L’actualité de la crise : THE CITY, FOR EVER !, par François Leclerc

Billet invité.

Pas de conte pour Noël et pas de bonnes résolutions pour le Nouvel An ! Tout au plus aurait-il pu être fait appel à Dickens et à son personnage détestable de Mr Scrooge, dans A Chrismas Carol, pour dépeindre la vision du monde des milieux financiers, mais Martin Wolf a déjà utilisé le procédé dans sa dernière et féroce chronique du Financial Times.

Abandonner la fiction et redescendre sur terre s’impose, d’autant plus que l’actualité – comme nous nous y sommes accoutumés au fil des ans – fournit une ample et édifiante matière à commentaire. La City de Londres est ainsi le théâtre d’une histoire exemplaire, ses représentants du haut du panier feraillant avec acharnement contre les projets de la coalition gouvernementale formée par les Tories et les LibDem, ce qui est tout de même un peu surprenant, indeed ! Faut-il que la période soit pleine d’imprévus…

L’affaire s’est mal engagée à propos des bonus, thème choisi pour faire passer la pilule, en raison de sa forte portée symbolique en ces temps d’austérité non partagée. Puis elle s’est poursuivie sur un sujet moins grand public, mais à plus forte répercussion : l’éventualité d’une séparation entre les activités risquées et traditionnelles des banques. Une commission ayant été mise en place par le gouvernement pour l’étudier, ce qui semble déjà être en soi intolérable pour ces messieurs.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 31 DECEMBRE 2010

« … on ne rétablira pas la confiance en mentant, on rétablira la confiance en disant la vérité »

Le risque systémique

Mervyn King en mars 2008 : « Une question de solvabilité, pas de liquidité »

La transparence

Les révolutions

Socrate et la philosophie

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L’actualité de la crise : NOUS N’EN AVONS PAS FINI, par François Leclerc

Billet invité.

On ne lit jamais assez les études de l’Institute of International Finance (IIF), toujours cité dans la presse en précisant qu’il s’agit du lobby des mégabanques, basé à Washington. Au moins, ces gens savent ce dont ils parlent, même s’ils ne le disent pas toujours publiquement, et nous savons alors de quel point de vue.

Dans le vaste monde sinistré du crédit hypothécaire, un secteur particulier est réservé à l’immobilier commercial, celui qui finance les galeries commerciales et les immeubles de bureaux. Dans le Financial Times, Gillian Tett apporte un nouvel éclairage à son propos, en s’appuyant notamment sur des données de l’IFF.

Ce secteur avait déjà soulevé de fortes inquiétudes, puis celles-ci avaient disparu des colonnes de la presse économique et financière. Pour rejaillir il y a peu. Selon les estimations de l’IFF, la valeur des prêts hypothécaires commerciaux en situation de défaut est en effet passée de mars 2008 à mars 2010 de 25 milliards à 375 milliards de dollars, toutes banques confondues.

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QUAND UN ANTHROPOLOGUE S’INTERESSE A LA PENSEE ECONOMIQUE, par Alain Adriaens

Billet invité.

En 1977, Louis Dumont publiait Homo aequalis. La première partie du livre était consacrée à la pensée économique au XVIIIe siècle ; dans la seconde partie, l’auteur défendait une thèse paradoxale : que l’approche de Marx est « individualiste » (fondée sur la personne) plutôt que « holiste » (fondée sur le groupe social). Thèse paradoxale puisqu’elle s‘applique à quelqu’un qui a écrit (avec Engels) : « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours est celle de la lutte des classes ». Une thèse paradoxale doit être prouvée magistralement, ce qui selon moi n’est pas le cas. Dumont reconnaît que Marx fait de la classe sociale le principal acteur de l’histoire, là où Hegel mettait lui la nation, mais le fait que Marx vise la disparition de l’État ne prouve pas à mon sens que son approche relève d’un « individualisme méthodologique ».

C’est à juste titre que Marx est considéré de nos jours comme l’un des pères de la sociologie : l’élément constitutif d’une société humaine est toujours pour lui un groupe, dont la nature a pu varier bien entendu : ce fut d’abord la famille, puis la « gens » (il reprend à son compte les vues de l’anthropologue américain Lewis H. Morgan), c’est ensuite la classe. Quiconque écrit : « Le bénéficiaire du majorat, le fils premier-né, appartient à la terre. Elle en hérite » (Manuscrits de 1844), ne peut être à mon sens un tenant de l’individualisme méthodologique. Dumont s’était assigné une tâche impossible : prouver que l’approche marxiste n’est pas holiste, et son échec était prévisible.

