L’OMBRE PORTÉE DE FUKUSHIMA S’ÉTEND, par François Leclerc

Billet invité.

Tenir un journal de bord de Fukushima Daiichi reposait sur un pari. En dépit des zones d’ombres volontaires ou non qui existeraient, le simple déroulé de ce qui était reconnu allait donner la mesure de l’ampleur de cette catastrophe d’un troisième type. Il mettrait en évidence la précarité de la situation et les très grandes difficultés de l’opérateur à reprendre la main, si toutefois il y parvenait. Il recèlerait, grâce à ce qu’il allait relater, une mise en cause des risques démesurés que l’électro-nucléaire faisait prendre quand l’imprévu et l’incontrôlable survenaient.

Il mettrait également en évidence, dans ses détails significatifs, les aléas d’une situation imprévisible dans son déroulement et les difficultés extrêmes rencontrées pour y faire face. La dangerosité spécifique d’une centrale nucléaire ne pouvant être banalisée en la réduisant à un simple incident industriel.

Des hypothèses pouvaient être parallèlement énoncées, se distinguant des propos alarmistes dont Internet est coutumier d’en véhiculer. Faire ce tri est un apprentissage collectif.

Sortir de cet exercice quotidien est nécessaire. Un relais serait souhaitable, pris par les Japonais et ceux qui sont sur place, afin de rendre compte du drame humain que cette catastrophe représente pour des dizaines de milliers de Japonais déplacés de leur lieu de vie et de travail – souvent de naissance – sans espoir de retour garanti ou alors lointain. Cette histoire-là faite de vies brisées reste à écrire et à montrer, dont on ne connait encore que des fragments. Elle est en soi une terrible condamnation de l’électro-nucléaire.

Sur la catastrophe elle-même, considérée sous l’angle restreint de ce qui se passe à la centrale, le journal déborde désormais de son objet initial et ne se contente plus de relater les épisodes d’un sauvetage toujours incertain et plein d’obstacles, ainsi que d’identifier autant que possible les dangers toujours présents. De premiers retours en arrière sont en effet possibles pour l’éclairer, de premières révélations sont disponibles.

Celles-ci montrent que l’on est passé au plus près d’une terrible catastrophe associant fusion du combustible, constitution de corium et percement des cuves des réacteurs, à l’explosion d’un ou de plusieurs réacteurs en raison de surpressions internes aux cuves contenant le coeur des réacteurs. L’enquête ne fait que commencer et il faut espérer qu’elle sera menée en toute clarté, ce qui n’est évidemment pas du tout garanti.

Il est aussi possible d’élargir le champ de vision et de ne pas considérer le seul site de la centrale, mais de tenter d’appréhender sous tous ses angles les conséquences de la catastrophe.

La consolidation financière de l’opérateur de la centrale, Tepco, a été élaborée dans l’urgence, car son écroulement aurait de lourdes conséquences tant en ce qui concerne la maitrise de la situation à la centrale – pourtant très relative – que l’approvisionnement en électricité de toute la région centrale du pays et de Tokyo, qu’en terme de déstabilisation du système financier japonais et de d’atteinte aux fonds de pension détenteurs d’obligations émises par l’entreprise. Autre chose est bien entendu le jugement que l’on peut porter sur le plan gouvernemental de soutien de Tepco, qui n’a pas encore été adopté et comporte de nombreuses zones d’ombre.

S’agissant de la contamination de l’air, des sols et sous-sols, de la mer et de toute la chaîne alimentaire, d’inquiétantes découvertes sont à craindre. Les mesure effectuées risquant de se révéler très partielles ou sous-estimées, le gouvernement ayant adopté comme priorité de rassurer les Japonais, quitte à les exposer plus qu’ils ne devraient l’être. D’ores et déjà les mesures effectuées sont mises en cause par des scientifiques japonais, en raison de la hauteur à laquelle elles ont été effectuées par rapport au sol.

Deux dangers existent dans ce domaine vital : que la routine s’installe et que soit admis par résignation ce qui ne devrait pas l’être : que Tepco ne parvienne pas à contenir le plus rapidement possible les fuites d’une centrale qui est une véritable passoire. Le plus visiblement inquiétant concernant la pollution de l’océan, qui n’est pas exclusif de contaminations en taches de léopard au sein de larges zones.

Fukushima est une catastrophe du troisième type, en ce sens que sa phase proprement critique s’inscrit d’ores et déjà dans une durée exprimée en mois si ce n’est en années. Rien n’est encore réglé, beaucoup peut encore survenir.

Les conséquences de la catastrophe au Japon doivent également être examinées sous les deux autres angles politique et économique. En dépit de l’arrivée au gouvernement, après une longue domination de la droite, d’un parti qualifié de centre gauche, la structure du pouvoir n’a pas été mise en cause. En particulier l’étroite symbiose entre l’industrie nucléaire et l’administration de l’Etat. Des assurances vont être données en matière d’indépendance de la surveillance, mais elles s’annoncent largement formelles.

Que va-t-il en être du plan de développement de l’électro-nucléaire japonais, de l’arrêt d’autres centrales situées dans des zones particulièrement à risque, des réacteurs l’ayant été seulement provisoirement ? Le complexe nucléaire japonais n’est pas propre à ce pays et alimente naturellement la réflexion sur la nature oligarchique  du pouvoir dans les pays occidentaux (pour s’en tenir à eux), parmi d’autres manifestations.

Au plan économique, la réflexion ne peut se limiter à une interrogation sur la durée de la récession dans laquelle le Japon était déjà plongé, depuis approfondie par la catastrophe. L’appareil économique a été profondément perturbé, le maintien de son approvisionnement énergétique à l’identique est en cause, la consommation des particuliers a chuté. Les représentants des milieux d’affaires vivent très mal – et le font savoir – toute remise en cause, même symbolique, de l’électro-nucléaire, car ils en craignent les conséquences. Fonder tous les espoirs sur une relance de l’activité grâce à la reconstruction du pays est bien léger : les problèmes d’enlisement dont le Japon ne parvenait pas à sortir vont être en réalité amplifiés. Son rang de deuxième puissance économique perdu au profit de la Chine, une descente est désormais engagée dans un contexte asiatique très concurrentiel.

