La première guerre de spéculation mondiale, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

LA PREMIERE GUERRE DE SPECULATION MONDIALE

Le jeu infini de la guerre

Une guerre est une confrontation collective d’intérêts humains où les parties ne discutent pas et ne cherchent pas à se comprendre. Le gagnant impose son point de vue. Le perdant renonce à choisir. La Première Guerre mondiale était survenue sur une accumulation de désaccords à une époque où les États et les nations concevaient de régler leurs différends par les armes. Les destructions infligées à l’ennemi devaient faire émerger la loi du plus fort. Après la Deuxième Guerre, la destruction physique des souverainetés étrangères est devenue un mode accidentel de résolution des conflits. Les motifs de conflit entre lois différentes sont demeurés mais les guerres ont été circonscrites. La rationalisation des conflits a primé sur la confrontation physique.

L’idée d’imposer un jugement à l’autre contre sa liberté est néanmoins demeurée active. Confinée au terrain de l’économie, la guerre est devenue un jeu non létal. Le triomphe du capitalisme après la chute de l’idéologie communiste s’est interprétée comme l’institution mondiale de la guerre par le marché. Le jeu a été d’imposer sa loi par le contrôle du marché indépendamment de l’offre ou de la demande. L’autre n’est pas détruit mais simplement soumis par la négociation dialectique hors d’un équilibre objectif des libertés. Les intérêts sont matériellement conciliés dans un prix d’échange ; mais une partie impose son raisonnement de la valeur qui reste inaccessible à l’autre. Ce qui est bien pour l’un doit l’être moins pour l’autre afin de dégager un bénéfice. Sans définition commune a priori des critères de la valeur, l’état de guerre s’impose dans la délimitation du terrain de négociation. La spéculation de marché travaille l’asymétrie d’information pour déséquilibrer le prix au profit de celui qui a la maîtrise des termes de négociation dissociés de l’objet.

La guerre se gagne par une succession de batailles où le vainqueur a réussi à créer un rapport de force localement favorable. La spéculation financière mène la guerre par des positions de force locales. Les armes sont remplacées par l’information qui définit ce qui est négociable. Les munitions sont le crédit et le dommage infligé à l’adversaire est le risque qu’il prend malgré lui. Le combat consiste à prendre un avantage d’information qui crée un écart de crédit. Le crédit finance les anticipations financières entre prêteurs et emprunteurs. L’accord sur les critères de la valeur future entre un vendeur de temps et un acheteur de temps libère les ressources du premier au profit du second qui s’engage à les rembourser à l’échéance convenue. L’emprunteur qui parvient à être crédible attire les ressources qu’il investit dans l’anticipation des objets futurs de valeur.

Prise du marché

Plus un opérateur financier a de crédit, plus il peut acheter de l’information aux opérateurs réels qu’il finance. Plus il contrôle l’information de l’offre et de la demande des objets futurs plus il offre de contreparties nominalement sûres à l’épargne. Il transforme davantage de crédit que ses concurrents à qui il laisse le risque, l’incertitude nominale de la transformation de la valeur présente en valeur future. Le risque est la part des anticipations qui ne peuvent faire l’objet d’un engagement de remboursement certain faute d’épargnant pour y croire. Une attaque de spéculation est gagnante en rapportant plus de crédit qu’elle n’en a consommé. L’adversaire a lâché plus d’informations qu’il n’en a acquises. Pour un niveau d’anticipation quantitativement inchangé, il a augmenté son risque et perdu du crédit.

La guerre financière vise à augmenter son pouvoir nominal d’anticipation sans assumer l’incertitude de la réalité future. C’est une guerre de conquête intellectuelle de la mesure économique hors de la possibilité réelle du futur. La captation du marché prive les concurrents de la faculté de connaître la réalité rationalisable sous-jacente aux anticipations : ils empruntent moins pour un risque équivalent. Ils doivent immobiliser plus de capital pour une même puissance d’anticipation. Le but de la guerre spéculative est la captation de l’information des capacités de production qui répondent à la demande de valeur. Priver l’adversaire d’une connaissance partageable du futur déforme l’équilibre de l’offre et de la demande financière. L’infériorisation financière dissuade de produire et d’acheter selon un futur raisonnablement possible. En position à terme spéculative de demande, le prix est abaissé par la simulation d’une offre qui n’existe pas ou la dissimulation d’une demande qui existe. La déformation délibérée du marché est inverse en position d’offre. L’offre déforme la demande ou inversement par déplacement des masses de crédit entre marchés isolés les uns des autres par l’interposition-même des spéculateurs.

La mesure de l’offre en crédit de la demande, donc en demande à terme, se transfère à la vitesse de l’informatique hors des marchés où elle s’exprime et se réalise. Comme sur le champ de bataille, l’armée la plus habile coupe son adversaire de ses communications et de ses approvisionnements ; elle l’isole sur un terrain éloigné de ses bases. L’adversaire en position d’offre est affaibli par la disparition locale du crédit ; en position de demande, il est affaibli par l’excédent local de crédit. L’opérateur réel qui n’a pas la maîtrise de l’évaluation du crédit par l’offre et la demande est contraint d’accumuler du risque pour compenser sa position d’infériorité. La guerre financière est une lutte de possession du prix par le marché. Le spéculateur découpe le champ de l’offre et de la demande par des arguments qu’il peut dominer comme le chef de guerre attaque l’ennemi là où il est le plus faible. Ainsi le prix d’équilibre apparent de transaction présente-t-il un bénéfice majoré d’information asymétrique.

Destruction du crédit

La diminution artificielle des échanges est bien destruction de valeur. La déformation du prix induit l’amputation de l’offre ou de la demande. Il y a bien volonté de domination du spéculateur sur celle de l’opérateur réel, celui qui produit effectivement la valeur ou qui en est le consommateur final. Production et consommation réelles s’équilibrent à une quantité à terme moindre qu’avec un prix de marché calculé d’une confrontation transparente de l’offre et de la demande. La différence entre la guerre de spéculation et la guerre chaude est la non-existence de ce qui peut être au lieu de la destruction de ce qui existe déjà. Le défait ne se rend pas nécessairement compte qu’il subit un prélèvement sur sa valeur future actualisée. La destruction de valeur est tout à fait réelle mais non palpable parce que non physique dans aucun présent. La manipulation de l’intelligence d’autrui annule la valeur qu’elle aurait pu produire.