Dans son « billet invité », Alain Adriaens, préfère défendre la thèse de Dumont. Il prend également à son compte la thèse complémentaire d’une origine économique de l’individualisme, je prends là aussi le contrepied de Dumont puisque j’en ai offert dans Comment la vérité et la réalité furent inventées, une explication fondée sur une évolution des représentations liée à des changements démographiques et au développement scientifique – et antérieure de plus d’un siècle (2009 : La naissance du sujet, pp. 262-268).

Et bien non, je ne vais pas vous parler de Paul Jorion mais d’un autre anthropologue : Louis Dumont. Lui aussi s’est penché sur l’économie en partant de l’expérience acquise dans ses travaux d’anthropologue. Ce qu’il a écrit, il y a plus de 30 ans, était très en avance sur son temps et, ma foi, fort intéressant. Louis Dumont (1911-1998) a réalisé des travaux anthropologiques portant principalement sur les sociétés de l’Inde. Elève de Marcel Mauss au sein de l’Institut d’Ethnologie, il travailla ensuite au Musée national des arts et des traditions populaires où il mena ses activités de recherche. En 1948, il part pour l’Inde du sud. Il rédigera en 1957 sa thèse d’État « Une sous-caste de l’Inde du Sud ». Il enseigne ensuite à Oxford et devient directeur d’étude à l’École pratique des hautes études où il crée le Centre d’études indiennes et fonde la revue Contribution to Indian sociology tout en faisant de nombreux séjours en Inde. S’appuyant sur ses études des systèmes de castes, il soutient que la relation hiérarchique forte des sociétés indiennes est la manifestation d’une transcendance au cœur de la vie sociale, mettant en évidence le caractère extérieur de ce qui fonde une société.

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L’actualité de la crise : UNE PATATE TOUJOURS AUSSI CHAUDE, par François Leclerc

Billet invité.

Que réserve l’année qui vient à l’Europe ? Oser un pronostic a-t-il un sens dans un domaine où ils sont si souvent déjoués pour être si arrangeants ? A première vue, les regards sont tournés vers le sort qui va être réservé aux maillons faibles de la chaîne, déjà identifiés : le Portugal et l’Espagne, l’Italie et la Belgique. Avec pour thermomètre l’évolution de leurs taux obligataires, sans même attendre le début de l’année (1). Ainsi qu’en direction des Allemands et Français et de leurs laborieuses tentatives de colmater les brèches au fur et à mesure qu’elles apparaissent, à propos desquelles un coin du voile sera sauf retard levé dès janvier.

Pourtant, rien ne rend inexorable la continuation de la crise européenne, tout du moins sous la forme qu’elle a empruntée pour débuter. Un soudain élargissement de la zone des tempêtes est tout autant possible que la poursuite d’une situation profondément incertaine, la première hypothèse restant toujours probable. La crise n’en sera pas finie pour autant dans sa dimension européenne, sa dynamique pouvant emprunter plusieurs chemins, aucun n’aboutissant à sa solution. Voilà ce qui peut être prédit, en toute confiance si l’on ose dire.

Le même cortège de mots magiques et utilisés à tout propos va accompagner ses prochains épisodes : réduction de la dette, défaut et restructuration, compétitivité, croissance et récession, inflation et dévaluation. Les uns appelés à la rescousse en pure perte, sans trop s’appesantir sur ce qu’ils recouvrent réellement, les autres brandis comme autant de menaçants épouvantails, qu’il suffirait d’agiter. Sans plus de résultat dans les deux cas.

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CE SONT TOUJOURS LES MEILLEURS, ETC., par François Leclerc

Billet invité

Billy Taylor était, parmi plus de trois cent titres, l’auteur de « I wish I knew how it would feel to be free » (J’aimerais ressentir ce qu’être libre veut dire), devenu l’hymne officieux du mouvement pour les libertés civiles des années 60. En 1965, il avait fondé « Jazzmobile », pour lequel ont joué de nombreux grands musiciens dans les rues des quartiers pauvres de New York.

Mort à New York, le 28 décembre 2010.

