DES PROMESSES N’ENGAGEANT QUE CEUX À QUI ELLES SONT FAITES, par François Leclerc

7 juillet 2011 par François Leclerc | Print DES PROMESSES N’ENGAGEANT QUE CEUX À QUI ELLES SONT FAITES, par François Leclerc

Billet invité.

La catastrophe rampante de Fukushima a désormais acquis dans les esprits un statut équivalent à celui de Tchernobyl, il y a vingt-cinq ans. Bien que son scénario soit différent, et que le pire ait été miraculeusement évité dans les tous premiers jours, ce nouveau désastre suscite désormais une profonde réticence à l’égard de l’électro-nucléaire, en dépit de la résilience d’un complexe industriel nucléaire installé au cœur du pouvoir politique.

Mais Fukushima n’a pas fini de dispenser ses leçons, bien que disparu de l’actualité. En premier lieu, parce que Tepco, son opérateur, n’est toujours pas parvenu à reprendre en main la situation à la centrale, qui reste profondément instable et incertaine. En second, parce que les conséquences de la catastrophe se sont désormais propagées sur quatre échelles.

D’abord celle de la centrale elle-même, toujours sous soins palliatifs improvisés, aux installations dévastées et fragilisées, dont le coeur de trois coeurs de réacteurs a fait fusion et où sont stockés dans des conditions précaires d’importantes quantités de combustible. Résultat des attentions dont elle est entourée, Fukushima Daiichi a subi une sorte de mutation, devenue bouilloire a produire non plus de l’électricité mais des masses d’eau hautement contaminée. Sans visibilité sur la poursuite des opérations, de dangereux rebondissements sont toujours à redouter.

Ensuite celle de la région et de la ville de Fukushima, où les 300.000 habitants qui n’ont pas été évacués (80.000 habitants dans un rayon limité de 20 kms autour de la centrale l’ont été) découvrent les servitudes de la vie sous la menace rampante d’une contamination radioactive insidieuse parce qu’invisible, dont les mesures officielles sont sujettes à caution, faisant face aux dissimulations des autorités censées les protéger et leur porter assistance. Soupçon et inquiétude minent de manière permanente la population et impriment leur marque à la vie de centaines de milliers de japonais, qui craignent d’être dans l’avenir considérés comme des parias. Le dos au mur, les autorités ne peuvent se résoudre à ordonner de nouvelles mesures d’évacuation, qui prendraient la forme d’une exode.

Pour ne donner que deux exemples, l’accès aux égouts de la ville de Fukushima a dû être condamné, à la suite de relevés de la contamination des eaux usées, le revêtement des sols des cours d’école a dû être remplacé, les bâtiments scolaires nettoyés au jet d’eau à haute pression.

En troisième lieu, celle du pays tout entier, qui doit déjà faire face aux terribles conséquences du tsunami qui a ravagé des régions côtières entières et fait de leurs habitants des déplacés devenus des assistés ayant tout perdu, maison et travail, y compris les repères de leur vie. 23.000 morts et disparus sont enregistrés. Mais les conséquences de Fukushima vont bien au-delà de la bonne exécution de l’immense chantier de la reconstruction et mettent en question l’avenir du pays dans son ensemble, bouleversant son équation énergétique et impliquant sans attendre une diminution forcée de sa consommation et une reconversion ultérieure de sa production.

Dans l’immédiat, le gouvernement et les autorités régionales cherchent à autoriser la remise en route de nombreuses centrales mises à l’arrêt, et vont utiliser le classique simulacre des stress tests pour en justifier la décision auprès d’une opinion publique désormais sur le qui-vive. Seuls 19 réacteurs sur 54 fonctionnent actuellement, alors que l’apport du nucléaire est de 30% de la consommation.

Déjà atteinte par une brutale désorganisation, l’industrie japonaise doit faire face à d’importantes restrictions de sa consommation énergétique. Les tâches de la reconstruction, dont on attend un coup de fouet améliorant un PIB très malmené et diminuant les recettes fiscales d’un Etat très endetté, sont menacées d’un fort ralentissement. Le Japon va le premier expérimenter une reconversion forcée et rapide de son modèle de consommation de l’énergie, dans des conditions d’improvisation forcée, le parc de ses centrales nucléaires ayant révélé son extrême fragilité insoupçonnée. Le complexe électro-nucléaire est désormais sur la défensive, son premier opérateur sous perfusion financière de l’Etat, ses organismes de contrôle et de surveillance critiqués pour leur connivence institutionnelle.

