LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 15 AVRIL 2011

15 avril 2011 par Paul Jorion | Print LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 15 AVRIL 2011

À quoi sert le blog ?

Le calcul du risque par l’Autorité de Sûreté Nucléaire française

Le capitalisme à l’agonie
— La crise de la zone euro
— Goldman Sachs, Deutsche Bank, et la destruction du système financier
— M. François Baroin et la prime de 1 000 €

Karl Marx et la fin du capitalisme

Carmen M. Reinhart & Kenneth S. Rogoff, This Time is Different. Eight Centuries of Financial Folly, Princeton University Press, 2009

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207 commentaires

  1. PAD

    Les syndicalistes restent dans leur cadre, les banquiers et les dirigeants des multinationales dans le leur, et le XIX siècle perdure en France …
    Et tout ce beau monde représente à peine 7% des salariés français. Ainsi rien ne change, sauf les conditions de plus en plus précaire du monde du travail aussi bien pour les salariés que les chefs d’entreprise.

    • Les banques européennes seraient plombées par 1300 milliards de créances douteuses…

      Voir ICI

      • PAD

        Ce ne sont pas les milliards qui sont douteux, mais les névrosés qui les manipulent …

      • hema

        il faut mettre la formule complète , c’est plus savoureux

        Selon une étude de PwC qui vient de paraître, le secteur bancaire européen a accumulé à la suite de la crise financière 1.300 milliards d’euros d’actifs identifiés comme non stratégiques. Ces actifs très diversifiés, qui incluent des créances douteuses ou de l’immobilier commercial, sont des candidats à la cession sur une période qui pourrait durer 10 ans

      • Marlowe

        La cession de ces créances, à quel prix ?

  2. Abiram

    Sur le hasard et la synchronicité des inventions, il est remarquable que la définition du hasard, ou en tout cas ma préférée, soit justement le fruit commun de chercheurs soviétiques et américains dans les années 1950, alors qu’ils ne pouvaient que difficilement être en contact.

    Selon cette définition, un phénomène est dit aléatoire lorsqu’il est plus simple à modéliser que la loi qui le sous-tend.

    Sur Marx et la valeur, je suis loin d’avoir les compétences pour saisir toute la portée de votre propos mais en vous écoutant je me dis que si la valeur est totalement virtuelle, et que cette virtualité est tout de même mesurée par la monnaie, alors l’agonie du capitalisme ne peut-elle s’analyser comme une crise de surproduction de la monnaie ?

    Bon week-end

    • lisztfr

      La valeur n’est pas virtuelle, elle illustre le rapport de force acheteur vendeur, c’est tout. Elle ne contient aucune réification tangible de substrat, de temps de travail socialisé etc, – outre que le résultat d’une négociation, dans laquelle se reflète l’ensemble du rapport sociologique des protagonistes. A mon avis. C’est pourquoi se sont toujours de très jolies filles qui travaillent dans les joailleries d’ambre de la ville de Gdansk. Le rapport de force fait intervenir la séduction, la virilité, la bravoure même, le sacrifice, toute la psychologie humaine.

      La loi de l’offre et de la demande, des anticipations, etc, entrent comme composantes dans le rapport de force ainsi que le temps, l’enveloppe sociologique globale, etc. La preuve, parfois un produit n’est pas assez cher pour un client exigeant.

      La résultante (par analogie au sens math) de ses aspects innombrables est un prix…. La somme des vecteurs de force.

    • vinai

      cher Paul, chers tous,
      Connaissez-vous les travaux d’Anselm Jappe sur la ‘théorie de la valeur’ ?
      Basé sur la notion marxienne de la valeur, soit l’idée que la plus value est répartie entre travail et capital, mais que la valeur est liée au travail humain.
      Lorsqu’une nouvelle machine est utilisée, la concurrence modifie le prix de l’objet produit et diminue la plus value potentielle, la ramenant à la quantité de travail humain nécessaire pour la produire. C’est pourquoi le capitalisme nécessite toujours plus de production (et de consommation).
      Je ne peux détailler beaucoup plus ici ses idées que je découvre mais il n’est pas question dans cette théorie d’un capitalisme en bonne forme mais bien à l’agonie, et qui a survécu grâce par exemple à la financiarisation qui a permis de continuer à générer dce la plus value (on ne peut donc pas décider dans ce système de la remiser pour revenir à une ‘economie reelle’)
      Ainsi il me semble que cette théorie interessante ne colle pas vraiment avec ce que vous dites de « ceux qui parlent de la valeur » mais a des points de convergence (et de divergence) avec votre vision.
      Pas question ici de solution dans un rééquilibrage capital-travail, de serrer les boulons ici ou de mettre de l’huile là, c’est le système qui est à l’agonie.
      Voilà, le livre de Jappe qui vient de sortir et que j’ai lu est ‘Crédit à mort’.

      Paul, que pensez-vous de la ‘théorie de la valeur’ ? Quelles sont vos convergences/divergences ?

      Merci pour les billets de vos collaborateurs et vous même, c’est précieux ces temps-ci.

    • Jacques

      Il y en avait qui avait sept ans et plus et qui apprenait encore

    • Ando

      « La valeur » en économie étant un concept n’a pas de pendant dans le monde phénoménal. Evidemment, impossible de discerner où que ce soit « la valeur » dans le monde empirique dans lequel je vis/ nous vivons. On pourra toujours exprimer des préférences (des attachements, des inclinations voire des nécessités), mais précisément une préférence n’est pas un concept et n’est pas « la valeur ». Dans le fouillis abondant des concepts que l’intellect crée certains ont une utilité d’autres n’en ont pas, sauf à considérer qu’un concept vague, vaporeux car sans limites claires, puisse avoir une utilité en tant que moyen de manipulation (ou de légitimation de ce dont la légitimité n’est pas claire). Il suffit donc de vérifier si dans un discours économique on peut se passer totalement et sans difficulté de ce concept de « valeur ». Il semble que oui.

      • Toutefois et cependant, entre un luthier quelconque qui vous fera un violon minable et cet autre luthier qui s’appelait Stradivarius, il y a malgré tout une différence entre, respectivement, les personnes, leur travail et leurs violons, n’est-il pas ?

      • Ando

        @ Crapaud rouge. Ces deux violons auront des qualités différentes, des degrés différents d’utilité par rapport au but recherché (la beauté du son). S’ils sont vendus l’un aura un prix plus élevé que l’autre. La notion de « valeur » n’apporte rien. C’est un habillage conceptuel qui ne vient qu’après coup.

      • vinai

        J’apprécie les analyses non marxistes en général, sans rejeter absolument celles qui sont influencées par Marx.
        Anselm Jappe reprend lui pour une part la théorie de la valeur. Je me demandais d’ailleurs si Paul Jorion ne reprend pas à son compte pour une part la notion lutte des classes.

        Je reste un peu sur ma faim et voudrais vos avis sur la question d’une nouvelle théorie de la valeur …

        Lorsque les productions sont industrielles et non plus artisanales, la comparaison avec le travail du luthier n’est pas très judicieuse. Dans le monde du management, du travail à la chaine, on remplace aisément Stradivarius par un luthier quelconque. Il y a une logique de machine qui est en oeuvre dans laquelle le travail de l’un vaut à peu près le travail de l’autre. Ce point de vue est celui qui domine dans le monde du travail, de l’ouvrier au cadre supérieur.

        Alors oui, dans ce cadre, la théorie de la valeur me parait efficace pour expliquer le système capitaliste, son effondrement, et les formes qu’il prend pour repousser sa fin (financiarisation par exemple).
        En suivant cette théorie, les tentatives de régulations sont vaines et les questions de rapports de forces ne peuvent apporter que de maigres bienfaits à court terme (souhaitables toutefois).

  3. Alex

    M. Jorion, si l’Histoire vous donne raison, on compte sur vous pour être à la hauteur de votre futur statut de Gourou. Brillante vidéo, merci !

  4. Alex

    Je viens par ailleurs de finir votre dernier livre, on en ressort un peu moins bête (même si j’ai trouvé le chapitre sur l’opposition citoyen/bourgeois un poil long). Où en sont les ventes ?

  5. LEROY

    Les syndicalistes sont souvent opposés aux primes parce qu’elles se substituent totalement ou partiellement aux augmentations générales des salaires négociées chaque année pour essayer de récupérer l’inflation. A ce jour seule l’épargne salariale (intéressement, participation, plan d’épargne salariale) échappe à ce fléau grâce à la loi.
    Par contre 1000 euros en plus de l’inflation je pense que tout le monde est preneur.

    • Yueh

      Attention.

      Dans le cadre d’une négociation, les syndicats opposeront aussi quasiment systématiquement la mise en place d’un schéma d’épargne salariale facultatif à la notion d’acquis de rémunération. L’intéressement est seulement conclu pour 3 ans et l’abondement peut être remis en cause à tout moment alors qu’une augmentation du brut est définitive. Seule la participation reste obligatoire pour les plus de 50.

      • Cette rémunération ne devrait venir qu’après les ajustements « logiques » dont la récup de l’inflation et de certaines promos à l’ancienneté nécessaires pour les jobs d’équipe hors cadres (A Riboud) et après les investissements nécessaires en R&D.
        Elle pourrait devenir la marque d’une certaine modification des rapports du capital au salaire, elle ne devrait en aucun cas bénéficier d’avantages fiscaux.
        On peut aussi attendre de pouvoir brûler les actionnaires !

  6. Kerjean

    Cher Paul,

    vous me fîtes l’honneur de me tutoyer il y a peu, mais vu notre considérable différence d’âge je suis tétanisé à l’idée de faire de même, aussi vais-je conserver le vouvoiement , mais, je vous en prie , conserver le tutoiement, c’est un plaisir.

    Or, j’ai beaucoup réfléchi après vous avoir lu, parce que je réfléchi beaucoup après vous avoir lu, à propos du seau de Freud. Ce seau fut une révélation, et jouissive comme toute révélation.

    Il me semble que les gens qui usent et abusent de ce procédé, usent et abusent également de son volet offensif: « tu n’as aucune référence de preuve- ta référence ne vaut rien-bon, elle est inattaquable mais là n’est pas le vrai problème. ».

    Qu’en pensez vous?

    • Julien l’a bien résumée l’autre jour, la question du rapport de force : son patron qui lui dit, « Comme si ça suffisait d’avoir raison ! »

      • Marlowe

        Nous vivons dans un univers où tout est rapport de forces.
        Ce rapport de force fonctionne toujours pour les raisons que les propriétaires du monde ont différentes sortes de police à leurs ordres.
        La plus efficace de ces polices est celle qui met un nombre très important d’individus dans la situation de déni de la réalité.
        Le narcissisme entretenu dès la plus jeune enfance est la base réelle du déni.

    • Henri Laborit dans le film Mon oncle d’Amérique par Alain Resnais :

      Ainsi nos trois cerveaux sont là. Les deux premiers fonctionnent de façon inconsciente. Nous ne savons pas ce qu’ils nous font faire : pulsions, automatismes culturels. Et le troisième nous fournit un langage explicatif qui donne toujours une excuse, un alibi, au fonctionnement inconscient des deux premiers.
      (…)
      Le fonctionnement de notre système nerveux commence à peine à être compris. Il y a une vingtaine ou une trentaine d’années que nous sommes capables de comprendre comment, à partir des molécules chimiques qui le constituent, qui en forment la base, s’établissent les voies nerveuses qui vont être codées, imprégnées par l’apprentissage culturel. Et tout cela dans un mécanisme inconscient. C’est-à-dire que nos pulsions et nos automatismes culturels seront masqués par un langage, par un discours logique.
      (…)
      Le langage ne contribue ainsi qu’à cacher la cause des dominances, les mécanismes d’établissement de ces dominances et à faire croire à un individu qu’en œuvrant pour l’ensemble social, il réalise son propre plaisir alors qu’il ne fait, en général, que maintenir des situations hiérarchiques qui se cachent sous des alibis langagiers, des alibis fournis par le langage, qui lui servent en quelque sorte d’excuses.
      (…)
      L’inconscient constitue un instrument redoutable non pas tellement par son contenu refoulé, refoulé parce que trop douloureux à exprimer, car il serait « puni » par la socioculture, mais, par tout ce qui est, au contraire, autorisé et quelquefois même « récompensé » par cette socioculture, et qui a été placé dans son cerveau depuis sa naissance. Il n’a pas conscience que c’est là, et pourtant c’est ce qui guide ses actes. C’est cet inconscient-là, qui n’est pas l’inconscient freudien, qui est le plus dangereux. En effet, ce qu’on appelle la personnalité d’un homme, d’un individu, se bâtit sur un bric-à-brac de jugement de valeurs, de préjugés, de lieux communs qu’il traîne et qui, à mesure que son âge avance, deviennent de plus en plus rigide et qui sont de moins en moins remis en question. Et quand une seule pierre de cet édifice est enlevée tout l’édifice s’écroule. Il découvre l’angoisse. Et cette angoisse ne reculera ni devant le meurtre pour l’individu, ni devant le génocide ou la guerre pour les groupes sociaux pour s’exprimer.

      On commence à comprendre par quel mécanisme, pourquoi et comment, à travers l’histoire et dans le présent se sont établi des échelles hiérarchiques de dominance. Pour aller sur la lune, on a besoin de connaître les lois de la gravitation. Quand on connaît ces lois de la gravitation, ça ne veut pas dire qu’on se libère de la gravitation. Ça veut dire qu’on les utilise pour faire autre chose. Tant que l’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent, tant qu’on n’aura pas dit que, jusqu’ici, ça a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chances qu’il y ait quelque chose qui change.

      • Alain.Goethe

        @ Paul :
        Merci pour votre Blog, avec vos collaborateurs

        @ fujisan :
        Mon oncle d’Amérique .
        Ce film m’a fait vachement réfléchir ..

        Le stress .. bon jusqu’à une certaine dose .. mais pas +

        Récemment, je parlais de METALEUROPE dans le  » 62″
        Groupe GLENCORE

        avais fait 2 méprises :
        Mr Rich avait ?? arrêté Responsabilité opérationnelle vers 1994 .. ( cf article ce jour  » The independent )
        2ème méprise : En plus de Londres, c’est à HONG KONG qu’ils se  » font coter » et non Singapour [ Singapour .. ça concerne HSBC je crois ]

        lien article sur GLENCORE :

        «  »http://www.independent.co.uk/news/business/news/glencore-sails-straight-into-ftse-with-16367bn-flotation-2268050.html « 

        http://www.independent.co.uk/news/business/news/glencore-sails-straight-into-ftse-with-16367bn-flotation-2268050.html

        l’H est un loup pour l’H ??
        A+

      • Ando

        Il en serait ainsi l’homme ne serait qu’une machine, certes très sophistiquée, mais une machine. Il y a cependant quelque chose en l’homme qui est capable de « voir » au-delà de ses automatismes. Cette même chose qui vous fait participer à un blog. L’inconscient n’est peut-être plus vraiment un problème lorsque cette chose devient capable de discerner l’apparition des manifestations de cet inconscient.

      • Jean-Luce Morlie

        Salut Fuji,

        Il importe d’ajouter que nous nous nous inscrivons dans une histoire humaine de la nature humaine; l’établissement des hiérarchies, correspond seulement à un mode historique particulier d’utilisation du circuit de la récompense; nous pouvons instituer d’autres modalités d’utilisation du circuit de la récompense.

        Le bénéfice primaire de la servitude volontaire est d’obtenir une position dans l’échelle de dominance .

        L’inconscient constitue un instrument redoutable non pas tellement par son contenu refoulé, refoulé parce que trop douloureux à exprimer, car il serait « puni » par la socioculture, mais, par tout ce qui est, au contraire, autorisé et quelquefois même « récompensé » par cette socioculture, et qui a été placé dans son cerveau depuis sa naissance. Il n’a pas conscience que c’est là, et pourtant c’est ce qui guide ses actes. C’est cet inconscient-là, qui n’est pas l’inconscient freudien, qui est le plus dangereux.

    • @ Jean-Luce Morlie
      Prédestinateur adjoint dans Le meilleur des mondes, ça vous va ? ;-)

      Un homme décanté en Alpha, conditionné en Alpha, deviendrait fou s’il avait à effectuer le travail d’un Epsilon-Semi-Avorton. — il deviendrait fou, ou se mettrait à tout démolir. Les Alphas peuvent être complètement socialisés, — mais seulement à condition qu’on leur fasse faire du travail d’Alphas. On ne peut demander qu’à un Epsilon de faire des sacrifices d’Epsilon pour la bonne raison que, pour lui ce ne sont pas des sacrifices ; c’est la ligne de moindre résistance. Son conditionnement a posé des rails le long desquels il lui faut marcher. Il ne peut s’en empêcher. Il est fatalement prédestiné. Même après la décantation, il est toujours à l’intérieur d’un flacon, d’un invisible flacon de fixations infantiles et embryonnaires. Chacun de nous bien entendu, poursuivit méditativement l’Administrateur, traverse la vie à l’intérieur d’un flacon. Mais si nous nous trouvons être des Alphas, notre flacon est, relativement parlant, énorme. Nous souffririons intensément si nous étions confinés dans un espace plus étroit.

  7. Kerjean

    conservez , pardon

  8. pseudo cyclique

    autre exemple de synchronicité : newton et leibnitz ont develoopé le calcul differentiel chacun de leur coté

    • Raoul

      Oui et c’est assez fascinant (en tout cas cela m’avait fasciné)

    • f2s

      De même Turing (Angleterre) et Zuse (Allemagne) ont inventé simultanément l’informatique en 1936, le premier sur le plan théorique, le second en pratique.

      Par contre, l’ordinateur a été créé par Zuse seul en 1941 ; il avait déjà demandé en 1938 un brevet pour son architecture comprenant une mémoire indépendante du processeur et capable de contenir des éléments de toute nature, programme ou données, que seule distingait leur adresse.

      Cette architecture a été réinventée indépendemment par von Neumann en 1945-1946 et a permis de créer l’EDVAC, premier vrai ordinateur des Etats-Unis.

      Plus de détails se trouvent sur mon site : , voyez les Extraits.