La bataille des subprimes a dégénéré en guerre mondiale de spéculation à cause de l’irréversibilité des destructions infligées à l’économie réelle. Les prélèvements spéculatifs sur les activités réelles ont dû être comblés par les États afin d’éviter la panique collective des créanciers devant leur ampleur. L’augmentation des dettes publiques est venue dissimuler l’inexistence de la réalité à terme. Les États occidentaux sont désormais au bord de la rupture de crédibilité de leurs propres engagements. Pour continuer à se financer auprès des épargnants, les autorités publiques doivent produire de fausses informations sur l’équilibre de leurs comptes. Elles sont entrées dans la guerre de spéculation pour dissimuler l’insuffisance massive de la contrevaleur à terme des dettes publiques et privées. Chaque gouvernement annonce ses propres mesures économiques et juridiques qui déstabilisent ses concurrents étrangers pour capter l’épargne mondiale. Le jeu consiste à exporter le maximum de risque en chargeant la responsabilité des pouvoirs politiques étrangers.

Comme dans les premières batailles de la Grande Guerre, l’offensive des subprimes devait se résoudre rapidement par l’écrasement rapide des emprunteurs imprudents et la réparation des dégâts par les collectivités publiques. Mais les armes employées ont été beaucoup plus destructrices que prévu ; le système financier a attaqué ses fondations dans une proportion insoupçonnée. La guerre s’est mondialisée et les acteurs se retranchent sur des positions inconciliables. Les États-Unis demandent la relance dont ils ne prennent pas le risque. Le dollar est la monnaie de réserve dominante que les créanciers internationaux nets, telle la Chine, ne peuvent récuser. L’Allemagne impose une cure d’austérité qui renforce sa position exportatrice et sa position d’épargne mondiale nette en euro. Le Royaume-Uni laisse spéculer contre l’euro pour dissimuler la fragilité de la Livre. La France s’adosse à l’Allemagne pour financer à faible taux d’intérêt en euro ses dissensions internes sur la répartition de la valeur ajoutée.

La paix du marché

Aucun critère d’équilibre financier mondial n’émerge. La guerre de tranchée procure une accalmie qui prépare les prochaines offensives. Les spéculateurs poursuivent la guerre en espérant que les gouvernements sauront dissimuler les destructions réelles aux opinions publiques. Les destructions infligées aux ennemis ne sont pas encore assez importantes pour stimuler un nouvel ordre de paix financière mondiale. Les paradis fiscaux offrent des positions protégées à distance des zones de combat. Plus que dans la guerre chaude, les destructions de la guerre de spéculation épargnent ceux qui la conduisent. Et les destructions ne sont pas physiques mais sociales, politiques et morales. La guerre financière oppose les nations mais aussi les classes sociales. Elle détruit les solidarités nationales et isole les individus face au pouvoir universel de l’argent.

Le fondement idéologique de la guerre de spéculation est l’hypothèse d’une inégalité irréductible des hommes dans l’intelligence de la valeur. Le raisonnement spéculatif reste une arme naturelle et légitime pour s’imposer entre des nationalités différentes. Au sein d’une même nationalité, le pouvoir financier argue de la menace internationale pour se soustraire aux obligations du bien commun. Les pouvoirs politiques voient moins de risque à s’installer dans une confrontation internationale des intérêts financiers que dans la subordination de la mesure financière à une discussion ordonnée des droits économiques internationaux. Comme la construction de l’Europe politique a mis un terme aux guerres mondialisées, le marché européen de la rationalité économique peut mettre fin à la guerre mondiale de spéculation. Non pas trancher définitivement par la solution du plus fort mais donner un prix à des systèmes de régulation différents et comparables par la symétrie d’information.

Avant d’être un fait, la symétrie est un droit de l’intelligence humaine, la condition de la mesure échangeable et partageable. Avant d’être un espace physique commun, le marché est une communauté de mesure, donc une communauté de monnaie. Le marché mondial n’existe pas faute d’une monnaie commune. Keynes l’avait proposée dès la fin de la Seconde Guerre mondiale comme étalon international de rationalité de la valeur. Le bancor n’était pas un objet matériel mais un objet de raison ; la matérialisation d’un choix de mise en commun de la rationalité économique, le choix de la paix non spéculative, de la négociation d’intelligence. Pour que le marché international de l’intelligence se substitue à la guerre de spéculation, il suffit qu’une communauté de sociétés politiquement souveraines admette la relativité internationale de leurs systèmes de régulation nationaux. Les monnaies nationales sont alors cotées selon un même étalon ; une même définition étalon du crédit contenu dans les monnaies nationales. Le bancor est valeur sous-jacente aux monnaies internationalement stables dans le temps, crédit international sous-jacent à l’intelligence universelle de la mesure de la valeur à terme. La stabilité de la mesure internationale du crédit proviendrait du marché international transparent des monnaies. De l’équilibration en droit du marché international de l’offre à la demande de toute monnaie nationale sortirait le prix de chaque système de réglementation financière. Le portage par des primes de change de la stabilité réelle des monnaies remplacerait la spéculation sur le réel simulé qui n’est pas engagé.

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48 réflexions au sujet de « La première guerre de spéculation mondiale, par Pierre Sarton du Jonchay »

    1. Simplesanstête,

      Mais où as-tu la tête, ce n’est pas si simple. 😉

      Tu partages entièrement le constat qui est fait dans le billet mais tu contestes le remède, parce que tu imagines que le bancor puisse s’établir dans une ONU inchangée, celle du conseil de sécurité, limitée à un nombre restreint de pays décideurs.
      Le bancor ne résoudra pas d’un coup de baguette magique tous les problèmes mais cela serait un net progrès par rapport au système actuel où la guerre économique est licite et même encouragée.
      Le bancor, par définition, est un système qui consiste à ne plus privilégier une monnaie nationale au dépend des autres dans le but de rééquilibrer les échanges internationaux, aujourd’hui inégaux.

