Argent : on a perdu le mode d’emploi, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Nature juridique de l’argent

Paul Jorion rétablit dans L’argent, mode d’emploi la distinction entre argent et reconnaissance de dette, fondamentale pour comprendre la crise. Argent et dette sont conceptuellement différents mais matériellement liés. Schématiquement : Pierre prête un objet de valeur à Paul contre sa promesse non pas de lui rendre mais de lui rembourser la mesure, le prix. Pierre et Paul sont en confiance, se reconnaissent réciproquement comme dignes de confiance et sont d’accord sur la mesure d’équivalence entre ce que l’un prête et l’autre remboursera. A ce stade il y a dette mais pas d’argent. La relation entre Pierre et Paul n’a aucune utilité directe pour la société et le marché.

Ils conviennent maintenant de prendre un tiers à témoin et s’adressent à une banque pour enregistrer leur contrat. La banque s’interpose entre eux par des écritures. Elle enregistre Paul comme emprunteur et Pierre comme déposant pour la quantité convenue entre eux. Dès lors que les compères font clairement savoir à la banque qu’ils sont d’accord sur la chose, le prix et l’échéance, la banque n’a même pas besoin de connaître visuellement ou intellectuellement l’objet et la mesure de l’échange. Elle se contente de témoigner de l’accord indépendamment de son objet en inscrivant la même mesure à son actif et à son passif. L’objet de l’échange et la mesure de son prix qui étaient entre Pierre et Paul une seule et même réalité sont désormais dissociés par l’intermédiation bancaire qui ne connaît qu’un prix et les droits réciproques entre des personnes. L’intérêt de cette intermédiation est que la banque peut affirmer qu’elle dispose de la mesure d’une valeur réelle à terme, celle que Paul a promise et que Pierre a acceptée. Pierre peut en tirer un bénéfice dans l’utilisation immédiate de son dépôt comme moyen de règlement. La banque a actualisé une créance de valeur future en mesure présente de la valeur immédiatement utilisable.

Émission monétaire

Pour le moment, il n’y a toujours pas d’argent ; plus précisément de l’argent en puissance mais pas en acte (Paul Jorion, dans L’argent mode d’emploi, page 67). Par contre, Pierre, Paul et la banque forment entre eux une société d’intermédiation financière : la banque et Pierre produisent la mesure d’un droit à la valeur réelle, présent pour Paul qui emprunte et futur pour Pierre qui sera remboursé. De l’existence d’un état de droit entre les trois, la banque va produire de l’argent ; transformer l’argent en puissance dans la créance intermédiée de Pierre sur Paul en argent en acte. L’échange d’un objet quelconque contre argent a trois effets : la mesure de la valeur de l’objet, le règlement d’une dette entre l’acheteur et le vendeur, la mise en réserve de valeur pour l’avenir au bénéfice du vendeur présent du réel. Ces trois effets sont parfaitement conservés si la banque utilise le contrat entre Pierre et Paul pour prêter la mesure de la valeur à un acheteur quelconque ou l’emprunter à un vendeur quelconque. La certitude du contrat entre Pierre et Paul implique que Paul va amorcer une suite d’échanges pour produire la valeur qu’il doit à Pierre. Il est de leur intérêt commun que la banque utilise la promesse de valeur à terme par des crédits d’origine postérieure et d’échéance antérieure. Le crédit initial va produire de nouveaux crédits qui transforment la valeur de l’objet emprunté par Paul en valeur à terme remboursable à Pierre.

Pour transformer des dettes en argent au bénéfice de ses nouveaux déposants ou emprunteurs, la banque ne va pas procéder comme avec Pierre et Paul entre lesquels la confiance a pré-existé. En réglant avec l’argent de la banque, l’emprunteur-acheteur ne contracte pas une dette vis-à-vis du vendeur. De même le déposant-vendeur d’un bien réel se retrouve propriétaire d’une réserve de valeur garantie par la banque et non par l’acheteur. La banque transforme en argent la dette d’origine entre Pierre et Paul en prenant trois risques : que la valeur réelle à terme produite par l’emprunteur en quantité et en échéance pour rembourser la banque ne soit pas suffisante ; que le déposant dépense sa créance sur la banque avant les remboursements des débiteurs ; que la transformation macro-économique d’emprunts bancaires en valeur réelle à terme reste inférieure à la masse des dépôts et prêts aux banques. Quand un déposant dépense sa créance bancaire, il appartient au dépositaire d’en assurer la liquidité en contrevaleur réelle. La quantité et l’échéance sont décidées par le déposant et non la banque. La transformation du crédit en monnaie est un exercice rationnel dont l’équilibre conceptuel indiscutable ne coïncide pas nécessairement en temps et en quantité avec l’équilibre de la réalité physique matérielle voulue par les agents économiques.

Monnaie et risque

Pour que l’anticipation d’un banquier qui prête et emprunte coïncide avec la réalité à terme, il faut que son débiteur soit effectivement vendeur au terme du crédit d’un objet de valeur réelle. L’acheteur au terme du crédit du vendeur doit disposer dans une autre banque de la mesure à terme en argent du prix de l’objet. La réconciliation de la vente à terme sous-jacente au crédit dans la première banque avec la mesure à terme en argent de l’acheteur dans la deuxième banque se fait par le marché interbancaire. La deuxième banque prête à la première la mesure de la valeur à terme de l’objet réel. La transformation du crédit en monnaie entre des acheteurs, des vendeurs et des banques est un circuit d’échange entre un objet réel à terme, la mesure en argent de cet objet et la définition en droit et obligation de cet objet. Entre un acheteur à terme déposant dans une banque de son pouvoir d’achat actuel en argent et le système interbancaire, l’échange de la valeur ne se fait pas sur la réalité objective mais sur la réalité subjective, uniquement par des mesures et des définitions juridiques d’objets de valeur. Entre banques et déposants, il n’y a que des réalités verbales. Entre banques et emprunteurs, il y a normalement des réalités physiques et subjectives : un prêt bancaire d’argent est non seulement une mesure de la valeur à terme mais l’anticipation raisonnable d’une réalité physique par l’appréciation d’un engagement personnel d’un emprunteur.

C’est ici qu’intervient le divorce actuel entre finance et politique d’un coté et économie réelle de l’autre. La crise des subprimes a résulté de l’abandon par les intermédiaires financiers, aux États-Unis et ailleurs, du lien entre crédit, réalité et droit. Les crédits subprimes et leur titrisation ont été un simple calcul sans réalité sous-jacente observable et sans relation sociale réglée par le droit entre le prêteur et l’emprunteur. L’argent à circulé issu d’une réalité future non mesurée vers un présent non humainement engagé. L’argent a été fabriqué sans crédit véritable qui s’adosse à un futur réalisable. Les mesures de crédit se sont accumulées hors de l’actualisation de la réalité future raisonnable. Le marché interbancaire s’est gelé en 2007 quand les opérateurs du crédit ont pris conscience qu’ils se gavaient d’illusions.

La mystification s’est jouée entre banques centrales et banques commerciales. La fonction d’une banque centrale est d’assurer l’interbancarité. Les banques commerciales matérialisent le rapport qu’elles établissent entre un objet anticipé réel de valeur future et sa mesure en argent. Pour qu’elles fassent circuler leurs mesures de crédit entre elles en se prêtant réciproquement, il faut que leur unité de compte soit la même. Cette unité est créée par l’obligation bancaire d’avoir des dépôts ou des emprunts dans la même banque centrale émettrice d’une même monnaie. Les banques commerciales ne peuvent pas opérer cette matérialisation sans former entre elles un marché unique du crédit. L’existence de ce marché requiert une banque commune qui vende dans ses crédits une même loi d’équivalence entre des anticipations financières et leur mesure en monnaie. Une banque centrale prête la valeur d’un système commun de contrôle du crédit. Pour emprunter à la banque centrale, une banque doit démontrer en permanence qu’elle se conforme à la régulation commune du crédit.

Disparition de la monnaie sans loi

Le principe d’interbancarité à l’origine de la monnaie implique l’unité de juridiction. L’opérateur financier non soumis au contrôle de la loi commune ne doit pas accéder au crédit central même indirectement. Or il n’y a plus aucune loi monétaire commune dans le système financier mondialisé depuis l’abandon de l’étalon or en aout 1971. Il n’existe non plus de restriction à l’émission de dollars, euros ou autres hors du périmètre de juridiction de leur banque centrale. Les banques européennes travaillent depuis longtemps en dollar hors du contrôle des autorités monétaires étatsuniennes. Après avoir cherché sous Paul Volcker à contrôler la masse monétaire mondiale, la Réserve Fédérale a renoncé avec le gouvernement étatsunien a réguler le crédit et la monnaie. Les crédits de la Fed au système bancaire mondial ne sont pas consentis selon une loi commune d’évaluation de la réalité mais uniquement selon le prix de l’argent. Le prix de l’argent reflète les limites prudentielles que les emprunteurs se donnent pour produire la contrevaleur réelle à terme du remboursement de leurs emprunts. Plus le prix de l’argent est élevé, plus les anticipations financières sont prudentes et moins il est possible que les crédits ne soient pas remboursés. Le prix de l’argent anticipe l’équilibre à terme de l’offre et de la demande bancaires de dédommagements financiers nécessaires à ne pas imputer sur les dépôts les pertes de crédit.

