LES GRANDS QUI JOUENT AVEC DES ALLUMETTES

7 avril 2011 par Paul Jorion | Print LES GRANDS QUI JOUENT AVEC DES ALLUMETTES

Regardez bien la vidéo ci-dessus. On y voit un président américain expliquant, sur un ton grave et posé, qu’une crise à l’échelle planétaire est en train de se dérouler et quelles sont les mesures qui ont été prises pour y parer. Il dit aussi quelles sont les erreurs qui ont été faites et, un peu plus tard dans le film (Deep Impact), il ne cachera pas que la crise s’est encore tragiquement aggravée.

Regardez bien cette vidéo parce que les événements des derniers jours nous convainquent que cela ne peut se passer qu’au cinéma. C’est Hollywood, braves gens ! C’est de la fiction pure et simple, ce n’est pas comme cela que les choses se passent. Ce qui se passe dans la réalité, c’est l’omerta, ce sont des communiqués qui travestissent ce que ceux qui les rédigent savent pertinemment. Ce sont des autorités qui affirment, comme à Tokyo récemment, que les prévisions du temps, finalement, c’est très surfait : il vaut beaucoup mieux constater au moment-même s’il pleut ou s’il fait beau temps.

Ce que nous savons en ce moment sur l’évolution de la situation dans le complexe nucléaire de Fukushima, c’est essentiellement par des fuites, grâce à des personnes qui transmettent à des journalistes des rapports qui circulent secrètement et qui contredisent de manière flagrante ce que les dirigeants des entreprises où ces rapports sont produits, déclarent en public.

Les auteurs de fuites, ceux qu’on appelle whistleblowers en anglais, ceux qui soufflent dans le sifflet d’alarme, s’exposent à perdre leur emploi, s’exposent à des poursuites, et comme on l’a découvert récemment dans l’affaire HBGary, s’exposent à ce que les autorités se tournent vers des officines dites de sécurité, mais en réalité de renseignement et de désinformation, pour salir leur réputation.

La théorie du complot est en général l’explication de l’ignorant. Elle constitue la peste pour les démocraties. Les gouvernements qui, par un paternalisme mal placé, « parce que les gens s’inquiéteraient sans motif », complotent délibérément sous nos yeux, avec la complicité d’entreprises stratégiques qui ont elles la possibilité de s’informer, banalisent la théorie du complot en apportant la preuve que, dans certains cas, elle est non seulement l’hypothèse la plus plausible mais surtout, la véritable explication.

Le secret dans la gestion des affaires est de mauvaise politique déjà en temps normal. Il l’est encore davantage dans un contexte où, pour ne pas reconnaître l’insolvabilité du secteur bancaire international, on tente de convaincre les citoyens ordinaires – les pas riches – que leurs misères actuelles sont dues au fait qu’ils ont vécu au-dessus de leurs moyens. Le mensonge et la dissimulation peuvent eux aussi atteindre des seuils critiques. 

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155 commentaires

  1. fnur

    J’ai été un whistleblower, ça a faillit me coûter très cher, mais ça m’a coûté quand même 14000 euros de frais d’avocats. J’ai réussit à rendre les opérations transparentes sur le plan financier. Mais je n’ai pas pu résoudre toutes les nuisances que j’avais dénoncées. Ce que j’ai en revanche constaté, c’est la malhonnêteté et la lâcheté de beaucoup, pas que celle des puissants.

    • atanguy

      @fnur
      Vous n’êtes pas le seul, si ça peut vous consoler:
      Vous vous souvenez peut-être de l’affaire de la liste des évades fiscaux fournie à la France par Hervé Falciani, un ancien employé de HSBC. Le 29 août 2009,Eric Woerth, alors ministre du Budget, avait promis que si les détenteurs de ces comptes suisses ne régularisaient pas, ils seraient poursuivis. Que s’est il passé depuis? Un arrêt de justice recent couvre les détenteurs de ces comptes car leur nom et numéro de compte ont été dévoilés a la suite d’un vol… Fin janvier,Un juge de Nice, un peu trop curieux sur les suites de cette affaire, Montgolfier a été dessaisi du dossier.Et Falciani et sa famille doivent se cacher pour eviter les represailles.
      Voir: arretsurimages.net – le 07/04/2011

      • j.Gorban

        on nous aurait menti ?

        tiens ça me fait penser au médiator : les malades vont être indemnisés par l’état qui se retrounera contre servier ………………. un jour ……………….

        elle est pas belle la vie de milliardaire ( servier a une fortune estimé de plus de 3 milliards en 2009 ( Challenges )

      • vigneron

        @j.Gorban

        Servier ? Oui, 8 ou 9éme fortune de France avant l’affaire.Sa boite a dû perdre pas mal de valeur et sa fortune avec.

  2. Paul-émile

    Très heureux de vous voir enfin aborder ce que je considère être comme le fond du problème, même si vous l’abordez avec une très longue cuillère ce qui me semble parfaitement justifié compte tenu de la nature réelle de la question !

    • sounion

      Je pense comme vous. Je vais plus loin, je crains que nous vivions dans une civilisation du mensonge et que nous devions en sortir pour survivre.
      J’ai travaillé dans la communication, le principe de base était : ne pas évoquer, ne pas reconnaître un problème, si on n’a pas de solution à y apporter. La stratégie de communication dite de l’autruche est fort répandue. J’ai vu un patron tomber parce qu’en adoptant une autre tactique, il s’affaiblissait et prêtait le flanc à ceux qui voulaient sa place.
      Je crois que c’est vieux comme le monde. Cela relève de l’art de la guerre, un art essentiellement masculin.
      Les femmes, qui revendiquent l’imperfection, peuvent-elles avoir des comportements différents?

  3. Joan

    Dire la vérité aux gens, ou à tout le moins pratiquer la transparence ? Vous n’y pensez pas!
    Pourquoi affoler inutilement les gens: de toute façon soient ils sont passés au travers des gouttes, soient ils sont déjà contaminés et c’est trop tard. C’est tellement dur d’exercer le pouvoir, on est seul et on doit porter le poids de secrets abominables, pour éviter aux autres de se faire du mourron.
    Oui c’est bien les décideurs qu’il faut plaindre…

  4. edith

    C’est stupide de ma part, mais je n’ai jamais bien saisi ce que l’on entendait par « théorie du complot ».

    Bien sûr, il y a trois ou quatre ans, fleurissaient sur la toile des blogs apocalyptiques qui annonçaient qu’une crise économique mondiale allait nous tomber dessus, que la police allait être « privatisée », que les populations allaient être surveillées étroitement, qu’il y aurait des déstabilisations des sociétés à travers le monde, qu’on aurait des puces dans le bras, qu’une monnaie mondiale « l’améro » allait remplacer toutes les autres etc. etc.

    Ces sites étaient tellement bien faits qu’ils semblaient sortis tout droit des production d’hollywood, et ne marquaient que ceux qui ont besoin de « surnaturel ».

    Pour le reste, certaines des choses annoncées en grandes pompes, se sont produites, bon, nous en prenons acte.

    Est ce cela la théorie du complot ?

    • Kerjean

      sur les quatre premiers points, c’est effectivement arrivé. Un peu de patience pour le reste que diable.

    • Fredo

      Ben, on y est, non ?

    • pierrot123

      Est ce cela la théorie du complot ?

      Non…Le terme « Théorie du complot », en fait, sert à désigner ceux qui dénoncent la « Théorie du complot »…Pour les ridiculiser.
      Car il convient comme jamais de discréditer ceux qui tentent de voir, comprendre, et dire.

      J’ajoute que ce terme, à mon avis, ne correspond à aucune réalité.

      Ceux qui nous gouvernent et décident n’ont même pas besoin de « comploter »…Ils ne se cachent pas, bien au contraire…
      Ils se réunissent, de Davos en Bilderberg, en G20, et autres Dîners du Siècle, discutent très démocratiquement entre eux, et « tombent d’accord » sur la sauce à laquelle le Monde doit être mangé.
      Le point important, c’est qu’ils se gardent bien de nous tenir au courant de leurs objectifs…(Donc, après coup, ça ressemble bien à du complot, faut admettre…)

  5. Mensonge, dissimulation et information lénifiante forment un verre dépoli pour masquer les évènements susceptibles de faire réagir les citoyens. Il s’agit de les priver de points d’appui à la contestation. Cela vaut pour le nucléaire mais aussi la construction européenne, la guerre d’Algérie et tous les sujets dits « sensibles », c’est-à-dire importants. En revanche, s’agissant de ces musulmans qui « prient dans la rue » ou de ces lycéennes qui portent le voile, l’information et le « débat » sont plus que surabondants. Cela me fait dire que les politiques de la majorité sont les premiers responsables, car, s’ils voulaient que l’information importante circule, elle circulerait : les médias se faisant concurrence, il s’en trouverait toujours un pour publier ce qu’ils pourraient dire.

  6. jean

    La théorie du complot est en général l’explication de l’ignorant. [...] mais surtout, la véritable explication.

    bref l’ignorant c’est celui qui connait la véritable explication…

    pas facile d’admettre qu’en ne voulant pas entendre parler de complot on soit quand même obligé de constater qu’ils existent et font partie de l’explication… d’où ce paragraphe de contorsionniste.

    il était temps…

    • Noux

      ouais! il n’y a pas de mal à étayer toutes le pistes, au contraire, l’ombre n’est pas synonyme de clarté.

  7. dugast

    Donc être décideur exclu toute empathie jusqu’à expliquer de quoi il retourne ?
    Les gens sont prêts à tout entendre et à analyser, pour peu qu’ils soient considérés, et qu’ils reçoivent les bonnes informations, converties en langage compréhensible.
    Maintenant, ces gens, de par leur comportement moutonnier, paient cash leur inaction et leur manque d’engagement. Nous avons voté ou installé nos propres bourreaux.
    L’état de l’économie, de notre écosystème, les catastrophes qui s’empilent…
    … et toujours aucune révolte en Europe, pas un attentat, pas une occupation d’un centre vital… (quelques écoles primaires mais là c’est un peu tard)
    Le meilleur des mondes : celui de la peur autruchienne et du conformisme.
    Non, je trouve aisé d’exercer le pouvoir aujourd’hui, dans de telles conditions.

    • Bidouille

      Dans un monde où on a diabolisé la colère, où on l’a faite apparaître comme un infantilisme primaire au mieux, pour ne pas dire comme une maladie mentale…
      comment s’en étonner ?

  8. Perceval

    Lu dans Ouest France de ce matin (reprenant Les Echos: TOTAL n’a pas payé d’impôts sur les sociétés en 2010 et n’en paiera pas en 2011 non plus dénonce le député socialiste Jérôme Cahusac. L’entreprise bénéficie d’une niche fiscale: le régime du « bénéfice mondial consolidé ». Argument de la société TOTAL: ses filiales françaises ont perdu 16 millions d’€uros l’an dernier. (10 millliards d’€uros de bénéfice tout de même en 2010.

    Sortie du dernier roman de John Le Carré (auteur de « la constance du jardinier ») « Un traître à notre goût ». C’est toute l’histoire , celle du monde contemporain, né des décombres du mur de Berlin, dans l’espérance levée par la fin de la guerre froide, aujourd’hui essoré par la domination d’un capitalisme financier livré à lui-même… Selon Télérama.

    • LOLA

      Autre regard : non pas livré à lui-même, mais livré à la société civile telle un corps enfermé face à la bête dans dans l’arène

  9. allfeel

    @Joan
    Oui c’est très dur mais on s’y habitue vite, sauf quand on a une conscience, la c’est le suicide assuré , heureusement les responsables ont des nerfs d’aciers, ils ont été formés pour ça, ils savent se protéger grace à eux le nucléaire est rentable, des entreprises tournent et nous pouvons vivre dans l’insouciance en espérant que la recherche contre le cancer des prochaines années nous sauvera et que nous serons encore couverts socialement quand nous serons malade,ca fait beaucoup de si je sais mais comme on dit quand on saute d’avion sans parachute: « jusqu’ici tout va bien » Faisons confiance à nos dirigeants et responsables ils savent eux ce qui est bien pour nous, personne ne pouvait imaginer que la terre tremblerait au japon et qu’un tsunami endommagerais le système de refroidissement, c’est la faute a pas de chance…Et évacuer les zones a risques c’est trop compliqué, de toute manière on doit tous mourir un jour alors autant rester dans sa maison, manger sa salade irradiée, et boire son eau radioactive, c’est ce qu’on fait des habitants de Tchernobyl ils sont morts et alors?Un peu en avance c’est tout. Le pauvre dirigeant de tepco qui a été hospitalisé pour surmenage montre bien a quel point c’est difficile d’être dirigeant, n’ajoutons pas une injustice de plus à l’injustice de la situation, ayons une pensée émue pour tous ces dirigeants responsables, qui en sont réduit à dire que tout va aller de mieux en mieux et que la population ne risque rien, j’espère surtout qu’ils auront droit a un soutien psychologique de qualité et peut être aussi à des massages relaxants pour les aider à tenir le coup. C’est vrai c’est sans doute eux qui souffrent le plus actuellement… Merci Joan de nous le rappeler
    Des esprits chagrins verront une pointe d’ironie dans mon propos… Pas du tout!

    • Roland

      C’est du second degré sans doute?
      J’attendais la chute pour me prononcer mais celle ci est trop ambiguë pour juger.
      En suspens, donc…

  10. Je ne crois pas que « la théorie du complot » « constitue la peste pour les démocraties » : cela fait plutôt partie de leur manière de gouverner, parce que tout complot est voué à être discrédité par les uns et à servir de leurre pour les autres. Jamais personne n’est poursuivi ni même inquiété pour avoir propagé des fabulations de complot.

  11. Je suis assez effaré de voir la différence du traitement de l’information sur les dossiers libyen et Ivoirien entre la France et la Belgique. A 1/2h d’intervalle des JT proposent des visions différentes.

    Par exemple, bien que les forces aériennes belges soient (modestement) engagées en Libye, les médias commencent à analyser comment nos opinions publiques ont été manipulées, comment elles ont appelé à l’intervention armée avant de réaliser qu’on ne protégeait pas vraiment la population civile du méchant (ou fou) Khadaffi mais qu’on soutenait une révolte bientôt dévoyée en coup d’Etat avec des ministres et des généraux putshistes d’un côté et des ministres, généraux (et fils) fidèles de l’autre.
    Si cela passe comme espéré (mais cela ne semble pas aller aussi bien que cela…) l’Occident sera débarrassé de l’encombrant Khadaffi mais le peuple libyen risque fort de se retrouver affublé de nouveaux despotes fort semblables aux précédents.
    Et avec ce soutien et engagement qui se donne un faux air de neutralité, les gens continuent à mourir dans les deux camps.
    Certes, il n’y a dans ce cas que de moins mauvaises solutions mais le Président va-t-en-guerre qui préside aux destinées de la France donne une image militariste et néo-colonialiste d’une nation que l’on croyait débarrassée de ces miasmes des XIXème et XXème siècles.

