LE FOSSÉ DES GÉNÉRATIONS

En 1958, pour ma mère, le rock c’était Elvis, Bill Haley, Buddy Holly, Eddie Cochran.

J’étais jeune : j’avais douze ans. Pour moi, le rock, c’était plutôt Little Richard, Chuck Berry, Bo Diddley.

Le fossé des générations !

Little Richard

Chuck Berry

Bo Diddley

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COLLOQUE : Anthropologie de la crise du capitalisme contemporain, PARIS, MARDI 3 MAI 2011

C’est en anglais. Entrée libre.

Journée d’étude internationale

Anthropologie de la crise du capitalisme contemporain

3 mai 2011, 10h-17h, musée du quai Branly, 37 Quai Branly, 75007 Paris, salle de cinéma

Journée organisée par Jonathan Friedman (IRIS/EHESS) & Laurent Berger (LAS/MQB)

Programme

10h-10h15 Jonathan Friedman (IRIS-EHESS) & Laurent Berger (LAS-MQB) « Introduction: Towards an anthropology of the crisis in capitalism »

10h15-11h Paul Jorion                                                                                                                        « How to become the anthropologist of the crisis »

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« INSIDE JOB », BRUXELLES, LUNDI 2 MAI 2011

Heure lundi 2 mai · 18:00 – 22:30
Lieu Université Libre de Bruxelles

Campus du Solbosch. Avenue F. D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles

Brussels, Belgium

Créé par : Cercle du Libre Examen (ULB), Ludovic Suttor-Sorel, Louis Bersini, Aurore Van Opstal
En savoir plus Entrée libre

Programme :

18h-19h30 : Projection du documentaire : « Inside Job » (vous pouvez voir la bande annonce de ce film à l’adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=Tf4DVi96GP0 )

19h30-19h45 : Pause drink

19h45-22h : Débat autour du thème ; « 2008 : la plus grande crise financière depuis 1930? ».

Intervenants au débat :

Souhail Chichah (chercheur en théorie du capital et en économie de la discrimination -DULBEA- ULB/Prof d’Economie Politique HEHA)

Corentin de Salle (juriste et docteur en philosophie, professeur à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes commerciales et à l’Institut Cooremans, assistant à l’Université Libre de Bruxelles.)

Paul Jorion (« Le blog de Paul Jorion », chroniqueur au Monde-Économie. Docteur en sciences sociales de l’Université Libre de Bruxelles)

Marco Van Hees (Fonctionnaire au ministère des Finances, syndicaliste, journaliste)

Nous espérons vous y voir nombreux !

L’auditoire dans lequel la projection-débat se réalisera, vous sera communiqué début de la semaine prochaine.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 29 AVRIL 2011

Le rapport entre le blog et mes livres

« La survie de l’espèce » avec Grégory Maklès
« La guerre civile numérique », à paraître en mai

Pervenche Berès et le rapport sur l’origine de la crise pour la Commission Européenne

David Ricardo (1772 – 1823)
Piero Sraffa (1898 – 1983)

« Comprendre, enfin, l’économie »

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SORTIR DU FINANCIARISME : LA PARTICIPATION, par Olivier Berruyer

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Billet invité. Vendredi dernier, dans ma vidéo, j’ai analysé la proposition d’une prime de 1000 € pour les salariés dans les entreprises attribuant des dividendes en hausse. Le bien que j’ai pu en dire se situe dans une autre perspective que celle de la participation gaullienne, le rappel par Olivier Berruyer de ce que celle-ci signifiait précisément est cependant bienvenu.

