La fin d’un monde (version romancée)

Quand Flore Vasseur et moi avons été co-intervenants au Téléphone sonne d’Alain Bedouet, elle a eu la gentillesse de m’offrir un exemplaire de Comment j’ai liquidé le siècle (Édition des Équateurs 2010), son livre le plus récent.

Je ne lui ai pas fait mystère que je ne me souvenais plus de la dernière fois que j’avais lu un roman. Seulement, j’ai été malade cette semaine, et la lecture de ce que j’ai l’habitude de lire ajoutait à ma nausée, j’ai alors repris de bonnes et anciennes habitudes et j’ai lu un roman. Et celui de Flore m’a beaucoup plu. Bon, cela ne me sortait pas vraiment de l’univers du blog : c’est l’histoire d’un trader qui liquide le siècle. Ça va très vite et on voyage aux quatre coins de la planète : des penthouses de Manhattan aux asiles de nuit de la banlieue parisienne, et on apprend plein de choses sur l’apprentissage des bébés et les muscles inattendus qu’il faut savoir maîtriser sur un plateau de télévision. Je ne vous en dis pas plus : c’est le roman qu’un archéologue du XXIXe devra lire s’il veut comprendre le 7 mai 2010.

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16 réflexions au sujet de « La fin d’un monde (version romancée) »

  1. J’ai également dévoré ce livre avec un grand plaisir.
    Une fois de plus on constate que la réalité dépasse largement la fiction.

  2. Si on parle roman, sur le même sujet, il faut lire l’excellentissime Don Delillo et son « Cosmopolis ». Là, c’est la très grande classe. La scène se déroule se déroule à New York en 1998…en pleine crise du yen.

  3. c’est pas elle qui dit que nous sommes tous dominés par l’eprit de la spéculation et attendons un retour sur investissement concernant le moindre de nos actes ?
    les traders disent même qu’elle reste bien en deçà de la réalité ; les têtes juchées sur des piques seront une proche vérité …
    sommes-nous des pervers polymorphes ?

  4. Oui, les muscles, ces satellites de la conscience, nous font rudement réfléchir. Nous renvoyant à notre pensée malhabile par la douleur de leur occultation.

  5. Excellent livre qui sous des airs de roman nous emmène dans les coulisses du pouvoir occulte sur fond de nostalgie pour les trentenaire.

    Ou est la fiction, ou est la réalité…???

  6. J’ai assisté à un débat (TV) avec Madame Flore Vasseur, que je ne connaissais pas, invitée sans doute à l’occasion de la sortie de son livre (je ne sais plus quelle émission, et ne me rappelle pas le fond du débat, mais j’ai griffoné rapidement le nécessaire pour retrouver son livre)). J’ai été fasciné par sa faculté de filtrer le bruit, sa capacité de recul, sa mesure, sa pertinence. En bref, l’intelligence intelligente.

  7. Je crois que je vais placer cet aphorisme de Nietzsche dans ce billet…

    Période militante des femmes.
    Dans les trois ou quatre contrées civilisées de l’Europe, on pourra faire des femmes avec quelques siècles d’éducation, tout ce que l’on voudra, même des hommes, non à la vérité au sens sexuel, mais enfin dans tout autre sens. Sous cette influence, elles auront un jour reçu toutes les vertus et toutes les forces des hommes; il est vrai qu’il faudra, par-dessus le marché, prendre aussi leurs faiblesses et leurs vices; cela, comme j’ai dit, on peut l’obtenir. Mais comment supporterons-nous l’état de transition qui pourra lui-même durer plus d’un siècle, durant lequel les sottises et les injustices féminines, leurs antiques attaches, prétendront encore l’emporter sur tout l’acquis, l’appris? Ce sera le temps où la colère de voir tous les arts et les science inondés et engorgés d’un dilettantisme inouï, la philosophie mourant sous le babil à perdre l’esprit, la politique plus fantaisiste et plus partiale que jamais, la société en pleine décomposition, parce que les gardiennes de la morale ancienne seront devenues ridicules à leurs propres yeux et se seront efforcées de se tenir à tous égards en dehors de la morale. Si les femmes en effet avaient dans la morale leur plus grande puissance, à quoi devront-elles se prendre pour regagner une semblable mesure de puissance, une fois qu’elles auront délaissé la morale? (« Humain trop humain », p 276, aph. 425)

