LES DÉFIS DE L’AGRICULTURE DU 21ème SIÈCLE, par Gilles Domenech

Billet invité

Au cours du XXème siècle, l’agriculture a vu sous toutes les latitudes des changements radicaux dans les pratiques qui sont devenues un peu partout de plus en plus intensives. Cette intensification se traduit par l’emploi de plus en plus important d’intrants provenant de l’industrie chimique (engrais minéraux et pesticides), par l’intensification du travail du sol, par une mécanisation croissante et par une sélection génétique très poussée (incluant l’hybridation F1 et les OGM) permettant d’atteindre de très haut rendements, à condition que les itinéraires techniques leur conviennent en termes de fertilisation et de traitement.

Grâce à cette évolution, la production mondiale a fortement augmenté, permettant de produire suffisamment pour nourrir 7 milliards d’humains (aujourd’hui les problèmes de famine sont uniquement dus à des problèmes politiques et non agronomiques).

Cependant, ces évolutions ont des conséquences dramatiques sur le plan social et sur le plan environnemental : destruction du tissu social traditionnel, déforestation, pollutions des eaux, dégradation et érosion des sols, etc.).

Nous voici donc devant une problématique majeure : quel modèle de réflexion pour faire avancer l’agriculture vers des pratiques alliant durabilité des systèmes, respect de l’environnement et productivité ?

Le sol, acteur incontournable

Pour y répondre, penchons-nous d’abord sur l’outil principal de la production agricole : le sol. Celui-ci est encore trop souvent considéré comme un simple support sur lesquels les plantes se développent et dans lequel elles puisent les nutriments utiles à leur développement. Il s’agit pourtant d’un milieu complexe, vivant et en interaction permanente avec la végétation. Plus précisément, la plante capte de l’énergie solaire, la stocke sous forme chimique dans la matière organique qu’elle synthétise, puis injecte cette énergie dans le sol grâce à trois processus : la litière de surface (mort des tissus aériens – tiges, feuilles, etc.), la litière souterraine (mort pluriannuelle des racines), et enfin la rhizodéposition, c’est-à-dire l’injection dans le sol de composés organiques par les racines vivantes. Ce dernier flux qui semble être à première vue un gaspillage en pure perte de l’énergie de la plante, représente pourtant le plus souvent de 20 à 50 % de la production primaire ! Ces flux d’énergie et de matière permettent de nourrir les organismes du sol, d’alimenter le sol en matières organiques, dont une partie est stockée sous forme d’humus et à terme de faire évoluer le sol.

La végétation bénéficie de toute cette énergie injectée d’une part parce que la vie du sol aère et stabilise la structure du milieu dans lequel elle développe son système racinaire et d’autre part parce que la vie microbienne et animale du sol favorise la libération de nutriment à proximité des racines et donc la nutrition minérale de ces dernières.

Sol et végétation sont donc dans une perpétuelle interaction positive basée sur l’énergie solaire fixée par les plantes. Contrairement à une idée encore très répandue, c’est la plante qui fait le sol et non le contraire. Il apparaît alors clair que la notion de repos des sols est totalement erronée. Au contraire, un sol bien nourri porte en permanence de la végétation, ce qui en termes d’agriculture se traduit par une couverture végétale permanente incluant plantes cultivées, plantes de couvertures, et arbres.

Comment intégrer cette réflexion sur la vie des sols au sein des pratiques culturales ?

Afin de prospérer, la vie du sol a besoin qu’on respecte son habitat et qu’on la nourrisse convenablement.

Pour intégrer le premier point, il est indispensable de supprimer le labour et de réduire le travail du sol dans son ensemble, voire, si possible de le supprimer complètement, comme le font les adeptes du semis direct.

Le second point est satisfait par la mise en place de façon la plus continue possible des trois flux décrits ci-dessus, c’est-à-dire litière de surface, litière souterraine et rhizodéposition. Voyons les outils agronomiques qui permettent de reproduire ces trois phénomènes.

La première possibilité est un apport de matière organique (fumier, paille, compost, bois raméal fragmenté connu sous le sigle BRF). Une telle pratique permet d’imiter une litière de surface, mais ne reproduit nullement les deux autres flux. De plus, cela nécessite d’amener de grandes quantités de matières depuis un autre champ (cas de la paille), depuis une étable (cas du fumier), une plateforme de compostage ou de broyage (cas du compost et du BRF, respectivement). Ces apports ont certes un intérêt non négligeable et peuvent être utilisés avec succès dans de nombreux cas, mais les contraintes liées sont un frein important, sans compter qu’ils ne reproduisent pas si fidèlement les flux énergétiques naturels.

Une autre voie est de chercher à produire au sein même de la parcelle cette matière organique grâce à la restitution des résidus de culture, la couverture du sol avec des plantes d’intercultures (couverts végétaux, alias engrais verts) ou encore l’association des plantes cultivées avec des plantes de couverture.

La restitution des résidus de cultures afin d’en faire une litière de surface implique d’éviter de travailler et surtout de retourner le sol suite à la récolte et afin de maximiser ce paillage, il est intéressant de cultiver des variétés produisant le plus possible de biomasse non récoltée (pailles, feuilles…).

Le couvert végétal est sans doute l’outil majeur de l’agriculture qui se construit actuellement. En effet, outre le fait de capter l’énergie solaire et de la restituer au sol en nourrissant la vie qu’il abrite, il participe à fixer l’azote de l’air (s’il contient des légumineuses), à contrôler l’enherbement en concurrençant la végétation spontanée, ou encore à favoriser la présence d’une faune auxiliaire (pollinisateurs et prédateurs des ravageurs des cultures). La destruction des couverts à la floraison, voire avant, permet en plus d’injecter dans le sol toutes sortes de composés organiques beaucoup plus facilement consommés par les organismes du sol que des pailles fortement lignifiées.

L’introduction de plantes pérennes dans les cultures annuelles permet d’augmenter encore les flux d’énergie par rapport à des intercultures annuelles, du fait de l’importance bien plus grande de leurs systèmes racinaires. Ceci peut se faire grâce à des herbacées (légumineuses, graminées, etc.) ou avec des arbres. Dans ce dernier cas, on parle alors d’agroforesterie, ensemble de pratiques qui permet non seulement de bénéficier des avantages écologiques et agronomiques de la présence d’arbres dans les parcelles, mais aussi de diversifier les productions de l’exploitation (bois d’œuvre, bois énergie, BRF, fruits).

