L’actualité des crises : LA MACHINE INFERNALE, par François Leclerc

Billet invité.

A la suite de Three Mile Island et Tchernobyl, Fukushima s’inscrit dans le livre des grandes catastrophes suscitées par la main de l’homme. Certes, celles-ci ne sont pas toutes d’origine nucléaire et peuvent être de natures très diverses ; le réchauffement de l’atmosphère ou la pandémie du diabète en sont des exemples. Mais les accidents nucléaires ont cette particularité d’être plus spectaculaires en raison de leur soudaineté, de leur issue très incertaine et de leurs conséquences à très long terme.

Dans sa catégorie, Fukushima innove. Sauf accélération subite de la catastrophe, pouvant toujours survenir à tout moment, celle-ci est partie pour durer des semaines, voire des mois. Avec pour conséquence une lente montée de la contamination radioactive, avec des pics, dans une zone très étendue de plusieurs dizaines de kilomètres dans les terres, avec des concentrations par endroits. Fukushima, c’est une catastrophe dans laquelle il va falloir s’installer, mais dont on ne pourra pas s’accommoder.

La remise en marche des installations de refroidissement, au départ présentée comme une opération simple et rapide, n’est aujourd’hui même plus assurée, condamnée au mieux à s’éterniser. Faute d’instruments de mesure en état de fonctionner, l’état des réacteurs est indirectement estimé en aveugle. Des fusions partielles de combustible ont eu lieu et selon toute vraisemblance se poursuivent. Des radio-éléments hautement radioactifs s’en échappent, on ne sait comment, et sans que la possibilité de les contenir existe. L’état exact des enceintes de confinement ainsi que l’étanchéité des cuves des réacteurs ne sont pas plus connus. Ce tableau est celui d’une calamité qui va durer. A Fukushima, ce que l’on sait, c’est que l’on ne sait rien ou si peu !

La catastrophe s’alimente d’elle même, comme une réaction en chaîne. Le déversement de tonnes d’eau de refroidissement se traduit par la contamination de masses d’eau sur le site. Du plutonium y est décelé dans le sol. L’urgence change : l’évacuation de cette eau dont la contamination ne peut qu’augmenter prend le pas sur la réparation des équipements afin d’en rétablir le fonctionnement, sans que des nouveaux délais puissent désormais être donnés.

L’opérateur est de plus en plus pris entre des impératifs contradictoires, condamné à un pilotage au jugé et improvisé. En poursuivant les injections d’eau dans les réacteurs, il continue de remplir les réservoirs improvisés d’eau contaminée, qu’il cherche par ailleurs à vider sans savoir comment, ni où, les capacités existantes de stockage étant saturées. Les arrêter est impossible, l’augmentation de la température et de la pression dans les cuves et les enceintes de confinement qui en résulteraient pouvant occasionner leur rupture. Sans compter la possibilité qu’une masse grandissante de corium – résultant de la fusion du combustible – ne fasse fondre la cuve d’un réacteur, attaquant ensuite la dernière barrière de protection, la semelle de béton sur laquelle il repose. Nous projetant dans l’inconnu.

Tous les scénarios disponibles sont alarmants, rendant l’alarmisme dérisoire et superflu. La catastrophe continue d’être à l’initiative. Le risque est grand que l’on s’achemine progressivement vers une situation où il ne sera plus possible d’intervenir sur le site.

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91 réflexions au sujet de « L’actualité des crises : LA MACHINE INFERNALE, par François Leclerc »

  1. Toute comparaison avec le traitement de la « crise » financière serait indécent.
    Parabole ou apocalypse?

    1. Au fond de la poussière inévitable, un être
      Rampe, et souffle un miasme ignoré qui pénètre
      L’homme de toutes parts,
      Qui noircit l’aube, éteint le feu, sèche la tige,
      Et qui suffit pour faire avorter le prodige
      Dans la nature épars.

      Le monde est sur cet être et l’a dans sa racine,
      Et cet être, c’est moi. Je suis. Tout m’avoisine.
      Dieu me paie un tribut.
      Vivez. Rien ne fléchit le ver incorruptible.
      Hommes, tendez vos arcs ; quelle que soit la cible,
      C’est moi qui suis le but.

      Ô vivants, je l’avoue, on voit des hommes rire.
      Plus d’une barque vogue avec un bruit de lyre ;
      On est prince et seigneur ;
      Le lit nuptial brille, on s’aime, on se le jure,
      L’enfant naît, les époux sont beaux ; — j’ai pour dorure
      Ce qu’on nomme bonheur.