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TRANSFORMER LE CAPITALISME AVEC L’ACCORD DE TOUS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

On a financé le spéculateur plutôt que l’entrepreneur. On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs. On a obligé les entreprises, les banques, les compagnies d’assurance à inscrire leurs actifs dans leurs comptes aux prix du marché qui montent et qui descendent au gré de la spéculation. On a soumis les banques à des règles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent à aggraver la situation au lieu d’amortir le choc. C’était une folie dont le prix se paie aujourd’hui ! […]

L’idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, cette idée de la toute-puissance du marché était une idée folle. L’idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle. […]

Et qui pourrait admettre que tant d’opérateurs financiers s’en tirent à bon compte alors que pendant des années ils se sont enrichis en menant tout le système financier dans la situation dont il se trouve aujourd’hui ? Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés au moins financièrement. L’impunité serait immorale. […]

… ne rien faire, ne rien changer, se contenter de mettre toutes les pertes à la charge du contribuable et faire comme s’il ne s’était rien passé serait également une erreur historique. […]

En ces circonstances exceptionnelles où la nécessité d’agir s’impose à tous, j’appelle l’Europe à réfléchir sur sa capacité à faire face à l’urgence, à repenser ses règles, ses principes, en tirant les leçons de ce qui se passe dans le monde. L’Europe doit se donner les moyens d’agir quand la situation l’exige et non se condamner à subir. […]

Nicolas Sarkozy, Président de la République française, Discours de Toulon, le 25 septembre 2008.

Ce qui m’a rappelé le Discours de Toulon, c’est l’information hier dans un sondage d’opinion de l’agence de presse américaine Bloomberg, que 71 % des répondants pensent que les bonus importants devraient être interdits dans les entreprises qui ont bénéficié de l’aide publique durant la crise, et 17 % pensent que les bonus d’un montant supérieur à 400 000 $ devraient être imposés à 50 %.

Quelles sont les mesures qui ont été prises dans ce domaine-là aux États-Unis ? Le Président Obama a nommé M. Feinberg pour qu’il examine la paie des dirigeants des cent compagnies les plus importantes ayant reçu une aide de l’État. Les bonus ont été réduits à Bank of America, Citigroup, AIG, General Motors et Chrysler ; les trois dernières étaient en faillite et continuaient d’attribuer des bonus avec l’aide généreuse du contribuable américain. L’imposition à 50 % des bonus élevés avait été proposée par deux sénateurs américains, la proposition fut rejetée sans même avoir été soumise à un vote.

Il existe donc aux États-Unis comme en Europe (en France en tout cas), des mesures proposées par des personnalités politiques (parfois dans une position suprême d’autorité dans leur pays) et soutenues par une vaste majorité de la population, qui ne reçoivent même pas un début d’application.

Je me propose de faire la chose suivante dans les jours qui viennent : extraire des différents discours de Mr. Sarkozy (en sus du Discours de Toulon, il y a aussi Colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme » 2009 et Colloque « Nouveau monde, nouveau capitalisme » 2010) appartenant tous à ce que Le Figaro a appelé « une croisade pour en finir avec les ‘spéculateurs’ et tourner la page des ‘dérives du capitalisme financier’ », les propositions radicales qui, si l’on en croit les sondages, bénéficient aujourd’hui d’une approbation d’au moins 80 % de la population française.

Je soumettrai cela à votre lecture dans un prochain billet. Nous en discuterons alors et tenterons de mettre au point à partir de là, un texte court mais percutant. Une possibilité alors, sachant que l’UMP souscrira pour des raisons évidentes à ces mesures, serait de proposer à l’ensemble des autres partis de les mettre également à leur programme (si j’en crois leurs déclarations respectives, il semblerait bien que tous en réalité puissent le faire). D’autres types d’actions sont également envisageables.

(… à suivre)

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise : MANQUE DE RESSOURCES, par François Leclerc

Billet invité

Le silence peut parfois être plus inquiétant qu’autre chose. C’est le cas en Europe, où nous sommes loin d’en avoir fini. La fin de l’année est une occasion choisie par les médias pour faire le point, amenant son lot de rétrospectives.

Revenant sur la fameuse promenade d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy sur les planches de Deauville, le 18 octobre dernier, les journalistes du Wall Street Journal viennent de mettre en perspective l’épisode irlandais de la crise européenne et la mise en scène pour les médias de leurs pas de deux. Ils relatent la tentative très politique et maladroite des deux dirigeants européens de maîtriser des événements qui leur échappent des doigts et les poussent à agir. Sous la forme de ce qu’ils savent faire le mieux : passer un compromis. Sans voir plus loin, convaincus une fois de plus que le pouvoir qu’ils expriment sera suffisant.