Ces pratiques permettent de fixer l’énergie solaire et de reproduire les trois flux énergétiques de la plante vers le sol pratiquement en continu sur la parcelle.

Ce sont là les pratiques les plus prometteuses à l’heure actuelle, intégrées essentiellement par des producteurs adeptes de l’agriculture de conservation (travail simplifié et semis direct) et dans une moindre mesure par des producteurs bio. Bien sûr, il existe de nombreux freins : freins psychologiques d’abord, puisque cela remet en question nombre d’approches aussi bien traditionnelles que modernes, et freins techniques ensuite. Aujourd’hui le principal frein en ce qui concerne le semis direct est la dépendance aux herbicides pour contrôler l’enherbement et détruire les couverts, bien qu’elle tende à se réduire avec l’amélioration de la technicité des agriculteurs. Certains agriculteurs bio arrivent même à s’en rapprocher en se contentant d’un travail très superficiel. Un autre frein technique est la difficulté de réaliser un semis sur sol relativement ferme et encombré de résidus végétaux divers et variés ; là encore, ce frein tend à s’estomper du fait de l’amélioration des outils de semis. Gageons que ces freins, encore très présents, continueront à se faire de plus en plus discrets et que l’agriculture du XXIème siècle aura pour principal ouvrier le ver de terre et l’ensemble des organismes du sol et que les techniques « sols vivants » pourront être menées à toutes les échelles de production depuis le jardin familial jusqu’aux grandes cultures !

Gilles Domenech est pédologue, consultant et écrivain au sein de l’EURL Terre en sève qu’il a créé en 2008. Il est aussi administrateur du blog jardinons sol vivant. Cet article a été écrit en partenariat avec l’Institut Technique d’Agriculture Naturelle (ITAN).

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153 réflexions au sujet de «  LES DÉFIS DE L’AGRICULTURE DU 21ème SIÈCLE, par Gilles Domenech »

  1. Oui. Je pratique une transition progressive vers le sol vivant.

    Les freins économiques sont, après les freins psychologiques, le deuxième mur à traverser. Par exemple, pour passer au Techniques Culturales Simplifiées (TCS) il faut commencer soit par adapter ses outils à dents ou à disques vis à vis des résidus de couverts environnementaux, soit acheter l’outil adapter. Exemple: terrano horsch, 12 000 €. Après, il faut se former à l’amélioration de l’efficacité des traitements phyto pour atteindre un objectif double : utiliser moins et utiliser mieux.

    Enfin, il devient nécessaire de revisiter sa rotation. (Exemple : les rotations 2 / 2) et là pas évident :
    – avoir le débouché des nouvelles productions que l’on met en place dans son bassin de production,
    – pour les éleveurs : travailler avec de l’herbe en rotation lorsque c’est judicieux dans le système fourrager (ce n’est pas le cas de tout les éleveurs)
    – acquérir des outils qu’on avait pas avant ou le faire à plusieurs si possible ou inciter son entrepreneur de travaux agricoles à s’y intéresser.
    – Changer de tracteurs car il faut plus de puissance que pour la charrue (mais y gagne en productivité et en consommation de fuel à l’hectare)
    – se réaproprier les outils de diagnostic de l’agronome.
    – ….

    Tout celà pour dire que si l’on veut une agriculture qui gagne en durabilité, il va falloir de vrais prix pour gagner ce challenge d’investissement.

    Problème : la compétitivité immédiate rend trop difficile le passage à l’acte par le chef d’exploitation. Amis responsables politiques, il faudra y songer !

    Merci encore à Paul pour l’édition de ce nouveau billet sur l’agriculture.

    DIX

      1. J’écoute les émissions de terre à terre, le samedi à 7 h sur France-Culture, il y est beaucoup parlé d’agroforesterie, bois-fragmentés, lombrics-compostage, (entre autres sujets) ,

        dans la dernière émission sur l’agroforesterie, on comprend que la technique date du moyen-âge,

        d’une des émissions précédentes on pouvait comprendre que les agriculteurs de la Drôme cultivaient autrefois traditionnellement des céréales sous leurs noyers, (pas trop de noyers à l’hectares et uniquement de jeunes noyers, les vieux noyers produisent je ne sais plus quoi, qui ne va pas aux petites plantes)
        et que de la vente des noyers ils avaient pu acheter des tracteurs sans trop s’endetter, tout en respectant la circulaire, visiblement pas si vieille, disons datant de vers la dernière guerre mondiale qui interdisait les arbres dans les parcelles agricoles

        dans les émissions de terre à terre, cela semble tout à fait bien,

        moi, je ne sais pas, je ne suis pas agricultrice, je ne connais pas non plus assez d’agriculteurs pour pouvoir vérifier
        ce qui ne m’empêche pas d’expérimenter le compost-fragmenté dans des bacs à plantes de balcon

        je ne peux pas encore trop conclure de mon expérimentation, j’ai du commencer vers juin, j’ai eu beaucoup de plants de tomates, de melons, de courgettes, de courges …., quelques arbres, citroniers, vignes, avocats, orangers ….
        mes bacs étant trop petits, sur un balcon au 4ème étage, la mortalité fut fort grande
        néanmoins la terre de mes bacs sent bon, comme une odeur de champignon, de forêt …
        par contre, c’est un peu lassant de couper toutes ses épluchures biologiques aux ciseaux à cuisine ….

        je me demande donc si dans l’idée du bois fragmentés, la fragmentation du bois …..

  2. Probablement le sujèt politique et économique (dans un untégré et racone) le plus important.

    Mais nous sommes encore loin.

    On va parl » AA, AAA àààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààààh!

  3. Bonsoir,

    Chose que j’ai remarqué , sur un terrain souvent labouré (je passe les détails ) ,sans apport d’engrais , les plantes avaient du mal . Je ne sais pas combien de temps il faut pour reconstituer un sol , j’ai après 2 ans (long à la détente car novice mais je me soigne ) eu l’idée à l’automne dernier de mettre tout en vert même les parties non cultivées trêfle + herbe en bande avec partie qui seront cultivés (fumier ) . Agriculteur , amha un métier d’avenir dans le contexte actuel !

    Merci pour cet article

  4. Interessant mais on reste un peu sur notre faim, on a des éléments de réponse sur les premier points de la question d’introduction mais pas sur le dernier : la productivité.