      Je mords Socrate, Eschyle, Homère, après l’envie.
      Je mords l’aigle. Le bout visible de la vie
      Est à tous et partout,
      Et quand au mois de mai le rouge-gorge chante,
      Ce qui fait que Satan rit dans l’ombre méchante,
      C’est que j’ai l’autre bout…

      L’univers magnifique et lugubre a deux cimes.
      Ô vivants, à ses deux extrémités sublimes,
      Qui sont aurore et nuit,
      La création triste, aux entrailles profondes,
      Porte deux Tout-puissants, le Dieu qui fait les mondes,
      Le ver qui les détruit. !

      Victor HUGO L’épopée du ver ( LA LEGENDE DES SIECLES)

  2. En 1986, on a regardé avec une crtaine condescendance ces « russkoffs » qui géraient la première crise majeure de l’industrie nucléaire avec des bouts de ficelle, et beaucoup de main d’oeuvre… Vu un reportage où des « Liquidateurs » couraient, à peine protégés, sur un toit surplombant l’enfer radioactif pour y balancer une pelletée de sable ou de plomb…
    En attendant et au prix de pertes humaines dont on ne saura probablement jamais exactement le nombre (10 000, 60 000, 600 000???) ils ont réussi à colmater les fuites et à « neutraliser » le réacteur
    Chapeau, respect, etc…

    Il ne semble pas que l’on prenne ce chemin au japon, on s’acheminerait plutôt vers la formation d’un superbe furoncle radioactif qui va nous déverser sa saloperie dans le Pacifique jusqu’à ce que le « feu » s’éteigne tout seul, le carburant s’étant consommé…
    Ca va prendre des années, des siècles peut être…
    En tout cas, l’émission de Plutonium nous promet quelques centaines de millénaires bien pourris!!!

    1. 3 ans après Tchernobyle, l’URSS s’effondrait !

      La catastrophe de Fukushima arrive aussi à un moment ou le système occidental est en train de se fissurer de partout.

      Coïncidence assez étonnante, faut bien le dire !

      1. Peut-être pas une coïncidence. Peut-être le signe d’une certaine décadence. Même cause, mêmes effets.

    2. les japonais vont devoir se sacrifier comme les soviétiques sinon le cauchemar pourrait durer longtemps et in fine les rejets seraient bien plus important qu’en 1985.

      mais peut être que tous les décideurs occidentaux, les nucléocrates, les idéologues libéraux sans compter les journaleux, bref tous ceux qui depuis plus de 30 ans nous foutent dans la merde et ont craché à la gueule des soviétiques, oui peut être que tous ces planqués vont accepter de se sacrifier ou est ce encore les gens du peuple qui vont devoir y aller ………… comme d’hab

  3. FLK
    François Leclerc Kafka ..

    oui ,non,oui,non un condensé musical sans Chef d’orchestre…
    cette obsédante variation insatisfaite dans la musique ambiante.. radiation..irradiation..radiation..irradiation..
    Un chef d’œuvre incontournable …

    Je fais comme vous cher Mr F Lecler.
    PS
    amicalement et respectueusement ,vous sais très aimable,compétent et gentil.

  4. « une situation où il ne sera plus possible d’intervenir sur le site » :
    Il me semble que c’est une des spécificités du risque nucléaire : l’injonction paradoxale.
    Au fur et à mesure de la progression de la réaction en chaine, les acteurs doivent intervenir pour tenter d’éviter l’irréparable (contamination massive, explosion, …).
    Mais les radiations empêchent de plus en plus, pendant le temps que la réaction en chaine s’alimente, d’intervenir. De sorte que les premières heures sont essentielles pour ‘stopper’ le processus, avant qu’il ne s’enclenche irrémédiablement.
    Je crois me rappeler que même pendant la grande peste de 1348, certaines villes ont échappé à l’épidémie en fermant leurs portes (Milan).
    A Fukushima et sur des centaines de kilomètres à la ronde, nul part où fermer la porte à la catastrophe.

    1. le syndrôme de l’ile de Pâques ,

      Plus de ressources et des cérémonies sacrificielles en pagaille qui épuise le peu qui reste pour que le systeme clanique perdure …les moins cons sont partis sur des radeaux vers les iles d’Océanie !

      en ce temps , la Terre etait infinie …

      Maintenant La Terre est finie , on sait prédire grace à la physique au grammes près les quantités de métaux rares que la planété recelle : les agences de consulting savent inventorier chaque pays et capitaliser n’importe quel concept zombie mais personne ne sait vivre sur Terre sans détruire …

      oncques jamais ne fuira la Terre , St jeanBaptiste disait « il faut que je diminue pour qu’IL Grandisse  » ,

      l’Humanité doit elle régresser ?