Enfin, la catastrophe de Fukushima a eu un retentissement mondial, au moment même où l’industrie nucléaire se préparait à rebondir après une période de vaches maigres. La première page de cette nouvelle histoire a été écrite par le gouvernement allemand, qu’il serait injuste de créditer d’une décision prise à contre-coeur, le mouvement anti-nucléaire allemand qui n’a jamais cessé de manifester sa massive opposition pouvant à juste titre la revendiquer. L’arrêt progressif de la production d’électricité d’origine nucléaire a été décidée en Allemagne, créant un fait accompli devant lequel tous les autres gouvernements occidentaux ont été placés, les mettant en porte-à-faux.

Des stress tests du parc nucléaire européen ont été décidés dans l’urgence, à des fins de propagande, donnant lieu à de sévères passes d’armes avec les représentants des Allemands et des Autrichiens en raison de leur méthodologie arrangeante. La répétition dans différents domaines – l’assurance, la banque et maintenant l’électro-nucléaire – du même tour de passe-passe n’étant pas assurée de continuer à produire la même illusion au sein d’une opinion publique de plus en plus incrédule.

Sans vouloir abusivement solliciter la comparaison qui s’impose entre la crise financière mondiale et la catastrophe de Fukushima, et les remises en cause qu’elles induisent, une constatation peut être faite. Deux secteurs dominants d’activité sont en crise, marqués par le même culte d’une opacité omniprésente ainsi qu’une étroite interpénétration entre les intérêts privés et l’appareil d’Etat public. Parties prenantes de ce que l’on peut appeler un système oligarchique mondial, la finance et l’électro-nucléaire ont dévoilé une partie de leurs mystères et exhibé leurs grandes capacités de nuisance, bien que louangées pour des bienfaits qu’il n’était pas permis de contester.

Ce système oligarchique, auquel appartiennent également les grandes compagnies transnationales, n’a bien entendu pas l’intention d’abdiquer. Porteur d’illusions pendant des décennies – et de mérites réservés à une élite restreinte – il est désormais à la recherche de nouveaux points d’appui. Il est arrivé à un point où il peine à reprendre pied…

La chronique de la catastrophe de Fukushima va s’arrêter, et avec elles ses mises à jour, longtemps quotidiennes si ce n’est plus. De nouvelles interventions pouvant survenir si les événements l’imposent. La démonstration a en effet été largement faite que, même si beaucoup ont redouté une réédition stricto sensu de Tchernobyl qui n’a pas eu lieu, ce à quoi nous avons assisté illustre avec grande éloquence une vérité toute simple : l’industrie électro-nucléaire est condamnée en raison des risques non maîtrisables qu’elle fait courir et qui resteront toujours imprévisibles. Le zéro risque est une nécessité, mais il n’est pas envisageable. Quand la situation dérape, la rétablir n’est jamais garanti.

Ceux qui veulent continuer à faire prendre ce risque sont au mieux des inconscients.

Elle est également sans avenir parce qu’elle correspond à un modèle économique qui a fait son temps – tout comme le système qui l’a représenté triomphant – car il épuise les ressources de la planète et en perturbe les grands équilibres, et n’est pas à ce titre reproductible à son échelle toute entière. Ayant à son actif d’avoir créé de profonds déséquilibres et inégalités sociales, et comme seule promesse de les accentuer.

Nous avons le bénéfice immense d’être les spectateurs d’une fin de règne, même si celle-ci est appelée à encore durer. Heureusement sans doute, car cela va nous laisser le temps de nous habituer à penser autrement, à briser le carcan de normes d’une grande indigence et de conservatismes rétrogrades. Au nom d’un réalisme qui désormais nous appartient.

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39 commentaires

  1. Charles A.

    Pourquoi la crise frappe l’Union européenne davantage que les Etats-Unis
    Par Eric Toussaint

    http://www.cadtm.org/Pourquoi-la-crise-frappe-l-Union

  2. TARATATA

    J’espère ne pas faire partie des  » spectateurs d’une fin de règne  » . Chacun peut déjà manifester , non pas son indignation mais sa rage et agir aussi ( je pense à ces quelques milliers de gens qui se battent en ce moment au Val Susa afin d’empêcher le percement d’un tunnel de 50 kms destiné au passage d’un TGV………. ) A part ça très bon article , comme d’habitude . Merci .

