RESTAURER L’HUMANITÉ DU CAPITAL : INTERDIRE LES PARIS SUR LES FLUCTUATIONS DE PRIX, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix est la clé de tout développement de civilisation dans la mondialisation. Cet engagement subjectif ne peut se concrétiser sans une objectivation du prix dont les fluctuations soient déterminées par autre chose que des paris. Pour que l’objectif d’interdiction redonne au sujet humain universel la maîtrise des fluctuations de prix, il faut expliciter ce qui rend le sujet universel indépendamment du sujet financier qui prétend représenter l’universalité du prix par ses seuls calculs. L’universalité du sujet de la réalité est l’option librement négociée sur un marché qui réunisse tous les sujets intéressés au prix d’une réalité objective.

La négociation ouverte à tout sujet des options d’objets de la réalité a pour conséquence de faire de la réalité visible la preuve ultime de la vérité d’un prix ; de distinguer l’objet nommé de l’objet concret comme bornes de la réalité fluctuante ; de conditionner la vérité du futur par l’existence visible d’un prix nominal et d’une prime concomitamment positifs d’un même objet. La fondation d’un marché d’option mondialisé au-dessus des marchés actuels captés par des intérêts particuliers interdit les paris par la visibilité de tout acteur du prix et la transparence économique de tout objet. Il en résulte la refondation du capital comme anticipation rationnelle de l’écart probable objectif entre le réel à terme et le réel nommé au présent.

La monnaie universellement vraie est alors émise à proportion du capital anticipé dans le passé sur la demande humaine actuellement en train de se transformer en réalité effectivement satisfaisante. Dans un univers de prix explicitement optionnels, le pouvoir politique a pour mission de réglementer le marché pour qu’il puisse nommer tout ce qui est réalisable. Le pouvoir financier ne peut y calculer des prix qu’à l’intérieur d’un marché qui nomme ce qu’il s’engage à réaliser. Le marché régulé par l’État de droit est la seule expression réelle de la démocratie. Il donne à tout sujet de réaliser ce qu’il désire explicitement à l’intérieur de la nomination discutée du bien commun.

L’option positive de l’interdiction

Afin de mettre un terme à la destruction du réel par la spéculation financière, Paul Jorion demande l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. L’interdiction est objet invisible d’un acte subjectif dont l’efficience implique la définition d’un objet visible qui soit l’alternative à ce qui est interdit. Si l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix est effective, que reste-t-il pour prouver qu’il n’y a plus de paris ? Autrement dit qu’est-ce qu’un prix éventuellement fluctuant à l’abri de tout pari ? Entre l’état d’interdiction réelle et l’état actuel de non-interdiction, il faut nommer et marquer une différence qui soit visible et intelligible à n’importe qui. S’il n’est pas dit ce qu’est visiblement une fluctuation de prix sans pari, il demeure impossible à quiconque d’affirmer en pleine assurance l’absence de pari. Les spéculateurs ne mentent pas vraiment en falsifiant des objets sans réalité. Spéculer, c’est interdire ou autoriser un objet dont l’existence n’est pas probable.

La visibilité de l’alternative interdiction sur non-interdiction est au sens courant du terme une option. L’option signifie qu’il existe un choix formulé par le langage où une même réalité se trouve soit dans un état soit dans l’autre mais pas les deux à la fois et nécessairement l’un ou l’autre. L’option est la grammaire de la réalité : un sujet, un verbe et un objet dans un même acte exprimable en langage universel accessible à n’importe quelle intelligence humaine. L’option d’interdiction des paris sur les fluctuations de prix signifie que n’importe quel sujet humain doit pouvoir affirmer dans la certitude de ne pas se tromper qu’il y a ou qu’il n’y a pas de pari. N’importe qui doit pouvoir constater la fluctuation d’un prix attribuée à un objet réel sans que la fluctuation ne soit provoquée par l’affirmation gratuite d’un sujet réputé plus informé que le commun des mortels.

Grammaire du sujet humain du prix

L’option d’un sujet universellement sujet casse l’incertitude de la vérité d’un objet. Elle rend un objet véridique. La grammaire de l’option s’applique par le langage à n’importe quel sujet de la réalité accessibles aux sens d’un autre sujet. Elle fixe par la parole n’importe quel objet de réalité sensible transformable par le verbe du sujet. L’option est bien la réalité de la relation que n’importe quel sujet établit par le verbe avec n’importe quel objet. Si un sujet humain de parole opte par un verbe pour un objet, il le nomme et rend possible la discussion de la vérité objective ; de la vérité qui porte sur un objet reconnaissable par n’importe quel sujet. Par l’option d’un sujet de nommer un objet, le sujet fixe une représentation verbale de l’objet qui le rend discutable à n’importe quel sujet. La vérité de l’objet est offerte par son sujet à tout autre sujet qui peut la demander. La vérité de tout objet de réalité est verbalisée et discutée par l’option des sujets ; par le choix de l’intelligence de s’acter dans l’objet dont elle se fait sujet.

L’option est la condition de la vérité qui est la condition de l’interdiction. Ce qui est réel ne peut pas être interdit en vérité puisque cela existe indépendamment d’un accord entre tous les sujets humains. Par contre s’il existe une vérité qui soit l’accord possible entre tous les sujets humains, alors l’interdiction prend le sens de réprobation des réalités potentielles sur lesquelles les humains ne peuvent pas universellement tomber d’accord. Pour que l’interdiction soit effective, il faut que son objet existe verbalement dans les deux états nommés possibles de l’option. Et il faut que n’importe quel sujet puisse acter sa position d’option dans l’interdiction ou en dehors de l’interdiction ; que l’option soit visible en dehors de la parole subjective qui l’énonce à un certain instant en un certain lieu. La condition de l’option entre la vérité et l’interdiction de la réalité optée par le sujet, est le marché.

L’option du prix de marché

Le marché n’est pas une réalité en soi mais une réalité optée. Cette réalité est une option de plusieurs sujets de se réunir dans un même espace où ils se rendent visibles les uns aux autres afin d’échanger visiblement des objets. L’objet marché qu’autorise l’option du marché est une réalité parfaitement définie par la réunion visible de tous les sujets qui offrent ou demandent un même objet visible de négociation. Cette définition interdit l’appellation de marché vraie à ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui « marchés financiers ». Ces marchés sont des options de mensonge puisque les sujets qui négocient les objets ne sont pas universellement visibles. Les monnaies et actifs négociés sur les marchés financiers sont intrinsèquement toxiques : ils ne sont pas visibles ni en tant qu’objets de réalité universellement vérifiable ni en tant que propriété de leurs sujets. Les propriétaires des actifs toxiques ne sont pas identifiables comme sujet responsable réel de leur prix.

La toxicité ou non-toxicité financière est un problème de vérité de l’effet, de contradiction néfaste entre ce qu’on croit et ce qui est réel. En l’occurrence actifs et monnaies ont actuellement un prix nominal qui n’est visiblement pas leur prix réel. La réalité des « marchés » dissimulée par la spéculation est l’opacité de la relation entre les sujets et les objets. Le motif humain de cette dissimulation est clairement d’offrir à certains sujets la possibilité de raconter des histoires à d’autres ; des histoires dont la vérité soit non discriminable afin d’interdire la réalité derrière la parole. La vérité et la réalité sont rendues indifférentiables par l’invisibilité des sujets qui fixent le prix des objets. Le pari de la vérité d’une réalité dissimulée en attribue le prix aux sujets qui fabriquent l’objet par le marché. Le contrôle du marché détermine l’existence de l’objet par son seul prix indépendamment de la réalité effectivement partagée par les acteurs. Le pari utilise la fiction du marché pour fixer l’attention sur une vérité de l’objet sorti de la réalité vérifiable.

Opérer la différence entre vérité et réalité

L’outil de dissimulation de la réalité à l’intelligence est l’idéologie qui utilise le concept de liberté contre la vérité. La vérité néo-libérale confond la vérité et la réalité. Elle interdit l’interdiction qui structure la parole par la réalité. Elle nie le sujet de la réalité capable d’opérer un choix conscient entre ce qu’il reconnaît comme interdit ou non-interdit. La négation de la vérité distincte de la réalité dissimule le prix nominal comme conséquence de l’option en acte. Elle attribue le prix d’incertitude de la vérité à celui qui opte le prix sans se dévoiler pour ne pas répondre de l’incertitude du nominal en réalité. En niant la différence ontologique entre la réalité et la vérité, c’est à dire en affirmant que la vérité n’existe pas ou que la réalité n’est pas universellement vraie, le spéculateur dispense le sujet d’opter. Il lui vole sa réalité en lui disant qu’il est libre. Pendant que le spéculé cherche la réalité que lui joue le spéculateur, il n’acte aucun choix et laisse le prix de sa liberté au spéculateur. Le prix de la réalité libre est la prime d’option. Le spéculateur la vole au sujet en lui dissimulant la réalité de son option à acheter ou à vendre le prix nominal.

Interdire les paris sur les fluctuations de prix, c’est nommer et montrer la réalité de l’objet auquel l’offre de marché attribue un prix par la demande. Mais c’est également nommer et montrer le sujet qui assume les fluctuations de prix de l’offre demandée de l’objet réel ; d’une offre et d’une demande qui ne soient pas abstraites d’un réel jamais visible. Le prix ne doit plus exister sans l’objet visible qui passe effectivement des mains de l’offre à celles de la demande en contrepartie de la circulation du prix par la monnaie. Dans un vrai marché, la fluctuation de prix ne peut plus exister sans la permanence de l’objet visible effectivement échangé à un prix qui varie. Le sujet légitimement propriétaire de la prime de l’objet nommé est celui qui assume la réalité de la variation du prix à l’échéance de l’échange du réel opté dans une limite de temps. L’option de réalité définit la prime du prix nominal, la prime d’une parole engagée dans la réalisation de son objet. La prime implique que la variation du prix nominal s’impute intégralement et réellement sur le sujet primaire distinct et autonome de l’objet qui reste secondaire. Être propriétaire objectif d’une réalité signifie assumer par soi la variation nominale de son prix quelle que soit les choix de l’offre et de la demande de cette réalité nommée séparément de la prime.

Analyse de la vérité par la réalité

Le marché d’option interdit les paris sur les fluctuations de prix par la visibilité de trois réalités analytiquement distinctes rassemblées par les négociateurs du nominal et de la prime d’option : la réalité matérielle de l’objet échangé visible à un quelconque moment du temps, la réalité formelle de l’objet nommé entre tous ses acheteurs et vendeurs et la réalité effective du prix réglée en monnaie. De ces trois réalités, seule la matérielle est par elle-même visible à la livraison de l’objet. Le nominal avant la livraison du réel, l’accord entre les acheteurs et les vendeurs ainsi que le paiement du réel et de la moins-value éventuelle sur le prix nominal ne sont visibles que par le marché. Si le motif de marché n’est pas la liberté d’information totale et réciproque de l’objet en négociation à fin d’échange effectif à une certaine échéance, alors le prix est une falsification qui ne porte pas sur un objet identiquement vérifiable pour son offre et sa demande. Le spéculateur fait alors varier le prix avec n’importe quel argument. Il parie indépendamment de la réalité de l’objet au mépris de l’intérêt objectif de sa contrepartie acheteuse ou vendeuse.

La visibilité marchande des sujets de l’option, acheteur et vendeur du nominal ainsi qu’acheteur de la prime garant de la réalité du prix à terme, n’est pas objective dans le temps sans une matière qui compromette nominalement les sujets engagés. C’est la raison d’être de la monnaie. Afin de ne pas retenir physiquement les acteurs de l’option dans l’espace du marché pendant toute la durée de l’option, un intermédiaire de marché se porte garant de l’existence d’un engagement contractuel qui certifie l’objet, son prix nominal et l’achat de la prime de monnaie. Le vrai marché qui porte les options de la vérité des prix dans le temps est nécessairement incarné par des intermédiaires financiers. L’intermédiaire porte la relation des parties à l’option de l’objet sans participer ni au prix du nominal, ni au prix de la prime ni à la production du livrable sous-jacent.

Le prix témoin de réalité par la finance

L’intermédiaire financier de marché est témoin de la réalité du contrat d’option et par conséquent dépositaire de la prime de monnaie qui réalise, qui prouve, l’existence optionnelle de l’échange contractuel. Il est témoin actif en rendant la prime intelligible par la liquidité du prix de l’objet réel sous-jacent au nominal. Il organise la confrontation de l’offre et de la demande du réel, l’établissement du prix qui satisfasse le maximum de sujets et le règlement du prix en monnaie. La présence du dépositaire de la prime négociable est arbitre de l’existence du prix nominal comptant et à terme. Elle garantit la relation objective de la prime avec le prix du réel actuel et tout prix engagé à terme. L’objectivité de la prime est prouvée par son paiement en monnaie convenu entre l’acheteur et le vendeur du nominal au bénéfice du tiers qui prend en charge la variation à terme du prix nominal négociable dans le marché. L’intermédiaire de marché est la quatrième partie garante de l’information de la liberté contractuelle des trois parties requises à l’équilibre de l’option.

L’intermédiaire marchand compte la monnaie reçue par l’acheteur de la prime. L’acheteur et le vendeur du nominal à terme vendent la fluctuation probable du prix entre l’origine et l’échéance de l’option afin d’assurer la réalité de leur intérêt. Le vendeur du nominal veut être sûr de la rentabilité du livrable qu’il s’engage à produire ; l’acheteur du nominal s’assure du prix de la réalité livrable dans le futur. Et l’acheteur de la prime s’intéresse à l’anticipation réaliste de l’objet sous-jacent au prix ; La prime est le bénéfice à nommer par anticipation ce que le vendeur du nominal peut réellement produire à l’échéance. L’anticipation de l’objet livrable à terme contient une double réalité associant l’acheteur et le vendeur nominaux, associant l’objet physique invisible au présent et le paiement en monnaie qui représente le prix. La réalité matérielle et formelle du nominal effectivement livrable est garantie par l’acheteur et le vendeur de la prime. L’acheteur de la prime reçoit la monnaie du vendeur qui est garant du réel livrable pendant que l’acheteur est garant du paiement à terme en monnaie.

Capital de réalisation des prix par le temps

Si l’acheteur primaire doit à l’échéance prélever sur sa prime la différence négative du prix réel comptant sur le prix nominal à l’origine de l’option, le vendeur primaire doit lui, assumer toute la réalité non monétaire, c’est à dire la réparation du préjudice de la non-livraison à l’acheteur nominal. Le préjudice possible d’un acheteur à terme est matériellement la livraison non conforme du réel promis et formellement un défaut de crédit, un défaut du vendeur nominal à réaliser la valeur de son engagement en droit. Le défaut possible en réalité concrète d’un vendeur nominal est la justification réelle du capital. Un vendeur à terme de réel dispose nécessairement d’un capital sans quoi sa promesse de livrer dans le futur ne repose au présent sur aucune réalité.

Le rôle du vendeur primaire de l’option est donc l’appréciation de la réalité nécessaire au présent pour appuyer une réalité promise au futur à un certain prix. La capitalisation du vendeur nominal par le vendeur primaire est la vente de l’option de la réalité vérifiée par le marché. La vérification est l’achat de la variation du prix réel anticipé de la certitude nominale. Un capital est une prime de réalité adossée à une prime de nominalité exprimée en monnaie. Un propriétaire de capital est propriétaire de la prime d’option de certitude de la livraison à terme par le vendeur. Le propriétaire d’un capital est en logique de réalité vendeur d’une prime de crédit à la vente à terme d’un prix nominal certain.

Détournement politique et financier de la prime de liquidité

Si les propriétaires de capital ne sont pas confrontés sur un même marché aux propriétaires à terme de la valeur nominale des objets réels en cours de production, l’équilibre réel entre la vente de primes d’option et l’achat de primes de la même réalité nommée ne peut pas être établi ; ne peut pas être rationalisé ni donc anticipé. Or le capitalisme financier est depuis le XIXème siècle construit sur le cloisonnement du marché du capital et du marché des primes d’option des prix à terme. L’équilibre entre ces deux marchés se réalise discrètement et empiriquement à l’intérieur des sociétés financières autorisées à intervenir sur les deux marchés.