    On sait cultiver bien et mieux mais le compte n’y est pas pour nourrir 7 milliard de personnes c’est là le défis comment produire autant en cultivant bio. A 7 milliard on a même pas 2 ha de terre arable par personnes, il est là le hic. Ceux qui disent que la terre peut porter sa population et plus sont de doux rêveur, si on veut respecter le milieu et cultiver bio c’est 1 milliard maxi et encore, pour laisser de bonnes étendues sauvages et repecter la biodiversité c’est plutot 500 millions.

      1. merci pour la vidéo .
        Terrible le début , 2 millions de kg de pains jetés par an !
        il est clair que notre système marche sur la tête .

    1. Nourrir l’humanité avec quel régime alimentaire?

      Un régime fortement carné necessite bien plus de terres cultivés ….mais bon.

    2. @ Dup

      Conclusion à votre intervention, soit on malbouffe, soit il y a au moins six milliards d’humains de trop sur terre.
      Nous autres goupils estimons que c’est plutôt sept. 😉

    3. Dup, attention, les modes de cultures évoqués ici ne sont pas forcément bio! En TCS/SD conventionnel (cad avec desherbant et engrais minéraux), les rendements sont similaires à ceux obtenus en labour, avec même plus de stabilité d’une année sur l’autre.
      Aujourd’hui, nous avons encore beaucoup de défis techniques avant de nourrir l’humanité entière 100% bio, mais comme l’affirme Marc Dufumier, je suis persuadé qu’en se donnant les moyens on peut le faire d’ici 50 ans, voire moins!
      Ensuite il faut bien comprendre que viser 110q/ha de blé n’à aucun intérêt, par contre faire passer des terres qui produisent aujourd’hui 20q à 40q, là c’est intéressant et ça concerne la majorité des terres cultivées de la planète. Le potentiel est donc très grand, à condition qu’on ne bouzille pas tout en quelques années, bien sûr!

      1. http://terreaterre.ww7.be/
        archives des émissions terre à terre
        NB l’émission du 7 janvier traite de l’agroforesterie,
        (il y a d’autres émissions avec des agriculteurs bios qui traitent de productions agricoles, mais je n’ai pas trouvé le mot clef qui me permette de les rassembler sous un seul lien …

    4. Excellent Article qui résume très bien tout ce que j’ai déja admis et compris . La nature fonctionne très bien seule surtout lorsqu’on ne la perturbe et ne la contrarie pas .
      Je suis un adepte des travaux de claude et Lydia Bourguignon que je vous conseille d’écouter
      dans des vidéos sur you tube ou de lire leur livre technique très facile d’accès .

      Pour répondre à @Dup je précise que ce n’est pas la quantité mais la qualité qui compte et cela dans beaucoup de domaine . Nous ferions mieux d’aider certain pays à controler leur naissances à moins que certains préfèrent réduire la population par la guerre comme en ce moment .
      Pour ma part je suis entièrement d’accord avec ceux qui affirment que l’augmentation insupportable de la population pour notre planète va de paire avec l’énergie disponible peu
      chere et encore abondante ( si on sait et on accepte de l’utiliser rationnellement .
      Cette énergie bon marché ayant atteinds son « Pic de production  » celui de la population va automatiquement suivre avec un certain décalage ce qui engendrera guerre et famine .

      Pour ma part ayant adopté la nourriture végétarienne depuis une dizaine d’années mon empreinte est donc grand maximum de 5 000 M2 alors qu’avec une consommation de viande
      standard il serai au moins de 3 au minimum . Dans mon potager de 500 m2 je produit trop et donc j’en fait profiter au moins 3 autres personnes . Alors !!!!!!
      Alors revoyons donc notre façon de vivre dans son ensemble . Le problème n’est pas qu’économique , pour survivre à ce grand choc qui s’en vient il va falloir se reprendre en main
      très sérieusement .

    5. @ Dup

      Un rapport de l’ONU, datant du 7 ou 8 mars 2011, affirme que l’on peut doubler la quantité de nourriture produite dans le monde, en 10 ans, cela en adoptant l’agroécologie.

    6. sur 2 ha vous pouvez produire 15t de pomme de terre en bio par an .
      si vous finissez votre purée je vous sers des frites.
      je precise que je suis producteur de pomme de terre bio

    7. Je pense que celà vaut la peine de lire le transcript d’une conférence du dr A Bartlett qui traite de la croissance exponentielle de la population humaine.
      http://www.albartlett.org/presentations/arithmetic_population_energy_transcript_french.html
      On trouve la video en anglais sur youtube

      C’est un un probléme difficile car lorsqu’on parle de limiter les naissances on touche à la vie, a une liberté fondamentale individuelle et on remet en cause l’existence collective d’un groupe.
      Par aillieurs on en parle toujours pour les autres, en Inde, en Chine… Mais la densité de population est plus importante en Belgique oo aux Pays

  5. Premier problème agronomique, tout action de l’homme pour favoriser son alimentation est aussi pour des espèces de l’ecosystème un moyen de ce favoriser.
    Et je lis rien sur les pucerons (et les maladies qu’ils portent) tout heureux de profiter d’un abris.
    Et pourtant, j’ai découvert l’approche du cirad à Madagascar et je l’ai trouvé génial.
    (tout ça pour dire, c’est pas si facile).
    Les sols tropicaux (pourquoi je dors pas comme tout le monde 🙂 ) ne sont pas conçut pour avoir un sol nu, on est d’accord (écosystème tropical basé sur la végétation de surface donnant canopée….. tout ça).
    Mais en climat tempéré (ne pas oublier, la force du gel qui maintient un sol non couvert et l’émiettement des sols travaillés notamment pour l’argile), est-ce aussi conséquent ?(ça fait des siècles qu’on labour).
    Bref, j’aime bien l’approche, mais je suis pas aussi sur, que par chez nous, nos anciens soient totalement idiot.
    NB: je suis pour les couverts. j’ai testé des associations, c’est pas si simple. Y à rien en étude pratique en chambre et à l’Inra.
    Y en a marre de payer les pots cassés, pour une logique qui dépasse nos hiérarchies collectives.
    (les premières chaudières copeaux de bois, c’est les paysans, les presse à huiles c’est les paysans, le terroir, les races, les filières courtes, c’est les paysans qui les portent)
    Et après des années de disette « mental », les institutions arrivent pour nous donner des médailles.
    Ma grand mère disait, on dit pas « m…e », on dit zut, flute.

