PARA QUE VIVA ESPAÑA ; CONDITION FINANCIÈRE DE LA DÉMOCRATIE RÉELLE, par Pierre Sarton du Jonchay

23 mai 2011 par Julien Alexandre | Print PARA QUE VIVA ESPAÑA ; CONDITION FINANCIÈRE DE LA DÉMOCRATIE RÉELLE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Démocratie réelle

Les Espagnols s’indignent. L’Espagne, c’est du lourd. La deuxième guerre mondiale a commencé entre espagnols en 1936 ; par la guerre entre communistes et fascistes, républicains et démocrates, anarchistes et monarchistes, régionalistes et internationalistes. Les Espagnols posent les débats de fonds. Quel régime politique exprime l’aspiration humaine à la justice ? Quel régime économique produit des richesses pour tous les citoyens ? Quel régime de pensée et de discours rend-il à l’homme sa dignité ?

Les manifestants de la Puerta del Sol formulent un message limpide. Ils ne vivent pas pour l’argent. La démocratie n’est pas l’application de la loi de l’argent. Leur valeur morale n’est pas mesurée par l’argent. Ils veulent que leur travail soit le moyen de vivre dignement. Que la démocratie soit réelle ; qu’elle soit la discussion d’une société réelle et vraie ; que son gouvernement soit motivé par le bien commun ; que le citoyen soit personnellement représenté dans les institutions. Les Espagnols n’ont pas peur des moulins à vent de la Manche ; ils veulent simplement mettre le monde sur ses pieds.

Le nouveau « nouveau monde » de la Puerta del Sol met la société humaine à la tête. La morale du bien commun est au service de la personne. La démocratie discute du bien commun au service de la dignité personnelle. Et l’argent compte le prix des biens au service de l’homme. L’argent est au service de la démocratie. L’argent compte la chose publique inscrite dans les limites du monde réel. La Puerta del Sol contredit le monde qui marche sur la tête. Elle contredit le pouvoir de l’argent qui fixe à l’homme des limites arbitraires pour piétiner la réalité du monde, pour en épuiser les ressources au profit d’individus tout puissants.

Le manifeste de la Puerta del Sol étant proclamé, il faut qu’il s’applique concrètement, qu’il devienne un programme d’action politique. L’objectif est de remettre l’argent sous la démocratie. Le programme est de réduire la barbarie financière. Comme le monde est unifié, il faut soit le convertir intégralement et immédiatement à sa nouveauté humaine, soit séparer l’ancien monde du nouveau monde. Si la liberté des barbares est nuisible, la dictature du bien risque d’être pire. Le régime de la liberté ne peut pas exclure la liberté de se détruire.

Transparence financière

Pour opérer la séparation entre la barbarie financière et la civilisation, il faut un critère d’intelligence visible de la spéculation prédatrice. Cela signifie en Espagne et dans les autres démocraties un nouveau régime de droit par lequel, le « système » actuel soit déclaré en faillite financière dans un autre système qui le contienne. La démocratie renouvelée doit pouvoir se financer avec de la vraie monnaie qui ne puisse pas être confondue avec la fausse monnaie de l’ancien système.

Dans le nouveau système, ce qui s’échange doit avoir un prix conforme à la valeur que l’homme se donne dans la loi qui dit le bien commun. Pour que le prix du bien commun ne soit pas confondu avec le prix de la cupidité politique et financière, il est impératif d’utiliser des monnaies différentes. Il est impératif qu’un vrai bien soit régler par une créance de bien vérifiée par la démocratie. Et qu’un vrai bien dont le prix est contextualisé dans la barbarie financière soit convertible en prix vérifiable par la démocratie.

Pratiquement, répondre aux Espagnols indignés, c’est fermer les frontières financières de la démocratie à la barbarie. Les banques sises sur le territoire espagnol ne doivent plus effectuer aucun règlement en euro sans passer une provision sur l’indignité humaine de la transaction sous-jacente. Tous les contrats financiers issus de l’ancien régime politique et financier sont potentiellement iniques. Négociés en effet dans l’asymétrie d’information sur les risques encourus par les parties.

Tout Espagnol en situation sociale et économique délicate est déclaré virtuellement lésé par ses créanciers domestiques et étrangers. Cette déclaration s’applique aux dettes et créances de l’État et des services publics. Le financement de la démocratie réelle impose de distinguer la production publique de services, l’évaluation économique de ces services et le jugement de justice entre les citoyens et les pouvoirs publics. La démocratie réelle est en soi une règle et une organisation financières.

Faillite systémique

L’obligation faite aux banques espagnoles de mesurer le prix du crédit selon le bien commun les met immédiatement en faillite. Mais en faillite vis-à-vis des banques domiciliées hors d’Espagne dans la loi du profit maximal. La mise en faillite extérieure de l’Espagne marque la mise en faillite de la ploutocratie mondiale dans la nouvelle démocratie espagnole. Cette rupture est nécessaire pour refonder les rapports de solidarité entre les Espagnols. Elle est d’autant moins lourde à porter que les autres démocraties sont appelées à se financer réciproquement par la réalisation effective du bien commun.

S’il n’est d’obligation humaine que de droit réel, la fiscalité et le prix doivent servir le vivre ensemble et non rémunérer la prédation financière. Les prix dans un régime financier de démocratie réelle ne doivent pas pouvoir varier en dehors du droit objectivement vérifiable ; vérifiable par des biens et services réels. Tous les éléments du prix d’un objet comptant, d’un investissement ou d’un crédit doivent pouvoir être accessibles au jugement du pouvoir judiciaire. Tout prix non explicable, et par le droit et par une réalité visible, doit être présumé illicite par la règle financière. La banque qui effectue le règlement du prix entre un acheteur et un vendeur sans connaître le contrat qui les lie est réputée responsable du préjudice de désinformation potentiellement subi par les parties ou par la société civile.