Au plan financier, le pays dispose des ressources pour faire face aux besoins de cette reconstruction, mais la question est autre : quelle conséquence cela va-t-il avoir sur le financement de la dette américaine, dont les Japonais sont le deuxième détenteur hors Etats-Unis, après les Chinois ? Dans quelle situation de déséquilibre accrue la banque centrale japonaise va-t-elle être conduite, qui ne cesse de faire fonctionner la planche à billets, ainsi que les banques japonaises, qui continuent d’acheter la dette publique, soutenues par celle-ci. Cette pyramide inversée peut-elle continuer de se développer ainsi longtemps ?

Hors du Japon, les conséquences de Fukushima sont moins dramatiques, mais elles n’en sont pas moins appelées à avoir un large retentissement.

Le parc de centrales électro-nucléaires existant est désormais l’objet de nombreuses suspicions, que les partisans de cette filière tentent d’atténuer afin d’éviter des fermetures en série ou la décision de ne pas en allonger la durée d’exploitation. Les Etats-Unis et l’Europe sont aux premières loges. Des tests européens, qui doivent être menés dans l’urgence, calibrés pour répondre aux besoins des gouvernements plus qu’aux nécessités de la sécurité nucléaire, font l’objet de divergences persistantes quant à la nature même des risques qui vont être testés. Les Britanniques n’ont pas attendu qu’ils soient tenus pour formuler toutes affaires cessantes 26 « recommandations » pour améliorer la sécurité des 19 réacteurs en activité, dix autres étant en projet, avec l’intention d’escamoter la question. Un doute profond s’est répandu dans l’opinion publique dont la traduction est difficile à prévoir.

Parallèlement, il est pleinement confirmé que l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), une agence de l’ONU, a totalement failli, incapable de jouer un quelconque rôle. Le champ libre est donc laissé aux régulateurs nationaux, suspects de toutes les connivences avec les mondes qu’ils sont censés surveiller, ce qui nous rapproche aussi bien de celui de la finance que des rapports entre les médias et le monde politique, à la lumière d’une autre affaire en cours. C’est décidément la nature du pouvoir qui est mise à nu ces derniers temps.

Une affaire de très gros sous est sous-jacente. Après avoir connu un creux, l’activité de construction de centrales nucléaires voyait venir à elle de prometteurs marchés. Soit dans les pays émergents dont les besoins énergétiques croissent très rapidement, soit au titre du renouvellement d’un parc vieillissant et obsolète dans les pays occidentaux.

L’alternative que représentent les énergies nouvelles connaît un regain de faveur, d’autant que la hausse du pétrole et du gaz – quelles qu’en soient les raisons – réduit le différentiel de coût avec elles. C’est également le cas avec l’électro-nucléaire, dont le coût exact est sous-évalué, ne prenant pas en compte celui de toute la filière, depuis la recherche jusqu’au démantèlement des centrales et au traitement des déchets de longue durée, sans compter le coût de ses catastrophes. Enfin, les exigences de sécurité montent, en dépit du discours rassurant tenu par les industriels à propos des nouvelles générations de centrales munies de dispositifs faisant défaut aux précédentes. Une raison de plus, d’ailleurs, de les arrêter, sans nécessairement les remplacer.

Très réactifs, les lobbies de l’industrie nucléaire, qui avaient commencé à mettre en scène son retour, sont pris à contre-pied et ont reconsidéré sans tarder leur argumentaire et stratégie de communication.

L’actualité a ses exigences – et ses travers – dans le monde contemporain. Capable de rendre compte de ce qui se passe sur la planète presque dans l’instant et de l’oublier tout aussi vite, pour couvrir une autre dominante. De faire appel à l’affectif en négligeant analyse et mise en perspective de l’information. La mémoire n’en est pas effacée pour autant.

Fukushima a déjà disparu des manchettes et des journaux télévisés, mais le chapitre entamé n’est pas clos. La preuve en est que Tchernobyl a marqué plus qu’on n’aurait pu le croire, le souvenir de l’escamotage du danger qui avait été opéré ravivé par ce qui est en train de se passer. La première réaction est désormais de douter de la version officielle. Facette parmi d’autres d’un déficit de crédibilité qui atteint le monde politique dans son ensemble.

Et-il possible d’attendre, comme si elle était inéluctable, la prochaine catastrophe ?

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84 réflexions au sujet de « L’OMBRE PORTÉE DE FUKUSHIMA S’ÉTEND, par François Leclerc »

  1. Aux USA, le plutonium 238 et le plutonium 239 sont apparus à partir du 18 mars: en Californie et à Hawaï, ils furent respectivement 43 fois et 11 fois plus élevés que le niveau maximal répertorié durant les 20 dernières années. En mars, l’eau de boisson de San Francisco contenait 181 fois la dose admissible d’iode 131. Le 4 avril, l’eau de pluie de Boise dans l’Idaho contenait 80 fois la dose admissible d’iode 131 ainsi que du césium 137. En début avril, le taux de césium 137 dans les sols, près de Reno dans le Nevada, était 30 fois supérieur à la dose admissible. Egalement en avril, on a retrouvé dans de très nombreuses régions des USA, du césium 134, du strontium 89, du strontium 90 et même de l’américium et du curium. Tous ces isotopes radioactifs se sont également déposés en Europe et si on ne les trouve pas, c’est qu’on ne les cherche pas.

    Avant la fin de l’année 2011, tous les sols de la planète seront inexorablement contaminés par l’irradiation quotidienne et permanente des réacteurs de Fukushima. Il en sera de même pour les océans et les nappes phréatiques. C’est alors que les isotopes radioactifs de Fukushima vont entamer un long processus de bioaccumulation en remontant les divers échelons de la chaîne alimentaire. En 2012, la totalité de la chaîne alimentaire planétaire sera radioactive et donc hyper-toxique pour la santé humaine.

      1. Je crois que je vais commencer par là moi: Google « plutonium californie hawai fukushima »
        114 000 Résultats? Je ne vais peut-être pas tout lire…

    1. Finalement, c’est encore une opération kamikaze : des japonais se sacrifient pour empoisonner les américains, avec du matériel de conception américaine qui plus est.

      La vengeance pour Hiroshima et Nagasaki est un plat qui se mange pourri.

    2. « Tous ces isotopes radioactifs se sont également déposés en Europe et si on ne les trouve pas, c’est qu’on ne les cherche pas. »

      Non, c’est faux, pour le moment il n’y a pas d’élévation notable de la radioactivité ambiante.