Le prix de l’argent contient le coût anticipé du risque de crédit. Les politiques centrales de facilité monétaire ont retiré aux banques la faculté de mesurer entre elles le coût collectif de leur risque de crédit. Elles ont appris à avoir une taille suffisante pour obtenir à coup sûr les crédits qui excluent toute faillite. La loi d’équivalence stable entre la réalité raisonnablement prévisible et l’émission de crédits a été progressivement suspendue. La matière première de fabrication de l’argent a disparu : la confiance issue de la société du droit de la réalité interpersonnelle. L’absence de société internationale de droit a permis aux opérateurs financiers d’enrôler les États et banques centrales dans la guerre mondiale de la mesure en argent sans crédit. Les États ont racheté les créances creuses des banques avec l’argent émis par les banques centrales.

Le marché international de la vérité

Argent et crédit sont actuellement effectivement confondus. La mesure internationale du crédit force une réalité qui n’existe pas. Les pouvoirs politiques ne veulent pas comprendre que la confusion n’est acceptable en pratique que par la permanence effective et universelle de l’État de droit ; d’une situation ou tout épargnant sait que son dépositaire passe des contrats de réalité avec des emprunteurs pour investir dans de vrais objets de la valeur future demandée à terme. Et les financiers font semblant d’ignorer qu’argent et crédit sont mathématiquement fongibles dans les mêmes quantités et les mêmes calculs mais renvoient à des réalités concrètes différentes. L’argent est unité de mesure contingente au crédit. Le crédit est confiance humaine contingente à l’argent. La seule manière de garder l’équilibre entre la raison, la confiance et la réalité économique, c’est le marché régulé par l’autorité du bien commun. Un bien commun qui n’est pas une abstraction idéologique mais une réalité de raison, de confiance et de matérialité physique présente et future que le marché seul puisse véritablement révéler.

Parce que l’autorité politique est dépositaire du bien commun, elle se croit propriétaire de sa définition et de sa réalisation. Là est l’impasse actuelle des monnaies et du bancor. Si les États nationaux font leur travail de maintenir l’ordre public d’un bien commun perpétuellement renégociable entre nationalités, sociétés et individus, la monnaie produite par le système financier à l’intérieur-même de cet ordre public suffit à quantifier des droits nominalement différentiés en plusieurs langues et cultures. Pour y parvenir, il faut renoncer au dogmatisme d’un bien abstrait de la réalité économique et accepter le marché comme lieu de calcul du bien commun par des discours différents. Si la matérialité physique est naturellement commune à l’existence humaine, il faut pour que l’anticipation financière en produise de la valeur que les personnes puissent s’exprimer librement en assumant les conséquences réelles de leurs paroles échangées. Il faut qu’une société de droit instaure un marché où les prix ne soient pas engagés sans que leur objet ne l’ait été également.

Le vrai marché calcule le risque de la réalité séparément de sa mesure en crédit. Alors le crédit exempt de risque devient la matière d’une monnaie sûre. L’argent devient le signe matériel de la vraie monnaie fondée sur la foi dans la réalité subjective et objective.

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100 réflexions au sujet de « Argent : on a perdu le mode d’emploi, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Dommage de ne pas avoir abordé le crédit documentaire 😉
    Et la suppression de l’intermédiaire. VIVE LE TROC !!!

    Mine de rien (ne pas confondre avec gisement épuisé) : vous revenez sur la notion de risque qui fait que je visite systématiquement une entreprise avant de lui acheter quoique ce soit.
    La confiance se mérite. Elle ne se vend qu’aux imbéciles.

  2. Bonsoir PSJ,

    « c’est le marché régulé par l’autorité du bien commun. Un bien commun qui n’est pas une abstraction idéologique mais une réalité de raison, de confiance et de matérialité physique présente et future que le marché seul puisse véritablement révéler.
    Parce que l’autorité politique est dépositaire du bien commun, elle se croit propriétaire de sa définition et de sa réalisation. Là est l’impasse actuelle des monnaies et du bancor. Si les États nationaux font leur travail de maintenir l’ordre public d’un bien commun perpétuellement renégociable entre nationalités, sociétés et individus, la monnaie produite par le système financier à l’intérieur-même de cet ordre public suffit à quantifier des droits nominalement différentiés en plusieurs langues et cultures. »
    =>
    Il me semble, sans vouloir être désagréable, que vous exprimez très maladroitement (en vous emberlificotant dans des notions d’État de droit et de bien commun qui sont tout à fait hors de propos) le simple fait que vous souhaitez que les États régulent la finance dans le sens d’une obligation de transactions matérielles sous-jacentes, ce qui, si je ne m’abuse, conduirait, au minimum, à renforcer les exigences de ratios de solvabilité bancaire autant que les fonds propres desdites banques.
    Vous prêchez pour un renforcement de l’intervention étatique dans la cuisine bancaire car vous vous apercevez de l’impasse dans laquelle les banques ont d’abord mis l’économie et ensuite se trouvent elles-mêmes piégées.
    C’est un peu comme un enfant qui a fait une grosse bêtise et qui demande une intervention comme juge de paix à ses parents.
    Il est à craindre que les banques casinos ne veulent surtout pas de ce genre de règlementation, qui mettrait à jour leurs positions irrationnelles et économiquement intenables alors qu’elles ont de bonne foi (? sans oublier de bien se servir au passage, selon le principe que tout service mérite récompense je suppose) joué le jeu des États en acceptant de servir d’intermédiaire afin de cacher l’appauvrissement généralisé des peuples occidentaux.

    Cordialement,

    1. Il me semble, qu’une notion juridique  » de plein droit et d’ordre public » qui veut dire que qu’elle soit les conventions passées entre les parties, seule la loi initiale compte. Il suffit d’écrire la loi initiale, je sais la conclusion est facile, a vos plumes et merci à tous.

      Cette formule étant d’un  »ordre général fondateur » semblerait particulièrement bien décrire la situation de la monnaie nation et intrinsecquement de sa garantie in finé.

    2. Je suggère qu’un bien commun minimal soit l’égalité de droit entre intermédiaires financiers et agents économiques réels. Je nomme État de droit cette situation minimale d’égalité. Elle n’exige pas seulement une réglementation mais une régulation active qui crée un équilibre de l’offre et de la demande, c’est à dire un vrai marché. Pour qu’il se révèle un équilibre de l’offre et de la demande de capital, il faut une réglementation qui définisse la demande de fonds propres par l’obligation des banques de couvrir l’intégralité de leurs emprunts et dépôts. L’offre de fonds propres doit émaner de banques d’investissement totalement financées en fonds propres, interdites de crédit et exclusivement dédiées à l’anticipation du prix du risque dont celui du risque de crédit.

      Les banques d’investissement gagnent de l’argent par l’anticipation de l’offre et de la demande de capital consommable dans les pertes de crédit. Cela implique qu’elles produisent des règles d’engagement des crédits qui minimisent les pertes qu’elles doivent assumer. La régulation financière devient la transformation d’une connaissance de l’économie réelle en anticipation de limites réalistes d’engagement du crédit. La justesse des règles du crédit devient la cause de la rentabilité du capital à la place de la spéculation sur l’incertitude des règles et de l’engagement de les respecter. L’Etat de droit en finance est la possibilité d’un équilibre de l’offre et de la demande de risque selon un équilibre de l’épargne monétaire et du crédit qui lui soit distinct.

      Il est bien sûr plus difficile de gagner de l’argent en transformant du capital par l’investissement réel qu’en transmutant instantanément du capital en crédit. Le choix de la réalité vraie demande un effort que le droit à la liberté permet de ne pas faire.

    3. Le choix de la réalité vraie demande un effort que le droit à la liberté permet de ne pas faire.

      Sorti de son contexte, disserté et réenchassé dans votre billet, votre libellé ouvre bien des perspectives et variations… Mais je laisserai le soin à d’autres, ma vigne connait des réalités vraies qui s’accommodent mal de mes entorses à ses lois d’airain!

  3. bonjour,

    Mr Sarton du Jonchay.