La juridicisation des paiements dans l’espace démocratique de l’Espagne implique la perte du capital actuel des banques de droit espagnol. La comptabilisation des contrats financiers à leur valeur réelle prudente de droit implique la perte de tous les fonds propres bancaires représentant des non-valeurs. L’État devient garant par le budget et la justice des dettes bancaires dans l’attente de la reconstitution de leur capital. Il contrôle intégralement les directions bancaires. Les emprunts extérieurs du système financier espagnol deviennent immédiatement renégociables.

La négociation s’établit sur une évaluation concertée de l’effort réel que les parties peuvent fournir. L’Espagne doit alors vendre ses actifs à l’étranger. Cela signifie qu’il n’est plus possible à un Espagnol d’être propriétaire de quoique ce soit à l’étranger en vertu du droit et de la puissance publique de son pays. A l’inverse, aucun non-Espagnol ne peut s’approprier un objet en Espagne en dehors du principe d’égalité réelle devant la loi nationale espagnole. Tout contrat en euro ou en devise domicilier en Espagne est converti en peseta, unité de compte de la démocratie espagnole en Espagne. L’euro qui n’est pas contrôlé par la démocratie n’est plus la monnaie de l’Espagne.

Monnaie de démocratie

La peseta est de nouveau émise par la Banque Centrale d’Espagne sous le contrôle juridique du bien commun espagnol. La peseta est inconvertible en monnaie étrangère. Les importations sont payées en exportations ou en ventes d’actifs espagnols. Le pouvoir d’achat distribué aux Espagnols en peseta est de 20 ou 30 % inférieur à celui antérieurement distribué en euro. Mais les Espagnols de toute condition économique unis par la même démocratie partagent la dépréciation de leur monnaie. Dépréciation qui reflète ce qu’ils n’ont jamais produit.

L’inconvertibilité de la peseta oblige les banques espagnoles à n’emprunter sur l’étranger que la contrevaleur des ventes réelles anticipées de bien et services à l’étranger. L’unité de compte du crédit qui produit la liquidité monétaire se mesure en salaire à verser au travail qui transforme la valeur. L’unité de compte économique des Espagnols n’est plus abstraitement définie mais représente le travail qu’il faut acheter aux citoyens pour produire les biens qu’ils demandent par l’échange. Tous les salaires distribués aux Espagnols sont le crédit alloué au travail comme mesure et rémunération financières de ce qu’ils produisent effectivement.

La nouvelle démocratie espagnole a pour principe de ne pas demander ce qu’elle ne s’offre pas. Elle produit par elle-même tout ce qu’elle achète à elle-même ou aux étrangers. Elle s’organise donc pour identifier tous ses besoins et valoriser toutes ses compétences disponibles à servir ses besoins. Elle investit dans ses capacités humaines de production et n’emprunte en création monétaire que ce qu’elle sera capable de produire par son travail et l’accroissement de son capital d’humanité. Elle répartit les revenus et les financements selon les services réellement rendus ou promis.

Les banques espagnoles nationalisées sont restructurées en banques d’investissement, banques de crédit et de dépôt et banques de marché. Les banques de marché reçoivent la mission fondamentale de connaître et protéger les droits des citoyens ; de veiller à la couverture du risque d’injustice des prix financiers ; d’évaluer la conformité au droit de toutes les transactions financières. Les banques d’investissement achètent et vendent les primes de crédit, les primes d’investissement et les primes de justice. Elles règlent les préjudices de marché arbitrables par le juge

Les primes d’option financière de la démocratie garantissent la bonne fin en droit de toutes les transactions. Les banques de dépôt et de crédit établissent le prix de la liquidité. La liquidité résulte de la compensation financière effective de tous les droits échus de dépense et d’épargne. L’épargne est exclusivement la dépense différée d’un bien effectivement produit ; d’un bien effectivement prêté pendant la durée d’épargne de la valeur du travail qui l’a produit.

Capital de réalité humaine

Le nouveau système bancaire espagnol est l’agent financier de la démocratie. Il adosse tous les prix financiers à des biens réels visibles ; des biens dicibles en droit discuté par les citoyens. Un bien répond à un besoin exprimé et investi par le travail. Le capital mutualise le risque d’investissement dans les incertitudes de la valeur réelle du futur. La rente disparaît, des ploutocrates investis dans la spéculation sur l’opacité entretenue de la valeur. Les détenteurs du capital financier ne peuvent plus échapper à leur obligation de bien commun à garantir la livraison réelle de biens au prix de l’égalité de droit à la dignité.

La séparation du pouvoir de liquidité du prix, du pouvoir d’anticiper la réalité de la valeur par le crédit et du pouvoir d’assurer la contre-réalité du prix engagé en droit est la condition d’existence de la démocratie. La démocratie uniquement posée sur la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire est juste une essence. Sans la séparation financière, elle ne peut pas exister dans la réalité concrète de tous les citoyens.

Le pouvoir de la finance est totalitaire qui n’est pas décomposable par la démocratie. La ploutocratie met la démocratie en coupe réglée en achetant la Loi, en dirigeant son exécution et en se soustrayant à la justice par l’opacité financière. Le pouvoir politique espagnol comme celui de toutes les autres démocraties formelles ne peut pas être réellement démocratique sans décomposer le pouvoir financier par la loi du marché transparent. Sans distinguer la négociation du prix, l’anticipation de la valeur et la garantie du réel.

Le gouvernement de la démocratie ne peut pas non plus exister sans financement libéré de la barbarie financière internationale ; sans se rendre indépendant de l’anarchie juridique au-delà de ses frontières. Pour que l’Espagne continue de commercer en tant que démocratie avec le monde qui choisit la barbarie, il faut qu’elle puisse soumettre les investisseurs et les produits étrangers à son droit et qu’elle établisse l’égalité de négociation financière entre l’État et le citoyen. Ces deux nécessités de la démocratie réelle impliquent une seconde monnaie distincte de la peseta.