    • M

      « opinion publique » ne veut rien dire …n’existe pas …est un leurre …est le fruit de pseudo-sondages trafiqués …( quand on voit que c’est « sauce blanche » qui fût promu par l’opération du saint-esprit « diplomate » sur ce coup, et a pris unilatéralement la décision : il y avait de quoi avoir qq doutes !)
      la presse, en France n’est plus libre…heureusement que nos amis Belges tiennent encore le cap !

      • M
        Ce sont non seulement les sondages que l’on trafique mais la perception du réel qu’ont les gens. Pour ce qui est de ce qui se passe en Libye, seuls les médias nous informent et l’on jugera avec quelque recul quelle manipulation a été réalisée pour entrainer l’adhésion du public occidental à l’intervention militaire. Même le Conseil des Nations Unies s’est fait blouser… alors…
        Et pourtant les militaires qui sont de grands enfants nous avaient fait passer le message sous forme codée: l’opération s’appelle « Aube de l’Odysée ». Or, l’aube de l’Odyssée, c’est le crépuscule de l’Illiade… qui se termine par l’invasion de Troie par le subterfuge du célèbre cheval. Ici c’est la Libye qui joue le rôle de Troie et les frappes ciblées contre les « armes de destruction massive du colonel » qui jouent le rôle du cheval.
        Est-ce que les militaires seraient retors au point de nous avertir qu’après l’aube, ils iront vers d’autres étapes du périple d’Ulysse? A la place des Lotophages (ile de Djerba en Tunisie selon les historiens), je me méfierais…

    • Ando

      Lexique médiatique de la guerre de Libye

      http://www.acrimed.org/article3561.html

  12. sylvie dubier

    Merci Monsieur Jorion !
    Il y a longtemps que j’attendais sur ce blog une déclaration de cette teneur !
    Cette « théorie du complot » arrange beaucoup de monde, et permet des amalgames qui finissent par broyer toute tentative de réaction, d’où qu’elle vienne.

  13. Marlowe

    Les théories du complot sont mensongères, c’est leur nature, et c’est ainsi qu’en font usage ceux qui s’en servent.
    Il n’est pas besoin de revenir sur les plus célèbres d’entre elles pour comprendre leur vraie nature. Cette nature consiste à travestir la vérité pour désigner aux imbéciles et aux naïfs de faux coupables.
    Il existe cependant, comme l’a montré Maurice Joly, dans son dialogue aux enfers entre Montesquieu et Machiavel, un complot permanent occulte pour conserver le rapport des forces agissant dans la société en faveur de la classe dominante.
    Le complot n’est pas dans le renversement de l’existant mais dans son soutien.
    Ce qui advient n’est pas le résultat d’un complot, mais d’un rapport de forces.

    • methode

      Le complot n’est pas dans le renversement de l’existant mais dans son soutien

      … dans cette culture du mépris, du dégoût et même de la haine du petit peuple. dans une dizaine d’écoles enseignants aux futurs élites que l’on gouverne contre le petit peuple et non avec, relayées par toute une culture d’entreprise et une petite caste médiatique sûr d’elle-même.

      … la chose la plus Saugrenue pour eux c’est l’éducation des petites gens, la pensée libre, l’autonomie, la créativité d’en bas. ça les déroute et brise leurs repères douillets, ça les effraie au point d’œuvrer à détruire toute volonté de bien public par l’état pour se voir confirmés dans leurs « politiques ».

      … diviser, dissimuler, abrutir, par l’alcool, par l’opium, pour mieux régner, pour mieux « administrer ».

      … il faut dire que pour ces gens-là, et pendant bien longtemps, les femmes n’avaient pas d’âme.

      • Marlowe

        En ce qui concerne l’âme, je ne suis pas persuadé que Marlowe en ait une.
        Il tente, avec ses pauvres moyens, et comme d’autres, d’avoir un peu d’esprit.

      • vigneron

        … il faut dire que pour ces gens-là, et pendant bien longtemps, les femmes n’avaient pas d’âme.

        V’là aut’ chose ! Les légendes qu’on colporte sans vergogne depuis des siècles et des siècles… contre toute évidence bien sûr et qui plus est…

        Wiki :

        Selon une légende vivace, des évêques auraient discuté fort sérieusement de l’existence de l’âme des femmes lors d’un concile. Pour les uns, la question aurait été évoquée lors du concile de Trente (1545), pour d’autres versions de cette légende, au vie siècle lors du second concile de Mâcon. Le concile en question n’aurait reconnu l’existence de l’âme des femmes qu’à une majorité de trois voix (ou d’une seule suivant d’autres sources).
        Un tel débat n’a jamais eu lieu, les femmes ayant été baptisées aussi bien que les hommes dès les origines de la chrétienté, voire martyres pour cette raison, comme Blandine de Lyon. Cette légende puise son origine dans une controverse linguistique qui eut lieu lors du deuxième concile de Mâcon en 585.

      • methode

        arf vigneron, vous mégotez, et je ne vous demanderais pas pourquoi.

        la version originale parlait des femmes comme marchandise et butin, de la chasse aux sorcières. ou du bois d’ébène, pour lequel il est possible de rapporter les registres nantais et bordelais d’époque.

      • vigneron

        @méthode

        Je réitère. Et je n’appelle pas cela mégoter. Et, avec explication, je n’ai lu nulle « version originale » de ce qui vous a amené à cette conclusion grotesque. Aurait-ce été le cas, elle n’en aurait pourtant pas été moins grotesque. Sauf à considérer que cette légende ait été le fruit d’un complot machiavélique destiné à instiller le doute sur l’existence de l’âme de la femme et à justifier par la bande l’oppression et les persécutions dont elles furent victimes, avec d’autres. Mais là on entre allègrement dans le domaine du délire, peu éloigné des champs d’action de certains de vos sites chéris…

      • methodiste

        ça ne prendra pas. et que si vous mégotez.

        Sauf à considérer que cette légende ait été le fruit d’un complot machiavélique destiné à instiller le doute sur l’existence de l’âme de la femme et à justifier par la bande l’oppression et les persécutions dont elles furent victimes, avec d’autres.

        je vous laisse la paternité de vos élucubrations machiavéliques.

        il n’y a pas, à mon sens, d’amalgame à faire entre la doctrine catholique et l’ambiance qui régnait dans les alcôves des basiliques romaines, entre ces braves messieurs mitrés. ni même entre l’enseignement du christ et la misogynie rentrée des apôtres envers myriam de magdala sa confidente, à l’évangile apocryphe (mais édité). tout cela vous le savez bien.

        les faits:
        vous aimez le wiki,

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Chasse_aux_sorci%C3%A8res#Ce_que_la_soci.C3.A9t.C3.A9_reproche_aux_sorci.C3.A8res_et_sorciers

        En Europe, à partir du XIIe siècle, l’Église catholique a lancé une chasse aux pratiques magiques (sorcellerie). Cette campagne et les persécutions qui s’ensuivirent, essentiellement tournées vers les femmes, se poursuivront avec des hauts et des bas jusqu’à la fin du XVIIIe siècle (avec un pic entre 1580 et 1630), faisant au total à travers les siècles un nombre considérable de victimes (On estime le nombre de procès à 100 000 et le nombre d’exécutions à 50 000. La dernière sorcière à être condamnée fut Anna Göldin, en 1782 dans le canton protestant de Glaris, Suisse)1. Pourtant, d’autres historiens (Barstow) multiplieraient ces derniers chiffres par deux au moins : 200 000 d’accusations, et 100 000 d’exécutions.

        au passage il y a des parallèles intéressants à établir avec les sacrifices d’humains aztèques, en changeant la perspective…

        on ne va pas refaire l’histoire des écueils du patriarcat ‘almighty’ en europe ou ailleurs, parce qu’à vrai dire j’aurais modestement préféré vous voir disserter sur cette culture du mépris du petit peuple, culture de caste, de classe, instillée dès la plus tendre enfance à la jeunesse dorée. le sujet de mon post à conclusion litigieuse et lapidaire, c’est bien de pointer ce qui fait obstacle à la redistribution équitable des richesses.

      • blandine keller

        pour ces gens-là, et pendant bien longtemps, les femmes n’avaient pas d’âme.
        étant donné le propos de methode dans son commentaire, cette formulation est peut-être une manière de dire que le système a crée une autre division du genre humain en opposant femmes et hommes, en donnant un caractère essentialiste à ce qui n’est au départ qu’une division des tâches dans la reproduction de l’espèce et les nécessités de sa survie. En parlant d’évêques methode se souvient sans doûte du rôle actif que l’Eglise a joué dans ce processus au XII° siècle lors de l’institution du célibat des prêtres et de la création du sacrement du mariage. Pour des raisons qui n’ont rien de spirituel ni de religieux, pour se doter d’un patrimoine matériel dont la constitution était freinée par le droit à l’héritage des enfants des prêtres qui vivaient alors comme tout le monde en famille, l’Eglise a institué le célibat des prêtres. Pour faire accepter cette violence faite aux membres du clergé une intense campagne de dénigrement de la femme fut entreprise : la présence d’un être inspiré par le démon (cf Eve la tentatrice) ne pouvait être tolérée plus longtemps auprès de ceux qui avaient en charge le salut de leurs ouailles ! On trouve des exemples de sermons et de lettres pastorales rédigés dans ce but dans le tome Le Moyen Age de l’Histoire des femmes de Georges Duby et Michelle Perrot (Plon, 1990-1991, réédité depuis en poche) On y trouve également les récits pathétiques d’ histoires d’amours brisées à cause de l’invention, toujours au XII° siècle, du sacrement du mariage, la famille devenant elle aussi une institution où il fallait pouvoir accumuler du patrimoine sans avoir à le diviser entre enfants légitimes et naturels ! Jusqu’alors, la rellgion chrétienne n’ayant pas pu éradiquer complètement la conception païenne de la sexualité, une certaine liberté de moeurs subsistait, à la quelle il fut mis fin brutalement.
        Sur le christianisme naissant et son rôle, déjà, dans la répression de la sexualité, voir Eric Stemmelen, La religion des seigneurs, Michalon, 2010. Selon cet auteur, il y a eu davantage de victimes du fait de la violence d’état faite aux paîens défendant leurs cultes, que de martyrs chrétiens . Leur légende a été construite ensuite, par une réécriture de l’histoire légitimant le monothéiste chrétien comme « religion d’amour » victime des adorateurs d’idoles.
        En dépit de cette histoire manipulatrice, on ne peut que se réjouir quand cette religion inspire à ses croyants des initiatives comme celles dont Paul nous a fait part hier, ces universitaires chrétiens réclamant une finance au service du bien commun…Même si dans le conseil qui dirige L’observatoire de la finance d’où émane leur appel, ne figure aucune femme !

    • nol

      Heu….donc il y aurait « complots »…et « complots » ? Eclairez-moi , svp…

  14. Reiichido

    « Ce que nous savons en ce moment sur l’évolution de la situation dans le complexe nucléaire de Fukushima, c’est essentiellement par des fuites, grâce à des personnes qui transmettent à des journalistes des rapports qui circulent secrètement et qui contredisent de manière flagrante ce que les dirigeants des entreprises où ces rapports sont produits, déclarent en public. »

    Oui, certainement. Les fuites sont d’ailleurs sorties par des whisleblower comme l’IRSN, l’AIEA, voire le site de TEPCO…

    http://www.tepco.co.jp/en/press/corp-com/release/11040705-e.html
    http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20110406_seisme-japon-point-situation-6-avril.aspx

    Ces points de situation sont très clairement à jour. Quel est le fait qui d’aprés vous, ne serait pas présent dans ces points mais sortis par les courageux auteurs des fuites ? Si vous pensez par exemple aux rapports AREVA qui circulent en ce moment, pour connaître le rédacteur, il faut bien considérer que ce ne sont que des estimations…

    Sinon, en rapport avec votre billet:

    Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes
    Parce que Messieurs quand on le laisse seul
    Le monde mental Messssieurs
    N’est pas du tout brillant
    Et sitôt qu’il est seul
    Travaille arbitrairement
    S’érigeant pour soi-même
    Et soi-disant généreusement en l’honneur des travailleurs du bâtiment
    Un auto-monument
    Répétons-le Messssssieurs
    Quand on le laisse seul
    Le monde mental
    Ment
    Monumentalement

    Prévert, Paroles

    • Reiichido

      Plus je relis votre texte et plus je le trouve excessif. « essentiellement par des fuites »…

      Quand je mélange à ça les analyses légères (pas de votre fait, certes) sur la mécanique quantique, j’en viens à me demander -mais c’est subjectif- avec quelle rigueur les autres sujets sont traités. Un peu comme lorsque je vois l’ampleur des absurdités physiques dans les articles de journaux.

      Mais je continuerai à vous lire avec grand intérêt malgré tout.

      • edith

        Vous voulez sans doute nous donner un exemple de ce que pourrait être une tentative de décrédibilisation ?

        Oui, c’est pas mal, merci.

      • Reiichido

        Non non. Je le pense.

        Sérieusement, comment dire que les informations que l’on a sur Fukushima sont dûes « essentiellement à des fuites » ? Une petite partie à la rigueur, dire que les versions des autorités sont parcellaires, à la limite, mais « essentiellement à des fuites » ?? Ca me semble gros.

        Et la suite du billet étant la conséquence logique de cet axiome, si cet axiome perd en puissance il entraîne forcément le reste du billet avec lui.

        C’est pour ça que, respectant profondément l’auteur de ce blog, j’aimerais qu’il me donne des éléments factuels pour au moins comprendre comment il s’est forgé cette opinion. Pas être d’accord, mais comprendre. Peut-être que je suis passé à coté d’informations ?

        Mais ceci dit, c’est le premier billet (surtout les commentaires) qui me fait comprendre la chose suivante. En fait, on peut appliquer aux blogs l’argument que Paul employait pour critiquer la mainmise des experts sur leur domaine: la consanguinité.

        Les blogs attirent dans un premier temps des gens aux idées diverses. Puis, le temps passant, se fait une ségrégation des opinions. Ca ne relève pas (au moins pour la pluaprt des gens) d’une attitude consciente. Deux mécanismes:
        – Il est difficile, presque douloureux physiquement, de lire des gens exposer des opinions contraires aux nôtres. Et donc les gens n’ayant pas les idées de l’auteur, et n’étant pas des trolls, partent d’eux-mêmes petit-à-petit. Ceux qui restent, en minorité, ont tendance à avoir une position qui se radicalise.
        – Et il est difficile de respecter, lorsqu’on est en position de force, les idées vraiment différentes des nôtres. On a tendance à répondre de manière lapidaire et -parfois- agressive (cf supra). Et donc, se crée une pression négative qui repousse les intervenants ayant des idées différentes.
        Et cette consanguinité attire infailliblement un sentiment de supériorité et, partant, l’incapacité de remettre en cause sa pensée. A partir de là, c’est un processus auto-entretenu à créer de la certitude.

        J’ai constaté ça sur ce blog, que je suis depuis les débuts (avant la crise !). Même quand un billet commence par des propos hétérodoxes, c’est pour mieux se faire démonter dans le reste du billet. J’ai constaté ça sur le site d’arrêt sur images. J’ai constaté ça sur rue 89, sur le figaro. J’ai constaté ça dans le milieu du nucléaire. Chez Greenpeace aussi.