  9. Reiichido

    Non décidemment je ne comprends pas ce que vous dites sur le « facteur implicite ».

    Admettons qu’on ait une désactivation d’un système de sûreté. L’ASN ne va pas du tout dire « ouf c’est bon il n’y a rien eu ».

    Je reprends mon exemple:

    il était une fois, dans la centrale XX, en France, un technicien nommé Tartempion qu’on avait chargé d’ouvrir la vanne YY du réacteur n°1. Cet homme, étant fort distrait de nature, a effectué l’action sur le réacteur n°2, tant il est vrai que rien ne ressemble plus à un réacteur nucléaire qu’un autre réacteur nucléaire. Son action aboutit à désactiver un système de sûreté (qui, je précise quand même, est disponible en deux exemplaires minimum car la redondance est un facteur clef de la sûreté nucléaire).

    Cet accident fut classé 1 sur l’échelle INES, car il y eut peu de conséquence. En revanche, étant donné le risque potentiel, cet accident aboutit à ce que l’on adopte un code couleur par tranche, et à ce que l’on précise dans le code d’identification de la vanne le réacteur concerné (1-YY ou 2-YY).

    Si l’ASN émet une estimation basse de la gravité de l’incident, car il n’y a pas eu de conséquences, ça ne l’empêche pas du tout de se comporter comme si l’incident avait pu mener à un accident sérieux, et mettre en place des actions correctives. Et ces actions sont internationales. Lorsqu’on s’aperçut aux Etats-Unis que l’embonpoint d’un opérateur l’empêchait de voir des indicateurs sur le panneau de contrôle, des rampes ont été installées sur le parc Français…

    Les choses se passent donc bien comme vous le préconisez !

    Ainsi, dans les réacteurs modernes tout les systèmes sont redondant en double, quand ce n’est pas en quadruple (pour l’injection de sûreté). Pour l’alimentation en électricité il y a des batteries 2h, des batteries 12h, 4 diesels, et 2 diesels de secours, tout ça disposés dans des locaux différents (Retour d’expérience) et écartés autant que faire se peut, et de technologie différente pour éviter les modes communs (Retour d’expérience). Bien sûr les inspections sont aussi décalées pour éviter les erreurs communes dûes à des inspection simultanées (Retour d’expérience). Et toutes les études de dimensionnement des systèmes sont faites en postulant qu’un système central pour la sûreté n’est pas disponible (critère de défaillance unique) simplement pour s’assurer d’un design robuste.

    PS et sans rapport: notez bien que les pro-nucléaires ne sont pas les seuls à vouloir convertir les enfants: http://nucleaire-nonmerci.net/centralesnucleaires.html
    Mais laissez nos bambins tranquilles, venez plutôt discuter sur le blog de Paul Jorion.

    • Greg A.

      Dans mon domaine de l’informatique on fait la différence entre un dysfonctionnement et un incident. Il n’empêche que dans les deux cas il y a un plan d’action qui doit conduire a la non reproduction du problème rencontré.

      Typiquement un système de secours qui flanche n’est pas considéré chez nous comme un incident mais comme un dysfonctionnement (aucun impact sur l’utilisateur final).
      Cet événement ne sera donc jamais répertorié nul part comme incident même si le risque était énorme.
      Bien sur dans mon domaine le risque et infime par rapport a une centrale nucléaire. (un site web par terre tout au plus, ou quelques transactions financières en retard)

      • Papimam

        Dans le domaine de l’informatique, certains dysfonctionnements à priori mineurs, peuvent conduire à la cessation d’activité de la société concernée, clef sous le paillason. Exemples :
        . crash unités de stockage et sauvegardes inexploitables.
        . programme principal, noeud de l’applicatif ou stratégique & incontournable KO suite à bug et perte du programme source.
        Ce furent mes 2 hantises quand j’exerçais.
        Si ????? alors !!!!!!!

  10. lisztfr

    100% d’accord avec vous sur Marx, et tout le reste également… ! Je viens ds poster un billet sur Marx, dont le contenu rejoint il me semble, votre analyse. On a toujours peur de critiquer ce qui est devenu une véritable icône.

    • fnh

      « Une véritable icône » ? Pour quelques syndicalistes ou le « journal » L’humanité, peut-être, mais sans doute pas pour ceux qui sont au pouvoir, me semble-t-il…

      Ces gens-là n’aiment pas vraiment – ce que fait entre autre M. Jorion – que l’on « rende la honte encore plus honteuse en la livrant à la publicité ». (Marx)

  11. dissy

    “The main enemy of the open society, I believe, is no longer the communist but the capitalist threat.”

    George Soros
    February 1997

    “The main obstacle to a stable and just world order is the United States.”
    George Soros
    June 2006

  12. BA

    Le Titanic a coulé il y a 99 ans, le 15 avril 1912.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Titanic

    La zone euro, elle-aussi, était soi-disant insubmersible. Aujourd’hui, 15 avril 2011, le Titanic « ZONE EURO » est en train de faire naufrage.

    Italie : taux des obligations à 10 ans : 4,732 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

    Espagne : taux des obligations à 10 ans : 5,390 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 8,946 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 9,520 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 13,342 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

    • PAD

      Et l’orchestre redouble d’effort …

    • Alain.Goethe

      Merci BA
      Zone EURO ?? pas évident ..

      Finlandais votent ce WE .. etc ..

      — Et bientôt Anniversaire de TCHERNOBYL ..

      là j’avais morflé .. pendant cette époque
      Mais suis pas le seul

    • Maitre Capello

      c’est marrant toute de meme. A trop exiger en interets les zinvestisseurs (quoiqu’ils soient) vont finir par devoir encaisser les pertes resultant des defauts de paiement qu’ils auront provoqués.
      Alors de deuchozlune : soit la deregulation financiere montre ici à quel point c’est un canard sans tête, en moins futé, soit La Force (Luke, La Force…) est puissante dans ce recoins de l’univers

      • Marlowe

        La vérité c’est que le monde est dynamique et que ce mouvement, parfois appelé croissance (dont Marlowe prétend qu’elle est au service de la dette plus que la dette à son service) ne peut plus être arrété sans provoquer de catastrophes de toutes natures, à l’image de ces centrales nucléaires dont l’actualité parle (peu et mal, mais cela permet aux médias de ne pas parler des autres catastrophes économiques et écologiques)

        Un auteur célèbre, quoique fort dissimulé, disait que l’une de ses phrases les plus terribles commençait par « dans le cours du mouvement ».

  13. ploucplouc

    Vous dites que les syndicat ne vous comprennent pas. Mais vous ne voulez pas la mort du capitalisme Vous voulez le réparer et rependre les règles en vigueur dans les année 50 avec la différentiation de banque de dépôt et banque d’affaire (qui fait des paris) comme disais madame Lagarde quelle vision archaïque mais je pense que vous avez raison rien ne vaut le réelle .
    Pour parler du nucléaire vous dite le facteur implicite oui il y a un facteur implicite le plus débile des débile fera tout pour rester vivant. Face à ce destructeur de vie et de la vie en général même des virus . Qui que nous soyons et qui bouge encore pense qu’il ne serait pas touchez mais l’avenir du nucléaire c’est la mort de toute vie.

  14. Le Renard

    je pense que c’est a Mr Jorion de comprendre les syndicalistes et non l’inverse

    une augmentation de salaire est préférable a une prime de 1000€

    • Julien Alexandre

      L’une n’empêche pas l’autre. Question d’ambition.

      • Mianne

        Seuls les cadres supérieurs peuvent exiger l’une et l’autre, pas le petit personnel corvéable et remplaçable.
        Contrairement à l’augmentation de salaire, une prime éphémère peut très bien ne pas être renouvelée l’année suivante par un simple jeu comptable et ne donne pas nécessairement d’apport supplémentaire de cotisations à l’assurance -maladie et de points de retraite au salarié .

      • Et il est dit que cette prime de 1000 € pourrait donner un allégement de charges sociales et fiscales aux entreprises qui la verserait.
        On continue à nourrir la « bête » !

    • PAD

      Les grandes centrales syndicales n’ont plus aucune représentativité – au sens de nombre d’adhérents – réelle en France.
      A croire que cette histoire des 1000 Euro n’est que démagogie gouvernementale en vue des élections … et d’une réponse syndicale, à cette proposition, prévisible !

    • lisztfr

      La CFDT d’après les papiers postés ici, nourrit toujours l’espoir d’une sortie de crise possible, par des moyens conventionnels.

    • edith

      Le Renard :

      un tien vaut mieux que deux tu l’auras

    • izarn

      La défense du prolétarait pour lui meme…N’était pas marxiste ni léniniste:
      Selon Hannah Arendt : « Le régime bolchevique a dépouillé les conseils (les soviets, selon leur appellation russe) de leur pouvoir alors qu’il était encore dirigé par Lénine, et a volé leur nom pour s’en affubler alors qu’il était un régime anti-soviétique »
      Je ne crois pas que les syndicalistes font une analyse marxiste, et que c’est pour cela qu’ils ne comprennent pas Barroin…
      Le salarié veut depuis les soviets, que son travail ne lui soit pas seulement acheté, ce qui l’exclu ipso facto de toute participation dans l’entreprise capitaliste. Ainsi il obéit parqu’il a vendu son travail.
      Si le travail est considéré comme une force dans l’entreprise, un principe essentiel dans l’enrichissement du capitaliste, il doit pourvoir participer aux décisions de l’entreprise, à la distribution des « dividendes » autant que les possédants des machines outils, murs et brevets…
      Ce principe est utilisé dans les SCOP.
      Ainsi il existe bien une lutte des classes, et la puissance des salariés s’exprime dans les greves qui font régulierement perdre des millions d’euros aux capitalistes .Donc ce pouvoir, existe bel et bien aux cotés du pouvoir de la finance. Mais il n’est pas reconnu.
      On comprends alors l’arnaque de Barroin: Cela consiste seulement dans la stratégie de la carotte: Plus le salarié bosse, plus il y a de dividendes et plus il en touche. Malheureuseusement ce n’est pas du tout lui décide. Et l’expérience montre que l’entourloupe n’est pas loin. Par exemple les dividendes peuvent servir à grossir le capital (Investissements, OPA, etc…), au profit des actionnaires seulement…C’est tellement simple de trouver la parade pour eux!
      Le salarié prefere donc une augmentation directe du salaire, car le rapport de force lui est bien plus favorable!

      • izarn

        Petite erreur: Evidement les capitaliste peuvent ne pas distribuer les bénéfices en dividendes mais les investirs, ou pour payer les interets d’un nouvel emprunt…

      • Cécile

        En avril, certaines annonces, ne relèveraient-elles pas de la blague…. (poissons d’avril …. )

  15. Antoine

    Merci pour cette mise en perspective de l’outil qu’est le blog, que je n’avais pas vue :)

  16. Papillon

    La vérité vient toujours effacer des rêves.

    (j’ai trouvé du travail… et un salaire trop petit !)

    • Maitre Capello

      la réalité vient toujours saccager les rêves.
      felicitation pour votre job. Et bon courage!

    • Alain.Goethe

      Félicitations
      Même si c’est pas  » énormément payé », ça permet de continuer , de garder sa dignité etc .. Bon courage

    • Mianne

      Bon courage, Papillon . Habitué à vivre avec peu, vous serez mieux armé pour survivre que les nantis quand le système finira par s’effondrer .

  17. ventilo

    Schéma saisissant des écarts de redistribution aux USA dans les 35 dernières années :

    schéma chez The Lookout

    Traduction libre et rapide du début :

    Il (le schéma) montre que les 30 années suivant la seconde guerre mondiale ont été une époque de prospérité largement partagée : les revenus des 90% de ménages « du bas » ont grossièrement suivi le rythme de la croissance économique.

    Mais sur les 35 dernières années, il y a eu un changement radical: La croissance totale a ralenti marginalement, mais le vrai changement a été dans la façon dont les résultats de cette croissance ont été répartis. Désormais, les 90% « du bas » ont vu leur revenu s’élever seulement d’une fraction minuscule de la croissance totale, pendant que le revenu pour les 1% les plus riches a explosé de plus de 275%

    • On le savait, ventilo, mais merci quand même car votre graphique est très parlant, et c’est toujours bon de rappeler ce phénomène. Merci aussi pour la traduction, c’est rare que les commentateurs bilingues s’en donnent la peine.

  18. Claude L

    Jacques Repussard est depuis mars 2003 le directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), premier organisme français d’expertise dans le domaine du risque nucléaire.

    Il termine son interview sur le site Médiapart par cette réflexion, à rapprocher du calcul fait par Paul.

    « L’objectif de la sûreté est de réduire la probabilité qu’il se produise un accident grave à 1/100.000 par an. Or, aujourd’hui, dans le monde, il s’est produit trois accidents graves (Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima). Et si l’on prend en compte toutes les centrales en service, on en est à 14.000 années réacteur (l’équivalent d’un réacteur qui aurait fonctionné pendant 14000 ans). Trois accidents sur 14.000 ans, c’est une fréquence réelle des accidents graves vingt fois supérieure à l’objectif. Notamment parce que les modèles probabilistes qui décrivent cet objectif ne prennent pas assez en compte l’aléa naturel et le facteur humain… »

  19. jducac

    Excellente vidéo. Ce qui me fait surtout plaisir c’est de partager votre avis sur l’évolution favorable des choses. Votre blog donne effectivement l’impression d’être influent. C’est très réconfortant que, par la simple analyse contradictoire des faits et sans faire appel à des révoltes et des contestations destinées à servir des théories préétablies et donc dépassées, il apparaisse effectivement possible de faire bouger les lignes.

    Pour tout vous dire, et alors que j’interviens souvent en opposition à la majorité des avis émis, parfois même contre le vôtre, j’ai moi aussi le sentiment d’être en partie entendu, bien que certains veuillent me classer dans l’hérésie. La naissance d’un tel sentiment résulte probablement d’une illusion ou d’une excessive prétention, mais je tenais à vous en faire part. Cela veut peut-être dire que le blog tend à se situer dans une position médiane.

    Bravo à vous et à votre équipe. Vous faites avancer les choses en suscitant l’analyse objective et contradictoire des faits, par un grand nombre d’approches diversifiées. C’est certainement ce qui donne de la crédibilité et de la force à votre blog.

  20. LEROY

    Ci-joint pour ceux qui ont du temps le lien sur la présentation par Phil Angelides « des conclusions de la commission US sur la crise financière » à la commission CRIS du parlement européen (en français :) )
    http://www.europarl.europa.eu/wps-europarl-internet/frd/vod/player?eventCode=20110411-1600-COMMITTEE-CRIS&language=FR&byLeftMenu=researchcommittee&category=COMMITTEE&format=wmv#anchor1

  21. Bruno

    « En politique, il faut toujours laisser un os à ronger aux frondeurs. » Joseph Joubert

  22. vivma

    Deutsche Bank se remettrait en question ?

  23. OK, avec votre « dossier haut comme ça » sur l’agonie du capitalisme, je ne peux plus ramener ma fraise ! Mais je vais renouveler ma panoplie de désaccords pour continuer à vous empêcher de dormir…

    Ben, justement, il se trouve que je suis plutôt d’accord avec les syndicalistes, rapport à la prime de 1000 euros, car elle ne pourrait être donnée que dans les entreprises qui distribuent des dividendes : il saute aux yeux que ce serait un privilège pour certains salariés.

    • de passage

      Désolé de vous décevoir , même si sur le fond vous avez raison je suis en accord avec ce que dit le temps qu’il fait ..Syndicaliste de base , j’éprouve toujours un malaise face à ceux qui refusent et réfutent tout en bloc. Leur NON vindicatif et systématique me fatigue , aucunes négociations ne trouvent un but, une amélioration . Le travail de certains syndicalistes qui s’efforcent d’améliorer et d’obtenir des droits et émoluments supplémentaires sur un fait, une situation , des améliorations sur les conditions de travail , qui de toute façon auraient eu lieu ( dans la douleur ? ) sont tout de suite rejetés , raillés , méprisés . Néanmoins sur les accords qu’ils signent , je n’ai vu encore à ce jour , personne les refuser . N’est pas paradoxal ?
      Les partisans du Non , sont dans leur rôle , les partisans du oui dans le leur aussi , est-ce pour autant qu’ils sont dupes ? Faire un petit pas, obtenir une avancée, un petit quelque chose peut servir aux autres , les petites sources font les ….., même si la majorité n’en profite pas, tout de suite . Je préfère, des syndicalistes qui parfois signent des accords , le jour ou ils disent NON à mes yeux , obtiennent plus de poids que ceux qui répètent inlassablement NON. Pensez-vous pour autant que je vende mon âme au diable ?

      • Vous ne me décevez pas, vous ne répondez pas à mon post. Que les syndicalistes soient dans le « non vindicatif et systématique » est une autre histoire.

      • Thom Bilabong

        @ Crapaud
        La prime est exceptionnelle, moins onéreuse pour l’entreprise et exceptionnelle comme son nom l’indique. C’est un peu le « loto » toute chose égale par ailleurs.
        Le salaire est une rétribution du travail au sens où il est « pérenne », c’est à dire récurrent, donc constitutif des coûts de production.

        Désolé, Crapaud, les FAITS sont têtus.
        Sursum corda.

      • Thom Bilabong, que vient faire votre petite leçon sur les différences entre prime et salaire ? On les connaît. Suis-je censé en déduire quelque chose eu égard au sujet qui est, rappelons-le, une prime forfaitaire de 1000 euros pour les salariés des entreprises qui distribuent des dividendes ?

    • Thom Bilabong

      Je vous ai mal lu, Crapaud. Ou alors il manque qq chose dans votre poste.
      J’ai lu que vous étiez opposé à la prime car elle ne bénéficie qu’à certains salariés et pas à d’autres, faute de bons résultats de leur entreprise. Me suis-je trompé ?
      Les partisans de la prime disent qu’un tien vaut mieux que deux tu l’auras.
      Que disent les autres (vous) ? Que la prime n’ira pas à tout le monde, donc « je suis contre » par principe.
      Que disent encore d’autres (moi): une augmentation, même minime, est mieux qu’une prime. On ne peut revenir dessus, du moins à court terme.
      Je ne dis rien d’autre. En fait, je n’arrive pas à me figurer quelle serait la bonne solution en dehors d’une augmentation des salaires, un peu forcée par les pouvoirs publics. Je suis sans doute naïf.

