses des États de plus en plus déficitaires en Faillite au bord du gouffre malgré toujours plus de coupes budgétaires, l’age de la retraite n’existera bientôt plus pour personne lorsqu’ils la fixeront bientôt à 115 ans sauf bien sur pour une petite minorité de nantis, de privilégiés, d’élus, politiciens bien nourris de ronds de cuirs, d’usuriers, de banquiers et autres pas très sains à voir pour leur société.

    Il est possible que la langue de Shakespeare, celle de l’internationale des marchands sans foi ni loi soit beaucoup mieux parlé et utilisé dans le monde de la haute finance diabolique que dans le monde d’en bas, des damnés.

    Ce soir au jamais changeons de langue ou de langage pour moins faire de mal à l’homme.

  74. Je ne peux m’en empêcher, ni de vous lire, ni de vous écrire, même ce qui risque de vous paraître hors de propos.Alors tant pis, j’envoie mon texte :

    publié par JH, le dimanche 7 février 2010

    Je vois des symboles partout. Une prolifération qui me cerne et me piège au cœur de cet état du monde en décomposition, peut-être en reconstruction, il faut bien essayer de rêver.

    Commençons par Toyota, ses pédales et ses freins. Un constructeur fragilisé par ses propres innovations hybrides. N’est-il pas évident que le système ultra-libéral dans lequel nous vivons, ou vivotons, se laisse grignoter par les déficiences de ses organes aussi bien d’ accélération que de ralentissements peureux ?.

    D’un côté la tendance frénétique à produire de plus en plus vite de plus en plus d’objets voués à la fois à une utilité probablement éphémère et à une inutilité délétère bloquée dans son emballement. (Incidemment, un bon exemple pourrait être le téléphone portable, seul objet pris comme exemple phare de produit utile**, symbole de bien-être, par Eric Woerth notre ministre du budget lors de l’émission au cours de laquelle Paul Jorion, notre anthropologue voyant à la suite du poète, a eu la parole) Donc si nous revenons à Toyota à, cette pédale d’accélération bloquante entachée d’une tendance possible à user de façon erratique d’une liberté qui nous est de plus en plus contrôlée, elle n’est rien d’autre à mon sens que le symbole d’une course incontrôlée vers un mur fracassant. Et le frein, ce ralentisseur qui se met à renâcler,n’est que son pendant miroir, lui non plus ne répond plus , image de cette société incapable de réguler sa propre vitesse.

    Et puis il y a Giacometti et son Homme qui marche avec ses pieds informes, monstrueux, se dégageant de la lourdeur de la gravité… Un homme de bronze qui, aux dernières enchères, a été vendu à un prix extravagant . Il continue de marcher, homme symbole filiforme, tendu de biais vers un avenir que la pesanteur de l’argent qui l’enrobe ne parviendra jamais à freiner, ni à précipiter vers la vitesse de la lumière que les physiciens s’entêtent à explorer dans l’espoir de la domestiquer.

    Pour ma part, je vais continuer ma chasse d’autres symboles au risque d’être happée moi-même et de me perdre dans des trous noirs réducteurs de lucidité, ou bien la nourrissant d’une bien curieuse et fertilisante morbidité..

    ** utile, mais désormais porteur d’une technique qui permet de le transformer en objet espion

    *

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  75. Jean Baudrillard – Dette mondiale et univers parallèle

    Libération, lundi 15 janvier 1996, page 5, REBONDS

    Affichage électronique de la dette publique américaine à Time Square – un chiffre astronomique de quelque milliers de milliards de dollars et qui augmente au rythme hallucinant de 20 000 dollars par seconde. Affichage électronique à Beaubourg des millions de secondes qui nous séparent de l’an 2000. L’un, le chiffre du temps, diminue régulièrement. L’autre, celui de l’argent, augmente vertigineusement. L’un est un compte à rebours qui tend vers la seconde zéro. L’autre, à l’inverse, tend vers l’infini – tous les deux impliquant, au moins dans l’imaginaire, une catastrophe : celle, dans le cas de Beaubourg, de l’épuisement du temps ; celle du passage de la dette dans l’exponentiel et d’un crash financier mondial dans le cas américain.