      Si le Bancor est adopté c’est ipso facto une nouvelle ONU qui nait, avec cette fois pour but remettre l’économie à sa place, autrement dit de la domestiquer, au lieu qu’elle soit comme aujourd’hui le champ de bataille de la lutte de tous contre tous.

      Le bancor ne favorise donc pas la guerre mais au contraire contribue fortement à la prévenir en équilibrant les échanges entres les pays. Instituer le Bancor serait un progrès immense puisque pour une fois tous les pays y trouveraient leur avantage, sans nuire à ceux des autres.

      De plus je te rappelle que la guerre en Irak a été une décision unilatérale des US qui ont passé outre la volonté de certains membres du conseil de sécurité de l’ONU. Alors n’accablons pas l’ONU de tous les maux.

      Le Bancor ne doit pas non plus être confondu avec la gouvernance mondiale car en l’occurrence il s’agit d’un méta outil qui une fois mis en place crée un nouveau terrain, pour de nouvelles règles du jeu.
      Il sera sans doute perfectible comme toute chose humaine, mais est-ce une raison pour le condamner avant même qu’il ait eu une chance d’exister ? De plus il ne faut pas considérer le Bancor isolément des autres mesures visant à domestiquer l’économie. Les autres mesures viendraient le renforcer et réciproquement.

      Un autre aspect est aussi à prendre en compte, qui est que les US sont déclinants et qu’il n’existe aucun pays en mesure de prendre la relève de l’Empire. Le moment est donc favorable — quand toutes les autres solutions auront échoué — pour mettre en place une nouvelle institution régulatrice.

  1.  » Confinée au terrain de l’économie, la guerre est devenue un jeu non létal. »
    Vu de loin, peut-être. Comme l’aviateur qui,de 3000m ne voit pas
    l’ effet du napalm qu’il « laisse tomber » .
    En fait, cette guerre tue et mutile, et ce en masse, mais loin d’ici.

  2. Tout cela, c’est du pipo, quelque bombes bien placées (quelques chambres de compensations) et on en reparle.
    Le capitalisme ne connaît qu’un langage, la violence extrême.

  3. Bonsoir,

    Que la spéculation soit une sorte de guerre (guerre de l’information et de l’intoxication) ne me semble pas discutable. Mais cette sorte de guerre ne vient pas au lieu et place de l’autre, celle par les armes, comme Yvan vous l’a fait remarqué plus haut. On pourrait peut-être même dire que la spéculation tire avantage de la guerre armée, en tout cas pour la partie en position de force dans la guerre militaire.
    Parler comme vous le faite d’une « inégalité irréductible des hommes dans l’intelligence de la valeur » me semble superfétatoire, cette inégalité n’est pas irréductible, elle est au contraire organisée par le plus rapide, le moins doué de conscience et le plus roublard, elle est donc parfaitement réductible.
    Parler de la symétrie comme d’un « droit de l’intelligence humaine » me semble encore une fois mal ciblé (vous ne me semblez pas mettre les notions de droits et de devoirs à leur bonne place), la symétrie que vous entendez ne peut qu’être organisée par une puissance politique, mais encore faudrait-il que cette puissance politique soit légitime, c’est-à-dire démocratique ; on voit mal une telle institution exister au niveau international, et l’Europe actuelle, europe du commerce, ne remplit aucune des conditions nécessaires (ni démocratique, ni souveraine) pour imposer ce que vous souhaitez.
    Le bancor : c’est sans doute une excellente solution pour hier, mais il arriverait trop tard pour demain ; il ne serait au demeurant pas à même de résoudre tous les problèmes aujourd’hui posés (ces questions ont déjà été longuement débattues il y a peu sur ce blog).
    Par ailleurs, est-il besoin de préciser que le bancor ne serait envisageable qu’au niveau européen (avec les très sérieuses réserves indiquées ci-dessus concernant son déficit démocratique et son absence de souveraineté : ce qui fait tout le problème justement) ; impensable au niveau international car il n’existe apparemment plus aucune puissance capable d’imposer une institution au monde entier.

    Spéculation ou non, on en revient toujours aux mêmes problèmes de fond : les rapports de force, entre Etats, entre spéculateurs, entre entreprises, entre entreprises et marchés, entre entreprises et salariés, entre salariés et non salariés.
    Il y a largement de quoi discuter, à condition de parler « vrai », pour les deux prochaines décennies…

    Cordialement,

  4. Le problème avec le bancor: Keynes était un générateur d’idées, mais leur mise en pratique n’est pas dans tous les cas évidente. L’idée du bancor est une utopie brillante, c’est du bon sens. Mais cela suppose des systèmes étatiques stables, un ordre mondial équilibré etc. Notre monde actuel ne ressemble pas à cela. Mais au-delà de ces considérations, il faut admettre, au risque de me tromper, que l’économie n’est jamais symétrique, elle ne peut l’être car elle est constamment en mouvement. Elle est fractale. Un système symétrique est plutôt figé, stabilisateur. C’est la raison pour laquelle l’économie n’est pas une science au sens stricte du terme, elle ne le sera jamais, même si elle fait appel aux modèles mathématiques qui, les expériences malheureuses récentes l’ont prouvé, n’ont pas, en fine, une grande valeur.

    1. Oui l’époque pas si lointaine ou il n’y avait qu’un milliard d’humain à nourrir devait être plus facile.

    1. à Von der blob,
      merci pour votre lien passionnant qui, dans la droite lignée des thèses soutenues par Chomski et Naomi Klein, nous en dit plus – et de façon moins absconse que le billet ci-dessus – sur la réalité prédatrice et volontairement assassine de l’ultra-libéralisme.