      Au fait, au lieu d’être contre la prime, pour quelle solution êtes-vous ? Ca évitera les malentendus.

      • Mon premier post dit clairement que je suis contre cette prime, parce qu’elle serait injuste faute d’être distribuée à tous les salariés. Et, comme je le dis dans d’autres posts, ce serait d’autant plus injuste que les profits se répartissent, entre entreprises clients-fournisseurs, selon des rapports de force. Je ne me prononce pas pour autant sur une augmentation des salaires, c’est une autre histoire.

  24. Pablo75

    À propos de faits, de sens, d’illusions, on a résolu récemment le problème de Molyneux:
    ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Probl%C3%A8me_de_Molyneux)

    « The newly sighted fail to match seen with felt »
    http://www.nature.com/neuro/journal/vaop/ncurrent/full/nn.2795.html

    Un article plus simple en espagnol:
    http://www.abc.es/20110412/ciencia/abci-cientificos-resuelven-acertijo-molyneux-201104121629.html

  25. Pablo75

    Et à propos de la cécité que produisent les idéologies:

    « Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont. Nous les voyons telles que nous sommes. » (Anaïs Nin)

    • BasicRabbit

      @Pablo75 « L’objet de notre esprit est notre corps existant, et rien d’autre » Spinoza
      Une remarque d’ex-matheux. Le problème de Molyneux (que je découvre) me fait penser au problème de Kac, « Peut-on entendre la forme d’un tambour? ».

  26. octobre

    Bernard Stiegler : crise du désir 1/2 et 2/2
    Il y est beaucoup question de Freud, du rapport à l’autre, des objets, de « synapse » et du capitalisme bien sûr…
    Entretien d’avril 2008 toujours d’actualité. Philosophe alerte et passionné.

    • PAD

      Intéressant

      Le capitalisme est un système de croyance …
      Le comportement pulsionnel, la destruction de son objet …
      Le passage sur TF1 est sans équivoque …
      Le nouveau prolétariat …
      Il parle aussi de l’économiste Jean-Luc Greau qui aurait prévu la crise des sub-primes en 2003 …

  27. Jacques

    Bonjour
    Il y a longtemps , j’avais lu dans les économiques de M Samuelson que la formation du prix était déterminé par la concurrence sur le marché . C’est une définition qui me convenait , c’était simple .Bien sur je pense qu’il parlait de concurrence pure , sans cartel, pressions ou organisation politiques ,ou particularisme du produit verrouillé par des brevets….. , là il n’y a plus de concurrence mais monopôle ou prévalence sur le marché. Le lobbying sert souvent à celà .
    Pour ce qui est des 1000 € de prime pour les salariés , je pense que dans un environnement ou le pouvoir d’achat stagne, ou l’inflation repart tout le monde est preneur
    Ce qui me gène dans cette affaire , c’est la manière de l’annoncer , sans précision , vers les salariés mais lesquels , dans quelles entreprises , les petites , les grosses celles du Cac, toutes ? Sur le fronton de nos ; Mairie, il est inscrit Egalité c’est une des devises de notre République , celui qui n’aura rien ,pour plein de raisons , ne se sentira t’il pas lésé . De plus , cette manière de communiquer de l’état n’est pas très plaisante , celui ci répand ses prébendes par ordonnance , et surtout avec l’argent des autres . Sous l’ancien régime on aurait compris , cela me paraît une façon de faire qui appartient au passé , celle de l’entreprise ou le paternalisme bourgeois régnait . Bien sur, nécessité fait loi ( des échéances électorales , un mécontentement général à calmer …..)
    Quand aux syndicats , ils mènent une politique , il est rare qu’ils soient d’accord avec nos gouvernants
    En tout cas , cela met le doigt sur le problème de la répartition des gains dans l’entreprise, c’est une évolution notable dans l’évolution de nos sociétés et en sous jacent la question de a quoi sert l’entreprise en dehors du capitalisme prédateur
    Vaste programme , bon courage à tous
    Bien cordialement

  28. vigneron

    « Otelo » amer devant l’état du Portugal…

    S’il avait su où en arriverait le Portugal, l’ancien « capitaine d’avril » Otelo Saraiva de Carvalho n’aurait « pas fait la révolution des œillets » qui mit fin à la dictature de Salazar en 1974, a-il déclaré mercredi 13 avril dans un entretien à l’agence Lusa. »

    (Sud Ouest)

    • Philippe MEONI

      En Espagne également… Ce type de réflexion au sujet du franquisme commencent à reprendre de l’ampleur…
      Mon voisin (82 ans) me disait qu’il préférait une vraie dictature où tout le monde pouvait travailler, se loger, se chauffer et manger que cet autre dictature. financière, qui a jeté, depuis le début du mois, 700 000 familles à la rue, sans aucun subside…

      • Marlowe

        Les Russes pensent de même, et de plus en plus d’individus dans l’Europe.

      • M

        une dictature n’est jamais souhaitable, en aucun cas …mais nous ne sommes déjà plus en démocratie …nous sommes dans une dictature molle, qui cherche peu à peu à tout contrôler …
        ceux, les personnes, qui préfèrent cette idée sont ceux qui en étaient partie prenante à leur époque …

  29. Mandarin

    Intéressante initiative :

    « Le collège des bourgmestre et échevins de Gand a décidé de retirer un montant évalué entre 30 et 35 millions d’euros des banques Dexia et KBC. « Nous réagissons de cette manière aux bonus confortables octroyés aux patrons », a expliqué vendredi l’échevin des Finances Christophe Peeters (Open Vld). »

    http://www.7sur7.be/7s7/fr/1536/Economie/article/detail/1251285/2011/04/15/Gand-s-attaque-aux-bonus-des-patrons-de-Dexia-et-KBC.dhtml

    • bsna

      Immédiatement Dexia fait un communiqué pour stipuler que tout est fait non selement dans la légalité du pays mais aussi européenne.
      Manifestement, les banques ne veulent pas comprendre l’écoeurement de la population au sujet de leurs agissements. L’écoeurement devant des gens qui n’arrêtent pas de s’empifrer n’a rien à faire de la légalité.

      • Philippe MEONI

        Au moins, ce sont des gouvernants responsables et avisés… Comment les inciter à se reproduire au plus vite ?

      • Martine - Bxl

        « Manifestement, les banques ne veulent pas comprendre l’écoeurement de la population au sujet de leurs agissements. L’écoeurement devant des gens qui n’arrêtent pas de s’empifrer n’a rien à faire de la légalité »….Surtout quand on sait la mouise dans laquelle Dexia met certaines communes en Belgique et en France !

      • Marlowe

        Les banques ne comprennent pas !
        Mais les banques ne sont pas là pour comprendre ni même penser.
        Les banques sont là pour amasser et pour survivre.

    • M

      Le collège des bourgmestre et échevins de Gand

      ça vous a un petit goût de « Kermesse héroîque » ….
      Bravo !
      Mais qu’en ont-ils fait ?

      Gand, quelle belle ville !

  30. Pipas

    Ce matin sur France Inter l’ancien ministre dont l’avis actuel nous est parfaitement indispensable, j’ai nommé Claude Allègre, qui publie « Faut-il avoir peur du nucléaire? », a une énième fois débité des insanités du style que se passe-t-il à Fukushima, nous avons à peine une quinzaine de techniciens qui ont reçu des doses de radiations excessives, à côté nous avons des dizaines de milliers de morts à cause du tsunami etc…

    Paul, il n’y a pas si longtemps, vous vous demandiez où étaient passés tous les nucléophiles qui s’offusquaient d’une comparaison avec Tchernobyl: ils sont toujours là, ils n’ont même pas ciller.

  31. hema

    Résumé de la réunion des économistes atterrés : Université Bordeaux 4, 14 Avril 11

    Orateurs principaux
    Jean-Marie HARRIBEY (Retraité, Membre d’ATTAC)
    Frédéric BOCCARRA (Fonctionnaire INSEE)
    Matthieu X (Pas présenté)

    Tout d’abord une précision pour Paul, si ils se nomment « atterrés », ce n’et pas parce qu’ils sont tombés de l’armoire en septembre 2008, mais parce qu’ils ont été atterrés par l’indigence des mesures prises pour y remédier (au delà des belles paroles non suivies d’effets de fin 2008).
    Ils se présentent plutôt comme hétérodoxes, je n’ai pas lu le CV des 1000, mais ça me semble vrai pour nombre d’entre eux (au moins les 5 que je connais).
    Fréquentant ce blog depuis un an, je n’ai pas appris grand-chose sur le diagnostic de la crise et les perspectives, mais mon intention était plutôt de voir où ils en étaient dans leur démarche de sensibilisation et comment ils voulaient faire passer leurs idées dans le concret.

    Orientations majeures : 3 axes

    -Lutte contre les paradis Fiscaux (comment ???)
    -Taxation des transactions financières (pas ATTAC pour rien)
    -Last but not least, Encadrement très strict de la spéculation, voire interdiction pour certains produits dérivés.

    La dernière mesure est présentée comme majeure par rapport aux 2 autres, il ne me semble pas que c’était le cas, même chez les hétérodoxes, il y a 2 à 3 ans, comme quoi, effectivement, les idées diffusent.

    Vraies ou fausses bonnes idées

    -Sortie de l’Euro : Fausse, ça ne résout aucun problème et peut en créer de nouveaux

    -Restructuration de la dette des états : Vrai, en considérant que, au minimum, une partie de la dette est complètement illégitime.

    -Création monétaire par la BCE : plutôt vrai, si associé à un plan solide de reconversion de l’économie pour prendre en compte la nécessaire mutation écologique

    Bref, rien de très original pour les bloggeurs avertis que nous sommes, mais du bon sens et .. beaucoup de prudence, il faut dire que pour parler d’une même voix et décliner des mesures précises à 1000 économistes, ce n’est pas simple.

    Comment ?

    C’est la question qui tue, et vous vous imaginez bien qu’elle a été posée, la réponse est ambiguë, entre un vague espoir et un certain embarras (tirent-ils tous dans le même sens ???) .
    En gros, ils comptent beaucoup sur les associations et les syndicats, au niveau Français et Européen, et ils espèrent pouvoir faire pression avec les citoyens sur certains politiques de « gauche », sans les nommer (faut dire qu’il y a l’embarras du choix, surtout l’embarras, d’ailleurs).
    Bref, sans préjuger de la suite, ce mouvement mérite à mon avis l’attention et le soutien, ça ne m’empêchera pas de rester ici pour avoir un peu d’avance.

  32. ML

    J’ai lu votre interview par Laurent Etre dans « l’Humanité » et l’idée saugrenue suivante m’est venue. Mais qui donc dans cette affaire [ce face à face] est le communiste ? A mon avis, c’est vous et non l’inverse comme on serait en droit de l’attendre, ou comme il devrait en découler de cette situation ! Ceci étant, je ne suis qu’un vieux bonhomme pas spécialiste de ces choses.

    Concernant la plus value, Marx a aussi abordé la question de la rente foncière liée au partage du monde et au droit de propriété privé qui s’origine effectivement loin dans l’histoire.

    Tous les auteurs [je crois] se réclamant du marxisme dénoncent la main mise du capitalisme financier dans le fonctionnement actuel du système ainsi que son caractère parasitaire. Ainsi par exemple Jacques Bidet et Gérard Dumenil dans « Altermarxisme : un autre marxisme pour un autre monde ». Ils préconisent l’euthanasie de cette couche sociale tout en indiquant rester dans une économie de marché. Je ne vois pas grande différence entre leur approche et la votre, sur ce point tout au moins. D’une certaine manière, c’est aussi ce que ‘’j’espère comprendre’’ de la démarche chinoise quand ils disaient, et disent encore ? ‘’vouloir tenir le tigre en laisse’’. Je souhaite qu’ils le tiennent vraiment en laisse ! Le fait que la dernière crise n’ait pas débouché sur la mise en cause radicale de l’oligarchie financière en place est signe de notre état de dépendance à ce système. Dans cet échec, le mouvement communiste occidental a une part de responsabilité déterminante. C’est bien beau de se déclarer à la recherche d’un système alternatif à un système prétendument honni, faisant penser à la quête du Graal, il s’agit tout de même de gérer le présent et l’avenir immédiat pour tout un chacun et donc le peuple. ‘’… changer le cadre de la répartition du surplus…’’ me parait être effectivement l’impératif de l’heure.

    Merci et bien à vous.

    ML

  33. Philippe MEONI

    Bonjour Monsieur Jorion,

    Nul doute, à mes yeux, que vous faites partie du très peu d’analystes dont la crédibilité ne peut être remise en question. Votre Blog, les contributions de toute l’équipe et les commentaires éclairés m’ont beaucoup appris depuis que je le fréquente.
    J’y ai trouvé beaucoup de réponses à mes questions, croyant aussi totalement probable la fin d’un système à l’agonie, alors que d’autres tiennent d’autres discours lénifiants, pleins de promesses auxquelles bon nombre ne croit plus…
    Et à ce sujet, ma véritable interrogation est de savoir ce qui se passerait le jour où le château de cartes que vous mentionnez viendra effectivement à s’écrouler ?
    J’ai, au travers de nombreuses lectures, principalement sur le web, pu trouver foule de scénarii plus ou moins fantasques ou crédibles mais ne peux m’en contenter…
    Bien que ne gouvernant que ma pauvre et modeste existence, j’aime anticiper et tenter d’en prévoir le déroulement futur surtout lorsque celui-ci est à la merci des mécréants.
    Je ne suis probablement pas le seul à m’interroger de la sorte et, sincèrement, j’aurai beaucoup d’intérêt à lire un prochain billet, cousu main, « made by Jorion », qui pourrait peut être reprendre le titre de « le jour d’avant », issu de votre expérience anthropologique, sociologique, financière…
    Qui doit l’argent à qui ? Le système a t-il réellement une chance d’être sauvé ? Et si non, si les banques s’écroulent demain, quid des devises pour fabriquer et acheter notre pain quotidien ? Quels seraient les premier signes d’un VRAI chaos « général » ? Où commencerait-on à les voir ? Doit-on se préparer à une éventuelle période de guerre civile, d’anarchie totale, la loi du plus fort ?
    Vous me direz que vous n’avez pas toutes les réponses, cependant, je ressens comme très important que vous nous livriez VOTRE sentiment personnel, vos propres intuitions nourries de vos nombreuses expériences et connaissances…
    Vous l’avez déjà fait en prédisant la crise des subprimes et rendriez probablement un grand service à bon nombre d’humains en nous éclairant par une sorte de nouvelle du type « anticipation », se démarquant de la science fiction dont nous abreuve les pouvoirs chaque jour…
    Un énorme merci par avance d’y penser, pardon pour ma candeur, et, dans l’attente de vous lire, mes salutations des plus distinguées. Philippe

  34. Pablo75

    « Cécité européenne.

    Voilà, la notation Irlandaise vient d’être – à nouveau – rabaissée et ce alors que ce petit pays embarqué depuis deux ans dans une austérité sans précédent a subi une contraction totale de son P.I.B. de plus de 11% sur cette période! Quant à l’économie grecque, elle a perdu 7 points de P.I.B. en cinq trimestres, c’est-à-dire entre le quatrième trimestre 2009 et le dernier de 2010. Par quel tour de force ces deux nations pourraient-elles réduire davantage leurs déficits alors même que leur économie décroît? La seule option – en réalité – reste le défaut… »
    (Michel Santi)
    http://www.gestionsuisse.com/2011/cecite-europeenne/#more-2159

    • j’ai entendu M Claude Bébéar à la radio cet après midi qui considère que l’on ne devrait pas noter les états, en disant celà , qui faut il noter ? « les banques  » et leur engagement sur ces états, on risque d’avoir des surprises si elle passent en première ligne

    • Greg A.

      C’est parce que la seule option reste le défaut que la note de la dette est dégradée.
      C’est la logique même du système et si cela avait été fait avec les subprimes, le capitalisme aurait peut être un peu plus de sursis.

  35. Juste un témoignage au sujet de la prime de 1000 €.
    Cette mesure si elle est appliquée, est injuste car elle ne concernerait que 5 millions de salariés sur 20, le CAC40 et les grandes entreprises étant principalement ciblés.

    Je suis contractuel dans la fonction publique hospitalière.

    – Les salaires sont bloqués pour au moins 3 ans afin de participer à l’effort de réduction du déficit public.
    – Un fonctionnaire sur 2 partant en retraite n’est pas remplacé, productivité + pour un gain égal.
    Je ne touche déjà pas « la prime de service » qui équivaut à un 13èmme mois parce que n’étant pas titulaire.
    – Perte de pouvoir d’achat en 8 ans : 10.000 € !
    – Pourtant, selon la Constitution, à travail égal, salaire égal.

    Sur 5 millions de fonctionnaires en France, plus de 900.000 sont contractuels.
    Si il devait être versé cette seule « prime de service », cela en coûterait plus d’1 milliard d’€.

    Évidemment, le gouvernement ne veut pas s’engager dans une telle dépense.
    Mais s’agit-il d’une dépense véritable ?
    La valeur ajoutée d’un service public est-elle quantifiable en terme de bénéfices et de quels bénéfices parle-t-on ?
    De rentabilité, retour sur investissement ou du bénéfice d’un confort thérapeutique et /ou de quelconque lien social ?

    Puisque qu’une gestion managériale est désormais de rigueur dans ce secteur, cela est-il compatible avec ce qui fait les fondements même d’un Service Public, non rentable financièrement mais ô combien profitable socialement pour la société toute entière !

    L’indispensable lien social que représente le service public a certes un coût, mais il ne peut, en aucun cas, être assujetti aux règles et à la loi du « marché ».

    Je ne suis qu’un simple cuisinier en contrat privé, dans une institution psychiatrique publique.

    Quand j’entends les effets d’annonce d’une présidence via son gouvernement, sur le versement de primes éventuelles en faveur d’une redistribution de la richesse produite du seul CAC40, je me marre !