    En fait, cette dette ne sera jamais remboursée. Aucune dette ne sera remboursée. Les comptes définitifs n’auront jamais lieu. Si le temps, lui, nous est compté, les capitaux absents, eux, sont au-delà de toute comptabilité. Si les Etats-Unis sont déjà en rupture virtuelle de paiement, cela n’aura pas de conséquence – il n’y aura pas de Jugement dernier pour cette banqueroute virtuelle. Il suffit de passer dans l’exponentiel ou dans la virtualité pour être dégagé de toute responsabilité, puisqu’il n’y a plus de référence, de monde référentiel auquel se mesurer.

    C’est une situation tout à fait nouvelle que cette disparition de l’univers référentiel. Quand on contemple le tableau d’affichage sur Broadway, dont les chiffres s’envolent, on a l’impression d’un envol stratosphérique de la dette, du chiffre en années-lumière d’une galaxie qui s’éloigne dans le cosmos, de la vitesse de libération de la dette comme d’un satellite terrestre. Et c’est bien de cela qu’il s’agit en effet : la dette se meut sur une orbite bien à elle, avec une trajectoire autonome, celle des capitaux libérés de toute contingence économique, évoluant dans un univers parallèle, affranchis, par leur accélération même, de toute retombée dans l’univers banal de la production, de la valeur et de l’usage. Un univers pas même orbital : exorbital, excentré, excentrique. Avec une probabilité très faible qu’il rejoigne jamais le nôtre.

    C’est pourquoi aucune dette désormais ne sera remboursée. Elle peut tout au plus être rachetée en solde pour être reversée sur un marché de la dette – dette publique, dette nationale, dette mondiale -, redevenue elle-même une valeur d’échange. Il n’y a pas d’échéance probable de la dette, et c’est ce qui fait sa valeur inestimable. Car telle qu’elle demeure ainsi suspendue, elle est notre seule assurance sur le temps. Au contraire du compte à rebours qui signifie l’épuisement du temps, la dette indéfiniment différée nous garantit que le temps lui-même est inépuisable… Or nous avons bien besoin de cette assurance virtuelle sur le temps, au moment où l’avenir lui-même tend à s’épuiser dans le temps réel. Blanchir la dette, apurer les comptes, effacer la dette du tiers monde… vous n’y pensez pas ! Nous ne vivons que du déséquilibre de la dette, de sa prolifération, de sa promesse d’infini. La dette globale, planétaire, n’a évidemment aucune signification en termes traditionnels d’obligation et de crédit. Par contre, elle est notre véritable créance collective – créance symbolique par où les personnes, les entreprises, les nations se trouvent assignées les unes aux autres par défaut. Chacun est assigné à l’autre (même les banques) par leur faillite virtuelle, comme des complices le sont par leur crime. Tous assurés d’exister l’un pour l’autre à l’ombre d’une dette inexpiable, imprescriptible, puisque d’ores et déjà le remboursement de la dette mondiale accumulée excède de loin les fonds disponibles : cela n’a donc plus d’autre sens que de lier tous les humains civilisés dans un même destin à crédit. Tout comme l’arme nucléaire, dont l’accumulation mondiale excède de loin la destruction globale de la planète, n’a plus d’autre sens que de lier l’ensemble des humains dans un même destin de menace et de dissuasion.
    On comprend alors pourquoi les Américains font si spectaculairement état de leur dette. L’initiative est censée faire honte à l’Etat de sa gestion et alerter les citoyens sur une débâcle imminente des finances et de la chose publique. Mais l’aspect exorbitant des chiffres leur ôte toute signification (même les chiffres ont perdu leur crédit !). En fait, tout cela n’est qu’une gigantesque publicité, si d’ailleurs le billboard lumineux a toutes les allures d’une cote boursière triomphale qui aurait crevé tous les plafonds. La population le contemple fascinée comme au spectacle d’une performance mondiale (alors qu’elles ne s’attroupent guère devant l’horloge numérique de Beaubourg pour voir s’écouler la fin du siècle). En même temps, elle est collectivement dans la même situation que le pilote d’essai du Tupolev qui, jusqu’à la dernière seconde, a pu voir sur son circuit de vidéo interne son appareil piquer au sol et s’écraser. Est-ce qu’il aura eu le réflexe ultime de regarder l’image avant de mourir ? Il aurait pu s’imaginer vivre ses derniers moments en réalité virtuelle. Est-ce que l’image a survécu à l’homme, ne fût-ce qu’une fraction de seconde, ou l’inverse ? Est-ce que la réalité virtuelle survit à la catastrophe du monde réel ?