      Source

      Ainsi que : moi qui fait des mesures hebdomadaires dans mon jardin, à la pointe bretonne et qui utilise pour cela 3 radiamètres différents, deux en provenance de l’armée russe et un de fabrication ukrainienne. Tous sont des modèles « professionnels » et sont équipés de deux tubes Geiger-Müller chacun.

      Pour le moment la radiation ambiante est stable et correspond au bruit de fond naturel là où je suis soit 0.12 – 0.13 Micro Sievert/heure.

      Une mesure dans mon habitat me donne 0.20 à 0.30 Micro Sievert/heure en fonction de l’endroit, ceci étant due à la radioactivité émise par les matériaux de construction et l’accumulation de radon. Il y a donc pour le moment plus de radioactivité dans mon habitat que dehors (ce qui est quelque chose de parfaitement normal).

      Conclusion provisoire : il y a très certainement une pollution locale extrêmement forte autour de la centrale, une pollution certaine dans un rayon de plusieurs centaines de km autour du point d’émission et une pollution mesurable sur plusieurs milliers de km mais ici, en France, pour le moment, il n’y a pas grand chose à mesurer.

    3. Quand à dire ça:

      En 2012, la totalité de la chaîne alimentaire planétaire sera radioactive et donc hyper-toxique pour la santé humaine.

      C’est vraiment être catastrophiste. Les rejets de Fukushima en terme d’Iode et de Césium sont encore inférieurs à ceux de Tchernobyl (pour combien de temps ça c’est une bonne question). Suite à Tchernobyl, on a pas constaté « d’hyper toxicité de la totalité de la chaîne planétaire mondiale… » c’est une expression digne du prophète Philipilus…

  2. Et dans 14 centrales françaises refroidies par des rivières presque à sec dès fin mai , il ne reste plus qu’à …prier pour que l’été soit un été pourri, de simples orages ne suffiront pas . Même à l’arrêt, les coeurs des réacteurs doivent être refroidis . Et comment, sans eau ?

    Dernières nouvelles de Civaux :
    Le débit de la Vienne en est à 14M3/s . Quand il en sera à 13M3 /s, on arrêtera un réacteur . A 12M3/s, la centrale devra être totalement arrêtée . Or, on n’est qu’en mai, il faut tenir jusqu’à fin août, et le lac de Vassivière, réserve d’eau potentielle en amont , est déjà très bas .

    Extrait de la Nouvelle République ( Vienne)

    Quelles sont vos craintes ?
    « On peut facilement arrêter une centrale en appuyant sur un bouton. Mais après, il faut des semaines pour refroidir le coeur du réacteur. Ce qui veut dire qu’il faut l’arrêter suffisamment tôt pour éviter une rupture de refroidissement et la fusion du coeur. Je ne voudrais pas que sous prétexte d’attendre une pluie potentielle, on prenne le moindre risque. Et en ce moment, on est pile à l’entrée du désert… »

    http://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/ACTUALITE/24-Heures/La-centrale-de-Civaux-gere-l-eau-au-compte-gouttes

    Attendront-ils la dernière minute en prenant tous les risques ? Notre sort dépend des décisions d’une ou deux personnes qui subissent des pressions . Bref, on nous dit qu’il faut prier pour que tombe la pluie car même à l’arrêt, il faudra refroidir ( et sans eau, comment ? ) les coeurs des deux réacteurs. Pas rassurant, tout ça .

    1. La puissance à évacuer quand le réacteur est à l’arrêt est +/- 50 fois plus faible qu’en fonctionnement. Il n’y a vraiment pas de problème de ce côté-là.

    2. Le Monde consacre un bref article à ce sujet «  »Le refroidissement des réacteurs nucléaires fragilisé par le manque d’eau »
      « LA SÉCHERESSE met-elle en péril l’alimentation électrique, voire la sûreté des réacteurs nucléaires ? C’est ce que prétend Stéphane Lhomme, président de l’Observatoire du nucléaire, qui redoute un « black-out nucléaire » cet été, mais aussi « la fusion du coeur » de certains réacteurs en bord de rivière, privés de sources de refroidissement. L’ancien porte-parole de Sortir du nucléaire évoque le précédent des années 2003 et 2006, où des dérogations avaient été accordées à certaines centrales pour leur permettre de dépasser les normes de rejet des eaux de refroidissement et où quelques réacteurs avaient dû être stoppés faute de débit suffisant dans les fleuves ».

      Les craintes de Stéphane Lhomme ne sont pas partagées par EDF mais !
      A l’ASN on distingue canicule et sécheresse.
      Si sécheresse : la dilution des effluents radioactifs peut poser problème, au pire on arrête les centrales.
      EDF n’exclut pas d’avoir recours à des importations.

      Je ne peux me retenir de sourire car le public est convaincu que :
      . c’est la France qui exporte de l’électricité : FAUX
      . le nucléaire est moins sensible au réchauffement climatique que l’énergie hydroélectrique : ça ne semble pas être le cas.
      Bref, la perception du public est erronée par rapport à la réalité, idem pour le prix, les déchets, le rendement énergétique (le pire) et même le CO2 : tout juste et encore.

  3. Comme d’habitude, 50% d’accord, 50% pas d’accord.

    Le futur tranchera pour nous deux 🙂

    1. Tiens, je suis curieux de savoir sur quelle partie vous êtes en désaccord.

      Pour ma part je m’attends, pour le cas français :
      – à ce que le kwh nucléiare révèle un prix plus élevé, ce qui sera forcé par la simple constatation des coûts autres que les coûts de production;
      – à ce que les nucléocrates français qui répondent à Fukushima « vive l’EPR » se retrouvent à cautionner (malgré eux) une conception trop ancienne des centrales actuelles;
      – à ce que la prolongation de vie desdites centrales pré-EPR, non protégées comme l’EPR, devienne pollitiquement et peut-être économiquement trop difficile;
      – et donc, que certaines soient fermées, je dirais une dizaine de réacteurs, soit 20 %, mais que 2 ou 3 autres EPR soient mis en chantier.

      Ce qui sera une sorte de compromis boiteux, en tout cas la solution la moins logique : pas assez violent pour pousser à changer le système production / consommation d’énergie, pas assez changeante pour renforcer grandement l’agence de tutelle (ASN et son bras technique IRSN); bref, un fiasco en gestation.

      Pour ma part, les mêmes causes et la situation en général me pousseraient à demander à ce que la part du nucléaire soit réduite à 20% dans 20 ans, en interdisant que les sources de substitution utilisent des ressources fossiles. Après, que ce 20% soit EPR ou centrales prolongées, c’est secondaire. Mais ça ne peut pas être zéro, par contre, c’est juste utopique et oublieux des besoins nucléaires dans le médical et dans la recherche.