    1. Le semis direct n’est certainement pas un remède absolu . Mais y en a-t-il?
      allez voir sur le site des Techniques Culturales Simplifiées, il y a quelques réponses, au début on peux croire a une approche de vendeurs de grosses machines et de round up, mais après….

      l’approche de la vie du sol que les techniciens ont est assez encourageante,

      en recréant un maillage de haie-abri pour la faune des insectes auxiliaires-pourvoyeur d’ humus en plus de bon couverts adaptés aux sols et climats,
      cela semble une des pistes pour arriver a des pratiques saines et moins dépendantes des intrants tout en hypothéquant pas la fertilité des sols…mais effectivement ce sont des initiatives plus ou moins individuelles au départ…. comme souvent….

      1. ça me rappelle une intervention de l’INAO.
        (je sais pas si ceux qui sont extérieurs à l’agriculture, imagine le nombre de structure qui nous entoure, c’est une bonne chose, mais on aimerai bien aussi avoir du monde dans les fermes et pas uniquement autour).
        Les dossiers AOC très contraignant étaient issues de groupe de paysans très motivé et tout les ans, ils souhaitaient donner de nouvelle contrainte à lors homologation, au point ou l’intervenant de l’INAO avait envie de leurs dire: « dormaient un peu sur vos lauriers », à l’opposer les dossiers à démarche plus commerciale, issues des transformateurs, tardaient toujours a appliquer les demandes de l’INAO.
        Tout ça pour dire, c’est toujours ceux qui ont trop de bonnes intentions, qui vont encore déculpabiliser les autres et en faire trop.
        Pour l’instant, j’ai plutôt la démarche d’un Perceval, 🙂 :
        http://humour.streaming-video-gratuit.fr/kaamelott-saison-2-episode-3-les-exploites_iLyROoaft76O.html
        et dix a raison, l’économique n’est pas à la fantaisie.

      1. Les CETA des années 44 à 70 avaient très bien démontré la capacité d’innovation du terrain en organisant les échanges de bonnes pratiques entre agriculteurs. Les institutions en place, dont les syndicats ont eu quelques difficultés à supporter l’autonomie en marche de cette force professionnelle.

    2. Samuel, je reviens aussi sur le labour et la couverture du sol, j’ai plusieurs remarques à propos de ton commentaire:
      – Oui, les ravageurs trouvent de quoi se nourrir et s’abriter dans un sol vivant, mais leur prédateurs aussi!
      – En milieu tempéré également les sols sont naturellement couvert toute l’année, va voir comment ça se passe en forêt, en lande ou même en prairie permanente (pourtant pas vraiment naturelle) 😉
      – Les labour d’autrefois réalisés à 10cm de profondeur avec in cheval qui avançait à 3km/h n’ont rien à voir avec ceux d’aujourd’hui, ils étaient donc beaucoup moins nocifs. Cela dit les agricultures traditionnelles ont aussi créer des déserts, le phénomène n’est pas nouveau!
      – Nous avons aujourd’hui des connaissance en biologie du sol que n’avaient pas les anciens, c’est une aide précieuse dans la mise en place de nouveaux itinéraires techniques.
      – Les desherbant ont une grande importance dans l’apparition des TCS et du SD, dur à admettre quand on est « bio » comme moi, mais c’est une réalité historique, même si certains pionniers, comme Fukuoka, avaient travaillé cette thématique bien avant. Cela n’empêche que nous devons, à mon sens, apprendre à se passer d’eux tout en conservant un travail du sol minimal, voire nul!

      1. Ayant pour objectif passé de supprimer au moins les insecticides aériens et modifier mon assolement (ajout luzerne, tournesol et essai de sarrasin en dérobé), je te rassure, les coccinelles reviennent au bout de 3 ans (surtout en luzerne, les bourdons sur le tournesol). Mais c’est la première étape, après il faut tendre vers l’agriculture intégrer (et la taille actuel des parcelles n’aide pas car il faut des petites haies spécifiques fauché tout les 7 ans comme en Vendée) et après on peut essayer les semis directe sous couvert végétal, de façon partielle pour que des couverts hivernaux apportent l’humus et ne pas perdre de récolte.
        Mais vu les résultats de 2009 et sachant que rien nous empêche d’en avoir d’autres, faut s’en laisser un peu, histoire que les institutions prémâchent le truc (de toutes façon rien n’est possible si on ce donne pas une décennie ou deux, l’agriculture est à l’opposé du high frequency tradding).

  6. Je me souviens que « La Recherche » avait publié un article mettant en évidence une grave difficulté, peu médiatisée, rendant improbable une nouvelle « révolution verte », caractérisée par une augmentation des rendements grâce aux intrants artificiels : le phosphore est une ressource naturelle limitée, et non renouvelable.

    Il y a un « pic du phosphore », comme il y a un « pic oil », et qui le suit de près. L’agriculture productiviste a vécu ses plus beaux jours. Elles ne pourra pas perdurer avec les mêmes méthodes, et, de toutes façons, les rendements vont baisser.

    C’est une autre facette de la multi-crise de l’humanité, et pas la moindre!

      1. Nous sommes d’accord : les différents phosphates organiques sont des sels, assimilables par les plantes, du phosphore, qui est l’élément dont elles ont besoin.

    1. C’est une réalité, mais à mon sens un faux problème. Il est bien plus intéressant de chercher à mobiliser le P contenu dans les minéraux grâce à l’activité microbienne que de chercher à en amener à tout prix. L’apport n’est intéressant que dans les sols pauvres en P total, comme ceux qui se développent sur certaines roches sedimentaires (sables, grès…)

  7. Grand merci à Paul Jorion de publier cet article de Gilles.
    -Je remarque qd meme que tu es un peu en retrait sur la prédominance Lignine /Mycélium , par rapport a Conrad Schreiber (qui me semble t il t’a rejoint ds le sud) que j’ai eu la surprise de d’entendre basculer a fond pour les BRF en terme de maraichage et meme d ‘agriculture extensive!
    -Je suis persuadé que nos problèmes a venir proviendront de la compétition sur le ligneux :
    -bois chauffage
    – craburant (ligneux et dechets organiques qui devraient retourner au sol )
    -substituts aux dérivés du petrole
    Il faut a tout prix arreter le massacre des haies et talus qui sont utilisés pour le green washing dont se gaussent certains ; plaquettes et granulés de branches faiblements lignifiés sont de mediocres carburants et doivent etre réservés aux sols .
    -Dans la conjecture proche il faut etre lucide :
    -le NPK c’est 80% de gaz en prix
    -les fumiers et lisiers vont inéluctablement devenir rares (avec la meme surface on fait 10x plus de calories végetales qu’animales ….les 2/3 de nos appro fourragers proviennent des states (accords pisanis) malgrés celà 71% de nos sols sont consacrés a l’animal ….
    – il nous reste le choix entre les « boues urbaines  » (couches culottes) et l’usage rationnel des BRF