    Nos vrais satellites artificiels, ce sont la dette mondiale, ce sont les capitaux flottants et les charges nucléaires qui encerclent la Terre de leur ronde orbitale. Devenus artefacts purs, d’une mobilité sidérale et d’une convertibilité instantanée, ils ont enfin trouvé leur vraie place, plus extraordinaire que le Stock Exchange, les banques et les silos : l’orbite où ils se lèvent et se couchent comme des soleils artificiels.

    Le dernier en date de ces univers parallèles en voie de formation et de développement exponentiel, c’est celui d’Internet et des réseaux mondiaux d’information. Chaque jour pourrait s’afficher là aussi en temps réel, en millions d’individus et en milliards d’opérations, la croissance irrésistible, l’excroissance d’une information dont l’extension est telle qu’elle n’a plus rien à voir avec une intégration quelconque des connaissances. D’ores et déjà, on peut dire que cet immense potentiel ne sera jamais racheté, au sens où il ne trouvera jamais son usage et sa fin. C’est donc exactement comme la dette : l’information est aussi inexpiable que la dette, au sens où nous ne pourrons plus jamais nous en acquitter. D’ailleurs, le stockage des données, l’accumulation et la circulation mondiale de l’information sont tout à fait semblables à la compilation d’une dette irrémissible. Et là aussi, dès lors que cette information proliférante excède de loin les besoins et les capacités de l’individu et de l’espèce en général, elle n’a plus d’autre sens que de lier l’ensemble des humains dans un même destin d’automatisme cérébral et de sous-développement mental. Car il est clair que, si une certaine dose d’information réduit notre ignorance, une dose massive d’intelligence artificielle ne peut que nous convaincre du déficit de notre intelligence naturelle et nous y enfoncer. Le pire dans un être humain est bien d’en savoir trop et d’être inférieur à ce qu’il sait. C’est la même chose pour la responsabilité et la capacité émotionnelle : la sollicitation perpétuelle par les médias, en termes de violence, de malheur, de catastrophe, loin d’exalter quelque solidarité collective, ne fait que démontrer notre impuissance réelle et nous plonger dans la panique et le remord.

    Tous ces univers parallèles, pris dans une logique autonome et exponentielle, sont des bombes à retardement. C’est évident pour le nucléaire, mais cela est vrai aussi de la dette et des capitaux flottants. La moindre irruption de ces univers dans le nôtre, le moindre croisement de leur orbite avec la nôtre briserait immédiatement l’équilibre fragile de nos échanges et de nos économies. Il en serait (ou il en sera) de même avec la libération totale de l’information, faisant de nous des radicaux libres cherchant désespérément leur molécule dans un cyberspace raréfié.

    La Raison voudrait sans doute que nous réintégrions ces univers au nôtre, dans un monde homogène : que le nucléaire trouve son usage pacifique, que toutes les dettes soient apurées, que les capitaux flottants soient réinvestis en richesse sociale, que toute l’information s’inscrive dans le savoir. Mais c’est sans doute là une utopie dangereuse. Que ces univers restent parallèles et que leur menace suspendue, leur excentricité nous protègent. Car, tout parallèles et excentriques qu’ils soient, ce sont pourtant les nôtres, c’est nous qui les avons matérialisés ainsi hors de notre portée, comme un ersatz de transcendance, c’est nous qui les avons mis sur orbite comme une sorte d’imaginaire catastrophique. Mais c’est peut-être bien ainsi. Car si la cohésion de nos sociétés était maintenue jadis par l’imaginaire du progrès, elle l’est aujourd’hui par l’imaginaire de la catastrophe.