La négociation sur les marchés à terme du réel livrable permet de capter l’information sur le risque d’écart actuel entre le réel et le nominal. La négociation sur le marché du capital et de l’investissement permet de capter l’information sur le risque d’écart à terme entre le réel et le nominal. L’absence de marché public de compensation entre le risque du terme et le risque du comptant offre aux opérateurs financiers de cacher leurs positions afin de conserver la prime sans le risque et de vendre le risque sans régler la prime à l’économie réelle ignorante de l’économie financière. Ces positions financières asymétriques sont profitables aux banques d’affaire et aux autorités publiques. Les gouvernements profitent de l’opacité de la compensation du risque en captant la prime d’émission monétaire. Cette prime historiquement dénommé seigneuriage revient à celui qui dispose du privilège de battre monnaie sans rendre compte de la réalité.

L’arbitrage marchand entre la finance et la politique

L’absence de marché unifié de compensation du risque par le droit dissocie les engagements sous-jacents aux nominaux de prix des engagements sous-jacent aux nominaux de capital. Les banques d’affaire peuvent titriser du capital au-delà des primes réellement vendues par les vendeurs de réel. Les gouvernements peuvent se financer hors du contrôle de la démocratie en faisant émettre de la monnaie au-delà des primes de monnaie réellement versées par l’anticipation de la production du réel. Banques d’affaire et gouvernements prélèvent un impôt caché sur l’économie réelle par les moins-values sur titres de capital, par les pertes de crédit non remboursées aux épargnants et par la dévaluation réelle dissimulée de la monnaie. La rente oligarchique politique et financière est issue de l’indéfinition de la valeur du risque en droit, de la dissociation entre la réglementation du marché et la réglementation du crédit et de la possibilité d’une responsabilité financière limitée en capital qui garantit le crédit.

L’intermédiaire marchand dans un marché du risque est nécessaire comme auteur de la certitude de l’existence d’une option. Il crée lui-même cette certitude en vendant l’option de la réalité juridique à tous les acteurs qu’il admet dans la négociation de marché. Si la livraison à terme d’un objet réel en droit n’est pas correctement couverte par une prime de capital suffisante négociée dans le marché, l’intermédiaire financier de marché prélève sur les primes qu’il a collectées le dédommagement dû à l’acheteur à terme. Témoin de la réalité juridique dès la matérialisation de la prime dans le règlement en monnaie de tout vendeur potentiel enregistré dans le marché, l’intermédiaire marchand interdit le pari en constatant la réalité de l’objet engagée dans l’option par le paiement de la prime en monnaie.

Projection économique du pouvoir judiciaire par le marché

L’interdiction du pari par l’option a pour conséquence de générer la monnaie sous la réalité subjective des parties à l’option et sur la réalité objective probable et vérifiable du nominal. La vérification marchande de l’option de son origine à son échéance offre à la société de droit qui accueille le marché de subordonner l’émission monétaire au crédit sous-jacent au prix à terme ; un crédit qui ne soit pas dissociable de la prime qui garantisse la réalité du prix à terme de l’objet. Il suffit aux banques d’escompter le prix à terme et à la banque centrale d’escompter la variation des prix dans les primes pour aligner la création monétaire et le crédit sur la réalité. Une réalité engagée par l’équilibre véritable de l’offre et de la demande du réel. L’équilibre à terme réel détermine la demande de crédit tandis que l’offre de crédit est issue de l’équilibre des primes achetées et vendues sur l’équilibre comptant nominal.

Dans un marché d’option transparent, le prix des primes de tout objet négociable traduit l’équilibre des anticipations fondée sur le présent objectif, le futur subjectif et la réalité optée. Le crédit est équilibré par l’égalité de droit vérifiable des acheteurs et vendeurs de nominal garantis par des acheteurs et vendeurs de primes. L’égalité de droit est effective sur le marché du risque parce que transgressable ni par les banquiers d’affaire ni par les gouvernements. Elle implique la séparation absolue de l’investissement financier dans les primes entre la prise en charge du risque, le calcul du crédit et la négociation du prix réel. Comme un gouvernement prend des risques, prête ou emprunte et fixe le cadre juridique de la négociation des prix, il ne doit jouer aucun rôle d’intermédiation financière ni judiciaire. Les pouvoirs de marché doivent rester distincts des pouvoirs de gouvernement qui doivent rester distincts des pouvoirs judiciaires.

Intégration du coût réel de la justice dans les prix de marché

C’est le pouvoir judiciaire souverain qui veille à l’égalité des droits sur le marché. Le législateur et l’exécutif ne peuvent avoir aucun privilège de négociation de prix sur les intérêts privés. En revanche le pouvoir judiciaire réduit les intérêts privés par l’intérêt public à l’égalité réelle des droits. Il doit pouvoir être saisi sans privilège ni restriction par tout acteur économique de droit. Le financement matériel de l’action judiciaire est donc assuré par une prime fiscale proportionnelle au capital coté sur le marché par les primes d’option réglées. L’investissement dans la valeur à terme contient alors le prix de la justice réelle qui devient un argument matériel du prix du risque. Le pouvoir politique ne peut plus se contenter d’annoncer ses dettes de justice publique sans en faire calculer le prix par le marché. La prime prélevée sur les primes de prix marchand qui finance le fonctionnement de la justice est calculée par une cour de justice financière dont les juges sont élus par les citoyens.

Le juge financier a pour unique fonction d’anticiper le prix économique de la justice dans le cadre des lois votées par la démocratie selon le jugement qu’il porte sur l’efficacité du marché. Si les lois sont incohérentes et mal écrites, si les acteurs de marché s’ingénient à tordre l’application de la loi dans les contrats de marché, les juges financiers augmentent la taxation du capital afin d’accroître le travail judiciaire d’investigation et de jugement. Si le juge financier abuse de la taxation, il diminue le potentiel de croissance économique en surévaluant le coût de la justice. Les citoyens n’ont pas intérêt à élire des juges financiers qui majorent artificiellement leurs coûts de transaction à emprunter et investir dans le juste prix de la valeur à terme. Le juge financier est le garant de la politique monétaire de proportionalisation du crédit à la valeur à terme effectivement achetée sur le marché transparent en droit.

Monnaie objective d’évaluation des monnaies nationales

Les gouvernements et les institutions financières se sont placés en position réciproque de faillite de justice par la crise des subprimes. Les gouvernements ont déréglementé la finance pour s’attribuer des capacités d’emprunt formellement illimitées. La finance a spéculé sans limite sur l’opacité de la compensation économique des risques par la réalité du droit. Gouvernements et opérateurs financiers opèrent par la nominalité tronquée de son optionalité un prélèvement illimité de réalité sur les activités non politiques et non financières. Ni les opérateurs politiques, ni les opérateurs financiers ne peuvent reconnaître leur déni de justice en tant que ressortissants d’un droit national. La faillite judiciaire des institutions politiques et financières ne peut être prononcée qu’à partir d’un état de droit international dans une réalité objective visible à tout sujet.

Puisque tout sujet humain est civilement responsable uniquement dans la loi du pays où il se domicilie, la responsabilité financière et politique de l’intérêt général humain ne peut être pleinement invoquée à l’intérieur des espaces juridiques nationaux. Le chaos politique et financier provient d’un espace de la négociation financière surplombant les nationalités et les zones monétaires ; et d’un espace de la négociation politique fragmenté dans les interprétations nationales d’une justice qui ne peut pas ne pas être universelle. L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix doit nécessairement couvrir les paris sur les monnaies. Le prix des monnaies doit pouvoir être livré à l’intérieur d’un droit national quelconque applicable par une monnaie matériellement sans nationalité ; dont la valeur nominale ne dépende pas d’une interprétation nationale du Droit tout en étant l’application réelle du Droit.

Couverture financière du Droit par le marché commun

Le marché généralisé d’option implique des prix d’actifs financiers et de dettes publiques qui soient identiques quel que soit la nationalité du doit appliqué. La prime de capital des opérateurs financiers et politiques doit être négociable dans une monnaie internationale insensible à leurs intérêts particuliers financiers et monétaires. Les prix en monnaies nationales dont ils contrôlent la réalité par la nominalité, doivent être optés par une prime réglée en monnaie internationale dont la valeur est exclusivement déterminée par l’égalité des droits indépendamment des nationalités. L’instauration d’un marché financier d’option généralisée induit un étalon économique de la valeur en droit contrôlé par un capital entièrement négociable entre ses actionnaires effectifs qui sont publics par le marché et privés par la responsabilité réelle personnelle.

Le principe du capital en monnaie internationale est la responsabilité personnelle nominalement illimitée mais réellement limitée par les actifs effectivement déposés sur le marché négociables en garantie. L’Union Européenne, communauté d’états de droit nominalement démocratiques, réunit toutes les conditions pour fonder le marché d’option de l’étalon monétaire mondial du prix d’économie. L’Union réunit plusieurs systèmes juridiques, plusieurs gouvernements démocratiques, plusieurs monnaies, un tiers de la valeur ajoutée mondiale et une communauté multinationale de citoyens attachés à la démocratie. Elle est dotée d’un système d’institutions législatives, exécutives et judiciaires nationales et supranationales qui forment un marché multinational de la loi et de la régulation financière.

Financement universel du droit par l’Union Européenne

Il suffit que quelques États européens s’associent dans le marché commun de compensation financière pour fonder un système de prix universels garantis par des primes négociables de la réalité nommée en droit. L’étalon nominal unitaire sous-jacent à ce marché est la monnaie rationnelle que Keynes avait suggéré par le bancor. Les monnaies, dettes publiques et dettes bancaires des États fondateurs du bancor retrouvent immédiatement le prix réel des engagements qu’ils représentent par les primes de change et primes de crédit qui couvrent les prix nominaux en monnaie de droit universel.

La limitation du marché par l’application réelle du droit sans limite de nationalité ni de responsabilité nominale du réel interdit tout pari sur les fluctuations de prix. Il devient impossible de spéculer contre les monnaies et les dettes des états fondateurs du bancor sans en payer le prix réel par des primes de compensation généralisée du risque induit. Les créanciers et débiteurs des états fondateurs sont informés en temps réel du prix de leur nominal et de leur prime par le dépôt en bancor des actifs sous-jacents. La fondation du bancor par quelques pays de l’Union vaut accord de change et de convertibilité mondiale des monnaies. Les parités de change reflètent la valeur réelle des monnaies en bancor et sont ajustables les unes aux autres par des primes de change incluant le prix du risque de justice évalué en droit européen.

Option de démocratie par la monnaie

Dès lors que la rationalité systémique du bancor est établie comme interdisant effectivement les paris sur fluctuation de prix, la non-adhésion ou la non-utilisation du bancor vaut intention de perpétuer le prélèvement spéculatif politique et financier sur l’économie réelle de la justice. Le marché commun international du bancor d’option interdit mais n’empêche pas effectivement les paris sur les fluctuations de prix. En revanche il donne à tout utilisateur de la monnaie le pouvoir de défier un opérateur politique ou financier sans renoncer à la démocratie. En convertissant ses créances en bancor, le citoyen exprime son doute quant à l’application effective du droit par la monnaie nationale.

Acheter en bancor une dette publique ou bancaire en monnaie nationale oblige à vendre la prime de crédit et la prime de change de son débiteur. Le prix de la liquidité réelle du débiteur et de l’État vendu est renchéri par la dévaluation de la monnaie nationale ou par le renchérissement de la prime en bancor. Les citoyens nationaux qui vendent leur monnaie pour acheter du bancor se sanctionnent eux-mêmes en tant que débiteurs insolvables mais se récompensent en tant que débiteurs solvables produisant une valeur réelle supérieure à leurs dettes nominales. La logique économique du bancor optionnel est politiquement et juridiquement irréfutable du point de vue de l’auteur de cette étude. Si une majorité de citoyens européen adopte ce point de vue, ils placent ipso facto les dirigeants politiques et financiers qui doutent du bancor en situation de déni du droit humain de démocratie.

Auto-révolution financière de la démocratie européenne

Les citoyens européens doivent se convaincre que la non-adoption du bancor sous l’argumentation intéressée des opérateurs politiques et financiers dissimulés dans les paradis fiscaux équivaut à une renonciation à la démocratie qui fonde l’Union Européenne. Il doivent se convaincre par intuition personnelle que l’argumentation des élites politiques et financières contre la faisabilité du bancor vaut poursuite de la guerre civile mondialisée des riches contre les pauvres. Quand la bascule des opinions publiques sera suffisamment évidente, le Président de la République Française pourra recourir à l’article 16 de la constitution pour restaurer « l’indépendance de la nation » et « l’exécution des engagements internationaux […] menacés d’une manière grave et immédiate » par la désintégration du système financier international et la crise européenne de la dette publique.

Le président français comme ses collègues européens convaincus du démantèlement en cours de la démocratie européenne par la finance recourra à ses pouvoirs exceptionnels afin de suspendre la liberté de circulation des capitaux entre la communauté mondiale des démocraties et la ploutocratie internationale. La restauration d’un équilibre international durable des changes et de la solvabilité financière des démocraties impose le dépôt de tous les actifs européens internationalement négociables dans le nouveau système de compensation financière généralisée en réalité, droit et monnaie. La liberté de circulation des capitaux sera rétablie dès que les fondateurs du bancor se trouvent prêts à réaliser la première compensation en bancor sous le contrôle du pouvoir judiciaire européen. Tout litige sur la réalité du droit qui ne serait pas compensable par le nouveau marché doit pouvoir être présenté à l’arbitrage des juges nationaux garantis par la solidarité de justice de l’Union.

Compensation par le droit, le capital et le crédit

La compensation généralisée en bancor implique deux compartiments de marché animés par des opérateurs financiers distincts entre eux et distincts des opérateurs en monnaie nationale. Les banques d’investissement en bancor procèdent à la compensation des primes pendant que les banques de crédit compensent les échéances de crédit. La consolidation du marché est assurée par les banques de marché qui veillent à la couverture de tous les prix nominaux par la négociation de primes de risque positives anticipant la couverture de toutes les moins-values de crédit. Toutes les compensations locales sont coordonnées par un compensateur central de la liquidité garanti par un régulateur du crédit acheteur et vendeur des primes de capital de toutes les institutions financières en bancor.

Le capital du système est souscrit par les États fondateurs du bancor. Ce capital se trouve coté par le marché lui-même qui négocie le besoin systémique de capitalisation avec la puissance publique financée par le capital fiscal. Les pouvoirs politiques exceptionnels sont nécessaires à la bascule dans le nouveau système financier afin de bloquer la subornation du pouvoir politique par des puissances financières non identifiables. L’adoption du bancor rétablit les capacités de fiscalisation du capital en fonction des coûts de justice qu’il engendre. Le financement de la puissance publique par l’imposition des revenus du capital et du travail doit être ré-équilibré afin de rétablir le plein emploi économique du travail et du capital disponibles, de restaurer la valeur économique de la solidarité nationale et de remplir les engagements économiques financés par l’extérieur.

Plus-value de la démocratie réelle

La refondation de la démocratie européenne impose la contractualisation entre les nations conservant une même monnaie des solidarités fiscales et budgétaires qu’elle implique ; faute de quoi, la restauration des monnaies nationales est nécessaire pour rétablir la solvabilité relative des États européens. La convertibilité monétaire régulée par la garantie internationale du bancor rétablit la rationalité politique de la monnaie. L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix est la seule possibilité de sortir du chaos de la finance mondialisée non régulée par l’intérêt général au-dessus des intérêts particuliers. Le marché commun européen d’option généralisée du prix à terme du droit systématiquement garantis offre une option de financement de la démocratie.