Il faut que le crédit démocratique de l’État de droit puisse être évalué sans que varie la valeur de l’unité de compte des transactions entre citoyens. Il faut pouvoir convertir les prix de la démocratie en prix de la barbarie sans les mélanger. L’unité de compte objective de la conversion doit être soumise à l’État de droit ; mais sans représenter la valeur négociable sur un territoire particulier soumise à l’autorité d’un droit national unique.

Monnaie principale de démocratie

Pour que la démocratie existe réellement, elle doit avoir une double représentation monétaire. La monnaie nationale représente la réalisation démocratique de la valeur dans son périmètre de souveraineté particulier. La monnaie internationale représente l’évaluation du principe hors de la souveraineté sur le réel national et entre des formulations nationales du principe commun de la démocratie. Le gouvernement national de la démocratie définit, exécute et juge le droit qui détermine la valeur de la monnaie nationale. Sans une monnaie internationale de démocratie, le citoyen n’a pas d’indépendance à évaluer son gouvernement.

Dans la crise des subprimes, la finance offshore (shadow banking) a acheté la responsabilité démocratique des gouvernements. L’indistinction financière entre le risque, le crédit et la réalité abolit la réalité de la démocratie. Les principes de la démocratie financière nationale sont exactement applicables à la monnaie internationale de démocratie. Le pouvoir financier est séparé en intermédiation de l’investissement, intermédiation du crédit, et intermédiation du prix.

La solidarité internationale des démocraties implique que l’unité de compte monétaire change avec la nationalité du référentiel juridique de bien commun. La séparation bancaire des pouvoirs en monnaie internationale permet la vérification de la justice du prix en monnaie domestique. L’indépendance internationale du crédit et de l’investissement du risque de crédit finance l’indépendance du juge national. L’autonomie internationale du prix du crédit est vérifiable par le juge national indépendant du pouvoir exécutif et législatif. L’autonomie de jugement internationale est régulée par la loi nationale opposable aux étrangers comme aux résidents.

Pour que la monnaie principale de démocratie reflète l’engagement à l’égalité universelle des droits dans n’importe quel système national, elle doit être comptabilisée dans des institutions financières qui lui soient exclusivement dédiées. La prime de change en monnaie principale de démocratie garantit la parité à terme de la monnaie nationale. La prime de crédit international garantit la solvabilité du gouvernement et des services publics. La prime de capital international garantit la justesse du prix du capital investi par les étrangers dans le bien commun domestique national.

Réduire la ploutocratie

Les indignés de la Puerta del Sol de Madrid ont déclaré le 15 mai dernier la nullité démocratique du système politique espagnol, européen et occidental. Ils appellent l’Europe et le monde à prononcer l’indignité de la ploutocratie. Pour passer d’un acte formel de démocratie à une réalité humaine, il faut réconcilier le principe démocratique de la dignité humaine avec la réalité économique. L’outil de cette réconciliation est la finance de la monnaie régulée par l’égalité des droits contrôlable par le citoyen libre de sa nationalité.

Depuis le 15 mai 2011, l’Union Européenne est en faillite financière et politique. Les plans de redressement financier imposés à la Grèce, à l’Irlande, au Portugal et implicitement aux autres démocraties européennes en surendettement sont iniques. Économiquement irrationnels, politiquement suicidaires et parfaitement contraire à l’équilibre financier entre créanciers et débiteurs. Le Parlement Européen est de fait depuis le 15 mai une assemblée européenne constituante.

Ou bien il prononce la déchéance de la ploutocratie et engage avec le Conseil et la Commission Européens l’instauration d’un ordre financier démocratique. Ou bien les citoyens ordinaires devront s’insurger pour construire la démocratie réelle en Europe. Ou mal la ploutocratie mondialisée renverra les Européens et les Américains à leur servage d’origine.

Les indignés de la Puerta del Sol réclament la seule restructuration financière digne de ce nom : la réalisation de la démocratie. Les monnaies nationales régulées par l’étalon international d’égalité des droits entre les hommes sont le seul moyen d’équilibre durable des échanges de solidarité humaine dans les limites objectives de la planète terrestre. L’homme ne se réduit pas à la monnaie. Sa dignité implique qu’il réduise la monnaie par la démocratie.

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48 commentaires

  1. Gladiador

    Merci Pierre Sarton du Jonchay pour ce beau billet!

  2. anita

    Je suis d’accord Pierre Sarton du Jonchay. Il ne faut pas confondre la course électorale avec un réveil citoyen. Face à un monde où la finance, mère de la crise, nous globalise les recettes de “servitude volontaire” n’épargnent pas les urnes. Et pourtant tout cela c’est une question philo et Monsieur tout le Monde (et non seulement espagnole).
    Je pense que les nouvelles idées et attitudes sont celles qui pousseront aux gens à s’unir et à trouver un intérêt commun valable pour tous. L’économie, qui devrait être la servante de la politique, a pris le monde. Il faut que la personne soit au centre, et que l’économie réelle (non financière ou spéculative) retrouve la place.

  3. dissy

    Quelques news de ce lundi en Europe:

    Sans fédéralisme, la contrainte extérieure reste active pour les pays de la zone euro ; quelles conséquences ?

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=58266

    Krugman contre l’austérité à la Trichet.
    http://www.nytimes.com/2011/05/23/opinion/23krugman.html?_r=3&hp

    La Belgique suit l’Italie.
    La perspective à long terme, elle, reste à AA+, a annoncé l’agence FITCH lundi. Cette dernière s’inquiète particulièrement de la persistance de la crise institutionnelle en Belgique. « Sans accord politique sur une réforme institutionnelle, il sera difficile de parvenir à un budget en équilibre, tel que prévu dans le pacte de stabilité », explique Fitch dans un communiqué. En décembre dernier, Standard & Poor’s avait tenu le même raisonnement.

    http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2011-05-23/fitch-revoit-a-negative-la-perspective-belge-841731.php

    S&P envisage de baisser la note de Dexia.

    http://www.lesoir.be/actualite/economie/2011-05-23/sp-envisage-de-baisser-la-note-de-dexia-841739.php

    • bertrand

      Etes vous réellement persuadés que l’eurogroupe va laisser la grêce faire défaut pour une dette de 300 Md€ et ainsi catapulter toutes les économies de l’europe dans la tourmente ?
      L’eurogroupe ira même si nécessaire jusque solder lui même la totalité de la dette grecque et l’éffacer.