  3. trugarez

    «  » Nous avons le bénéfice immense d’être les spectateurs d’une fin de règne «  » :
    une fin de règne qui va durer avec de probables nouveaux drames ? , les règnants s’ingéniant à prolonger ce règne à coups de palliatifs à chaque fois plus lourds de menaces , nucléaires ou financières .

  4. Gilù

    On avait des cellules psychologiques, maintenant, nous avons des stress-tests. Novlangue orwellienne.

  5. Omar Yagoubi

    Merci pour ce brillant article. Nous sommes effectivement les acteurs privilégiés de cette fin de règne, et le mot « privilégiés » prend tout son sens..Quoi qu’il en soit, la Nature restera toujours la plus forte. Un simple volcan pertube nos transports, 10 volcans pertuberont nos vies.
    amitiés

  6. PAD

    Que penser des propos de Trichet « oligopole » des agences de notation … Courage ou désespoir ?
    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/07/04016-20110707ARTFIG00578-la-bce-sauve-le-portugal-et-tacle-moody-s.php

  7. cording

    Comme le disait Charles Pasqua les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. Toute la classe dirigeante qu’elle soit politique, économique, sociale et médiatique a pris partie pour le système qui se trouve en crise décisive et mortelle, elle s’acharne à défendre un système moribond. Par paresse intellectuelle et conformisme ils ne peuvent imaginer un autre monde que le leur d’où l’impasse actuelle qui peut durer encore un certain temps. Cela se passe aussi dans tous les autres pays de l’UE, même aux US.

  8. Fredo

    Oui, fin de règne,
    Fin de nombreux règnes…
    Nous avons la chance de vivre une époque charnière pour l’humanité toute entière,
    Mais c’est tellement déprimant de ne pouvoir influencer le cours des evenements !

    Merci Paul
    Merci François
    Merci à tous les autres qui éclairent le débat,

    Finalement notre seul rôle possible à tous n’est-il pas d’éduquer nos concitoyens ?

    • bertrand

      Paul,françois et les autres …………..çà est du cinema alors……..Madame , ben qué!!!!!!!!

  9. babypouf

    Bonsoir,
    votre chronique de la catastrophe s’arrête mais les flux de radioactivité dans la mer et les airs vont se poursuivre pendant des décennies, cela il ne faudra pas l’oublier.
    Je m’interroge sur l’opportunité de m’acheter un compteur geiger, et d’ores et déjà je ne consomme plus du tout de poisson (à l’origine à cause du mercure), n’en doutons pas les élements radioactifs vont voyager tout autour de la terre et se dissoudre peu à peu sur la terre, toute la terre et la mer en premier lieu.

    cordialement

    • François Leclerc

      Les « mises à jour » à propos de la centrale s’arrêtent (quitte à reprendre si nécessaire), mais le sujet s’est élargi.

  10. JAJA

    l’energie nucléaire est tout sauf une énergie de l’avenir.Hubert Reeves.

  11. Dubrunfaut

    Le nucléaire est un investissement à long terme , la finance n’en veux pas; ce n’est possible que
    dans un état totalitaire des investissements pareils , pour une fois que « les marchés nous sauvent » ne boudons pas notre plaisir ; il reste que pour les francais l’engagement de l’état dans les infrastructures diminue à cause des marchés et qu’il va falloir démonter cette filière vieillissante , quel actionnaire irai s’y engager ?

  12. bla

    Puisque cette chronique s’arrête, essayons d’avoir une pensée pour les damnés de l’atome là-bas.
    La presse n’en parle plus mais ils sont toujours sur le terrain à encaisser des doses de radiations. 250mSv, 25 rem pour les anciens …
    Et là où les robots échouent, on envoie des ‘carbon-based bots’ qui, eux, réussissent au péril de leur santé, de leur vie.

  13. Reiichido

    Bon article, mais un peu manichéen de mon point de vue. Il est trop facile d’expliquer par une volonté tierce (le lobby nucléaire) ce qui relève d’une multitude de facteurs qui peuvent être subjectifs en partie, et donc avec lesquels on est pas forcément d’accord.

    Vous pensez: le danger est trop grand, donc si certains pensent développer le nucléaire, c’est qu’ils ont un intérêt particulier.