    Je parle ici pour moi, mais avec la certitude que de nombreux lecteurs sont dans mon cas: vous nous mettez l’eau à la bouche avec des thèses qui SEMBLENT être passionnantes, mais il en ressort surtout de la frustration parce que je ne suis pas sûr de comprendre vraiment votre propos.
    Une phrase telle que « …la promesse de valeur à terme par des crédits d’origine postérieure et d’échéance antérieure » est à la fois très belle à lire et incompréhensible: comment l’échéance ( la fin) peut-elle être antérieure (= avant), et l’origine postérieure (= après)??? Un petit exemple aiderait à comprendre !

    En particulier, j’aimerais beaucoup que vous nous décriviez l’affaire des subprimes en termes simples, et phrases de 15 mots maximum: la banque A prête $200000 à Pierre pour l’achat d’une maison; elle sait que Pierre ne pourra pas rembourser. Mais, avant que cela n’apparaisse, elle etc….

    D’avance merci

    1. « Il est de leur intérêt commun que la banque utilise la promesse de valeur à terme par des crédits d’origine postérieure et d’échéance antérieure » évoque le risque de transformation des dépôts en crédits. Un dépôt est normalement une certitude de valeur à terme. Une banque engage la transformation si cette certitude est établie donc après la comptabilisation qui marque l’origine des dépôts. Elle transforme le dépôt en crédit à l’intérieur de son échéance anticipée. Le risque de transformation entraîne des charges supplémentaires quand le remboursement des crédits intervient après l’échéance des dépôts qui les financent. Une forme extrême du risque de transformation est la panique des déposants qui cherchent à retirer ou dépenser leurs dépôts avant les échéances qu’avaient anticipées les banques.
      Pour les subprimes, il semble que vous connaissiez l’histoire par cœur.

    2. Prenons un cas vécu pour illustrer:
      J’ai rçu un héritage de mes parents, une partie de cet héritage était constitué d’un prêt que l’acheteur de la maison a du contracter.
      J’ai placé l’argent de ce prêt dans une autre banque et je touche des intérêts.
      Comment puis-je toucher ces intérêts (en ce qui concerne la partie de l’emprunt de l’acheteur) puisque l’argent n’est pas remboursé et par conséquent n’existe pas encore ou s’il existe c’est sous forme de crédit.
      Il est très facile de comprendre que ce système a permis l’expansion de l’ère industrielle et que les intérêts sont remboursés par la croissance.
      Le hic c’est qu’aujourd’hui elle n’est plus possible en égard entre autre de la dimension finie des ressources.

      Dites moi si je me trompe!!

    1. @pablo75

      Très joli. J’avais toujours dans l’oreille une version de V Ashkenazy, moins imaginative…

      Ce mvt (que j’ai posté) souffre presque du syndrome R. Cleyderman… il faut se débarrasser de cette influence à postériori, et le reprendre dans sa pureté originelle… la beauté de cette mélodie, un peu orientalisante à la fin, passionnée

      La vie se serait ça, une réussite, ça donne l’espoir que quelque chose est possible.

    2. La plus belle interprétation que j’ai entendu de ce prélude (bien plus belle que celle d’Horowitz en concert qu’on trouve sur Youtube) c’est celle de Nicholas Angelich (à la Pleyel en 2008) en bis après avoir joué le 2e concerto de Brahms avec Norrington à la baguette… il le joue souvent en bis (je l’ai entendu sur France Musique cette année encore), mais à ma connaissance il ne l’a pas encore enregistré… c’est un pianiste qui devrait être bien plus connu qu’il ne l’est…

  4. Bonjour à tous,

    on a surtout perdu le mode d’emploi de la RELATION HUMAINE…
    Voilà, la GRANDE différence que je peux voir entre l’ Inde et la France…
    (par exemple)
    En Inde, on demande facilement à ses relations, ses amis,
    sa famille proche avant d’aller à la banque…

    Les Français eux, font trop CONFIANCE au système !
    Système bancaire
    Système de retraite
    etc etc

    Tisser des liens sur le Net… c’est BIEN 🙂
    Dans la VIE réelle … c’est encore mieux!

    Cordialement,
    Ordjoun

    1. Le système hyper pyramidal de l’Inde ne me semble pas un exemple à suivre…
      Quoique, si la situation continue dans le même bon sens, on y va.

    2. Certes, mais n oubliez pas qu’en échange la famille vous bouffera la vie en toute occasion (mariage, divorce etc.)

  5. Je me range à côté de Bourby pour demander une explication primaire d’un texte dont j’ai interrompu la lecture à mi-chemin.

    A moins qu’il ne soit destiné qu’à des spécialistes. J’ai souvent bronché sur des textes de vulgarisation de spécialistes de la physique quantique, un domaine qui me passionne car je me sens concernée en temps qu’amas de particules élémentaires, et les savants ne se rendent pas toujours compte du mur solide qui les sépare de leurs lecteurs avides et plus ou moins illettrés dans leur domaine.

  6. bonjour,
    excellent démonstration technique qui doit être appliquée en remontant la chaine causale: le facteur permissif originel de cette dérive, ce qui ne signifie pas déclanchant, se situe au niveau des/de la banque centrale: la contrepartie réelle de l’émission monétaire exorbitante de dollars: cf. J. Rueff et commentaire:
    http://blogs.lexpress.fr/attali/2010/07/la-societe-demoralisee.php#comment-385386
    c’est LE problème à résoudre et nécessairement PAS avec ceux qui l’ont causé!

    1. Monsieur Attali vient de découvrir le principe « nécronomique » des 3D « Dette, Divorce et Dépression », j’en parlais dans un « strip » (bd de trois cases) sur mon blog ici pour ceux qui ont envie d’en rire 5 minutes (bien que le sujet soit sérieux)

      ps: je poste le lien, ne pouvant pas poster l’image en direct.

  7. @ Louis

    Je pense que l’extrême gravité de notre situation exige l’information la plus large possible et pour Tous.
    La connaissance,ici donc les mécanismes-complexes- des circuits financiers entre autres,doit être répandue.
    Sinon la naïveté docile (allant vers la servilité) d’un trop grand nombre desservira les causes pour une juste répartition des richesses ,et en particulier celles produites par le Travail.
    Ce blog,à peu prés unique ès qualité,respire encore l’air pur et la transparence.
    Il est vital de le voir se poursuivre,s’enrichir par l’apport du plus grand nombre,experts ou « naïfs ».
    Comme en Belgique : « L’Union fait la Force »

    1. Je suis tout à fait d’accord avec vous, mais Bon Dieu, qu’on traduise cela dans un « language ouvier » qui soit compréhensible par tous;
      C’est le moins que l’on puisse faire si on veut, comme vous le dites intéresser, les gens à la chose financière.

  8. Merci M. PSJ mais c’est vrai que c’est un peu difficile pour des non initiés. La lecture antérieure de L’argent, mode d’emploi a aidé 😉

    Deux petites questions :

    1/ vous dites  » Le marché interbancaire s’est gelé en 2007 quand les opérateurs du crédit ont pris conscience qu’ils se gavaient d’illusions. » Moi j’ai compris à la lecture de Stiglitz que le problème est venu par la prise en compte par les établissements prêteurs de la non solvabilité des emprunteurs, donc du risque certain de non remboursement, et ça ce n’était sans doute pas une illusion. Suis-je dans l’erreur ?

    2/ naïvement sans doute, je pense que si il y a confiance entre Pierre et Paul, l’État de Droit n’apporte rien à ce niveau. Là encore, suis-je dans l’erreur ?

    1. Les illusions ont été de faire semblant de croire que la solvabilité des emprunteurs subprimes ne nécessitait aucune observation ni calcul concrets. Puis quand les subprimes ont été titrisés, de croire que le modèle de structuration du prix des titres pouvait remplacer une réalité non mesurée. D’après votre lecture de Stiglitz, jusqu’à quel point suggère-t-il que l’illusion a été consciente ?

      Oui, la confiance se suffit à elle-même entre Pierre et Paul. L’État de droit apparaît avec un tiers qui constate que la confiance entre Pierre et Paul crée des droits et des devoirs entre eux. Il est nécessaire à la banque qui va développer du crédit à l’intérieur de l’engagement de Paul de produire la réalité de la valeur à l’échéance de son emprunt à Pierre. La confiance produit la mesure de la réalité à terme dont la banque tire de nouveaux droits.

