L’actualité de la crise : LA MARCHE DES CRABES, par François Leclerc.

9 novembre 2010 par François Leclerc | Print L’actualité de la crise : LA MARCHE DES CRABES, par François Leclerc.

Billet invité.

Hier lundi, les banquiers centraux se sont réunis à Bâle, en Suisse, mais nous ne saurons rien de leurs discussions et encore moins de leurs décisions. Jean-Claude Trichet, qui a ensuite tenu une conférence de presse, a été encore moins disert que d’habitude, ce qui n’est pas peu dire. Faisant pour le moins contraste avec la manière dont la Fed étale ces derniers jours ses divergences internes, après avoir reçu dans le monde entier une volée de bois vert. Cela est impressionnant et en dit long sur le désarroi qui y règne, permettant de comprendre la décision des banquiers centraux de serrer les coudes, l’objectif non avoué de leur réunion, car que leur reste-t-il d’autre à faire ?

Ces derniers temps à l’offensive contre le gouvernement chinois à propos des déséquilibres mondiaux et de la sous-évaluation du yuan, l’administration américaine a du rapidement se replier sur des positions préparées à l’avance, selon la célèbre périphrase utilisé par les militaires pour ne pas dire retraite. Le seul consensus qu’ils sont parvenus à réunir s’est fait contre eux, les amenant sur la défensive et ne pouvant s’y résoudre, comme on va probablement le constater.

Contribuant à la confusion déjà largement entretenue sur le dossier de la réforme monétaire, le républicain Robert Zoellick, président de la Banque Mondiale, vient de jeter un pavé dans la mare en publiant une tribune dans le Financial Times. Il préconise le retour à l’utilisation de l’or, non pas comme étalon mais « comme un point de référence international lié aux prévisions du marché pour l’inflation, la déflation et la valeur future des monnaies ». Un mécanisme qui reste à ce stade particulièrement obscur et qui n’a été commenté par Ben Bernanke et Jean-Claude Trichet que du bout des doigts, pour l’en laisser glisser. Il n’empêche, le ver est dans le fruit et va très lentement le grignoter.

En Europe, où la situation se retend brusquement à nouveau, une discussion animée se poursuit à propos du « mécanisme de crise » proposé par les Allemands. Jean-Claude Junker, premier ministre Luxembourgeois, proposant que soit mis en place un système de garantie communautaire de la dette publique, tout en s’opposant avec la dernière énergie à « l’idée exaltée » (sic) d’une mise à contribution du secteur privé au sauvetage d’un pays de la zone euro, pour lequel il préconise « une approche sage ». Rien qui puisse rencontrer l’assentiment des Allemands, qui n’entendent pas non plus cautionner les intentions américaines, attendant de la prochaine réunion de mi-novembre des ministres des finances (Ecofin) l’adoption de leur mécanisme.

En cette avant-veille d’ouverture du G20, aucun signal n’est donné qui annoncerait l’ébauche du commencement d’une stratégie claire de sortie de crise. Tout au contraire, on constate, que les avis partent dans tous les sens et que tout continue à partir en crabe.

Les marges de manœuvre étant ce qu’elles sont, les Américains se sont engagées dans une voie dont les résultats attendus – qui se confirment déjà – ne sont pas du tout ceux qui ont été annoncés. En guise de relance économique, ils favorisent une spéculation accrue sur les marchés des devises et des matières premières et contribuent à gonfler une nouvelle bulle financière sur les marchés boursiers. Si les bourses hésitent en deuxième semaine, après l’embellie de la première, ce n’est qu’en raison de la menace d’une nouvelle crise européenne.

Le Forex (marché des devises), les marchés de l’or, des métaux précieux en général, et des matières premières sont les nouveaux terrains où sont joués les 10.000 milliards de dollars de capitaux volatiles que le vice-ministre chinois des Finances, Zhu Guangyao identifiait hier lundi à Pékin. En précisant qu’ils n’étaient que 9.000 milliards au début de la crise… Voilà qui donne une idée du rapport de force, si l’on choisit ces armes sur le pré.

En Europe, la stratégie de réduction prioritaire des déficits publics ne donne pas de meilleurs résultats, aboutissant à pousser les pays les plus fragiles vers le précipice, menaçant les finances publiques des autres et le système bancaire de tous, créant des tensions dans la zone euro conduisant si rien n’est fait à sa rupture. Après la Grèce, qui a gagné un répit, l’Irlande voit s’approcher le moment fatidique où elle va devoir aller sur les marchés. Le Portugal est désormais au centre de la cible et l’on commence à envisager que le million et demi de logements espagnols vides pourrait écraser un système bancaire devenant progressivement et par défaut le propriétaire d’un parc immobilier gigantesque et invendable. Pour le financer, il n’y a pas comme aux Etats-Unis de Fed, ni de Fannie et Freddie dont le Trésor assure les fins de mois difficiles.

Les plans d’austérité adoptés sous la pression des marchés et de leur porte-paroles ne sont déjà plus crédibles, leurs résultats reposant sur des prévisions de recettes surestimées ne pouvant être au rendez-vous, certains n’étant même pas encore appliqués comme en Irlande. Les marchés – comment leur en vouloir ? – anticipent et tendent à l’extrême les taux obligataires de leurs victimes expiatoires, sans avoir la décence d’attendre qu’un nouveau mécanisme de crise soit mis au point… Risquant de rendre nécessaire la mise en œuvre d’un fonds de stabilité financière (EFSF) qui a été conçu pour ne pas avoir à fonctionner et dont on ne sait pas comment il réagira à l’épreuve du feu.

Si l’on prend le dossier de la régulation bancaire, un vent de fronde est en train de se lever, sentant le moment propice, soufflé par l’Institute of International Finance qui représente les grandes banques, se préparant à trouver un relais dans la future majorité républicaine à la Chambre des représentants. Il s’agit non seulement d’éviter de nouvelles mesures anti-systémiques accroissant les obligations de renforcement des fonds propres pour les mégabanques, mais de détricoter plus ou moins discrètement certaines mesures honnies, comme l’interdiction du négoce sur compte propre (dite réglementation Volcker). De s’opposer également à la poursuite du durcissement de la loi Dodd-Frank par des régulateurs qualifiés « de gauche », et enfin de confier à des mains sûres la présidence de la future agence de protection des consommateurs. Les clients particuliers des banques qui en disposent étant à leur corps défendant le noyau dur de leurs résultats. Désormais menée à reculons, la régulation financière est devenue une bataille d’arrière-garde.

