LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 31 DÉCEMBRE 2011

L’avenir de la zone euro
BFM TV, Bourdin 2012, vendredi 30 décembre à 8h35

Dithering at the Top Turned EU Crisis to Global Threat, Charles Forelle et Marcus Walker, Wall Street Journal, 29 décembre 2011
Deepening Crisis Over Euro Pits Leader Against Leader, Marcus Walker, Charles Forelle et Stacy Meichtry, Wall Street Journal, 30 décembre 2011

* Quand je dis « IMF », c’est un anglicisme bien entendu, je voulais dire « FMI », Fonds Monétaire International.

Version YouTube, dans les commentaires et aussi ici.

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L’actualité de la crise : SUR UNE CORDE RAIDE, par François Leclerc

Billet invité

Ne dissimulant pas son soulagement d’avoir réussi à passer l’épreuve, Mario Monti, le président du Conseil italien, a cru pouvoir considérer que l’Italie venait de “s’éloigner du bord du précipice”. Le résultat de l’émission obligataire de lundi n’est pourtant pas si brillant : il a en effet été consenti un taux de 6,98% pour l’émission de titres à dix ans, à un cheveu du seuil de 7% considéré comme à terme insoutenable. Or les taux montent plus facilement et rapidement qu’ils ne descendent – sur le marché secondaire, il a dépassé à nouveau ce seuil – et les besoins de financement de la dette italienne sont de 450 milliards d’euros en 2012, le gouvernement venant de réussir à lever… 7 milliards d’euros.

Mario Monti va maintenir deux fers au feu pour tenter de détendre la situation : engager son fameux programme de réformes structurelles et vendre des actifs publics – participations dans des entreprises ou biens immobiliers, l’objectif étant de diminuer la dette d’au-moins 100 milliards d’euros sur ses 1.900 milliards au total – tout en tentant une problématique relance économique dans un contexte de récession prononcé. L’idée est d’introduire de la “flexibilité” grâce à un vaste programme de libéralisation et d’ouverture à la concurrence, afin de renforcer la compétitivité. Tout décodage de ce pathos est désormais superflu, mais il va falloir négocier précautionneusement les mesures qui en découlent afin de contenir les réactions sociales.

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BFM TV, Bourdin 2012, vendredi 30 décembre à 8h35

Un débat entre Élie Cohen et moi sur l’avenir de la zone euro.

La capitalisme à l’agonie (Fayard 2011), en rupture de stock à la suite de l’émission. Amazon.fr indique : « Actuellement indisponible. Nous ne savons pas quand cet article sera de nouveau approvisionné ni s’il le sera. » Je vous rassure : il le sera.

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L’actualité de la crise : SOLUTIONS D’ATTENTE, par François Leclerc

Billet invité

Symbole de la situation, l’attente de la dégradation de la note AAA de la France, qui pourrait être suivie de celle du Royaume-Uni, se poursuit et le profond mal-être des banques se confirme.

Les dépôts au jour le jour à la BCE de ces dernières accumulent les records, en dépit d’un taux de rémunération de 0,25% inférieur au 1% payé pour emprunter les mêmes fonds. 489 milliards d’euros ont été empruntés et 452 milliards ont été déposés dans les coffres de la BCE pour la nuit de mardi à mercredi : il est plus sûr, en attente des grosses échéances de remboursement des banques du trimestre à venir, de conserver les fonds à l’abri, quitte à perdre de l’argent avec cette solution d’attente, que d’investir ici ou là. Les banques font donc le pari que le dysfonctionnement du marché interbancaire est durable, déjouant les pronostics de ceux qui les voyaient investir sur le marché obligataire ou développer le crédit à l’économie. Rendez-vous est maintenant pris au 29 février prochain, pour la deuxième opération de prêt à trois ans.

