24 réflexions au sujet de « RONALD SEARLE (1920 – 2011) »

  1. @ Paul Jorion
    Ce sont les casquettes/bérets prolétaires au spectacle de catch qui vous ont fait choisir ce dessin ?

  2. Cette année 2011 aura été une des pires que j’ai connues (~ 60) !

    Et dire que les « Mayas » nous annoncent 2012 comme pire !

      1. Lordon très bon, comme d’habitude. Cet homme a le sens de la formule et un zeste d’esprit pataphysicien.
        Le Suisse délire joliment. C’est un créateur. Ce sont des gens qui ont la capacité de montrer par l’absurde, l’hyperbole, le non-sense ou l’euphémisme, la folie du monde.

    1. Même constat en plus jeune…:((
      Je craindrais plus les USA que les Mayas, à ta place. On dirait qu’ils passent la vitesse supérieure dans leur activité ordinaire de déstabilisation de régimes « voyoux » et de guerre ouverte à tous les pays qui n’obéissent pas à leurs diktats. C’est assurément l’éloignement promis de coopérations entre les peuples, dont pourtant tous les terriens, comme Gaïa, ont désespérément besoin.

  3. Ça alors, je me dis que le visuel m’est familier, et en recherchant, je trouve à la fois un cartoonist que j’aime particulièrement et l’auteur d’un bouquin mythique de ma petite enfance, le livre des sorcières. Mais en France on ne célèbre pas du tout ce type de dessin anglo saxon. Il est vrai qu’on a Cabu, en même temps.

    Ah, ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier…

  4. Triste nouvelle. Restent ses dessins, heureusement. Ah, ses chats, quel bonheur de les regarder, encore et toujours.

  5. Impressionnant; on voit, on entend, on sent…en quelques coups de crayon.
    Et la colonne d’ombre qui mène au plafonnier, on dirait une grosse patte d’ours qui va s’abattre sur les lutteurs.
    Il y a quelque chose qui me rappelle Toulouse Lautrec dans ces lignes.

  6. la fluidité du trait n’est pas sans rappeller certains dessins japonais de Sengaï !

  7. Du pain et des jeux ! Tant qu’il y a du spectacle et qu’on flatte les bas instincts, tout va bien… Ça pourrait aussi être un match de football ou la dernière émission de real tv.

  8. Une campagne présidentielle…

    Je pense à Ecoute, petit homme ! Wilhelm Reich.

    Peut-être faudrait-il toujours commencer par la lecture de ce texte lorsque l’on s’intéresse à la philosophie politique. Car avant les états, avant les nations, avant les pouvoirs, il y a le petit homme, l’homme moyen qui rêve de la norme comme de son seul avenir, qui est prêt à tout pour rester dans la norme, qui est prêt à perdre sa santé mentale car dans un monde où les petits hommes règnent, vouloir être un petit homme, c’est vouloir n’être personne. Reich détruit ce drôle de rêve en montrant que tout homme, peu ou prou, ne cesse de le formuler. La philosophie politique commence à la porte de chacun, à sa façon de vivre, de rêver le monde, de refuser le petit homme que l’on est par ailleurs. Aux petits hommes qui rêvent de devenir des petits grands hommes, il faut rappeler ces phrases de Reich, choisies presque par hasard : « Ecoute, petit homme ! La misère de l’existence humaine s’éclaire à la lumière de chacun de tes petits méfaits. Chacun de tes petits faits repousse plus loin l’espoir d’une amélioration de ton sort. C’est là un sujet de tristesse, petit homme, de profonde tristesse ! Pour ne pas sentir cette tristesse, tu fais de petites plaisanteries minables et tu les appelles l’humour du peuple. On fait les mêmes plaisanteries sur toi et tu ris à gorge déployée avec les autres. Tu ne ris pas pour te moquer de toi. Tu te moques du petit homme sans même savoir que c’est de toi que tu te moques » (p.48).

    Vais pas fort en ce moment, moi… Désolé, je repars au combat.

  9. Pour moi, dans ce dessin, il y a le trait aigu, précis et juste de R.Searle pour montrer, témoigner de la violence d’une scène populaire. Et puis, dans le portrait de la femme au premier plan : autre chose. La caricature bien sûr mais aussi, dans ce regard fasciné, dans ce sourire heureux : le plaisir d’une femme plus très jeune, que l’on peut imaginer solitaire et « comme il faut », avec son chapeau et son petit foulard autour du cou, qui regarde deux hommes se battre, presque nus. J’y vois, personnellement, un personnage dur, humoristique qui se révèle, à la seconde lecture, pathétique et, à la troisième, attendrissant. C’est ce qui me touche dans l’oeuvre de Searle : derrière la cruauté, l’humour, perce une grande tendresse pour ses personnages et leur humanité (y compris dans ses chats, oui, évidement !). Et l’on n’a jamais fini de découvrir ses dessins.

Les commentaires sont fermés.