    2. Merci de votre réponse très claire.

      Ma lecture de Stglitz m’amène à penser que les prêteurs avaient pour seuls objectifs de toucher des commissions, de gonfler leurs revenus, et que les calculs les plus élémentaires étaient le cadet de leur souci. L’illusion, et encore en était-ce une, a été de faire comme si le prix de l’immobilier allait grimper jusqu’au ciel pour ne pas dire jusqu’au paradis ! Interprétation d’ailleurs reprise par Paul Jorion dans l’argent, mode d’emploi.
      En clin d’œil, l’excellente Dame Felicity Lott

  9. le découplage argent/crédit ressemble etrangement au découplage onde/particule ,cela aide beaucoup les théoriciens mais dans la pratique ça ne marche pas !

    on connait soit la vitesse d’une particule soit la position de cette particule mais jamais simultanément !

    un sou c’est un sou ! on ne paye pas une baguette de pain avec un junk bond !

    l’argent est soit un flux dont on ne connait pas sa valeur -au moment de l’achat ça vaut rien- ,soit c’est une valeur qui ne bouge plus -l’achat est réalisé .

    1. Le découplage onde-particule est la théorisation d’une réalité physique qui nous reste imperceptible. Le découplage argent-reconnaissance de dette est la réalisation d’une théorie que nous choisissons. L’argent et les reconnaissances de dettes sont des objets de raison matériellement conformes à la théorisation que nous en retenons.

  10. Bonjour,

    je pense que votre intention était de vulgariser. Je n’ai pas réussi à finir la lecture de votre texte car l’effort d’abstraction demandé doit être au-dessus de mes (modestes) capacités.

    Je crois comprendre que vous voulez nous expliquer comment l’argent se matérialise jusqu’à son entrée dans le système bancaire où il se dématérialise. C’est ça ou j’ai vraiment rien capté ?

    Cordialement.

  11. Bonjour,

    @ PSJ,

    « Je suggère qu’un bien commun minimal soit l’égalité de droit entre intermédiaires financiers et agents économiques réels. Je nomme État de droit cette situation minimale d’égalité. Elle n’exige pas seulement une réglementation mais une régulation active qui crée un équilibre de l’offre et de la demande, c’est à dire un vrai marché. Pour qu’il se révèle un équilibre de l’offre et de la demande de capital, il faut une réglementation qui définisse la demande de fonds propres par l’obligation des banques de couvrir l’intégralité de leurs emprunts et dépôts. L’offre de fonds propres doit émaner de banques d’investissement totalement financées en fonds propres, interdites de crédit et exclusivement dédiées à l’anticipation du prix du risque dont celui du risque de crédit. »
    =>
    Une régulation active de l’offre et de la demande ? Vous parlez d’économie administrée. Soit les prix sont libres soit ils sont imposés. Vous ne pourrez pas, à partir de prix libres, imposer un équilibre de l’offre et de la demande qui se fait de façon spontanée. Encore une fois, le problème me semble être la détermination du prix : mais comment voulez-vous imposer un prix pour des transactions totalement hors sols et dans un contexte de liberté totale de créativité financière ? Il faudrait pour commencer limiter, ou plutôt supprimer la possibilité de créativité bancaire et financière, qui ne se fait que sur du « hors sol ». Après, on pourrait discuter d’une éventuelle régulation des prix et des transactions subséquentes.

    « …L’Etat de droit en finance est la possibilité d’un équilibre de l’offre et de la demande de risque selon un équilibre de l’épargne monétaire et du crédit qui lui soit distinct.
    =>
    Vous employez la notion d’Etat de droit à tort et à travers, vous voulez parler d’une situation d’équilibre, à l’image de ce qui existe en droit de la consommation entre le consommateur et le professionnel.
    En réalité, je crois décrypter le fait que vous souhaitez une règlementation étatique de nature à limiter la « possibilité de création d’argent en circulation au moyen du crédit » (pour ne pas employer le terme honni de création monétaire 😉 ) en fonction de l’épargne réellement disponible ; ce me semble être une idée acceptable, surement à conserver, tout en gardant à l’esprit que les banques ne voudront jamais de ce type de régulation.

    « Il est bien sûr plus difficile de gagner de l’argent en transformant du capital par l’investissement réel qu’en transmutant instantanément du capital en crédit. Le choix de la réalité vraie demande un effort que le droit à la liberté permet de ne pas faire. »
    =>
    Oui, il faut absolument et résolument interdire toute cette liberté et créativité bancaire. Rendons la liberté aux communs des mortels et abolissons la liberté dont disposent les banques et le grand capital.

    Cordialement,

  12. « on perdu le mode d’emploi »…comme nous le rappele souvent Paul , il est pourtant en vente libre…ex :
    http://www.amazon.fr/Largent-mode-demploi-Paul-Jorion/dp/2213644047

    pour étre plus « sérieux » , il est intéressant de constater que le découpage conceptuel argent-reconnaisance de dette n’est pas satisfaisant (au sens où il n’est pas « opératoire ») , car incapable de « produire » des constructions économiques qui pourraient étre une issue à nos crises…

    cordialement à tous.

  13. Hors sujet :

    Vive la Hongrie !

    je n’en crois pas mes oreilles ! un Etat qui refuse de réformer les retraites, qui refuse de privatiser ses chemins de fers et qui reouvre de lignes déficitaires, bravo, et qui veut taxer les banques.

    Qui se fâche avec le FMI, qui dit NON au FMI…

    Sinon j’ai entendu Gérard Mordillat ce matin qui dit que nous n’avons pas besoin de réformes, mais d’une révolution… Et qui rappelle que « liberté, égalité, fraternité » est une devise de Robespierre, égalité étant sensé modérer la liberté.

    1. « égalité » est devenu « égalité des chances » la bonne blague !

      égalité des chances – Dictionnaire Collectif de la Langue de Bois et des concepts opérationnels

      Après avoir éliminé Robespierre, la réaction thermidorienne de 1795 met fin à la révolution et à l’idéal d’une société dans laquelle l’égalité serait réalisée. Mais comment consacrer le retour de l’inégalité, de l’argent, de l’aristocratie, de la fortune, de la propriété sans que le peuple ne reprenne les armes ? Comment abandonner l’égalité sans que cela ne se voie ? En l’appelant : « l’égalité des chances ». L’égalité des chances est le mot qui veut dire « Inégalités». Tels le lapin et la tortue, nous sommes donc « égaux » sur la ligne de départ. Nous avons virtuellement les mêmes « chances ».
      En entrant à l’école, Bastien dont le père est banquier, et Mohammed, dont le père est chômeur ont donc les mêmes « chances ». Il est évident que si Bastien intègre une grande école et Mohammed ne dépasse pas la troisième professionnelle, ce n’est que le résultat de leur mérite propre. L’un n’a pas su, ou pas voulu utiliser les « chances » que l’on avait mises à sa disposition en égale proportion avec l’autre. Quand l’un et l’autre doivent raconter leurs vacances dans une rédaction, c’est un pur hasard si les parents de Bastien et le professeur possèdent la même culture, partagent les mêmes codes, les mêmes modes de vie, et aiment tous les deux les mêmes vacances : marcher dans le Cantal plutôt que de s’entasser au camping des flots bleus et de faire du baby foot au café de la plage. Ou encore de rester jouer au foot tout l’été sur la dalle de l’immeuble. Si la rédaction de Bastien (à qui sa maman a appris à reconnaître les chants d’oiseaux dans les forêt du Cantal) reçoit une meilleure note, c’est parce que Mohammed n’a pas voulu faire l’effort de raconter dans des termes joliment et littérairement tournés ses journées d’été occupées à traîner dans son hall d’escalier. Un tel sabotage de ses « chances », une telle mauvaise volonté, une telle paresse intellectuelle méritent une sanction. Un tel refus d’utiliser les « chances » que l’école républicaine a mises à sa disposition, mérite une mauvaise note.
      Comme tous ces mots à dépolitiser les rapports sociaux, « l’égalité des chances « est une machine à nous faire croire que cette société offre à tous une égale opportunité et que nous sommes seuls responsables de notre situation. C’est le modèle Américain du « land of opportunity ». Il n’y a plus de patrons pour nous exploiter, seulement des individus qui ont voulu ou pas saisir leurs chances.
      Transformé en loi, ce principe de l’égalité des chances légitime l’abjection des « grandes écoles » dans lesquelles se côtoie et se reproduit « l’élite républicaine » qui est essentiellement le refuge de la noblesse et de l’aristocratie reconstituées. Depuis la loi sur l’égalité des chances, un quota de pauvres et d’étrangers (pardon…de « minorités visibles ») est autorisé à rentrer dans ces écoles. Mais la question n’a jamais été de savoir combien y entraient, mais combien en sortaient. Au nom de l’égalité des chances, tout le monde rentre dans l’entonnoir de l’école, mais seulement 1% de fils d’ouvriers en sortent avec un diplôme universitaire quant la France dénombre 30% d’ouvriers en 2005 au sein de la population active. Jetons un voile pudique sur les 99 autres… Le problème de l’égalité n’est pas de rentrer mais de sortir égaux, pas de démarrer mais de finir égaux. C’est une toute autre tâche !
      Traduction,
      Pour aider les parents à exercer leur autorité parentale la loi sur l’égalité des chances institue un contrat de responsabilité parentale qui permet d’assigner des objectifs aux parents. S’il n’est pas respecté par la famille, les autorités compétentes pourront prononcer la suspension provisoire de certaines allocations. (texte officiel)
      Pour punir les familles dont les enfants ne se soumettent pas à l’oppression et à la pauvreté, la loi pourra pénaliser financièrement les parents pour leur apprendre à faire respecter l’humilité de leur condition.