    1. J’ai lu ce texte hier, à travers un lien proposé dans un commentaire par M. Leclerc
      invitant à y jeter un oeil attentif, effectivement.

    2. « Car si la cohésion de nos sociétés était maintenue jadis par l’imaginaire du progrès, elle l’est aujourd’hui par l’imaginaire de la catastrophe. »

      L’imaginaire de la catastrophe a alors besoin de la science économique et de ses prophéties auto-réalisatrices : La dette et les tarots de divination sont détenus par les acteurs du marché. Aussi j’irai au delà de cet article de Libé : Avant 2007, les experts étaient quasiment tous atteint de paraphrénie* quand il s’agissait de légitimer leur science économique, l’euphorie ou le catastrophisme ambiant est une forme de pathologie mentale quand ces sentiments sont agités par des experts surtout quand ils sont « gouvernementaux » :

      * La Paraphrénie des experts économistes est prouvée par :

      1/ L’existence d’une production délirante importante juxtaposée à la réalité(*) . Le délirant garde longtemps intacte et disponible une image relativement saine de sa personnalité. Il peut prendre à l’égard de son délire une certaine distance. Il en reste le maître, ce qui lui laisse une certaine latitude d’adaptation à la vie sociale.
      (*) Nos vices privés seront la vertu du bien commun, 1er commandement libéral. Acte I de la paraphrénie.

      2/ La grande fréquence des thèmes empruntés aux mythes infantiles et aux mythes archaïques universels, avec une prédilection pour les choses fabuleuses et surnaturelles.

      remplacer mythe archaïque et infantiles, par science économique, ou croissance sans fin !

      3/ La prédominance du langage sur l’action. Souvent, le paraphrène est riche d’expression verbale et graphique. Son langage écrit est encore plus perturbé que son langage parlé. Il fait appel au symbolisme des mots, des nombres, des couleurs, à la concrétisation des idées et des sentiments.

      Il faut un graphique en forme de powerpoint pour croire les bonimenteurs, pensez à la croissance et aux téléphones portables que nous vendrons quand tout ira mieux.

      4/la longue persistance de l’intégrité des fonctions intellectuelles et de l’affectivité. L’évolution vers la dissociation schizophrénique ou la détérioration mentale n’intervient pratiquement pas.

      L’expert économiste peut encore faire semblant sur les plateaux de télévision.

      5/ La paraphrénie est un délire fantastique dans sa forme, ses formules magiques, sa projection dans l’espace et son mode d’expression.

      Voilà, on a donné le pouvoir aux fous et à leurs catastrophes, ils sont légitimement assis à la table des décideurs en jouant aux tarots de divination. La paraphrénie est une maladie des gens de pouvoir, leur rémunération permet de s’en affranchir devant le public car ils peuvent encore faire illusion, jusqu’à ce que les symptômes s’imposent à tous en revenant au galop.

    3. Je souhaite que l’Histoire donne tort à Monsieur Baudrillard.
      Le monde qu’il entrevoit ressemble certes par certains aspects à notre monde d’aujourd’hui.
      Cependant je réfute l’idée que les dettes dont on nous rabâche les oreilles seraient des sortes de chimères,
      des léviathans qu’on pourrait refouler éternellement voire convertir en alliés.

      Il y aura un point de rupture, l’Histoire n’en est-elle pas truffée ?

      Où en est-on aujourd’hui ?
      La casse du marché de l’emploi, la casse du service public, se propagent comme de véritables cancers.
      Tenez.
      L’Espagne va privatiser ses pompiers (il faut voir les CRS espagnols en lutte contre des pompiers manifestants,
      c’est d’une brutalité inoïe, pas très virtuel tout ça).
      Imaginez.
      Votre maison brûle. Les pompiers arrivent.
      Ils luttent contre le feu, et après un travail acharné et dangereux de trois heures, parviennent à l’éteindre.
      Votre vie est sauve mais votre maison est délabrée.
      Pour vous remonter le moral, vous recevez la facture de l’intervention des pompiers : 40 mille euros.
      Ce n’est pas ce qui nous ‘attend’ : nous y sommes, c’est notre actualité … brûlante !