  5. c’est vrai ça ressemble à une guerre , mais comme d’habitude ce sont les pauvres trouffions qui vont au combat et qui meurt se demandant encore pourquoi ils se battent .Quand aux généraux ils sont dans le QG, à décider des grandes stratégies qui ne fonctionnent jamais, vous affirmant que tout ira bien , qu’ils savent ce qu’ils font . Mais au bout du compte votre sacrifice n’aura servi à rien .Une question est ce que comme dans toute guerre , on va distribuer des medailles. La légion d’horreur pour les hommes politiques et leur absence de vision dans cette crise économique , la médaille du m’irrite pour les banques qui se fouttent de notre geule , ou la croix de fer et de la banière pour trouver un travail dans ce pays .

  6. Bonsoir à tous

    Selon Clausewitz, je crois, la guerre était la continuation de la diplomatie par d’autres moyens. Selon Sun Tzu un général qui engage la bataille est un général qui a perdu.
    la première Grande Guerre mondiale ( 1914-1945) marque un changement de civilisation: 1905 publication des travaux de Freud, théorie de la relativité restreinte d’Einstein ( peu de gens ont compris, maintenant encore, que la redécouverte du continuum espace temps – que les chinois n’ont jamais perdu- détruit l’absolu pascalien et la séparation de la res extensa /res cogitans de Descartes) le cubisme en art pictural; en france séparation de l’église et de l’état.
    De ce bouleversement conceptuel général résulte un affrontement de type géméllaire ( avec les germains!)

    Si vous regardez bien la terre au lieu des écrans aux lignes comptables, Monsieur du Jonchay, vous pourrez voir qu’elle est jonchée des cadavres des victimes des guerres économiques!
    Des cadavres des paysans indiens suicidés par la guerre de » l’or vert  » par exemple.

    Mais disent les maîtres des écrans, ces guerres ne sont pas létales puisqu’il n’y a que des dommages collatéraux!

    Cher Julien, je crois bien qu’au ballet des Tartuffes, votre du Jonchay , de simple rat qu’il était vient de passer danseur étoile!

    Cordialement.

  7. N’oublions pas une chose.
    La bombe atomique. L’équilibre de la terreur.
    La guerre à du changer de forme, parce que les armes « guerrières » sont devenues trop terrible. Alors la guerre s’est adaptée, a trouvée de nouveaux chemins.
    La spéculation n’est que le résultat d’une mécanique guerrière dévoyée, « féminisée ».
    Puisque « l’explosion » n’est plus envisageable, alors on va « imploser » l’humain de l’intérieur, avec la chimie, et bientôt les nanos-particules, et même des ondes.

  8. Il a fallu plus de 2 ans pour réaliser Bretton Woods en pleine guerre mondiale. Keynes n’a pas réussi à imposer son bancor parce que les US étaient devenus la puissance plus dominante que l’UK.
    Peu avant sa dernière crise cardiaque il écrivait à propos des accords de BW : « Les Américains n’ont aucune idée sur la manière de placer ces institutions dans une perspective d’intérêt international, et leurs idées sont mauvaises dans presque toutes les directions. Ils sont pourtant complètement déterminés à imposer leurs convictions sans considération pour le reste d’entre nous. » […]
    La déclaration contemporaine de Philadelphie du 10 mai 44 précise « tous les êtres humains, quels que soient leur race, leur croyance ou leur sexe, ont le droit de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté et la dignité, dans la sécurité économique ».
    Le Welfarestate né en pratique dans les années 30 sous Roosevelt et qu’on traduit par État-providence est d’abord une dénomination britannique née en 1942 et développée par Beveridge. Churchill, inspiré avait dit aux anglais le 21 mars 1943: « Vous devez nous considérer, mes collègues et moi comme de chauds partisans de l’assurance obligatoire pour toutes les classes et pour tous les buts, du berceau à la tombe ».
    1/ Question : Avez-vous une idée de ce qui poussait ces gens là à de telles déclarations dans le temps de la mise en place de BW ?
    2/ Vous écrivez : « Les monnaies nationales sont alors cotées selon un même étalon ; une même définition étalon du crédit contenu dans les monnaies nationales. Le bancor est valeur sous-jacente aux monnaies internationalement stables dans le temps »
    Question : quels critères pour coter ?

  9. l’article est intéressant mais ne concerne que les populations du G20. vous écrivez que [les destructions ne sont pas physiques mais sociales, politiques et morales], je ne suis pas d’accord, les hôpitaux ferment ainsi que les commerces de proximité et des écoles: des villages entiers meurent.

    la crise économique mondiale correspond à l’extension maximale de l’empire et au début du reflux de la puissance militaire américaine en eurasie. ce n’est pas une coïncidence, la croissance est le corollaire de la conquête par les armes.

    la finance est un monde où les gens pataugent dans le sang, d’ailleurs des vidéos prises à l’insu de traders ont révélés comment d’un revers de manche ils écartaient, sans sourciller une demi-seconde, le fait que les décisions qu’ils prenaient signifiaient en terme non-virtuel l’assassinat (car c’est prémédité) pur et simple de milliers de vies humaines, voire plus.

    j’espère un jour en voir les paradis fiscaux transformés en club de vacances bon marché, si ce n’est simplement rasés et transformés en parc naturels.

    le sang bleu, ça n’existe pas.

  10. « Les motifs de conflit entre lois différentes sont demeurés mais les guerres ont été circonscrites. La rationalisation des conflits a primé sur la confrontation physique. »

    Dans tes rêves , nous sommes entre deux guerres , voire dedans pour certains !!

    Croire que notre société est passée au dessus est une grande erreur …

  11. Non léthal ?
    vous vous trompez cher ami. Lourdement.
    Je ne parle pas de l’Irak, l’Afganistan ou autre … je parle des millions de morts du cancer ou de la mal-bouffe : http://www.poodwaddle.com/clocks2fr.htm
    Les armes sont bien réelles et se nomment :

    * bisphénol A
    * roundup
    * huiles hydrogénées
    * sucre raffiné
    * cigarettes
    * amiante
    * plombage
    * asparthame
    * sel d’aluminium
    * E831 ET exhausteurs de goûts
    * Phtalate
    * Sulfite
    * « effets secondaires »
    * etc…

    quand nous mangeons, quand nous nous lavons, quand nous dormons, quand nous respirons, nous sommes empoisonnés a petit feu par toutes ces « externalités » qui permettent de baisser les coûts.