De quoi est alors fait ce deal, que l’on leur reprochera d’avoir passé à la sauvette et imposé aux autres ? D’un nouveau montage destiné à financer les pays touchés par la tempête, qui prévoit de renouveler et rendre permanent un dispositif de stabilisation financière initialement prévu comme provisoire. De soulager un peu la pression sur les Etats, afin qu’ils réduisent la voilure de leurs déficits, en faisant passer à la trappe l’automaticité des sanctions frappant les réfractaires, mesure souhaitée par les Allemands. Et de faire passer à la caisse les banques européennes, principales créancières des Etats.

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BFM RADIO, LUNDI 27 DECEMBRE A 10h45 – L’ANNEE QUI S’ACHEVE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

D’abord, un petit rappel. Le cadre global, c’est celui d’un système où l’argent manque en général là où il est nécessaire. Il faut alors l’emprunter et payer des intérêts. Comment se détermine le niveau des taux d’intérêt ? C’est le produit d’un rapport de force où interviennent trois facteurs : 1) l’offre et la demande de capitaux, 2) le rendement de l’économie (on est « partageux » quand le choses vont bien, beaucoup moins quand elles vont mal) et 3) le risque de contrepartie, c’est-à-dire le risque de non-remboursement. (Les économistes mentionnent aussi l’anticipation de l’inflation. Une « anticipation » est une représentation, elle peut déterminer le degré de résolution individuelle mais elle n’a aucun impact sur le rapport de force entre prêteur et emprunteur).

Quand, comme aujourd’hui, les taux sont élevés essentiellement parce que la part « prime de risque » est élevée, l’emprunteur se trouve pris dans un cercle vicieux : la prime de risque élevée accroît sa difficulté à rembourser, autrement dit augmente son risque de défaut. C’est le drame de l’Europe aujourd’hui.

L’Europe doit réduire ses déficits, aggravés par la crise financière et économique, d’où l’austérité ; elle doit aussi relancer la machine économique, ce qui exclut l’austérité. Les agences de notation qui mesurent le risque réclament bien entendu les deux. C’est l’impasse ! Pas nécessairement : il existe une solution : augmenter les salaires bas et moyens et baisser parallèlement (pour éviter toute inflation) les revenus du capital et les salaires extravagants. Entre une solution pareille et l’impasse, on n’hésite pas une seconde en haut-lieu : l’impasse fait l’unanimité !

Les États-Unis ont joué cette année sur le statut de monnaie de référence du dollar américain. L’argent ne coûte rien dans ce pays : quand il manque, on en imprime. Cela durera tant qu’il y aura une demande internationale pour le dollar. Si elle s’évanouit, le dollar s’effondre. Les États-Unis doivent aussi relancer leur économie. Ils ont choisi de reconduire une fiscalité amicale aux grosses fortunes. L’argent dégagé de cette manière ne pourra pas s’investir dans une économie déprimée, une partie sera consacrée à l’achat de produits de luxe, l’autre se retrouvera dans la spéculation, c’est-à-dire dans la prédation sur l’économie mondiale. Est-ce bien de cela que nous avons besoin ?

La Chine a entrepris sur le tard sa révolution industrielle. Dans un contexte où une monnaie nationale, le dollar américain, est aussi monnaie de référence, il n’existe qu’une seule solution : celle que la Chine a choisie, ancrer sa devise nationale à la monnaie de référence. Le dollar devient monnaie de singe ? qu’importe, le yuan le devient aussi ! et le commerce entre les deux pays se poursuit sur une base inchangée.

Le mélange de dirigisme et de capitalisme sauvage auquel recourt la Chine en ce moment est détonnant : bulle immobilière aujourd’hui, inflation demain, bulle boursière après-demain, etc. Cela ne peut fonctionner que dans le cadre d’un système politique autoritaire où des changements de cap instantanés sont possibles : séduire les investisseurs aujourd’hui, les assassiner demain, pour les ressusciter après-demain, si nécessaire. Il faut avoir le cœur bien accroché !

La Chine soutient aujourd’hui le système monétaire international tout entier à bout de bras : le dollar cette semaine, l’euro la semaine suivante et le yen la semaine d’après. C’est son intérêt bien compris, dit-on. Le jour où elle cessera de le faire, ce sera parce que cela aura cessé d’être son intérêt bien compris. N’empêche, on l’accusera alors sûrement de tous les maux.