        Décidemment, « l’opiniogénèse » est très pathologique chez le sapiens-sapiens…

      • edith

        @Reiichido

        Concernant les informations sur Fukushima, il en est d’autres du même jour qui sont plus détaillées que celles dont vous donnez le lien et pour le même jour (IRSN), notamment celle-ci

        Fukushima: fuite d’eau colmatée, mais risque d’explosion
        L’Expansion.com avec AFP – publié le 06/04/2011 à 08:35
        Tepco est parvenu à stopper la fuite d’eau radioactive qui se déversait dans l’océan. Mais l’opérateur de la centrale de Fukushima se prépare désormais à un risque de nouvelle explosion liée à l’accumulation d’hydrogène dans le réacteur. Il devrait injecter de l’azote dans le réacteur 1.

        Voir le site :
        http://paul-keirn.over-blog.com/article-kushima-actu-info-live-suivi-on-line-natures-paul-keirn-71109239.html

        Concernant les informations « non officielles », elles existent c’est vrai, mais vous vous doutez bien que Paul Jorion ne va pas en discuter ici. Son billet suffit ; bien entendu vous avez tout à fait le droit de ne pas le prendre en considérations (le billet) puisqu’il ne s’appuie pas sur des documents signés :-D

        Par ailleurs je me sens sereine pour vous répondre sur le point de « l’attractivité » de l’homme et du blog.
        Vous pensez bien que tous les participants avaient une vie avant PJ et l’auront après.
        Ce ne sont pas des « paumés » qui ont besoin d’aide psychologie et existentielle.
        Je ne connais pas leur opinion politique, mais je connais la mienne,
        Je suis une Gaulliste convaincue de 68 (j’avais 21 ans), c’est vous dire la force de caractère qu’il m’a fallu pour tenir tête à mes amis et relations qui « avaient le coeur à gauche » c’était normal, c’était la mode, nous étions étudiants ;-)

        Je n’ai jamais varié sur les idées que j’avais à l’époque, et pourtant je me suis intéressée tout au long de mon parcours aux propositions venant de toutes parts.

        Vous imaginez bien que « normalement » le blog de Paul Jorion ne devrait pas être celui qui par essence me concernerait.
        Et pourtant je le suis très assidument.

        Je vous rassure tout de suite, l’idée même de gourou et d’adeptes me révulse car elle traîne avec elle l’exploitation des faibles.

        Maintenant ma question est la suivante :

        -> lorsque les électeurs se retrouvent dans les idées d’un parti politique et votent pour leur candidat, j’espère que vous ne prenez pas cela pour de l’idolâtrie :-D

      • Reiichido

        Ben je ne vois pas que le niveau de détail soit vraiment plus important. Comparons:

        Risque hydrogène:

        TEPCO envisage d’injecter à des débits faibles et durant plusieurs jours de l’azote à l’intérieur des bâtiments des réacteurs 1 à 3 afin de limiter le risque d’explosion de l’hydrogène présent dans ces bâtiments.

        Mais l’opérateur de la centrale de Fukushima se prépare désormais à un risque de nouvelle explosion liée à l’accumulation d’hydrogène dans le réacteur. Il devrait injecter de l’azote dans le réacteur 1.

        Colmatage de la brèche:

        Tepco est parvenu à stopper la fuite d’eau radioactive qui se déversait dans l’océan.

        TEPCO a stoppé ce rejet le 6 avril vers 6h00 heure locale en colmatant la fuite par une injection de silicate de sodium.

        Concernant les documents non-officiels, ca ne veut rien dire. J’ai vu des liens pas franchement licites circuler dans les commentaires. Par contre, ne pas soumettre les documents, ça veut dire ne pas les exposer à la critique, et j’ai vu suffisamment de contre-vérités débiles circuler pour ne pas croire sans voir.

        Et puis je ne critiquais pas le coté « gourou » du blog de Paul Jorion. Je faisais une constatation générale sur une mécanisme qui conduit à une ségrégation des opinions exprimées dans les blogs, indépendemment du type de gestion.

      • edith

        Je faisais une constatation générale sur une mécanisme qui conduit à une ségrégation des opinions exprimées dans les blogs, indépendemment du type de gestion.

        Ca n’est qu’une impression, il y a un turn over, comme partout ailleurs.
        Et puis, nous ne sommes pas du même avis, ce qui ne nous empêche pas d’en discuter tranquillement.
        Je n’essaie pas de vous convaincre pas plus que vous n’essayez de le faire, nous confrontons nos points de vue.

        En tout cas, j’ai été contente de discuter avec vous, je n’ai pas envie de faire partie d’une ségrégation pas plus que les autres ;-D

        Comprenez simplement que selon le « ton » donné à un commentaire, les réponses peuvent être plus ou moins sympa …. bref la vieille histoire de la soupe au lait.

        Bonne nuit et à bientôt

      • Les pieds dans le plat

        @ Reichido
        J’ai le même étonnement. Paul est beaucoup plus fin, nuancé, réaliste (co-individué ? voir timiota pour la réponse) quand il parle finance et économie.

        D’autre part, il est tout à fait surprenant que ce blog fasse une place aussi importante à la catastrophe de Fukushima. Il y a, dans le suivi entomologiste et temps réel, constant, alourdi de commentaires en nombre, une fascination que je ne comprends pas. C’est tragique, grave, plein de désespoir et de souffrances, de luttes contre un ennemi terriblement sournois. Comment ne pas s’en détourner, ne serait-ce que par la tristesse que cela évoque?
        Cette avidité d’information est de plus malsaine, car qu’en font-ils ? Rien. Rien qui justifie ce gloutonnement morbide. Et l’attente est celle du faux pas, du pire, de la démonstration renforcée et ultime du danger par l’étendue de la catastrophe.

        Car il me semble que le sujet de l’énergie intéresse peu – il y a d’autres blogs pour cela. Le nucléaire dans sa complexité, pareil, finalement. L’évènement est par contre la cristallisation de ce qu’ils combattent (ce pluriel est englobant des commentateurs attitrés non spécialistes du domaine, on prêtera à ces derniers un intérêt professionnel).

        Non, c’est le symbole, l’émergence montrée au monde de la collusion des élites intellectuelles avec les décideurs égoïstes et l’anti-démocratie à l’œuvre. Bien qu’ils se comportent comme les spectateurs des jeux antiques – et personnellement je trouve que c’est du voyeurisme à ce stade-là – il se trouve que se montre, mondialement, spectaculairement, la chute du système, le secret des cupides éventré comme les bâtiments des réacteurs, la possession matérielle dans sa déchéance la plus grande et la moins réfutable.

        Cette visée transcende les faits et la réalité. Je crois qu’elle en appelle quand même à de bas instincts, car le procès et la démonstration n’ont pas besoin de cette impatience. Au contraire même, s’il l’on est sûr de la fin la pire, autant attendre sa réalisation.

        Il faut donc continuer à lire ce blog pour toutes ses impulsions et informations formidables sur son sujet de fond, et passer sur le traitement réservé à Fukushima, qui ne fait honneur à mon avis à aucun des contributeurs.

      • « Non, c’est le symbole, l’émergence montrée au monde de la collusion des élites intellectuelles avec les décideurs égoïstes et l’anti-démocratie à l’œuvre. Bien qu’ils se comportent comme les spectateurs des jeux antiques – et personnellement je trouve que c’est du voyeurisme à ce stade-là – il se trouve que se montre, mondialement, spectaculairement, la chute du système, le secret des cupides éventré comme les bâtiments des réacteurs, la possession matérielle dans sa déchéance la plus grande et la moins réfutable. »

        Très bien vu !

      • timiota

        Reiichido, sans blague, libérez vous le jeudi 28 avril au soir
        Ce séminaire est fait pour vous, éclairage de physique staitistique sur la formation « automatique » des opinions, pourquoi les présidentielles finissent forcément près de 50/50 (ce qui ne serait évidemment pas le cas si on nous dévoilait le programme dans l’isoloir, qu’on doive le lire et voter dans l’instant en conscience et seul)
        Jeudi 28 avril 2011 : Serge Galam / Sociophysique : les humains se comportent-ils comme des atomes /17 h / Amphithéatre Pierre Faurre / Ecole Polytechnique
        Je me tâte de faire le déplacement moi-même…

      • Reiichido

        @tous

        Merci pour ces très intéressantes réponses. J’essairai d’aller à la conférence !

      • edith

        @timiota

        extrait de la plaquette :

        Ainsi il suffit qu’une opinion soit en adéquation avec les croyances dominantes ou qu’elle soit défendue par quelques individus inflexibles pour que même initialement ultra minoritaire, elle se propage simplement par la discussion et l’échange parmi la grande majorité des individus qui pourtant lui était initialement opposée.

        C’est tout le paradoxe de ces résultats que de montrer comment la dynamique d’opinion la plus parfaite, dès lors que le débat public se fonde sur la rationalité et l’ouverture d’esprit du plus grand nombre, se transforme en une machine dictatiorale au service de nos archaïsmes primaires, et cela sans une coercition. Il suffit de discuter et d’écouter.

        Le texte est en mode « nuances » :-D

      • Les pieds dans le plat

        « Ainsi il suffit qu’une opinion soit en adéquation avec les croyances dominantes ou qu’elle soit défendue par quelques individus inflexibles pour que même initialement ultra minoritaire, elle se propage simplement par la discussion »

        Des croyances dominantes ultra-minoritaires, donc. J’aurais pas osé ! C’est ça la sociophysique ?

        Reichido, je veux pas vous décourager, mais ça respire ce gloubi-boulga des professionnels de la communication qui sont aujourd’hui en manque de clients et essayent d’innover…. Enfin, je devrais peut-etre aller sur le site voir en détail, mais le bémol d’entrée ramène le la très près du sol.

      • Phil

        Je suis entièrement en accord avec l’ analyse de l’article ci-dessus que vous proposez dans vos différents commentaires. Par ailleurs, j’avais émis les mêmes interrogations (voire les mêmes doutes) à la suite des articles sur la physique quantique. Néanmoins, si je suis toujours là, c’est bien parce que je suis aussi en accord avec votre dernière phrase!

        Votre tact et votre sens de la diplomatie ne sont hélas pas les miens. J’ai récemment tenté de débattre d’un autre article sur Fukushima, d’une façon bien trop frontale – ce qui m’a valu divers noms d’oiseau. Je serais navré que le « discrédit » qui m’incombe rejaillisse sur vous. Je trouve en tout cas plutôt drôle que pour une fois 2 intervenants de ce site se retrouvent sur des positions anticonsanguines.

      • timiota

        @ les pieds dans le plat sur le « gloubi-boulga » possible ou pas chez S. Galam

        Le profil de publication n’est pas celui d’un sociologue en mal de sémiologie relativiste Bricmont-Sokalienne :(cf plus bas ; Author(s): Galam S seul sauf indication, ).

        Mon avis : Galam est plutôt dans la catégorie « maverick », avec risques et périls, notamment le sujet est peut être un peu « pourri » dans l’état actuel, bien que ce soit un parfait moment « d »hybridation » au sens de Bruno Latour (H1N1, Sarko/Ségo dans le bateau des médias, Copenhague…) . Le cas d’un sujet pourri au sens de « bon mais pas traité avec les outils suffisant à l’instant t » serait par exemple la morphogénèse des plantes (« Fibonacci dans les tournesols et les pommes de pins ») vue par Turing dans les années 1950 (PJ en parle dans « Comment la vérité ») ), et résolue plus élégamment par Couder et Douady (et d’autres) vers 1995, par une théorie d’émergence « assez simple » sur les méristèmes en spirale sur les points coniques des extrémités.
        —————————

        1. « Minority opinion spreading in random geometry »
        Source: EUROPEAN PHYSICAL JOURNAL B Volume: 25 Issue: 4 Pages: 403-406 Published: FEB 2002 9 cited: 72

        2. Rational group decision making: A random field Ising model at T=O
        PHYSICA A Volume: 238 Issue: 1-4 Pages: 66-80 Published: APR 15 1997 4 cited : 68

        3. SOCIAL PARADOXES OF MAJORITY-RULE VOTING AND RENORMALIZATION-GROUP
        JOURNAL OF STATISTICAL PHYSICS Volume: 61 Issue: 3-4 Pages: 943-951 Published: NOV 1990 cited : 64

        4. Universal formulas for percolation thresholds ; Author(s): Galam S, Mauger A
        PHYSICAL REVIEW E Volume: 53 Issue: 3 Pages: 2177-2181 Published: MAR 1996 cited :62

        5. TOWARDS A THEORY OF COLLECTIVE PHENOMENA – CONSENSUS AND ATTITUDE CHANGES IN GROUPS ; Author(s): GALAM S, MOSCOVICI S
        EUROPEAN JOURNAL OF SOCIAL PSYCHOLOGY Volume: 21 Issue: 1 Pages: 49-74 Published: JAN-FEB 1991 cited 62

        6. Contrarian deterministic effects on opinion dynamics: « the hung elections scenario »
        PHYSICA A-STATISTICAL MECHANICS AND ITS APPLICATIONS Volume: 333 Pages: 453-460 Published: FEB 15 2004 cited : 56

        7. Application of statistical physics to politics ; Author(s): Galam S
        Conference of the NATO Advanced Research Workshop on Applications of Statistical Physics, MAY 19-22, 1999 TECH UNIV BUDAPEST, BUDAPEST, HUNGARY
        PHYSICA A Volume: 274 Issue: 1-2 Pages: 132-139 Published: DEC 1 1999 cited :47

        8. Sociophysics: a personal testimony
        Conference Information: 18th Max Born Symposium on Statistical Physics outside Physics, SEP 22-25, 2003 Ladek Zdroj, POLAND
        PHYSICA A-STATISTICAL MECHANICS AND ITS APPLICATIONS Volume: 336 Issue: 1-2 Pages: 49-55 Published: MAY 1 2004 cited : 45

        9. Local dynamics vs. social mechanisms: A unifying frame
        EUROPHYSICS LETTERS Volume: 70 Issue: 6 Pages: 705-711 Published: JUN 2005 cited 38

    • @Reiichido : désolé, je n’arrête pas de contredire le taulier, et ne crois pas être le seul à agir ainsi. Ce que vous dites, après tant d’autres, sur « l’opiniogénèse » qui semble gouverner ce blog, ou les « groupes d’auto-persuasion » qui fleurissent sur le Net, n’est vrai que pour les grandes lignes des idées qui s’y expriment. Quand des idées trop fondamentalement contraires viennent s’y dire, concernant des thèmes déjà largement débattus et RESSASSÉS, les habitués en ont forcément marre de ressortir leur argumentation, donc ils envoient péter ceux qui déboulent avec leurs gros sabots.

      S’agissant de ce billet, je pourrais admettre que Jorion s’est planté, ou qu’il s’est mal exprimé, ou que ces propos ne s’appliquent pas au cas Fukushima, car je ne sais pas d’où viennent les infos. Cependant, le fait est que, s’agissant de la sécurité des EPR, c’est sur le site de « Sortir du Nucléaire » que l’on trouve des infos solides, et qu’elleproviennent effectivement de fuites. Elle sont trop graves pour qu’EDF et Areva les publie comme des bans de mariages…

      Enfin, j’en ai marre que la charge de la preuve incombent toujours aux « contre », jamais aux « pour ».