      Blade Runner en 1982 dépaignait une métropole polluée où les animaux humains déperissaient (parapluie à la main pour éviter les pluies acides ) ,ou des animaux tout courts etaient recréés robotiques puisque déjà rayés de la planète et où des clones réplicants cherchaient en vain leur « humaine Humanité » …

      Nous y voilà !

  5. Ce n’est plus un black swan cet accident, c’est tout un vol de cygnes noirs..

    Les Japonais n’ont vraiment pas de chance. Déjà qu’ils sont soumis à de réguliers sursauts destructeurs de la nature, voici qu’ils subissent maintenant une catastrophe technologique majeure. Les commentaires parfois méprisants sur leur « passivité » m’indignent quelque peu… J’imagine ce que cela provoquerait dans d’autres pays. paniques, exodes, révoltes, pillages… Dignes japonais dont nous devons plutôt admirer le stoïcisme. Rien ne sert d’ajouter de la pagaille au chaos…

    Le seul point positif est que la centrale est sur la côte Est et que les vents dominants envoient le plus gros de la radioactivité vers l’océan. De toute façon celui-ci aurait tôt ou tard dû accueillir les poisons créés par l’humanité et mieux vaut qu’ils n’aient pas transité par des régions habitées…

    Je garde précieusement certains des « dessins pour le Japon »…, ils traduisent mieux que les mots peine, tristesse, colère…,

    1. Le seul point positif est que la centrale est sur la côte Est et que les vents dominants envoient le plus gros de la radioactivité vers l’océan. De toute façon celui-ci aurait tôt ou tard dû accueillir les poisons créés par l’humanité et mieux vaut qu’ils n’aient pas transité par des régions habitées…

      Rassurez-moi, vous cherchez juste à énerver les foules?

      Les Japonais commencent à bouger, manifestations dans Tokyo contre le nucléaire aujourd’hui.
      Il se rendent compte que Tepco et le gouvernement ne sont pas reglo.

      C’est quoi cette mentalité, après moi le déluge, on est plus des singes.

    2. Un tremblement de terre suivi d’un tsunami, ce n’est pas un black swan au Japon. Alors construire au bord de mer une centrale qui ne résiste pas à ça, franchement… (on sait maintenant qu’ils ont minimisé l’estimation des risques lors de la construction, pour que ça coute moins cher)
      Et je parle même pas du fait que Fukushima est une poubelle nucléaire, les japonais (tout comme les américains) ayant la riche idée de stocker leurs combustibles usagés dans leurs centrales.
      A l’échelle de plusieurs décennies, cette catastrophe nous pendait au nez.

      1. Oui, tout à fait d’accord, mettre les piscines de refroidissement du combustible usé à côté de l’enceinte de confinement du réacteur, c’était une riche idée.

    3. pour le probleme nucleaire on ne peut pas parler de « pas de chance »
      Le nucleaire etait un choix.
      Aujourd’hui c’est l’heure de payer ce choix pour le Japon.
      Et surement qu’en France l’heure viendra aussi.
      Elle a dejà failli arriver à St Laurent des eaux.Mais Cogema n’a pas compris le message.

  6. bonsoir,
    Je partage totalement vos inquiétudes. Je pense également que cette catastrophe est plus gravissime que Tchernobyl.
    La question que je me pose est la suivante:
    Pourquoi n’utilise t-on pas pour refroidir les réacteurs, de l’azote, du co2 ou autres gaz liquides plus ou moins inertes? Les stocks mondiaux devraient être mobilisés sur ce problème…
    votre avis?

    1. Il ne suffit pas d’un « coup de froid » pour stopper la fission des isotopes radioactifs : cette fission est un phénomène physique naturel qu’on ne peut pas arrêter. Le refroidissement *continu* est la seule solution. En clair, on ne peut pas « arrêter » une centrale nucléaire, d’où la présence des piscine pour continuer à refroidir pendant des années les combustibles « usés »… Tiens, c’est le genre de choses qu’on n’a jamais entendu dans les campagnes « d’information » sur le nucléaire en France…

      1. EDF a fait des plaquettes d’information sur le combsutible usé qui mentionnent clairement ce fait…

        Tapez « gestion combustible usagé » sur Google et c’est le deuxième lien.

  7. La situation devient effectivement terrifiante :

    au mieux, une zone de radioactivité élevée dans un rayon de 50 à 100 km, le Japon et les japonais vont encaisser des impacts humains, organisationnels, économiques très difficile à gérer et rétablir avec des ondes de choc mondiales vu l’importance de ce pôle dans la mondialisation ;

    au pire, des réactions en chaîne, le corium atteint des nappes d’eau sous lui, fortes émissions radioactives sol, mer et air : dans un rayon de 2500 km vous avez tout le Japon, toute la péninsule coréenne, Pékin, Shangaï,…) et là on bascule dans un autre monde. La chambre de Paul n’accueillera pas 500 millions de réfugiés 😉

    Ma question est toute bête (je ne suis en rien ingénieur ou spécialiste du sujet) : en terme de réaction nucléaire, quelles sont les conséquences les plus négatives que l’on peut craindre? En quoi cela peut il être pire que Nagasaki et Hiroshima?

