FUKUSHIMA, SYMPTOME D’AGONIE, DEBORDEMENT DE COMPLEXITE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Après l’analyse de la valeur par le caractère personnel et social de l’humain, après la présentation du prix comme conséquence d’options de répartition des causes de la valeur entre des rôles humains distincts, voici une proposition d’application du marché d’option à la prévention de la complexité technologique spéculative.

Imbrication humaine des causes

D’après les informations qui nous ont été données, le tremblement de terre du 11 mars au Japon a normalement déclenché la procédure de mise en sécurité de la centrale nucléaire de Fukushima. Puis le tsunami est arrivé et a noyé les pompes de secours de refroidissement des réacteurs. Pour une panne d’électricité, la vie de millions de gens est mise en danger et une portion inconnue du tout petit territoire japonais risque d’être stérilisée pour longtemps. Des faits naturels se conjuguent dans une catastrophe où les conséquences apparaissent disproportionnées aux actions subjectives qui ont été effectivement engagées ou qui pouvaient être engagées pour les éviter.

La disproportion met en regard des pertes incalculables en vies humaines et en dégradation du milieu de vie avec un investissement et un objectif initiaux qui avaient un certain prix ; un investissement qui a « économisé » la vie humaine mais bien en deçà de ce qui avait été promis. Des options ont été prises à l’origine de la centrale électrique accidentée. Un projet avait été défini dans lequel un certain calcul faisait apparaître que l’électricité nucléaire à produire vaudrait globalement plus que les dépenses de conception, de construction et d’entretien sur toute la durée de vie de l’infrastructure. La comparaison du projet avec des modes alternatifs de production de la même quantité d’électricité, disponibles au même moment, avait laissé penser que le nucléaire rendrait la plus grande valeur. Le même objectif de production serait atteint à moindre coût avec les réacteurs de Fukushima. Mais que contenait vraiment l’objectif ?

En prix humain, la catastrophe en cours révèle une immense erreur de calcul. L’investissement et les coûts engagés jusqu’au tremblement de terre sont assimilables au versement d’une prime d’option dont le prix nominal a été le chiffre d’affaires encaissé par l’exploitant Tepco. L’échéance de l’option était la durée de vie prévisionnelle de la centrale électrique. Le contrat nominal sous-jacent au chiffre d’affaires prévisionnel était l’ensemble des normes techniques, sanitaires et politiques impliquées dans l’autorisation formelle publique à produire de l’électricité nucléaire. Tout le calcul financier à l’origine de la construction de la centrale s’est fondé sur une séparation politique normative de l’acceptable et de l’inacceptable ; et sur une anticipation de la disponibilité des techniques requises au respect des engagements pris. L’erreur de calcul bien apparente après la catastrophe se trouve donc dans la délimitation juridique même du civilement acceptable, donc dans l’évaluation des techniques propres à respecter les normes retenues et enfin dans l’effectivité des contrôles réalisés pour garantir le prix de revient anticipé de l’électricité produite.

Le risque de méconnaissance de la réalité

Le drame de Fukushima révèle une dimension tout à fait sous-estimée du risque des projets humains. Le risque n’est pas la seule imprécision des calculs financiers de rentabilité, c’est à dire la possibilité d’un prix de revient supérieur en fin de compte au prix de vente, mais le défaut d’identification des causes possibles de perte de valeur. Plus grave, les causes inconnues de non-valeur contiennent la possibilité de détruire l’homme lui-même ; de mettre fin à tout calcul. Plus grave encore : bien que l’homme connaisse depuis quelque temps sa capacité à s’autodétruire, il ne l’intègre pas dans ses anticipations d’erreur. Il n’a pas changé son mode de gouvernement qui consiste à laisser à quelques-uns la responsabilité d’engager la vie des autres sans avoir à répondre effectivement et concrètement d’intentions véritables ni des dégâts effectivement provoqués. Le coût humain des décisions engagées est arbitrairement pris en compte dans le calcul économique sans consultation ni information des personnes concernées.

Les accidents nucléaires se succèdent pour confirmer l’inadaptation des cadres nationaux de réglementation, de normalisation et de contrôle de cette industrie à l’emprise des projets engagés. Des autorités nationales publiques et privées n’ont nulle part toute la compétence, l’indépendance et l’objectivité requises pour juger du prix réel de leurs projets. Si le Japon peut légitimement estimer qu’il ait un besoin justifié d’électricité nucléaire, il apparaît absurde après la catastrophe de Fukushima d’avoir construit des réacteurs en zone sismique exposée aux tsunamis. Il est tout aussi absurde du point de vue de la proximité géographique et économique que l’Allemagne et la France n’aient pas de politique nucléaire commune. La catastrophe de Tchernobyl et celle de Fukushima montrent qu’aucun gouvernement ni aucune nation, et encore moins une entreprise, ne peut avoir une appréciation humainement objective et juste de sa politique nucléaire.

Ni les individus, ni les collectivités aussi grandes soient-elles n’ont une appréciation fiable de leurs propres intérêts ni des intérêts des autres. Les externalités qui déterminent l’intérêt humain peuvent peser bien davantage que la rationalisation qu’il produit. Il est des enjeux, soit par l’universalité de leurs conséquences, soit par la complexité des technologies utilisées, soit par l’étendue de leur emprise sur le milieu de vie naturel, qui dépassent la compréhension que les regroupements d’hommes peuvent en avoir, fussent-ils particulièrement éclairés et clairvoyants. Une hypothèse fondatrice du capitalisme libertarien actuellement en vigueur est contredite par la catastrophe de Fukushima. Ni les individus, ni les collectivités ne sont capables dans leurs projets même avec toute la science humaine à portée de main d’anticiper et d’éviter des erreurs d’appréciation qui compromettent l’avenir de l’humanité tout entière.

Ontologie de l’erreur capitaliste

Par capitalisme, il faut entendre le sens étymologique de la valeur produite par la tête ou une combinaison de têtes. Par libertarien, il faut entendre le choix de reconnaître une valeur absolue à la liberté d’un seul ou de quelques-uns sans que les autres n’aient un avis à donner. Fukushima est un produit du capitalisme libertarien même dans le pays de la cohérence sociétale. Un seul pays, une seule technocratie, une seule entreprise, un seul ensemble de consommateurs d’électricité ont pu décider d’engager un projet sur une vision partielle et partiale de la réalité qui engage toute l’humanité. La modélisation des entreprises humaines par la structure d’option permet de démontrer l’inanité économique de l’hypothèse d’une information optimale de l’offre par la demande dans le prix. L’option nucléaire de Fukushima fournit un exemple du principe de falsification que contient intrinsèquement le capitalisme libertarien contemporain ignorant la définition délibérative du bien commun.

Le résultat de l’option de Fukushima est l’incommensurable moins-value de la pollution radioactive engendrée par la perte d’intégrité physique de la centrale. Le prix promis de la production électrique de cette centrale se révèle faux. Les spécifications techniques, les contrôles et les procédures de sauvegarde qui constituaient le nominal de l’option ne remplissent pas l’objectif de sécurité vendu à l’origine de la centrale. Tout l’argent investi dans la centrale de son origine à sa destruction ne couvre pas la perte de valeur finalement obtenue. La prime investie depuis l’origine du projet a été calculée pour une rentabilité théorique qui ne préservait pas vraiment la valeur humaine. La perte occasionnée est supportée par la société japonaise tout entière et par toutes les victimes inconnues de la catastrophe.

On objectera que ce qui est arrivé n’était pas prévisible et ne pouvait pas être évité. Peut-être. Mais tout n’a pas été fait pour minimiser dans le réel les conditions de probabilité d’une tragédie. Si la nature optionnelle de la valeur économique avait été assumée, le projet de Fukushima aurait été conduit autrement. Toutes les causes du prix réel de l’électricité de cette centrale-là auraient été cotées sur un marché d’options humaines. Toute l’information nécessaire à une décision éclairée aurait été inventoriée, discutée, appréciée et perpétuellement réévaluée pour contenir le projet dans un canal de responsabilité effective de la valeur produite dans la valeur attendue. La réalité n’aurait pas été déterminée par le prix d’intérêts particuliers mais par la valeur universelle d’un objectif de production électrique au prix opté par tous ceux qui en assument le risque.

Savoir transformable en valeur

Le mode actuel de décision capitaliste repose sur une liberté de marché fantasmée par des individus mal associés. La liberté limitée aux détenteurs autoproclamés du capital est vouée à s’échouer sur la réalité universelle qu’elle ne peut réduire. Ce système de décision prétend limiter la mesure des biens aux prix nominaux négociés à l’intérieur d’une oligarchie d’un savoir confiné. Les sujets d’intelligence, de volonté et de choix ne sont pas identifiables ni consultés à l’extérieur de l’oligarchie enfermée dans ses limites. La prime des options prises par les sachants et les puissants n’est pas librement négociable. Le savoir et la puissance ne sont pas vérifiables par des savoirs et des potentiels humains différents. Celui qui croit à la justesse d’une option ne peut en acheter la prime. Celui qui voit une erreur potentielle ne peut s’en prémunir en vendant la prime.

Ce capitalisme libertarien anticipe des prix nominaux sur l’hypothèse invérifiable du bien représentable par quelques-uns. Il ne capitalise pas les primes d’option de toutes les causes possibles d’un bien commun infini a priori. Le développement exponentiel des produits dérivés sur les trente dernières années montre l’extraordinaire fertilité de l’intelligence humaine à modéliser les réels possibles pour en anticiper le prix. Mais si les possibilités du réel ne sont pas clairement exposées et accessibles à l’ensemble de ses sujets, le prix nominal établit un privilège de valeur. La réalité devient un bénéfice restreint à quelques-uns alors que les pertes d’anticipation retombent sur tous. Si l’économie de la réalité possible est délibérément exposée à l’analyse ouverte de toute intelligence, le choix du prix nominal repose sur l’information la plus élargie de l’intérêt à faire et consommer ; une information qui ne soit pas exclusive de l’intérêt à ne pas faire pour ne pas mettre la vie personnelle en danger.

Si la capitalisation du prix de la valeur projetée est fondée sur des primes d’option de la réalité nommée sans exclusive, elle pose des limites de réalité objective au nominalisme politique, juridique, scientifique et financier. Appliqué au développement d’une centrale nucléaire, l’évaluation optionnelle du projet part des premiers plans jusqu’au démantèlement complet des installations après utilisation. Le prix d’une centrale nucléaire implique que la technologie qu’elle emploie soit décrite et déposée. Les ingénieurs qui croient à l’application de la technologie dans un projet identifié en garantissent l’exécution en touchant la prime d’option tandis que les ingénieurs qui croient à la surestimation de la valeur des plans vendent la même prime en tant qu’assurance du prix de la moins-value qu’ils anticipent.

Option de réalisation de la valeur nommée

Une même prime rémunère une réalisation pour son vendeur, ou bien l’incertitude du prix réel à terme pour son acheteur ; la prime représente le prix du risque, c’est à dire la possibilité de réalisation ou de non-réalisation du prix aux échéances définies. La certification technologique de valeur des plans déposés n’a de sens qu’à travers les théories scientifiques qui les sous-tendent et à travers les normes du vivre ensemble qui structurent l’élaboration et l’application concrète des théories. La loi légale nomme les normes du vivre ensemble qui produisent les lois scientifiques qui rendent la réalité transformable. L’optionalité d’une technologie est elle-même réduite, rationnellement nommée, par l’optionalité des conditions de son application. Les scientifiques achètent la prime des ingénieurs qui couvrent l’option des technologies employées ; la société politique achète la prime de la science produite, enseignée et évaluée par ses applications concrètes.

La fiscalité et les prélèvements d’assurance de la société politique sont des primes de valeur de l’agence économique dans l’État de droit. Tout citoyen est protégé par la prime publique à remplir ses engagements économiques. Les primes fiscales et sociales financent la régulation par production d’un cadre humain de renégociation permanente des primes d’option ; les primes publiques sont investies dans l’intégrité de jugement des agents économiques et dans la réparation des pertes de valeur non portées des engagements nominatifs. La finalité de l’État de droit est d’assurer l’universalité de la valeur de l’option de continuité sociale entre le prix de la réalité effectuée, la nomination de cette réalité et la réparation des erreurs de réalisation des promesses de prix.

La négociation transparente à toute personne des options de prix de tout objet garantit une réalité présente et permanente à l’annonce de toute valeur en monnaie. La monétisation du prix est l’engagement en droit d’une option de réalité nommée au présent dans la prime et nommée à l’échéance de l’option sous le prix nominal d’une livraison conforme à la promesse d’origine. Par le paiement de la prime, la société exige la réalité de la valeur anticipée par l’engagement d’un vendeur du nominal déposé dans le marché. L’achat obligatoire de la prime de tout objet intéresse toute la société à développer sa connaissance de la réalité afin de transformer les primes réglées en plus-value de prudence. Les prix nominaux sont garantis par le savoir personnellement engagé de réalité. La plus-value est subordonnée à la vérification du savoir par la démocratie des personnes.

