LES MAÎTRES DU MONDE : À propos de « The network of global corporate control », par S. Vitali, J. B. Glattfelder, S. Battiston

7 septembre 2011 par Paul Jorion | Print LES MAÎTRES DU MONDE : À propos de « The network of global corporate control », par S. Vitali, J. B. Glattfelder, S. Battiston

Hier, à 17h00, Christian nous a signalé un article publié au mois de juillet, en faisant la remarque : « ça peut intéresser quelqu’un peut être. »

L’article, c’est The network of global corporate control, par S. Vitali, J. B. Glattfelder, S. Battiston.

Bénédicte était à la modération et je n’ai pas vu l’article immédiatement. Une fois lu, j’ai écrit ceci : « Oui, ça m’intéresse moi en particulier. L’article montre que le monde appartient à 147 compagnies aux intérêts entremêlés. Oubliez vos discussions sur la démocratie. Ça se passe sous nos yeux, sans le moindre complot. L’article le prouve mathématiquement : la science sert donc à quelque chose. »

La discussion a démarré sur les chapeaux de roue au cours de la nuit et Timiota a entrepris de traduire l’article, il ne manque apparemment qu’un bout.

Vu l’importance de la chose, j’ai pris une décision inédite : faire de toute la discussion jusqu’ici un seul billet à partir duquel la suite de la discussion pourra reprendre.

[For those of you readers more comfortable with English, a parallel discussion is taking place here: MASTERS OF THE UNIVERSE: About "The network of global corporate control", by S. Vitali, J. B. Glattfelder, S. Battiston]

Lisez ce qui suit : ça change tout !

Christian

Bonjour,
ça peut intéresser quelqu’un peut être.
http://arxiv.org/PS_cache/arxiv/pdf/1107/1107.5728v1.pdf

  • Oui, ça m’intéresse moi en particulier. L’article montre que le monde appartient à 147 compagnies aux intérêts entremêlés. Oubliez vos discussions sur la démocratie. Ça se passe sous nos yeux, sans le moindre complot. L’article le prouve mathématiquement : la science sert donc à quelque chose.

    À faire circuler.

    • renou

      Paul, vous m’épatez. Décrypter ce document en 59 minutes… Chapeau!…

    • anita

      Un dollar une voix
      (comme a la Banque Mondiale)

    • Marlowe

      Les 147 compagnies sont en fait des familles réunies par la notion d’intérêt commun.

    • renou

      Paul, « Ça se passe sous nos yeux… »
      Il faut quand même de bons yeux…

    • Tim K

      Le capitalisme est à l’agonie! Mais… des jeunes diplômés du monde entier lui préparent déjà sa transplantation cardiaque!
      On pourrait croire qu’il aura un visage plus humain après l’opération… Voici un site belge francophone illustrant mon propos: http://www.rmes.be/?cat=55

      J’espère juste qu’il n’y aura pas trop d’imprévus sur la table d’opération…

    • Charles A.

      Oui, à faire circuler.
      Paul avait bien repéré l’essentiel: 147 transnationales,
      aux intérêts effectivement entremêlés,
      contrôlent la production de plus de 43000.
      Comme souligné par Paul,
      assez de balivernes sur la démocratie en régime capitaliste.
      Elle reste totalement à conquérir,
      sous les formes qui tiennent compte de toutes les expériences,
      avec leurs points forts et faibles
      (coopérativisme, socialisme, communalisme, fédéralisme, etc)
      La démocratie réelle, c’est cela le dépassement de l’agonie du capitalisme,
      en passant de l’indigation à la révolte, vers les révolutions.

      Autre point: ai lu vite fait et pas trouvé
      à quel appareil d’Etat elles sont le plus lié.
      Suis intéressé par les avis éventuels de mes petits camarades ici…
      C’est important pour informer le débat sur domination de l’Empire (Négri)
      ou conflits inter-impérialistes.

      Enfin, vite fait, je relève que sur les 50 du top,
      la majorité sont des transnationales du secteur financier, avec quelques françaises.
      Vous laisse la surprise, en page 33…

    • simplesanstete

      De la conspiration organique, respirer ensemble, au complot il n’y a qu’une volonté organisationnelle qui manque, pour franchir le pas.

    • karluss

      @ Renou : surtout avec la grippe… ;-)

    • Sakhaline

      Surtout ne pas oublier qu’outre les entreprises qu’elles possèdent, ces transnationales contrôlent également la plupart des états, par amis interposés. Des amis qui ne sauraient rien leur refuser.

  • stef

    Bonsoir,
    Si une âme sensible pouvait traduire (j’ai essaye, mais j’ai pas tout compris!), ou faire un résume….
    Milles merci!

    • timiota

      Le réseau du controle global des grandes sociétés (« corporate »)
      Stefania Vitali, James B. Glattfelder, and Stefano Battiston
      arXiv:1107.5728v1 [q-fin.GN] 28 Jul 2011

      Chair of Systems Design, ETH Zurich, Kreuzplatz 5, 8032 Zurich, Switzerland,

      Résumé : la structure du réseau de contrôle des multinationales affecte la concurrence sur le marché global et la stabilité financière. Jusqu’ici, seuls des échantillons nationaux modiques ont été étudiés, et aucune méthodologie appropriée n’avait été développée pour valider globalement le niveau de contrôle. Nous présentons la première investigation de ‘architecture du réseau international de propriété, accompagné du calcul du niveau de contrôle détenu par chacun des acteurs globaux. Nous trouvons que les multinationales (« transnational corporations ») forment une structure de nœud-papillon géante, et qu’une grande part du contrôle est drainée vers un cœur tissé serré d’institutions financières. Ce cœur peut être vue comme une « super-entité économique » dont l’existence soulève de nouvelles et importantes questions tant pour les chercheurs que pour les organes d’élaboration des politiques (« policy makers »).

      Introduction

      Une intuition courante parmi les universitaires et dans les médias fait se représenter l’économie globale comme dominée par une poignée de multinationales (TNC = Trans National Corp.) puissantes. Toutefois, des chiffres explicites ne sont pas venus confirmer ni infirmer une telle intuition. Une enquête quantitative n’est en rien triviale car les firmes exercent un contrôle sur d’autres firmes via une toile de relation de détentions directe ou indirectes qui s’étend sur de multiples pays. De ce fait émerge le besoin d’une complexe analyse de réseau si l’on veut mettre à découvert la structure de controle et ses implications. Récemment, la littérature universiaire s’est penchée avec une attention croissante sur les réseaux économiques [2] que ce soit les réseaux de commerce [3], de produits [4], de crédit [5,6] de prix sur bourses [7] et de conseil d’administration/ de direction [8,9]. Cette littérature a aussi analysé les réseaux de détention d’actifs[ ] mais a négligé la structure de controle à l’échelle globale. Même la littérature sur la gouvernance d’entreprise globale n’a étudié que des petits groupes d’entrepreneuriat nationaux[12].
      Certes, il est intuitif que chaque grande entité multinationale a une pyramide de filiales sous elle et une palanquée d’actionnaire au dessus d’elle. Toutefois, la théorie économique n’offre pas de modèle qui prédise comment les TNCs se connectent globalement les unes aux autres. Trois hypotheses alternatives peuvent être formulées. Les TNCs peuvent rester isolées, agrégées en coalitions séparées, ou former une composante connectée géante, plausiblement avec une structure coeur-périphérie. Pour l’instant, cette question est demeurée vierge d’enquête, nonobstant ses importantes implications pour la chose politique. Notamment, des relations de détentions mutuelles entre firmes du même secteur peuvent, dans certains cas, mettre en danger la concurrence {{libre et non faussée Note du bloggeur}} sur les marchés [13,14]. Qui plus est, le tissage de liens parmi les institutions financières a été reconnu comme ayant des effets ambigus vis à vis de luer fragilité financière[15,16].
      La vérification du degré auquel ces implications se vérifient dans l’économie globalisée est per se un domaine de recherche inexploré, et est au-delà du but de cet article. Toutefois, un prérequis nécessaire à de telles enquêtes est de mettre à jour la structure du controle des multinationales ou des grandes sociétés à l’échelle mondiale. Ceci n’a jamais été accompli auparavant et est le but du présent travail.

    • timiota

      suite
      Méthodes:

      La détention {d’actif?} se réfère à une personne ou à une firme possédant une autre firme en tout ou partie. Notons W la matrice de détention, où la composante W_ij dans l’intervalle [0,1] est le pourcentage de détention du détenteur (ou actionnaire) i dans la firme j. Ceci correspond à un graphe directement pondéré {les matheux purs corrigeront merci} avec les firmes représentées comme nœuds/sommets et les liens de détention comme arcs/arêtes. Si, à son tour, la firme j détient W_jl parts de la firme l, alors la firme i possède une détention indirecte de la firme l (Fig 1A). Dans le cas le plus simple, cela revient trivialement au produit des parts de détention directe W_ij W_jl. Si nous considérons maintenant la valeur économique v des firmes (p ex les recettes d’exploitation en dollar USD), un montant W_ij v_j est associé à i dans le cas direct et un montant W_ij W_jl v_l dans le cas indirect. Ce calcul peut être étendu à un graphe générique avec des réserves {caveat} importantes à respecter toutefois [17, SI Appendix Secs3.1 3.2].
      Chaque actionnaire a droit a une fraction du surplus d’exploitation de la firme (dividende), et à une voix dans le processus de décision (p ex des droits de votes aux AG des actionnaires). Ainsi, plus grand est la part détenue W_ij dans une firme, plus grand est le degré de contrôle associé sur cette firme, qu’on note C_ij. Intuitivement, le contrôle correspond à des chances de voir son propre intérêt prévaloir dans la stratégie de business de la firme. Le contrôle C_ij est habituellement calculé à partir de la détention avec une simple règle de seuil. L’actionnaire majoritaire a le plein contrôle. Dans l’exemple de la figure 1 C D , ceci donne C_ij =1 v_j dans le cas direct et C_ij C_jl v_l= 0 dans le cas indirect. A titre de test de robustesse, nous avons testé des modules plus précautionneux où les minorités gardent un certain contrôle (voir SI Appendix Sec. 3.1). Par analogie avec la détention, l’extension à un graphe générique est la notion de « controle de réseau » :
      C_i \net = Somme sur j des C_ij v_j + somme sur j des C_ij c_j \net.
      Ceci additionne la valeur contrôlée par i à travers ses parts dans j avec la valeur contrôlée indirectement par le réseau de contrôle j. Ainsi, le contrôle de réseau représente la quantité totale de valeur économique sur laquelle i a une influence (p ex c_i\net =v_j + v_k dans la figure 1D).

      Du fait des liens indiercts, le drainage vers l’amont de plusieurs firme peut avoir pour résultat que certains actionnaires deviennent très puissants. Toutefois, et particulièrement dans les graphes avec multiples cycles, la formulation détaillée ci-dessus de c_i\net sur-estime sévèrement le contrôle assigné aux acteurs dans deux cas : les firmes qui font parties de cycles (ou les structures de participation croisée, échanges d’action), et les actionnaires qui sont en amont de ces structures là. Une illustration du problème sur un réseau simple à titre d’exemple, ainsi que les détails de la méthode, son indiqués enSI Appendix, Secs 3.2 3.4. Une solution partielle pour les petits réseaux est rapportée dans [18]. Des travaux précédents sur les grands réseaux de contrôle ont utilisée une méthode différente de construction du réseau et ont totalement négligé cet aspect [11, SI appendix Secs 2 and 3.5]. Dans cet article, sur la base de [11], nous développons une nouvelle méthodologie pour surmonter ce problème de surestimation du contrôle, qui peut être employée pour calculer la valeur du degré de contrôle au sein de large réseaux.

    • timiota

      Résultats
      Nous commençons par la listes des 43060 TNCs (trans nat corp) identifiées selon la définition de l’OCDE, prélevée à partir d’un échantillon d’environ 30 millions d’acteurs économiques contenus dans la base de donnée Orbis 2007 (voir SI Appendix Sec.2). Nous appliquons alors une recherche récursive (Fig. S1 et Appendix 1), qui, pour la première fois à notre humble connaissance; individualise le réseau de tous les chemins de détentions partant de et allant vers les TNCs (Fig. S2). Le réseau résultant contient 600508 nœuds et 1006987 arcs (liens) de détention (participation).
      Notez que ce jeu de données diffère fondamentalement de ceux analysés dans [11] (qui n’a considéré que les compagnies listées dans des pays séparés et leur actionnaires directs). ICi, nous sommes intéressés par le réseau de participation/détention vraiment global, et plusieurs TNCs ne son pas des compagnies répertoriées (voir aussi SI Appendix Sec.2)

      Topologie du réseau
      Le calcul du degré de contrôle nécessite une analyse préalable de la topologie. En terme de connectivité, le réseau consiste en beaucoup de petites composantes connectées, mais la plus grande (3/4 des nœuds {!}) contient tous les grandes TNCs en termes de valeur économique, totalisant 94,2% des recettes d’exploitations totales (Tbl1). En sus de es statistiques usuelles de réseau, deux propriétés topologiques sont les plus pertinentes pour le point central de ce travail. La première est l’abondance de cycle de longueur 2 (participation croisées) ou plus (Fig. S7 et SI Appendix Sec.7), qui sont des motisf bien étudiés dans la gouvernance d’entreprise (corporate governance)[19]. Une généralisation consiste à considérer une « composante fortement connectée (SCC), c’est à dire un jeu de firmes au sein duquel chaque membre détient directement et/ou indirectement des actions chez tous les autres membres. Ce type de structure, observé jusqu’ici seulement dans de petits échantillons, a pour explication notamment les stratégies anti-OPA-inamicale, la réduction des coûts de transactions, le partage du risque, l’accroissement de la confiance et les groupements d’intérêts {style GIE}. Quelle que soit son origine, toutefois, ce type de structure affaiblit la concurrence sur le marché[13 14]. La second caractéristique est que la plus grande composante connectée ne contient qu’une seule composante fortement connectée (= SCC) (1347 nœuds). Ainsi, comme le web WWW, le réseau TNC a une structure en nœud-papillon[21] (Fig.2a). Ces particularités sont que la composante fortement connectée ou core, est très petite comparée aux autres sections du nœud papillon, et que la partie hors-section est significativement plus grande que la partie en-section avec tubes et excroissances (Fig.2B and Tbl 1). Le core est aussi très densément connecté, avec des membres ayant en moyenne, des liens vers 20 autres membres (Fig 2 CD). LE résultat de tout cela, c’est qu’environ 3/4 de la propriété des firmes du core reste dans les mains des firmes de ce même core. En d’autre termes, ceci est un groupe tissé serré de sociétés qui, ensemble, détiennent une majorité d’action de chacune d’entre elles.
      Notez que l’analyse inter-pays de [11] a pour sa part trouvé que seuls quelques uns des résaux de détentions nationaux sont topologiquement des noeuds papillons, et que, notamment, pour les pays anglo-saxons, les principales composants fortement connectées (SCC) sont grosses en comparées à la taille du réseaux;

      Concentration du Controle
      au suivant

  • Yann Q

    Merci pour ce document très intéressant.

    Ces données illustrent la donnée « non raffinée » selon laquelle les entreprises transnationales (ETN) concentrent 60% du commerce mondial (donnée ocde).

    Elle révèle aussi le potentiel de propagation de règles dédiées aux ovnis juridiques que constituent les ETN. Notamment celles qui consistent à lutter contre l’abus d’autonomie juridique des entitées constituant un groupe qui permet d’éviter la remonté des responsabilités à la tête de groupe.

    Si je peux me permettre de rappeler un récent billet publié sur ce blog présentant le cahier « Réguler les entreprises transnationales, 46 propositions » : http://www.pauljorion.com/blog/?p=27982

  • Tim K

    Dans ce contexte, on peut imaginer que ces transnationales héritent du droit régalien non pas de frapper monnaie, mais au contraire de détruire monnaie.
    Au bout de 5 ans de pressions incommensurables, les Etats pourraient tomber à genoux face à ses transnationales. Entre le désir d’être réélus aux prochaines élections et le réel pouvoir qu’ont les institutions financières à faire la pluie et le beau temps sur l’humeur des gens de par le monde devenus entièrement matérialistes, les élites politiques -quelles qu’elles soient- pourraient laisser tomber l’éponge. C’est-à-dire ne plus être les protecteurs du peuple, si elles ne l’ont jamais été…
    Le but des transnationales ne serait plus alors de faire du bénéfice puisque l’argent serait sous contrôle. L’argent devenant la propriété du réseau transnational. Le but serait seulement de contrôler les gens selon des normes.
    Dans ce contexte, on pourrait imaginer que l’argent se dote d’une nouvelle valeur. Non pas celle du travail accompli ou de la richesse créée, mais celle du contrôle total des transnationales sur la vie des gens.
    Ces derniers qu’on appellera par la même occasion dans quelques années les « transnationaliens nouveaux ». En référence aux « hommes nouveaux » des années soviet’.
    Vous riez? Rira bien qui rira le dernier! Le monde se reconfigure. D’ici 10 ans, voilà ce qui pourrait advenir…
    L’Europe bureaucratique deviendrait l’exemple même d’appareil étatique globalisé. Appareil de gestion sociale et nationale traitant juste de l’économie selon les directives du réseau des transnationales.
    Après la tempête économique dévastatatrice de l’automne 2011, en janvier 2013 précisément, il se murmure que les transnationales auraient proposé aux Etats de remettre les compteurs de la dette à zéro. Les Etats -épuisés par les crises à répétition- acceptent secrètement l’offre.
    A l’époque, on disait que les Transnationales avaient toujours rêvé de s’affranchir de la politique étatique. En janvier 2015, dans certains magazines libertaires, on écrira qu’ils avaient réussi à la phagocyter!
    Mais vite le vent de la tyrannie commence à souffler, les magazines libertaires commencent à se faire plus discret.
    On se souvient qu’en 2011-2012, les armées du monde entier étaient toute sur le pied de guerre, mais qu’elles se rendaient bien compte qu’elles avaient trop à perdre à jouer leur rôle devant l’infinie force de feu disséminée sur le globe tout entier. La guerre mondiale ne devait plus se faire l’ancienne comme celle de 40-45. Le jeu d’alliances qui en découlerait était jugé trop dangereux. Alors, on préférait continuer à piller les plus faibles comme en Lybie.
    L’autre pan militaire existant, pas celui de l’OTAN, lui, devait servir à autre chose:protéger les Etats de leurs propres citoyens devenus insurgés car appauvris de mille façons différentes depuis 2007. Il y avait un accord tacite à ce propos qui se résumait ainsi dès le printemps 2012: « Oui, mon Général, oui mon Président ». Les deux hommes ne s’aimaient pas, mais ils se respectaient pour leur bravoure.
    On se souvient aussi que la Bourse et le Forex étaient devenus eux pendant ce temps-là les vrais champs de bataille. Les actionnaires mourraient les uns après les autres (surtout durant la tempête financière d’automne 2011), les spéculateurs aussi. S’ils ne mourraient, ils avaient la chance de guérir d’avoir voulu toujours gagner plus durant toute leur vie. Les cupides devenaient les grands sages d’un seul coup! Ceux qui le pouvaient encore s’achetaient des lingots d’or en guise de souvenir d’une époque bénie pour le capitalisme
    Entre temps, les altermondialistes trépignaient déjà comme des fous, ils n’attendaient plus qu’une chose: que cet ancien système s’écroule. Selon eux, le capitalisme ne respectait rien, ni les humains ni la nature. Il fallait que qu’il dégage une bonne fois pour toute! En même temps, les PDG des entreprises déjà mises au « vert » (les bons élèves du marketing écologique) eux et leurs managers n’en croyaient pas leurs yeux quant à l’incompétence des politiques à relancer l’économie, ça les agaçait profondément de devoir dégraisser et restructurer sans cesse leurs entreprises et d’un point de vue philanthropique, ils auraient préféré mieux, c’est peu de le dire. Ce sera donc après 5 ans de cris et de douleur atroce, de révolte populaire, de récession, d’inflation, de renvoi d’immigrés et de répression populaire que le beau bébé naitra. Naissance inespérée pour tous les naufragés et presque morts de l’ancien système, ce bébé sera l’Espoir incarné.
    Il sera accueilli dans des larmes de joie. Les peuples chanteront sa naissance. Mais vite, ce nouveau bébé s’avèrera assez capricieux. Il ressemblera comme deux gouttes d’eau à ses parents. Le portrait craché de papa: entrepreneur décidé et charismatique et la sensibilité de maman: « écophile » maternante. C’est drôle à dire, mais déjà embryon, il voulait un « autre monde », un monde plus doux. En grandissant, on se rendra vite compte que cet enfant si prometteur était en fait un nouvelle tyrannie, un hybride « bolchévico-capitaliste bio ». Pour le dire franchement, une dictature des altermondialistes.
    Car les multinationales et les entreprises les plus résistantes avaient résisté à la tempête et là où elles demandaient encore poliment aux consommateurs d’acheter leurs produits par toutes sortes de manipulations marketing, elles avaient vite compris qu’elles pourraient désormais obliger à manger, boire, dormir, penser, baiser, faire du sport, lire, penser à l’environnement en un mot: vivre, selon leur façon de voir les choses. Nous y voilà! L’ordre! Il sera mis en application concrète dès 2017 par la population elle-même car les altermondialistes et les multinationales auront pactisé pour leur meilleur et pour le pire (du courant libertaire). Les firmes, entreprises, multi- et transnationales auront su s’adapter définitivement à la demande forte de nouvelles normes « éthique et responsable pour une symbiose parfaite entre l’homme et la nature ». provenant des altermondialistes depuis des années en premier et acceptée passivement par toutes les personnes sensibilisées à la question environnementale dès leur plus jeune âge. D’ailleurs, à ce propos, l’énorme buzz qu’avait crée le film « Home » de Yann-Arthus Bertrand sera considéré comme l’acte fondateur qui aura « mis sur la bonne voie » des centaines de milliers d’enfants dans le monde. Les bénéfices n’auront plus lieu d’être, c’est la symbiose homme-nature désormais qui obsède! L’écologisme comme seul prisme pour découvrir le monde sera la clé et surtout la clé de la réussite pour les apparatchiks du nouveauSystème Transnational Globalisé et Démocratique. Ces derniers auront enfin pris le droit de traiter les citoyens du monde comme on les a toujours traités. Mal, grossièrement, de façon humiliante et de toutes façons de manière complètement partiale. Ils deviendront les pires éducateurs de normes d’après-demain, ils s’autoproclameront les « garants du bien-être et de la symbiose parfaite avec la nature » et protègeront les gros, les vieux, les laids, les bordéliques, les négligents, les paresseux et les timides d’eux-mêmes. Faut-il encore qu’on sache ce qu’est exactement tout cela… Le droit et la justice auront été sabordé depuis longtemps. Complètement manipulés et travestis par le grand réseau transnational. Les « apparatchi-coatchs » auront toute l’autorité de ce réseau derrière eux pour faire appliquer leur vision du monde.
    Jogging et fitness seront la norme. Cigarettes interdites évidemment. Tout cela sera très bénéfique pour toute personne et pour l’Etat qui aura ,de cette façon, moins de frais de santé à prévoir puisque les gens seront sains. L’argent circulera de façon rapide et efficace grâce à de nouvelles politiques ambitieuses!
    Vêtements, objets, portables, tout sera scrupuleusement distribués selon l’empreinte carbone. L’Objectif parmi les objectifs. Officiellement, personne ne méritera une empreinte carbone plus grande qu’un autre, chacun sera sur un pied d’égalité. Officieusement, seuls les plus dévoués à la cause pourront polluer comme des porcs.
    Manger librement sera un vague souvenir, la composition de notre assiette s’élaborera au plus haut niveau dans les bureaux de l’Europe Incorporation rebaptisée « My Sustainable and Responsible Berlaymont ». Allusion aux deux termes très en vogue avant la naissance du beau bébé: : durabilité et responsabilité Celui qui ne voudra pas manger de cette nourriture ne mangera pas, le « coach-pion » transnationalien pourra se prémunir d’une éventuelle culpabilité en se disant qu’il nourrit ses « enfants ».
    Pour finir, j’aimerais aller au bout des choses car ça ira jusque-là avant que le Système ne s’autodétruise (la Planète aura pris un sacré coup de vieux malgré tout parce que l’hypocrisie du système atteindra des sommets, rien à voir avec aujourd’hui!)
    Surveiller les objets, les meubles, les vêtements, le portable de ton voisin pour voir s’il les a bien entretenus comme ce sera partout prescrit (La propagande affichée partout dira « Prenez soin de vos objets, la planète vous remercie ») relèvera de la survie personnelle.
    Naturellement, Internet, le savoir accessible à tous, vous l’aurez presque oublié, c’était dix fois trop dangereux… La Boétie et les archives de Jorion un vague souvenir, secret Transnationalien oblige!

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300 commentaires

  1. Pour quelques chomeurs de plus....

    Ah excusez moi en lisant Tim K je croyait que j ‘ était sur le site  » l’ arbre des possibles  » de Bernard Werber….

    • liervol

      Génial @, Tim K ajoutez donc à cela un brin d’Eugénisme et vous avez la sauce pour accompagner le plat.

    • @Tim K ;-)

      McGanter prit mes mains entre les siennes. Elles étaient rondes, blanches et grasses :

      – Vous savez, reprit-il, il est exact que j’ai passé la plus grande partie de ma vie à faire du profit, à rechercher de nouveaux marchés, à fabriquer de plus en plus ; mais, depuis quelques années, si je veille toujours à notre cash-flow, c’est avant tout pour que mes actionnaires me fichent la paix, qu’ils soient rassurés, fiers, et qu’ils n’exigent pas de trop forts dividendes ; moi, ce qui m’intéresse maintenant, c’est la puissance.

      – Le pouvoir de l’argent, dis-je.

      – Non, non, pas le pouvoir de l’argent, répliqua McGanter avec vivacité ; si vous saviez la jouissance extrême que me procure cette accusation que le monde porte contre moi : vous avez renversé le régime démocratique chilien! C’est ça le pouvoir, c’est ça, la vraie puissance : créer des crises économiques et monétaires, favoriser l’armement de telle ou telle nation, les lancer ensuite les unes contre les autres, ça c’est un pouvoir que l’argent ne suffit pas à donner! Il y faut une organisation gigantesque, un façonnage des esprits, une mentalité de commando, que dis-je de commando, de croisé, de conquérant! Toutes ces conditions sont aujourd’hui réunies dans Rosserys & Mitchell-International ; nous ne sommes pas loin de dominer le monde ; il n’y a rien de commun entre moi et le pétrolier ou le banquier le plus riche du monde, même si nos intérêts sont évidemment étroitement imbriqués : eux sont puissants parce qu’ils sont riches, moi je suis puissant parce que le profit ne m’intéresse plus, parce que le jour viendra où moi ou mes successeurs nous obligerons les gouvernements à autoriser Rosserys & Mitchell à lever des armées!

      – Lever des armées! m’exclamai-je, incrédule.

      – Eh oui! ça vous étonne? Et pourtant vous verrez. Nos biens seront menacés partout dans le monde, car nous aurons suscité la haine et la jalousie des peuples ; aucun État, pas même l’État américain, n’aura les moyens ni la volonté de défendre ces biens quand ils seront attaqués ; voyez où nous a conduits la guerre du Viêt-nam! Imaginez que partout, en Asie, en Afrique, en Amérique Latine, nos biens soient attaqués, nos influences combattues, nos agents spéciaux assassinés ! Comment voulez-vous que les puissances occidentales, même unies, même coalisées, puissent défendre nos intérêts sur 60 ou 200 champs de bataille du type Viêt-nam ou Angola! Les moyens des Etats sont trop faibles et, de plus, les gouvernements ne seraient pas assez motivés car leurs peuples finiraient par exiger d’eux la paix, le retrait des troupes ; non, les démocraties occidentales sont incapables de nous défendre. Tandis que, si j’organise à l’échelle mondiale les moyens colossaux des trois ou quatre multinationales les plus puissantes, si j’arme des mercenaires sur place, si je fais combattre des Boliviens multinationaux bien payés contre des Boliviens nationaux traqués et squelettiques, si je dresse des régiments indonésiens contre les étudiants et les maquisards de la campagne de Djakarta, alors je gagne, alors je deviens le maître du monde, alors les gouvernements de l’Occident, libérés du souci guerrier, pourront calmer leurs peuples, s’occuper des lois sociales, de l’urbanisme, de la circulation. Thieu est un mauvais exemple au Viêt-nam du Sud : il est soutenu par le gouvernement américain, et, comme nous soutenons le gouvernement, on croit qu’on le soutient. Mais c’est faux. Je vous garantis que, si une coalition de multinationales soutenait Thieu, il aurait gagné, nous aurions gagné depuis longtemps. Simultanément, on aurait soutenu l’expansion chinoise, l’économie soviétique. L’erreur au Viêt-nam, c’est de soutenir Thieu parce qu’il n’est pas communiste ; ces querelles sont dépassées ; le critère du soutien, c’est la concordance des intérêts au service d’une hégémonie d’un type nouveau ; il faut parfois supprimer des régimes anticommunistes et soutenir des régimes communistes ; prenez Castro, je n’ai vraiment rien aujourd’hui contre Castro ; croyez-vous que j’aime la junte chilienne? Ce ne sont pas des criminels, ce sont des idiots ; une coalition de multinationales n’aurait sans doute pas soutenu la junte.

      René-Victor Pilhes, L’imprécateur, Seuil (1974)

      • Il n’y a rien de nouveau regardez les films de James Bond

      • Cécile

        la fiction n’est pas encore connotée (péjorativement ou presque James Bond)
        elle renvoie assez à notre réalité ( suppression de la conscription, développement des entreprises de mercenariat et co )
        nous restons dans la prospective … (parmi la prospective des possibles, ici celle de la dictature écolo du « peint en vert » – un peu comme on put comprendre de la dictature communiste du « peint en rouge » …)

        il n’y a pas de sens unique , de vérité monologique qui traverserait l’espace dans une orientation unique, il y a un sens (à cause du non-sens) pour qu’il reste quelque chose à espérer, à aimer, à créer, à inventer, à enfanter …. (je ne sais pas dire, mais c’est un peu ça, je crois ….)

  2. [...] control”, by S. Vitali, J. B. Glattfelder, S. Battiston September 7th, 2011 by Paul Jorion | A passionate discussion has started on my French blog about the article The network of global corporate control, by S. [...]

  3. morvandiau

    mais alors…MARX avait raison ! concentrations et créations de super-monopoles…exploitations redoublées…, course au taux de profit s’accélérant,…

    zut, je pensais que ce n’était qu’un doux rêveur ! atteindrons-nous le « point critique » ou une révolution Copernicienne s’avèrera indispensable ?? ou le Capitalisme de la Catastrophe perdurera en faisant de l’argent encore plus quand tout s’écroule ??
    les yeux fixés sur le « cacarente » sans voir le précipice ?

  4. En même temps, 147 sociétés, ça ne fait pas beaucoup et rend une prise de contrôle politique tout à fait envisageable.

    Leurs forces actuelles : avoir fait interdire qu’on leur interdise quoi que ce soit au nom de la libre concurrence (sic).

    Comment reprendre le contrôle de ces organismes ? Non pas en les nationalisant comme le proposent certains. Fausse bonne solution qui ne ferait que déplacer le problème sans le solutionner. Entre les mains privées ou les mains de l’État, un monstre reste un monstre.

    Mais en démantelant celles qui sont sous notre juridiction (lois anti-trust). Et en régulant strictement la pénétration des autres sur le territoire.

    • liervol

      Au nom de la liberté d’expression je me suis fait bannir des forums de Boursorama hier pour avoir dit tout le bien que je pensais de la cavalerie et de la compétence du personnel à la Société Générale tellement formidable qu’ils ont réussi à se faire avoir par leur propre direction alors qu’ils en sont les principaux actionnaires. La compétence dans la banque, j’y crois 1% des salariés, les autres ne sont que des fonctionnaires bidons qui se prennent pour de petits chefs incapables de faire autre chose après vous m’étonnez que le monde appartienne toujours aux mêmes, ils n’ont que des crétins en face comme opposition pourquoi ils se gêneraient ???

