L’actualité de la crise : LE ROYAUME DES ILLUSIONS ET LA PORTÉE DE L’INDIGNATION, par François Leclerc

Billet invité

Chacun a le nez sur sa crise. Les Européens d’un côté, les Américains de l’autre, sans omettre les Japonais. Au-delà des frontières de ce monde qualifié d’Occidental, les pays émergents subissent le contre coup de la crise des autres.

Au nombre de toutes les illusions qui sont propagées – elles ne manquent pas – celle qui veut croire que chacun aurait dans son petit coin la solution à ses propres problèmes est une des plus répandues et des plus fausses. Les crises régionales ne sont certes pas identiques, leurs contextes étant différents, mais elles sont de même origine. Elles appellent donc une réponse d’ensemble, que l’on est loin d’entendre souvent formulée.

La prochaine nomination d’un nouveau directeur général du FMI illustre on ne peut plus crûment le fait que les vrais enjeux ne sont pas publiquement débattus. L’attention se porte sur la nationalité des candidats, mais pas sur leurs intentions, sur l’orientation qu’ils proposent pour le FMI. Tout au plus parle-t-on de sa gouvernance.

Le risque est grand que ce qui avait été entamé ne soit remis en cause, ou au moins retardé. Sans le clamer sur les toits, le FMI se positionnait discrètement afin de devenir l’artisan d’un nouvel ordre monétaire, une sorte de banque centrale mondiale en mesure de régler le problème qui ravage toute l’économie occidentale : la dette, dont on ne sait plus comment se débarrasser et que l’on voudrait recommencer à produire. Tout confondue, elle est l’addition de la dette « publique » avec la « privée », si la distinction a un sens, car on a vu comment les vases étaient communicants – à sens unique – quand cela s’est révélé indispensable à la survie du système.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : LE ROYAUME DES ILLUSIONS ET LA PORTÉE DE L’INDIGNATION, par François Leclerc

Partager

L’actualité des crises : MÊME MOTIF, MÊME PUNITION, par François Leclerc

Billet invité

« La France n’est pas le Japon, qu’un séisme et un tsunami y ravagent une centrale nucléaire est invraisemblable ». Les défenseurs de l’électro-nucléaire s’en sont d’abord tenus à cette seule parade pour écarter tout risque, inquiétude et raison même de s’interroger. Craignant – on ne sait jamais – de voir surgir le fantôme d’une époque maintenant ancienne où l’option nucléaire était l’objet d’une vigoureuse contestation.

Fukushima tombant dans les oubliettes des médias, happés par de nouveaux sujets tous les deux ou trois jours, des tests de résistance européens allaient être séance tenante organisés, afin de lever les derniers soupçons, pour faire oublier l’alarmisme gouvernemental des premiers jours de la catastrophe, rétrospectivement sans fondement.

Continuer la lecture de L’actualité des crises : MÊME MOTIF, MÊME PUNITION, par François Leclerc

Partager

L’actualité des crises : FUKUSHIMA, CATASTROPHE RAMPANTE, par François Leclerc

Billet invité.

A Fukushima Daiichi, les jours se suivent et se ressemblent avec leur lot de mauvaises nouvelles, amenant aujourd’hui Tepco à se décider à reconnaître que son calendrier de travail ne pourra pas être respecté. Prévue en janvier prochain, la perspective d’un arrêt à froid des réacteurs est repoussée à une date ultérieure, qui n’est même pas envisagée.

Une brutale augmentation de température enregistrée hier au réacteur n°5, en raison d’une panne de la pompe le refroidissant en eau, illustre l’instabilité de la situation. Il y a été remédié en changeant la pompe, mais l’eau avait entretemps presque atteint la température de 100°C, toute proche de commencer à bouillir, les barres de combustible amenées à être découvertes, le combustible appelé à entrer en fusion. L’un des deux réacteurs – avec le n°6 – resté en dehors de la série noire affectant les 4 autres a menacé de les rejoindre. Le temps de réaction de l’opérateur est particulièrement préoccupant.