    Mais il y a peut-être une autre raison: que la balance coût/bénéfice est en fait plus ambiguë que ce que vous voulez bien penser.

    Que penser de la Chine, dont Paul a loué la prudence concernant les produits financiers, qui est très investie dans les énergies renouvelables, mais qui va développer le nucléaire ? Que penser des Emirats Arabes Unis qui veulent s’engager dans la voie du nucléaire alors qu’ils ont encore du pétrole à foison, et du potentiel solaire n’en parlons pas ? que penser du fait que la plupart des grands groupes nucléaires ont aussi des billes dans les énergies renouvelables (GE, Mitsubishii, Siemens, AREVA…) ? Si les énergies renouvelables venaient à fleurir il y aurait sans doute de gros bénéfices à se faire, en tout cas sûrement plus que dans le nucléaire…

    D’autre part, vous semblez opposer énergie nucléaire et énergies renouvelables mais je me vois obligé de vous désciller: s’il y a pour l’instant une différence d’odre de grandeur il n’y a pas et hélas, il ne risque pas d’y avoir a court terme de différence de nature.

    Dans les énergies renouvelables il existe des exploitant sans scrupules et des lobbys qui pompent les consommateurs (Voir ici par exemple)
    Pour les énergies renouvelables aussi il y aura du déni de démocratie (Voir ici). D’autre part, j’ai lu quelque part que pour accélerer le développement des renouvelables, le gouvernement Allemand avait décidé de passer outre les protestations locales. Si quelqu’un peut infirmer ou confirmer ce point…
    Bien sûr que les énergies renouvelables font aussi partie du système qui « épuise les ressources de la planète », car leur production comme leur stockage nécessite des matières premières minières et/ou chimiques/ et/ou dangereuses.
    Quand à dire que l’Allemagne s’engage sur un chemin ne comportant aucun risque mondial important, l’avenir seul pourra nous le dire si elle pourra se passer du charbon et du gaz en complément des renouvelables.

    Merci en tout cas pour vos chroniques, que j’ai suivi avec grand intérêt.

    • François Leclerc

      J’aurai pu développer, dans ma note de lecture sur le livre de Corinne Lepage, à popos de son intéressante partie d’analyse économique.

      Que faut-il entrer dans le calcul et comment pour mesurer la rentabilité de l’électro-nucléaire ? Coût de la recherche en aval, du démantèlement et du stockage en amont ? Sur quelles bases ? Qu’est-ce que cela donne à l’arrivée, pour faire des comparaisons avec d’autres énergies ?

      Quelle est la situation financière réelle de ses grands acteurs français ?

      • Reiichido

        Mais vous avez tout à fait raison, les calculs de rentabilité économique sont d’une complexité stupéfiante et donnent donc lieu à moults polémiques.

        On pourrait toutefois se poser les mêmes questions sur les renouvelables alternatives. On donne toujours le coût de production par MWh produit, mais combien faut-il rajouter pour compenser le caractère alternatif:
        – soit en maintenant des facteurs de production (centrale gaz) prêts à produire
        – soit en installant des capacité de renouvelables en excés dans des régions éloignées
        – soit en tenant compte des pertes naturelles des différents moyens de stockage

        Là encore la question se pose mais la réponse anticipée est difficile: seule la réalité est à même de provoquer l’effondrement de la fonction d’onde :)

        Pour le démantèlement, j’ai envie de dire qu’on saura très prochainement si les calculs prévisionnels étaient corrects.

      • Medocain

        La situation financière des grands acteurs elle est là:

        http://www.boursorama.com/cours.phtml?symbole=1rPEDF

        En plus de l’effondrement de l’action EDF ,les émirats du golfe ont, TOUS,revendus leurs certificats Areva lors de la conversion en action…

        Pour EDF,le problème supplémentaire, dont personne ne parle ,y compris Mme Lepage,et pourtant connu de milliers d’ingénieurs et de financiers ,
        c’est que à travers sa filiale British Energy ,achetée à pris d’or à la GB,

        EDF est maintenant propriétaire à 100 % du risque nucléaire civil anglais :16 centrales nucléaires en service, 1 moderne Sizewell (la bien nommée) ,15 obsolètes pour lesquelles il n’existe pas de pièces de rechange,
        le compte exact ,pour ceux qui ont internet ,est vite fait en tapant British Energy sur votre moteur de recherche
        j’ai fait le compte des centrales en service…..
        mais EDF est aussi devenue « propriétaire » de plusieurs centrales nucléaires anglaises arrêtées définitivement qui ne rapportent rien et qu’il faudra démanteler aux frais du contribuable……..FRANCAIS.