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RENDEZ-VOUS CHEZ LACAN, la discussion…

Certains des arguments utilisés par mes contradicteurs dans la discussion relative au film de Gérard Miller, « Rendez-vous chez Lacan », m’obligent à attirer l’attention sur le fait que les découvertes de Freud ont été entièrement assimilées par notre culture. Ce qui produit une certaine invisibilité de ce phénomène, et qui peut faire croire qu’un débat existe encore, du genre « Freud a-t-il raison ou a-t-il tort ? », c’est le caractère total de sa victoire, au point que quiconque le critique ne peut s’empêcher – inconsciemment 😉 – d’utiliser des arguments dont il est lui-même à l’origine, et ceci parce que la « métapsychologie » freudienne a si bien « sédimenté » au sein de notre culture qu’elle a fini par se fondre dans ce que nous appelons le « sens commun ». Du coup, la discussion ne peut plus porter que sur des détails périphériques de ce qu’il a avancé – certainement pas sur l’existence de l’inconscient et ses interférences dans la vie quotidienne, par exemple. Même les interprétations du niveau « café du commerce » de la vie politique font grand cas des lapsus, des actes manqués, des motivations inconscientes, etc. Essayons d’imaginer – pour la beauté de l’exercice, et pour rire – les relations de l’affaire DSK par la presse… si nous étions en … 1880.

Illustration de Sébastien Marcy

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Fukushima : L’ÉCHELLE FINANCIÈRE DU NUCLÉAIRE, par François Leclerc

Billet invité

Les échelles de l’industrie électro-nucléaire sont multiples.

Quarante ans sont ainsi prévus pour les opérations de démantèlement de la centrale de Fukushima-Daiichi, puisqu’il fallait bien annoncer un calendrier. Celui-ci est donné sans garantie, étant donné les inconnues et défis titanesques de l’opération, tandis qu’une autre échelle se révèle progressivement : celle des coûts financiers de la catastrophe.

Tepco, l’opérateur privé de la centrale, va devoir non seulement assumer les coûts de ce démantèlement, mais également ceux du dédommagement des victimes et de la compensation par d’autres moyens de l’arrêt de la quasi intégralité de ses réacteurs nucléaires.

Dans l’immédiat, Tepco fonctionne grâce à des avances financières du Fonds de versement des indemnités pour les dégâts nucléaires, mis en place par l’État. 8,7 milliards d’euros ont déjà été débloqués, mais Tepco – qui en avait réclamé 10 milliards – demande maintenant 16,7 milliards d’euros. Les experts considèrent que 42,5 milliards d’euros devront être versés à ce titre d’ici à 2013, un montant déterminé sur la base d’estimations contradictoires. Il pourra être augmenté au fur et à mesure que sera délimité la future “zone interdite” qui affecte actuellement 80.000 Japonais déplacés.

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RENDEZ-VOUS CHEZ LACAN, un film de Gérard Miller

On me fait parvenir aujourd’hui en avant-première, le documentaire que Gérard Miller a consacré à Lacan. En espérant sans doute, que j’en dirais du bien. De ce point de vue là en tout cas, il n’y a pas erreur sur la personne.

Quand je mentionne le mot « psychanalyse », je suis assuré que l’un ou l’autre de mes lecteurs ici répondra avec l’immédiateté du réflexe : « fumisterie ». À quoi attribuer cela ? Je suppose à Michel Onfray. J’ai lu quelques écrits de Michel Onfray, en particulier des choses très justes sur Camus, et j’en suis d’autant plus attristé que pour ce qui est de la psychanalyse, il soit à ce point tombé à côté de la plaque. Qu’est-ce qui lui a pris ? L’hybris, je suppose, le fait qu’à force d’entendre des gens qui vous disent : « Vous avez parfaitement raison ! », on en vienne à accorder une confiance excessive à la moindre de ses intuitions, au risque de se faire piéger alors dans les grandes largeurs.