    2. En fait, c’est plus 70% d’accord, 30% pas d’accord.

      Pas d’accord (je ne développe que très briévement)
      – Le caractère spécifiquement oligarchique de la décision d’investir dans le nucléaire
      – La critique de l’AIEA (dont le pouvoir très limité en terme d’inspection et de recommandations est voulu par les pays signataires)
      – Le coût prohibitif du nucléaire (qui est cher, et qui va l’être de plus en plus, mais qui reste à un coût supportable, vu que des provisions pour démantellement et stockage sont déja relativement assurées par le tarif actuel)

      Sinon, je suis 100% d’accord avec votre analyse. Avec un petit bémol: j’attends avec une grande impatience les premières modifications structurelles faites par les Allemands, pour voir de manière concrète si les renouvelables peuvent fournir la quasi-totalité de l’énergie électrique d’un pays développé.

      1. Je ne sais si c’est le lieu de ce débat, mais vu de ma fenêtre:
        – la décision d’investir dans le nucléaire au moment du choc pétrolier de 73 peut avoir une légitimité, mais beacoup moins son ampleur et le manque de recherche de solutions alternatives : là se situe, à mon avis, un biais oligarchique;
        – l’AIEA a été voulue faible, la critique de FL s’applique à cette volonté initiale, si ce n’est à l’AIEA actuelle. Cela dit, encore une fois, l’histoire ne peut se refaire : l’AIEA a été créée lorsque le nucléaire militaire était dans une phase active, et en pleine guerre froide. Le nucléaire civil n’était sans doute pas la priorité des gouvernements.
        – le coût du nucléaire : on peut selon moi multiplier les chiffres par deux ou trois, le démantellement n’est qu’un des aspects des externalités mal compensées jusqu’à présent.

        Come dit ci-dessous, les Allemends ne portent pas, à mon avis, la solution d’avenir, parce qu’ils se concentrent trop sur les sources et pas assez sur l’ensemble du système. Le Japon et la Corée, ainsi que des localités américaines, pourraient montrer ce que l’on peut faire. A petite échelle, le couplage éolien / turbinage-pompage de El Hierro est déjà assez révélateur; mais, comme le Danemark et la Norvège, il y a des atouts géographiques qui sont difficilement transposables.

        http://www.les-experts.com/article-77437-el-hierro-alimentee-a-100-par-des-energies-renouvelables.html
        (le chiffre de 100% de renouvelables est faux, ils utilisent aussi des diesels mais bon, c’est un journal…)

      2. Globalement d’accord avec vous.

        Pour le premier point, on pourrait peut-être arguer qu’une fois qu’un pays a massivement investi dans une technologie, il a un avantage à poursuivre dans cette voie (Dans la lignée des avantages comparatifs de Ricardo). A voir.

        Pour le troisième point, c’est exact, mais le problème des externalités non prises en compte dans le coût de l’énergie n’est pas propre au nucléaire. Sans parler des énergies carbonnées, on sur-estime à mon avis le caractére écologique de la plupart des énergies renouvelables, surtout du photovoltaique et de beaucoup de solutions de stockage envisagées. La pollution chimique est tout aussi insidieuse que la pollution radiologique.

        Ah, un détail: vu la consommation (4 MW !) El Hierro n’a sans doute pas non plus d’industrie électro-intensives (métallurgie, pate à papier). Mais il est quand même bon de constater que quelque part, des gens prennent les choses en main.

      3. Exactement : El Hiero n’est qu’un exemple. Mais les iles sont des laboratoires très intéressants puisqu’elles doivent couvrir toute la chaine, de la production à l’utilisation, se prenant « de face » les problèmes d’approviosnnement, conversion, équilibre, qualité de l’électricité, etc.

        Lors du printemps de la recheche EDF de 2009, le responsable des DOM TOM a mentionné que c’était sans doute en Martinique et en Guadeloupe que l’on pouvait pousser l’utilisation des renouvelables sans doute au-delà des 50% sans beaucoup de difficultés.

        Ceci couplé:
        – à une approche par maille du réseau de distribution
        – à la mutation du réseau de transport pour convserver quelques grandes centrales avec foisonnement de source (thermique, nucléaire, éolien et grand hydraulique) et foisonnement géographique
        – à la participation des usages à l’équilibre consommation – production via les « demand-response » et autres innovations des Smart Grids

        devrait pemettre, à mon avis, d’absorber une diminution de production nucléaire, ou charbonnière.

        Sur les externalités, nucléaire et non-nucléaire, débat compliqué, à commencer par le fait que tout ne se quantifie pas (ou mal) en argent. Et il faudrait aussi considérer les industries consommatrices d’énergie, à commencer par le bâtiment… et l’énergie. Votre remarque est exacte, cela dit; et j’ajouterais à votre liste l’hydraulique avec le vieillissement du béton, par exemple.

  4. A cette impeccable synthèse, il faut ajouter une donnée contextuelle : la modernisation du réseau électrique, partout dans le monde. Globalement, l’arrivée des renouvelables consiste, vu du réseau, à une myriade de petits ou moyens sites en complément, puis en remplacement de grosses unités.

    Or, passer du macroscopique clairsemé au microscopique innombrable, pour caricaturer, c’est décentraliser des problèmes, dont l’équilibre production-consommation; et des solutions, puisque les acteurs territoriaux ont compétence pour les décisions sur leur territoire.

    Cette mutation est de plus le fait d’appels d’offres du public vers le privé, et ne s’inscrit plus dans des politiques d’équipement du terrioire coordonnées : la libéralisation d’une part, la fin des commissariat au plan, agences de recherches d’état dnas les renouvelables, a permis que ce soit essentiellement la loi du plus fort qui l’emporte localement, en tout cas dans notre pays et probablement dans tous les pays libéraux.

    Enfin, bouger les sources, cela veut dire que le réseau de structure est configuré pour. Or, il a été bâti pour les grosses centrales, thermiques d’abord, hydrauliques ensuite, nucléaires enfin. Le financement des évolutions – et là aussi il faut parler en milliards et mettre quelques zéros – a été évacué avec la libéralisation, alors qu’il avait accompagné – plus logiquement – les précédentes évolutions.