    Comme je l’ai déjà signalé, je me demande si les femmes occidentales, émancipées, modernes, carriéristes n’ont pas leur part de responsabilité dans cette orgie de la consommation et donc des déficits actuels. Je trouve désolant que notre société n’ait pas laissé les femmes tranquilles, et que nous ayons eu à subir des pressions incroyables de la part des classes dirigeantes, des féministes et des médias depuis décennies. Une fois de plus, je l’ai d’ailleurs déjà écrit, il y avait sans doute beaucoup d’argent à gagner sur le dos des femmes ayant un bon pouvoir d’achat et rien avec les autres… Je reviens régulièrement sur le rôle de l’émancipation des femmes car c’est, à mon avis, une des clés pour comprendre la crise que nous vivons, et j’y reviendrai sans doute…

    Dans cette crise de société, je me pose la question de savoir qui sont aujourd’hui les gardiens de la morale et qui pourraient incarner les valeurs spirituelles sur lesquelles nous pourrons reconstruire.

    1. Faites gaffe pour infiniment moins que ça on passe pour misogyne ici.. Heureusement que le pseudo est féminin et que vous vous abritez derrière Nietzsche…

      En tout cas votre aphorisme convient parfaitement à l’auteur du livre, qui a clairement cherché le best-seller (au détriment du meilleur roman) et le prêt-à-adaptation-cinématographique, bref le tiroir-caisse en somme. Ou comment surfer sur la psychologie de comptoir, les théories du complot, et certaine problématiques « à la mode ». Ca ne vaut pas un bon SAS à mon avis.

    2. Emancipation : vous pouvez aller vivre en arabie saoudite, si c’est votre désir.

      La société de consommation ne vient pas des femmes mais des progrès de la production.

      Maintenant Nietsche avec son amour loupé de Lou Salomé comme tout être humain prêche pour sa paroisse.

    3. « La société de consommation ne vient pas des femmes mais des progrès de la production »
      assurément. Mais il n’empêche que ce sont elles qui en ont profité en premier par l’équipement de la cuisine: ce qu’on appelait alors (dans les années 50) les « arts ménagers ».

  8. Le duel entre la finance et le terrorisme est une idée qui généralement ne passe pas la rampe. Par le biais du roman, l’évocation de la chose est permise, non censurée toutefois. Un sujet peu débattu. Le terrorisme comme seule manière de se réapproprié son existence : idée romanesque ? Pas seulement semble-t-il. Pas seulement cloisonné dans la trame du roman. Son évocation d’un voyage-séjour à Kaboul laisse entrevoir une autre parenthèse peu répandue sur les ondes concernant l’histoire de notre temps. Dans l’interview du journaliste du « Monde », la très jolie Flore ne semble pas fâchée à l’idée que son roman connaisse une adaptation cinématographique et semble à l’aise dans la glisse entre morale et tiroir-caisse. Un charme direct. A l’américaine.

  9. Bon ok, ce livre fait actualité, certes il trace l’actualité, mais ne la limite pas vraiment… je veux dire qu’il reste très en surface de la réalité économique. Je l’ai lu avec attention, le recommanderais avec grd intérêt… je suis libraire. Mais je trouve ce roman très gentil, très correcte presque trop propre… j’aurais aimé que son thème principal, l’action terroriste du monde financier, soit plus marqué, moins caché et surtout que l’on rentre vraiment dans le vif du sujet, pour quelles raisons ce terrorisme…

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