      • zenith

        Exact, »au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois »…..

      • jeanpat

        bonjour,
        petit témoignage perso : la femme de mon ex associé était tradeuse à londres sur le marché du transport des ressources énergétiques, elle a quitté ce boulot car écœurée.
        remontant une petite boîte de photo avec son homme elle ouvre un compte dans la même banque que moi et se retrouve avec mon conseiller (le type qui me convoquait et me faisait chier par tous les moyens a sa disposition parce que selon lui je ne consommais pas assez de ses produits et était donc un problème pour lui).
        ce crétin en même temps qu’il la faisait chier pour la même raison que moi avait tout de même le culot de lui demander des conseil pour la gestion de son patrimoine perso.
        quel professionnalisme, ça illustre bien le niveau de compétences de ce genre de personnel.

    • Fab

      Le Yéti,

      C’est vrai que 147 face à 7 milliards…

      Ces 147 compagnies s’organisent autour d’un lien unique, l’échange monétisé. Leur force vient de ce qu’elles agissent au sein de sociétés (humaines) elles-mêmes organisées autour de ce lien unique.

      La notation matricielle utilisée ici est également utile pour décrire la société : la matrice est réduite à une seule valeur, un lien unique. Et il est évident que l’échange monétisé – ou la guerre, ou l’église, etc. -, n’est jamais aussi puissant que s’il est la seule manière de participer à la vie sociale.

      Remettons l’échange monétisé à sa place – une possibilité d’échanger parmi d’autres – et on verra bien qui vivra le dernier, de l’économisme ou de l’humanisme !

      C’est vrai qu’on avance.

    • Bernard Laget

      « En même temps, 147 sociétés, ça ne fait pas beaucoup et rend une prise de contrôle politique tout à fait envisageable. »

      Elles se ficheraient de prendre un pouvoir politique, si elles ont déja le pouvoir tout court, tirer en coulisses les ficelles est plus avantageux que de s’exposer publiquement. L’alibi démocratique pour faire passer les lois est préférable pour une oligarchie financiére masquée que protége de toutes maniéres ces mémes lois; assistée d’une cohorte d’avocats d’affaires.

      Il ne reste guère que le rapport de forces issu d’une situation prérévolutionnaire, on le sent bien dans la charité fiscale consentie en ce moment par les nantis qui sentent bien que tout peut péter, ou va péter ?
      Le vocable de « crise » rabaché à tue téte a une vertue, il anesthésie les gens, les empéchant d’y voir clair sur la vraie partie en cours.

      • yvan

        Absolument, Bernard.
        C’est tout à fait ça.
        Yéti, si. Il FAUT nationaliser.
        Regardes les entreprises nationales. Elles ne sont pas là pour faire du bénéfice. Mais rendre service.
        Peut-être es-tu sous influence de la situation française actuelle. Avec un pouvoir qui n’est pas au service de son peuple.
        Et, si nous restons en Démocratie, rien n’empêchera de se rendre compte du même mouvement. Soit, on vire celui qui profite.
        Regardes les doutes qui commencent à naitre en Chine… Et pourtant, ils sont gavés de propagande.

      • Cécile

        sur les avocats d’affaire entre autre
        à écouter
        « 03.09.2011 – Terre à terre
        Les associations de protection de la nature et de l’environnement rentrent de vacances…. 53 minutes
        Autour du décret du 13 juillet sur le processus d’agrément des associations environnementales et les critères de représentativité dans certaines instances. Avec des représentants de la CRIIRAD, du MDRGF (Mouvement des Générations futures), du Réseau Santé Environnement France
        http://www.franceculture.com/emission-terre-a-terre.html-1
        (NB archives « terre à terre »
        http://terreaterre.ww7.be/

    • Béotienne

      Leurs forces actuelles : avoir fait interdire qu’on leur interdise quoi que ce soit au nom de la libre concurrence (sic).

      Petit témoignage bien dans le sujet.
      Ce qui arrive n’est pas de la création spontanée, la gestation remonte à quelques années en arrière.

      Voici ce que j’ai entendu à la radio, il y a + ou – vingt ans:
      Un représentant d’ un grand fabricant de yaourt ( encore français à l’époque ?) répondait littéralement au journaliste: « Les Chinois ne supportent pas bien le lait, nous allons changer la flore intestinale des Chinois.  »

      Cela m’est bien resté en mémoire parce que
      – Aucune réaction dans les média après une déclaration aussi énorme.
      – Je considère qu’ il s’agissait d’attenter à l’intégrité physique des personnes.
      -Cette déclaration était émise spontanément sans états d’âme, ni hypocrisie, c’était dans la nature des choses pour s’implanter dans le marché chinois.
      – Je me suis alors interrogée sur ce qu’ils nous faisaient manger chez nous, logique !
      -Ils ne devaient se justifier devant aucune autorité pour programmer cette manipulation.

      J’ignore si ce programme a été concrétisé, mais comme on le dit vulgairement, c’est l’intention qui compte et celle-ci était bien représentative du totalitarisme marchand.

      Etant donné ce qui précède, si elles le peuvent, ces firmes ne s’approprieront pas seulement la monnaie.

      • José

        Flore intestinale, temps de cerveau disponible, trains de la mort SNCF…
        On pense à la banalité du mal de Hannah Arendt: ce yaourtier fait consciencieusement son travail, et comme Eichmann, il le fait pour ses enfants qu’il aime, et qu’il borde dans leur lit tout aussi consciencieusement quand il rentre le soir. Les bourreaux d’Amérique latine (et d’Espagne après la guerre civile, l’histoire est moins connue), ont été capables d’affection envers les enfants des « disparus », qu’ils ont adoptés. On les préférerait purement monstrueux, mais le monde est mal fait.
        Les multinationales ne sont pas dirigées par un génie du mal ni même un CA aux noirs desseins; chacun à son niveau quand il accepte de travailler pour elles, ou d’utiliser leurs services, apporte sa pierre à l’édifice (ou plutôt de notre point de vue au désédifice).

      • Charles A.

        @ Béotienne

        Très bien vu, car nous, peuples européens avons payé des dizaines de millions d’Euro en ‘assistance technique » pour introduire l’industrie laitière et la consommation des produits laitiers en Chine.
        Tout cela s’est fait à l’initiative et au bénéfice des multinationales laitières européennes, depuis l’éduction du goût au produits laitiers, jusqu’à l’introduction de races de buffles laitiers avec strations de reproduction…
        Evidemment, cela fait partie de la soit disante ‘aide au développement »!
        Quant on sait ce que coûte la filière animale en protéines, en autre considération.
        Les multinationales feront tout ce qui leur permet d’accumuler,
        jusqu’aux révolutions qui mettront à bas la tyrannie du capital.

  5. Meditacao

    Joli job Timiota. Et impressionnante synthèse des 3 chercheurs sur un fait que bcp savent intuitivement comme on a pu le voir dans nbre de papiers/documentaires depuis des décennies maintenant. Il y a ainsi des lieux bien connu de rassemblement des « opérateurs » : gdes écoles, stations suisses, clubs cooptés comme Bilderberg…
    Il serait intéressant de faire une étude psycho anthropologique des « key placers » de cette oligarchies. Héritiers stupides, ambitieux calculateurs froids, avides tueurs conscients et organisés, philanthropes ?….

    • Pierre-Yves D.

      Il n’est pas douteux que certains d’entre-nous sur le blog comptent sans doute parmi les membres de leur famille, qui un oncle, qui un cousin, qui un beau-frère, un de ces acteurs de la finance mondialisée, qui « opèrent » au sein d’une transnationale lambda.
      Dans les dîners de famille, évidemment, les questions d’actualité sont évoquées. Mais voilà, parce qu’il s’agit d’un parent, parce que finalement celui-ci montre un visage sympathique, que lui-même nous manifeste certains égards, on s’abstient de l’assaillir de questions dérangeantes si bien qu’un voile opaque continue de couvrir la réelle teneur de ses activités, lesquelles pourtant nous concernent tous.
      Ce parent peut tout connaître de notre situation, de notre métier, mais la sienne, le sien, reste comme hors d’atteinte. Non seulement que lui-même goût peu d’en parler si ce n’est sous un abord tout à fait anecdotique relatif principalement à l’évolution de sa carrière au gré des mutations d’un pays à un autre, d’un continent à un autre. Mais que nous-même faute de disposer des connaissances indispensables des mécanismes régissant la vie de ces entités transnationales, de peur de dire une bêtise n’osons l’interroger. Pourtant l’information existe, les paradis fiscaux, les prix de transfert, les dark pool, la collusion avec les décideurs politiques, bref cette toile de fond de l’économie globalisée, il nous appartient donc de mener notre petit combat familial au risque peut-être de casser l’ambiance. Mais c’est peut-être seulement une question de dosage ;-) L’idée étant de mettre la balle dans le camp adverse.
      En posant de bonnes question on apprend toujours quelque chose. Un silence même en dit souvent plus long qu’une réponse alambiquée. Et puis je ne vois pas pourquoi ce qui est possible pour les « petits métiers » dont la vie est abordée sous l’angle politique et social avec toutes leurs « misères », leur contradictions, ne pourrait s’appliquer aux métiers de ceux dont on dit qu’ils ont de « bonnes situations ». Car ces bonnes situations ne sont pas sans conséquences sur nos vies, précisément.

      • Cécile

        désolée, j’en connais pas
        (c’est peut-être la mon drame, qu’est-ce que j’aurais progressé pour bien argumenter

      • timiota

        @ Pierre-Yves D.

        Mais les gens qui ont regardé le management de près (Sennett « La culture du nouveau capitalisme », Crawford, qui donne des reférences dans son « Eloge du carburateur »/ ed. La Decouverte) soulignent que les acteurs sont conduits à intégrer de proche en proche la logique du système.
        Un bon manageur reste flou (et apprend à le faire « bien ») parce qu’il ne sait pas si la personne à laquelle il s’adresse ne va pas devenir son chef demain. La fluidité de l’organisation ainsi voulue fait aussi que ce qu’on valorise est un style plutôt que des connaissances (sauf les CTO – Chief Technical Officer- dans certaines boites et encore). Et ce style va bien avec la capacité d’impulser une dynamique comme le fait une religion, pas sur la base d’une adhésion de la raison, mais sur une conviction de partager un espèce de grand but vague mais « bien ».
        Après beaucoup d’années comme ça, quelle « pureté originale » garde-t-on.
        Moi même, je dois me pincer quand je pense à la façon dont j’ai pris conscience de l’injustice dans mon enfance. Je me rappelle explicitement avoir pensé qu’une ambulance devait pouvoir venir aussi vite pour le péquin pauvre que pour le président de la république. Comme il est facile de passer par-dessus ces bases simples de l’indignation quand on est baigné au fil du temps par d’autres discours. Malheureusement, le choix de valoriser des travaux abstraits pour monter dans l’échelle sociale fait aussi perdre de vue l’indignation réelle, l’injustice qu’on ressent physiquement (et cela arrive dans l’enfance). A ce niveau, il y aurait un petit effet comme celui de « Comment la vérité et la réalité furent inventées » : on se laisse prendre au modèle qu’on se fait de la réalité, asse facilement car on manipule beaucoup d’abstraction. On perd les chances d’être en prise directe avec l’injustice et de sentir les rapports de force. Il est alors assez facile de trouver des boucs émissaires pour ceux qui sont encore un peu excités.

        Suite et fin de la traduction :

        Concentration du degré de contrôle

        L’analyse topologique faite jusqu’ici ne considère pas la distribution de valeur économique des firmes.
        Nous calculons donc le degré de contrôle du réseau que les acteurs économiques (TNCs inclus) gagnent en comparaison de la valeur des TNCs, et nous attaquons la question de savoir à quel point ce contrôle est concentré, et qui sont les détenteurs de contrôle en haut de la liste. Il faut dire ici que bien que les universitaires aient depuis longtemps mesuré la concentration de la fortune et du revenu [22], il n’y a pas d’estimation préalable à notre étude du degré de contrôle. En construisant une courbe du type des courbes de Lorenz permet d’ identifier la fraction eta* des détenteurs prépondérants qui détiennent de façon cumulative 80% du control total du réseau.

        Ainsi, plus petite est cette fraction, plus forte est la concentration. En principe, on pourrait s’attendre à ce que l’inégalité dans le degré de contrôle soit comparable à l’inégalité des revenus telle qu’on la constate parmi les ménages et les firmes, puisque les actions de la plupart des sociétés sont publiquement accessibles dans les marchés boursiers d’action.

        En contraste avec cela, nous trouvons qu’à eux seuls, les 737 détenteurs prépondérants cumulent 80% du contrôle sur la valeur de toutes les TNCs (vois aussi la liste des 50 détenteurs prépondérants dans la Table du SI (supplementary information)). Le niveau correspondant de concentration est eta_1*=0,61%, à comparer avec eta_2*=04,35% pour la même quantité relative aux ressources d’exploitation.
        D’autre comparaisons qui font sens incluent par exemple : la distribution de revenus dans les pays développés, qui se caractérise par eta_3*~5-10% [22], et les revenus de sociétés dans Fortune1000 {les gens fortunés NdT} (eta_4*~30% en 2009). Ceci signifie donc que le degré de contrôle du réseau est bien plus inégalement distribué que la fortune. En particulier, les acteurs du haut de la liste détiennent un contrôle 10 fois plus important que ce qu’on attendrait sur la base de leur fortune. Ces résultats sont robustes vis a vis des choix de modèles utilisés pour estimer le degré de contrôle, voir Fig.3, et Tbls S2 S3.

        Discussion
        Le fait que le contrôle (de la valeur) soit concentrée dans les mains de peu de détenteurs du haut de la liste ne détermine pas si et comment ils sont interconnectés. Ce n’est qu’en combinant la topologie avec le classement par degré de contrôle que l’on obtient une pleine caractérisation de la structure de contrôle. Une première question à laquelle nous sommes maintenant en mesure de répondre est de savoir si les acteurs du haut de la liste sont situés dans le « nœud-papillon ». Comme le lecteur l’aura sans doute déjà suspecté, les acteurs les plus puissants tendent à appartenir au « core ». En réalité, la position d’une TNC dans le réseau ne compte pas . Pas exemple, une TNC choisie aléatoirement dans le « core » a 50% de chance d’être aussi elle-même parmi les détenteurs de haut de liste, à comparer à, par exemple, 6% pour la « section d’entrée » (arcs amont) (Tbl. S4). Une seconde question concerne la part que chaque composante {élément de la partition} du « bow-tie » détient au juste. Nous trouvons que, malgré sa petite taille, le core détient collectivement une large part de tout le réseau de contrôle. En détail, près de 4/A0 du contrôle sur la valeur économique des TNCs dans le monde est détenue, vis un réseau complexe de relations de propriété, par un groupe de 147 TNCs dans le core , qui a presque un contrôle complet sur lui-même. Les détenteurs du haut de la liste dans le core peuvent alors être considérés comme une « super-entité économique dans le réseau global des (grandes) sociétés. Un point supplémentaire pertinent à ce point est les fait que ¾ du core est constitués d’intermédiaires financiers . La Fig.2 D montre u petit sous-ensemble d’acteurs biens connus en finance, ainsi que leur liens, fournissant ainsi une idée du degré d’enchevêtrement de tout le core.
        Cette découverte remarquable soulève au moins deux questions qui sont fondamentales pour la compréhension du fonctionnement de notre économie.
        Primo, quelles sont les implications pour la stabilité financière globale ? Il est notoire que les institutions financières établissent des contrats financiers tels que le prêt ou les crédits de produits dérivés, avec d’autres institutions. Ceci permet de davantage diversifier le risque, mais, en même temps, cela les expose à la contagion [15]. Malheureusement, les informations sur ces contrats ne sont pas habituellement divulgués pour des raisons stratégiques. Toutefois, dans divers pays, l’existence de tels liens financier est corrélée avec l’existence des relations de possession croisées[23].
        De ce fait, sous l’hypothèse que la structure du réseau de possession soit une bonne proxy ( indication, augure) pour celle du réseau financier, cela implique que le réseau financier global est aussi très intriqué.
        Des travaux récents ont montré que quand un réseau financier est densément connecté, il devient très susceptible au risque systémique [24,16] . En fait, alors que dans les temps d’augmentation, le réseau semble robuste, dans les moments plus difficiles, les firmes vont vers la cessation de paiement simultanément.
        Cette propriété de « tranchant du couteau »[25,26] a été tout à fait visible durant le récent épisode de remous financiers.

        Deuxio, quelles sont les implications pour la concurrence sur les marchés ? Du fait que beaucoup de TNCs dans le core ont des domaines d’activités qui se recouvrent, le fait qu’ils soient connectés par des relations de possessions pourrait faciliter la formation de blocs, qui seraient alors des obstacles à la compétition de marché[14]. De façon remarquable, l’existence d’un tel core au sein des marchés globaux n’avait pas jusque-là été documentée, et ainsi, jusqu’à maintenant, aucune étude scientifique ne démontre ou n’exclue que cette super-entité ait jamais agit comme un bloc. Toutefois, quelques exemples suggèrent que ce n’est pas un scénario si peu probable. Par exemple, des études précédentes ont montré que même des structures à faible participation croisée, au niveau national, peuvent affecter la libre concurrence dans des secteurs tels que l’aviation commerciale, l’industrie automobile et l’acier, ainsi que dans le secteur financier [14,13]. Mais en parallèle, des institutions antitrust ( p ex le UK office of Fair Trade), dans le monde entier, surveillent de près les structures de détention à l’intérieur de leur propres frontières nationales. Le fait que des jeux de données internationales ainsi que des méthodes pour traiter de grand réseaux ne soient devenus disponibles que très récemment peut expliquer pourquoi cette concentration découverte ici a pu ne pas être détectée pendant si longtemps.
        Deux questions méritent d’être évoquées ici en quelque détail. On peut se demander ce que vaut l’idée d’assembler des données de propriétés venant de pays dotés de cadres légaux hétérogènes. Toutefois, des travaux empiriques antérieurs montrent que de tous les déterminants possible affectant les relations de détention dans des pays différents (p ex les règles d’imposition, le niveau de corruption, le cadre institutionnel, etc.), seul le niveau de protection de l’investisseur est statistiquement pertinent {corrélé}[27]. En tout état de cause, il est remarquable que nos résultats sur le niveau de concentration soient robustes par rapport aux trois modèles différents utilisés pour inférer le degré de contrôle à partir des données sur la détention {du capital}. La seconde question concerne le contrôle que les institutions financières exercent effectivement. Suivant certains arguments théoriques, en général, les institutions financières {privées} n’investissent pas en capital {actions : equity shares} pour exercer un contrôle {elle se restreindraient au courtage etc ?}. Toutefois, il y a aussi des preuves empiriques que l’opposé soit vrai [23, SI Appendix, Sec. 8.1]. Nos résultats montrent que, globalement, les détenteurs du haut de la liste sont au moins en position d’exercer un contrôle considérable, soit formellement (p ex en votant dans les AG et les conseils d’administration), ou par des négociations informelles.
        Au-delà de la pertinence de ces résultats pour l’économie et l’élaboration de politique, notre méthodologie peut être appliquée pour identifier les nœuds clés dans n’importe quel réseau concret au sein duquel une quantité scalaire (p. ex des ressources ou l’énergie) coulent le long de liens pondérés orientés (des arcs pondérés). D’un point de vue empirique, une structure en nœud-papillon avec un cœur (« core ») très petit et très influent est une observation nouvelle dans l’étude des réseaux complexes. Nous conjecturons qu’elle puisse être présente dans d’autres sortes de réseaux où le mécanisme « les riches deviennent plus riche » sont à l’œuvre {mécanisme d’instabilité …} (bien que la configuration d’attachement préférentiel par degré {help sociologue : ça fait référence à groupe social caste corporation ?}[1] à elle seule ne produise pas un nœud-papillon). Toutefois, le fait que le cœur soit si densément connecté pourrait être vue comme la généralisation du « phénomène du club des riches » avec un contrôle du degré {clubs à cooptation, même interrogation que ci-dessus sur « degree »}[28,3, SI Appendix Sec.8.2]. Ces questions ouvertes en relation avec notre étude pourraient sans doute être appréhendées en introduisant le degré de contrôle dans un « modèle de fitness »[29] d’évolution des réseaux

        Remerciements
        Nous remercions F. Schweitzer et C. Tessone pour leur précieux retour, D. Garcia pour l’élaboration des figures 3D, et le programme Cuttlefish utilisé pour le dessin des graphes.

      • Alain

        Y a longtemps que je suis fâché avec.

    • chris06

      @Meditacao,

      un fait que beaucoup savent intuitivement…

      Quel est ce fait?

    • José

      @Meditacao et Pierre-Yves D
      banalité du mal:
      Je crois qu’en parlant d’ « oligarchie », d’ « acteurs de la finance mondialisée » vous raisonnez de manière un peu manichéenne. Y a-t-il eu un jour une frontière nette entre la résistance et la collaboration? Tracer un portrait robot du coupable idéal ne nous place-t-il pas dans la situation du retraité qui attend un rendement exorbitant de son fonds de pension tout en déplorant les difficultés de ses enfants sur le marché du travail?

      • juan nessy

        Les résistants authentiques ne se sont pas soucié des collabos .

        Les collabos authentiques ont souvent eu recours à l’évocation de cette frontière floue  » pour se regarder dans une glace .

      • Cécile

        ma mère pas, elle en est toujours à son idée d’apprendre à donner, j’ai donné, je t’ai transmis de donner, logiquement tu transmettras de donner, …
        (c’est une vraie philosophie de la transmission à donner, elle a pris des risques, elle a participé à sauver plus d’une centaine d’enfants , elle était jeune, elle a refusé d’être récompensée, justement parce que pour elle sa recompense serait qu’il lui revienne d’avoir réussi de transmettre à donner ..
        dans son idée c’est comme une chaine, aujourd’hui je te sauve, je ne te demande rien, je ne veux pas de décoration, mais demain peut-être en mémoire de moi, parce que je t’ai sauvé simplement, humainement, toi aussi tu sauveras quelqu’un, qui à son tour ….

  6. Arnaud

    Le réseau et la complexite.
    Les titres des publications de ce groupe de recherche ont des intitulés qui tapent vraiment dans le mille.
    la liste sur le lien suivant : Publication ETH Zurich Batiston System design

    Publications
    Working Papers, Forthcoming Publications, Papers under Review

    Battiston, S., Gatti, D. D., Gallegati, M., Greenwald, B. C. N. & Stiglitz, J. E., ‘Liaisons Dangereuses: Increasing Connectivity, Risk Sharing and Systemic Risk’ , NBER Working Papers.
    König, M. D.; Battiston, S.; Napoletano, M. & Schweitzer, F., ‘Efficiency and Stability of Dynamic Innovation Networks’ , CER-ETH Working Papers.
    Yildirim, M., Walter, E.F., Battiston, S., Schweitzer, F., Moving Recommender Systems from On-line Commerce to Retail Stores, under revision for Information Systems and e-Business Management.
    König, M.D., Battiston, S., Napoletano, M., Schweitzer, F.: The Efficiency and Stability of R&D networks, revise and resubmit to Games and Economic Behaviour.
    König, M. D., Battiston, S., Napoletano, M., Schweitzer, F.: Recombinant Knowledge and the Evolution of Innovation Networks, revise and resubmit to J. Economic Behaviour and Organization.
    Vitali S., Battiston, S., Gallegati M. ‘Financial Distress Propagation in a Network of Regions’, revise and resubmit to J. Economic Behaviour and Organization.
    Battiston, S., Gatti, D. D., Gallegati, M., Greenwald, B. C. N. & Stiglitz, J. E., ‘Liaisons Dangereuses: Increasing Connectivity, Risk Sharing and Systemic Risk’, submitted.
    Battiston, S., Gatti, D. D., Gallegati, M., Greenwald, B. C. N. & Stiglitz, J. E., ‘Credit Default Cascades: When Does Risk Diversification Increase Stability?’, submitted.
    Tanase D., Walter, F. E., Battiston, S., ‘An Anatomy of Recommender Systems’, submitted to ACM-TIST 2010.
    Vitali S., Glattfelder, J. & Battiston, S., ‘The Network of Global Corporate Control’, submitted.
    Vitali S., Battiston, S., ‘Geography and Small World in Ownership Networks’, submitted.

    Publications in Journals

    Walter, F.E., Battiston, S., Schweitzer, F.: Personalised and Dynamic Trust in Social Networks, RecSys ’09: Proceedings of the third ACM Conference on Recommender Systems, 2009, pp. 197-204
    Glattfelder, J.B., Battiston, S., Backbone of complex networks of corporations: The flow of control Physical Review E /80 (2009) 036104
    Lorenz, J., Battiston, S., Schweitzer, F.: Systemic Risk in a Unifying Framework for Cascading Processes on Networks European Physical Journal B vol. 71, no. 4 (2009), pp. 441-460
    König, Michael David, Battiston, Stefano, Napoletano, Mauro, Schweitzer Frank: On Algebraic Graph Theory and the Dynamics of Innovation Networks, Networks and Heterogeneous Media, Vol. 3, Num. 2, June 2008
    Lorenz, Jan, Battiston, Stefano: Systemic risk in a network fragility model analyzed with probability density evolution of persistent random walks, Networks and Heterogeneous Media, Vol. 3, Num. 2, June 2008
    König, Michael David, Battiston, Stefano, Schweitzer Frank: Modeling Evolving Innovation Networks, in: Innovation Networks – New Approaches in Modeling and Analyzing (Eds. A. Pyka, A. Scharnhorst), Berlin: Springer (2008, forthcoming)
    Battiston, S., Delli Gatti, D., Gallegati: Trade Credit Networks and Systemic Risk, in Managing Complexity: Insights, concepts, Applications (Eds. Helbing, D.) Springer, Berlin (2008), pp. 219-239
    Walter, Frank Edward, Battiston, Stefano, Schweitzer, Frank: Coping with Information Overload through Trust-based Networks, in: Managing Complexity: Insights, concepts, Applications (Eds. Helbing, D.) Springer, Berlin (2008), pp. 273-300
    Walter, Frank Edward, Battiston, Stefano, Schweitzer, Frank: A Model of a Trust-Based Recommendation System on a Social Network, in: Journal of Autonomous Agents and Multi-Agent Systems, vol. 16, no. 1 (2008), pp. 57-74
    Weisbuch, G., Battiston, S.: Production Networks and Failure Avalanches, Journal of Economic Behaviour and Organization (2007, forthcoming)
    Battiston, S., Delli Gatti, D., Gallegati, M., Greenwald, B., Stiglitz, J.E., 2007b.: Credit chains and bankruptcy propagation in production networks, Journal of Economic Dynamics and Control, 31, 6, pages 2061-2084
    Battiston, S., Rodrigues J. F., Zeytinoglu, H.: The Network of Inter-Regional Direct Investment Stocks across Europe, Advances in Complex Systems, Vol. 10, No. 1 (2007) pp. 29-51
    Garlaschelli D., Battiston S., Castri M., Servedio V.D.P., Caldarelli G., The
    scale free topology of market investments, 2005, Physica A, Volume 350, 2-4, 491-499
    Battiston S. and Catanzaro M., Statistical properties of board and director
    networks, Eur. Phys. J. B 38, 345-352 (2004).
    Battiston S., Inner structure of capital control networks, Volume 338, Issues 1-2, 1 July 2004, Pages 107-112
    Caldarelli G., Battiston S., Garlaschelli D., Catanzaro M., Emergence of Complexity in Financial Networks, Lecture Notes in Physics, Springer-Verlag, Volume 650 / 2004 « Complex Networks », editors: Eli Ben-Naim, Hans Frauenfelder, Zoltan Toroczkai ISBN: 3-540-22354-1 DOI: 10.1007/b98716 Chapter: pp. 399 – 423
    Battiston, S., Bonabeau, E., Weisbuch G., Decision making dynamics in corporate boards, Physica A, 322, 567 (2003). pdf
    Battiston, S., Weisbuch G., Bonabeau, E., Decision spread in the corporate board network, 2003, to appear on Adv.Compl.Syst.
    Mirabella G., S. Battiston and M. E. Diamond, Processing of multiple-whisker information in rat somatosensory cortex. (Cerebral Cortex, Feb 2001, 11,(2),pp164-170, Cover Picture)
    Pinato G., S.Battiston, V.Torre, Neural computation in the leech ganglion, (2000, Biological Cybernetics, vol 83 issue 2, 2000, pp 119-130).
    Rousche P. J., R. S. Petersen, S. Battiston, S. Giannotta, R. Normann, M. E. Diamond, Examination of the spatial and temporal distribution of sensory cortical activity using a 100-electrode recording system, 1999, Journal of Neuroscience Methods , 90, 57-66.

    Publications in Books

    Battiston, S. and Glattfelder, J.B. and Garlaschelli, D. and Lillo, F. and Caldarelli, G., (2010) The Structure of Financial Networks in Network Science, pp131—163 Springer.
    Konig, M. & Battiston, S. (2009), Networks, Topology and Dynamics: Theory and Applications to Economic and Social Systems, Springer, chapter From Graph Theory to Models of Economic Networks. A Tutorial, pp. 23.
    König, Michael David, Battiston, Stefano, Schweitzer Frank (2008): Modeling Evolving Innovation Networks, in: Innovation Networks – New Approaches in Modeling and Analyzing (Eds. A. Pyka, A. Scharnhorst), Heidelberg, Springer.
    Walter, Frank Edward, Battiston, Stefano, Schweitzer, Frank: Coping with Information Overload through Trust-based Networks, in: Managing Complexity: Insights, concepts, Applications (Eds. Helbing, D.) Springer, Berlin (2008), pp. 273-300.
    Battiston, Stefano, Gallegati Mauro, Delli Gatti Domenico: Emergence of systemic risk in trade credit networks, in: Managing Complexity: Insights, concepts, Applications (Eds. Helbing, D.) Springer, Berlin (2008), pp. 273-300.
    Walter, Frank Edward, Battiston, Stefano, Schweitzer, Frank: Emergence and Evolution of Coalitions in Buyer-Seller Networks, in: Emergent Intelligence of Networked Agents, Studies in Computational Intelligence (Eds. Namatame, A., Kurihara, S., Nakashima, H) vol. 56, Springer, Berlin (2007), pp. 245-258 .
    Caldarelli G., Battiston S., Garlaschelli D., Catanzaro M., Emergence of Complexity in Financial Networks, Lecture Notes in Physics, Springer-Verlag, Volume 650 / 2004 « Complex Networks », editors: Eli Ben-Naim, Hans Frauenfelder, Zoltan Toroczkai ISBN: 3-540-22354-1 DOI: 10.1007/b98716 Chapter: pp. 399 – 423

    Publications in Conference Proceedings

    Frank E. Walter, Stefano Battiston, and Frank Schweitzer (2006). Emergence and Evolution of Coalitions in Buyer-Seller Networks. Workshop « Emergent Intelligence of Networked Agents » at the Fifth International Joint Conference on Autonomous Agents and Multi-Agent Systems (AAMAS 2006), Hakodate, Japan.
    Stefano Battiston, Frank E. Walter, and Frank Schweitzer (2006). Impact of Trust on the Performance of a Recommendation System in a Social Network. Workshop « Trust in Agent Societies » at the Fifth International Joint Conference on Autonomous Agents and Multi-Agent Systems (AAMAS 2006), Hakodate, Japan.
    Caldarelli, G.; Battiston, S. & Garlaschelli, D. (2006), ‘The skeleton of the Shareholders Networks »Practical Fruits of Econophysics: Proceedings of the Third Nikkei Econophysics Symposium’, Springer.
    WEHIA (Workshop on Economical Heterogeneous Interacting Agents) 2003, Kiel (DE), Battiston, S., Caldarelli G., Garlaschelli D., The scale free nature of market investment network.
    WEHIA 2002, Trieste (IT), Battiston, S., Bonabeau, E., Weisbuch G., Decision making dynamics in corporate boards

  7. lisztfr

    (hors sujet)

    Très intéressante émission sur Fr Int ce matin (7h-9h), avec Marc Roche (« Le capitalisme hors-la-loi ») et P. Arthuis, autour des paradis fiscaux et de la puissance des banques sans réel contre pouvoir. Le cas Junker a été évoqué, nous prêchant la vertu et ressortissant d’un pays qui accorde des ristournes diverses aux opérateurs de ventes en ligne.. entre autres ! Encore plus méchant que ce que l’on dit ici. Se moquant du pauvre Mink pour finir … (sophia Aram).

