209 réflexions au sujet de « LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 28 JANVIER 2011 »

    1. égoïsme en latin cher enfoiré.,le reste est à votre convenance.
      C’est bien ce que dis Mr P.Jorion ..3X …
      Arditi découvriras cela aussi avec Poujudas ..
      l’autre farfelus Ruquier en différer aux hormones…
      respectueusement
      rego

    1. à pierrot123.

      La main invisible du marché tient un révolver.
      Certes, mais pas n’importe lequel, c’est un crédit-révolver.
      Suicide ?
      Pourquoi pas ?
      Mais combien de meurtres avant ?

  1. En résumé, si j’ai bien compris : La « Main Invisible du Marché » existe…
    Elle tient un révolver.
    Et elle s’apprête à un suicide, seule manière « d’en sortir »…

    1. Adam Smith est d’accord avec Jorion (l’inverse), lui-même avait la plus grande réticence envers une main invisible autonome, pour preuve, un extrait de son « Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations-1776 »:

      La proposition de toute nouvelle loi ou règlement de commerce qui part de cet ordre (celui des marchands) doit toujours être écoutée avec beaucoup de précaution (…) Elle vient d’un ordre d’hommes dont l’intérêt n’est jamais exactement le même que celui du public, et qui, dans bien des occasions n’a pas manqué de le tromper et de l’opprimer.

    2. c’est bien çà , sauf que la balle a déjà été tirée, on attend simplement qu’un « médecin » veuille bien faire le constat de décès, mais on en trouve pas.

    3. qu’un « médecin » veuille bien faire le constat de décès, mais on en trouve pas.

      si, justement, il y a des médicastres dévoyés qui pratiquent l’acharnement thérapeutique .

    4. la survie du patient est rentable..
      TF1 et toute la pharmacie vous aide .
      Il y a même NICORETTE,la cigarette qui vous empêche de fumer..
      survivre ,me demande pourquoi naitre? si c’est pour survivre?

      et vlan ,une mise au Château..

  2. Enterrée, la main invisible ? Je le croirai le jour où quelqu’un me conduira sur sa tombe ! Elle ne le sera vraiment que quand l’égoïsme ne sera plus un droit généreusement octroyé au nom de la liberté. La liberté ne se conçoit, (ne devrait se concevoir), que dans une perspective altruiste.

    Notons que dans la relation salariale, on parle toujours de l’échange de (la force de) travail contre le salaire, jamais de la perte de liberté qui en résulte, alors que l’employeur garde la sienne intacte.

    1. @Crapaud rouge, bonjour, je viens ce matin vous enrober de mille douceurs pour vos propos et surtout pour cette phrase :
      « La liberté ne se conçoit, (ne devrait se concevoir), que dans une perspective altruiste. »…
      Elle mériterait d’être traduite dans toutes les langues et patois du monde.

      Crapaud rouge ou Crapaud d’amour?

    2. Sophocle n’a pas écrit Antigone pour « faire pleurer dans les chaumières », (dixit un certain Paul Jorion 🙂 ), mais pour poser une question de fond. On voit toujours dans Antigone une égoïste acharnée parce que l’on considère qu’elle défend l’honneur de son frère, et dans Créon un dictateur éclairé, à tout le moins dans son bon droit, puisqu’il semble défendre l’intérêt de la cité. Je suis révolté contre cette interprétation qui foule au pied des réalités humaines qu’on ne veut pas voir.

      L’honneur que défend Antigone n’est pas celui que la cité ne peut pas rendre à son frère, puisqu’il est traître. C’est l’honneur en tant que défunt. Et Polynice n’est un défunt que pour ses proches. Pour la cité, ce n’est pas un défunt mais un mort, une dépouille. Or, de tradition ancestrale, les être humains ont besoin d’honorer leurs défunts, c’est un besoin crucial pour rester humain. Celui qui ne le ressentirait pas à l’égard de ses proches défunts, serait inhumain. Donc Antigone ne fait que défendre ce qu’il y a de plus humain en elle, et elle le fait au nom de tous : que personne ne puisse être interdit de se comporter en humain, surtout au seuil de la mort.

      Créon commet un abus de pouvoir car le déshonneur qu’il réclame pour Polynice relève de la renommée du personnage, ce qui n’a rien à voir avec le sentiment qu’en ont ses proches. Pour une raison que je ne m’explique pas, on tranche toujours le conflit Antigone-Créon en faveur de ce dernier, alors que c’est la porte ouverte à tous les abus de pouvoir au nom de l’intérêt d’état.

    3. Hum…l’employeur subit aussi des contraintes, plus ou moins selon sa taille et sa position : clients, concurrents, banques, impayés, impôts, lois…

    4. idle, sûrement pas d’amour, je craindrais trop d’être assailli par des hordes de congénères femelles qui en voudraient égoïstement à mes gènes ! Toute blague mise à part, ce n’est pas parce qu’on ne parle pas d’amour qu’il n’y en a pas, et ce n’est pas parce qu’on en parle qu’il y en a. L’amour de la Patrie par exemple, était jadis une façade bien commode.

    5. @ Crapaud Rouge

      La liberté ne se conçoit, (ne devrait se concevoir), que dans une perspective altruiste.

      La lecture d’une telle phrase est un pur bonheur pour tout mon être. Merci du fond du coeur.

    6. Bien vu. Cette façon de présenter les choses est trop abstraite: travail contre salaire. Le code du travail le dit sans détours: il y a statut de salarié quand il y a un lien de subordination (et la limite est poreuse avec soumission) entre employeur et salarié. Il ne s’agit donc pas d’un échange travail contre salaire, mais subordination contre sécurité.

    7. @ Crapaud Rouge. D’où tirez-vous que la plupart des gens se rangent habituellement du côté de Créon contre Antigone ? Il me semble que c’est l’inverse : votre lecture, qui est aussi la mienne, me semble être la plus répandue. Cf. L’Antigone de Jean Anouilh (1944) où Antigone est la résistante face à Créon/Pétain. Je crois me souvenir que cette lecture (la nôtre) était aussi celle de Jean-Pierre Vernant, qui insiste sur le respect par Antigone de la filia familiale et d’une sorte de règle anthropologique qui veut que l’on honore les morts. Mais je ne suis pas sûr…

    8. Vous semblez arbitrer en faveur de l’homme (disons celui des « droits de l’homme » ou de « l’individu libéral », ou encore de la « définition » – je me marre- que certains anthropologues/paléontologues/historiens se croient autorisés à en donner, déguisant un jugement de valeur – « honorer ses morts » derrière un beau discours à prétention scientifique) contre le membre de la communauté, le citoyen. Je suis pour ma part du côté des penseurs classiques, et j’estime qu’il ne s’agit en aucun cas de la porte ouverte à tous les abus au nom de la « raison d’Etat » ou de « l’intérêt général » (si c’était le cas on devrait mettre sur le même plan la condamnation des velléités de Socrate et d’Antigone par la Cité, mais tel n’est pas le cas). En revanche cautionner l’attitude d’ Antigone conduit la Cité à sa ruine.

      Mais indépendamment de ça, il est faux de dire que le frère d’Antigone n’est pas honoré. Bien au contraire même! Il reçoit l’honneur suprême que reçoivent les traitres. Un honneur « négatif » certes, mais on est loin de l’indifférence aux morts qui vous retirent de l’humanité. L’important est d’avoir égard aux morts en tant que tels. Et c’est le cas ici. Le désaccord ne porte donc pas, il me semble, sur humain/non humain, mais sur le traitement approprié qui convient à ce citoyen particulier en vertu de l’histoire qui est la sienne. A la limite c’est peut-être un désaccord entre les exigences de la religion et les exigences de la Cité, ou un désaccord entre deux religions/ »doctrines morales englobantes » (par exemple la vôtre et la mienne, celle d’Antigone et celle de la Cité), mais certainement pas entre humanité/inhumanité- ce serait bien trop « facile ».

    9. Pas mal vu sur Antigone.
      Adolescent, j’avais écrit sur mes trois « héros »; Antigone, Spartakus et Léonard de Vinci.
      Je me sens aujourd’hui en bonne compagnie avec les deux derniers…

    10. @Jean Michel : d’où je tire que la plupart des gens se rangent habituellement du côté de Créon ? D’un parti pris délibéré. J’avoue n’avoir jamais pris le temps de chercher d’autres interprétations, car je n’éprouve pas le besoin de justifier ou consolider ma conviction. Cependant, dans une analyse que j’avais facilement dégotée sur le Net et à usage scolaire, la conclusion était 1 à 0 pour Créon. Et si vous googler « antigone orgueil », vous découvrez très vite qu’Antigone est « orgueilleuse », ce qui la déconsidère totalement. Mais Antigone n’est pas « orgueilleuse » comme Œdipe qui contrevenait, lui, à des tabous fondamentaux : elle ne fait que s’entêter contre l’arbitraire de Créon dont les décrets n’ont strictement rien de naturel. De plus, au-delà de son cas perso, elle se bat pour quiconque pourrait subir le même sort : c’est une militante avant la lettre.

    11. AntoineY, vous répondez mieux que moi à la question que me pose Jean Michel, puisque, selon votre interprétation « classique » : « cautionner l’attitude d’ Antigone conduit la Cité à sa ruine. » Mais la Cité, avant d’être faite de citoyens, doit l’être de citoyens humains. Les devoirs qui incombent au citoyen, membre d’une cité, ne devraient donc pas avoir la primauté sur ceux qui incombent à l’être humain, membre du genre humain. C’est en niant ce principe fondamental que des cités « inhumaines » sont d’ailleurs apparues, environ 2500 ans après Sophocle, je ne vais pas vous faire un dessin.

    12. Crapaud Rouge,

      Si vous voulez dire qu’on ne parle « jamais » de liberté et travail dans la vie de tous les jours je suis assez d’accord, en tout cas pas assez. Sinon, il semblerait que la littérature ne manque pas sur le sujet !

      La perte de liberté ne vient pas du salariat, c’est le contraire : le refus de la liberté a engendré l’organisation sociale, l’Économie, autour du salariat, et avant lui le servage, l’esclavage, la soumission religieuse, la soumission aux dieux, … et … ! Soit on continue à s’occuper de crise financière, ou sociale voire pour les plus téméraires sociétale, soit on passe aux choses sérieuses !

      Le pire c’est que c’est facile à mettre en oeuvre : il suffit d’en parler !!! Mais on ne le fait pas parce que ça fait peur.

      Tchô !

    13. Fab, vous n’êtes vraiment pas sérieux à amalgamer tout et n’importe quoi sous l’étiquette du « refus de la liberté », je cite : « le refus de la liberté a engendré l’organisation sociale, l’Économie, autour du salariat, et avant lui le servage, l’esclavage, la soumission religieuse, la soumission aux dieux« . Quand on vient de lire qu’on se fait passer à tabac et même torturer dans les commissariats égyptiens, et que malgré tout la rue se soulève, enthousiasmée par l’exemple tunisien, vos propos sonnent comme une insulte envers ceux qui viennent de donner leur vie à la liberté.

    14.  » Mais la Cité, avant d’être faite de citoyens, doit l’être de citoyens humains. Les devoirs qui incombent au citoyen, membre d’une cité, ne devraient donc pas avoir la primauté sur ceux qui incombent à l’être humain, membre du genre humain. »

      Et bien, selon le point de vue classique: non (homme= « vivant doué de parole », et la parole ne se développe pas en dehors de la Cité). C’est seulement à partir du christianisme que l’on a pu concevoir un ordre normatif (religieux) qui serait supérieur à celui de la Cité, et qui engloberait l’humanité entière. L’homme, avant toute chose, est « Imago Dei ». C’est bien d’ailleurs le genre de raison qui a permis à l’Eglise de promouvoir le mariage d’amour, ce dernier étant considéré comme un sacrement, les deux mariés étant deux uniques devant Dieu, avant d’être des supports patrimoniaux et sociaux et pour leurs familles respectives.
      Puis, par modifications successives (protestantisme, scientisme, etc…), on en est est venu à soutenir cette position enracinée au cœur de l’idéologie des droits de l’homme (« avant d’être ceci ou cela, je suis un être humain », et partant ce qui m’est dû m’est d’abord dû en tant qu’être humain, et puis ensuite en tant que citoyen ou autre).

      Accordons le bénéfice du doute aux Modernes.
      « Homme », pour les Modernes, décrit un enracinement ontologique, une condition à laquelle on n’échappe pas, alors que pour Aristote par exemple l’attribut « Homme » se mérite et n’est certainement pas un donné inconditionné. Si tel est le cas, alors quoi quelle que soit la trame de l’histoire, quoique fasse Créon, quoique fasse Antigone, et quoique fit son frère, alors ils auront toujours été traités en être humain par des êtres humains, parce qu’aucun des protagonistes n’échappe à sa condition humaine. Peut-être l’humanité est-elle passablement plus ig-noble qu’on ne le pensait, mais c’est là une autre question.

      Mais faisons fi de ce paralogisme (qui consiste à mettre du « symbolique / normatif » dans du « descriptif », par un joli effet de manche qui n’arrange au fond que la bonne conscience de l’occidental, tout heureux de pouvoir donner là un tour absolument universel à ses croyances particulières, et qui lui permet également de s’ériger en donneur de leçons au reste du monde), et admettons quand même que « homme » soit une catégorie « normative » et citoyen « également »:
      Ce que je vous dois, en tant que citoyen, est déjà plus important que ce que je vous dois en tant qu’homme (c’est à dire en vertu du simple substrat bio-psychologique qui fait de vous un membre de l’espèce « homme »). Si vous ne m’accordez que ce que je vous dois en tant qu’homme, vous m’accorderez sans doute moins que vous ne me devez. Et si vous m’accordez ce que vous me devez en tant que citoyen, et bien j’aurai toujours plus que ce que j’aurais eu en tant qu’homme. Traiter le frère d’Antigone indépendamment du sort que les citoyens réservent à ceux qui ont mené leur vie comme il l’a fait, c’eut été l’insulter, ne pas rendre « hommage » aux choix qu’il avait fait, et à la vie qu’il avait vécu. Parce qu’il SAVAIT ce qui l’attendait. Et il a agi « en connaissance de cause ».

      Tout ceci, bien sûr, n’exclut pas le pardon, la réconciliation, ou la magnanimité, mais ce n’est certes pas sur ce fondement que vous argumentez pour critiquer le sort réservé à la dépouille du défunt.

    15. @Antoine Y: excellent.

      Concernant le débat ici, je ne comprends pas pourquoi entre Antigone et Cléon, il faudrait que l’un ait raison et pas l’autre, qu’il y ait un bon et un méchant. La beauté de la tragédie, ce qui fait pleurer, c’est qu’il y a une confrontation de points de vue parfaitement défendables et justes l’un comme l’autre. Ce qui les oppose, c’est la situation, pas la morale. A la place de Cléon, il faut agir comme Cléon. A la place d’Antigone, il faut agir comme Antigone.
      Ce n’est à mon avis pas un hasard si la tragédie est née au même moment et au même endroit que la démocratie. La démocratie est elle-même débat entre points de vue opposés et tous parfaitement légitimes.

    16. @AntoineY : votre discours savant et bien fait m’impressionne, et m’embarrasse parce que vous étendez le débat à ses bases conceptuelles. Moi a raison de remarquer qu’il n’y a pas de raison pour que l’un ait raison et l’autre non, sinon le besoin de nouer une tragédie pour faire pleurer dans les chaumières. Mais il apporte de l’eau à mon moulin : Polynice méritait le déshonneur de la Cité, à titre public, mais sa sœur, à titre privé, avait droit de rendre hommage à son frère. Et dire que l’égoïsme d’une seule menace les fondements de la Cité, non, absolument non, c’est plutôt le contraire, car les liens entre citoyens ne sont jamais qu’une extension de ceux du sang. Posons que la Cité n’existerait pas sans le tabou de l’inceste qui oblige à procréer hors de sa famille : on en déduit que la référence à la consanguinité, et donc la fraternité, lui est « congénitale », si j’ose dire. L’interdit de Créon s’en prend donc à la « brique élémentaire » de la Cité pour dire qu’elle n’a pas droit de Cité quand lui le décrète. Ca ne colle pas. Créon a tort.

    17. @crapaud

      Je crois qu’il vaudrait mieux relire Sophocle et oublier l’Anouille, anoure.. Et, à propos d’inceste et de consanguinité, se rappeler que cette pov’ folle d’Antigone était la fille d’Oedipe, son demi-frère et de Jocaste, sa grand-mère et sœur de Créon, l’autre fêlé de la tragédie, qui récupéra le trône d’Oedipe par elle après son suicide. Et Antigone fut les yeux d’Oedipe après qu’il se fut crevé les yeux (oui oui, avec la broche de la grand mère-reine-mère-femme-soeur, enfin tout ça quoi… fermer la parenthèse).

    18. @AntoineY : votre discours m’embarrasse parce que vous étendez le débat à ses bases conceptuelles.