Aujourd’hui, la pluie tombe très dru et les opérations sur le site en sont affectées. Un débordement de l’eau hautement contaminée répandue dans les sous-sols et les tranchées des réacteurs est attentivement surveillé, une formule laissant en suspens la description des moyens permettant d’y faire obstacle, car ils n’existent pas. Pas moins réels, le ruissellement sur le sol ou le débordement des piscines désormais à ciel ouvert ne sont pas mentionnés dans la liste des dangers potentiels. Pas plus que le vent qui pourrait s’engouffrer dans des structures très endommagées et à la résistance inconnue. L’opérateur est à la merci des éléments.

Continuer la lecture de L’actualité des crises : FUKUSHIMA, CATASTROPHE RAMPANTE, par François Leclerc

Partager

LE MONDE MAGAZINE, le 28 mai 2011

Un compte-rendu bien sympathique de La guerre civile numérique (Textuel 2011).

COUP D’AVANCE par Didier Pourquery, rédacteur en chef du Monde Magazine

Que se passe-t-il en Espagne ? Que veulent les jeunes en France ? Y a-t-il des liens avec ce qui s’est passé lors du « printemps arabe » ? Quelle forme prendra la prochaine insurrection ? Ces questions ne sont pas sans rapport avec ce qui précède, la puissance des réseaux sociaux notamment, et leur détournement. Dans un livre lumineux qui paraît ces jours-ci, La guerre civile numérique (Éd. Textuel), Paul Jorion analyse les nouvelles formes de résistance qui viennent des communautés numériques. Après Indignez-vous, de Stéphane Hessel, voici en quelque sorte un cyber-Révoltez-vous. Jorion avait prédit la crise financière de 2008 et observe en permanence les flux d’information qui transitent sur la toile. Lisez ce livre avec attention, il annonce quelque chose…

Pour lever la confusion existant sur Amazon.fr : la couverture du livre est celle-ci.

Partager

L’actualité de la crise : PLACES COMBLES, par François Leclerc

Billet invité.

Les indignés font place comble quand ils s’y mettent. A deux bouts de l’Europe, place Syndagma à Athènes, et à la Puerta del Sol à Madrid, une immense foule de tous âges s’est rassemblée ce soir. Les Espagnols ne sont plus seuls, ils ont fait modèle, ce qui n’était pas assuré.

Des dizaines de milliers d’Athéniens (et d’habitants du Pirée tout proche) manifestent devant une gigantesque banderole qui proclame « La plus grande violence est la pauvreté ». Des concerts d’armes par destination de 3ème catégorie (les casseroles à Barcelone), alternent avec des rafales de sifflet, pour réclamer « une vraie démocratie ».

Suivant la consigne « Toma los barrios ! » (Investis les quartiers), les indignés madrilènes avaient organisé samedi plus de 150 assemblées locales dans les quartiers de la ville, dont les représentants rapportaient cet après-midi sur la Puerta del Sol, en attendant que soient décidées ce soir les modalités des suites à donner à l’acapamento. Ces assemblées locales devraient continuer à se réunir une fois par semaine, élargissant la base de la mobilisation et la structurant.

Sur la place du Rossio à Lisbonne, avec comme mots d’ordre « A bas la dictature financière ! », « FMI dehors ! » et « Démocratie réelle maintenant », les jeunes Portugais tentent à leur tour de relancer leur mouvement qui avait été en réalité précurseur, le 12 mars dernier à l’initiative de la « génération galère ».

Partager

L’actualité de la crise : DANS LA COULISSE DE GUIGNOL, par François Leclerc

Billet invité.

Le G8 de Deauville venait vendredi à peine de se terminer que la Commission de Bruxelles signalait par voie de presse que « le temps presse » pour trouver une issue au rebondissement de la crise grecque, qui risque de tout entraîner avec elle. Les semaines qui viennent ne seront pas de trop pour tenter de dénouer le nœud de contradictions aggravées que cette affaire révèle.

Cela part mal en cette fin de week-end, le commissaire européen Olli Rehn laissant entendre que l’Union européenne pourrait ne pas débloquer la prochaine tranche du prêt de 110 milliards d’euros, d’un montant de 12 milliards, le rapport de la Troïka chargé d’examiner sur place les comptes grecs pouvant être négatif. Tout se joue sur le programme de privatisation de 50 milliards d’euros, qui représente la seule garantie de remboursement possible, en raison de la situation dans laquelle le plan de sauvetage a plongé la Grèce.