    2. A écouter en effet!
      Pour revenir sur le sujet proposé par Lisztfr, la Hongrie est une leçon dont la France a fait l’expérience, mais plus grave encore dans la crise en cours, sur le rôle des « socialistes ». Leur soumission au capitalisme ne fait que renforcer la droite et le fascisme:

      En octobre 2008, un plan de 20 milliards d’euros est décidé pour la Hongrie : 12,3 milliards d’euros sont prêtés par le FMI ; 6,5 par l’Union européenne et 1 par la Banque mondiale. Outre l’accroissement mécanique du stock de la dette et la perte sèche en paiement des intérêts, les conditions sont sévères pour la population : hausse de 5 points de la TVA, aujourd’hui à 25 % ; âge légal de départ à la retraite porté à 65 ans ; gel des salaires des fonctionnaires pour deux ans ; suppression du treizième mois des retraités. La Hongrie, gouvernée par les sociaux-démocrates, avait réussi à sauvegarder un système social assez protecteur. Le mécontentement de la population pour l’application, sur injonction du FMI, de telles mesures d’austérité a été bénéfique pour la droite conservatrice qui a accusé les sociaux-démocrates au pouvoir d’avoir fait du pays « une colonie du FMI » |1|. Pourtant, la victoire du nouveau premier ministre conservateur, Viktor Orban, est saluée par l’agence de notation Fitch Ratings qui estime que son parti, le Fidesz, obtenant la majorité nécessaire pour modifier la Constitution, « représente une opportunité pour introduire des réformes structurelles » |2|. Les sociaux-démocrates ont ainsi connu une défaite historique aux élections législatives de mars 2010 et ont ouvert un boulevard à l’extrême-droite qui est entrée au Parlement pour la première fois avec un score de 16,6 %.

      Source: http://www.cadtm.org/Ouragan-d-austerite-sur-l-Europe

  14. Moody’s abaisse d’un cran la note de l’Irlande

    le soir
    lundi 19 juillet 2010, 08:46
    L’agence de notation financière Moody’s a abaissé lundi d’un cran la note souveraine de l’Irlande, d’« Aa1 » à « Aa2 », en l’assortissant d’une perspective « stable », en raison du gonflement de son endettement et de perspectives de croissance affaiblies.

  15. La théorie du suicide économique se confirme :

    L’Espagne supend 70 chantiers de travaux publics

    Le ministère de l’équipement espagnol a annoncé que 70 chantiers routiers et ferroviaires déjà lancés sont suspendus soit 20 % des chantiers en cours en Espagne, selon le bulletin européen du Moniteur du 19 juillet. C’est un coup dur pour le secteur de BTP qui emploie 13 % de la main-d’oeuvre nationale, soit le double de la moyenne européenne. Beaucoup de nouveaux projets subissent déjà des coupes budgétaires importantes. La banque Nomura anticipe la perte de 500 000 emplois dans le secteur entre 2010 et 2011, la chute de la construction de logements de 17,7 % n’étant plus compensée par les projets de travaux publics.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/07/19/l-espagne-supend-70-chantiers-de-travaux-publics_1389678_3234.html

    Avec la suppression de 500.000 emplois qui vont s’ajouter aux 20 pct ou + de chômeurs déja existants…je ne comprend pas franchement la logique de cette mesure suicidaire?

    1. Pourtant simple : coinçage par financiers.
      Et d’ailleurs, ils s’auto-coincent tout seuls, ces veaux :
      D’un coté ceux qui veulent tout de même être remboursés (avec grosse prime) des dettes d’états,
      De l’autre, ceux qui prospèrent de la fumeuse « croissance » qui permet aux pigeons d’ « investir ».

      Magique, quelque part.
      Je ne sais pas jusqu’où ira la connerie humaine, mais il y a peut-être du souci à se faire.

    2. Tiens, Dissy, illustration :

      Ce matin, un lapin… non DSK a anoncé qu’il voulait augmenter les capacités de prêts du FMI….

      TOUT CA pour rassurer ces « pauvres » « investisseurs » en dettes d’états.

      FAILLITE INTERDITE. Je répète : FAILLITE INTERDITE.

      On préfère jeter les pauvres à la rue et les faire payer sur 235 générations.

      Je répète : FAILLITE INTERDITE.

    3. @yvan : ben oui, faillite interdite, parce que les politiques comme les capitalistes préfèrent la solution de « continuité ». Je ne sais pas très bien que mettre sous ce mot, disons que c’est tout sauf ce qui pourrait découler d’une prise de conscience que ça ne marche plus. Sur le plan financier, on peut toujours « faire que ça marche », parce que les pots cassés font partie du jeu.

  16. Apparemment, le FMI aussi aurait besoin d’un mode d’emploi concernant l’argent, le sien impliquant une hausse de ses besoins d’urgence de 33% :
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/07/19/le-fmi-voudrait-creer-une-ligne-de-credit-de-250-milliards-de-dollars_1389674_3234.html#mf_sid=202683292

    Le plus drôle, c’est l’exemple pris : « Certains pays un peu moins « bons élèves » comme la Corée du Sud aimeraient pouvoir emprunter au Fonds (…) ».
    Et pas la Grèce, l’Espagne, l’Irlande, … ?

  17. Demander des oranges aux pommiers est une maladie commune.

    Gustave Flaubert (Lettre à Louise Colet, 24/04/1852)

  18. Bonjour, simple citoyen lambda, je m’interrogeais sur un aspect de votre texte. J’ai sans doute mal compris mais je voulais vous exposer cependant cette petite interrogation :

    Vous écrivez :

    « Oui, la confiance se suffit à elle-même entre Pierre et Paul. L’État de droit apparaît avec un tiers qui constate que la confiance entre Pierre et Paul crée des droits et des devoirs entre eux. Il est nécessaire à la banque qui va développer du crédit à l’intérieur de l’engagement de Paul de produire la réalité de la valeur à l’échéance de son emprunt à Pierre. La confiance produit la mesure de la réalité à terme dont la banque tire de nouveaux droits. »

    Je suis surpris de voir que vous accréditez le fait que l’ État de droit n’ existe qu’avec
    l’ « apparition  » d’un tiers : la banque. Celle même précisément qui va détricoter ce même droit par abus de pouvoir avec les conséquences imprévisibles que l’on sait et devenant bien concrètes « après coup « .

    Si la confiance préexiste à la base entre Pierre & Paul et qu’il ne sont pas à « l’ état sauvage » cela veut bien dire que les deux agents ont internalisé « les droits et des devoirs » que cette confiance crée. Par quel miracle ? Parce qu’ils savent bien qu’ils vivent eux dans un État de droit POLITIQUE et qu’ils ne peuvent – eux – s’en absoudre n’ayant pas le pouvoir d’être au dessus du droit ni des lois POLITIQUES. A moins bien sur d’exercer une violence qui les feraient alors sanctionner.

    Il y a bien là l’ État de droit comme préexistant ?.

    Dire que l’ « apparition  » de l’état de droit ne vient qu’avec  » l’apparition  » du tiers : la banque – me semble étrange. Le Tiers n’est il pas  » déjà là  » ? Le Tiers n’est il pas l’ État POLITIQUE souverain et élu internalisés par les citoyens en droits et devoirs ? Les institutions POLITIQUE qui garantissent le droit et la règle commune et dont le cadre juridique bancaire n’est qu’une réalité parmi d’autres ?

    Il y a là semble t-il dans votre texte comme un conflit entre deux « Tiers » qui ne se recouvriraient pas : le Tiers Bancaire ( les banques ) et le Tiers Élu ( État démocratique Souverain ). L’un qui apparaitrait tandis que l’autre semble étrangement ne jamais exister ni préexister chez les agents concernés . Comme deux univers de réalités parallèles : l’un nié et l’autre  » apparaissant « .