      Je force un peu le trait, de façon pédagogique, afin de bien marquer les différences. Disons que le cas sert de prétexte. Et qu’il s’y prête bien. Bien sûr je pense que les Anciens avaient raison (mais pas sur tout, en particulier bien sûr sur l’esclavage), mais j’aimerais également qu’on comprenne que ce n’est pas parce-qu’on condamne Antigone que l’on a pour autant ouvert la voie à tous les totalitarismes et que bientôt les seules musiques autorisées seront les marches militaires… Cela, c’est ce qui risque de se produire quand on arbitre dans le sens d’Antigone: après tout, les arguments que vous soulevez sont exactement ceux du rationalisme politique moderne et de la science politique qui l’accompagne, et ce sont ceux là-même qui furent incapables de comprendre et de condamner la montée des totalitarismes de l’entre-deux guerres.

      Moi a raison de remarquer qu’il n’y a pas de raison pour que l’un ait raison et l’autre non, sinon le besoin de nouer une tragédie pour faire pleurer dans les chaumières.

      oui et non. Il s’agissait de faire pleurer ET d’éduquer à la citoyenneté à l’époque. Cela dit, la remarque de Moi m’interpelle. Quel lien entre « rôle » et « règles de conduite »? Quelle hiérarchisation des rôles entre-eux? Comment se servir de ça pour prescrire ses opinions et ses actions au banquier? Est-il dans son rôle lorsque, sans violer la loi (admettons même l’esprit de la loi), ils e livre à des pratiques qui sapent les bases de la communauté politique à laquelle il appartient? Peut-il arguer de son rôle de « banquier » comme d’une excuse? Est-ce là une nouvelle bonne raison d’insister sur le primat du politique sur le marché? Le marché n’est-il pas le droit qu’aurait chacun de se créer un (nouveau) rôle, inexistant auparavant, et indépendamment de tout contrôle de la communauté. La différence entre Antigone et Créon et nous-même ne serait-elle pas d’abord que leurs rôles sont fixés et publiquement connus/maîtrisés de tous les regards qui se portent sur eux?

      Mais il apporte de l’eau à mon moulin : Polynice méritait le déshonneur de la Cité, à titre public, mais sa sœur, à titre privé, avait droit de rendre hommage à son frère.

      Cette idée de « titre privé/titre public » n’ade sens que dans un monde post-chrétien, voire post-protestant. Ca n’apporte donc en rien de l’eau à votre moulin, bien au contraire.

      Sa sœur n’a aucun droit. En vertu de quoi (qui n’aurait pas déjà été discuté dans les clarifications conceptuelles précédentes)??? La loi s’applique. Son frère la connaissait! En choisissant le camp des traîtres son frère l’a privée de cette possibilité de lui rendre hommage comme il convient de le faire pour n’importe quel membre de la communauté, et qui était par conséquent son droit avant qu’il ne trahisse son peuple (ce frère est d’ailleurs tout sauf un « Jean Moulin » ou un « Socrate », les deux étant au contraire bien plus fidèles à la Cité que ne le sont les « citoyens » et les lois qui les condamnent). Qu’elle demande poliment à la communauté, comme une faveur extra-ordinaire, de pouvoir lui rendre hommage, certes non comme à un traître mais au frère qu’il était, c’est bien sûr son droit, mais qu’elle revendique le fait de pouvoir lui rendre hommage dans les conditions qui lui conviennent à elle, comme un droit pur et simple, c’est une farce, à la limite de l’insulte. Le simple fait qu’elle puisse oser argumenter pour plaider sa cause sur une base « privée », comme vous voudriez qu’elle puisse le faire, serait totalement impensable et scandaleux pour un grec. Du reste, Sophocle s’en abstient. Qu’elle s ‘en prenne à son frère! Peut-être même le déshonore t-elle d’ailleurs bien plus que la Cité, qui a au moins le mérite de l’honorer conformément à la manière dont il avait choisi de vivre et donc, de mourir.

      Antigone plaide sa cause en laissant entendre qu’elle ne devrait pas être la seule à les partager en vertu des croyances mêmes de la Cité, et discute donc un point d’exégèse sur ce que la Cité doit aux Dieux (c’est là très différent de ce que vous revendiquez). Elle argumente sur une base strictement « publique » (la religion de la Cité étant une affaire publique et non pas privée).

      Si on devait reformuler en utilisant la partition public/privé, qui n’a aucun sens dans le contexte de Sophocle, ce serait: « son frère est condamné à ne pas pouvoir recevoir d’hommage privé ». C’est précisément là le sens du châtiment!!! C’est cela que signifierait « ne pas pouvoir recevoir d’hommage public ». Ou à l’inverse: qu’un seul hommage, même privé, à titre privé, puisse lui être rendu et c’est comme si un hommage public lui avait été rendu (non pas indirectement parce qu’autoriser publiquement un hommage privé le rend déjà public, mais directement parce que l’hommage qu’elle veut lui rendre est celui conforme aux exigence des Dieux de la Cité, et par conséquent public!)
      L’attitude de la Cité est d’ailleurs non pas une manière non pas de l’exclure de l’humanité, mais de le maintenir, de le reconnaître en tant que membre de la communauté dirait Hegel. Même dans la mort il reste « un des leurs », soumis à la loi commune. Ou encore: « on ne sort pas de la communauté même dans la mort ». C’est un tout. Seule une époque post-chrétienne, chrétienne (parce que la religion est universelle, plus englobante que la Cité, et ne se confond pas avec elle) ou athée (parce qu’ici la communauté est plus large, au sens où le totale de ses membre excède le total des membre de chaque religions particulière qu’elle contient) peut disjoindre les deux à votre manière: Ca aussi, ça n’a aucun sens dans la Cité de Créon. Et vous ne pourrez argumenter contre Créon qu’en opposant votre religion (même sans Dieu) à celle de ce peuple.
      Le libéralisme moderne, avec sa conception de l’homme et sa conception de l’individu privé, aurait argumenté sur votre base privée/public, et ce faisant, l’aurait arraché à la communauté pour le réintégrer dans l’humanité. Magnifique conjonction du « privé » et de « l’humain », qui réservera bien des surprises… par exemple l’idée d’un prétendu droit naturel et sans limite à la propriété privée, entre autres… qui n’aura pas d’autre justification au fond.

      Et dire que l’égoïsme d’une seule menace les fondements de la Cité, non, absolument non, c’est plutôt le contraire, car les liens entre citoyens ne sont jamais qu’une extension de ceux du sang.

      Pas de passe droit. Isonomia: la loi égale. C’est une question de principe. On ne voit pas vraiment en quoi une exception aurait quoique ce soit de « bon » pour la communauté en l’espèce. La demoiselle n’a rien fait qui mérite un tel cadeau, un tel sacrifice, même infinitésimal, de la part de la Cité. En plus elle ne demande pas. Elle exige! Encore une fois, la Cité pourrait se montrer magnanime. Mais ce n’est certainement pas une obligation àl’égard de sa personne « privée ». Et je ne vois pas ce qui pourrait motiver un précédent dans lequel il n’y a rien de bon à gagner.
      Est-ce que cela menace les fondements de la Cité? Je ne sais pas… si demain les citoyens commencent à penser qu’on peut trahir sa Cité sans que les Dieux de la Cité n’en soient offensés (hommage rendu dans la mort), ou s’ils conçoivent que le Roi est au dessus des Lois de la Cité (!), ou qu’ils peuvent s’autoriser à être des frères ou des sœurs de sang avant d’être des membres de la communauté politiques qui se considèrent comme des égaux, oui ça peut être gênant…

      Par ailleurs, il faut toute une communauté pour élever ne serait-ce qu’un enfant. La famille n’est pas le fondement de la société!!! Plutôt l’inverse… Enfin selon certains anthropologues (j’ignore s’ils sont majoritaire mais cette position se tient, et je l’aime bien).


      Posons que la Cité n’existerait pas sans le tabou de l’inceste qui oblige à procréer hors de sa famille : on en déduit que la référence à la consanguinité, et donc la fraternité, lui est « congénitale », si j’ose dire. L’interdit de Créon s’en prend donc à la « brique élémentaire » de la Cité pour dire qu’elle n’a pas droit de Cité quand lui le décrète. Ca ne colle pas. Créon a tort.

      ????

      J’avoue que je ne vois pas pourquoi nous devrions accepter de poser cette brique soit-disant élémentaire de l’inceste. J’écris « soit disant » parce-qu’elle est pré-politique, et certainement là pour des raison d’adaptation de l’espèce, la préférence allant viscéralement au patrimoine génétique le plus éloigné semble t-il. Dire que c’est « pré-politique » c’est également dire que, c’est un élément décisif pour la survie de l’espèce indépendamment de toute considération d’ordre politique, voire de toute communauté humaine (comme peut l’être le langage), et non pas de telle ou telle communauté politique particulière en tant que telle.
      Mais admettons: Si la décision de Créon revenait à permettre l’Inceste, voire à en faire le seul mode de reproduction disponible je comprendrais, mais là… le passage du tabou de l’inceste à Antigone me paraît, même sur le plan symbolique, pour le moins… ésotérique. En tout cas je ne vois pas…

    19. @Antoine Y: « Il s’agissait de faire pleurer ET d’éduquer à la citoyenneté à l’époque. »

      Tout à fait. Mais quelle est la leçon civique ici? Est-ce montrer qu’il y a une hiérarchie des rôles, avec le primat de Créon (qui incarnerait le devoir citoyen, public) sur Antigone (qui incarnerait le devoir traditionnel, privé)? Ou n’est-ce pas plutôt (c’est là mon opinion) montrer que les rôles de Créon et d’Antigone sont tous deux politiques, c’est-à-dire tous deux parfaitement respectables. Autrement dit, mettre en scène la condition tragique d’une société démocratique.

      Si je pense cela, c’est qu’Athènes baignait alors dans le débat démocratique, dominé par les sophistes. La beauté du débat n’étant pas que tel ou tel a raison (c’est Platon qui introduira un peu plus tard cette notion), mais que deux positions politiques s’affrontent, c’est-à-dire deux choix de la société divisant la société et qui devra être résolu par la société (sur l’agora donc). Il faut voir cela comme un conflit intérieur, qui à l’extrême devient guerre civile. C’est ainsi que dans la tragédie le conflit extérieur, entre personnes défendant deux choix distincts qui se réclament sincèrement du bien public, se voit refléter en miroir dans un conflit intérieur de chacun des personnages (le dilemme tragique).

      « Est-il dans son rôle lorsque, sans violer la loi (admettons même l’esprit de la loi), ils e livre à des pratiques qui sapent les bases de la communauté politique à laquelle il appartient? »

      Le rôle de banquier ne peut pas être juste dans ces conditions, un rôle ne peut être juste s’il détruit les bases de la communauté politique. En d’autres mots, il ne s’agit pas d’un rôle politique.
      Antigone, elle, est tout aussi citoyenne que Créon car la piété et le sens du devoir familial font partie des devoirs du citoyen (Socrate l’a appris à ses dépens, avec son hybris rationaliste et aristocratique). Elle défend juste un autre point de vue sur ce qu’il est bon de faire pour le bien commun. Antigone n’a pas une position égoïste mais politique. N’oublions pas qu’à la fin, la cité risque de pâtir de l’attitude de Créon qui a courroucé les dieux et celui-ci se ravise mais trop tard. Au final, c’est bien Antigone qui avait vu juste sur ce qu’était le bien commun.

    20. Crapaud Rouge,

      Je vous remercie : mon CV s’étoffe. Après le « gourou » et la « tentative de mener l’humanité à un suicide collectif » de jducac, me voici en train d’insulter tout un peuple ! Et pas n’importe quel peuple : le peuple de Pharaon, de Rê, qui a fait les pyramides et tout.

      Si par liberté vous entendez le droit de mettre un bulletin dans l’urne tous les cinq ans ou de se promener en étant sûr de ne pas se faire embarquer par la police pour une sombre raison, pour une histoire religieuse ou de caténaire, il est clair que nous aurons du mal à nous comprendre. Si par liberté vous entendez ce que l’on peut perdre quand on entre en salariat, et il me semble que vous parliez de ça, c’est déjà mieux. Mais ce n’est toujours pas ça, sauf à imaginer de gros méchants esprits pervers qui se seraient réunis afin de mettre au point un instrument liberticide à je ne sais quelle fin, et qui l’auraient appelé salariat… et qui auraient reçu cette mission par un message transmis tout au long de l’histoire de l’humanité et qu’il faut adapter à chaque époque.

      Je vous en prie, soyons sérieux ! Nous sommes entrés en société avec nos peurs existentielles, et elles n’ont pas disparu d’un coup de baguette magique. La meilleure manière que nous avons trouvée pour vivre avec, pour les balayer sous le tapis de la conscience sans qu’elles ne viennent sans cesse perturber notre habitude, fut de déléguer le choix de notre vie au groupe : « Occupe-moi Ô Groupe ! Démerde-toi comme tu veux mais trouve-moi de l’occupation afin que mes vieux démons ne réapparaissent pas ! », c’est ce que j’appelle le refus de liberté. Et je maintiens que c’est ce qui nous a menés dans les bras du salariat, cette servitude moderne et volontaire.

      Cerise sur le gâteau : certains parlent de démocratie !

      Bonne journée : http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/articles.php?lng=fr&pg=270 , de l’Académie de Grenoble !!! Espérons qu’ils aient pensé à inviter ce monsieur Kant ce week-end, qu’il soit disponible et qu’il ait envie de se déplacer. Prion mes frères. À suivre…

    21. Fab:« le refus de la liberté a engendré l’organisation sociale, l’Économie, autour du salariat, et avant lui le servage, l’esclavage, la soumission religieuse, la soumission aux dieux« . Crapaud Rouge: Quand on vient de lire qu’on se fait passer à tabac et même torturer dans les commissariats égyptiens, et que malgré tout la rue se soulève, enthousiasmée par l’exemple tunisien, vos propos sonnent comme une insulte envers ceux qui viennent de donner leur vie à la liberté.

      Il est certain que nous devons avoir le plus profond respect pour les peuples maghrébains qui se battent pour leur liberté, mais ne croyez surtout pas qu’il font le travail à notre place.
      Nous sommes dans une situation baucoup plus privilégiée qui pourrait nous permettre d’exercer notre liberté, de refuser le formatage par le système en place.
      Comme le dit Fab, n’ayons plus peur de notre liberté, exigeons d’une manière ou d’une autre de pouvoir l’exercer à travers nos capacités, nos savoir faire, nos aspirations en les frottant à celle des autres. Au fond, n’est-ce pas le but de ce blog.
      Comme Fab, je reste persuadé que ce n’est pas au travers du salariat que se situe la solution de la crise,
      J’ai réalisé des choses qui auraient été impossible à travers le salariat et je n’ai pas attendu Fab pour passer à l’action, mais je me réjouis de sa présence sur ce blog, cela me rassure.
      Allez, continuons à en parler, c’est la meilleure aide que nous pouvons apporter à nos frères Maghrébiens.

    22. Antoine, vous venez de m’offrir une magnifique leçon, très enrichissante pour moi et fort généreuse de votre part. Ne pouvant répondre sur le même registre à l’honneur que vous me faites, je commencerai, en guise d’excuse, par une confidence : je ne dois pas mon parti pris pour Antigone à une philosophie « post-chrétienne » bien solide, (je suis trop peu cultivé pour cela), mais à un événement personnel tragique : le décès de mon jumeau auquel je n’ai pas pu rendre les honneurs funèbres. J’avais alors 24 ans, aucune maturité, et un père trop catholique pour offrir une cérémonie quelconque à un fils athée qu’il croyait suicidé. (J’apprendrai des décennies plus tard que d’autres gens ont trépassé dans les mêmes conditions, un passage dangereux sur une voie ferrée, ce qui ramène le « suicide » à un banal accident.) Je m’en suis largement remis, heureusement, mais longtemps j’ai dû vivre avec un mort-vivant au cœur de mes pensées, et le sentiment sourd d’être exclu.