Monnaie de droit humain accompli

La validation du savoir transformé par l’option à agir induit la métamorphose de la monnaie. Le signe monétaire n’est plus seulement une représentation de la possibilité du prix et du calcul de la valeur mais l’engagement réel de reconnaissance des personnes dans une société politique identifiable et responsable. L’émission monétaire sous-jacente à l’option du prix est conditionnée par l’application d’une loi de souveraineté. Entre des souverainetés différentes, la valeur de la Loi applicable doit être mesurable par une convertibilité légale de monnaies de nationalités différentes. Un prix dans une monnaie doit avoir valeur légale dans une autre monnaie par l’optionalité garantie du change. Et la prime de la Loi dans une monnaie doit être légalement calculable hors d’une loi nationale particulière. Une société de droit qui nomme, négocie, anticipe et garantit tout ce qu’elle produit est obligée de se garantir elle-même. Tout étranger manifeste son intérêt à investir et tirer un bénéfice personnel de la valeur réelle d’une nationalité en achetant la prime de change dans une monnaie internationale ou en vendant des actifs dans la monnaie nationale.

Si la logique d’information des objets de valeur par la nomination en droit, en prix et en prime de la réalité future, garantit la valeur universelle d’une transaction à l’intérieur d’une souveraineté nationale, elle la garantit tout autant à l’extérieur. A la condition d’une négociation de l’option de change du prix de la monnaie nationale dans les mêmes règles de transparence adoptées par les nationaux ; à la condition donc d’un marché international d’option où toute transaction en monnaie nationale soit convertible en monnaie internationale garantie par l’achat effectif de la prime de change. La continuité financière entre la réalité, le droit et les engagements économiques à l’intérieur d’une souveraineté s’étend par la monnaie internationale à n’importe quelle autre souveraineté engagée dans le principe de réalité du prix par l’option du droit des personnes.

L’option négociable dans un marché d’égalité des droits entre personnes est un puissant outil de définition de la réalité, de réalisation du droit à produire et de reconnaissance des sujets de la valeur universelle. Fondée sur la responsabilité intelligente de toute personne conviée sans réserve à la transformation du réel effectivement demandée par la société politique, l’option mobilise la seule ressource humaine qui puisse réduire la complexité d’un univers partiellement perceptible, partiellement libre de la volonté humaine, partiellement intelligible et partiellement explorée. L’homme sait depuis qu’il s’est engagé dans la civilisation qu’il ne peut servir à la fois son humanité et l’argent. S’il accapare la matérialité de la monnaie pour lui-même, il détruit la société qui le relie à la réalité.

Ethique monétaire

L’argent est bien la réalité économique quantifiée de la relation de transformation du monde par l’homme ; il est impossible de ne pas détruire l’homme et le monde sans séparer à l’intérieur de la monnaie, la matière de valeur, l’intelligence de transformation, la finalité du calcul économique et la mesure effective de la réalité. Toute confusion des différents prix détruit l’anticipation humainement vraie de la réalité. Il est impossible d’opérer la distinction monétaire des vraies causes de la valeur sans l’option discutable dans la démocratie. Sans le marché ouvert des options des causes du prix, la ploutocratie élimine la discussion du futur. Fukushima est la conséquence ultime de la finance qui perd l’homme dans le calcul individualiste. Combien faut-il de vies sacrifiées pour instaurer la responsabilité politique et financière de la personne ?

Partager

134 réflexions au sujet de « FUKUSHIMA, SYMPTOME D’AGONIE, DEBORDEMENT DE COMPLEXITE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Encore une démonstration magistrale, comme sur un échiquier (notation:!!), Mr. Sarton du Jonchay…

    Cependant, un « capitalisme éclairé » n’aurait-il pas pu/dû produire un Fukushima (5+1) c.àd.:
    5 tranches nucléaires PLUS UN (petit) BARRAGE en hauteur dans les montagnes proches:
    celui-ci aurait d’office produit l’électricité d’appoint en cas de stress technologique et de plus un pipe-line et cinq vannes simplissimes assuraient un apport d’eau inépuisable par gravité…
    Trop simple pour les ingénieurs ?
    La complexité (enthalpie) devra se gérer par une démocratie participative bridant le capitalisme…

    1. Lors du tremblement de terre du 11 Mars, des barrages ont menacé de céder au Japon.

      Ce sont des idées comme les votres qui font que les catastrophes s’ajoutent aux catastrophes.

      1. Salut, j’ai écrit un « petit » barrage, je n’ai pas dit un barrage fragile, ni à risque…

    2. Qui plus est, l’accident venait aussi de la perte de la source froide, la station de pompage en mer ayant été balayée. Et peut-on être sûrs que les fils électriques reliant le barrage à la centrale auraient tenu ?

  2. Le mode actuel de décision capitaliste repose sur une liberté de marché fantasmée par des individus mal associés.

    Diable, si j’avais su que les séismes lointains me feraient lire sur ce blog du Stagiro-Stieglerisme !

    Ceci dit plutôt que de « mesure effective de la réalité », illusoire, je plussoie la proposition de svenmarq en ce que elle fabrique une structure distribuée et résiliente, donc qui tolère mieux ce qu’on ne sait pas.

    Dans la mesure effective de la réalité, il faut inclure l’inconnaissance qu’on en a forcément. Options et risques ne sont pas les outils ultimes/souhaitables, seulement leurs approximations, leur projection sur la partie connaissable.

    Ces outils ne sont que des éclaireurs pour les outils de l’inconnaissance, encore à forger et à penser. Quoique les anthropologues pourraient bien nous dénicher des mythologies où quelque chose joue le même bon rôle qu’une « option de l’inconnaissance », différente à souhait d’une option sur un risque lié à une mesure « effective » de la réalité. Ou bien il faut lire par « effectif » le sens de l’effet cherché par les humains, et non de l’effet subi, l’inconnaissable.

  3. « Capitalisme libertaire »… Non, cher PSDJ, pas ça!

    Bannissons cet oxymore monstrueux forgé par Michel Onfray lors d’on ne sait quel pacte infernal où ce système à l’agonie s’est paré de l’étendard de la Liberté!

    Le terme « libertaire » a été inventé par l’anarchiste Joseph Déjacque en mai 1857, entre autres pour se distinguer de l’adjectif libéral. De ce point de vue, l’oxymore « libéral-libertaire » introduit par Michel Clouscard ne vaut guère mieux.

    Il ne saurait y avoir ni « anarcho-capitaliste », ni « capitaliste libertaire », ni « libéral-libertaire ». Ce ne sont que les masques des libertariens, ultra-libéraux et modernes médecins de Molière. Ceux-ci préconisaient des saignées à tout propos: « Le malade ne guérit pas, c’est qu’il n’a pas été assez saigné! »; « Hélas, il est mort! Il aurait fallu le saigner plutôt! ». Remplaçons saignée par privatisation et dérégulation, et on comprendra pourquoi cette civilisation est à l’agonie.

    « Reconnaître une valeur absolue à la liberté d’un seul ou de quelques-uns sans que les autres n’aient un avis à donner » n’est acceptable que pour autant que ce « seul » ou ces « quelques-uns » n’aient aucun pouvoir sur les « autres ». Dans le cas contraire, ce n’est que la définition de la tyrannie la plus abjecte.

    Qu’un ancien protagoniste célèbre de mai 68 renie ses idéaux de jeunesse en se proclamant « libéral-libertaire » ne donne aucune pertinence à cette contradiction inconciliable. Il ne peut y avoir de libertaire sans recherche du bien commun et il n’y aura jamais de capitalisme à visage humain que dissimulé derrière un masque dérobant à notre vue la face hideuse des membres du « parti de la mort » nommés ainsi par Raoul Vaneigem et dont Tepco est l’incarnation parfaite.

    Salutations libertaires et nonobstant respectueuses de la teneur des débats ouverts grâce à votre clairvoyance.

    1. Vous avez parfaitement raison : il s’agit du « capitalisme libertarien », l’idéologie aristocratique et manipulatrice prônée par von Hayek, l’une des variétés de l’extrême-droite contemporaine, sans rapport avec le courant ou l’aspiration libertaire. L’erreur a été corrigée dans le texte.

      1. Fukushima est la conséquence ultime de la finance qui perd l’homme dans le calcul individualiste. Combien faut-il de vies sacrifiées pour instaurer la responsabilité politique et financière de la personne ?

        Vous savez contrairement à tant d’idées reçues je me demande si les êtres sont réellement bien singuliers et uniques dans un plus grand monde marchand, on pourrait peut-être encore le faire croire aux êtres et cela à travers tant de mêmes marques commerciales, et où d’ailleurs les comportements ne sont d’ailleurs plus guère de bon exemples à suivre.

        Ne vivons-nous pas en fait dans une plus grande planête de singes grâce par exemple à nos premières élites mondiales sur les marchés. A partir de là, peut-être même qu’un plus grand calcul moins individualiste ne permettrait pas mieux aux êtres de moins se faire du mal, progressons-nous réellement bien envers les autres comme envers nous mêmes ?

      2. Oups je ne suis pas bien réveillé ce matin, mon commentaire n’était pas en réponse à Joseph Déjacque, le café aussi n’est plus donné en ce moment.

    2. Pourtant compagnon Dejacque les anarchistes ont forgés eux mêmes les verges pour se faire battre. Regardez ce qu’ils sont devenus pour la plupart les gardes rouges du socialisme devenu lui-même libéral.
      Mais si ce mot accolé à celui de libéral vous choque il en est certainement de même de celui de communisme accolé à stalinisme ou de socialisme à celui de libéralisme comme je le fais moi-même ou de catholicisme à celui d’obscurantisme comme les anarchistes l’ont fait . Il est d’ailleurs étonnant qu’un libertaire veuille figer le vocabulaire ignorant que si libertaire- libéral a supplanté libertaire puis anarchiste c’est que les idées s’améliorant , le sens des mots y participent . Rien n’est plus soumis à la réalité que le langage, la critique doit inventer ses propres mots correspondant à la nouvelle réalité en gestation. Les définitions valent historique- ment pour une période donnée disait les situationnistes dans les mots captifs. A bon entendeur….

    3. @Joseph Dejacque,
      J’entends par « libertaire » la pensée d’une liberté sans relation, d’une liberté dont le sujet soit uniquement l’individu, l’individu qui se pense abstraitement hors de toute société. Je ne sais si j’emploie ce terme dans son acception la plus commune. Il me semble que la pensée libertaire est d’inspiration protestante. La relation de l’individu à son Dieu ou à ses dieux ou à lui-même est une affaire purement personnelle qui n’admet aucun regard extérieur, aucune communion de vie. Je vois les libertariens plutôt dans les sociétés de culture protestante. Me trompé-je ?

    4. @Joseph Déjacque : J’ai besoin de vos lumières et du mouvement de votre pensée : 1) Clouscard, lorsqu’il utilise l’expression « libéral-libertaire », n’est-ce pas justement pour dénoncer une forme de récupération de l’idée libertaire originelle (par l’évolution de comportements, détournement du désir initial) qui une fois suffisamment dégradée et mise hors contexte, devient un cheval de troie parmi d’autres pour une « contre-révolution » économique libérale ? En ce sens, oui, il y aurait bien oxymore, mais exprimé en connaissance de cause : ce libertaire-là n’est plus celui proposé par Joseph Déjacque et il faut pourtant le citer pour continuer à observer ce qui se passe sans le dénaturer pour autant. 2) Pourriez-vous m’éclairer, en quelques mots si cela est possible, sur la traduction de la France vers l’Amérique du mot « libertaire », puis de sa dérive en « libertarianisme », puis son retour de l’autre côté de l’Atlantique de manière biaisée après les années 70. C’est peut-être là que se jouent tant de contre-sens… 3) Il est très agréable, décidément, de voir autant de dialogues de qualité sur ce blog, où l’on apprend beaucoup, où un véritable échange se produit. Merci à vous tous.

  4. « Le risque de méconnaissance de la réalité »
    Je préfèrerais au terme de méconnaissance celui d’ignorance parce que seule l’ignorance peu faire un tel dégât.
    D’ailleurs la seule chose que l’on peu reprocher à tous ces gens c’est bien l’ignorance.
    Le risque d’ignorance de la réalité. A la connaissance s’oppose l’ignorance.

    1. Il m’arrive parfois de rechercher à comprendre pourquoi certaines personnes ne veulent plus du tout en savoir plus, il est vrai qu’à partir d’un certain stade difficile alors de s’en remettre. Vouloir tout connaître et tout savoir comme autrui n’est peut-être pas non plus une bonne chose pour l’homme.

      Quand on a vraiment la chance d’ignorer quelque chose, on ignore aussi qu’on a cette chance.
      [Alice Ferney]

      1. La vérité, c’est que nos siècles classiques, ont vécu sur la foi d’évidences absolues, plus impatients de faire avancer les connaissances que d’en assurer les fondements, plus préoccupés, dans l’intérêt même de cet avancement, d’assurer le caractère de l’acquis en l’insérant dans un ordre rigoureux que de revenir à lui pour le contrôler, ils ont voulu avant tout le progrès. Hélas, par une sorte de renversement, c’est ce progrès même qui, en continuant, conduit à des impasses qu’on ne peut éviter qu’en revenant aux principes et en découvrant à l’esprit un conflit entre la stabilité des principes et la variété mouvante des expériences.

      2. comme je le dis plus haut , nous avons ici (entre-autre , mais les pbs écologiques , énergétiques , démographiques , ressources en eau , alimentaires aussi…etc…) à un phénomène de Déni , dépassant la méconnaissance , voire l’ignorance…donc appelant à d’autres solutions++++

    2. Idle,
      Je souhaite bien faire la différence entre la méconnaissance et l’ignorance. On ne peut être responsable de ce qu’on ignore. En revanche on est bien responsable de ce qu’on méconnaît. La méconnaissance est une faute intellectuelle : alors qu’on a la possibilité de voir, d’entendre et de comprendre, on s’enferme dans le contentement de soi et on méconnaît. La méconnaissance tue beaucoup plus sûrement que l’ignorance.