J’appelle financiarisme le dévoiement du système économique que nous constatons depuis plus d’une vingtaine d’années, et se caractérisant par un déséquilibre majeur des pouvoirs dans les grandes entreprises, au bénéfice unique des actionnaires (catégorie dans laquelle rentrent désormais les grands dirigeants). Comme l’a souligné Maurice Allais, « au nom d’un pseudo-libéralisme, et par la multiplication des déréglementations, s’est installée peu à peu une espèce de chienlit mondialiste laissez-fairiste ». Ainsi soumis à une féroce concurrence internationale, désorganisés face aux représentants des actionnaires, le poids réduit des salariés ne permet plus une gestion du système économique qui soit compatible non seulement avec l’amélioration du bien-être collectif, mais même simplement avec sa seule survie à moyen terme. Nous allons donc voir très bientôt à quel point le « tout pour les actionnaires » aura été un cinglant échec, tout comme l’a été le système collectiviste du « ‘tout’ pour les salariés » [le « tout » ayant certes été réduit….].

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AVIS DE COUP DE VENT, SUIVI DE TEMPÊTE, POUVANT SE TRANSFORMER EN OURAGAN, par Charles Sannat

Billet invité.

Un titre un peu alarmiste, direz-vous ? Peut-être, mais lisez d’abord.

– L’université du Texas prend de l’or pour sa trésorerie….

Une information importante et passée totalement inaperçue est que l’université du Texas vient d’investir environ 1 milliard de sa trésorerie en or. L’article de Bloomberg est ici. Les membres du Board voient l’or « juste comme une autre monnaie mais qui n’a pas à souffrir d’une impression supplémentaire de billets ». Suivez mon regard ! Il est à noter que cette université forme également des économistes.

Alors que penser d’une telle stratégie? Simplement que de plus en plus de particuliers comme d’institutions commencent à avoir des doutes de plus en plus sérieux sur la pérennité du système économique mondial dans sa configuration actuelle.

Pourtant, comme le fameux cygne noir de Nassim Taleb, c’était impossible et inenvisageable.

Mais ce n’est pas tout. Ces dernières semaines sont particulièrement riches en alertes.

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RESTAURER L’HUMANITÉ DU CAPITAL : INTERDIRE LES PARIS SUR LES FLUCTUATIONS DE PRIX, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix est la clé de tout développement de civilisation dans la mondialisation. Cet engagement subjectif ne peut se concrétiser sans une objectivation du prix dont les fluctuations soient déterminées par autre chose que des paris. Pour que l’objectif d’interdiction redonne au sujet humain universel la maîtrise des fluctuations de prix, il faut expliciter ce qui rend le sujet universel indépendamment du sujet financier qui prétend représenter l’universalité du prix par ses seuls calculs. L’universalité du sujet de la réalité est l’option librement négociée sur un marché qui réunisse tous les sujets intéressés au prix d’une réalité objective.

La négociation ouverte à tout sujet des options d’objets de la réalité a pour conséquence de faire de la réalité visible la preuve ultime de la vérité d’un prix ; de distinguer l’objet nommé de l’objet concret comme bornes de la réalité fluctuante ; de conditionner la vérité du futur par l’existence visible d’un prix nominal et d’une prime concomitamment positifs d’un même objet. La fondation d’un marché d’option mondialisé au-dessus des marchés actuels captés par des intérêts particuliers interdit les paris par la visibilité de tout acteur du prix et la transparence économique de tout objet. Il en résulte la refondation du capital comme anticipation rationnelle de l’écart probable objectif entre le réel à terme et le réel nommé au présent.

La monnaie universellement vraie est alors émise à proportion du capital anticipé dans le passé sur la demande humaine actuellement en train de se transformer en réalité effectivement satisfaisante. Dans un univers de prix explicitement optionnels, le pouvoir politique a pour mission de réglementer le marché pour qu’il puisse nommer tout ce qui est réalisable. Le pouvoir financier ne peut y calculer des prix qu’à l’intérieur d’un marché qui nomme ce qu’il s’engage à réaliser. Le marché régulé par l’État de droit est la seule expression réelle de la démocratie. Il donne à tout sujet de réaliser ce qu’il désire explicitement à l’intérieur de la nomination discutée du bien commun.
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SOUVERAINETÉ DES ÉTATS, RÉPUTATION FINANCIÈRE ET DROITS VITAUX DES PEUPLES, par Alain Gauvin