Qu’est-ce qui me vient à la vue de ce « Rendez-vous chez Lacan » de Gérard Miller ? D’abord que j’aimerais bien qu’un jour à mon souvenir, quelqu’un éprouve les mêmes sentiments à mon égard que ceux que j’éprouve en ce moment envers Lacan. La vie vaut alors rétrospectivement d’avoir été vécue.

Lacan n’était pas pressé : j’ai aujourd’hui l’âge qu’il avait quand ont paru ses Écrits. Nous avons quelque chose en commun : la chance d’avoir été excommuniés par nos pairs. Cela vous ouvre en grand les portes de la liberté absolue de penser et de dire, ce qu’on appelle aussi « dissidence ».

Voyez ce film. Si vous n’avez pas fait d’analyse personnelle, il ne vous en restera peut-être pas grand-chose : la psychanalyse ne se vit que de l’intérieur. Mais s’il vous en reste quand même un tout petit quelque chose, alors, le concept est passé, à sa manière.

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Rendez-vous chez Lacan, un film écrit et réalisé par Gérard Miller (51 min. + 3 compléments), éditions Montparnasse, sort le 7 février 2012.

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2011 : UNE ANNÉE SANS HISTOIRE

Ce que l’année 2011 aura brillamment illustré, c’est comment la dérégulation et la privatisation engendrent le dérèglement. C’était prévisible me direz-vous, eh bien, apparemment pas pour tout le monde, et en particulier pas pour les personnes que nous nous évertuons, vous et moi, depuis quarante ans, à asseoir par nos votes à la tête des affaires.

On entend dire bien entendu dans certains cercles que l’effondrement que nous observons se déroule selon un plan prévu. C’est là une vue exagérément charitable de l’intelligence et de la compétence de ceux qui, tant sur le plan officieux que sur le plan officiel, nous dirigent. La panique qui règne en ce moment au sommet réfute à suffisance la thèse du complot.

Que retenir de l’année 2011 ? Une offensive en règle contre l’État-providence, à l’occasion d’une crise de la dette dont on a décidé en haut-lieu que seuls les salariés en règleront la note et dont on a oublié, là aussi, qu’il a été mis en place pour que le capitalisme soit supportable à la masse des perdants de ce système, qui ne protesteraient pas trop si on leur donnait de jouir quand même en paix des petits plaisirs de la vie.

Les salaires extravagants des dirigeants des grosses entreprises furent considérés en 2011 comme une curiosité dont il n’y a pas lieu de se préoccuper spécialement. De même, le fait que les dividendes augmentent alors que le résultat des sociétés baisse. De même encore, le fait que les grosses entreprises dépensent en lobbying des sommes plus importantes qu’elles ne versent en impôts. Simples curiosités que tout cela, tout comme les stock-options, qui tombent dans la catégorie fiscale des « gains exceptionnels », même si elles ont représenté dans les années récentes, 43% des revenus de la fraction la plus fortunée de la population française.

Quand ils ont tendu la main au secteur bancaire, les États sont tombés dans le trou où celui-ci se trouvait déjà. Pourquoi ? « Parce que nous avons vécu au-delà de nos moyens », nous serine la presse bien-pensante. Ah oui ? Ne serait-ce pas plutôt parce que les gains de productivité dus à l’informatisation et à l’automation ont précisément été confisqués sous la forme de dividendes et de rémunérations extravagantes, plutôt que de passer en salaires à ceux dont le travail produisait davantage ? Et que le pouvoir d’achat qui manque à l’appel a très généreusement été masqué par un accès facilité au crédit, lequel fragilise l’économie irrémédiablement en étendant le réseau des créances nécessairement douteuses puisqu’elles seront remboursées à terme à l’aide de salaires insuffisants et déjà hypothéqués. Il suffit alors d’un incident mineur, comme la crise des « subprimes » aux États-Unis, pour que le château de cartes s’écroule à l’échelle de la planète.