Quelles sont les seules perspectives tangibles aujourd’hui en vue en Europe ? La persistance d’un chômage très élevé, dont il va falloir finir par reconnaître qu’il est structurel, c’est-à-dire que l’on ne reviendra qu’à la marge dessus – ainsi que l’effritement du filet de protection sociale, de la couverture médicale et des pensions de retraite, au nom de la poursuite de réformes de structure destinées à renforcer la compétitivité et de l’équilibre budgétaire mis à mal par la crise financière.

S les Etats-Unis vont continuer à être un modèle, cela ne va plus être l’occasion d’en rêver et de l’envier. Avec l’extension des zones de pauvreté et de précarité, l’accroissement des inégalités sociales et du délitement par le bas des classes moyennes, accompagné par l’accroissement de la concentration de la richesse dans un nombre réduit de bénéficiaires. En témoignent déjà, s’il en faut une démonstration, l’essor de l’industrie de luxe, les excellentes performances du segment haut de gamme de l’automobile et la hausse vertigineuse des prix de l’immobilier de qualité, qui se poursuit.

Au festival des vœux pieux, il convient sans doute de décerner un prix à Christine Lagarde, ministre française des finances. « Il faut qu’on arrive à trouver des plate-formes de concertation et de convergence de nos politiques économiques et monétaires », a-t-elle estimé. Ajoutant, au chapitre de la régulation financière que « aucun produit, aucun acteur et aucun marché ne doit échapper à la régulation ou à la supervision ». Munis de ce précieux viatique, nous allons pouvoir aborder le prochain G20 en toute sérénité. Nous en avions bien besoin.

 

63 commentaires

  1. mike

    Que d’ironie !…

    Mais vous avez bien sûr raison. Reste que je persiste et je resigne en disant qu’il faudra un bon clash (mais de quel genre ?) pour vraiment remettre en cause ce système…

    Je ne résiste pas au plaisir de transmettre ce ptit texte de Virginie Despentes qui, à sa manière, déglingue les installés…

    On m’apprend que Mazarine P. se fend d’une petite phrase contre moi dans un truc du nouvel obs. Cette gauche subtile, façon inrock… Mazarine, la pauvre tache, je l’ai bien regardée, celle là, le jour ou Coralie était venue pour son roman Betty Monde, dans l’émission de Field sur le cable. Cette gauche subtile, qui ressemble si subtilement aux cathos les plus dégueulasses, d’hypocrisie, de bêtise, d’arrogance conne et blindée de certitudes débiles. Mais toujours prête à mettre de l’ordre, son ordre, sa merde. Petite dindonne se dandine en gloussant et serre bien son gros cul sur ses privilèges de naissance.

    • Pipas

      Lagarde? La réforme? Le clash?
      Notre politique économique à la matraque, médiatique ou contondante, aussi absurde soit-elle, ne fera bientôt plus rire personne…

      Attendrons-nous le premier mort pour tout bloquer ?
      Le prochain G-20 pour nous sortir de cette mélasse?

      L’Etat policier cherche à briser la lutte.
      Aujourd’hui, à Grenoble, une personne est gravement blessée. Plus d’infos sur Indymédia. http://grenoble.indymedia.org/2010-11-09-violente-repression-policiere

      Courage à tous,
      Merci à vous M. Leclerc

  2. boccace

    A propos de l’immobilier espagnol j’ai trouvé cet article de DERREPER sur OBJECTIF ECO

    600 logements à moitié prix en Espagne, cela tente quelqu’un ? Bon, pour ma part, l’Espagne, je n’y arrive pas. Il fait trop chaud avec leurs 40 degrés l’été. En plus, c’est désertique. Il n’y a pas assez d’arbre. Mais pour les amateurs, les gros opérateurs commencent à craquer…

    Banesto, une banque espagnole, filiale de Santander, se lance dans une opération de déstockage, accompagnée de conditions de prêts attractives… Par tranches successives de plusieurs dizaines de lots, les prix sont divisés par deux !

    A noter que selon Moody’s, les banques espagnoles ont creusé leur tombe en faisant exploser les saisies, avec un nombre prévu autour de 100.000 unités pour 2010.

    Les prix au m² ne sont pas beaux non plus. A quand une belle chute comme cela en France pour assainir le lien entre coûts immobiliers et revenus des ménages français ? Allez, ne rêvons pas, c’était juste pour rire… une sorte de chateau en Espagne…

    Charles Dereeper

    • Pipas

      Exact, nous avions en France en 2009 2,5 millions de logements vides et 338 SDF morts dans la rue pour justifier les prix du « secteur immobilier ».

      Bilan: les primo-accédants à la propriété, éligibles à l’usure en contre-partie d’une période de servitude volontaire de 15 à 35 ans fermes, se considèrent privilégiés.

  3. bible

    Etant de bonne humeur ce soir, je vous adresse mes compliments Messieurs Jorion et Leclerc.

    Même en ne vous suivant pas à tous les coups, je bien avoué qu’en comparant le fond de vos analyses à celles des médias officieux et officiels, j’ai l’impression de regarder l’actualité sur une TV couleur SONY d’un côté et sur une TV noir & blanc RADIOLA de l’autre ! Je vous laisse deviner derrière laquelle je vous regarde.