    1. @ Kercoz

      D’accord avec vous (pour une fois 😉 ) au sujet du risque de compétition sur les ligneux qui illustre bien l’expression « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». En l’état actuel, il me semble illusoire de pouvoir couvrir l’ensemble des terres agricoles avec du BRF. En ce qui me concerne, je ne peux réaliser la couverture (BRF, mulch, paille, etc,) de mon potager de 100 m2 avec la seule « production » issue de mes 1000 m2 de verger/jardin d’ornement. Il me faut « importer » de la matière.
      Une des solutions pour la préservation de la qualité des sols serait effectivement de multiplier les haies, ce qui implique le redécoupage en petites parcelles. Dans les régions traditionnellement d’open-field depuis des siècles, cela serait culturellement et économiquement (investissement dans de nouveaux engins adaptés) très difficile. Les engrais verts et une réflexion sur les rotations me paraissent mieux adaptés.
      Par ailleurs, Samuel pose la question des terres argileuses. Il est vrai qu’elles sont difficiles à travailler sans labour. Une des raisons de l’expansion médiévale aux XIe-XIIe siècles est justement qu’avec l’introduction de charrues performantes et de costauds trains de labour, les terres lourdes ont pu être travaillées.
      Quant aux « boues urbaines », je vous les laisse, merci. Déjà que le compost issu de mes toilettes sèches ne va pas dans le potager !

      1. @ Arkao
        /// En l’état actuel, il me semble illusoire de pouvoir couvrir l’ensemble des terres agricoles avec du BRF. /////
        Je craignais aussi que ce modèle soit utopique et difficile pour l’ agriculture extensive …mais j’ai eu la surprise d ‘entendre C. Schreiber le préconiser comme accessible alors qu’il « évitait » le sujet peut etre par peur d’effrayer le paysan deja difficle a convaincre de ne pas retourner son sol
        En fait c’est assez facile a concevoir:
        La resource autarcique nécessiterait , avec des haies a rotation rapide , des haies de 3 m autours d’ un demi terrain de rugby …..
        Allié a l’agroforesterie (le BRF ds sa vraie vie /5 à 9 Tonnes de MO radicelles /an /ha ) , une haie de 2m de large autours dudit terrain de rugby , et 20à 30% externalisation (rémanents des tailles de coupes franches , de nettoyages EDF, de Routes etc …)
        L’important est de savoir que contrairement aux herbacés (monocotymachins), les ligneux (docotymachins) , grace aux basydioqueça , sont exempt de metaux lourds ou autres saloperies , ce qui permet de négliger la traçabilité de l’ intrant .
        Perso j’ai ma meme surface que toi , plus en potager (env 300m2) ce qui me permet de produire les 2/3 de mes besoins (hors céréales) légumiers +4 poules qui me ravagent tout le reste ce qui me fait une déco post moderniste post -P.O. des plus réussie .
        Pour l’appro de broyat , les tempetes et les voisins suffisaient a mon bonheur et a mon broyeur . Mais j’ ai trouvé un élagueur qui me fournit l’ hiver env 10 cubes de broyat gratos /moi …trop pour moi , je m’en sert pour les littières poules et j’alimente 5 personnes … Il faut un endroit libre d’acces pour décider l’ élagueur qui paye pour jeter en décharge .(renseigne toi sur les mairies ,nombreuses se sont équipées de broyeurs)

        ////////// Une des solutions pour la préservation de la qualité des sols serait effectivement de multiplier les haies, ce qui implique le redécoupage en petites parcelles. Dans les régions traditionnellement d’open-field depuis des siècles, cela serait culturellement et économiquement (investissement dans de nouveaux engins adaptés) très difficile.//////
        Ca risque de changer tres vite avec la pression de l’ intrant « énergie » tres fort sur l’agricole. Les heures tracteurs , lecout « GAZ » des NPK ., transport ….etc , vont réduire les parcelles et risquent de faire changer les cultures vers les cultures directement vivrieres . Les gens qui se mettent au TCS et SD , vendent leurs monstres pour des engeins plus petits , moins lourds et moins technologiques .
        POur les terres argileuses , il est vrai que la restructuration est plus délicate par les bRF , mais l ‘aggradation du sol est possible et le retournement une erreur (a mon sens)

      2. kercoz, je produit plus de 700 tonnes de nourriture par an (lait céréale viande pomme) à ton avis entre les enjeux de ton potager et les miens, qui peut s’amuser, qui au final joue à la roulette avec son salaire annuel?
        L’extrapolation c’est sympa, mais l’application nécessite beaucoup plus de pragmatisme qu’un théorie validé dans un espace confiné avec un rapport main d’œuvre sur production produite très élevé.

      3. @Samuel :
        ////// je produit plus de 700 tonnes de nourriture par an (lait céréale viande pomme) à ton avis entre les enjeux de ton potager et les miens, qui peut s’amuser, qui au final joue à la roulette avec son salaire annuel?/////
        Je ne joue plus a la roulette russe , je perdais tout le temps !
        Ton modèle m’apparait moins stable que le mien . Je suis « autonome  » à 75% , du point de vue nourriture et j’alimente qqs personnes autours …J’ai une autre activité lucrative ….Je serais plus jeune je pourrais en valoriser 3 ou 4 autres d’activités … produire 700 tonnes me parait abhérant ds un contexte futur proche …
        Ta 2e phrase j’ai pas compris :
        //// L’extrapolation c’est sympa, mais l’application nécessite beaucoup plus de pragmatisme qu’un théorie validé dans un espace confiné avec un rapport main d’œuvre sur production produite très élevé./////
        le rapport main d’oeuvre , ..je le dirais limité par l’aspect Ludique en terme de quantité . L’ « espace confiné » , je t’invite a le visiter pour un apéro , ..il m’ apparait convivial …, La production est toujours trop importante puisque comme Bataille le dit , j’en réutilise pres de la moitié en compost .
        La Quantité de travail /production (c’est ce que tu semble vouloir dire) reste limité par le plaisir du jardinage , puisque je n’ai pas de contrainte financières …ce qui signifie qu’etre autarcique ne me serait pas atteindre le niveau corvée . Ce que tu ne comprends pas c’est que tu intègre ds l’économie du système les productions -consommations peu utiles , inutiles , voire obscènes ….Si tu te contente du nécessaire et d’un peu de ludique , tu gagnes le « TEMPS » et L’  » ESPACE » , qui en fait son les seuls luxes pertinents .