La Chine réclame depuis l’année dernière une refonte du système monétaire international. On ne l’écoute que d’une oreille distraite. Si l’on ignore sa proposition, la guerre sino-américaine aura lieu sur le marché des capitaux et il n’est pas difficile de deviner qui l’emportera. Mais on n’évitera pas les dégâts collatéraux parmi les spectateurs, pour employer l’expression consacrée. Avis aux Européens.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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« L’UTOPIE OU L’OUBLI », par Paul Tréhin

Billet invité.

Cher Paul,

Votre contribution à ces entretiens sur « l’avenir du progrès » me donne très envie de faire le déplacement de Nice à Paris, à moins que le progrès ne me permette ainsi qu’à de nombreux autres personnes d’y assister sans utiliser un moyen de transport coûteux en énergie et en pollution quand bien même ce moyen de transport serait public…

Cela me donne aussi l’occasion de parler du livre que je viens de finir de relire « Utopia or Oblivion : the prospects for humanity » (L’utopie ou l’oubli : prospective pour l’humanité » de Buckminster Fuller, titre que l’on peut traduire en français « L’Utopie ou la disparition dans l’oubli », en fonction du sens profond de ce livre. Il faudra à l’espèce humaine être utopique dans sa manière de traiter son futur faute de quoi elle tombera dans l’oubli de la disparition…

Mais avant de me lancer dans cette discussion sur un plan théorique j’aimerais dire, sans m’apitoyer sur mon propre cas, que sans les progrès techniques et scientifiques réalisés au cours des 30 dernières années, dans le domaine des traitements médicaux avancés dont la plupart faisant utilisation d’ordinateurs extrêmement puissants, je ne serais pas ici en train de vous écrire… Pour ceux qui ont gardé un peu d’émerveillement pour certaines réalisations scientifiques et technologiques humaines, cherchez avec Google le mot Cyberknife, une technologie de radiothérapie fantastique dont j’ai pu bénéficier il y a environ 4 mois et dont un examen IRM récent, la semaine dernière, a montré l’efficacité tout à fait remarquable… (Notons que l’IRM ou même l’échographie ne serait pas réalisable sans la puissance des ordinateurs qui analysent les signaux détectés par ces appareils… Espérons que « l’avenir du progrès » permettra de plus en plus la réalisations de thérapies aussi avancées et même plus que celles évoquées ci-dessus, mais aussi de mieux cerner les causes du cancer ou celles d’autres maladies graves, que ça n’est le cas encore aujourd’hui.

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L’AVENIR DU PROGRES

Le 7 février prochain, je participerai aux Entretiens de l’Institut Diderot consacrés à L’avenir du progrès. J’aimerais connaître votre sentiment avant de composer mon exposé et je vous propose comme trame pour la discussion un texte que vous connaissez peut-être déjà parce qu’il constitue l’épilogue de mon livre La crise (Fayard 2008 : 313-328).

Les tâches et les responsabilités qui sont aujourd’hui les nôtres

Expliquer la nature en ses propres termes

On trouve sous la plume de Schelling cette pensée merveilleuse que l’Homme est le moyen que la nature s’est donnée pour prendre conscience d’elle–même. Les manifestations de cette prise de conscience ont adopté des formes diverses selon les lieux et les époques, et au sein d’une culture particulière, telle la nôtre, révèlent un processus en constante évolution. Faut-il alors reconnaître l’ensemble de ces manifestations comme également valides, la nature ayant eu autant de manières de prendre conscience d’elle-même qu’il y eut d’opinions exprimées ?

Aux débuts historiques de notre culture occidentale (la Chine est différente), un trait des représentations que l’Homme se fait de la nature et de lui–même en son sein, est que les explications produites ne parviennent pas à rester confinées dans le cadre qu’offre la nature elle–même, elles ne peuvent s’empêcher de s’en échapper constamment et invoquent un au–delà de son contexte : une mythologie d’agents inobservables et proprement « sur–naturels » La plupart des systèmes de croyance traditionnels sont de ce type, qui doivent couronner leurs chaînes explicatives par un « primus movens », un dieu introduit à un niveau arbitraire de la chaîne et censé rendre compte en dernière instance d’une famille de phénomènes liés entre eux pour des raisons essentiellement affectives.