      • Reiichido

        Je ne me proclame pas spécial. C’est effectivement dans la ligne de beaucoup d’autres. Mais c’est une chose de le lire écrit par d’autres, c’en est une autre d’en prendre conscience.

        Concernant les groupes d’auto-persuasion, si ce n’est vrai « que dans les grandes lignes » pour les blogs, pourquoi n’est ce pas la même pour les discussions d’experts ? Y a t-il une différence fondamentale entre le pourrissement des opinions dans une science qui ne fait que tolérer les opinion hétérodoxes et celui des blogs ou les opinions contraires sont, vous en conviendrez peut-être ? pas franchement valorisées.

        Concernant les fuites, faut pas déconner. Par exemple, les documents qu’avaient « sorti » sortir du nucléaire sur le risque d’éjection de grappe est mineur, et ils n’ont rien compris. Il disent, je cite:

        Selon les calculs d’EDF et d’Areva, le pilotage du réacteur en mode RIP (retour instantané en puissance) et la disposition des grappes de commande du réacteur peuvent provoquer un accident d’éjection des grappes de commande à faible puissance et entraîner la rupture de l’enveloppe du mécanisme de commande de la grappe (i).

        Alors qu’en fait, ce n’est pas le pilotage en mode RIP et la disposition des grappes qui peuvent causer ce risque, mais les conséquences d’une éjection de grappe qui sont plus sévères à cause mode de pilotage et de la disposition des grappes. Confondre cause et conséquence, c’est fort. Et la disposition a été changée depuis, et ça a été validé par les autorités.

        Comparé à ce point mineur, la conception du système de commande qui a été mise en doute par les autorités de sûreté est cent fois plus grave, et on n’a toujours pas de validation à ce jour !! C’est vraiment un point dur de l’instruction. Donc pour la pertinence des fuites par rapport aux interrogations institutionnelles, je doute très fort…

        Et enfin, je pense exactement l’inverse de vous pour la charge de la preuve. J’ai plus souvent l’impression de donner des preuves que d’en recevoir. Et quand j’ai fini de répondre à un point en démontrant que certains éléments sont factuellement faux, et que je vois fleurir les mêmes faits deux posts plus loins, je suis franchement découragé…comme quoi c’est subjectif.

      • Coeur

        Ben oui! Les informations que l’on a sur Fukushima sont essentiellement du à des fuites… radioactives!

      • j.Gorban

        REiichido , je suis assez d’accord avec vous. beaucoup d’informations sont fournies par contre c’est l’analyse critique qui manque.

        je ne vous citerai qu’un exemple : il s’agit des premières photos précises et de films exploitables dont on a eu acces en fin de mois de mars : on voit très nettement une calotte sphérique jaune.
        après avoir vu des plans de coupe sur le document d’Areva allemagne, j’en ai tiré la conclusion que l’enceinte de confinement béton était hs et on voyait le confinement métallique

        donc depuis quasiment le début de la catastrophe le confinement béton est HS en partie supérieure : quand cette info a t elle été donné ?

        le problème est donc bien une rétention d’information par omission d’analyse des faits bruts

      • @Reiichido : désolé, ils ne confondent pas causes et conséquences. Reprenons à tête reposé.

        Votre citation d’abord : « le pilotage du réacteur en mode RIP (retour instantané en puissance) et la disposition des grappes de commande du réacteur peuvent provoquer un accident d’éjection des grappes » On a : RIP et disposition —–> accident d’éjection.

        Votre explication ensuite : « les conséquences d’une éjection de grappe qui sont plus sévères à cause mode de pilotage et de la disposition des grappes » On a donc : RIP et disposition –> conséquences plus sévères en cas d’éjection.

        Leur erreur, si erreur il y a, est-elle si grave que vous le dites ? Et quelle importance pour le grand public ? Il y a des détails dont les termes ne jouent aucun rôle. Quand l’industrie nucléaire cache quelque chose, ce n’est pas la précision et la justesse des faits mais leur existence.

        Dans mon boulot d’informaticien, je peux vous assurer qu’en cas de pépin, la hiérarchie se fout éperdument des détails et du déroulement exact des causes et conséquences. Ce qui compte pour elle, c’est : gravité, délais de réparation, erreur humaine, faute d’un tiers, etc.

      • Gérard

        Crapaud Rouge écrit :
        « Enfin, j’en ai marre que la charge de la preuve incombent toujours aux « contre », jamais aux « pour ». »
        Excellente formule, reflet d’une réalité bien lucide de notre société humaine !

      • Reiichido

        Transposons un peu dans un autre domaine pour voir, on aura peut-être plus de clarté dans le lien logique. Comparons:

        « Le médicament X peuvent provoquer une mort instantanée par arrêt cardiaque »

        « Le médicament Y peuvent provoquer une mort instantanée en cas d’arrêt cardiaque »

        Je ne sais pas, naturellement j’aurais tendance à prendre le médicament Y.

        Mais au delà de ça, si vous voulez, ça montre clairement une chose: ils n’ont rien compris aux documents qu’ils ont sorti. Et j’aimerais bien voir le panel des soi-disant experts qu’ils ont consulté.

        Et l’industrie nucléaire n’a pas caché le problème de conception. Supposons que vous devez concevoir un réacteur nucléaire. Vous allez déterminer un design, puis faire les études sur ce design. Certaines études vont vous montrer des dépassements de critères. Il va donc falloir changer le design, recommencer les études, etc…vous vous doutez bien que si un document « fuite » alors qu’on est dans une phase de stabilisation du design, ça n’a pas grand intérêt. L’important sont les études finales qui vont être remises à l’ASN. Ces études sont documentées dans les chapitres de sûreté. Je rappelle qu’une version publique est disponible sur le site d’EDF.

        Prenons aussi par exemple ce site:
        http://nature-ressenti.over-blog.com/article-des-notes-confidentielles-d-edf-attestent-de-la-dangerosite-du-reacteur-epr-et-de-tous-les-reacteurs-nucleaires-en-france-58280486.html

        Lorsqu’on lit ce site, les charges semblent accablantes, pour culminer avec cette déclaration:
        « Le chef du département combustibles nucléaires à EDF propose à la fin de la note : »L’idéal serait d’essayer, pour les réacteurs du futur, de ne plus prendre en compte ce type d’accidents «  »

        Pourtant, lorsqu’on lit les notes, on a pas l’impression de lire les mêmes documents.

        Pour le point 1, le site passe sous silence le fait qu’en contrepartie du nombre important de soudure, le programme d’inspection est renforcé. Il apparaît dans ces notes que cela se fait en accord avec l’ASN.

        Pour le point 2, les extraits qui sont utilisés pour illustrer la fragilité de l’acier vient de tests effectués sur l’acier des réacteurs du parc, qui soulignent que les corrélations de vieillissement sont très conservatives. Le chapitre suivant, qui concerne l’EPR, commence par :

        « Dans le cas de l’application à l’acier X3 CrNiMo 13-04 des carters de MCG EPR, l’absence de fragilisation par revenu réversible en service est garanti par la spécification d’approvisionnement du matériau, en particulier sur les teneurs en phosphore et en molybdène »

        Et la conclusion de l’étude:

        « Le vieillissement prévu pour une durée de fonctionnement de 60 ans par le modèle théorique avéré conservatif, est minime. Ainsi, l’emploi de la nuance X3CrNiMo13-04 pour la partie centrale du carter des mécanismes de commande de grappe EPR ne présente pas, dans les conditions d’utilisation préalablement définies, de risque significatif de dégradation des propriétés mécaniques par vieillissement. »

        Ca n’a rien à voir avec la version que présente le site, qui pourrait faire croire que l’acier n’est pas du tout adapté et qu’EDF le sait !

        Pour le point 3, c’est le pire. Ca me met en colère rien que d’y penser.

        La note en question provient d’un REX d’un ancien, qui parle de tests ayant eu lieu dans les années 90, bien avant qu’on ne pense même à l’EPR. Les tests ont montré que les gaines résistaient. Et bien ça nous est présenté comme si l’expert parlait de l’EPR, et comme si le risque de rupture de gaine était réel.

        Et revenons sur la phrase qui laissait penser que les accidents n’allaient plus être calculés car ils étaient trop pénalisants:

        « L’idéal serait d’essayer, pour les réacteurs du futur, de ne plus prendre en compte ce risque d’accident. Par exemple, les Allemands ont semble t-il réglé le problème grâce à la mise en place [...] de dispositifs qui bloquent l’éjection de grappes. Nous pouvons également imaginer une conception de cœur qui, même en cas d’accident de réactivité, ne conduit pas à l’explosion ».

        Ou comment faire dire à une phrase le contraire de ce qu’elle veut dire en la tirant hors du contexte !

        De plus, il semble évident à la lecture de l’ensemble des documents ayant « fuité » que l’indépendance de l’ASN n’est jamais remise en cause. On voit même des auteurs se plaindre du fait que l’ASN divulgue des résultats d’expérience à la presse avant de la donner à EDF…

      • « « Le médicament X peuvent provoquer une mort instantanée par arrêt cardiaque »

        « Le médicament Y peuvent provoquer une mort instantanée en cas d’arrêt cardiaque »

        Je ne sais pas, naturellement j’aurais tendance à prendre le médicament Y. »

        Le médicament X se prend pour résoudre un problème que vous ne spécifiez pas.
        Le médicament Y se prend en cas d’arrêt cardiaque.

        Que veut dire « j’aurais tendance à prendre le médicament Y » ? Pour atteindre quel but ?

      • Reiichido, je veux bien croire que les sites anti-nucléaires déforment aussi la réalité, histoire d’exhiber des éléments plus convaincants, voire plus accablants. Mais je n’en conclurai pas pour autant qu’on peut faire confiance à EDF ! Certes, l’entreprise a une réelle culture de la sécurité, sans commune mesure avec Tepco, mais : 1) la situation se dégrade, en particulier au niveau de l’exploitation ; 2) la réputation de sûreté de l’EPR fait irrésistiblement penser au Titanic. Certaines cause de son naufrage étaient imputables à l’excès de confiance, et l’une au moins à la pingrerie : un acier de mauvaise qualité qui ne tenait pas le froid.

        La dégradation des conditions de travail est alarmante, car cela conduira tôt ou tard à des erreurs humaines non prévues par les ingénieurs. Qu’un opérateur fasse le contraire de ce qu’il faut peut suffire à provoquer une catastrophe à partir d’un incident anodin.

  15. Kerjean

    Quoique l’homme invente, quelque force il conçoit ou exploite, une force contraire a tendance à se générer elle même. Comme un antidote.
    A la liberté absolu de l’information qu’offre internet, les pouvoirs inventent des techniques encore plus violentes de coercition et de brouillage.

    Quand l’imprimerie diffusa la Bible puis les idées, la clericature et les pouvoirs séculiers furent dépassés dans les premiers temps. Puis on affecta la répression la plus féroce aux délits d’écrit, et la clericature remplaça les prètres ignares et indignes par de nouveaux ordres tel les jésuites.

    On peut s’attendre à toutes les perversions et toutes les sauvageries des puissances dont la principale, celle de la finance, toutes les autres lui étant subordonnées.

  16. Moi

    En réalité, plutôt que de dire qu’il existe réellement des complots, il faudrait dire que nous ne sommes pas en démocratie. Car c’est cette croyance largement démentie que nous vivons dans des régimes démocratiques qui nous fait penser que les complots n’existent plus. Dans les régimes ouvertement non-démocratiques, les gens ne se posent même pas ce genre de questions, ils savent que les complots sur leur dos existent, c’est une évidence. Chez nous, la propagande marche mieux et puis les gens fermaient les yeux, parce que dans le fond leur vie s’améliorait (au détriment du tiers-monde), peut-être aussi que nos aristocrates furent jusqu’à il y a peu sincèrement soucieux de leur plèbe.
    Tout cela est en train de changer, la réalité de notre condition politique est progressivement dévoilée. Face aux difficultés, nos aristocrates se montrent de plus en plus ouvertement cyniques, immoraux et totalement éloignés de leur plèbe. Il nous reste pour beaucoup un certain niveau de vie matériel, sans quoi…
    Pour combien de temps encore?

    • Nicolas G

      Chez nous, la propagande marche mieux , et pour cause, nous sommes en (pseudo)démocratie.
      Il faut bien imposer à la plèbe ce qu’on souhaite qu’elle pense et fasse, comme au bon vieux temps de la dictature. La propagande est l’outil qui permet aux « élites » de garder le contrôle.
      cf Propaganda, d’ E. Bernays.

      • LOLA

        La propagande est à la démocratie ce que la violence est à la dictature
        N. Chomsky
        Nous aurons tous remarqué que si la première perd de son efficacité, la seconde semble en voie de la chercher/trouver

    • guillaume

      « nous ne sommes pas en démocratie », faudra t-il que nous connaissions le totalitarisme pour avoir un jugement plus nuancé?

      Je pense que nous vivons dans une démocratie, mais que si notre civilisation nous à transmis des institutions démocratique, la notion de citoyenneté, elle, est vide de sens.

      Citoyen ne semble être rien d’autre qu’une aptitude du registre de l’inné qui se déclare à 18 ans, en même temps que le droit d’acheter de l’alcool. Notre formation civique est lamentable et notre esprit civique ne vaut guère mieux.

      Si l’on accepte l’idée que derrière la crise économique se cache une crise de régime, il me semble que c’est celle de la démocratie d’opinion. Penser la citoyenneté, il y a là un chantier considérable… Moins fatiguant, on peut aussi faire le choix de « dépasser la démocratie » dans une gouvernance « adaptée aux enjeux du monde moderne du XXIème siècle blablabla… ». L’hyperdémocratie de certain, tout un programme…

      • Roland

        @Guillaume: Entendons nous bien, il n’est pas question ici de démocratie versus totalitarisme ou autre dictature. Les grands totalitarismes de 20ème siècle sont morts et enterrés, quoi qu’on en dise ou pense.
        D’ailleurs, démocratie, oui mais laquelle? L’épure grecque? ils ne pratiquaient pas l’élection mais le tirage au sort. La démocratie Vénitienne? C’est une proto oligarchie. La suisse? exemple probablement plus pertinent parce qu’adapté à notre époque et pourtant lui aussi bourré de défauts.
        Nous ne vivons donc pas en démocratie mais sous la domination d’une oligarchie avec quelques fonctions représentatives concédées. Je rappelle quand même que pendant la durée de leur mandat, nos représentants n’ont aucun compte à rendre sur leur gestion, sinon à leurs pairs. Que l’élection est bien d’avantage une affaire de moyens et de communication que d’idées et de programmes. On est bien loin de l’agora grec.