      4. donc il faut que l’alimentation soit secondaire à l’apport de revenu, sinon pourquoi comparer un loisir et un travail?, sinon ramène ta production à sa valeur et essaye d’acheter une maison et ton terrain. Et là c’est pas avec trois salades, un potiron et deux navets que tu auras l’aval d’une banque, même si tes voisins te trouvent très productifs.

      5. Pour le ratio énergie/production agricole:
        8000 litre de fuel+7000L en sous-traitance (récolte)+15000L en engrais (constituant et transport) on peut toujours peaufiné ça fait 30 000 litre pour 700 tonnes de nourritures ou pour chauffer 15 pavillons bien isolé (2000 litre/an), sauf que 700 tonnes nourrices bien plus que 15 pavillons.
        Et même en gonflant d’un tier ma consommation, ça fera qu’une vingtaine de pavillon (bien isolé chauffé), mais je suis déjà assez économe (pâturage, travail simplifié, mais aussi labour, assez peu d’intrant, tracteur correcte pour l’exploitation, etc…).
        On peut faire mieux, mais vu l’énergie pour construire et entretenir nos routes, je me dis qu’on ce donne du mal pour rien.
        Bon après je ne transforme rien et j’achète 55tonnes d’aliment.

      6. A kerkoz et arkao :

        (« Quant aux « boues urbaines », je vous les laisse, merci. Déjà que le compost issu de mes toilettes sèches ne va pas dans le potager ! »)

        Comme souvent, le problème est posé à l’envers : Concevons, dès la production, l’idée que ce qui est produit doit – le plus possible – devenir déchet ressource biodégradable.

        Il y a alors un énorme gisement méthane (CO2 à la combustion) + engrais, par exemple.

        La production s’adapte alors à la réalité (fin des vêtements artificialisés..) et pas la réalité à la production.

        Ceci suppose la fin du tout-à-l’égout, incitation à l’irresponsabilité destructrice de nature (cf huiles de vidange), les jardins partagés, des zones épuration filtres plantées de roseaux, par ex., par quartiers ( une zone pour 3000 hb) + des terrains d’aventure pour enfants (et adultes) + disparition de l’automobile de masse …

        Un nouveau monde, impossible et inévitable.

        Delphin

      7. @Delphin:
        //// Comme souvent, le problème est posé à l’envers : Concevons, dès la production, l’idée que ce qui est produit doit – le plus possible – devenir déchet ressource biodégradable. /////
        Tu poses là un problème majeur de « cadre » conceptuel . J’ai tendance a penser que G. Bataille a raison qd il dit que les systèmes vivants (y compris nous) ne peuvent évoluer que dans une débauche de productions non économique …. (laver son linge a la riviere et pouvoir la boire ou y pècher plus bas )…En gros il veut parler de systèmes « ouverts » .
        Il est bien sur réconfortant et satisfaisant d’ envisager , au fond de l’impasse, la possibilité d’une économie ds un système « fermé » , en faisant des gains non plus sur l’espace exterieur , mais sur l’espace interieur …….Je ne suis pas certain :
        -Qu’on sache le faire .
        -que ça soit mathématiquement faisable (genre EROI).
        -Que le modèle centralisé linéaire ne complique pas l’ entropie du truc .
        Ta modélisation admet une sortie par le haut (urbaine) et conserve notre modèle centralisé , à mon sens ce n’est que la parcellisation contrainte qui , au su de nos connaissances acquises peut concilier et un modèle stabilisé et une rémanence de vertu dans ses procédures .

    2. … et la technique de Masanobu Fukuoka… la paille est comme en « rotation » sur place…. à la fois nutriment, couvert, engrais et production… en plus des cultures elles-même….
      vous en pensez quoi….?

      1. Dans sa nouvelle édition du « jardin au naturel » , Jean Marie LESPINASSE , a remplacé tous ses paillages de paille par du BRFet du coup , supprimé ses goutteurs les ses apports calcaire .L’interetde labiomasse et du BRF est d’etre vivante pour interresser fungus et bactéries .

    3. Salut Kercoz, ça fait plaisir de te croiser par ici!
      En effet j’ai pris du recul par rapport au BRF. C’est incontestablement un très bon outil de gestion de la fertilité, mais les difficultés liés au coût (financier et énergétique) de production limite son utilisation à des cultures à haute valeur ajoutée sur de petites surfaces (maraichage, petits verger…), et je ne parle même du problème de la rareté de la ressource et le risque de transfert de fertilité des parcelles boisées vers les parcelles agricoles…
      Il m’apparaît clair aujourd’hui que la biomasse fertilisante doit être créé au sein même de la parcelle, via la restitution des résidus de culture, les couvert et l’agroforesterie, les arbres produisant éventuellement un peu de BRF à valoriser sur place.

      1. C’est la meilleure manière de voir les choses.
        Si les essais de brf pouvaient conscientiser les citoyens de la qualité de cette ressource, elle srait beaucoup plus développée et on ne verrait plus des tas de broussailles traîner dans tous les coins.
        la gestion du paysage deviendrait une activité utile.
        On a calculé en Wallonnie que le potentiel de brf pourrait avoisiner le million de m3 par an.
        Je conviens également que c’est une ressource renouvelable qui doit être utilisée sur place ou du moins avec le minimum de déplacement.

      2. Il faut voir le brf dans un processus de transition vers la permaculture où il n’y aura plus besoin de broyeurs.
        Dans tous les domaines de l’activité des hommes il n’y a aucune vision à long terme, on veut simplement plaquer du durable sur un système qui ne l’accepte pas. Il ne peut pas l’accepter, il n’est pas fait pour cela.
        On ne passera pas d’un monde à 3% d’agriculteurs vers un monde où la majorité sera de près ou de loin agriculteur en deux coup de cuillère à pot.
        Cette idée de transition est à peine effleurée alors qu’elle pour moi la plus grande importance.
        Je ne dis pas que la technologie va arranger nos problèmes, mais bien pensée et surtout évolutive, elle peut nous aider à cette transition.