    À quand la redistribution financière d’une richesse sociale invisible mais bien réelle ?

      • Enigma

        J’adhère également à votre propos.
        Cette prime de 1000 euros concernent des salariés qui bénéficient déjà de beaucoup d’avantages en tant qu’employés d’entreprises du CAC 40.
        J’en ai déjà discuté sur ce blog. Par le biais des comités d’entreprises, ils ont la cantine/restaurant quasiment donné, des bons d’achats à prix réduits auprès des grandes enseignes, 13 mois 1/2 payé, des colonies de vacances pour les enfants et de voyages organisés à prix bradés, des actions de l’entreprise offertes engendrant donc des dividendes, etc.

        Bien sûr, je n’ai rien contre le fait qu’il touche 1000 euros en plus, mais déjà je trouve que cela devrait se moduler en fonction des salaires. parce ce que parmi eux il y a des hauts revenus qui n’en ont pas besoin.

        D’autre part j’estime que ce n’est pas eux qui ont besoin de coup de pouce, mais plutôt la majorité des gens qui travaillent dans les petites entreprises qui n’ont pas les moyens de s’ offrir cet augmentation de pouvoir d’achat, les précaires etc.
        Donc, je crois que l’offre intéressante serait que les entreprises du CAC 40 reversent les 1000 euros aux plus défavorisés

      • Julien Alexandre

        @ Enigma

        Votre commentaire, c’est le triomphe de la classe dirigeante, et accessoirement l’illustration absolue du vieux principe du « diviser pour mieux régner ». Les autres ont des avantages ? Et bien plutôt que de prétendre étendre ces avantages à tout le monde, modulons-les pour créer encore plus de divisions… Le privé contre les fonctionnaires, les avantagés contre les assistés, les flics contre les gendarmes, etc. C’est magique, ça marche avec tout.

      • Enigma

        @Julien Alexandre

        Je crains que vous n’ayez mal saisie mon propos ou alors je me suis mal fait comprendre…

        Je ne vois absolument pas en quoi , j’élève le privé contre les fonctionnaires etc…
        Il est évident que les entreprise du CAC 40 ont des moyens dont ne disposent pas les autres entreprises en matière de redistribution. Donc comme, elles redistribuent déjà à ses salariés; ce qui me semble juste, c’est que justement ceux qui n’ont pas droit directement àcses avantages puissent à leur tour toucher un peu de ce pactole qui normalement ne va qu’aux salariés du CAC 40.

        Donc je dis que plutôt que d’augmenter de 1000 euros les salariés du CAC 40 , il vaudrait peut être mieux aider ceux qui en ont le plus besoin … je ne vois pas en quoi cela dresse les uns contre les autres.

      • Julien Alexandre

        Le problème, c’est que plutôt que de jouer le cumulatif – les 1000 € ET aider mieux les autres, vous proposez de trancher : l’un ou l’autre.

      • Enigma

        @Julien Alexandre

        le problème c’est que si c’était possible, je serais volontiers pour les 2 , mais je peux vous dire que je travaille pour différentes petites entreprises qui n’ont même pas les moyens pour certaines de donner des tickets restaurants; et pour d’autres elles sont tellement à flux tendu que je touche mon salaire plutôt vers la fin du mois que vers le début. Alors imaginer de leur demander une prime de 1000 euros alors qu’il n’en ont pas les moyens j’ai beau chercher la solution miracle je ne vois pas ….

      • Julien, je ne suis vraiment pas d’accord avec : « et accessoirement l’illustration absolue du vieux principe du « diviser pour mieux régner ». » ! Justement, je m’étonnais que le MEDEF n’ait pas accepté cette prime pour… diviser les salariés ! Le diviseur, c’est bien cette prime, non ? J’y vois une injustice criante car les boîtes du CAC40 font leurs bénefs aussi en mettant la pression sur leurs fournisseurs qui ne distribuent pas de dividendes pour la majorité. Je m’étonne que Paul n’y ait pas pensé d’emblée. Cette prime fait de ses bénéficiaires les complices de l’exploitation des autres. Charmant !

      • hema

        @Julien
        Je plussoie sur les commentaires de Enigma et de notre batracien, il ne s’agit pas seulement que le dessus du panier des travailleurs ait un peu plus selon le bon vouloir , ou l’humeur du jour, du prince, mais que tout le monde ait le nécessaire, (voire un peu de superflu), et on en est très, très, loin. Cette mesure est un leurre.

      • Vous dites : je préfère que cet argent soit distribué en dividendes. Réfléchissez une seconde.

      • Cécile

        Moi, qui reste convaincue, que de toute façon, rien ne se fera, … (que c’est un poisson d’avril …), je me dis que c’est très bien que s’engage un débat sur cette question-là (redistribution …)

      • Nicks

        @Paul Jorion

        Si vous réfléchissez deux secondes, vous vous apercevrez que c’est une vision court-termiste, comme celle de nos amis financiers, et que cela légitime à la fois les dividendes et le management associé. It’s a trap !

    • PAD

      Les syndicats auraient dû dire, Banco les 1000 Euro, lundi je ne peux pas, j’ai golf … mais mardi 8H00 pour l’encaissement :-)

    • jducac

      @ Sam’s dit : 15 avril 2011 à 18:52

      L’indispensable lien social que représente le service public a certes un coût, mais il ne peut, en aucun cas, être assujetti aux règles et à la loi du « marché »

      Vous travaillez dans le secteur public et, comme la plupart de ceux qui travaillent dans ce secteur, vous pensez ne pas être assujetti aux lois du marché. C’est à mon avis, une très grave erreur.

      En effet, tout €uro dépensé dans le secteur public provient d’une ponction opérée sur la valeur ajoutée dégagée dans le secteur concurrentiel en particulier dans le secteur exposé à la concurrence internationale. Or, dans un pays comme la France qui ne dispose pratiquement plus de ressources minérales et fossiles, tout ce qui peut être vendu pour couvrir ses importations ne peut venir que de ce quelle sait produire de manière compétitive donc selon les lois du marché.

      Si le secteur public devenait moins performant ou plus coûteux, il entraînerait une ponction supérieure sur la valeur ajoutée vendue à l’exportation qui alors, deviendrait moins compétitive et ne manquerait pas d’être éliminée à terme.

      Par effet rétroactif, le secteur public finirait par recevoir moins que ce qu’il recevait antérieurement. Mais ce réajustement ce ferait avec retard, et entre temps, l’Etat se serait endetté. Dès lors, ce serait un effet boule de neige qui s’enclencherait, car du fait des intérêts à payer, la dette et sa charge pèseraient de plus en plus lourd dans le budget de l’Etat. C’est dans une telle spirale infernale que la France s’est engagée depuis les années 70 ce qui a conduit, mais bien trop tard, à la mise en place d’un plan de décroissance des dépenses et des effectifs dans la fonction publique.

      Ce que je viens d’exposer me semble indiscutable et compréhensible sans nécessiter d’avoir fait de hautes études économiques. Malheureusement, nombreux sont les responsables du monde syndical et de certains courants politiques pour prétendre le contraire, mais sans en apporter la démonstration. Comment ne pas voir derrière cela une attitude visant à défendre les intérêts de certains au détriment de l’intérêt général du pays.

      Il serait d’ailleurs intéressant de savoir ce que disent ceux qui sont chargés d’éveiller et de stimuler l’objectivité de jugement des élèves au cours de leur cursus scolaire.

    • J.Gorban

      ayant bossé dans un grand groupe du CAC40, les salariés de ces boites ne sont pas les plus à plaindre.

      pas une raison pour les jeter en pature ; même si je n’ai JAMAIS ( sauf une fois ) vu ces salariés de ces multinationales se mettre en grève de solidarité pour des salariés des boites sous-traitantes …………………… qui eux en bave.

  36. Merci pour tout M. Jorion,
    Tous les sujets que vous abordés sont très simplement expliqués.

    Pour la prime de 1000€, je rejoints certains d’entre nous qui préférons une augmentation de salaire durable et donc soumise aux cotisations (sans qu’il n’en soit exclu bien entendu, les participations).

    Mais cette prime ne bénéficierait qu’à 5 millions de salariés sur 20 millions pour un montant de 20 milliards d’€uros, non inclut le coût social de cette mesure (collecte de cotisations Sécu, retraite, chômage…).

    Cette prime de 1000€ correspondrait en moyenne entre 4 et 8% de pouvoir d’achat annuel en sus, selon la rémunération des 5 millions de bénéficiaires.
    Augmentation impossible à garantir à l’ensemble des actifs.
    Un double effet d’annonce.
    1) Vers l’opinion publique quant aux bénéfices records des entreprises du CAC40.
    2) Raccrochant les wagons d’une promesse électorale non tenue, d’une présidence qui se réclamait notamment, celle du pouvoir d’achat.

    L’inflation voire l’hyper-inflation gagne et va augmenter les semaines et les mois à venir.
    Mais qu’est-ce que l’inflation si ce n’est l’augmentation de la masse monétaire par la création de monnaie ex nihilo, le QE et les effets des taux directeurs négatifs par les Banques centrales ?
    Oui c’est sûr, il y a aussi les paris sur la fluctuation des prix sur les matières premières mais ce n’est pas tout, vous l’avez très bien expliqué concernant la zone euro.
    Le crédit facile, les subprimes, la titrisations, l’argent-dette en somme, il faudra bien que quelqu’un en paie la facture.
    Les consommateurs via l’inflation et les réformes fiscales et sociales.

    Piste intéressante à suivre :
    – L’euro-dollar à son plus haut niveau depuis 15 mois.
    – Le prix de l’or à 1474 $ l’once jamais atteint comme celui de l’argent à 41 $ l’once
    – Ratio à mettre en perspective : or/pétrole; dollars US/dollar australien

    Et puisque l’on parle d’énergie (ici, celle du nucléaire), mais tout confondu avec le fossile, il y a un déficit d »énergie net (énergie brute extraite des ressources fossiles, nucléaires ou renouvelables moins les coûts énergétiques dépensés pour obtenir cette énergie et moins les pertes), les écarts se creusent.

    Aujourd’hui, le rapport bénéfice/extraction du pétrole est passé de 1 unité d’énergie investie rapportant 60 unités d’énergie voici 50 ans, à 1 unité pour 3 en 2011.

    Il est grand temps de s’orienter sur le solaire.

    • Cécile

      5 millions multiplié par 1000, cela fait 5 milliards, ce qui s’il me semble, n’est pas la mort pour le CAC40 ….
      (je retiendrais donc que le gouvernement est d’accord pour amputer les dividendes du CAC40 de 5 milliards, …..
      et que sur ce sujet-là nous sommes tous d’accord …. )

  37. BA

    Vendredi 15 avril 2011 :

    BONDS EUROPE/Nouveau record sur les taux grecs et portugais.

    Paris (awp/afp) – Les taux grecs et portugais dépassaient à nouveau vendredi leur plus haut historique depuis la mise en place de l’euro et les rendements longs irlandais continuaient à se tendre alors que les pressions pour restructurer les dettes de ces pays se multiplient.

    A 18H00 HEC (16H00 GMT), les taux grecs à 10 ans grimpaient à 13,712 %, contre 13,156 % la veille à la clôture.

    Les taux portugais à 10 ans montaient pour leur part à 8,868 %, contre 8,767 % la veille.

    « De plus en plus de personnes très écoutées par les marchés évoquent une restructuration de la dette pour plusieurs pays de la zone euro », a commenté Patrick Jacq, stratégiste obligataire chez BNP Paribas.

    Ainsi, pour Mohamed El-arian, PDG de Pacific Investment Management Company (PIMCO), le plus gros fonds de gestion obligataire au monde, une restructuration des dettes grecque, portugaise et irlandaise est inévitable, alors que l’Espagne devrait être épargnée, selon un entretien accordé jeudi soir à la chaîne américaine CNBC.

    http://www.romandie.com/infos/news/201104151900190AWPCH.asp

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 8,997 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 9,709 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Le plus hallucinant, c’est la Grèce :

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 18,504 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 15,696 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB5YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 13,826 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

    • Yueh

      BA, comme tu es quelqu’un d’objectif…
      tu pourrais aussi rajouter que PIMCO a réduit en mars 2011 ses avoirs en dette du gouvernement américain à zéro dans la perspective de la fin de QE2 prévu en juin.
      La FED rachète en ce moment pour environ 100 milliards de dollars par mois de bons du trésor US, cad que les états Unis ne fonctionnent (et encore…) que grâce à une planche à billet qui va bientôt s’assécher. Dès que QE2 va s’arrêter, les taux vont prendre la direction du sud, rendant insoutenable le refinancement de la dette des États Unis.
      La Grèce, l’Irlande, le Portugal ont pour l’instant « l’assistance » nécessaire, même si les agences de notation les massacrent (volontairement?), rendant la perspective d’une décote, au moins pour la dette Grecque, possible.

      Mais les US, qui a les moyens de les aider ?

      • Yueh

        Oups… direction du nord…

      • BA

        Oui, mais ça nous ramène à notre tiercé. Qui va s’effondrer le premier ?

        Mon quinté + est le suivant :

        1- Le cheval « Union Européenne » va mourir le premier : vainqueur, le cheval grec, qui est en train d’agoniser (ce spectacle est horrible à voir : ce spectacle se déroule sous nos yeux, en ce moment même), suivi du cheval irlandais, puis du cheval portugais, puis du cheval espagnol, puis du cheval italien, puis du cheval belge, puis du cheval français, etc, etc.

        2- Le cheval « Etats-Unis » va mourir un peu après.

        3- L

      • BA

        3- Le cheval « Japon » va mourir un peu après.

        4- Après, j’hésite.

        De toute façon, je suis dans le Titanic : au bar du Titanic, il y a une bonne ambiance, on boit de l’alcool, l’orchestre joue du charleston, on danse avec des jeunes femmes, enfin, on essaie de danser. Nous dansons avec de l’eau salée qui monte jusqu’à nos chevilles, ce n’est pas pratique.

        Bref, tout baigne.

  38. dissy

    Concernant l’effet d’annonce de la pseudo prime de 1000 euros de sarkozy, j’adore cette déclaration de la présidente du MEDEF:

    Laurence Parisot, la présidente du Medef, s’est étonnée sur Canal+ de ces « propos incompréhensibles ». « On ne peut pas déconnecter les salaires, les revenus, les primes, l’intéressement, la participation, à l’activité propre à chaque entreprise. »

    Je suppose que cela vaut aussi pour les primes des banquiers Madame Parisot votre argumentaire??

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/04/15/la-prime-de-baroin-fait-l-unanimite-contre-elle_1508446_823448.html

  39. FP

    Et si la difficulté ne résidait pas dans le « savoir » produit par la tradition économique mais dans son impuissance à produire une transformation du capitalisme ?

    Dès la fin du 18e, l’idée d’une allocation universelle est largement débattue. Smith décrit les rouages de la croissance et la puissance du libéralisme. Au 19e, Malthus soulève le problème de la population en rapport à la limitation des ressources pendant que Ricardo prédit la stagnation du capitalisme. Toujours au 19e, révolté par l’injustice que produit la révolution industrielle, Marx dénonce l’aliénation du travail et la récurrence des crises. Avant même la fin de la grande dépression, Keynes analyse comment la spéculation l’a provoquée. Dès les années trente, Hayek prédit l’impasse de la planification, etc

    De sorte que toute personne cultivée devrait « savoir » pourquoi le malade souffre – le capitalisme agonise (dans le langage de Paul).

    Le problème c’est qu’il ne suffit pas que certains « sachent » pour que – comme par un coup de baguette magique – le capitalisme se transforme… loin de là !

    Il semblerait d’ailleurs y avoir comme une sorte de refoulement à l’oeuvre : certains savent mais « on » ne les écoute pas ; « on » écoute ce qui disent des choses plaisantes – ces choses qui flattent nos intérêts, confortent nos moi, soutiennent nos fantasmes, tranquillisent nos angoisses, etc

    Rappelons-nous la question de Platon : à qui est-ce la « faute » lorsque des enfants préfèrent écouter le gentil pâtissier plutôt que le sévère médecin ?

    Ou formulé autrement : comment faire pour que le roi soit philosophe (ou l’inverse) ?

    • 20100

      j’ai une solution :
      Partant du fait que la monnaie est bien un commun à la communauté des utilisateurs à qui elle s’impose.
      Instaurons une transparence totale et lisible de chaque euro sur le site internet de la BCE.
      avec la liste des individu possédant plus de 1 euro et historique de leur compte en euros.

      Techniquement, il n’y a rien de plus simple.
      Je suis sur que beaucoup de chose changerais rapidement…
      notamment, que la confiance tant espéré, reviendrait très vite.

      Mais peut être que la transparence, tant revendiqué pas cette institution, n’est que de façade.

      Question du grands jeu concours : Qui est capable de :
      – Donner le nombre d’euro en circulation le 01/04/2010.
      – Le nombre d’euro créer en 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, a qui ont il été distribué ?, ont t il servi l’intérêt collectif ?
      – Le nombre d’euro par paye de l’UE.
      – Le nombre d’euro actuellement entrepose dans des paradis fiscaux.
      Indice :
      http://www.ecb.int/home/html/lingua.fr.html
      http://www.banque-france.fr/

      Pour ma part, je n’ai rien trouvé.
      je dois être maladroit,
      c’est trop complique pour moi,
      j’arriverais jamais a savoir…
      j’abandonne.

  40. Marc Riva

    Bonsoir Paul et bonsoir à tous.

    Je ne pense pas Pierre que les syndicalistes ne comprennent pas ce que vous dites. Il s’agit d’un dèni motivé par le fait que si capitalisme il n’y a plus, il n’y a plus lieu d’avoir de syndicalistes.

    • Cécile

      Il y a le fait que lorsque le capitalisme s’écroule, les moins lotis sont les premiers à être sacrifiés ….