    Non, la guerre est bien réelle, vicieuse et létale !

  12. Discutable mais bien vu sur certains points, notamment celui-ci:
    « Pour continuer à se financer auprès des épargnants, les autorités publiques doivent produire de fausses informations sur l’équilibre de leurs comptes. Elles sont entrées dans la guerre de spéculation pour dissimuler l’insuffisance massive de la contrevaleur à terme des dettes publiques et privées. Chaque gouvernement annonce ses propres mesures économiques et juridiques qui déstabilisent ses concurrents étrangers pour capter l’épargne mondiale
    Effectivement, la coopération se délite, comme le démontre l’évolution G-20 ver G Vain. J’avais déjà signalé les risques et indices de montée protectionniste. La guerre n’est plus exclue.

    1. Ceci est une réaction au commentaire de Charles A, qui présente le protectionnisme comme « le mal à éviter » comme « le début de la guerre » :

      Le protectionnisme est une action défensive.

      Si quelqu’un te frappe il est légitime que tu te défendes, que tu te protèges.

      Le mondialisme est le nom de la guerre mondiale contre les souverainetés des peuples.

      L’économie réelle en Europe a été placée dans un contexte mondialiste (le contraire de protectionniste) qui automatiquement conduit vers le déclin sévère de l’Europe.

      En ce qui concerne l’aspect de l’économie réelle nous – les Européens – sommes les spectateurs horrifiés de la destruction du tissus économique européen que l’on constate par les délocalisations des emplois vers les autres continents, par le chômage qui augmente, par les conditions de travail qui se dégradent (salaires, sécurité sociale, retraite, temps de travail…). La cause est dans la concurrence des pays émergents qui s’épanouit dans le contexte du mondialisme imposé par les « élites » politiques et intellectuelles.

      Le mondialisme est une idéologie et la mondialisation est le processus de la mise en place du système voulu par cette idéologie. Le mondialisme est une idéologie qui veut que les frontières de l’Europe soient ouvertes (pas de droits de douane, import des salariés prêts à accepter des conditions de plus en plus dégradées…) et tant qu’on accepte les règles imposées par le mondialisme on ne pourra être concurrentiel avec les Chinois ou les Indiens ou les Marocains etc. qu’en acceptant de s’aligner avec leurs salaires (très bas), leurs sécurités sociales (très faibles), leurs retraites (très basses) …

      Donc en ce qui concerne l’activité de l’économie réelle, il faut instaurer le protectionnisme européen, cohérent, englobant toutes les branches de l’économie, unissant sous les mêmes règles toutes les régions d’Europe. Pour protéger les salariés Européens, il faut déjà commencer par taxer les importation en Europe de tous les produits qu’on est capable de produire en Europe.

      Le protectionnisme avec « les mêmes règles dans toutes les régions d’Europe » ça signifie instaurer par exemple un SMIG européen, la même TVA, les mêmes règles d’imposition des entreprises. C’est tout à fait réaliste, ce serait une opération équivalente à la réunification des deux Allemagnes.

      La mise en place des accords de coopération étroite avec la Fédération de Russie, qui partage les mêmes valeurs civilisationnelles, et qui dispose d’immenses réserves de matières premières permettrait à cet ensemble européen de vivre en autarcie sans avoir à subir les dictats des autres régions du monde.

      Et en attendant la mise en place du protectionnisme européen, tant que les frontières de l’Europe restent ouvertes, les Européens (les États et les particuliers) ne peuvent que s’enfoncer de plus en plus dans l’endettement…

      Supposons que l’on trouve une formule magique qui efface du jour au lendemain les dettes des États européens et des particuliers mais que les règles du mondialisme soient maintenues (pas de protectionnisme pan-européen) : quel que soit le système financier mis en place, il suffirait de quelques petites années pour que le mondialisme, qui crée des conditions de concurrence ouverte avec les continents où les salaires sont 10 fois plus faibles qu’en Europe, n’oblige les Européens à choisir entre :
      1 – aller vers l’accroissement fulgurant des endettements
      ou
      2 – aller vers la baisse abrupte des revenus et en général des conditions de vie.

      Le premier choix (la vie à crédit pour tenter de se maintenir au même niveau) revient à décaler pour quelques instants l’aboutissement à la deuxième situation (baisse sévère de niveau de vie), à cette différence près qu’en plus les Européens resteront endettés de telle sorte que les générations futures recevront cet endettement en héritage.

      Lorsque les citoyens européens demandent que la protection de leurs intérêts devienne la règle dans les orientations politiques européennes, les groupes en position dominante – les politiques de « gauche « et de « droite » qui alternent au pouvoir, les milieux économiques, les médias – cherchent à réprimer ces aspirations protectionnistes et prétendent que le protectionnisme conduit à des conflits armés tels que les a connus l’Europe au milieu du XXème siècle. De façon imagée on peut observer qu’instaurer le protectionnisme européen cela est équivalent à transformer l’Europe en une forteresse défensive, dans le but de défendre tout ce qui caractérise les Européens. Chacun a le droit de se défendre lorsqu’il est agressé. C’est l’agresseur qui est à l’origine de la guerre et non le défenseur. Le protectionnisme et même le nationalisme ne sont pas à l’origine des guerres. La vérité est qu’à l’origine des guerres se trouvent l’expansionnisme ou l’impérialisme. Le mondialisme est un impérialisme qui détruit les souverainetés des peuples européens. La guerre est déjà en cours car cet impérialisme mondialiste est en train de détruire massivement les Européens et leur société.

      Le mondialisme est notre ennemi. Le protectionnisme est notre seule possibilité de survie face aux destructions produites par l’impérialisme mondialiste.