    Il parlaient aussi de ce buz sur atlantico, qui raconte comment se passent les expulsions aux USA, et Arthuis pointait le ridicule de ceux qui font aveuglément confiance aux notes triple A des agences de notation, sans réfléchir…

    • lisztfr

      Encore une révélation (en ce qui me concerne) , tout le monde savait que la Grèce maquillait ses comptes, car l’organisme Eurostat en Grèce était sous la tutelle du premier ministre !

      Le lobby financier anglais s’oppose à toute réforme – alors qu’il faudrait en revenir à une séparation des activités de spéculation, des activités de dépôt. Ils sont bien radicals ces deux là.

      BNP paris-bas avait une agence aux îles caïmans… l’intensité du capitalisme gris échappant à tout contrôle est énorme. Argent gris, ni sale ni blanc.

      • yvan

        Ouaich, Lisztfr.
        Les paradis fiscaux. Encore un truc à détruire.

        Lorsque l’on voit le boulot à faire alors qu’il y a tant de chômage..

    • juan nessy

      Bonjour .

      J’ai aussi entendu ça ce matin . Arthuis a aussi mis dans la discussion le comportement des Etats ( de leurs représentants ) qui par commodité démagogique se trouvent bien des paradis fiscaux pour maquiller le vérité qu’ils devraient à leurs peuples . La vérité étant que pour ne pas vivre abusivement à crédit il faut savoir équilibrer dépenses ET recettes . Les eux intervenants avaient l’air assez désabusés sur la faculté des gouvernants à s’attaquer à plus « bigs » qu’eux ( on est dans le sujet ). L’un et l’autre ne voyaient guère que l’Europe comme entité capable de faire pièce sur son territoire au totalitarisme financier …en notant aussitôt que l’Angleterre restait un boulet dans cette vision , avec sa défense des turpitudes de la City qui reste son piler économique , et que Angleterre et Allemagne avaient donné un très mauvais signe en acceptant que la Suisse ( donc les banques ) devienne leur collecteur d’impôts .

      J’ai aussi suivi Bayrou sur LCP hier soir , dont le credo repose sur l’analyse qu’un président français ne pourra avoir de prise que sur ce qui nous est  » intérieur » , semblant évacuer de fait le sujet de l’immigration dont les lignes de forces nous sont externes ( et qui fait le lit du Front national ) , et le grand sujet « capitalisme » pour la même raison ( et qui à ses yeux fait le lit de l’extrème gauche) . Il propose de « réduire » nos prétentions nationales à deux grands domaines : éducation et réindustrialisation . L’analyse a le mérite d’un pragmatisme de modestie et de l’honnêteté intellectuelle .

      Je me demande cependant si les deux sujets reconnus comme  » trop gros » pour être résolus par un président ( un peuple d’ailleurs) français , ne sont pas malgré tout ce qui conditionne les deux domaines qu’il propose comme urgence . Et je crains bien que la prochaine présidentielle ne serve à rien si , d’ici là , l’accélération de l’histoire mondiale ne donne pas les coups de butoirs nécessaires à la reprise en main démocratique .

      Et à la remise au pas des réseaux relevés dans ce billet .

      • juan nessy

        On va rendre aux « boutoirs » leur bonne orthographe pour que les réseaux trouvent un butoir .

        Le boutoir étant le groin du sanglier , encore faudra-t-il vérifier si le sanglier en question est aussi sain que Vigneron l’espère .

        Par ailleurs Zébu préfère que la maison ne s’écroule pas sur le sanglier .

        « Le destin ne nous envoie pas de message , il est bien trop cruel pour ça . »

        Ce qui me rassure c’est qu’il peut être aussi cruel pour le sanglier que pour les chasseurs .

      • soi

        A ce que j’en sais le sentiment d’égalité en Angleterre, tient de la richesse, en France, de l’Histoire et aux Etats-Unis, de la Loi

  8. Cadavre exquis

    Passionnant. Maintenant, ce qui serait intéressant serait de voir l’évolution dans le temps de ce graphe. Concentration ou dilution ? (Big bang ou Big crunch?)

  9. BasicRabbit

    « La barbarie consiste en une relation sociale organisée par un pouvoir non plus symbolique mais réel. » Charles Melman, L’homme sans gravité, Denoël p.79.
    Charles Melman est un disciple de Jacques Lacan.

    Techniquement j’aimerais bien voir l’allure du graphe. En particulier l’interconnexion des multinationales chinoises et occidentales. Je suis très étonné qu’un tel sujet de recherche n’ait pas été exploité auparavant.

    • lisztfr

      J’ai assisté à une conférence de Melman à St Anne, le soir… sur la névrose obsessionnelle il me semble. Je dois avoir un bouquin de lui si je le retrouve…

      L’anniversaire de la mort de Lacan a été célébré hier sur Fr inter vers 19h, et je dois dire que ce n’était pas mal du tout, ce qui a été dit à propos de l’objet a (incluant l’objet évanescent, manquant du désir dans la réflexion), et puis la richesse de ses analyses cliniques, son rapporte avec la philo, etc.

    • AntoineY

      Hum… dans un premier temps, je note surtout qu’il s’agit d’un travail de recherche relevant de ce qu’il est convenu d’appeler « les sciences de gestion », et celà confirme le point de vue, selon lequel cette dernière discipline doit in fine remplacer la science économique des Keynes , Hayek et Marx. C’est le seul moyen d’investigation permettant d’aller au coeur de la fibre, de faire des descriptions fines et précises des phénomènes économiques (ou des phénomènes « sociaux » du point de vue de leur dimension économique).

      Si de telles études n’ont pas été réalisées plus tôt, c’est:

      – parce que ce genre de travaux n’est pas politiquement correct, et que soit vous n’avez pas accès aux données (puisque la plupart des data intéressantes sont « privées », et qu’il faut ruser/adopter des stratégies de diversion pour avoir l’autorisation d’y accéder), soit vous n’avez pas accès aux fonds permettant de les financer (sur le registre du « mais à quoi ca sert?, si la question abordée 1/ ne rapporte rien à court terme à l’entreprise (en terme de rentabilité/d’image, etc) 2/ ne s’inscrit pas dans le truc à la mode du moment, par ex « verdure, durabilité, RSE et autres bêtises de management).
      Ici, je suppose que c’est le caractère systémique de la crise qui a dû servir de facteur débloquant.

      – parce-que les chercheurs en siences de gestion se tirent (plus ou moins gentiment) la bourre avec les chercheurs en économie, et que ce sont les seconds qui sont aux manettes, tout occupés qu’ils sont à faire tourner dans le vide leurs grands modèles économétriques dignes de la mauvaise scolastique. Par ailleurs, les chercheurs en science de gestion sont souvent excellents quand ils viennent d’autres disciplines (psychologie sociale, anthropologie, etc) et moins souvent excellents quand ils viennent simplement d’un pur cursus en gestion ou en « science économique », les seconds constituant jusqu’à récemment la majorité des effectifs.

      Les meilleurs travaux en sciences de gestion valent d’ailleurs leur pesant de cacahuettes, parce qu’il s’agit bien souvent de dissidents rejetés des autres disciplines, maîtrisant plusieurs champs disciplinaires, et qui y ont trouvé un espace de liberté et de créativité.

      – parce-qu’il y a de moins en moins de chercheurs de qualité, les plus doués, écoeurés avant même de commencer, préférant la tranquilité et le confort de vie des rémunérations du privé, l’activité de chercheur n’étant plus du tout attractive.
      Ne restent que les passionnés, qui ont ça dans le sang, et qui bien souvent disposent de qualités très différentes de celles qui permettent l’accès aux terrains. En effet, le critère d’accès à la recherche dans le domaine est moins corrélé à la qualité et à l’intérêt intrinsèque des travaux (vous ne trouvez pas de financement sur une problématique qui n’est pas « à la mode », voire pas de labo de recherche tout court!) qu’à la capacité d’obtenir des financement et de se créer un réseau « social ».

      Pour ce qui est de la valeur intrinsèque de cette recherche, passer de celle-ci à « le monde appartient à 147 entreprises » me paraît pour le moins… excessif, en terme d’interprétation. Quant aux conclusions des auteurs de l’article eux-mêmes (ont-ils vraiment montré ce qu’ils pétendent avoir montré?), il faut d’abord s’interroger sur la qualité de l’instrumentation mobilisée dans ce travail (pas le temps de le faire en ce moment).

      Quand bien même, d’aucun trouveraient « normal », logique, rassurant et bienvenue cette situation, à la fois du point de vue de l’efficience, et du point de vue politique et moral (cette interdépendance n’est-elle pas la marque d’une plus grande co-intégration des acteurs de la vie économique, le signe d’une montée en puissance de la « coopétition » par opposition au modèle de la « concurrence » et de « l’hyper compétition »?; cette configuration stratégique n’est-elle pas le meilleur gage de stabilité, selon une approche politique de type anglo-saxonne: séparation souple des pouvoirs, contrôle mutuel de ces derniers, etc…, le différentiel de en terme de capacités de contrôle assurant la dose minimale de « jeu » nécessaire au dynamisme de l’économie?).
      En ce qui me concerne, la donnée la plus intéressante de l’article réside moins dans l’identification d’un « noeud » que dans la nature des organisations qui constituent effectivement ce « noeud » (ce qui ne surprendra personne).

  10. MOULIN

    relire la ferme des animaux d’ORWELL

  11. zébu

    1/ obligation faite à une ETN à déposer aux autorités de régulation la liste des actifs détenues auprès d’autres sociétés (les actifs et pas seulement les participations : l’intégration des crédits comme mode de ‘participation’ est nécessaire, pour bien évaluer le niveau de participation ; on peut en effet ‘participer’ à une société sans avoir aucune participation à son capital [actions] mais en avoir énormément à son actif/passif [crédit/dette])
    2/ transmission des informations des autorités de régulation auprès des services fiscaux et élaboration du niveau de taxation : plus le niveau de participation est élevé et plus le niveau de fiscalisation est élevé.
    Raison : les bénéfices que doivent évaluer les services fiscaux ne doivent pas se réduire au seul niveau des ETN considérés comme entité isolée, mais bien comme l’ensemble des avantages et bénéfices que peuvent procurer à chaque ETN ses actifs avec d’autres sociétés.
    Exemple : une participation croisée d’une ETN ‘A’ avec une ETN ‘B’ pourrait lui permettre de bénéficier d’une minoration de prix, de ‘B’ vers ‘A’, pour des prestations de services ‘x’ ou des ventes de produits ‘y’, intégrés dans des services ‘w’ ou des produits ‘z’ vendus in fine par ‘A’.

    Les services fiscaux ont-ils des ‘matrices de calculs complexes’ à leur disposition ?
    :)

    • frédéric

      à ma connaissance, les services fiscaux ne peuvent actuellement s’appuyer que sur les fondements suivants :

      -loi de finance
      -conventions fiscales internationales
      -bulletins officiels des impôts / doctrine (qui viennent expliciter / préciser les modalités d’application d’un article du CGI)
      -jurisprudence
      -et pour les sujets vraiment très épineux (rare et concerne en général des sujets à très fort enjeu financier) : débats parlementaires (censés aider à apprécier l’intention originelle du législateur), rapports, analyses publiées par experts de tous bords

      Les actifs sont multiformes dans les bilans des holdings aujourd’hui. Financiers comme incorporels : titres de participation, créances, valeurs mobilières, marques…L’idée de taxer une société à raison du niveau de ses participations en prenant en compte les bénéfices objectivement quantifiables ainsi que certains bénéfices « induits » est intéressante mais me semble cependant très difficile à mettre en oeuvre pour les raisons suivantes :

      -les services fiscaux sont en principe toujours obligés de démontrer le bien fondé de leurs réhaussements. En matière de prix de transferts, il n’existe pas de vérité chiffrable avec précision (s’agissant de la vente d’un produit fini à une entité étrangère, on peut l’approcher, mais en matière de facturation de prestation de services administratifs et juridiques, ca commence à se compliquer, et quand tu arrives à la facturation du droit d’utilisation d’un incorporel de type marque ou brevet, la juste rémunération devient très difficile à apprécier)
      -il faudrait démontrer l’existence d’un lien entre la détention de l’actif et l’obtention d’un avantage autre qu’un avantage direct de type dividende ou intérêt d’emprunt. Juridiquement ça me semble compliqué à « faire tenir » dans le cadre d’un contrôle fiscal.

      Pour élargir la réflexion, il me semble intéressant d’évoquer quelques points.

      Les prix de transfert que tu évoques à la fin de ton commentaire : ne pas perdre de vue qu’il n’est jamais question que du partage d’un gâteau entre différents pays ; en opérant une critique des prix de transfert, on ne fait finalement que déshabiller Pierre pour habiller Paul (ou bien on déshabille Paul pour habiller François ;-) enfin c’est comme ça que je vois le truc.

      Quid du niveau de contrôle effectif d’une entité que des participations confèrent à l’entité détentrice? Vaste débat. Qu’est ce qu’un titre de participation, qu’est ce qu’une valeur mobilière? (au plan fiscal s’entend). Aujourd’hui les dividendes issus des titres de participation sont exo d’IS à 95% en France…(c’est légal : régime mère-fille)

      Certaines administrations fiscales -je pense notamment à l’Italie- considèrent les prestations de services rendues par une société étrangère du même groupe à une entité italienne comme des prestations fictives et rejettent régulièrement la charge pour le calcul du résultat. Que penser de ce genre de pratique maximaliste?

      Avant de mettre au point des matrices complexes, penser à contempler (lorsqu’on a la chance d’en avoir un entre les mains…) l’organigramme à jour d’un grand groupe : holding, cascade de sous-holdings, filiales dédiées (centrale de trésorerie, entité abritant le top management, filiales opérationnelles, coquilles vides immatriculées et prêtes à servir pour la réalisation d’une opération unique et aussitôt dissoutes). Voilà pour la partie franco-française, intégration fiscale comprise. Les groupes sont très forts pour dissimuler leurs acrobaties dans les tréfonds d’une obscure sous-filiale, et la prescription nous guette…

      Enfin, au sujet de ces relations entre entités transnationales, la zone de plus grand danger est atteinte par des groupes qui jouent sur les législations fiscales pour se trouver dans la situation suivante : une charge fiscalement déductible dans un pays, et le produit correspondant fiscalement exonéré dans le pays d’en face. Là, c’est le vrai jackpot fiscal.

      Allez, un peu de musique pour se détendre!

      http://www.youtube.com/watch?v=fAO7yYAcIvo

  12. Sb

    Le problème avec les loi anti-trust, c’est qu’ils sont dures a faire appliquer.

    Ça a prix une enquete fédérale pour le monopoles de Microsoft avec le navigateur IE. Je ne parle meme pas de largent depense et le nombre d’année de bataille judiciaire

    Si je prend mon pays(Canada) pendant la crisse de la vache folle, on aurait du voir une chute des prix au comptoirs des viandes pour écoule la viande ‘possiblement avarié’ puisque les éleveur vendait leur viande a un prix ridiculement bas. Mais il n’en fut rien, la viande a même augmente au comptoirs et plusieurs éleveur on décide d’abandonner l’elevage, résultat on n’importe de la viande contaminé des USA.

    C est compliquer a prouver des discutions a huit clos ou sur terrain de golf.

    • yvan

      Non, Sb.
      La loi anti-trust US a fait éclater la Standard Oil. Ce qui donna Esso et Mobil.
      Mais c’était il y a longtemps…

      En 2000, Esso a racheté Mobil…
      Soit, cette loi n’est plus appliquée de façon VOLONTAIRE.

  13. Renard

    Vu d’un autre coté, 147 c’est encore trop.
    Cette étude nous montre une créature en train de muer.
    Première hypothèse : vue par les oligarques, cette crise que nous traversons n’est ni une crise économique, ni une crise financière mais une phase de concentration. A son issue, un certain nombre d’entre elles auront été « féalisées » et sorties du grand circuit. La lutte entre elles est donc à couteaux tirés pour amasser un maximum de richesse, ou pour en interdire l’accès aux concurrentes.
    Seconde hypothèse : nos discours sur le contrôle démocratique leur semblent désormais définitivement dépassés. Celui sur la création d’un gouvernance de la zone Euro serait en revanche celui d’une partie d’entre elles contre un groupe concurrent qui se renforce en les déstabilisant.

    • zébu

      C’est le principe même des luttes oligarchiques …

      A l’inverse, ce qui est très révélateur est que l’effondrement de l’un d’entre eux a été perçu comme un sacrifice permettant de maintenir cette structuration d’intérêts croisés : Lehman Brothers.

      Or, il s’avère que justement, cette analyse au premier degré est fausse, tout simplement parce que la nature même de ces entités ‘croisées’ fait que la perte de l’une d’entre elles n’est pas seulement que la perte d’une entité mais bien la perte, pour toutes ces entités, d’une partie d’entre elles.

      Depuis donc la chute de Lehman Brothers (l’une de ces entités ‘croisées’), perte jugée nécessaire (un peu comme on juge nécessaire de couper un membre atteint de gangrène pour sauver le corps) par le système ainsi constitué, cette perte n’a pas été ‘compensée’, contrairement à ce que le système pensait.
      En clair, le vide qu’a produit la chute de Lehman Brother n’a pas pu être totalement occupé par l’une ou l’autre ou toutes ces entités ‘croisées’, vide persistant qui produit une déstabilisation du système dans son ensemble.

      Cette déstabilisation du système est d’autant plus dangereuse qu’elle induit maintenant le risque de déstabilisation de certaines de ces entités ‘croisées’ et que maintenant, le système sait qu’en aucun cas, il sera possible d’accepter qu’une et à fortiori plusieurs autres de ces entités ne chutent elles aussi : dans le cas contraire, cette fois-ci, c’est le système dans son ensemble qui y passera.
      D’où les stratégies de survie mises en oeuvre actuellement par ce système : tout, plutôt que de risquer de voir sombrer une ou plusieurs entités ‘croisées’ à nouveau et donc le système tout entier.

      Ce que Paulson d’ailleurs avait dit après le sauvetage de Bear Stearns et avant la faillite de Lehman brothers pourrait ainsi être totalement inversé : après la faillite de Lehman Brothers, il n’est plus possible maintenant pour le système d’accepter la moindre faillite d’une des entités ‘croisées’ le composant.

      • Renard

        zébu,
        D’une certaine façon, je vous trouve optimiste : vous persistez à penser que l’instabilité du système ne peut mener qu’à son effondrement.
        Pour ma part, je vois plutôt une instabilité entretenue et exploitée par une partie du système contre l’autre. Elle est avant tout dangereuse pour ceux qui ne peuvent qu’assister en spectateur aux soubresauts d’une machine folle qui risque de les écraser à chaque embardée, par exemple nous.
        L’instabilité est utilisée par exemple pour menacer telle ou telle entité en asséchant ses fonds propres et en l’obligeant à se recapitaliser, c’est-à-dire à se soumettre à telle ou telle autre et à sortir du Grand Jeu. La stratégie est sans doute risquée, elle peut payer.
        Cela dit, ce jour est à marquer d’une pierre blanche, puisqu’il est celui ou vouzémoi, et de nombreux posteurs de ce blog, cessons officiellement d’être complètement paranoïaques. Ce système que nous soupçonnions existe. Nous connaissons sa structure et pouvons nommer certaines de ses parties.
        Merci à Christian d’avoir déniché cette étude et bravo à PJ d’en avoir immédiatement saisi l’importance.

      • zébu

        « je vous trouve optimiste » : pas vraiment …
        Si effondrement de ce système il y a, ce sera sur nos tronches de vouzetmoi. Notamment.
        Et beaucoup moins sur celles de celeszetceux qui sont intégrés dans ces ETN ‘croisées’.

        Bien sûr que j’intègre la possibilité de l’effondrement comme stratégie (‘choc’), mais comme un pari à mon sens non ‘produit’ : seulement une manière pour ces entités de continuer, à effet de levier +++, de réaliser des paris, y compris sur l’effondrement.
        C’est dire le niveau de perversité de la chose et de ceux qui l’animent …

        D’où nécessité non pas d’attendre que tout ceci se casse la gueule (sur nos tronches) mais bien de démanteler, stratégie du choc ou pas, pari ou pas sur l’effondrement des acteurs du système (à fortiori s’ils ont pris ce type de pari).
        Les fous dangereux, on n’attend pas qu’ils commentent un crime : on les enferme et on les soigne.

      • yvan

        Zébu…
        Regardes ce qui se passe. Tu dis toi-même que tout est fait pour essayer de rattraper les morceaux qui risqueraient de tomber.
        Un effondrement nous éviterait BEAUCOUP de morts par révolution.
        Et encore plus par une guerre qui serait souhaitée par les 147 afin de sortir par le « haut ». Eux s’en sortiraient, c’est sûr.

        Donc, la meilleure solution pour les peuples serait l’effondrement.
        Et j’en profite pour rappeler que les 5 années d’occupation de notre pays n’ont pas empêcher de survivre tout de même.
        Nous nous retrouverions simplement dans la même situation avec les occupants en moins. Éventuellement l’armée en plus, mais là, c’est comme partout et toujours : tout dépend de quel coté est l’armée…

      • Olivier

        Ce que Paulson d’ailleurs avait dit après le sauvetage de Bear Stearns et avant la faillite de Lehman brothers pourrait ainsi être totalement inversé : après la faillite de Lehman Brothers, il n’est plus possible maintenant pour le système d’accepter la moindre faillite d’une des entités ‘croisées’ le composant.

        Intéressant…il suffit donc de provoquer la chute d’une seule, une très grosse.
        Quels sont les moyens, à la portée du plus grand nombre, pour la faire chuter?
        Est-ce que l’on peut, par exemple, ouvrir des comptes, dont les montants pourraient servir de « fonds propres » à la cible, attendre quelques mois, puis cloturer brutalement les comptes, voir diminuer le plus possible la quantité d’argent dessus? Ainsi, Est-ce qu’elle pourrait chuter?

      • Itaki75

        Je vois ça page 33 : 34 LEHMAN BROTHERS HOLDINGS, INC. US 6712 SCC 34.43
        ?

    • José

      Coïncidence, 147 est du même ordre de grandeur que le nombre d’états dans le monde. La concentration est là aussi à l’ordre du jour, toujours avec prépondérance des critères économiques: Mercosur, Espace économique européen,etc.
      La comparaison s’arrête là: les composantes firmes s’agglomèrent pour se renforcer, les composantes états le font pour disparaître.

  14. Arnaud

    Cet article n’enterre t’il pas scientifiquement le concept de concurrence « saine » et de marché efficace et omniscient par son hétérogénéité puisqu’au final le système fonctionne avec une « conscience » commune? Le libéralisme économique n’est donc que théorique.

  15. Bibules

    Pour donner vie à cette étude, il me semble intéressant de (re)lire et/ou re(voir) les différentes études des Pinçon-Charlot.
    Car derrière ce mot « actionnaire », il y a au bout des personnes, des familles propriétaires du capitale et qui sont constituées en classe.
    Le Prix de Diane

    • TELQUEL

      Merci ,c’est exactement ce que j’etais en train de penser .Leur livre sur la grande bourgeoisie analyse cela tres bien ,en faite il n’y a pas d’entente a proprement dis mais l’edifice ne tient que par la solidarite de tous.

      • Pierre-Yves D.

        Le pedigree des chevaux, le pedigree des familles, tout un programme.

        Le pouvoir ce n’est pas seulement l’argent, ce sont des attitudes corporelles, un maintien qui comme le dit très bien la sociologue est très contrôlé tout en apparaissant des plus naturel. Cette image que renvoient les corps vivant de la haute bourgeoise participent de leur statut social et le légitime aux yeux de moins nantis qui ne peuvent être que les spectateurs médusés mais fascinés de ce petit monde tout de facilité, d’insouciance et de charmante compagnie. C’est un monde qui ne doit socialement son existence qu’à la victoire du fort sur le faible, mais tout y est si policé …

      • Marc Peltier

        Tout comme l’aristocratie de l’ancien régime, à la veille de la révolution française…

      • Il y a une phrase un peu comme la votre dans le film JFK :

        « Personne n’a vraiment pris la décision, une phrase du genre  » on va faire le nécessaire » a du être prononcée, rien de plus. »

  16. Marc Peltier

    Magnifique travail, rigoureux, implacable, parfaitement ciblé, et en plein dans le mille! La question de savoir où est le pouvoir réel est depuis toujours dans le débat politique, mais on pouvait penser que les réponses étaient fonctions de l’idéologie de chacun. Là, on sait, et c’est aussi implacable que les outils mathématiques qui sont utilisés. Qui pourra discuter les conclusions, directement issues de données publiques sur la structure de capital des entreprises trans-nationales?

    Beaucoup d’entre nous se demandent comment agir efficacement. Voilà une réponse : consacrer tout son zèle à diffuser ce document de la façon la plus large possible. Faire un buzz énorme, pour que la discussion de la réalité ainsi révélée soit incoutournable dans tout débat politique, partout dans le monde. Ca ne règlera pas le problème, mais le fait qu’il soit en pleine lumière mettra chacun au pied du mur, et fera tomber beaucoup de masques.

    Au travail, les petites abeilles : buzz, buzz, buzz!…

  17. scaringella

    Dans un monde qui fonctionne en mode automatique d’apres l’ideologie neo-liberale, tout cela est normal. Et qd des etats des lois sont contre cette ideologie, ils sont le mal incarne. On detruit le pays/etat ou on fait changer les lois. l’ UE est un excellent exemple de neo-liberalisme ou un pays, l’allemagne a baisser les salaires depuis 20 ans ( pour la competitivite ) et augmente la productivite en accaparant toute la plus-value de l’ UE. Elle peut maintenant sortir de l’UE car il n’y a plus rien a gratter. Avec deux ou trois pays vassaux elle peut faire une union.
    L’ideologie neo-liberale est tellement integree par tout un chacun dans son quotidien qu’elle est devenue implicite, c’est l’inconscient de notre monde. Ce blog par exemple fonctionne d’apres cette ideologie mais c’est implicite. Invisible, d’ou la recherche de bouc-emissaires, les banquiers/fianciers (historiquement les juifs donc attention a l’antisemitisme latent ), les trans-nationales ( et l’UE politique c’est quoi ??? L’ UE est le volet politique neo-liberal de l’eco neo-liberale. ) etc … Ainsi on evite de remettre en cause l’ideologie sous-jacente a cette ideologie.

  18. Kerjean

    Si je puis me permettre,

    il y a en Irak prêts de 150 000 militaires privés
    En Afga il y en a un peu plus de 180 0000
    Si on compte tous les autres théatres, on peut en rajouter 50 000

    Soit 380 000 soldats privés. Plus que l’armée Française. D’autant plus que ces soldats disposent d’un armement, de moyens lourds et logisitique qui deraient baver d’envie n’importe quel membre des forces spéciales d’un état riche. Hitler avait déclenché la Nuit des Longs Couteaux pour moins que ça.

    Ces 400 000 hommes sont commandés par d’anciens cadres de toutes les armées mondiales, dont des officiers généraux ont gardé des fraternités d’arme avec les anciens collègues restant dans les état-mjors au plus haut niveau.

    Ces 400 000 hommes , par le jeu des filiales et des contrats, sont contrôlés par une poignée de sociétés, donc d’investisseur donc d’hommes.

    C’est un danger immédiat pour la démocratie.

    • VV!

      @Kerjean

      Très juste et au cœur du sujet.

      Ce phénomène de développement des armées privée est extrêmement inquiétant. La privatisation de la guerre est bien installée dorénavant.

      Ce n’est plus de la science fiction (cf. entreprises PRIVEES spécialisées dans les écoutes et l’espionnage : Libye, Syrie ..etc…). D’ailleurs, ce n’est qu’en raison des troubles que l’on a incidemment appris leur existence. Quid des autres pays « stables » ?

      • Kerjean

        Ce que je crains le plus, c’est leur intervention dans des « accords de sécurité ».

        Imaginons que les plans de rigueur successifs et la mise à l’encan des états génèrent des troubles graves dans un pays, la France par exemple. Imaginons que le pouvoir se fasse déborder, ou pire encore, que la flicaille et l’armée se désagrège entre pro et anti.

        Voilà quelques centaines de milliers d’hommes prêts à intervenir pour faire respecter la « légalité » à la demande d’un gouvernement « démocratique ».

        Voici venir les troupes de la Freedom. Ni responsables, ni coupables. Qu’on peut faire intervenir sans même craindre de mouvement d’opinion dans le pays d’origine. Si les USA envoient des troupes de maintien de l »ordre en France, ça peut faire bondir le citoyen yankee, si la France envoie de la flicaille en Grèce pour aider Papandréou à mater les gueux, ça remuerait méchamment.

        Là, ça serait…personne qui enverrait des troupes venues de nulle part. On pourra même en égorger autant qu’on veut, ça n’emeuvra aucune opinion. L’Irak et l’Afga sont des laboratoires.

      • Nicks

        @Kerjean

        Un scenario maintenant tout à fait plausible. Le monde s’enfonce en Blackwater (en eaux troubles)…

    • hema

      @Kerjean
      Dans le mille

    • José

      Ces mercenaires, nus et affamés, armés d’un simple silex…
      Non, il faut arrêter. Qui les habille? Nous. Qui les nourrit? Nous. Qui les équipe? Nous.
      Indirectement ou directement, en acceptant notre rôle dans le jeu économique de la consommation superflue et de la manipulation du ça, nous devenons complices. L’enfer ce n’est pas que les autres. Avant de pouvoir aller plus loin, nous devons prendre conscience de notre schizophrénie, révoltés et soumis, libertaires et sécuritaires, charitables mais soucieux de notre confort, et qu’alors seulement il sera en notre pouvoir d’abandonner le deuxième masque et de refuser la servitude volontaire; faute de quoi nous ne ferons que passer des bras d’un tyran dans le lit d’un despote.

    • Cécile

      économiquement c’est absurde
      (c’est un jeu gagnant pour les bandits, la mafias, mais pas pour l’économie du monde, où alors je ne vois pas
      s’il me semble la seule question qui vaille est celle de l’usage de notre temps,
      faire en sorte que dans l’usage de notre temps soit convenu et valorisé de nous emmerder tous et chacun, ou de faire en sorte de nous entretuer les uns les autres, c’est économiquement absurde
      autrefois, jadis, on parlait de « l’entendement », un synonyme de raison ..
      je proposerais de remettre ce mot d’ « entendement » au goût du jour

  19. François78

    Un modèle descriptif, aussi adéquat soit-il, est-il un modèle explicatif ?

    Peut on déceler une intention (délibérée, consciente et organisée) qui vaudrait explication ?

    J’en doute, et je me concentrerais sur l’identification si possible de propriétés émergentes d’un système hypercomplexe. En inférant des facteurs dynamiques, trouve t’on un ou des attracteurs étranges qui nous conduisent vers des gouffres insondables ?

  20. chris06

    @Paul Jorion,

    L’article montre que le monde appartient à 147 compagnies aux intérêts entremêlés.

    « Le monde » dites vous? Sacré raccourci! L’article ne montre pas cela.

    L’article montre que presque 40% des 43060 ETN mondiales sont controllées par un groupe de 147 compagnies aux intérêts entremêlés, ce groupe ayant pour ainsi dire l’entier contrôle sur lui même.