  14. HP

    Il existe des modèles de centrales nucléaires sans danger par conception, servant essentiellement à chauffer l’eau ou à la dessaler, ce qui n’est déjà pas mal. Au fond tout est dépend du rendement, les centrales électriques sont dessinées pour un rendement optimal et un risque faible mais non-nul. Moyennant une perte de rendement une centrale peut être conçue auto-stable : en cas de problème elle s’éteint toute seule au lieu de partir en surchauffe.

    Autre sujet
    http://www.zerohedge.com/article/daytraders-account-over-90-volume-price-formation-es-crude-gold-and-silver-futures
    La spéculation très court terme (daytrading et trading haute fréquence) représente + de 90% du volume sur certains marchés selon l’organisme de surveillance des futures http://www.cftc.gov/

  15. Medocain

    M.Leclerc vous arrêtez votre chronique sur ce sujet alors que Fukushima commence à peine pour les Japonais et pour nous par ricochet…

    Le « site » reste en place et bien en place , dans quel état, nul ne sait car quiconque pénétrerait dans l’un des réacteurs (tous en fusion au moins partielle ) serait instantanément foudroyé étant donné le débit de dose.

    Quand la puissance résiduelle de 0,5 % encore à ce jour (soit 12 MW par réacteur) sera tombée on pourra dire que la situation est stabilisée ,pas avant.

    A ce moment là seulement on pourra évaluer le site dans son ensemble:et en plus du combustible irradié 80 tonnes pour les réacteurs 2 et 3 ,40 pour le no1,semble-t-il zéro pour le no 4 il y a le problème énorme ,caché en France ,mais connue grâce à la NRC américaine des piscines combustibles ,situées au dessus des réacteurs et qui se sont effondrées par dessus.
    Il y a d’après la NRC ,environ 100 tonnes par réacteur-en plus- et par dessus..

    Nous en arrivons ainsi au 2ème problème majeur, comme à Tchernobyl:le plutonium, peu dangereux radiologiquement mais terriblement toxique CHIMIQUEMENT,on arrive par calcul à 1à 2 tonnes à Tchernobyl, mais au moins 10 tonnes à Fukushima (beaucoup plus peut-être car Tepco refuse de donner les quantités de combustible Mox ENRICHI 0 3

  16. La question de l’arrêt du nucléaire n’est pas une question technique mais de santé publique et sanitaire.
    Le principe même de la destruction atomique civile ou militaire est destructeur du vivant.
    C’est un danger, une menace, une atteinte permanente à l’équilibre fragile de la vie, à la santé des populations et des travailleurs (cf les nombreuses enquêtes sanitaires à travers le monde autour des centrales nucléaires, il est vrai hormis en France). La durée de vie des radio-éléments instables (donc radioactifs et destructeurs) peut atteindre 100 000 ans et la production nucléaire civile à produit à ce jour en France plus de 1million300 000 nm3 de déchets.
    1- La seule centrale nucléaire propre est celle qui n’est pas construite.
    2- A danger immédiat : arrêt immédiat (pas dans 10 ans, pas dans 20 ans, pas dans 30 ans) soyons cohérent

  17. Medocain

    Il fallait lire ainsi la fin de mon texte:
    combustible MOX enrichi à 3,5 % de Plutonium.

  18. gringoz claude

    Avez remarqué que depuis le début, à propos du nucléaire, les « gens qui savent » nous répètent que malgré les inconnues techniques il faut continuer, que les progrès sont inévitables.
    en gros : Dieu y pourvoira !

    • idle

      « Dieu y pourvoira ! »…Sauf dans ce cas précis…J’ignore qui peut aligner une telle phrase devant l’ampleur d’une telle catastrophe…Sûrement une personne de mauvaise foi!

  19. [...] Via Scoop.it – Environnement par la CFTC HUSLa catastrophe rampante de Fukushima a désormais acquis dans les esprits un statut équivalent à celui de Tchernobyl, il y a vingt-cinq ans. Bien que son scénario soit différent, et que le pire ait été miraculeusement évité dans les tous premiers jours, ce nouveau désastre suscite désormais une profonde réticence à l’égard de l’électro-nucléaire, en dépit de la résilience d’un complexe industriel nucléaire installé au cœur du pouvoir politique…Show original [...]