      Les intérêts sur la dette des états sont des sommes réclamées par les prêteurs, des sommes biens réelles.
      Elles sont dûment versées chaque année, comme en atteste ma déclaration annuelle d’impôts : en 2010, combien d’intérêts payés par la France ? 40 milliards ? 80 milliards ? 100 milliards ?
      40 milliards d’euros, c’est assez d’argent pour payer le salaire annuel de presque la totalité de nos ingénieurs,
      et il me semble que c’est une donnée bien réelle.
      Cet « impôt » annuel, les intérêt de la dette, c’est bientôt autant d’argent que les principales recettes telles que
      la collecte de la TVA, la collecte des impôts sur le revenu …

      Les rentes phagocytent l’économie réelle, avec son cortège de destruction sociétale et environnementale, et
      avec un appétit en croissance exponentielle.
      Comment croire que cette évolution serait durable ?

      Au final, Monsieur Baudrillard me semble s’être projeté dans un monde manquant singulièrement de capacité
      à affronter les paradigmes destructeurs auquel il est, encore aujourd’hui, soumis.
      Jusqu’à quand ?

  76. Bizarre. Je pensais avoir posté un commentaire sur l’intervention de PJ à « Ce soir (ou jamais!) », mais je n’en trouve pas trace.

  77. Bonjour

    A propos des archives d’émissions indisponibles à la consultation.

    J’aimerais savoir si quelques-uns d’entre vous ont réussi à obtenir le podcast de l’émission de France Culture « La rumeur du monde » du 19 décembre 2009 à laquelle participait Paul Jorion interviewé par Jean-Marie Colombani et Jean-Claude Casanova.

    Pour ma part, je me suis abonné au podcast de l’émission, mais je n’ai jamais réussi à obtenir le fichier mp3 de celle-ci. Curieusement, j’ai obtenu le fichier de celle du 12-12-2009 ainsi que celle du 02-01-2010. Aucune trace des émissions du 19-12-2009 ni de celle du 26-12-2009.

    Avant de faire une crise de paranoïa aigüe, j’aimerais vraiment savoir si ces émissions (notamment celle du 19-12-2009) ont pu être téléchargées par certains d’entre nous.

    Quant à l’émission de France 3 : Ça y est, j’ai pu la visionner sur le site de l’émission aujourd’hui, lundi 8 février à 13 h 30. Est-ce le résultat des réclamations pressantes ou simplement un problème technique qui a mis du temps à être résolu ? On ne le saura sans doute jamais, le principal est que l’on puisse maintenant visionner l’émission.

    Merci et bonne journée à tous.