      1. @Pierre
        « La méconnaissance tue beaucoup plus sûrement que l’ignorance. »… On peut très bien méconnaître par ignorance et ignorer par mépris, non?.

      2. Le monde très marchand dans lequel nous vivons ne recherche pas trop non plus à ce que les êtres vivent beaucoup moins dans la méconnaissance, peut-être même que l’enseignement du monde ne favorise pas toujours mieux non plus à meilleure rigueur intellectuelle ou plus honnête à l’égard de soi même comme d’autrui, à savoir également que tout le monde n’a pas non plus la faculté de pouvoir mieux accéder à la compréhension de certains textes ou livres économiques, moi même je n’ai pas un très bon quotient intellectuel, ne soyons pas trop sévère alors envers tous ceux et toutes celles qui ne peuvent pas toujours mieux suivre les premiers de ce monde.

      3. @ idle

        Non, vous ne pouvez pas méconnaitre quelque chose que vous ignorez, puisque vous portez un jugement de valeur précisément sur cette chose.

      4. Cela me rappelle un certain « responsable mais pas coupable ». L’intéressée se disait responsable par autorité sur le secteur concerné, mais en pleine ignorance.

        La méconnaissance selon SDJ ressemble au péché : mal agir en pleine conscience du mal.

    3. Méconnaissance me semble plus juste, compte tenu de l’avis de mon dictionnaire fétiche qui nous en donne les sens suivants :

      Ne pas reconnaître (une chose) pour ce qu’elle est. –> ignorer : manifestement, on n’a pas reconnu que les centrales nucléaires sont une solution périlleuse : les dispositifs de sécurité protègent de leurs dangers mais ne les éliminent pas.

      Refuser d’admettre, d’accepter, de tenir compte de (qqch.). : on n’a pas tenu compte des risques de séismes et de tsunamis, ni de la vétusté des centrales, ni de la forte densité de la population alentour.

      Ne pas apprécier (qqn ou qqch.) à sa juste valeur : on a empilé les risques, (le MOX en est un de plus), mais pas les dispositifs de sécurité : le risque global n’a pas été estimé à sa juste valeur.

      Mais il y a aussi une grande part d’ignorance, sinon l’idée de construire par dizaines de tels engins n’aurait même pas vu le jour.

      1. Vous avez sûrement raison et si demain un tribunal venait à juger les responsables de ce désastre il vaudrait mieux ne pas se tromper sur les termes à utiliser. Donc, je gomme et j’annule mon raisonnement sur les termes méconnaissance et ignorance.

    1. C’est donc l’état Japonais qui renflouera. J’ai d’ailleurs lu hier soir quelque chose à ce sujet, les versements auraient été envisagés (voire plus ?). Un joli paquet de yens en tout cas…

      Socialisation des pertes, encore……

    2. Merci Hubert pour le lien.
      Puisque nous sommes dans les dégustations pâtissières monsieur de la Pâte Feuilletée…Je choisis le « Financier », mangeons le histoire de s’en débarrasser.

    3. Je viens de voir, au journal télévisé, les techniciens des centrales qui se sont fait gravement irradier en tentant de réparer les dégâts causés par d’autres (comme un commentateur l’a précisé plus haut, il ne s’agit pas d’ignorance, mais bel et bien de déni des risques). Ces pauvres gens sont devenus des héros, ce qui leur fera une belle jambe quand ils en seront au stade terminal de leur cancer (dont on peut espérer que les frais de traitement seront pris en charge, non pas par l’assurance, mais par l’état japonais).
      Franchement, j’ai rarement ressenti une telle colère. Et j’ai du mal à comprendre pourquoi les japonais n’attrapent pas les dirigeants et les gros actionnaires de Tepco par le col du costume Armani afin de les les obliger à aller travailler parmi les équipes exposées aux irradiations … Et surtout, j’aimerais qu’un site suive l’avenir des ces responsables, pour savoir ce qu’ils sont devenus dans 10 ou 15 ans.

  5. ////La modélisation des entreprises humaines par la structure d’option permet de démontrer l’inanité économique de l’hypothèse d’une information optimale de l’offre par la demande dans le prix.///
    Vous dites là quelque chose d’important .
    « La structure d’option » est une réalité dont la caricature est le hooliganisme . Le gigantisme actuel des groupes force l’individu a se « re-grouper » . Ayant pêrdu l’uité de lieu et son aliénation bienveillante , il se ré-unit par affinité induisant un communautarisme et une agressivité non régulable .
    L’ancien modèle structurel qui se basait sur l’unité de lieu contraignait a voisiner l’altérité au niveau des individus .
    Le nouveau modèle reporte cette altérité au niveau des groupes , ce qui rompt avec les effets vertueux des systèmes complexes .
    Il semble qu’on ne peut récuperer les vertus des systèmes complexes naturels (stabilité) , apres avoir linéarisé le premier niveau . Ce constat (assez intuitif pour moi, y a t il un matheux ds l’avion ?) pourrait servir a l’économie qui rationnalise a outrance le premier niveau et fait confiance a la « main invisible =complexité » pour la suite puisqu’elle ne sait traiter les systèmes complexes .

      1. @PSDJ:
        Difficiles questions ! je tente qqs réponses :
        – Ma théorisation est (comme source de raisonnement) , le modèle originel de gestion des groupes , en usage chez tous les systèmes vivants : morcelé , fractal , etc …et surtout basée sur une grande rigidité structurelle du modèle et du comportemental.
        -Liberté : dans tous les cas , juste un peu de « JE » dans nos chaines du déterminisme . Je présuppose que la sécurité prime sur la liberté , ce qui nous amené a nous socialiser avant de nous humaniser . Je situe le « contrat social », le deal de la liberté/agressivité contre la protection du groupe, bien avant JJR , au passage de l’animal solitaire à l’animal social. Le problème de la « liberté » est un faux problème , puisqu’un individu isolé ne peut ni survivre ni devenir humain , il est donc de facto « aliéné » puisque asservis « volontaire » , meme si cette volonté est inconsciente .
        Pour moi , toujours de façon originelle , le faible degré de liberté des individus dans la hierarcisation des groupes est faible , mais suffisante pour permettre cette hierarchisation a laquelle elle participe . Ce serait le résiduel de l’agressivité intra_spécifique , fortement inhibé lors du passage a l’ animal social (K LOrenz « l’agression » et Goffman « les rites » )
        La « responsabilité » est la question qui me cause moins de problème .
        Dans une structure archaique parcellisé , les fonctions « régaliennes » sont intégrées chez les individus et non sous traitées comme actuellement : le flic est « Dans la tete » et non dans un car de CRS. La defaillance d’un rite ou d’une règle implique non seulement l’individu , mais sa fratrie , sa famille et meme son quartier …..Il va perdre la « FACE » . Jusqu’aux années 50 on n’aurait JAMAIS pu etre ministre (de la justice !) et avoir 2 freres en taule ! . Dans la tete on avait : un juge , un flic , un temoin , un coupable , un juré …) ce qui économisait pas mal de fonctionnaires . Cette aliénation etait des plus forte , mais , je crois , responsabilisait l’individu de façon bien plus importante qu’actuellement et lui permettait le passage az l’adulte.
        Ce problème rejoint celui de la néoténie actuelle qui maintient l’individu ds l’enfance et la dépendance .
        Le « Choix » . on est carrément là dans l’illusion . Meme si formellement le « choix » est légalement possible , il n’existe pas en fait :vous etes obligé de choisir cette société , ce modèle , d’avoir portable et 4×4 (pour les plus aliénés). Vous ne pouvez meme plus vivre ds une Yourte , Pour loger il vous faut un demi salaire ! …et si vous faites l’effort de ne pas etre comme les autres , on vous chasse et vos enfants sont ostracisés et pleurent pour du coca !
        Il va vous falloir mettre un detecteur au plafond et on parle d’interdire le jardinage …etc ..
        Quand a la VIE :
        Une fois les sens physiques assouvis , le seul truc qui nous interesse , c’est de valoriser notre « Face » -ego par des échanges interactifs (Goffman) . Un arbre a palabre ou un forum ,un troquet , ont le meme et unique but : se Valoriser ou confirmer notre Valeur . Mais pour ce faire reconna, il faut etre « connu »

      2. Désolé j’ai dérappé sur le clavier.
        Pour etre reconnu , on doit donc etre connu et pour ce faire il faut que le groupe soit réduit dans l’espace et dans le temps .
        C’est de cette façon que nous nous sommes conformés et , si l’on suppose une certaine rigidité transhistorique , pour optimiser l’individu , il faut rester dans ce modèle .

    1. Demandez à Serge Galam, (sérieusement)
      il vous indiquera peut être un « complexitaire » ou un « complexitarien », à votre linéaire guise. (ironie gratuite sans mauvaise intention)

    2. Vous vous perfectionnez, Kercoz, cette fois j’ai tout compris ! Et je suis même d’accord sur le fond, sauf en ce qui concerne le « passage de l’animal solitaire à l’animal social », parce que je soupçonne les singes, (dont nous sommes une variété), d’être sociables depuis qu’ils sont singes, donc pas besoin de « passage » pour eux.

      Cela dit, vous laissez toujours l’impression d’être ventriloque, de ne pas faire entendre votre propre voix mais celle d’un modèle, plus ou moins abstrait, résultant d’un syncrétisme. (Au sens positif de « Combinaison relativement cohérente (à la différence de l’éclectisme), mélange de doctrines, de systèmes. ») C’est intéressant, remarquez, je ne vous reproche rien, mais je trouve ça curieux.

      1. Cher Batracien .
        Je base une grande partie de ma thèse (disons néo-structuraliste) , sur l’ agressivité intra spécifique (erntre individus de meme espece) telle que l’a exposée brillamment K. LOrenz . (« L’agression, une breve histoire du mal »).
        Et figurez vous que dans un de ses derniers ouvrages (L’ homme ds le fleuve du vivant ) , il pondère sa thèse en disant que qqs especes sont exemptés d’agressivités intra-spé …Notamment les amphibiens .Vous dites :
        ///sauf en ce qui concerne le « passage de l’animal solitaire à l’animal social », parce que je soupçonne les singes, (dont nous sommes une variété), d’être sociables depuis qu’ils sont singes, donc pas besoin de « passage » pour eux/////
        C’est ce que je répète sans cesse : le contrat social a eu lieu au passage de l’animal solitaire (ou famillial) à l’animal social ….. et ce contrat social est smilaire pour de nombreux animaux sociaux …. Il y a d’ailleurs un problème de terminologie avec homminidification et homminification , le premier incluant une ramure plus étendue comprenant les grands singes .
        C’est important parce que toute notre rigidité comportementale culturelle provient (a mon sens) pour une grande partie de cette période ou nous ne parlions pas encore .
        C’est important parce que pour briser cette structure , et former des groupes gigantesques , il faut repasser par l’individu « nu » qui n’existe pas en tant que tel .
        S’il fallait développer « ma » thèse , elle reposerait sur le fait que le structuralisme s’est épuisé alors que la th.du chaos aurait pu lui redonner le souffle par la solution mathématique qui manquait a la cybernetique .
        Nous sommes toujours conformés comme des chasseurs cueilleurs et courrons apres des leurres (4×4 ou blondase hypertrophiées) pour exposer une « face » non démontrée parce que non démontrable . insatisfait de cette ostentation « ratée » , nous consommons un peu plus …..ce qu’ a bien compris le « système » qui exploite ces « leurres » …….Alors que l’archaique satisfait car reconnu , retourne a son hamac ….

      2. En fait, je ne sais même pas si votre narrative pourrait recevoir proprement le nom de « théorie ». Je ne sais pas non plus si ce genre de recours à une fiction de l’état de nature pré-politique, déjà utilisée par Locke, Rousseau, Hobbes, est bel et bien fécond. Je préfère la méthode de Socrate quand il s’agit de se tourner vers le domaine des affaires humaines.A mon avis cette façon moderne d’aborder les problèmes est une impasse. Certaines prétendaient à l’exactitude, d’autres assumaient d’ailleurs leur statut de fiction et leur rôle purement heuristique. Au fond, l’idée est simple. Elle consiste à imaginer les traits caractéristiques d’ hommes avant qu’ils soient des hommes, c’est à dire d’hommes qui n’en étaient pas mais qui en sont quand-même. C’est une pure fiction, une narrative nourrie d’autant de fantasmes que de faits prétendument scientifiques.

        Je préfère commencer par les traits des hommes dont est bien sûr qu’ils en sont, et donc partir des opinions de mes semblables (parce-que l’opinion, la doxa, la parole, est le milieu dans lequel nous nous mouvons, la philosophie politique doit partir de l’opinion). C’est là la seule démarche raisonnable. L’autre ayant tous les traits du Mythe (vous vous arrangez d’ailleurs beaucoup avec la paléontologie récente je trouve…). Je doute que personne n’ait jamais observé ce chaînon manquant que vous postulez, et qui présenterait un groupe humain sans distinction des rôles. Un tel groupe ne serait tout simplement pas humain. Toutes les communautés humaines observées sont des communautés politiques, qui ne communiquent pas seulement mais qui parlent (autant pour les singes!), et qui connaissent toujours déjà une certaine distribution des rôles ne se réduisant pas à telle ou telle place hiérarchique au sein d’une meute. Quand Aristote dit que l’homme est un animal politique, c’est justement pour dire qu’il N EST PAS un animal social. Les singes sont des animaux sociaux. Pas des animaux politiques.