Jean-Claude Juncker, chef de file de l’Eurogroup, avait sonné le tocsin dès jeudi, mais c’était prématuré : il ne fallait pas brouiller la communication du sommet. Il avait mis en garde contre le risque que le FMI ne débloque pas, le 29 juin prochain, la tranche prévue de son prêt, entraînant l’Union européenne dans un même refus, plongeant alors la Grèce dans un défaut sur sa dette, faute d’avoir obtenu ce versement. Le même évoquait sans prendre plus de gants le méchant calcul d’un FMI cherchant à ce que les Européens se substituent à lui, éventualité hautement improbable en raison du blocage prévisible de nombreux pays.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : DANS LA COULISSE DE GUIGNOL, par François Leclerc

Partager

LA PUERTA DEL SOL CONTRE LE NIHILISME FINANCIER, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Triomphe du nihilisme

Le capitalisme financier consiste à attribuer des prix à des titres dont la contre-réalité n’est pas vérifiable. Ce régime de prix est ontologiquement vide. Il contient en lui-même la contradiction de sa matière ; il confond le néant et la réalité. La crise des subprimes a révélé aux acteurs financiers que la confiance nécessaire à leurs transactions ne reposait sur aucune preuve objective. Les banques centrales ont dû forcer la liquidité du système en empruntant les actifs toxiques pour prêter de la monnaie garantie par la Loi. Les États ont dû emprunter massivement pour simuler la confiance des prêteurs par l’autorité de la Loi. Banques, banques centrales et États se sont coalisés pour décréter la confiance : le 15 mai 2011, les indignés de la Puerta del Sol déclarent qu’ils se savent leurrés par le système. Les indignés de la Puerta del sol déclarent qu’ils n’ont confiance qu’en eux-mêmes ; à proportion de la connaissance interpersonnelle qu’ils nouent avec leurs concitoyens.

La chute du matérialisme communiste en 1989 a renvoyé le formalisme capitaliste à son nihilisme. Jusqu’à cette date, les démocraties libérales avaient dû empiriquement reconnaître des garanties économiques au travail humain pour qu’il respecte la propriété privée des moyens de production. A partir de 1989, l’échec de la propriété collective des moyens de production est avéré. Le capitalisme libertarien en profite pour abolir la responsabilité publique de la propriété des moyens de production. Le travailleur a toujours des droits ; mais il n’est plus possible de savoir qui détient les moyens de  réaliser ces droits. Le capital est titrisé et détenu anonymement à partir des paradis fiscaux. Le capital est dématérialisé, défiscalisé et factuellement exempté d’obligation de garantir le prix des droits promis aux citoyens.
Continuer la lecture de LA PUERTA DEL SOL CONTRE LE NIHILISME FINANCIER, par Pierre Sarton du Jonchay

Partager

LA SITUATION À FUKUSHIMA (XVII), par François Leclerc

Mise à jour n° 264 (jeudi 08h34)

Il y a grande urgence sur le site de la centrale.

L’eau hautement contaminée continue de monter dans les sous-sols et tranchées techniques et menace d’en déborder. Les niveaux atteints sont très alarmants et l’opérateur a été pris au dépourvu, après avoir espéré pourvoir attendre la mise en service – prévue pour la mi-juin – d’un système de décontamination de l’eau afin de pouvoir plus facilement la stocker.

Des stockages très précaires vont être dans l’immédiat improvisés, sous-sols de deux bâtiments ainsi que condensateur de la turbine du réacteur n°3, afin de pomper l’eau hautement contaminée des endroits d’où elle menace de déborder. Ces possibilités laissent peu de marge de manoeuvre, étant donné leurs capacités limitées, alors que la pluie continue de tomber.

Au risque de débordement de l’eau vers l’océan s’ajoute celui de l’augmentation du niveau de radioactivité sur le site et de son impact sur les ouvriers, alors que l’autorité de sûreté nucléaire vient de rappeler à l’ordre Tepco pour ses manquements répétés à leur sécurité.

A l’inverse de la situation dans les autres réacteurs, le niveau de l’eau baisse dans le réacteur n°1, un effet pouvant être attribué au ruissellement dans le sol des eaux contaminées, qui pourraient ainsi rejoindre l’océan.