    1. le risque d’explosion type bombe est nul d’après les experts.

      mais voilà, comme je l’ai déjà dit, comme les experts nucléaires ( scientifiques et ingénieurs ) servent la soupe trop souvent aux puissants ( économiques et étatiques ) en oubliant la technique, on finit par douter de tout.

      1. Le scénario catastrophe c’est :

        Si la cuve est en bon état (ce qui n’est pas le cas du n°3), et que le corium perce le fond de la cuve, ainsi que le béton sous le réacteur, alors il se retrouvera dans un milieu qui de toute évidence est humide. Il faut composer avec la répulsion eau douce/ eau salée en bord de mer au niveau de la composition sous la centrale. Dans tout les cas, si le corium rencontre l’eau du sous sol, il y aura dégagements gazeux, mise en pression de la chambre creusée et du réacteur. Le corium aura beau percer, si la cuve est comme indiquée sur le schéma, en contact avec le béton, il n’y aura pas de fuite possible. Pas de fuites = montée en pression et gros risque d’explosion.
        La ou les physiciens du nucléaire sont généreux, c’est qu’ils n’incluent pas le risque de fusion nucléaire comme étant possible. En effet les paramètres exigés en théorie font appel à un matériaux(98%pur) et une structure type pour créer une bombe FF ou FFF.
        Mais Il n’y a pas d’étude de cas grandeur nature, et il faut espérer que les cerveaux n’oublient pas de paramètres majeurs. Difficile à dire sachant qu’ils ne sont qu’observateurs de résultats digitalisés(simulations).
        On sait que la fission peu se produire avec une pression énorme.
        La question est, si ils ont perdu les contrôles des pressostats des réacteurs supposés étant encore étanches pour certains, comment pourront-il vérifier/agirsur le niveau de pression critique dans les cocotes minutes? Sachant qu’un corium est capable de créer une chambre aux dimensions non négligeables, et sachant que plus une chambre de confinement est volumineuse plus il y a de propension à l’expansivité explosive par pression(accumulation d’énergie) .
        La question en fin de compte c’est, si il y a augmentation de la pression du sous sol, qui sera le premier, entre l’effet explosif en chaine (amorce de réaction type bombe) et le soulèvement explosif par pression de tout l’édifice.
        Dans les deux cas ça risque de monter haut dans le ciel.

        Le scénario sympa :

        Super EDF arrive avec ses bulldozer téléguidés et fabrique une dune du pillat version dune du fukushi avec du sable magique qui fixe les radio-éléments .

      2. Nous sommes forcement tous exposés: entre les produits (vêtements, hight-tech, légumes en conserves) venant d’asie, et les retombées atmosphériques (le nuage tourne, mais les émissions radioactives vont durer encore quelques semaines!!) on va tous être phosphorescent dans la nuit!

      3. on va tous être phosphorescent dans la nuit!

        formidable ! « ils » ont même prévu la crise de l’énergie !

        nous finirons notre carrière comme vers luisants !

        Hihi, pour les ceusses qui veulent pondre la « gouvernance mondiale », et qui vont se planquer dans des abris ad hoc =) bien fait, ils gouverneront des vers luisants ! vont avoir bonne mine !

    2. C’est la quantité de matière radioactive qui en fait la plus grande catastrophe écologique. Les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki ont été destructrices par l’explosion mais la quantité de matière radioactive était de l’ordre de la centaine de kilogramme. Ici, on parle d’une bonne centaine de tonnes par réacteur… qui semble plus ou moins entrain de se répandre. Voilà FL a raison, cette catastrophe ne fait que commencer.

    3. Nagasaki et Hiroshima c’etait 200kgs de matiere nucleaire.

      ici les chiffes varient entre 2000 et 3000 tonnes
      dont 5 à 10% de fissible c’est à dire 100 tonnes à 300 tonnes de hautement dangereux.

      c’est un coefficient de x1000 par rapport à Hiroshima et Nagasaki

    4. Je rappelle qu’à ce jour, les experts sont absolument incapable de recréer et même d’expliquer l’explosion de malheureux nitrate d’amonium chez AZF à Toulouse…..
      Alors si qu’on parle du nucléaire….

  8. Peut-être que cette vidéo a été déjà signalée ailleurs: le ragage en règle de tout un port, des véhicules et des maisons soufflées comme si ils étaients en papier.