        C’est évident pour tout le monde bien sûr, sauf pour les éthologues… Je me demande d’ailleurs comment ils s’entendent avec les anthropologues… je suppose que les psychanalystes doivent œuvrer en vue d’une réconciliation, et j’imagine bien le millier de romans fictions qu’on pourrait bien écrire, sous couvert de thèses très sérieuses bien sûr mais ne reposant en dernière alternative que sur des associations d’idées sans consistance, pour rattacher les deux disciplines… et pour construire une image plus vraie que nature d’un chaînon manquant animal/homme qui n’existerait que dans les livres en fait (je me demande quand même à quoi ressemblerait la photographie conceptuelle de l’intermédiaire entre « ne pas se poser la question du sens » et « se poser la question du sens », entre « ne pas parler (communiquer) » et « parler »)).
        Ahh la nouvelle religion que voilà… merci au prophète et on baignera de plus en plus dedans comme les médiévaux baignaient dans la leur…

        Et pourtant sur le fond de l’argumentation je partage entièrement votre point de vue sur les liens de dépendance. Mais en raison de cet accord même sur le fait que tout commence par la subduction, la responsabilité est justement ce qui pose le plus de problèmes, l’homme étant un animal politique.

      3. Sur le lien entre « logos/parole » et « animal politique » chez Aristote, lire absolument cette communication d’Aubenque (dont l’objet principal était de resituer Aristote par rapport aux théoriciens politiques contemporains dits « communautariens », même si cette dernière catégorie est un vaste fourre-tout) :

        http://espaceeducatif.ac-rennes.fr/jahia/webdav/site/espaceeducatif/groups/PHILOSOPHIE_Webmestres/public/Formation/CommAubenq.pdf

        Après les positions post-aristotéliciennes de la science économique, les positions pré-aristotéliciennes de l’éthologie humaine , de la neurobiologie et de la psychologie évolutionniste.

      4. @Killixs.
        Puisque ma « narrative » n’est pas assez propre , disons que ce n’est pas une théorie , mais je ne propose que « Thèse » .
        Il n’empèche que se référer aux grecs me pose problème :
        _ ils sont deja en civilisation et donc selon ma thèse , en « déviance ».
        _depuis ces penseurs, certes puissants et fameux, nous avons accès a des informations qu’ils n’avaient pas et qui auraient pu modifier leurs jugements ( antropo , archéo , notion de durées des temps géologiques et des especes , acces aux statistiques et autres génomes etc ….) . Je crois que certains courants de pensée sociologiques réfute toute pertinence aux ecrits d’avants 50 …je n’en suis pas là mais j’aurais tendance a relativiser toute la socio-philo_psycho induite par ces époques qui ont plus d’interet a survivre et a l’initiatique , qu’a approcher la « réalité ».
        ///.A mon avis cette façon moderne d’aborder les problèmes est une impasse.///
        Vous etes libre de le penser , mais « I smell a rat » .

        ///la philosophie politique doit partir de l’opinion)/// L’opinion , c’est l’interet immédiat : L’audimat .
        « La philosophie est a la réalité ce que l’onanisme est a l’amour » (Marx ..sous réserve)

        ///un groupe humain sans distinction des rôles. Un tel groupe ne serait tout simplement pas humain.///
        Vous excluez la possibilité de « non spécialisation » …pourtant s’il y a transition de l’animal solitaire a l’animal social (et ça a du prendre des millions d’années) , nous partons bien d’un individu « autonome » , « libre » et suffisant par lui meme . …….Pour aboutir a un groupe qui aurait spécialisé ses individu, (pour moi , début de l’agriculture /néolithique ..qui explique l’exponentielle de population), il me semble probable qu’une étape intermédiaire passe par une spécialisation des actes plutot qu’une spécialisation directe des individus :
        ce matin on pèche , cet apres-midi sieste , ce soir chants rituels et demain on part 3 jours pour la chasse ….
        Bien sur les femmes et les vieux restent au HLM , et un début de spécialisation peut résulter de performances differentes ds les differentes actiités …En tout cas l’ethno montre que de tels groupes survivent .
        Il faut , me semble t il se méfier des groupes archaiques actuels , L. Strauss montre qu’ils sont plus souvent rétrogrades qu’archaique …et la densité des population est nettement sup a celle qui a du exister avant le néolithique (ce qui , bien sur , par isolement accentue le caractere exclusif et endogame des cultures du groupe )

        ////Quand Aristote dit que l’homme est un animal politique, c’est justement pour dire qu’il N EST PAS un animal social. Les singes sont des animaux sociaux. Pas des animaux politiques////
        Qu’en savez vous , vous donnez a Aristote votre point de vue…..point de vue de plus en plus contesté . Difference de degré ou difference de Nature ? …I Smell …a God !
        Meme K.LOrenz ds  » l’agression » , au vu de ses ecrits qui pratiquement démontre qu’il n’ y a pas de difference de nature entre RITES et MORALE , panique (en tant que déiste , ou sous pression exterieure) et « pond » un chapitre manifestement rapporté et tardif pour déclarer que si ça ressemble a la morale ça n’en, est pas ..que nous avons « la grace ..etc »
        Votre « thèse » du « chainon manquant  » ne me parait pas pertinent , il n’est pas necessaire a la démo dirait l’autre !

  6. Franchement, Fukushima montre surtout une chose : même s’il n’y a qu’une chance sur un milliard pour qu’une centrale saute par une conjonction impensable de facteurs inconnus, cela risque toujours d’arrivée. Le risque zéro est un mythe. Sauf que dans le cas de Fukushima, c’est tout un pan du Japon qui resterait inhabitable pendant des millénaires !

    J’ai écrit un billet sur la question :

    http://lesinfosdenewsman.wordpress.com/2011/03/18/pour-ou-contre-le-nucleaire-on-en-reparle-dans-24-000-ans/

    1. soit, sachant que la demi-vie du plutonium est de 25 millénaires , quels évènements sysmiquo-tsunamiques sont prévisibles dans ce laps de temps a tel ou tel endroit?
      quels paris (spéculations ?) , en conséquence, peut-on faire ?

      il me semble que depuis 1940 , on a surtout raisonné comme si ces matériaux radioactifs étaient une « super-dynamite » , dont les conséquences se limitaient aux effets du dégagement d’énergie (brutal dans les bombes « atomiques » , modulés dans le cas des centrales centrales) , le reste étant « sous contrôle »
      jke veux donc dire que ce n’est ni de l’ignorance , ni de la méconnaissance , mais du déni , soit une phénomène psycho-pathologique.

      que nos sociétés idéologiquement soumises au profit à échelle de temps aligné sur la durée d’une vie humaine (qqs dizaines d’années à opposer aux dizaines de millénaires) se soient radicalement trompées est un « euphémismes »

      la prise de conscience risque d’être brutale et difficile à maitriser psychologiquement parlant : là réside le principal problème.

      et il me semble y avoir une convergence entre la volonté planétaire de l’ensemble des populations d’accéder rapidement à une « liberté » de penser , et donc « d’information + débat…. » qui se manifeste violemment au Magreb et Mackrech , qui qui va gagner l’ensemble de la planète , et les défaillances progressives des technologies « périlleuses » mise au point il y a 60 ans…mal calculées , mal entretenues (dans un souci de rentabilité)…

      1. désolé pour les fautes de « frappes » (non-nucléaires soyez rassurés)

        cordialement à tous

      2. Le déni est un phénomène qui se développe de nos jours et qui est entretenu.
        Allez savoir pourquoi et par qui.

    1. Sans doute on ne met pas de crépine de protection en amont et/ou aval de ces éléments de blocage pour ne pas limiter le débit.

  7. Pour faire simple le Japon est un pays posé sur un socle tellement instable qu’un jours pas si lointain il pourrait disparaitre à la manière de l’Atlantide qui a surement éxisté ( et pas que dans les récits anciens ) .
    Les japonais le savent et s’ils avaient été maitres de leur destin après 1945 il n’y aurait jamais eu de centrale nucléaire dans leurs iles .
    Seulement voila les nouveaux maitres leur ont imposé cette horreur au nom de l’efficacité financière et de la compétitivité.
    Aujourdhui le peuple Japonais subit dans la douleur et la résignation la double peine du nucléaire .

    Enfin pour finir , le système capitaliste ulta-libéral se fiche pas mal des conséquences sur le matériel humain qui peuple cette planete ( pour combien de temps encore au train ou tout s’accélère ) .

    1. C’est triste, parfois je m’interroge de ces castatrophes nucléaires en me posant autour de cette même question, avec en hypothèse, de et si le génocide nucléaire?

    2. Certes, et je peux vous annoncer une actuelle offensive (comme jamais) parmi les groupes de travail gravitant autour de la Commission européenne pour accélérer la dérégulation totale de ce qui reste à déréguler en droit des sociétés. Le meilleur reste à venir en Europe : soit le meilleur des mondes.

    3. Le novice !
      Vous me semblez bien candide lorsque vous croyez que le Japon pourrait couler tel le Titanic ! Comme ça ! Plouf !

      L’Atlantide, qui est peut-être Santorin, n’a certainement pas été engloutie.

      Allez ! Ce n’est pas grâve ! mais penchez vous tout de même un peu sur les précis de géologie, cette science tellement détestée lorsqu’on est, en France, élève au collège.

      Le Japon est au-dessus d’une zone de subduction, et parce qu’il est justement au-dessus, il ne peut pas être englouti. Il peut juste être « très fort beaucoup » secoué.

      Du moins il y a un risque pour qu’il le soit ; et peut-être qu’il peut dès lors se trouver un produit dérivé continantal pour l’assurer.
      Faut demander à René ! René, si tu me lis ! Je t’apostrophe.

      Par contre, vous avez peut-être voulu faire une hyperbole, pour évoquer la situation du capitalisme à l’agonie et son effondrement futur, englouti qu’il sera par le vide qu’il laisse partout ; dans les caisses surtout.
      Bon ! alors dans ce cas là d’accord : le Japon peut couler.

  8. Le problème de fond n’est en rien modifié par le concept d’option: ce qui n’est pas prévu n’est pas pris en « compte ».

    1. Et pourquoi l’imprévu ne pourrait-il pas se compter en utilisant le prévu ? Pourquoi ne pourrait-on pas ajouter à la définition mathématique de l’univers probabilisable l’engagement de délimiter la probabilité par la réalisation effective dans un futur défini de l’objet probabilisé par une variable quantifiée de probabilité ?

      1. C’est pourtant clair (mode humour)
        «  »Il y a une vérité objective du subjectif , …mème lorsqu’il contredit la vérité objective que l’ on construit contre lui . L’ illusion n’est pas en tant que telle illusoire . «  » »

      2. Gödel a démontré qu’il existait des conjectures non démontrables quel que soit le système axiomatique.
        S’il existe des incertitudes démontrées au coeur de la dsicipline la plus rigoureuse, alors là……

      3. @Crapaud Rouge,
        Dans notre univers aristotélicien de l’effet matériel formé par la fin, le futur est sans autre effet que présent par sa fin actualisée, c’est à dire formé par l’option d’une fin à l’intérieur des limites du possible. Le futur n’a pas de matière physique au présent mais il a des limites analogiques au présent. Le futur est mathématiquement probable, comptable par la logique du choix de sa forme qui n’existe pas encore, qui est en puissance. S’il est donc des sujets pour se projeter dans le futur par les fins qu’ils y forment, ils peuvent par prudence former la possibilité d’un écart entre l’effet de matière visible formé au présent et l’effet de matière invisible formé dans l’imagination du futur. Une telle probabilisation est bien une option voulue par la subjectivité finale. La probabilisation de la représentativité d’un échantillon dans une réalité présente qu’on se dispense d’observer exhaustivement est une option de subjectivité formelle pour économiser du travail d’information. Les mathématiques qui ignorent la subjectivité et la réalité du temps ne font pas la différence entre ces deux types d’espace probabilisable. Cela laisse les financiers confondre la probabilité du prix avec la probabilité de mesure d’une grandeur physique. La finance se fait passer pour une science alors qu’elle est une logique morale, un exercice d’option du bien probable et non de décompte de la probabilité de justesse de la mesure réelle.

      4. On va dire que je vois « le Chaos » partout . C’est pourtant là une tentative remarquable de l’expliquer . Les grandes ecoles de Math, (dont 80% des « clients » deviennent « économistes ») sont les seuls a développer réellement l’etude de ces mathématique .
        Si je ne trope pas , PSDJ explique que , ne sachant pas travailler avec des equa diff induites par des modélisations immédiates d’un système (par ex economique) , l ‘etre humain va « simplifier » ces equa , en supprimant / élaguant ce qui gène dans ces équa , de façon a en faire des equa linéaire (Qu’on sait faire ) .
        LE PROBLEME , c’est que les solutions de ces equa simplifiées divergent irrémédiablement au premier pet …….Alors que lessolutions des equa initiales complexes atterrissent sur des attracteurs tres stables et somme toute tres limités (ere glaciaire versus ere inter glaciaire) .

        Mon avis (a infirmer , je ne suis pas compétent en math) :
        Les systèmes complexes ne « fonctionnent  » que si l’on n’ a pas « linéarisé -ordonné … » le premier niveau …..On ne peut , par ex rompre un système de production naturel par une spécialisation a outrance , et ensuite dire « laissons faire le « Marché » . Le fait d’avoir « sauté » le premier niveau, (rupture de la structure fractale), n’autorise plus le système a récupérer une stabilité structurelle de façon naturelle (ni artificielle d’ailleurs).