      Quand je découvre la pièce, en janvier 2005 seulement, c’est pour moi une révélation. Je m’identifie d’emblée et parfaitement à l’héroïne dont j’imagine qu’elle aimait son frère comme moi le mien. Je comprends ses motivations de l’intérieur, et d’autant mieux que j’avais écris un an plus tôt, donc sans rien savoir du personnage, un texte lyrique par dérision dont voici l’extrait le plus significatif :

      « Mon jumeau n’a fait aucun mal et ne méritait pas de mourir ! J’en suis trop fermement convaincu pour ne pas chercher justice en me rendant indigne de connaître la vie. Un dieu méchant l’a pris en otage et me contraint à la faute qui excusera la sienne. J’aurais dû mourir dans ses pas au lieu de survivre à son trépas ! J’aurais dû leur cracher ma vie, à ces dieux scélérats ! J’eusse au moins sauvé l’honneur, et celui d’Az-zahr qui nous avait mariés dans un utérus profond et noir. Mais j’étais bien trop lâche et futile pour renoncer à la vie, bien trop faible pour oser lire mon devoir dans le regard des dieux ! C’est en toute inconscience que je m’inscrivis à l’ordre des cafards, ignorant que leur nom recelait un trésor de vérité : il vient de l’arabe kâfir qui désigne l’infidèle ! Aussi n’est-ce pas sans illusion ni ridicule que je crois être fidèle à mon jumeau en renonçant à ma fierté, que je ploie sous la honte, m’accroche à la vie comme un insecte, et me fuis comme un pestiféré. Ce n’est pas le sceptre de la vie qui me tombe des mains, mais le poignard qui devrait me tuer. »

      Bien sûr qu’Antigone est « orgueilleuse », mais comme la Vie doit l’être face à la Mort, car il en va de la dignité humaine de ne pas s’abaisser à survivre dans l’indignité. La Cité elle-même ne devrait pas en disconvenir, elle qui exige le sacrifice de ses membres quand son honneur est en jeu. Antigone est seulement ce personnage qui a une profonde conscience de l’origine de sa dignité, et pour qui il vaut mieux mourir que de survivre sans accomplir son devoir. La loi de Créon est limpide : elle concède aux citoyens une certaine dignité, mais s’arroge en échange un droit absolu sur leurs âmes, et leur dénie une source de dignité indépendante. J’appelle ça une Cité de vendus. Dès lors que la Cité s’autorise à transgresser les lois « non écrites » et de haute tradition, elle ouvre ses portes à l’inhumanité. Les droits de la Cité doivent prévaloir sur ceux de ses membres, mais à une condition bien précise : que ces derniers soient toujours en mesure d’accomplir leurs devoirs d’êtres humains, antérieurs à la Cité et la Parole qui la fonde.

      L’interdit de Créon s’attaque au fondement de l’humanité qui se trouve selon au moi à ce croisement, (je me cite à nouveau) : « La conjonction du langage vivant et de la conscience morbide a fait surgir un « monde des mots » et un « monde des morts » qui, à l’instar des jumelles et des jumeaux, n’auraient jamais pu naître l’un sans l’autre. Sans le monde des mots, les morts ne sont plus « nos chers disparus » mais des carcasses putrides, bonnes pour les vautours. Sans le monde des morts, les mots ne sont plus que des signaux, codés et sophistiqués, que s’échangent des fourmis simiesques. Chacun d’eux n’est rien sans l’autre, chacun d’eux a besoin du poids et de la réalité de l’autre pour que « l’être humain » soit un être réel du monde réel. » Sophocle avait mis un piège dans sa pièce : ce droit par Antigone revendiqué n’est pas n’importe lequel, il est irréductible à tout autre car il est à l’origine de tous les autres.

    23. Fab, je ne sais pas ce que vous mettez dans le mot liberté, et je proposais seulement d’y mettre autre chose à l’envisager dans la perspective de l’altruisme. Mais vous me répondez que la liberté fait peur, et que cette peur explique tout. Je retrouve là un dérivé, sans doute maladroit, de la thèse de La Boétie : une cause unique pour tout expliquer, ça se range dans le tabernacle des inventions religieuses. Quant à l’insulte envers les morts tunisiens, (et pas envers « tout un peuple », au demeurant bien vivant, lui), oui, tout à fait, je maintiens mordicus, car eux ils savent ce que c’est la liberté : quelque chose qui leur fait cruellement défaut, assez pour risquer leur vie. Alors, vos profondes théories sur la « peur de la liberté »…

    24. @crapaud: « que ces derniers soient toujours en mesure d’accomplir leurs devoirs d’êtres humains, antérieurs à la Cité et la Parole qui la fonde. »

      La piété religieuse et le respect dû aux morts ne sont pas antérieurs à la Cité, comme l’archéologie le démontre. Ils en sont consubstantiels. Ce sont là des devoirs de citoyens, imposés par le bien commun. Antigone est parfaitement citoyenne dans son attitude même si elle rentre en conflit avec la loi écrite. La Cité ne se confond pas avec la loi, celle-ci n’en est qu’une expression qui par ailleurs peut très bien être (provisoirement) opposée à la survie de la Cité elle-même (on le voit avec certaines lois nazies ou encore les lois autorisant la spéculation alors que cela sape la Cité). Les lois peuvent être mauvaises et aller contre le bien commun.

      Vous avez parfaitement raison de défendre votre position. Et vous le savez d’instinct (l’instinct citoyen car l’homme est un animal politique).

    25. Les représentations modernes sont « inconscientes ». Nous baignons dedans, à moins d’avoir fait le parcours jusqu’aux bifurcations fondamentales (avant machiavel et Hobbes). Il faut rompre avec Hegel et Weber pour accomplir ce parcours, et reprendre à nouveau frais l’histoire de la pensée politique et religieuse occidentale. La conception des Anciens protège contre les horreurs du XXe siècle. La conception moderne nous jette dans la barbarie, sous couvert de nous en protéger. Ce n’est pas un hasard si le XXe siècle fut riche de catastrophes politiques en tout genre. Ce n’est pas seulement dû à l’expansion de l’emprise technique de l’homme sur son environnement et ses congénères. La manière Moderne de concevoir l’homme, l’individu, le public et le privé, le droit, l’économie, est politiquement pathogène (sous couvert de nous prémunir de certains dangers, elle ne voit pas qu’elle est elle-même solidaire de ces dangers, et qu’elle est redevable des mêmes conceptions fondamentales qui nous y précipitent). La difficulté c’est: comment penser à nouveau frais nos démocratie (ce qu’il y a de meilleur en elles) à partir du champ conceptuel et des opinions de la philosophie politique classique? Un peu la problématique de Pierre pour la finance, ou de Paul pour les prix. Retour à Aristote et aux médiévaux, bien plus sages que nous sur nombre de points… Pour moi l’interprétation de Anouilh est typique du hiatus/chiasme entre monde Anciens et Modernes.

      J’ai tout de suite ressenti ce qu’il y avait de viscéral, d’existentiel, dans votre position… vous n’étiez pas obligé de vous livrer autant, crapaud… Des bisous.

    26. @ Fab dit : 29 janvier 2011 à 06:39

      Je vous remercie : mon CV s’étoffe. Après le « gourou » et la « tentative de mener l’humanité à un suicide collectif » …….

      Il y a effectivement des possibilités de dérapages. Pour ma part, je ne crois pas vous avoir qualifié de gourou, ni d’avoir déclaré voir en vous un meneur tentant de conduire l’humanité à un suicide collectif.

      C’est probablement la traduction que vous avez faite de mes propos quand j’ai évoqué les sectes « Ordre du temple solaire » et « Temple du peuple ». C’est vrai, je vois ces sectes comme des groupes de personnes qui se sont persuadées d’une possibilité de vivre une vie merveilleuse et qui, face à leur incapacité à vivre leur rêve, en sont venues à se suicider.

      Pour avoir perdu un membre de ma famille dans une secte de ce genre, je pense de mon devoir de mettre en garde mes congénères quand je vois germer des projets tellement irréalistes qu’ils me semblent porter en eux-mêmes ce type de risques.
      Laisser croire qu’il est possible à l’homme de vivre sans travailler, alors que l’homme s’est différencié de l’animal en travaillant et capitalisant, me semble être suicidaire, pour l’humanité. C’est probablement une façon accélérée de retourner à l’Olduvaï : http://generationsfutures.chez-alice.fr/petrole/olduvai.htm

      En tous les cas, il ne faut certainement pas que nos divergences de perception, nous amènent à des conflits stériles. Nous sommes sur le blog de Paul Jorion et devons y faire honneur en argumentant nos positions respectives, sans avoir recours à la violence qui peut émerger comme ultime arme.

      En recherchant dans nos précédents échanges, je suis tombé sur celui dans lequel vous évoquez le maurrassisme, Sarkosy et Guaino. Quand on en arrive à ces évocations, je les ressens comme l’expression d’une violence à laquelle on peut avoir recours en ultime défense quand on est à court d’argument. Vous ne m’avez pas répondu, et nos échanges ont cessé.

      Puis, de votre propre initiative, vous m’avez fait connaître Pierre Alexeiévitch Kropotkine, afin de me permettre de voir sur quelle théorie s’appuyait Fujisan pour étayer sa position sur les capacités d’entraide chez l’homme et les animaux.
      Pour le coup, j’ai trouvé cette attitude très positive, de la part d’une personne que je ressens plutôt négative quand elle s’emploie à diffuser les œuvres de Pierre Lafargue,(l’éloge de la paresse), de la Canaille et autres du même style. Je reçois ce type de documents, plus comme des provocations un peu irrévérencieuses, que comme des éléments expliquant et justifiant vos conceptions.

      Je veux bien que ne pas travailler soit un idéal, mais j’attends toujours que vous m’expliquiez comment c’est possible pour l’humanité à moins de s’acheminer à vitesse accélérée vers l’Olduvaï. D’où mon expression de suicide de l’humanité et retour à l’animalité.

    27. @ Moi
      oui: c’est « religion contre religion », « bien commun contre bien commun » (ce qui est peu ou prou la même chose ici).

      Pour les banquiers… et le lobbying, et les agences de com, et tout le reste…il nous manque une théorie politique de la responsabilité, de son partage, de sa distribution, de ses formes, de ses effets, de ses usages. Seulement quand nous aurons ça, et que nous pourrons l’articuler aux dispositifs chargés de remplacer les modes actuels d’allocation du capital, nous disposerons d’un rouleau compresseur théorique. S’appuyer sur les conséquences néfastes du système ne suffit pas, c’est encore faire trop de concessions et laisser un doigt dans l’engrenage (c’est encore penser en terme de « système anthropotechnique » et non pas en terme de « gouvernement politique ». Enfin disons que c’est ainsi que je vois les choses… et la réflexion sur les rôles et leur commodification me paraît importante pour ça…

    28. Antoine, effectivement, je n’étais « pas obligé de me livrer autant », mais j’ai été très sensible à la qualité de votre réponse, et n’avais pas d’autre élément consistant. Mais surtout, comme vous l’avez constaté, c’est viscéral chez moi, pulsionnel, alors tant pis ! La version d’Anouilh, que je commence à découvrir depuis hier, par bribes, ne me semble pas coller du tout avec l’original. A voir Antigone discuter avec sa nounou, il en fait d’emblée une gamine, ce qui justifie ensuite que Créon dédaigne la condamner à mort. On voit mal pour quels motifs une telle gosse pourrait se rebeller, et de quelle vérité profonde elle pourrait se faire la messagère, sinon celle d’une fatalité irréaliste dans sa bouche.

      ANTIGONE : Bien sûr. A chacun son rôle. Lui, il doit nous faire mourir, et nous, nous devons aller enterrer notre frère. C’est comme ça que ç’a été distribué. Qu’est-ce que tu veux que nous y fassions ?
      ISMENE : Je ne veux pas mourir.
      ANTIGONE, doucement : Moi aussi j’aurais bien voulu ne pas mourir.

      Il en fait une sorte de Christ habité de sa destinée. Débile.

    29. @Moi : « La piété religieuse et le respect dû aux morts ne sont pas antérieurs à la Cité, comme l’archéologie le démontre. Ils en sont consubstantiels. Ce sont là des devoirs de citoyens, imposés par le bien commun. » : le « respect dû aux morts » résulte d’une conscience collective déjà sophistiquée et organisée. Je présume qu’elle a pour ancêtre, – selon mon imagination, zéro référence anthropologique -, un sentiment naturel qui ne doit rien à la collectivité. C’est pourquoi il incombe plutôt à la collectivité d’aider les proches à ne pas se sentir emportés dans la tombe avec le défunt. Des funérailles secrètes n’auraient aucun sens, Sophocle l’avait bien compris :

      ISMÈNE. – Ne confie au moins ton dessein à personne. Agis secrètement. Je me tairai aussi
      ANTIGONE. – Hélas ! parle hautement. Tu me seras plus odieuse si tu te tais que si tu révèles ceci à tous.

    30. Je reprend une dernière fois. Parce que l’argumentation sur la dignité est elle-même typiquement moderne dans sa facture. Intéressant d’en démonter la mécanique.

      La Cité elle-même ne devrait pas en disconvenir, elle qui exige le sacrifice de ses membres quand son honneur est en jeu.

      J’ose espérer qu’une Cité sage ne sacrifie pas ses membres simplement pour une question d ‘honneur… La Cité, du reste, bien que je ne comprenne guère le sens de la phrase, n’en disconvient pas !

      Antigone est seulement ce personnage qui a une profonde conscience de l’origine de sa dignité, et pour qui il vaut mieux mourir que de survivre sans accomplir son devoir.

      Parler de « dignité », n aaucuns sens ici : c’est justement là un concept issu de l’humanisme chrétien par excellence, qui n’avait pas sa place dans le monde ancien, et qui est un faux ami de surcroît (un de ceux bien commodes pour tuer la philia ou les liens de l’amitié civique : je vous devrai toujours moins en vertu de la dignité que ce que je vous devrai en vertu des liens de l’amitié civique : une bonne amie des libertariens, la dignité, pour sûr. Un moment j’ai pensé faire ma thèse de philosophie sur l’histoire de cette fumisterie…). Antigone n’a aucune conscience de sa dignité, puisque ce terme ne ferait aucun sens pour elle.
      Ce que je dis c’est justement que ce n’est pas là son devoir. Son seul devoir est de se taire. Car ce prétendu devoir de piété filiale, elle le place simplement là où ça l’arrange, pour son petit confort émotionnel personnel. Elle peut parfaitement honorer son frère ! Mais ceci n’implique pas qu’elle puisse l’honorer d’une façon qui ipso facto déshonore les hommes qui se battent pour la Cité et dont il a risqué les vies. Pour honorer un homme, devrait on en déshonorer Cent ? Mille ? Je regrette mais ce n’est pas acceptable. Son traitement, même dans la mort, ne saurait être identique à celui des braves qui ont péri, voire aux enfants que la trahison de son frère aurait éventuellement fait tuer. Antigone n’en a strictement rien à faire. Elle ne pense qu’à elle. A aucun moment, aucun (!), elle comprend qu’honorer son frère c’est ipso facto déshonorer les braves, que c’est un système de vases communicants. Elle ne fait pas même mine de s’y intéresser. Elle peut même honorer l’âme ou le souvenir tant qu’elle veut, au fond de son coeur. La manière dont la dépouille peut-être traitée appartient aux lois de la Cité.

      « Les droits de la Cité doivent prévaloir sur ceux de ses membres, mais à une condition bien précise : que ces derniers soient toujours en mesure d’accomplir leurs devoirs d’êtres humains, antérieurs à la Cité et la Parole qui la fonde. »

      On passe des devoirs liés à la piété filiale aux devoirs « d’être-humains »… toujours ce même délire « Moderne ». De tels devoirs n’existent pas dans le monde de Créon. Et j’ai envie de dire, ils n’existent pas plus en Chine qu’en Inde… Encore un tropisme culturel occidental qui essaie de refourguer son catéchisme en contrebande. Du reste, elle est en mesure d’honorer son frère, simplement pas de la façon dont elle le voudrait. Rien ne l’empêche de créer son propre rituel. Mais elle fera sans le corps. Imaginez vous que je souhaite honorer mon grand-père d’une façon qui me convienne, alors que ce dernier aurait choisi de léguer son corps à la science ? Alors quoi : aurais je un titre à revendiquer de pouvoir l’honorer avec le corps intact, comme j’estimerais que c’est là mon « devoir » de le faire? Je vous rappelle que le frère, en trahissant, a également voulu toutes les conséquences de son acte, et qu’au final le traitement réservé à son corps est le même que celui réservé à mon hypothétique grand père : il n’est pas plus disponible pour Antigone que pour moi. Ca ne m’empêche pas d’honorer mon grand père, simplement pas de la manière dont ceci me convient.

      La loi de Créon est limpide : elle concède aux citoyens une certaine dignité, mais s’arroge en échange un droit absolu sur leurs âmes, et leur dénie une source de dignité indépendante. J’appelle ça une Cité de vendus.

      La loi de Créon ne s’arroge à proprement parler aucun droit sur leur âme, seulement sur leur dépouille, ce qui est tout différent. Si on me dit que le droit qu’il s’arroge sur leur dépouille revient à exercer un droit sur leur âme, alors il a de fortes chances pour que cette Loi lui ait été dictée par les Dieux. Si les Dieux n’ont pas précisé la question, alors il convient aux prêtres de les interroger. Mais Antigone n’a certainement aucun droit, en dehors du cas d’une révélation qui lui aurait été faite par ces mêmes Dieux, de revendiquer comme un droit le fait de pouvoir traiter la dépouille comme elle l’entend. Ce n’est pas une Cité de vendus.

      Encore une fois cette histoire de « source de dignité » n’a aucun sens. Il n’y a pas deux genres de dignité. Une civique, et une dont on ne sait pas très bien d’ailleurs si elle est personnelle ou humaniste (faudrait choisir). Ce serait « en vertu d’un droit universel à pouvoir remplir un devoir d’un certain type, en l’occurrence du type « honorer ses morts de la façon qu’on veut, quelles que soient les circonstances, et indépendamment de la volonté du défunt », ceci en vertu du fait « qu’honorer ses morts » est un trait fondamental de l’espèce humaine.