    Confronté à la fin proche du nucléaire d’un coté, et grâce à ses capacités d’organisation collective de l’autre, je ne serais pas surpris que le Japon soit innovant à l’échelle du problème, et montre ce que l’on peut faire avec les nouvelles solutions non seulement sur le papier, mais dans la réalité d’une transition efficace vers un modèle plus neutre, moins dépendant des ressources épuisables, et trop éparpillé pour devenir de nouveau une industrie confisquable.

    De l’organisation des réseaux électriques pensés pour de grosses compagnies, gros investissuers et grosses centrales, avec toutes les dérives montrées, il se pourrait donc que le Japon soit le premier à sortir, par nécessité; alors que la Corée du Sud souhaite devenir le premier de la classe, par ambition ; et les américains tiennent la pole-position sur la recherche et surtout la normalisation, par sens du commerce. Toutes ces raisons sont en tout cas de puissants moteurs qui sapent aujourd’hui, indépendamment même Fukushima, l’électro-nucléaire, en développant des alternatives qui, bien que décriées, … fonctionnent. Il « suffit » de travailler sur l’ensemble.

    Pardon, c’est un peu hors sujet, mais je voulais souligner que du pire, peut surgir des évolutions inattendues, peut-être même excellentes. Pourquoi pas le meilleur de l’innovation privée couplée et coordonnée avec des investissements sur le réseau de structure par la puissance publique, locale ou nationale ?

    1. Vous n’êtes pas du tout hors sujet, vous êtes au cœur du problème. Il suffit de regarder ce que font les Allemands avec les renouvelables.

      1. Pour connaitre un projet avec une utility allemande, je crois que les allemands ont une obsession sur les sources d’énergie, et pas de réelle vision depuis le réseau électrique (ce qui n’est certes qu’une facette du problème, mais celle où les lois de la physiques rencntrent celles des marfhands, puisque c’est le lieu de la transaction, entre autres).

        Ils ne sont pas parmi les plus ardents pour le Smart Grids. Ils sont bons sur des gros projets, comme l’utilisation du stockage depuis la Norvège, ou les centrales solaires au Sahara, mais ces mêmes projets révèlent une absence de remise en cause de l’usage, d’une part, voire même du « statut » de l’abonné / consommateur.

        Or cest l’un des volets de la révolution actuelle des réseaux : la décentralisation des projets, des investissements, jusqu’à la modification des comportements des usagers pour participer à l’optimisation globale de la chaine. Car, encore une fois indépendamment du nucléaire, on entre dans une période d’énergie chère, et la gestion de la rareté ne peut être un marché, mais une démarche collective.

      2. A quand l’autorisation de produire pour soi-même de l’électricité sans être obligé d’en passer par EDF?

        A quand les vraies incitations, voire obligations, aux maisons à énergie positive ?

      3. @thom bilabong Il a toujours été possible de produire son électricité soi-même en France.
        Et c’est je pense toujours le cas.
        Seule la distribution (et donc la revente au voisin) fait l’objet d’un monopole.
        Pour le photovoltaïque c’est l’aide (non prise en charge par l’Etat) qui nécessite le raccordement à ErDF.
        L’intérêt écoogique du raccordement au réseau est justifié par la possibilité de supprimer des batteries au plomb couteuses et polluantes.

      4. @Thom
        Vous le pouvez dès à présent pour votre usage. Mais si vous voulez vous raccorder au réseau, il est absolument normal de respecter un minimum de contraintes techniques – accepteriez-vous que votre voisin pollue le réseau en injectant un courant sale (mauvaise tension, harmoniques, etc) qui font sauter vos équipements

        PS : un courant sale qui correspond à une mauvaise tension, que les électriciens me pardonnent cette absurdité ! mais je garde l’image, finalement.

  5. « Est-il possible d’attendre, comme si elle était inéluctable, la prochaine catastrophe ? »

    Bien sûr que oui : c’est ce qui se fait tous les jours, dans tous les domaines, depuis la nuit des temps.

    1. @Herrmiss 20 mai 2011 à 07 h 35
      Quelle dilution du problème ! Vous exprimez superbement le pseudorelativisme crétin et malhonnête qui renvoie tout à une roulette russe jouée sur un barillet aux nombres de chambres et de cartouches indéfinis mais dont la finitude est certaine. A court d’argument, il ne vous reste qu’à vouloir ignorer.
      « Ben, oui-euh, on peut toujours tous y passer d’tout’ façon ! » est votre mantra d’autruche, adapté aux têtes enfouis. Pire que des oeillères d’expert, vouloir ne pas voir avec la courbure d’échine en sus ! Veuillez garder jalousement votre pulsion de mort, SVP.

      1. @ schizosophie

        Incroyable ! Je ne comprends pas comment vous pouvez défendre les propos d’Herrmiss ! Quel aveuglement !

      2. @Le Sudiste 20 mai 2011 à 09 h 38
        (A tout hasard car je n’ose le croire) J’espère que l’adverbe « superbement » ne vous a pas leurré, on peut être crétin et orgueilleux ou dire fièrement une grosse connerie. Faites attention au jeu à ironie, ironie et demi, les degrés impairs renvoyant au premier degré, etc. (Dois-je vraiment préciser que « vous » et « votre » et « veuillez » son dirigés à l’intention de Herrmiss, comme l’explicite l’adresse « @Herrmiss » ?)
        Que vous lisiez cela comme une défense est le monde à l’envers. M’enfin, y en des a qui disent qu’au pôle sud on vit la tête en bas. Quel embrouilleur vous faites !

      3. Je reconnais volontiers un esprit quelque peu moqueur, sournois.
        C’était donc une façon comme une autre de vous dire que je pense que vous n’avez pas du tout compris le propos de Hermiss. Ou bien, c’est moi qui n’ait rien compris.

        Si Hermiss était cynique, ironique, votre message n’a aucun sens. Dit comme ça eut été moins sympathique… Plus clair, certes.

        Bonne journée!

      4. @le sudiste pourquoi ne pas prendre ce commentaire au premier degré,
        sans être cynique, ne peut on être simplement désabusé ?

        et que faisons nous vraiment ? à part blogger ?