  20. Henri Jac

    Bonjour et merci de nous avoir tenu éclairés !

    Parmi les leçons de Fukushima, deux ont attiré mon attention :

    – Gestion des sites : il est dangereux de mettre sous la même autorité les responsabilités de rentabilité financière et de sécurité. Les choix tels que les piscines de refroidissement situées au dessus des réacteurs ou maintien de centrales périmées (position des pompes à Dai-ichi comparée à Daiini, matériau pour les cuves …) auraient peut-être été évités.
    Comment concilier cette contrainte avec par exemple le stockage à moyen terme (qq 100 ans) ?

    – Cout du kWh nucléaire : l’éventualité d’autres accidents ne peut être écartée. L’environnement d’exploitation (modèle soviétique à Tchernobyl, américain à Three Miles Island ou japonais à Fukushima) ne montre pas une moindre sensibilité au risque. Même si l’optimisme nous pousse à avoir confiance dans la génération à venir, comment gérer la vétusté de l’existant (épaisseur des dalles, matériau …) ?
    Peut on dès lors échapper dans la détermination du cout réel du kWh nucléaire à la prise en charge des sarcophages et autres expropriations (éventuellement sur plusieurs générations) de Tchernobyl et Fukushima ainsi qu’à une provision pour accident futur ?

    J’ai connu ce blog suite à Fukushima, et je continuerai à le fréquenter pour sa qualité.

    Henri Jac

  21. tchoo

    Le risque zéro n’existant, on nous a déclarer qu’un tsunami ou un tremblement de terre en France de cette ampleur n’était possible.
    La terre à trembler, il y a deux jours au large de la Corse au grand étonnement de tous les spécialistes quand au lieu où cela à eu lieu.

    ils s’imaginaient peut-être tout savoir.

    En réalité cette industrie est dangereuse, non pas par les dégats immédiat qu’elle peut provoquer, mais par l’influence irrémédiable qu’elle peut avoir en cas d’accident sur une large part du territoire, condamnant les humains à fuir en attendant une hypothétique adaption aux radiations mortelles.

  22. Tant mieux si à l’évidence le nucléaire s’en va, mais demeurent les tonnes et les tonnes de déchets, le plutonium… les bombes.

    Un bel héritage pour les générations futures.

  23. schizosophie

    Le confinement médiatique est terrible au Japon. Et réciproquement, les abjectes déclarations du conseiller de la préfecture de Fukushima pour le risque sanitaire radiologique, Shunichi Yamashita, professeur d’Université de Nagasaki sont quasiment ignorées du reste du monde les voici en images sous-titrées et commentées en français.

    Interpellé en marge d’une de ses péroraisons, le 15 juin, une discussion dévoile que la gestion de crise à Fukushima consiste à dissuader d’évacuer : vous pouvez en lire le récit ici

    Nous n’avons hélas pas « le bénéfice immense d’être les spectateurs d’une fin de règne », pour reprendre l’expression de François Leclerc, mais l’inconvénient négligé d’être les agents passifs de sa continuation.

    • idle

      Effectivement on dit : « Je meure d’inquiétude »…Mais on ne dis pas : « Je meure d’insécurité »…En cela, il dit des choses faciles à comprendre…Mais ce qu’il ne dit pas, c’est que l’insécurité est la cause de l’inquiétude…Finalement, comme d’habitude, les effets restent sans causes!!!!!!
      Alors que tout au contraire, les effets sont le résultat des causes me semble-t-il?

  24. quelqu'un

    Tricastin : Areva ne veut pas d’observateurs lors des inspections
    « Nous ne souhaitons pas de tiers durant ces inspections, qui doivent se limiter à une relation contrôleur-contrôlé » a expliqué Frédéric De Agostini vendredi lors de la réunion de la Cligeet à Valence. Le directeur d’Areva Tricastin dit craindre des « dérives ». « L’incendie a été monté en épingle »
    Didier Guillaume, président du conseil général de la Drôme et de la Cligeet, regrette cette fin de non recevoir qui concerne aussi les élus du personnel. L’ASN rappelle qu’elle n’est pas opposée à la présence d’observateurs, mais qu’elle ne peut pas l’imposer à Areva.

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