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A PROPOS DE FREDERIC LORDON, CAPITALISME, DESIR ET SERVITUDE, MARX ET SPINOZA, par Jean-Luce Morlie

Billet invité.

«… les maquereaux de ses voluptés et les bénéficiaires de ses rapines » La Boétie, Discours de la Servitude volontaire

Chaque forme d’organisation économique ouvre ou ferme à différentes gammes de sentiments. Quelle forme de joie nous fera collaborer ?

Peter Sloterdijk relève que le mot « colère » inaugure la première phase de la tradition européenne (1) – « La colère d’Achille, de ce fils de Pélée, chante-la-nous, Déesse… ». Les souffrances engendrées par l’effondrement du capitalisme produiront-elles l’écœurement comme condition d’un redressement salutaire, ou bien le dégoût cédera-t-il le pas aux colères vengeresses fondées sur le ressentiment des injustices passées ? Fût-elle cette colère, comme le souligne Sloterdijk, « enjolivée pour prendre les accents de la rédemption du monde, du messianisme social ou du messianisme démocratique ». Observons sur ce blog, que les passions « reconstituantes » bouillonnent déjà, alimentées d’assez d’amertume pour revenir piller ce qui fut jadis enlevé. Crac, chacun y ira de son couplet, videra son ressentiment en promulguant la Loi. Quel pied !

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L’actualité de la crise : LA ROUTE EST LONGUE, TRÈS LONGUE…, par François Leclerc

Billet invité.

Quelqu’un a-t-il une idée du temps que tout cela va encore durer ?

Il semble que non, puisque plus personne ne se hasarde à dire « je vois les jeunes et tendres pousses vertes de la croissance revenue » et que le meilleur discours sur la crise consiste dorénavant à ne plus en avoir. En l’escamotant, ou en la présentant sous le nouveau jour de l’apocalyptique dette publique. En montant en épingle d’autres catastrophes imprévues, comme de redoutables épisodes neigeux en plein hiver, à moins qu’un médicament et un laboratoire ne fassent scandale parce qu’ils tuent, sans qu’aucune responsabilité ne soit – prenons en les paris – jamais établie.

Il fallait fureter dans les pages intérieures du Wall Street Journal, en bas de colonne, pour trouver ce matin « une intéressante information » apportant un début de réponse à cette question. La mégabanque Crédit Suisse vient de vendre un paquet d’actifs pourris à un hedge-fund dénommé Apollo, dans des conditions et un contexte qui méritent d’aller y voir de plus près. Car elle va sortir de son bilan 2,8 milliards de dollars d’actifs hypothécaires pour les vendre 1,2 milliards de dollars, soit après une décote de tout de même 58%.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 24 DECEMBRE 2010

« Tout s’arrange ! »
Le retour des économistes
La Chine sauve l’euro
Bien ranger les dominos
CE N’EST PAS UN PROBLEME DE LIQUIDITE MAIS DE SOLVABILITE !
L’empereur est tout nu
Savent pas, peuvent pas, veulent pas
Karl Marx et la fin du capitalisme
Faire revenir des pilotes dans la cabine de pilotage

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L’actualité de la crise : DES FRACTURES QUI NE SE RÉDUISENT PAS, par François Leclerc

Billet invité.

Il n’y a pas que nos sociétés qui soient à deux vitesses, l’Europe aussi en a pris le chemin. Etrange et frappante similitude, qui veut que les inégalités s’accroissent, aussi bien entre pays qu’au sein de chacun d’entre eux. Persévérant ainsi dans ce qui a été considéré – par les plus éclairés – comme cause majeure de la crise dans laquelle nous restons plongés : la distribution inégale de la richesse. Faut-il s’en étonner ?

Tandis que les agences de notation continuent de dégrader à tour de bras la note de l’Europe d’en-bas, l’écart s’est désormais creusé sur le marché obligataire avec celle d’en-haut. L’accès au marché financier est devenu hors de prix pour les pays dans le besoin et en comparaison presque donné pour les riches. Déroutante constatation : l’argent n’a pas le même prix pour tout le monde.

Entrés à reculons dans des dispositifs infernaux de sauvetage, la Grèce et l’Irlande se préparent à devoir repousser toujours plus loin toute perspective de sortir de ceux-ci et de recouvrir leur autonomie financière, en attendant que d’autres les rejoignent dans leur calvaire. Car il semble qu’une fois la pente descendue, elle ne puisse plus être remontée. Comme si l’ascenseur social – dont on sait qu’il ne fonctionne plus – avait trouvé à une autre échelle son équivalent.