  41. Germanicus

    Le marxisme était considéré dans les anciens pays communistes comme une véritable science. En Union Soviétque, il y avait même des grand prêtres idéologues (comme Souslov) qui n’auraient jamais permis aucune déviation des lignes directrices tracées par Karl Marx. Le communisme a remplacé le christianisme en conservant la même structure hierarchique: Dieu, apôtres, grands et petits prêtres, puis la masse des croyants. Il s’agit en effet d’une croyance, une croyance meurtrière.
    Le communisme appartient définitvement à l’histoire, mais quelques restes des décombres sont toujours actifs, et cela notamment en France. On dirait que le communisme fait partie de l’inconscient collectif de la France.

    • Jérémie

      Oui mais pas seulement de l’inconscient collectif de la France,

      Il me semble en effet grâce aux meilleurs élements du capitalisme marchand que c’est bien parti pour que l’humanité fasse de nouveau l’expérience de ce genre de choses mais cette fois-çi à une échelle beaucoup plus grande de gens mécontents ou dans la détresse.

      En plus avec les nouveaux moyens modernes de surveillance et de contrôle, cela risque d’être pas mal, avec sans doute une plus grande obligation de conduite des êtres en société, sinon couic.

      C’est pour ça à la place de Paul j’éviterais de trop citer Karl Marx le vendredi, même si d’ailleurs KM avait bien mis le doigt sur certaines choses.

      Hum le monde est quand même très très mal barré.

      • Cécile

        je me demande parfois si tous ces nouveaux moyens modernes de surveillance et de contrôle ne seraient pas finalement tellement fragiles ???
        qu’est-ce qu’il en restera si la crise économique, crise énergétique, crise ….

    • Ando

      C’est le bain culturel particulier dans lequel baigne le peuple russe depuis plus de 1000 ans qui a donné au communisme cette dimension quasi religieuse. Emil Cioran, lui-même un homme de l’est, sentait assez bien les slaves et le monde russe. Une nation qui s’est sentie investie d’une mission divine: sauver le monde (bien avant Lénine, le petit-bourgeois de Suisse), et capable de par sa vigueur et son rapport romantique au monde d’assumer cette « mission sacrificielle ». Le communisme est mort sans doute en Russie mais cette braise là, selon moi, rougeoie encore un peu sous la cendre russe. « L’Ile » (остров) de Pavel Lounguine ou « Le retour » (возвращение) de Andrei Zviaguintsev , films actuels, baignent dans cette couleur.

      • M

        Communisme

        il est absurde de vouloir faire un amalgame sur telle ou telle idéologie, dans les différents Pays …en effet, l’Histoire ( l’organisation, la taille) de chaque Pays est différente, et produira donc quelque chose de différent …
        voilà pourquoi les communistes, en France, n’ont pas « produit » les mêmes effets qu’en URSS, par ex., ou en Chine …
        Nous avions aussi nos propres penseurs sur le sujet …et nous, population, sommes un mélange de toutes ces influences [ sauf à avoir été élevé en circuit fermé dans un dogme indiscutable ] …
        ceux qui tentent d’attaquer notre Pays en « tapant » sur Descartes, m’amusent bien, mais évidemment, je ne suis pas une intellectuelle, car si nous sommes, sans le savoir, « cartésiens », nous sommes aussi, sans le savoir, l’influence de bien d’autres philosophes, les uns équilibrant les autres …
        si nous sommes « agnosthées », nous sommes tout de même le « produit » d’une culture ancienne, dont nous ne saurions nous abstraire totalement [ pas de table rase ] …si nous ne sommes pas « janséniste » ( cf Paul Jorion, je ne sais plus où), pourtant Pascal nous a influencé : c’est bien de tout un ensemble, qui fait Civilisation, dont nous sommes issu(e)s …chaque apport s’entremêlant et enrichissant les autres, sans même que nous en ayions toujours conscience : c’est comme cela que notre Pays s’est construit…nous ne manquons pas d’apports aussi divers que variés : c’est cela notre richesse ! ensembles et non séparés …avec un but commun …et, non, comme les entorses permanentes du sous-vers-rien, nous le montrent chaque jour ( excellent article récemment dans Marianne 2 de Guy Sitbon lequel n’a jamais manqué d’humour ) …ghettoisation de la société : ce qui est la pire absurdité et le pire danger qui nous guettent …

  42. zébu

    @ Paul Jorion : En vrac.

    D’abord, petit ‘lapsus’ révélateur (que personne n’a relevé, semble-t-il) :
    « Godman Sachs, Deutsche Bank, et la destruction du système financier ».
    L’homme-dieu de la finance … :)

    Ensuite, sur l’histoire des 1000€. Première réaction : c’est une mesure pour diviser les salariés. En effet, pourquoi les seuls salariés du CAC 40 (qui ne représentent qu’une minorité des salariés) ? Et pas les salariés des PME, du secteur social, les fonctionnaires, … ? Sans compter surtout que ce chiffre sort d’on ne sait où : pourquoi pas 125,25€ ou même 2000, 3000 € ?
    Enfin, pour une multinationale comme Total, cette prime de 1000€ n’est qu’une infime part prélevée sur les bénéfices, réparties en dividendes : 100 000 salariés, 10 milliards € net en 2010.
    1000 € x 100 000 salariés = 100 millions € = 1% du bénéfice net reversé en prime …
    Evidemment, 1%, c’est mieux que 0%.
    Mais c’est, disons, outre l’aspect diviseur, une manière comme une autre de calmer le mécontentement social, d’autant plus facilement qu’il prélève quasiment rien à ceux qui ont tout, sans rien promettre aux 80% restants …
    Politiquement, c’est très vicieux. Et je n’en suis guère étonné.

    Maintenant, étendons cette mesure à TOUS les salariés : elle serait intenable.
    Nombre de structures déposeraient le bilan dans l’année.
    On pourrait donc en déduire qu’il est sain, ainsi, de ne réserver celle-ci qu’aux seules entreprises qui ont des bénéfices énormes et sont donc en capacité de payer, d’autant mieux que cela n’affectera leurs bénéfices qu’à l’ultra marge (1% pour Total, comme on l’a vu).
    Bref, une mesure ‘réaliste’, ‘pragmatique’.
    Mais surtout, très politicienne. Car changer le mode de calcul et vous obtiendrez tout autre chose. En lieu et place d’une valeur absolue, prenez maintenant … un pourcentage.
    Avec un pourcentage, on peut mettre ‘d’accord’ tout le monde (sauf les actionnaires) : répartition des bénéfices sous forme de primes exceptionnelles aux salariés de 10%.
    Pour une entreprise qui a un bénéfice de 100 000€, ce sera 10 000€ à répartir entre les salariés : ce sera mieux que rien (entreprise non cotée au CAC 40). Pour les salariés de Total, ce sera carrément 10000€ ! On peut même y ajouter un aspect fiscal progressif là dessus, où les primes reçues, dépassant un certain montant (1000€, justement), serait alors imposées avec des tranches progressives, l’impôt collecté étant ensuite reversé aux salariés non imposés sur leurs primes, sous forme de chèque ‘Emploi’.
    Comme quoi, quand on veut, on peut trouver d’autres solutions …

    Et réfléchir ainsi, c’est, comme vous l’avez souligné en mentionnant ‘Le Prix’, reparler notamment de la distinction entre ‘location’ et ‘métayage’. Le salaire est une location et la prime, du métayage. Sauf qu’en parler en valeur absolue fixe (1000€) revient à nier toute la progressivité liée au métayage. Il me semble d’ailleurs que ‘l’opposition’ des syndicats vient de là : la part variable du salaire, représenté par la figure honnie du métayage.
    Une solution pourrait être de proposer des primes ‘à cliquet’, soit des primes versées annuellement mais dont une part, fixée par négociation de branches puis d’entreprise, puisse relever du salaire l’année suivante.
    Exemple : sur les 10% (cas ‘théorique’) des bénéfices reversés en primes annuelles, fixer 10% du montant de la prime personnelle comme part d’augmentation du salaire en 2012. Ceci permettrait à la fois de préserver l’augmentation des salaires sans être non plus excessive, tout en préservant la possibilité pour les salariés de bénéficier d’une part pré-définie à la répartition des bénéfices. Si en 2012 l’année sera sans bénéfices, ils auront au moins eu une augmentation de salaire sous forme négociée l’année précédente. Quant à l’entreprise, elle ferait d’une pierre deux coups : négocier le niveau des primes et de l’augmentation des salaires pour l’année suivante, tout en ayant la possibilité de créer une dotation pour cette future augmentation l’année suivante.

    Je ne reviens pas non plus sur ce que vous avez dit sur l’option de Pierre Sarton du Jonchay, bien que je trouve son idée de marché unique d’options très intéressante. Peut-être y aurait-il moyen que les acteurs d’un prix puisse négocier aussi l’option avec les autres acteurs de ce marché, à avoir les banques et les assureurs et que cette option puisse évoluer dans le temps, en rapport avec la progression de l’effectivité de la réalisation du contrat d’option. Cette négociation directe permettrait d’exprimer les rapports de force, tout en y incluant les rapports de force sociaux dans la détermination du prix, elle-même variable et condition de l’effectivité de l’option (à terme).

    Pour finir, un petit éclairage, que François a fait dans un de ses billets :
    « Ce que ces sondages nous disent c’est ceci: c’est une mauvaise idée d’aider le Portugal et c’était une mauvaise idée d’aider la Grèce, on devrait les laisser faire faillite ».
    Décidément, les ‘périphéries’ de l’Europe n’ont pas fini de faire parler d’elles …

    • Je suis bien d’accord, zébu, mais tu oublies un autre facteur, à savoir que les bénéfices apparaissent dans les bilans des grosses boîtes du CAC40 parce qu’elles foutent la pression sur leurs fournisseurs, selon un schéma bien connu de la grande distribution. Cette pression résultant d’un rapport de forces, la prime irait à ceux qui sont du bon côté du manche : je trouve çà vraiment très gros ! Mais Paul réplique : « Vous dites : je préfère que cet argent soit distribué en dividendes. Réfléchissez une seconde. » : j’avoue ne plus le comprendre… De toute façon, ce n’est pas en corrigeant les excès du capitalisme par des mesurettes de ce genre qu’on le conduira à l’abattoir…

      • zébu

        Salut Crapaud.
        Pas que sur leurs fournisseurs. De fait, bien plus sur les consommateurs.
        J’ai expliqué mon raisonnement. En l’état, c’est une fourberie. Mais il faut dépasser et voir ce qu’il y a derrière.
        Je ne crois ps que l’on emmènera le capitalisme sur l’échafaud : pour ce genre d’oiseau, il faut attendre parfois près de 1000 ans pour ce faire (cf. Ancien Régime).
        Une attaque est d’autant plus prévisible qu’elle est unique et frontale. A l’inverse, si on veut gagner un combat, c’est la multiplicité des coups qui importe, qui font qu’à un moment donné, un coup portera, ce coup ayant porté et ayant affaibli les défenses, un second portera, etc etc.
        L’instauration d’une prime force à réfléchir sur la contrainte de redistribution en amont des bénéfices. Une augmentation des salaires peut permettre de réduire les bénéfices mais ce n’est pas automatique, tout simplement parce que dans le formation de ces bénéfices, la part des salaires dans cette formation devient de plus en plus minime, au regard du chiffre d’affaire généré. Sauf à voir les salaires ‘exploser’, on ne verra pas de sitôt réduire le dit processus de formation des bénéfices de manière drastique, notamment dans ces entreprises multinationales où le capital financier permet bien plus sûrement (et bien plus) de produire des bénéfices que le ‘capital’ humain.
        Même la nationalisation ne permettrait pas de garantir l’augmentation des salaires, l’Etat remplaçant les actionnaires et pouvant se rétrocéder, au nom de l’intérêt général, l’essentiel des bénéfices.
        Reste ainsi la collectivisation des moyens de production ou leur socialisation, comme moyen radical de redistribution en amont (je veux dire, avant une éventuelle redistribution fiscale) des bénéfices. Pas des plus opérant, d’après expérience …
        De sorte que je pense que pour contraindre à cette redistribution en amont, il vaut lieux viser sur les deux tableaux : les salaires et la part des richesses produites.
        Ne serait-ce par exemple que pour éviter le chantage à la délocalisation des multinationales, en comprimant la part des salaires dans le processus de création des bénéfices : en visant, AUSSI, le résultat, soit les bénéfices et leurs répartitions, on peut ainsi contraindre les entreprises bénéficiaires à ne pas faire des salaires la part variable de l’ajustement dans l’émergence des bénéfices. Plus elles réduiront les salaires et plus elles feront de bénéfices et plus elles paieront des primes (on peut imaginer d’ailleurs des montants progressifs, selon les montants des bénéfices).
        A mon sens, les multinationales (et les autres) ont su faire jouer ce chantage à la délocalisation pour faire tomber le taux de l’IS à des niveaux historiquement bas, en faisant jouer la concurrence et … tout en continuant à délocaliser pour faire baisser la part des salaires dans les bénéfices !

    • Nicks

      Tout à fait d’accord avec vous. J’expliquais aussi que ce genre de mesure renforce imparablement le système que nous combattons, aussi sûrement que ce qu’on pu faire les stock-options, les placements boursiers pour les particuliers (PEA, fonds de pension etc). C’est un noeud coulant qui attache l’employé au management employé pour lequel tout manquement aura des répercussions sur la prime, le rendement des actions etc…Ce n’est tout de même pas pour rien que le revenu fixe est considéré par les néolibs et une bonne part des décideurs économiques comme une lubie des plus archaïques -des travailleurs avec un peu d’indépendance, mais vous n’y pensez pas !) Cela contribue un peu plus à individualiser le rapport au travail et aux employeurs.

      Politiquement, ce genre de mesure est assez machiavélique car le montant de cette prime est extrêmement relatif. C’est une aumône pour les entreprises très bénéficiaires, mais n’importe quel personne en difficulté trouvera que 1000 euros lui feront beaucoup de bien. Le premier réflexe est donc de l’accepter et de sauter sur l’appât. Le piège se referme, le néolib jubile, d’autant qu’il vient de rallier un sage en vue ce qui lui rapporte un gain de légitimité assez inespéré…

      Je crois tout de même que quand Paul Jorion sort une énorme carabistouille, il faut le signaler…

      • Nicks

        @Julien Alexandre

        Quand vous modérez une partie d’un message, signalez le au moins…

      • Julien Alexandre

        Je fais confiance au sens de l’observation des commentateurs… La preuve;)

      • Nicks, suis d’accord. J’aurais pu avancer les mêmes arguments mais j’ai la flemme, suis d’humeur grincheuse, mes pustules me grattent.

      • zébu

        @ Nicks :
        Tout à fait d’acord avec vous si vous parlez … de la prime au rendement.
        Ce que je combat.
        Ce dont je parle n’a rien à voir avec cela. La prime en question serait :
        – pour toutes les entreprises,
        – obligatoire (et non facultative, comme la participation et l’intéressement),
        – sans lien personnel (pas de rendement, de coucherie, de …),
        – sur la base d’un pourcentage des bénéfices (et non d’une valeur absolue),
        – fiscalisable au-delà d’un certain seuil (avec effet redistributif pour les salariés n’ayant pas touché de primes ou peu),
        – dont le pourcentage varierait selon le montant des bénéfices,
        – à ‘effet cliquet’ (négociation par entreprise et/ou par branche d’une part de la prime versée devant être transformée l’année suivante en augmentation de salaire).
        Je crois qu’on est très très loin du noeud coulant que vous évoquez …

        Et quand j’entends le MEDEF exprimer son incompréhension, je ne peux me dire que je ne suis dans le vrai … à condition de ne pas partir sur la proposition, vicieuse (c’est un des effet recherché), du gouvernement.

      • Moi je dis « Take the money and run ! »

        Ce projet Barouin est une vaste couillonnade

      • Nicks

        @Zebu

        Certes, mais pourquoi alors ne pas augmenter directement les salaires plutôt que, tout de même, attacher la rémunération aux bénéfices donc quelque part, justifier un management qui va privilégier la rentabilité ?

      • @ Eddie,

        J’ai un faible pour la version mustang…

        @ Nicks

        Evidemment. Mais ça ne coûte pas le même prix. Filer trois cacahuètes aux employés d’une multinationale qui a fait 80% de sa VA en dehors de France, payée ses (très faibles)Impôts dans une île des caraïbes néerlandaises et distribuée ses dividendes aux actionnaires « historiques » locaux ça n’entraîne que peu de conséquence sur l’ensemble du modèle.
        Imaginer une distribution, EN POURCENTAGE, pour TOUTES les Sociétés bénéficiaires, ça fait frémir Parisot…

      • zébu

        @ Nicks :
        Bonne question.
        C’est pouquoi il faut que cette prime, versée en pourcentage, soit progressive : qu’elle augmente en % quand les bénéfices augmentent.
        De sorte que la recherche de profitabilité se heurtera assez vite à une taxation croissante de ces mêmes bénéfices, soit au profit de l’Etat (IS progressive), soit au profit des salariés (prime progressive).
        Ce qui comprime les salaires, dans son exploitation, fera produire plus de ‘résultats’ pour les capitalistes, qui sera d’autant plus redistribué à ces mêmes salariés.
        Dès lors, quel intérêt d’avoir une course au rendement (mais bien plutôt d’avoir un ‘profil’ équilibré, de répartition avant création de bénéfices, entre salaires et profits) ?
        De cette sorte, les alaires sont introduits dans l’équation de création de richesse et dans son résultat.
        En mathématique, cela doit avoir un nom, non ?
        :)

      • Nicks

        @Zebu

        D’accord, c’est là où je pensais que vous vouliez en venir, surtout après avoir lu l’intervention d’A Loréal. Cela ressemble pas mal au principe du SLAM de Lordon, celui-ci agissant en amont de la rémunération du travail, à savoir rendre la recherche du retour sur investissement excessif non attractive. Je suis bien entendu bien plus en accord avec cette façon de voir la chose que sur l’attribution d’une simple prime numéraire fixe, qui revient en fait à faire un beau cadeau aux tenants du système.

        http://blog.mondediplo.net/2007-02-23-Le-SLAM

      • zébu

        @ Nicks :
        C’est marrant votre rapprochement d’avec Lordon. Sur d’autres points (cf. dernier article dans Le Diplo), c’est lui qui rapproche son point de vue de ce blog.
        Concernant le SLAM, j’y ai pensé mais cette mesure est bien plus globale puisqu’elle concerne le TSR (Total Shareholder Return), soit les dividendes mais aussi le buy-back (rachat d’actions) et les plus-values mobilières.
        Le SLAM impose donc une taxation à 100% de tout ce qui dépassera l’EVA (Economic Value Added), mais comme plafond et non comme plancher. Le but n’est pas tant comme l’écrit F. Lordon fiscal que global : limiter le TSR des actionnaires. En fait, non pas le ‘limiter’ mais bien le plafonner.
        Sauf qu’à la différence du SLAM, la proposition faite sur la prime telle que je l’ai présenté n’a pas pour but de plafonner le TSR mais de l’auto-limiter : plus le bénéfice sera élevé et plus le % de la prime restituée aux salariés sera important.
        Je dis bénéfice et non pas seulement dividendes car avec le bénéfice, on peut faire du buy-back (et ainsi augmenter le TSR des actionnaires). De même, la plus-value peut être intégrée dans le calcul du bénéfice, au travers de la valorisation (goodwill) de l’actif mobilier et immatériel, pour les sociétés cotées.
        Ensuite, F. Lordon ne dit pas où irait cette taxation mais bien sûrement pour l’Etat, dont on peut penser qu’en l’état actuel de ses finances, celui-ci s’empresserait bien de tout garder … pour réduire une dette publique que des dettes privées ont contribué à former, sans (quasiment) rien transmettre aux dits salariés, réduction de la dette qui viendrait par ailleurs améliorer le rendement des obligations qui pourraient par ailleurs être détenues par les mêmes ‘actionnaires’, provoquant pour le coup le schéma inverse décrit pour la ‘prime’ aux salariés.
        A l’inverse, cette prime serait ainsi très clairement versée aux salariés, soit socialisée (ou socialisable, au travers d’une fiscalité progressive et péréquative).