      • Cécile

        à Bertrand
        Si l »Eurogroupe continue, à se laisser jouer l’économie de ses états membres les uns contre les autres, je ne vois pas trop d’intérêt à solder la dette d’un état-membre, je verrais mieux de solder de cette politique économique absurde …

  4. ULTEC

    Merci Pierre S du Jonchay pour ce texte qui oriente mon regard vers un horizon utopique, utopie au sens d’une puissance mobilisatrice, d’un élan. Les vents contraires sont très très puissants. L’utopie doit l’être aussi. A quelle aune mesure t-on une utopie, voilà la question qui me vient juste après la lecture de ce beau texte.

    • Cécile

      Moi aussi j’ai beaucoup aimé l’esprit du texte, après je ne suis pas sûre de bien comprendre les propositions de sa mise en pratique, …
      (c’est pourquoi, je lis les commentaires ….

  5. Papimam

    « Les importations sont payées en exportations ou en ventes d’actifs espagnols. Le pouvoir d’achat distribué aux Espagnols en peseta est de 20 ou 30 % inférieur à celui antérieurement distribué en euro ».
    Pour ce qu’il en est de la restauration les espagnols profiterons encore d’un excellent rapport qualité/prix je suppose.
    Des amis et proches revenus très récemment d’un séjour touristique en Espagne (mais hors des lieux touristiques) me relataient les coûts attractifs de la restauration :
    . le demi de bière : 1,15 euro à Madrid, 0,75 dans un village
    . repas riche dans un resto confortable de Madrid : moins de 15 euros, dans un resto d’une ville moyenne du sud : < 10 euros.
    . Tout compris : apéro, boissons, entrée/plat/dessert et tapas.
    Je n'en croyais pas mes oreilles mais ils m'ont confirmé mordicus.

    • Cécile

      Deux anglais m’ont dit avoir du payer 5€ le bière dans un bar à Aix en Provence
      (ils trouvaient que la vie en France, était very expensive …
      et moi, et moi, à Aix en Provence, je dirais que la bière tourne entre les 3 ou 4€, …
      et que 5€, effectivement c’était very very expensive …

  6. domini CB

    On est mesquin, on coupe les éclairages à la Puerta del Sol, na :
    http://www.ustream.tv/channel/motionlook
    … . à moins que cela ne soit qu’une coïncidence

  7. dissy

    Des détails de Belgique sur l’annonce de FITCH:

    http://www.lecho.be/actualite/economie_-_politique_economie/Nouvelle_menace_sur_la_note_de_la_dette_publique_belge.9061740-3261.art?ckc=1

    Et …ryanair qui décide de clouer au sol 80 de ses avions cet hiver prochain.On semble peu optimiste du coté de la compagnie sur l’évolution de l’économie en Europe et le prix du pétrole.

    http://www.abtn.co.uk/news/2315820-ryanair-ground-80-aircraft-winter

  8. Marc Riva

    Bonsoir Pierre et merci pour ce billet.

    « Ou bien il prononce la déchéance de la ploutocratie et engage avec le Conseil et la Commission Européens l’instauration d’un ordre financier démocratique. Ou bien les citoyens ordinaires devront s’insurger pour construire la démocratie réelle en Europe. »

    Ce que vous venez d’écrire n’est pas une utopie, mais du bon sens. Ce qui est une utopie est de croire que cela sera mis en place avec les politiques qui sont en place que ce soit dans les états européens ou à Bruxelles car auquel cas, cela serait déjà fait et les populations ne seraient pas aujourd’hui dans les rues.

    Prononcer la déchéance de la ploutocratie n’est pas suffisant, à moins d’en purger l’humanité en la privant au moins de ses moyens, ses membres conserverons leur pouvoir de nuisance.

    « Ou mal la ploutocratie mondialisée renverra les Européens et les Américains à leur servage d’origine. »

    Je pense aussi comme vous que c’est maintenant ou dans un avenir proche, après ce sera trop tard.

    « 

    • Cécile

      Je suis top d’accord avec l’esprit de cette proclamation, mais je n’arrive pas à complètement comprendre la mise en oeuvre pratique ….
      (et depuis le temps qu’on nous ballade, et les sociaux démocrates, et les écolos bobos label « peint en vert », j’aime bien comprendre à quelle sauce …..

      • @Cecile,
        Le problème auquel nous sommes confrontés vient de loin. Précisément des hypothèses fondatrices du libéralisme politique posées au XVIIIème siècle qui vont laisser libre cours au laisser faire économique au XIXème et à la spéculation financière mondialisée au XXème. Le rejet de l’absolutisme monarchique introduit la nécessité d’une délibération publique et ouverte du bien commun. Le parlementarisme devient puissant en Europe occidentale dès le XVIIIème ; il suscite une classe d’intellectuels qui va grossir et se ranger à l’idée que le bien commun n’est pas une finalité mais une formalité. Marx va dénoncer cette idéologie comme celle de la bourgeoisie attachée à la démocratie formelle pour ne pas avoir à réaliser la démocratie dont la finalité est de servir un bien vraiment commun intégrant toutes les catégories sociales.

        L’idéologie de la démocratie formelle pose la primauté des formes sur la matérialité et la finalité. Ce qui compte n’est ni ce dont on délibère, ni pour qui, ni pour quoi on délibère, mais bien qu’on délibère. Ainsi le bien être matériel général n’est pas la finalité de la démocratie libérale ; la démocratie est réduite à des institutions. Cette interprétation du libéralisme politique pose l’économie libertaire du laisser faire. La forme politique ne produit pas de règle économique. Comme l’économie est la réalisation matérielle de la politique, si la politique n’exprime aucune finalité alors l’économie est libre de toute finalité.