Si les citoyens européens ne s’obligent pas par la réforme politique de leur institutions financières à acheter l’option du bancor, non seulement ils renoncent à la démocratie mais ils seront pillés par la ploutocratie jusqu’à disparition complète de leur civilisation. L’effort à accomplir est de nature cognitive et morale. Il consiste à sortir de l’illusion libérale scientiste d’une capacité de l’intelligence à embrasser la totalité du réel humain. Le risque financier a une cause légitime dans la valeur de la réalité démocratique discutable par tous les points de vue personnels. Dans la fausse démocratie, la valeur du risque est prélevée sur les pauvres. Dans la vraie démocratie, la plus-value est produite par l’enrichissement des pauvres introduits dans la liberté économique active par la société solidaire en prix de marché.

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108 réflexions au sujet de « RESTAURER L’HUMANITÉ DU CAPITAL : INTERDIRE LES PARIS SUR LES FLUCTUATIONS DE PRIX, par Pierre Sarton du Jonchay »

    1. Le marché de compensation des options en bancor offre une couverture financière de la valeur des monnaies et de l’épargne par la transparence juridique des causes de conservation du prix dans le temps. L’application de la loi garantie par l’acquittement de la fiscalité qui la finance devient cause de conservation de la valeur en monnaie (lire ci-dessus « Intégration du coût réel de la justice dans les prix de marché »). Les paradis fiscaux deviennent des espaces de non-droit explicites où tout épargnant prend de gros risques à y déposer ses avoirs.

      1. @PSJ

        Ce pouvoir judiciaire, serait-il élu par exemple par les citoyens des » douze  » états fédérés, au suffrage universel ?

      1. savez-vous ce que M. Généreux pense des idées de M.Jorion et vice-verça ?
        En tout cas les deux journalistes étaient bien sages et transpirés un peu …

  1. SUPPRIMER les paradis financiers.
    Une banque qui est à notre service pour commencer ,cad pas dans les mains de quelque uns,mais à NOUS..
    Si on ne commence pas par cela le reste sert à RIEN…

    1. @Marlowe,
      Pour changer les choses, il faut les nommer. Une fois qu’elles sont nommées, on peut discuter de leur contenu. L’objectif de ce billet est de montrer que le capital peut ne pas être le produit d’une spéculation contre l’humain. Que le capital peut même servir la liberté humaine de définir ce qu’elle veut être.

      1. Pour changer les choses, il faut effectivement les nommer … dans une langue accessible à tous. Comme pour l’anglais, j’ai fait le test de la traduction vers l’allemand, langue qui adore l’hyper-précision. Si l’exercice s’avère réalisable, certaines phrases sont impossibles à traduire, car la formulation utilise des doubles compléments pour certains verbes qui changent de sens quand le complément est direct et quand il est indirect.
        PSdJ, votre manipulation des concepts est pourtant fort intéressante. Songez à découper vos phrases en 2 ou 3 phrases plus simples, vous direz la même chose en termes compréhensibles … et traductibles.

        Dans le land allemand du Bade-Wurtemberg, près de Strasbourg, la coalition Verts-Sociaux-démocrates qui a remporté les élections pour la première fois depuis 60 ans, a publié ce mercredi après-midi son accord de gouvernement. J’étais à Stuttgart et l’une de mes étudiantes germanistes, en stage au SPD, m’a remis le document distribué à la presse.
        Pour moi, c’est un modèle de ce qui pourrait être mis en route en France dès 2012, une première étape dans un changement profond en Europe (beaucoup de points de l’accord de gouvernement sont une remise en cause des décisions ultralibérales de Bruxelles). Les élections ont été gagnées par des slogans simples, compréhensibles par tous, mais qui ont fait comprendre à une majorité d’électeurs qu’un changement est possible, tout de suite, et qu’il sera progressif, sans destruction d’emplois : ceux qui seront perdus dans l’automobile seront remplacés par ceux du développement durable. Les banques devront retourner à leur destination première, les enseignants seront plus nombreux, les policiers aussi, la démocratie directe sera développée, les études supérieures seront à nouveau gratuites, etc. Chaque fois, la source de financement est annoncée : impôts sur les plus riches, sur les héritages, économie sur les dépenses de prestige et les aides inutiles à certains secteurs …
        Merkel n’a plus qu’à bien se tenir, puisqu’elle a perdu la majorité au Bundesrat (représentation des länder), sans le Bundesrat aucune loi ne passe en Allemagne. Même le land ultra-conservateur de Bavière est en train d’effectuer un virage à 90° dans le domaine de l’énergie. Là aussi les révolutions arabes font réfléchir les dirigeants.

        Le futur développement de la crise est pris en compte, je vous laisse le soin de lire comment, dès que le texte de l’accord sera mis en ligne, en plusieurs langues.

      2. La critique n’est pas une passion de la tête, mais la tête de la passion. Elle n’est pas un bistouri, mais une arme. Son objet, c’est son ennemi qu’elle veut, non pas réfuter, mais anéantir.

        Marx, plus voyou que savant. 1844.

      3. Votre article est très intéressant et je vous remercie pour cela. J’ai néanmoins tendance à partager l’avis de @Marlowe: vous gagneriez beaucoup à veiller à communiquer vos idées et concepts en les formulant avec une syntaxe plus rigoureuse. Il est en effet assez frustrant de vouloir comprendre car c’est intéressant et d’avoir du mal à le faire car la formulation est ambiguë ou confuse: par exemple trois fois « sujet » dans la même phrase avec des significations différentes, ou erreur de grammaire.

      4. à Lebout

        Je pense que vous vous méprenez sur mon intervention.

        Je pense que le capital, autrement dit la plus value accumulée, est par esence totalement inhumain et que envisager la restauration de l’humanité du capital est au mieux une fumisterie.

      5. @Alain V,
        Indépendamment de ma langue et de ma syntaxe qui peuvent certainement produire plus de transparence, il n’est pas étonnant qu’il soit difficile de me traduire en anglais ou en allemand. L’anglais est efficace pour l’objectivité mais pas pour les nuances du sujet. L’allemand est analytique et hiérarchique mais pas vraiment dialectique. Je suis trop latin dans un monde d’anglo-saxons.
        Que nous proposent les vert-sociaux démocrates de Bade-Wurtenberg ?

    2. @ Marlowe

      Franchement, même si parfois en lisant tu as l’impression d’être à 10 mètres sous l’eau sans masque et bouteille, c’est intelligent. L’énoncé de la loi pour que les sujets puissent conjuguer …
      Les adultes ont besoin de refaire leur Oedipe et le monde peut changer Marlowe …

    3. @ Marlowe,
      Bravo, bele perception !
      CEPENDANT, il est toujours utile de constater jusqu’où « le civilisé » interprète °L’Humain? »

      Au blog et à vous,

      Ruminations sur le « Le Capitalisme à l’Agonie » de Paul Jorion.

      RUMINATION No 2

      […], »le capitalisme triomphait: privé d’ennemis, » […]
      C à l’A p. 9

      […] »: capitalisme et communisme ne furent-ils pas terrassés par le même mal? La cause en serait alors la complexité. »
      C à l’A p. 10

      […], »mais la nature humaine est ainsi faite qu’elle ne voit jamais que le bon côté des choses. »
      C à l’A p. 13

      « La spéculation a toujours été la puce qui, sur le dos de l’économie, s’abreuve de son sang.
      Mais, comme nul ne l’ignore, quand l’animal est devenu « un sac à puces », c’est sa santé même qui est en danger. Et le parasite peut désormais tuer la bête ».
      C à l’A p. 14

      Mille Bravos, Monsieur Jorion, pour cette dernière métaphore: vous ne devriez vous exprimer que sous cette forme: Vous excellez ! Votre style métaphorique est d’une rare éloquence.

      De ces quatre extraits je privilégie cinq notions: celles d’ennemi, de maladie, de combat, d’identité, d’intériorité et d’extériorité: sansle codage de la « complexité de « notre ? »
      civilisation.

      L’Elan du Canada
      Dans le grand nord canadien, selon un reportage animalier proposé sur la chaîne télé Arte,
      il se trouve des élans, anéantis par une couverture de tiques sur l’ensemble de leur cuir,
      qui en sont réduits à racler leur toison contre le tronc des arbres – non encore tronçonnés –, jusqu’à l’écorchement pour tenter en vain de s’en débarrasser… Cette prolifération de parasites, explique-t-on, serait due « au changement climatique », ce dernier favorisant les milieux permettant aux acariens ectoparasites d’avoir une fécondité « hors normes ».
      (Hors concurrences) ?
      La physiologie de l’élan ne lui permet pas d’utiliser un tire-tique – quand bien-même il lui serait offert (donation) – pour les éliminer au rythme de leurs apparitions; l’ensemble du corps recouvert, environ 200 000, grandeur fatidique, il n’y a guère que le constat de la déchéance de l’animal à filmer.

      Toutefois un groupe de « Rangers » assigné à la tâche de gérer le problème ne peut qu’abréger les souffrances de l’animal; l’abat le plus dignement possible.
      Résultat: les tiques les plus gavées survivent momentanément et l’élan lui est crevé.

      La tique n’est pas responsable d’être tique, sucer le sang d’un vertébré est sa vie comme brouter pour l’élan. Sachant qu’en équilibre, une fois les tiques gorgées de sang lâchent
      prise et, sauf leur excessive prolifération, l’élan peut continuer à vivre jusqu’à la prochaine génération: il ne doit sa survie qu’à ce principe de satiété.

      L’élan ne considère pas les tiques comme ses ennemies: les extraire au vu du nombre atteint est autrement plus éprouvant et douloureux, l’élimination fut-elle exécutée par des experts
      et, de plus, largement au-dessus de ses moyens. Fléau venu de l’extérieur, il est maintenant intériorisé, faiblesse intégrée devenue l’épreuve nécessaire qui lui esquisse l’impuissance à « choisir » entre deux destins.

      D’aucuns diront qu’ils ne sont concernés ni de la tique ni de l’élan: pour ma part,
      je n’en ai connu qu’un seul de mon vivant:

      L’HOMME QUI EST MORT DE CHAGRIN
      Manfred Gnädinger, dit Man, artiste allemand installé en Galice depuis 1961..
      Le 28 décembre 2002, le jour de la fête des Innocents, cet Homme est mort de chagrin.
      Au lendemain du naufrage du Prestige, il s’est éteint à Camelle, un petit village de Galice, dans le nord ouest de l’Espagne. Il a préféré se laisser mourir plutôt que de supporter le spectacle des côtes souillées par la marée noire.

      Mais remplaçons ces tiques par un monstre (le museau du Sire est d’autre mesure) dénué du principe de satiété: l’homme doué d’esprit (de ruse). Il est un principe arithmétique dans
      la pensée occidentale qu’aussi grand soit le nombre que l’on considère il est toujours possible d’ajouter le chiffre 1 à l’infini, sans réaliser que celui qui l’énonce est mortel; la limite négligée étant le fin de l’additionneur. Petits ou gros tiques ont la même insatiabilité. Un seul but, faire partie du camp des seconds pour les premiers… (Arrivé… comme on le disait du temps des 30 glorieuses).

      C’est pourquoi l’éthique judéo-chrétienne voue un culte, un acte de foi au nombre pour
      que ce principe ne tombe pas en obsolescence.

      Croissez, multipliez et démultipliez dit le boulimique sans faim et sans fin, mais cette
      faim sans bornes avec quoi justifie-t-elle ses moyens ?

      Mais avec la têêêchnologie !.. En mettant l’élan sous perfusion sanguine, en quelque sorte
      en puisant le sang du monde vivant non humain.
      En approvisionnant par exemple les poissons d’élevage avec ce qu’il reste de poissons sauvages, tout en escomptant, dans l’intervalle, transformer les poissons carnivores – préférés dans nos assiettes – en poissons herbivores (Mangeurs d’algues): modifications génétiques obligent ! Un poisson sur deux mangé dans le monde provient déjà de l’élevage.

      A qui profitent la perfusion (planche à billets ?): des tiques ou de l’élan ?
      Aux deux, mon Capitaine !
      Cela évite pour l’instant à l’élan d’atteindre son seuil de résistance au « malheur ».

      – nous avons changé radicalement notre rapport au Monde. En une génération, dans les pays occidentaux, le monde agricole est passé de 70% à 2% de la population, formidable rupture par rapport à la Terre.

      – le paysage humain s’est transformé : depuis 1817, l’espérance de vie a doublé (de 38 à
      80 ans en France – INSEE). Tout le modèle social de la Famille, la Transmission et le
      rapport au Temps ont changé, rendant caduques nos lois et nos usages : devoir s’occuper
      plus de 20 ans après avoir cessé de travailler, hériter à 60 ans et plus (alors qu’on héritait de ses parents à 20 ou 30 ans), se marier pour quelques années ou quelques décennies…
      (cf Balzac “La femme de trente ans”)

      – nous avons changé notre rapport aux Autres. Entre la naissance de mon père et ses 80 ans, nous sommes passés de 2 à 7 milliards d’humains sur la planète.

      – nous avons changé de structure sociale et politique. Durant des siècles, en tous points de la planète – à quelques variations près – la partition de la société s’est faite en trois grandes “castes” (l’armée, la religion, les travailleurs)… qui n’ont plus de sens aujourd’hui.

      – nous avons changé notre rapport au corps : nous ne souffrons plus. Et de citer les habits qui cachaient les souffrances du corps, la laideur quotidienne et Louis XIV lui-même qui hurlait de douleur plusieurs heures par jour durant son règne… comparé aux corps nus sur la plage aujourd’hui et à la quête du “bien-être”, la “santé” étant acquise (tout au moins dans nos civilisations). Le professeur Leriche proposait : « La santé, c’est la vie dans le silence des organes ».

      – nous avons changé d’espace avec l’arrivée des nouvelles technologies. Nous sommes dans un espace de voisinage, tous connectés… le connectif s’est substitué au collectif.

      – nous avons changé notre rapport à la Vie avec la Bombe…Ces quelques axes d’évolution, accélérés de manière inimaginable depuis une génération n’ont pas d’équivalent dans l’Histoire… tandis que nos Systèmes n’ont pas évolué. La démonstration est évidente : l’Histoire est hors-jeu. Toutes nos institutions (hôpitaux, université, famille, politique, droit…) ont continué comme si rien ne s’était passé et rien n’est plus dangereux que cet écart-là : c’est en cela que nous vivons une Crise sans précédent.

      La crise, κρισισ en grec trouve dans sa compréhension le mot décision. Quel délice que
      de retrouver ce pouvoir de la liberté et de la volonté qu’est la prise de décision.

      Au travers des siècles la notion de « crise » fait apparaître l’alternative qu’elle incarne comme vu plus haut dans une maladie notamment: aller vers la mort ou décider d’une autre voie. En tout cas, on ne revient pas en arrière, on ne recommence pas, on ne « relance pas », il n’y a pas « the way to recovering », la flèche du temps est irréversible.
      Y aurait-il de la décision dans l’air ?
      Retour au moyen-âge ?
      Une chose est sûre, c’est qu’un bon tiers de l’humanité (2 à 3 milliards) a « DECIDE » de regarder le mariage du schtroumpf costaud et de la schtroumpfette à « Westminster Cathedral ».

      Goya et son tableau

      Comme le montre le tableau de Goya “Duel à coups de gourdin », nous nous écharpons dans de vains combats tandis qu’à chaque coup de gourdin, l’un et l’autre, nous enfonçons dans les sables mouvants. Ces sables mouvants, c’est notre Monde, justement, que nous n’intégrons pas dans nos rèves, nos idéaux, nos réflexions ni surtout dans nos décisions.
      Pêcheurs vs pêcheurs, sportifs vs sportifs, droits vs profits, territoires, eaux territoriales, quotas, réglementations européennes, configurations de mondalisations… le débat fait rage tandis que nous oublions tout simplement qu’il y a une chute dramatique et vertigineuse des réserves halieutiques, energétiques: de l’ensemble des ressources mondiales.