Billet invité

Doit-on priver de sa souveraineté un État impuissant à honorer sa dette ? Certains soutiendront que la question n’a pas lieu d’être posée car, de fait, la pression exercée par les agences multilatérales sur les États financièrement défaillants s’apparente à une privation de souveraineté camouflée. On peut adhérer à une telle opinion, bien qu’elle ne nous semble pas refléter la réalité : l’État défaillant conserve la maîtrise de ses prérogatives régaliennes, parmi lesquelles, la défense nationale, la diplomatie, l’ordre intérieur, la liquidation et la collecte de l’impôt, la décision de s’endetter ou encore le pouvoir normatif.

On pourrait réfléchir à défaire, temporairement, par une décision solennelle et suivie d’exécution, un État de sa souveraineté, lorsque l’État en question se trouve en situation de remplir les trois conditions suivantes :

(i) les droits vitaux de son peuple sont menacés ;

(ii) cet État est impuissant à faire face à ses obligations d’emprunteur, et il a déjà été défaillant dans le remboursement de sa dette après qu’elle a pourtant été restructurée ;

(iii) les autres États, mais surtout les agences multilatérales s’interrogent sur le risque qu’elles encourraient en termes de réputation si elles venaient en aide, une nouvelle fois, à l’État défaillant.

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« HEURS ET MALHEURS DU CAPITALISME »

Arnaud Diemer avait eu l’amabilité de m’inviter à faire l’exposé introductif du colloque « Heurs et malheurs du capitalisme », le 4 février dernier à Clermont-Ferrand. Voici le petit texte que j’ai rédigé pour les actes du colloque, à paraître bientôt.

Heurs et malheurs du capitalisme ? Si l’on parle ces jours-ci de ses heurs, c’est que ses malheurs nous sont très – sans doute trop – présents à l’esprit.

Mais de quoi parle-t-on précisément quand on évoque « le capitalisme » ? Nombreux sont les auteurs qui se contentent de considérer que le capitalisme c’est : « tout aspect quelconque du système économique au sein duquel nous sommes aujourd’hui plongés ». Ils confondent alors, par exemple, capitalisme avec économie de marché, alors que le marché, système de distribution et de circulation des produits opéré par des marchands, et fondé sur le profit mercantile, existe au sein de systèmes économiques qui ne sont pas pour autant capitalistes – la féodalité, par exemple. Ou bien encore, certains auteurs confondent le capitalisme avec le libéralisme, une doctrine politique qui, si l’on en croit ses partisans, cherche à optimiser le rôle joué par l’État dans nos sociétés, mais vise en réalité à instaurer un moins-disant généralisé en matière d’État.

Bien sûr, le système économique en vigueur chez nous combine aujourd’hui capitalisme, économie de marché et libéralisme, mais ceci n’enlève rien à la spécificité du capitalisme d’être un système économique dominé par la personne du capitaliste, à savoir le détenteur du capital. Le capitaliste est celui qui se sépare provisoirement de son capital pour un prix : le versement à intervalles réguliers d’intérêts, qui prendra place jusqu’à la « maturité » du prêt : le moment contractuellement déterminé de son remboursement.

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LA SITUATION À FUKUSHIMA (XII), par François Leclerc

Mise à jour n° 195 (dimanche 09h56)

Suite aux mises en garde réitérées du gouvernement, l’opérateur a annoncé de nouveaux travaux, destinés à renforcer la protection de la centrale contre un nouveau séisme et un tsunami. Un événement imprévisible qui représenterait désormais le principal danger majeur, aux yeux des autorités.

Une levée de 12 mètres de hauteur constituée d’un empilement de pierres dans des paniers métalliques va être érigée en bord de mer. Un pilier en acier, renforcé par du béton, va consolider la structure de la piscine du réacteur n°4.