        Le libéralisme économique qui prend son essor dans la deuxième moitié du XIXème est l’idéologie de la finalité économique non discutable. C’est à dire de la finalité exclusivement privée de toute activité économique. La science économique pose la rationalité en soi de l’activité économique : la loi du marché est mécanique et ne nécessite aucun choix humain ni moins encore de règle d’arbitrage entre des intérêts qui ne peuvent pas être antagoniques. L’ordre de l’économie est réputé détachable de l’ordre de la politique.

        Jusque dans les années 1970, les États nation sont des réalités économiques capables de faire contrepoids au rationalisme économique totalitaire. Le libéralisme économique est équilibré par la politique des nations. Mais la deuxième guerre mondiale pose les conditions de l’effondrement systémique du XXIème siècle. L’idéologie du libéralisme économique au-dessus de la liberté politique triomphe avec les États-Unis. Elle s’impose dans le monde entier avec le dollar qui est l’étalon de compte universel de toute valeur produite par l’homme dans le champ international. La mondialisation économique et financière impose la subordination des États de droit aux intérêts particuliers exprimés en dollar.

        Le dollar est une unité de compte exclusivement privée. Le capital du système fédéral de réserve est détenu par des intérêts privés. Les décisions de la Fed ne peuvent pas être censurées ni par le pouvoir législatif, ni par l’exécutif. La politique monétaire des Etats-Unis s’impose de fait comme politique monétaire mondiale ; personne ne peut la discuter en dehors du conseil du Federal Reserve System. Les critères retenus de conformité au bien commun de l’émission monétaire en dollar sont connus des seuls membres de ce conseil. Il n’existe aucune délibération publique du bien commun compté en monnaie étatsunienne.

        C’est par ce vide ontologique que l’effondrement financier général se produit actuellement. Les subprimes ont été une spéculation massive sur l’absence de limites publiquement délibérées à l’endettement privé. Les États ont repris à leur compte la dette non remboursable pour éviter l’écroulement de la pyramide. Moyennant quoi, les Etats ont révélé qu’il n’existait pas non plus de limites d’endettement public. Les limites du crédit public ne sont plus délibérées à l’intérieur des États ni entre les États. Le shadow banking qui est le système financier hors du contrôle juridique des États se met donc à spéculer massivement contre les dettes publiques pour compenser les pertes qu’il va subir dans les espaces réglementés.

        La liquidité bancaire ne vient que des banques centrales agissant sous la loi. Il est donc impératif d’acheter de la dette publique au-delà du raisonnable pour l’échanger contre de la monnaie centrale. Les États et les banques se savent en faillite : ils savent qu’il n’est plus possible de dire que les dettes sont remboursables car manifestement disproportionnées à l’économie réelle, l’économie des gens qui travaillent et entreprennent effectivement pour donner une contre-réalité à la mesure financière de la valeur. Comme les banques ont une appréciation globale de leur solvabilité, non limitée par des visions nationales comme les États, et comme elles disposent de la libre domiciliation de leurs capitaux, elles placent leurs liquidités dans les États qui leur promettent l’immunité juridique et le maximum de rendement à court terme. Les salaires doivent baisser ; la protection du travail et de l’entreprise doit être abaissée.

        La béance ontologique du système est l’inexistence du bien commun au-dessus de sa délibération. Le libéralisme politique en déduit que la démocratie n’est que formelle. Et le néo-libéralisme en déduit que la démocratie est inutile puisque l’économie a sa propre rationalité qui n’inclut aucune humanité discutable. États et finance essaient de gagner du temps en démantelant la démocratie politique pour palier l’inexistence de la démocratie économique. Mais la démarche est purement incantatoire sans autre effet que de dissimuler une réalité qui s’effondre sur elle-même.

        La seule alternative au suicide de l’économisme libertaire est bien la démocratie réelle : la délibération effective du bien commun qui transforme la matérialité par la discussion des finalités humaines. Il est ici fondamental que nous disposions de l’internet. L’échange de paroles sur l’internet subvertit les cadres idéologiques établis, au-dessus des frontières politiques et des réalités économiques. Mais pour que la discussion libre des finalités et des concepts transforme la réalité matérielle des hommes vivants, il faut s’emparer de la réalité hors de la négation néo-libérale de la démocratie. La réalité de cette négation, c’est l’anarchie de la monnaie émise hors de tout contrôle républicain du bien commun.

        Pour remettre la monnaie sous le contrôle de la république discutée par la démocratie, il faut rétablir des frontières financières. Il faut construire une différence entre la monnaie produite sous le contrôle de la loi commune vérifiable par les institutions de la démocratie et la monnaie produite dans la négation ploutocratique du bien commun. Cette différence est simplement l’inconvertibilité juridique des monnaies non régulées en monnaies régulées par la démocratie. Cette différenciation est opératoire en interdisant aux banques soumises à la loi de la démocratie d’utiliser une monnaie dont les contrats sous-jacents ne soient pas vérifiables par le juge.

        Pour rejeter la barbarie financière hors de l’économie de la démocratie tout en conservant des délibérations nationales et multinationales de la loi du bien commun, Keynes avait proposé une chambre de compensation internationale des engagements juridiques. Compensation qui doit contenir une vérification du droit, une mise en équivalence des prix entre objets juridiques et monnaies différents et enfin un rachat intégral du risque d’injustice et de non réalisation des promesses formulées en crédit. Le risque financier de justice est la réparation en monnaie que peut prononcer un juge indépendant à une transaction non conforme à la loi quelconque d’une démocratie nationale ou multinationale.