  9. Je n’ai pas vraiment compris votre texte (et ça me surprendrait d’être le seul). Pour m’aider, pourriez-vous appliquer votre raisonnement à d’autres erreurs notables de nos sociétés capitalistes, par exemple la modification de l’atmosphère et le changement climatique subséquent, et les 2 guerres mondiales du siècle dernier ?

    Merci d’avance.

      1. @ Cavard

        J’ai pas tout compris non plus, il y aurait également beaucoup de choses à méditer et à réfléchir
        sur le texte, nous sommes au moins 3 alors. Je ne trouve malheureusement pas toujours le temps de pouvoir mieux lire à tête reposée tout ce qui peut se dire sur le blog.

        Il y a tellement d’approches possible de regarder les choses pour chacun.

    1. Si, Cavard, je suis désolé de t’apprendre que tu es LE seul !

      Ou plutôt, des concordances pourtant évidentes de juxtapositions linguistiques entre cohérences métaphysiques et matérielles t’ont quelque peu échappée. Ce n’est pas grave . Ton unicité n’est pas calvairique .

      PS : SDJ n’a jamais pris le temps d’exprimer ses textes dans une version simplifiée par peur de perte de sens .Et voui, c’est le risque d’une traduction en langage commun .
      Quoiqu’il en soit, comme ce qu’il écrit part dans tous les sens, c’est pas trés grave 🙂

      PS : »Erreurs notables de la civilisation « ?
      Début du siècle , la « science » proposait des suppositoires radio-actifs .Parce qu’à l’époque, la radio-activité était bien vue.
      Salut, j’vais soigner ma migraine .
      Avec SDJ ,çà me fait le coup à chaque fois.

      1. autre site très intéressant à parcourir : UNIDIR, « des idées pour la paix et la sécurité »
        lien d’une page publications (fr)
        http://www.unidir.org/bdd/pub-recherche.php?form_titre=&form_nom=&form_mot=&form_type=periodiques&form_langue=%25&form_date1=&form_date2=&Submit=chercher#top

        un extrait de pdf (onglet uranium appauvri)
        « Pourquoi toute cette agitation autour des armes à l’uranium ? Chris Busby
        « Lorsque vous avez éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela paraisse, doit être la vérité. » Sir Arthur Conan Doyle, Le Signe des quatre, publié pour la première fois en anglais en 1890.
        Selon le modèle de risque de rayonnement utilisé actuellement par tous les gouvernements du
        monde, l’exposition des populations civiles et des soldats à des particules radioactives provenant d’armes à l’uranium appauvri est trop faible pour avoir des effets mesurables sur la santé
        . Il existe aussi des rapports convaincants qui signalent une augmentation des leucémies, des cancers et des malformations congénitales et des problèmes de santé ahurissants chez les personnes exposées à cette matière. En outre, de nouvelles études publiées sur les expériences menées sur des animaux et des cultures cellulaires révèlent de plus en plus de taux inquiétants d’altérations génétiques suite à l’exposition à l’uranium, appauvri ou non. Comment peut-il y avoir des avis aussi contradictoires sur un sujet qui semble relever de faits scientifiques ? Qui a raison ? Comment avancer ?

        Conclusions : ce qui reste, aussi improbable que cela paraisse
        Si d’autres recherches prouvaient que les armes à l’uranium ont des effets dévastateurs majeurs sur la santé, cela aurait des conséquences considérables pour les gouvernements. Si elle était reconnue comme une arme capable d’empoisonner sans discrimination de nombreuses populations civiles, les gouvernements seraient obligés d’y renoncer et devraient retirer de leurs arsenaux une arme qu’ils jugent utile. S’il était avéré que des preuves scientifiques ont été sciemment ignorées, des gouvernements entiers pourraient
        être discrédités et peut-être même s’attendre à être poursuivis en justice par des particuliers, des groupes ou d’autres gouvernements.
        Il existe peut-être même une question beaucoup plus importante qui pourrait avoir des répercussions plus graves encore que l’utilisation militaire de l’uranium. Si l’exposition à l’uranium provoque des altérations génétiques à de faibles doses, des décisions d’une importance nationale – comme la poursuite de l’utilisation de l’énergie nucléaire dans les réacteurs civils, les navires et les sous-marins, ainsi que des décisions de santé publique concernant la concentration de cancers près des sites nucléaires – sont prises sur la base d’un modèle de risque qui ne reflète pas les conséquences ou risques réels. Ce modèle doit être immédiatement révisé.
        Les effets de l’uranium sur la santé ne sont qu’un aspect d’un problème plus grave encore. C’est tellement improbable que vous ne pouvez me croire sur parole. Nous devons examiner le problème ensemble.http://www.unidir.org/pdf/articles/pdf-art2751.pdf

    2. trouvé ça :
      « Le 5 novembre 2001, l’Assemblée générale a proclamé que le 6 novembre serait chaque année la Journée internationale pour la prévention de l’exploitation de l’environnement en temps de guerre et de conflit armé (résolution 56/4), considérant que les dégâts causés à l’environnement en temps de conflit armé perturbaient les écosystèmes et compromettaient les ressources naturelles longtemps encore après la fin du conflit et avaient des effets qui s’étendaient et se prolongeaient souvent au-delà des limites des territoires nationaux et de la génération actuelle. »
      http://daccess-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/N01/475/25/IMG/N0147525.pdf?OpenElement

      -Qui a entendu seulement, un jour, parlé de cette journée du 6 novembre ???

      et aussi cela
      « Les dégradations procèdent de la déclaration de guerre, les dégâts financiers peuvent se facturer comme des dégâts de guerre…
      Cf. article sur crises, guerres et paix, 24 mai 2009 » [*] « par Ben Cramer
      Quelles réponses la crise actuelle provoque-t-elle ? On aurait pu croire qu’elle obligerait les Etats, notamment au sein de l’Union européenne, à relancer les processus démocratiques. Loin de là, on voit plutôt ressurgir une économie de guerrière et sécuritaire. [**]
      lien*
      http://ecolosphere.net/archives/864-et-si-l-arbre-climatique-cachait-la-foret-des-conflits-armes/
      lien **
      http://ecolosphere.net/archives/188-pour-une-autre-grille-de-lecture-la-crise-les-crises-entre-guerres-et-paix/

  10. Voilà un petit texte que j’ai utilisé pour présenter mon activité (en lien) dans un forum, et j’y parle de ce que je crois être l’origine des disfonctionnements évoqués ici : La déconnection de chacun d’avec ses racines, son sol, son air, son eau, l’origine de sa vie, et qui engendre des décisions collectives qui ne sont pas cohérente, tout simplement, avec notre environnement nécessaire et utile.

    Aujourd’hui sous le statut associatif, cette activité créée en 2003 est un outil d’éveil destiné aux enfants comme aux adultes. Le parcours proposé s’effectue dans le cadre d’une exploitation agricole d’une quinzaine d’hectares, ou le visiteur à l’occasion de voir d’un peu plus près le lien existant entre les activités humaines et l’environnement et ceci à travers différents thèmes :
    – L’eau (sources, étang, bélier à eau, phytoépuration).
    – L’élevage de races locales (poney landais, brebis landaises)
    – L’énergie (machines à vapeur…)
    – La faune sauvage (huttes observatoires)
    Depuis bien longtemps, l’homme a souhaité s’affranchir des contraintes naturelles : Se chauffer, se nourrir, se déplacer, se soigner, sont des actions que l’accès à l’énergie lui a permis de réaliser beaucoup plus facilement, et la vapeur a, dans cette course été un levier déterminant. Mais a regarder aujourd’hui notre point d’arrivée, on peut sans doute se demander si finalement, nous ne sommes pas souvent fascinés par les moyens employés, plus que par les buts poursuivis.
    Il est clair, dans la liste des thèmes, que l’énergie et les machines à vapeur sont des intrus dans une liste d’éléments plus originels : eau-élevage-faune sauvage… Même si l’on met en valeur « la belle ouvrage », le génie des inventeurs, l’aspect spectaculaire des appareils… l’impression qui gagne petit à petit en contemplant ces appareils c’est : « Voilà comment tout a commencé ».
    Le parcours est donc comme son nom l’indique, une invitation à se reconnecter un peu avec notre vielle planète, par des intermédiaires concrets et utiles à l’homme, en harmonie avec un fonctionnement naturel. La machine à vapeur, que l’on découvre en fin de parcours, matérialise un rapport beaucoup plus dur avec l’environnement, une sorte de début de la fin, qui sera l’occasion pour chacun, de s’interroger sur les raisons de sa propre fascination….avant de remonter dans sa voiture !
    Le rapport à la technique de chacun donne la mesure de notre rapport au monde. Dans un univers ou plus de 80 % des êtres humains vont bientôt habiter dans les zones urbaines dé-naturée, il me semble précieux de maintenir une conscience individuelle des éléments simples qui permettent la vie depuis des millénaires. Et pas seulement pour les petits enfants, mais aussi pour les adultes, les spécialistes de tout poil, et les décideurs. Pour qu’une technique ne soit pas appliquée avec les conséquences les plus néfastes, chaque élément humain de la chaine de décision doit être bien conscient en lui-même qu’on ne peut s’affranchir des contraintes naturelles à long terme sans contre partie. Bref, mais nous le savions, il est prudent d’avoir les pieds sur terre.

  11. Le tremblement de terre et le tsunami ont été qualifiés à juste titre de montres. Pour l’instant, les 20000 morts sont dus à ces deux cataclysmes naturels, pas à la centrale nucléaire.
    Ce qui est triste, c’est qu’on reconstruira des villes dans les estuaires envahis par des tsunamis millénaires et, j’en fais le pari le Japon étant maintenant une île lourdement déficitaire en électricité, on y reconstruira d’autres centrales nucléaires. Espérons qu’elles seront atteignables en aucune circonstance par les eaux.

    1. C’est peut-être en effet ce qui semble davantage rejaillir de la situation, comme si les premières oeuvres commerciales des hommes sur la terre ne devaient jamais être réellement mises en question, comme si la plupart des premiers refuseront toujours bien jusqu’au bout d’être davantage pris en défaut de conduite ou d’aveuglement caractérisé en plus. Comme si le monde n’avait plus le droit d’échouer ou de construire des choses qui n’enferment pas toujours les êtres dans les mêmes systèmes de penser ou de conduite automatique en société.

      Peut-être un peu pour ça que je suis tellement en décalage avec la pensée du monde actuel, pourtant j’aime bien le progrès, faire des efforts avec ou sans les autres, mais là je m’interroge
      de plus en plus ces derniers temps.

      Sans doute que nous avons pas encore tout vus dans notre temps pour mieux être à même de passer réellement et concrètement à autre chose.

    1. Oui en effet la bureaucratie on ne la rencontre pas toujours le plus dans le public, peut-être
      même que le privé en montre parfois autant le bon exemple à suivre en société. Faut voir parfois comment certains grands groupes fonctionnent à l’égard des êtres voir, même parfois de manière beaucoup plus coûteuse et pointilleuse, comme quoi les mises à jour ne se font pas toujours mieux dans la pensée des grands de ce monde.

      1. La bureaucratie dépend de la taille d’une organisation. C’est aussi un phénomène sociologique lié au monde moderne (Weber). Elle est donc inévitable au delà d’un certain seuil critique.
        Et je confirme qu’elle est aussi importante dans les multinationales que dans des administrations publiques.

      2. Lors d’un débat sur la complexité et la Th. du Chaos , un intervenant a préciser qu ‘ une des plus grosse structure /IBM reconnaissait la faillite totale de son système de gestion et qu’elle devrait renoncer a la structure « rationnelle » qui induisait des exponentielles dans les interractions .

  12. Au fil de vos billets, je commence à moins mal comprendre de quoi il retourne. Bravo, continuez ce travail de vulgarisation.

    « Il est impossible d’opérer la distinction monétaire des vraies causes de la valeur sans l’option discutable dans la démocratie. »

    Oui, tout à fait, mais comment et dans quelle langue (monétaire) ?

    Désolé, j’ai peut-être zappé certains concepts dans vos premiers billets…

    1. Le thorium 232 a une demie-vie de 14 milliard d’années, ça vous suffit ?
      Non?
      Bombardé aux neutrons il devient d’abord du protactinium 233 et ensuite de….l’uranium 233. Cette mutation demande 1 mois environ…

      Bonne journée!

      1. Le thorium 232 a une demie-vie de 14 milliard d’années, ça vous suffit ?

        J’avoue que je ne vois pas le rapport entre la demi-vie du thorium 232, qui existe à l’état naturel sur terre, et la question de savoir s’il est plus ou moins dangereux à exploiter dans un réacteur nucléaire.

      2. à Luxy Luxe et Mianne:
        Bonjour, il n’est pas facile de trouver de bons articles sur l’emploi du thorium. Je crois que j’en ai peut-être trouvé un qui mentionne assez brièvement les avantages et les problèmes d’une utilisation du thorium.
        Ce que je voulais dire plus haut, c’est que l’ utilisation du thorium s’inscrit dans la même logique de centralisation du pouvoir, du capital, de production de déchets très durables et de prise de risques de toutes sortes que les autres « fuels » nucléaires .
        Cet article est un article de la « World nuclear association – representing the people and organisations of the global nuclear profession ». (on va donc dire sans parti pris contre le nucléaire , je crois)
        Vous pouvez y lire ceci entre autre :

        Developing a thorium-based fuel cycle

        Despite the thorium fuel cycle having a number of attractive features, development has always run into difficulties.