Tepco va par ailleurs obturer avec du béton les 4 tunnels qui débouchent sur la mer au sortir des réacteurs n°2 et 3, où des fuites d’eau hautement contaminée existent, afin d’empêcher tout retour par ce biais de l’épanchement de l’eau dans la mer.

Enfin, Tepco va débuter le pompage de l’eau hautement radioactive aux abords du réacteur n°3, le niveau de l’eau dans le tunnel continuant de croître (12 centimètres durant la dernières semaine), pouvant à terme en déborder.

Tous ces travaux demandent des bras, alors que le niveau cumulé d’exposition aux radiations monte au sein du millier d’ouvriers qui travaillent sur le site. Il est nécessaire de prévoir le remplacement de certains d’entre eux au fur et à mesure qu’ils atteignent le niveau maximum admissible.

Les effectifs de l’opérateur et de ses sous-traitant ne suffisant pas, une campagne de recrutement est étudiée, auprès d’une population ayant déjà travaillé sur le site d’une centrale ou reçu une formation le permettant. Il est estimé que 3.000 personnes pourraient répondre à l’un de ces deux critères.

Parmi les difficultés que rencontre Tepco, celle-ci n’est pas des moindres.

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Mise à jour n° 194 (samedi 11h59)

Tepco poursuit ses efforts afin d’évacuer, stocker, puis traiter l’eau hautement contaminée dont le flot enfle dans les bâtiments de service des réacteurs n°1 à 4 et les tranchées techniques et tunnels les rejoignant.

Dans un premier temps, l’opérateur va accélérer le pompage au réacteur n°2, en ajoutant une deuxième pompe. Il espère ainsi évacuer 20 tonnes d’eau par jour et atteindre les 10.000 tonnes à la mi-mai. Il en est à 2.400 tonnes depuis le début de l’opération, le 19 avril.

Tepco se prépare également à commencer ses opérations de pompage dans le tunnel qui va vers le réacteur n°3.

Par ailleurs, la nouvelle estimation de la quantité d’eau à évacuer est désormais, le temps passant, de 87.000 tonnes. D’ici la fin de l’année, l’opérateur estime que le total de la ou des fuites atteindra 200.000 tonnes. Un calcul qui sous-entend qu’il sait ne peut pas pouvoir la ou les colmater.

Enfin, des installations de décontamination devraient être installées début mai et commencer à fonctionner début juin. L’objectif sera alors de décontaminer 1.200 tonnes d’eau par jour.

Une filière globale devrait être progressivement en place, accréditant l’idée que l’opérateur ne peut pas reprendre le contrôle de la situation et doit se contenter de gérer au mieux les effets des incidents déjà enregistrés.

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Mise à jour n° 193 (vendredi 14h08)

Si le niveau de l’eau hautement contaminée baisse lentement dans les tranchées entre les réacteurs, par contre celui de la contamination croît, d’après les mesures divulguées par TEPCO.

En particulier, le niveau d’iode-131 augmente, ce qui pourrait résulter de la poursuite d’une activité de fission au sein du réacteur n°2 d’où provient l’eau, car sa demi-vie est de huit jours et le réacteur a été arrêté depuis le 11 mars dernier.

Une hypothèse émise est que des réactions de criticité se poursuivent au sein du réacteur n°2, qui ne sont pas stoppées par l’eau additionnée de bore qui est injectée.

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Mise à jour n° 192 (vendredi 12h02)

L’opérateur tente de prévenir les effets d’un nouveau cataclysme possible : typhon, tremblement de terre et tsunami.

Dans l’état où la centrale se trouve, celui-ci serait dévastateur, pouvant aboutir à la destruction accrue des bâtiments des réacteurs, des nouvelles installations de stockage de l’eau contaminée, ainsi qu’à la rupture de piscines ou d’enceintes de confinement. Dans tous les cas, il pourrait en résulter des rejets radioactifs massifs.