Il ne s’agit encore là que de la France, qu’en est-il de la zone euro dans son ensemble, et des mesures prises pour la maintenir en vie ? Trop peu, trop tard, et ceci depuis janvier 2010, quand les difficultés de la Grèce ne purent être ignorées plus longtemps. Les politiques, les financiers, s’efforcèrent de rétablir la confiance, de réunions de ministres des finances en réunions de chefs d’État, à 7, à 8, à 17, à 20 ou à 27. Comme si « la confiance des marchés » pouvait être restaurée à coups de phrases ampoulées ! La confiance, pour ceux-ci, signifie seulement que l’argent prêté leur reviendra, et grossi d’intérêts plantureux pour bien faire. Or les États, à l’image des ménages, sont aujourd’hui fauchés.

Les choses vont-elles pour autant mieux ailleurs ? La nouvelle classe des millionnaires chinois, nous révèle un sondage, ne rêve que d’une seule chose : de s’installer dans le XVIe arrondissement de Paris. Cela ne présage rien de bon pour l’économie chinoise. À moins qu’une bonne nouvelle ne se cache dans la mauvaise : que les dépenses des millionnaires chinois en exil boosteront les exportations de leur mère-patrie – qui ne peut plus vraiment compter sur nos propres achats, à nous Occidentaux, étant donné l’état de nos finances. Autre « BRICS » sur lequel nous comptons pour sauver l’économie mondiale, puisque nous avons nous jeté l’éponge : la Russie, où les manifestants hier se disaient prêts à faire une nouvelle révolution.

Et les États-Unis ? Le plafond de la dette publique a été rehaussé le 2 août pour atteindre le niveau confortable des quinze mille milliards de dollars. Toute amélioration de la situation est désormais impossible, l’opinion publique américaine s’étant clivée entre deux camps : ceux, d’une part, qui refusent toute imposition nouvelle du capital comme des gros revenus « pour ne pas pénaliser l’économie », ajoutent-ils sans rire, et ceux, d’autre part, qui entendent défendre les derniers vestiges de l’État-providence aux États-Unis. La vente des armes à feu dans le pays connaît un boum sans précédent, « dont il est difficile de deviner la raison », ajoutait de manière touchante le commentateur qui rapportait la nouvelle.

Dans le même registre des choses difficiles à expliquer, le fait que les camps d’« indignés » ont poussé comme des champignons à la surface du globe en 2011. Une autre curiosité sans conséquence, n’en doutons pas.

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L’actualité de la dette : LA MONTAGNE SACRÉE DE LA DETTE, par François Leclerc

Billet invité

Initialement prévu pour n’être qu’un mauvais moment à passer, le désendettement ne se déroule décidément pas bien du tout cette fois-ci. Il produit des ravages et prolonge la crise pour une longue période dont on ne voit pas la fin. Comme si la machine à produire de la dette – le système financier – avait été trop loin cette fois-ci, s’en était trouvée déséquilibrée, sans parvenir à depuis retomber sur ses pieds.

Des obstacles imprévus se dressent dans le cours du processus de désendettement, entravant les opérations de refinancement d’une dette dont la réduction n’est que progressive, quand elle ne continue pas à augmenter dans un premier temps, comme c’est le cas pour la dette publique. Phénomène redoutable, les actifs de qualité finissent par faire défaut pour venir en garantie de nouveaux emprunts la faisant rouler, en raison de l’effet additionné de deux facteurs : le volume des engagements a encore grossi et la qualité du collatéral s’effrite, conséquence de l’accroissement du risque attaché aux emprunteurs, Etats ou établissements financiers.

Le phénomène est redoutable, car cet accroissement grippe le mécanisme de garantie de la pyramide du crédit. Va-t-il falloir, après avoir constaté la mort de la titrisation – dont l’une des missions avortées était de mutualiser le risque pour le faire disparaître – enregistrer qu’une nouvelle panne a atteint la machine à faire de la dette, affectée par la pénurie du collatéral apporté en garantie ?