        The main attractive features are:

        * The possibility of utilising a very abundant resource which has hitherto been of so little interest that it has never been quantified properly.
        * The production of power with few long-lived transuranic elements in the waste.
        * Reduced radioactive wastes generally.

        The problems include:

        * The high cost of fuel fabrication, due partly to the high radioactivity of U-233 chemically separated from the irradiated thorium fuel. Separated U-233 is always contaminated with traces of U-232 (69 year half-life but whose daughter products such as thallium-208 are strong gamma emitters with very short half-lives). Although this confers proliferation resistance to the fuel cycle by making U-233 hard to handle and easy to detect, it results in increased costs.
        * The similar problems in recycling thorium itself due to highly radioactive Th-228 (an alpha emitter with two-year half life) present.
        * Some concern over weapons proliferation risk of U-233 (if it could be separated on its own), although many designs such as the Radkowsky Thorium Reactor address this concern.
        * The technical problems (not yet satisfactorily solved) in reprocessing solid fuels. However, with some designs, in particular the molten salt reactor (MSR), these problems are likely to largely disappear.

        Much development work is still required before the thorium fuel cycle can be commercialised, and the effort required seems unlikely while (or where) abundant uranium is available. In this respect, recent international moves to bring India into the ambit of international trade might result in the country ceasing to persist with the thorium cycle, as it now has ready access to traded uranium and conventional reactor designs.

        Nevertheless, the thorium fuel cycle, with its potential for breeding fuel without the need for fast neutron reactors, holds considerable potential in the long-term. It is a significant factor in the long-term sustainability of nuclear energy.

  13. Merci pour ces informations . Kirk Sorensen, ex ingénieur de la NASA et expert du thorium, ne nous raconte donc que des mensonges et les Chinois s’embarquent donc dans une autre démarche dangereuse pour la planète . Voici ce qu’en dit l’aticle en question :

    Le thorium est également utilisable presque totalement, alors que l’uranium ne l’est qu’à 0,7%. Il y en a donc assez pour générer de l’énergie pendant des milliers d’années. Mais le vrai bonus, c’est sa sécurité d’emploi. « Lorsqu’il se met à surchauffer, une petite prise fond et conduit les sels dans un bassin. Plus besoin d’ordinateurs, ou de pompes comme celles qui se sont retrouvées en panne à cause du tsunami », explique Kirk Sorensen, ex-ingénieur à la NASA et expert du thorium. « Ils fonctionnent à la pression atmosphérique, donc le type d’explosion à l’hydrogène telles que celles auxquelles nous avons assisté au Japon ne peut pas survenir. Un réacteur de ce type aurait parfaitement pu faire face au tsunami. Il n’y aurait eu aucune fuite de radioactivité ». Le thorium peut être bombardé de neutrons pour produire une fission, mais sans que cela créée une réaction en chaîne. La fission cesse dès que l’on arrête le rayon de photons, explique le Professeur Robert Cywinksi de l’université d’Huddersfield.

    Solution dangereuse même si la fission cesse dès que l’on arrête le rayon de photons ? Mais comment arrêter les photons quand après un séisme ou un accident le système se retrouve exposé à la lumière ? On est donc encore loin de trouver une alternative à l’uranium, à part le solaire et les énergies renouvelables associés à une baisse de notre consommation d’énergie .
    Merci pour l’info et bonne journée ensoleillée à vous aussi !

    1. Atterrant ! Confusion entre le réacteur Rubbia et le réacteurs à sels fondus… Je jette un voile pudique sur les photons solaires pour relancer la réaction…

      Ce ne sont pas les outils sur le ouèbe qui manquent pour se mettre au courant, pourtant. Wikipedia, pour commencer.

  14. Monsieur Sarton, vous me faites sortir de ma réserve.

    Et je vais en profiter pour faire sursauter mes collègues X mines et ponts sur le fait que la rupture du pas cadencé d’un régiment sur un pont a été la première preuve de fragilité de ceux-ci. Pour cause d’ « économie ».
    Causez-moi, les gars, d’une résonance à 1 ou 2 hertz, et votre belle assurance volera en éclat.

    Ce qui se passe au Japon est malgré tout exemplaire pour la planète financière. Et va rejaillir sur chacun d’entre nous.
    Et sur les concepteurs de technologies de production d’énergie matériellement extrême car dompter l’atome a une similitude avec le « dresseur » de bêtes sauvages qui, de temps en temps, passe à la casserole. Juste retour des choses.

    MAIS. Et sachant que le boulot principal du concepteur est de limiter les risques, NON en les refusant, MAIS en les connaissant de la façon la plus précise possible, je propose un truc d’ingé. Soit, tout simple.

    Je vous rappelle en préambule que notre petit pays bientôt plus grand par effondrement du Japon (pas de rapport pour l’instant avec les Nippons), accueille sympathiquement sur son sol 58 unités de production de courant par fission nucléaire.

    Je propose donc un plan fort simple d’arrêt volontaire de chaque centrale par chute des barres de graphites et arrêt, tout aussi volontaire des principaux circuits de refroidissement.
    Si les circuits de secours ne parviennent pas à baisser la température sur une semaine, nous serons fixés sur le fait de construire des abris anti-atomiques à la mode suisse…
    (N.B.: les Suisses se protègent d’une EXPLOSION, et non d’un pépin de centrale… 😉 )(ce qui dure un vache de temps de contamination plus long)

    1. Bonsoir Yvan.

      Je suis content de voir que vous êtes rentré du Japon.
      Et c’est grand plaisir d’entendre un X Pont,
      Peut-être même un X-Mines, tenir de tels propos
      Sur le nucléaire et ce qu’il peut faire comme bobos.

      Quand on sait que c’est la caste des Mines qui nous à pondu le nucléaire
      Et que c’est un polytechnicien-président qui nous l’a distribué !
      D’ailleurs, ces gens sont toujours à la manoeuvre et il est aujourd’hui nécéssaire,
      D’après eux, de faire de même avec le gaz de schistes, juste pour finir de nous tuer.

      http://ecodouble.canalblog.com/archives/2011/02/25/20487136.html

      Je raisonne avec vous ! mais j’aimerais mieux que ce soit à la fréquence d’un rayon gamma.

    2. Je suis surpris qu’un « X mine et pont » fasse une telle boulette, mais nos 58 réacteurs électogènes ne sont pas contrôlés par des barres en graphite mais des barres contenant du bore comme sur les réacteurs à eau bouillante de Fukushima, un autre circuit d’injection d’acide borique permet également d’étoufer la réaction nucléaire, (ce circuit n’existe pas sur les réacteurs à eau bouillante).
      Les réacteurs électrogènes français « modérés » au graphite sont tous à l’arrêt et en cours de démentellement.

      1. Précision qui montre le degré de détail simple et concret qu’implique la mise en œuvre technologique de tout savoir scientifique validé et protégé par une démocratie. La négociation contradictoire du prix nominal des normes établies et disponibles doit être obligatoirement couverte par une prime négociée contradictoirement entre des investisseurs qui savent et des investisseurs qui ne savent pas. L’achat de la prime est le prix de l’incertitude du savoir par rapport à la réalité profuse. La vente de la prime est la garantie de réalité du savoir par réduction théorique du réel humain contradictoire.

  15. Tiré de Sur la philosophie de Cornélius Castoriadis
    note 3 du document

    Par exemple l’une des significations imaginaires régnantes dans la société moderne, est la maîtrise rationnelle de la nature, qui préside aujourd’hui la “société de consommation” ; chez Castoriadis “imaginaire” n’est pas synonyme de “fictif” mais signifie, très exactement créé par les hommes au delà de toute détermination réelle ou rationnelle jusqu’au XVIe siècle inclusivement jusqu’à Bacon et Descartes exclusivement, la nature a signifié pour les hommes tout autre chose qu’une matière ou une “énergie” a exploiter à leur gré et l’on ne voit pas quelle réalité ou quelle raison a pu les conduire, à elle seule, a lui donner subitement cette signification toute nouvelle, ce fut une invention radicale, et une invention à laquelle Bacon et Descartes participèrent, mais qu’ils ne firent certainement pas tout seuls

    Bref l’homme à inventé qu’il était le possesseur et le maitre de la nature, moyennant quoi le capitalisme et sa variante communiste ont pris leur essor. Mais le seul problème c’est que nous somme nous même une partie de la nature, loin d’être rationnels ou d’ être capable de maitriser notre vie. Alors toute cette technologie qui n’est plus à l’échelle humaine est véritablement une chimère.

    1. Très juste, vous l’avez dit : l’échelle humaine
      Nous avons besoin d’ « une société à la mesure de l’homme »
      Je conseille à tous la lecture du livre toujours actuel: « Small is beautiful «  (titre en français : « une société à la mesure de l’homme ») de Ernst Friedrich Schumacher , économiste britannique, d’origine allemande.

  16. Si l’indien peut sortir de sa réserve;ou allons nous?
    Plus sérieusement j’habite à 90 km de la plus proche centrale qui compte pas moins de 6 réacteurs aussi ,je demanderai de ne pa

      1. Absolument, Piotr.

        Et c’est pour cela que j’estime non seulement nécessaire mais indispensable de provoquer de fausses pannes afin de vérifier que les redondances sont adaptées aux pires situations.
        Les crash test de voiture ne sont pas autre chose, non..???

        En parlant de 2009, je pense d’ailleurs que c’est à cette période qu’EDF a réussi à avoir à l’arrêt 18 unités sur 58 en plein hiver.
        Soit, un record mondial de mauvaise maintenance augmenté par des incidents qui, malgré qu’ils soient difficilement évitables, auraient mérité que les corrections à apporter soient révélées au PUBLIC.

      2. Tout à fait, Herrmiss.
        Et tout ça à cause d’un indicateur de température unique qui est resté bloqué alors que la température montait en flèche.

        Hors, en principe, les règles du nucléaire français sont une redondance dans les deux directions, série et parallèles.
        Soit, un doublement des circuits de contrôle qui sont eux-mêmes contrôlés et, depuis three milles island, une vérification du résultat des actionneurs.

        Ce test de Tchernobyl n’était d’ailleurs pas ce que je préconise.
        Il s’agit de tester les circuits de secours APRES avoir arrêté les réacteurs.
        Soit, vérifier la capacité d’arrêt après un tremblement de terre et absence de refroidissement principal.
        On ne teste pas des freins de secours avec les moteurs en marche.

  17. SI je peux me permettre un résumé ultra-court de ce que j’ai compris (et qui peut être ultra-loin du texte): quelques-uns avancent à tatons alors que les risques encourus par tous sont tels que le jeu n’en vaut pas la chandelle. Ces risques, comme la progression à tâtons, sont dans l’inconnu, ou le méconnu. La motivation capitaliste de ces quelques-uns est donc condamnable, et non rentable.

    Le nucéaire civil n’est sûrement pas le premier exemple de ce phénomène – il n’est même pas dans le top ten, selon moi, mais je sais qu’à peu près tous les contributeurs ici sont d’un avis opposé. Mais cela ne change pas la validité du fond (limité à ma compréhension)

    Deux observations.

    Nous découvrons la dimension du danger parce que nous avons une conscience de la finitude du monde. Auparavant, tout pouvait se reconstruire après une catastrophe. Aujourd’hui, non,à la fois parce que la finitude est bien claire dans notre tête, et que nos joujous ont une puissance démultipliée, en bien, comme en mal.

    Ensuite, tout cela n’est pas le résutat d’une décision ni d’un objectif conscient de quelques-uns. Tout cela se construit petit à petit avec des décideurs et des contributeurs qui sont des humains, et ça prend du temps. J’attribuerais plus volontiers les échecs patents comme ce que montre Fukushima aux « frottements » dont parle Clausewitz pour les batailles (zut ! ici on ne cite pas cet auteur, ça fait technocrate de droite. Tant pis, j’aime bien cette notion, et je ne la connais pas chez d’autres auteurs). Lorsqu’on réalise, ça ne se déroule pas comme on l’a planifié.
    Et peut-être pire, au lieu de corriger, nous vivons une logique d’auto-justification et de récupération qui empêche l’évolution.

    Je pense que vous attribuez trop d’intelligence aux décideurs-profiteurs. Ils sont dans beaucoup de cas les vautours qui ramassent ce qui se fait pour le figer et lui faire pisser le profit, indépendamment du fait que l’ouvrage ait été abouti. Ils ne créent pas, ils ponctionnent et asservissent une fois fait, même à moitié, même mal, même dangereux. Ils ne sont ni dans l’inconnu, ni dans le méconnu : ils sont dans le cynisme le plus absolu. Mais de créativité, aucune. C’est pour ça qu’ils viennent vampiriser les techniciens, d’un coté, les politiques, de l’autre.

    1. Je vous suis sur toute la ligne sauf sur le cynisme des acteurs capitalistes. Le cynisme est probable mais pas certain car il est révocable. S’il a été profitable jusqu’à présent de supposer qu’un prix nominal de marché reflétait toute la valeur de quelque chose, il n’est pas interdit de révéler un supplément de valeur par la mesure optionnelle de la responsabilité humaine personnelle. Tant qu’on se contente de jugements dogmatiques sur l’esprit du sujet humain, on se dispense de produire les conditions effectives d’une vérité supérieure qui serait la bonne vie humaine. En matière de dogmatisme, la surenchère est sans fin entre les politiques, les scientifiques et les capitalistes. Les spéculations les plus profitables ne se réalisent pas sur les marchés mais dans le secret des laboratoires et des officines politiques.