        Donc pas besoin d’un général ou d’un escadron botté qui vient vous tirer du lit au petit jour. Les libertés qu’on vous concède n’entravent pas le fonctionnement et le renouvellement du système. Un individu ne peut défendre ses intérêts que da

      • Roland

        @Guillaume: Entendons nous bien, il n’est pas question ici de démocratie versus totalitarisme ou autre dictature. Les grands totalitarismes de 20ème siècle sont morts et enterrés, quoi qu’on en dise ou pense.
        D’ailleurs, démocratie, oui mais laquelle? L’épure grecque? ils ne pratiquaient pas l’élection mais le tirage au sort. La démocratie Vénitienne? C’est une proto oligarchie. La suisse? exemple probablement plus pertinent parce qu’adapté à notre époque et pourtant lui aussi bourré de défauts.
        Nous ne vivons donc pas en démocratie mais sous la domination d’une oligarchie avec quelques fonctions représentatives concédées. Je rappelle quand même que pendant la durée de leur mandat, nos représentants n’ont aucun compte à rendre sur leur gestion, sinon à leurs pairs. Que l’élection est bien d’avantage une affaire de moyens et de communication que d’idées et de programmes. On est bien loin de l’agora grec.

        Donc pas besoin d’un général ou d’un escadron botté qui vient vous tirer du lit au petit jour. Les libertés qu’on vous concède n’entravent pas le fonctionnement et le renouvellement du système.

        Pour finir, je vous ferai remarquer que toute révolution s’accomplit au nom du peuple mais je serai bien incapable de citer un seul exemple historique ou le peuple en soit le bénéficiaire. C’est parlant, non?

      • Moi

        « Entendons nous bien, il n’est pas question ici de démocratie versus totalitarisme ou autre dictature.  »

        Merci de le rappeler Roland. Cela fait évidemment partie de la propagande ambiante que de dire: « nous ne sommes pas en démocratie? donc nous sommes dans un totalitarisme selon vous? ». Vieux truc rhétorique: exagérer la thèse de l’adversaire pour la ridiculiser.
        Comme s’il n’existait dans la gamme des régimes politiques que ces deux extrêmes… Imaginons que je sois sous Louis XIV et que je dise « nous ne sommes pas en démocratie ». Et là, un gars de se lever pour dire « vous ne diriez pas cela si vous alliez voir les conditions de vie des serfs en Russie ».
        Et in fine, de dire « ah, vous voulez donc l’hyper-démocratie? ». Comprenez: « attention à l’excès de démocratie, hein! C’est pas bien. »

      • guillaume

        Alors,
        « Cela fait évidemment partie de la propagande ambiante que de dire: « nous ne sommes pas en démocratie? donc nous sommes dans un totalitarisme selon vous? ». Vieux truc rhétorique: exagérer la thèse de l’adversaire pour la ridiculiser. »

        Non, ça c’est ce que vous auriez souhaitais que j’écrive pour sortir votre discours ;)

        Maintenant que c’est fait, prenez le temps de me lire: J’écrivais que nous sommes dans une démocratie « inactive » car sans citoyens formés, ce qui n’a à peu prés rien à voir. Je suis par contre d’accord avec Roland, une démocratie « inactive » conduit vite à une oligarchie qui est une forme subtile d’anti-démocratie, bien plus que le totalitarisme.

        « Et in fine, de dire « ah, vous voulez donc l’hyper-démocratie? ». Comprenez: « attention à l’excès de démocratie, hein! C’est pas bien. » »

        Non plus. L’hyperdémocratie est selon Attali l’aboutissement d’une évolution:
        1- l’hyperempire
        2- l’hyperconflit
        3 -l’hyperdémocratie
        Conception d’ailleurs vide de sens à mon avis. Le passage y référent était ironique ;)

        Comme cela a été dit au 18ème siècle:
        « Il n’y a pas deux manière d’être libre, il faut l’être entièrement, ou, redevenir esclave! Et si le but de la société est le bonheur de tous, la conservation des droits de l’Homme, que faut-il penser de ceux qui veulent l’établir sur la base de quelques individus et sur l’asservissement et la nullité du genre humain? »

        La citoyenneté donc, un immense chantiers à entreprendre.

      • Moi

        @guillaume: il y a donc eu malentendu. Je suis entièrement d’accord avec votre réponse. :)

      • guillaume

        A Moi,
        je lis souvent vos commentaires et je pensais bien qu’il s’agissait, effectivement, d’un malentendu ;)

        Au plaisir de vous relire.

    • Fredo

      Médiacratie…

  17. methode

    on tente de convaincre les citoyens ordinaires – les pas riches – que leurs misères actuelles sont dues au fait qu’ils ont vécu au-dessus de leurs moyens. Le mensonge et la dissimulation peuvent eux aussi atteindre des seuils critiques.

    en termes de gouvernance, l’objectif du néolibéralisme n’est pas de rendre les pauvres moins pauvres, mais de leur faire sentir que leur pauvreté n’est pas injuste. et si ça ne prends pas alors on en revient au basique « pas vu pas pris » et surtout « chacun pour soit ».

    avec un peu de chance, pour les 10% qui ont en fait tiré le plus de bénéfices de l’explosion néolibérale des inégalités et qui sont bien à l’abri, les pauvres devraient se retourner contre encore plus faible qu’eux, le dernier fusible, soit les « gens issus de la diversité » dans un réflexe vieux comme le monde…

    mais ensuite?

  18. « Je vais raconter l’histoire de l’effondrement et de la destruction de la filiale française de la compagnie multinationale Rosserys & Mitchell, dont l’immeuble de verre et d’acier se dressait naguère à Paris, au coin de l’avenue de la République et de la rue Oberkampf, non loin du cimetière de l’Est.

    A l’époque de la secousse formidable et du déferlement de l’hystérie, j’étais moi-même un cadre supérieur de cette entreprise, puisque j’occupais le poste de directeur adjoint des Relations humaines. Et, par une coïncidence impressionnante, tandis que, pendant deux ans, ma fonction m’avait tenu à l’écart des principales décisions financières, commerciales et techniques, voilà que, quelques jours avant la fêlure initiale, l’importance de mon poste s’était trouvée presque accrue.

    Saint-Ramé, directeur général de Rosserys & Mitchell-France, né à Pouligny dans l’Indre, ancien élève de l’École des travaux publics, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, Master of Science and Technology du Massachusetts Institute, stagiaire de 1re catégorie à la Boll Foundation, lauréat de la Business School de Harvard, chevalier de l’ordre national du Mérite, Saint-Ramé, donc, avait envisagé de me nommer directeur tout court des Relations humaines.

    – Mon cher ami, m’avait-il dit, vous verrez, les Relations humaines connaîtront un développement considérable; les nerfs des grandes entreprises sont beaucoup trop tendus.

    C’est en effet ce que je vis, et je fus près d’en perdre l’esprit. Aujourd’hui, au calme dans ma petite chambre blanche, cajolé par ceux qui me soignent et m’entourent, je me sens mieux et je traverse cahin-caha mon long sommeil.

    Je vais raconter l’histoire de l’effondrement et de la destruction pour les raisons suivantes : en premier lieu, j’ai acquis la certitude que la version des experts est fausse. Certes, il existait de nombreuses galeries, d’insondables souterrains, d’énormes et humides cavités au-dessous de l’avenue de la République. Et je connaissais notamment un boyau suintant menant des caves de l’entreprise aux caveaux du cimetière. Mais personne ne l’ignorait. En tout cas, les spécialistes américains et français avaient soigneusement étudié le sous-sol avant de décider la construction. L’hypothèse d’un affaissement du sol n’est guère convaincante. Des milliers de bâtiments s’élevaient, à l’époque, à Paris et ailleurs sur des terrains bien plus « aléatoires» que celui de la rue Oberkampf. Comment accepter, alors, que la compagnie la plus puissante du monde – qui avait construit des immeubles et des usines sur presque tous les territoires de la planète – se soit fourvoyée en France, à Paris, au coin de l’avenue de la République et de la rue Oberkampf? Non, ce n’est point là le chemin de la vérité. Avant les fondations, les cerveaux furent durement agressés. Et celui qui, comme moi, occupa un poste important au sein de la firme n’admet plus qu’on sépare le déferlement de l’hystérie et l’ébranlement des murailles. Je sais, moi, que celui-là entraîna celui-ci, et que le tout fut prémédité. Dès lors, mon devoir était d’écrire l’histoire de ces hommes perdus, sévèrement châtiés, d’éviter par là que des millions d’autres ne s’enlisent un jour dans la corruption et la médiocrité.

    Donc, je viens d’exposer ma première raison de relater ce monstrueux épisode de la vie et de la mort des entreprises colossales de ce temps-là. Mais, depuis peu, j’en ai une seconde : l’ère des procès s’annonce. Les tribunaux américains et français s’apprêtent à juger les causes, à estimer les préjudices, à fixer les indemnités. La publication de mon ouvrage éclairera la conscience des juges. Ce n’est pas que je fus le témoin de tout. Je n’ai pas tout vu et je n’ai pas tout entendu. J’ai dû reconstituer des pans entiers de l’affaire et d’innombrables lambeaux. Par exemple, nul ne sait vraiment ce qu’est devenu l’imprécateur après que les gens de son entreprise l’eurent forcé à comparaître, puis eurent tenté de l’attirer dans leurs renoncements. En revanche, l’existence des imprécations, leur contenu, l’identité de leur auteur, ses comparutions dramatiques, les vilenies et les perversions qui saccagèrent le ventre de l’entreprise, tout ceci et tout cela est vérité. Je fus impliqué dans ces incroyables événements, et mon cerveau en est encore congestionné.
    »
    L’imprécateur – René-Victor Pilhes, Seuil (1974)

  19. kezaco

    Dans le même genre que cette vidéo, mais pas une fiction cette fois, je vous conseille l’excellent article de Michel Rocard et consors, publié dans le monde du week-end dernier je crois:
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/02/le-genre-humain-menace_1502134_3232.html
    Si vous ne l’avez pas encore lu, cela vaut son pesant de cacahuètes.
    A trop fréquenter les pingouins, Michel a eu une révélation sur la banquise… le réchauffement climatique a dégelé son cerveau !

    • Au sud de nulle part

      Ouais, bof cet article. Toujours la même rengaine du « tous responsables » dans la « démocratie ». Je veux bien mais il existe des degrés dans la responsabilité comme dans l’égalité. De même qu’il y a dans ce qu’ils nomment « nos démocraties » des individus et des castes plus égaux que les autres, il existe des responsabilités plus lourdes pour ceux que l’on appelle fort justement « responsables ».
      En bref, en ce qui concerne la régression de l’humanité vous ne pouvez pas imputer le même degré de responsabilité aux smicards, chômeurs et autres précaires qui tirent le diable par le queue qu’aux dirigeants de multinationales, banquiers et leurs acolytes élus « démocratiquement » ne serait ce que parce que certains occupent une place à laquelle ils peuvent agir directement sur le cours des choses (et en plus ils sont délégués et payés pour ça) et pas les autres.
      Alors moi je veux bien assumer une part du merdier dans lequel nous sommes mais en matière de responsabilité il va falloir appliquer un coefficient de pondération exponentiel à toute l’engeance composée des responsables économiques et politiques dont je ne fais pas partie car pour l’heure ils ont tous les avantages et nous avons tous les inconvénients.

    • Didier Cavard

      Je suis totalement d’accord avec l’article de Rocard, Bourg et Augagneur. L’agonie du capitalisme n’est pas que financière. La sous-estimation du risque climatique dans toutes les classes de toutes les sociètés est phénoménale, et sera mortelle (exemple récent : l’ozone stratosphérique chute dans l’Arctique à cause du refroidissement de la stratosphère, conséquence du réchauffement de la troposphère. Qui en a parlé dans les médias à la place que ça méritait ?).

      René Girard conclut son dernier ouvrage, « Achever Clausewitz » (plutôt apocalyptique), par cette phrase:

      « Vouloir rassurer, c’est toujours contribuer au pire ».

      Vu les doses de rassurance qu’on s’est prises depuis 30 ans, je pressens un pire gratiné…

    • vigneron

      Extrait :

      Le nouveau paradigme doit émerger. Les outils conceptuels sont présents, que ce soit dans les précieux travaux du Britannique Tim Jackson ou dans ceux de la Prix Nobel d’économie 2009, l’Américaine Elinor Ostrom, ainsi que dans diverses initiatives de la société civile.

      Nos démocraties doivent se restructurer, démocratiser la culture scientifique et maîtriser l’immédiateté qui contredit la prise en compte du temps long. Nous pouvons encore transformer la menace en promesse désirable et crédible. Mais si nous n’agissons pas promptement, c’est à la barbarie que nous sommes certains de nous exposer.

      • Didier Cavard

        D’accord, il faut essayer pour ne pas avoir de regrets, mais je pense que ces travaux ne serviront qu’après l’effondrement.

        Pour le moment, tout est verrouillé.

        Peut-être une gigantesque catastrophe climatique totalement inédite frappant Washington, en présence de la majorité des dirigeants et lobbyistes américains, pourrait-elle faire sauter le verrou, en en mettant un bon paquet au tapis et en terrifiant les autres…

  20. DidierF

    J’ai un souvenir extraordinaire de ce blog. Un type expliquait que sa façon de fonctionner consiste à se fixer un but et ensuite utiliser tout ce qu’il a comme outils, moyens de pression, lois, coutumes, vraiment tout pour aller vers ce but. Ce qui le rapprochait de ce but était bon, ce qui l’éloignait était mauvais.

    Un whistleblower est un obstacle à ce jeu. Donc, dans le cadre de ce jeu, il est mauvais.
    Dire la vérité, introduire la réalité dans le jeu, val le perturber. C’est donc mauvais.
    Blesser quelqu’un (moralement ou physiquement) n’est mauvais que si les conséquences de cette blessure éloignent le but. Si la blessure infligée rapproche du but, alors la blessure est bonne dans le cadre de ce jeu.

    Ce jeu exclut radicalement toute morale ou même éthique personnelle. La seule chose à servir est, toujours selon ce souvenir, la volonté du client. Deep Impact c’est Hollywood. Le jeu est perturbé et cela est trouvé normal (dans le film, pas dans la réalité).

  21. edith

    eux qui soufflent dans le sifflet d’alarme, s’exposent à perdre leur emploi, s’exposent à des poursuites, et comme on l’a découvert récemment dans l’affaire HBGary, s’exposent à ce que les autorités se tournent vers des officines dites de sécurité, mais en réalité de renseignement et de désinformation, pour salir leur réputation

    Si une personne ici s’expose à tout cela, je préférerais qu’elle se se protège.

    • guillaume

      Chaque époque a besoin de ses héros, alors si certain s’en sentent les tripes, merci de ne pas les « refroidir » ;) Remarquez qu’un martyr peut être encore plus efficace, mais là je vous retrouve: je préfèrerais qu’il se protège…

    • e-déalist

      les RG chez Jorion,
      non, vous déconnez?!
      C pas vrai?
      Sans blague
      Vous croyez Msieurs-Dames !!!!!!!

      • e-déalist

        Piotr dirait sûrement:
        Hip Hip Hip hourra
        IP pip(ée) Houra…. Ou qd les RG nous traquent à l’IP…!

  22. Vendez! Vendez!!

    Et là…c’est l’avalanche conspirationniste (sur le ton de « et là..c’est le drame »…)…. Mais que fait Julien Alexandre ?!!