Les moyens sont comme d’habitude dérisoires. Pour contenir un tsunami, un mur de sacs de sable va être élevé en bord de mer, priorité étant donnée à la zone où se trouve le réservoir où est stockée l’eau hautement contaminée en cours de pompage. Conscient de la fragilité extrême de ce rempart, Tepco voudrait installer un brise-lame dans la mer.

Rien n’est communiqué à propos d’un possible renforcement des structures, celui-ci n’étant tout simplement pas envisageable dans les conditions de contamination actuelles.

La multiplication des projets de l’opérateur n’est que très partiellement suivie de leur concrétisation. Leur étude annoncée, nombre d’entre eux ne voient pas le jour.

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Mise à jour n° 191 (vendredi 11h43)

Tepco poursuit son délicat test de remplissage de l’enceinte de confinement du réacteur n°1, afin de parvenir à davantage le refroidir. La solution qui reste disponible, maintenant que les autres aient du être abandonnées faute de pouvoir être réalisées.

Le débit d’injection d’eau a été partiellement augmenté, en vue de recouvrir totalement les barres de combustible, en juillet prochain. Pour l’instant, la température décroît et la pression reste globalement constante.

Les injections d’azote se poursuivent en parallèle, afin d’éviter une explosion d’hydrogène. Mais un autre danger pourrait provenir de la structure de l’enceinte de confinement, soumise à la pression interne d’une masse d’eau de plus en plus importante. Scrutée, l’apparition de fuites est redoutée, signal précurseur si ce n’est tardif d’une fragilisation accrue et d’une possible rupture.

Après calculs, Tepco a annoncé que la piscine du réacteur n°4 ne fuyait pas finalement, la diminution du niveau de l’eau résultant de son évaporation en raison de sa température.

Précise dans certains domaines (niveau de l’eau contaminée dans les tranchées, par exemple, ou bien baisse de la contamination de l’eau de mer aux abords de la centrale), la communication de l’opérateur l’est nettement moins au fur et à mesure que l’on s’approche des réacteurs.

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Mise à jour n° 190 (mercredi 01h00)

La centrale ressemble de plus en plus à une passoire.

La liste des fuites suspectées s’allonge, nécessitant de nouvelles inspections internes des robots avant de lancer l’opération de remplissage de l’enceinte de confinement du réacteur n°1. Les points d’entrée des câbles électriques pourraient en être le lieu.

Il est également craint une fuite dans la piscine du réacteur n°4, qui apparaît de plus en plus certaine d’après l’opérateur.

Ces nouvelles découvertes interviennent alors qu’une fuite a déjà été détectée dans le réacteur n°2, avec les conséquences que l’on connaît.

Colmater les fuites de l’enceinte de confinement – si elles sont confirmées – sera un préalable à son remplissage. Y procéder une nouvelle question difficile à résoudre vu la radioactivité régnant à l’intérieur du bâtiment.

L’opérateur continue de s’enliser dans un enchaînement de problèmes.

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Mise à jour n° 189 (mardi 11h05)

La course de vitesse se poursuit. Tout à ses efforts d’évacuation de l’eau contaminée du site, l’opérateur continue de scruter centimètre par centimètre l’évolution de son niveau dans les différentes tranchées qui joignent entre eux les réacteurs, ainsi que celui de sa contamination.

Des deux points de vue, la situation semble stationnaire auprès du réacteur n°2, là où elle est pompée et la plus fortement contaminée. Par contre, les cotes d’alerte fixées par Tepco elle-même sont dépassées dans les abords des réacteurs n°3 et 4, où les niveaux d’eau et de contamination montent régulièrement, sans que les opérations de pompage puissent commencer faute d’installation de stockage disponibles. Laissant pour l’instant l’opérateur sans autre ressource que de continuer à observer la progression des eaux contaminées, au risque d’un débordement ultérieur des tranchées à l’air libre où elles circulent.