    N’y a t-il pas dans les faits contemporains précisément,  » une substitution de pouvoir  » par un autre ? Le pouvoir politique démocratique subverti par celui du droit bancaire qui viendrait s’immiscer à la place du  » Tiers réel  » ( Les institutions démocratiques ) pour lui ravir la place symbolique que celui-ci a tendance à abandonner à force de confusions, démissions, intimidations, transformations etc…

    Ce qui fait la confiance entre Pierre et Paul c’est l’immédiateté de l’ État de Droit qui ne saurait ne pas être là avant que n’ « apparaisse  » en écriture le  » Tiers bancaire  » –

    N’y a t-il pas usurpation de pouvoir de la part de ce  » Tiers bancaire  » qui de plus en plus s’affranchit des règles de droit communes pour inventer son propre corpus d’ordre et de valeurs ? Quitte à ne plus savoir ce qu’il fait, défait et enregistre ?

    …d’où la nécessité qui réapparait de la création d’une  » Constitution pour l’ économie  » afin d’ en finir avec l’usurpation de pouvoir du  » Tiers bancaire  » qui se prend pour le pouvoir des pouvoirs au dessus de l’ État de droit démocratique… N’y a t’il pas exacerbation entre deux légitimités ? L’une que l’on pourrait qualifier de  » censitaire  » ( les banques ) et l’autre démocratique ( les institutions d’un état souverain ) ? –

    Ces vues ont elle un sens dans le cadre de réflexion dans lequel vous distinguez vos propos ? Vous me direz.

    1. État de droit et confiance sont les deux faces d’une même monnaie. En Aristote, l’État de droit est la forme et la confiance est la matière. La confiance est l’État de droit en puissance comme l’État de droit est la confiance en puissance. Il faut une décision humaine responsable pour que la puissance de l’un et de l’autre devienne acte. C’est ce que je comprends dans la lecture de « L’argent, mode d’emploi ».

  19. à PSJ

    Votre présentation me paraissait sonner assez juste du point de vue « fonctionnement capitaliste » jusqu’à l’antépénultième paragraphe où la divergence de point de vue et la contradiction sous-jacente se révèlent.

    1/ La démonstration est valide dans le cadre du mode de production capitaliste, bien que conduisant à une contradiction insoluble : l’objectif d’un profit maximum le plus rapide possible ne peut être jugulé sur un marché libre, il y a toujours l’espoir d’être ou plus malin ou plus rapide que les autres (si l’on est patron de Meryll Lynch par exemple) et de ne pas être pris par la patrouille après (Goldman Sachs, par exemple).
    La moralisation (régulation ou réglementation) du capitalisme est un objectif impossible à atteindre, sauf à faire croire qu’il suffit de transformer Mesrine en Arsène Lupin grâce à une loi qui interdirait de voler les pauvres (ce qui ne serait déjà pas mal, il est vrai par les temps qui courent !)

    2/ Evoquer dans ce cadre les notions de bien commun et d’Etat-nation est parfaitement contradictoire, mais pas hors sujet comme le dit un autre commentateur. Le bien commun que sont la monnaie et la capacité d’en créer en fonction du développement de la société ne peuvent être garantis et surveillés que par les représentants démocratiques du peuple et l’Etat-nation correspondant pour la partie exécutive.
    Depuis le 4 janvier 1973, nous, peuple français, avons perdu le droit que notre Etat puisse créer l’argent nécessaire sans passer par un emprunt sur lesmarchés dont les intérêts cumulés font aujourd’hui l’essentiel de notre dette. Dans la même ligne le renflouement des banques par l’Etat s’effectue maintenant par appel à ces mêmes banques… à qui l’Etat vend des obligations nationales. La dette nationale augmentant exponentiellement au profit des banques et autres fortunes capitalistiques.
    Sans vouloir trop coller à l’actualité, il n’est pas difficile de comprendre que X qui ne déclare pas ses revenus au fisc, qui les place dans des fonds spéculatifs depuis un paradis fiscal, qui reçoit un chèque de ristourne de l’Etat sur ses impôts réduits de sa fraude, qui achète avec lui des obligations nationales gagne 4 fois (au moins et sans effet de levier intercurrent !) le montant de sa mise frauduleuse de départ….
    Ainsi parler de confiance sur lesmarchés (capitalistes) pour que tout aille bien est un vœu extrêmement pieux : nous voyons tous les jours que sur lesmarchés libres depuis des décennies rien de ne se passe comme ça, ni l’information complète et sincère, ni l’équilibre des droits et des pouvoirs, ni le respect du ou des biens communs, ni l’Etat-national dans ses prérogatives de garantir l’Etat-social et de réduire les inégalités génératrices de mal-vivre et de mal-être…
    Et ce n’est pas Sarkozy, et sa clique, alimenté par les capitalistes de tous poils et les gogos qui se font gruger par son discours qui va non pas moraliser, il s’en moque éperdument, mais faire en sorte que la démocratie se développe et les inégalités se réduisent.

    1. @JeanNimes,

      Ma réponse à VB peut-elle vous éclairer (http://www.pauljorion.com/blog/?p=13976#comment-97011) ?

      La course au profit rapide et facile est actuellement possible dans l’espace international par l’absence de marché formé par égalité devant une loi identique pour tous. Les objets sous-jacents aux prix sont transformables à la discrétion des opérateurs financiers. La liberté sans régulation dissimule l’anarchie, la lutte de tous contre tous où les plus forts triomphent.

      Vous soulignez justement que l’anarchie n’est pas la démocratie. Les monnaies qui servent à compter la matérialisation du Droit en biens économiques sont en train de disparaître en tant qu’unités de compte. L’alternative présente est bien dans un affrontement entre la démocratie dans des cadres nationaux ou l’anarchie dans un cadre international. Si les États nationaux ne parviennent pas à créer un marché international régulé par un droit multinational minimal, il faudra choisir entre la disparition des démocraties ou la disparition du commerce international.

    2. @ PSJ,

      « Vous soulignez justement que l’anarchie n’est pas la démocratie. Les monnaies qui servent à compter la matérialisation du Droit en biens économiques sont en train de disparaître en tant qu’unités de compte. L’alternative présente est bien dans un affrontement entre la démocratie dans des cadres nationaux ou l’anarchie dans un cadre international. Si les États nationaux ne parviennent pas à créer un marché international régulé par un droit multinational minimal, il faudra choisir entre la disparition des démocraties ou la disparition du commerce international. »
      =>
      Il peut n’y avoir aucune structure internationale lourdement et antidémocratiquement organisationnelle et des démocraties locales ; le droit international minimum que vous évoquez sera toujours le droit minimum de compromis que les forces en présence accepterons, par le compromis, de s’imposer, sous la réserve de ne pas le respecter de temps à autre (en fonction de l’Etat des forces en présence).
      Lorsque vous dites qu’il faudra choisir entre « disparition des démocraties » ou « disparition du commerce international » : suggérez vous que les démocraties ne peuvent exister que s’il y a disparition du commerce international ? C’est vraiment une drôle de façon de considérer les choses.

    3. @VB,
      C’était le sujet du « nouvel ordre international de vérité financière » : montrer qu’un marché financier international avec une monnaie spécifique matérialisant une régulation transnationale peut parfaitement instaurer la coexistence de régimes juridiques différents, démocratiques ou non, avec un commerce international prospère.

  20. Stress-testing Europe’s banks won’t stave off a deflationary vortex
    Euroland’s authorities are inflicting a triple shock of fiscal, monetary, and currency tightening on a broken economy. They are doing so in a region where industrial output is still 14pc below its peak, where growth barely scraped above zero over the winter « recovery », and where youth unemployment is at 40pc in Spain, 35pc in Slovakia, 29pc in Italy, and 26pc in Ireland.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/7897304/Stress-testing-Europes-banks-wont-stave-off-a-deflationary-vortex.html

  21. Je réitère ce que j’avais écrit et ne m’en lasserai pas :
    Les principes de la micro-économie sont les MEMES que ceux de la macro-économie.

    Vous gérez en « bon père de famille » …. ou pas. Point.
    Le reste est litérature et baratin.

    1. Ca manque de hauteur, de recul, de forme, de publicité, de manipulation, de grandeur d’esprit, de recul, de désir de lucre, d’élitisme et est trop terre-à-terre, plèbe, cartésien, vulgaire, vulgate, miséreux,…

      Mais ça tombe bien, j’ai envie de m’énerver.

  22. Sans rapport évident avec le sujet, mais juste à propos de l’économie, de la finance, de l’information et d’internet :

    Quelqu’un aurait-il des nouvelles du responsable du site CONTREINFO.

    Le site est statique maintenant depuis plus d’un mois. Quelqu’un en connaitrait-il la raison..????

    1. Analyse économique :
      Etant devenu un élément important de l’information, le site est en stand-by, afin de faire monter les prix sur un possible cession de celui-ci à tous ceux qui désirent maîtriser l’information ‘sensible’ (et ils sont nombreux).