    Plus sérieusement, « conspirationisme » est un terme générique qui ne veut rien dire. Mais, il existe des conspirations, qui oserait le nier devant les tonnes de preuves accumulées ces dernières années (auditions et email de GS, fukushima, guerre en Afghanistan, en Libye,etc…).

    Le problème, c’est la récupération par des individus plus que douteux et les émules farfelus adeptes des réptiliens et autre c…ies.

    A ce demander si tout cela ne fait justement pas partie d’un complot….?!

    J’arrête j’ai mal au crâne…mais cela illustre que la paranoïa pathologique n’est pas bien loin s’il on n’y prend pas garde.

    • Roland

      Définition du mot :
      complot

      Nom masculin singulier
      entente secrète entre des personnes afin de renverser une personne, de prendre le pouvoir, de s’emparer d’une fonction, d’une autorité.

      La « théorie du complot » me parait être un euphémisme en soi. Comment en effet une entente secrète peut elle être théorisée?
      Sinon, à l’aune de cette définition, l’histoire de l’humanité est peuplée de complots. Je dirais même qu’elle n’est faite que de cela. Alors, en quoi notre époque serait différente des autres?

      Ce qui pose problème, me semble t-il, c’est l’imagination des hommes. Imagination qui prolifère là ou on lui en laisse la possibilité. Par exemple, quand des affirmations officielles viennent contredire le bon sens le plus élémentaire (le nuage de Tcherno s’est arrêté à la frontière), ou alors quand le discours tenu ne correspond pas avec la réalité observable par tout un chacun (le réchauffement climatique).
      Mais force est de constater que la plupart des complots sont découverts à postériori (les fioles de Colin Powell).
      Donc complots il y a, au sens d’ententes secrètes et qui doivent le rester pour fonctionner.

      Un complot découvert, cela s’appelle l’Histoire. Ou une entente secrète ayant porté ses fruits.

      • Vendez! Vendez!!

        C’est ce que je tentais maladroitement d’exprimer. Complot il y a, complot il y a eu, complot il y aura.
        C’est indéniable.

        Néanmoins, j’ai tellement vu et entendu des « experts » et autres « autocrates » disqualifier immédiatement quiconque avait le malheur d’employer ce terme…C’est l’excès inverse.

      • M

        « théorie du complot »
        ça fait tout-de-même partie des « éléments de langage » relativement récents des oligarques zé mediacrates inféodés ou décérébrés : une 20 aine d’années, avec accélération les 10 dernières années …
        on a un doute, on l’écarte …on laisse tomber …un autre doute …idem…et ainsi de suite…mais on enregistre au fil du temps …et un jour le puzzle apparait dans son ensemble.
        nous y sommes. (ex : tout ce qui fût caché au vulgum pecus sur ce qui se passait à l’UE, en toute opacité …)
        pour cela, pas besoin de sites conspirationnistes illuminés, exagérés et haineux ( ils ont leurs propres buts ), il suffit d’user de raison. Ce ne sont pas les populations qui ont perdu pied, mais les gens de pouvoir … ( orgueil, et,ou mépris de l’autre : poursuivre obstinément un but, quoiqu’il advienne pour les populations )

    • Reiichido

      Ben, moi je nie pour Fukushima. Mais bon.

  23. Eomenos

    Paul, j’adore votre humour.
    Vous écrivez 3eme alinéa, 1ere phrase : « ce que nous savons (…) sur l’évolution de la situation à
    F. c’est essentiellement par des fuites « .

    Bien oui, évidemment. Il n’y aurait pas de problème nucléaire sans cela !

    Nous mettrons sur une intense activité dans les médias cet amusant mot.
    Comme quoi il n’est pas toujours bon d’être trop « radio » actif.

  24. TARTAR

    Kubrick a quand même du croire à une forme de complot .
    Et le fait qu’il ait trouvé un financement et une distribution pour « Eyes wide shut » aurait pu contredire son propos..quand il s’attaquait à la perversion de élites issues ds grandes écoles.
    Mais ce sont les USA et tout peut être dit, surtout avec l’aide de Tom Cruise qui est un représentant officiel de la Scientologie, laquelle ne doit pas être neutre dans ces affaires.
    Il s’agit bien de tromper le « menta »l des Peuples.
    Dans cette mesure et à un autre niveau on peut dire que la réalité des gouvernants se situe dans la sphère de ceux qui ont trompé assez leurs électeurs pour parvenir au plus haut pouvoir.
    La métaphore de Matrix, bien que trop teintée de space opera, est assez inspirée.

  25. zébu

    Y en a un qui joue avec les allumettes aussi, sur tout et n’importe quoi, mais surtout sur ce qui peut faire exploser :
    « «Maintenant qu’on sort de la crise [sic !!], c’est un problème de justice, de justice sociale envers les salariés et les ouvriers qui travaillent dur que de s’assurer que celui qui est au chômage et qui a des allocations grâce à la solidarité nationale fera tous ses efforts pour accepter une offre d’emploi, pour accepter une formation pour s’en sortir», a-t-il insisté. »
    Donc :
    1/ la crise est finie
    2/ la solidarité nationale n’est qu’un devoir et non un droit : si vous avez cotisé pour avoir (justement) des allocations chômage, sachez que ce n’est pas un droit de les ‘avoir’. Seulement une latitude que l’Etat tolère, sous condition … que vous ayez l’obligeance de sortir des listes des chômeurs pour alléger les statistiques, rapport aux élections de 2012 …
    :)
    Ceci dit, pendant la crise, c’est permis : on peut glander.
    Rapport aux conneries des banques …

    • Pierre-Yves D.

      Il n’y a qu’une expression qui me semble convenir pour décrire cette situation : harcèlement moral.

  26. Yueh

    On a récemment assisté à une passe d’arme plutôt amusante avec une référence à Ghostbuster ou quelque chose comme ça. Deep Impact en toile de fond fallait aussi oser, Ah Hollywood quand tu nous tiens !

    Et pour les salariés ? Une réalité convexe dans un beau miroir concave.

  27. Roland

    Paul, je ne vous demanderai pas de copyright pour cette fois, mais gare… ;)

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=22975#comment-167131

  28. castanié

    Chez nous la démocratie n’existe pas,le peuple abrutit de promesse, vote (donc perd son pouvoir au profit du ou des prometteurs) .nos prometteurs donc pour trouver des fonds pour être élus
    acceptes les directives des grands argentiers qui ont eux autorité .c’est pourquoi il faut bien distinguer le pouvoir de l’autorité.l’autorité(,les banquiers ) donnent tout les moyens utiles pour que soient éluent leurs protéger en vue de constitution d’un gouvernements servant leurs intérêts.
    Le peuple lui dans sa majorité qui ne vote pas (les votes blancs sont compté nul) ne sont que
    des esclaves libre de travailler plus pour travailler pluspourtravailller……les chômeurs eux
    les feneants sont la garantit pour les argentiers de ne pas augmenter les salaires des bon
    travailleurs .avoir conscience de tout cela c’est le début d’un changement de constitution qui
    obéira au bonheur que chacun souhaite.Il suffit de choisir nos représentants par tirage au sort parmi les candidats accrédité pour vivre au mieux,mamours

  29. Mike

    Le secret dans la gestion des affaires est de mauvaise politique déjà en temps normal. Il l’est encore davantage dans un contexte où, pour ne pas reconnaître l’insolvabilité du secteur bancaire international, on tente de convaincre les citoyens ordinaires – les pas riches – que leurs misères actuelles sont dues au fait qu’ils ont vécu au-dessus de leurs moyens.

    Je voudrai tempérer un chouia cette dernière phrase, dans le sens qu’il me semble quand même pertinent, et donc pas faux, de dire aux gens qu’ils ont vécu au-dessus de leurs moyens.

    Ceci n’est bien évidemment pas pour tempérer les agissements des salopards de Wall Street, et autres non régulateurs mais pour affirmer une fois de plus que ce « au-dessus de leurs moyens » est du à une gouvernance imbécile et à un système perverti qui ont laissé filer déficits publics et dettes privées.

    En d’autres termes ce n’est bien sûr pas la faute des gens d’en bas si on leur à fait croire à un modèle qui, sur la durée, est voué à l’échec.

    A mon humble avis.

    • Roland

      Si je prends l’expression au pied de la lettre, ceux qui vivent au dessus de leurs moyens sont ceux qui ont des dettes, donc un pouvoir d’achat inférieur à leur consommation.
      Or, si vous suivez ce blog, vous savez que l’endettement généralisé est un effet de système destiné à pallier la stagnation des salaires. La plupart des ménages endettés ne sont donc pas des sur consommateurs mais des sous payés.
      On ne peut en aucun cas imputer les turpitudes de l’élite bancaire et financière à ceux qui en subissent quotidiennement les conséquences depuis bien trop longtemps déjà. Non?

      • Mike

        @Roland

        Bien sûr que non.

        Mais, et c’est là que c’est intéressant, je ne suis pas complétement d’accord avec :

        La plupart des ménages endettés ne sont donc pas des sur consommateurs mais des sous payés.

        Il se trouve que j’ai presque toujours vécu avec très peu d’argent, pas toujours par choix. Il n’en reste pas moins que je ne me suis jamais retrouvé embringué dans des dettes étouffantes… par simple prudence (là je touche du bois…). Je crois fermement qu’il y a une forme d’inconscience chez beaucoup de gens qui se sont fait enfumer par les arguments pousse-à-jouir de la société de consommation. C’est certes une grande faute de ce système pervers, je n’en disconviens pas, mais il y a aussi un manque de responsabilité chez beaucoup. L’éducation étant probablement souvent à la base de cette forme d’inconscience pécuniaire.

      • Roland

        Oui, et la frustration.

      • j.Gorban

        @ mike

        il suffit d’avoir des enfants pour comprendre ce que pression sociale veut dire ……….

        et dieu sait si je dis non à mon fils pour plein de chose ……

        donc nous sommes tous responsables mais vraiment pas au même niveau ! le marketing et le bourrage de crâne ça existe !

        et quand il n’y a plus d’espoir qu’un autre monde est possble et bien il n’existe plus de culture populaire pour s’opposer à l’inculture instilé par la bourgeoisie.

        Paul Ariès a tout à fait raison quand il parle de la nécessité vitale d’insufler , de nouveaux des cultures populaires.

      • Mike

        D’accord avec vous Orban sur l’espérance…. Comme disait Chomsky, il a le recul de l’âge, lors de la grande dépression de 29 il témoigne qu’il y avait un grand espoir alors dans l’avenir (techno sciences, socialisme…)

        C’est vraiment préoccupant de constater que ce n’est pas le cas de nos jours. Selon mon sentiment en tout cas.

      • Bidouille

        @Mike

        je pressens à vous lire que la maladie et/ou d’autres « accidents de vie » ne vous sont pas encore tombés dessus… Pourvu que ça dure !

        La très grosse majorité des dettes impayables par les soit-disant inconscients sont des factures d’hopitaux et autres besoins minimums : par ex électricité/chauffage pour un logement de base. Vous pourriez décemment laisser vivre des enfants dans le noir et dans le froid ??

      • Mike

        Je concède volontiers avoir été épargné par le mauvais sort Bidouille! ( Pourvu que ça dure !) ) et j’ai prévu une assurance pour ça, ayant trois mômes pas hors du nid.
        Ceci étant combien ai-je souvent pu voir de braves gens se faire emphysiquer des produits inutiles, prendre des crédits pour des avoir scintillants comme dans les pubs télé, etc..
        L’éducation est à la base de ceci. Tenez : dans les usines près de chez moi il est commun de dire que les dirigeants viennent à vélo au bureau tandis que les employés font la course à la plus belle bagnole…
        Roland a tout à fait raison de parler de frustration.
        Mais il y a aussi un déficit de distanciation je pense…

  30. edith

    Alors, comme je n’ai pas pu me faire d’idée à travers les commentaires, j’ai plongé tête première dans wikipédia :

    La théorie du complot a commencé par désigner toute conspiration civile, criminelle ou politique objective.
    Néanmoins, l’expression est devenue péjorative lorsqu’elle a fait intervenir des croyances en des conspirations occultes.
    Dès lors, elle se définit comme une « interprétation des événements suivant un plan concerté et orchestré secrètement par un groupe malveillant ».
    Une théorie du complot se soustrait ainsi à la réfutation, et écarte ou discrédite les explications officielles, en particulier quand elles sont établies par des spécialistes, les médias et les pouvoirs publics.

    Les partisans d’une théorie du complot sont parfois appelés « conspirationnistes ». Une encyclopédie publiée en 20061 recense environ un millier de complots allégués à un moment ou à un autre, parfois reliés entre eux, sur 400 pages.

    Une théorie du complot dénonce donc notamment des affaire politico-financière qu’elles soient établies, visibles ou seulement soupçonnées.

    Autrement dit, le complot devient la « théorie du complot » lorsqu’elle fait intervenir des croyances en des conspirations occultes.

    Je comprends mieux.

    • Non, lorsqu’elle « se soustrait à la réfutation ». Voir

      Complots et thèse du complot

      et dans Le prix (Le Croquant 2010 : 24-25) :

      En conséquence, et comme c’est également le cas pour les représentations des phénomènes dans les sciences naturelles, le profane colporte pour ce qui touche à l’économie des fragments de théories économiques disparates : théories toujours en vie bien que constamment démenties par les faits, théories mortes ou théories en survie assistée (ainsi, par exemple, la « loi » selon laquelle le prix se constitue au point de rencontre entre l’offre et la demande). Et c’est la « thèse du complot », en tant qu’« explication par défaut », qui permet au profane d’articuler des morceaux de théorisation disjoints ou incompatibles et qui jouent ainsi un rôle équivalent à celui du « tissu conjonctif » en anatomie : faire tenir ensemble des organes aux fonctions diverses. L’hypothèse d’individus peu scrupuleux – ou à l’abri des lois – « menant la danse », permet d’intégrer en une explication globale ce qui ne serait autrement qu’un assemblage incohérent d’observations. Le fait que des conspirations existent effectivement dans le monde réel assure à la « thèse du complot » une plausibilité a priori. Les circonstances mêmes de l’apparition de ces « explications par défaut » signalent cependant les conditions nécessaires à leur éclosion : l’écart considérable perçu par le profane en matière d’économie, entre le monde tel qu’il est vécu et le monde tel qu’il est représenté dans les modélisations normatives des économistes.

      • edith

        Merci beaucoup,

        En effet, j’étais loin de comprendre ce qu’est « la théorie du complot », faute d’ailleurs de ne m’être jamais penchée longtemps dessus.

        Il faut pour arriver à intégrer cela, les explications détaillées et nuancées que vous avez données. (je les ai d’ailleurs copiées/collées)

        Ainsi lorsque je me pose la question de savoir si la crise des subprimes n’était pas voulue, tant elle était prévisible,
         je me fourvoies d’un côté, parce que le but des subprimes n’était pas la crise (donc pas de complot)
         mais je pouvais me poser la question car tout en n’ignorant pas que de grosses banques allaient être mises à genoux, quelques uns n’ont pas hésité à faire l’opération pour toucher le gros lot.