        Le risque financier de justice crée l’équilibre financier du crédit : un crédit est injuste en démocratie quand il est consenti en asymétrie d’information entre le prêteur et l’emprunteur. La démocratie est un système financièrement supérieur à la ploutocratie de l’économisme libertarien. La démocratie financière produit du capital par la finalité. Elle repose sur la responsabilité personnelle définie et protégée par la société d’égalité de droit. La ploutocratie fondée sur l’individualisme privatise les finalités. Elle fonctionne sur le servage ; sur la dissimulation au travail des finalités contenues dans le capital qui reste concentré entre quelques mains. Sans la discussion libre des finalités, les travailleurs et les entrepreneurs désertent le marché. Le citoyen ne peut plus capitaliser l’entreprise du bien commun par son travail ; il disparaît ou devient prédateur.

        Le mouvement de la Plaza del Sol est capital pour sauver l’économie humaine par la démocratie. Il vise à extraire la discussion politique de la ploutocratie, à restaurer un bien commun au-dessus de l’argent. Pour ramener les responsables politiques à la démocratie, il faut les convaincre que la vraie source du capital et du crédit est le travail du citoyen. Que la liquidité monétaire est mieux fondée sur la loi délibérée et jugée dans la démocratie que simulée à partir des paradis fiscaux. Que la monnaie est un prix négocié dans une loi commune et pas une spéculation opaque sur la réalité désincarnée.

  9. Très bien votre billet!
    Il faudrait le reprendre point par point et pouvoir expérimenter ce canevas. Mais ce serait long à faire ici.
    Votre billet semble aller dans le sens formulé, déjà, au tout début des années 20 par le major Clifford Hughs Douglas, ingénieur et économiste britannique, il fut sa carrière durant directeur d’industries et de travaux-publics en divers endroits du monde. Grand praticien du terrain très réel des réalités économique, il constata que les revenus des producteurs (notamment les salaires) ne pouvaient jamais acheter, et de loin, toute la production, qui est la production de ces mêmes producteurs. Ce qui lui fit faire des investigations approfondies auprès d’un échantillon d’une centaine d’entreprises. Ceci déboucha sur des découvertes expérimentales, et non pas théoriques, pouvant permettre de garantir le pouvoir d’achat des producteurs et de la société en général.

    On peut voir: http://credit-social.over-blog.com/article-24610541.html

    Sur ces bases-là, il formula donc des propositions de Démocratie Économique au gouvernement britannique (d’ailleurs, le tout premier livre de Douglas eut pour titre: Economic Democracy). Mais le gouvernement britannique refusa, influencé qu’il était (et est) par les grandes banques de la City, et de divers relais dont J. M. Keynes, le grand et célèbre économiste théoricien lié à la City. Ce dernier minora les trouvailles de Douglas; et il fut complaisamment répandu que les propositions de Douglas étaient erronnées et inapplicables… Alors que, si on les regarde de près, les propositions techniques de Douglas sont valides. Mais elles vont dans le sens opposé à la barbarie financière… Les « compétences » de cette barbarie ne peuvent le supporter… Car ce sont des propositions expérimentales et structurées dans la stricte réalité économique productive des biens industriels, elles vont dans le sens strict de la Démocratie Économique garantissant un vrai pouvoir d’achat à tous les membres de la société. La société productrice représentée se verrait confier, bien sûr par compétences interposées, une organisation financière publique (banque centrale ou office de création monétaire) au service prioritaire du pays et non au service prioritaire des banques commerciales comme à présent, ayant l’exclusivité de la création monétaire du pays ou de l’espace économique en question. Les banques devenant les « canalisations » de la monnaie émise par le seul office monétaire. Ces mêmes banques fonctionneraient alors avec une couverture monétaire à 100%-monnaie, elles ne prêteraient que l’argent de leurs déposants. Ainsi les banques feraient enfin leur vrai métier de gardiennage et de fructification de l’épargne et ne pratiqueraient plus leur « sacro-sainte » politique du crédit avec ce droit indu leur permettant, à elles banques privées, de créer la monnaie. Toute la société est confrontée à cette pratique autorisée aux banques privées de créer la monnaie avec les résultats si nocifs qu’on sait et qu’on ne supporte plus. Les banques n’exerceraient plus ainsi leur barbarie par l’instrument de leur politique du crédit au service du casino mondial pour une économie stérile et nocive, pour le seul enrichissement d’une petite coterie dont nous voyons, au fil du temps, les effets dévastateurs et calamiteux. Un scandale sans pareil.

    Les Espagnols semblent avoir compris.

    Pourvu que l’attitude espagnole ne soit pas récupérée! Pourvu que la lucidité l’emporte, car les enjeux sont ici d’une importance sans doute décisive.

    Oui ¡ Viva España !

    • lorimiera

      Et voilà! Un autre Réal Caouette…
      André Lorimier
      Deux-Montagnes Québec

      • Rumbo

        La réforme proposée par Douglas est tout sauf de la politique, du politique. C’est une technique financière située en amont du politique. Je ne suis pas canadien, mais Réal Caouette, qui tomba il y a longtemps aux oubliettes, ajouta à la confusion et prostitua bien davantage le projet non politique de Démocratie Économique (alias Crédit Social) qu’il ne lui rendit service. Le politique divise les citoyens et la société, tandis que la Démocratie Économique unifie la société et les citoyens sur des thèmes communs à tous, très concrets, de première urgence comme le sont les questions socio-économiques et monétaires, réelles et opérantes, qui nous concernent tous au delà des couleurs politiques, lesquelles ne font que leurrer et détourner les sociétés de l’essentiel.
        Le cas espagnol parle de lui-même. Que les Espagnols, ni personne, n’aient jamais de « Caouette », ce serait le « meilleur » et le plus « sûr » moyen de retourner à la barbarie économique et financière.