  4. DEATH/MAGNETIC

    Bonsoir, Pour Zébu

    Vers 1860 la concurrence que se firent les agriculteurs pour acquérir des terres favorisa la hausse de sa valeur vénale. Par conséquent le rentier du sol en retira une plus-value. Néanmoins les fermages qu’il perçut ne suivirent la hausse des prix des terres. Des lors le taux d’intérêt du capital foncier diminua de 3,40 % (enquêtes fiscales) ou augmenta de 8,80 % (enquêtes agricoles). Mais l’important fut que le revenu réel du rentier diminua vers 1860. Ainsi moins attrayante la richesse foncière devint car le taux d’intérêt qu’elle offrit de 3,00 % à 3,50 % fut en deçà de celui des valeurs mobilières nettement. En ces conditions le rentier du sol commença sous le Second Empire à investir une part des ses profits dans le secteur boursier. En témoigne la structure du montant des successions comme des donations de cette nouvelle orientation des placements. La valeur de l’actif boursier s’éleva de 450 millions de francs en 1850/54 à 813 millions dix ans après, pour atteindre 3768 millions en 1876/80; il y eut une multiplication par 8. Parallèlement la part de la fortune mobilière régressa de 56,40 % à 51,90 % dans l’actif successoral et donataire.
    Le drainage des capitaux par les emprunts étatiques comme les entreprises des secteurs secondaire et tertiaire lésa l’agriculture en réduisant le volume des réinvestissements tant que les autofinancements. Conséquente cette capture des profits agricoles fut pour entraîner des doléances de nombreux déposants lors de l’enquête de 1866. Les rentiers du sols portèrent une lourde responsabilité.
    Les paysans qui ne disposèrent suffisamment de capitaux ne purent se procurer des valeurs boursières ( ou acquisition de biens fonciers) qu’à des taux usuraires entre 8,00 % et 12,00 % (Sans omettre une véritable organisation du crédit).
    Pour ces raisons l’endettement hypothécaire resta le fléau de la petite propriété et de la petite culture alors que l’investissement travail fut toujours plus conséquent que l’investissement financier.

    Un jeune précaire étudiant.

    • VB

      Bonsoir,

      Ne vouliez-vous pas plutôt dire : « Parallèlement la part de la fortune IMmobilière… ? » Sinon, votre assertion n’a pas de sens.

      Cdt.,

    • DEATH/MAGNETIC

      Oui assurément, sinon c’est égal à zéro… Merci bien (voilà pourquoi je préfère l’escrit, pour la relecture)

  5. BA

    L’agence d’évaluation financière chinoise Dagong a sévèrement critiqué mardi les Etats-Unis et leur banque centrale (Fed), et abaissé la note de dette de ce pays, dont elle estime la solvabilité « au bord du gouffre ».

    L’agence a abaissé la note de « AA » (« qualité de crédit très élevée » selon son échelle) à « A+ » (« qualité de crédit élevée »), avec une perspective « négative ».

    Dans un rapport disponible sur son site internet et extrêmement pessimiste sur la première économie mondiale, Dagong justifie l’abaissement de la note des Etats-Unis par « la détérioration de leur capacité de remboursement et le recul très fort de l’intention de l’Etat fédéral de s’acquitter de sa dette ».

    L’agence juge que Washington, avec la décision de la Fed de se lancer dans une politique de création monétaire, fait délibérément baisser la valeur du dollar, décision qui « va dans la direction opposée des intérêts des créanciers ».

    « Par essence, la dépréciation du dollar choisie par l’Etat américain indique que la solvabilité de celui-ci est au bord du gouffre, et qu’il souhaite par conséquent diminuer sa dette par une dévaluation, conformément à la volonté nationale », ont affirmé les analystes de Dagong.

    Selon eux, « les Etats-Unis pourraient être confrontés à des risques imprévisibles pour leur solvabilité sous un an ou deux ».

    Pour l’économie du pays, ils tablent sur « une récession de long terme ».

    L’opinion de Dagong tranche radicalement avec celle des trois grandes agences de notation américaines, Moody’s, Standard and Poor’s et Fitch, qui attribuent aux Etats-Unis la meilleure note possible (« AAA ») et soulignent la souplesse de leur économie et la stabilité de leurs institutions.

    Soutenu dans son pays par le ministère des Finances et associé à l’université de Tianjin (Nord-Est), Dagong s’est vu refuser aux Etats-Unis le statut d’agence de notation reconnue, faute de remplir des conditions posées par l’autorité de régulation boursière, la SEC.

    Boursorama

    • Moi

      « L’opinion de Dagong tranche radicalement avec celle des trois grandes agences de notation américaines »

      On se demande bien pourquoi. :)
      Certains diront que l’agence de notation chinoise n’a pas une opinion neutre. D’autres pourraient dire que celles des agences de notation américaines, pourtant privées, ne sont pas non plus très neutres.

    • El JEm

      @ Moi
      les « agences de notation américaines, pourtant privées, ne sont pas non plus très neutres. »

      ???
      Compte tenu de l’importance stratégique des agences de notation (qui ont la capacité d’étouffer un pays en moins de deux), je serai étonné qu’elles ne soient pas contrôlées (directement ou non) par les USA et la finance.
      Pour moi, elles font partie de l’arsenal dédié à la promotion des intérêts USA (gouvernement et finance)

    • Amsterdamois

      Fitch Ratings n’est pas Américaine… Enfin, plus. Depuis une fusion en 1997, z’y sont passés sous le contrôle de la holding française Fimalac, dont le principal actionnaire est le frenchie Marc Ladreit de Lacharrière. Un copain de Sarko.

    • El JEm

      @ Amsterdamois

      merci pour cette précision.
      mais compte tenu que Sarko et Cie non seulement acceptent mais souhaitent le leadership (traduction politiquement incorrecte : la domination) des intérêts US (cf; OTAN, etc.), cela ne fait pas grande différence.

  6. charles

    Juste en écho des propos de Schäuble, qui méritent d’etre lus tant ils relèvent d’une ‘ doxa ‘ face à une praxis à géométrie variable au sein de l’Euozone ou de ses restes Interview with Wolfgang Schäuble, le binôme Schäuble-Tichet que l’on pourrait baptiser comme les ‘Hommes aux rats », l’analyse hebdomadaire d’outre Atlantique de Irwin Stelzer, aussi sceptique que non sur les vertus de la potion des deux apothicaires-fossoyeurs:

    Statistics Don’t Help in the Battle Between Stimulus and Austerity

  7. rodolphe B.