Tepco poursuit ses plans d’inondation pour mi-juillet des enceintes de confinement des réacteurs n°1 et 3, afin d’assurer le noyage intégral des barres de combustible au sein de leurs cuves. Il est prévu d’augmenter progressivement le débit d’injection d’eau de 6 à 14 tonnes d’eau par heure, tout en surveillant grâce à des robots entrés dans le bâtiment l’apparition d’éventuelles fuites sur les enceintes de confinement, signe d’efforts trop intenses imposés à la structure. Autre course de vitesse en perspective: pour accroître le niveau d’eau, il faut remplir l’enceinte d’eau plus vite qu’elle ne s’évapore en raison de la température.

Autre exercice très incertain, car l’apparition de fuites pourra être un signal trop tardif, l’opérateur ne pouvant que diminuer le débit si celles-ci sont constatées. Mais quelle autre méthode employer ? Les autorités de sûreté japonaises ont demandé à Tepco de prioritairement s’assurer que les enceintes de confinement pourront dans ces nouvelles conditions de pression interne accrue (et dépassant les normes des constructeurs très probablement) résister à de nouvelles secousses sismiques, sans assortir cette consigne d’une préconisation méthodologique…

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SCÉNARIOS POUR FUKUSHIMA, par François Leclerc

Billet invité.

La multiplication des mesures annoncées au fil des jours par Tepco – pour certaines abandonnées avant même d’avoir été exécutées – met en évidence l’accumulation et l’imbrication des difficultés que l’opérateur rencontre pour mener à bien ses tentatives de reprise en main de la situation. Ainsi que les contradictions dans lesquelles il se trouve concrètement placé.

Le tableau ainsi tracé illustre les dangers de la longue dérive de la catastrophe qui se poursuit. Elle reste difficilement maîtrisée, du bout des doigts, sans garantie pour la suite. Prenant l’aspect d’une sorte de glissade vers l’inconnu et laissant en suspens planer le risque de très importants rejets radioactifs, si la piscine n°4 venait à s’effondrer ou une enceinte de confinement à finalement se briser. La stabilisation de la situation qui est intervenue est donc très relative. Fukushima est décidément une catastrophe de troisième type: une catastrophe rampante.

Il est peu probable que les nouvelles explorations des bâtiments des réacteurs par des robots japonais – plus aptes à franchir les obstacles que les précédents – aboutisse à la conclusion que des interventions humaines seront dans un proche avenir possibles. Une conclusion qui va mettre en cause toute perspective d’amélioration du système palliatif actuel de refroidissement des installations, notoirement insuffisant, contribuant aux énormes difficultés rencontrées, qui ne manquent déjà pas.

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COMBATTRE LA SPÉCULATION SUR LES MATIÈRES PREMIÈRES

Extrait d’un éditorial du Financial Times, daté du 15 avril :

« Il n’y a pas grand-chose que les nations puissent faire individuellement pour combattre ces problèmes – il n’y a pas grand-chose non plus qui puisse les inciter à le faire. […] les coûts entraînés par l’existence de marchés monopolistiques sont supportés par les consommateurs du monde entier, ce qui permet aux gouvernements d’ignorer plus aisément les conséquences négatives de regroupements [de marchands] à l’intérieur de leurs frontières, et tout particulièrement lorsque les compagnies en question leur prodiguent les encouragements adéquats. […] Ceci signifie qu’une action concertée supranationale est requise. […] Il n’existe pas de régulateur global capable de constituer un contrepoids au pouvoir marchand que les compagnies privées ont su accumuler. […] Le G20 constitue le forum approprié ».

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MARIE-FRANCE PISIER (1944 – 2011)

On l’a vue partout : partout où ça comptait. C’était elle Colette, dans Antoine et Colette de Truffaut en 1962, et elle retrouvera Antoine en 1968 dans Baisers volés, puis en 1979 dans L’amour en fuite. Elle était dans Trans-Europe-Express d’Alain Robbe-Grillet en 1967, dans Le Fantôme de la liberté de Luis Buñuel en 1974, et la même année, dans le délicieux Céline et Julie vont en bateau de Jacques Rivette (une pensée émue pour la grande Juliet Berto). Dans Barocco d’André Téchiné en 1976. Et, et, et… et je pourrais continuer presque à l’infini, enfin jusqu’en 2011.