      Analyse politique :
      Contre-info, conscient de son impact, refuse, temporairement, d’influer sur le cours des évènements (ce qui lui permet d’ailleurs d’évaluer l’impact de son absence). Sa neutralité évidente reste ainsi préservée face à des évènements qui ne tarderont pas à s’emballer.

      Analyse de la concierge d’en face :
      Ces gens sont étranges : ils n’arrêtent pas de tirer la chasse d’eau. Cela cache quelque chose, d’ailleurs, ils sont partis en catastrophe, un 15 du mois dernier, juste avant qu’un inspecteur de police ne vienne me poser des questions sur leur compte. Je leur ai dis ce que j’en savais, c’est-à-dire pas grand chose mais avec quand même le fond de ma pensée.

      Analyse financière :
      Plus de participation financière au blog, plus de blog.

      Analyse à-la-va-comme-j’te-pousse :
      Le blogueur de contre-info s’est barré avec les fonds récoltés sur l’île d’Arros, qui est, aux dires de tous, plutôt libre en ce moment.

      Analyse virtuelle :
      Le blog de Paul Jorion est le seul à encore fonctionner, après une attaque massive des chinois contre internet, qui visaient en fait Google. La CIA nous espionne, en ce moment même …

      Analyse mystique :
      Le site s’est arrêté un 15 juin, véritable date du solstice d’été cette année (cachée pour d’évidentes raisons). Il reprendra son cours au prochain solstice, celui d’hiver, pour la venue du messie, qu’il annoncera. Paix sur la terre.

      An…

    2. Zébu.

      Évites.

      Je réitère ma demande sachant que je peux le contacter en direct mais vu l’annonce sur le site, ai peu de chance d’obtenir une réponse.

      Est-ce que quelqu’un a une info. Merci.

    3. Sur la page d’accueil

      Aux Lecteurs
      Une santé aujourd’hui moins robuste que souhaitée ne permet pas de consacrer à la vie du site toute l’énergie nécessaire. Les publications se sont ces derniers temps raréfiées et le courrier en souffrance s’accumule. Contre Info poursuit cependant son activité, en attendant des jours meilleurs.

      Dans ces conditions, si quelqu’un a le temps, il faudrait lui donner un coup de main, car c’est un travail très utile, à vrai dire irremplacé.

  23. L’expression utilisée par l’auteur de ce billet, qui intitule un de ses sous-titres : « Le marché international de la vérité », ne me plait pas, parce que ce titre en soi n’est pas vrai. Il s’agit bien plus actuellement d’un « marché international du mensonge ».

    Or, qu’est-ce qui impacte le plus la lecture, la signification d’un texte, sinon les titres et les sous-titres…

    1. Exacte, c’est pourquoi je m’en tiens au premier mot d’un texte…. Heu, non c’est pourquoi Pasqua s’en tenait à la 1ère page du TCE et reposait l’ouvrage lorsqu’il tombait sur le mot « fédéralisme »…

      Le début doit séduire en effet.

    2. « Nature juridique de l’argent » est aussi très mal nommé. Juridiquement, l’argent est un bien mobilier incorporel caractérisé par sa fongibilité absolue (ce qui est sa caractéristique essentielle puisque l’argent, au sens de la monnaie, est le seul bien à l’avoir).

    3. pardon, je ne suis pas sur de son caractère incorporel : oui pour la monnaie en général mais non pour les pièces et billets en particuliers ; quoique depuis que l’argent – monnaie- n’est plus indexée sur l’or, on peut avoir des doutes…

    4. « fongible » l’argent ? Alors là, VB, vous vous plantez dans les grandes largeurs ! Evidemment, comme le dit mon Petit Robert, l’argent se consomme à l’usage et se remplace par une chose analogue, mais le principe du profit consiste à récupérer l’argent consommé et même plus ! L’argent n’est pas du tout fongible pour les capitalistes.

    5. Si « Litz » ne comprend pas les règles de communication, je ne peux rien pour lui. Mais comparer mon analyse avec celle de Charles Pasqua relève du pur grotesque intellectuel, voire de l’inanité la plus abyssale.

      De toutes façons, « Litz », ça doit être le genre de musique qui me fait dormir.

    6. @ Batracien écarlate,

      Consulter un livre de droit plutôt que le Petit Robert sur le caractère fongible de l’argent, vous saurez ainsi mieux où vous en êtes.

    7. Mais évidemment si vous confondez une qualification juridique avec une sorte d’accaparement de l’argent, alors oui, l’argent n’est pas fongible pour les capitalistes.
      Faites moi plaisir et acceptez de distinguer entre une qualification juridique et l’utilisation d’un bien.

  24. « Pierre et Paul sont en confiance, se reconnaissent réciproquement comme dignes de confiance et sont d’accord sur la mesure d’équivalence entre ce que l’un prête et l’autre remboursera. »
    Tout réside en un mot : confiance.
    Ce qui veut dire respect et amour.
    Les banquiers ne se sont digne ni de l’un, ni de l’autre.

  25. – Yvan / Site contreinfo

    Maladie selon ses propres dires. Il avait averti sur le site qu’il ne pourrait pas assurer le même effort de contribution pour cause de maladie.

    1. J’exige d’être censuré de façon beaucoup plus sérieuse et tatillonne! Je ne supporte plus de lire les inepties que d’aucuns m’entrainent à écrire, à l’insu de mon plein gré! C’est POSITIVEMENT inadmissible! Et je pèse mes maux…

  26. @VB (http://www.pauljorion.com/blog/?p=13976#comment-96782)

    La régulation active de l’offre et de la demande est le résultat d’un marché organisé où les intérêts sont explicites et transparents.

    « Soit les prix sont libres soit ils sont imposés ». Vous décrivez la situation actuelle du marché international virtuel ; un marché de pur concept sans réalité. Vous expliquez bien ce que c’est : « des transactions totalement hors sols et dans un contexte de liberté totale de créativité financière ». Les prix financiers internationaux sont des prix d’objets virtuels ; comme si j’allais au marché aux fruits où mon marchand a le pouvoir de me vendre un melon qu’il transmute en banane dans mon panier parce que cela lui revient moins cher. Goldman Sachs a semble-t-il aidé le gouvernement grec à émettre de la dette en habillant les comptes publics pour que le prix du risque grec ne soit pas trop élevé.

    Le vrai marché est un contexte qui dit ce qu’on négocie. Un vrai marché financier est un contexte qui détermine la substance d’un contrat identique à elle-même de l’origine à l’échéance. Il n’est pas question d’administrer les prix mais de déposer l’objet négocié chez un tiers de négociation. Sans ce tiers, le marché est une fiction. L’objet négocié derrière le prix est à la merci des parties qui changent librement le sens du prix. Dans l’espace financier international, le concept-même de marché est une propriété privée des opérateurs financiers. Ils fixent leur propre loi, font leur propre police et concluent à un état de droit en oubliant qu’ils en sont propriétaires.

    Le « marché financier international » est au mieux un régime de dictature éclairée. Le vrai marché est une démocratie économique. L’offre et la demande y sont libres par l’existence d’une loi identique pour tous à laquelle toute personne se conforme y compris l’autorité publique chargée de la police. Le tiers financier de marché incarne l’État de droit. Il est nécessairement actif pour maintenir les négociateurs dans leurs limites : celles de la stabilité de l’objet qu’ils offrent ou demandent. Si les objets financiers ne sont pas stables, les prix sont volatiles et les sujets eux-mêmes de la négociation deviennent l’enjeu négocié. C’est le règne de la prédation.

    1. @ PSJ,

      « Le vrai marché est un contexte qui dit ce qu’on négocie. Un vrai marché financier est un contexte qui détermine la substance d’un contrat identique à elle-même de l’origine à l’échéance. »
      =>
      Déterminer la substance des contrats n’empêchera jamais la spéculation ni la surenchère, c’est-à-dire les prix de se faire en hors sol, et ne pourra se faire que dans un contexte de « bridage » de la créativité financière ; tout un monde à rebâtir.

      Cordialement

  27. Logique que travailler pour Bfm radio, et le Monde économie, et vouloir changer le monde ; et vouloir changer le monde en écrivant des textes pessimistes, ça n’est vraiment pas clair. Je sens que je vais devoir aller voir ailleurs si j’y suis.

    1. Je suis pessimiste parce que je suis déprimé. La dépression est une maladie. Probablement génétique d’ailleurs. Je suis incurable. c.q.f.d.

      Vous n’êtes pas la première à chercher à disqualifier en bloc ce que je dis en me qualifiant de « pessimiste ». Vous vous souvenez de ce que j’ai répondu à cette personne ? « Non, Monsieur, j’explique ce qui se passe ».