  9. Le Mandat du Ciel (天命 : Tiānmìng) est un concept chinois apparu sous la dynastie Zhou qui a permis d’affirmer la légitimité du pouvoir des Empereurs de Chine. Il est fondé sur l’approbation que le Ciel accorde aux dirigeants sages et vertueux, approbation qu’il cesse d’accorder si ceux-ci ont une conduite mauvaise ou sont corrompus.

    Par la suite, le concept permit d’appréhender les manifestations naturelles comme des messages du Ciel. Les catastrophes naturelles étaient ainsi perçues comme des signes témoignant de la réprobation du Ciel, ce qui légitimait le peuple à se rebeller, pour qu’une dynastie plus vertueuse se voie alors confier le Mandat du Ciel.

    Ce concept, proche de la notion de « monarchie de droit divin » qui existait en France et dans d’autres pays d’Europe, en diffère cependant par le fait qu’à la différence du droit divin, le Mandat Céleste peut être retiré aux souverains qui agissent mal.

    1. intéressant comme idée. Les catastrophes sont le signe que les hommes au pouvoir actuellement doivent être changés, et que ce n’est pas à eux de les régler. Qu’ils n’ont pas le droit d’invoquer le « pas de chance » pour se dédouaner.

      J’aime beaucoup !

  10. Le problème avec la radioactivité, c’ est qu’ elle n’ est pas visible et c’ est insidieusement que vous pouvez déclarer un cancer. Il y a en moyenne un cancer par famille en France. Moi même j’ ai été atteind d’ une leucémie suite probable de Tchernobyl. Mais comme tous ne meurt pas du cancer celui-ci ne fait plus peur. Le nucléaire, c’ est l’ électricité , le chauffage et bientôt sa petite bagnole électrique… mais le nucléaire c’ est aussi l’ arme nucléaire, comme les bombes qui ont pillonées l’ Irak et irradiées la population , mais aussi des soldats US au sol les conséquences génétiques sont à moyen terme plus dangereuses que le sida et le cancer réunis. La catastrophe japonaise est une nouvelle condammnation de ces magiciens du nucléaire et doit nous donner l’ occasion de faire le procés mondial de cette énergie à la polution DURABLE

  11. C’est bien dans ces moments là que l’on se rend mieux compte à quel point les choses sont si bien verrouillés dans un tel monde de décideurs et d’intérêts marchands, et on parle encore de démocratie et de liberté aux êtres, n’est ce pas plutôt un grand mode de vie global qui nous conduit tout droit au grand feu d’artifice. Oui c’est bien peut-être en ça que cela dérange tellement l’opinion publique mondiale.

    1. Attention !

      Par radioactivité naturelle il faut comprendre le niveau de radioactivité accumulé depuis plus de 60 ans !

      1. La terre est radioactive depuis sa création…pourquoi croyez-vous qu’il suffit de creuser pour extraire l’uranium ? D’où viennent les stériles miniers qu’on dit si radioactifs ? Comment peut-on dater au carbone 14 ? D’où vient le radon, ce gaz dangeureux particulièrement présent dans les habitations ?

  12. La nationalisation de Tepco, une « option possible »
    Le Point.fr – Publié le 29/03/2011 à 07:15 – Modifié le 29/03/2011 à 07:24
    Les autorités japonaises pourraient envisager de nationaliser partiellement la compagnie d’électricité, qui exploitait la centrale de Fukushima.

  13. Lorsque vous utilisez de l’énergie nucléaire, vous faites un pacte avec le Diable. Vous faites un pacte pour vous-même, mais également votre descendance, et la descendance de votre descendance pour des milliers d’années. Votre comportement est alors modifié. Vous engagez dès lors à trahir systématiquement les faits. Les anglais ont balancé leur déchets radioactifs dans l’Atlantique français dans les années 50, les italiens ont confié les leur à la mafia …
    Tous les comportements humains prodigieux sont alors balayés : bravoure, effort, crédibilité…
    Si l’on considère la vie comme Dieu, et le nucléaire comme le Diable, alors le Diable est plus fort que Dieu, et c’est le Diable qui gagne à la fin !

    1. Cette modification de l’histoire humaine a été signalée de nombreuses fois par des individus très différents comme ouvrant un autre épisode après l’explosion des deux bombes américaines sur le Japon.

      Quand je dis des individus différents, il faut comprendre que tous avaient en commun une certaine méfiance vis à vis de la Science, de la Technique et du Capital.

  14. Le problème le plus urgent en ce moment est l’évacuation des eaux polluées (radio-actives). On ne peux pas éviter le rejet en mer de ces eaux, ou son stockage dans des navires appropriés, Le rejet avec dispersion dans l’océan lointain n’est pas à exclure (mais sera difficile à faire accepter internationalement, sauf si c’est fait « discrètement »).