        Et encore je me demande si je ne suis pas hors sujet :-D
        C’est tout un art que d’arriver à intégrer l’état d’esprit des « conspirationnistes »

    • Paul-émile

      « Autrement dit, le complot devient la « théorie du complot » lorsqu’elle fait intervenir des croyances en des conspirations occultes. »

      Il faut s’entendre sur le sens du mot occulte, d’une certaine façon le fait de promettre et de faire pratiquement exactement le contraire de la part des politiques par exemple et donc de mentir avec une constance réellement extraordinaire est un mode d’action occulte .

      • Bidouille

        En même temps, conspirer ou comploter au grand jour… J’ai du mal à imaginer !
        A moins que ça tombe du coup sous la définition de mauvaise foi ou carrément de F..age de gueule :D

  31. Jérémie

    Si le sourd n’a pas entendu le tonnerre, il verra bien la pluie. [Proverbe malinké]

    Il n’y a point de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre. [Molière]

    A des oreilles sourdes, il n’est pas bon de prêcher. [Proverbe allemand]

    Et à partir de ce moment le prophète n’a plus aucune raison de l’ouvrir,

    Plus l’homme obtient du pouvoir en société et moins il fait l’écoute,

    Si la fortune est aveugle, le riche est sourd.[Eugène Beaumont]

    Comme il n’est pas vrai de mentir trop longtemps aux êtres

  32. Jérémie

    Dans ce monde en pleine faillite morale qui trouve encore le temps de rechercher à devenir plus autre, c’est sûr les grands de ce monde ne pourront pas toujours faire le beau temps sur terre.

    Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps. [Abraham Lincoln]

    Vous pouvez même vous en prendre davantage à la parole et l’intégrité morale des pauvres gens et opprimés de plus sur terre mais cela n’y changera rien non plus au bout du compte.

  33. barbe-toute-bleue

    Je pense que vous avez fort énervé Reiichido.

    Mais vous avez oublié d’expliquer que vous aviez fait basculer le bouton contrôlant le récepteur, vers :
    -certes, les faits;
    -mais aussi, … l’instinct.

    Vous regardez, ou croyez percevoir au delà de la première muraille, ou au travers.

    Très intéressant quand on atteint ce stade. En même temps c’est difficile de présenter des arguments rationnels pour convaincre.

    Pas mécontent de vous entendre approfondir à propos de l’idée de ce que peut être un complot, aussi.

    Le complot général, et pleinement accomplit est certainement un mythe, mais comme pour le niveau du prix sur un marché, c’est le rapport de force qui le fait aboutir; au travers d’une jungle, dont il n’est que le chemin évident, parce que le plus efficace.

    A la place de la direction de Tepco, soit on ferait pareil, soit on ne serait jamais parvenu jusqu’à la direction.

  34. Bien que le contenu de la Pravda soit étroitement contrôlé par ses éditeurs, il n’est pas impossible de déceler la vérité dans le journal parmi les articles de désinformation et de propagande. De nombreux lecteurs deviennent experts dans l’art de deviner la vérité. La formulation des articles est un indice important pour comprendre le message. Les nouvelles les plus importantes sont souvent mentionnées brièvement et placées dans des rubriques obscures. Les pages du verso contiennent souvent des informations plus avérées que les pages du recto. À la place d’une mauvaise nouvelle en URSS, le journal parle d’une série de désastres similaires dans d’autres pays.

    Exercice que PJ & FL pratiquent parfois (lire dans les rapports ce que la presse ne retient pas)

    • un animal moins égal que les autres

      Je me souviens du choc qu’avait engendré pour moi la lecture des romans d’Alexandre Zinoviev, en particulier « les hauteurs béantes » et « l’avenir radieux ».
      Seule la littérature réussit à nous faire comprendre intimement ce qu’il en est de ce monde, un monde où un Reiichido fait semblant de croire à la transparence des « informations » délivrées par Tepco et l’IRSN et surtout essaie de nous en convaincre….
      Je conseillerais donc à Reiichido la lecture du nouveau roman de John Le Carré,  » Un traitre à notre gout ».
      La façon dont Marc Roche, le correspondant financier du « Monde » le descend en flammes est, à mon avis, un indice certain de la véracité de la thèse du roman (qui n’est pas sans rapport avec les sujets traités quotidiennement par ce blog). Le sauvetage des banques par l’argent sale…

      • Reiichido

        Considérant que:
        – Personne, à l’heure actuelle, n’a connaissance de la situation réélle à l’intérieur des bâtiments réacteurs
        – Les groupes nucléaires, dont TEPCO, ont réalisé des estimations de l’état des coeurs qui convergent sur le degré de dégradation des coeurs mais pas sur les dommages des structures.
        – TEPCO, et maintenant les américains, sont les sources premières pour les actions effectuées sur site. A ma connaissance, il n’y a pas de « fuites » montrant un comportement différent de ce qui est annoncé.
        – Concernant les mesures, Greenpeace a annoncé aprés des campagnes de mesure sur place qu’elle était globablement d’accord avec les autorités japonaises, et la CRIIRAD a annoncé que les mesures publiées par l’IRSN étaient conformes avec ce qu’elle avait mesuré.

        Et bien pour moi, à la lumière de ces évènements, postuler « qu’on nous cache tout on nous dit rien », c’est ériger une hypothèse en conclusion.

      • edith

        Considérant ce qui suit, oui, j’estime qu’on a caché d’abord aux Japonais, puis au reste du monde, le grand danger que représentaient ces centrales :

        Le Japon n’aurait pas tiré les leçons du tsunami de 2004 ?
        Rappelez-vous, en 2004, un tsunami dévastateur avait fait plus de 220.000 victimes dans les pays d’Asie du Sud (Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Inde, Sri Lanka). Suite à cet événement, il semble que le Japon ait renforcé la protection de ses centrales.
        Visiblement, pas suffisamment : « Il est clair que mettre des centrales en bord de mer dans un pays sismique est très dangereux », relève Paul-Dominique Dumont, expert en physique nucléaire à l’Ulg, pour qui on aurait clairement pu prévoir de mettre les générateurs à 15m de haut pour les préserver d’une inondation.
        « Il n’y aurait pas eu de problèmes aussi graves que maintenant », assure-t-il. Par ailleurs, selon Michel Genet, directeur de Greenpeace, le Japon a clairement commis une erreur : « Bien-sûr qu’il fallait surélever les centrales, le risque zéro n’existe pas, même dans un pays technologiquement très avancé.
        Des scientifiques japonais avaient alerté le gouvernement à propos des positions des centrales. J’ai appris le mot tsunami en étant gamin à l’école avec l’histoire du Japon. C’était un problème connu du pays », a-t-il critiqué.

        En conclusion, on sait que la géographie du Japon explique qu’il est peut-être difficile d’éloigner les centrales du bord de mer pour les approvisionner en eau, mais tous les experts se rejoignent sur un point : oui, les centrales auraient pu être surélevées davantage.

        http://www.rtl.be/info/monde/international/782766/tsunami-au-japon-pourquoi-des-centrales-en-bord-de-mer-

      • Reiichido

        Ce texte fait-il allusion à des mensonges ? A de l’incompétence, à de l’aveuglement peut-être, qui a conduit à sous-estimer la taille des digues ou à ne pas surélever les générateurs.

        Mais du mensonge ?

    • methode

      pour la presse francophone, la française étant sinistrée:

      – une lecture par semaine minimum de ‘le figaro’ et de ‘le temps’ (suisse), avec les conservateurs pas trop de surprise… à tout seigneur tout honneur (ce qui permet de zapper l’express et le nouvel obs).

      – à mettre en parallèle avec ‘rue89′ pour les moralines bons tons et les fausses indignations libertaires. un tour sur ‘wsws.org’ reste toujours rafraichissant.

      – puis un détour conséquent par ‘le devoir’ et ‘vigile.net’ (québec), ‘horizon et débat’ (suisse) et ‘dedefensa.org’ (belgique) pour des visions alternatives et engagées mais pas trop (non conspirationnistes)… ce qui permet de zapper ‘marianne’ et ‘le canard enchainé’.

      pour les site anglo, s’il n’y en avait qu’un ce serait ‘antiwar.com’.

      et bien sûr il y a paul jorion ;)

      • vigneron

        Héhé…

        Horizons et débats est membre du « réseau de presse non-alignée » Réseau Voltaire.

        Wiki

    • edith

      @ Reiichido

      Ce texte fait-il allusion à des mensonges

      Pour le cas où vous n’auriez pas bien saisi mes propos, je vous les réécris :

      Considérant ce qui suit, oui, j’estime qu’on a caché d’abord aux Japonais, puis au reste du monde, le grand danger que représentaient ces centrales :

      Ce qui n’a rien à voir avec votre remarque

      • timiota

        Diriez vous aussi qu’on vous a caché le danger que représentait un avion plein de kerosène lancé sur un gratte-ciel à structure creuse ? Pas impossible que quelqu’un y ait pensé et ait quantifié quelque chose, mais ne direz vous pas simplement qu’il n’a pas été entendu ?

        Ecrire les scénario après n’est pas les écrire avant.
        Ne pas écrire les scénarios avant n’est pas « cacher ».

        Ce qui me semble plutôt apparaitre à Fukushima est la modestie des « moyens généraux de sauvegarde sur place », c’est à dire trop peu de réserves suffisantes (eau en hauteur) pour parer à des évènements pas clairement prévus, et ça c’est un peu comme ne pas mettre de barrière devant un trou qu’on fait sciemment dans la rue (un des cas discutés dans la Bible).

        Le texte que vous rapportez dit, — pour poursuivre cette comparaison du trou fait et non signalé–, qu’on avait mis des petites barrières alors qu’on aurait pu se douter que dans cette rue là qui est en pente, les gens en patins à roulettes à bonne vitesse dans le brouillard (probabilité = 1% par an, peu mais pas rien) allaient vers une chute certaine.

        Mentir sur un état de fait avéré, c’est relativement facile de se mettre d’accord (en faisant sortir les sophistes de la salle toutefois)
        Mentir sur un scénario pas réalisé, on est dans un parfait continuum, avec bien des « peut-être » entre le oui et le non.

      • edith

        timiota

        bonjour,
        « 

        Diriez vous aussi qu’on vous a caché le danger que représentait un avion plein de kerosène lancé sur un gratte-ciel à structure creuse ?

         »

        Non, je dirais qu’on m’a caché le danger que représentait un avion de ligne non conçu pour se poser dans de mauvaises conditions météo, alors que la compagnie qui l’exploite demande à ses pilotes de ne pas en tenir cas.

        Je regrette sincèrement que pour étayer vos explications, vous ne preniez que des exemples qui ne mettent pas en péril la survie d’une région et de ses habitants.

        Par ailleurs, je vous rappelle cette partie du texte

        Des scientifiques japonais avaient alerté le gouvernement à propos des positions des centrales. J’ai appris le mot tsunami en étant gamin à l’école avec l’histoire du Japon. C’était un problème connu du pays”,
        a-t-il critiqué.

        En conclusion, par mesure d’économie, le laisser faire a joué à plein avec la vie d’une partie de notre planète.

      • Reiichido

        Timiota parlais bien sûr des attentats du 11 Septembre. Et je suis d’accord avec ce qu’il dit.

      • timiota

        Je regrette sincèrement que pour étayer vos explications, vous ne preniez que des exemples qui ne mettent pas en péril la survie d’une région et de ses habitants.

        D’abord je regarde quel est le sens du mot caché. Et je comprends que on veuille le faire intervenir alors qu’il y a un continuum
        (« Mentir sur un scénario pas réalisé, on est dans un parfait continuum, avec bien des « peut-être » entre le oui et le non.« ) ai-je dit.

        Pour l’ampleur des conséquences sur la survie d’une région, ne faut-il pas « dé-relativiser » aussi ?
        Certes le nucléaire ça commence par de la pollution « vite » et ça reste longtemps (mais pas aussi fort qu’au début) sur N km2 (N>1000 souvent).
        Mais si vous prenez le cas de l’ile de Pâques, quelques choix de culture et d’usage des arbres ont modifié l’ile pour la rendre quasi invivable.
        Une chose qui n’est d’ailleurs pas très soulignée par les écologistes du fait que la principale préoccupation, à juste titre, est la révolution industrielle et son « décaissage » d’énergie fossile immodéré, est que la simple mise en culture de la majorité des terres, qui serait arrivée avec une croissance « non industrielle » de la population (sans doute vers l’an 3000 sans la révolution industrielle qui a accéléré tout), cette mise en culture, donc, a changé les échanges thermiques atmosphère/soleil : l’albedo d’un champ de blé n’est pas celui d’une forêt, ni son comprtement thermique. Et l’albédo, c’est le principal paramètre de l’échange énergétique, qui vient un peu « forcer » aussi comme l’effet de serre du CO2. L’effet reste modéré (et de signe pas évident !) car les cultures sont variables, et contrairement au CO2 qui compte sur toute la Terre, l’albedo des cultures compte au mieux sur 10% des terres, et pas sur toute la saison. Mais c’est en gros l’esprit du modèle « Daisyworld » de l’hypothèse Gaia de James Lovelock que je raconte là.

        Si on reste humble sur notre capacité à écrire des scénarios, le terme approprié n’est plus « cacher ». Mais vous mettez là le doigt sur un beau problème de sémiotique : la portée de nos actions, ce que philosophiquement on désigne peut être par l’horizon de notre téléologie.
        En effet, l’humain qui assume sa dimension prométhéenne doit penser dans une « réalité augmentée » (=> qui révèle plus qu’elle ne cache) pour garder le monde vivable. Jusqu’à maintenant, l’humain devenu homeconomicus utiliser une « réalité augmentée » pour garder le monde profitable pour une minorité. Pas glop.

      • edith

        @ timiota

        « Pas glop ».

        Oui, pas glop du tout !

        Je rajouterais que tant que les industries se développeront en excluant de leurs réflexions :

        l’aléa et le principe de précaution

        pour ne regarder que l’enjeu économique

        Le soupçon dans l’opinion publique aura une place de choix.

  35. j.Gorban

    complot, manipulation, propaganda, mais c’est le b-a-ba de la vie politique et de tout pouvoir !

    sinon d’après vous à quoi servent les services secrets et son bras armé, le service action ?

    je conseille un documentaire qui est passé en début d’année sur Arte ; des anciens responsables des services action se lâchent : édifiant pour les naïfs

    cependant il ne faudrait pas en conclure que rien n’est possible que l’on ne peut rien changer.

    car, il y a la marche inéductable de l’histoire : complot ou pas , la crise ouverte en 2007 avec les subprimes est inhérente au système capitaliste qui a voulu remplacé le salaire par le crédit : ça n’a qu’un temps.

    Et là il n’y a pas eu complot mais suite logique d’une décision initiale : créer le maximum de valeurs pour les actionnaires.

    Tous les complots du monde n’empêcheront pas les dynamiques inhérentes au système capitaliste.