    In detail, nearly 4/10 of the control over the economic value of TNCs in the world is held, via a complicated web of ownership relations, by a group of 147 TNCs in the core, which has almost full control over itself. T

    Vu que « le monde », lui, est loin d’appartenir aux 43060 ETN, reste environ 37 millions d’entreprises qui ne sont pas des ETN dans la base de donnée Orbis plus tout ce qui dans le monde n’appartient pas à des entreprises de la base de donnée Orbis, tout ce qui appartient aux administrations publiques, aux collecivités locales, aux particuliers (par exemple une grande partie des logements, terrains, terres agricoles, commerces, etc…), c’est sans doute beaucoup moins d’un cinquième du monde qui appartient à ces 147 compagnies.

    C’est déjà beaucoup trop, mais quand même, « le monde appartient à 147 compagnies » c’est digne des plus ardents défenseurs des théories du complot (Bilderberg, Trilateral commission, etc…).

    Une autre information intéressante est que les 3/4 de ce groupe des 147 compagnies sont des entreprises financières (banques, fonds, assurances…).

    • Pierre-Yves D.

      Chris06,
      Vous jouez sur les mots, avec les chiffres, sans prendre en compte le facteur essentiel, qui est celui du rapport de force.
      Ces 147 compagnies disposent ensemble d’un pouvoir financier qui leur permet d’exercer une influence, un contrôle de l’économie du monde, mais aussi via des relais politiques qui leur donnent le cadre juridique qui sied à leurs intérêts. Vous n’êtes pas non plus sans savoir qu’elle influence ont, la publicité, les industries de la culture et du divertissement (elles-mêmes souvent émanant d’une de ces grandes compagnies) sur nos modes de vie. Alors oui, de ce point de vue, le monde leur appartient.

      • Marc Peltier

        Très juste, Pierre-Yves D.
        L’article ne prend pas en compte non plus les relations de sous-traitance, sans lien de capitalisation, que beaucoup de PME connaissent malheureusement, et qui sont en fait des liens de quasi servitude.

      • chris06

        Et bien faites donc l’étude des rapports de force ou des relations de sous-traitance, si vous voulez montrer que par ce biais ces 147 compagnies contrôlent le monde. En attendant ces résultats, ne dites pas que c’est ce que montre cette étude, puisque ce n’est pas le cas!

      • chris06, si vous n’existiez pas, il faudrait vous inventer. Je crains cependant que je préfèrerais alors déléguer la tâche à quelqu’un d’autre.

      • François Leclerc

        Votre remarque réitérée a été enregistrée ! On passe à autre chose ?

      • chris06

        La précision des propos vous intéresse si peu, seule l’exagération compte?
        Wonderful!

      • juan nessy

        D’une certaine façon Chris 06 devient notre Jducac britanique .

        Is’n it ?

        Mais ils sont utiles tous les deux , comme sont utiles les gardes fous .

        Jusqu’au jour où les fous s’avèrent ne plus être du côté où ils les gardent .

        J’attends que l’un et l’autre me prouvent que j’ai tort ! …

      • écodouble

        Chris06 travaille peut-être chez Barclay.
        Si c’est le cas, alors il nous surveille, en douce.

    • zébu

      Chris, encore une fois, comme sur le débat concernant les détenteurs d’assurance vie, tu ne perçois toujours que les apparences et pas le fond du sujet : on se contrefout que le monde ne soit pas ‘effectivement’ (au sens ‘objectif’ platonicien : en apparence, statistiquement) détenu par ces 147 ETN.
      L’existence même d’un global network, en tant que fait social total, nous importe ici.

      De plus, regarde ce que ‘produisent’ ces ETN : « Une autre information intéressante est que les 3/4 de ce groupe des 147 compagnies sont des entreprises financières (banques, fonds, assurances…). »
      Et dis moi, alors, si ces 147 ETN ne contrôle pas … le monde ?

      • chris06

        Non, elles ne contrôlent pas le monde, elles contrôlent 4/10 des ETN mondiales. C’est déjà beaucoup trop et il ne sert à rien d’exagérer outrageusement les résultats d’une étude pour lui faire dire ce qu’elle ne dit pas.

      • Mike

        Zébu est, comme chacun d’entre nous, aveuglé par une représentation qu’il aimerait faire coller à la réalité.

        Chris 06 pense, parce qu’il va dans les coins et qu’il dit non.

        Tous les systèmes de pensée sont en réalité des systèmes pour éviter de penser.

      • vigneron

        @Lièvre variable du haut Menton

        On est bien d’accord, elles ne contrôlent pas toutes les garennes, dont, j’imagine, la tienne…
        Sauf que 40 % c’est bien une putain de position dominante, du genre oligopole en fait authentiquement monopolistique dans son fonctionnement cartélisé comme dans son pouvoir de nuisance et racket sur les garennes ou garrigues censément préservées, non ?
        Sinon comment expliquer alors l’hyperpuissance US, jamais aussi affirmée qu’aujourd’hui et leur domination mondiale toujours irréductible, avec un Pib à crédit d’à grand peine 20 % du PIB planétaire et une note S&P au niveau de la Belgique bientôt à terme d’Yves Camille Désiré Leterme ?
        Et en politique, avec 40 % des suffrages assurés, ben t’es le roi-carotte, mon lapin, et dans le bizness roi du pétrole.

      • chris06

        @vigneron,

        Sauf que 40 % c’est bien une putain de position dominante

        bien d’accord que c’est beaucoup trop.

      • zébu

        @ Chris 06 :
        Tu réponds pas à la question (as usual).
        Je répète : si ces ETN ‘croisées’ contrôlent 40% des ETN mondiales et que les 3/4 de celles-ci contrôlent la finance, finance qui contrôle le monde, dis moi qui contrôle quoi.

        Ensuite, on peut toujours dire ‘effectivement, elles ne contrôlent pas le monde entier’.

        Contrôle la ressource qui alimente le monde et tu contrôles le monde. Point.

      • blob

        >Chris06

        Je crois que vous n’avez pas compris ce que vous avez lu.

        Je vous recommande de lire Networks chez Oxford university Press de Mark Newman.

        Vous comprendrez un peu mieux après cette lecture la notion de Small Word dans les graphes…

        C’est un article tout à fait intéressant par ailleurs: ces notions de réseaux aléatoires et de systèmes dynamiques pouvant s’y dérouler à des conséquences passionnantes, dans une multitude de domaine.
        Je pense que c’est loin d’être juste une nouvelle mode en physique: il y a réellement là quelques choses de profonds comme je peux le constater à la lecture d’applications de ce domaine en génomique ou en mécanique statistique.

      • Tigue

         » Les besoins du cerveau sont importants car, même s’il ne représente que 2  % de la masse du corps, cet organe reçoit 20  % du débit sanguin et consomme 20  % de la quantité d’oxygène utilisée par notre organisme.  »

        http://www.assistancescolaire.com/eleve/4e/svt/reviser-une-notion/le-cerveau-un-organe-fragile-la-perturbation-du-fonctionnement-du-systeme-nerveux-3sad04

        Si ces entreprises représentent un système organisé, et si son poids est de cet ordre, alors il remplit une fonction importante.
        On peut voir cette fonction comme un  » asservissement  »
        On peut la voir autrement : le cerveau asservit t il les autres organes ?
        Dans quel but ? Un but commun possible ?

      • chris06

        @Zébu,

        si ces ETN ‘croisées’ contrôlent 40% des ETN mondiales et que les 3/4 de celles-ci contrôlent la finance, finance qui contrôle le monde, dis moi qui contrôle quoi.

        Non, les 3/4 de ces 147 entreprises qui contrôlent 40% des entreprises transnationales mondiales sont des entreprises financières. C’est tout ce que dit cette étude.

        Que vous disiez qu’elles contrôlent la finance qui contrôle le monde, c’est une représentation qui vous appartient. Je ne la met pas en doute, mais ce n’est pas ce que dit cette étude.

      • chris06

        @vigneron,

        Et en politique, avec 40 % des suffrages assurés, ben t’es le roi-carotte, mon lapin, et dans le bizness roi du pétrole.

        sauf qu’en politique il s’agit d’un parti, ou d’une personne, qui devient le roi-carotte s’il obtient 40% des suffrages.

        Ici, il s’agit de 147 compagnies. Forment elles un « parti », un bloc homogène capable de prendre des décisions communes?

        Je sais bien que les adeptes des théories du complot diverses et variées en sont convaincus, mais en quoi cette étude le démontre t’elle?

      • Cavalier Ponzi

        Je ne comprends pas très bien le sens de la polémique à l’égard de Chris, que ces Corporates contrôlent 40 ou même 60% des affaires (par le biais des paradis fiscaux) , ce n’est qu’un secret de Polichinelle depuis des lustres.
        Tout le monde ici a l’air de tomber des nues, les cartels ont toujours existé, le mérite de cette étude est d’en chiffrer une bonne partie.
        La grosse concentration de pouvoir comme le souligne vigneron, est aux USA. Cela suffit amplement pour comprendre d’une manière simple pourquoi cette politique mondiale s’impose à tous les autres, de gré ou de force.
        Le jour où les ricains (le gouvernement permanent) n’auront plus cette hégémonie sur la recherche et la créativité, le business et la finance, et pour finir le renseignement et l’armement, le système pourra enfin être réformé vers plus de vraie démocratie, mais même si tout se crashe, ils ne laisseront personne d’autre décider à leur place.

        Le pouvoir le plus structuré et puissant c’est l’Amérique, même blessée par la crise elle imposera ce qu’elle veut ,surtout dans l’épreuve, le reste c’est de la littérature!

      • François Leclerc

        Remontez le fil, c’est plutôt Chris06 qui menait la danse !

    • Merl Mokeur

      @ Chris
       »
      L’article montre que le monde appartient à 147 compagnies aux intérêts entremêlés.

      « Le monde » dites vous? Sacré raccourci! L’article ne montre pas cela.

      L’article montre que presque 40% des 43060 ETN mondiales sont controlées par un groupe de 147 compagnies aux intérêts entremêlés, ce groupe ayant pour ainsi dire l’entier contrôle sur lui même. »

      Le problème est que coeur de l’oligarchie (les 147 méga-groupes) détient l’essentiel du surplus financier et contrôle les trois pouvoirs réels d’aujourd’hui: dans l’ordre la finance, les media et leurs tentacules (instituts de sondage..); enfin le personnel et pouvoir politique. L’oligarchie promeut ceux qui leur sont les plus dociles et les comptes sur les paradis ficaux et planques dorées post-pouvoir peuvent aider.

      Il faut changer de paradigme économique.
      La théorie néo-classique est fondée sur l’Homo oeconomicus: tous égaux à la recherche de leur intérêt personnel.
      En fait on a une société d’Homo hiérarchicus: des classes sociales de plus en plus inégalitaires. La prise en compte de ce fait socio-économique majeur est la principale distinction entre idéologie économique néo-libérale qui l’occulte et la vraie science économique hétérodoxe (Keynes, Marx, théorie de la régulation etc. ) qui le prend en compte.

      • chris06

        @Merl Mokeur,

        Le problème est que coeur de l’oligarchie (les 147 méga-groupes) détient l’essentiel du surplus financier et contrôle les trois pouvoirs réels d’aujourd’hui: dans l’ordre la finance, les media et leurs tentacules (instituts de sondage..); enfin le personnel et pouvoir politique.

        Ces 147 compagnies détiennent l’essentiel du surplus financier? D’où tirez vous cette affirmation? Faudrait faire le calcul, mais je serais très étonné qu’elles en détiennent plus de 20%.

        Quand au contrôle des trois pouvoirs (finance, média, politique), je ne met pas en doute votre affirmation, mais ce n’est en rien la conclusion de cette étude.

      • Vous ne savez pas lire :

         » … nearly 4/10 of the control over the economic value of TNCs in the world is held, via a complicated web of ownership relations, by a group of 147 TNCs in the core, which has almost full control over itself. The top holders within the core can thus be thought of as an economic “super-entity” in the global network of corporations. A relevant additional fact at this point is that 3/4 of the core are financial intermediaries. »

        Plus, la liste des 50 premières d’entre elles à la page 33.

        Je vous croyais de bonne foi dans la discussion de ce matin. Malheureusement vous avez poussé le bouchon un peu loin.

      • chris06

        @Paul Jorion,

        et alors? Il me semble que c’est vous qui lisez trop rapidement. En quoi le fait que les 3/4 de ces 147 entreprises qui contrôlent 4/10 des ETN mondiales sont des entreprises financières (point que j’avais d’ailleurs remarqué dans mon premier commentaire et qui n’avais pas encore été relevé sur ce billet) signifie t’il qu’elles détiennent l’essentiel du surplus financier mondial ou le contrôle des trois pouvoirs?

        Je suppose que par surplus financier, Merl Mokeur voulait dire profit? Quelle part du profit revient à ces 147 entreprises? Elles contrôlent 40% des ETN mondiales, cela ne veut pas dire qu’elles détiennent 40% du profit des ETN, mais moins, et d’autre part les ETN ne détiennent pas 100% du profit, c’est pour cela que j’ai dit moins de 20%. Faudrait faire le calcul.

      • Il semblerait que – comme moi – l’un des auteurs de l’article l’ait lui aussi lu trop rapidement.

        « James Glattfelder, a coauthor of the new work, “take a step back and it’s all flowing into the same few hands.”

      • @ chris06
        Vous ne semblez pas vouloir comprendre comment s’établit un rapport de force.
        Oui, ces 147 transnationales n’ont pas la majorité absolue. Il n’empêche qu’elles ont un pouvoir concentré face à une myriade de petits pouvoirs dispersés, morcelés. Ca fait toute la différence.
        Quand vous êtes un particulier ou une PME face à votre banquier, vous vous écrasez, même si en ajoutant tous les particuliers et PME ensemble, ça fait un poids plus grand. Ils n’agissent pas en bloc, ne sont pas coordonnés, ce qui fait toute la différence.
        De même pour les gros actionnaires vs petits actionnaires dans les AG.
        Autre exemple : les accidents d’avion, de train, les carambolages frappent les esprits car ils sont concentrés alors que les accidents de voitures sont banalisés bien qu’ils provoquent plus de morts et handicaps.

      • chris06

        « James Glattfelder, a coauthor of the new work, “take a step back and it’s all flowing into the same few hands.”

        sans doute, mais le sujet de la répartition de l’actionnariat de ces entreprises au niveau mondial dépasse celui de cette étude.

        On sait qu’il est concentré, mais comment?
        J’ai maintes fois indiqué sur ce blog l’étude de Wolff qui a été faite à ce sujet aux états unis. Je ne connais pas d’études similaires qui aient été faites au niveau mondial. Dommage.

      • chris06

        @fujisan,

        Oui, ces 147 transnationales n’ont pas la majorité absolue. Il n’empêche qu’elles ont un pouvoir concentré face à une myriade de petits pouvoirs dispersés, morcelés. Ca fait toute la différence.

        Ces 147 ETN ne forment pas un bloc homogène, vous raisonnez comme s’il s’agissait d’un organisme capable de prendre des décisions communes face à une myriade de petits pouvoirs.
        Qu’est ce qui vous dit que c’est le cas?
        C’est possible, il y a beaucoup de théories du complot qui circulent là dessus, mais qu’est ce qui vous amène, dans cette étude, à cette conclusion?

      • Dans l’article :

        The top holders within the core can thus be thought of as an economic “super-entity” in the global network of corporations.

      • Nicks

        @Chris06

        Je crois qu’il n’y a pas besoin de faire appel à la théorie du complot. Il y une idéologie dominante et partagée, de puissantes convergences d’intérêts et la dynamique systémique fait le reste sans que ses acteurs en soient toujours conscients…

      • @ chris06
        Pfuuu, vous êtes fatigant.
        Il n’est pas besoin de théorie du complot ni même de concertation pour défendre une cause commune fasse à une « menace », pour défendre les « intérêts biens compris » de tous (qui sont aussi les intérêts particuliers de chacun). Ce qui ne les empêche pas de se faire une concurrence farouche pour éliminer/absorber les concurrents (ex. Lehman Brothers).

    • Renard

      @ Chris06
      Merci de m’amener à formaliser ce que j’ai compris des conséquences de cette étude.
      Les chercheurs du CERN tentent actuellement de mettre en évidence une particule qu’ils nomment le boson de Higgs. La théorie suppose son existence mais toutes les recherches pour la démontrer sont (encore) restées vaines.
      Pour beaucoup des lecteurs de ce blog, la théorie, nous l’avions. Elle prédisait que le capital allait se renforçant et se concentrant en un minimum de mains et que cette concentration se faisait en spoliant un nombre croissant d’individus. Nous pouvions en voir, chaque jour, les conséquences mais n’avions pas trouvé la preuve de cette concentration.
      Désormais, cette preuve, nous la tenons sous la forme d’un réseau de 147 transnationales, structure autonome protégée d’immixtions extérieures par un auto contrôle de participations croisées : un monstre.
      Que cette structure ne contrôle (encore) « que » 40% de l’ensemble des transnationales, que nous ne connaissions pas (encore) le pourcentage de sociétés nationales qu’elle contrôle, que nous n’ayons pas mis de noms sur ses organisateurs ou ses bénéficiaires (selon la façon de chacun de voir les choses) importe peu pour l’instant : nous tenons notre boson de Higgs, notre preuve, nous avions raison. Na !
      Reste en plus que cet étude ne prend pas en compte des modes de contrôle indirect des entreprises (financements bancaires, sous-traitance, …) ou des acteurs humains (médias, politiques, …). Il n’y a donc pas d’exagération à parler de maitrise du monde par une forme qui se superpose à celle des États, dont elle accélère le délitement à mesure qu’elle se renforce.

    • Arnaud

      Chris 6,
      Ce que cette étude démontre c’est l’existence d’un hyper-réseau au sein du capitalisme dont le degré d’intégration en fait une « super entité ».
      Vous postulez qu’il n’y a pas de preuve de la volonté ou d’une conscience commune de celle-ci. Mais reconnaissez qu’on peut cependant supposer son existence car ces sociétés (dont la majorités sont financières) ont des caractéristique de fonctionnement, d’organisation et de motivations et souvent de philosophie ultralibérale communes au delà de cette hyper intégration « technique ».
      Que cette entité ait ou non une volonté hégémonique (consciente ou non, je penche personnellement pour cette hypothèse et vous non) En tout cas l’existence de cette super entité ne peut que rendre le système libéral-capitalise « fragile » et « instable » de par son intégration créant des chaines de propagation de risque. C’est exactement la conclusion d’un des auteurs qui fait un parallèle avec la propagation de virus.
      Cette fragilité « organique » du système qui se superpose et amplifie avec une fragilité physique due à la concentration du capital et aux mécanismes de dettes.

      • José

        Les réserves de chris06 sont tout à fait compréhensibles, et qu’il y ait ou non volonté, consciente ou non, le résultat est comme le rappelle Cavalier Ponzi un secret de Polichinelle. Chercher des responsables à condamner revient à oublier que nous vivons dans une logique de système. Des décapitations ne feraient que déplacer le problème, car nous sommes tous si imprégnés de cette logique que les successeurs sont déjà prêts à prendre le relais; à tous les niveaux nous soutenons le système. L’état actuel de la société n’est pas le fait d’un groupuscule vivant en complète autarcie: nous échangeons avec lui, nous le servons et donc implicitement nous avons accepté ses lois. c’est un peu facile de partir travailler le matin, faire consciencieusement sa journée, rentrer le soir en faisant un crochet par le temple de la consommation, puis s’installer devant son PC pour déverser ses griefs contre les puissants. En attendant l’été suivant pour prendre ses vacances à la plage, l’hiver suivant pour les sports d’hiver, sans oublier le crochet par le temple de la consommation. Moi j’appelle ça cracher dans la soupe.
        Non. Sortir des circuits traditionnels, devenir un refuznik, convaincre d’autres de rejoindre cette grève; assécher le circuit de la consommation, voilà aujourd’hui la seule façon viable de contribuer, modestement mais sûrement, à un changement. C’est la seule arme qui nous reste, à l’image de celle de Gandhi, à moins que nous préférions le sang.
        Cela implique des sacrifices; mais on ne change pas le monde depuis son canapé
        Nous serons tous enterrés avant d’être d’accord sur le pourquoi du comment du malaise social généralisé.
        Analyser et échanger sur ce que certains ont commencé à faire se révélerait sûrement plus constructif que réfléchir à ce que certains envisagent de penser faire.

      • Cécile

        les libertés (libérales, de l’autorisation et de la permission) nous obligent
        (il y a bien longtemps que l’on en sait, notre Liberté, celle de « Liberté, Egalité, fraternité », avec un L majuscule n’est pas libérale, cette Liberté est une injonction – « un impératif catégorique »

      • Marc Peltier

        @José
        Vous avez tort, à mon sens, de considérer que tout cela étant connu, il n’y a pas d’enjeu dans le dévoilement de la réalité. C’était un secret de polichinelle selon certains (dans ce blog par exemple), mais une paranoïa idéologique pour la majorité, qui préférait ne pas voir ce qui, pensait-elle, ne la concernait pas directement, et qui, comme vous le dites, participait du système par ses actes quotidiens.

        Ce travail scientifique change tout, parce que c’est une preuve, opposable. Il ne s’agit plus de théorie du complot, que l’on évacue d’un haussement d’épaule. Cela fera réfléchir, partout, et même parmi ceux qui ne pensaient pas comme nous, de bonne foi (il y en a!). Le libéralisme avait d’abord gagné la bataille des esprits, avant de s’imposer en pratique. Il est important de le défaire maintenant dans l’esprit de la majorité, pour pouvoir changer de paradigme, condition pour changer vraiment de système économique.

        Ce document est une arme pacifique.

    • 40 % d’un parlement uni contre 60 partis à 1%, (ou 15% vs 85000 partis à 0.001%), ça s’appelle controler le parlement. Quand votre option a par défaut mille fois plus de de soutien que n’importe quelle autre, elle occupe toute la place.

    • Günther

      C’est une étude très intéressante mais je suis d’accord avec chris06, l’expression utilisée (147 compagnies contrôlent le monde) n’est pas ce que montre cette étude.

      De plus, l’étude précise bien qu’aucune étude scientifique n’a pu démontrer à ce jour que cette super-entité agissait comme un bloc et que le sujet de cette étude n’est pas de le démontrer mais de donner une méthodologie pour des investigations futures.

      Pour le moment c’est donc plus une hypothèse qu’autre chose

  21. Mike

    Joli job.

    Nous avons là en quelque sorte une description du cerveau du monstre… un peu comme narré dans le tryptique BD « SOS bonheur »…

    Amusant de voir que cette brillante étude sorte de l’EPFZ, haute école d’un pays qui symbolise un peu cette oligarchie, à l’instar de la City ou de clubs select .

    Cependant je suis totalement convaincu que cette image d’un système (disons à 147) n’est pas le moins du monde le résultat d’un calcul mais la conséquence de facteurs à fort taux de variabilité. Une mise au jour à postériori : résultat X à un moment T.

    Parrallèle : pensez-vous que Bach avait préétabli son extraordinaire système contrapunctique avant de produire ses oeuvres. Non, même si avec l’âge son contrôle de la chose devint de plus en plus phénoménal. Sans perdre de vue qu’il était lui-même enfermé dans un système tonal (le tempérament) déjà faussé par la rationalisation des hommes.

    Et puis certains paramètres fondamentaux ne sont pas évoqué dans cette étude – pétrole, armes, médias… le vrai pouvoir, même si on pourra toujours arguer du fait qu’ils ne sont que des sous-ensembles de certaines des branches de ce PLAN GLOBAL.

    Bref, dire, à partir de cette étude, que Marx avait raison….

  22. Arnaud

    Commentaire surement simpliste
    Si une conscience commune régit notre joli monde, celà ne le rend il pas intrinsèquement fragile, par suppression de l’altérité et de la diversité des choix et donc d’équilibres entres forces antagonistes? par comparaison avec la nature ça semble évident.
    Sur le plan sociologique il faut une lutte des classe pas trop déséquilibrée pour que le système tienne sur au moins plus d’une patte et/ou qu’il devienne symbiotique (peut être l’a t’il déjà été ?).

  23. coco

    il y a une solution à ce problème (« le monde dirigé par une poignée d’hommes ») qui je crois a été raconté dans un livre de Dino Buzatti…
    ( un livre que j’aimerai d’ailleurs bien lire si quelqu’un a une idée du titre)

    Le thème de ce livre est, je crois, celui-ci:
    « Un jour, on découvre que les hommes les plus puissants de la planète meurent mystérieusement… Et idem pour ceux qui les remplacent »

    J’avoue que l’idée ne me parait pas désagréable… Si jamais un dieu quelconque pouvait s’occuper des quelques 1000 hommes les plus puissants de la planète (et de ceux qui les remplacent), je suis sûr que le monde prendrait une toute autre direction……. philosophique.

    • gotoul

      Il me semble qu’il s’agit d’une des nouvelles de  » Le K »

    • Tigue

      Je crains fort qu’ ils n’ y aient pensé bien avant vous…

    • Vincent Wallon

      I had a dream :-)
      ça pourrait peut-être aider à faire changer la peur de camp, mais suis pas certain que ça fasse grandir l´Humanité. J´ai pas tranché encore ceci dit, mais je crains que ça ne relève de « La fin justifie les moyens » qu´il a pas été bon d´entendre de quelque côté que ce soit.
      Il faut dire que même parmi des personnes qui semblent si aveugles et dénuées de toute empathie et d´un minimum de sens commun, je ne suis pas certain que ce soient tous des salauds conscients, ils vivent dans une bulle, un rêve, une ambition, une jouissance du pouvoir, … que sais-je encore. Ce sont eux qui ne peuvent pas comprendre, pas ces abrutis de prolos comme ils le croient.
      Des avis ?

    • coco

      merci pour « le K » je vais l’acheter….
      à vincent Wallon et aux autres qui liront….
      je me pose la question.

      Pour quoi la vie d’un puissant serait -elle plus importante que la vie d’un humble?
      Dans le cas de la Libye, par exemple, n’aurait-il pas été plus efficace de supprimer, lors d’un banquet organisé à l’Elysée par exemple, Kadhafi et des membres de sa famille influentes (une trentaine de personnes) plutôt que de guerroyer et de faire des centaines voir des milliers de victimes?

      Toute ma scolarité, les profs nous disaient « vous êtes nuls » « vous n’arriverez à rien » et maintenant on continue avec nos « z’Hommes Politiques » qui nous appellent les « Classe moyenne » ou « la france d’en bas »…. des ces journalistes qui sont incapables de poser une question un peu dérangeantes et qui nous traitent de « non-sachants » ( allez-voir le classement « liberté de la presse » de la France sur reporter-sans-frontière »… On est 44eme, derrière même des pays …., et on chute, on chute)

      P….. !!!!!
      je me sens plus humain que la plupart de ces hommes politiques morne, gris et sans joie,de ces puissants qui ont des bandits manchot à la place des pupilles, de ces « journalistes beni oui-oui »

      alors oui… je ne suis pas sûr que si nos « z’élites » étaient mystérieusement éliminés cela ferait grandir l’humanité……

      Mais ce que je suis sûr, c’est qu’avec des « z’élites » de cet acabit, ça ne la grandit pas….
      cette humanité….

      • rodj

        Je préfère, à la mort mystérieuse des puissants, cette nouvelle de Clifford D. Simak où deux hommes d’affaires qui, la veille se félicitaient intérieurement d’avoir roulé leur partenaire en affaires , se réveillent tenaillés par un sentiment étrange qui les poussent à se téléphoner au même instant pour s’avouer réciproquement leurs intentions cupides. ils constatent rapidement au vu des nouvelles du jour qui se répandent, qu’un mal mystérieux s’est diffusé comme un virus à tous les habitants de la planète les empêchant d’agir autrement qu’avec une parfaite probité.
        ils en concluent, téléphone encore en main, que la fin de la civilisation qu’ils connaissent a sonné.

      • Cécile

        combien de fois nous sommes nous fait traiter d’irresponsables (avant d’être taxés)
        irresponsables patients (hop une réforme sécu) , citoyens irresponsables (et hop le congrès absout notre référendum contre le traité constitutionnel européen) , consommateurs irresponsables (la taxe carbone n’est pas encore passée, mais pff …

        Par contre le marché qui lui est vraiment « irresponsable » ?

    • Tigue

      Très très mauvaise idée.
      Je crains fort qu’ ils y aient pensé bien avant vous, qui êtes comme chacun ici, un petit ou un gros noeud sur la toile de la résistance….

      • coco

        mais qui « ils »
        je ne comprends pas cette phrase
        « Je crains fort qu’ ils y aient pensé bien avant vous,  »
        pouvez-vous être plus explicite?

      • Vincent Wallon

        Oui coco, soyez plus précis s´il vous plaît Tigue.

      • Tigue

        Les schemas dans l article ne sont jamais que des « graphes sociaux  » particuliers . Si on remplace « entreprises » par « sociétés humaines » et si on remplace « ils  » par  » les interrets privés decrits ici apres http://www.pauljorion.com/blog/?p=28039 , alors ont peut imaginer que c’ est possible.
        D’ ou ma crainte.

    • Merlin II

      @coco
      Hélas ce n’est pas 1000 hommes dont il faudrait s’occuper
      Le Pb c’est qu’il y a toujours une moitié du monde pour faire chier l’autre.
      Plus sérieusement, j’ai tendance a être structuraliste, et je ne pense pas que cela soit une question d’individus mais de structure. Et on ne change pas les structures. Elles évoluent de leur propre cinétique et des contraintes qui pèsent sur elles. Elles ont leur propres lois, un peu comme les propriétés émergentes d’un système lui-même composé de sous-systèmes.
      Cela me fait bien rire quand on parle de gouvernance mondiale (ou même européenne) alors qu’à l’échelle d’une famille on se dispute pour savoir qui va sortir les poubelles.
      Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire…., mais le résultat est imprévisible, comme dans tout système chaotique, exemple; un buzz sur facebook en Tunisie, et hop, une révolution, à contrario, une famine en Somalie et … rien

  24. Alphonse

    En lisant Tim K, je me croyait être en 1984…..

  25. Vincent Wallon

    Hubert Védrine au B20 (Business 20) à l´instant (en direct sur LCP).
    « Soyons pragmatiques, bâtissons une gouvernance (mondiale) sérieuse, crédible, et voyons par la suite si cela peut se démocratiser »
    On peut pas faire plus clair…Les peuples sont trop cons pour comprendre, ils ont besoin de leaders éclairés pour un temps…

    Va y avoir du sang et des larmes…

    • edith

      j’ai essayé de reprendre l’interview sur LCP, je ne l’ai pas trouvée.

      Alors tu m’excuseras, mais cette phrase sans le contexte ne veut strictement rien dire.

      Je m’explique :

      soit le monde se laisse gouverner par les 147 méga entreprises -pour le temps que ça durera- avec les conflits régionaux qu’elles entraînent etc.
      soit le monde essaie de reprendre les commandes, reste plus qu’à savoir comment.

      • Vincent Wallon

        Pas de problème edith, avec plaisir, vous avez raison d´être exigeante.
        C´est de plus l´occasion de partager un beau moment et se souvenir des visages…

        Voici le lien : EVENEMENT,Débat du MEDEF – J’aime ta couleur B20.

        35´15´´

        Et enfin la question de la démocratie, qui est presque hors de portée parce que le moment est passé où les démocraties pouvaient prétendre être les seules à élaborer la gouvernance collective. forcément, c´est un compromis entre les grands pays installés qui sont en majorité démocratiques, mais pas tous, et les autres qui veulent entrer dans le jeu pour la première fois de leur histoire et qui vont vouloir rediscuter toutes les grandes règles fondamentales de 1945, il faut qu´on soit prêt à ça. Et quant à démocratiser la gouvernance, je dirais on verra plus tard parce que si on passait tout de suite à l´assemblée générale des mations unies en se disant que tous les autres systèmes ne sont pas démocratiques, on est sûr que pour en tout cas 10 à 15 ans, on obtient aucun des objectifs que nous tentons de signaler les uns et les autres. Donc soyons pragmatiques, procédons par étapes, bâtissons une gouvernance sérieuse et crédible et on verra comment, après, ultérieurement, ça peut peut-être se démocratiser.