      Hum… C’est sur la base de la même série de glissements successifs que les catholiques argumentent contre la prostitution. On toucherait là un truc sacré, la « relation intime amoureuse » et il y aurait commodification de ce rapport par la relation sexuelle marchandise. Ils s’opposent également à l’avortement au nom de la « dignité humaine ». Notez que les pro-avortements le sont également au nom de la « dignité humaine », expression à géométrie variable qui comme on s’en rend vite compte ne signifie strictement rien. Un beau « point Godwin » qu’on invoque chaque fois qu’on tient personnellement quelque chose pour sacré que son voisin ne tient nullement pour tel.

      La différence, outre que ce registre argumentatif n’a aucun sens dans le monde de Créon et d’Antigone (mais admettons), c’est que vous pensez votre idée de socle anthropologique mieux fondée. Ce n’est pas faux. Mais imprécis. Il faut et il suffit que les morts soient honorés en tant que morts pour qu’on puisse certainement authentifier la trace de l’espèce humaine. Il suffit d’avoir égard aux morts en tant que morts, de ritualiser le traitement de la dépouille. Or c’est le cas pour le frère d’Antigone (même si ritualisé d’une manière mutuellement exclusive avec celle dont elle voudrait faire usage) ! De ce constat anthropologique ne s’ensuit nullement le principe normatif selon lequel « chaque vivant aurait un droit inaliénable à pouvoir honorer un proche comme il l’entend quelles que soient les circonstances», mais seulement que « chaque mort doit être honoré » !!! La contrainte anthropologique n’est pas violée ici. Le mort est honoré par la communauté. La contrainte anthropologique de non-exclusion de l’humanité n’implique absolument pas que toutes les manières d’honorer un corps soient mutuellement compatibles entre elles ou non mutuellement exclusives. Antigone n’a pas plus de droit sur la dépouille de son frère que ce dernier n’en avait lui, ni que son père en a, ni que tous ceux qui ont perdu des proches à cause de sa traitrise en avaient (c’est une partie de la peine qui est réservé au fautif, au nom des victimes). Imaginons maintenant que le frère d’Antigone souhaite se lancer dans des actions dont il sait que s’il est pris elles conduiront sa dépuille à être traitée de telle ou telle manière, voire que les droits de sa communauté sur sa dépouille préempteront les droits de sa sœur sur sa dépouille. Il choisi, en connaissance de cause, de mener ces actions, et il est pris. Antigone a été dépossédée de ce droit par son frère à l’origine, non par Créon ! La dépouille a bien été honorée, certes selon des modalités particulières qui ne siéent pas à son confort personnel. La contrainte anthropologique factuelle n’est violée à aucun moment. Ni la seule loi morale qu’on pourrait vouloir déduire d’un tel état de fait, qui est bien plus restrictive que celle que vous avez posé, et qui est ainsi respectée : Antigone pourra honorer l’âme de son frère comme il lui agrée, mais de toutes les manières possibles qui n’impliquent pas sa dépouille !

      Dès lors que la Cité s’autorise à transgresser les lois « non écrites » et de haute tradition, elle ouvre ses portes à l’inhumanité.

      Il n’y a rien d’inhumain qui ne soit accompli par un humain. Ou bien un humain l’accompli et c’est humain. Ou bien un humain ne l’accomplit pas et c’est inhumain (et extra6moral du même coup). Au sens moral, « inhumain » ne veut rien dire : c’est comme « capitaliste » ou « gauchiste » : une « formule qui soulage et qui fait du bien ». Ce que fait un tueur en série n’est pas moins humain que ce que nous faisons vous et moi.

      La Cité ne transgresse rien du tout, si ce n’est le caprice émotionnel d’Antigone qui aimerait pouvoir, dans la version au combien complaisante d’Anouilh/crapaud rouge, faire primer son droit sur celui de tous les autres (ben voyons c’est évident ils ne comptent pas…) et transformer son désir personnel en droit naturel et inaliénable, en faisant subrepticement passer les modalités d’accomplissement de ce qu’elle tient pour son devoir pour le devoir lui-même (!), ce que bien sûr elle ne peut pas faire, dans le contexte de l’histoire en tout cas (évidemment, si son frère n’avait pas trahi, les choses auraient été plus simples pour elle).

      J’en termine là.

    31. Crapaud Rouge ,

      « Fab, vous m’agacez sérieusement. » : tout le plaisir est pour moi. Cela dit je comprends mieux votre cécité volontaire et votre agacement depuis que j’ai découvert votre nouveau billet…

      « Alors, vos profondes théories sur la « peur de la liberté »… » : il s’agit davantage d’un « viewpoint » depuis lequel énormément (au bas mot) de choses apparaissent d’une simplicité déconcertante et qui évite le temps passé dans les méandres du système.

      Kant au lien que je vous ai proposé, vous en faites étonnement abstraction ! C’est dommage, il aurait pu vous éclairer.

      Pour ce qui est de la Tunisie et de l’Egypte : vous détournez l’attention en jouant sur les émotions et sur les morts. À moins bien sûr que vous n’ayez quelque don divinatoire ! Auquel cas ce serait intéressant de nous faire part du type d’organisation sociale qui va advenir dans ces pays. Attention : si vous parlez de démocratie, soyez précis ! S’agit-il d’une démocratie à l’occidentale, qui consiste à avancer sous la tyrannie du salariat (ou du capitalisme comme vous le notez fort justement dans votre billet) ? Ou d’une démocratie auto-éclairée dans laquelle des mots comme tyrannie, servitude et j’espère salariat n’auraient plus aucune utilité et n’apparaîtraient plus que dans les livres d’histoire pour expliquer aux nouvelles générations qu’il fut un temps où les hommes se laissaient guider pas une divinité, ou par une religion, ou par un seigneur, ou par un pharaon, ou par le groupe représenté par le système économique en place ou le salariat, et que ce faisant, n’ayant pas pleinement conscience de leur existence ils détruisaient leur environnement, leurs frères et les autres espèces vivantes ?

      Sinon on peut continuer à parler finance, économie, écologie, éducation, agriculture, transports, énergies, capitalisme, …, chacun dans son coin : ça occupe et, j’en ai conscience, c’est le premier et indispensable pas vers une prise de conscience, ce fameux « Sapere aude » ou « Gnothi seauton« .

      Bonne journée

      PS : j’espère que vous me pardonnerez l’agressivité (que je ressens à la relecture) de mon message, mais j’ai pour (sale) manie de réagir à l’agressivité et/ou à la condescendance de l’autre : j’y travaille (et oui jducac : tout arrive !), aussi j’espère que votre compréhension nous permettra de continuer nos échanges afin que je puisse m’exercer et espérer la guérison.

  3. Exposé passionnant, comme d’habitude. Merci encore pour cela.
    Au sujet de la main invisible d’Adam Smith, j’ai apprécié l’exemple bien venu des équipes de football, mais, après avoir parlé de la destruction des gradins, du terrain, et de l’expulsion des spectateurs, n’avez-vous pas oublié de citer aussi l’arbitre en disant qu’il avait été, non pas brutalement égorgé, mais petit à petit vidé de son sang, jusqu’à en mourir.

  4. L’Egypte coupée d’Internet
    ( Hors sujet, mais nous sommes en plein dedans)

    Pour étouffer le soulèvement, le gouvernement égyptien vient de couper Internet dans tout le pays. C’est une première dans le monde. Faudrait-il prendre au sérieux cette alerte aux démocraties, très certainement.

    Avis aux bloggeurs, Mr Jorion …. de façon plus dissimulée, cette guillotine viendra bientôt frapper à notre porte, ou plutôt à la votre. Il faut prendre le sujet très au sérieux.

  5. Bravo!
    Vous décrivez subtilement par petites touches hébdomadaire notre lente descente aux enfers et l’irrépressible déni de réalité qui affecte beaucoup d’entre nous.
    Ces puissantes forces sociales sont-elles vraiment univoques? Je ne le crois pas. Je crains la coalition de forces libérales et de forces idéales qui explosent les frontières politiques de l’oligarchie. En un mot je suis inquiet et perplexe. Vraiment, comme juste avant la tempête.
    Est-ce la tempête ou la décrue?

  6. La main invisible des marchés existe mais c’est sous la forme d’une fatalité qui dépasse le cadre strict des marchés. Ce n’est pas celle à laquelle songent les financiers.

    La deconnexion « performances financières » des marchés et « réalité » physique et concrète atteint en ce moment une largeur qui rappelle étrangement la période pré-crise de 2008. Le ressort se tend de nouveau depuis … 2009 en fait, sa détente prochaine ne sera peut-être pas moins violente que celle de 2008.

  7. Cette vidéo du vendredi conforte mon impression qu’il ne reste plus à présent qu’à s’attacher à faire la chronique de la crise selon le seul paradigme de la décadence. A moins de croire qu’il est possible d’endiguer la marée. Or on ne peut rien contre la marée du siècle.
    « Armaggedon » n’aura bel et bien pas été évité.
    Bonjour chez vous

  8. Les 3 républicains qui s’opposent aux conclusions du rapport pointent quand même comme cause à la catastrophe financière autre chose que le trop d’état:

    1- les agences de rating qui n’ont pas fait leur travail.
    2- la direction des banques qui ont accumulé trop de risque
    3- les banques qui n’avaient pas assez d’equitty et ont commise des erreurs de gestion (trop de financement de court terme)
    4- des banques qui ont acheté des actifs toxiques sans les comprendre
    ….

    1. Amusant lorsque l’on sait que ces choses sont de leur fait…

      Ils ont payés les agences de rating,
      Les banques devaient leur rapporter un max,
      …. en faisant du court terme,
      … et en créant des produits opaques vendus pour avoir une rentabilité maximale.

      Républicains et hypocrisie, synonymes parfaits.

    1. M. Alexandre,

      C’est donc ça qui coince ! Je n’ai eu que le temps de lancer les « commentaires » de ce billet pour échapper au blocage par la video.

      PAR PITIE, cessez de martyriser les victimes du bas débit avec des vidéos à lancement automatique !

      Sinon, j’alerte la HALDE (ou ce qui l’a remplacée) !

      Merci d’avance.

  9. Mes excuses, je n’ai pas encore pris le temps de regarder la vidéo (j’ai du retard sur la planète Jorion). L’Égypte est coupée d’Internet.
    S’il y a des radios amateurs sur ce blog, ils peuvent peut-être aider : http://werebuild.eu/wiki/Egypt/Main_Page#Hamradio
    Quelques petites ressources sur mon blog : http://id-libre.org/blogigor/2011/01/28/egypte-coupee-du-monde/

    Je n’aime pas trop faire ce que je fais là (profiter de l’audience des autres), mais je ne cherche qu’à relayer le message. Merci de votre compréhension.

    1. extrait :
      « …El-Farg a illustré sa Une par une émouvante photo : celle d’un gosse des rues porté par des adultes, un drapeau égyptien à la main. Le journal fait aussi toute une page sur « les femmes de la révolution » en évoquant le rôle de celles-ci dans les révoltes qui émaillent actuellement le monde islamique, de l’Iran au Maroc en passant par Tunis et l’Egypte. Il est effectivement frappant ici depuis trois jours, de voir le nombre de jeunes femmes présentes dans les rassemblements y compris lorsque les contacts avec la police sont musclés, et qui prennent la parole, comme sur Taharir le premier soir…. »
      http://www.mediapart.fr/club/blog/sylvie-nony/270111/egypte-jour-3

    2. Philippe Grasset a sans doute raison. Le système craque de tous côtés, les félures apparaissent et ne se résorbent plus. Le contrôle se délite. Les Tunisiens « en ont marre », les Egyptiens « en ont marre », les Jordaniens « en ont marre », les Algériens « en ont marre »…. Comment croire que beaucoup de Grecs, d’Espagnols, de d’Anglais, de Russes n’en ont pas marre de la même manière ? Les temps sont-ils mûrs ?

      http://www.dedefensa.org/article-le_frisson_du_monde_28_01_2011.html

    3. La valise diplomatique
      vendredi 28 janvier 2011
      Le monde arabe se révolte
      De la Tunisie à l’Egypte, un air de liberté
      La tension est à son comble en Egypte, où le président Hosni Moubarak a décrété vendredi soir le couvre-feu. Le président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée, membre du Parti national démocrate (PND) au pouvoir, a appelé le président Hosni Moubarak à « des réformes sans précédent » pour éviter une « révolution ». M. Mostapha Al-Fekki, dans des déclarations faites à la chaîne Al-Jazira, le 28 janvier, a ajouté : « L’option sécuritaire seule n’est pas suffisante et le président est le seul à même de faire cesser ces événements. » Des informations font état de fraternisation entre des policiers et des manifestants. Ces premières fissures annoncent-elle des craquements plus importants ? Que fera l’armée, le pilier du pouvoir ?

      Il est impossible de répondre alors que ce 28 janvier, pour le quatrième jour consécutif, des dizaines de milliers d’Egyptiens ont manifesté au Caire, à Alexandrie, à Suez et dans les grandes villes du pays. Ils ont affronté partout la police et le pouvoir a pris des mesures exceptionnelles pour couper ce pays de 80 millions d’habitants du reste du monde – la coupure d’Internet est « une première mondiale », titrait une dépêche de l’Agence France Presse (AFP). Pourtant, les images transmises par téléphone portable ou par les chaînes satellitaires empêchent la mise en quarantaine du pays.

      Au même moment, en Jordanie et au Yémen, des milliers de personnes descendaient dans la rue et appelaient à suivre l’exemple tunisien. Dans chaque cas, le contexte est particulier : tensions entre le Nord et le Sud au Yémen ; frictions entre Jordaniens « de souche » et Palestiniens ; question copte en Egypte, etc. Mais, dans le même temps, l’explosion est née de la même accumulation de problèmes, de frustrations, d’aspirations communes à l’ensemble de la région.

      D’abord, le maintien de régimes autoritaires qui ne rendent jamais de comptes à leurs citoyens. S’il existe (ou plutôt existait) une « exception arabe », c’était bien celle-ci : ces régimes ont connu une longévité sans précédent, et même la grande vague de démocratisation qui a emporté l’Europe de l’Est, l’Afrique, l’Amérique latine s’est brisée sur le mur des dictatures proche-orientales et maghrébines : M. Moubarak est président depuis 1982, M. Ali Abdallah Saleh dirige le Yémen depuis 1978 et, à Amman, Abdallah II a succédé en 1999 à son père, qui lui-même avait accédé au pouvoir en 1952. Pour ne pas parler de la Syrie où Bachar Al-Assad a remplacé son père qui avait pris le pouvoir en 1970, ou du Maroc où le roi Mohammed VI a remplacé son père en 1999, celui-ci ayant régné à partir de 1961, de la Libye où Kadhafi sévit depuis 1969 et prépare son fils à lui succéder. Quant à M. Ben Ali, il présidait sans partage depuis 1989.

      De plus, dans des conditions différentes selon chaque pays, les droits individuels, politiques et d’expression du citoyen sont bafoués. Les moukhabarat, la police secrète, affirment leur toute-puissance et il n’est pas rare, en Egypte et ailleurs, que des personnes arrêtées soient maltraitées, torturées, tuées. La publication par WikiLeaks des télégrammes venus de l’ambassade des Etats-Unis au Caire confirment ce que tout le monde savait (y compris M. Nicolas Sarkozy) — mais qui n’empêchait pas les uns et les autres de saluer cet allié fidèle de l’Occident, tout en dénonçant vigoureusement des comportements similaires en Iran (« Egypte-Iran deux poids, deux mesures », Nouvelles d’Orient, 27 novembre 2010 »). Cet arbitraire total, qui se manifeste aussi dans la vie quotidienne et qui met les citoyens à la merci des forces de l’ordre, alimente une révolte exprimant partout une soif de dignité.

      Tous ces régimes ont accaparé non seulement le pouvoir politique, mais se sont imposés dans le domaine économique, agissant souvent en vrais prédateurs des richesses nationales, comme en Tunisie. L’Etat né des indépendances, qui avait souvent assuré à ses citoyens un minimum de protection, une certaine couverture sociale, un accès à l’enseignement, s’est délité sous les coups de boutoir de la corruption et de la mondialisation. Même l’accès à l’université qui, naguère en Egypte ouvrait l’accès au fonctionnariat, n’offre plus de possibilités pour une jeunesse de plus en plus frustrée qui voit se pavaner les « nouveaux riches ».

      Dans les années 1970, le boom pétrolier avait offert une porte de sortie à beaucoup, qui émigrèrent dans le Golfe ; cette région n’est plus capable d’absorber les flux grandissants de chômeurs. Les chiffres de croissance affichés par ces champions du libéralisme économique — l’Egypte, la Tunisie ou la Jordanie faisaient souvent l’objet de rapports élogieux des organisations financières internationales — masquaient mal la pauvreté grandissante. Depuis plusieurs années, des mouvements sociaux s’étaient affirmés en Egypte – grèves ouvrières, luttes paysannes, manifestations dans les quartiers périphériques des grandes villes, etc. – comme en Tunisie (Gafsa), en Jordanie ou au Yémen. Mais jamais encore ne s’était exprimée ouvertement et massivement la volonté de changement politique. L’exemple tunisien a fait sauter un verrou.