      Il y a Crise mais pas seulement une crise capitalo-économique comme celle que nous vivons aujourd’hui, mais plutôt un vaste tsunami venu du fond des âges qui fait se métamorphoser le Monde en quelques décennies, TOUS les schémas politiques, économiques, sociaux, scientifiques, religieux… devenus caduques, on est allé trop loin.

      La seule planète du système solaire et de l’univers « connu », jusqu’à plus ample informé, qui ait une « peau » – qui contienne des « peaux » au sens humain du terme – : c’est la Terre.
      Tout ce qui vit à des maladies ou – pour être quelque peu temporel – toute forme de vie finit par être tôt ou tard confronté à la maladie. Civilisations, systèmes: itou !
      Cette peau, « Le Vivant » à un ennemi de l’Intérieur: L’Humanité, ou plus exactement
      le monde vécu par l’homme au travers du prisme de ce qu’il nomme « Sa Civilisation ».
      En effet, quel civilisé aujourd’hui peut se targuer de vraiment se représenter ce qu’il voit comme le résultat construit par le cerveau d’un décodage d’impulsions électriques? Transmises par le nerf optique. Elles mêmes d’origine chimique. Les réactions chimiques étant provoquées par l’arrivée sur la rétine d’ondes comparables aux ondes radio.
      Notre perception au niveau purement biologique et physiologique est déjà un codage,
      une interprétation de la réalité… Une anthropie !

      A son tour cette « humaine ou inhumaine civilisation » à contracter sa maladie, voyez-vous ça CRAQUE !
      Surpopulation, famines, déboisement, pollution, maladies mentales, gigantisme urbain,
      génocides indiens plus ou moins volontaires, épuisement des ressources, érosion, désertification, corruption, bureaucratie, paperasserie, pagaïe, agressivité…
      Pas très nouveau, mais atteignant une dose, un seuil si crucial qu’il n’est pas idiot de se rappeler la phrase géniale d’un humoriste anglais:

      « Après beaucoup d’efforts, d’une quantité énorme de recherches, nous avons enfin identifié l’ennemi: c’est NOUS »

      Et pour clore cette deuxième rumination:

      « Vous nous voyez ici avec des chemises et des chaussures
      mais nos cœurs sont revêtus des peintures de guerre ».

      Les Tukanos du rio Negro,
      Réunion face aux « civilisés » à Manaus – Octobre 1985

      Cordialement…

  2. Félicitations !

    Vous pensez à quels pays de l’Union pour commencer un accord sur le Bancor ?
    Est-ce que le travail à la commission européenne avance, il le doit.

      1. Bonjour,

        Pour paraphraser l’autre (sic!), « au commencement était le verbe » et je dirais même plus « au commencement était le nom ». Vous avez parfaitement raison, Monsieur PSDJ, nommer quelque chose, même imparfaitement, est un acte fondateur essentiel. Au moins on peut discuter de l’objet, le décliner, le découper, etc. C’est pourquoi tous les grands projets humains portent au départ un nom de code, dont on laissera le soin au temps de travail collectif (ou une agence marketing ad-hoc) de faire émerger un nom signifiant. Même si le vocable ne signifie rien, il porte sens. Ainsi, häagen dazs ne signifie strictement rien dans n’importe quelle langue du monde et pourtant tout le monde sait ce que c’est. Pour ma part, je n’aime pas le « bancor » parce qu’il est laid musicalement et rappelle trop la banque (après tout, il en est proche…)

        J’ai à maintes reprises posé ici la question – sans réponse, et pour cause ! – de comment rendre possible l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix de façon unilatérale. Vous semblez m’apporter une ébauche de réponse. Il ne s’agirait pas d’une décision unilatérale mais d’une décision concertée entre quelques uns, c’est bien ça ? L’ex Europe des 12, pour commencer ?

        A vous lire, ce noyau de précurseurs créeraient un mouvement de masse suffisant pour entraîner un basculement plus général.

        Admettons par hypothèse que ce scénario ne voit pas le jour. Quelle autre option « unilatérale » auriez-vous dans votre besace, cher penseur.

        A vous lire,
        Bong

      2. Bonsoir Thom,
        L’option unilatérale individuelle n’existe pas au sens strict. Elle est justement un pari puisqu’elle ne produit aucune preuve réelle de vérité. La réalité vraie n’est possible qu’à l’intérieur d’une société d’option réciproque d’une réalité commune. La situation actuelle est à la fragmentation des sociétés par la liberté de jouer avec le prix des échanges humains. L’alternative à la monnaie mondiale commune est la situation actuelle de guerre économique de tous contre tous où il faut produire de la pauvreté pour se déclarer riche. S’agissant d’une option, cette guerre est sans limite tant que personne ne décide d’y mettre un terme pour susciter l’alternative.

      3. Merci,
        c’est justement là où je voulais en venir, mettre en évidence le paradoxe sans y parvenir. Vous venez de le faire peut-être sans le vouloir, voici mon raisonnement.
        1) On ne peut selon vous décider unilatéralement de l’interdiction de paris sur fluctuations de prix au motif que cette interdiction unilatérale reviendrait elle-même… à un pari ! Les deux options dans ce cas sont :
        – l’interdiction se produira (et je paries dessus)
        – l’interdiction ne se produira pas (et d’autres parieront sur cette éventualité)
        2) A plusieurs, la donne change. On peut décider de cette interdiction en commun et créer de fait un système viable « libéré » de l’éventualité que l’interdiction ne se produise pas. En agissant de cette manière, le groupe des « interdisant » démontre au reste du monde que cette interdiction est bénéfique (entre eux). il ne s’agit plus d’un pari mais d’une démonstration.

        Est-ce bien cela ?
        Si oui, cela revient à démontrer par l’exemple plutôt que de parier, c’est ça ?

    1. Citation de PAD:
      « Vous pensez à quels pays de l’Union pour commencer un accord sur le Bancor ? »

      Cela fait des années que les dirigeants chinois demandent que ce système « BANCOR » soit mis en place. Sont-ce des paroles en l’air ?
      Ils sont pour une révolution vers le socialisme du XXIe siècle mais pas pour une révolution « classique » vers le socialisme du XXIe siècle.

  3. Si je peux me permettre, de vous lire, comme lire M.Jorion n’est pas toujours facile.

    Un résumé « vulgarisé » serait très utile pour la compréhension du plus grand nombre et une large diffusion en plusieurs langues.

    Facile ilyaka 🙂

    1. Je suis assez d’accord… Extrêmement difficile à suivre en ce qui me concerne !
      Je suis qd meme arrivé au bout mais je n’ai toujours pas compris pourquoi la spéculation était THE probléme et en quoi l’eradiquer (si tenté que ça soit possible !) règlerait tous les problèmes.
      Bon courage à celui qui s’attellera au résumé 🙂

      1. Pour faciliter le confort de lecture ,je vous rappelle que sur PC vous pouvez faire Ctrl +
        Pour les croqueurs de pomme?

      2. Ce n’est pas la spéculation qui pose problème mais le fait qu’elle ne soit pas identifiable comme telle. Comment joue-t-on avec un parieur qui ne dit pas s’il est en train de parier ou de ne pas parier ?

      3. @ PSDJ
        Bon , allez , je vais dire :

        il y a une grande différence entre la notion de pari (que vous utilisez ainsi que Paul Jorion) qui est celle du pari des bootleggers (le parieur « pour » et le parieur « contre » ) ..
        à la différence , la spéculation présuppose la non-identification (ou l’impossible à identifier) des parieurs , ce qui lui permet (à la spéculation) de fonctionner ++++

        je le rapprocherais plutôt du mécanismes des enchères en salle des ventes , où il est difficile de savoir (sous couvert d’anonymat) si l’enchérisseur est là pour acheter ou faire monter les enchères (à ses risques et périls)

        exemples peut-être mal choisi , mais qui me semble ,du fait de la confusion des concepts , expliquer les réactions paradoxales des uns et des autres aux proposition de PJ ou PSDJ.

        l’idée d’interdire les paris ne tient pas compte de cet aspect , car les parieur-spéculateurs sont déjà « planqués » au préalable et c’est bien la difficulté , d’où le fait que chacun attends vos propositions de « faisabilité » de cette mesure.

        je crains que les préalables sont bien mal défini , d’autant qu’en plus tout le monde utilise le terme de Capitalisme à sa sauce (économique,psychologique,historique,politique…)

        par ailleurs , Paul Jorion utilise le terme d’agonie qui est le moment qui précède la mort
        et on nous parle de Bancor censé « ré-humaniser » le Capital donc de lui permettre de survivre …j’ai du mal à trouver cela très cohérent.

      4. @Sentier198,

        Vos remarques permettent de préciser sur quel plan nous situons l’interdiction des paris sur fluctuations de prix. Parier est une activité profondément humaine qui porte sur deux éléments distincts de la réalité humaine : la réalité objective partageable donnée par le sujet qui parle et la réalité nommée subjective retenue par le sujet parlant. Si un pari porte sur la vérité de ce qu’on est en train de dire, alors le prix de ce qu’on dit est inaccessible à l’autre et la variation du prix va à celui qui ment le mieux pour retenir quoiqu’il arrive la variation objective du prix de sa parole. Dans des enchères publiques sur un objet réel et non nominal, il y a bien des paris mais ils cachent la vérité des intentions et non la réalité. La réalité est objective de l’objet mis aux enchères et le prix réel devra bien être payé pour que l’objet effectivement livré ne soit plus en vente. L’interdiction réclamée des paris ne se situe pas sur le plan de la nominalité ni sur celui de la réalité objective mais sur le plan de la subjectivité nominale de la réalité objective. Il s’agit d’interdire des enchères hors d’une salle d’enchère où l’objet à acheter ne soit pas visible en même temps que ceux qui manifestent leur intention réelle d’achat.

      5. @ PSDJ

        je conviens tout à fait que mon exemple était partiel quant à ce qu’il tentait d’illustrer….qui plus est , il ne me semble pas que ce soit le plus important….votre séparation linéaire entre réalité subjective et réalité objective étant complètement erronée.

        sur la forme ,
        j’ai l’impression de me trouver entre deux « spéculateurs » , vous et Paul , en flagrante opération de « compérage » , l’un parlant de l’agonie du capitalisme (donc le considérant comme potentiellement mort) et l’autre de son « humanisation » (donc sa survie « aménagée » ) ….brillante démonstration des mécanismes de base de la spéculation que vous prétendez combattre.

        de plus , en disant :

        « …Il s’agit d’interdire des enchères hors d’une salle d’enchère où l’objet à acheter ne soit pas visible en même temps que ceux qui manifestent leur intention réelle d’achat…. »

        merci de m’expliquer comment vous pensez vous y prendre..

      6. @Sentier198,

        Le capitalisme est une idéologie. Qu’elle soit à l’agonie ne dit rien de la réalité du capital qui peut rester libre des idéologies qui veulent capter le capital. Quand on dit que quelque chose est « capital », on ne dit pas que cette chose fait partie du capitalisme. Créer une salle d’enchère mondiale pour employer le capital à la garantie des réalités nommées par des prix est justement une proposition concrète de soustraire le capital à la captation du capitalisme ; une proposition pour ancrer le capital dans la réalité humaine visible et vérifiable.

        C’est le dépôt de tout objet de prix dans une chambre de compensation mondiale ouverte et transparente qui garantit la nullité d’un prix non rattachée à une réalité tangible. C’est le commissaire priseur qui ne fait pas crédit et ne possède pas l’objet qu’il met aux enchères qui garantit que les acheteurs sont bien solvables quel que soit le prix fixé et que l’objet réel ira bien à la meilleure enchère qu’elle que soit l’humeur du vendeur à propos du prix obtenu. Les règles du bancor sous-jacent à des options sont toutes connues et éprouvées depuis des siècles. Le capitalisme libéral nous a juste fait croire sous couvert du libre-échangisme mondialisé que la liberté n’avait pas besoin de règles.

      7. Le capitalisme est une idéologie

        Oui, mais le capitalisme est une idéologie matrérialisée, nommée spectacle par Guy Debord.
        Cette idéologie matérialisée qui a envahi tous les aspects de la vie et tous les recoins de la planète a permis à la domination, c’est à dire aux propriétaires du monde, de pénétrer chaque instant de la vie par l’aliénation du travail et le fétichisme de la marchandise.
        Le monde se divisent en deux : ceux qui connaissent le secret du malheur et veulent renverser cette société là, et ceux qui connaissent le malheur et veulent aménager leur prison.

      8. pour PSJ
        ^^^^Ce n’est pas la spéculation qui pose problème mais le fait qu’elle ne soit pas identifiable comme telle. Comment joue-t-on avec un parieur qui ne dit pas s’il est en train de parier ou de ne pas parier ?^====

        Surtout s’il gagne à tout les coups

    2. A PSdJ: je soupçonne que ce que vous dites est important et utile. J’ai même cru comprendre plusieurs choses en vous lisant! Mais je n’ai plus qu’un neurone (et mes petits enfants ajoutent qu’il est peut-être en train de s’effilocher…)
      J’abonde dans le sens de PAD! Un topo sur la mécanique du bancor serait bienvenue. Merci d’avance

  4. Pierre @Marlowe,
    Pour changer les choses, il faut les nommer. Une fois qu’elles sont nommées, on peut discuter de leur contenu. L’objectif de ce billet est de montrer que le capital peut ne pas être le produit d’une spéculation contre l’humain. Que le capital peut même servir la liberté humaine de définir ce qu’elle veut être….
    Discuter ou bien mourir?
    Et le  » prix » à payer sera de combien de vies » ?….Cynisme de ma part…soit !:
    « L’ observatoire Syrien des droits de l’Homme (OSDH) a fait état mercredi de 453 personnes tuées depuis le début du mouvement de contestation le 15 mars contre le régime du président Bachar al-Assad.

  5. Bonsoir à tous
    @P SdJ

    Il me faut relire encore votre proposition pour la bien comprendre dans son intégralité.
    Toute correction d’une attitude conduisant à une catastrophe nécessite, comme vous y appelez, une prise de conscience. ceci permet alors de renommer les choses , condition nécessaire pour le changement. Ma question porte sur cette conscience et cette volonté:
    en ce moment, l’histoire de cette tuerie insensée à Nantes nous rappelle à quelles extrémités l’homme peut se laisser aller pour ne pas admettre la réalité. Certes, c’est un cas extrême, mais il y a bien des exemples d’un tel aveuglement , d’un tel enfermement dans l’impossible nié jusqu’à la violence sur autrui.
    les idéologies- religieuses ou politiques- sont particulièrement sujettes à générer de tels comportements.
    Einstein disait qu’il fallait 80 ans pour qu’une idée nouvelle soit acceptée.
    Cette aptitude de l’homme à l’entêtement dans le nuisible, dans la dénégation violente me semble être le principal obstacle à toute réforme des systèmes actuels. Cela reste bien sur possible et souhaitable pour notre survie mais alors, nous devons tous prendre conscience de l’obstination, de la quantité d’énergie phénoménale requise pour la conversion!
    En aurons nous le temps:
    le FMI, avec ses propres variables prévoit le dépassement des USA par la Chine dès 2016.
    Cela signifie un changement majeur dans les rapports mondiaux.
    Quand nous voyons nos très anciennes querelles ethniques perdurer sur notre péninsule eurasiatique, pouvons nous être optimistes quand à la volonté des 12 ethnies européennes fondatrices de dépasser leurs rivalités picrocholines locales afin de nous épargner une longue descente vers la misère?
    (j’ai rencontré pas mal de cadres assez sup pour qui il va de soi que dans 20 ans nous serons réduits à n’être qu’un village de vacances pour les chinois, que nous ne fabriquerons plus que des jouets pour eux et que les françaises iront faire les nounous en chine comme les Morvandelles et les Bretonnes montaient à Paris pour survivre!)
    Ceci dit, je soutiens tous les efforts pour qu’une idée claire de ce qu’il nous faut faire émerge et s’impose.
    Cordialement

  6. « Les 12 fondateurs du marché commun feraient une bonne communauté de lancement du bancor. »

    Je crois -non, j’en suis sûr- qu’il faudrait une toute autre
    phraséologie pour convaincre les Pères Fondateurs de s’intéresser
    au Bancor. Quelque chose de plus assimilable, sans rien céder
    sur les bases naturellement…
    En fait, il faudrait se mettre à leur niveau.