  10. Steve

    Bonjour à tous

    Voici un billet repris chez Zero Hedge:
    Paul Craig Roberts: « The west prides itself that it is the standard for the world, that it is a democracy. But nowehere do you see democratic outcomes: not in Greece, not in Ireland, not in the UK, not here, the outcomes are always to punish the innocent and reward the guilty. And that’s what the Greeks are in the streets, protesting. We see this all over the west. There is no democracy, there are oligarchies, some of these smaller European countries are not even run by their own governments, they are run by Wall Street… There is probably more democracy in China than there is in the west. Revolution is the only answer… We are confronted with a curious situation. Throughout the west we think we have democracy, we hold ourselves up high, we demonize China, we talk about the mafia state of Russia, we talk about the Arabs and so on, but where is the democracy here? »

    Cordialement

    • Cécile

      Attention avec Paul Craig Roberts, notre cher modérateur n’apprécie pas toujours la traduction…

      • Julien Alexandre

        Tout le monde n’est pas fan du paléoconservatisme. Surtout celui d’un fêlé comme Roberts !

      • vigneron

        @julien

        Typiquement le genre de maître à « penser » pour Mike cela dit…

        Extrait de la page Wiki de ce résidus de fausse couche :

        Au début des années 1980, il est sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan, et se fait connaître comme l’un des pères fondateurs de la Reaganomics, notamment par sa contribution à la réforme du « Tax Act » de 1981.
        Le ministre français de l’économie et des finances, Édouard Balladur, reconnaissant ses compétences, lui décerne la Légion d’honneur en mars 1987 pour son « renouvellement de la science économique et politique après un demi-siècle d’interventionnisme ». Sa participation à la campagne de lutte contre la drogue aux États-Unis est par ailleurs remarquée.
        Roberts est membre du Cato Institute et de l’Hoover Institution. Dans les années 1980-90, il enseigne l’économie politique au Center for Strategic and International Studies.
        Il a été rédacteur et chroniqueur de divers journaux, notamment The Wall Street Journal et BusinessWeek, et il est l’auteur de huit ouvrages, portant notamment sur le marxisme ou le libéralisme.
        En politique extérieure, ses convictions sont à l’opposé de celles des néoconservateurs. Il s’est montré favorable aux thèses de conspiration interne à propos des attentats du 11 septembre 2001, a marqué son opposition à la guerre en Irak, et a appelé les élus du Congrès à voter la mise en accusation de George W. Bush. Il est également très critique envers la politique américaine vis-à-vis de l’Iran.
        Il collabore aujourd’hui à des publications paléoconservatrices telles que The American Conservative, Chronicles Magazine, CounterPunch, ou encore VDARE.

        Wiki de son église de jobards paléoconservateurs ultra droitistes de chez ultra droitistes, que les néo-cons bushistes c’est des agneaux de dieu à coté :

        Le paléo-conservatisme est un terme de la politique intérieure des États-Unis d’Amérique désignant les partisans d’une ligne conservatrice traditionnelle axée autour du protectionnisme économique, de l’anti-communisme, de l’isolationnisme, d’une interprétation stricte du fédéralisme et des valeurs familiales traditionnelles.
        Bien que le paléo-conservatisme ne soit pas une idéologie, les paléo-conservateurs se situent généralement à droite du spectre électoral américain et ont exercé pendant longtemps une forte influence au sein du parti républicain en concurrence avec les conservateurs fiscaux et les conservateurs sociaux avant d’être également concurrencés par la droite religieuse et les néo-conservateurs.
        Les paléo-conservateurs se distinguent notamment des néo-conservateurs sur des thèmes comme l’immigration, la discrimination positive, l’implication des États-Unis à l’étranger et la sécurité sociale ou la sociale démocratie qu’ils rejettent en bloc. Ils défendent la singularité de l’identité américaine.

        Personnalités paléo-conservatrices :

        Pat Buchanan
        James Burnham
        Henry Ford
        Russell Kirk
        Charles Lindbergh
        Thomas Molnar
        Robert Nisbet
        Robert Taft
        Paul Craig Roberts
        Virginia Abernethy1
        Robert Novak
        Justin Raimondo
        Larry McDonald
        Chuck Baldwin
        Ron Paul

        Organisations paléo-conservatrices :

        Ligue du Sud
        John Birch Society
        The American Conservative
        Chronicles

        Alors comme ça Julien tu laisses citer ces mecs là ici ? ;)

      • Julien Alexandre

        Oui, pour mise en garde sur certaines des sources de Zerohedge par exemple, qui bénéficie d’une certaine aura aujourd’hui, et qui ouvre pourtant ses colonnes à des personnages peu recommandables.

      • vigneron

        Ouais enfin Steve, pas Mike. Les prénoms et moi … En plus ricains…

      • vigneron

        Zerohedge ! Tu l’as dit ! Bien un an que je m’y salis plus la rétine. Très très nauséeux le repaire…

  11. Alain V

    Comme prévu, la finance s’attaque à l’Italie. Mettons fin à ce jeu malsain.
    Agir : Soutenons les Indignés près de chez nous
    http://lesindignes.over-blog.com/ext/http://reelledemocratie.com/

  12. Pierre, nous sommes fiers de vous ! Dans sa tombe, Keynes soupire d’aise.

  13. Pierre-Yves D.

    Pierre Sarton du Jonchay,

    Quel plus bel hommage à la théorie que les travaux pratiques !
    J’espère que ce billet magnifique sera traduit dans la langue de Cervantès.