    2. Pour Jonathan J, « Le protectionnisme est une action défensive. Si quelqu’un te frappe il est légitime que tu te défendes, que tu te protèges. »
      C’est doublement faux :
      1) Le protectionnisme n’est pas le contraire du mondialisme. Ce sont deux politiques complémentaires. Les multinationales qui dictent la politique européenne prônent l’un ou l’autre, en fonction du produit, du moment, du partenaire.
      2) Rester sur ce terrain, c’est faire le jeu des maitres du monde.
      3) L’intérêt des peuples n’est pas de partir en guerre des civilisations (voir ci-dessous), mais d’ arracher le pouvoir aux maitres de l’économie et d’établir des relations de coopération économique entre les peuples, respectueuses de leurs besoins écologiquement durables, loin du libéralisme et son pendant protectionniste.

      Les arguments de Jonathan sont le fruit d’une nostalgie d’une vieille Europe maitre du monde, un repli souffreteux du nationalisme et de la xénophobie de la France vers l’Europe. embrassant la croisade de la guerre des civilisations :
      « transformer l’Europe en une forteresse défensive, dans le but de défendre tout ce qui caractérise les Européens »
      « coopération étroite avec la Fédération de Russie, qui partage les mêmes valeurs civilisationnelles, et qui dispose d’immenses réserves de matières premières permettrait à cet ensemble européen de vivre en autarcie ».

    3. jonathan.j dit : 7 juillet 2010 à 10:08 Bonjour,
      entièrement en accord avec cette défense d’un ‘’protectionnisme intelligent’’ et la dénonciation des agitateurs ‘’benêts’’ qui sont contre, sauf évidement les tenants ‘néolib’ (pas benêts) toujours à marteler les croyances classiques qui nous ont précipitées dans cette mouise.

      Allez, encore une petite couche : La « menace protectionniste », ce concept vide de sens – mardi 17 février 2009, par Frédéric Lordon – http://blog.mondediplo.net/2009-02-17-La-menace-protectionniste-ce-concept-vide-de-sens#forum24987
      Ce texte n’offre pas une analyse économique de la configuration souhaitable des échanges internationaux. Il propose le démontage d’une question mal posée — la question dudit « protectionnisme ». Quitte à répondre à des questions, autant en effet que ce soient les bonnes… Le préalable à un débat qui veut produire quelque chose n’est-il pas d’éviter les questions trop mal ficelées — où se jettent avec délice tous ceux qui agitent des « menaces » et voient partout des spectres.

  13. De l’équilibration en droit du marché international de l’offre à la demande de toute monnaie nationale sortirait le prix de chaque système de réglementation financière.

    Le mot « équilibrage » serait-il passé de mode dans vos sphères ? Il me semblait que le français était la langue officielle de ce blogue… Après lecture de cet article, j’ai comme un doute…

    équilibration
    nom féminin singulier (médecine) fonction, dont le centre est situé dans le cervelet, qui assure le maintien en équilibre du corps.

    1. La définition que vous rappeler d’équilibration correspond exactement à ce que la spéculation attaque. La contrepartie réelle du spéculateur perçoit un équilibre virtuel de la réalité non conforme à son intérêt véritable qui serait la pleine réalité.

  14. Proposition d’action radicale contre la guerre.

    Cette guerre économique se retourne contre tous les peuples du monde.

    Il est donc temps, par delà les analyses qui semblent toutes à présent converger vers les mêmes constats, de passer à l’offensive des peuples contre la finance internationale.
    Personnellement, je ne sais pas vous, mais j’en ai un peu marre des palabres pendant que des gens se fichent par les fenêtres.

    La politique, c’est avant tout de l’action. Je propose donc une grève générale mondiale contre la spéculation. Grève illimitée d’ailleurs s’il le faut, où les producteurs sauront se débrouiller pour manger, survivre gratuitement et solidairement, et prendre en otage tous ceux qui les font suer.
    Voilà! Contre la violence, il faut bien utiliser le même mal, comme en homéopathie, pour empêcher cette violence capitaliste de nuire.

    La paix et la prospérité des peuples n’est plus assurée.
    Il faut donc très vite que tout s’arrête et que soit décrétée l’absolue égalité entre hommes et femmes, la pilule obligatoire pour toutes (afin de préserver la planète et l’humain) et la planification des besoins, comme la régulation de l’économie qui ne doit plus être celle du capitalisme, impossible à réguler.
    Arrêt immédiat de toute spéculation!
    Pour obtenir ce résultat, pour qu’existe ce temps de la réorganisation du monde, il faut que tout s’arrête, que tout soit débattu, examiné, modifié et voté démocratiquement. Il faut dessaisir les soldats de la finance de leurs armes!

    Grève mondiale illimitée pour tout remettre à plat!

    1. L’histoire et le présent ne nous montrent-ils pas qu’il y a toujours plus de volontaires pour se joindre à la guerre qu’ils ne s’en trouvent pour faire grève ? La spéculation est bien trop abstraite à chacun pour en faire un ennemi ; tandis que mon voisin, cet étranger, cet autre différent de moi-même et pourtant écœurant de ressemblance, est un bien beau coupable, un ennemi merveilleux. Qu’une idée se lève – et peu importe laquelle -, qu’un discours idéalise ma souffrance et désigne la proie qu’il faut abattre, les troupes s’assembleront. Et ne s’assemblent-elles déjà pas ?

      S’il advient que les esclaves se retournent contre les maîtres, ce n’est pas pour autant le signe d’un projet commun. Que les maîtres viennent à périr, les esclaves se retourneront les uns contre les autres avant qu’un maître nouveau impose sa force.