    Comme je ne comprends pas ce que veut exprimer notre Pierre,
    tout en ayant l’intuition que le sous-jacent pourrait être important,
    j’ai essayé de le traduire en anglais, juste le début et juste une tentative.
    le résultat est épouvantable.

    La phrase qui permet le partage par une compréhension
    commune est composée d’un sujet, d’un verbe et d’un complément.
    Par exemple: le ciel est bleu. L’exemple est basique, pourtant la structure
    et ses variantes admises ne condamnent pas à n’exprimer que des idées simplistes.

    Giono, – la langue la plus rapide au monde-, montre bien que
    ‘sujet-verbe-complément’ est entièrement conforme au génie
    de notre langue, à la fois économe et complet. Ou dit autrement,
    la complexité d’une idée ne se mesure pas à la complexité
    de la structure du langage qui l’exprime.

    M.r Leclerc donne , à chacun de ses articles, le modèle
    d’un langue simple au service de notions parfois complexes.

    Pour l’anecdote , je me souviens que les allemands de l’Est
    se moquaient de la phraséologie officielle importée d’ Urss,
    sur cet exemple :  » le bureau permanent du secrétariat du praésidium
    de l’assemblée populaire de la république a tenu une séance le …. ».

  7. Tu merdes largement encore, Pierrot.
    Comment veux-tu que ton capitale soit humain car il consiste à l’exploiter..???
    Mieux : un humain a le droit d’être largement sacrifié s’il rapporte un max en cas de catastrophe même nucléaire.

    N’essaies pas de rester matérialiste, ça ne te grandit pas.

      1. Pierrot, j’aurais tendance à te dire, non. Et fais-le.

        Te rends-tu comptes de la dimension d’infériorité dont tu as hérité…??

        Soit adulte, camarade. Adulte ne signifie pas seulement révolte. Mais refus.

  8. Bonsoir Pierre.

    Vous voulez sauver le capitalisme malgré lui et nous en lui offrant une porte de sortie avec le bancor? Le seul avenir que je veux bien lui concéder est d’être six pieds sous terre.

    L’humanité n’a pas besoin de capitalistes privés, seuls les états ont à mes yeux loisir de l’être dans l’exercice d’une démocratie DIRECTE. Vous voyez que je ne suis pas opposé à la démocratie mais à condition que celle-ci ne soit pas qu’une appellation ronflante.

     » L’objectif de ce billet est de montrer que le capital peut ne pas être le produit d’une spéculation contre l’humain. Que le capital peut même servir la liberté humaine de définir ce qu’elle veut être. »

    Cela fait plus de deux siècles que le capital aurait pu nous montrer qu’il en était capable. Le passé et le présent vous donnent tort tous deux. Derrière le capital, il y a des humains qui ne sont pas de la même trempe que la majorité d’entre nous qui n’avons pas pour vocation de spolier les autres et de finir les plus riches du cimetière. De ceux-là, nous n’en n’avons pas besoin.
    Vous aimez les auteurs grecques: « Quelque soit le prétexte invoqué pour une guerre, la véritable raison c’est l’argent. »Socrate. Le capital au service de la liberté humaine?

    Interdire les paris sur les fluctuations de prix nest pas suffisant. Ceux qui profitent de cette activité continueront de nuire autrement. Que chacun se face son idée de la seule conclusion efficace qui s’impose.

      1. Bonsoir Pierre.

        « Que chacun se face son idée de la seule conclusion efficace qui s’impose. »

        Ma réponse concernant ma façon de voir les choses sur ce sujet serait censurée car pas encore dans l’air du temps.

  9. Cela fait plus de deux siècles que le capital aurait pu nous montrer qu’il en était capable.

    Le capital n’est capable de rien, c’est un moyen, un outil. On peut tuer avec un tournevis, une paire de ciseaux, un marteau. Faut-il pour autant les supprimer?

    Le problème n’est pas le capital, mais la notion de capitalisme et l’usage du capital qui cessant d’être un moyen devient un but en soi. Dans les mains de l’artisan l’outil est l’intermédiaire et le moyen par lequel la matière est transformé. On peut tuer avec des outils, on tue par un mauvais usage du capital. C’est l’esprit capitaliste qui pervertie l’usage du capital.

    Il faut restaurer l’idée d’un capital au service du bien commun. Le but est le développement et la pérennité des sociétés humaines par le développement des individus dans le respect du bien commun.

    Pierre Sarton du Jonchay dit:

    Le président français comme ses collègues européens convaincus du démantèlement en cours de la démocratie européenne par la finance recourra à ses pouvoirs exceptionnels afin de suspendre la liberté de circulation des capitaux entre la communauté mondiale des démocraties et la ploutocratie internationale.

    Voilà une idée qui m’a également traversé l’esprit, cela semble du bon sens. On est en guerre que diable! Il y a atteinte à la cohésion nationale générant des troubles à l’ordre public entrainant une instabilité politique. Du fait d’une destruction du bien commun.

    Cela dit que peut-on attendre d’une institution européenne qui exige des nations européennes de revoir à la baisse les dépenses publiques ,quand dans le même temps les députés se votent une augmentation de salaire pour tous?

    Un ministre,entre autre, coute quand bien même il n’est plus aux affaires! La troisième guerre mondiale est une bataille du verbe et de l’esprit.

    Nos politique veulent gagner autant qu’un footballeur, un banquier, un trader……..C’est la course aux hauts revenus pour les uns au prix de la disette pour tous les autres. On détricote les infrastructures publiques pour financer des stades et des surfaces commerciales. Pour un super TGV high tech, des lignes ferroviaires à l’abandon……………etc………….etc..

    Du n’importe nawak.

  10. Bonsoir Pierre,
    Ce qui se conçoit bien…
    Je n’ai malheureusement pas compris grand-chose à votre billet. Ce que j’en retire néanmoins, c’est qu’il est absolument nécessaire de savoir de quoi on parle, de cerner le champs de la discussion et d’adopter une terminologie. Sans quoi, toute tentative de débattre des paris et de leur interdiction éventuelle sera vouée à l’échec, bien évidemment.
    Je suppose que votre but n’est pas de disserter, mais de poser des bases. En admettant que l’on puisse un jour trouver des interlocuteurs dans un débat élargi, croyez-vous vraiment pouvoir accrocher un décideur politique (ou même un financier) capable de saisir la « substantifique moelle » de votre billet ?

  11. @ PSDJ

    1) Forme :
    Je viens de réapprendre la « phrase passive abrégée » en grammaire.
    (Il mange les fruits tombés de l’arbre).
    Chez vous : « Dans un vrai marché, la fluctuation de prix ne peut plus exister sans la permanence de l’objet visible effectivement échangé à un prix qui varie. » l’abus me semble vous desservir.

    2) Fond :
    cf Kerjean sur l’évolution de la propriété privée à travers l’histoire et malgré tout sa dissolution enntamée (validé par un laconique « Si. » de Paul Jorion). (grmf, mes abrégé passifs, me too sorry)

    2a) Dans le même style, moi je recalerais d’abord l’option sur son flanc cognitif/psychologique, et j’emploierais le vocabulaire « protention / rétention » (Husserl ? Stiegler).

    2b) Ensuite, je pense que l’idée booléenne (« on sait qu’il y a option »), ou l’espoir de sa négation sont des mauvais chevaux, que le langage va sophist-iquer, passer au papier de verre du sophisme, pour faire dire zut à tout système qui voudra que les choses soient « logiques » ou « claires ».

    2c) Ensuite, je pense que l’idée d’évolution par complexification des notions « primaires » de possession marche aussi à plein tube dans les signaux cognitifs en général. Et on peut acter le résultat en disant qe la complexification « occuppe la bande passante  » desdits signaux cognitifs (entropie, signaux, Thom, Shannon, Prigogine, Kolmogorov, Mandelbrot, mélangez et cuisez).

    Dans la musique (ouïe), les tempos du jazz introduisent des protensions (attentes) aux temps courts (syncope), absentes des stances de la musique classique, où c’est l’échelle de la phrase avec sa résolution tonale qui est l’échelle de temps significative de la protension, de l’attente.
    Plus rapide encore est l’échelle de la techno, ou l’attente devient neuro-pulsionnelle, simple relachement du tonus nerveux de l’oreille après chaque coup. Un peu comme les tics de gestes (s’épiler la barbe ou des mèches machinalement) qui reposent sur le bouclage du tonus des nerfs de la peau visée.

    Dans la vue, les images mêlant statique et dynamique à Lascaux/Altamira sont devenues des scultptures (art favori des gréco-romains et même du moyen-âge), avant prolifération des tableaux, puis du cinéma, puis du cinéma actuel, au rythme clip/animation / 3D.

    L’occupation de toutes les échelles d’espace ou de temps existe toujours, mais pas sous forme d’une protension forte pour le système nerveux. Par exemple, dans la musique, sous forme d’une répétition un peu rituelle (bcp de musiques tradi…), dans les images sous forme d’un style rituel (les auréoles des saints pour les icônes). A l’inverse, il est facile aujourd’hui, par la vitesse, de créer de l’attente à tous les temps.

    Pour le tactile, c’est un peu plus compliqué, mais cliquer sur son Google est fournisseur aussi d’un retour cognitif plus rapide (résolution d’une attente, d’une … option ?) que tricoter la tapisserie de Bayeux.
    Und So Weiter …

    C’est dans ce cadre qu’on peut aussi interpréter la dissolution entamée de la propriété privée, qui n’apporte pas ce que souhaite le propriétaire assez vite, et fait place au réseau. Je place les Pinçon-Charlot dans ce tableau au motif que les riches se défont actuellement de la part de leurs pptés en bord de mer grâce au Conservatoire du Littoral, qui les gardienne à leur place. Gros effet de réseau (effet pas pur mais gros) où chacun y gagne d’ailleurs.

    Bon, je conclus : c’est pareil pour les « options de réalité » : les paris sur les prix , ce sont des manifestations du processus de création de temps courts dans le flanc marchand/monétisé de l’activité humaine.
    L’activité productive n’est pas stabilisée par le seul réseau de ses utilisateurs finaux ou de ses producteurs primaires (les manants qui veulent des chaussures pour le premier cas, les évêques qui font construire une cathédrale en leur ville dans le second), on doit certes raffiner, voir où se met, ici le capital, là le marchand, là encore le sous-traitant, mais c’est ma « grande photo ».

    Dans cette optique, c’est la médiation des attentes courtes par l’argent en général (ce qu’il représente) et par le désir de consommation (plutôt que de spiritualité ou de séance de blues, choses peu monétaires) qui fait fleurir les options de prix comme champignon à l’automne.
    Ce n’est pas très loin des « esprits animaux », mais notez comme j’introduis un cerveau humain qui retisse son espace collectif et individuel pour satisfaire cette « cascade de Kolmogoroff » de la protension (la cascade de Kolmogoroff est celle qui dissipe l’énergie à grande échelle dans les systèmes irréguliers, vers les petites échelles, du cyclones aux houles et aux goutellettes de bruines), cascade qui s’enrichit de notre être-technique, de notre côté noéténique et de tout le non-humain qui est nous.
    Je suggèrerais kercoz-iennement que pour maitriser ladite cascade en 2011, c’est encore la notion de réseau qui peut redrainer les excès d’attente de Mister Brain depuis les petites échelles vers les grandes, …sublimer (collectivement, un peu forcément) les pulsions(individuelles surtout ?), dirait l’autre.

    Je finis pas resignaler ceci
    séminaire Serge Galam Palaiseau 17h 28 avril que j’avais signalé suite à des réactions intéressantes de Reiichido aux prises de paroles majoritaires/minoritaires sur le blog.

  12. Pierre,

    Et si on restaurait l’humanisme de la société, de l’humanité ?

    Comme Paul, vous partez d’un fait que vous observez, analysez, et qu’à force vous finissez par désigner comme cause de la dégradation du système économique. Mais l’existence des paris sur les fluctuations des prix, comme la finance, n’est pas une cause mais une expression de l’effort de survie du capitalisme (économique si vous voulez) : la richesse que vous considérez, si elle est disponible en trop grande quantité à ceux qui la produisent, il est bien évident qu’ils ne se casseront plus la santé, ne consacreront plus la totalité de leur existence à continuer à produire des objets (ou une richesse) qui ne contiennent pas leurs propres valeurs.

    Oui, le capitalisme, le vrai (!), le civilisationnel, est l’organisation qui ponctionne le temps d’existence, le temps de cerveau disponible, de l’individu. Le capitalisme c’est le temps de cerveau disponible qui n’est pas là où il pourrait être utile à celui qui en manque. Ça marche aussi avec l’argent comme capital.

    Pourquoi ne pas en parler ouvertement, quelque chose vous effraie-t-elle dans cette vision ? Je serais curieux de savoir.

    La seule manière à mes yeux que vos propositions, de bancor, d’IPFP, etc., soient réellement efficaces en se mettant à l’abri d’une autre (déjà testée ou à inventer : religieuse, féodale, militaire, etc.) récupération du temps de cerveau disponible de l’individu par la société, est qu’elles soient vues comme incontournables par l’ensemble des individus. Et je suis persuadé qu’on pourra alors aller plus loin, beaucoup plus loin ! Ne serait-ce que par le refus de « l’échange est (nécessairement) monétaire » et la verbalisation de « la monnaie ne sert qu’à la réalisation de l’échange monétisé ».

    On ferait mieux d’apprendre à pêcher plutôt que d’écouter comment ne pas se faire voler notre poisson !

    Mouais… Une autre :

    Celui qui court accepte l’idée qu’il faut courir. Ou alors c’est que ça lui plaît. Alors, heureux ?

    Une dernière :

    Le capital nécessaire à la prise de conscience n’est pas là où il serait utile à l’individu et par suite à la société : c’est le capitalisme.

    1. « Mais l’existence des paris sur les fluctuations des prix, comme la finance, n’est pas une cause mais une expression de l’effort de survie du capitalisme (économique si vous voulez) »

      Ça fait alors longtemps qu’il essaie de survivre, le pauvre.

      1. La définition que je donne du capitalisme n’est pas qu’économique : elle englobe la vôtre – l’économique – qui n’en est donc qu’une expression. Ça fait effectivement longtemps que le capitalisme sévit, cherchant l’efficacité maximale à chaque moment de l’histoire, et s’exprimant aujourd’hui logiquement dans l’économie.

        Faire ce pas, élargir le point de vue, c’est se donner la possibilité que le capitalisme ne réapparaisse pas une nouvelle fois sous une autre (nouvelle ou pas) forme.

        Quant à dire « le pauvre« , je n’irai pas jusque-là ! Il est, c’est tout. Il correspond à notre non-implication dans la société, à notre non-participation à la démocratie – que nous tous constatons tous les jours précisément par l’absence de démocratie.

      2. vous cite

        Ça fait alors longtemps qu’il essaie de survivre, le pauvre…

        hé hé
        C’est pas survivre ,la métastase prolifère..

  13. Bonjour,

    quelqu’un pourrait il expliquer, ou envoyer vers un lien qui explique, précisemment, ce qu’est un pari sur une fluctuation de prix?

    Exemples:

    1. quelqu’un achète une maison pour 200,000 Euros et la revend 5 ans plus tard en dégageant un profit (ou une perte) de 100,000 Euros?
    2. quelqu’un achète mille actions de la société XYZ pour un montant total de 100,000 Euros et les revend 3 ans plus tard en dégageant un profit (ou une perte) de 50,000 Euros?
    3. quelqu’un convertit 100,000 Euros en Francs Suisses et les reconvertit 1 an plus tard en Euros en dégageant un profit (ou une perte) de 30,000 Euros?