    Je ne sais si la femme répond au doux nom de Christine…mais la chanson a pour titre « bandit »(Mathieu Boogaerst)…il y a bien une danse du crabe..non?
    http://www.youtube.com/watch?v=d_x4g362u-Y&feature=youtube_gdata_player

  8. Alain

    De toute façon cette crise est en train d’empiré et l’esclavage en plus réapparait en occident et ça ne fait pas réagir grand monde que en Angleterre, le gouvernement veut faire travailler gratuitement les chômeurs et si ils veulent pas, ils suppriment leur allocation pendant 3 mois et au dernière nouvelle, un travail non rémunéré et obliger c’est toujours de l’esclavage!!

    On va ou franchement ?? Le capitalisme est en train de remettre l’esclavage a jour et ça choque personne!!

    • e-déalist

      un peu de mesure Alain dans tes propos stp
      faire travailler qq’1 qui vient de perdre son emploi en l’obligeant par la force à le faire travailler sans aucune rémunération est de l’esclavage. Certes/
      Demander à qq’1 au chomage de longue date et après refus de sa part de plusieurs propositions d’emploi, pour travailler quelques heures pour l’intérêt général n’est qu’une participation justifiant des indemnités qu’il touche jusque la sans aucune contrepartie.
      Ce chomeur longue durée a des droits mais il a aussi des devoirs, celui de ne pas verser dans l’inactivité pesante d’abord pour lui-m^me. Symboliquement, il y a plus de sens à se lever quelques matins dans la semaine pour effectuer des taches utiles que de se sentir inactif et inutile dans la société.

    • « indemnités qu’il touche jusque la sans aucune contrepartie. » : et les cotisations, vous en faites quoi ?????

      « Symboliquement, il y a plus de sens à se lever quelques matins dans la semaine pour effectuer des taches utiles que de se sentir inactif et inutile dans la société. » : mais bien sûr mon bonhomme, tâches utiles pour les uns, et gros revenus pour les autres !

    • jeannot14

      @ e-déalist, désormais il faut être clair, l’équation se pose ainsi:

      faute de recettes pour financer les dépenses, pour légitimer le régime politique et le gouvernement ( quel que soit leur couleur politique) qui l’incarne, il ne reste plus, pour assurer la survie du capitalisme et la cohésion sociale que la répression des droits essentiels, grève manifestation, la répression est sévère, en fin de manif, controle des identités et convoncation 3 semaines plus tard pour de la justice expéditive.

    • J-philippe

      Bonjour,

      De la carotte et du bâton.
      Alain, je comprends ton émoi et le partage.

      On peut essayer d’expliquer les choses ainsi. Dans une société comme la nôtre, il y a les carottes, ce sont les salaires. Les gens disent qu’ils cherchent un emploi. C’est certainement plus ou moins vrai ; mais moi je crois surtout qu’ils cherchent un salaire ou une rémunération. Déjà, dans le marché traditionnel du travail, il convient de la mériter, la carotte, pour l’obtenir (connaissances, expériences, savoir-faire, savoir faire savoir …), et tout le monde n’y parvient pas. Ensuite, si durant la prestation, un problème survient, c’est le bâton, et plus de carottes.
      Vous évoquez le cas de ces gens qui n’ont pas accès à des carottes par leurs propres moyens.
      Evacuons le cas sans soucis : si la personne a travaillé et cotisé suffisamment longtemps pour bénéficier d’allocations chômage, je ne vois pas pourquoi les ressources qu’elle s’est octroyée devraient faire l’objet d’une quelconque contrepartie.
      Si la personne n’a jamais obtenu de carottes, ou a épuisé son allocation chômage, alors elle bénéficie certainement de ressources à caractère « social ». Et en général d’un Handicap quelconque (familial, historique, de santé, caractériel, autre …) parce que dans le cas contraire, la personne, elle préfèrerait certainement accéder à une carotte, comme tout le monde. A défaut on intègre nettement le domaine pathologique. Il y en a certainement, mais à un niveau si faible qu’il ne justifie même pas qu’on y réfléchisse.
      Au fait, pourquoi le législateur a-t-il mis en place un système de ressources sociales pour les privés de carottes ? Par bonté d’âme ? Certainement. Mais certainement également avec l’arrière-pensée que celui qui bénéficiera de cette aumône légale se tiendra tranquille, et s’abstiendra de distribuer des coups de bâton au hasard comme mode d’expression de son désarroi. Cela, on ferait peut-être mieux de ne pas l’oublier. Le principe, c’est qu’on ne gagne en général rien à humilier les perdants.
      Remarquez que c’est toujours lorsque le chômage augmente qu’on cherche des poux aux chômeurs. La question est : on est pas content, à qui donnera-t-on des coups de bâton ?
      Il faut reconnaître qu’il est plus facile d’en donner aux privés de carottes qu’aux autres.
      Mais gare aux retours de bâtons.

    • phimouk

      Suppression des fonctionnaires
      Donc utilisation des chômeurs gratuitement
      Donc on peut supprimer encore des fonctionnaires
      Comme cela plus de chômeurs gratuits
      Etc

  9. johannes finckh

    Je pense aussi que le désarroi est total tant que l’on veut « gouverner » la monnaie telle qu’elle est. C’est tout simplement aussi impossible déplacer une montagne avec une cuiller.
    Tant que l’on émet une monnaie destinée au mieux à spéculer et au pire à ne pas circuler, il n’est pas étonnant qu’aucune solution stable n’est en vue.