  14. ecolomie

    merci de ce magnifique texte.j’aimerais tellement que vous compreniez ce mal être qui existe et qui grandi en Espagne et que peu de français perçoivent.Les espagnols ont eu l’impression de s’être fait avoir , oups pardon ce n’est pas qu’une impression…L’espagne est tel le mirage dans le désert .Nous sommes des millions a avoir cru à cette oasis d’abondance à cette opulence.On a tous cru que l’on gagnerait beaucoup d’argent en construisant à tout-va même parfois là ou on ne devait et ne pouvait , et de n’importe qu’elle manière ( d’après pourquoi 60% des immeubles sont inhabitables dans la ville de llorca touché par le séisme) sans règles , ni goûts …On a juste oublié qu’effectivement notre valeur ne se mesurer pas au montant de notre compte en banque ou à la quantité de chevaux sous le capot ou quand bien même aux nombres de chambres dans notre villa….J’ai vécu cette frénésie d’achat ou même les plus sages des agriculteurs se sont transformés en véritable requin de la finance , ou le plus doux des fonctionnaires et devenu le plus impitoyable des négociateurs immobiliers ….J’avais dit et crier tout haut à mes amis espagnols  » vous avez peut être gagné des milliards , mais vous avez perdu votre âme et votre joie de vivre qui faisait de ce beau pays , le plus beau pays du monde « . regardez ce que sont devenus les côtes espagnoles, les villes , les régions se sont prostituer et ont mis le maximum de tours pour venir aguicher le touriste …Tout ce patrimoine historique détruit pour contenter le touriste de passage avide de bière de serviette de bains et parasol…Tout ceci n’avait pas de sens …
    Comme je suis heureux que l’espagne , surtout les jeunes et les chömeurs se réveillent et mettent fin à se cauchemar qui n’a que trop duré..Mais combien de temps cela va durer , et vont-ils être capable d’aller jusqu’au bout en sachant ce que cela va coûter à leu pays ….!!! esperamos , esperamos ….

  15. Au sud de nulle part

    Monsieur, vous ne comprenez rien. Si les riches sont riches c’est parce qu’ils le méritent. Le reste de l’humanité n’est que ramassis de feignants et d’assistés incapables de prendre leurs destins en main dont les manifestants de la Puerta del Sol ne sont rien d’autre que l’éminente représentation. Amen.

    Excusez mon emportement : j’étais sur le site du Figaro il y a encore quelques instants.

    • Julien Alexandre

      Tout le monde sait qu’il ne faut lire que les pages internationales du Figaro. Faites attention !

    • JIEL

      Une délégation du Parti de Gauche est sur place à Madrid, Puerta del sol :
      … »Il y a même un point presse appelé « Espace des mensonges » mit à disposition les journaux du jour… »

    • Papimam

      Demandez donc à un de ces érudits bien pensants et souvent arrogants du Figaro de mettre réellement la main à la pâte et dans le cambouis.
      Pour connaître des espagnols travailleurs, altruistes, volontaires je vous assure qu’ils ont un potentiel énorme de capacité de production ……et de consommation aussi.
      Il s’agit juste de les canaliser, organiser, dans l’intérêt des citoyens et non du profit facile et à court terme.
      Au pire : la plupart sont aptes à édifier leurs maisons de leurs propres mains et de cultiver leur terre pour leurs besoins ce qui n’est pas le cas de biens d’autres européens trop plongés dans le tertiaire et dans des métiers parfaitement improductifs à effets de manches (pas de pelles).
      J’avais besoin de réagir, je me sens mieux à présent

    • Marc Riva

      Bonsoir au sud de nulle part.

      Vous avez raison, la richesse à moins que vous la trouviez dans le berceau cela se mérite. Qoique on peut aussi jouer à l’euromillion auquel cas le « mérite » n’est pas bien grand mais on ne fait de mal à personne. Je ne pense pas que vous soyez conscient de l’étendue des saloperies dont certains sont capables pour après tout finir par être les plus riches du cimetière, à moins que vous soyez l’un d’entre eux.

      Dieu est peut être avec vous, il paraît qu’il n’aime que les vainqueurs.

  16. tchoo

    Révolution citoyenne
    Création d’une constituante
    mise en place du tirage au sort pour nommer nos représentant
    si tous les peuples veulent la même chose
    il reste à nous donner la main

  17. Vincent

    Bonjour, si l’Espagne abandonne la fausse monnaie de l’ancien système et en crée une nouvelle, conforme à la dignité humaine : comment payer les importations ? en particulier l’essence ?

    Car les Américains ne seront pas d’accord avec cette monnaie nouvelle, et toutes les importations de pétrole se payent en dollars. Il faudra exporter plus qu’on importe, ce n’est pas gagné.

    • @Vincent,
      Dans le monde réel les importations se paient en exportations ou en services produits chez soi où chez les autres. Dans le monde réel, le crédit anticipe ce qu’un débiteur est capable de rembourser par les biens et services qu’il produira. Le dollar est mort car émis en fonction du déficit budgétaire et du déficit des paiements courants mais non en fonction des services réels rendus par les Etats-Unis au reste du monde. Dès que la vraie monnaie de la démocratie aura remplacé la fausse monnaie de la ploutocratie, le commerce international se fera dans la nouvelle monnaie. Parce qu’une monnaie adossée à des dettes réellement engagées par des débiteurs et garanties par des investisseurs représente une réserve de valeur sûre.

      Si l’Union Européenne se convertit à la démocratie financière en émettant la nouvelle monnaie internationale, le citoyen contribuable étatsunien se rendra très vite compte que la cotation du dollar dans un système d’égalité internationale des droits est la meilleure manière de mesurer la vraie solvabilité de l’Etat étatsunien et du système bancaire étatsunien. La parité internationale du dollar retrouvera sa vraie valeur qui permettra le retour du plein emploi aux Etats-Unis et la fin du pillage de Wall Street sur l’économie étatsunienne.

  18. Piotr

    Ou l’on s’aperçoit que PSDJ s’exprimant dans sa langue maternelle est un grand romantique.

  19. juan23

    Merci Pierre Sarton du Jonchay pour votre excellent article,
    Y que viva España!

  20. merci pour ce billet sa correspond bien à la trilogie underground
    Underground révélations

    Revoltons nous chapt1 Souls in pain

    Revoltons nous chapter 2 proletariat indignez

    et n’oubliez pas le group facebook
    REELLE DEMOCRATIE MAINTENANT

  21. Vendez! Vendez!!!

    http://www.youtube.com/watch?v=XFJbDdVBa2o&feature=youtu.be

    Des pauvres qui frappent des pauvres. A votre avis qui tient réellement la matraque ?

  22. […] qui ne remplit pas les exigences démocratiques, qui tue, asservit, déshumanise. On ne peut soumettre le capitalisme à la démocratie, car l’existence de l’un exclut celle de l’autre. Soumettre le capitalisme à la […]

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