        Sur la démocratie, je ne négocie plus. Et particulièrement au moment où d´autres par contre se posent sérieusement des questions sur les vertus de la démocratie dans un capitalisme mondialisé et obtenir la merveilleuse flexibilité à tous les étages.

      • edith

        merci beaucoup Vincent, j’ai pu écouter l’ensemble de l’intervention de Védrine.

        Il faut savoir qu’il n’est pas homme à avoir une langue de bois. Voilà une des raisons pour lesquelles je l’apprécie.

        Je préfère que l’on me dise clairement que la démocratie n’existera pas lors de l’instauration d’une gouvernance mondiale, les raisons étant très limpides : il y a tant à remettre d’aplomb dans ce chaos actuel, que tout sera fait sur les bases de compromis entre les nations et qu’il est utopique de le faire dans un premier temps avec des consultations populaires.

        Il n’est pas tendre avec les entreprises, lorsqu’il explique qu’il est illusoire qu’elles pensent pouvoir gouverner le monde à la place des institutions publiques. Il leur demande même à mots couverts de ne pas se mettre en travers lors des tentatives de gouvernance mondiale.

        H Védrine prend le soin de dire qu’il n’y aura pas de « gouvernement mondial » tel qu’on peut se l’imaginer, il s’agira de reprendre en main la dérégulation où tout un chacun, privé, public, fait se qu’il veut, pour remettre la régulation au goût du jour. Ecologie, utilisation des matières premières etc. seront certainement les premières prises en main. Chaque pouvoir politique devra arriver à un consensus.

        De toutes manières, ce sera cela ou des guerres régionales, injustes où ce seront les capitalistes qui mèneront la danse pour le plus grand de leur intérêt.

        Ca n’est pas que cela m’amuse, loin de là, mais ainsi que le dit Védrine : il y a les mondialisateurs et il y a les mondialisés … et pour l’instant, nous sommes les mondialisés.

        Après, si nous trouvons mieux pour garder notre indépendance, il va sans dire que j’y adhèrerai sans discussion.

        Je voudrais rajouter ceci : il n’y a pire ennemi pour le capitalisme financier qu’une gouvernance mondiale, c’est à dire une régulation. C’est sans doute pour cela que l’on voit surgir sur le net des vidéos épouvantablement mauvaises sur le NOM, les sectes, les illuminatis etc.

      • Charles A.

        Merci Vincent de mettre en lumière le petit lieutenant Védrine,
        racaille du capital, comme tous les serviteurs de Mitterrand.
        Ses propos, comme toutes ses actions antérieures,
        le situent dans le camp des minables couchés, les sabre-peuples.

      • edith

        Bon d’accord Vincent et Charles, oublions H Védrine et passons au coeur du sujet qui nous intéresse.

        Comment réglez vous ce problème (car ceci en est un) :

        Total en Libye ― le petit roque des pétroliers occidentaux (1/2)

        http://petrole.blog.lemonde.fr/2011/09/01/total-en-libye-%e2%80%95-le-petit-roque-des-petroliers-occidentaux-12/

        la partie 2 à venir concerne :

        Exxon en Russie ― le grand roque des pétroliers occidentaux (2/2)

      • Tigue

        @Edith , Vous dites « soit le monde se laisse gouverner par les 147 méga entreprises -pour le temps que ça durera- avec les conflits régionaux qu’elles entraînent etc.
        soit le monde essaie de reprendre les commandes, reste plus qu’à savoir comment. »

        C’ est qui  » le monde  » ?
        Est ce que cette entité est définie ?
        N essayez vous pas plutôt de faire exister (à defaut de définir) une chose fonctionnelle organisée « en image miroir » face à l’ entité organisée et fonctionnelle des 147 entreprises financiarisées ?

        Ce que dit le ministre c’ est que cette chose doit se construire de façon pragmatique (en utilisant ce qui existe aujourd’ hui), sinon il n’ y a rien en face de l entité définie. Il dit que si l’ on attend l’ installation de la démocratie pour la construction de la chose, on perd du temps, on perd la partie (en face, les choses se font, très vite et se consolident).

        Les relations entre états sont des relations de force, (ça c’ est le « comment ») et n’ ont rien a voir avec les relations pacifiées démocratiquement intra états.
        C est comme comparer la bonne gestion d un ménage avec la bonne gestion d’ un état pour justifier l absence de déficit. C’ est profondément faux. Et très injuste pour ce ministre qui me semble parler vrai, n en déplaise a Charles qui ne manquera pas de nous recommander de couper maintenant les dépenses militaires, de lâcher maintenant notre independance énergétique nucléaire ( voir dépeçage d’ Areva), de dénoncer maintenant nos coopérations pour nos approvisionnements combustibles , au motif de grandes idées pendant qu’ en face ils sont écroulés de rire en écoutant nos ayatolettes vertes ou rouges qui veulent nous faire Hara Kiri Maintenant, a ce stade de la mondialisation.
        Heureusement qu on a des gens comme ce ministre, des hommes d’ état.

      • Vincent Wallon

        @edith

        Z´êtes gentille de nous demander de régler par une sentence un problème qui est connu depuis le Club de Rome dans les années 70 et qu´aucune politique quelconque n´a jamais ne serait-ce qu´abordé sérieusement. Merci de la confiance que vous nous portez, mais si vous cherchez en moi un faiseur de miracle (un Dieu, un César ou un tribun) je ne suis pas surpris que dans la panique de voir votre monde s´écrouler vous soyez prête à dire « basta, la démocratie on verra plus tard ».

        Alors quand des mecs comme Védrine viennent nous dire que nous souffrons de trop de démocratie, je lui hurle qu´au contraire nous souffrons de pas assez de démocratie. Je prétends que dans un système réellement démocratique et autogestionnaire, jamais des gens normaux et informés n´auraient accepté le milliardième des coups tordus réalisés au nom du pétrole au service d´un certain modèle de « développement » et surtout au service de quelques fortunes bien mal acquises sur le sang de millions (pour ne pas dire milliards sur le temps) d´êtres humains.
        Je botte en touche, je le reconnais, mais n´attendez pas de moi un programme en 15 20 ou 30 points, jamais un anar ne pourra vous donner un programme, mais il pourra donner quelques principes d´organisation visant à annihiler toute forme de domination pour des rapports humains enfin libres, égalitaires et fraternels toujours à construire et faire vivre.

      • Vincent Wallon

        @tigue

        Les relations entre états sont des relations de force, (ça c’ est le « comment ») et n’ ont rien a voir avec les relations pacifiées démocratiquement intra états.

        Oui tigue, vous avez raison, comme Védrine. Vous êtes réaliste, c´est un fait de toutes façon. Il suffit de regarder l´Histoire de la géopolitique pour dire : « C´est ainsi »…

        Seulement voilà, lorsqu´un « dirigeant » ou une « équipe » de « dirigeants » prend une décision concernant un autre pays, je ne me sens pas du tout informé, associé ni même représenté. Ils prennent sans doute ces décisions en toute connaissance de cause, pour des raisons humanistes (mon cul) et nous sommes trop bêtes et ignorants pour comprendre. Ben justement, faites en sorte que nous soyons moins bêtes, informés nous pour de bon. Vous qui prônez la transparence sur les marchés, prônez la transparence partout, pour toutes les questions concernant le « vivre ensemble ».
        On nous dit : « La démocratie ne va pas assez vite pour les marchés, laissons tomber la démocratie ». je préférerai. Ralentissons les marchés, muselons les et mettons les une fois pour toute sous le contrôle de la démocratie. Ralentissons, prenons notre temps.
        Évidemment, je ne crois pas possible que cela se fasse avec nos « représentants » actuels sans une intervention massive et décisive des populations mondiales, et cela, personne ne peut le décréter, cela sera ou ne sera pas.

      • edith

        @ Tigue

        Tout à fait, je ne sais pas comment nommer cette entité ni comment la définir, par contre vous commencez à fort bien le faire.
        Il va sans dire que je n’ai pas les compétences pour résumer les propos de Védrine, mais j’ai tout de même eu le culot de le faire avec mes mots :-)
        Et surtout, je souhaiterais que si il y a contestation ce ne soit pas sur le nom d’une personne mais sur l’idée même, ce qui sous entend des contre arguments que j’attends toujours …

        Pour finir, j’ai lu beaucoup de livres écrits par H Védrine, et peu de ses idées m’ont contrariée.
        Il me semble que c’est une personne de valeur (pourtant je ne suis ni Mittérandienne, et je n’ai voté socialiste qu’à partir de 2007)et les histoires sur les clubs bidelmachin et autres siècles ne me font aucun effet.

      • Vincent Wallon

        @edith

        Comme visiblement on ne se comprend pas, je vais tenter d´aller un peu plus loin, ou par une autre voie plutôt.

        Concernant le problème du pétrole.
        Nous savons tous au moins depuis les années 70, mais depuis toujours pour un mathématicien ne croyant pas à la découverte infinie d´autres planètes, que le pétrole est fini. Et désormais à très brève échéance. Et que trouvons nous à faire ? Nous nous battons pour les dernières gouttes sans chercher à travailler d´arrache pied à une modification radicale des modes d´utilisation et de production énergétique. Et pourtant, les optimistes disent que c´est un boulot pour au moins 50 ans et qu´on est pas certains d´en avoir le temps et on croise les doigts pour ne pas avoir déjà déclenché des dynamiques de transformation planétaires potentiellement désastreuses.
        Et qu´on ne vienne pas me dire que nous avons compris. Y´a qu´à voir l´attitude des « dirigeants » sur les gaz de schistes et le peu de monde qui se mobilise pour contrer ces projets déments (les religieux diraient démoniaques).

      • Renard

        @ edith
        Comment nommer cette entité ?
        Je voudrais proposer un nom issu de la mycologie (merci à Wikipédia).
        De nombreux champignons sont unicellulaires, par exemple la levure, et se contentent de se multiplier par bourgeonnement ou scissiparité (j’adore ce mot), d’autres forment des filaments.
        Le mycélium est un réseau de filaments, qui se croisent, s’entre croisent se combinent, s’étendent. Comparable au stade d’une moisissure, c’est ainsi qu’on pouvait se représenter le système financier-commercial jusqu’à la parution de cette étude.
        Sur certains mycéliums, il arrive que se développe un primordium, lieu de concentration et de différentiation cellulaire, qui va se développer jusqu’à former le carpophore, le champignon que nous cueillons ou fuyons dans les bois.
        Dans la comparaison que je vous propose, il me semble que nous en sommes au stade du primordium, qu’une forme est en train de se différencier dans le réseau capitaliste mondialisé et de drainer vers elle, pour poursuivre son développement, une partie toujours plus grande de la richesse prélevée par l’exploitation conjointe des richesses naturelles (renouvelable ou non) et de la sueur humaine…
        Je propose donc le mot « primordium » pour nommer les 147.
        Je propose surtout un débat concours entre les lecteurs de ce blog pour lui donner un nom, chaque nom étant forcément une interprétation que l’on se fait de l’entité en question.

      • edith

        @ Vincent
        Alors là, je suis entièrement d’accord avec toi !
        Rien n’a été entrepris (tout au moins que nous sachions) en matière de recherche énergétique qui nous débarrasserait de ces foutues dernières gouttes de pétrole, pour lesquelles les gens ne représentent que de la chair à saucisse.

        Sachant que les sociétés pétrolières sont les plus riches d’entre toutes, nous savons à peu prés d’où vient le problème.

        Et là, je rejoins le début de notre sujet, si rien n’est fait pour réguler ce fameux foutoir mondial où les plus puissants se servent violemment pour prendre ce qu’ils veulent, nous allons droit à la catastrophe.

        Les évènements depuis les années 90 (guerre du golf) en sont un aperçu.

        Bon après, moi je ne fais que tatonner, je lis le pour le contre et j’essaie de réfléchir.

  26. edith

    Mon intuition à moi, rien qu’à moi, me conseille de relire « la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf ».
    Le boeuf représente la planète et ses 4.500 milliards d’années, sa faune sa flore et l’humanité,
    La grenouille représente ces 147 bidules.

    La terre a vécu des mutations terribles, et les êtres lui ont survécu.
    Et ça n’est certainement pas 147 billes qui vont façonner ces prochaines mutations.

    signé : Judex !

  27. Vincent Wallon

    Les marchés vont-ils plus vite que la politique.
    La réponse est oui, bien entendu, car vous les entreprises, vous pouvez vous adapter beaucoup plus vite.

    Une dame au B20 qui est ou a été ministre des affaires étrangères en Grèce.

    Ben ouais, c´est sûr, les dictatures sont plus flexibles (j´avais mis « souples », mais cela aurait pu passer pour une figure littéraire, « flexible » est plus nov´langue donc dans l´air du temps) que les démocraties, même embryonnaires dans le cadre d´une économie basée sur les rapports de force.
    La question reste néanmoins, la dictature est-elle meilleure pour l´Humanité ?
    Posez la question une bonne fois pour toute, on sera fixés au moins, on saura que tout idéal doit être abandonné et que nous devons nous en remettre aux bons soins de nos Dieux et Maîtres.

  28. Ci-dessous le coût français de l’intervention en Lybie.
    Voici un investissement trois fois profitable!
    1. La dépense est une commande directe à l’industrie de défense. Les biens achetés sont détruits immédiatement: aucun engorgement, aucune surproduction.
    2. Cette dépense cause toutes sortes de dégâts nécessitant une reconstruction dont une partie sera à nouveau une commande pour nos amis les industriels travaillant pour la demande d’Etat.
    3. Le tout réoriente vers le pays dépensier les flux de matières premières.

    C’est le cercle vertueux de la guerre, j’imagine.

    Article « La guerre en Libye aura coûté 320 millions d’euros, selon Longuet »
    LEMONDE.FR Avec AFP | 06.09.11 | 16h23 • Mis à jour le 06.09.11 | 19h41

    (…)
    En marge des journées d’été de la défense, le ministre de la défense, Gérard Longuet, a indiqué mardi 6 septembre que le coût total de l’opération en Libye pour la France pourrait être estimé à 320 millions d’euros au 30 septembre. Cette somme ne sera pas prélevée sur le budget de la défense, mais « mutualisée dans le budget global » de l’Etat, a-t-il dit, en indiquant avoir obtenu un arbitrage en ce sens du premier ministre, François Fillon.

    …On attend le débat sur la démilitarisation de la société!

    • En fait cela ne coûtera rien
      C’est extraordinaire , on casse ce pays , ces infrastructures, le CNT réclame l’argent des avoirs Lybiens , enfin ce qu’il en restera après que l’on se soit servi, vous savez dans ces affaires l’argent s’évapore , regardez en Irak on recherche quelques milliards de dollars qui devaient servir à la reconstruction du pays, même les militaires Américains se sont servis , il y a quelques lampistes en prison.Donc avec l’argent des avoirs Lybiens on reconstruit le pays avec nos multinationales du BTP, cela c’est juste pour l’entrée pour le plat principal(le pétrole, on verra après , elle est pas belle la vie . Belle affaire

    • Charles A.

      Longuet, vieux routier d’extrême droite, laisse entendre que c’est un bon investissement pour l’impérialisme françafric.
      C’est exact, vu le saccage attendu du pays, ne serait-ce que par le pillage du pétrole.

      • Vincent Wallon

        J´ai essayé de lire l´article, mais la photo m´a fait fuir et fermer l´onglet plus vite qu´il ne s´est ouvert.
        Vous aurez compris qu´il vaut mieux pour lui et moi que nous ne nous rencontrions jamais.

      • Vincent Wallon

        Pasqua en 1986:
        « Certains nous disent un charter c´est trop, moi je dis si demain je dois faire un train, je le ferai »
        Longuet l´a fait Charlie… Avec la complicité de la RATP…
        Z´allez payer les mecs, je vous je promets !
        Pour Malik et tous les autres.

    • Fab

      Leboutte,

      1. « 1984 » (il me semble) : la défense (rien que le nom m’amuse) est une ponction : les citoyens n’en revoient pas la couleur : pratique pour éliminer l’excédent de richesse produite.

      2 et 3. Of course !

      « On attend le débat sur la démilitarisation de la société! » : oui. Et également sur la déministérisation de la société.

  29. renou

    @@ » Il sera mis en application concrète dès 2017 par la population elle-même car les altermondialistes et les multinationales auront pactisé pour leur meilleur et pour le pire (du courant libertaire). Les firmes, entreprises, multi- et transnationales auront su s’adapter définitivement à la demande forte de nouvelles normes « éthique et responsable pour une symbiose parfaite entre l’homme et la nature ». provenant des altermondialistes depuis des années en premier et acceptée passivement par toutes les personnes sensibilisées à la question environnementale dès leur plus jeune âge. D’ailleurs, à ce propos, l’énorme buzz qu’avait crée le film « Home » de Yann-Arthus Bertrand sera considéré comme l’acte fondateur qui aura « mis sur la bonne voie » des centaines de milliers d’enfants dans le monde. Les bénéfices n’auront plus lieu d’être, c’est la symbiose homme-nature désormais qui obsède! L’écologisme comme seul prisme pour découvrir le monde sera la clé et surtout la clé de la réussite pour les apparatchiks du nouveauSystème Transnational Globalisé et Démocratique. Ces derniers auront enfin pris le droit de traiter les citoyens du monde comme on les a toujours traités. Mal, grossièrement, de façon humiliante et de toutes façons de manière complètement partiale. Ils deviendront les pires éducateurs de normes d’après-demain, ils s’autoproclameront les « garants du bien-être et de la symbiose parfaite avec la nature » et protègeront les gros, les vieux, les laids, les bordéliques, les négligents, les paresseux et les timides d’eux-mêmes. Faut-il encore qu’on sache ce qu’est exactement tout cela… Le droit et la justice auront été sabordé depuis longtemps. Complètement manipulés et travestis par le grand réseau transnational. Les « apparatchi-coatchs » auront toute l’autorité de ce réseau derrière eux pour faire appliquer leur vision du monde.
    Jogging et fitness seront la norme. Cigarettes interdites évidemment. Tout cela sera très bénéfique pour toute personne et pour l’Etat qui aura ,de cette façon, moins de frais de santé à prévoir puisque les gens seront sains. L’argent circulera de façon rapide et efficace grâce à de nouvelles politiques ambitieuses!
    Vêtements, objets, portables, tout sera scrupuleusement distribués selon l’empreinte carbone. L’Objectif parmi les objectifs. Officiellement, personne ne méritera une empreinte carbone plus grande qu’un autre, chacun sera sur un pied d’égalité. Officieusement, seuls les plus dévoués à la cause pourront polluer comme des porcs. »

    – » Un graphiste en pull artisanal boit un cocktail de fruits, entre amis, à la terrasse d’un café ethnique. On est diserts, cordiaux, on plaisante modérément, on ne fait ni trop de bruit ni trop de silence, on se regarde en souriant, un peu béats: on est tellement civilisés. Plus tard, les uns iront biner la terre d’un jardin de quartier tandis que les autres partiront faire de la poterie, du zen ou un film d’animation. On communie dans le juste sentiment de former une nouvelle humanité, la plus sage, la plus raffinée, la dernière. Et on a raison. Apple et la décroissance s’entendent curieusement sur la civilisation du futur. L’idée de retour à l’économie d’antan des uns est le brouillard opportun derrière lequel s’avance l’idée de grand bond en avant technologique des autres. Car dans l’Histoire, les retours n’existent pas. L’exhortation à revenir au passé n’exprime jamais qu’une des formes de conscience de son temps. La décroissance n’est pas par hasard la bannière des publicitaires dissidents du magazine Casseurs de pub. Les inventeurs de la croissance zéro – le club de Rome en 1972- étaient eux-même un groupe d’industriels et de fonctionnaires qui s’appuyaient sur un rapport des cybernéticiens du MIT.
    … – L’insurrection qui vient – La fabrique – 2007 -

    • Oubliez L’insurrection qui vient.
      Ces braves jeunes gens se paient de mots, de style et de prédication. Ils ont tout mon respect, plus que d’autres, mais pas mon assentiment.

      La compagnie Apple et les décroissants ne s’entendent absolument pas. La décroissance est une tentative de rationnaliser l’avenir après l’impasse productiviste qui est certaine, tandis qu’Apple est une entreprise capitaliste prédatrice glamour.

      Notre civilisation productiviste est au bord du gouffre, de l’implosion, ou à deux pas du mur indestructible, le réel, vers lequel elle s’élance aveuglément, sans pilote à bord, Bilderberg ou autres, choisissez l’image qui vous convient le mieux.
      Evidemment qu’un écofascisme est en route, c’est dans la nature du régime, mais les civilisations s’écroulent inexorablement un jour, et toujours très vite une fois le début de la fin enclenchée, aussi doués, féroces et puissants soient les pouvoirs.

      Ici, sur ce blog, nous sommes dans un discours sur le présent. C’est pour ça que je lis Paul Jorion. Dans cette perspective, l’analyse technocratique du noeud papillon des transnationales me laisse assez froid, les esprits un peu clairvoyants ou un peu désintoxiqués n’ont pas besoin de ce nouveau créneau académique made in The Netherlands – en anglais, s’il vous plaît, comme les quatre cinquièmes de l’université là-bas.

      Pour ce qui est de l’avenir, la décroissance selon Serge Latouche est ce qui tient le mieux la route, pas L’insurrection qui vient, je le dis humblement quoique fermement.

      Sans oublier que le réel surprendra les meilleurs analystes.
      …Peut-être un poète inconnu ou un romancier non encore distingué a-t-il déjà décrit une image convenable de ce qui vient. Un expert, ça m’étonnerait!

      Bonne journée!

      • renou

        @Leboutte, La compagnie Apple et les décroissants ne s’entendent absolument pas.
        http://itunes.apple.com/fr/book/le-pari-de-la-decroissance/id373676936?mt=11
        Ils ont l’air très fachés…
        En revanche,
        http://www.apple.com/fr/search/?q=l'insurection%20qui%20vient&section=ipoditunes&geo=fr
        Ceci dit, vous avez raison, le réel est toujours surprenant et son double encore plus…
        http://www.leseditionsdeminuit.fr/images/3/extrait_2566.pdf
        Quant au poète, son rôle n’est pas d’avoir des visions mais d’inquiéter son époque et « l’insurrection qui vient » n’est qu’un poème…
        Cool…

      • alain audet

        @ Leboutte
        Vous avez raison.
        J’ajoute que les oligarques pratiquent la politique de la terre brûlé, il vont s’autodétruire.
        De 147 il vont rapidement passer à de moins en moins et par multiple de dix. Vu autrement quand une monture est épuisé on passe à l’autre mais toujours en additionnant la charge car on ne veut rien laisser derrière si bien que d’une monture à l’autre on va de moins en moins loin.

        Et sous-jacent à tout ces palabres il faut rappeler que nous sommes dans un contexte d’épuisement de toute les ressources, ce que peu de personne vraiment considère et que je répète constamment, cependant ce phénomène recoupe, dans la conjoncture actuelle, tout les autres et va rattraper l’ensemble des sociétés à l’échelle de la planète, il faut planifier en conséquence, ceci dit j’ai hâte de voir la première brique de François Leclerc.

      • Bon, que les anarchistes, les « décroissantistes » et des modélisateurs professionnels soient d’accord sur le fait qu’il y a concentration du pouvoir et centralisation des organisations, cela signifie qu’on tient quelque chose, qu’une common intuition (common sense?) avait saisi. :) Content! Content!! Content!!!

        La science politique devrait s’en mêler. La forme oligarchique de gouvernement a été étudiée en partant de plusieurs bouts; l’approche en réseau permet peut-être de faire se rejoindre les bouts, et la modélisation géométrique d’un phénomène de concentration du pouvoir est très instructive, et a déjà été utilisée spontanément et massivement en sciences politiques (par exemple, Hannah Arendt utilise l’oignon pour décrire le fonctionnement des régimes totalitaires, Les Origines du Totalitarisme T3). Par conséquent, un tel modèle, inspiré de méthodes académiques Made in the NL, n’est pas si dénué de sens que cela, et l’approche qui consiste à projeter les réalités du pouvoir dans une construction en réseau est – en ce qui me concerne – assez convaincante, méthodologiquement parlant. Il est vrai que l’argumentation dans cette article est hermétique au citoyen lambda, car très technique…

        « L’hermétisme » apparent n’est pas une raison suffisante pour écarter l’analyse technique, d’autant plus qu’en l’occurrence, l’analyse technique présentée cherche à faire l’enquête sérieuse sur un « préjugé » du sens commun: celui de la concentration du pouvoir en régime capitaliste dans les mains des capitalistes (reproduction et accumulation). Il faut se servir partout, au contraire, dans Latouche, dans les productions académiques, dans l’insurrection qui vient, dans Marx, dans Jorion… Be inclusive!

      • semaphorum

        merci de nous faire connaître S Latouche ce vannetais objecteur de croissance…
        on trouve sur internet cet article de lui paru dans le monde diplomatique en 2003 qui qualifie bien cette personnalité :

        Absurdité du productivisme et des gaspillages
        Pour une société de décroissance
        Mot d’ordre des gouvernements de gauche comme de droite, objectif affiché de la plupart des mouvements altermondialistes, la croissance constitue-t-elle un piège ? Fondée sur l’accumulation des richesses, elle est destructrice de la nature et génératrice d’inégalités sociales. « Durable » ou « soutenable », elle demeure dévoreuse du bien-être. C’est donc à la décroissance qu’il faut travailler : à une société fondée sur la qualité plutôt que sur la quantité, sur la coopération plutôt que la compétition, à une humanité libérée de l’économisme se donnant la justice sociale comme objectif.
        Par Serge Latouche
        « Car ce sera une satisfaction parfaitement positive que de manger des aliments sains, d’avoir moins de bruit, d’être dans un environnement équilibré, de ne plus subir de contraintes de circulation, etc. »
        Jacques Ellul (1)
        Le 14 février 2002, à Silver Spring, devant les responsables américains de la météorologie, M. George W. Bush déclarait : « Parce qu’elle est la clef du progrès environnemental, parce qu’elle fournit les ressources permettant d’investir dans les technologies propres, la croissance est la solution, non le problème.  (2) » Dans le fond, cette position est largement partagée par la gauche, y compris par de nombreux altermondialistes qui considèrent que la croissance est aussi la solution du problème social en créant des emplois et en favorisant une répartition plus équitable.
        Ainsi, par exemple, Fabrice Nicolino, chroniqueur écologique de l’hebdomadaire parisien Politis, proche de la mouvance altermondialiste, a récemment quitté ce journal au terme d’un conflit interne provoqué par… la réforme des retraites. Le débat qui s’en est suivi est révélateur du malaise de la gauche (3). La raison du conflit, estime un lecteur, est sans doute d’« oser aller à l’encontre d’une sorte de pensée unique, commune à presque toute la classe politique française, qui affirme que notre bonheur doit impérativement passer par plus de croissance, plus de productivité, plus de pouvoir d’achat, et donc plus de consommation (4) ».
        Après quelques décennies de gaspillage frénétique, il semble que nous soyons entrés dans la zone des tempêtes au propre et au figuré… Le dérèglement climatique s’accompagne des guerres du pétrole, qui seront suivis de guerres de l’eau (5), mais aussi de possibles pandémies, de disparitions d’espèces végétales et animales essentielles du fait de catastrophes biogénétiques prévisibles.
        Dans ces conditions, la société de croissance n’est ni soutenable ni souhaitable. Il est donc urgent de penser une société de « décroissance » si possible sereine et conviviale.
        La société de croissance peut être définie comme une société dominée par une économie de croissance, précisément, et qui tend à s’y laisser absorber. La croissance pour la croissance devient ainsi l’objectif primordial, sinon le seul, de la vie. Une telle société n’est pas soutenable parce qu’elle se heurte aux limites de la biosphère. Si l’on prend comme indice du « poids » environnemental de notre mode de vie l’« empreinte » écologique de celui-ci en superficie terrestre nécessaire, on obtient des résultats insoutenables tant du point de vue de l’équité dans les droits de tirage sur la nature que du point de vue de la capacité de régénération de la biosphère. Un citoyen des Etats-Unis consomme en moyenne 9,6 hectares, un Canadien 7,2, un Européen moyen 4,5. On est donc très loin de l’égalité planétaire, et plus encore d’un mode de civilisation durable qui nécessiterait de se limiter à 1,4 hectare, en admettant que la population actuelle reste stable (6).
        Pour concilier les deux impératifs contradictoires de la croissance et du respect de l’environnement, les experts pensent trouver la potion magique dans l’écoefficience, pièce centrale et à vrai dire seule base sérieuse du « développement durable ». Il s’agit de réduire progressivement l’impact écologique et l’intensité du prélèvement des ressources naturelles pour atteindre un niveau compatible avec la capacité reconnue de charge de la planète (7).
        Que l’efficience écologique se soit accrue de manière notable est incontestable, mais dans le même temps la perpétuation de la croissance forcenée entraîne une dégradation globale. Les baisses d’impact et de pollution par unité de marchandise produite se trouvent systématiquement anéanties par la multiplication du nombre d’unités vendues (phénomène auquel on a donné le nom d’« effet rebond »). La « nouvelle économie » est certes relativement immatérielle ou moins matérielle, mais elle remplace moins l’ancienne qu’elle ne la complète. Au final, tous les indices montrent que les prélèvements continuent de croître (8).
        Enfin, il faut la foi inébranlable des économistes orthodoxes pour penser que la science de l’avenir résoudra tous les problèmes et que la substituabilité illimitée de la nature par l’artifice est concevable.
        Si l’on suit Ivan Illich, la disparition programmée de la société de croissance n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle. « La bonne nouvelle est que ce n’est pas d’abord pour éviter les effets secondaires négatifs d’une chose qui serait bonne en soi qu’il nous faut renoncer à notre mode de vie ­ comme si nous avions à arbitrer entre le plaisir d’un mets exquis et les risques afférents. Non, c’est que le mets est intrinsèquement mauvais, et que nous serions bien plus heureux à nous détourner de lui. Vivre autrement pour vivre mieux (9). »
        La société de croissance n’est pas souhaitable pour au moins trois raisons : elle engendre une montée des inégalités et des injustices, elle crée un bien-être largement illusoire ; elle ne suscite pas pour les « nantis » eux-mêmes une société conviviale, mais une anti-société malade de sa richesse.
        L’élévation du niveau de vie dont pensent bénéficier la plupart des citoyens du Nord est de plus en plus une illusion. Ils dépensent certes plus en termes d’achat de biens et services marchands, mais ils oublient d’en déduire l’élévation supérieure des coûts. Celle-ci prend des formes diverses, marchandes et non marchandes : dégradation de la qualité de vie non quantifiée mais subie (air, eau, environnement), dépenses de « compensation » et de réparation (médicaments, transports, loisirs) rendues nécessaires par la vie moderne, élévation des prix des denrées raréfiées (eau en bouteilles, énergie, espaces verts…).
        Herman Daly a mis sur pied un indice synthétique, le Genuine Progress Indicator, indicateur de progrès authentique (IPA), qui corrige ainsi le produit intérieur brut (PIB) des pertes dues à la pollution et à la dégradation de l’environnement. A partir des années 1970, pour les Etats-Unis, cet indicateur stagne et même régresse, tandis que celui du PIB ne cesse d’augmenter  (10). Il est regrettable que personne en France ne se soit encore chargé de faire ces calculs. On a toutes les raisons de penser que le résultat serait comparable. Autant dire que, dans ces conditions, la croissance est un mythe, même à l’intérieur de l’imaginaire de l’économie de bien-être, sinon de la société de consommation ! Car ce qui croît d’un côté décroît plus fortement de l’autre.
        Tout cela ne suffit malheureusement pas pour nous amener à quitter le bolide qui nous mène droit dans le mur et à embarquer dans la direction opposée.
        Entendons-nous bien. La décroissance est une nécessité ; ce n’est pas au départ un idéal, ni l’unique objectif d’une société de l’après-développement et d’un autre monde possible. Mais faisons de nécessité vertu, et concevons, pour les sociétés du Nord, la décroissance comme un objectif dont on peut tirer des avantages (11). Le mot d’ordre de décroissance a surtout pour objet de marquer fortement l’abandon de l’objectif insensé de la croissance pour la croissance. En particulier, la décroissance n’est pas la croissance négative, expression antinomique et absurde qui voudrait dire à la lettre : « avancer en reculant ». La difficulté où l’on se trouve de traduire « décroissance » en anglais est très révélatrice de cette domination mentale de l’économisme, et symétrique en quelque sorte de l’impossibilité de traduire croissance ou développement (mais aussi, naturellement, décroissance…) dans les langues africaines.
        On sait que le simple ralentissement de la croissance plonge nos sociétés dans le désarroi en raison du chômage et de l’abandon des programmes sociaux, culturels et environnementaux, qui assurent un minimum de qualité de vie. On peut imaginer quelle catastrophe serait un taux de croissance négatif ! De même qu’il n’y a rien de pire qu’une société du travail sans travail, il n’y a rien de pire qu’une société de croissance sans croissance. C’est ce qui condamne la gauche institutionnelle, faute d’oser la décolonisation de l’imaginaire, au social-libéralisme. La décroissance n’est donc envisageable que dans une « société de décroissance » dont il convient de préciser les contours.
        Une politique de décroissance pourrait consister d’abord à réduire voire à supprimer le poids sur l’environnement des charges qui n’apportent aucune satisfaction. La remise en question du volume considérable des déplacements d’hommes et de marchandises sur la planète, avec l’impact négatif correspondant (donc une « relocalisation » de l’économie) ; celle non moins considérable de la publicité tapageuse et souvent néfaste ; celle enfin de l’obsolescence accélérée des produits et des appareils jetables sans autre justification que de faire tourner toujours plus vite la mégamachine infernale : autant de réserves importantes de décroissance dans la consommation matérielle.
        Ainsi comprise, la décroissance ne signifie pas nécessairement une régression de bien-être. En 1848, pour Karl Marx, les temps étaient venus de la révolution sociale et le système était mûr pour le passage à la société communiste d’abondance. L’incroyable surproduction matérielle de cotonnades et de biens manufacturés lui semblait plus que suffisante, une fois aboli le monopole du capital, pour nourrir, loger et vêtir correctement la population (au moins occidentale). Et pourtant, la « richesse » matérielle était infiniment moins grande qu’aujourd’hui. Il n’y avait ni voitures, ni avions, ni plastique, ni machines à laver, ni réfrigérateur, ni ordinateur, ni biotechnologies, pas plus que les pesticides, les engrais chimiques ou l’énergie atomique ! En dépit des bouleversements inouïs de l’industrialisation, les besoins restaient encore modestes et leur satisfaction possible. Le bonheur, quant à sa base matérielle, semblait à portée de la main.
        Pour concevoir la société de décroissance sereine et y accéder, il faut littéralement sortir de l’économie. Cela signifie remettre en cause sa domination sur le reste de la vie, en théorie et en pratique, mais surtout dans nos têtes. Une réduction massive du temps de travail imposé pour assurer à tous un emploi satisfaisant est une condition préalable. En 1981 déjà, Jacques Ellul, l’un des premiers penseurs d’une société de décroissance, fixait comme objectif pour le travail pas plus de deux heures par jour (12). On peut, s’inspirant de la charte « consommations et styles de vie » proposée au Forum des organisations non gouvernementales (ONG) de Rio lors de la conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement de 1992, synthétiser tout cela dans un programme en six « r » : réévaluer, restructurer, redistribuer, réduire, réutiliser, recycler. Ces six objectifs interdépendants enclenchent un cercle vertueux de décroissance sereine, conviviale et soutenable. On pourrait même allonger la liste des « r » avec : rééduquer, reconvertir, redéfinir, remodeler, repenser, etc., et bien sûr relocaliser, mais tous ces « r » sont plus ou moins inclus dans les six premiers.
        On voit tout de suite quelles sont les valeurs qu’il faut mettre en avant et qui devraient prendre le dessus par rapport aux valeurs dominantes actuelles. L’altruisme devrait prendre le pas sur l’égoïsme, la coopération sur la compétition effrénée, le plaisir du loisir sur l’obsession du travail, l’importance de la vie sociale sur la consommation illimitée, le goût de la belle ouvrage sur l’efficience productiviste, le raisonnable sur le rationnel, etc. Le problème, c’est que les valeurs actuelles sont systémiques : elles sont suscitées et stimulées par le système et, en retour, elles contribuent à le renforcer. Certes, le choix d’une éthique personnelle différente, comme la simplicité volontaire, peut infléchir la tendance et saper les bases imaginaires du système, mais, sans une remise en cause radicale de celui-ci, le changement risque d’être limité.
        Vaste et utopique programme, dira-t-on ? La transition est-elle possible sans révolution violente, ou, plus exactement, la révolution mentale nécessaire peut-elle se faire sans violence sociale ? La limitation drastique des atteintes à l’environnement, et donc de la production de valeurs d’échange incorporées dans des supports matériels physiques, n’implique pas nécessairement une limitation de la production de valeurs d’usage à travers des produits immatériels. Ceux-ci, au moins pour partie, peuvent conserver une forme marchande.
        Toutefois, si le marché et le profit peuvent persister comme incitateurs, ils ne peuvent plus être les fondements du système. On peut concevoir des mesures progressives constituant des étapes, mais il est impossible de dire si elles seront acceptées passivement par les « privilégiés » qui en seraient victimes, ni par les actuelles victimes du système, qui sont mentalement ou physiquement droguées par lui. Cependant, l’inquiétante canicule 2003 en Europe du Sud-Ouest a fait beaucoup plus que tous nos arguments pour convaincre de la nécessité de s’orienter vers une société de décroissance. Ainsi, pour réaliser la nécessaire décolonisation de l’imaginaire, on peut à l’avenir très largement compter sur la pédagogie des catastrophes.
        Serge Latouche.