  78. Bonsoir Monsieur Jorion!

    Merci à Batso, j’ai pu enfin voir l’émission dans son intégralité après moults messages cordiaux mais insistants à France 3 comme beaucoup d’entre-nous je suppose.
    Que dire devant le message sous-jaccent de la plupart des intervenants et cette pseudo-controverse entre Messieurs Woerth et De Closets.
    ON NOUS PREPARE A DES TEMPS TRES DIFFICILES, J’EN SUIS AUJOURD’HUI CONVAINCU…
    De par ma fonction, je suis éducateur en milieu ouvert, j’interviens la plupart du temps dans des quartiers que l’espoir et le bonheur ont depuis longtemps quittés.
    Cette population, nos CONCITOYENS, abandonnée depuis longtemps me touche au quotidien. En dépit de la difficulté et la tentation du « blindage professionnel », j’ai redecouvert la beauté, la profonde possibilité de changements et de remise en question, l’humanité cachée (en grande partie à cause d’un environnement dégradé et, pardonnez-moi dégradant et perçue comme menaçant) de ses habitants.
    Quelque chose me revient d’ailleurs vous savez le vieux dicton qui dit « quand on veut abattre son chien, on dit qu’il a la rage! ». Sans reprendre entièrement Chomsky, on peut constater la lente mais continue dégradation du vocabulaire stigmatisant les « ban-lieux » comme des zones de « non droit » où la barbarie et la violence règne en maître.
    « Banlieues », quel cache-sexe! Il faudrait parler de nos populations défavorisées par la naissance, maltraitées par les épreuves de la vie, maintenues dans un état de dépendance financière (de la télé, de l’alcool, et le petit salaire ou le RMI). Mais dire cela, me diront certains, c’est excusé la violence, la barbarie alors qu’il s’agirait de comprendre comment trois décennies d’ultra-économie ont lessivé les esprits et refroidi les coeurs.
    Je n’ai malheureusement rien appris dans cette émission si ce n’est que vous meritez mieux que le sort qui vous est fait Monsieur Jorion. Vous me faites quelque part penser, pardonnez-moi le parallèle, à Calonne essayant de convaincre le roi qu’une sortie de crise est possible.
    Je veux croire que vous finirez par comprendre, à moins que cela ne soit déjà le cas, que les élites n’ont jamais abandonné leurs privilèges par l’entendement et par la démocratie.
    C’est la force qui fait loi et il en a toujours été ainsi. Et la force c’est le peuple, autrement dit ceux qui souffrent pour qu’une infime partie de la population puisse vivre dans le luxe et garder le monopole de la décision politique et économique qui prévaudra pour lui.
    Une petite anecdote en passant, saviez-vous que les congés payés que l’on présente généralement comme l’une des grandes victoires de la gauche, est le réflexion d’une réflexion des syndicats, du patronat (les « 200 familles » de l’époque) et des grands partis politiques pour faire rentrer chez eux les ouvriers et employés qui n’étaient encore décidés à abandonner la lutte…
    Mon père a toujours été très borné et loyal m’a enseigné une chose fondamentale dans la vie qui se confirme avec le temps: un homme qui ne connait pas son histoire est comme un arbre sans racine, MORT!

    En attendant de lire avec intérêt vos prochains articles.
    Un lillois de coeur

  79. Ainsi s’éteint peu à peu l’honneur et la dignité des peuples dans le tout pouvoir de l’argent sur terre, ainsi s’éteint peu à peu les beaux idéaux de démocratie sous les applaudissement de tant gens riches et puissants. les anciennes valeurs des monarchies européennes ne leur suffisaient pas, il leur fallait encore souiller les beaux idéaux de liberté et de démocratie, devenir peu à peu les Seigneurs gris de l’empire du commerce pour le pouvoir et l’argent de plus, leur histoire.

  80. dommage que vous n’ayez pas eu plus de temps de parole pour approfondir vos idées
    face a un ministre qui tiens son rôle de ministre avec un dédain pour les « autre » ceux qui ne pensent pas comme lui (si il en est capable … de penser)

    bravo et continuer de nous éclairer

  81. Finalement j’ai regardé un peut l’émission. Ce qui est dommage qu’on ne sent très peut l’urgence et très peut une base commun. Sans base commun comment construire une société, chacun dans sa bulle disant sa vérité.

    Aparement ‘sur le plateau’ on est encore trop comfortable façon parler et on a besoin de ‘keeping up apperences » (garder les apparances.) Je ne sais pas comment créé les ponts, comment se rend consciense qu’on a besoin l’un et l’autre.

    Malheureusement il n’y a pas pour le moment le sentiment de l’urgence.

  82. Je suis surpris qu’on laisse encore s’exprimer des hommes lucides et honnêtes à la télévision Française.

  83. C’était il y a presque 6 mois et j’ai eu envie de me repasser l’émission pour le plaisir. Avec ce qu’il s’est passé entretemps, plan de sauvetage de la Grèce en catastrophe et affaire Woerth-Bettancourt, j’en rigole déjà beaucoup. Dans 6 mois, je sens que ça sera un moment « culte ».

    « Ne soyez pas pessimiste Mr Jorion! », dit Mr Woerth. Ouarf.

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