===========================================================

Mise à jour n° 263 (mercredi 08h28)

Dans un style très onusien, la mission de l’AEIA au Japon a rendu public son rapport de mission préliminaire, en vue de la conférence ministérielle des 20 au 25 juin prochains à Vienne, à l’occasion de laquelle son rapport final sera rendu public.

En creux des satisfecit accordés au gouvernement japonais et à l’opérateur de la centrale de Fukushima Daiichi, ainsi que de l’accent mis sur la « sous-évaluation » évidente du risque du tsunami, la trame d’une première évaluation critique est décelable.

Elle porte sur le caractère « bénéfique » d’un « programme approprié et opportun de suivi de l’exposition du public et des travailleurs et de surveillance sanitaire », qui fait donc défaut si l’on comprend bien.

La nécessité de veiller à « l’indépendance de l’autorité de sûreté nucléaire et [de] faire en sorte que la clarté des rôles soit préservée » est également soulignée.

Enfin, la mission recommande la mise en place d’équipements de communication garantissant « la communication et le contrôle des installations », en référence aux dysfonctionnement criants qui sont intervenus à Fukushima.

Le rapport final éclairera-t-il la catastrophe elle-même, sur laquelle ce premier document ne se penche pas  ? Il en serait bien inspiré, sauf à risquer de déconsidérer l’honorable agence de l’ONU.

==========================================================

Mise à jour n° 262 (mardi 14h58)

La contamination de l’eau dans les sous-sols du réacteur n°1 est particulièrement élevée, atteignant 2 millions de becquerels de césium radioactif par centimètre cube. L’opérateur envisage que des substances provenant du corium puissent s’être répandues hors de la cuve percée du réacteur.

Des mesures concrètes permettant de transférer massivement cette eau hautement contaminée, ainsi que celle qui se trouve dans les sous-sols des autres réacteurs continuent de se faire attendre.

En attendant, une carte des zones contaminées par l’eau a été dressée à l’intention des ouvriers. Rien n’a été précisé à propos de sa mise à jour, suite aux pluies qui se sont abattues sur le site.

Un système de refroidissement de l’eau de la piscine n°2 est en cours de test, dans l’intention de baisser dans le mois qui vient sa température de 70°C à 40°C et de stopper la production de vapeur intense actuelle.

=============================================================

Mise à jour n° 261 (mardi 09h02)

Devant les éléments, l’opérateur se révèle très démuni.

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le site de la centrale ont brutalement accru les masses d’eau hautement contaminée qui s’y sont répandues. Et la saison des pluies ne fait que commencer. L’eau s’infiltre dans les bâtiments étêtés et s’écoule dans leurs sous-sols.

Dans le réacteur n°1, le niveau de l’eau s’est élevé de 37,6 cms en 24 heures. Les prévisions sont à l’accalmie, mais si la pluie devait recommencer à tomber avec la même intensité, l’eau hautement contaminée déborderait et rejoindrait l’océan tout proche sans que rien d’existant ne puisse s’y opposer.

============================================================

Mise à jour n° 260 (lundi 15h47)

Moins de 1.500 des 3.700 ouvriers qui se sont déjà succédés pour travailler sur le site de la centrale ont bénéficié d’un contrôle interne de leur exposition. Ceux-ci n’ont débuté que le 22 mars dernier, 11 jours après le début de la catastrophe.

Tepco a déjà reconnu qu’une exposition supérieure à 250 millisieverts aurait été mesuré chez deux ouvriers, qui ont travaillé sur le site dès le 11 mars et n’ont été examinés qu’à mi-avril.

Dès qu’il s’agit de contamination, les informations distillées par l’opérateur sont peu précises et partielles.

Les conditions dans lesquelles il fait travailler les ouvriers ont déjà été relevées comme étant dangereuses, leurs horaires de travail, logement et nourriture faisant peu de cas d’eux.

=========================================================

Mise à jour n° 259 (dimanche 12h49)

Baptisé Songda, le typhon a été rétrogradé au rang de dépression, en raison de son affaiblissement. Sa trajectoire est encore incertaine mais le dirige vers Tokyo. Il n’est pas établi si elle va le mener ensuite droit vers la centrale. Des pluies violentes sont de toute façon attendues.