  10. henry38

    J’habite à Tenerife et ici comme dans la banlieue de Madrid, les banques qui sont devenues propriétaires de fait de centaines de milliers de logements vides dans des « urbanisations » construites par des sociétés qui ont disparu et les bradent de la manière suivante : deux logements pour le prix d’un (ancien prix catalogue) avec une voiture en cadeau si le paiement est en cash ! Je suis cependant locataire d’un trois pièces meublé car je n’ai justement pas de cash et que mon banquier ne m’accorderait jamais de prêt avec ma petite retraite.
    Pour répondre à Mike et Pipas, je réitère que l’on s’achemine lentement mais surement vers un conflit armé majeur qui est la dernière solution à cette crise profonde à moins de nationaliser toutes les banques avant qu’il ne soit trop tard (notez que les banques chinoises sont propriété du parti). Mais je m’égare dans mon pessimisme récurent…

    • pablo75

      @ Henry38

      « on s’achemine lentement mais surement vers un conflit armé majeur »

      Entre qui et qui?

    • Marlowe

      Un pessimiste est un optimiste bien informé.
      Nous aurons le choix entre des révoltes violentes qui déboucheront difficilement sur une révolution (entendre par là une remise en question des fondements de la sociéyé capitaliste-industrielle) et qui ne pourront être détournées que par des conflits organisés entre les états d’autant plus quand le plus puissant d’entre eux sera visiblement en faillite totale.

  11. Pierre Charland

    Et la CERISE sur le SUNDAY….
    *
    Au travail, les chômeurs!
    L’idée britannique d’employer durant un mois des chômeurs sans les payer est séduisante mais compliquée pour les entreprises et l’État, a jugé hier le secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu.
    La coalition au pouvoir en Grande-Bretagne prévoit de faire travailler au profit de la collectivité les chômeurs de longue durée sans les rémunérer, durant quatre semaines à raison d’au moins 30 heures hebdomadaires.
    Benoist Apparu s’est dit séduit par le principe mais sceptique sur sa mise en place.
    «Que, moralement, celui qui reçoit une allocation de la collectivité redonne quelque chose à la collectivité et reste dans la mécanique du travail me paraît plutôt une bonne chose», a-t-il
    dit.

    «Si en plus il faut dire: vous prenez des stagiaires, vous prenez des apprentis, et vous devez prendre aussi ceux qui sont sans emploi, objectivement les entreprises n’y arriveront pas, auront beaucoup de mal à le faire», a-t-il dit.
    «Et comme je ne souhaite pas qu’on retrouve ces personnes-là dans l’administration, parce que derrière ça se finira avec des fonctionnaires en plus, je suis très partagé», a conclu le secrétaire d’État.

    • Et les traders, les banques, ils « redonnent » quoi à la collectivité ?

    • Marlowe

      Quand le gâteau travail est décidément trop petit il n’y en a plus pour tout le monde.
      Cette disparition du travail disponible, principale cause de la crise, devient une conséquence.
      Quand on vous dit que nous tournons en rond vous devez le croire.

    • Séduisant mais compliqué, sceptique sur la faisabilité, mais néanmoins très partagé; il suffit que ça merde dur et ce sera sa seule solution, et s’estimer heureux même sous la menace qui sera celle de « l’extérieur » (un bon syndrome de Stockholm).
      ce monsieur Benoist Apparu, c’est de la provoc’ ou quoi ?

  12. Pierre Charland

    Dagong International Credit Rating vient de réviser la cote qu’elle accorde aux États-Unis pour la faire passer à A+ avec une perspective négative.

    Cette cote était auparavant de AA.

    La décision, qui est justifiée notamment par la nouvelle phase de détente monétaire annoncée par la Fed, vient d’être annoncée par Dagong dans un rapport d’une dizaine de pages que vous pouvez lire en cliquant ici.

    Dagong International Credit Rating tente de briser le monopole des agences occidentales en offrant une alternative supplémentaire aux marchés. À titre de comparaison, Moody’s, Fitch et Standard & Poor’s accordent encore la cote AAA aux États-Unis.

    Dagong juge que les Américains font délibérément baisser la valeur de leur devise dans un geste qui est contraire aux «intérêts des créanciers».

  13. Jean

    @ Alain

    Et alors ?

    La Reine d’Angleterre aussi elle travaille un mois par an GRATUITEMENT !

    Alors pourquoi pas les esclaves ? Et le treizième mois alors ? Pourquoi ils n’en bénéficieraient pas les esclaves aussi ?

    Oui, bon il est vrai que le reste du temps la momie fait don de sa personne au pays pour quelques milliards d’ Euros en touchant aussi quelques pauvres subsides de Bruxelles pour regarder les lapins sauvages butiner librement dans les prairies non cultivées. Certes. A peine quelques millions d’euros. Personne n’est parfaite.

    Trêve de plaisanterie…

    A quand un parti républicain en Angleterre ? Je ne vois que ce saut politique paradigmatique pour la classe laborieuse Anglaise d’avoir une chance de pouvoir chasser un jour tous les profiteurs de guerre faite aux pauvres, présents…et futurs.

  14. Tano

    Ah! M. François Leclerc, la marche des crabes. Et qui va finir comme un tourteau prêt à être bouffé: nous bien sûr!

    Je viens de lire un article du Spiegel interviewant le ministre des finances allemand, W. Schäuble: DESESPERANT!

    Sa solution: mettre tous les pays en défaut de paiements (ou presque…) en coupe rêglée comme la Grèce. Pour lui, vive l’austérité source de tous les bienfaits.
    Son objectif: la sacro-sainte stabilité de l’euro pour préserver, je cite, « la première économie de l’Europe », c’est-à-dire l’Allemagne. L’europe à 1! Les 26 autres pays, nuts!!!
    Son bras armé: le FMI, dont il vante d’ailleurs l’expertise.

    Le FMI.
    Quand on voit à quoi a abouti la politique du FMI en Argentine en 2000/2001.
    Quant à son expertise, je rappelle qu’en juillet 2008, le FMI déclarait que la crise était derrière nous, que l’économie Us revenait à la croissance, cela 2 mois avant le crash de Lehman Brothers en septembre 2008!!

    Je vous le dit: DESEPERANT!

    • M

      un tourteau prêt à être bouffé

      HiHi, crabes au gingembre et à la vapeur trés trés bons !
      Dignes amuse-bouches banquet impérial !
      Pour se mettre en appétit ….

      Agences notations US trés trés dans l’erreur …
      Chine leur apprendre la politesse :
      Donné trés mauvaise note à US
      US punie, perdre la face
      Et, même sa culotte, hihi !