      1. Mais pourtant vous parlez de valeur perçue, ou estimée, et cela est dépendant de la conscience qu’on en a, et cette dernière dépend de la connaissance du sujet et de ses profits potentiels. Le secret des laboratoires ne recèle rien en terme de profits potentiels. Les officines politiques ne savent pas, tant qu’une idée n’a pas été menée à réalisation, leur valeur intrinsèque car ils n’ont pas de connaissance, donc pas le niveau de conscience. Il n’y a pas de spéculation a priori, elle n’existe qua posteriori.

        Ce n’est qu’un fois la matérialité en place et visible qu’arrivent les vautours.

        Il ne s’agit pas d’un jugement dogmatique sur l’esprit humain de tel ou tel acteur. Il s’agit de la dynamique qui conduit d’une avancée scientifique (ou d’un procédé, ou de tout ce qui s’apparente à ce qui est usuellement désigné par « le progrès ») à son exploitation mercantile, et parfois exclusivement mercantile.

        Intervenant après coup, les profiteurs connaissent les possibilités en terme de bien public, et l’inversent pour le profit. Ils agissent en connaissance de cause. Leur action est donc cynique, une conscience à l’envers, une anti-conscience. Même pas de méconnaissance. Après, différencier ce qu’ils sont par rapport à leurs agissements….

      2. Mais pourtant vous parlez de valeur perçue, ou estimée, et cela est dépendant de la conscience qu’on en a, et cette dernière dépend de la connaissance du sujet et de ses profits potentiels. Le secret des laboratoires ne recèle rien en terme de profits potentiels. Les officines politiques ne savent pas, tant qu’une idée n’a pas été menée à réalisation, leur valeur intrinsèque car ils n’ont pas de connaissance, donc pas le niveau de conscience. Il n’y a pas de spéculation a priori, elle n’existe qu’a posteriori.

        Le secret des laboratoires contient toutes les nouvelles connaissances qui produiront la valeur et toutes les fausses connaissances qui produiront la fausse valeur. Les laboratoires pharmaceutiques contiennent toutes les nouvelles molécules qui soigneront et toutes les molécules qui tueront sous couvert de soigner. Les officines politiques sont complémentaires des laboratoires en transformant la connaissance objective en valeur publique ; en faisant connaître comme valeur la réalité objective qui l’est vraiment ou en faisant passer pour valeur ce qui ne peut pas l’être ou qui n’existe pas réellement. La science n’est pas indépendante de la politique ni la politique de la science. La spéculation financière des scientifiques et des politiques joue sur cette relation pour produire de la vraie valeur comme des illusions ou des destructions cachées.

  18. C’est un très beau texte:
    Il ne semble pas y avoir la moindre marge de manœuvre, par l’éclairage avec la science de l’économie, dans l’économie envisagée pour la fabrication de cette centrale.
    Les faits, la preuve…
    Cette économie décrite défaille, autant que l’objet qui a été produit par elle a défailli.

    Toutefois….
    « L’erreur de calcul bien apparente après la catastrophe se trouve donc dans la délimitation juridique même du civilement acceptable, donc dans l’évaluation des techniques propres à respecter les normes retenues et enfin dans l’effectivité des contrôles réalisés pour garantir le prix de revient anticipé de l’électricité produite. »

    Autant je désespère des comptables, autant je ne désespère pas de la science.
    Il y a, du point de vue du politique pour ces notions en croisements, l’idée qui n’a rien de « libertarienne », de la volonté de maîtrise effective des engagements.

    Je ne sais pas si c’est l’ontologie du capitalisme qui le fait comme cela, je sais que du coté de la technique cela c’est toujours fait comme cela:
    « Plus gros, plus fort, mieux maîtrisé »!
    Ce motif politique, dialectiquement économique, il fut partout:
    L’organisme serait d’abord le cœur, et peut importe les capillaires.

    Ainsi, la réhabilitation du cours du Mississipi pour obtenir encore de l’eau potable en nappes phréatiques pour la Floride, ce n’est pas seulement que la molécule d’eau mettait deux ans depuis la source avant d’atteindre la mer il y a plus d’un siècle en cours naturel quand elle ne met que deux mois aujourd’hui, ce n’est pas qu’étant canalisée pour des buts relatifs comme la culture du coton l’homme a rentabilisé le Mississipi, c’est peut-être quand-même aussi que la volonté de maîtrise avait bon lieu de se prouver.
    Elle se pouvait en grande échelle: le cœur d’abord et foin de capillaires….

    Tentant toujours de pratiquer l’évitement du jet de bébé avec l’eau du bain, je me suis toujours demandé pourquoi « pain béni » comme l’énergie nucléaire, n’avait pu se saisir du motif du capillaire. (Ainsi que la roue à aube, l’éolienne, le panneau solaire et l’économie d’énergie individualisée entre autres….)
    A Fukushima, la puissance des réacteurs couplés, en font autant une opération financière comme prototypes, qu’un prototype technique en échelle vraie.
    Ce n’est plus un réacteur, comme à Tchernobyl qui parait la paléo-énergie atomique catastrophique, ce sont six réacteurs dont la plupart posent problème.
    Pourquoi n’y est-on pas aller de 60, voir 600 réacteurs sur ce site?
    Il y aurait-il diminution du risque, sinon maitrise possible, passant de l’échelle du prototype à celle de la petite série du point de vue des coûts?

    Cette question, déjà ancienne, une fois posée entraina la réponse (des plus réactionnaires) suivante:
    augmentation du danger terroriste.

    L’affaire est bien plus politique qu’économique, pour une fois…..

  19. Hum, je suis allé sur le site de l’IRSN http://criter.irsn.fr/exercice/acteur/ où l’on peut voir la quantité de nanosievert reçus pour une période données en plusieurs points du territoire français et là , stupeur ! Comparez les données à Paris et à Rennes : la différence semble gigantesque (c’est graphiquement impressionnant) : quelqu’un pourrait-il éclairer ma lanterne après être allé comparer ces deux villes sur le site ? Merci d’avance et meilleurs sentiments radioactifs !

    1. Ne cherchez surtout pas ce que prennent les indiens du Kerala, ou de certains coins du Brésil ou d’Iran, vous feriez une crise cardiaque !

      Rennes est en Bretagne, il y a plein de granite dans le sol et les murs. Pas à Paris, de géologie sédimentaire. Granite = dégagement de radon, gaz radioactif qui dépose dans les poumons ses descendants bien pires que lui (le genre de choses qu’on trouve dans la fumée de cigarette).

      Même la radioactivité naturelle n’est pas équitablement répartie sur cette planète ! C’est un scandale ! Que fait Greenpeace ?

  20. Tardivement, un petit lien à l’appui de votre billet.

    http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=9452100

    Il me semblait que l’avenir du nucléaire était essentiellement technique, il n’en est rien.

    Intro :
    Alain de Halleux: « Ça va péter chez nous »
    Alain de Halleux a réalisé «Nucléaire : rien à signaler». Il y dénonce les conditions de travail des personnes qui bossent dans le monde de l’atome.
    Alain de Halleux est chimiste nucléaire de formation. Il y a deux ans, il a réalisé un film consacré aux centrales nucléaires (dont un extrait a été diffusé hier soir sur la Une) et, surtout, aux gens qui y travaillent. Son constat est clair…

    1. Ca, c’est écœurant.

      Lorsque nous savons MAINTENANT que les centrales japonaises de conceptions américaines sont prévues pour fonctionner à l’uranium, tout le monde comprend que le réacteur 3 a eu raison de s’éclater.
      Et là, ils veulent leur envoyer de quoi risquer de continuer à s’éclater.

      C’est la goutte d’américanium qui fait déborder le vase.

  21. Pour une panne d’électricité, la vie de millions de gens est mise en danger et une portion inconnue du tout petit territoire japonais risque d’être stérilisée pour longtemps ….des pertes incalculables en vies humaines et en dégradation du milieu de vie.
    Cela est faux, cela est un mensonge démagogique, vous faites commerce de la peur et de l’ignorance comme le font les médias populaires. Quelles sont vos sources ? Sur quelles études pouvez vous affirmez cela ? Un peu racoleur votre “la vie de millions de gens en danger”; cela est vrai tous les jours pour l’utilisation de la voiture, du bus, de l’avion , du train, cela est vrai tous les jours pour ce que l’on nous donne à respirer, à manger et à boire etc..
    Votre analyse pourrait d’ailleurs s’ appliquer a l’ensemble des activités industrielles et serait bienvenue dans le cas de l’agriculture. !
    Elle est extrêmement mal venue dans le cas de Fukushima, parce qu’il s’agit de nucléaire ( l’évaluation du risque occupe la place essentielle dans cette activité et détermine les investissements nécessaires ) , parce que la catastrophe a une origine extérieure qui n’est statistiquement pas intéressante par son intensité. Si vous pensez le contraire et que le principe de sureté doit toujours prévaloir, militez immédiatement pour l’évacuation de San Francisco, de Manille ou d’Istanbul par exemple.

    Vous insultez les scientifiques du nucléaire et de la sureté nucléaires, vous insultez les médecins et scientifiques de l’OMS et leur rapport sur Tchernobyl (qui a pourtant 25 ans de recul sur un accident qui n’a d’ailleurs pas grand chose à voir avec Fukushima )

    ….des pertes incalculables en vies humaines et en dégradation du milieu de vie.
    Si on vous entend bien l’accident de Fukushima doit être jugé à l’aune d’un Bhopal gigantesque. Comment osez vous ? De quelles pertes incalculables en vie humaine parlez vous ?
    Votre rengaine s’ajoute à la rumeur nauséabonde , couvre le sanglot des familles de 30 000 morts et l’appel à l’aide de centaine de millier de sans abris.

    La comparaison du projet avec des modes alternatifs de production de la même quantité d’électricité, disponibles au même moment,
    avait laissé penser que le nucléaire rendrait la plus grande valeur.

    Oui bien sur et la comparaison est tellement inadaptée que je pense que cela n’a même pas été envisagé
    , Des panneaux solaires et des éoliennes à la place des centrales nucléaires; comme cela était pourtant simple, des barrages, bien surs, ils n’y avaient pas pensé ! Etc..
    Avez vous la moindre idée des ordres de grandeur de ce que vous comparez ?
    Laissez croire que l’on peut remplacer le nucléaire par des énergies dites « renouvelables » pour la même « quantité d’électricité » ,
    est un mensonge démagogique; comment osez vous comparer ce qui ne peut l’être.
    A moins que “les modes alternatifs de production “ que vous évoquez soit le charbon, le gaz , le pétrole ! Dans ce cas vous êtes quelqu’un de très dangereux. .
    Non, il y a la un parfum d’escroquerie et je ne veux pas croire qu’une telle ignorance soir innocente .

    Les accidents nucléaires se succèdent pour confirmer l’inadaptation des cadres nationaux de réglementation,
    de normalisation et de contrôle de cette industrie à l’emprise des projets engagés.

    Cela est faux, cela est un mensonge démagogique. Quels accidents depuis 25 ans, combien de victimes ?
    Ici votre affirmation est scandaleuse : incidents=accidents=catastrophes= des cadavres, des malformations, des cancers . ah nous y voila bien pratique le cancer pour faire peur, n’est pas!
    aucune preuve aucun chiffre, mais simplifions, simplifions tant que cela se vend bien.

    Ni les individus, ni les collectivités ne sont capables dans leurs projets même avec toute la science humaine à portée de main d’anticiper et d’éviter des erreurs d’appréciation qui compromettent l’avenir de l’humanité tout entière
    Et si justement nous sommes beaucoup à anticiper et à voir l’essentiel .
    Vous communiquez sur de l’anecdotique et en contradiction avec toutes les études scientifiques ( hors les wwf et autre “pandas cash-machine” dont le « greenwashing » est l’activité principale ),
    pendant ce temps la , la population explose sur une planète empoisonnée et n’a que très peu de chance de survivre au changement climatique . Il y a ( 2011) un consensus des scientifiques sur une augmentation de 3 ou 4° de plus au minimum vers la fin du siècle si rien n’est fait pour changer notre mode de vie et en particulier si les énergies fossiles continuent à représenter 65% de la production : “les conséquence possibles engendrées par une telle augmentation – que la terre n’a probablement jamais connue depuis qu’elle héberge de la vie – en un laps de temps si court ne permettraient vraisemblablement pas le maintien de notre forme actuelle de civilisation et la vie confortable – voire la survie pour une partie – de quelques milliards d’hommes sur la Terre.”
    Croire que les économie d’énergie et/ou un changement de mode de vie radical est possible dans la proportion nécessaire et dans un laps de temps si court est vous le savez utopique
    Dans ce contexte “sortir du nucléaire” pour c’est évident, aller vers le moins cher et le plus abondant , c’est à dire le charbon est suicidaire.
    Oui nous sommes beaucoup à voir que nous n’avons pas de temps à perdre avec le mépris de la science et l’exploitation de la peur.

    1. Uns inspiration qui doit en effet son tribu à l’émotion. Pourquoi ? Pace que les cyniques ont en dernère arme l’émotionnel pour rendre inopérantes les personnes sensibles.

      Mais bien que je partage votre avis sur l’ outrance descriptive de l’accident nucléaire présent (qu’en sera-t-il du futur ? moins simple….) il se trouve que dans le même temps, si vous remplacez l’évènement par un autre (et vous citez des exemples), le texte est réellement intéressant et, à mes yeux, valable.