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TOUTES MES EXCUSES SI JE NE VOUS AI PAS REPONDU

J’ouvre accidentellement « Courrier indésirable » dans ma boîte mail, et je découvre avec consternation que vous m’envoyez chaque jour dix à vingt messages que je n’ai jamais vus.

Toutes mes excuses si vous m’avez écrit et je ne vous ai jamais répondu : vos messages m’étaient invisibles. Les messages des dix derniers jours sont toujours là et je suis en train d’y répondre.

Vraiment désolé !

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LE PIEGE WIKILEAKS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Un article du New York Times : Prospect of WikiLeaks Dump Poses Problems for Regulators par Andrew Ross Sorkin, attire l’attention sur le fait que les documents que Wikileaks s’apprête à diffuser à propos d’une grande banque, embarrasseront davantage les régulateurs du monde financier que cette banque elle-même.

C’est vrai. J’ai eu entre les mains (dans le cadre de mon activité légitime au sein de banques américaines !) les documents que l’OCC (Office of the Comptroller of the Currency), le régulateur des banques américaines, et l’OTS (Office of Thrift Supervision), le régulateur des caisses d’épargne, adressaient à l’entreprise pour laquelle je travaillais, pour lui suggérer de modifier son comportement dans tel ou tel domaine ou sur tel ou tel aspect de son activité. Les régulateurs étaient bien informés, mais infiniment compréhensifs. Une lettre assurant qu’il serait apporté sans délai remède au problème soulevé vous offrait un sursis d’un an au moins. Dans le pire des cas, si le problème soulevé était vraiment gênant, on pouvait toujours… changer de régulateur. J’ai assisté à cela chez Countrywide : quand l’OTS est devenu un peu trop pressant, la compagnie a changé son statut de caisse d’épargne à celui de banque pour dépendre dorénavant de l’OCC. Ici aussi, la transition offrirait un sursis d’une durée confortable.

L’absence de régulation ne découle donc pas du fait que les régulateurs ne savent rien, mais du fait qu’ils n’agissent qu’avec une extrême mollesse. Et la raison là, c’est un rapport de force qui leur est défavorable. J’ai rapporté dans Comment on devient l’« anthropologue de la crise », une conversation que j’avais eue (ou plutôt qu’avait eue avec moi) un dirigeant de banque : « Il y a une chose que vous n’avez pas l’air de comprendre mon petit Monsieur : le régulateur, ce n’est pas lui qui me dira ce que je dois faire. Non, ce n’est pas comme ça que les choses se passent : c’est moi qui lui dirai quels sont les chiffres, il ne mouftera pas et les choses en resteront là. Un point c’est tout ! ».

Une simple question de rapport de force. Mais comme on l’a vu avec la publication du livre The Big Short de Michael Lewis, le fait que le public sache désormais aussi ce que le régulateur savait déjà, modifie soudain le rapport de force : on avait finance contre régulateur, et le régulateur était KO au premier round mais avec régulateur et opinion publique d’un côté, contre finance de l’autre, on commence à faire attention aux points.

Bien sûr le régulateur doit justifier alors le fait de ne pas avoir agi, bien qu’il ait su. Mais on l’a vu à propos de l’audition de représentants de la firme Goldman Sachs au sénat américain, il existe une astuce à laquelle on peut avoir recours : mettre en scène une audition, et prétendre que l’on apprend tout le jour-même. Ce n’est pas très convaincant, ne serait-ce que parce que certains des auditeurs ne pourront pas s’empêcher de faire les malins, en posant des questions insidieuses qui trahissent qu’ils en savent beaucoup plus qu’ils ne le prétendent.

« WikiLeaks produira des documents dans lesquels des banquiers discutent de la manière dont ils ont roulé un client, dont ils ont maquillé leurs chiffres ou même comment ils ont roulé les régulateurs dans la farine », suppute Sorkin dans l’article du New York Times. Au vu de la turpitude de dirigeants de grandes banques américaines, le même renversement du rapport de force aura lieu : le régulateur obtiendra le renfort de l’opinion publique.