      5. @Le Sudiste 20 mai 2011 à 12 h 19
        Pour vous aider à distinguer entre la bassesse d’un cynique noyeur de poisson et la subtile ironie en ce qui concerne ce que j’ai appelé « le pseudorelativisme crétin » et j’ajouterai « spéculativement comptable », cela vous aiderez peut-être de savoir que Herrmiss
        ou Didier Cavard développe régulièrement les arguments des « risquologues » et a répandu sa métaphysique de courtier d’assurance notamment ici, concluant ainsi :
        « Et n’arrêtons surtout pas la construction des EPR déjà lancés, qui sont conçus pour supporter une fusion du cœur avec un minimum de rejets vers l’extérieur : à tout prendre, il faut mieux arrêter de vieux réacteurs mal placés en échange ! »

      6. @fuku
        Désabusé est bien sûr une option.
        J’entends bien.
        A l’envers, au premier, deuxième degré, à ironie et demi ou même ironie trois quart…
        Le mieux est peut-être d’attendre d’éventuelles précisions de Hermiss sur cette phrase qui nous fait tant tapoter.
        Ou subrepticement, glissons ce malentendu peu crucial sous le futon.

      7. Je ne voulais que stigmatiser humoristiquement la question idiote qui termine le billet de FL. A « est-il possible ? » on peut toujours répondre « oui », quelque soit le sujet, car chacun sait que la

      8. @schizosophie
        La violence de votre premier commentaire a été la raison principale du mien. Je comprends mieux votre ennervement.
        Sur le fond de vos discussions avec eux, je ne suis pas aussi bien informé que vous.

        Je n’ai que des idées très basiques:
        On ne sait pas maitriser le nucléaire.
        Aussi infime que puisse être le risque d’un accident, nous ne savont pas en maîtriser pas les dévastatrices conséquences.
        Tout cela est-il bien raisonnable? Non.
        Faut-il arréter de jouer les apprentits sorciers? Oui.
        Quand? Tout de suite.
        Comment? Je ne sais pas.

      9. @Le Sudiste le 20 mai 2011 à 14 h 17
        J’adhère à ce que vous appelez vos « idées très basiques », elles me semblent un préalable à toute discussion sérieuse à ce propos. Comment ? La question implique les conditions historiques faisant apparaître l’illusion d’une énergie émergeant comme spontanément, autrement dit les conditions et l’illusion d’un mode de production qui ne se reconnaît que comme mode d’exploitation et s’admire comme mode de valorisation. Le problème semble vaste, inaccessible, diffus ; et pourtant il est concrètement là, concentré… Le problème du nucléaire est aussi celui de son monde. La résignation est impossible.

      10. @ schizosophie
        Je vous rassure, j’en sais un peu plus sur le sujet et je ne suis pas franchement résigné… Mais je me concentre sur un autre site pour combattre avec des mots et des idées.

    2. Pas nécessairement.
      Ainsi au Japon, justement, les shogun Tokugawa à la fin du XVIIe siècle interdirent l’usage des armes à feu, conscients de la menace que représentait cette innovation technologique pour la stabilité sociale et politique de leur pays.

    3. Je trouve sidérante la hargne déclenchée par une simple remarque humoristique sur une question idiote (idiote car, s’agissant de bêtise humaine, on sait bien que tout est possible).

      Je pense que certains ne supportent pas que je mette le moindre commentaire ici. J’écrirais « il va pleuvoir ce soir » que je me ferais encore incendier. Ces « certains » feraient bien de prendre un peu de recul et de faire l’effort de comprendre d’autres points de vue que le leur (ce qui ne veut pas dire être d’accord avec ces autres points de vue), sinon ils vont beaucoup souffrir en voyant les choses ne pas se passer du tout comme ils l’espèrent.

      1. Que nous n’ayons pas du tout le même humour ne vous empêche pas de commenter. Mais vous ne persuaderez pas autrui de la fatale nécessité de l’irradiation, même « avec un minimum de rejets », sans quelques narcissiques déconvenues, et encore moins en posant en martyr d’un blog. C’est une bien légère peine eu égardà ce dont on parle !

      2. « Ces « certains » feraient bien de prendre un peu de recul et de faire l’effort de comprendre d’autres points de vue que le leur… »

        Vous êtes un doux rêveur, finalement !

        « sinon ils vont beaucoup souffrir en voyant les choses ne pas se passer du tout comme ils l’espèrent. »

        Laissez nous, vous et moi, au moins quelques petites compensations 🙂

    1. C’est pareil pour les USA. Les amoureux de l’atome n’en démordent pas.
      « Nucléaire : -Les Etats-Unis auront un EPR en 2020- » Réservé aux abonnés.
      Le patron de la filiale d’Areva évoque obsolescence des centrales d’ici dix ans ».
      Il doit se frotter les mains, le marché est là, il est mur, il suffit de cueillir.
      « Jacques Besnainou, patron de la filiale américaine d’Areva, évoque l’obsolescence des centrales d’ici dix ans. Jacques Besnainou est le PDG de la filiale américaine d’Areva depuis le 1er janvier 2010 – celle-ci emploie 6 000 salariés. Il reconnaît que la catastrophe du 11 mars à Fukushima ralentira la relance du nucléaire outre-Atlantique. Mais il estime que le consensus en faveur de cette énergie n’y a pas été remis en cause. Si vous habitiez près d’une des centrales nucléaires installées au bord de l’océan en Californie, déjà victime de tsunamis, iriez-vous vivre ailleurs ? Je suis rationnel, donc je resterais : j’ai peur de l’avion, mais je l’utilise parce que le risque d’accident y est bien moindre qu’au… »
      Tous les feux vont passer au vert, conclusion (péremptoire à mon sens) ‘Seul le nucléaire sera en mesure de fournir une énergie propres à un prix raisonnable tout en évitant les guerres pour l’accès aux réserves énergétiques.
      Je conseille à cet éminent dirigeant de consulter le site de négaWatt par exemple, de voir la stratégie de nos voisins allemands et de suivre les évolutions de Fukushima.
      Et si par bonheur comme je l’espère, le Japon s’en sort sans trop de casse, de s’interroger sur le scénario le pire auquel on a échappé.
      Conclusion : on n’est pas encore sorti du nucléaire hélas.

      1. « Négawatt » est un mensonge : il devrait s’appeler « Négawattheure » car il ne s’intéresse qu’à la production annuelle, sans évoquer la puissance instantanée requise pour répondre à la demande. Le Watt et ses multiples y sont inconnus, ainsi que la notion de pointe.

        Quand on les interpelle là-dessus, ils ne répondent pas.