=========================================================

Mise à jour n° 258 (dimanche 10h59)

Alerte au typhon.

L’opérateur multiplie les préparatifs en vue de l’arrivée des pluies torrentielles d’une tempête tropicale annoncée pour dimanche soir (heure locale). Des vents violents pourraient aussi balayer le site de la centrale lundi et mardi.

Les installations électriques sont protégées par des sacs de sable empilés et les portes des locaux sont scellées afin d’empêcher que l’eau ne rentre.

L’opérateur annonce qu’il surveille attentivement le niveau de l’eau dans les bâtiments des turbines et des tranchées techniques des réacteurs n°2 et 3 mais ne fait état d’aucun dispositif pouvant empêcher son niveau de monter brutalement et de déborder. Ce qui continue à être le cas (pas d’indication précise de niveau).

Il étudie par ailleurs le moyen d’empêcher que les débris radioactifs épars sur les sols soient balayés par les pluies et enlevés vers l’océan.

Rien ne semble être prévu de possible par ailleurs, sinon retirer les grues et arrêter toutes les opérations en cours, si nécessaire.

=========================================================

Continuer la lecture de LA SITUATION À FUKUSHIMA (XVII), par François Leclerc

Partager

L’actualité de la crise : COMMENT TAIRE L’INDIGNATION ? par François Leclerc

Billet invité.

Depuis mardi dernier, les indignés ont pris un relais sur la place Syntagma. Progressivement, ils se sont installés sur la grande place d’Athènes avec armes et bagages, avec leurs banderoles et leurs tentes. Ils étaient finalement 20.000 à s’y être retrouvés le premier soir, rompant avec le rituel des défilés des grandes centrales syndicales et réclamant « une vraie démocratie », avant d’en faire un rendez-vous quotidien. Une pétition est proposée à la signature, qui réclame un référendum à propos du mémorandum signé par le gouvernement avec l’Union européenne et le FMI.

A la Puerta del Sol, au centre de Madrid, l’acapamento n’a donc pas plié bagage aux lendemains de la déroute électorale du PSOE. Les participants avaient décidé de poursuivre leur mouvement jusqu’à ce dimanche, comme à Grenade, Saragosse, Valence, Malaga ou à Barcelone. Avec la perspective de s’éparpiller dans les quartiers pour y tenir des assemblées, afin de continuer sur un autre mode.

C’est sur la place de Catalogne, au centre de Barcelone, qu’a été involontairement relancé le mouvement, la police intervenant violemment vendredi au petit matin pour dégager la place, au prétexte de la nettoyer pour qu’elle puisse accueillir samedi soir les célébrations alcoolisées faisant suite au match de football Manchester United contre le FC Barcelone. Tout un symbole.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : COMMENT TAIRE L’INDIGNATION ? par François Leclerc

Partager

LA REVANCHE DE LA MUSE, par XXX

J’ai reçu ceci et ça m’a plu. Si vous êtes XXX qui signe cette lettre, n’hésitez pas à participer à la discussion !

Cher Monsieur,

je ne sais si je dois vous remercier ou vous maudire mais je pensais intéressant de vous tenir informé des effets secondaires produits par votre blog.

Continuer la lecture de LA REVANCHE DE LA MUSE, par XXX

Partager

TOUS COMPLICES (suite et fin), par Zébu

Billet invité

C’est l’histoire d’une maison. Une maison dont les habitants étaient tous propriétaires. Cette copropriété n’allait pas forcément de soi et de temps en temps on voyait sortir tel pavé, tel drapeau rouge au rez-de-chaussée ou au contraire entendait-on les cris des propriétaires de l’étage du dessus qu’on « égorgeait la propriété privée ». On y avait nationalisé le chauffage et l’électricité mais aussi le chemin qui y menait et en sortait, les moyens de déplacements et même le crédit qui permettait à tout un chacun de pouvoir investir pour l’avenir, sachant néanmoins que les risques liés aux vicissitudes de la vie étaient pris en charge par l’effort de solidarité entre copropriétaires. Puis un marchand d’allumettes passa.