      On peut noter aussi que la lutte contre Israël, qui offrait souvent aux régimes du Proche-Orient un argument pour maintenir leur emprise – au nom de l’unité contre l’ennemi sioniste –, ne semble plus suffire. L’Egypte et la Jordanie ont signé des accords de paix avec Israël, et l’ensemble du monde arabe semble bien incapable de réagir au lent écrasement des Palestiniens. Que l’on ne s’y trompe pas : un éditorialiste américain, Robert Kaplan, faisait remarquer dans The New York Times (24 janvier) que « ce n’étaient pas les démocrates mais les autocrates comme Sadate ou le roi Hussein qui faisaient la paix avec Israël. Un autocrate solidement en place peut faire des concessions plus facilement qu’un dirigeant faible et élu (…) » Et, dans un appel aux dirigeants américains à soutenir les « autocrates » arabes, il s’interrogeait : « Voulons-nous réellement que des dirigeants éclairés comme le roi Abdallah de Jordanie voient leur pouvoir miné par d’importantes manifestations de rue ? »

      Et maintenant ? Tout pronostic sur l’Egypte est hasardeux, et personne ne peut prévoir la suite des événements. Que feront les Frères Musulmans, très réticents à entrer dans une confrontation avec le pourvoir et qui ont finalement décidé de se rallier au mouvement ? Mohammed El-Baradeï, l’ancien secrétaire général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sera-t-il capable de fédérer les oppositions ? Quoiqu’il en soit, la révolution tunisienne a ouvert une porte et fait souffler, comme le chantait Jean Ferrat, « un air de liberté au-delà des frontières, aux peuples étrangers qui donnait le vertige »…

      Alain Gresh

  10. J’ai vu il y a peu votre magnifique intervention à Ce Soir ou Jamais face à Eric Woerth. Les seules paroles intelligentes prononcés sur ce plateau ce soir là furent votre. Vous aviez notamment émis cette idée, belle et tragique, que tout cela vous faisait penser au discussions sur le sexe des anges lorsque Byzance était encerclé. Néron jouant du luth en contemplant une Rome en flamme… Aujourd’hui, ces images m’ont marqués de façon profonde. Tout les débats, toutes les discussions qui ont lieu dans la sphère médiatique sont semblable à ces débats sur le sexe des anges. Et vous, vous êtes Cassandre. Et comme Cassandre, les tenants du pouvoir refuse de vous écouter.
    Ce que vous dites sur les valeurs de la décadence est intéressant au plus haut point. Le tout est de savoir si les tenants de ce système sont effectivement aveuglés, disons le, fanatique… Ou tout simplement cynique. Est-ce des Néron en puissance, atteint de saturnisme, leur faisant voir dans les flammes des milliers d’anges chantant leur gloire et leur louange… ou sont ils les prémisses de l’apocalypse, dont le rôle est de plonger le monde dans le chaos…
    Je ne suis pas chrétien. Plus largement, je ne suis pas monothéiste. Je ne crois pas à l’apocalypse, la fin de l’humain n’est pas la fin du monde, ce n’est que la fin de l’humain. Cependant, tout les signes sont là. La décadence, la folie, l’aveuglement, le refus de voir et d’entendre… Partout, les penseurs qui m’intéressent parlent d’une crise de sens sans précédent. Le monde perd de son sens, l’humain s’éloigne du réel. Et aujourd’hui, la seule chose qui me fait encore tenir… La foi? L’espoir? La raison?
    Je n’ai toujours pas de conclusion, et je crains tout autant que je l’espère, le jour où je l’écrirais…

    1. vous allez bientôt les voir défiler sur les petits écrans pour faire amande honorable, on s’est trompé, on a pas compris l’ampleur de la crise ..etc…;etc…tous convaincus qu’ils sont que la crise est derrière nous.
      Notre hyper président ne vient-il pas de déclarer dans un de ses discours qu’il fallait à présent « consilider la sortie de crise » (il doit vivre sur une autre planète)
      cet hyper président est un spécialiste en matière de communiction.!

    2. Tout à fait OK sur « le sexe des anges », je fais cette réflexion quotidiennement à la lecture de nombreux articles de journaux ou quand il m’arrive de suivre des actus mainstream pour voir.
      Mais tout cela est souvent murement organisé dans des buts précis et bien organisé, parfois de quoi s’y méprendre.

    3. La crise du sens a toujours existé.

      En ce qui me concerne, puisqu’il faut se garder de sa propre subjectivité, je ne sais si le monde a perdu de son sens, ou si c’est moi qui ai franchi ce que J. Conrad nomme la ligne d’ombre.

      Le sens collectif étant qu’on va tous finir dans des petites boites, je n’en vois pas l’intérêt. Sinon il faut vivre et explorer le contenu poétique du monde, comme par exemple Monet et V Gogh ici :

      http://www.flickr.com/photos/47934977@N03/

    4. Le problème est là. Nous sommes dans un monde de signe. un monde de pub, de com, de marketing et de management. Aristote nous avais pourtant prévu, si on met les fanatiques de la chrémastique au pouvoir, ça sera le bordel. Déshumanisé par cette quête de l’accumulation, ils ont confié l’emballage à des publicitaires. Pour faire manger des excréments au peuple, il faut qu’ils soient joli. Chromé. Un peu de doré, de la poudre aux yeux, et à table. Tout est dans le signe, ce qu’il y a derrière, personne n’en parle… Tant que nous les laisserons nous montrer les ombres se reflétant sur la paroi de la caverne, que pouvons nous faire…

    5. Ce n’est ni la première fois, ni la dernière fois qu’un « système humain » dérive et aboutit à une crise. Et cela n’aboutira pas à la « fin de l’humanité » ou à un quelconque « armageddon » (probabilité infime, pour ainsi dire nulle).

      Posons cartes sur table: dans le pire des cas, le système financier s’effondre complètement, les Etats font défaut sur leurs dettes, « l’argent » ne vaut plus rien. Et alors? On fait table rase, on ré-imprime une nouvelle « monnaie ». Puisque les dettes n’ont pas été remboursées la « confiance » accordées disparait entre les pays. Cela signifie la fin du commerce international et de la libre circulation des capitaux, la fin des échanges de devises. Une période douloureuse où les pays se referment sur eux même, et reposent les bases d’un commerce international « assaini »: on ne vend des biens ou des ressources à un autre pays que contre quelque chose de tangible (autres biens en échange, de l’or, des ressources,…), et non plus contre une « devise » à la valeur relative ou des dettes au remboursement incertain. Puis on instaure une monnaie unique d’échange internationale, avec des règles extrêmement strictes pour éviter les « dérives » du passé (de notre présent).
      Evidemment, à court terme cela sonnerait le retour des « produits chers car made in France », et la fin des produits « low cost » importés. Une « baisse » du niveau de vie, mais notre niveau de vie actuel n’est-il pas qu’illusoire de toute façon, car financé par une Dette gigantesque?

    6. Ici nous avons le devoir de vivre, ne serait ce que pour mettre les autres au cachot si je puis dire !

      Et sinon le monde a toujours été celui du signe, c’est ce que Lacan nomme le signifiant.

    7. @ Lisztfr

      « Le sens collectif étant qu’on va tous finir dans des petites boites… », Cela c’est le sens individuel, non le sens collectif.

    8. @G.

      Au niveau mondial cela risque de poser de très graves problèmes aux pays qui dépendent fortement de la production alimentaire échangée sur les marchés internationaux et puis à ceux qui dépendent fortement de la production d’hydrocarbures échangée sur les marchés internationaux.

      On en voit déjà les premiers signes, et la contagion de la crise au sein des nations (émeute de la faim / crise de la dette) révèle une chose, la dépendance des pays concernés face à l’extérieur. Il est à craindre de plus en plus d’évènements en cascade très révélateurs de la dépendance.

    9. @ G. , votre 28 janvier 2011 à 14:09 .

      D’accord sur le déroulement: on continue, d’ailleurs
      on ne sait rien faire d’autre…
      Mais y’a une lacune:
      Nous sommes obligés d’importer à peu
      prêt tout ce qui est nécessaire à la vie pratique:
      habillement, alimentation etc…
      Comme les méchants Allemands ne voudront pas
      se séparer de leur montagne d’Euro pour nous
      en donner un peu ( prêter serait reconduire
      les errements passés…) va falloir songer à financer
      nos importations, donc exporter.

      A part quelques avions et trains, assez vieux,
      (le TGV date en gros de 1986), ou des centrales
      nucléaires, tous facilement copiables ou compromis
      par Peak-Oil, nous n’offrons rien qu’un étranger voudrait acheter.

      La crise a détruit l’industrie, comme aux USA et UK.
      La reconstruire n’est pas de la petite bière.
      C’est même un domaine où le pognon déversé en masse est ineffectif.

      L’ Industrie est comme un iceberg:
      10% visible et 90% sous la ligne de flottaison.
      C’est cette base qui est compromise, à commencer par
      l’enseignement professionnel, technique et scientifique.

      Bref, la culture de pomme de terre est d’un bon rendement
      et les lapins ou poulets sont l’ équivalent de la pomme
      de tere chez les animaux. Et pas trop encombrants…

    1. Tout en étant un fervent partisan de l’interdiction des pesticides, je tiens à faire remarquer que la mortalité des abeilles mellifères n’est pas uniquement la conséquence de leur empoisonnement par ces produits. Les pratiques de certains apiculteurs n’y sont pas pour rien. Elevages intensifs, déplacements trop fréquents des ruches, import/export de reines, arrivée du frelon asiatique, etc… On retrouve les mêmes erreurs que pour les élevages de volailles et de porcs. Concentration, surproduction, mondialisation.
      Heureusement, les abeilles « domestiques » ne sont pas les seules pollinisatrices. Quantité d’espèces d’insectes jouent ce rôle vital. Dans mon jardin (bio cela s’entend) les insectes sont présents et actifs dès les premiers redoux de février jusqu’en novembre. Mais il est vrai aussi qu’une crise de mortalité est tout à fait notable au printemps à la suite des premières opérations de traitement dans les champs alentours.

    1. Le roi est tellement nu qu’on va bientôt voir la moelle des os. Discours de Hillary Clinton sur la situation en Egypte: tout va bien. Les manifestants devraient manifester sans violence. Pendant ce temps le pouvoir est tellement dépassé que personne n’a le temps de penser à envoyer les pompiers au bâtiment du parti qui est en feu depuis 2h et qui se trouve être juste à côté du musée des antiquités égyptiennes !
      A l’évidence, sans l’Egypte, les US ne savent vraiment pas comment continuer à faire stagner leur « plan de paix » israélo-palestinien.

    2. Nouvelle conférence de presse à Washington: cette fois-ci la Maison Blanche lâche le gouvernement égyptien (c’était peut-être pas très intelligent d’arrêter et de battre les journalistes étrangers dès le matin). Les Egyptiens vont faire plus fort que les Tunisiens: trois jours au lieu d’un mois. Ca va donner des idées à certains !

    1. @Corto : non, le prochain stade sera batracien. On va tous grouiller et grenouiller dans la mare mère humide et chaude, et les bonds du progrès, de la science, etc., retomberont aussi sec en faisant plouf ! Stabilité garantie de l’ordre social.

    2. le prochain stade sera batracien.

      eh, les concerts de crapaud-buffles, à la tombée de la nuit, en Asie …ne manquent pas de
      charme !

  11. C’est bien une forme de fatalité. Tout l’effort humain initial vise à créer un monde où l’on puisse mieux vivre et développer ses tendances actualisantes. C’est une force qui pousse l’espèce toute entière et se développe sur des millénaires. Cet effort peut être conduit car il se développe dans des mondes qui par nature sont conservateurs : la structuration plus ou moins autoritaire de la société permet de canaliser l’effort commun vers cette amélioration. Mais passé un certain seuil de prospérité il se produit un basculement. Alexandre Sokourov relevait exactement le même processus dans le monde de l’art : c’est sur un terreau conservateur que l’art produit ses plus belles œuvres, celles qui remettent paradoxalement en question ce terreau. Le besoin de base étant assuré, la tendance actualisante continue sur sa lancée et verse dans la recherche de la jouissance pour elle-même (un vide qui est celui de la torpeur et non pas celui des bouddhistes), les satisfactions illusoires de l’ego, le Moi unique et triomphant mis en forme selon des idéologies floues au contenu totalement artificiel (ici l’idéologie libertarienne). Le Moi comme repère essentiel, lorsqu’il est posé comme la finitude du projet humain, ne peut continuer à grandir qu’en s’opposant au tout qui l’a fait naître. On parle de décadence quand ce moi prime sur le collectif. Il ne s’agit pas de prôner l’instauration de régimes dictatoriaux mais de voir que cette décadence n’est jamais qu’une étape d’un processus.

    1. Entièrement d’accord avec toi Ando 😉

      Refusons absolument l’idée de darwinisme social prônée par les libertariens, qui n’est qu’une interprétation abusive de l’évolution darwinienne, laquelle est un mélange complexe d’altruisme (comportement symbiotiques et d’empathie) et de compétition pour survivre !

      Darwinisme social = société de fourmis, société de la mort des idées, société du cerveau reptilien et du besoin cupide et irrépressible de dopamine.

    2. Ô

      Passer sa vie
      À réduire son univers
      Jusqu’à être seul dedans
      Et là, s’y trouver grand.

      Ô le rêve inversé!

      Ô l’ennui!

  12. Un « bonjour, on est vendredi » toujours aussi passionnant et pertinent ! Merci M. Jorion !

    La main invisible d’Adam Smith, dont Paul fait allusion, est à ne surtout pas confondre avec une sorte de théorie du complot, d’entente illicite ou quelque chose y ressemblant.

    Le(s) concept(s) de « main invisible » au sens de Smith dans son célèbre ouvrage La Richesse des Nations contient plutôt l’idée (que Paul me corrige si j’écris une bétise) que quelque chose émerge, une force négentropique et trancendante, celle qui contribue à l’intêret public et collectif, à partir d’ agissements et d’intentionnalités strictement égoïstes.

    Cette « main » qu’évoque Smith, contribue fortemment à l’idée « d’auto-régulation », de « bienfaits » de la concurrence pure et parfaite entre agents économiques et dont découle celle d’un interventionnisme de l’Etat qui doit être réduit à son strict minimum.

    Voilà donc le problème de l’Externalité résolu par la main de Smith…

    1. La main a été définitivement coupée après les « trentes glorieuses » et toute tentative de greffe est systématiquement avortée et enterrée par le capitalisme financier.

      Tout cela sous le regard complaisant de nos hommes et femmes aux « manettes » et ce dans tous les pays occidentaux…

    2. C’est cette même force négentropique qui fait tourner les tables, le soir dans quelques chaumières. Celle de la connivence implicite.

    3. Tous ceux qui sont aux manettes (Les politiciens) en occident ne sont que courtisans au service du même maître: LE CAPITAL.
      Le Baron d’Holbach a écrit un essai : « L’art de ramper à l’usage des courtisans ». Il doit circuler en hauts lieux pour qu’on retrouve partout l’homogénéité dans l’action (ou l’inaction).

  13. Oui. nous y allons. Et rien n’arrêtera le mouvement ni même cette mascarade de chasses aux sorcières du rapport dénonçant les « coupables », simples pièces de rouage qui se sont transformées en fusibles.
    Dans l’esprit cynique du possédant, ce doit être de la faute de l’autre, c’est impératif. Sinon, il y aurait remise en question de sa propre nature, et cela, c’est impossible.
    La maturité n’est pas de ce monde.

    Sinon, en principe, si tout se passe bien, le Président Obama a déclaré qu’il jouait pour que l’Amérique soit première. Soit, le retour impératif au « business as usual » qui semble de moins en moins possible et est infirmer par la menace de moody’s.
    En plus des révolutions, nous allons avoir des risques de guerres.

    Le sort de la planète est maintenant suspendu aux relations du G2.

    1. En plus des révolutions, nous allons avoir des risques de guerres.

      Yvan, depuis 1945 « nous » n’avons jamais cessé d’être en guerre. Indochine, Algérie, Corée, Vietnam, Katanga, Cameroun, Liban, Tchad, Iran, Irak, Rwanda, ex- Yougoslavie, Afghanistan, etc. etc.
      Notre triste humanité est en état de guerre permanent depuis bien longtemps. Le risque à venir, c’est l’accélération des conflits et leur globalisation qui n’épargnera peut-être pas le cocon européen. On ne peut pas ad eternam porter la violence et la mort chez les autres sans en subir un jour les conséquences.

    2. Arkao.
      Là, je ne te parle pas de local. Mais, comme tu l’écris ensuite, de contagion. Ce qui serait logique vu le boulversement rapide actuel.
      Tant que l’Europe peut rester neutre (voir l’histoire d’un pays hypocrite qui est devenu riche en restant « neutre »), cela devrait bien se passer.
      Souci, les engagements avec la puissance la plus guerrière au monde sont profonds. Et raison de plus pour essayer de commencer à trainer des pieds plutôt que de faire du suivisme aveugle.

      Après tout… ce ne serait que suivre le prochain premier.