  15. Yannt

    On nous a dit depuis 2009, depuis le premier QE, que le dollar allait s’effondrer. Toujours pas le cas.
    On nous a dit que les USA, avec leur planche à billet, foncaient vers l’hyper-inflation.
    Toujours pas le cas.
    On nous a dit que la socialisation des pertes était une hérésie.
    Toujours pas le cas.
    On nous a dit que la bourse allait plonger vers des abysses.
    Toujours pas le cas.

    Même que les choses semblent se stabiliser. Les riches sont encore plus riches. Les pauvres, plus pauvres. La bourse va mieux. GM va bien. La croissance, même molle, reste positive. La crise semble derrière pour les plus chanceux. Les banques sont des profits obscènes. La création monétaire ne provoque aucun cataclysme.

    C’est business as usual.
    Les cassandres se seraient-ils trompés?

    • bible

      Même constat me concernant …
      Où est le « double deep » tellement annoncé depuis des mois ?
      Si vous aviez quelques explications ?
      merci

    • François Leclerc

      La maison s’excuse et demande un peu de patience. Elle n’a jamais annoncé le calendrier.

    • pablo75

      @ Yannt

      Inéluctable ça ne veut pas dire imminent.

      Quant on roule sans freins à 300 kms / h vers un mur on a aussi le temps de dire « toujours pas le cas » plein de fois.

  16. Thom Bilabong

    @François Leclerc
     » Robert Zoellick, président de la Banque Mondiale, vient de jeter un pavé dans la mare en publiant une tribune dans le Financial Times. Il préconise le retour à l’utilisation de l’or, non pas comme étalon mais « comme un point de référence international lié aux prévisions du marché pour l’inflation, la déflation et la valeur future des monnaies »  »

    Ca y est, on y vient enfin. Hier je proposais la création d’une nouvelle monnaie. Nous y sommes, non ?

  17. interobjectif

    Pour l’heure, chacun se croit à l’abri des ennuis derrière le mur de liquidités de la Fed et renforcé dans sa conviction haussière par l’absence de réaction de Wall Street aux critiques qui fusent de toute parts. Certains experts chinois en ont même assez de dénoncer l’ineptie du QE2 : Dagong, l’une des quatre agences de notation nationales, vient de dégrader la note des Etats-Unis de AA+ à A (avec perspective négative, comme l’Espagne).

    Riposte immédiate des traders à Wall Street : « on s’en fiche des Chinois et de leurs agences de notation bidon : certaines de leur banques cotées AAA mériteraient d’être classée B- ».

    Ceci illustre bien la « bras d’honneur attitude » qui caractérise la sphère financière américaine depuis la crise de l’automne 2008 !

    Shot down by SEC, Chinese rater punishes U.S. debt

  18. pull

    Il faudrait pour tous les français assortir toutes les prestations et allocations de toutes sortes (même familiales) à un service rendu à la collectivité : débroussaillage, curetage des lits des rivières, renforcement des digues, surveillance incendie l’été, surveillance des plages, surveillance des parcs publics, traversées des passages piétons aux sorties des écoles, informations aux touristes, accompagnement des personnes âgées, visite des enfants malades dans les hôpitaux… Tout le monde peut le faire avec un peu de temps. Exemple en Allemagne les chômeurs ont tous la même allocation quelque soit le salaire antérieur et ils doivent quelques heures de travaux d’intérêts généraux.

    • Julien Alexandre

      Ah ! La voix de la raison a parlé ! Et bientôt, vu les taux de chômage, on pourra mettre tous ces feignants de fonctionnaires au chômage, comme ça ils feront le même boulot mais seront payés moins.

      Le progrès est en marche. Rien ne pourra le stopper. Jusqu’où s’arrêtera-t-il ?

    • rodolphe B.

      Mais oui…c est bien sur.La voila la solution, plus aucun fonctionnaire mais une armee de citoyens vertueux qui vivront dans des tentes et se nourriront d amour et d eau fraîche. ..Le paradis sur terre quoi!!!

    • pablo75

      @ Pull

      Et l’idée de faire travailler les rentiers, ça, ça ne vous vient pas à l’esprit?

    • e-déalist

      devant l’acharnement sur ce blog envers ceux qui émettent l’idée de demander aux chomeurs longue durée de se lever le matin et qui demandent plutot un effort aux rentiers et traders:
      OUI, je suis pour la réglementation drastique de la finance et l’abolition de pouvoirs faire de l’argent facile en spéculant notamment en daytrading ou en HFT qui n’ont aucune utilité d’ordre humaniste ; au besoin en nationalisant les banques: pourquoi pas.
      Cela n’empêche pas aussi d’éviter les excès dans l’autre sens en faisant en sorte de motiver les gens à se prendre en charge, à être le plus autonome possible et surtout à éviter l’excès d’assistanat. Voila, ne soyons pas binaire:
      ni dans un sens: » c’est les traders qu’il faut manger tout cru et laisser les gens entretenus dans un système ne les poussant pas à l’innovation, à la création, bref à la dynamique d’épanouissement personnel »
      ni dans l’autre: ces salauds de pauvres qui font rien de la journée et grangrènent la société, faisons en sorte qu’ils disparaissent ou qu’on ne les voie pas souffrir »
      bref, un peu de mesure dans nos reflexions sans aller ni trop dans un sens ni trop dans l’autre ou plutot alons trouver des mesures pour faire disparaitre les excès dans un sens ET dans l’autre. Je pense que cette mesure et cette subtilité sont les fils conducteurs de la réflexion de notre hote Jorion alors suivons le GUIDE… plutot que de verser dans l’idéologie anticapitaliste primaire.

      • @ e-déalist

        Parfois il n’y a pas de juste milieu : le « juste » n’est pas au milieu.

        On l’a compris : vous n’avez jamais été chômeur. Je ne vous le souhaite pas mais ayez alors l’humilité de ne pas parler de ce que vous ne comprenez pas.