    1. pendant ce temps là, 46% des jeunes espagnols sont au chomage ………………..

      d’où un début de révolte à l’égyptienne depuis le 15 mai avec occupation d’une place dans un certains nombres de villes ( en pleine élection ! chapeau bas ! )

  6. Avez-vous des informations digne de ce nom sur l’état des océans dans le sud de l’asie ? car il existe de nombreuses visions alarmistes (tout le monde va mourir en 2012) que l’on peut trouver sur des sites tel que planète info qui n’ont aucunes vraies infso….juste du blabla.
    Il me semble justifier de s’inqueter en fait, mais dans quelle mesure? Peut-on croire qu’il sera difficile de trouver du poisson non-contaminé dans cette zone d’ici la fin de l’année ou l’océan est-il trop vaste pour une contamination massive?(ca m’étonne qu’il n’y est pas de schémas existant avec les données actuelles, car je me souviens qu’au tout début on parlait déjà de 1.8 millions de fois le niveau normalau bord de la cote etc)
    En effet, je suis votre chronique sur le déroulement des événement au Japon et jamais vous n’en parlez. (vos sources si je me souviens bien sont plutôt des travailleurs dans la centrale mais sait-on jamais)
    Merci d’avance

    1. Les seuls éléments dont je dispose concernent la pollution de l’océan dans le proche voisinage de la centrale. Greenpeace avait annoncé des prélèvements et analyses en dehors des eaux territoriales, n’ayant pas eu l’autorisation d’y pénétrer, mais je n’ai pas trouvé la suite.

      Le facteur dilution est certainement important, le risque étant par contre identifié en ce qui concerne la faune et la flore ainsi que la chaîne alimentaire. Ce sont les cotes chinoises et sud-coréennes qui sont les plus proches de Fukushima, mais elles se trouvent du côté opposé à la centrale. Tout dépend au final des courants.

      1. En parlant de courant, je m’apprête à faire don d’un Kw aux Japonais.

        Monsieur Leclerc.
        Quels que soient les courants, un poisson, ça voyage.
        Dans la chaine alimentaire, et tout comme les légumes contenant le plus d’eau sont ceux qui concentrent le mieux les isotopes, la baleine est déjà identifiée comme un excellent concentrateur car elle croute une masse de plancton énorme.
        Chose amusante, d’ailleurs : les Japonais auront réussi à les exterminer tout de même. Mais d’une autre manière…

        Et, j’en reviens à l’histoire de mon crabe qui va bientôt avoir les pinces qui vont briller. Mais pas de reflets d’or comme dans Tintin. (salut les Belges)

        L’histoire de la dilution est seulement partiellement vraie. Si on oublie toute la faune et la flore marine…

      2. j’aimerai bien savoir où en sont les stockages de déchets nucléaires balancés en pleine mer.

        car si j’ai bien compris , dans sa première phase, le complexe nucléaire se débarrassait des déchets nucléaires en les jetant par dessus bord ……………………

      3. ça, et autres pollutions : par ex. golfe du Mexique =) personne ne sait où cela en est …
        plus il y a de catastrophes industrielles ( liées à la pression des actionnaires pour les dividendes…=) baisse de la sécurité ) …
        L’Afrique et les mines d’uranium …etc etc …
        On a vraiment l’impression de radoter …

        Car, tout cela s’accumule …

        Halte à l’Hubris des dirigeants des oligarchies mondiales. ( Vendre son Pays, pour garder son minable pouvoir, n’est vraiment pas bien .)

  7. De sincères félicitations pour cet état des faits . Tout procès débutant , en l’occurrence celui des robots qui ont des failles comme leurs maîtres , ( ça pourrait être aussi celui des robots de la finance en haute fréquence ) induit une défense en dénégations , la justice sera longue , mais avec des propos tout en justesse , comme ceux de François Leclerc , cela ira plus sûrement .

  8. Excusez moi mais je ne comprends cette phrase:

    Celles-ci montrent que l’on est passé au plus près d’une terrible catastrophe associant fusion du combustible, constitution de corium et percement des cuves des réacteurs, à l’explosion d’un ou de plusieurs réacteurs en raison de surpressions internes aux cuves contenant le coeur des réacteurs. L’enquête ne fait que commencer et il faut espérer qu’elle sera menée en toute clarté, ce qui n’est évidemment pas du tout garanti.

    Parce que Fusion il y a et depuis les premiers jours , les cuves des réacteurs fuient de partout
    http://sciencepourvousetmoi.blogs.sciencesetavenir.fr/
    http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html

    1. Il y a eu fusion du combustible, il n’y a pas eu explosion des cuves en raison de la pression interne. Cette phrase a une double vocation : montrer que le pire n’est pas arrivé et que tout n’a pas été élucidé.

      Dans le cas du réacteur n°3, où l’explosion d’hydrogène a été encore plus forte et peut-être d’une autre nature, ce qui s’est passé demande particulièrement a être clarifié.

      1. Il y a confusion sur le mot fusion qui pourrait être remplacé par fonte.
        Fusion nucléaire n’a rien à voir avec fission.
        N’hésitez pas à me corriger si j’ai énoncé une grosse connerie.

      2. Arnold Gundersen a exprimé l’hypothèse que l’explosion violente qui a eu lien au réacteur 3 était due à la piscine de combustible usagé, non au réacteur lui-même. Voir la vidéo « Gundersen Postulates Unit 3 Explosion May Have Been Prompt Criticality in Fuel Pool » sur la page http://www.fairewinds.com/updates .
        Si tel est bien le cas, les récents communiqués de TEPCO (hier 19 mai, voir ici: http://www3.nhk.or.jp/daily/english/19_23.html ) faisant état de « grandes difficultés » due aux radiations trop fortes pour injecter de l’azote dans le réacteur 3, peuvent être interprété comme une tentative de préparation de l’opinion à une nouvelle explosion dont ils jugent la probabilité suffisament élevé pour agir ainsi. Dans le cas contraire, je doute franchement qu’ils auraient communiqué la moindre information de ce type, cherchant à éviter autant que possible tout aveu d’impuissance.

      3. @Piotr
        Le terme « Fusion » en physique désigne le passage de l’état solide à l’état liquide sous l’action de la chaleur. C’est bien le terme scientifique approprié pour parler de « fonte ».
        La « Fusion nucléaire » est le processus de fusion de plusieurs noyaux atomiques pour en former de plus gros. C’est la réaction qui a lieu au coeur des étoiles, et lors de l’explosion d’une bombe thermonucléaire à hydrogène.
        A ne pas confondre effectivement avec la « Fission », qui désigne la désintégration d’un noyau atomique en éléments plus petits. C’est le processus « utilisé » dans les centrales nucléaires.
        Il n’y a donc pas d’erreur lorsqu’on parle de « fusion » (tant qu’on n’ajoute pas « nucléaire ») du combustible sous l’effet de la « fission ». C’est vrai que les gens confondent souvent les deux, parlant de risque de fusion nucléaire, comme si le site de Fukushima pouvait se transformer en gigantesque bombe H !