    2. @Claire : pessimisme intellectuel et optimisme de l’action sont les deux piliers de ce blog. D’où l’optimisme du contenant et le pessimisme du contenu. Logiquement, si l’on est un optimiste intellectuel, il n’y a rien à faire.

  28. Au moins on est fixé sur les objectifs du FMI…
    Il faut que le monde sache ce rôle endossé par le FMI, et là!!!!
    Je ne pense pas que les peuples acceptent la politique de la finance trés longtemps!!

  29. D’après ce que je crois comprendre, il y a une critique forte du système financier. Grosso modo, les échanges monétaires ne garantissent plus une mesure raisonnable des échanges physiques, le lien entre les deux semble même carrément coupé. Ce qui se passe dans une opération de crédit, c’est l’échange d’un bien immédiatement consommable contre la promesse d’un travail futur censé produire la valeur de ce bien. Mais ça n’intéresse pas les banques de voir les choses ainsi, parce que ça limite leurs possibilités de faire des crédits.

    A partir de là, la conclusion semble logique, il faut rétablir le lien. Mais via les marchés ? Ca ne colle plus. Ils établissent des prix qui dépendent des volumes, et qui sont indépendants des quantités de travail, (tant des producteurs que des consommateurs), donc indépendants du temps. Ils ne peuvent pas être une solution au problème du crédit puisque celui-ci engage le temps et la productivité.

    1. Je réfléchis à un billet sur cette remarque fondamentale que vous faites. Il faut absolument réintégrer le prix du travail dans les équilibres financiers internationaux. Cela ne passe sûrement pas par « les marchés » mais par « le marché ». Parce qu’il n’y a pas UN marché intégré de la finance et des monnaies, il est possible de faire travailler les Chinois pour qu’ils accumulent indéfiniment des créances sur les pays occidentaux qui mis au chômage sont dans l’incapacité de rembourser. Ainsi le crédit international est instable ; il produit la volatilité financière qui enrichit les spéculateurs qui parient sur la régulation impossible. Bien sûr, ils gagnent leur pari en distillant l’idéologie de la vacuité de l’État de droit. Bien sûr, tout s’arrêtera quand il n’y aura plus d’État de droit à détruire ; quand l’état de nature sauvage aura été rétabli.

    2. @ PSJ,

      Ne voyez-vous pas que, dans les faits sinon dans les esprits, le retour à l’état sauvage est accompli dans les anciens pays dits « de droit ».
      Il faut reprendre le processus démocratique depuis le début, rien d’autre ne pourra être efficient ni même possible.
      Toutes mes excuses pour devoir vous faire perdre vos illusions quant à l’Etat de droit.
      Par ailleurs, veuillez ne pas mettre la notion d’État de droit au milieu de celle de marché ; la seule chose que l’on puisse dire c’est que le commerce (et donc le marché) ne peut se déployer de façon efficace que dans un cadre légal, celui de l’État de droit. Mais il faut distinguer le contenu du contenant, ne pas confondre le cadre et ce qu’il permet.

      Cordialement,

  30. Je me demande parfois si le « comment » que l’on explique en long et en large et avec un brio certain ici, ne masque pas un « pourquoi » qu’il est peut-être aussi urgent de (re)mettre en lumière.

    Ne peut-on pas résumer la situation actuelle par un rapport de pouvoir (ou un écart intergroupe) qui a évolué dans le temps ?

    La classe dominante, dont il est évident, aujourd’hui, que le monde financier est une des composantes dominantes, a trouvé le moyen de s’émanciper du contrôle des nations. Vous me direz que ça a toujours été le cas dans la majorité des nations puisque la démocratie est somme toute assez « endémique à l’occident »… Mais c’est faire fi du fait que justement, cette « classe dominante » était majoritairement occidentale et issue de ces nations-là au moins jusqu’il y a peu ! Goldman Sachs ou BNP n’ont pas leur siège social au Soudan ou en Birmanie !

    Donc par des mesures successives, ceux qui se qualifient eux-mêmes « d’élite mondiale » ont trouvé le moyen de s’affranchir du (des) peuple(s). L’ensemble de la classe dominante a un intérêt objectif à s’allier aux banques. C’est « leur » argent qui s’échappe. Les banquiers ne sont d’abord « que » des passeurs et comme tous les contrebandiers, ils sont bien rémunérés pour leurs prestations. Ceci est d’autant plus vrai que le « risque » n’existe probablement plus vraiment puisqu’ils sont devenu « too big to fall » grâce à d’autres facettes de leurs activités.
    Mais ce constat cynique en amène un cortège d’autres qui se succèdent et se renforcent. Non contents, de s’être trouvé le moyen d’échapper à toute forme de redistribution des revenus du « capital », grâce aux paradis fiscaux et à quelques fraudes ou ingénierie fiscale.

    – Ils échappent au contrôle démocratique grâce à la mondialisation de l’économie (comme ils l’ont voulue et construite !)

    – Ils pèsent sur les règlementations nationales des états dont ils s’échappent déjà largement pour récupérer encore la petite part de gâteau qui leur échappe encore !
    – Et enfin, il y a la dette colossale de leur salle de casino truqué, cette dette qu’ils ont construite de toute pièce pour s’enrichir encore plus vite (et qui sert sans doute aussi à maintenir l’écart avec « l’élite » des pays émergents qui arrive et s’enrichit aussi très vite). Ils sont en passe de réussir à imposer aux nations de la rembourser à leur place !

    Et nous qu’est que nous faisons ? Nous causons de technique, du comment ils ont fait le coup, « du temps qu’il fait » !

    Nous sommes au balcon et nous nous contentons d’être des témoins (assez mal placé non ?) de la fin d’un monde dont nous faisons partie !

    Quand la police surprend un type occupé à voler une banque (C’est un exemple pris au hasard bien sûr), elle l’arrête directement ! Le modus operandi n’intéresse pas la justice au-delà du constat de l’effraction !

    Faut-il être expert économiste pour comprendre que c’est un vol organisé ? Faut-il être expert en politique que pour comprendre que beaucoup des politiques font partie de cette élite et qu’ils profiteront comme les autres de la tonte des moutons que nous sommes ?

    NON ! Enfin si je peux émettre mon opinion ! Mais peut-être est-ce moi qui ne comprends rien et que la « révolte des élites » n’existe pas… Que je ne suis jamais qu’un être disqualifié d’office par un quelconque concept marxiste, une frustration de pauvre.

    Mais si j’ai, ne fusse qu’un petit peu raison, alors, peut-être, est-il temps de se poser d’autres questions et notamment « Que faire ? »

    Et nous avons des moyens énormes à notre disposition, il suffit d’essayer, il faut essayer ! Nos enfants le méritent, la planète entière le mérite !

    Et puis on ne peut pas gagner sans jouer… Même au lotto c’est comme ça !

    Amitié

    PS : Je suis évidemment d’accord de clavarder de ce « que faire » et je suis sûr qu’il y aura plein idées !

  31. perso j’aimerais bien une traduction de cette phrase qui m’as value une « censire »

    « Le marché international de la vérité

    Argent et crédit sont actuellement effectivement confondus »

    Qu’entendez vous par « confondu » Mrs Sarton du Jonchay

    1. Donc vous voulez dir que la planche a billet est devenu aujourd’hui la principale source de crédit. Ce qui voudrait donc dire qu’il n’y a plus d’épargne disponble dans le système pour alimenter le crédit.

      Si toute l’épargne c’est deja transformé en crédit et que la crédit se confond avec l’argent. La quantité d’argent est donc égale a la somme des dépot plus la somme des credits plus la somme de l’argent produit par la planche a billet.

      Cela commence a faire beaucoup d’argent. Perso je pensais que la plancha billet avait été mise en marche pour conpenser l’insolvabilité de certains détanteur de crédits.

      Merci pour vos remarque au cas ou j’aurais loupé un épisode 🙂

  32. L’usurpation bancaire
    La banque prétend fonder la confiance! Mais c’est un mythe, la confiance pré-existe, sans argent, entre humains, tout à fait laïquement, dans un troc qui marche. La confiance a besoin d’égalité.
    La relation humaine, politique au sens le plus large, précède la banque. Celle-ci ne peut qu’exploiter (dilapider, conserver ou au mieux faire croître) une confiance déjà-là, grâce à un cadre de réciprocité et d’égalité de considération dont la généralisation se nomme État de droit.
    La valeur liberté, si absolutisée par les tenants de la banque actuelle, est une valeur mais elle ne peut pousser qu’avec la valeur égalité. Une valeur ne peut exister seule. La complémentarité des valeurs a été démontrée par Albert Camus il y a plus de 50 ans. La haute banque est « le pouvoir des pouvoirs », c’est l’État actuel, mais c’est un pouvoir usurpé.

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