    Ces transactions incluent elles des « paris sur les fluctuations de prix »? Seraient elles ou non interdites?

    Merci d’éclairer ma lanterne.

    1. Bonjour, l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix est un sujet auquel j’ai déjà consacré de nombreux textes.

      L’argent mode d’emploi (Fayard 2009), « Interdire les paris sur les fluctuations de prix » : pp. 299-314.

      Le capitalisme à l’agonie (Fayard 2011), « L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix » : pp. 194-225.

      Ceci dit, les exemples que vous donnez ne sont pas des paris : pour qu’il y ait pari, il faut deux parieurs, l’un qui parie que oui, l’autre qui parie que non, à propos d’un événement précis. L’un gagnera, l’autre perdra.

      1. Merci.

        Pouvez vous donner un exemple de pari sur fluctuation de prix?

        Celui qui achète une maison, ou tout autre titre, avec l’intention de revendre plus tard en dégageant un profit, ne fait il pas un pari, avec le vendeur, que le prix de ce titre va monter (et vice versa, le vendeur fait le pari inverse)? Si le prix du titre monte, il gagnera la différence et le vendeur la perdra puisqu’il aurait pu le vendre à un prix supérieur.

        Aussi, en ce qui concerne cette proposition, emblématique, d’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, ne serait il pas opportun, pour une diffusion la plus large et efficace possible, et surtout pour initier un débat politique, de l’expliquer, outre dans vos livres, sur ce même blog? Un peu comme l’on fait Piketi et Co avec leur proposition sur la réforme fiscale?

    2. @Chris06,

      Pour dire si vos exemples sont des paris sur des fluctuations de prix, il faut les contextualiser par le temps et par la contrepartie avec qui les opérations décrites sont réalisées. Dans l’exemple de la maison portée pendant 5 ans et revendue à un prix différent de l’achat, il n’y a pas de pari sur fluctuation de prix si la finalité de l’achat est d’habiter ou louer la maison pendant 5 ans. Si en revanche un opérateur financier intervient dans la transaction d’origine en se donnant immédiatement un horizon de rentabilité à 5 ans, il parie sur une fluctuation de prix indépendante de celui qui achète la maison et de celui qui la rachètera éventuellement dans 5 ans.

      Le pari de l’opérateur financier peut par exemple consister à prêter à l’acheteur 100% du prix de la maison en prenant une hypothèque et en établissant un profil de remboursement du crédit dont les échéances explosent au bout de 5 ans. Le parieur peut jouer l’effondrement du prix de l’immobilier à 5 ans et se donner une chance de racheter la maison à 50% de sa valeur en ayant revendu le crédit à une caisse d’épargne. Il lui suffit de trouver un autre parieur prêt à miser sur la solvabilité non mesurée de l’emprunteur et le maintien des prix de l’immobilier. L’opérateur financier réputé tel sur le « marché financier » peut sans difficulté vendre son pari dans la minute qui suit l’achat de la maison, son financement à crédit et la revente du crédit titrisé à un établissement de crédit.

      Le spéculateur actualise par le pari l’incertitude réelle que contient le temps et revend cette incertitude sous forme nominale par un dérivé de crédit. Un pari sur fluctuation de prix se construit avec une transaction réelle, un opérateur financier spéculateur, une contrepartie financière ignorant à quoi elle joue et un marché OTC (gré à gré) où l’on s’échange des prix dont les objets sous-jacents restent cachés. La crise des subprimes s’est construite sur des paris à grande échelle sur les fluctuations de prix de l’immobilier étatsunien. Le jeu fonctionne implacablement sur des asymétries d’information entre le financier et le moins financier. En bout de chaine, le « pas financier du tout » se fait plumer en vendant ce qu’il a ou en travaillant plus que nécessaire pour acheter ce qui lui est nécessaire pour vivre.

      Le coeur du pari sur les fluctuations de prix, c’est la titrisation du réel et l’actualisation financière par le temps. La titrisation financière remplace la réalité par un titre. Elle substitue la réalité active d’un objet concret par son nom et par un prix nominal réglable en monnaie dans le futur. Le prix nominal à terme du titre peut alors être actualisé, réduit à un prix au présent payable immédiatement en monnaie. L’acheteur du titre qui règle en monnaie achète la valeur du temps jusqu’à l’échéance du titre, la valeur de son crédit personnel par l’emprunt de monnaie qui lui procure sa liquidité et enfin la valeur du risque lié au titre. Comme le juridisme capitaliste ne fait pas de différence entre la valeur nominale du titre et la valeur réelle de son objet sous-jacent, l’opérateur financier vendeur du titre impose le prix de ses propres calculs.

      L’acheteur ne peut rien vérifier par l’examen de l’objet réel indépendamment de sa représentation nominale. L’opérateur financier transforme son avantage d’information sur l’acheteur de titre en le privant du temps de portage de la réalité remplacé par le titre. Ainsi les fluctuations de prix du titre sont-elles détachées de toute réalité sensible accessible à l’intelligence commune non financière. La spéculation financière fonctionne comme les religions archaïques non révélées par l’intelligence humaine de la vérité. Elle joue sur la tendance humaine naturelle à prendre son désir nominal pour des réalités concrètes effectives. Le spéculateur s’institue grand prêtre et produit par des titres d’actif des images satisfaisantes à ses sectateurs avides.

      Les adeptes de la finance mythique livrent leur réalité en croyant s’enrichir. Les hébreux tout juste tirés de leur esclavage égyptien s’aplatissent devant le veau d’or dès que Moïse s’éloigne d’eux à la recherche de la vérité. L’intelligence humaine croit se faciliter la vie en cherchant la vérité dans son fonctionnement nominal plutôt que dans la réalité politique du monde où elle est plongée. La spéculation financière en profite sans limite. Le problème qui va devenir la solution depuis la carambouille des subprimes est qu’il y a trop de parieurs et plus assez de travailleurs du réel. Les travailleurs vont donc soit mourir soit se révolter. Tunisie, Égypte, Moyen Orient,…, Chine, États-Unis, Europe ?

      1. Vous êtes beaucoup plus clair ainsi, Monsieur SDJ.

        Là, vos propos sont intelligibles et plus explicites que ceux de votre article.

      2. Dans l’exemple de la maison portée pendant 5 ans et revendue à un prix différent de l’achat, il n’y a pas de pari sur fluctuation de prix si la finalité de l’achat est d’habiter ou louer la maison pendant 5 ans.

        Donc il faut déclarer la finalité de l’achat au moment de l’achat? A qui déclare t’on cette finalité? Que se passe t’il si quelqu’un achète une maison en déclarant que la finalité est d’y habiter mais au bout de 5 ans la revend sans y avoir séjourné plus de X jours par an? Comment et qui contrôle que la finalité est bien respectée et que se passe t’il si elle ne l’est pas?

        En ce moment les prix de l’immobilier Parisien et d’autant plus pour les plus beaux quartiers, flambent : de riches spéculateurs français et du monde entier parient sur le fait qu’il s’agit là d’un bon placement, et en ces moments d’incertitude sur le futur, à moyen terme, des monnaies de réserve (Euro, $, etc…), il en va de même de tous ces biens dits « valeurs refuges tangibles » (matières premières, or, immobilier en lieu sûr, terres agricoles, etc…).

        Mais comment faire pour réellement enforcer une interdiction sur cette spéculation?
        Il faut des règles précises sur ce qui est interdit, et surtout des moyens mis en oeuvre pour contrôler et sanctionner les contrevenants. Sinon, il se passera ce qui se passe toujours: on dit qu’on interdit mais rien ne se passe car cette interdiction est une véritable passoire, un peu comme avec les paradis fiscaux ou interdire les dépassements de vitesse mais sans avoir ni radars ni policiers.

        Il faut maintenant définir des règles précises et claires et des moyens de contrôle de ce qui doit être interdit, et ceci dans tous les domaines et marchés financiers concernés.

      3. @chris06

        Le prix des terres agricoles augmente ? En France, un peu, récemment, sauf en 2009, mais sur le long terme depuis 1970, pas du tout…

        Source crédit agricole.« Le foncier français est de bonne qualité et très peu cher par rapport à ses voisins européens »
        Le prix excessif des terres est souvent mis en avant par les syndicats agricoles pour justifier les problèmes rencontrés par leurs adhérents. Sauf dans des cas extrêmes (ex : vin de champagne) cet argument ne correspond pas à la réalité. Comme on peut le voir ci-dessous sur le diagramme officiel d’AGRESTE et SAFER, le prix des terres a baissé de moitié en euros constants depuis 1970.

        De 1970 à 2010, le PIB français et les revenus des actifs agricoles ayant plus que doublé, les terres agricoles apparaissent 4 à 5 fois moins chères aux acheteurs qu’il y a 40 ans.

        D’après Agreste, la part des terres dans les immobilisations des exploitations agricoles continue d’ailleurs de régresser, passant de 34% en 1990 à 24% en 2004. Si 100 hectares de terres agricoles coûtent environ 400.000 euros, l’investissement dans les matériels agricoles, les bâtiments d’exploitation, les équipements (ex : de traite ou de stockage) de plus en plus performants et complexes, dépasse souvent ce montant. Un tracteur neuf sans les nombreux équipements complémentaires indispensables coûte de 30.000 à 100.000 euros.

      4. @Vigneron : Merci pour ce lien très intéressant.
        J’y trouve ce que je suspectais : la « main invisible  » de la SAFER qui controle les prix :
        /////////////////////
        Une évidence trompeuse

        Pour les responsables politiques, les syndicats agricoles et leur bras armé les SAFER et les commissions de contrôle des structures, ces chiffres confirment la justesse de la politique interventionniste qu’ils ont menée en France dans ce domaine. A première vue, cela semble évident : la rentabilité des exploitations serait encore plus faible si les terres étaient à leur juste prix.
        ///////////////////////////
        Nombreux sont ceux qui voulant prendre « le maquis » et faire un peu de maraichage sont bloqués par ce loobiing (j’ y mettrais bien 2 b!).
        La rarefaction de l’energie devrait bousculer ce concept ; le changement de procédures , moins mécanisées et sur des surfaces moins importantes , pourraient faire monter ces prix en flèche d’ ici peu .

      5. Votre texte est absolument indigeste, à un point que toute personne normalement constituée doit rapidement se poser la question d’un « hoax ».
        Passé cet écueil de taille (et j’avouerais humblement avoir échoué dans la lecture complète de votre épitre), les objections ne peuvent que fuser. Vous niez tout d’abord l’existence des marchés financiers en tant que vrais marchés. La rhétorique que vous utilisez peut hélas s’appliquer à pratiquement toute forme de marché global, et a fortiori d’intermédiation. Selon vous, les marchés financiers n’existent pas car les sujets ne peuvent s’y voir. Ah bon??? Dites-moi la différence dans ce cas avec un achat Internet, ou je n’ai aucun moyen de déterminer la réalité du sujet que j’ai en face de moi ? Et d’autre part, il y a bien quelqu’un en face de moi quand j’achète un contrat à terme, mon achat étant par définition l’ouverture d’un contrat avec une autre personne, prenant une position strictement opposée à la mienne. Certes, je ne sais pas de qui il s’agit, mais ai-je besoin de le savoir ? Quant à l’objet de l’échange, vous lui dénuez toute réalité. Il s’agit bien d’un service que j’achète, par exemple celui de me couvrir contre d’éventuelles fluctuations adverses. Comment pouvez-vous nier la réalité de ce qui représente pour moi un service, pour lequel je suis prêt à payer ?
        Ensuite, un commentateur vous demandait de manière pertinente en quoi l’achat d’une maison pour l’occuper et la revendre dans 5 ans ne s’apparentait pas à de la spéculation. Vous indiquez qu’en l’état, le fait d’acheter un logement, d’habiter et de revendre avec plus-value ne représente pas un acte de spéculation. Pourtant, c’est bien un arbitrage entre le cout de rester locataire et celui de devenir propriété, impliquant un pari sur la hausse du marché immobilier, qui a été fait au travers de cet acte d’achat. Le simple fait de savoir qui me vend l’appartement suffit à éliminer tout soupçon de spéculation ? Et en quoi est-ce différent de ce que je fais, quand j’achète un dérivé pour me couvrir contre un mouvement adverse des prix ??? Peut-être le proposez-vous plus loin dans votre texte, mais je vois venir le besoin d’une justice ou d’un corpus réglementaire chargés de déterminer ce qui est spéculation et ce qui ne l’est pas, avec tout l’arbitraire que l’on peut imaginer.
        Tant à dire..

      6. @Simplet,
        Mon texte est complexe : c’est possible parce que le sujet et l’objet le sont. Maintenant avez-vous envie de comprendre la différence entre la spéculation et la non-spéculation ? Apparamment vous trouvez que la spéculation, ça n’est pas si mal. Pour gagner en spéculant, il faut faire croire à sa contrepartie qu’on ne spécule pas. Il faut donc que la différence entre la spéculation et la non-spéculation ne soit pas dicible. Vous trouvez donc mon texte malgré tout fort intéressant puisque vous êtes conforté dans votre opinion que la spéculation n’est pas différente de la non-spéculation.

      7. @PSJ
        je n’ai jamais dit que votre texte n’était pas intéressant, car il l’est.
        Seule la forme me pose problème, au point où votre message en devient incompréhensible.

        Quant au fond, il s’agit là d’opinions construites que je respecte. Comme vous l’avez compris, les miennes sont que le pari fait partie intégrante de la nature humaine. Il est à la base de la quasi-totalité des choix. Vous partagez, j’ai cru comprendre, ce constat. Nos opinions s’écartent sur la définition de ce qu’est la spéculation versus le pari. Pour moi la différence entre les deux est si ténue qu’elle n’en est que subjective. A ce moment, il devient impossible à interdire la spéculation. Là où il me semble plus judicieux d’agir, c’est sur l’impact collatéral potentiel de la spéculation. Au final, qu’un fonds spécule sur un évènement, ayant trouvé des contreparties contentent de se délester du risque (n’oublions pas que la spéculation a à l’origine un ensemble de mécanismes de couvertures), franchement je n’y vois aucun problème. En revanche, qu’un agent économique aussi important qu’une banque, spécule, quitte à poser un risque systémique, c’est un autre problème.

  14. regoris dit :
    27 avril 2011 à 18:26
    SUPPRIMER les paradis financiers.
    Une banque qui est à notre service pour commencer ,cad pas dans les mains de quelque uns,mais à NOUS..
    Si on ne commence pas par cela le reste sert à RIEN…

    y’a plus qu’à créer une banque propre, je pense qu’il y a les compétences sur le blog, un buzz pour avoir les premiers clients et commencer la révolution 🙂

    1. merci
      le service bancaire existe sans voleurs si vous vous donnez la peine de vous renseigner ?
      Mais j’ai bien compris votre humour..

  15. je dirais même plus, en attendant la chute des usa, cette banque vendrait du dollar avec le HFT alimenté pâr nos tunes, et reverserait une (grosse) partie du bénéfice pour la société civile, la « real economy », afin de préparer l’avenir avec des investissements intelligents

    c’est la seule solution réalisable de suite – les grands discours c’est bien, mais les autres avancent pendant ce temps, le rouleau compresseur capitaliste semble parti pour nous broyer encore deux bonnes années, sans compter un éventuel QE3 et le litre d’essence à 2E …

  16. il faut nommer et marquer une différence qui soit visible et intelligible à n’importe qui.

    C’est bien dommage de ne pas suivre ce louable impératif…

    1. Désolé de ne pouvoir être plus clair. Mais s’il est aisé de comprendre ou d’expliquer l’option de manger l’orange qu’on voit sur sa table, il est moins facile d’expliquer la production des oranges par des orangers et des cultivateurs et encore moins facile d’expliquer l’option du prix de l’orange sur le marché à terme des oranges.