    • octobre

      pull

      Surveillance.
      Vous n’avez que ce mot à la bouche ? Et pourquoi pas surveiller les morts pendant qu’on y est.

    • verywell

      @ e-déalist

      On va suivre le guide alors ;-)
      Il ne suffit pas d’être intelligent pour ne point être bête…
      Pour les plus jeunes, après trois ou quatre stages non rémunérés – dont les employeurs abusent déjà -, une ou deux petites années au chômage à travailler pour rien afin de rester dans une « dynamique d’épanouissement personnel ». Chapeau bas !
      Cela fait presque deux ans que je suis au chômage. Je dois avoir entre bac+5/8, à force on ne sait plus trop…tellement on se sent misérable, tellement on se dit que ces études n’ont servi à rien, tellement on peut en vouloir à notre époque d’être ce qu’elle est, tellement on ne nous donne pas notre chance, une place un jour…tellement aussi on ne veut pas faire partie des petits soldats de la guerre économique qui sévit, prêts à tuer père et mère pour une place… On n’est pas prêts à tout accepter, quitte à mettre sa santé en danger. Avec 400 euros, on survit monsieur, on s’achète à manger et puis basta. Un livre de Jorion, de Lordon ou de Généreux quand le mois est plus clément, pour croire un peu en l’homme aussi. Alors oui, vous ne savez pas de quoi vous parlez…

    • octobre

      verywell

      Votre commentaire est un véritable bain de jouvence.
      Prendre à bras le corps son destin, sans pleurnicher, voilà l’homme.

    • lou

      je dirai comme Pablo75: ça ne vient pas à l’idée de demander aux rentiers de travailler. eux ne sont pas considérés comme des parasites.
      Quand j’étais au chômage, à part des petits boulots, j’étais bénévole.Mon travail de bénévole n’était absolument pas considéré.On me demandait régulièrement quand je me mettrai à travailler vraiment.
      Alors exiger des chômeurs qu’ils travaillent quelques heures en échange d’une allocation, cela n’a rien à voir avec demander de servir la communauté mais ça relève de l’envie de punir, sanctionner, dominer.

    • Pull z’êtes pas un peu Suisse ? (quel beau pays, 97% de ses richesses sont dans les mains de 3% de la population – peut-on dire dans ce cas 3% de « la population »?

    • vigneron

      @pull

      …débroussaillage, curage des lits des rivières, renforcement des digues, surveillance incendie l’été, surveillance des plages, surveillance des parcs publics, traversées des passages piétons aux sorties des écoles,informations aux touristes, accompagnement des personnes âgées, visite des enfants malades dans les hôpitaux…

      Ben oui c’est bien sûr ! Mais c’est qu’y en a des pleins dumpers Liebherr T 282B de services à rendre, mon bon Monsieur !
      Tiens, teneur-de-main-palliatif-de-vieux-qui-crève-tout-seul , et promeneur à caniche, et compagnon à bichon, et clown à neurasthénique, et mouchard de quartier, et prof de renforcement périnéal pour simple roturier, et taxi écolo à pédale, et nounou pour marcassin hyperactif, et coiffeur à girafe, et diptèrosodomite de remplacement, et violinopisseur « juste en extra », et torcheur-à-lardons-de-crèche en veille sanitaire, astreinte « gastro-alerte ! » (sourire exigé !), et embauchoir mobile et chauffant pour chaussure pour dame, et « Saint Trazybule » (copyright/F.Blanche) de circonstance, et étalon tantrique pour Bovary péri-urbaine et dépressive, et dérouleur de PQ stérile, serviable et poli, et guide de chien d’aveugle aveugle, et collaborateur furtif de cadre très supérieur largement au delà de son seuil d’incompétence, et tête à claques intérimaire, et tête de gondole parlante et interactive, et pleureur pour enterrement morne, et dispensateur-de-sourire-six-six pour assemblée cul-de-poule, et auxiliaire de raccroc pour séminaire de branlette néocorticale, et con pour diner de con, et collecteur-trieur-éboueur à ragots, et porteur de chapeau polyvalent, et rieur du bon coté qu’on lui dit, et tout ça en votant du bon coté qu’on lui dit, et regardant la télé sur la chaine qu’on lui dit, et achetant sans moufter la merde qu’on lui dit, et baisant comme il veut de la manière qu’on lui dit, et rêvant de la manière qu’on lui dit, et crevant de la manière qu’on lui laisse.

    • octobre

      Lou,

      Dites-moi, Lou, puisque vous avez l’air de faire grand cas des parasites ; ça vous diriez de tourner le canon de 75 de Pablo en direction de la Bourse avec le Panthéon ? Pour voir si ça tuera les mythes…

    • M

      Une meilleure idée : rétablir les bagnes …travaux d’intérêts généraux …marche au fouet …
      tambours pour la cadence : emploi de garde-chiourme non rémunéré, sinon en ratafia …
      =) plus de chômeurs ; plus de retraités ; plus de centenaires …
      Reprendre les plans du XIX ° siècle aux archives, et reconstruire toutes les infrastructures-
      qui vieillissent, gratis pro deo …( les ingénieurs TP ne seront pas payés non plus : ils auront la satisfaction du devoir accompli ) =) plus besoin de banques, plus de banquiers …pas de (même pas en idée ! )
      Emplois d’allumeurs de réverbères, à la tombée de la nuit …

      Bon d’accord ! mais trés rapidement, révolte et autogestion ….Et qu’on nous fiche la paix !
      Puis, faisons tourner les tables, et invoquons les mannes de jules Guesde et de Jaurès …et,
      redémarrons tout dans le bon sens !