    3. L’heure est arrivée du Barbare.L’heure américaine.Violence, démesure, gaspillage, mercantilisme,bluff, grégarisme, la bêtise, la vulgarité, le désordre…
      J’allais oublier la haine,le mensonge, la suffisance. ( Aimé Césaire)

      Ou insurgé, ou complice;
      il n’y a pas à sortir de là. (Jules Vallès)

  14. Télescopage. Le chômage au Brésil a atteint son niveau le plus bas depuis 2002, selon un rapport de l’Institut brésilien de Géographie et de Statistiques (IBGE). Selon l’IBGE, le taux moyen de chômage en 2010 s’est chiffré à 6,7%, tandis qu’il était de 8,1% en 2009. Ce jour dans Boursorama : « Le chômage est reparti à la hausse en Espagne, atteignant fin 2010 un taux de 20,33%, son plus haut niveau depuis 13 ans et un record parmi les pays industrialisés ».

    A propos du Brésil (et de l’Afrique…), voir absolument « Women are heroes », un joli documentaire sur une autre partie de l’humanité que celle des Salles de marché http://www.womenareheroes.be/

  15. Monsieur Jorion,
    il n’existe pas de « pulsion de la mort ». Ce terme est une pure invention (et non découverte) par S. Freud, dans le soucis de compléter son système théorique.
    Le soidisant « suicide collectif » est le résultat d’une dynamique de groupe ou d’autres phénomènes inhérents à la psychologie des masses.

    1. Merci.
      C’est comme Dieu, je ne l’ai jamais vu… Celà dit c’est également vrai de tous les concepts psychanalytiques… sauf que là, avec la « pulsion de mort », on est carrément dans la manipulation théorique. Voyons… à quelle condition mon bel édifice pourrait-il tenir debout? Ah ben voilà! Je sais… il me faudrait un truc comme la « pulsion de mort ». Je suis génial… On me dit dans l’oreillette que Spinoza a éventé mon procédé… qu’un certain Deleuze a mis au jour l’étendue de la supercherie… Aie. Pas grave. De toute façon, le mouvement est lané. Et il est irrépressible. Je suis tranquille. On parlera encore de pulsion de mort encore longtemps. Pis n’empêche ça reste quand même super pratique comme truc. Un peu comme les modèles financiers. Aucun rapport avec la réalité, faux même parfois, mais tout de même bien pratiques.

    2. @AntoineY : et les sadiques, vous en faites quoi ? Et Louis je-ne-sais-plus-lequel qui aurait dit : « tuez les tous » en parlant des protestants ? Et le régime nazi ? Tout ça, vous l’expliquez par les bons sentiments inspirés d’une juste cause ?

    3. C’est curieux car ce type de « système » existe aussi en droit fiscal ; quelqu’un, un jour, met sur la table un concept (autonomie et réalisme du droit fiscal) parce que ça l’arrange, et tous les suiveurs (qui se croient géniaux) d’enchérir et surenchérir pendant un siècle, sans que jamais personne n’ait la curiosité d’aller y voir de plus près ! Merci au passage à feu monsieur Cozian d’avoir bravé l’interdit pour la première fois sans toutefois avoir osé tirer des conséquences de sa découverte ! Malheureusement…

    4. Simon de Monfort, dans la guerre menée contre les Cathares [ chasse à l’hérésie, officiellement…mais, en réalité, guerre des Seigneurs du Nord, contre les Seigneurs de Sud : région riche, civilisée ( beaucoup d’échanges culturels ), raffinée …qu’il s’agissait donc de piller !
      qui a parlé de « fin de l’Histoire », sinon des abrutis! ] : « Tuez les tous, Dieu reconnaitra les siens ! »

    5. Crapaud… l’idée de « pulsion de mort », y adhérez vous parce qu’elle est vrai ou parce-que sa véracité joue un certain rôle dans votre bien-être? par exemple parce que vous avez besoin que le mal soit intelligible, parce que ça vous rassurerait, parce-que ce serait vraiment trop horrible monstrueux sinon? Parce qu’on serait peu à peu amené à reconnaître que les hommes diffèrent davantage entre eux que deux espèces animales distinctes, avec toutes les conséquences politiques que ça peut avoir (à chacun selon sa vertu etc…)? Parce-que si cette idée d’une pulsion de mort n’existe pas c’est tout un horizon politique et moral qui se ferme?
      Moi je n’y crois pas plus que je ne crois aux anges ou aux djinns. Je n’y crois pas moins non plus. Je ne sais pas si le mal est intelligible ou pas. Je sais juste que le mal n’a pas besoin de s’autoriser d’autre chose que de lui-même pour exister. Celà dit, vous trouverez des explications alternatives, qui ne réduisent pas la complexité du mal à un seul principe explicatif, chez Aristote, chez Spinoza, dans la Bible (des choses cachées depuis la fondation du monde…), etc etc… vraiment ce ne sont pas les explications/théodicées alternatives, qui valent bien celle-là, qui manquent…

    6. @Crapaud: est-ce que le régime nazi émerge d’une pulsion de mort ? pas sûr. lisez Les Jours de notre mort, par David Rousset. Etrangement il semble que ce livre, l’un des premiers témoignages sur la solution finale, n’a jamais été traduit en allemand. Il décrit la progressive déshumanisation d’une société par l’implantation de prisons sur tout le territoire puis la libération des détenus de droit-commun. Le discours et la novlangue ont fait le reste, mais cela a pris 7-8 ans. Contrairement aux idées reçues et véhiculées par les films holywoodiens il ne s’agissait pas d’une administration froide et organisée mais d’un chaos complet où la violence est montée progressivement. Venez faire un tour dans les pays d’Europe du Nord (mais en France grâce à Houellebeq, Finky et Sarko, on est pas loin j’admets) et vous verrez comme une bonne xénophobie congénitale peut vite monter en sauce.

    7. Jeanne
      Les nazi étaient convaincus de pouvoir gagner la guerre, le doute s’est installé chez les haut militaires seulement après la défaite de Stalingrad. Le régime agissait comme un joueur pathologique, risquer tout pour gagner ou perdre le tout. Il partait du principe que le plus fort, le gagneur a toujours raison, on ne lui demanderait pas comment et par quels moyens il a obtenu le résultalt. C’était le début de l’ère moderne.
      Au lieu d’arrrêter cette guerre à temps, le régime a essayé de gagner du temps, en sacrifiant tant de vies pour prolonger la vie de quelques bonzes nazis.

      Sacrifier ou écarter physiquement d’autres pour survivre, ce principe caractérise toute l’idéologie nazie.
      La plupart des allemands n’avait pas le choix: suivre, obéir ou la torture par la Gestapo.Les allemands ne voulaient pas cette guerre, ils étaient encore, comme les autres européens, sous le choc de 14/18. D’ailleurs, le régime avait pris soin de cacher au public le départ des soldats lors du déclenchement des hostilités en 1939, ils sont partis vers la frontière polonaise dans la nuit.

  16. Une précision : pour Adam Smith, c’est en interagissant ensemble que les humains se civilisent et découvrent les lois qui leur permettent de cohabiter sans agression. Il faut lire La théorie des sentiments moraux. Dans ce premier ouvrage, qui précède La richesse des nations, Smith se demande 1) comment il se fait que nous avons souvent une connaissance intime de ce qu’il convien(drai)t de faire ou ne pas faire pour ne pas faire pour ne pas blesser les autres, et 2) pourquoi cette attitude semble se renforcer avec l’âge, en tous lieux et dans toutes les cultures. Il cherche donc à décrire et expliquer l’apparition du sentiment qu’il nomme « sympathie », par quoi il entend : la capacité à se mettre à la place d’autrui, et la tendance à ajustement notre comportement à ce que les autres attendent de nous. Il est très peu normatif, il n’est pas moralisateur ou imprécateur. Il décrit ce qu’il observe, avec une très grande finesse psychologique, et il cherche à l’expliquer. Il donne de nombreux exemples de comportements auxquels nous ne pensons pas, mais qui rendent la vie en société possible alors qu’ils ne sont dictés par aucune loi. D’où l’idée que la loi est une convention entre les parties, qui est adoptée par un processus d’essai et d’erreurs, et qui se maintient lorsque chaque individu a intérêt à y adhérer. Autrement dit, la loi et le souci de son intérêt personnel ne sont pas contradictoires, sinon il y aurait peu d’espoir de la faire respecter. L’alternative que décrit Paul Jorion est celle d’une loi extérieure aux parties, qui leur est imposée par une autorité (législateur, régulateur, etc.). Cette façon de faire pose des problèmes, que nous avons expérimentés et que nous connaissons bien :
    1) l’autorité en question a une connaissance limitée des situations locales, des croyances des gens, et ne peut pas satisfaire leurs besoins parce qu’il ne les connaît pas aussi bien que les siens propres ;
    2) l’autorité n’a pas de « boucle de rétroaction » dans ses prises de décision : lorsqu’elle prend une bonne loi, les conséquences sont très éloignées d’elle et elle ne les « sent » pas comme les personnes concernées, en particulier elle est peu sensible aux erreurs et à la nécessité de les corriger ;
    3) l’autorité est toujours incarnée par des êtres humains concrets, qui ont le souci de leur propre intérêt personnel, et qui risquent donc d’utiliser le pouvoir qui leur est conféré pour le satisfaire, ou qui seront soumis à l’influence et à la corruption de personnes intéressées, etc.

    En faisant très simple, l’anthropologie de Smith est d’un grand réalisme, et elle s’applique à l’homme du XXIème siècle tout autant qu’à celui du XVIIIème : l’homme a naturellement un potentiel altruiste, qui se développe au contact des autres ; mais nous savons aussi qu’il a d’autres penchant, et ceci est vrai pour les autorités comme pour les simples mortels. Je vois mal qui peut dire le contraire…

    Cdt,
    GSF

    P.S. Lisez La théorie des sentiments moraux !
    😉

  17. « L’amour de la Patrie par exemple, était jadis une façade bien commode. »…Cependant nombreux sont ceux, qui sont mort pour cette Patrie…Un zeste d’altruisme devrait peut-être s’en dégager, ne serait-ce que par pur respect de leurs vies offertes.

    1. La notion de patrie est en effet loin d’être morte.

      Contrairement aux libéraux qui veulent propager cette « idée » car elle le sert afin de réduire le rôle de l’état.
      Chose amusante, en Belgique, par exemple, les libéraux sont associés aux extrémistes de droite afin de rendre impossible une gouvernance. Il en est ainsi des extrémistes qui vont afficher l’amour de la patrie et faire du populisme alors qu’ils font le stricte inverse pour des raisons d’intérêts personnels.
      En France, on va voir se développer un mécontentement face à un président qui touche aux intérêts du pays…

      Le peuple n’est pas idiot : il sait que s’attaquer à son pays est aussi s’attaquer à lui.
      Avec un peu de bol, nous devrions ne pas voir arriver trop de dictateurs sur la planète.
      La dictature de l’argent aura à priori servi de leçon.

    2. Je plussoie. J’ai été profondément choqué. Tout sert toujours d’alibi bien commode, y compris l’internationalisme ou le pacifisme. Ce n’est pas là une raison de jeter le bébé avec l’eau du bain.
      Les Tunisiens ne se soulèvent pas par amour de l’humanité. Ils se soulèvent par désespoir, et revendiquent des valeurs politiques- nullement universelles- pour l’amour du peuple tunisien, pour l’amour des leurs.

      « L’amour de la patrie » signifie quelque chose. Ce n’est pas que « sentimental ». C’est la condition sine qua non d’une démocratie. Comme disait Rousseau, pourquoi aimeriez vous votre patrie si elle ne vous donne rien que ce qu’elle accorde par ailleurs à tout autre? L' »amour » (n’exagérons rien…) de la patrie est étroitement lié à la philia ou au maintien des « liens de l’amitié civique ». Cette force est bien plus importante que n’importe quel dispositif juridico-légal destiné à canaliser l’hubris déchainée des individus poursuivant leur intérêt bien compris. Subsiste toujours la question de savoir en quoi cet amour consiste, ce qui fait le plus honneur à la patrie (Périssent les colonies…). Mais c’est une autre question.

      Ce n’est certes pas par hasard si les liberaux et libertariens répondent par la « négative » à la question de savoir si le patriotisme est une vertu. Ils savent très bien ce qu’ils font.

    3. Ce sont les « rétentions tertiaires » chez bernard Stiegler, si je ne m’abuse

      (ceux qui le verront le 7 février pourrons lui demander de confirmer ?)

  18. Parce que VS En dépit.
    Au XVIIIème siècle, des bourgeois obnubilés par le système d’alors achetaient à prix d’or, en particulier au Roi Louis XV, des titres de noblesse en ne s’apercevant pas que la situation d’aristocrate n’avait plus d’avenir… Il y a bien aujourd’hui la même problématique avec l’actionnariat. L’actionnariat, version: ‘Adam Smith- main invisible’ a-t-il encore un avenir? Sûrement pas.
    Cependant, l’État fait un écran majeur à l’élucidation du capitalisme, spécialement le capitalisme financier et ses leurres dévastateurs. Un écran opaque et complice! Et cela suffit, surtout en France, à leurrer très efficacement la majorité des citoyens ainsi bernés, qui pensent que l’État politique « tient les commandes du droit » et de son « essence ». Or le droit est prioritairement dévoyé en faveur des faiseurs d’argent et de ceux qui en possèdent le plus. Nos impôts servent à alimenter grassement et durablement la – rente – (en gros 3/4 étrangère et 1/4 française). Le tour est joué, le piège a été durablement refermé. Telle est la nature de notre loi fiscale, devenue la perverse servante de la rente. C’est splendide n’est-ce pas? L’État, historiquement formé par la bourgeoisie financière et d’affaire, imprégant à leur insu, la pensée des citoyens, payeurs éternels et maintenant majoritairement fauchés! Fatalistes ou pleutres? Quelle « réussite » et quel triomphe du capitalisme!

    C’est la bourgeoisie d’affaire qui fut le « moteur » de la Révolution française. Ainsi, en France le « système » se compose de la combinatoire État-Banques (ou Banques-État c’est pareil), ou encore la collaboration étroite de l’État et des grands groupes industriels et financiers la main dans la main avec l’État. Le reste, ce n’est que des chaumières lanternées de contribuables payeurs éternels et très très durs à la comprenette…

    Le Général de Gaulle a écrit ceci qui est très juste, que je cite de mémoire, je crois sans en altérer le sens: « Les idées et les lois conservent toujours les conditions qui les ont fait naître ».
    Ainsi, nous assistons aux convulsions agonistiques du capitalisme, essentiellement financier, et de la pensée protestante (voir par ex. Max Weber) qui l’a fait naître, la Révolution française en est l’un des effets. Les cols blancs de la bourgeoisie universelle cachent les pires « crasses » dans tous les sens de ce mot: crasse, dont un Bernard Madoff et ses innombrables consorts sont très représentatifs de tout ce système (comme un précipité au sens chimique) devenu nocif, générant des toxines et du poison mortel.

    En effet, exactement un siècle après la Révolution anglaise en 1689, et c’est cette dernière qui est la – vraie – Révolution, et non pas la Révolution française cette boucherie buveuse d’une marée de sang (rien que par la Terreur et la guerre de Vendée) commencée en 1789 pour « finir » avec Thermidor. Cette Révolution française ne fut que la version tragique et politique de la Révolution anglaise, laquelle, involontairement, prépara en quelque sorte la future indépendance des USA en 1776 et leur future main-mise sur le monde. La Révolution française, quant à elle, faisant coire pour l’essentiel que c’est le politique qui tient les choses en main… quelle trahison! (1)

    Est-ce que le système actuel, dont les plus « brillants éléments » sont réunis en ce moment à Davos, va devenir salubrement sa propre chasse-d’eau?

    (1) cependant, il y eut parfois dans l’histoire française des réussites étatiques. Entre autres, la IVème République. Je convie à bien examiner historiquement la IVème République, non pas poitiquement, mais étatiquement et administrativement, car on l’a complètement oublié, la IVème République fut autant remarquable quant au rôle – réussi – de l’État en métropole qu’elle fut minable politiquement. Il y avait les problèmes de l’Indochine, puis immédiatement après de l’Algérie, et là l’actualité n’est pas finie,et de loin, mais c’est une autre histoire.
    .

    1. « collaboration étroite de l’État et des grands groupes industriels et financiers la main dans la main avec l’État. »

      Autrement dit: « Corporatisme serait une expression plus appropriée que Fascisme, dans le sens où il s’agit d’une union de l’État et du pouvoir économique » BENITO MUSSOLINI

    2. Tout à fait, Rumbo. D’où la phrase d’un certain Marx.

      Il faut ainsi laisser leur logique aller jusqu’au bout. Même si globalement, ayant le pouvoir, nous ne pouvons pas grand-chose contre eux pour l’instant.
      C’est à se demander pourquoi une cinquantaine de milliardaires ricains font des « promesses » de don, non..???
      D’autres riches ont bien souvent légué leur fortune à l’église…

      Je me rappelle que j’allais écrire ce commentaire. Marrant.