      4. Cette confusion possible rappelle aussi celle qu’il peut y avoir entre métal fondu et métal en fusion comme on n’a pu le voir dans les décombres longtemps après le 11 septembre.

  9. Fukushima – Hiroshima : Un carnet de route dans un Japon qui doute
    Ce qui devait arriver Areva…
    De belles émissions radiophoniques à écouter ici.

    A lire également: Marcoule, Fukushima-sur-Rhône? dans le dernier CQFD.

  10. François Leclerc : je suis surpris que vous vous laissiez polluer par la propagande nucléocrate à propos du marché des centrales nucléaires ! Car la réalité est fort différente. La lecture du site de l’excellente association Global Chance et notamment de son dernier cahier publié en avril et intitulé « Nucléaire : le déclin de l’empire français » vous en fera la démonstration.

    1. Bonjour Didier,

      Pourquoi François Leclerc devrait-il se laisser polluer par les Nucléophobes? Le genre d’article que vous nous mettez en lien n’est convaincant que pour ceux qui sont déjà convaincus. Par exemple dès l’introduction cet article prétend qu’il n’y a que deux chantiers EPR (ce qui est déjà pas mal) niant complètement ceux de Chine:

      http://marches.lefigaro.fr/news/societes.html?&ID_NEWS=191089715

      Je suppose que vous allez me répondre, mais moi je ne le pourrais pas car je fais un voyage, ma réponse sera possible Mardi.

      Bien cordialement

      1. Rutily, j’espère que vous passez un bon voyage ?

        Global Chance n’ignore pas la commande en Chine ! Voir l’article « Une présence internationale forte mais fragilisée ».

      2. En rester à la commande alors que le chantier est en cours c’est là le problème.
        Pour le voyage je vous remercie, oui j’ai passé un très bon voyage.

    2. Je crains le malentendu ! Décrire les industriels du nucléaire se préparant à de « prometteurs marchés » (mes termes) ne signifie pas les approuver.

  11. oups, parti tout seul : depuis hier les journauxx nationaux et mêem france inter ont repris le fait que le coeur du N°1 et même des 2 et 3 sont en fusion, mais cela est dit comme une anecdote, noyé au milieu du discours.
    lionle

    1. Bonne gestion de la com !
      D’ailleurs qu’est ce que celà change au fond ?
      Que le circuit fermé toujours à réaliser soit fait sur l’enceinte de confinement et pas sur la cuve ?
      Ce qui n’aurait même pas été remarqué si l’on avait procédé au « cercueil liquide ».

    1. Ce qui n’est rien par rapport aux dégats causés dans le pays (je ne parle que de Fukushima, pas du séisme ni du tsunami). Cette catastrophe coute beaucoup plus chère aux japonais qu’aux actionnaires de Tepco. Ce chiffre en est presque cynique.

  12. Entendu à France Info ce jour :

    1) Le PDG de TEPCO vient de démissionner
    2) 4 réacteurs de Fukushima vont être arrêtés
    3) La politique énergétique globale du Japon serait en voie d’être entièrement repensée en regard de ce qui vient d’arriver

    Espérons que du bon en ressortira.

  13. Révélations, tsunami et nucléaire :
    Les autorités Japonaises aux coeurs de scandales
    Le Chugoku Shimbun qui est le plus grand quotidien japonais (tirage 8 millions d’exemplaires) et de nombreux médias Japonais, dont le Japan to day viennent de divulguer le vendredi 20 mai 2011 une information plus qu’incroyable qui a eu de lourdes conséquences sanitaires sur la population, notamment celle résidant dans la préfecture de Fukushima. A la une : La cellule de crise Gouvernementale n’était pas informée (ignorait tout) des données des radiations et de la contamination issues de la dispersion des particules de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
    Cette information tardive, difficilement imaginable a été faite ce vendredi lors d’une conférence de presse du secrétaire général du cabinet d’Yukio Edano nous apprend l’Agence de Presse Kyodo News. Le japon qui est à la pointe mondiale des technologies possède un système d’alerte de sûreté nucléaire sophistiqué et performant piloté par ordinateur appelé SPEEDI. Mais c’est seulement le 12 mars que les bureaux du Premier Ministre Naoto Kan ont reçu un . . . FAX d’alerte avec les estimations des taux des radiations issus de la dispersion des matières radioactives (particules).

    Néanmoins « la totale » étant que le fonctionnaire de service dans le bureau n’a pas compris l’importance de l’alerte et a pris sur lui de ne pas répercuter cette information très tardive et capitale au Premier Ministre Naoto Kan.

    il aurait été tout à fait possible que le Tsunami ne fasse aucun mort et non pas des dizaines des milliers de morts et disparus, mais seulement de gros dégâts matériels, si seulement l’alerte générale avait été donnée à temps, cela était tout à fait possible, il y avait même une marge confortable. Il faut savoir que dans certaines zones il n’y a même pas eu d’alerte, voire au dernier moment, donc trop tard.

    Source : http://www.cartoradiations.fr/

    1. Je ne comprends pas où, comment, et pourquoi, vous mixez l’alerte de Fukushima et l’alerte au Tsunami.

  14. Bonsoir à tous
    – Le corps des Mines, état dans l’état a pour mission d’assurer à tout prix l’indépendance énergétique de la France : cf émission de D. Mermet

    Selon le Telegraph, la chine a fait le choix du développement de la filière thorium > les EPR français vont avoir du mal à se placer: déclin de l’empire nuke
    Aujourd’hui Wen Jiabao a lancé une alerte sur les effets indésirables du barrage des trois gorges: cela est interprété comme une attaque contre le lobby hydroélectrique chinois.

    Un couple d’amis a été fortement dissuadé par leur réseau d’amis japonais de se rendre au japon en ce moment au prétexte que tout va bien plus mal que ce qui est dit. Pour ma part, les questions que j’ai posé à certains clients japonais du sud m’ont valu des réponses très « pensées publiques » ura, et pas du tout privées – omote.

    Cordialement

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