        Professeur émérite d’économie à l’université d’Orsay, objecteur de croissance.

        (1) Entretiens avec Jacques Ellul, Patrick Chastenet, La Table ronde, Paris, 1994, page 342.
        (2) Le Monde, 16 février 2002.
        (3) Fabrice Nicolino, « Retraite ou déroute ? », Politis, 8 mai 2003. La crise a en fait été déclenchée par des formules contestables de Fabrice Nicolino qualifiant le mouvement social de « festival de criailleries corporatistes », ou évoquant « le monsieur qui veut continuer à partir à 50 ans à la retraite ­ pardi, il conduit des trains, c’est la mine, c’estGerminal ! ».
        (4) Politis n° 755,12 juin 2003.
        (5) Vandana Shiva, La Guerre de l’eau, Parangon, Paris, 2003.
        (6) Gianfranco Bologna (sous la direction de), Italia capace di futur, WWF-EMI, Bologne, 2001, pp. 86-88.
        (7) The Business Case for Sustanable Development, document du World Business Council for Sustanable Development diffusé au Sommet de la terre de Johannesburg (août-septembre 2002).
        (8) Mauro Bonaiuti, « Nicholas Georgescu-Roegen. Bioeconomia. Verso un’altra economia ecologicamente e socialmente sostenible », Bollati Boringhieri, Torino, 2003. En particulier pp. 38-40.
        (9) Le Monde, 27 décembre 2002.
        (10) C. Cobb, T. Halstead, J. Rowe, « The Genuine Progress Indicator : Summary of Data and Methodology, Redefining Progress », 1995, et des mêmes, « If the GDP is Up, Why is America Down ? », in Atlantic Monthly, n° 276, San Francisco, octobre 1995.
        (11) En ce qui concerne les sociétés du Sud, cet objectif n’est pas vraiment à l’ordre du jour : même si elles sont traversées par l’idéologie de la croissance, ce ne sont pas vraiment pour la plupart des « sociétés de croissance ».
        (12) Voir « Changer de révolution », cité par Jean-Luc Porquet in Ellul, l’homme qui avait (presque) tout prévu, Le Cherche-Midi, 2003, pp. 212 -21

    • Tim K

      La roue du pouvoir du pouvoir me révulse, pourtant elle a toujours tourné…
      Choisir mon camp entre pouvoir ou contre-pouvoir ne m’appartient pas encore. Qu’ils aillent au diable.
      Le jour où Internet sera privatisé, j’irais à la bibliothèque. S’ils privatisent les bibliothèques. Je me joindrai à l’insurrection qui vient.

  30. katorz

    Quelques blogs pour la plupart anglais citent et commentent l’article  » The network of global corporate control »
    Certains commentaires sont très justes «  »don´t let the peasants see your castle » :)))
    http://peakoil.com/forums/viewtopic.php?f=3&t=62620&p=1075298
    take Barclays PLC, for instance, the first on in the top 50. According to the information of the main shareholders, they are:
    Major ShareholdersShareholder Amount % Holding
    Qatar Investment Authority – 813,964,552 – 7.13
    Blackrock Inc – 805,969,166 – 6.69
    Nexus Capital Investing Ltd – 758,437,618 – 6.23
    His Highness Sheikh Mansour – 758,437,618 – 6.22
    Bin Zayed Al Nahyan
    Legal & General Group PLC – 480,805,132 – 3.99

    http://www.sciencenews.org/view/generic/id/333389/title/Financial_world_dominated_by_a_few_deep_pockets
    http://nextbigfuture.com/2011/08/147-superentities-dominate-network-of.html

    Mais malheureusement, toujours pas de réel travail d’investigation journalistique sur le sujet….
    Comme le fait remarquer Adam Curtis dans son clip The rise and the Fall of TV journalist, les journalistes ne remplissent plus leur rôle : explain the world to us…
    http://www.youtube.com/watch?v=O9FaIyc4vpU&feature=player_embedded

  31. Merl Mokeur

    Article important.
    Le réseau des 147 méga-groupes, compte tenu qu’il est aux trois quarts composé de groupes financiers et que les autres groupes sont fortement liés à la Finance (pétrole, informatique…) peut être appelé le réseau des réseaux de la MEGA-FINANCE.
    Il contrôle , sauf prise de conscience des 99% qui vivent de leur travail et ou d’une petite entreprise la majorité des medias et des politiques.

  32. vigneron

    Voilà qui me remet en mémoire la proposition, à peine iconoclaste et si incorrecte pour certains, de Boutros Ghali qui estimait nécessaire de faire représenter à l’assemblée de l’ONU les grandes multinationales, puissances considérables et censément irresponsables politiquement devant la communauté internationale… Précisons que pour faire bonne mesure il proposait d’y adjoindre la représentation des grandes ONG.

    • La comparaison est intéressante. Mais il n’est pas certain que donner la personnalité aux multinationales soit une mauvaise idée: si le droit fonctionne mieux quand on donne l’indépendance aux tribunaux, et puisque cela fonctionne sous certaines conditions à l’intérieur de nos frontières, pourquoi ne pas utiliser ces armes pour lutter contre les multinationales coupables de certains méfaits?

      Dans le cas présent, si j’ai bien compris, il s’agit de faire rentrer les multinationales sous la juridiction des cours existantes – ICJ-ICC pour les droits personnels et environnementaux, les tribunaux arbitraux et autres procédures de Dispute Settlement pour les affaires « civiles » et commerciales – en modifiant les normes et leur hiérarchie, leur attribuant ainsi une personnalité juridique internationale. Ainsi, à condition que les cours internationales aient suffisamment reçu de capacité politique pour pouvoir agir en toute indépendance, les entreprises se retrouveraient alors juridiquement responsables de leurs actes devant un tribunal, à laquelle elles ont coutume d’échapper aujourd’hui pour des affaires pourtant graves (fraude, pillage de ressources, ingérence dans les affaires intérieures des états, etc.) Alors oui, ça, des multinationales responsables devant un tribunal, c’est la moindre des choses. Encore faudrait-il s’assurer que ces tribunaux est un vrai pouvoir, et cela, pas sûr que ça plaise, ni aux Etats, ni aux ETN…

      Donner un siège dans des structures politiques aux entreprises est une idée d’un tout autre ordre. Transformer les multinationales en sortes de « personnes morales internationales », détentrices de droits et d’obligations politiques dans le domaine des affaires publiques internationales comme « entreprises-citoyennes du monde », en plus du droit privé international, est effectivement une proposition assez stupide, dans les conditions actuelles du capitalisme, où la rapacité domine. Car cela reviendrait à leur donner un pouvoir « diplomatique » égal à celui des états, et elles pourraient dicter des normes internationales plus à leur avantage et donc tirer parti de cela pour accumuler de l’argent, donc, encore plus de pouvoir. Un peu comme les bourgeois à la maison, en fait.

      Naturellement, ce serait plus facile si les états coopéraient pour reprendre le contrôle sur ces machins.

      • vigneron

        @léo poulain

        Car cela reviendrait à leur donner un pouvoir « diplomatique » égal à celui des états, et elles pourraient dicter des normes internationales plus à leur avantage et donc tirer parti de cela pour accumuler de l’argent, donc, encore plus de pouvoir.

        Parce que c’est pas ce qu’elles font déjà, en toute opacité ou à peu près, juste « consultées » pour de simples recommandations et chartes volontaires non contraignantes ? Avec pour elles des bienfaits politiques dignes de ceux dont profitent des puissances étatiques de niveau mondial, plus influentes et plus riches que des dizaines d’États représentés à l’ONU, sans aucune des contraintes, au minimum formelles, qui devraient être attachées à ce pouvoir ?
        Un peu d’Histoire :
        http://www.unige.ch/ieug/recherche/colloques/ILO/Maurel.pdf

  33. kanaconda

    Une forme de gouvernance mondiale est donc déjà en place. Maintenant comment la démocratiser ?

  34. liervol

    FP le 07/09/2011 à 11:48

    France : l’Assemblée supprime le bénéfice mondial consolidé

    L’Assemblée nationale a voté mercredi à l’unanimité la suppression dès cette année du système controversé du bénéfice mondial consolidé, qui permet à des groupes d’intégrer dans leur bénéfice les éventuels déficits de leurs filiales étrangères, pour payer moins d’impôts.

    Pour le budget de l’Etat, la suppression de ce mécanisme doit contribuer à compenser les assouplissements concédés par le gouvernement sur les plus-values immobilières, dans le cadre de son plan de rigueur soumis depuis mardi aux députés. (AFP)

    Une bonne nouvelle mais dommage qu’elle ne soit pas rétroactive parce que nos très chères banques s’en sont données à cœur joie, tiens la GLE par exemple , et elle a osé ensuite distribué de fric volé à notre plan de rigueur à venir à ses actionnaires, comme elle a un beau fond de pension US : des pertes faites sur le territoire US sont devenues des profits en retour.

    • vigneron

      Oulala, on se calme Liervol, le régime du bénéfice mondial consolidé, c’est peanuts pour les ETF françaises. Je crois qu’il n’y avait que cinq sociétés qui étaient agréées et qui l’utilisaient pour à priori 300 millions d’€ perdus pour Bercy…
      Tiens, d’alleurs Wki : http://fr.m.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gime_fiscal_du_b%C3%A9n%C3%A9fice_mondial_consolid%C3%A9 :
      « Le 209 quinquies du code général des impôts (CGI) permet aux sociétés mères de groupes français agrées par le ministre de l’économie et des finances de retenir l’ensemble des résultats de leurs exploitations directes ou indirectes qu’elles soient situées en France ou à l’étranger, pour l’assiette des impôts établis sur la réalisation et la distribution de leurs bénéfices. Les conditions d’application sont fixées par un décret en conseil d’État. Le 26 août 2004, Le Ministère de l’économie et des finances annonce avoir[ 1] accepté la demande du groupe Vivendi d’accéder à ce régime[ 1]. accepté la demande du groupe Vivendi d’accéder à ce régime. En 2010, cinq sociétés peuvent bénéficier de ce régime, qui coûtait 302 millions d’euros à l’État parmi lesquelles Total, Vivendi, NRJ et Euro Media Group. Total ne l’utilisant pas depuis 2001 a décidé de ne pas demander la prolongation de son agrément. »

      En grande partie parce que le fisc US est extrêmement réticent avec le procédé et vindicatif avec les contrevenants…
      http://www.altexis.fr/xws178_entreprise-regime-de-groupe-benefice-mondial-consolide.asp :

      MPORTANT : La législation fiscale US interdit d’imputer sur les revenus d’un groupe de sociétés US les pertes de sociétés de ce groupe qui seraient à la fois résidentes aux USA et dans un autre pays, lorsque ces pertes peuvent également résidentes aux USA et dans un autre pays, lorsque ces pertes peuvent également être déduites du revenu d’une société étrangère en application d’un droit étranger(§ 1503(d) IRC). Si les mesures appropriées n’ont pas été prises, les sociétés françaises qui calculent eur impôt en application des règles du Bénéfice Mondial Consolidé peuvent être leur impôt en application des règles du Bénéfice Mondial Consolidé peuvent être exposées à un risque fiscal substantiel aux USA lorsqu’elle utilisent les pertes de exposées à un risque fiscal substantiel aux USA lorsqu’elle utilisent les pertes de eurs filiales US qui sont à la fois dans le périmètre d’une intégration fiscale aux USA et de la consolidation fiscale française L’Administration fiscale américaine a récemment publié un projet d’instruction définissant notamment les règles qu’elle se propose d’appliquer aux doubles utilisations des pertes dans les cas où cette utilisation est indûment restreinte ou illégitimement autorisée. Ces nouvelles règles s’appliqueront aux pertes provenant d’exercices ouverts après la date de publication de l’instruction définitive d’exercices ouverts après la date de publication de l’instruction définitive. Les sociétés françaises qui utilisent le Bénéfice Mondial Consolidé auraient avantage à utiliser cette opportunité pour mettre en place les mesures nécessaires eur permettant de continuer à utiliser les pertes de leurs filiales US sans générer leur permettant de continuer à utiliser les pertes de leurs filiales US sans générer un risque fiscal aux USA.

      Bref une mesure fiscale à peu prés jamais utilisée en réalité, sauf aujourd’hui où elle permet à Sarko de profiter, en partie grâce à des lapins de six semaines comme toi, d’un bel effet d’annonce électoralo-popu…

      • VV!

        Si ce dispositif était réellement efficient, il serait toujours en place….voyez la « niche Copé ».

      • vigneron

        « Important » ?… Si tu veux Zébu, si ça te plait de le lire comme ça…
        Mais alors concède que Total avait bien defriché le maquis fiscal des ETN pour le gvt de campagne sarkozien en abandonnant son option « privilégiée » du bénéfice mondial consolidé…
        Je te rappelle les chiffres :
        – 302 millions € pour le bénéfice mondial consolidé
        – 20 milliards rien que pour l’amendement Coppé (dés la première année d’aplication).

      • VV!

        @vigneron

        Selon les sources et sur trois ans : entre 10 et 20 Mds d’euros. Sacré Coppé, Avocat chez Gide (c’est le cabinet qui est tout là haut, vous voyez ? au dessus du soleil..) mais exemplaire car a démissionné (après avoir fait le boulot car vu la paye…) plus au moins suite au bouquin de Hirsch.

        Après, on va pas chipoter….taxons Mickey, le coca et les Kinder Bueno…

        Sans déconné, ils veulent restaurer les cours de morale à l’école….

      • zébu

        @ Vigneron :
        Je me suis mal exprimé. Pour ça, les guillemets.
        Pas ‘important’ quantitativement, au sens de la somme : peanuts.
        ‘Important’, au sens où la crise commence à générer ses propres effets qui viennent produire d’autres effets non ‘souhaités’, parce que les gouvernants sont aussi placés face à des contradictions/injonctions : réduire le déficit public (aggravé par la crise) – dégager des recettes supplémentaires / se faire réélire.
        C’est parce que le gouvernement a laché du lest sur l’immobilier qu’il a été obligé de récupérer sur autre chose. Et pourquoi a-t-il laché du lest sur l’immobilier ? Parce que sinon les zentils citoyens-propriétaires les auraient tondu aux prochaines élections !
        Si on oublie cela, à savoir l’existence d’une possibilité de modification du rapport de force politique, alors effectivement on pense à TINA.

        A ma connaissance (je me trompe forcément), c’est la première fois que cela se fait en ce sens, au ‘bénéfice’ du local / ‘global’ (finance).
        A mon sens, c’est toute l’opportunité du moment, à savoir les élections approchantes, pour mettre la pression sur le politique.
        Après, ce sera trop tard.

      • vigneron

        Certes Zébu, Sarko a arbitré en faveur des propriétaires électeurs contre les intérêts de Vivendi, and so what ? Il me semble au contraire que cela marque les limites indépassables de l’action « réformatrice » sarkozienne. S’il était revenu sur la défiscalisation des plus-values qu’il instaura quant il était à Bercy, ou sur la défiscalisation et l’exonération sociales des heures sup pour les salariés, ou même sur la tva à 5,5 pour la restauration en mettant Mac Do au même régime, oui, ok, là on pourrait parler de début de prémisse d’embryon de basculement, voire de « rupture inversée ». On est très loin d’en prendre le chemin, bien au contraire. Et forcément, pas d’marche arrière dans la titine à Sarko, trop tard pour les reniements.
        Et sur quoi le PS va-t’il faire sonner les clairons aujourdhui ? Sur le milliard de nouvelles taxes sur les complémentaires santé… A raison, sans doute, mais ça situe parfaitement la hauteur du débat. C’est le Président et personne d’autre qui choisit les thèmes, le calendrier médiatique et les termes du débat ? Ok, ok, la faute au régime banano-gaulliste, mais quand même…

    • zébu

      Exact, Liervol, c’est ‘important’.

      Un des mécanismes sur lesquels ces ETN ‘croisées’ s’assoient.

      La raison qui pousse le gouvernement à se mettre à dos ces entités ?
      « Pour le budget de l’Etat, la suppression de ce mécanisme doit contribuer à compenser les assouplissements concédés par le gouvernement sur les plus-values immobilières, dans le cadre de son plan de rigueur soumis depuis mardi aux députés. »
      En clair, l’option a été clairement choisi de préserver la clientèle électorale aux financeurs électoraux … :)
      Mais aussi que les politiques de rigueur produites par la crise financière dont sont responsables ces entités pousse les gouvernements à s’attaquer à ces mêmes entités.

      Comme on dit, on ne calcule pas les effets indirects de ses propres actes …

      • VV!

        Zébu, franchement, c’est un fumigène cette réforme. Les ETN ne sont pas à ça près et TOTAL par exemple y avait déjà renoncé d’elle même.

      • zébu

        @ Vigneron, @ VV :
        ‘fectivement, après relecture, les 302 millions dont on parle ne représentent pas ‘grand chose’ et de toute façon, ce n’est pas avec ça qu’ils iront interdire les prix de transfert …
        N’empêche. C’est un effet collatéral de la suppression de la suppression de l’abattement sur l’immobilier, tout ça parce que les députés UMP ont fait remonter dare-dare à l’Elysée que ce genre de mesures, ça craint pour les réélections.

        De sorte qu’il faudrait qu’on trouve un truc un peu énorme, quand même, pour faire bouger tout ça.

  35. Merl Mokeur

    A remarquer que l’économiste François Morin avait fait ce travail de recherche sur le capitalisme français puis européen il y a quelques années.
    http://web.mac.com/fmorintlse/La_finance_globale/Bienvenue.html
    La finance globale et sa crise (site actualisé)

    http://www.erudit.org/revue/ae/2007/v83/n4/019395ar.pdf
    François Morin, Le nouveau mur de l’argent, essai sur la finance globalisée, Paris, Seuil,
    2006, 284 p.

    http://www.alternatives-economiques.fr/le-coeur-financier-europeen-francois-morin-et-claude-dupuy_fr_art_66_6688.html

  36. Cadavre exquis

    « L’article le prouve mathématiquement : la science sert donc à quelque chose. »

    Vous en doutiez ?

    • Non, c’est une réponse à certains qui me reprochent un certain « scientisme », malgré « La transmission des savoirs », malgré « Comment la vérité et la réalité furent inventées ».

      • Jenesauraisvoir

        Justement l’emballement du blog au sujet de cet article me laisse un peu perplexe, non pas que je veuille faire mon Chris06 mais pour les quelques raisons suivantes (des broutilles me direz-vous) :

        * j’ai lu à plusieurs reprises, sur ce blog notamment, vos observations sur les économistes et leur excès de confiance dans les modèles mathématiques (du moins c’est ce que j’ai compris de ce que j’ai pu lire d’approchant) ;

        * dans « Comment la vérité et la réalité furent inventées » que je dois finir de lire et digérer, relire et ruminer, vous expliquez le’ coup de force’ qui a consisté à substituer les modèles mathématiques à la réalité. Vous expliquez me semble-t-il que cette substitution a participé à l’appauvrissement de l’analyse, en prenant l’exemple d’un mathématicien…

        Il me semble donc que la modélisation produite par l’article devrait être soumise à d’autres questionnements afin d’en éprouver la portée. D’ordinaire ce questionnement est initié par vous…

        Pour quelles raisons est-on allé si vite cette fois-ci ? Votre message est-il qu’il n’y a rien à redire sur les hypothèses et les conclusions de cet article. Assouplir sa raideur mathématique ne serait-il pas plus utile pour en tirer de meilleures réponses aux questions que nous pose la réalité ?

        Respectueusement,

      • juan nessy

        Jenesauraisvoir a une bonne acuité visuelle .

      • Bernard Laget

        C’est le moins que l’on puisse dire, on a parfois reproché à PJ et à son blog des excursions dans d’autres domaines que l’économie, excursions qui n’ont jamais été superficielles; je crois que le concept du blog portait à ce titre l’épithéte de « Blog Polymathe » (sauf érreur).

        Il est vrai que l’actualité, la prédiction d’une exacerbation systémique, monopolisent les thémes à caractére économique; il n’est cependant que de regarder les archives pour se souvenir que Lacan, Einstein, Brassens ou l’ile de Houat ont nourri le Blog, ce dont nous pouvons remercier Paul Jorion.

        Paul Jorion, un scientiste ? Vous voulez rire ?

      • Un modèle est un modèle, rien de plus. C’est le message de « Comment la vérité et la réalité furent inventées ». Certains – dont vous apparemment – veulent en tirer qu’il n’y a selon moi que de mauvais modèles. Ce n’est absolument pas cela que je dis. J’ai gagné ma vie en proposant de bons modèles et en pourfendant les mauvais. Et j’ai utilisé les mathématiques de manière militante pour le faire. Voyez très récemment mon petit calcul du risque sur les centrales nucléaires. Je dis de cet article, que le modèle est bon. On peut me critiquer en me prouvant que le modèle est mauvais, pas en disant que je n’aime pas les modèles.

      • Alain

        Postant pour la première fois sur votre forum, permettez-moi de vous saluer et de vous remercier pour ce magnifique travail: « Comment la vérité et la réalité furent inventées ».

      • Jenesauraisvoir

        Bonjour,

        Je suis un peu en retard sur le rythme du blog mais ce n’est pas le plus important, je crois. Je dois préciser que mes observations se veulent constructives et que, si je réponds à nouveau, ce n’ai pour camper dans la critique à tout prix.

        Je ne prétends pas non plus que vous n’aimez pas les modèles. J’ai moi-même eu une activité de modélisation mais dans un domaine où tout se termine par un prototype et des essais physiques…

        Ce que je voulais dire (et pour mieux le dire je vais emprunter votre expression) c’est qu’un modèle est un modèle et que garder toujours un peu de distance (comme il me semble que vous le faisiez) n’est pas un luxe de précautions.

        Pour ce qui concerne l’article lui-même, je n’ai absolument pas la capacité de prétendre à quelque recherche dont le but serait de déterminer si le modèle est bon ou mauvais.

        En revanche, et tout en étant plus que réceptif aux résultats de ce modèle, on peut objecter que le comportement et la palette des motivations des personnes impliquées de près ou de loin dans ces 147 transnationales peut constituer un frein à leur agissement concerté, comme s’il s’agissait d’une superstructure cohérente. Je veux dire que tout ce beau monde peut se détester cordialement, que ses représentants ont des appartenances et des croyances différentes, que par transitivités ils peuvent s’opposer à ceux que leurs ‘amis’ politiciens n’apprécient pas et inversement… Mais je peux me tromper, tant l’appât du gain semble une motivation si forte. Ce n’est d’ailleurs pas le plus important.

        Je comprends également, comme l’a souligné un commentateur, que le propos de l’article puisse faire office de la découverte du boson de Higgs, pour illustrer la concentration du capital, concentration qui participe à son agonie…

        Cependant, qu’adviendra-t-il si l’on prend appui sur les conclusions de cet article pour rechercher une solution ? Ne serait-il pas opportun de s’orienter vers la mise en place d’une méthode scientifique de recherche de superstructure associée à des lois qui permettent d’éviter la concentration, une sorte de règlementation anti-trust à l’échelle de la planète ?

        Arrivera-t-on de cette manière à résoudre la question du manque de ressources là où elles sont nécessaires ? Comment répondre alors à l’argumentation suivante : puisque nous disposons d’une méthode scientifique pour empêcher l’excès de concentration l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix n’est pas pertinente. Nous sommes capables, de contenir toutes les formes de spéculation en deçà des limites du risque systémique ?

        Vous-même avez fait récemment une observation comparable (pardons, je fais une observation qui ressemble un peu à la vôtre) à propos d’une explication ‘culpabilisante’ de la crise des subprimes. Pour les mêmes raisons, ne convient-il pas de modérer notre enthousiasme au sujet des implications possibles d’une ‘modélisation scientifique’ de la concentration du capital ?

        Cordialement,

  37. Madmax

    Bonjour,

    Je n’arrive pas a telecharger l’article. Pourtant, ca m’interesse beaucoup !
    J’utilise Firefox sous Ubuntu. D’autres que moi on le meme probleme ou c’est mon ordi qui bug ?

  38. Voir aussi cet article sur l’étude avec interviews des auteurs.

    • Un extrait de l’article (à l’intention toute particulière de chris06) :

      So while it’s true that ownership of publicly held corporations is broadly distributed, says complex systems scientist James Glattfelder, a coauthor of the new work, “take a step back and it’s all flowing into the same few hands.”

      • Moi

        200 familles dans le monde à vue de nez, majoritairement anglo-saxonnes. Les Rockefeller, Kennedy, Bush, Buffet, etc + quelques familles royales ou de la très haute noblesse européennes, arabes et asiatiques + quelques familles d’oligarques-apparatchiks russes et chinois + les Bouygues, Bettancourt, Rotschild, Frère, Porsche, Krupp, Murdoch, etc. Pour la plupart d’entre eux, ils sont au-dessus des lois, ils se connaissent depuis leur enfance, ils se fréquentent depuis leur enfance, ils complotent depuis des décennies. Avec la mondialisation, il n’y a plus de désaccords nationaux entre eux. Parfois, il y a des moutons noirs (Ben Laden, qui a dû voir de très près comment cela fonctionnait).

        C’est très bien de l’avoir prouvé, mais c’était vachement visible. En fait, ils n’ont même pas besoin de trop se cacher. Les médias sont là pour ridiculiser tous ceux qui s’en offusqueraient.

        PS: doit-on s’attarder sur le fait que ces quelques familles détenant un quasi-monopole de l’actionnariat mondial pratiquent forcément le délit d’initié et que la bourse ne sert donc, tel un casino, qu’à capter l’argent frais des pigeons?

      • vigneron

        Il en fallait bien un pour péter son cable en tête de liste, pousser sa chansonnette histérico-parano en tête de gondole, pointer sa kalashnikov à eau sur les 200 familles de service en héroïque tête de pont. Ç’aurait pu être un autre ? Certes. Mais ç’aura été Lui, et aucun autre. Monsieur Moi, dans toute sa Splendeur, Moi Monsieur !