On apprend la mort d’un artiste ou d’une artiste et on dit : « Ah ! je l’aimais beaucoup ! », ce qui est vrai, et on retourne vaquer à ses affaire. Parfois – on ne sait pas pourquoi, c’est différent – on entend la nouvelle, et on pleure.

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FUKUSHIMA : premières leçons, par François Leclerc

Billet invité.

Une enquête du Wall Street Journal revient sur les événements intervenus au tout début de la catastrophe, les 11 et 12 mars derniers, et éclaire les circonstances dans lesquelles est intervenue l’explosion d’hydrogène qui a ravagé le bâtiment du réacteur n°1, projeté des débris radioactifs sur tout le site et lâché dans l’atmosphère une très importante contamination radioactive.

Il a été déjà largement noté que Tepco, l’opérateur privé, avait tardé à inonder d’eau de mer les réacteurs, solution de dernier ressort quand les systèmes de refroidissement ne fonctionnent plus. En le mettant sur le compte de sa volonté de ne pas irrémédiablement condamner les installations et de préserver son investissement financier.

L’enquête du journal fait apparaître que la décision de « purger » le réacteur de l’hydrogène qui s’y était accumulé suite à la surchauffe du combustible, en relâchant des gaz contaminés dans l’atmosphère, a été elle aussi tardive. La procédure japonaise en vigueur imposant de demander auparavant l’autorisation aux autorités, étant donné ses conséquences pour l’environnement. Le président de la compagnie devant préalablement être averti. Une chaîne de commandement qui n’existe pas aux Etats-Unis, les ingénieurs en salle de contrôle étant décisionnaires dans l’urgence.

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L’OUBLI DE LA SOCIÉTÉ EST PRODUIT PAR L’IDÉOLOGIE DE L’INDIVIDUALISME LIBÉRAL, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Le découragement et la passivité qui s’expriment dans la crise relèvent d’un conflit de rationalité. La rationalité financière a pour finalité la maximisation de la plus-value par la spéculation sur le prix en monnaie. La rationalité non-financière a pour finalité un bien-être humain non monétisable dont l’objet est devenu sans rapport avec les objets économiques abstraits sous-jacents aux prix de la finance. L’objet du bien-être humain n’étant pas jugé monétisable puisque la monnaie est captée par la spéculation financière, il en résulte que ce bien-être ne peut plus facilement se verbaliser, s’échanger et se partager. Il est donc dissipé par la spéculation financière qui fixe l’appréciation de toute chose. Le langage et la raison n’existent plus hors de la spéculation financière. Hors de l’objet financier motif du prix, les hommes ne croient plus qu’ils puissent être personnellement sujets de l’existence d’une rationalité. L’aliénation humaine dans la spéculation est totale et irrémédiable.

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YOUN SUN NAH

Il y a des critiques qui sont tellement vachardes qu’on se dit après les avoir lues, que ce dont elles parlent doit vraiment être très bien. Cela vient de m’arriver, à la lecture d’un article dans Le Monde : « L et Youn Sun Nah, deux chanteuses pas très convaincantes » :

« …Youn Sun Nah en fait trop, épuisante de virtuosité. Sur la forme, le principe est un peu répétitif. Elle pose, avec le guitariste Ulf Wakenius la mélodie, qu’elle double de la voix, sans louper un quart de ton, une quintuple croche. Puis les deux improvisent. Dans la vitesse la plupart du temps. Et même sur tempo lent ils en mettent partout. C’est bluffant au premier abord. Puis assommant. Du jazz, elle oublie le nécessaire swing et la fantaisie ».

Le critique s’appelle Sylvain Siclier. La virtuosité l’épuise, la musique l’assomme.