La réaction des autorités pourrait être la même que dans le cas des faits rendus publics dans The Big Short : une audition au Congrès ou au Sénat. Mais il y a un hic – et un hic sérieux ! – Wikileaks a été désigné comme organisation techno-terroriste par le Vice-Président Joe Biden, ce qui suggère avec insistance que l’on doive ignorer ce qu’elle raconte. Le régulateur aura reçu le renfort de l’opinion publique, et celle-ci comprendrait très mal qu’il n’intervienne pas vu la gravité des faits révélés – même sur le tard, mais l’information aura été procurée par une organisation présentée comme terroriste dans un autre contexte : celui des 250 000 câbles diplomatiques américains transmis à la presse internationale. Peut-on traiter à la fois les informations diffusées par WikiLeaks comme la propagande d’une organisation terroriste et comme des données sur la foi desquelles la justice se doit d’intervenir ? La raison d’État fait le premier choix et le peuple (quel empêcheur de tourner en rond décidément !), le second.

Il y a là un piège, et particulièrement machiavélique. Un certain nombre de personnes doivent s’activer à l’heure qu’il est pour que l’information sur les banques n’apparaisse jamais au grand jour. Il y a deux semaines exactement, je signalais le début de la guerre civile techno ; et ce n’est pas une « drôle de guerre » : il s’y passe plein de choses !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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SORTIR LA FINANCE DE LA NUIT CONCEPTUELLE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Zebu a témoigné de son adoption du concept d’option comme matrice du prix juste. Cedric Mas lui a emboité le pas en définissant le nominal de l’option d’économie juste. Pour parfaire cet édifice de la valeur réelle de la démocratie, il faut poser la règle d’évaluation de la prime d’option d’économie juste. Cette règle est le produit de la démocratie à la condition de différencier par la discussion la réalité conceptuelle de la réalité physique. La discussion de la réalité est un choix moral, c’est à dire une option, et non un fait donné indiscutable en soi.

L’effondrement en cours du système financier mondialisé est la conséquence d’une commode illusion conceptuelle construite sur les insuffisances de la démocratie. La finance hors la loi nationale convainc la démocratie de sa dépendance à une loi qui ne lui appartient pas. Or la réalité physique d’une nation souveraine est bien reliée et distincte de sa réalité conceptuelle à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. La démocratie nationale peut être conservée dans une réalité financière internationale par la prime d’une option de change en monnaie internationale commune aux démocraties.

Il n’est qu’une seule possibilité de rendre la finance compatible avec la démocratie : instaurer un marché international transparent d’options pour calculer le prix variable de traduction incertaine de la réalité physique par les réalités conceptuelles nationales. A défaut d’unité de compte mondiale, la démocratie disparaîtra dans la spéculation financière et l’homme sera devenu esclave pauvre des propriétaires du calcul financier.

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L’actualité de la crise : CHANGER DE LUNETTES, par François Leclerc

Billet invité.

Nous allons devoir chausser de nouvelles lunettes. En France, dans ce pays qui semblait comme protégé de la crise relativement à d’autres, une nouvelle vérité petit à petit se fait jour. Morceau par morceau, une description de la société émerge, qui ne correspond pas avec celle qui était communément admise, au sein de laquelle un certain confort pouvait encore prévaloir. Comme si un miroir était brisé, qui reflétait une image fausse afin de justifier tant qu’il était possible un ordre des choses se voulant immuable.

Les alertes n’avaient pourtant pas manqué, depuis la reconnaissance par Jacques Chirac – le temps d’un discours – de la fracture sociale et la montée de la précarité, jusqu’à la poussée sécuritaire alimentée par des campagnes anxiogènes et l’ancrage d’un racisme banalisé. Mais l’on s’était tant bien que mal accommodé, comme si de rien n’était ou presque, de cette situation dégradée. Est ensuite arrivée la crise financière, lourde de menaces potentielles au regard du mal qui se répand progressivement dans toute l’Europe, là où il est le plus visible, mettant en évidence que les Français n’allaient tôt ou tard pas être épargnés. Et cela change tout.

Celle-ci a en effet un unique avantage, à côté de tant de désastres : elle dévoile au moins partiellement un monde dont l’opacité est la marque de fabrique, laissant à penser que beaucoup encore est caché. Elle fait taire – au moins provisoirement – les thuriféraires de ce que l’on a appelé l’ ultra-libéralisme, comme si le libéralisme ne suffisait pas et qu’il fallait en rajouter. Symboles d’une finance restée mystérieuse, mais dont il a été compris qu’elle était aux commandes, les banques sont désormais l’objet de toutes les suspicions. Mais le constat est douloureux, car cette révélation n’est accompagnée d’aucun remède.

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