  19. A propos de l’optimisme au G20, se référer au rapport de Pwc qui en fait état :
    http://www.pwc.com/gx/en/ceo-survey/download.jhtml
    Dans le graphique qui retrace l’évolution de la confiance des chefs d’entreprises, on observe un phénomène intéressant : le niveau de leur moral en début de période est inversement proportionnel à la croissance constatée en fin de période ! Comme grenouilles prévisionnistes, il y a mieux…

  20. En écho au billet, le Forum Social Mondial de Dakar
    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article19961

    La critique du capitalisme « réellement existant » est omniprésente, non seulement dans ses manifestations concrètes (la crise financière, la dette, la crise du secteur public, les destructions environnementales, les guerres, etc.), mais dans sa substance. Voici un système, basé sur une sorte d’individualisme possessif absolument destructeur, qui mène l’humanité à sa perte.

  21. Je donnerais bien quelque chose pour savoir au profit de qui ont été accomplies ces actions dont on proclame qu’elles ont été accomplies pour le bien de tous.
    GEORGE CHRISTOPH LICHTENBERG, Aphorismes

  22. « Il n’y a pas de journalistes d’investigation sur le secteur financier en Europe. Si ! je pense à quelqu’un à qui on a tendu une embuscade et qui est tombé dedans »
    Denis Robert….

    1. « 26 Janvier 2011 Par
      Martine Orange

      L’Assemblée se prépare à discuter d’un texte liberticide. Sous couvert de protéger les intérêts économiques des entreprises, des députés ont présenté une proposition de loi rendant impossible toute enquête économique. Finies les affaires Vivendi, Caisses d’épargne ou Crédit lyonnais! … »

      Mediapart

      Que les Représentants du Peuple fassent leur travail, et refusent de voter ce texte, malgré les pressions qui s’exercent sur eux , pour et par les pouvoirs qui leur ont été conférés par le Peuple …et non pour 1% de la population !

  23. courses à faire(urgent):
    une tente, un sac de couchage
    fringues et godasses de rechange
    une boussole, un couteau solide, un arc ?
    une réserve de briquets(le temps d’apprendre à faire du feu)
    un manuel de survie, un étui solide pour les lunettes
    beaucoup de chance(pas encore trouvé en rayon)

    1. faux…
      tu deviendrais hors la loi….
      suite à la loi « loppsi2 » de décembre 2010 les maires des communes sont obligés de recenser tous les habitats alternatifs résidant dans leur commune
      (yourte, roulotte, bateau, tente, bus etc…)
      (je précise que, vivant sur un bateau, nous avons été recensé en début d’année)

      et ce qui devait arriver arriva….
      les premiers procès tombent:
      http://www.halemfrance.org/spip.php?article55

    2. ouais
      bien vus
      déjà qu’habiter c’est payer..

      Il vont taxer ceux qui vont pas naitre..
      Ce que je retient ,c’est ÉGOÏSME…3X ,merci qui?
      je déconne souvent pardonnez si c’est possible,pas en lèche botte,j’ai le même pseudo sur les jeux O GAME etc,je ne me cache pas .
      et pour je sais plus qui pense ,je lui dis ok,MIRZA 1ans et des poussières.. aussi j’adore j’ai le droit ?juste une petite différence als uw begreip?c’est que Mr Paul Jorion s’en fout qu’on l’adore ..
      ok
      me rappelle plus qui m’a énerver hier soir,mais il est pardonner..
      je vous adore..
      rego

    1. Effectivement. C’est à se demander s’ils disent tout ce qu’ils disent parce qu’ils se sentent contraints ou parce qu’ils y croient encore. Il se flatte par exemple d’avoir conservé le triple A, mais pour combien de temps ?

    2. Effectivement .

      On s’inquiète de l’entendre dire que Merkel et Sarkozy sont sur la même longueur d’onde .

      Il doit assimiler la City avec les  » économies en difficulté « .

    3. Cameron n’oublie pas que si la City se barre en Suisse ou ailleurs son île risque de couler encore plusse, alors quand la City dit « on veut moins de régulation ! « , Cameron répète sa leçon histoire de ne pas prendre de risques.

  24. Samedi, 29 Janvier 2011, sur TV5MONDE, à 12H30, rediffusion de l’épisode 23 de l’émission « QUESTIONS À LA UNE » (chaîne d’origine RTBF, 2009, 53 min.).
    Deux thèmes sont abordés:
    – les emprunts emprunts structurés, à taux bas mais variables, consentis par la banque Dexia aux communes, villes et agglomérations belges et françaises.
    – enquête au Brésil et en Belgique sur l’empire de la bière AB-Inbev.

    J’ai visionné cette émission hier, Jeudi 27 Janvier, vers 23H30, sur la même chaîne: édifiant!

    Fiche de lémission: http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/programmes/p-80-s2-z73-lg0-QUESTIONS-A-LA-UNE.htm?prg_id=261745&

  25. Le croque mort qui a réussi à enterrer la main invisible d’Adam Smith , a un don qui serait bien utile pour parer à la décadence !

    Sur la phila , je me suis réveillé ce matin ( ça m’arrive ) en me souvenant d’un commentaire que j’avais commis hier en assènant que la vie n’est pas un combat mais un jeu d’échecs ; A y regarder ( réver) de plus près , je me suis rendu compte que l’image restait un peu fausse et que dans un jeu d’échec , comme dans le jeu de dames , on se bat bel et bien contre « lautre » , l’alter cher à Crapaud rouge ;

    Pour le coup , ce n’était pas ce que je voulais dire et j’aurais envie d’écrire aujourd’hui que la vie c’est un jeu plus proche du jeu de go , ou encore mieux d’un jeu qui est le seul où mes petits enfants ne se volent pas dans le chou : tous les joueurs ont pour mission de cueillir le maximum de fruits sur un échiquier que leur dispute un corbeau dont le puzzle se complète chaque fois que le dé qui anime le jeu tombe sur la face corbeau plutôt que fruits .

    En fait l’ensemble des joueurs , plus ou moins gratifiés apar le nombre de fruits qu’il a pu glanés , agit contre le corbeau et le hasard du dé .

    Une sorte de philia où le seul ennemi est le hasard et le destin d’une mort annoncée et seulement retardée .

    Tout le contraire d’une mort que l’on fabrique de ses propres mains .

    1. Bien que le corbeau soit souvent attaché à des idées funeste , c’est ma seule réticence dans la démonstration car en fait , c’est , avec le chat , un de mes animaux totems par sa capacité à vivre seul ou en bande , et sa fidèlité .

      Pardon aux corbeaux qui sauront me pardonner compte tenu de leur altruisme .

    2. Enterrer la main d’Adam S. çà fait penser à la famille Adams.
      Quant au corbeau c’est le volatile le plus attachant qui soit.
      J’en connais un, un type très bien.
      L’habit noir ne fait pas le croque mort.

  26. Joli exposé, convainquant, même si j’étais déjà convaincu !

    Reste à voir comment se confirmera le changement de système, avec, pour principale inconnue, le facteur temps.

  27. Dans la catégorie joueurs je faisais récemment un rapprochement entre les joutes électorales ou autres affrontements et les jeux de société qu’il m’arrive de pratiquer en famille.
    J’ai ainsi évalué certaines similitudes ou différences de ces mondes différents.
    Au jeu de société chacun veut gagner, la donne est refaite à chaque partie (réinitialisation), différentes qualités et défauts s’expriment, les jeux sont divers et variés, ce ne sont pas toujours les mêmes qui gagnent, une victoire ne donne pas un avantage pour le prochain jeu, il faut savoir perdre et ne pas manifester d’arrogance lors des victoires.
    On apprend beaucoup sur l’inné en observant les actions de nos enfants avec qui on joue et les vices et vertus des adultes.
    Ainsi l’envie forte de la gagne, la ruse, la triche, la vivacité d’esprit, le caractère (coléreux ou posé par exemple) s’observent mais aussi s’éduquent, il faut admettre que l’autre puisse gagner, chacun son tour ou tous ensemble.
    Ce ne sont que des jeux à enjeux non lucratifs et pourtant la bagarre n’en est pas absente et lors des premières joutes il arrive que la partie soit interrompue brutalement, manu militari et basta.
    Que n’ai je appris de mes partenaires lors de ces jeux et j’ose espérer qu’ils en ont tiré quelques bénéfices en sus de la complicité, de la convivialité et du plaisir du moment.
    La vitesse s’accélère, oui wii et j’ai découvert à la volée d’autres vices et vertus. Entre les 2 mon coeur ne balance pas encore.

  28. « Est-il raisonnable de penser que chaque civilisation avancée sécrète ses tensions, ses élans suicidaires ? Est-ce que l’assemblage précaire d’une culture hautement diversifiée, turbulente et timorée tout à la fois, est vouée, par définition, à l’instabilité puis à l’éclatement, comme une étoile qui, ayant atteint sa masse critique, se détruit en projetant cette flambée que nous associons avec les grandes cultures dans leur phase terminale ?  »
    G. Steiner, La culture contre l’homme, Seuil, 1973.
    Cité par Louis-Vincent Thomas, Anthropologie de la mort, Payot, 1975, p. 57.

  29. Bonjour,

    Vos interventions sont vraiment très éclairantes . J’aimerais poser une question. Je m’intéresse à la dimension anthropologique de la technique (particulièrement du numérique). A ce titre, La finance m’intéresse, alors qu’elle m’était indifférente pendant longtemps, et je manque cruellement de compétence. En effet, c’est un secteur qui dans son fonctionnement même est entièrement basé sur l’usage des technique numériques et des ordinateurs et sur un système de machines reliées entre elles. Les bourses sont interconnectées 24h/24.
    Quand Adam Smith parlait de la main invisible, il ne songeait certes pas aux ordinateurs. Quand aujourd’hui vous évoquez le rôle de la dérégulation dans la crise, vous pointez plutôt des choix et des responsabilités politiques (libertarisme). Je me demande quel est également la part de la technologie. Je me réfère ici aux idées de Paul Virilio sur la vitesse. Je le cite: » On a eu donc en 2007, le crack du ‘’flash trading’’, c’est-à-dire du trading automatisé où les logiciels, les algorithmes des logiciels fonctionnent à des vitesses qui dépassent celles du trader, et on a eu le 6 mai dernier un ‘’flash crack’’ à la Bourse de New York qui [l’]a fait effondrer de 1000 points tout d’un coup, et actuellement on en sait pas la cause, en dehors de ces algorithmes et de ces modèles mathématiques qui tournent à des vitesses qui n’ont plus rien à voir avec la raison de l’homme » La finance est donc soumise au temps machine des ordinateurs qui fonctionne à la nano-seconde. Voilà le rythme auquel vont les transactions aujourd’hui. D’ailleurs, j’ai déjà entendu un responsable politique (Lagarde je crois) invoquer cette dimension pour justifier son impuissance et sa non responsabilité. Ainsi, la technologie ne participe pas elle aussi à cette dérégulation, à cette idée de main invisible, à savoir une puissance démesurée et incontrôlable, qui échappe à l’homme? La finance n’est elle pas devenue elle-même une sorte d’intelligence articielle?
    Un peu comme Hal 2000 l’ordinateur dans 2001 Odyssée de l’espace, qui prend la place de l’homme.

    1. ça me rappelle un dessin que j’ai déjà évoqué ici , et qui doit bien avoir plus de 20 ans , où l’on voit un PDG recevoir une délégation syndicale apparemment très remontée .

      Le bureau est constellé d’ordinateurs et de graphes , et le PDG qui a l’air ( ou qui feint ?) d’être aussi abattu lui même que les syndicalistes ont l’air en colère , leur dit :

       » Ecoutez , le plus simple est que vous discutiez directement avec l’ordinateur . »

      Il y a aussi cette vieille prédiction de Simon Ramo : » L’industrie de nos pays s’attachera bientôt essentiellement à remplacer le cerveau des hommes . Celui qui osera récuser cette idée sera l’un des premiers dont le cerveau sera remplacé ».

      Sur le fond , on doit cependant garder en tête que derrière tout logiciel et outil , il y a des cerveaux humains et des commanditaires .

      Les cerveaux ont quelquefois émis des regrets ( cf Einstein et la bombe )

      Les commandiataires , jamais .

    2. Moins sérieusement, quoique …

      Il y a ~ 20 ans : une BD de C.Brétécher : Dr ventouse bobologue =) on voit un médecin installé devant son ordinateur.
      La patiente entre et s’assoit . Le médecin ne lève pas le nez de son ordinateur, et lui pose une série de questions notées sur son ordinateur ( sorte de QCM) et coche les cases au fur et à mesure des réponses « oui » ou « non » de la patiente. ( style, avez-vous mal à tel endroit ? est-ce que ça vous « gratouille » ou ça vous « chatouille » ? …) . Le Dr appuie sur « enter » . une ordonnance sort . Il n’a, à ce moment là, toujours pas regardé ni examiné la patiente.
      Il tend l’ordonnance à la femme, semble se dire qu’il a oublié quelque chose, ouvre le tiroir de son bureau, sort une boite de fruits confis, l’ouvre, la tend à la femme, laquelle répond » non merci Dr »; et le médecin d’insister :  » si,si, prenez en un ! c’est important ! c’est pour le coté humain ! ».

  30. Terre des hommes.

    La Terre s’épuise dans un filet
    De méridiens et de parallèles croisés
    Où à chaque noeud il y a une guerre
    Et entre deux, la barbarie.

    Comme une baleine dans l’univers
    Prise dans les mailles du prédateur
    Dans l’impériale bêtise
    De la médiocrité humaine

    Elle pleure son abandon
    Et je pleure avec elle
    Comme j’ai pleuré hier
    Sur Saïgon et sur Bagdad.

  31. J’ai bu et j’ai encore soif.

    Le capitalisme est comme cet alcoolique qui vient d’apprendre qu’il est atteint d’une maladie mortelle provoquée par une consommation abusive et régulière d’alcool et qui continue à boire, et même boit encore plus, et accélère, accélère encore.
    Toutes les bonnes âmes, qui lui conseillent de ralentir et de se soigner, sont incapables de comprendre que tout vient trop tard et qu’aucune correction n’est possible.
    A un moment donné aucun soin, même paliatif, ne peut le sauver.

    La fusion de l’état et de l’économie a été un moment de l’histoire du capitalisme.
    Maintenant que l’économie a soumis l’état, aucun retour en arrière n’est possible.
    Tout s’accélère.

    1. Les trois ponts (conte zen)
      Un vieux père réprimande son ivrogne de fils qui rentre chaque soir ivre à la maison.
      Celui-ci promet de s’amender et de boire moins.
      Le soir même, le fils ne rentrant pas, le père part à sa recherche. Il le trouve à demi noyé, accroché au pilier du pont qui sépare l’auberge de la maison paternelle.
      « Pourquoi es-tu dans cet état, demande le père, le jour même où tu m’avais promis de moins boire ? »
      Le fils répond : « En effet, j’ai bu moins et voilà le résultat. D’habitude je bois trois sho de saké et chaque soir, en rentrant je vois trois ponts : je prends toujours celui du milieu et tout va bien ! Ce soir, je n’ai bu que deux sho et j’ai vu deux ponts ; ne sachant que faire, j’ai pris à tout hasard celui de gauche et je suis tombé dans l’eau ! ».

  32. Le capitalisme a survécu au communisme.
    Il ne lui reste plus qu’à se dévorer lui-même. Charles Bukowski, Le capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du bateau, 1998

  33. La marquise Lagarde sur le point de reconnaitre ses erreurs de prévisions budgétaires pour 2012.
    Le gouvernement devrait être amené, début avril, à revoir à la baisse sa prévision de croissance pour 2012. Au sein du ministère de l’économie on explique, dès à présent, que le chiffre de + 2,5 % qui est actuellement affiché, est très improbable et qu’il sera difficile à justifier, compte tenu du contexte économique et de ce que devrait être la progression de l’économie cette année – le gouvernement table sur + 2 %, chiffre loin d’être assuré.

    0,5 point de croissance en moins, 5 milliards d’économies en plus.

    http://bercy.blog.lemonde.fr/2011/01/28/croissance-vers-une-revision-a-la-baisse-des-previsions-pour-2012/

  34. Les hommes ne sont pas simples ; ils reculent ; ils ne peuvent pas soutenir une lumière soudaine. L’agitation générale survient ; le visage de la société est modifié, ou peut-être ébranlé ; les vieux intérêts et les vieilles croyances sont détruits avant que de nouveaux soient été créés. Ces symptômes sont les précurseurs de la révolution ; ils ont précédés tous les grands changements par lesquels le monde a passé. Henri THomas Buckle

  35. Une population parfaitement déterminée est en mesure non seulement de contraindre un dirigeant à fuir son pays, mais également de faire reculer un candidat à l’occupation de son territoire par la mise en oeuvre d’un formidable ensemble de stratégies disponible : boycotts et manifestations, occupations de locaux et sit-in, arrêts de travail et grèves générales, obstructions et sabotages, grève des loyers et des impôts, refus de coopérer, refus de respecter les couvre-feux ou la censure, refus de payer les amendes, insoumission et désobéissance civile en tout genre. Howard Zinn, Désobéissance civile et démocratie : Sur la justice et la guerre

    1. Et il arrive un moment où pour les individus comme pour les nations, le slogan « vivre libre ou mourir » prend tout son sens.