Allez, en prime, pour un samedi matin. Par simple masochisme, bien entendu.

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LE JEU N’EN VAUT PAS LA CHANDELLE !, par François Leclerc

Billet invité.

Très précaire, une stabilisation de la situation semble pouvoir se dessiner sur le site de Fukushima Daiichi, ouvrant – si de nouveaux incidents majeurs n’interviennent pas – une longue période de plusieurs mois de difficiles et intensifs travaux aux résultats incertains. Ce qui s’en suivrait n’étant même pas encore annoncé.

L’objectif assigné par le gouvernement est de circonscrire et limiter au maximum les émissions radioactives de la centrale, dans la mer, le sol et l’atmosphère. Dans l’immédiat, Tepco s’efforce de rendre moins dangereux la poursuite des travaux par les ouvriers. Tout ceci est loin d’être atteint et reste un premier sujet d’incertitude.

Une deuxième inconnue subsiste – à la suite des premières explorations des bâtiments des réacteurs par des robots – quant à la possibilité d’interventions humaines en leur sein. Si cela se révélait impraticable, cela mettrait probablement en cause le projet d’installation de circuits parallèles de refroidissement des réacteurs et des piscines, puisque le rétablissement du dispositif d’origine est désormais écarté.

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DEUX ENTRETIENS sur iFinance

Interview Paul JORION : Bâle 3 et la réglementation financière

Bâle 3 occupe énormément l’actualité financière. Certains y voient une réforme de circonstance au regard de la crise financière que l’on a traversée. Est-ce à dire qu’il ne s’agit là que d’une réforme a posteriori, une réforme déjà insuffisante ?

Concernant Bâle 3, la question est celle des réserves. Le problème est qu’elles sont calculées par rapport à des situations historiques. Des situations de stress, de worst case scenario par rapport auxquels on se situe. Malheureusement, et comme le mentionne mon homonyme Philippe JORION, spécialiste sur la VaR (Value at Risk), c’est une technique maintenant tout à fait dévalorisée : on s’est rendu compte que lorsque les choses vont mal, elles ne vont en général pas mal de la même manière qu’avant. Il existe toujours une certaine « originalité ». Si l’on compare la crise de 2007-2008 avec celle de 1929, il y a bien évidemment des ressemblances mais aussi de très grandes différences. On a attiré l’attention sur le fait qu’on utilise souvent les mauvaises distributions statistiques. Les interactions humaines font que celles relatives aux conséquences de leurs comportements varient. Il n’existe aucune stabilité car nous apprenons, car nous sommes des êtres intelligents. D’où la possibilité de nous adapter à des situations connues, mais celle aussi de méjuger dans un contexte nouveau.

(La suite ici…)

Interview Paul JORION : dette, banques et agences de notation

Autre sujet d’actualité : la crise de la dette souveraine. On a pu voir l’ensemble des « PIGS » (1), le Portugal étant le dernier en date, demander l’aide de l’Union Européenne. Selon vous, quelles sont les issues possibles (on parle de défauts de paiement de certains pays) et les solutions envisageables afin de gérer au mieux cette crise ?

Depuis 2008, on n’a pas reconnu les pertes car on sait qu’une partie trop considérable du secteur bancaire serait en défaut de paiement / insolvabilité. Il arrivera un jour où il faudra restructurer la dette du Portugal, ce qui fera tomber l’Espagne, puis l’Allemagne, puis la France et ainsi de suite. On ne le fait pas car l’on est en ce moment dans un processus dit de surfusion : on arrive à faire baisser la température sans que l’eau gèle car on se maintient dans un environnement tout à fait protégé. C’est un processus critique néanmoins : la situation n’est que temporaire, il arrivera un moment où il faudra reconnaître les pertes. Pour l’heure on ne le souhaite pas car depuis le début de la crise, on s’est arrangé pour que le secteur bancaire ne reconnaisse aucune des pertes réellement subies.

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