    2. @MMP

      Vous êtes bien pessimiste. je vois bien justement ces hordes sauvages vouloir protéger leur unité nationale chérie, et je me dis qu »il est grand temps que les mots d’ordre soient mondiaux pour contrer ces cohortes de réactionnaires qui doivent perdre face à la majorité pacifiste. Ils sont loin d’être majoritaires ces extrémistes passéistes et ringards. Ils sont simplement armés pour le compte de toute cette bourgeoisie mondiale qui a peur pour elle.
      Agissons donc au lieu de céder à la division entre esclaves… nous n’en avons tout simplement plus les moyens.
      Par exemple, les femmes sont des rivales tant qu’elles pensent ne pas tout perdre, ou avoir quelque chose d’important à gagner, mais dès qu’il s’agit d’un avenir commun, elles savent se regrouper contre leur « dominateur »…

      @nomane

      Je suis prête depuis trente cinq ans au moins , comme vous peut-être, et sans ironie aucune. Tout cela risque de toute façon d’arriver très progressivement, sans déclencheur, ni grand jour particulier, personnellement, je pense que la vague, le tsunami est déjà en route depuis longtemps… et cette idée peut et va très rapidement faire le tour du monde, vous le savez…
      Quand tout se détraque, que plus aucune galette n’est à partager, alors les rébellions cherchent une solution, rien de plus normal.C’est se qui est arrivé pour la libération des femmes, bien que quelques-uns cherchent à leur remettre des voiles…
      La droite en France, comme ailleurs, truque, ment, et surtout maintient le système d’exploitation de l’homme par l’homme sur la planète.
      Ils perdront au bout du chemin, car la démocratie c’est nous qui la garantiront pour protéger tout être sur terre et pas seulement les « nôtres » comme le souhaite toujours l’extrême droite.
      Voilà, c’était une parole de femme que vous trouverez peut-être naïve, mais qui avance malgré les sinistres et les cyniques…

    3. Bric à brac baroque, le Salut,

      Ce n’est pas question d’être pessimiste ou optimiste., du moins me semble-t-il.

      J’observe et il me semble que l’on ne peut faire l’économie de la réalité des comportements humains où (pour résumer, je le concède) l’instinct de prédation et d’appropriation côtoie l’instinct grégaire de troupeau relativement passif où le prédateur sait trouver tout à tour les soldats de ses guerres et le troupeau de son festin.

      Qu’a pesé Jaurès en 1914 ? N’eût-il point été assassiné que les tranchées aurait quand même été bien remplies.

      Se savoir appartenir à la grande confrérie des esclaves ne fait pas une identité bien vaillante ; il faut une idée plus forte, qui dépasse cet horizon. Les nations (ne nous leurrons pas, par ex., ce que seraient les réactions des chinois dans le cas d’un effondrement économique menaçant les intérêts de la ploutocratie qui les dévore aujourd’hui ; ils en seront les vaillants fantassins), les prétendus chocs de civilisations sont un bonheur en comparaison.

      Quant à ce que l’on pourrait appeler la raison, la réflexion, les idées qui cherchent au monde une issue, elles ne sont guère que des gouttes d’eau égarées à la surface des océans ; les instincts et passions les plus furieuses ont mille milliard de fois plus d’efficacité pour faire se lever les foules que les plus beaux arc-en-ciels.

    4. @ MMP

      « Quant à ce que l’on pourrait appeler la raison, la réflexion, les idées qui cherchent au monde une issue, elles ne sont guère que des gouttes d’eau égarées à la surface des océans ; les instincts et passions les plus furieuses ont mille milliard de fois plus d’efficacité pour faire se lever les foules que les plus beaux arc-en-ciels. »

      Apprenons alors sans tarder à RALENTIRRRRRR le plus possible, non pas pour le seul arrêt total pour mieux repartir tout aussitôt à l’accélération perpétuelle et sans fin d’un même mode voué tôt ou tard à une plus grande faillite morale et universelle. Au moins nous aurons essayé de faire et ça c’est déjà beaucoup je trouve, seul le RALENTISSEMENT des êtres, des comportements, des conduites, des idées, peut encore nous permettre de mieux réfréner les seuls passions du commerce et de l’argent du monde actuel et alors peut-être que la foule sera beaucoup moins influencée et possédée à reproduire les mêmes comportement violents et totalement contre-productifs pour l’humanité en souffrance d’aller trop vite soit pour ceci ou cela.

    5. Jérémie,

      Vous avez raison,mais en théorie.

      Mon grand-père, qui a fait la totalité de la grande guerre, me disait toujours que les foules qui montaient à l’assaut à Verdun étaient les mêmes qui écoutaient Jaurès en 1914.

      Les foules iront toujours au plus simples, à ce qui leur aura été vendu comme étant le plus évident, dussent-elles en périr.

      Bien entendu, je préfèrerais que vous ayez raison, et avoir tort.

    6. Le problème avec les changements, c’est qu’il sont souvent brutaux. Les hommes comme les sociètés ne change pas parce qu’ont leur demande de le faire, ils changent parce que leur histoire a subit un drame. Tant qu’il n’y a pas eu de drame il n’y a aucun changement envisageable, car chacun continu a espérer que tout continuera comme d’habitude. Et même si ont veux parler d’évolution, elle ne se fait que part des changement succesif, c’est a dire des chocs succesif.

      Il semblerait que la nature humaine soit ainsi fait. Tant que le danger n’as pas montrer son nez tout le monde s’en contre fou. Par contre dés qu’un traumatisme né, il impose le changement.

      La question est plutot de savoir si il faut provoquer le traumatisme ou attendre qu’il soit provoquer. Dans le premier cas ont prends son destin en main dans le second ont continu a subir et a ne faire que réagir. Mais réagir ce n’est pas agir.

  15. Pendant les derniers siècles, la guerre qui effrayait le plus les européens était la guerre civile.
    L’héritage des guerres de religion du passé et le refus de la lutte des classes étaient à l’origine de ce sentiment d’horreur.
    Avec la mondialisation, l’ennemi du citoyen d’une nation, n’est plus un concitoyen mais un intervenant de la planête finance, forme contemporaine de la concentration du Capital.

    La lutte des classes voit donc s’ouvrir des perspectives nouvelles.