      1. A force de regarder l’orange sur la table en se questionnant sur l’option de la consommer, elle va juste finir par pourrir et moi par avoir sommeil, après avoir longuement pesé l’option de prendre un gramme de paracétamol…
        Cet exemple présente l’intérêt de mettre l’accent sur le fait que la spéculation sévit peu sur les produits périssables, ne serait-ce que parce qu’ils sont assez ignorés des marchés à terme. Tiens, tiens… qui dénigrent la pomme pour l’or. (Encore de l’alchimie…)

        N.B.: pour le quasi béotien que je suis, les marchés d’options sont bien moins compliqués que votre prose et que vous ne le dites pour le motif que l’option est toujours manichéenne: j’exerce ou pas.

  17. Je pense souvent à une solution simple
    Supprimer l héritage la transmission de bien etc
    Plus de raisons d accaparer d amasser
    Tout le monde repart presque au même niveau
    Pourquoi cela ne serai pas possible
    Lorsque je lance cela tout les petits profiteur et petit capitaliste
    Ne me répondent jamais
    Avez-vous réfléchis que seuls les nantis peuvent transmettre

    1. transmettre

      non, Phimouk ! là vous vous faites « avoir » par l’environnement neolib. …

      héritage de « gros sous », actuellement virtuels =) faut voir qq (arrière) petits enfants de la haute bourgeoisie banquière du XIX° siècle, en France, par ex. ( pas tous, bien sûr), et leur état de délabrement psychique – pour rester polie – car en sus de biens et immeubles, voire abbayes en ruines, et il est vrai d’une éducation choisie dans des écoles privées, qui fait qu’ils se débrouillent en apparence, ils ont récolté de sérieuses névroses, pour ne pas dire pire, car pécettes et milieu socio-culturel hérités, mais nulle transmission dans cette histoire , nulle transmission de ce qui est essentiel dans la vie …et, guère de créativité ; aucune notion non plus d’une quelconque « modestie …l’impression d’être définitivement « au dessus de  » …
      au dessus de rien, bien sûr .
      La béance, le vide…

      1. L héritage vient de deux mondes qui se sont opposés
        Le nomade et l agriculteur
        Le nomade ne possède que ce qu’il peut transporter
        L agriculteur lui peut accumuler des réserves
        Limiter une propriété
        De la viens le problème
        D ou la symbolique entre Caïn (cultivateur) et Abel (pasteur)
        Dieu a préféré le berger qui lui est plus pur

  18. Je vois que la remarque a déjà été faite dans les commentaires, de façon claire mais je vais tout de même la refaire :
    Votre texte est d’une telle lourdeur qu’il découragera plus d’une bonne volonté. C’est bien dommage parce que le contenu est juste et qu’il importe de le diffuser au plus grand nombre. Je ne saurais trop vous conseiller de le revoir en profondeur.
    Voire même, puisque je me défends de penser que l’orgueil compte parmi vos défauts, vous faire aider par un Paul Jorion, ou un Hervé Kempf, pour le retravailler. Je cite ces personnes parce que leur aptitude à traduire en langage profane des sujets ardus n’est plus à démontrer.

  19. Avez-vous réfléchis que seuls les nantis peuvent transmettre

    bonjour,

    je transmets tous les jours à mes enfants, je vis en forêt, je ne suis pas nanti mais libre, et c’est en franchise d’impôt 🙂

    1. Vous n’êtes pas un nanti
      Transmettre un savoir des valeurs est une noble action
      Vous êtes peut être un sage
      Vous dites que vous êtes exempt d impôts c est bien donc vous devez avoir un revenus fournis par la société
      Votre foret votre habitation sont peut être a vous
      Combien de temps encore pensez-vous échapper au système tout en profitant
      Vos enfants leurs compagnes et vos petits enfants pourrons t il rester sur votre territoire et s y développer

  20. Je ne pensais plus jamais poster quoi que ce soir sur ce blog, mais… grand principe fondateur, chacun a en général un petit bout de la vérité. Il suffit de faire l’effort de dépasser nos émotions premières (rejet pur et dur des idées, par exemple communistes, et du fanatisme de certains de leurs défenseurs) pour trouver des « perles » de pensée.

    Votre texte est très complexe, Monsieur, mais vos idées sont intéressantes. Je me permets de revenir sur les points qui m’ont le plus frappé (positivement) en les développant:

    => L’idée que la Mondialisation a détruit le pouvoir des Démocraties. Que pour reprendre ce pouvoir, la Démocratie devra dans un premier temps se limiter à nouveau territorialement, et énormément limiter les échanges en dehors du « Territoire » (fin de la libre circulation des capitaux/ressources en dehors de ce territoire, limitation des échanges). Un territoire où les « lois » économiques et financières seraient partagées par tous, et au service du plus grand nombre, du Bien Commun.

    Même si le système monétaire/économique n’était pas réformé totalement, un tel « territoire » (groupe de pays) pourrait FACILEMENT rétablir les Taxes nécessaires à la survie de l’Etat, nécessaires pour lutter contre le phénomène de « captation » des richesses par une minorité. Et répudier la « dette »…

    Facile aussi dans ce cas de réformer complètement la « Finance »: en supprimant la concurrence « mondiale », en rétablissant une coopération entre Etats, le besoin de disposer d’une « arme » financière n’existe plus. Banques communes, système financier commun, taxes communes…

    Pour survivre, ce « territoire » doit pouvoir vivre en relative AUTARCIE (d’où l’importance d’avoir plusieurs états dans le « territoire »). Savoir importer et exporter des ressources avec le reste du monde, certes. Mais terminés les échanges de capitaux, de monnaie, d’investissements avec les autres régions du monde. Ce sont ces échanges « libéraux » qui ont créé ces guerres ouvertes financières, ce jeu de dupes d’Etats contre Etats dont a profité l’aristocratie internationale…

    Ce qui me gêne dans ce « protectionnisme » nécessaire à la survie de nos démocraties, c’est qu’on abandonnerait les autres pays (pays pauvres notamment) à leur sort. La mondialisation a eu pour effet positif d’élever le niveau de vie dans ces pays. Les capitaux de nos « aristocraties financières » se sont rués vers ces régions pauvres, pour égoïstement en retirer le plus grand bénéfice: mais ce faisant, une partie de la richesse a belle et bien étée transférée aux pauvres. Le niveau de vie s’est amélioré dans ces pays, les industries se sont mises en place… L’éducation de ces peuples s’est améliorée, nous ne faisons que commencer à découvrir tous les bénéfices technologiques (innovation, invention, recherche) que ces nouveaux cerveaux pourront apporter…

    => L’idée que le « capitalisme » soit un outil, et non pas un mal en soi. Que le capitalisme, s’il est correctement bridé et utilisé par la Démocratie, pour servir le Peuple, puisse le faire avec succès. Le capitalisme a été un succès retentissant en ce qui concerne le niveau de vie des gens: regardez l’espérance de vie, l’accès à la nourriture, au logement, aux soins, par rapport à il y a cent ans. Laissé dans les mains des intérêts privés, des intérêts particuliers d’une minorité, le capitalisme est nuisible. Mais remettez le à nouveau dans les mains de l’Etat et de la population, et il produira à nouveau ses fruits.

  21. @Tous,

    Ce qui est frappant dans les commentaires c’est la radicalité optionnelle du langage. Nous nous séparons en deux groupes sur le marché de la nature du langage. Le premier groupe imprégné de l’optionalité du langage voit clairement la différence objective entre la réalité indépendante du sujet et la subjectivité du langage qui nomme cette réalité. A cette forme d’intelligence du réel, il est naturel de discuter de la valeur de la différence entre le nominal et le réel. Évaluer le prix de la différence entre le nominal et le réel par une prime d’option d’un objet nommé et visible est intuitif.

    Le deuxième groupe des commentateurs est vendeur de l’optionalité du langage. Vendre l’optionalité du langage consiste soit à ne pas croire à la valeur intrinsèque du langage indépendamment de la réalité nommée soit à ne pas croire que le langage puisse se distinguer de la réalité qu’il nomme. Autrement dit il y a deux manières de ne pas accepter l’existence de l’option de la réalité par le langage. Première manière : le sujet ne se sent pas libre du sens des paroles qu’il emploie pour décrire son réel ; il fait donc parti du réel objectif et craint de s’aliéner en choisissant par lui-même le sens de ce qu’il dit ou de ce qu’il entend. Remarquons que ce type de sujet est la victime parfaite pour le spéculateur qui est totalement libre du sens qu’il donne aux prix nominaux qu’il propose. L’indifférenciation du nominal et du réel met le réel du sujet à la merci du sujet libre de spéculer avec le nominal.

    Deuxième manière : le sujet rationaliste ne croit pas à l’existence d’une réalité en dehors de son intelligence. Tout ce qu’il n’imagine pas est réputé ne pas exister. Le rationalisme est la foi du sujet dans son intelligence subjective qui ne peut pas ne pas percevoir tout ce qui existe, notamment ce qui existe dans l’intelligence de l’autre. La deuxième manière de rejeter l’optionalité du langage est donc la défiance en l’intelligence d’autrui. Remarquons que ce type de sujet est une autre victime parfaite pour le spéculateur. Le spéculateur appuyé sur un vaste réseau d’information par l’institution financière qui le porte défie sa victime enfermée dans son individualisme ; la victime auto-isolée de toute société n’a aucun moyen de vérifier le nominal proposé par le spéculateur. La prime d’option du nominal revient quoiqu’il arrive au spéculateur.

    Troisième manière de refuser l’optionalité du langage : mettre en doute l’intelligence ou l’intention de l’auteur de ce commentaire et de ce billet. L’intelligence de ce propos-ci est nécessairement limitée par la subjectivité de son auteur. Et l’infinie réalité échappe à l’évidence à l’intelligence de ce commentaire et de ce billet. Il est donc parfaitement rationnel de supposer que la proposition d’optionalité du langage qui est la prime du prix nommé par la réalité soit une sottise ou un pari sur les fluctuations de prix. Entre toutes ces options, il n’y a que l’option active de la démocratie qui nous permette de capter une prime qui ne soit pas un pari sur les fluctuations de prix de la valeur humaine. Mais la démocratie est-elle autre chose qu’un mot ?… 😉

    1. « le marché de la nature du langage », « vendeur de l’optionalité du langage », « Mais la démocratie est-elle autre chose qu’un mot ?…  »
      Et la vérité s’échangea de gré à gré, la mondialisation du Capital s’introduisit dans les bouches. A la fin était le Verbe.

      Du calme, ce n’est qu’un cauchemar !

      1. Moi ça va, j’entends le marchand de sable, mais je l’écoute pas et je ne me laisse pas bercer.

    2. Ce qui nous oppose est avant tout que, pour moi, le sujet n’est pas une réalité puisque, par nature, il renvoie à un discours sur la réalité. Pour moi donc, vous confondez tout simplement sujet et objet; c’est à dire un niveau d’abstraction quelconque (que nous appelons objet) avec un niveau d’abstraction plus élevé et donc plus éloigné de la réalité par le truchement d’un discours tenu dans une langue (que nous appelons sujet).

  22. Interrogeant les mots, un profane en économie n’y retrouve pas ses petits!

    Pour illustrer:
    Étrange remise en « réalité économique », de la « réalité » la plus élargie, sinon?
    Concours de vérités économiques, alors…

    En philosophie, deux écoles s’affrontent depuis que cette discipline existe:
    -Les uns, qui estiment que la réalité ne change pas, et que seuls nos sens nous trompent en nous révélant la réalité changer. (Parménide)
    -Les autres, qui estiment que seule la réalité change, et que nos sens ne nous trompent pas qui nous la révèle changer.(Héraclite)

    Quatre « options » sont possibles suivant comment s’organise les relations aux « fluctuations » entre réalité et son changement révélée par nos sens (vérités…?).
    Parmi lesquelles une s’effondre, celle qui pose que la réalité est immuable, et que nos sens ne se trompent pas, à moins d’examiner en élévation par delà l’existence!
    Donc, trois options, cela colle, et répand toutes sortes de mélanges.

    Pour le profane en économie que je suis, un motif que vous exposez, un mot donc: « l’option ».
    Ce serait, communément face au réalités « le choix », à moins que là et seulement là la spécificité de l’économie s’immisce en réalités, et alors là peuvent s’agréger beaucoup de vérités en économie.
    Faut aider les profanes en économie…., même si la réalité ne peut être seulement économique.
    Suis-je juste?

    1. @Zemblabla,

      Merci de ce réalignement philosophique de l’économie. Il nous conduit directement à son dépassement aristotélicien : que pour être économie de la réalité, l’économie doit l’être de la vérité. Dans le platonisme où vous vous situez et dans lequel le capitalisme installe l’économie, il n’y a pas d’effet indépendant de la fin. Parménide et Héraclite ont raison tous les deux du point de vue de la réalité objective et du point de vue de nos sens subjectifs. Le problème est que nous sentons une réalité qui change sans que le changement soit totalement accessible à notre subjectivité. La réalité est un effet qui va au-delà de la fin que nous y voyons. Platon avait posé le problème sans trouver la solution qu’Aristote nous a apportée par l’effet.

      Il se trouve que nos fins humaines sont dépassées par les effets de la réalité : ce que nous devenons nous-mêmes, ce que les autres sont sans nous être totalement compréhensibles et ce que le monde devient sous nos yeux en dehors de nos modèles. Il n’y a que l’économie de l’option qui nous permette de mettre un prix sur les réalités qui nous dépassent. Donner un prix aux êtres et aux choses n’est pas une nécessité du capitalisme mais l’option de vivre dans le monde réel qui est visiblement limité par la matière et par les autres mais pas nécessairement par les fins qui s’offrent à notre choix.

    2. ////., même si la réalité ne peut être seulement économique.
      Suis-je juste?////
      Pour moi non ! Actuellement la réalité , comme l’objectivité ne sont qu’économiques…..sinon les avions n’utiliseraient plus la frequence 400 hz …puisqu’il n’y a plus d’helice depuis un bout de temps ……..sinon il n’ y aurait pas autant de cabinets de Lobiing au conseil de l’europe …
      Je ne sais plus quel grec disait préférer croire aux Dieux qu’ aux Physiciens , parce qu’avec qqs offrandes on pouvait echapper au déterminisme …..

  23. Bonjour!
    mr du Jonchay, dans l’état actuel des traités (traité (récapitulatif)constitutionnel européen, ou tce), une réforme de l’euro me semble quasi impossible. pour pls raisons :

    1 il faut une majorité des trois quart du conseil (ou 4/5, concernant le tce, je ne sais plus…)

    2 16 pays sur 27 sont hors euro à vocation à y entrer, mais bien sûr pas pressés : pourquoi seraient ils d’accords pour une réforme?