  36. Citations du Forum économique de Davos:

    À propos du but de Davos :
    « Demander des questions stupides à des gens intelligents : tel est le nouveau rôle des influenceurs à Davos . » Andrew Maynard, directeur du Risk Science Center à l’université du Michigan
    À propos de la Chine :
    « La Chine est une entreprise qui se déguise en pays. »
    « Notre gouvernement est devenu le serviteur de l’économie. » Chen Deming, ministre du Commerce de la Chine

    À propos des États-Unis :
    « Pendant 200 ans, tous ceux qui ont parié contre les Etats-Unis (America) ont perdu de l’argent. » Bill Clinton
    À propos du déséquilibre des revenus :
    « Demandez à n’importe quel citoyen d’un pays émergent ce à quoi il aspire, il vous citera le modèle américain – la grosse auto, la grosse maison, le fonds de retraite-. Mais ce modèle ne fonctionne pas. (…) La croissance des inégalités constitue le défi mondial le plus important. (…) Il n’est pas question d’impôts, il faut aller plus loin. Étudier comment et où la richesse est créée. » Min Zhu, conseiller spécial auprès du FMI et ex gouverneneur de la People’s Bank of China
    À propos du changement :
    « Le changement est bien. Le bon changement est mieux. » Jeff Kelly, PDG, société de télécoms BT Global Services
    À propos du leadership :
    « Comme leader, j’ai appris le plus alors que je me trouvais là où je n’aurais pas dû être. »
    « Demandez à ceux qui ont de l’expérience plutôt qu’aux experts. « Paulo Coelho, auteur, académicien et collaborateur à l’UNESCO

    À propos des pays émergents :
    « Le pouvoir s’est déplacé vers le consommateur. Le consommateur indien, le consommateur argentin, le jeune consommateur africain ainsi que tous les consommateurs sélectifs. Ils dictent le changement, un virage vers l’inclusion et la segmentation. » Ben Verwaayen, PDG Alcatel-Lucent

    À propos des banques :

    « Toutes les entreprises ne sont pas semblables, tous les PDG ne sont pas semblables, tous les médias ne sont pas semblables. Chaque jour, nous tentons de faire de notre mieux. (…) Penser que nous allons plier et accepter les réformes parce que nous sommes des banques est injuste. »Jamie Damon, PDG de JP Morgan

    À propos de l’austérité :
    « Si on demandait aux Américains de choisir entre une couverture de soin des années 50 couplée à un style de vie 2011 ou un couverture de santé des années 2011 et un style de vie des années 50, personne ne choisirait le premier. » Larry Sumners, économiste et directeur de National Economic Council de la Maison-Blanche
    À propos de l’auto électrique et énergie :
    « Les consommateurs adopteront l’auto électrique lorsque celle-ci sera aussi pratique qu’un auto régulière et coûtera le même prix par kilomètre mais qu’elle se vendra au même prix qu’une auto usagée de trois ans. »Shai Agassi, PDH de Better Place qui opèrera le réseau de bornes rechargeables au Danemark et en Israël
    À propos du dollar américain :

    « Personne ne veut affaiblir le dollar, 62% des réserves mondiales sont en dollar américain, mais un dollar fort ne signifie pas qu’il soit la seule devise. » Sarkozy

    À propos du commerce international :
    « Échangez vos oignons contre davantage d’investissements étrangers. » Mike Dunn, PDG de Walmart au gouvernement indien pour le convaincre de laisser plus de place aux étrangers dans le secteur du commerce de détail pour contrer l’inflation sur les aliments, dont les oignons.

    À propos de la faim dans le monde :
    « Résoudre le problème de la faim est une occasion d’affaires. » Perry Yeatman, vp chez Kraft

  37. News en vrac

    * la situation brittanique devient désastreuse dit le Bank of England chief Mervyn King : entre les coupes de subventions, l’inflation et les nouvelles taxes, le niveau de vie anglais plonge + vite qu’en 19289, il est revenu au niveau de 2005.
    http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/8282354/Bank-of-England-chief-Mervyn-King-standard-of-living-to-plunge-at-fastest-rate-since-1920s.html

    * l’inflation officielle devient un problème en G-B. Surtout sachant que les salaires sont bloqués et que la banque d’angleterre refuse de monter les taux pour limiter l’inflation. Ce n’est qu’un taux officiel, et ce n’est que le début…
    # Biggest monthly rise in prices in 14 years
    # RPI hits 4.8% as food and petrol prices leap
    http://www.dailymail.co.uk/news/article-1348108/UK-inflation-jumps-3-7-worse-raising-fears-soaring-rates.html

    * toujours chez les brittish, l’état va permettre de supprimer des emplois + facilement.
    Companies are to be given greater freedom to sack under-performing workers as part of an overhaul of employment laws to boost the economic recovery.
    http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/8249491/Firms-get-powers-to-sack-the-slackers.html
    ils vont bien finir par réussir à faire couler leur île, à ce train.

    * En Espagne, les créances douteuses des établissements bancaires du pays s’élevaient à 104,781 milliards d’euros en novembre, soit 5,68% du total des créances, contre 4,98% en octobre 2009.
    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iEhbVUZiKn9yEdwAIFVHrESwheOQ?docId=CNG.31cc9d395c02d6db0b6afdb43ea9021e.a71

    * QE 1 européen : c’est commencé, et c’est l’Irlande qui inaugure avec 51 milliards d’euros, avec la bénédiction de la BCE.
    Ireland central bank counterfeited 51 billion Euros out of thin air.
    http://www.businessinsider.com/ecb-allows-ireland-to-counterfeit-51-billion-euros-2011-1
    m’en fout moi, je n’utilise pas d’euros irlandais dévalués…

    mais il n’y a pas de raison que d’autres n’en profitent pas :
    * Le portugal a emprunté 1,249 milliard à 10 ans à 6,716% lors d’une émission marquée par une forte demande et considérée comme un test de sa capacité à se financer sur les marchés. Ces prêts ont été achetés en totalité ou presque par la BCE, ce qui donne une autre perspective à cette réussite…
    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/01/12/97002-20110112FILWWW00409-le-portugal-leve-125-md.php
    http://www.zerohedge.com/article/successful-portugal-bond-auction-cost-ecb-%E2%82%AC1-billion-two-days

    * la note de la dette long terme du Japon dégradée à AA- par Standard & Poor’s.

    * les paradis fiscaux, un problème réglé? pas vraiment…
    un tiers de la richesse mondiale dans les banques offshore
    On a conservative estimate, a third of the world’s wealth is held offshore, with 80% of international banking transactions taking place there. More than half the capital in the world’s stock exchanges is « parked » offshore at some point.
    http://theeconomiccollapseblog.com/archives/the-shadow-banking-system-a-third-of-all-the-wealth-in-the-world-is-held-in-offshore-banks

    * Les états us (pas l’état fédéral) étudient la possibilité de faire faillite, en vue de ne pas devoir payer les pensions ni rembourser leurs prêts.
    Legislation that would allow U.S. states to file for bankruptcy will likely be introduced in Congress within the next month
    http://www.reuters.com/article/2011/01/21/us-usa-states-bankruptcy-idUSTRE70K6PI20110121?pageNumber=1

    * USA encore : Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté de 51.000 aux Etats-Unis, lors de la semaine du 22 janvier, pour atteindre 454.000, selon les chiffres publiés jeudi par le Département du Travail.
    Au total, le nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités, lors de la semaine du 15 janvier, a bondi de 94.000, pour atteindre 3,99 millions.
    http://votreargent.lexpress.fr/bourse/actualite_marche.asp?id=149228

    * Le président en a conclu mardi que l’Etat devait se serrer la ceinture… mais chaque fois qu’il le fait, c’est en licenciant des fonctionnaires (enseignement, santé, cadastre, police, pompiers, voirie…).
    C’est ce qui conduit les Etats-Unis tout droit vers une situation de pays en voie de sous-développement (classes sans professeurs, hôpitaux sans infirmières, shérifs sans assistants, prisons sans gardiens, retards hallucinants du traitement des dossiers administratifs).
    La montée de l’insécurité est telle, dans les zones ravagées par le chômage, que les ventes d’armes (véritables ou factices, ce qui compte c’est d’impressionner le potentiel agresseur) ont battu un record historique en 2010.
    http://www.la-chronique-agora.com/articles/20110128-3362.html

    * bonus : tout est sous contrôle, les rémunératon fantastiques c’est fini, enfin, si on veut…
    Morgan Stanley said it had set aside $16bn to pay bonuses, salaries and benefits in 2010, up from $14.4bn a year ago. Its remuneration pot rose by more than 8% to an average of $255,000 (£160,000) per employee.
    Goldman handed its staff a $15.3bn pay and bonus pool – an average of $430,000 per employee.
    http://www.guardian.co.uk/business/2011/jan/20/morgan-stanley-staff-16bn-profits-triple

    bon week-end, vous pouvez partir tranquille, tout va bien, tout va très bien.

    1. Ha ben non !
      Si les systèmes se détruisent par eux-mêmes sans que le peuple n’ait besoin de se révolter, mais où va-t-on je vous le demande !?

    2. Merci pour cette kyrielle de liens, notamment le premier avec Merwyn King que je n’arrivais pas à avoir en entier mais seulement des résumés de trois à 4 lignes.

  38. La CIA ne doute pas de Hosni Moubarak
    L’administration américaine parie sur la stabilité du régime égyptien en place et l’estime capable de maîtriser la situation, affirme le site d’information Maghreb Intelligence. 27 01 2011

    Pour l’heure, le peuple égyptien brave la police et les blindés, et rien ne sera plus comme avant.
    Pensée fraternelle

  39. @ Dissy :
    Tu avais raison : le financial bill est passé, hier (il est encore examiné par le sénat aujourd’hui).
    Le PT a donc choisi son camp. Pas sûr qu’à terme il y gagnera (perso, je dirais même qu’il se fourvoie en allant avec le Fine Gael ‘gouverner’ un champ de ruine) …
    Reste que les conséquences vont être très importantes, politiquement :
    « selon un sondage publié le 22 janvier 2011 dans le Sunday Independent, le parti de Brian Cowen ne recueillerait que 8 % des votes. Autrement dit, il pourrait perdre 70 des 71 sièges qu’il détient au Parlement. »
    70 sur 71. Waooohhhhh …
    Et cerise sur le ‘gâteau’ politique :
    « Mais sa disparition laissera un vide politique béant qui ne manquera pas d’ouvrir la voie aux populistes, notamment aux républicains du Sinn Féin, en passe de faire une percée dans le sud du pays. »
    http://www.courrierinternational.com/article/2011/01/27/rien-ne-va-plus-en-irlande (avec une petite allusion aux ‘populistes’ du Sinn Fein).

    Le Sinn Fein dans le sud du pays : qui y aurait cru, il y a seulement 6 mois ?

    PS : augmentation de 14% (!) des prix de l’assurance AVIVA, suivant une hausse de 40% (!!) de celle de VHI.
    Secorro …

    1. C’est sur qu’on collectionne les mauvaises notes en ce moment.
      On ne sait pas trop à qui présenter son bulletin.
      Le peuple ?
      Le peuple est un peu à cran en ce moment…
      Les tunisiens,les égyptiens…

    2. Malgré leur dette publique immense et leur responsabilité dans cette crise, les États-unis bénéficiaient quand même jusqu’ici d’une sacrée présomption d’innocence 😉

    3. Toutes ces histoires de notation me rappellent le premier devoir de physiques ( 7 pages , un weeh end de chiade ) remis en spe à un professeur assez particulier ( mais que j’ai adoré par la suite ) qui se faisait une tradition de noter la premièer copie de l’année « selon nos mérites réels « .

      Nous étions 36 élèves. Avec O,5 /20 j’avais la cinquième note de la classe . Le major avait royalement 5/20 . Le « dernier  » : – 25/20 .

      Je me demande comment on a pu survivre .

      Le professeur en question s’est avéré , dès les semaines qui ont suivi , le prof le plus déconneur et capable de transmission de savoirs que j’ai eu .

      C’était sa façon de nous faire percevoir la différence entre réalité et vérité .

      Une différence avec les agences de notation : je crois qu’il nous aimait bien et que lui avait vraiment des choses à nous apprendre .

  40. « Le comité exécutif des Jeux Méditerranéens a retiré vendredi, à l’occasion d’une réunion tenue à Paris, l’organisation de l’édition 2013 de la compétition à la ville de Volos, en Grèce, en raison de l’état d’avancement des travaux jugé insuffisant. »

    Il n’avait qu’à les faire à Olympie ,il avait déjà le stade!

    1. AttaqueS DoS massive + une armada de chevaux de Troie anti-Cisco

      Ah si j’étais hacker… La voilà ta révolution numérique LEPOIVRE 😉

      Révolucìon !!!!

    1. Il est impayable ce Kaplan !!
      Parce que le peuple zuesse ne souffre pas peut-être !!

      Et, les autres peuples !

      Encore un qui est définitivement bloqué dans TINA !

    2. Il ne faut pas se formaliser pour ce genre d’antienne rebattues et qui font plus rire qu’autre chose. Toute idéologie a ses fanatiques, en voilà un…

    3. En même temps j´ose espérer que causeur ne représente pas la parole de la France à l´étranger. Nausée garantie.

      N´ai pas lu cet article, juste le début et j´y ai trouvé un sondage intéressant (si vrai). Il y a un potentiel de 52% de personnes à qui il convient d´urgence de présenter un autre système.

  41. Mubarak parle au peuple… je pense qu’il est foutu..
    Il dit à peu près ce qu’avait dit Ben Ali, un peu plus finement. Paix, égalité, etc… il ne s’en sortira pas comme ça.

  42. Mubarak at TV.(cont)

    Défendre la liberté et les pauvres… Pour un futur meilleur… Je vais prendre mes responsabilités, et ne laisserai pas le chaos se développer. Je dissous le gouvernement et instaure un nouveau gouvernement demain. Que Dieu protège l’Egypte

    Il les prends pour des cons à mon avis…

    1. Je veux bien faire le bookmaker… Je parie sur le peuple.

      C’est plus intéressant que de quitter le pays, mais si le peuple veut une nouvelle constitution, une nouvelle répartition du pouvoir, il recule simplement l’échéance du changement, au mieux, ne faisant que le rendre plus nécessaire et plus irrépressible. ils ne lâcheront plus rien. Si l’Égypte saute, tout le Moyen-Orient sautera.
      A mon avis, les israéliens ne doivent pas franchement apprécier. Ils avaient tout intérêt à pouvoir continuer à se présenter comme la seule démocratie du Moyen-Orient. M’étonnerait pas qu’ils mijotent de trucs en sous-main. Ça et l’effondrement US, ça commence à faire beaucoup… J’espère qu’il ne feront pas de bêtise. Les libyens non plus ne doivent pas kiffer des masses.
      Oh le joyeux bordel!

    2. J »ai peur que le problème numéro un de l’Égypte ce ne soit pas Mubarak – qui passera pas l’hiver ni la main à son fils aux élections prévues en septembre – mais l’insupportable densité de population dans la vallée et le delta du Nil, qui entassent 90% des égyptiens sur 5% de la surface du pays, le reste n’en parlons pas c’est le désert, soit à peu près 5 fois la population des Pays-Bas sur un quart de surface en plus : 50 000 Km² soit 5 millions d’Ha, soit 1500 personnes au Km², soit 15 personnes à l’Ha, soit un jardin de 20m sur 33m par tête de pipe…

  43. Dans les milieux et médias d’affaire ici au Québec ainsi que tous les think tank de droite (IEDM en tête), la plupart mettent en cause non pas la dérégulation mais la régulation et l’intervention de l’état. C’est scandaleux de constater cet aveuglement.

    1. Hélas vous avez raison. La droite populiste est en train de faire son nid ,dans les décombres de ce que la sociale-démocratie avait tant bien que mal réussi à mettre sur pied. La gauche ici est un peu comme en France à court d’idées, ce qui laisse le champs libre aux promoteurs des ténèbres éblouissants.

  44. Je pense que la main invisible dAdam Smith n’a absoluement jamais marché.
    Il s’agit simplement d’une stratégie de transfert de pouvoir monarchique vers la bourgeoisie capitaliste.
    La preuve, les physiocrates en France. L’introduction de la libération du marché du grain en France a été une catastrophe qui produisit de la famine et des révoltes!
    L’echec de la monarchie constitutionnelle voulue par la bourgeoise est le symbole du refus du « libéralisme » par les français. C’est une grand originalité de la Révolution Française.
    Seuls les français ont une définition exacte du libéralisme.
    Le libéralisme anglo-saxon n’a rien à voir avec la notion de « gauche », pas meme avec les Lumières.
    Notons que la révolution industrielle occidentale doit tout à la science et rien du tout au capitalisme financier. Vieux systéme qui a toujours existé, et qui n’a AUCUN rapport avec la démocratie. Sa seule qualité, c’est de profiter des opportuniités pour s’enrichir, sans aucune valeur morale ni ethique!
    L’arnaque du siecle c’est d’écrire capitalisme=démocratie.
    Ca n’a rigoureusement rien à voir.

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