  36. Grégory

    Je pense pour ma part que la raison de minimiser, c’est la dissonance cognitive. Si soudain on dit : en fait, c’est un drame absolu, un désastre, les conséquences dépassent tout ce qu’on imaginait, c’est, si l’on est un dirigeant élu, dire que les dirigeants élus ne sont pas à la hauteur des enjeux, si l’on est un industriel, reconnaitre que les industriels sont une menace, si l’on est un journaliste, reconnaitre que la profession n’est pas le quatrième pouvoir qu’elle prétend incarner. Au début du phénomène, on est prudent, très prudent. Alors on loupe encore plus le coche, et l’idée de regarder et dire la vérité nue coute de plus en plus, pas seulement à la réputation, mais à la psyché. De plus en plus, le reality check a des implications insupportables sur la manière dont on se perçoit et dont on perçoit son utilité au groupe. Alors on fuit le reality check, on répond aux critiques de fond par des critiques de formes, des ad hominem, les choses se tendent jusqu’à des formes de rupture.

    On a beau être prévenu à chaque fois, à chaque fois c’est pareil.

  37. avionnette

    ah ça va mieux en le disant.
    certains complotistes ont raison de l’être car ils parlent de la réalité. les élites dirigeantes sont la plaie de notre monde, de loin devant les ignorants comploteurs. merci de cette mise au point substantielle qui appelle peut-être correction de votre message du

    17 janvier 2009 par Paul Jorion | La censure

    L’un de vous m’ayant demandé hier de retirer deux de ses commentaires, j’avais intitulé mon billet qui en faisait part « La censure ». Un autre s’étant aussitôt indigné devant ce titre ironique, je l’avais rebaptisé « L’(auto-)censure ».

    La raison pour laquelle je peux me permettre d’être ironique à ce sujet, c’est que personne, je dis bien personne, n’est interdit de séjour sur ce blog. Les commentaires sont jugés individuellement. Ont été bannis jusqu’ici :

    1. Les menaces à mon égard
    2. L’apologie du nazisme
    3. Les commentaires contenant des insultes
    4. Les commentaires expliquant un phénomène à partir d’un complot et affirmant que l’existence du complot est à ce point évidente qu’aucun autre argument n’est nécessaire
    5. Les plaisanteries qui ne feraient pas sourire un enfant âgé de plus de cinq ans.

    Bien sûr, la liste n’est pas close : un commentateur inventif pourrait me conduire à ajouter une catégorie, l’apologie de la guerre constituerait, par exemple, un excellent candidat.

  38. Bertrand_M

    L’expression « théorie du complot » me fait penser à « délit d’initiés ». C’est le qualificatif que je donnerais au traité de Lisbonne (par exemple), le complot à visage découvert, le vrai portrait de nos démocraties européenne.

    • M

      oui ! c’est ce que j’appelle : ne pas vouloir y croire, mais soudain l’ensemble du puzzle est là …

      ex. des politiciens PS ayant fait campagne pour le « non », et s’étant « soigneusement » abstenu au Congrés .

  39. Yves Lavion

    En ces périodes riches en catastrophes, le profil d’une vraie misère pas si future que ça hante nos vies de consomation.
    C’est comme si nous vivions dans film où la fin pressentie, tarderait à arriver….
    Certains ont « des dieux » auxquels ils tentent de s’accrocher.
    Mais la vérité, je vous le dis.
    Il est venu le temps de l’an zéro.
    Je m’en fous du passé. Y voir plus clair sur demain, tous le travail est là.
    Larbin pour demain

  40. timiota

    Les débats sur ce sujet me font penser aux figures d’Escher.

    Confusion voulue, dans ces figures, entre fond et forme, entre contenu et contenant.
    N’est-ce pas le simple fait que des évènements exceptionnels soient vus comme … des exceptions, qui introduit assez de frottement entre les contenus, les contenants, les fonds, les formes, pour que l’on voit saillir les possibilités de complot.

    Ce qu’on voit saillir est le frottement, et le fait qu’il était dans le non dit jusque là, un tel non loin du pouvoir trouvant naturel de ne pas poser de question gênante à telle industrie, telle activité boursière.

    Est-ce que « le complot » n’est pas une image en négatif, l’image en négatif des linéaments qu’on a tus ? Et dont la chaine de conséquence, comme celle des reconnaissance de dettes, devient soudainement une chose perceptible, qui sourd ici et là ?
    Et notre relative facilité à voir ses linéaments « complotifiant » n’est-elle pas le croisement de notre empathie à l’autopersuasion (arguments de la discussion de Reiichido) avec notre besoin cognitif d’une relative nouveauté, d’un mode d’organisation pas encore vu ou perçu ?

    (Et si j’étais stipendié sans le savoir pour écrire cela ? dirait Borges à Poe)

  41. idle

    Hello Paul… Je préfère la version légendaire, enfantine peut-être mais ne dit-on pas que les légendes contiennent souvent une grande part de vérité?
    http://www.youtube.com/watch?v=zWt2zRydtwk

  42. varennes buffet

    on peut détruire un territoire par bombardement aérien ou asséchement financier :

    les guerres actuelles n’existent que pour faire passer un message clair à nos peuples :

    si vous bougez , les élites vous massacrerons !

    « egorger un poulet pour effrayer les singes « 

    • M

      varennes buffet

      votre pseudo me « botte » !
      de là à poser votre tête sur le buffet …non, quand-même ….

  43. La crise économique majeure depuis perçue 2008, n’est sans doute pas résorbée, l’expérience ou une vision simpliste et courante veut qu’il y a trois façons d’en sortir, maintenant que tout a été reporté sur l’endettement des états,
    les impôts (personne ? n’en veut et surtout personne n’ose le proposer ouvertement),
    l’inflation (on y va doucement dans les produits manufacturés importés, très vite dans les biens immobiliers, matériaux, or)
    et la guerre (qui a résolu la crise de 29),
    mais il faut un prétexte, un enchainement inéluctable, ne trouvez vous pas que l’ambiance actuelle sollicite l’intuition de l’apparition de multiples causes possibles Tunisie, Egypte Lybie Yemen, Bahrein,Syrie dont peu importe laquelle pourrait déboucher.
    Ce qui me ramène au titre de ce Blog « Les grands qui jouent avec des allumettes ».

  44. blandine keller

    oui, tout le cocktail y est. On a l’impression d’une fuite en avant irraisonnée générale, seuls quelques rares appels à la raison surnagent, et je trouve qu’on ne s’occupe pas assez de leur donner davantage de poids. Il y a une inertie, tout le monde poursuit sur sa lancée alors qu’il faudrait une rupture des habitudes. Il y a le feu et on n’entend personne crier au feu de façon recevable, sans excitation hystérique alarmiste. On lit le papier de The independent, ça fait froid dans le dos mais on peut seulement le dire. Avant la 2° GM, il y avait eu le mouvement Amsterdam-Pleyel, rien de tel aujourd’hui….Mais ce n’est peut-être pas possible, peut-être faut-il que les choses aillent à l’aboutissement de leur absurdité…
    Je continue à écouter de la musique, à avoir de la joie quand je peux partager cette émotion…tout en pensant que c’est peut-être le dernier printemps où cette joie est permise…peut-être que bientôt il n’y aura plus assez d’électricité pour se connecter, peut-être que bientôt on sera occupés à survivre, ou anéantis…j’ai en tête un papier développé sur les ravages du mesurable et du comptable dans l’éducation, je viens de poster un commentaire sur le christianisme et les femmes…sur la lancée de ce qui m’intéresse ….comme s’il n’y avait pas le feu ….

    • blandine keller

      avec tout ça je me marre comme une baleine quand je vois Paul qui ne peut garder son sérieux en parlant du Saint-Esprit

  45. Plouf!

    @blandine keller
    « …tout en pensant que c’est peut-être le dernier printemps où cette joie est permise… »

    Zadig le sens de la vie : « il est important de se faire à l’idée que le mal est un élément nécessaire à l’ordre du monde et à la naissance du bien. »

    Nocturne
    Un long bras timbré d’or glisse du haut des arbres
    Et commence à descendre et tinte dans les branches.
    Les feuilles et les fleurs se pressent et s’entendent.
    J’ai vu l’orvet glisser dans la douceur du soir.
    Diane sur l’étang se penche et met son masque.
    Un soulier de satin court dans la clairière
    Comme un rappel de ciel qui rejoint l’horizon.
    Les barques de la nuit sont prêtes à partir.
    D’autres viendront s’asseoir sur la chaise de fer.
    D’autres verront cela quand je ne serai plus.
    La lumière oubliera ceux qui l’ont tant aimée.
    Nul appel ne viendra rallumer nos visages.
    Nul sanglot ne fera retentir notre amour.
    Nos fenêtres seront éteintes.
    Un couple d’étrangers longera la rue grise.
    Les voix,
    D’autres voix chanteront, d’autres yeux pleureront
    Dans une maison neuve.
    Tout sera consommé, tout sera pardonné,
    La peine sera fraîche et la forêt nouvelle,
    Et peut-être qu’un jour, pour de nouveaux amis,
    Dieu tiendra ce bonheur qu’il nous avait promis.
    Poèmes, NRF, Paris, 1912.
    Léon-Paul Fargue

  46. blandine keller

    Merci beaucoup plouf!
    Vous avez vu, le printemps continue aujourd’hui et il sera là encore demain

  47. La théorie du complot ou conspirationnisme, ne me semble pas tant une théorie explicative constituée, qui invoquerait un complot ou une conspiration, les historiens qui mettent à jour de tels comportements ne sont pas généralement traités de la sorte, mais plutôt la qualification donnée (et parfois revendiquée) à ses zélateurs, qui caractérise une certaine disposition d’esprit spéculative, basée sur l’hypothèse, d’une réalité cachée sous-jacente.
    Cette disposition aboutit généralement à mettre en perspective les médias les plus accessibles, à amplifier les moindres dissonances cognitives, à remettre en doute la doxa, et diminuer la cohésion sociale du groupe. A ce titre cette disposition d’esprit déviante est souvent pathologisée. Cette démarche peut consister à prendre une hypothèse opposée aux convictions généralement admises, à bâtir un scénario explicatif hypothétique et souple, à le confronter aux données vérifiables, et en cas de désaccord, au lieu d’arrêter la bouffée spéculative et d’en rester là, à chercher et trouver une autre hypothèse, remettant même en cause tout ou partie du scénario initial, mais tout en préservant un décalage avec l’information dominante.
    Selon ce processus, la théorie ainsi constituée, devient difficilement réfutable. Cela la sort du domaine de la connaissance académique, et la relègue au rang des pensées marginales. Comme les Ovnis, la crytozoologie, la tête d’Henri IV,
    Matière de foi, car improuvable et irréfutable cela confine à la religion, surtout si le corpus explicatif devient global et donc mondial, voire multiséculaire. Peut on être conspirationniste agnostique ?
    Lorsque la théorie en question devient acceptable est-elle encore qualifiée de conspirationniste ? La chute de Mossadegh, la coalition intervenant en Egypte à SUEZ en 56, l’élimination des communistes en Amérique latine au temps de la guerre froide ? Le lancement de la campagne 2003 en IRAK ?
    Prenons un événement simple la mort par arme à feu d’un officier d’un sous-marin britannique à quai, lors d’une relève, s’il s’agit d’une rivalité amoureuse, c’est croustillant, mais sans conséquences géopolitiques, sur notre vision du monde, Ce sous-marin s’est échoué l’année dernière, peut être y a-t-il des secrets à préserver. Ce sous-marin était-il en Méditerranée et a-t-il lancé des missiles de croisière ?
    Le mort est-il bien mort à quai …

    • C’est toute la différence entre proposer l’hypothèse d’un complot et être un tenant de la thèse du complot.

    • Paul-émile

      Vous avez raison d’insister sur les prises de position extrêmes des partisans de la ou des théories « complotistes », mais il ne faut pas oublier non plus les prises de position non moins radicales des opposants à l’idée même d’une réflexion sur ces théories . Le comportement des uns ayant tendance à renforcer celui des autres bien sûr .
      J’ai souvent été étonné de constater que même ici il était difficile d’aborder calmement le sujet, impossible même du fait d’une modération sans concessions .
      Le fait que Monsieur Jorion aborde lui-même la question permet je pense de contourner les difficultés habituelles .
      Il est facile d’utiliser des exemples caricaturaux, invérifiables ou prétendus comme tels, alors que des éléments et faits actuels connus peuvent évoquer et faire s’interroger sur l’existence de complots . Le comportement de la finance internationale par exemple, sans règles, sans frontières et sans foi ni loi est quand même le meilleur exemple .

      • « Le comportement de la finance internationale par exemple, sans règles, sans frontières et sans foi ni loi est quand même le meilleur exemple. »

        Non, pas du tout, il faut des preuves. Ce dont je parle, c’est d’un Monsieur qui dit en public le contraire de ce que dit le rapport « confidentiel » préparé par les chercheurs les plus qualifiés de sa firme.

  48. blandine keller

    Il fait beau aussi à Budapest pour l’euromanif.

    http://humanite.fr/08_04_2011-euromanif-à-budapest-les-explications-de-john-monks-469538

    encore une bonne nouvelle , à la fin du papier les arguments des grevistes

    http://www.leparisien.fr/economie/les-hypermarches-carrefour-en-greve-09-04-2011-1400437.php

    • M

      dans l’article que vous citez sur Carrefour :

      … »et de la stratégie de leurs actionnaires, le fonds Colony Capital et le Groupe Arnault qui met en vente Dia ainsi que les murs de Carrefour. »

      ça ne s’invente pas un truc pareil !!

    • j.Gorban

      ah ah l’euromanif de Mr John Monks !!

      les patrons tremblent

      ce mec est un pur apparatchik du syndicalisme britannique ; au fait il en pensait quoi de l’europe vers 2005 quand les français rejetaient l’europe des patrons

      avec des idiots utiles comme ce « syndicaliste » , les patrons peuvent dormir sur leurs deux oreilles !

      et ce mec dans l’Humanité ! trop bon !

      socialisme ou barbarie

      • Ne crachez pas sur John Monks : j’ai été invité à la Commission européenne, dans une très grande salle pleine de monde. Il n’y avait pas beaucoup de gens qui disaient des choses raisonnables (c’est un euphémisme), je me serais senti très seul sans John Monks.

  49. edith

    Voilà un article du Monde.fr qui est assez parlant ;
    Je trouve qu’il fait corps avec les billets et commentaires (notamment un des derniers)
    écrits de Paul Jorion

    Fukushima, un accident de civilisation
    Dans la centrale japonaise, c’est la promesse de maîtrise du monde et de contrôle de la nature qui part en fumée.
    Un coup de grisou, un cyclone, un séisme, un accident industriel classique, font partie de l’aléa.
    Le désastre de Fukushima, lui, nous donne à voir, dans le pays le plus avancé en la matière, une technologie cessant d’être l’alliée inconditionnelle et servile de son créateur pour se rendre maître d’elle-même, lui devenir hostile et s’emparer d’un territoire d’où il sera durablement banni.
    C’est toute la notion occidentale du progrès humain comme fonction linéaire du progrès technique que cette catastrophe nous invite à repenser.

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/09/fukushima-un-accident-de-civilisation_1505311_3232.html

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