    3 de même ceux qui ont voulu cette monnaie goupillée comme telle (allemagne ou plutôt ses banques…). Ce traité est assez récent (adopté comme chacun le sait en plein début de crise, et sans réel approbation démocratique)…

    4 la politique de l’ue (appelons cela comme çà) est largement déterminée par ses accords internationaux (où les usa ont la main, notamment par un droit de veto) et ses accords (directs cette fois) avec les usa (ils y en a d’autres, mais le gros est avec les usa). De même les standards (omc…). Et l’influence culturelle notamment dans le monde intellectuel (économie, au hasard), en europe, vient de?
    Sans compter les lobbys qui suivent les actionnaires (les fonds de pension par ex).
    L’euro (ou bancor) peut il concurrencer le dollar?
    à peu près autant qu’elle influe l’otan, à mon sens : au mieux c’est le papier de soie…
    Voire…les usa laisseront ils faire sans rien dire…?
    Vu que tous les présidents américains depuis la seconde guerre sont pour la construction européenne, il doit bien y avoir une raison quelque part à cela…à croire que çà les arrange…

    5 comparaison n’est pas raison, mais : a t on révisé le pacte de stabilité? « On » en a bcp parlé, mais… le 11 mars l’ue a rejetée la proposition de bombardement de la libye avancée par sarkozy . résultat : bombardement. Sarkozy blablatte sur shengen actuellement… mais, « Comme l’a fait remarquer M.Bailly, l’accord de Schengen fait partie de la base règlementaire de l’Union européenne, et il faudrait sortir de l’UE pour l’abroger. » En plus sarko doit le savoir… http://fr.rian.ru/world/20110426/189281035.html

    Vous écrivez :

    « Les citoyens européens doivent se convaincre que la non-adoption du bancor sous l’argumentation intéressée des opérateurs politiques et financiers dissimulés dans les paradis fiscaux équivaut à une renonciation à la démocratie qui fonde l’Union Européenne. »
    Parfaitement d’accord. Sauf pour la fondation de l’ue (ce serait bien, mais…)
    En même temps, sans total libre échange, sans retrait de l’état (libéralisme us grosso merdo, teinté de protestantisme (un peu de care par ci, un peu de destin par là)), sans grande concentration des capitaux (fusion, acquisition), les receleurs fiscaux ont moins de prise aussi. Soit qqpart, sans ue telle qu’elle est.

    « Il doivent se convaincre par intuition personnelle que l’argumentation des élites politiques et financières contre la faisabilité du bancor vaut poursuite de la guerre civile mondialisée des riches contre les pauvres. »
    Votre système me semble qq peu civiliser les rapports de négociation : je prends. En attendant qu’en plus d’être clair, le prix puissent être refusé (que les négociations ne portent pas sur un besoin de base, sinon çà reste du chantage ; un capital (propriété privée pouvant donner fruits) est la base de la liberté, et donc de l’égalité de droits, et comme le prévoit la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, que la propriété privée redevienne un droit. La démesure du capital vient en partie (voire plus) du fait, comme le souligne mr Jorion dans sa définition, qu’on ne peut le refuser, et donc négocier. Ce qui favorise et entretient sa domination.

    « Quand la bascule des opinions publiques sera suffisamment évidente, le Président de la République Française pourra recourir à l’article 16 de la constitution pour restaurer « l’indépendance de la nation » et « l’exécution des engagements internationaux […] menacés d’une manière grave et immédiate » par la désintégration du système financier international et la crise européenne de la dette publique. »
    Là je ne sais que dire…Une réforme constitutionnelle est un doux rêve pour l’instant, on semble d’accord. De plus les traités internationaux engagent le pays, et à plus forte raison ceux européens (dit constitutionnel pour le dernier). En particulier, la hiérarchie des normes donne la prééminence au droit européen : vous ne pouvez faire jouer l’article 16 sans rompre le tce de lisbonne (qui est tout un : récapitulatif comme son nom l’indique) ou opérer un coup de force au niveau du droit (et donc susciter une méfiance vis à vis de vos partenaires européens et autres), puisque vous récupérez des pouvoirs transférés par celui ci.
    Personnellement, je désapprouve le régime d’exception que l’article 16 instaure (ou qu’il soit instauré comme le suggère mr gauvin un tel régime par mise en tutelle de l’état, quoique je préfère une tutelle du politique sur l’économique, notamment en démocratie, que l’inverse ou l’ingérence d’autres états). Il a été modifié récemment dans un sens d’allègement : suite à la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, l’article a été complété par le paragraphe suivant :
    « Après trente jours d’exercice des pouvoirs exceptionnels, le Conseil constitutionnel peut être saisi par le président de l’Assemblée nationale, le président du Sénat, soixante députés ou soixante sénateurs, aux fins d’examiner si les conditions énoncées au premier alinéa demeurent réunies. Il se prononce dans les délais les plus brefs par un avis public. Il procède de plein droit à cet examen et se prononce dans les mêmes conditions au terme de soixante jours d’exercice des pouvoirs exceptionnels et à tout moment au-delà de cette durée. » et donc est de portée légèrement moindre : dans les faits seul le conseil dument saisit peut le limiter . Vu la constitution du conseil (VGE, barrot, charasse chirac… par ex), c’est pas gagné d’aller contre le tce avec l’article 16…

    Il serait plus judicieux de sortir du tce comme la loi le permet, pour éventuellement revenir aux négociations, je crois, même si c’est le long chemin. Pas de nécessité de consensus européen préalable (il pourra se dégager plus tard), pas d’enfreinte au droit international, et le débat à l’assemblée (non entre le président et le conseil des exprésidents)

    Parce qu’en « clair », vous abrogez une partie du tce pour la modifier conséquemment.

    Mais je ne comprends pas bien les modalités d’action en fait : 1 état d’urgence et retour de souverainetés 2 itou dans d’autres pays européens (spontanément? il faudrait de la coordination)* 3 instauration d’un marché/bancor et restauration de la justice européenne (tjrs autant de pauvres, mais moins de tensions (sans finalités réelles, car de ttes façon, le capitalisme procèdent par tensions et joue des déséquilibre qu’il induit : la définition par le manque de mr Jorion est en cela très fertile)).

    S’il y a partenaires convaincus (hypothèse à ce jour non vérifiée), pourquoi rompre le tce? Il « suffit » de le modifier, à la mode démocratique européenne qui est au fondement, non?

    bien à vous

    P.S. : qqu un vous a parlé des dts (et de la proposition chinoise, soutenue par la france, et le brésil et peut être d’autres). Le fmi a pondu un rapport l’an passé sur ce sujet : il semble pour aussi. Et geitner semble aussi d’accord vu ses récentes déclarations sur le dollar. Avec un veto au fmi, rien ne s’y fait sans l’accord des usa. Si alors l’euro intègre le panier de monnaie, il devra respecter les critères du fmi. ce bancor le peut il?
    Si les us et l’ue forment une seule zone économique?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_%C3%A9conomique_transatlantique (« Le Conseil économique transatlantique est un organisme créé entre les États-Unis et l’Union européenne visant à coordonner l’harmonisation des réglementations et normes, et permettre l’intégration économique transatlantique.
    Il a été établi par un accord signé le 30 avril 2007 à la Maison Blanche par le président américain George W. Bush, le Président du Conseil de l’UE Angela Merkel et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. ») http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/etats-unis-union-europeenne/cadre-institutionnel.shtml

  24. @PSDJ
    Merci votre réponse.

    Je n’y vois pas le contraire de ma pensée, peut-être sommes-nous complices.?
    Et je ne sais peut-être pas comment abonder alors, pour dire à quel point être Platonicien, cela ne me va pas.
    C’est précisément en pensant à ce que l’économie peut considérer, « l’option de vivre dans le monde réel qui est visiblement limité par la matière et par les autres mais pas nécessairement par les fins qui s’offrent à notre choix », que j’examine sans rien proposer en économie, là où je ne vois rien quand cela semble aller, quand tout cela pêcherait si cela semble aller mal.
    Comme tout un chacun, me trompant hors de ma discipline, alors je vous sollicite!
    Je suis du coté trop confortable assurément de l’interrogation, mais il n’empêche.

    Pour compléter, si cela peut servir à quelque chose:
    Il ne me semble pas que soit évitable, c’est mon dada, la question de la « forme », de la réforme donc, et pour suivre celle de la forme « habitable » car financée.
    En économie, depuis l’appréhension de l’apprentissage, aux méthodes, aux structures, aux législations, aux subversions, cela fait beaucoup beaucoup de monde installés pour longtemps, cela s’adresse à une forme habitable constatée et à reconduire si on est réactionnaire, à une forme habitable qu’il faut instiguer si on est progressiste .

    Va se présenter à un moment ou à un autre, l’écueil du fractionnement de la forme reconnue puisque constatée, entre celle conforme à habiter et à prolonger, et celle possiblement habitable.
    Cela est très réel, cela est extrêmement matériel (j’ai une « formation » d’architecte), quelques affinités avec les neuro-sciences, celles qui y vont en démonstratives matérialités pour une certaines appréhensions partielles des réalités, celles remises en la réalité brusquement cristallisée en la « forme » interprétable par les sens, inscrite en la mémoire, valant quasi-matérielle référence.

    Il y a une « forme » donc, incontestablement là, pour un moment certain, un moment plus long que celui des activités comptables et surtout financières qui voudraient rendre compte de la mortalité d’une telle forme. Je ne rechigne pas aux disparitions, encore faut-il savoir leurs attachements pour ce qu’ils valent….

    J’ai cessé de projeter, dès lors que projeter consistait trop manifestement, suivant la doctrine économique, proposant habiter seulement un plan de financement, une dette….
    En effets, place aux jeunes, et j’ai assez conçu de logements en gage de financements, pour que cela suffise à l’échelle d’un exercice professionnel, et si quelconque valeur par l’architecture n’est pas ou mal financée, hors les marchés publics et l’exception bien sûr comme cela fut, cela me fait dire que à quoi bon!

    Mais cela ne me permet pas de m’en remettre à quelconque évaluation:
    L’économie, autant que l’architecture sont des faits, des matérialités….
    Les banquiers en sont arrivé à expliquer aux architectes, que la valorisation par l’architecture ne valait pas puisqu’elle ne se réalisait pas avant le demi-siècle, cela ouvrant domaine aux antiquaires, aux collectionneurs, aux bourgeois tellement aisés à rattraper après coup.
    Bientôt les banques, illusionnée de bâtir des succursales à leurs enseignes vides d’employés mais gorgeant les lignes de crédits, expliqueront et imposeront le choix du carrelage.

    Je souhaiterais alors revenir à l’idée de « forme », pour dire que celle-ci naturellement est présente mais périssable inexorablement, quel qu’en soit le monde entouré par quelconque discipline, et trouvera ses modes de financement, puis le dramatique car inexorable moment où son dépérissement entraînera l’évanouissement de son financement….
    Il serait dommage délaisser tel drame à la diligence des financiers et inféodés!!

    Voyez mon propos:
    Dans la réalité, ce sont les formes qui apparaissent, celles qui croissent, celles qui stagnent celles qui décroissent, sont malades ou périssent.
    Mais toutes sont habitées!
    Et il revient, en matière d’économie, de rendre compte du fait que d’abord, ces formes sont habitées, par des habitants.

    Se pourrait-il que les formes, par ce qu’elles regroupent comme fins et comme choix un certain moment, mais pour une certaine durée d’habitation alors, une réalité absolue donc, cette durée de la vitalité des formes par leur habitation, il faille l’intégrer au motif de leur habitation, de leur habitabilité peut-être, alors envisager le financement de leur extinction dans toute tentative de réforme de la doctrine économique.
    Je ne pense pas que vous ne vous attaquiez pas à cette contingence avec la forme.

    La doctrine économique, sois-je platonicien, elle n’échappe pas à la contingence de la « forme » qui réunit « en elle » sa compréhension, de la même allure que toute forme, un certain temps subsiste puisque habitée.
    Préserver les formes, et promouvoir leurs apparitions, c’est humain.
    C’est un peu mon propos, pour que ne soit pas balayés dès l’abord, par le jeu des oppositions théoriques, les habitants des formes mises en balayages.
    Je crois quand même que vous parlez du coté de leur préservation, en passant par la réforme à ce but.
    Est-ce juste?

  25. A mon idée les paris « nus » sur les prix sont l’outil de la spéculation.

    Je suis favorable à une réglementation coupant les ailes à la spéculation,
    les idées de Paul me semblant convaincantes. Et depuis longtemps.
    Cependant l’observation de la réalité des effets de la spéculation
    dans le monde -faim, malnutrition etc..- est encore plus motivant.

    Le point de vue moral – et même émotif- dit que la spéculation
    est une ennemie du genre humain. Ziegler, par exemple,
    parmi beaucoup d’autres, le montre d’une façon percutante.
    C’est bien suffisant pour la condamner et souhaiter une réforme.
    Occam est ici parfaitement justifié.

    Pourquoi donc développer une phraséologie demandant
    un effort certain pour la décoder alors que le réel et l’émotion
    disent la même chose ? Occam encore… ou mieux
    d’une façon populaire: enfonçage de porte ouverte.

    Nous sommes ici dans un domaine idéologique: notre ministre
    des finances, par exemple, refuse de condamner la spéculation,
    car « peut-être , est-elle bénéfique ». M.r Leclerc en a fait
    l’ argument d’un article.
    J’imagine bien qu’il existe une frange d’une société partageant
    son opinion, ou la croyant les yeux fermés à cause de son autorité
    ou de son charisme.
    Il y a aussi le vaste groupe – des universitaires et journalistes
    mercenaires en passant par le praticien en salle de « marché »,
    dits traders, et leurs commettants- qui ont un intérêt direct
    à la spéculation.
    Tous ceux-là sont imperméables à tous les arguments rationnels
    ou philosophiques.

    C ‘est dire que les efforts que vous exigez de vos lecteurs
    me semblent superfétatoires. Une série de photos d’une famille
    sub-saharienne trimant dans un champ envahi par le sable
    est beaucoup plus parlante, accompagnée d’un texte explicatif
    sur le pourquoi.

    Il reste une question:
    Quelle est la valeur d’une bonne idée si elle est motivée par
    une pensée ou base erronée ou déficiente ?
    Cette idée doit-elle être condamnée ?
    ( « bonne » et « erronée » sont extérieures à l’auteur
    et jugées d’après le sens commun.)

    Il y a plus que les idée, l’action.
    Si nous sommes en situation de pouvoir agir,
    (supposition audacieuse) quel est l’intérêt d’avoir
    plusieurs justificatifs alors qu’un seul, l’impératif
    de sauver des vies sans en sacrifier aucune, est suffisant
    pour agir.
    Je ne méconnais pas la philosophie et l’intérêt des jeux
    de l’esprit – on est gosse toute sa vie, seuls les chateaux de sable
    changent- , mais nous devrions nous armer d’idées raisonnables
    guidés par le sens de la fraternité humaine.
    J ‘ai la ferme impression que votre phraséologie n’aide pas à aider
    ceux qui sont victimes de la spéculation.Ni à armer
    d’une forte certitude ceux qui seraient en position de pouvoir aider.
    Quant aux autres…

    [ Ziegler: rapporteur des Nations Unies pour le droit
    à l’alimentation. Google en dit beaucoup plus.
    Par exemple Jean Ziegler, « l’empire de la honte » , Fayard 2004].
    Ici même , Suzan George a cité quelques méfaits significatifs
    de la spéculation.]

  26. @ PSDJ

    dommage d’écrire « ..Le capitalisme est une idéologie. Qu’elle soit à l’agonie ne dit rien de la réalité du capital qui peut rester libre des idéologies qui veulent capter le capital. Quand on dit que quelque chose est « capital », on ne dit pas que cette chose fait partie du capitalisme… » comme si je ne le savais pas …
    par exemple ,quand je disais , il y a quelques jours , qu’il y avait quelque-chose de l’ordre de la violence dans votre rhétorique..

    par ailleurs je ne partage pas votre conviction qu’il soit possible de « …Créer une salle d’enchère mondiale pour employer le capital à la garantie des réalités nommées par des prix… »

    car « …soustraire le capital à la captation du capitalisme .. » le tue instantanément , car c’est son oxygène.

    vous avez le droit bien sur de ne pas partager mon point de vue , mais nous sommes alors strictement dans un temps subjectif sans possibilité pour l’un de nous de s’appuyer sur une quelconque « objectivité » pour assoir son avis.

    quand à vos vœux de transparence d’une régulation du capital par un dispositif mondialisé , je crains que ce ne soit le contraire qui s’en suive , dans la mesure où il s’agirait de l’imposer à la planète sans le moindre débat véritablement démocratique car je n’en détecte aucune des modalités requises dans vos propositions.

    vous faites totalement fausse route dans votre appréciation de ce que recouvre « l’idéologie » capitaliste , idéologie qui rends compte d’une terrible angoisse humaine , celle de perdre (la vie , l’amour , le plaisir …)

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