    1. Il faut de plus que les installations soient prévues pour permettre des interventions externes, éventuellemnt adaptés à l’intervention de robots (comme la station spatiale est adaptée à la réception de divers vecteurs externes : Soyouz, Navette, ATV ..).

      Je pense par exemple à un circuit d’injection complémentaire de liquide de reforidissement pour le cas ou tout est foutu à l’extérieur de l’enceinte de confinement, voire de la cuve.

      La disponibilité de groupes autonomes de fournitures d’énergie et de réserves de liquide rapidement mobilisables est de plus indispensable.

      1. Mais vous êtes fou
        Ca coute combien tout cela
        Si ca pette
        Il y aura l état pour payer c est pas graves
        Et puis en plus vous pensai quand même pas que on va démonter cette p.t..n d installation a la fin de sa durée d exploitation
        Cela va coute trop cher
        Qui vas payer pour cela pas un seul actionnaire

    2. Si la France est prête pourquoi les japonais ont refusé nos robots comme étant « inadaptés » (et ont accepté les robots Chinois et Allemands)

      1. futur revirement d’alliance stratégique? peut-être qu’allemands chinois et japonais en ont marre d’être les méchants?

  15. Je sais pas si l’info est deja passée et elle est de toute façon assez bien connue. Mais bon, au cas où et comme c’est la seule étude fiable qui ait été faite sur une population ayant subi des irradiations massives et de taille suffisante pour en tirer des chiffres significatifs, d’après lesquels sont extrapolées des estimations pour de faibles irradiations, je me permets de la rappeler :

    Parmi les survivants d’Hiroshima et Nagasaki, le nombre de décès provoqués par l’irradiation est obtenu par comparaison avec une population témoin non exposée. Par exemple, entre 1950 et 1990, parmi les 120 321 survivants 7578 personnes sont mortes de cancers « solides » alors que le nombre de décès attendus pour une population de même taille est de 7244. L’excédent de 334 personnes (auquel il faut ajouter 87 leucémies) est trop significatif pour être dû à des fluctuations statistiques.

    Cet excédent reste cependant faible en regard des 7244 cancers naturels de la population témoin et des 240 000 morts des explosions proprement dites. Pour les irradiés de Hiroshima et de Nagasaki exposés à des doses de plusieurs centaines de millisieverts, l’augmentation sur quarante ans des cancers mortels n’est que de 4,6 % par rapport aux causes naturelles.

    Rappel : Hiroshima : « Little Boy », puissance 15 Ktonnes, uranium 235 (64Kg); Nagasaki : « Fat Man », puissance 22 Ktonnes, Plutonium 239.

    1. Nous voilà rassurés.Sources ?

      Mais pourquoi tous ces imbéciles de japonnais, s’inquiètent-ils et mettent en œuvre des interdictions de mise sur le marché de certains produits ? N’importe quoi.

      En même temps, à partir d’un certain âge, on a plus à s’inquiéter d’un éventuel cancer dans plusieurs années.

  16. Il n’y a plus qu’une seule solution, archaïque certes mais d’actualité.
    Il faut d’urgence ensevelir la centrale sous une montagne de gravas, tirer de loin à l’aide de catapultes.
    Ainsi naîtra le mont fukushima, aussi haut que le fujiyama.
    Enfin pour éviter les rejets dans l’eau de mer, rien de mieux qu’une immense plage artificielle de sable fin.
    A vos pompes et à vos catapultes : enterrons le problème, ensablons l’estuaire, et offrons à cette centrale le plus beau et le plus grand des sarcophages naturels.

  17. Petit calcul : 1 tonne de salopium (à votre choix) dans 1 km3 d’eau de mer donne une concentration de 1 µg par litre. Et il y a en gros 1 milliard de km3 d’eau dans les océans du globe…

    Enjeu : si du corium rencontre en milieu confiné un matériau facilement vaporisable (eau. p. ex.) il y aura une explosion de vapeur et tout le bazar se retrouvera finement pulvérisé dans un joli nuage au dessus du site. Le vent en fera ensuite ce qu’il voudra. Et les TEPCO boys devront calter de la centrale fissa fissa, en abandonnant les 2 autres réacteurs malades au même sort.

    Conclusion : il est urgent de vider les eaux radioactives du site en mer, afin qu’il puisse rester un peu de monde sur le site à bosser pour éviter le vraiment pire.

    Les gens auront peur de manger du poisson, à cause de la concentration dans la chaîne alimentaire (alors que ce ne sera pas pire que le mercure) : tant mieux, les stocks de poissons pourront se reconstituer. Surtout le thon, qui est au sommet de la pyramide trophique.