      • chris06

        @Moi,

        C’est très bien de l’avoir prouvé, mais c’était vachement visible.

        d’avoir « prouvé » quoi?

        Que 200 familles dans le monde détiennent un quasi-monopole de l’actionnariat de ces entreprises transnationales?

        Ou avez vous vu cette « preuve »?

        Alors une étude montre que 40% des ETN sont contrôlées par 147 compagnies et vous en concluez qu’il s’agit d’une preuve que 200 familles détiennent le quasi-monopole de l’actionnariat de ces entreprises?

        En fait les gens voient une étude, la lisent même pas ou en travers ou ne comprennent pas ce dont il s’agit et concluent ce qu’ils veulent conclure par rapport à leur biais personnel.

        Et bien moi je pense que cette étude prouve que les poulets volent déjà rôtis dans les bouches des gens.

      • chris06, vous l’avez déjà dit. François Leclerc vous avait déjà fait remarquer que vous rabâchiez, et c’était dans la matinée. On a compris ce que vous voulez dire, vous pouvez arrêter. C’est très beau de se battre seul contre tous, et je vous admire. Si vous êtes payé pour le faire, dites à vos employeurs que c’est moi qui vous ai dit d’arrêter et que ce n’est pas de votre faute.

      • Moi

        http://en.wikipedia.org/wiki/Boston_Brahmin

        Amusez-vous à retrouver des liens avec les entreprises du top 50 de l’étude. J’ai pour ma part déjà trouvé Edward C. Johnson III, famille Perkins, actionnaire principal de Fidelity (FMR Corp), n°3 du classement.

        State Street Corporation (n°5 du classement) a son siège à Boston, mais j’arrive pas à dénicher des noms.

        Faut faire ensuite la même chose en France, dans les pays arabes, etc, et montrer les liens entre tout ce beau monde. C’est du boulot d’anthropologue ça… :)

      • Moi

        Encore une petite recherche amusante sur la famille Rockefeller. On sait que le patriarche a fait fortune avec la Standard Oil, dont le démantelement a donné naissance entre autres à Exxon, Chevron et BP. La famille est encore aujourd’hui un actionnaire direct de ces entreprises (1,9% dans Exxon par ex.), mais il l’est probablement aussi indirectement. En tous cas, parmi les gros actionnaires d’Exxon, on retrouve State Street Corporation (n°5 du classement), Vanguard (n°8), FMR (n°3), Wellington (n°11), Morgan Chase (n°6), etc.
        Imaginez ce que peuvent se dire Mr Johnson de FMR lorsqu’il rencontre un Rockefeller (dont la famille a probablement aussi des sous dans FMR), disons David Rockefeller qui dirige l’empire familial, co-fondateur du groupe Bilderberg et ancien président de la Chase Manhattan Bank qui a fusionné pour devenir la JP Morgan Chase (n°6 et gros actionnaire d’Exxon). Pensez-vous qu’ils ne peuvent pas s’arranger sur la direction d’Exxon?
        Imaginons aussi que Agnelli, le défunt patriarche et vieux pote de David Rockefeller soit là aussi (ben ouais la réunion se passe il y a quelques années). Et pourquoi pas, Mr Bogle, fondateur de Vanguard et ancien de Wellington (dont le siège est à Boston, comment ne connaitrait-il pas Mr Johnson?)

        Etc, etc. Fascinant quand on met des noms sur un système toujours présenté comme anonyme, n’est-il pas?

        PS: Tout ceci est vérifiable par simple recherche sur wikipédia.

  39. Papillon

    Salut Paul, salut à toutes et à tous ! Je sais que sur ce blog plusieurs personnes ont l’œil rivé sur le BANCOR. Ce n’est point mon cas. Mais ayant trainé aussi un peu du côté des débats au sein du Front de gauche cet été (famille oblige…), la question en ce moment en suspend est donc la suivante :

    Quel serait le chemin détaillé le moins périlleux pour arriver jusqu’à la mise en place de ce système économique ? (cela vaut-il un billet ?)

    Merci,
    Papillon

  40. Clive

    Leur pouvoir en action et un petit regard indiscret à l’interieur du cercle…

    http://www.bradblog.com/?p=8728

  41. Joan

    La « Démocratie » ???
    Il paraît que c’est un mot utilisé par des utopistes qui prétendent que c’est le « 

    Gouvernement du Peuple par le Peuple et pour le Peuple.

     »
    C’est vraiment insensé! A-t-on jamais vu ou entendu que ce type de gouvernement ait authentiquement existé quelque part et en quelque temps que ce soit.
    Il faut vraiment être fada pour penser que cela puisse exister un jour…
    Dans la pratique c’est toujours la bonne vieille loi du plus fort qui continue à prévaloir, avec
    quelques aménagements pour la rendre un peu plus présentable.

    • Il y en a aussi qui disent que c’est la dictature du plus grand nombre

    • Pas d’accord! :)

      Le système démocratique a existé par endroit, il existe toujours à certains autres endroits, on a eu des exemples dans l’histoire antique, à Athènes, à Rome, on a connu les révolutions modernes américaines et françaises, les révolutions des conseils en Russie et en Allemagne (qui ont respectivement dégénéré et été écrasée)…

      On peut dire péremptoirement que la démocratie « authentique » n’a pas existé. Encore faudrait-il m’expliquer ce qu’est une démocratie non-authentique, comme s’il existait un seul type de démocratie « pure » comme « modèle » applicable à toutes les sociétés: l’esclavage à Athènes par exemple, qui se heurte (de manière anachronique, peut-être) à la perception que nous avons de l’unité du genre humain, empêche-t-il que nous considérions comme nulle la proposition selon laquelle Athènes était une démocratie? (Spartacus, parlant de Rome, était-il ce qu’on appelle un démocrate?)

      Ce qui est insensé, très certainement, c’est de croire que nous vivons aujourd’hui dans des démocraties, et de ne pas voir que la société est dominée dans les faits par une oligarchie, que les institutions sont régulièrement dépossédées de leur pouvoir et de leur contrôle.

      Mais il est aussi péremptoire d’affirmer que la démocratie est seulement une lubie d’utopistes inconséquents (même si les illuminés inconséquents existent). En effet, quand nous parlons d’oligarchie, nous parlons d’une forme particulière de distribution du pouvoir dans une société, qui est systématiquement opposée à la démocratie, dès le début avec l’émergence de la théorie politique en même temps que la démocratie, à Athènes notamment (et force est de constater que les philosophes Grecs n’étaient pas tous de farouches partisans de la république démocratique).

      Si la démocratie (ou la république) n’est qu’un concept creux, sans expérience historique pour appuyer sa tangibilité, comme tu le prétends, ou sans fond de réalité, alors à quoi se réfère la critique de l’oligarchie? A un nuage flottant, dans l’air bleu du ciel?
      Si l’expérience concrète de tyrannie ne renvoie à rien d’autre qu’au constat de l’homme ordinaire qui la refuse, avec passion quand il a eu le malheur de subir la torture ou le court-circuitage de ses droits personnels, de ceux de sa famille ou de ses amis (comme cela arrive quotidiennement partout dans le monde, y compris chez nous), pourquoi l’homme révolté Tunisien oppose-t-il la pratique politique de la démocratie à celle de l’oligarchie? Est-ce à dire que l’homme ordinaire est un théoricien qui souhaiterait réaliser la démocratie « authentique », agissant lui-aussi dans l’air bleu du ciel, et comme par enchantement, adhérant soudainement à une théorie politique vaporeuse en particulier, en l’opposant à une autre théorie politique toute aussi vaporeuse qui était là pour légitimer la domination d’une classe qui lui était étrangère?

      Il faut être bien étranger à l’action pour voir dans la démocratie la lubie passagère d’un peuple opprimé, et non une revendication fondée sur une expérience concrète du pouvoir vécu, où l’alternative entre démocratie et oligarchie se traduit en réalité dans celle qui oppose l’expérience de la torture, de l’invisibilité et de la misère dans le cas de la tyrannie, à l’expérience (théorique?) du droit de participer aux affaires publiques et de voir certains droits accordés à tous.

      La théorie selon laquelle la loi du plus fort s’impose, celle du rapport des forces sociales, qui fait systématiquement pencher le pouvoir du côté du plus fort, est vraisemblable. La « bonne vieille loi du plus fort » ne peut être abolie, et toute tentative de l’abolir (le rêve des anarchistes) est probablement vaine. Toutefois, les faits nous ont montré que si le peuple s’oppose aux oligarques (comme en Tunisie, même si ce qui arrivera à échéance n’est pas du tout certain), le rapport de force penche en faveur du peuple (la classe des employés et salariés, des cadres et des gens qui travaillent et n’ont que très peu de pouvoir sur la structure) en raison simple de sa supériorité numérique et de son unité (même passagère), liée à des alliances et à une conscience de classe.

      Alors, railler les « démocrates », peut-être. Railler la démocratie… Bof.

      • Charles A.

        Tout à fait.
        La démocratie (le communisme disait Marx) c’est le mouvement qui abolit l’ordre des choses.
        Actuellement, la combat contre la barbarie qu’étend le captilisme à l’agonie.

  42. wartor

    Bonjour,

    C’est marrant le chiffre 147 c’est encore moins que le nombre de pays dans le monde : 191 en 2010 !!
    ça me laisse songeur !!

    • Charles A.

      40 multinationales produiraient plus de valeur marchande
      que les 40 derniers pays en PIB.
      D’après une source que j’ai oubliée…et m’en excuse.
      Help, please

  43. auguste

    Dieu gouverne les hommes ,les animaux , les plantes ;et même les éléments et les tempêtes… ,jusqu’aux pierres .
    Avant ce jour on ne pouvait prouver son existence…c’est fait :
    Il est Un et cent quarante sept en même temps , il s’appelle ETN , que Son Nom soit loué.

  44. Man

    quelques aménagement pour la rendre un peu plus « présentable » ou « vivable »

  45. Yann Q.

    @ Vigneron,

    La reconnaissance de la qualité de sujet de droit international aux ETN est une clé en effet. Pour info, l’étude suivante postfacée par Mireille Delmas Marty.

    L’accueil glacial que j’ai reçu en la présentant à Bruxelles en 2007 de la part des autres juristes panélistes en disait long. La période est propice…

    http://asso-sherpa.org/sherpa-content/docs/programmes/GDH/publications/SHERPA_principes_directeurs_OCDE.pdf

    http://asso-sherpa.org/sherpa-content/docs/programmes/GDH/publications/SHERPA_OECD_guidelines.pdf 

    • Yann Q

      La reconnaissance aux ETN du statut de sujet de droit international, c’est la proposition n°29 du cahier objet du billet http://www.pauljorion.com/blog/?p=27982

      Elle introduit le chapitre dudit cahier intitulé « Niveau Global – l’ETN et la communauté internationale »

      A toutes fins utiles, en voici la retranscription :

      Proposition n° 29 – Reconnaître aux ETN le statut de sujet de droit international

      Contexte – Sur les cent plus grandes entités écono- miques mondiales, plus des deux tiers sont désormais des entreprises et non des États. Pourtant, seuls les États et les individus sont aujourd’hui considérés comme des sujets de droit international, assujettis aux conventions et juridictions internationales. Si les ETN sont en mesure de faire valoir leurs droits fondamentaux, comme la liberté d’aller et de venir, devant des juridictions telles que la Cour européenne des droits de l’Homme, s’agissant de leurs obligations en la matière, elles ont en quelque sorte un statut de second rang, alors que certaines supplantent plusieurs États réunis en termes de ressources. Elles évoluent ainsi dans un environnement juridique qui leur per- met de jongler avec les droits nationaux et régionaux, d’élaborer un droit coutumier qui leur est propre, la lex mercatoria, tout en échappant au corpus de règles qui s’applique aux sujets de droit internationaux, au premier rang desquels la Charte des droits fondamen- taux et le jus cogens (norme impérative du droit inter- national général à laquelle aucune dérogation n’est permise). Il convient de rappeler ici les conclusions du représentant spécial de l’ONU pour la question des droits de l’Homme, des sociétés transnationales et autres entreprises, qui distinguent l’obligation des États de protéger les droits de l’Homme et celle des en- treprises de les respecter. Cette distinction impose de rappeler les effets de la sphère d’influence des ETN, qui conduit parfois certains États à restreindre leur potentiel régulateur par crainte de ne pas attirer les investisseurs. Le pouvoir régulateur est pourtant l’outil dont disposent les États pour mettre en œuvre leur obligation de protection des droits de l’Homme. Ne pas s’emparer de cette question fondamentale, c’est laisser perdurer des situations de déséquilibre et d’irresponsabilité.

      Proposition – Attribuer aux ETN la qualité de sujet de droit international. Au-delà de la reconnaissance de l’existence juridique des groupes et des sociétés mères (propositions n° 2 et n° 3), il s’agit de définir clairement leur responsabilité juridique globale, sans considération des frontières étatiques propres à leur pays d’origine, de les contraindre, dans leur sphère d’influence, à protéger et respecter les droits humains et l’environnement, conformément aux pactes inter- nationaux engageant les États en la matière (lesquels devraient être adaptés en conséquence). Cette re- connaissance explicite serait un incontestable levier pour l’entrée effective du respect des droits humains et de l’environnement dans le quotidien des affaires internationales. Elle n’implique pas la création d’une instance judiciaire internationale dédiée, les ETN étant déjà susceptibles d’être poursuivies pour des crimes internationaux. Elle s’imposerait à toutes les instances judiciaires et arbitrales saisies de litiges transnationaux, instances qui devraient apprendre à se prononcer en intégrant les paramètres d’intérêt général en jeu et les particularités extraterritoriales (voir proposition n° 43 sur la création d’un mécanis- me de coopération judiciaire internationale). Cette reconnaissance contribuerait à intégrer la lex merca- toria dans le jus cogens et à combler ainsi les carences actuelles de l’ordre public international.

    • vigneron

      @Yann Q.

      La reconnaissance de la qualité de sujet de droit international aux ETN est une clé en effet. Pour info, l’étude suivante postfacée par Mireille Delmas Marty. L’accueil glacial que j’ai reçu en la présentant à Bruxelles en 2007 de la part des autres juristes panélistes en disait long. La période est propice…

      Quelle idée aussi d’avoir choisi la magnifique Delmas-Marty pour post-faciére… Fallait prendre de vrais auteurs à best-sellers du même editeur, le Seuil, genre Sapir et Lordon… Là c’etait le succés (d’estime au moins…) garanti, l’accueuil chaleureux en tout cas…
      Bon ok, le problème aurait été d’avoir leur tutellaire adoubement, très improbable, sans compter que le légalisme – international qui plus est ! – n’est ni leur spécialité, ni, encore moins, leur tasse de tilleul-menthe…
      Mais en tout cas, et trèfle de plaisanterie, bravo pour le boulot…

      • Le travail de Yann et William au sein de Sherpa que j’ai eu l’occasion d’accueillir dans le cadre des « débats de Démocratie & Entreprises » est tout bonnement nécessaire et indispensable.

  46. dany

    L’ histoire des 147 ne fait que renforcer la vieille question: que faire? Simplet vous répond qu’il a une banque mutualiste et qu’il achète le moins possible de choses inutiles…prend le temps et du plaisir à faire beaucoup lui-même…
    Et Simplet connaît votre réponse: bravo le retour à la bougie…et l’accroissement du chômage…Un prof de finances à lEM Lyon: « On risque aussi d’atteindre des taux de chômage de 40 à 50% en France dans 5 ou 10 ans. » Risque d’y avoir du monde à suivre Simplet par obligation…

  47. katorz

    Pour info,
    La présentation du même sujet en 2009 CCSS International workshop (Slides)
    http://j-node.homeip.net/wfb/jbg%20archive/PhD/public/myStuff/ccss-2×2.pdf

    and the dissertation presented by JAMES B. GLATTFELDER 2010
    http://e-collection.library.ethz.ch/eserv/eth:2007/eth-2007-02.pdf

    S. Battiston l’un des auteurs de The network of global corporate control a aussi collaboré avec F. Scheitzer sur le sujet : The risk to fail, présentation 2011 CCSS int. workshop
    http://www.multimedia.ethz.ch/conferences/2011/ccss/2011-06-20/?doi=10.3930/ETHZ/AV-7ec959b0-302a-4d74-825c-ce51941d087d&autostart=false

  48. jean louis senior

    Du souci avec cette « révélation » fort opportune et « salvifique » ?
    Allons donc,relisez donc l’excellent « roman » de Pascal Roussel. (Divina insidia)
    Et,pour ma part,je n’hésite plus une seconde à rejoindre le parti des « complotistes »,dénonceurs avant l’heure.
    Quant à notre destin,et en tout cas le mien :
    observer raisonnablement,intensément,en venant ici donc,entre autre et,comme disait mon chapelain préféré,trop tôt décédé,même à 98 ans, :
    « A la Grâce de Dieu » ….
    Cet homme,aux ressources insignifiantes,aux multiples cancers récidivants et guérissants,a pleinement été heureux…en consacrant toute sa Vie aux autres…Et il demeurait toujours confiant en « La Providence ».

  49. yvan

    Y’a à becqueter pour les 147 :
    http://www.latribune.fr/depeches/reuters/le-medef-convoite-un-marche-de-200-milliards-de-dollars-en-libye.html
    « Le marché de la reconstruction de la Libye est évalué à 200 milliards de dollars, estime le patronat français, qui espère une place de choix pour les entreprises françaises dans ce vaste chantier. »

    Manque de bol, les US en ont besoin…
    Vous allez voir, qu’en plus, le pétrole va leur revenir.

    Le phénomène est le même pour la Tunisie et l’Egypte, mais là, c’est la BERD qui va se servir.

  50. Man

    pour moi, c’est logique…..

    quand un prince, un roi , une personne d’une famille fortunée meure, des reportages leur sont consacrés.

    Ne viennent pas me dire que ces reportages sont faits par charité dans ce monde ci

  51. Mianne

    Cela répond en fait à la question que je posais souvent sans avoir de réponse, évidemment .
    Des noms, on veut des noms . Qui sont les individus responsables des malheurs du monde, qui sont les individus qui se cachent derrière l’appellation anonyme  » le marché », qui décident des conflits mondiaux ?

    @Dany

    Le premier combat, quand notre niveau d’écoeurement est encore supportable, est évidemment celui de Simplet . Il ne résoud pas le problème d’ensemble mais il a au moins le mérite de préserver Simplet et de ne pas le faire accompagner ni alimenter le système .

    Quand l’écoeurement laisse la place au désespoir et à la colère, il suffit de prendre les noms, sur n’importe quel site boursier, des dirigeants à la tête des entreprises mentionnées , d’y joindre la photo, d’ajouter au-dessous la mention « wanted », et de coller cela sur les lieux de passage de leurs victimes économiques et des familles de leurs victimes décédées dans les conflits qu’ils ont commandités ces dix dernières années . On peut commencer par les dix premières entreprises …

    Les gentilles prières n’ont obtenu de leur part qu’une offre méprisante d’une petite aumône exceptionnelle .
    La trouille, la vraie, dont ils se croyaient à l’abri, des réactions concrètes de leurs innombrables victimes remettra sans doute un peu mieux les pendules à l’heure .

    La gentillesse ne sert à rien contre les prédateurs qui ont du sang sur les mains .

    • anne

      c’est bien raconté dans « Cendrillon » d’Eric Rheinart , par la voix d’un patron du CAC 40 (L.Gallois ?, me rappelle plus bien) , où il admet que oui, s’ils avaient vraiment peur, physiquement, des choses changeraient radicalement

      • Charles A.

        Bien entendu, il n’y a que la peur qui les fait céder,
        celle du rapport de force, la raison de la force,
        comme lors de la menace de la grève générale tout leur prendre,
        par exemmle en France en Juin 36 ou Mai 68,
        ou lors de la menace de la France entrée en Résistance, en 45.
        La seule réforme possible, désormais, c’est la menace de Révolution.
        La seule réforme durable, désormais, c’est la Révolution.

        Pour nous convaincre du contraire, ils ont le leurre électoral,
        et tous ceux qui en font leur beurre…et caviar si possible.

  52. svenmarq

    … Le Littré donne du mot « capital » cette toute première définition:
    « Où il s’agit de la tête ou de la vie » Immédiatement, & par rapport à nos médiocres querelles, on a pris du champ, on respire mieux. Ce livre est une redéfinition, une défense, une illustration
    du mot « Capitalisme »…
    Extrait de la 4ème de couv. de
    LE CAPITALISME: MAIS C’EST LA VIE !!! de R.-L. Bruckberger commis chez Plon en 1983
    (ISBN: 2-259-001000-8)

    A n’en pas douter, au régime où nous allons dans le mur, le titre de la prochaine parution des « Plus belles Aventures de l’Oncle Paul » s’impose de lui même: « LA DEMOCRATIE A L’AGONIE »… (2012)

  53. Man

    je pense que cela colle bien au sujet . au niveau de la pertinenece, je ne vois pas bien si cet article a une quelconque véracité.

    http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article2195

  54. Bertrand_M

    Que serait ces 147 compagnies transnationales sans leurs Etats capitalistes respectifs ? Auraient-elles pu devenir ce qu’elles sont sans l’aide du législateur ?

    • Mianne

      Ces entreprises ont exercé des pressions sur le législateur . Elles mettent en place le législateur et font les lois

      • dussardier

        Et qui est législateur?
        On nous bassine à longueur de journée avec la présidentielle, et pas un seul mot jamais sur les législatives qui ont lieu juste après. Pourquoi?

      • Bertrand_M

        @Mianne :
        « Ces entreprises ont exercé des pressions sur le législateur . Elles mettent en place le législateur et font les lois. »
        Non ! Exemple : il n’y a aucune pression exercée sur le politicien en fin de carrière : Le Big Business se contente de proposer à Mr Blair, Schröder, Thierry Breton des salaires hors normes. Parce que la Corporation ne recrute que les diplômés de l’Etat.

  55. pseudo cyclique

    faut pas se braquer sur un chiffre en particulier ..147 transnationales ou les 200 familles du comité des forges …c’est pas important …

    qualitativement dans cette liste , quelles mulitnationales ont l’effet de levier le plus important ??

    quelles multinationales sont des noeuds critiques d’informations et de flux financiers ??

    ce sont ces multinationales qui vont exploser en premier …

  56. Luka

    Tout est une question de mot.
    George carlin l’expliquait très bien, il n’ont pas besoin de se réunir pour comploter dans un pièce sombre…Ils fréquentent les mêmes universités, les mêmes soirées, les mêmes clubs, et ils savent ce qui est bon pour eux.
    Mais nous jouons sur les mots.
    Un complot c’est se réunir pour établir des plans contre d’autres personnes…
    Le simple fait de sonner à une porte pour vendre un aspirateur à monsieur jeanjean brave retraité est le résultat d’un complot, ourdi auparavant par l’entreprise d’éléctro ménager.
    Le marketing est un complot destiner à tromper le client.
    Le complot est même un comportement humain tellement classique qu’on à du mal à le voir…
    D’ailleurs au niveau de ces entreprises, on appelle ça faire des affaires.
    Mais dans les affaires quelqu’un paye toujours…
    Tout est complot, notre inconscient complote tous les jours…
    Alors, svp, arrêtez de vous voiler la face.
    Nous sommes corrompu au plus profond de notre inconscient, pourquoi en serait il autrement de l’inconscient collectif ?

  57. Poussiere

    « existence of such a core in the global market was never documented before and thus, so far, no
    scientific study demonstrates or excludes that this international “super-entity” has ever acted as a bloc. However, some examples suggest that this is not an unlikely scenario. »
    désolé Mr Jaurion mais je suis svt assez d’accord avec Chris06!
    Il me semble que cette excellente étude sur le plan de la méthodologie en particulier suit les arcanes habituels des études scientifiques; Introduction pour expliquer l’historique et ce qu’on va essayer de faire; matériel et méthode (très important; à lire à fond car c’est là que sont cachés biais,erreurs, oublis…, mais je ne suis économiste); résultats trouvés en essayant de ne pas divaguer et tricher;
    discussion où l’on s’appuye sur la littérature pour expliquer les résultats obtenus et enfin, hypothèses.
    Les auteurs (voir plus haut) émettent bien l’hypothèse que ces sociétés pourraient agir en bloc, être d’accord entre elles…
    ne leur faites donc pas dire ce qu’ils n’ont pas prouvé!
    Souvent les articles se terminent par des pistes d’autres études à effectuer pour confirmer ou infirmer. Au boulot les économistes (ce que je ne suis pas, étant dans une toute autre branche scientifique)!.
    Par ailleurs je dois certainement être un privilégié mais je continue à ne pas voir le monde aussi noir que sur ce blog. Mais l’avenir nous le dira et peut-être aurai-je un jour le temps d’argumenter celà; ce n’est malheureusement pas le cas en ce moment.

    • Merci pour votre sollicitude mais j’ai une certaine habitude de la lecture de ce genre de textes. Croyez-moi sur parole : celui-ci est de bonne qualité.

      « Par ailleurs je dois certainement être un privilégié mais je continue à ne pas voir le monde aussi noir que sur ce blog. »

      Je ne pense pas que ce soit le fait d’être privilégié, ce serait plutôt dû au manque d’information.

      • Il y a peu Paul Jorion me disait qu’il avait décrété sa grippe éteinte, avant de publier quelques heures plus tard un billet indiquant qu’au final elle était malheureusement bien vivace. Un frisson d’effroi ma parcouru : en fait Paul Jorion est d’une nature optimiste. L’économie est vraiment mal barrée !

  58. Man

    il y a quatre type de personne : les dominants, les vendus, les resistants et les perdus

    je pense que cela resume bien le monde dans lequel on vit non ?

    • justin

      Mais non… en réalité il n’y a que 2 catégories : les voleurs et les volés (et quand les 2 sont satisfaits, cela s’appelle le commerce !) Les dominants sont les voleurs tandis les résistants, les vendus et les perdus font partie des volés… ainsi fonctionne le capitalisme ! Question à 1000 Euros, comment ne pas faire partie des volés sans faire partie des voleurs ? A ce jour aucune réponse ne me satisfait donc j’essaie d’être un volé heureux !

    • Fangio

      Il y a aussi les « ravis » dans l’article auquel vous faites référence au point 54.
      C’est la majorité silencieuse des pays riches.

  59. MM

    Cela me rappelle un livre :

    Le Choix de la Défaite

  60. François Leclerc

    Je ne comprends pas cette discussion. Si une telle concentration de pouvoir financier et économique est effective – ce qui semble avéré – cela représente pour la compréhension de notre environnement un fait important.

    Un peu à la manière de ce qu’avait dévoilé, dans un autre domaine, Simon Johnson, en mettant en évidence les aller-retour entre la grande finance et la haute administration américaine, constituant un système qu’il a dénommé « oligarchie ».

    Pour prendre la même question sous un autre angle, il est remarquable que les meilleurs résultats sont trimestre après trimestre le fait des établissements financiers et des grandes compagnies transnationales. En France, il suffit de regarder le CAC 40. Induisant l’idée qu’il y a dans cette communauté de destin une convergence d’intérêts et de relations.

    Veut-on une illustration récente de la réalité du pouvoir ? C’est l’Institute of International Finance – dont sont membres les mégabanques mondiales – qui a négocié et bouclé l’accord de participation des banques au second plan de sauvetage de la Grèce, qui peine à être adopté. Les chefs d’Etat et de gouvernement s’en sont remis à lui et ont entériner ses conclusions, après des réunions où participaient des hauts cadres du Trésor de plusieurs Etats.

  61. perceval78

    est ce possible de récupérer les données sur cette analyse sous forme excel ou autre
    il doit y avoir moyen de faire un joli graphe

    quelqu’un a t’ il compris a quoi correspond le Cumul Network control (page 33 du pdf Top 50 control Holders

    • Contempteur

      @perceval78

      C’est la liste des 50 éléments majeurs parmi les 147.
      SCC : les composants fortement connectés (SCC), sont des structures de sous-réseau où les sociétés se possèdent directement ou indirectement par une chaîne de liens…

      Tu as la liste des abréviations p. 12

      Le code NACE montre que ces TNC montre 46 compagnies sur 50 appartiennent au secteur financier.

      Les 2 qui ont le pourcentage de contrôle le plus important sur leur réseau (si j’ai bien compris), sont américaine et chinoise.

    • argeles39

      est ce possible de récupérer les données sur cette analyse sous forme excel ou autre il doit y avoir moyen de faire un joli graphe

      Il faudrait aussi croiser cette analyse avec les listes.xls du classement Forbes des 500 fortunes, des participants au sommet de Davos, des membres du siècle, la trilatérale, bilderberg………….. Toutes ces listes ont très probablement quelques personnages en commun.
      Oligarchie mondiale, vous avez dit oligarchie?

      • Béotienne

        Pour Bilderberg, il faudrait vérifier s’il n’est pas le seul groupe à réunir des personnalités politiques et financières, bien sûr mais aussi des responsables de l’OTAN ?

      • Charles A.

        En fait, ces Clubs associent aussi les serviteurs du capital,
        notamment hommes politiques, de média et syndicalistes recentrés,
        (jusque qu’au no 2 un temps dans la CGT, Le Diguou, pour Le Siècle).

      • argeles39

        @ Charles

        A la CGT, le Digou était aussi responsable du secteur retraites. Et au sujet des retraites, le moins que l’on puisse dire c’est que lui et Thibault n’ont pas mis toutes leurs tripes dans la bataille (d’ailleurs Thibault on ne l’entend plus……).

  62. eryard

    Je partage l’avis de Simplet.

    Que cette oligarchie existe ? sans doute.
    Qu’elle prenne la forme décrite dans cet article? pourquoi pas.
    Que ses prétendues inter-connections suggèrent certains comportements, ou permettent de prédire certaines réactions ? peut être.

    Mais est-ce si important ? Observer, dresser un catalogue (déjà Linné…), passe temps très gratifiant intellectuellement mais quelquefois peu productif et qui pourrait nous distraire…

    Nous avons l’intuition que cette oligarchie ne nous veux peut être pas que du bien ? Et qu’elle semble s’être organisée de manière particulièrement redondante et robuste (cette étude, sans doute d’autres, Pinçon-Charlot et al,…) ?

    Ignorons là !! Ne nous plions plus à ses règles !!

    Le plus grande crainte de ces oligarques, ces fameux « 147 » :), n’est-elle justement pas le fait que les progrès réalisés ces dernières décennies, et ce dans tous les domaines réellement essentiels, nous permettent enfin, après des siècles d’asservissement, de nous affranchir de sa « bienveillante » tutelle ?

    Même en prenant en compte une raréfaction évidente de l’ensemble des ressources, notre maîtrise réelle du monde matériel et vivant nous laisse entrevoir la possibilité d’une bien plus grande autonomie, porteuse d’une bien plus grande liberté.

    Pensez rendements agricoles maximisés sur très petite surface, cultures maraichères triple voire quadruple, optimisation de l’apport hydrique, réduction massive de l’élevage, et nous nourrirons sans soucis nos enfants.
    Pensez position reconnue au sein du groupe, but commun, soutien affectif du groupe, stabilité, alimentation plus saine et moins carnée, activité physique modérée, exposition moindre à certains toxiques, et la pénétration de certaines pathologies endémiques se réduit drastiquement.
    Pensez réseaux sans fils autonomes associés à une production d’énergie décentralisée de faible puissance…
    Pensez désurbanisation, relocalisation, réoccupation des territoires, …

    Pensez à toutes les approches néccessitant peu d’entrants, peu de matières, peu d’énergie mais surtout de se servir un peu de ses mains et beaucoup de sa tête.
    Ne gaspillons pas ce que nous ont offert 100 ans de pétrole pas cher.
    Approfondissons, préservons, transmettons, partageons surtout, ce qui a toujours été et restera la seule valeur: comment se nourrir, se loger, se soigner, pour qu’il nous reste beaucoup de temps pour nous raconter de belles histoires qui font rêver ou font peur, et discourir du sexe des anges.