        On pourrait aussi prolonger réfléchir pour ce genre de mesure à la possibilité de limiter la croissance de la ‘prime’ aux salariés si le bénéfice croit et si une part importante et croissante y est utilisée pour l’investissement, sous conditions que celui-ci ne créé pas d’effet défiscalisant, de type ‘Crédit d’impôts pour recherche-développement’ ou ‘rachat d’actions’ ou je ne sais quoi …
        On renverserait ainsi la logique actuelle, qui veut que pour attirer les bénéfices dans un espace donné, on produise des avantages fiscaux (‘incitations’), en lieu et place d’une politique où réaliser tel action ne permettrait de payer moins d’impôts parce que des outils de défiscalisation y seraient attachés, mais bien parce que cette action viendrait en ‘dédit’ des sommes fiscalisables.
        Ex : 100€ de bénéfice.
        Avec un crédit d’impôt, on peut faire de la ‘recherche-développement à 100€ et gagner fiscalement une part des bénéfices (25%).
        En fait, il vaut mieux laisser une certaine part fiscalisable à l’IS (30%) de bénéfice, disons 50€ : 50€ x 30% = -15€ d’IS. Reste 35€ de bénéfices. Avec les 50€ restants, ‘j’investis’ dans la recherche-développement et ‘gagne’ fiscalement un crédit de 25%, soit 10€.
        Total bénéfices net ? 35€ (35%). Sans compter 50% ‘investis’.
        A l’inverse, avec une ‘prime’ progressive, on aurait un IS de 30€. Soit un bénéfice de 70€. Si ce bénéfice est investi, il ne produira alors aucun avantage fiscal mais réduira le % progressif attribué pour la prime portant sur le reste des bénéfices. Avec un investissement de 40€ par exemple, une ‘prime’ de 30% ne portera plus ‘que’ sur 60€ et non 100€, soit 18€ au lieu de 30€. Comme l’investissement ne ‘produit’ pas d’avantage fiscal en soit, son seul ‘avantage’ est indirect : réduire la masse imposable.
        Au final, avec un investissement de 40€, l’IS et la ‘prime’ seraient tous les deux de 18€ et les bénéfices nets de 24€.
        Avec un investissement de 10€, le bénéfice après investissement serait de 90€. Le % de l’IS passerait alors à 40%, ainsi que la ‘prime’, soit 36€ chacun et des bénéfices nets de … 18€.

        Enfin bon, juste pour le plaisir de raconter n’importe quoi, of course de lévriers afghans …
        Vu les réactions syndicales.

      • Nicks

        @Zebu

        J’ai tout de même l’impression que le SLAM, intervenant en amont, aurait des conséquences bien plus intéressantes en matière d’orientation économique, de l’ordre de celles qu’aurait l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix. Que l’argent prélevé nourrisse les caisses de l’Etat ne fait aucun doute et c’est heureux, mais celui d’un Etat transformé, c’est à dire débarrassé des logiques financières actuelles (recouvrement du droit souverain d’émettre la monnaie parallèlement à une socialisation du crédit par exemple, ce que propose aussi Lordon). Par ailleurs, si j’ai bien compris l’objet du Slam, il est tout de même de rendre les rendements excessifs non attractifs. On est donc bien dans une logique proche de la vôtre, mais en amont…

        Peut-être serait-il intéressant de coupler le Slam en aval, notamment avec ce genre de prime. En revanche, s’en contenter me semble toujours légitimer le système, même si cela le corrige à la marge. Attention à la tentation d’un néo-réformisme qui se révèlera probablement aussi fâcheux que son devancier, mangé par le système qu’il prétendait corriger de l’intérieur…De plus, si les salariés gagnent un peu plus mais que le salaire différé continue de s’éroder, la situation des classes moyennes et populaires continueront de se détériorer avec le creusement des inégalités et le décrépitude des services publics (je préfère en effet une redistribution efficace par l’Etat, plutôt qu’une augmentation non pérenne et différentielle des salaires)

    • Enigma

      « 1000 € x 100 000 salariés = 100 millions € = 1% du bénéfice net reversé en prime …
      Evidemment, 1%, c’est mieux que 0% ».

      Encore une fois vous partez d’un faux postulat. Les multinationales, dont Total, reversent déjà des dividendes aux salariés par le biais de plan épargne action qui leurs sont versés indépendamment du salaire.

      Que cela ne soit pas assez au regard de leurs bénéfices, cela peu en effet se discuter, mais dire que les salariés touchent 0 % en dividendes c’est inexact.

      • zébu

        ‘Encore une fois’ …

      • zébu

        @ Enigma :
        Et encore une fois, pour vous répondre dans le même style, vous faites erreur.
        Le PEA n’a rien à voir avec le PEE, qui est facultatif. De sorte que nous ne parlons pas évidemment des mêmes choses, puisque je parle d’une prime ‘imposée’ à toutes les entreprises. Et non d’une dispositif facultatif. Idem pour la participation et l’intéressement.
        De sorte que si je dis ‘0%’, c’est bien dans le cadre où de tels dispositifs n’existent pas, car ils relèvent de l’accord, de branche ou d’entreprise.
        Ensuite, je ne dis pas ‘les salariés touchent 0% en dividendes’, contrairement à ce que vous écrivez : les dividendes ne sont qu’une partie des bénéfices, ce dont je parle (suivez un peu).
        Que Total ait un dispositif d’intéressement et de participation, c’est fort possible. Mais Total n’est pas toutes les entreprises en France. Ce dont je parle.

  43. zébu

    Ceci devrait vous intéresser : Phil Angelides au Parlement européen (lundi 11/04).
    Vidéo en français (traduction) !!
    Interventions de Pervenche Berès.

  44. soi

    J’ai personnellement observé qu’il était plus difficile de « changer » de pont vue pour les personnes de la spécialité: changer de point de vue sur des notions psychologiques, par exemple, semble plus difficile aux « psys » (psychiatres, psychologues,psychanalystes..) qu’aux personnes non spécialisées.

    Pour l’argent, en lisant les analyses sur la situation de Fukushima, j’ai cru m’apercevoir que le poids de l’argent paraissait mettre comme un « voile » sur la nécessaire acuité de raisonnement pour résoudre les problèmes: je propose que dans des cas aussi graves soit « établi » une sorte de trêve des impacts financiers afin que les personnes puissent réfléchir en « pleine conscience » des problèmes.

    Pour la crise, à mon sens, une refonte mondiale du système financier seule pourrait , je l’espère, éviter les horreurs consécutives aux anciennes crises où chaque pays a tenté de s’en sortir par des méthodes de spoliation gravissimes, atroces, criminelles. Saurons-nous sortir de la « loi du plus fort »?

  45. Arlequin

    la critique contre les syndicats et notamment la CGT est-elle justifiée ?
    ci-dessous la réalité de la position CGT avec laquelle je suis en plein accord
    http://www.cgt.fr/Il-est-urgent-de-repondre-a-l.html

    • Jérémie

      Hum,

      Moi de toutes façons je n’ai jamais eu un très bon contact avec les gens de la CGT, sans doute que je pue encore trop la foi dans une société …

  46. vigneron

    Une question à Jorion comme aux juristes et aux spécialistes de l’optimisation fiscale, financiaire et sociale ou de la transmission de sociétés. A votre avis le genre de mesures à la Baroin, c’est plutôt favorable ou défavorable au LBO, dans lesquels la remontée obligatoire des dividendes, voire des super-dividendes, vers la holding permet le remboursement des emprunts bancaires séniors et autres ?
    J’ai comme un doute sur la menace effective de ce genre de mesures pour les investisseurs en LBO…
    Sans parler des contreparties sociales, fiscales et juridiques qui seront, immanquablement et généreusement, offertes aux sociétés soumises á ce nouveau régime d’affectation obligatoire de dividendes…

    • vigneron

      Oui bon ok… « financière » et pas « financiaire », malheureuse contraction de financière et fiduciaire…

  47. Bertrand

    Je viens d’écouter votre reportage qui est fort intéressant mais me laisse songeur sur certains points de vus , notamment sur la notion de valeur et d’illusion et le chaos ( théorie du chaos ) ? Je pense d’un part qu’il ne naît de valeur que si nous n’ avons d’ illusions . Le chaos est désordonné la valeur n’y est pas donc ,l’illusion appartient elle au monde des valeurs ou du chaos ?Tout ca pour vous dire peut on réellement uniformiser un ensemble ? ( l’ensemble étant l’être et son environnement) ? Pour ma part je pense que l’homme se perd de toute croyance ( qu’elle soit religieuse ou autre ) En perdant sa croyance l’homme créee un monde qui désordonne donc un chaos auquel il donnera une illusion qui sera faite de valeur qui seront fausses car nous sommes dans l’illusion. Toujours est il nous avons beau être Marxiste ou Keynésien la situation de stase à certains moments doit être prises en compte je pense . Monsieur JORION je vous souhaite un bonne journée

    • BasicRabbit

      @Bertrand L’objet de la théorie du chaos est de déterminer ce qui n’est pas chaotique dans les systèmes dynamiques d’apparence chaotique (systèmes à attracteurs étranges).
      Perso Je trouve le terme scientifiquement mal choisi (la science est déterministe ou n’est pas).

  48. Jérémie

    Quelques bonnes pensées de Karl Marx

    L’histoire ne fait rien, c’est l’homme, réel et vivant, qui fait tout.[Karl Marx]

    Oui et non, c’est bien le temps qui permet aux choses de murir, car tout ce qui n’est pas forcément mur n’est pas forcément plus digeste.

    Etre radical, c’est prendre les choses par la racine. Et la racine de l’homme,
    c’est l’homme lui-même [Karl Marx]

    Pas forcément on peut très bien prendre les choses par la racine sans se sentir systématiquement attaché à une chose qui ne conduit pas toujours mieux l’homme à voir les choses autrement.

    Etre radical n’est n’est pas forcément faire preuve de plus de profondeur humaine,

    Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre. [Karl Marx]

    Celui qui ne dénonce et accuse tout le temps que les erreurs des autres dans ses livres
    ne permet peut-être pas mieux aux êtres de connaître toute l’histoire dans le même temps.

    Ce qui distingue principalement l’ère nouvelle de l’ère ancienne, c’est que le fouet commence à se croire génial.[Karl Marx]

    Pauvres gens de Chine, pourquoi voulez-vous autant vous enrichir en vitesse comme tant d’autres partout ailleurs.

    Sur terrain plat, de simples buttes font effet de collines.[Karl Marx]

    Plus je parle du social sur terrain plat et plus je paraîs également plus haut.

    C’est dans la pratique qu’il faut que l’homme prouve la vérité.[Karl Marx]

    Et si l’homme ne s’en montre plus capable dans la pratique comment fait-on ?

    Une idée devient une force lorsqu’elle s’empare des masses.[Karl Marx]

    Une bonne idée venant de vous pourrait très bien servir de nouveau à s’emparer des masses,
    mais ensuite comment fait-on en cas de plus grand affolement d’un troupeau de bisons ?

    Ce n’est pas la conscience des hommes qui déterminent leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience.[Karl Marx]

    Qu’est-ce que l’existence sociale dans un tel monde ? Qu’est-ce que la conscience de l’homme après avoir lu beaucoup trop de choses pour ou contre Karl Marx en société ?

    Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience. [Karl Marx]

    Oui et non,

    Il n’y a qu’une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours plus d’impôts.[Karl Marx]

    Plus je passe mon temps à vouloir tuer mon adversaire et moins mon adversaire fait forcément moins du mal à l’homme,

    Il n’y a qu’une seule façon de changer les choses c’est d’abord la mienne, toujours et encore toujours plus de bureaucratie humaine.

    Dans la famille, l’homme est le bourgeois ; la femme joue le rôle du prolétariat.[Karl Marx]

    Dans un parti, l’élu est le patron ; l’électeur joue pareillement le rôle d’un même pigeon, après avoir entendu tel ou tel autre perroquet de plus à l’image. On veut changer les choses !

    La propriété privée nous a rendus si stupides et si bornés qu’un objet n’est nôtre que lorsque nous le possédons.[Karl Marx]

    Davantage d’idées reçues ne changent pas mieux l’état d’esprit d’une personne, cherchons plutôt à mieux comprendre pourquoi les êtres ont-ils si peur de se perdre et de différencier dans une plus grande propriété commune.

    Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! [Karl Marx]

    Une plus grande salade d’oignons ne sent pas toujours meilleur, les plus grandes évasions n’en sont pas toujours les mieux réussis.

    Qui grogne le plus fort dans une cellule n’en fait pas toujours mieux le bien de tous ses camarades à la fois.

    Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il s’agit maintenant de le transformer.[Karl Marx]

    Moi qui n’aime jamais grand monde au travail ou en vavances, transformez continuellement le monde pour que je me sente mieux.

    Car plus nous cherchons tous à tranformer les choses et plus le monde change forcément.

    Les prolétaires n’ont pas de patrie.[Karl Marx]

    Pourquoi vouloir tout le temps attacher et identifier les êtres à des étiquettes et des courants.

    Les premiers syndicalistes vendus de la terre et ayant la panse bien pleine n’apprécient pas toujours mieux la parole du prophète au sujet d’un plus grand Jeûne matériel ou commercial.

    Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes.[Karl Marx]

    Je pense au contraire que cela n’a pas toujours été le cas dans l’histoire,
    encore faut-il bien y croire sur le fond.

    • MARIANGE

      Jérémie
      Je collectionne vos citations depuis quelque temps avec plaisir pour moi-même et transmission
      à ma descendance. Grand merci.

  49. FP

    @soi

    « j’ai cru m’apercevoir que le poids de l’argent paraissait mettre comme un « voile » sur la nécessaire acuité de raisonnement pour résoudre les problèmes »

    Tout à fait d’accord ! (D’autant plus qu’en économie, cette métaphore du voile est ancienne pour défendre la soit-disant « neutralité » de la monnaie !) – Mais creusons l’idée : l’argent est devenu aujourd’hui, après des siècles de capitalisme, la mesure fondamentale de la valeur en société – l’équivalent général de tous les désirs d’appropriation – une sorte d’esperanto mondial structurant le désir de pans de plus larges de la population; cela sous l’effet conjugué de la concurrence, de l’idéal protestant érigé en modèle universel de réussite, de la propagande alias la communication, de la télévision de masse, du cinéma hollywoodien & d’une infinité d’autres causes…

    N’est-il pas paradoxal de prédire l’effondrement du capitalisme lorsque l’argent comme valeur triomphe sans partage ?

    « je propose que dans des cas aussi graves soit « établi » une sorte de trêve des impacts financiers afin que les personnes puissent réfléchir en « pleine conscience » des problèmes. »

    Mmh… et de quel ordre cette « trêve » ? croyez-vous qu’il suffise de dire stop ! comme dans la cours de récréation pour marquer la fin du jeu ? Croyez-vous qu’il soit possible à un être humain enfermé dans un carcan de normes sociales de les mettre comme entre parenthèses le temps d’un débat ? Croyez-vous que la « pleine conscience » que vous mentionnez se décrète ex cathedra ? Ou, au contraire, qu’elle soit une chose rare, que la vie réserve malheureusement à peu ? et sur laquelle on ne peut guère compter – au plan politique ?

    Et pour changer des références – bassement :) – financières :

    http://www.youtube.com/watch?v=ykb1z9thkx0

    http://www.youtube.com/watch?v=nZ6eTcL4iGg

    :)

    • soi

      Pour la « trêve », je ne sais pas: il nous faut inventer peut-être? Nous avons bien réussi à (ré)inventer le nécessaire respect d’autrui et à l’appliquer, la gratuité dans certains domaines, au moins du point de vue conceptuel, par exemple.Peut-être qu’à situation exceptionnelle, pouvons-nous établir des règles exceptionnelles pour Fukushima?

      Pour l’argent comme valeur qui triomphe actuellement sans partage, je pense que peut-être c’est la dernière étape avant que l’ensemble du système des « valeurs » soit repensé : les anciennes « valeurs » déclinant inéluctablement, la dernière qui reste, presque comme un sorte de « trace fossile » d’un ancien monde, est l’argent, à mon sens.