    Malheureusement, depuis le début, TEPCO s’est montré incapable de prévoir le pire et d’agir en conséquence. On n’a donc pas encore tout vu : MM les nucléophobes feraient bien de se garder un peu de terreur en réserve pour plus tard, ils risquent de tomber en rupture de stock.

    A l’attention de ceux qui trouveraient que j’exagère, cette citation :

    « Vouloir rassurer, c’est contribuer au pire » (René Girard, « Achever Clausewitz », dernière ligne)

    1. Citation pour citation; une loi de Murphy:
      « Si le pire peut arriver, le pire arrivera »
      une variante, si l’on préfère
      « Toute catastrophe qui peut se produire se produira »

    2. Oui, je pense que vous avez raison, il y a de très fortes chances que le système aille au bout.
      La clef c’était la perte des alimentations électriques; souhaitons que EDF en tire les conséquences et que au lieu de d’acheter des sociétés étrangères, elle tire des lignes indépendantes supplémentaires de secours pour ses centrales….

    3. Sans déconner, vous croyez vraiment que TEPCO a attendu pour balancer des milliers de tonnes d’eau contaminée à la mer?

    4. Juste un oubli : la région de la centrale peut voir passer un typhon de temps à autre.

      Cerise sur le gâteau, coup de grâce, descabello… Chacun à son goût.

      « Vouloir rassurer, c’est contribuer au pire » : je teste.

  18. Bonjour Mr Leclerc,

    Quel serait l’impact des catastrophes récentes en terme de mouvements de changes?
    Le Japon ne va t’il pas, par la force des choses, devoir rapatrier en masse des capitaux et vendre des devises pour relever le pays?
    Quelles conséquence pour le monde?
    Si vous en avez déjà parlé et que j’ai manqué l’info pourriez vous la pointer svp?
    Merci d’avance

    1. Oui, la rapatriation des capitaux japonais, afin de financer la reconstruction du pays, devrait pousser à la hausse le yen, sur lequel une forte pression va s’exercer. Cela n’améliorera pas les exportations, qui souffrent déjà de la baisse de la production.

      Cela devrait également peser sur les taux obligataires américains, accroissant le coût du service de la dette et le déficit US, alors que sa réduction est au centre des affrontements politiques entre républicains et démocrates, enjeu prévisible des prochaines présidentielles.

      1. Mais pourquoi les Japonais ne pourraient-ils pas acheter ce qu’ils souhaitent importer dans la monnaie de leur épargne ? J’ai des USD, je paie en USD. Trop simple ?

  19. IL FAUT IMPERATIVEMENT AMORCER LA SORTIE DU NUCLEAIRE, DE CE NUCLEAIRE CIVIL BASE SUR LA FISSION, DES MAINTENANT!
    FAIRE LE CONTRAIRE C’EST PRENDRE LA RESPONSABILITE D’ASSASSINER NOS PETITS ENFANTS !
    C’EST LA PIRE DES DETTES QUE L’ON PEUT LEUR LAISSER: EMPOISONNER LEUR MONDE POUR DES SIECLES, VOIRE DES MILLENAIRES.
    DECIDEURS IL FAUT REFERMER CETTE BOITE DE PANDORE AVANT QU’ELLE NE NOUS AI TOUS CONTAMINES IRREVERSIBLEMENT ! SI VOUS NE LE FAITE PAS VOUS MERITEREZ D’ETRE TRAINES DEVANT LA COUR INTERNATIONALE DE LA HAYE , COMME KADHAFI!
    MAIS CE SERA UNE PIETRE CONSOLATION.

      1. Cela fait plus de 30 ans que je suis contre ce type de nucléaire, alors vous excuserez le coup de gueule. Car il y a de quoi !!!
        Pour le reste eh bien oui, il faudra apprendre à vivre plus frugalement, en attendant un hypothétique nucléaire basé sur la fusion et propre!
        Et c’est loin d’être acquis…

      1. Mais non ! Depuis le temps qu’on vous dit qu’il faut d’abord réduire sa consommation d’énergie, vous faites de la réclame pour une opération de placement financier sur le dos du contribuable et du consommateur d’électricité ! Isolez d’abord !

      2. Si seulement cela suffisait, j’en serais le premier heureux ! Mais faut pas rêver…
        Il y a de tels intérêts en jeu, et nous ne sommes pas prêts à réduire drastiquement notre
        consommation d’énergie pour pouvoir nous débarrasser de cette saleté.
        Le pire c’est que le lobby électronuclaire a rebondi sur le changement climatique, pour nous
        présenter cet immonde technologie comme une technologie propre car sans CO2.
        Si nous ne réduisons pas drastiquement et sans tarder nos dépenses énergétiques, nous avons le choix entre un climat devenant de moins en moins hospitalier, ou une terre stérilisée par les rayonnements ionisants. Et finalement ce sera peut-être un mix des deux!
        Bravo Homo Sapiens Sapiens!!! C’est plutôt Homo Demens Demens que nous devrions nous renommer.
        Ceci dit il restera toujours les rats et les scorpions, car ils semblent plus résistants aux rayonnements…

  20. eh ben!!!!!!!!!!!!!!! le monde entier est tombé dans la merde alors !!!!!!!!!!!!!FUYONS , Mais OU ?