  16. j’aime beaucoup cette optique pour une vision du monde qui sous tend, comme en période de guerre chaude, que des raisons « supérieures » imposent peu à peu la perte du controle démocratique au profit des logiques d’efficacité de résultat, vers un but de victoire que personne n’a plus le droit de remettre en cause…..jusqu’à l’effondrement

  17. Si la spéculation est une guerre c’est sous forme de razzias, comme par des nomades.

    La guerre suppose un but fort, non directement atteignable par d’autres moyens de pression, qui puisse justifier la perte de nombreuses vies humaines dans son camp. Elle oblige celui qui en prend l’initiative à définir un « état final » stable qui lui donne satisfaction et puisse motiver ceux qui vont être engagés dans les combats. Elle oblige ceux qui vont la conduire à définir une stratégie pour atteindre le « but de guerre » ce qui se traduit opérativement par désigner des « centres de gravité » adverses qui, détruits ou rendus inopérants, conduiront à briser les forces qui s’opposent au but de guerre ainsi qu’à planifier les forces et les ressources nécessaires pour réussir. Elle oblige ceux qui vont la faire à rendre possible sur le terrain, dans le temps et l’espace, les rapports de forces successifs permettant d’atteindre tactiquement les centres de gravité visés.

    Bien évidemment quand l’état final est inexistant ou irréaliste, comme en Irak ou en Afghanistan, il est difficile de gagner la guerre.. mais peut-être la guerre véritable ne se joue-t-elle pas là où elle est affichée et menée (guerre indirecte)?

    Je ne vois rien de tout cela dans cette soi-disante « guerre spéculative ».

    1. La fin de la guerre spéculative n’est pas la domination physique mais la domination mentale. Elle ne détruit pas directement mais empêche de construire tout ce qui pourrait réellement l’être. La captation des projets d’autrui n’est-elle pas une forme de guerre ?

  18. Voila enfin un article qui ne tourne pas autour du pot. Oui ! cette crise est bien une guerre financière, se n’est pas la première fois que je le dit, et cela fait plaisir de voir que se point de vue a trouver prenneur.

    M’enfin, juste un petit détail qui me semble ne pas avoir été traité correctement. Lorsque vous parlez de spéculations de l’informations financière comme étant l’arme ultime de ce nouveau type de conflit. Je pense que ce constat bien qu’étant exact, n’as pas été traité jusqu’au bout. Vous avez oublié de mentionner le role des instituts, agence de notation, ayant la charge de diffuser se type d’informations financières. Il serait donc beaucoup plus logique de pointé ces agence de notations comme étant le bras armé de cette guerre.

    M’enfin je tiens aussi a pointer sur le fait que cette guerre n’est pas vrai une guerre d’états contre états mais d’interet économique personnel a l’intérieur des états. Certaines holding appartenant a des personnes dont la notion d’état n’as plus aucun sens, puisque ces holding sont internationals ainsi que les actionnaires.

    Cette guerre qui est devenu de plus en plus monnaitaires, a commencer dans le but de coloniser financièrement l’enssemble de notre planéte. La finance cherche ni plus ni moins a imposer un nouvel ordre mondial, celui du capital international.

    Est ce que cette guerre n’as pas tout simplement comme objectif de detruite se qui reste de la notion d’état et du même coup de celui de la citoyenneté et de la socialisation.

    Détruire les états, c’est avant tout détruire toute notion de socièté civile pour la réduire a une socièté essentiellement économique. L’argent deviens alors le centre idéologiqque de cette nouvelle organisation mondial.

    M’enfin j’ais bien aimé votre synthése, « guerre spéculative sur la valeur de l’informations économique et financière ». Le but de cette guerre restant la manipulation de l’information afin de s’accaparer les resources financière disponible, l’épargne.

    Bravo ….

  19. Bonjour à tou-te-s et Merci,

    « Spéculation mondiale »

    C’est la guerre de spéculation
    Elle est mondiale par vocation
    Pour re-penser notre mission
    Dans l’indécente exploitation !

    Après avoir pillé la Terre
    Les êtres humains dans leur galère
    Ont imaginé le cancer :
    C’est la toute-puissance financière !

    Elle pondère les dissymétries
    Pour mieux recharger ses batteries,
    Ignore les gens dans leur patrie
    Jusqu’aux victimes de dysenterie !

    La spéculation c’est la guerre
    Avec sa logique mortifère
    Pleine de venin dans ses artères
    Qui asphyxie nos congénères !

    luami
    Bon voyage dans la Vie !
    http://luami.viabloga.com

    1. Je me demande si l’on peut vraiment aller au-delà du capitalisme en citant graduellement Karl Marx au fur et à mesure de l’aggravation morale et spirituelle de la crise du monde moderne, on pourrait encore le « croire » lorsque l’on relit le lien de cet article il y a d’ailleurs c’est vrai des choses très séduisantes à lire dans ses écrits.

       » Chaque génération lit et relit Marx, tant du fait de l’évolution historique que de sa propre expérience. »

      N’y aurait donc que lui qui est pu prévoir certaines choses d’un bord ou d’un autre dans l’histoire, malheureusement Karl Marx n’aura prédit et écrit c’est vrai que les mêmes erreurs de conduite chez les gens du capital.

      Je le classe parmi les plus grands faux-prophètes de l’histoire et si vous me proposez avec générosité de relire Karl Marx, je vous propose également de relire avec générosité les écritures,
      en fait tout le vocabulaire de penser de Karl Marx ne repose que sur l’expression, la répétition et l’analyse du même vocabulaire du capital dans les esprits. L’obssession continuelle de sa vie, je ne crois pas non plus que Karl Marx et malgrès son grand souci de la condition sociale de l’humanité, en son temps comme pour les temps futurs ait pu permettre à un grand nombre de générations de pouvoir mieux dépasser certaines choses dans leur vie d’homme et en société.

      C’est peut-être bien là le grand échec moral de Karl Marx dans l’histoire et à l’égard de l’humanité,
      je respecte bien évidement vos opinions, vos idées, votre démarche et le fait d’avoir voulu nous en reparler pour mieux encore nous faire comprendre certaines choses sur la crise actuelle, mais pour moi ce n’est pas non plus que la crise du capitalisme, c’est bien plus large encore, dommage d’ailleurs que les gens ne parlent pas suffisamment de la crise dans d’autres termes …

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