  50. FP

    Une ruse de l’histoire concernant la réussite des idées de Marx : en voulant défendre le prolétariat, améliorer ses conditions de travail, le marxisme – rejoint plus tard par le keynésianisme – ont conduit à légitimer encore plus la condition salariale.

    Or il y avait chez le jeune Marx des thèses bien plus révolutionnaires concernant le travail – je pense à l’aliénation, au fait que le travail est une barrière à l’épanouissement de chacun – que ne le laisse penser la thèse de l’exploitation par le capital.

    C’est le courant d’idées qu’a repris Paul Lafargue, avec son éloge de la paresse. (Mais qu’on trouvait déjà chez Socrate par exemple, ou à l’époque de Marx, chez Nietzsche).

    Seulement, aujourd’hui – même à gauche – un discours qui remettrait en cause la notion dre travail est devenu – comme me le disait récemment un ami habitué à conférer sur la condition salariale – proprement « inaudible » – tellement nous vivons dans l’illusion de la valeur travail.

    Peu importe alors le sens qu’on donne à cette valeur – travail qui individuellement rapporte (droite), ou travail qui est socialement utile (gauche) – il y a unanimité sur cette question (autrement plus fondamentale à mes yeux).

    De telle sorte que sur ce blog, on entend (trop) souvent le discours du dominé qui veut faire payer les riches, les remettre au travail – quand ce n’est pas en les envoyant directement dans l’enfer de Fukushima ! Or ce discours partage beaucoup de choses avec celui de son symétrique, le discours du dominant qui « emploie la main d’oeuvre ».

    Par exemple, l’usage de la violence…

    Mais aussi – sur le fond – précisément cette valeur du travail !

    Et cela me rappelle une vieille perplexité : comment Marx, le plus grand pourfendeur du capitalisme, a pu passer sa vie en investissant son désir dans l’étude de ce même capitalisme ! (sous-entendu : mais quel ennui ! n’y a-t-il pas plus « bandant » ?)

    Il me faut d’ailleurs avouer que j’ai parfois le même sentiment à la lecture du blog : l’intuition d’une profonde fascination pour l’objet du désir, LA FINANCE – au point que vu d’ailleurs – … – l’opposition entre les libéraux et les socialistes s’estompant, la seule chose qu’on aperçoit encore, pour autant que le brouillard disparaisse, c’est une masse unie – malgré ses discordes – sous la bannière d’une même obsession – celle de l’argent.

    Peut-être est-ce elle – cette obsession – qu’il nous faudrait interroger, si l’on souhaitait réellement dépasser le capitalisme ?

    • Mille fois bravo pour ce post, FP !!! J’aurais aimé l’avoir écrit moi-même. Vous touchez les bases culturelles du capitalisme, ce que personne ne fait jamais ici. Je suis depuis longtemps persuadé que les opprimés devraient réclamer, non pas des compensations salariales ou autres, mais… moins d’oppression ! De toute façon, si vous augmentez la redistribution, comme à l’époque des Trente Glorieuses, vous ne faites qu’augmenter la consommation et le gaspillage, sans pour autant réduire la pauvreté matérialiste. S’il faut malgré tout une société matériellement plus égalitaire, ce ne doit pas être au nom de la justice mais parce que l’égalitarisme économique s’oppose à la pression et l’oppression du travail.

    • schizosophie

       » comment Marx, le plus grand pourfendeur du capitalisme, a pu passer sa vie en investissant son désir dans l’étude de ce même capitalisme ! »
      Avec humour et sens critique.

  51. Mianne

    @ Philippe Meoni

    Qui doit l’argent à qui ? Le système a t-il réellement une chance d’être sauvé ? Et si non, si les banques s’écroulent demain, quid des devises pour fabriquer et acheter notre pain quotidien ? Quels seraient les premier signes d’un VRAI chaos « général » ? Où commencerait-on à les voir ? Doit-on se préparer à une éventuelle période de guerre civile, d’anarchie totale, la loi du plus fort ?

    La Finlande donne le bon exemple, à savoir de décider que des citoyens innocents n’ont pas à payer pour les erreurs de banquiers qui continuent à s’engraisser et à récompenser ceux qui ont perdu l’argent des clients .

    Mais le chaos général dont vous parlez, il commence déjà en France, avec des décisions irresponsables de tribunaux.
    Depuis quelques années, il existe des tribunaux qui décident que des personnes peu fortunées et qui n’y sont pour rien doivent payer pour d’autres personnes qui sont en difficulté par l’insuffisance de leurs ressources ou par une mauvaise gestion de celles-ci . Je parle ici des commissions de surendettement qui décident d’effacer d’un coup la dette d’un débiteur et qui ne tiennent aucun compte de la situation dans laquelle elles placent le créancier lésé :

    une vieille voisine en maison de retraite qui, au minimum vieillesse, a loué son appartement pour payer ses frais de séjour, vient de recevoir une lettre recommandée de la Banque de France lui annonçant que la dette de son locataire à son égard était effacée par décision de la commission de surendettement et qu’elle ne pouvait s’y opposer. Elle comptait sur cet argent pour combler le trou financier que la dette du locataire à son égard creusait chaque mois auprès de la maison de retraite depuis près d’un an.
    La maison de retraite, qui renacle déjà depuis que le locataire ne lui paye plus son loyer, peut la virer pour le non paiement de ses mensualités et, même si elle n’en est pas responsable, elle se retrouvera sans domicile car la procédure pour faire expulser le locataire mauvais payeur de son appartement peut prendre trois ans .

    Des petits propriétaires qui avaient emprunté pour faire faire des travaux se sont retrouvés aussi en grande difficulté par l’effacement de la dette du locataire décidé par ladite commission de surendettement sans aucune compensation par des fonds publics .
    Ils ne feront plus confiance à un locataire pauvre. C’est sans doute à cause de cela qu’il est de plus en plus difficile pour un locataire pauvre de trouver un logement .

    Ces commissions de surendettement sont une bonne chose pour permettre à une personne à faibles ressources très endettée de repartir du bon pied, mais il faut qu’elles tiennent compte de la situation dans laquelle elles placent le créancier peu fortuné et qu’elles chargent par exemple un fonds public de secours de verser au créancier peu fortuné la somme qui lui est dûe . Or, ce n’est pas prévu par la loi . Une telle désinvolture de la part de tribunaux est inacceptable car c’est la personne qui n’est pas responsable de la dette que l’on place dans une situation inextricable .

    • Jérémie

      Parfois je me demande si tout cela n’est pas vraiment voulu en société, oui faudrait pas trop non plus que les gens s’entendent et se déchirent autrement en société.

      J’ai souvent pensé que la France n’était pas toujours le meilleur exemple à suivre en matière de ceci ou cela, peut-être même que les Français ont parfois tendance à se conduire un peu comme les Américains deux poids deux mesures.

      Une injustice dont nous profitons s’appelle la chance ; une injustice dont un autre profite s’appelle un scandale.[Louis Dumur]

      Le plus grand mal, à part l’injustice, serait que l’auteur de l’injustice ne paie pas la peine de sa faute. [Platon]

      Ne l’oubliez jamais : celui qui laisse commettre une injustice ouvre la voie à d’autres injustices.
      [Willy Brandt]

      En pardonnant trop à qui a failli, on fait injustice à qui n’a pas failli. [Baldassare Castiglione]

      Les auteurs de l’injustice s’arrangent toujours pour avoir la force de leur côté. [Louis Caron]

      Le riche commet une injustice, et il frémit d’indignation ; le pauvre est maltraité, et il demande pardon. [La Bible]

      Moi même si j’avais beaucoup d’argent et de moyens j’essaierais d’abord d’achter le poltique
      et le religieux comme ça beaucoup plus facile ensuite de mieux faire des affaires c’est comme pour Monsanto et compagnie,

      Si tu as peur du scandale, tu te mets à parler comme les politiciens. Et là, tu ne dis plus rien.
      [Pierre Falardeau

      Mais quel scandale de vouloir encore aider et défendre les gens qui ne veulent plus du tout
      se faire battre en premier en société.

      La puissance ne se montre que si l’on en use avec grande injustice. [Raymond Radiguet]

      Tu supportes des injustices ; console-toi, le vrai malheur est d’en faire. [Démocrite]

      Comment se fait-il qu’autant de grosses fortunes préfèrent plutôt fermer les yeux ?

      Plus grande est la tyrannie de l’homme, plus grande est l’injustice qui se répand

      Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous. [Montesquieu]

      Celui qui sème l’injustice moissonne le malheur. [Proverbe français]

      Vous vous ferez estimer en supportant les injustices. [Cicéron]

      Avec de l’argent vous pouvez tout graisser dans ce monde.

    • Philippe MEONI

      Bonsoir Mianne et merci de votre réponse, cependant, les cas particuliers que vous mentionnez ne touchent encore une fois qu’une minorité de personnes qui ont eu à un moment l’opportunité d’acquérir dans l’intention de faire un profit et, le fait d’avoir mal calculé le risque en louant à des locataires potentiellement insolvables est déjà une faute de gestion du loueur…
      Et puis l’exemple de la pauvre petite retraitée pour faire pleurer dans les chaumières, de mon côté, je ne le gobe pas… Elle a été mal conseillée car mieux aurait valu qu’elle vende son bien, place son fric à la caisse d’épargne et faire des prélèvements, au besoin, pour compléter sa retraite…
      Mais, sans vouloir vous offenser, il semblerait que vous même prêchiez pour votre propre paroisse, non ?
      Et dans ce cas, vous êtes vous aperçu que vous contribuez à la spéculation immobilière, qu’a vouloir tirer des bénéfices d’un capital est toujours risqué et qu’à jouer à ce jeu, on finit toujours par y laisser des plumes ?
      Car, tant que tout fonctionnait bien, le loueur se préoccupait-il de savoir si le locataire devait se surendetter pour payer des loyers surévalués et empocher les loyers ? Nenni…
      Donc, oui, c’est ballot, mais fallait pas jouer…
      Le problème que j’évoque, pour ma part, sont d’autrement plus globaux et macro économiques car là, il ne s’agit pas de savoir combien de petits propriétaires spéculateurs vont faire faillite, mais comment la majorité des peuples modestes va pouvoir continuer à survivre à l’inflation dont les limites semblent inatteignables…
      Merci pour votre intervention, bien à vous

  52. Peak.Oil.2008

    Nous rentrons dans l’ère des ‘ il faudra y passer un jour ‘. Quelles conclusions en tirer ? Attendre d’être contraints ou anticiper des contraintes qui arriveront quoiqu’il advienne ? Veut-on prendre notre destin en main ou voulons nous contempler les conséquences de notre incapacité à nous tourner vers le futur et voir le futur nous dicter notre destin ?

    Attendu qu’un feedback positif amplifie la tendance et qu’un feedback négatif freine la tendance le bon sens aurait voulu que l’on privilégie les feedback négatifs en période de croissance quand les marges de croissance étaient de notre côté, tout simplement pour les économiser. En visant une croissance raisonnable dans le durée nous aurions pu atteindre un état d’équilibre durable à terme mais comme nous le savons ce ne fut jamais l’objectif.

    Maintenant que les feedback positif à la croissance montrent leurs limites que faut-il privilégier ? Force est de constater que le meilleur moyen de freiner la décroissance pour qu’elle soit gérable, qu’elle ne précipite pas et pour tenter d’atteindre un état d’équilibre, implique de l’anticiper pour dégager de nouvelles marges qui pourront être réinvesties dans la croissance restrainte future.

    Comme nous le constatons actuellement la chute des investissements tourner vers le futur montre que nous sommes incapables de dégager les marges nécessaires pour freiner le décroissance, la rendant plus inéluctable et plus abrupte que jamais. Paradoxalement en s’obstinant à vouloir jouer le jeu d’une croissance devenue inateignable nous jouons surtout le jeu de la décroissance.

    Un moyen intelligent de freiner le décroissance serait de l’anticiper, à savoir faire un pied de nez à cette épée de Damocles qui pend au-dessus de nos têtes pour dégager de marges de stabilité future. Tout comme nous savons que nous devons quitter le pétrole avant qu’il ne nous quitte (cfr. la très conservatrice AIE), nous devons prendre la décroissance par surprise pour qu’elle ne nous prenne pas par surprise. On en est loin !

    • Mianne

      @ Peak.Oil.2008

      Tout comme nous savons que nous devons quitter le pétrole avant qu’il ne nous quitte (cfr. la très conservatrice AIE), nous devons prendre la décroissance par surprise pour qu’elle ne nous prenne pas par surprise. On en est loin

      Quitter le pétrole avant qu’il ne nous quitte est possible si les grandes compagnies pétrolières cessent de faire la loi chez les constructeurs de véhicules. C’est quand même scandaleux qu’il ait fallu des années pour que les moteurs de nos automobiles retrouvent la basse consommation de carburant mise au point par le concepteur du moteur équipant la Panhart des années 1950.

      Ce sont les mêmes pressions des compagnies pétrolières qui ont obligé le Français qui a déposé le brevet du moteur automobile à air comprimé de s’expatrier pour signer un contrat avec le géant indien Tata . Les voitures indiennes Tata à air comprimé sont sorties l’an dernier.
      Il y aura sans doute des tonnes de mesures administratives, réglementaires et douanières pour retarder leur arrivée en France afin de satisfaire le lobby pétrolier et nos constructeurs automobiles qui ont refusé le projet du Français.

      Et pourtant, n’est-ice pas une énergie non polluante et renouvelable de comprimer de l’air par des éoliennes et d’utiliser l’air comprimé pour l’appareillage ménager ainsi que pour faire rouler les voitures ? Il aura fallu que le concepteur français du moteur à air comprimé passe par l’Inde pour réaliser son projet !
      Pourquoi ne clouerait-on pas le bec au lobby pétrolier pour développer maintenant en France ce type de moteurs à air comprimé ? C’est le bon moment .

      Par contre, à part pour le pétrole, le développement des énergies renouvelables et non polluantes couplées aux économies d’énergie, je ne vois pas par quels moyens nous devons prendre la décroissance par surprise .
      Par une contre-publicié nationale et internationale ridiculisant les suivistes de la mode et les consommateurs de la frime et de l’inutile ?
      Par une réglementation pénalisant les pratiques honteuses concourant à l’obsolescence accélérée des produits de l’industrie ( automobiles, gros électroménager) ? Tout produit doit être résistant, et conçu pour être réparable et durable .
      Pouvez-vous préciser votre pensée ?

      • Peak.Oil.2008

        Certaines choses vont décroître voire disparaître par la force des choses. Faire disparaître ces choses
        avant qu’elle ne disparaîssent d’elles-mêmes c’est dégager des marges maintenant pour les
        réinvestir dans une direction qui a de l’avenir. Sinon laisser ces choses disparaître d’elles-mêmes ira de paire avec une incapacité croissante à investir dans toute alternative.

        La voiture solo à tout va va péricliter, pour moi c’est écrit. On s’y est mis trop tard pour sauver cet objet culte du XXème siècle. Limiter dès aujourd’hui cet usage permettrait de dégager des marges (facture pétrolière en baisse) pour investir dans un système de transport alternatif. Laisser cet usage disparaître par la seule pénurie de pétrole et la destruction de la demande ira de paire avec une incapacité à investir dans un système de transport alternatif. Non pas que l’on n’investira pas dans le transport alternatif quand le recours à la voiture individuelle deviendra inabordable mais cela ne sera jamais à la hauteur de ce que l’on pourrait faire maintenant.

        En décroissance nos marges d’investissements vont disparaître car nous serons de plus en plus déficitaires, c’est pourquoi anticiper la décroissance c’est la maîtriser sinon c’est la subir et risquer de la voir s’emballer.

      • Mianne

        Il est illusoire d’espérer supprimer la voiture individuelle tant que les zones résidentielles d’une urbanisation mal conçue seront éloignées des lieux de travail et que les transports en commun provinciaux se résumeront aux carsde transports scolaires là où la SNCF ne tient pas compte des heures d’embauche des salariés quand elle n’a pas tout simplement supprimé depuis 1945 un grand nombre de lignes secondaires et leurs gares.

        Apparemment, tout service public, transport, école, supprimé dans une certaine situation n’est jamais recréé, même quand de nouvelles circonstances l’exigeraient.

        En attendant que le transport d’écoliers et de salariés n’ait plus de raison d’être par une urbanisation mieux pensée, avant de supprimer la voiture individuelle, il faut la concevoir non consommatrice d’énergie fossile ni d’électricité nucléaire mais avec un moteur à air comprimé, la compression de l’air assurée au départ par l’éolienne familiale, énergie renouvelable, non polluante et gratuite après l’amortissement de la petite éolienne familiale.

        L’Italie multiplie les éoliennes familiales et les compresseurs. C’est, au contraire de la France, le pays européen qui consomme le moins d’électricité. Pourquoi les constructeurs automobiles français font-ils toujours le jeu du lobby pétrolier en boudant le moteur automobile à air comprimé, brevet français mais exploité par Tata automotive en Inde?

  53. 20100

    A Propos de incompétence du FMI
    Déclaration de l’IEO –> Indépendant Évaluation Organisme mis en place par les 187 membres du FMI dans son dernier rapport de janvier

    (le FMI) médecin urgentiste, appelé a contre cœur, il euthanasie ses malades faute de compétences

    la deuxième information de la chronique de Flore Vasseur sur France-Culture
    Le 12/04/11 de 08h45 a 08h48
    http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-4124881#reecoute-4124881

  54. JB

    Bonjour, y aurait il une façon de regarder les vidéos sur ipad?
    Merci,
    JB

    • Julien Alexandre

      @ JB

      Fait la modif à l’instant et testé : ça marche !

    • Jérémie

      Plus je regarde mon ipad et moins je fais attention au temps qu’il fait ce jour là, encore l’autre jour j’ai failli faire un constat à l’amiable.

      A quand alors le code rousseau pour les piétons et les plus accros au portable.

      Tiens encore l’autre jour, mais alors ma brave petite demoiselle on ne fait plus guère attention ou l’on marche, sans doute encore un en train de lire le blog de paul jorion sur son ipad.