  21. La machine infernale, allusion sans doute volontaire à un autre billet du même nom, daté du 5 septembre 2008 et signé Paul Jorion.

  22. La tragédie qui se déroule actuellement au Japon démontre à quel degré la classe politique – quelque soit le pays industrialisé – est sous l’emprise des lobbys. Et comme tous se tiennent par la barbichette, il n’y a jamais de responsables.

    1. Avez vous jeté un œil sur les marchés financiers ? Là c’est parfaitement clair….

      D’ailleurs, sauf omission de ma part, je ne trouve que peu, voir pas de commentaire et d’analyse sur l’indifférence totale des marchés financiers au monde qui les entoure dans le contexte actuel. Est-ce bien normal ?

  23. conclusion très nette :

    d’une façon ou d’une autre : les totalitarismes conduisent à la barbarie.

    il serait temps d’en finir avec celui en cours, dont le nom est néolibéralisme, ou capitalisme sans freins, ou encore « pognon sans frontières » …et d’appeler un chat un chat.

    quand les cours de la bourse, et les dividendes des multinationales, sont plus importants que les catastrophes naturelles et provoquées, engendrant maladies et morts prématurées, c’est la barbarie qui est à l’oeuvre.

  24. Des éléments à ajouter :
    – la radio-activité augmente sur le site du fait des rejets, réduisant le temps de travail moyen de chaque ouvrier.
    – les ouvriers qui travaillent sur le site n’ont pas de batiment protégé et aménagé pour se reposer, ils dorment par terre et sont nourris de ration de survie.
    – le nombre d’ouvriers « usés » (proche de la dose maxi) augmente alors que le nombre de volontaire diminue.
    – la question n’est plus de savoir SI une cuve est perçée par un corium.
    http://www.guardian.co.uk/world/2011/mar/29/japan-lost-race-save-nuclear-reactor

    On peut s’attendre à une augmentation de la RA sur le site et à une diminution des travaux possibles.
    Les japs sont largement dépassés, il ne faut plus leur laisser l’initiative, il faudrait intervenir avec de gros moyens, avec priorité sur le refroidissement des piscines en circuit fermé avec un équipement externe.

  25. Comparaison n’est pas raison
    la radioactivité « NATURELLE » et « ARTIFICIELLE » ne sont pas comparables .
    C’est là , une arnaque de l’argumentaire des pro-Nuke .
    Si les doses peuvent paraitre identiques ou voisines , la radio-activité diffuse provient de dizaines de metres cubes qui equivalent a une particule concentrée .
    On peut difficilement ingerer ou se caler 20 metres cubes de granite dans une dent creuse .
    De plus la radioactivité naturelle ne se concentre pas progressivement ds la chaine alimentaire :

    http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:1HWFVLf5ezYJ:danvkx.free.fr/VERITE/ionisant.htm+radioactivit%C3%A9+naturelle+et+retomb%C3%A9es&cd=8&hl=fr&ct=clnk&gl=fr&client=firefox-a&source=www.google.fr

  26. Je me réjouissais de découvrir sur le site du Monde un article intitulé : « On ne peut garantir qu’il n’y aura jamais d’accident grave en France ». On se dit que la vérité progresse, mais très vite il faut déchanter. Citation de l’interview d’André-Claude Lacoste, président de l’ASN :

    Concernant ce Codirpa, certaines associations regrettent que les scénarios étudiés ne soient pas assez graves…

    Il a toujours été dans notre intention de couvrir une gamme de scénarios allant du plus probable au plus extrême. Il me paraît évident qu’on va intégrer, typiquement, ce qui se passe au Japon.

    Mais le Canard du 23 mars écrit :

    Point de scénario catastrophe, on n’est pas à Fukushima ! Pas de piscine à sec ni de combustible en fusion, l’ASN ne parvient pas à imaginer plus grave que la rupture d’un tube réfrigérant, avec des rejets pendant vingt-quatre heures, pas plus. «  Soit un accident de type mineur, 3 ou 4, sur l’échelle Ines« , dit Jean-Luc Godel, de l’ASN

    C’est vraiment se foutre de la gueule du monde de dire « il a toujours été dans notre intention de » !

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