  8. Je paraphrase Paul en l’appliquant à l’agriculture: Si on veut changer les choses, il faut aussi changer le cadre. Vouloir nourrir 7 milliards de personnes dont 50% dans le monde vivent dans les villes (et 85% en France) (http://www.statistiques-mondiales.com/population_urbaine.htm), tout en préservant les sols, et plus généralement l’environnement, et le niveau de confort dans lequel nous sommes, je crois que c’est illusoire, surtout en n’ayant que 3% d’agriculteurs.
    Il faudra choisir. Les rendements en blé au début du siècle dernier étaient ridicules (mais suffisant dans le cadre de l’époque), environ 1 à 2 tonnes/hectares, contre environ 8 aujourd’hui. Les bios selon les régions parviennent à faire du 4 tonnes les bonnes années.
    Les prix alimentaires devraient être multipliés par 2 ou 3 pour que l’agriculture se permette cette conversion salvatrice, autant qui serait amputé sur le budget « portable de la gamine », « vacances au Maroc », ou « cigarettes » par exemple.
    Si l’agriculture de ce siècle (et du dernier) est très fortement subventionnée, c’est uniquement, pour que les prix restent bas et que les populations n’engloutissent pas les 3/4 de leur budget dans la nourriture, mais puissent consommer autre chose et faire « tourner » l’économie.
    Vouloir préserver les sols passe donc par une refonte totale de nos habitudes de consommation, et donc par un changement complet de notre société, car plus de consommation de masse. Tout un programme. Comme pour la finance, le changement pourrait être volontaire, mais sera sans doute contraint et forcé.

    1. Si l’agriculture de ce siècle (et du dernier) est très fortement subventionnée, c’est uniquement, pour que les prix restent bas et que les populations n’engloutissent pas les 3/4 de leur budget dans la nourriture, mais puissent consommer autre chose et faire « tourner » l’économie.

      Si cet argent prélevé pour la subvention de l’agriculture n’était pas prélevé, il existerait encore, et irait remplir les poches des riches ou des pauvres.

      Ce prélèvement est une volonté redistributrice.

      Tout comme le choix de conserver une agriculture nourricière en France, et d’abandonner la culture textile.

      1. Si ceci est vrai (utilisation de l’emprunt pour subventionner l’alimentation), on marche vraiment sur la tête.

        Je ne sais pas si on a les moyens de vérifier cette allégation.
        Quelle est l’affectation de la masse monétaire empruntée aux subventions de l’agriculture ?

        L’autarcie alimentaire d’un peuple est la condition première de la stabilité d’une société.

    2. @Agricool,
      Il y a vraiment des idées reçues qui ont la peau dure. Celle qui nous ferait croire que nous n’avons le choix qu’entre l’agriculture productiviste et la pénurie alimentaire d’une agriculture durable mais peu productive en fait partie, entretenue par tous les acteurs de l’agrobusiness.
      En rebasculant un peu des dépenses (arificielles) de logement vers l’alimentation je ne crois pas que nous aurons à nous serrer la ceinture sur le plan alimentaire si nous réussissons à passer à une agriculture biointensive. La Valeur ajoutée en agriculture durable est beaucoup plus élevée qu’en productiviste (Le livre d’André Pochon « Le scandale de l’agriculture folle  » fournit des données comparatives chiffrées assez précises).

      1. Je suis tout à fait d’accord. Lorsque je dis que les bios font du 4 tonnes/ha aujourd’hui, c’est pour montrer le progrès réalisé depuis 1 siècle. Et c’est un progrès viable. Et qui intègre les techniques culturales simplifiées le plus souvent. Mais dans ce cas, il faudra plus de surfaces pour nourrir le même nombre de personnes, ou gaspiller moins aussi (tout simplement), et plus d’agriculteurs ou de salariés agricoles, car beaucoup de main d’oeuvre dans le secteur du bio (quand les adventices progressent sur une parcelle déjà bien avancée, le désherbage ne peut se faire qu’à la main). Et là, les charges explosent. Mais je suis persuadé que c’est l’avenir. Plus de main d’oeuvre affectée au travail de la terre.

    3. Le problème est qu’on intègre pas le coût de la destruction de l’environnement au prix de la nourriture (maladies de civilisation, innondations à répétition, etc…), si c’était le cas, je pense que le prix serait beaucoup plus élevé et la production respectueuse de l’environnement deviendrait plus avantageuse.
      De distributrice, les subventions sont devenues un hod up de l’agro-business sur le contribuable.
      De toute manière, le changement sera contrait pour certain et volontaire pour d’autre.

      1. mais on intègre rien, pas plus l’agriculture que nos biens de consommation.
        C’est pas en changeant l’agriculture qu’on changera le monde, on ne changera que l’agriculture.

      2. On n’intègre rien, c’est vrai, mais les conséquences sont payées par le contribuable que nous sommes tous.
        Comme le dit agricool, Si on veut changer les choses, il faut aussi changer le cadre.
        Changer le cadre signifie relocaliser la production surtout en matière d’agriculture, en y mettant suffisamment de moyens financiers.
        Pour cela il faut aussi changer le cadre économique et financier.
        Faisant partie d’un jardin partagé, je peut vous affirmer que les discussions au sujet de l’avenir de l’agriculture vont bon train et que c’est peut-être une des meilleurs manières de diffuser l’information concernant ce problème gravicime.
        Il est inutile et contreproductif de mettre les agriculteurs et les citoyens dos à dos, il faut au contraire nous rassembler dans la réflexion.

      3. @Samuel :
        Le cadre est un système global . Qd tu ecris :
        //// C’est pas en changeant l’agriculture qu’on changera le monde, on ne changera que l’agriculture. ////
        Cette phrase n’ a de sens qu ‘avec un signifiant donné du terme « agriculture » .
        C’est le monde qui est en train de changer . Actuellement on a 1 ou 2 nourisseurs pour pour 100 gavés . ds les années 50 ce devait etre 30 pour cent et on y retourne INELUCTABLEMENT du fait de la décrue d’énergie bon marché . Ceci implique plusieurs conséquences majeures dont :
        – accroissement des prix alimentaire et conséquemment la part % du budget des ménages sur ce créneau prioritaire (notre problème c’est que si ds les années 50 cette part etait d’env 30 à 40 % , elle est tombée a 3/5% ……ce qui est curieusement symétrique du logement qui etait de 3% et est passé à 40% …. (devrait y avoir problème pour l’écran plat )
        -Si les 2/3 des ménages ne peuvent consacrer leur maigre revenu qu’a l’essentiel …quid de la production du peu utile ….qui occupe 80% des blaireaux des villes ? …..surtout si la pénurie d’energie va exiger de la main d’oeuvre en ruralité ?….
        Là ça devient dur a « intégrer » ..la pluspart des equa complexes ou différentielles ne sont pas integrables ……..il n’empeche qu’une fois rural et pris par la gorge ..sinon par les C…. , le rural pas plus con qu’un autre va autoproduire une part de ses besoin (c’est si facile !) ..et en négocier une partie … Ce genre de modèle te semble irréel et pourtant c’est le plus stable ….en cas de pénurie , un tas de blaireaux des champs va tripler sa production plus facilement qu’un plan quinquénal …tu crois vraiment que e modèle , en cas de bug econo energetique ne modifiera pas « le monde » ?