  55. PAD

    Tout le monde à des Euro dans sa poche et je m’interroge toujours pourquoi, ce qui se passe politiquement, culturellement, philosophiquement dans les pays de culture germanique a autant de mal à traverser la frontière française. Pourquoi aucun effort n’est fait pour faire vivre le couple franco-allemand depuis deux décennies. Qu’est ce qui bloque au plus haut niveau ?

  56. ML

    1. En règle générale, je me retrouve dans vos interventions et les écrits que j’ai lu de vous [je me suis attelé à votre livre ‘’Le prix’’]. Il me semble que vous partagez les problèmes et les préoccupations des gens, disons ordinaires et vos propositions me paraissent souvent plutôt concrètes et disons réalisables, ceci étant nous restons en système capitaliste.

    2. Vous dites que le bénéfice est ‘’ une richesse qui a été créée grâce à la mise en commun d’un certain nombre d’éléments, des ressources qui peuvent être de l’argent qu’apportent les investisseurs, le travail qu’apportent les salariés, etc,’’. A mon avis, il est faux de parler de ‘’mise en commun’’ et de dire que les salariés ‘’apportent’’ ‘’leur’’ travail. Il est tout à fait exact que ce sont les salariés qui travaillent et que ce travail réalisé produit la richesse dont il est question, mais il ne s’agit nullement de leur travail et ils ne l’ont nullement mis en commun avec les investissements des capitalistes.

    Dans le rapport salarial, le travail est devenu la propriété du capitaliste, lequel en dispose à sa guise. Dit autrement, dans une société où les gens pourraient librement disposer de leur travail, il faut espérer qu’ils le consacreraient à faire autre chose que ce qu’ils sont conduits à faire sous un régime de bourgeoisie capitaliste, par exemple des armes tellement destructrices qu’en principe elles ne devraient jamais servir mais que cependant nous avons produit en quantité telle que nous sommes en capacité de faire exploser je ne sais combien de fois la Terre ! et que néanmoins nous continuons à produire !!! avec des bénéfices etc… bref un foutu monde de dingos ravis tous multi dépendants du Capital et de la bourgeoisie.

    Pour en revenir à notre affaire, la plus value en question est propriété de l’investisseur privé X et de lui seul. Nul doute que les salariés aient à chercher à obtenir une part de cette plus value, ne serait-ce d’ailleurs que pour déjà satisfaire leurs besoins de base –manger, se vêtir, un toit-. A ce propos, il est intéressant de voir ce qui suit ;
    http://www.dedefensa.org/article-faim_et_pauvrete_extreme_s_installent_aux_usa_08_04_2011.html
    http://www.elcorreo.eu.org/?Faim-et-pauvrete-extreme-s-installent-aux-Etats-Unis
    http://feedingamerica.org/hunger-in-america/hunger-studies/map-the-meal-gap.aspx
    Aux Etats-Unis, 55% de la population se situe au dessous de 130% du seuil de pauvreté [et plus de 16,6% y sont déjà] et susceptible de faire appel au programme d’aide nutritionnel additionnel qu’Obama va être conduit à traiter à coups de hache !
    Pour la France, il y a eu aussi une nette diminution de la part des profits attribués aux salaires. Voir par exemple ;
    http://prepaecocarnot.files.wordpress.com/2008/09/partage_de_la_richesses_sciences_humaines_janvier_2010.pdf
    Combattre la diminution de cette part et viser son augmentation substantielle sont bien des objectifs de l’heure pour tout syndicat de salariés qui se respecte.

    Pour ce genre de combat, c’est notamment le marxisme –théorie économique et politique [de lutte de classe]- qui a servi et sert d’outil. Il suffit de reprendre l’histoire ouvrière pour en faire le constat. C’est ce constat [le rôle déterminant des militants communistes] que faisait Chomsky concernant la lutte pour les droits civiques aux USA, lors de son dernier passage à Paris. Cet outil n’est heureusement et évidemment pas resté statique depuis Marx et je crois qu’il convient de l’aborder avec ce souci en tête ; c’est une arme et l’une des seules qu’ait le prolétariat. Attention à l’ironie facile.

    Concernant la fameuse prime, les syndicats ont de très bonnes raisons d’être prudents et dubitatifs. Il est certain que mille euros de plus value dans la poche des salariés c’est intéressant, pour les concernés. Ceci dit, je comprends et partage la réserve syndicale. Le système des primes est combattu par le syndicat ouvrier car c’est une manière ;
    – détournée de réduction de la masse salariale
    – affirmée de division des salariés entre eux.

    Le salaire est composé d’une part nette et d’un part différée. La part différée est un salaire que je nommerais socialisé. C’est la part de l’ensemble des cotisations dites sociales. Elle doit être défendue bec et ongles dans le contexte présent notamment. Aujourd’hui par exemple, plus du tiers des salaires de la fonction publique est constitué de primes. Cela équivaut à une sacrée amputation de ce salaire socialisé et des réponses qu’il est en capacité de donner pour ce qu’il traite. Par exemple comparez donc la retraite ‘’prefon’’ [fond de pension à la française] et la retraite par répartition des fonctionnaires.

    Les syndicats doivent veiller et travailler à l’Unité de la classe sociale concernée. Le système des primes individuelles est un redoutable outil de division qu’il convient de ne pas encourager.

    Dans cette affaire le gouvernement a lancé une proposition vis-à-vis de laquelle le patronat a déjà poussé des cris d’orfraie. Il n’y aura donc pas d’accord contractuel sur cette question, qu’il y aille donc et ponde son truc. Côté syndical, je serais assez pour dire ; voilà une idée qu’elle est bonne. Nous, nous proposons 1 000€ à chaque actionnaire et le reste à partager entre les salariés du groupe. S’il s’agit d’ouvrir une nouvelle ère, autant le faire avec une forte symbolique !

    Concernant ce que vous analysez comme des sortes de résistances liées à l’attachement de Laurent Etre et des syndicalistes en général à des restes d’analyse marxistes, je suis dubitatif mais c’est possible, le problème étant de savoir ce qui remplace cet outil. A mon avis, il ne reste plus grand-chose de communiste et de marxisme au pcf. La direction de ce parti est à la recherche d’une espèce de consensus européaniste atlantique suiviste de la politique mise en œuvre par la bourgeoisie financière en place. Du côté syndical, l’abandon de la FSM par la CGT au profit de la FSI va dans le même sens. Je trouve que les couches populaires sont grandement laissées à elles mêmes dans ces temps difficiles pour elles. Il me semble qu’il n’y a d’autre alternative que de reprendre un travail de terrain au long court, dans la continuité de l’histoire ouvrière –Et là lutte de classe, marxisme et communisme y jouent tout leur rôle, en lien avec notamment les mouvements d’Amérique du Sud-. Il me semble que c’est aussi ce que préconise Chomsky et d’autres. Je vous renvoie à mon intervention en 32ème position.

    Bien à vous.

  57. Papimam

    Je trouve que le travail effectué sur ce blog est remarquable et nous livre un trésor d’informations, de vérités et aussi de débats contradictoires d’une honnêteté rare.
    Rapport qualité/prix exceptionnel. Merci à Paul et François pour leur disponibilté constante.
    A chacun d’y trouver ses marques, même à ceux dont les thèses et l’idéologie sont aux antipodes de ce blog. Ces derniers les instrumentalisent, les retournent contre nous en général mais malgré tout, qui sait. On ne pourra pas dire « on ne savait pas ».

    Pour passer à une vitesse supérieure il faut disposer de moyens financiers et organisationnels dont seuls disposent des grosses entreprises, le gouvernement, certains ONG, des think-thank. ne rêvons pas, restons modestes et reconnaissons la puissance des lobbies, politiciens, financiers qui disposent de moyens à la mesure des enjeux qu’ils défendent, trop souvent hélas contre le seul intérêt général.

    L’essentiel à mon sens est de faire émerger la vérité, de fournir des données factuelles incontestables, de faire réfléchir.
    A d’autres de prendre le relais et de vulgariser, expliquer, démontrer afin que de plus en plus de citoyens sachent, comprennent, diffusent, les actions suivront (voir gaz de schistes).
    Le travail qui reste à faire est immense, j’en veux pour exemple une conférence sur le nucléaire à laquelle j’ai assisté, un peu par hasard.

    Une petite association de jeunes, « Terresstre » a demandé à un prof., M. Jean-Marie Brom (physicien chercheur sur le nucléaire au CNRS à Strasbourg) de faire une conférence.
    Celle ci à eu lieu à Mulhouse, au campus au nom prédestiné « Fonderie », ancien bâtiment de la prestigieuse SACM (voir Wiki), le thème était « Le nucléaire est il une énergie d’avenir ? »
    La conférence s’est déroulée de 18h00 à 20h00 dans un amphithéâtre clairsemé, une cinquantaine de participants pour un sujet aussi essentiel !
    A la louche, 1/3 de jeunes étudiants que je salue et auxquels je tire mon chapeau, 1/3 de convaincus (anti-nuclaires et verts), 1/3 de citoyens ordinaires comme moi.
    L’exposé était clair et net, chiffres incontestables, sans appel, CQFD, preuve par 9 : il faut sortir du nucléaire et fissa.
    Efficacité énergétique minable, indépendance énergétique bof, déchets : vaste fumisterie, les déchets officiels en quantité minimes occultent les quantités réelles énormes, sureté : 1 accident tous les 10 ans, prix : 10 de prix +10 d’impôts + provisions pour traitement des déchets & démantèlements (dettes), coûts catastrophiques, défi climatique si peu, seul point positif : l’intérêt politique, le monopole.
    En résumé le nucléaire est dangereux, pas efficace et hypothèque l’avenir sur 100 ans et plus.

    Comment diffuser au plus grand nombre : disposer d’une télé ou radio libre, intervenir dans une émission comme Théma sur ARTE, presses nationales et locales, buz, ……

    Dans ma propre boîte à malice j’avais en attente un article du Monde « Des plantes contre le cancer » du 5 mars et qui illustre de manière concrète l’aberration de la notion de valeur.
    Un traitement traditionnel à base d’infusions de « Calotropis procera » ou pommier de Sodome traitait efficacement les cancers du sein au Burkina Faso.
    Le traitement coûte 7 euros par patient pour 1 an et le principe actif étant tellement puissant, il pourrait être vendu ……15.000 euros par an !!! Rapport 1 à 2.000.

    Dans la super émission « Terre à terre » de bonne heure le samedi matin sur FC, une voix claire, nette et pertinente s’est exprimée, ça décoiffe Nicolas Hulot, YAB, les multi-nationales au profit d’un pragmatisme aussi simple que remarquable, décapant :
    Sénégal 2 : l’Océanium de Dakar
    http://www.franceculture.com/emission-terre-a-terre-senegal-2-l%E2%80%99oceanium-de-dakar-2011-04-16.html
    L’enregistrement n’est pas encore en ligne, mais dès que possible écoutez au minimum la fin, ça vaut son pesant d’or.

    Pour finir, un exemple de site, gouvernemental, structuré et organisé, qui nous délivre des info utiles (vrai, complet, objectif ?)
    Nul doute que les moyens mis en oeuvre sont d’une autre échelle que celle de ce blog.
    http://www.stats.environnement.developpement-durable.gouv.fr/

    Bon courage et persévérez envers et contre tout, un jour on récoltera nos semis, j’espère.

  58. Alain

    Je me demande jusqu’à quand la mascarade de la zone euro va continuer ? On nous dit la restructuration de la dette Gréc n’est pas à l’ordre du jour, mais avant on nous disait aussi que l’Irlande et le Portugal ne seront pas en difficulté, on a vu le résultat..

    Maintenant la question que je me pose, l’éclatement de la zone euro est pour quand ? Car on si dirige a grande vitesse..

    • titi

      Bonjour,

      Pour moi, la prime de 1000eur n’est qu’une nouvelle promesse sans lendemains à l’heure où les candidatures pour 2012 fleurissent (c’est le printemps, on rase gratis!)
      Je pense que plus personne n’est dupe. Si on peut le faire quand tout va mal, que ne l’a-t-on fait quand tout allait bien?
      Je préfère ne pas entrer dans les détails techniques même si je suis d’accord avec ceux qui notent que cette mesure poserait un problème d’égalité délicat (d’accord aussi avec la chaîne de sous-traitance).
      Ce gouvernement n’en est pas à son coup d’essai au niveau « retoquage » par le Conseil Constitutionnel. On promet des choses impossibles et après on montre du doigt cette satanée Constitution. Ca cause à beaucoup de gens c’est populiste mais ça ne mène nulle part.
      Les gens ne sont plus dupes et ont le regard déjà tourné ailleurs.
      On ne peut pas dire d’un côté : « austérité! » et de l’autre faire des promesses opposées. A un an des élections, on prend les gens pour des imbéciles. Ca pose un problème de crédibilité (cf. aussi forte abstention)
      Ce qui m’effraie dans ce que j’entends autour de moi, c’est l’impact du discours FN.
      En proposant des mesures si peu sérieuses, le pouvoir prépare les prochaines frustations et les votes contestataires de demain.

      • Essayez de comprendre comment ça marche. Je sais, ça demande plus de temps et plus d’effort que de dire « Tous pourris ! ».

      • titi

        ;-)

        Bonjour Paul,

        Je ne pense pas être de ceux qui n’essaient pas ;-) Ca fait quand même des mois que je vous lis via le blog, j’ai acheté et lu l’Argent Mode d’Emploi, je pense être quand même équipé pour comprendre
        Je lis également d’autres sources, enfin je ne me contente pas, loin s’en faut de « tous pourris »
        Je faisais juste remarquer que par gros temps, beaucoup de mes concitoyens se crispent et qu’il y a du danger à raser gratis….
        Après, que je ne comprenne pas tout, possible…. ;-)
        Si je vous suis bien les syndicalistes mettent entrepreneurs et investisseurs dans le même sac alors que la mesure Baroin permettrait d’aligner les intérêts des salariés sur ceux des investisseurs. Ce qui met en rogne le Medef!
        Si j’ai bien compris, ok, attendons le détail de la mesure qui ne devrait pas tarder puisque le gouvernement promet une loi avant l’Eté.

        Merci de votre bienveillance :-)

      • Petite question, Paul, sur cette prime : comptez-vous rester sur vos positions, et encerclé d’adversaires armés jusqu’aux dents, ou tenter une sortie ?

    • Alain

      Paul est-ce que vous avez une estimation pour quand arrivera l’éclatement de la zone euro ?

  59. Didier Cavard

    Pour illustrer le traitement par l’ASN d’une défaillance de matériels de secours :

    http://www.asn.fr/index.php/L-ASN-en-region/Division-d-Orleans/Actualites-de-votre-region/Incident-de-niveau-2-sur-les-groupes-electrogenes-de-la-centrale-du-Tricastin

    (NB : Tricastin n’a rien à voir avec la division d’Orléans ; mais il s’agit d’un problème générique).

    Notez le classement différent selon les sites : niveau 2 INES quand tous les groupes de secours d’un réacteur, plus le groupe commun, sont concernés (Tricastin), niveau 1 seulement s’il existe au moins un groupe non concerné par réacteur, ou si le groupe commun est OK. En l’absence de conséquences radiologiques, l’ASN n’a PAS LE DROIT de classer l’incident au delà du niveau 2 INES, elle ne peut que stigmatiser l’abaissement du niveau de sûreté qui en résulte. Il faudrait une échelle de « gravité potentielle » pour médiatiser de tels cas correctement, mais les médias ont déjà tellement de mal avec les échelles existantes…

    La note technique précise l’histoire de l’anomalie et comment elle est contournée par une maintenance anticipée, en attendant le remplacement des coussinets défectueux. On ne sait pas si des sanctions seront prises et envers qui (ça va probablement retomber sur le fournisseur et sur les gens qui ont trempé dans la définition et le contrôle qualité de ces coussinets).

    NB : cet incident est antérieur à Fukushima. Il sera instructif de comparer au traitement d’un problème de même type décelé après Fukushima.

    NB2 L’échelle INES est très rustique : en appliquant avec rigeur la progression logarithmique prévue, Tchernobyl aurait bénéficié d’un niveau 9 au lieu de 7. Mais l’échelle est arbitrairement bloquée à 7, d’où les divergences sur le classement de Fukushima par rapport à Tchernobyl.

    • Comme si la « gravité potentielle » n’était pas la seule qui importe !

      « … mais les médias ont déjà tellement de mal avec les échelles existantes… »

      L’argument est toujours le même : les gens sont trop bêtes. Mais l’argument est spécieux : il suffirait d’une seule échelle. Et comme je l’ai dit, la seule échelle valide est celle qui ne contient pas un facteur implicite « le hasard a bien fait les choses » !

      • Didier Cavard

        Il ne s’agit pas de bêtise, mais de tout un tas de phénomènes très bien décrits ici pour le sujet « changement climatique », mais applicables aux autres enjeux scientifiques :

        http://www.manicore.com/documentation/serre/journalistes.html

        Ma remarque était ironique, pour signaler que je pense qu’on répondra « trop compliqué » à toute demande de mettre en place une autre échelle.

        Si j’ai le temps, je ferai une analyse typologique des incidents à partir du prochain n° de la revue Contrôle de l’ASN.

  60. Les capitalistes , n’ont pas vendu la corde pour les pendre , en fait ils ont lu Marx et sont assis sur la branche destinée à la pendaison qu’ils sont entrain de couper avec application, vous comprenez deux précautions valent mieux qu’une
    Je plaisante

  61. Pour la pendaison ce n’est pas Marx , bien sur mais Lénine

  62. D-croissance

    Hélas tout le monde au FMI ne souscrit pas aux thèses de Paul!

    Dans une interview au Monde du 20 avril Olivier Blanchard, chef économiste du FMI déclare
    que « les pays européens de la périphérie ne se sauveront pas seulement par des sacrifices budgétaires ». Sa recommandation ? Que ces Etats améliorent « considérablement leur productivité » ou « baissent leurs salaires, ou les deux »!!!

    Ben voyons! Je crains que tout ça ne finisse dans un bain de sang…ce qu’ils ne veulent pas comprendre par la raison, ils risquent d’être obligés de l’admettre par la révolution…

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