    L’avenir est très ouvert et se construit d’ailleurs déjà ainsi en Afrique, ou en Amérique du sud, aujourd’hui même.

    Les mots important et qui font très très peur à certains sont « décentralisée », « petite surface », « autonome », « liberté » « faible puissance » « stabilité »… Soyons persuadés que certains parmi ces « 147 » tenterons beaucoup pour que cet avenir ne voit pas le jour tout de suite, mais il verra le jour, j’en ai la conviction.

    • dany

      Simplet attendait ce développement…J’achete du lait au fermier sur le marché et fait du Yaourt.Sans bifidus…Le pere du Tartuffe F.Riboud a écrit un rapport au premier ministre de l ‘époque: » Modernisation, mode d’empoi » Extrait: « Les entreprises ont un intérêt moral et pratique à être civiques » « Face au chomage, les entreprises doivent s’engager. » A l’époque de l’affaire des biscuits « LU », les explications du fils s’opposaient à celle de son père. Grace au « Canard Enchainée », j ‘ai pu le montrer mais tout ça ne va
      pas plus loin…

  63. daniel

    C’est une révélation.
    On a tous eu plus ou plus l’intuition de l’existence d’un groupe
    courbant les hommes de pouvoir et les lois à leur seul avantage.
    Une intuition impressionniste ne fait pas une vérité admise.
    Mais elle était bonne, c’est exposé et disséqué.
    Sans cette révélation, nous n’avons accès qu’aux apparences;
    le « moteur » réel est en en arrière plan, avec sa propre logique.

    Quel nom pourrait attribuer à ce phénomène ?
    Je suppose qu’ « oligarchie » n’est pas adapté.

    Il faudrait un mot associant la notion d’universel, de pouvoir réel et d’arrière plan:
    Je propose « Cryptocratie mondiale »
    Pour en rester à la notion de théâtre d’ombre,  » les poupées russes du pouvoir » est plus expressif. Sur la première, est marqué « défense d’ouvrir » ou  » le sage sait s’en tenir aux apparences « .

    Quelle exploitation ?
    Il y a assez longtemps – les débuts de la crise, les anciens du blog s’en souviendront-
    Simon johnson , un ex FMI, a produit une analyse remarquable.
    Pour les « paumès de la crise », – j’en étais, une explosion dans le train-train d’une vie
    passée à ignorer cette chose- le texte était parfait et son auteur parfaitement compétent – l’homme idoine au bon endroit et courageux, lucide et courageux surtout.
    Or , son retentissement publique a été assez faible.

    On peut en dire autant des remarquables enquêtes de Matt Taibbi :
    GS n’en a pas souffert, semble-t-il. le main stream a mis longtemps pour se défaire
    de « goldman sachs, la prestigieuse banque américaine etc… « .
    Nous allons voir , qui parmi les hommes politiques, les sociologues de la crise,
    les économistes, va être le premier à intégrer cette révélation -scientifique-
    dans ses réflexions…
    Les pensées de fond en économie et politique ne peuvent plus être simplement
    reconduites.

  64. pol

    Incroyable trouvaille, je ne suis pas assez compétent pour tout apprécier et digérer, mais je vais y travailler

  65. Contempteur

    Découvrira-t-on la suite logique de cette intrication des 147 pourrait une sorte de Code du Reseau – défintion de ce qui est permis ou pas, des limites de l’entraide, comme de la concurrence entre TNC, puisqu’elles sont liées ET dans une concurrence qu’elle se doivent logiquement de réguler, puisque toutes les entreprises ou presque de taille inférieure le font ?…

  66. Sylvain

    Leonard Cohen : « Everybody knows »

  67. juan nessy

    Pour les théoriciens : quelle est la meilleure façon de se prémunir des actions d’un réseau réputé dangereux ?

    Le cheval de Troie ?
    Le priver de sa ressource ?Le ruiner ?
    Le priver de sa raison d’être ?
    Couper tous les bras de la pieuvre ?
    Le nier ?
    Créer d’autres réseaux et le phagociter ?
    autre…?

  68. daniel

    Démarche scientifique poly-centrée.
    D’abord, connaître, identifier, analyser.
    Faire savoir, publiciser. Convaincre pour rassembler.

    Chaque fois que l’on peut mettre un nom devant un scandale,
    une injustice, ou une organisation spoliatrice ou anti-démocratique, la lutte devient plus efficace.

    ( ceci dit, le consumérisme n’est pas adapté : je lutte donc j’en veux pour
    ma peine et vite ! ne marche pas.)

  69. methode

    certains secteurs ne peuvent décemment pas être ouverts à la concurrence, d’autres oui. voilà une façon de les diviser par le marché, un marché aussi juteux que la france doit pouvoir se permettre d’appâter certains requins pour mieux affamer les autres. l’occident reste la grande distribution mondiale, le débouché de toutes les offres, et devrait profiter de cette position de goulet… d’étranglement.

    cdt

  70. methode

    et quelques rudiments destinés aux idiots utiles ou inutiles… la vérité n’est pas ailleur, elle est fort simple, n’en déplaise aux chantres de la complexité et autres coquets : un sou est un sou.

    Interview de Paul Kirchhof accordée à la «Frankfurter Allgemeine Zeitung»

    Source: Frankfurter Allgemeine Zeitung du 22/8/11

    extrait:

    Il (l’état) prend aux gens l’argent qu’ils ont créé eux-mêmes.

    Certainement, mais ce n’est qu’un aspect des choses. Prenons l’impôt sur le revenu: Quelqu’un a travaillé, il a reçu son salaire, ou, étant entrepreneur, il a fait un profit. Cet argent lui appartient parce qu’il a accompli des efforts, parce qu’il réussi quelque chose. Mais ce n’est pas toute la vérité. Il n’a pu arriver à ce résultat que parce que l’Allemagne jouit de la paix intérieure et extérieure. Il a pu se rendre le matin à son travail et rentrer chez lui le soir sans problèmes. Le négociant a pu montrer sa marchandise dans ses vitrines et laisser entrer le public dans son magasin. Il disposait de notre droit privé pour conclure des contrats que nous avons pu imposer grâce à nos tribunaux. Il a pu convenir de ses prix d’achat et évaluer ses marchandises en euros. Il a pu engager des salariés qui ont été bien formés dans les écoles et les universités. Il s’agit là des prestations de la communauté juridique et elles ont leur prix.

    Dans votre modèle, un quart du gâteau.

    Oui. Là, l’Etat dit: Si tu as réussi et que tu veux continuer à réussir l’année prochaine, tu devras, après l’exonération des premiers revenus, verser au fisc un quart de tes revenus pour permettre à ce système de continuer de fonctionner. Chacun doit comprendre cela car chacun bénéficie des avantages de la magnifique situation culturelle, juridique et économique de l’Allemagne, parce qu’il peut gérer ses affaires en toute liberté.

    C’est formidable. Mais ce que vous venez de décrire, nous l’avons déjà. Pourquoi avons-nous besoin d’un nouveau Code des impôts?

    L’idée fondamentale est excellente, mais on ne la reconnaît plus dans la réalité. Elle disparaît derrière les nombreuses niches fiscales. Nous n’avons pas à réinventer les impôts mais à retrouver un système qui satisfasse à cette idée.

    Notre système fiscal est-il injuste?

    Oui, il l’est. Ne serait-ce que parce que personne ne le comprend plus. Ce qui ne peut pas être reconnu comme juste ne peut pas être juste.

    Et pour quelle autre raison?

    Parce que ce droit fiscal n’est plus contraignant pour tout le monde. Ceux qui gagnent beaucoup peuvent réduire leurs impôts. Ils peuvent se payer de bons conseillers fiscaux, se constituer des réserves occultes, former des trusts, créer des sociétés à l’étranger et délocaliser profits et pertes. Ceux qui disposent de fortunes importantes peuvent échapper aux impôts, mais pas celui qui doit consacrer la totalité de son revenu annuel à nourrir sa famille.

    Cela veut dire que notre système fiscal désavantage les pauvres?

    Il désavantage les pauvres et favorise les riches.

    = = = =

    (nb : les passages en gras sont valables pour l’individu lambda comme pour les transnationales…)

    • daniel

      Excellent: signe que le vent tourne.
      Pour l’instant la direction importe peu – on pourra se chamailler plus tard-
      mais mettre l’adversaire sur la défensive est le début (du frémissement) du commencement.

    • vigneron

      Aquilino Morelle… c’était pas une petite main de Jospin premier ministre çuilà ? Montebourien aujourd’hui donc, et c’était le tour à Montebourg dans le quadrille des primaires PS à la rubrique Points de vue-Idées du Mondefr, c’est tout. Bonne plume quand même, normal, c’est son métier à cet énarque exemplaire. Attention nez en moins (surtout un nez d’aigle…), le fruit de la morelle noire contient un alcaloïde très toxique, mortel en fait.

  71. Le pouvoir n’est pas que financier ou économique .

    Ce qui veut dire que Chris06 n’a pas tort en cherchant à démontrer l’exagération probable d’une des suggestions récentes du maitre des lieux :  » le monde appartient à 147 compagnies  » ( l’ exagération portant sur le mot « appartient’)

    Certes, ces compagnies ,de part leur nombre restreint, ont la possibilité de se fédérer plus facilement , et donc d’agir rapidement dans une éventuelle communauté d’intérêt .

    .Certes , la masse d’argent dont elles disposent est plus qu’importante ..mais cela ne représente qu’un levier de pouvoir .
    Certes , ce levier pourrait s’imposer comme pouvant permettre de devenir principal décideur du monde à venir .Mais ce serait dans un cas fort improbable où
    les peuples renonceraient à décider de leur propre avenir, et où l’argent primerait sur tout .
    Seulement, il se trouve que la vie ne sort pas de guichets automatiques , ou en d’autres mots , que l’argent n’est pas le bien le plus précieux.

    PS : Ni l’importance du nombre d’un groupe , ni la force de sa cohésion ne cautionne définitivement la vérité . Le culte de l’image pousse à confondre apparences et réalités .

    • Attention ! J’en fais souvent l’expérience : l’ironie suppose chez le lecteur la capacité de poser un regard critique sur les choses. Allez, il s’en trouvera bien un pour vous approuver chaleureusement !

    • juan nessy

      Quid des pouvoirs selon la Suisse banquière , neutre et chocolatière ?

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_de_la_Suisse

    • gigi l'amoroso

      @ aux cancres

      Mais ce serait dans un cas fort improbable où les peuples renonceraient à décider de leur propre avenir, et où l’argent primerait sur tout .
      Seulement, il se trouve que la vie ne sort pas de guichets automatiques , ou en d’autres mots , que l’argent n’est pas le bien le plus précieux.

      C’est un métal rare l’argent, précieux ou pas, c’est selon le raisonnement du cancre en question. Ce n’est pas un bien, c’était la monnaie des peuples, une mesure honnête de l’échange entre les hommes. Et en cela c’était un bien commun avant qu’on le démonétisé en 1873 (Le crime de 1873).C’est pas le peuple qui a décidé de cela, on lui a imposé. L’argent, faut savoir ce que c’est, avant d’en parler. Le concept de monnaie par la dette c’est autre chose. Ça, L’homme n’as pas fini de Concepter.

      Alors le cancre peut-il se poser la question? Comment se fait il que même les mendiants (sans parler des travailleurs) n’arrivent pas a se passer des billets de banque (dette) alors que c’est juste du papier (et une fraction de pièces). Et ce papier représente seulement 2-4% des montants comptables le restant étant de la dette fractionnaire, sans parler des dérivatives boursières mille fois la taille de la dette comptable. C’est pour ça qu’il y a pas d’inflation visible sauf pour les avoirs des initiées. Les billets de banque sont maintenus rares pendant que le taux d’intérêt (L’usure c’est fait pour user) détourne la mesure en monnaie (temps-travail-vie) en peu des mains.Ces mains agissent sur le monde (« leverage » et levier) illusion de bien pendant que les hommes tournent en rond sans se poser des questions. Le problème c’est que en tournant en rond on piétine tout sur notre passage. On a pas besoin de l’Apocalypse, on l’accomplit.
      Le mendiant, éjecté du système, a du mal a se passer de la monnaie, alors un travailleur encore plus. Le simple échange entre les hommes est devenu illégal. C’est pas le peuple qui a choisit cela. C’est une perte de liberté que peu réalisent. L’échange est comptabilisé pour permettre l’usure. Et ce qui reste les financiers le gèrent pour mener les peuples. En attendant, tournez manège.

    • O maitre des lieux :
      Vous avez eut souvent l’expérience de l’ironie : intéressant .

      Les cancres font , eux, souvent , l’expérience du mépris .

      • gigi l'amoroso

        @ béber le cancre

        Votre âme n’était pas visée, seulement votre conscience car trop d’amalgames. Il y a seulement votre ego qui est blessé. Le raisonnement se fait au détriment de l’ego. Je vous demande pardon si vous ressentez du mépris de ma part. Remarquez béber (sevrage non entamé) et cancre (mauvaise foi d’entrée) ont focalisée la tonalité. Se sont surtout les concepts employées qui était visées. On baigne dedans et c’est difficile d’essayer de comprendre sans changer d’angle de vue et presque ne pas choisir de point absolu. J’ai dis bien, essayer, car même en croyant avoir compris il faut remettre en question ce qu’on croit savoir. Car ce même savoir n’est qu’une construction de l’esprit.

        Paul de part sa sagesse le dit avec beaucoup plus de détachement et éloquence:

        l’ironie suppose chez le lecteur la capacité de poser un regard critique sur les choses

        L’ironie a la différence du cynisme permet de redescendre du piédestal du savoir.

      • @ gigi l’âme aux roseaux.

        Vous poser la question du pseudo comme élément d’interprétation des messages écrits sur ce blog .
        Et Jo Rion pose la question de l’ironie comme facteur- risque de l’interprétation des messages écrits .

        En donnant votre interprétation « (béber (sevrage non entamé) et cancre (mauvaise foi d’entrée)  » , vous espérer peut être confronter votre interprétation à la mienne ( « si je vous ai bléssé  » ).

        N’ayez aucune inquiétude à mon sujet , je prend l’internet pour ce qu’il est : c’est à dire, la plupart du temps, un dialogue de sourds où les préjugés remplacent toutes données manquantes … surtout quand bienveillance et patience ne font pas leur boulo.

        PS : le danger qui guette les gens d’importance, c’est que plus personne n’ose leur dire quand il font une erreur . Eblouis qu’ils sont par l’aura du maitre . C’est pourquoi j’aime bien pouvoir faire le cancre dans cette assemblée de têtes pensantes et souvent admiratives, tout en sachant que l’approbation générale ne sera pas au rendez vous .

        Bref, Laisser entendre que Chris06 est possiblement payé pour écrire ses messages de contradictions … est à ranger dans la catégorie « sagesse » ou « erreur » ?
        Pour ma part , je penche pour une erreur dûe à l’énervement .

        Allez en paix brave homme , vous qui ne vous attacher pas qu’à vos convictions mais qui vous vous souciez de savoir si vous avez blessé autrui .

      • Contempteur

        @béber le cancre

        Je partage l’essentiel, et les pointillés sans doute…De ton message à Gigil l’amoroso.
        Ce qui ne veut pas dire que je jette la pierre à Gigi qui, à sa manière, tente de tendre une main humble. Ce qui n’est pas franchement courant, ici comme ailleurs sur le Net.

  72. ALBIN

    Les participations financières complexes de groupes font l’objet de la première étude universitaire avec utilisation du calcul matriciel dès le début des années 70 en France par suite du cours exceptionnel dispensé par Bernard Roy, professeur de mathématique, sur la théorie des graphes à Paris IX-Dauphine.
    La première conséquence a été un article publié sous la signature notamment de Michel Guérin traitant de la nouvelle méthode de calcul des pourcentage d’intérêts en consolidation dans le cas de « boucles ». Sauf erreur de ma part, l’algorithme utilisé par les auteurs de l’article objet de cette discussion reprend l’algorithme de Michel Guérin…..sans le citer !
    En conclure que  » le monde appartient à 147 compagnies aux intérêts entremêlés »…….C’est aller en besogne un peu vite !
    Par contre, ce que l’article ne dit pas:
    – que les boucles financières et donc les fameux noyaux, permettent d’économiser des ressources financières dans la stratégie d’acquisition. C’est la notion de fictivité du capital qui pose question à ce niveau international.
    – que ces boucles ont pour effet encore mal apprécié actuellement par la doctrine mais intuitivement connu depuis longtemps par les financiers de « booster » la performance économiques des organisations.
    Pour une première approche de cette particularité: « De la nécessité de boucle d’optimisation entre niveaux amont du processus d’acquisition d’un système complexe ».
    http://www.metratech.net/spip/spip.php?article676

    En conclusion, ne tirons pas trop vite la conclusion que détenir des liaisons capitalistiques ou faire du chiffre d’affaires par des entreprises liées conditionne systématiquement les bulletins de vote d’un peuple….Si l’on se réfère à Gustave Lebon, les facteurs d’ordre affectifs et donc irrationnels priment sur les intérêts financiers……

    • Vincent Wallon

      En conclusion, ne tirons pas trop vite la conclusion que détenir des liaisons capitalistiques ou faire du chiffre d’affaires par des entreprises liées conditionne systématiquement les bulletins de vote d’un peuple….Si l’on se réfère à Gustave Lebon, les facteurs d’ordre affectifs et donc irrationnels priment sur les intérêts financiers……

      C´est p´têt pour ça que Valérie Pécresse invite à voter la loi constitutionnelle de la règle d´or pour prémunir la France des aléas politiques….. aléas politique… ah cette foutu démocratie, quelle merde… Z´inquiétez pas, on va vous retirer le fardeau écrasant de devoir décider pour les autres.

  73. walli

    En 2010, Alternatives Économiques avait publié une étude sur les liens entre les entreprises du CAC40 et notait au passage une grande consanguinité dans les conseils d’administrations :

    http://www.alternatives-economiques.fr/les-cumulards-du-cac-40_fr_art_633_49410.html

    http://www.alternatives-economiques.fr/fic_bdd/article_pdf_fichier/1274372604_cac40_3.swf

    De la même façon, on retrouve le rôle dominant des institutions financières dans ce « réseau de petit monde ».

  74. candide

    Cher Paul Jorion

    Cela fait des mois que je suis votre blog avec intérêt, mais c’est la première fois que j’interviens.

    En gros, je suis tout à fait d’accord avec vos analyses sur notre système financier (ou capitaliste)et sur la nécessité d’une entière refonte; seulement où nous divergeons c’est quand vous appelez de vos vœux les politiques pour qu’ils interviennent. Qu’ils participent à un deuxième Bretton-Woods par exemple.

    Hors, ne pensez-vous pas que ces mêmes politiques ne sont en fait que des pantins aux ordres de ceux qui détiennent réellement le pouvoir?. ET que tout prouve, depuis le début de la crise, que leur principales préoccupations n’est pas les peuples qui sont sensé diriger mais bien des intérêts privés.

    J’ai donc aujourd’hui découvert avec surprise que vous avez découvert ce rapport concluant que 147 sociétés contrôlaient l’ensemble du monde. Si ces chercheurs avaient pu passer tous les paravents que constituent les paradis fiscaux et montages financiers, ils auraient aboutis probablement à un nombre divisé par 10 …

    vous écrivez « oubliez vos discutions sur la démocratie » en effet, voter droite ou votez gauche comme viennent de le comprendre les grecques ou les espagnols : c’est la même chose, en France se sera pour les prochaines années (toujours dans une illusions que les politiques dirigent quelque chose, alors que depuis longtemps, pour les peuples d’Europe, les décisions se prennent aux niveau européens et encore pire, si nous suivons Monsieur Attali qui préconise une gouvernance mondiale. Cette proposition vient « peux être » d’un bon sentiment, mais ceci est le rêve pour ceux qui ont réellement le pouvoir : moins d’interlocuteurs, c’est-à-dire, donner des cacahuètes à seulement quelques personnes au lieu de plusieurs centaines. Et bien, bienvenue dans la dictature démocratique !.

    Vous avez débattu dernièrement sur le thème : « la crise des subprimes, pyramides orchestrée ou spontanée », est-ce que ces nouvelles données sorties de ce rapport vous font changer d’avis?
    Nous pourrions également nous poser la question : «dettes des nations, pyramides orchestrées ou spontanées » ?

  75. et même concentration pour les médias….très très peu donnent le « ton »….
    http://www.arkoya.fr/medias/ark01-20091230-medias.pdf

  76. Fred

    Bonjour Paul,

    Cet étude semble prouver que le monde économique est tenu par 147 entités, enfin une preuve scientifique de la face cachée de la démocratie dans laquelle nous baignons.

    Je n’ai rien compris au document mais je vous crois,
    malheureusement si je le partage sur Facebook, personne va encore moins comprendre que moi. La vulgarisation d’un tel document me semble aussi vitale que son décryptage afin que l’idée ne reste pas accessible qu’à une poignet d’érudits.

    Merci pour votre travail !

  77. renou

    Mercredi c’est cinéma! Le moment de revoir ça: http://vimeo.com/28193401
    Sortie en salle en 2003 – Jennifer Abbott et Mark Achbar – Canada – couleur – 144 mns

  78. schizosophie

    De quelle manière ce réseau du contrôle entrepreneurial mondial nous représente-t-il le pouvoir ?

    Selon une dynamique topologique, un peu à la manière dont dieu serait pourvu d’un microscope ou dont un Wittgenstein rompu à l’éco-pol représenterait sous ce point de vue un état de choses, le monde, selon lui, étant tout ce qui arrive. Cela nous donne une image du pouvoir à laquelle nous sommes habitués, celle d’un système qui nous englobe et qui nous fait face. Et nous voici sans histoire face au monde qui est déjà là et qui ne cesse de nous arriver comme si nous étions assujettis à l’actualité sans acte face à une histoire devenue photographie. Il n’est donc pas étonnant que cette représentation agisse comme un révélateur.

    Cette représentation nous confère l’idée d’un système dont le motif n’est plus la mécanique, comme lorsque le Machiavel de Maurice Joly raillait les civilisations de Montesquieu « à cylindres et à tuyaux ». Il s’agit de liens qui font des nœuds tissant la structure en nœud-papillon, théorisée pour IBM pour décrire le Web, selon une dynamique où la finance phagocyte l’économie (réelle ajouté-je pour faire comme si, selon la mode, la finance n’était pas l’économie) – puisqu’on y apprend que la concentration actionnariale est 7 fois plus importante que celle des recettes d’exploitation – et où l’économie phagocyte le politique – puisqu’on y dit que peu de réseaux de propriétés nationales intègrent le nœud-pap, ; le tout semblant animé par une pulsion inégalitaire.

    Pour impressionnante qu’apparaisse l’inégalité où les trois quarts des nœuds compose le plus gros réseau absorbant 94 % des recettes d’exploitation, ce qui me semble motiver les auteurs de cette brillante étude est la périlleuse tendance monopolistique du Capital mondial, dans la mesure où ils l’opposent à la fraîcheur concurrentielle : « No matter its origin, however, it weakens market competition », « mutual ownership relations among firms within the same sector can, in some cases, jeopardize market competition. Moreover, linkages among financial institutions have been recognized to have ambiguous effects on their financial fragility. ».

    Une méchanceté de Marx contre Proudhon pour distinguer formule et mouvement.

    « Le monopole est une bonne chose, raisonne M. Proudhon, puisque c’est une catégorie économique, une émanation “ de la raison impersonnelle de l’humanité ”. La concurrence est encore une bonne chose, puisqu’elle est, elle aussi, une catégorie économique. Mais ce qui n’est pas bon, c’est la réalité du monopole et la réalité de la concurrence. Ce qui est pire encore, c’est que la concurrence et le monopole se dévorent mutuellement. Que faire ? Chercher la synthèse de ces deux pensées éternelles, l’arracher au sein de Dieu où elle est déposée de temps immémorial.
    Dans la vie pratique, on trouve non seulement la concurrence, le monopole et leur antagonisme, mais aussi leur synthèse, qui n’est pas une formule, mais un mouvement. Le monopole produit la concurrence, la concurrence produit le monopole. Les monopoleurs se font de la concurrence, les concurrents deviennent monopoleurs. Si les monopoleurs restreignent la concurrence entre eux par des associations partielles, la concurrence s’accroît parmi les ouvriers ; et plus la masse des prolétaires s’accroît vis-à-vis des monopoleurs d’une nation, plus la concurrence devient effrénée entre les monopoleurs des différentes nations. La synthèse est telle, que le monopole ne peut se maintenir qu’en passant continuellement par la lutte de la concurrence. »
    Extrait de Misère de la philosophie II. La métaphysique de l’économie politique, 3 La concurrence et le monopole

    • Charles A.

      Merci.
      Décidément le blog nous gâte aujourd’hui, commentaire des « ravis » du système inclu…
      Je ne connaissais pas ce texte alors que j’ai l’habitude de dire:
      « La concurrence, c’est la recherche du monopole ».

  79. Otto Hottentot

    Une question, très importante, qu’on peut se poser, c’est comment se comportent cette grosse centaine d’entités dans la crise financière, les unes par rapport aux autres, ou même plutôt, dans le casino de la finance spéculative. Se font-elles la guerre, à qui piquera des milliards à l’autre? Ou bien au contraire sont-elles toutes vainqueurs, gagnant des milliards sur le dos de … de qui exactement ?

  80. Abdellatif

    Bonsoir,
    Le célèbre livre-thèse « la fabrication du consentement – de la propagande médiatique en démocratie » par Noam Chomsky évoque ce (désormais) fait.
    Lorsque l’on voit les médias actuels, il ne fait aucun doute qu’elles savent où est leur intérêt : en général, il coincide avec ce que l’on appelle l’oligarchie ou plutocratie, qu’elle soit médiatique ou économico-politique
    @++

  81. ph

    Ci-après, deux collectifs basés en France qui ont travaillé entre autre sur les transnationales:

    1. Un duo d’artistes, « Bureau d’Etude », a tenté entre autre de visualiser les réseaux de pouvoir sous forme de cartographie (murale) comme cette vision en 2005 d’une gouvernance mondiale: http://bureaudetudes.org/2005/01/19/gouvernement-mondial-bureau-d%E2%80%99etudes-2005 . Beaucoup d’autres investigations graphico-artistiques basées sur des données sérieuses de 2002 à 2008 sont consultables sur http://bureaudetudes.org (attention, les articles sont souvent en anglais et se terminent en général par un lien vers un pdf d’une carte téléchargeable).

    2. Un collectif transdisciplinaire, RYBN (http://www.rybn.org/ ) travaille entre autre sur l’esthétique des flux trouvés sur le web, et notamment entre 2006/2009 sur les données de la finance ( http://www.antidatamining.net/ ). Un des programmes proposait par exemple l’organigramme tentaculaire des transnationales. Ce travail, »Capital networks map », se basait sur les infos de http://fr.transnationale.org/ (banque de données sur 13000 entreprises, dispo en 4 langues: FR, UK, ES ou IT).

  82. francis

    Le Pb lié à la discussion qui se déroule sur le blog actuellement me semble t-il est directement lié à l’assertion de Paul Jorion;
    « Oui, ça m’intéresse moi en particulier. L’article montre que le monde appartient à 147 compagnies aux intérêts entremêlés. Oubliez vos discussions sur la démocratie. Ça se passe sous nos yeux, sans le moindre complot. L’article le prouve mathématiquement : la science sert donc à quelque chose. »
    Pour être plus prècis quand P. Jorion dit que le « monde appartient » c’est vrai que l’article dit que c’est 40 % de l’échantillon, d’accord, mais l’article ne dit pas que ( loi de Paretto) ces 40% représentent 60% ou 80% des capitalisations de l’échantillon comme vraisemblablement ce doit être!
    Que le calcul » mathématique le prouve » renforce l’idée que P; Jorion est en contradiction avec ses écrits mais personne ( ou trés peu) n’a contésté le fait avéré par les auteurs…
    Prenons le cas des sociétes françaises citées AXA et BNP Paribas et Sté générale, dans les 50,
    AXA est détenue par les mutuelles du Mans 22% et BNP 5,4% 70% dans le public.
    BNP est détenue par AXA 5,8 % Stés du groupe 12% et 70% Investisseurs institutionnels 70% dont 51% des zinzins français!
    Sté générale par
    Salariés 7,13 %
    BlackRock 5,04 %
    Groupama 4,24 %
    Autodétention et autocontrôle 2,83 %
    CDC 2,26 %
    Meiji Life Insurance 1,50 %
    CNP 1,17 %
    On sait que BNP paribas est trés lié avec le groupe GBL ( bruxelle-Lambert) holding financier appartenant au Groupe Albert frêre et au groupe Powercorp ( famille Desmarais) en effet GBL est controlé à 50% par Pargésa elle même controlée par Partjointco 54%( joint venture de Desmarais /Frêre) et BNP Paribas 13,9% et First Eagle Investment Management LLC (USA) 7,8%
    GBL, BNP, AXA contrôlent ou sont dans le noyau dur, 14 des plus importantes Capitalisation du CAC 40 (Total, Sanofi, GDF suez, Suez environnement, Renault, peugeot Pernot-Ricard, BNP, AXA, ACCOR, Technip, Lafarge, LVMH)
    AXA c’est en 2009; 753 Mds € de Dettes et 53 Mds € de Capitaux propres; c’est encore 92 Mds de CA et 4 Mds de bénéfices 960 millions d’ impôts! et 2 mds € de dividendes
    BNP c’est 2000 Mds € de dettes pour 85 Mds de CP c’est 17 mds de bénéfices brut consolidés et 3 mds d’impôts et 2,3 Mds de dividende.
    Selon l’OCDE les banques françaises hors secteurs mutualistes représentent 6800 Mds de dettes! comparer à notre PIB ( 1932 Mds€) données 2010

    • Charles

      Si je comprends bien l’article ils ont pris un échantillon d’environ 37000 entreprises sur toutes les entreprises mondiales et ils en concluent qu’un petit nombre (147) ont des participations croisées et contrôlent une bonne partie de leur valeur. Ce sont majoritairement des entreprises financières qui contrôlent la valeur.
      N ayant aucune connaissance de gestion j’ai surement compris de travers. Je n’ai pas l’impression d une révélation.
      Non Chris06 tu n’es pas tout seul!
      Comment ont-ils choisi leur échantillon? Je suppose qu’ils ne sont pas partis des données que vous avez pour les redéployer dans l’autre sens.

  83. De quoi s’inquiète-t-on, tout est compris !

  84. logique

    Excellente étude et excellente utilisation du calcul matriciel.

    M’enfin il y a tout de même un petit travaille suplémentaire qui pourrait être fait sur la même base de donné. Se travail consisterit a extraire des 147 entreprise la composition de leur conseil d’administration. L’histoire de voir quel son les acteurs de se grand reseau mondial pour ne pas dire se nouveau gourvernement mondial.

  85. [...] par yoananda le septembre 8, 2011 Jorion vient de publier un billet intitulé « les maîtres du monde » qui nous parle d’une publication universitaire scientifique récente (traduction [...]

  86. [...] sans arguties à la conclusion, mettant sur son blogue, le 7 septembre un article intitulé  “Les maîtres du monde”  Lisez les notes de Jorion et les commentaires sur l’article sont aussi d’un grand [...]

  87. [...] sans arguties à la conclusion, mettant sur son blogue, le 7 septembre un article intitulé  “Les maîtres du monde”  Lisez les notes de Jorion et les commentaires sur l’article sont aussi d’un grand [...]

  88. [...] la conclusion, mettant sur son blogue, le 7 septembre un article intitulé  “Les maîtres du monde” Lisez les notes de Jorion et les commentaires sur l’article sont aussi d’un grand [...]

  89. [...] – dit ETH – The network of global corporate control qui avait été repéré sur le blog de Paul Jorion, début septembre. Elle traite de l’extraordinaire concentration du pouvoir économique mondial [...]

  90. [...] LES MAÎTRES DU MONDE : À propos de « The network of global corporate control », par S. Vitali,… [...]

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