    • @ Pull
      Et si on embauchait du monde pour faire cela, ce n’en serait pas mieux ?
      Car entre nous, je ne trouve pas qu’on a trop de services publics, je trouve plutôt qu’on en manque.
      Quand les états vont ils renoncer à se faire qualifier de SARL par les marchés ?
      Quand vont ils reprendrent leurs droits au lieu de se mettre en concurrence avec le privé, jusqu’à accepter de se privatiser eux même ?
      Je n’arrive pas à accepter que certains arrivent à considérer l’état comme une entreprise privée qui devrait des comptes au marché, non rien à faire pour moi l’état c’est nous tous, et même s’il m’arrive de pester contre les fonctionnaires, je dois dire que par expérience que lorsqu’on transmet une fonction de l’état au privé, il ne se produit rien de bon pour la population.
      Donc ok, pour le débroussaillage, le curetage des lits des rivières, le renforcement des digues, ect…. mais avec des personnes salariés avec un vrai pouvoir de vivre

      Mais qu’est ce qui se passe, avons nous subit un tel lavage de cerveau qu’il nous est impossible de considérer l’état que comme les néo libéraux le veulent, pourtant l’Irlande est bien là pour nous rappeler que plus de flexibilité du travail, moins de charges, moins d’impôts sociétés, ça donne un échec en milliards à la charge de la population….

  19. charles

    Un post intéressant, en parlant de banquiers centraux, sur le(s)parjure(s) de Bernanke et ses possibles conséquences ( à noter l’abondance de tels cas dans le cadre de l’administration HBO
    ; on attend avec impatience à ce sujet le rapport, attendu vers le 15 Décembre de la FCIC )

    David Rosenberg discusses the Chairman’s lies under oath

  20. e-déalist

    @verywell
    vous avez raison sur un point: je n’ai pas connu le chomage. Cependant , faut-il connaitre le chomage pour essayer d’avancer des idées, pour tenter de trouver des améliorations. Certes, je ne suis pas dans la tête d’un chomeur, de surcroit très diplomé, broyé par le système. Malgré tout, les idées de quelqu’un qui ne vit pas une situation donnée peuvent permettre par une certaine distance ou neutralité d’éviter de tomber dans les travers émotionnels, hautement affectifs. Je m’explique:
    un chomeur devenant dépressif (dévalorisation, non reconnaissance, fort sentiment d’inutilité, impression de gachis…) peut avoir une reflexion empreinte de haine ou d’agressivité ou d’envie de destruction voire d’autodestruction, (et c’est logique et normal). Ces réactions saines peuvent le conduire à transcender cela pour reconstruire quelquechose si ces energies sont bien canalisées et cela est digne. Mais il se peut aussi que les choses s’expriment avec plus de fouillis, de violence, d’autodestruction et là , la neutralité de celui qui n’a pas vécu cette situation difficile, peut être utile à guider, aider à aller dans la bonne direction, le positif, la dignité.
    Croyez vous qu’un médecin doit avoir eu une tumeur cérébrale pour savoir que son patient atteint de cette maladie souffre de maux de tête terrible au point de vouloir abréger dans ces moments la sa souffrance. Non, évidemment, l’empathie permet 2 choses: imaginer la souffrance endurée par son patient ET prendre une décision positive que le patient n’est pas capable de prendre à ce moment là dans ce moment ou il aimerait faire disparaitre tout de suite la douleur et quelque soit le moyen.
    donc, non je n’ai pas vécu la situation de verywell mais cela n’empêche pas de lui témoigner tous mes encouragements à s’en sortir dans la dignité qu’il affiche déjà ici et aussi à tenter de réfléchir à comment peut-on faire pour que des gens comme verywell ne subissent plus les travers d’un système injuste et destructeurs de richesse et de vie.

    • verywell

      Merci pour ces éclaircissements et encouragements. Certains êtres sont capables d’empathie voire de sympathie, ce qui est encore mieux. Et il est évidemment possible – je vous rejoins en cela – d’imaginer, de ressentir voire de comprendre ce que l’autre vit jusqu’à un certain point. Chaque homme portant en lui la forme entière de l’humaine condition, comme dirait l’autre. Sans cette conviction, nous serions sans doute moins bavards, ce qui ne serait parfois pas un mal. Et vous me semblez une personne de bonne volonté. Or, sur le fond, la proposition qui consiste à faire travailler un chômeur gratuitement est simplement ignoble. La contrainte légale peut difficilement rendre à l’homme qui recherche un travail sa dignité. Il sera humilié deux fois. Sans compter les abus qu’une telle mesure engendrerait inévitablement. Cela pourrait même constituer le parachèvement du modèle néolibéral. Si nous étions cyniques, nous pourrions même dire que ce serait le meilleur moyen de relocaliser la production… Entre un chômeur gratis et un travailleur chinois, le coeur du dirigeant d’une multinationale et de ses actionnaires ne balancerait plus! ;-)

  21. VB

    @ é-dealist

    Quid du problème fonctionnel (pour la société) et disfonctionnel (pour les patients concernés) de l’hyperactivité des banquiers hauts financiers : dépression larvée, accoutumance à diverses drogues, maladies professionnelles détectées souvent tardivement, fort sentiment de nuisibilité et toxicité, plus ou moins inconscient mais susceptible de se réveiller chaque matin, dépréciation réaliste de la valeur de l’argent conduisant à un comportement avaricieux provocateur (c’est du vécu)… En termes macro-économique, les chômeurs font figure d’enfants de choeur, vraiment.
    Entre être au chômage et être (très) actif dans un domaine d’activité socialement dangereux, lesquels ont eu tendance, ces dernières décennies, à progresser de façon exponentielle : le choix est cornélien. Bizarrement, vous pourrez constater vous-même que plus le domaine d’activité est socialement dangereux, plus les individus qui y travaillent sont socialement actif, jusqu’à l’hyper-activité, appelons un chat un chat. La dignité, braves gens, n’est plus ce qu’elle était, ni à l’endroit où l’on pensait la trouver = il faut à nouveau la chercher, et la chercher bien.
    Et puis, quid de tous ces gens, surdiplômés par la Société, et dont celle-ci, une fois son travail d’auto-satisfaction accompli, finit par se lasser ?
    Rions ensemble mes braves et vive le retour à l’artisanat de subsistance.

    Cdt.,

  22. vincentr

    Des chômeurs travaillant gratuitement, pour moi c’est de la concurrence déloyale.
    ça pourrait mettre au chômage des travailleurs payés (mais on pourrait après leur faire faire la même chose gratuitement :) )
    A bon entendeur …

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