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 23 DÉCEMBRE 2011

Les boucs-émissaires
La Banque Centrale Européenne
Le libertarianisme
« Les questions qui restent à résoudre »

Également sur Youtube : ça se trouve ici.

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L’actualité de la crise : LE CAPITALISME ASSISTÉ, par François Leclerc

Billet invité

Qualifié de sugar rush (bouffée d’énergie après avoir mangé un aliment sucré) par les analystes financiers anglo-saxons, le prêt de 489 milliards d’euros de la BCE n’a pas longtemps enthousiasmé les marchés. Après une brève envolée, il s’est produit le contraire de ce qu’il était espéré : l’ampleur même de l’opération et des besoins qu’elle a révélée a amplifié les craintes des investisseurs, sur le thème “nous en sommes donc là ?”.

Deux constatations découlent de cette opération, l’une évidente et l’autre plus masquée. La première est que le système bancaire européen – puisque l’attention est focalisée sur lui – est devenu un zombie : une créature ayant seulement l’apparence de la vie. Une aide permanente lui est devenue nécessaire, en substitut des mécanismes de marché qui lui permettaient auparavant de fonctionner. Induisant une question qui n’est pas encore posée et qui ne devrait pas tarder à l’être : qu’en sera-t-il à l’échéance de trois ans du prêt de la BCE ? Devra-t-il être renouvelé et entrerons-nous ainsi dans une nouvelle phase du capitalisme, le capitalisme assisté ?

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UN VENT D’ESPOIR SE LÈVE !

MADRID, 21 décembre 2011 (AFP) – Luis de Guindos, ancien président de la banque Lehman Brothers pour l’Espagne et le Portugal, a été nommé mercredi ministre espagnol de l’Economie.

Rejoignant MM. Monti, nouveau Premier Ministre italien, ancien conseiller de Goldman Sachs, et Draghi, Président de la Banque Centrale Européenne, ancien directeur en exercice de Goldman Sachs International, M. de Guindos confirme brillamment la nouvelle « Règle d’or » en matière de politique : le principe souverain de la « prime à l’incompétence ».

Nul doute que le projet d’une Constitution pour l’économie, réclamé à cor et à cri par l’opinion publique internationale, sera confié incessamment à M. Bernard Madoff.

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FUKUSHIMA : l’échelle du temps nucléaire, par François Leclerc

Billet invité

Quarante ans seront nécessaires pour démanteler la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, vient d’estimer le ministre de l’environnement japonais, Goshi Honoso.

Le respect de cette échéance est toutefois suspendu à la conception et au développement prioritaires de robots permettant de savoir ce qu’il en est effectivement de l’état du combustible nucléaire, car il n’existe pas d’engins capables de réaliser ces observations dans des conditions si extrêmes. Rigoureusement inaccessible et même inobservable, celui-ci est d’après des simulations informatiques supposé reposer sur une semelle de béton, en dessous de la cuve percée du réacteur, dont l’état est lui-même une inconnue.

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L’actualité de la crise : LA POLITIQUE DE LA PATATE BRÛLANTE, par François Leclerc

Billet invité

La grande nouvelle du jour est le montant de la demande de 523 banques afin de bénéficier du premier prêt à trois ans et à 1% de la BCE : 489 milliards d’euros, tout en haut de la fourchette des prévisions. Atteindre un tel niveau a été rendu possible grâce à l’assouplissement des règles de la banque centrale quant à la qualité du collatéral apporté par les banques en garantie de leur emprunt.

Cette opération de sauvetage vise non seulement à permettre le refinancement des banques – placées sans cette aide devant un mur – mais tente aussi par ricochet de détendre le marché de la dette souveraine, au cas où elles engageraient massivement des achats obligataires comme elles y sont incitées. C’est un peu le va-tout de la BCE et des Etats, qui a déjà donné lieu à de nombreux commentaires sceptiques sur sa portée effective. Il est en effet à prendre en considération que les banques doivent rembourser leurs propres échéances, ce qui représente 230 milliards d’euros rien que pour le premier trimestre 2012 et 600 milliards d’euros pour l’année à venir.