De fait, les habitants de cette maison n’en avaient guère besoin, puisque le chauffage et l’éclairage collectif couvraient largement les besoins de la maisonnée, mais le vendeur était pugnace et faisait bruler ses allumettes, montrant combien les jolies petites flammes faisaient aussi de jolies lumières. Ces allumettes étaient dite de sécurité, c’est-à-dire qu’elles ne pouvaient pas s’enflammer toutes seules. Pour plus de sécurité encore, elles étaient enfermées dans une boîte.

Les copropriétaires délibérèrent et acceptèrent que les allumettes du marchand leur soient vendues. Le marchand revenait régulièrement car la demande augmentait et proposa bientôt des cheminées à chacun, qui permettaient de chauffer individuellement, en plus du chauffage collectif. Les allumettes permettaient ainsi d’allumer de beaux feux dans ces cheminées, d’autant plus beaux et grands que le chauffage central, dont les copropriétaires s’étaient progressivement désintéressés, tombait de plus en plus en panne car il était de moins en moins entretenu, chacun rechignant à verser les cotisations nécessaires pour les charges communes.

Continuer la lecture de TOUS COMPLICES (suite et fin), par Zébu

Partager

APPEL DE MAI 2011

L’appel d’avril a rapporté 2 356 €. Merci beaucoup à vous pour votre mécénat citoyen !

Somme (brute) reçue à ce jour, le 30 mai 2011 : 2 542 €.

Un résumé de l’activité extra-blogaire que vous soutenez par vos dons.

Le mois a été assez calme en termes de déplacements, en raison des vacances de Pâques.

Le 4 avril, ma chronique mensuelle dans Le Monde Économie, était intitulée « Le mirage de la pluridisciplinarité ».

Le 11 avril, Objectif Languedoc Roussillon a publié mon entretien avec Anthony Rey : « Paul Jorion : Il n’y a pas d’emplois non délocalisables ».

Le 15 avril, L’Humanité a publié, à l’occasion de la sortie de Le capitalisme à l’agonie, un long entretien avec Laurent Etre.

iFinance a publié deux entretiens : Interview Paul JORION : Bâle 3 et la réglementation financière.

Publication du N° 5 des Cahiers de l’évaluation. Notation = évaluation ? Vol. 2 – La notation financière, avec une importante section consacrée à mes vues sur le sujet.

Publication de mon article intitulé « Une constitution pour l’économie » dans le volume « L’économie, une science qui nous gouverne ? » , Actes Sud /IHEST, aux pages 339-355.

Merci à tous les contributeurs de billets invités qui font que le cerveau collectif fonctionne à plein régime. Merci aux habitués et merci aux nouveaux venus !

Merci à Julien, à François, à Jean-Baptiste et à Nathanaëlle pour œuvrer en coulisses au bon fonctionnement du blog !

En avril, Le blog de Paul Jorion, était No 1 pour l’économie sur Wikio ; c’était la 15e fois au cours des 17 derniers mois.

Partager

L’actualité de la crise : C’EST LE SYSTÈME QUI FAIT DÉFAUT, par François Leclerc

Billet invité.

Devant le tir de barrage de la BCE qui se poursuit, ou bien parce qu’il en partagent ouvertement les objectifs pour leurs raisons propres, comme les Français, les dirigeants européens s’engouffrent vers la seule porte de sortie qu’il leur reste : la vente du patrimoine grec, afin de rembourser un trou financier que personne ne veut combler, chacun convaincu de ses bonnes raisons. Un nouveau prêt complémentaire pourrait alors permettre de rouler la dette restante, pour voir venir.

La confiance, longtemps accordée aux Grecs, quitte à fermer complaisamment les yeux quand il l’a fallu – comme pour d’autres, et non des moindres – n’est plus au rendez-vous, et le temps presse. Il est donc fortement question, en sous-main, de créer une agence chargée de la vente de ces actifs, qui ne serait plus pilotée par les autorités grecques elles-mêmes mais par des experts. Ce qui s’apparente à une pure et simple saisie, suivie d’une vente dans des conditions douteuses, puisque effectuées dans la précipitation. Il va y avoir de bonnes occasions à saisir, la financiarisation va y trouver son compte.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : C’EST LE SYSTÈME QUI FAIT DÉFAUT, par François Leclerc

Partager