      1. c’est exact , on pourrait peut être remplacer cet événement par l’hypothèse d’une catastrophe en devenir suite à la décision internationale de « sortir du nucléaire » !

        Ah, PSdJ si l’on osait on vous le demanderait ! comme votre talent deviendrait utile pour notre survie.

      2. @Boayan,
        Vous paraissez avoir compris qu’un marché mondial d’option en bancor ne peut comparer la prime de la technologie nucléaire que par rapport à la prime d’autres technologies énergétiques évaluées selon les mêmes critères d’utilité, de sécurité, de coût de travail et de durabilité.

      3. @h PSdJ
        C’est parfaitement exact . En bancor ou en coquillages , comme ici , le critère de durabilité que vous évoquez recouvre la survie de l’espèce humaine, la comparaison des « primes » est vite faite !
        Pour l’instant rien ne surpasse le nucléaire si ce n’est la sobriété .
        Votre brillante analyse s’applique parfaitement à l’ utilisation des ressources non renouvelables à notre échelle de temps ; il va bien falloir par exemple inclure dans le prix du fossile celui de la nuisance , comme il va bien falloir pour le prix du poisson envisager la survie des espèces …

    2. le nucléaire fait tout autant partie du problème que le charbon…quand au bilan humain de Tchernobyl
      Le rapport de l’OMS et de l’AIEA sur la catastrophe de Tchernobyl est très critiqué. [DR] Le rapport de l’OMS et de l’AIEA sur la catastrophe de Tchernobyl est très critiqué. [DR]

      De fait, cette collaboration s’est réalisée au profit de l’AIEA, même si l’OMS a toujours rejeté les accusations de subordination. Cas d’école, le dernier bilan de la catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986), établi conjointement par l’OMS et l’AIEA en septembre 2005, fait état de 50 morts, 9 décès d’enfants de cancers de la thyroïdes, 4000 cancers potentiellement mortels et 4000 cancers de la thyroïde (principalement chez les enfants). Or nombre de recherches indépendantes menées en Russie, Ukraine et au Belarus, ont été ignorées. Bilan de Tchernobyl sous-évalué

      Selon plusieurs rapports, Tchernobyl a fait plus de 200’000 morts. Cinquante fois plus que le bilan officiel de l’OMS et de l’AIEA. Une étude publiée en février 2010 par l’Académie des sciences de New-York et rédigée par les professeurs Alexei Yablokov, Vassili et Alexey Nesterenko, des spécialistes reconnus (« Tchernobyl, conséquences de la catastrophe pour les populations et l’environnement »), estime même à 985’000 le nombre de morts liés à la catastrophe.

      Un ancien du département Santé et environnement de l’OMS confie qu’ »à l’OMS, certains sont mal à l’aise avec les chiffres minimisés sur Tchernobyl ». Il dit craindre que la situation ne se reproduise avec la catastrophe en cours au Japon. Alison Katz, elle aussi une ancienne de l’agence onusienne, estime que « l’AIEA décide désormais de tout en matière de santé et rayonnement », l’OMS ne comptant que quatre personnes chargées de la radioprotection à Genève. Depuis avril 2007, un collectif anti-nucléaire « Independant WHO », dont Alison Katz est membre, manifeste chaque jour à proximité de l’OMS, réclamant l’abrogation de l’accord contre nature de 1959.

      1. @Pierre Bzh,
        Votre commentaire montre à quel point tout travail d’appréciation scientifique de n’importe quel phénomène est d’abord un exercice de conceptualisation des causes, de la relation logique entre les causes et de la significativité humaine des relations construites. Sans organisation déontologique de la construction de l’observation scientifique, c’est à dire sans appréciation discutée de la valeur du savoir produit, sans subjectivation universelle de l’objectivité démocratique, l’expertise scientifique est absorbée dans la guerre de religion et des intérêts particuliers faussement généraux.

  22. Docteur en physique et ayant étudié le nucléaire, j’aimerai apporter un éclairage différent. Je ne veux surtout pas minimiser la crise à Fukishima ni le drame humain résultant. Cependant, j’aimerai considérer cela dans le contexte mondial et historique.

    Premièrement, le coût « humain » soit disant très élevé du nucléaire est le plus faible des moyens de productions qui existaient quand la centrale a été construite et sans doute encore aujourd’hui.

    Lien en anglais et référence dans le billet de Seth Godin « Le triomphe du marketing charbonnier » :
    http://sethgodin.typepad.com/seths_blog/2011/03/the-triumph-of-coal-marketing.html

    L’article détaillé avec sources et statistiques est ici : http://nextbigfuture.com/2011/03/deaths-per-twh-by-energy-source.html

    Donc parler de vie humaine, c’est bien, profiter d’une catastrophe pour extrapoler sans aucune donnée … c’est céder aux émotions et faire des choix absolument pas scientifiques. Le nucléaire est bien moins dangereux, pour le monde entier et pour chaque habitant de cette planète que les usines à charbon et à pétrole qui produisent 80% de l’électricité mondiale. L’OMS publie des chiffres de 1 Million de morts/ans pour le charbon seulement (extraction et pollution de l’air). Il s’agit de morts directes, cela ne comptabilise pas les morts reliées au réchauffement climatique…

    Bref, ne laissons pas nos émotions nous faire perdre de vue que nous devrions tout faire pour ne plus utiliser le pétrole et le charbon. Et oui, en terme de mortalité, le nucléaire est bien plus sur que ces deux méthodes de production d’énergie qui, en plus, menacent la vie sur terre de par les rejets de CO2 qu’elles provoquent…

      1. @DIssonance : c’est PSDJ qui parle de millions de mort le premier. Accepteriez-vous l’argument dans un sens et pas dans l’autre ?

      2. Le fait que l’emploi de n’importe quelle source d’énergie entraine la mort de gens est à mon sens un argument suffisant pour en remettre le bienfondé en cause, effectivement, puisqu’il est question d’un outil devant servir l’humanité et non la détruire. Par ailleurs les calculs d’apothicaires sur ce genre de sujets me paraissent tout bonnement répugnants.

      3. @Dissonance
        Arrêtons immédiatement l’électricité alors, quelle que soit sa production. Surtout en 50 Hz !

      4. ////Arrêtons immédiatement l’électricité alors, quelle que soit sa production. Surtout en 50 Hz !////
        Exact ! Le 50 hz est la frequence la plus dangereuse . On n’a pas de bol , c’est celle qui occasionne le plus efficacement la fibrillation .

    1. Avec vous, je ne ferai pas long :
      Vous écrivez : coût « humain » …
      Pourquoi ces guillemets, docteur?

    2. @Benoit des Ligneris,

      Le coût « humain » soit disant très élevé du nucléaire est le plus faible des moyens de production qui existaient quand la centrale a été construite et sans doute encore aujourd’hui.

      Tout est important dans votre affirmation. Vous mettez « humain » entre guillemets. Cela suggère que derrière le mot existe une réalité que nous n’avons pas fini de discuter et d’approfondir. « soit disant très élevé » signifie que tout jugement de niveau comptable résulte d’une parole subjonctive préalable : pour mesurer, il faut supposer une unité de mesure qui parle à la société qui demande la mesure. « moyens de production » rappelle une finalité concrète qui est distincte de l’action de production et du moyen employé pour produire : cette finalité est potentiellement très large par rapport au choix effectivement fait de satisfaire tel besoin avec tel moyen plutôt que tel autre besoin avec tel autre moyen. Vous employez le verbe passé et le verbe présent pour montrer que le présent est la conséquence du passé qui aurait pu être décidé autrement eu égard à la connaissance actuelle du présent. « Sans doute aujourd’hui » exprime qu’une affirmation au présent contient un doute quant à la fausseté présente de ce qu’elle n’affirme pas. Tout le discours scientifique repose sur la méta-science du langage. Vous semble-t-il utile de former cette méta-science par la valeur calculée de l’option dans un marché de démocratie réelle internationale ?

      1. Donc, si nous comprenons bien le discours scientifique sur le nucléaire comme le discours scientifique sur le changement climatique doit être validé ou évalué par l’opinion publique pour avoir une valeur reconnue ? pouvez vous développer .

        Tout le discours scientifique repose sur la méta-science du langage

      2. @Boayan,
        Je veux juste dire que le langage exprime la valeur de celui qui s’exprime par rapport à ses finalités. Le discours scientifique qui utilise le langage ne peut pas se dispenser de délimiter ses finalités dans le langage qu’il emploie. Et si le discours scientifique est une base de discussion d’enjeux politiques, il vaut mieux avoir des critères de transformation et de différenciation du discours scientifique en discours politique. En matière de nucléaire et de climat, il est des réalités que le discours politique ne peut pas changer. Et il est des réalités qui sont matière à option politique. Pour être efficace chacun dans leur ordre le discours scientifique et le discours politique doivent être différentiables par le langage.

      3. @PSDJ
        « En matière de nucléaire et de climat, il est des réalités que le discours politique ne peut pas changer. Et il est des réalités qui sont matière à option politique. »

        Il ne s’agit pas la même réalité. La première est non-humaine, iliée à la matière dans son absolue indifférence à l’humanité, voire à la biologie. La deuxième est un produit subjectif que n’authentifient que les sciences humaines.

    3. Benoit, vous reprenez l’argument écologique qui n’est pas sans mérite, c’est certain, mais réduire la problématique au bilan du carbone, je ne suis vraiment pas d’accord. Le nucléaire, c’est infiniment plus que ça, c’est tout d’abord le fer de lance du système militaro-industriel qui nous gouverne et auquel on doit tout le reste. Et puis, si le nucléaire est relativement propre par rapport au pétrole/charbon, c’est sans compter sur les pollutions futures qu’il est susceptible d’engendrer, surtout si, le considérant comme propre, on laisse les centrales proliférer.

  23. D’autres centrales nucléaires dans des zones à grands risques sismiques et/ou volcaniques .
    Neckarwesthein / Stuttgart/Allemagne
    Mühlheim-Kärlich / Coblence/Allemagne
    Fessenheim/ Alsace – des secousses de 7,5 (richter) y sont considérées comme possibles.
    Cofrentes / Espagne – directement sur une faille sismique.
    Krsko / Slowenie – à 100km en 2004 : secousse de 5 – sans dégâts heureusement-
    Akkuyu / Turquie – projet en cours – 1999, secousse de 7,8 avec 20.000 morts.
    Mezamor / Arménie – secousse de 6,9 en 1988, a dût procéder à l’arrêt d’urgence.
    Belene / Bulgarie – en construction – en 2009, secousse de 5,3
    Bushehr / Iran – zone sismique à risque de très forts tremblements de terre –
    Chuzestan / Iran – en construction – idem –
    Bataan / Philippines – au pied d’un volcan, zone sismique – 20 ans d’âge – en « jachère »
    Taiwan – le pays entier en zone volcanique, sismique et tsunamique : 3 centrales nucléaires
    Sichuan / Chine – plusieurs centrales – en 2008 secousse de 7,9
    Jaitapur / Inde- Areva .fr – projet mégalomane à 300km de Mumbai (côte ouest) en 1996: 6,3
    San Onofre et Diablo Canyon / Californie – (cf Japon)
    Laguna Verde / Mexique : Zone à très haut risques sismique

    1. ouf, donc comme FuKushima (pourtant d’une très vieille technologie ) a parfaitement résisté à du 9, qu’il n’y a pas de tsunami possible sur les centrales dont vous parlez, que vous dites n’importe quoi sur Bataan qui n’a précisément jamais été construite étant trop prés du pinatubo, une arnaque juteuse de la famille marcos… nous sommes parfaitement en droit de dire que la technologies des centrales nucléaires est tout à fait maitrisée en ce qui concerne les risques sismiques que vous évoquez . un test de cet qualité est très significatif , du 9 et RAS, alors vraiment c’est du solide comme on dit chez vous. mais bon vous faites dans le populaire , c’est payant.

      bon, plus sérieusement ,

  24. AFP – 1er (!!) mars 2011
    Pour M. Gorbatchev, 25 ans après, la catastrophe de Tchernobyl reste un « signal d’alarme » pour les pays utilisant l’énergie nucléaire ou ceux qui souhaiteraient s’en doter.

    « Alors que la population mondiale continue de croître et que la demande d’énergie augmente, nous devons investir dans des sources d’énergie alternatives et durables – éolien, solaire, géothermie, hydroélectricité », estime l’ancien chef d’Etat, qui fête mercredi ses 80 ans.

    Le dernier président de l’URSS exprime également son inquiétude devant les risques d’attaques terroristes contre des réacteurs nucléaires ou des sites de stockage de déchets radioactifs, sans oublier le risque de vol de matière fissile à des fins mal intentionnées.

  25. @PSJ: « L’erreur de calcul bien apparente après la catastrophe se trouve donc dans la délimitation juridique même du civilement acceptable, donc dans l’évaluation des techniques propres à respecter les normes retenues et enfin dans l’effectivité des contrôles réalisés pour garantir le prix de revient anticipé de l’électricité produite. »
    Ce constat parfaitement exact est à appliquer à la comptabilité qui se révèle ainsi incapable par construction et scotomisation de gérer une masse monétaire en expansion… La même « erreur de calcul » se trouve à la source de la finance mondialisée au regard de l’appréciation des risques économiques finaux au delà même de toute référence éthique, par simple « effet mécanique »… Réglementer sur une base bien délimitée un univers en expansion croissante relève d’un vice de conception du modèle actuel…

Les commentaires sont fermés.