Les premières réactions enregistrées sur le marché obligataire ne sont pas encourageantes, la plupart des taux étant à la hausse après l’annonce des résultats de l’opération de la BCE. Il est considéré que seules les banques des pays déjà en difficulté pourraient acheter de la dette de leur pays, les autres ne tenant pas à devoir inscrire dans leur bilan des titres risquant vite de devoir être dépréciés.

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LA TRIBUNE, Le système capitaliste s’est laissé piéger par sa propre complexité, mercredi 21 décembre

Un entretien avec Éric Benhamou. L’article est en ligne.

Prophète de malheur pour les uns, chercheur rigoureux et anticonformiste de la crise pour les autres, Paul Jorion ne laisse pas indifférent. Anthropologue, économiste de terrain, praticien de la finance, blogueur à succès, écrivain prolifique, l’homme « qui avait prédit la crise financière » est devenu une figure incontournable des médias et des colloques émérites pour ses analyses hors cadre et ses attaques ciselées à l’encontre de l’establishment de la « science économique », qui n’a rien vu, rien prévu, rien saisi. On l’aura compris, notre avenir, sinon notre salut, ne viendra pas des économistes, et encore moins des décideurs toujours sous leur influence idéologique. Les thèses de Paul Jorion ont au moins une vertu : créer enfin un nouvel espace de débat sur nos économies.

Pensez-vous que le capitalisme soit réellement au bord de l’effondrement ?

Le capitalisme a toujours été un système instable, car générant sans cesse une concentration du patrimoine qui finit par empêcher la machine de tourner. Le capitalisme ne se nourrit pas de ses crises, comme on l’entend souvent dire, mais il est à chaque crise sauvé par une mobilisation de toutes les énergies et, en premier lieu par l’État, qui a permis jusqu’ici de le remettre à flot. Les économistes y voient des « cycles » alors que le système ne survit qu’à grand renfort de plans de sauvetage successifs.

La suite sur le site de La Tribune.

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POLY STYRENE (1957 – 2011)

C’est avec une grande tristesse que j’ai appris avec beaucoup de retard la mort intervenue le mois d’avril dernier de Poly Styrene (Marianne Joan Elliott-Said), la chanteuse du groupe punk féminin anglais X-Ray Spex. Ça n’a pas dû faire la une des journaux que je lis d’habitude, et c’est pour cela que cela m’a échappé.

Ce sont les journalistes du magazine Voxpop qui m’interviewaient la semaine dernière qui m’ont appris sa mort, alors qu’on évoquait ce qu’on aimait bien à différentes époques.

J’habitais alors l’Angleterre. On était au début du règne de la Dame de Fer et tout ce dont on était sûr que cela devait l’énerver profondément nous mettait automatiquement de bonne humeur.

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L’actualité de la crise : DES AMBITIONS SANS MOYENS, par François Leclerc

Billet invité

“L’Union européenne apprécierait que les membres du G20, ainsi que d’autres pays membres du Fonds monétaire international financièrement solides, soutiennent les efforts visant à préserver la stabilité financière mondiale en contribuant à augmenter les ressources du FMI”, a déclaré hier soir Jean-Claude Juncker, le chef de file de l’Eurogroupe.

C’est par cet appel peu glorieux que la dernière réunion des ministres des finances s’est conclue, après enregistrement de promesses de prêts bilatéraux au FMI pour un montant de 150 milliards d’euros. Les Britanniques ont refusé leur écot et l’objectif de 200 milliards n’a pas été atteint : “Le Royaume-Uni a toujours été prêt à envisager des ressources supplémentaires pour le FMI, mais pour sa mission mondiale”.

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