      4. kercoz, les jardins ouvriers et particuliers, c’est très bien.
        Mais si on n’avance pas dans le recyclage (c’est bien beau de faire du tri, mais qui à une usine de recyclage par chez lui?), le jetable, on ne fait que de ce déculpabiliser dans un domaine qu’on maitrise mal, pour continuer à faire rêver que le nouveau est toujours un progrès (même si ce progrès est de moins en moins accessible à la plupart, la frustration ne fera qu’envenimer les rapports sociaux).
        C’est juste pour recentrer les attentes (très nombreuses en alimentation) sur le cadre, je ne dis pas que chaque domaine n’a pas des pistes plus pertinentes.

      5. @ Samuel:
        Je ne voudrais pas trop idéaliser le modèle « potager » …il sera tres dur d’inverser les les partis pris des années 50 et il est tres dur d’admettre que nos parents ou nous , nous nous sommes fait rouler (quitter la terre pour trimer a l’usine ou etre fonctionnaire). Il faut etre lucide que le système , pour avoir des esclaves est pres a forger Et des mirages ET des besoins imaginaires.
        Pourtant , pour ceux qui ont fait un retour a l’experience d’une autonomie partielle (tres subjective bien sur) , il est est assez évident :
        -Qu’on ne gaspille plus ses déchets , puisque ça économise la nourriture des poules et que le compost absorbe le reste .
        -que l’activité maraichère , on la découvre assez ludique , pour avoir moins de besoins , de temps , pour consommer et que ces conso dérivées sont moins fréquentes
        -que ce ludique induit moins de désirs de « voyages » ou autres déplacements qui n’apparaissent plus comme nécessaire (alors que c’est le but de nbx personnes , la seule justification du « labor » journalier !

      6. J’idéalise pas, au moins les nouveaux jardiniers comprennent que la nature n’a pas vocation à aider ce qu’ils plantent, qu’il y a beaucoup de facteurs (sol plante précédant climat).
        C’est toujours plus sympa de discuter avec quelqu’un qui a déjà eût des ampoules, des salades mangés par les limaces et un rapport aux temps (date de semi, quantité de récolte, perte ou partage ou conserve, c’est toujours un gestion du temps).
        Un peu de connexion avec le vivant, pour ce rendre compte qu’il n’est pas comme à Disney land, tout à ces visiteurs.
        C’est un peu comme décentrer la terre pour y mettre le soleil.
        C’est une bonne base pour discuter, sans cela c’est très compliqué (bon après y à l’acceptation de la domestication animal sans anthropomorphisme, mais on parle de tellement loin 🙂 ).

      7. @ Samuel :
        Je voudrais revenir sur le concept « potager » .
        Les ampoules , le limaces , le mal au dos, la grèle …. ok , mais malgès tout , il y a plaisir ! et ça , ça interpelle non ? La pluspart des jardiniers (je parle de l’activité sur une surface conséquente , pas sur 50m2 comme actuellement) ,ne jardinent pas par nécessité , (meme si par glissement ils peuvent adapter leur vie sur cet apport et en devenir dépendants ).Le fait qu’une activité complexe et simple a la fois soit en relation directe (sans inermediaire) avec un besoin essentiel , est plus important qu’il n’ y parait , un sentiment (utopique bien sur mais qui rassure)de sécurité , comme une cheminée ; d’autonomie , d’indépendance au regard de ce système de plus en plus dévoyé et pervers .
        On dit que nous avons besoins de projet pour rester vivant ..le jardinage ce sont des centaines projets permanents, du meme ordre que la conduite d’un voilier .
        Cette reflexion rejoint une autre : Paysan n’etait pas , a l’origine , un « métier » , mais un mode de vie . La pluspart des autres « metiers » se surajoutaient a une auto-production partielle (du curé a l’épicier , en passant par l’ instit. La polyactivité etait la règle , système tres stable , qui permet de privilègier certaines activité suivant la conjoncture . les pertes sont frequentes et prévues . on cultive toujours trop ! du coup , on stocke , on donne , on recycle (poules , compost) . C’est une économie ouverte qui ne fonctionne que sur l’ abondance (G. Bataille). Du coup un auto producteur , en restant ludique produit aussi facilement pour 2 ou 3 familles ….
        Mais ce modèle est dangereux , il divise par 10 les actes consuméristes. …chute du PIB ! et ne peut qu’etre combattu par le système.

      8. C’est qui, qui disait que manger le repas préparé par sa femme plutôt qu’aller au restaurant mettait en faillite l’économie?
        C’est le problème du macroéconomique, qui n’aime pas ramener de l’entropie dans ces équations et exclus la pertinence d’un ajout de microéconomie (trop de paramètres).

    4. Je ne suis pas si sûr de ton analyse, agricool, car en travail simplifié les coût de production (fuel, engrais, traitements phytos, temps de travail…) diminuent beaucoup tout en conservant les rendements…

      1. Je n’ai pas les chiffres pour te répondre sur le rendement, mais j’ai quand même un doute. Mais ne pas confondre travail simplifié et bio. En TCS, on peut très bien passer des phyto. Et si on n’en met pas, la maitrise des adventices se fait par de multiples passage avec herse étrille notamment, ou d’autres outils plus spécifiques. Donc conso fuel, tracteur et main d’oeuvre sont élevés. Mais difficile de généraliser; Il faut voir en fonction des productions, et des années, et même, sur un cycle de plusieurs années.

      2. Effectivement, tu pose la problématique technique pour aujourd’hui des TCS et surtout du SD en bio: le desherbage.
        Dans mon article, j’ai décrit des outils agronomiques qui sont utilisables aussi bien en bio qu’en chimie. C’est encore impossible ou presque de faire de faire du SD en bio, c’est un défi technique que nous devons relever en apprenant à nous passer des desherbants, mais aussi des herses étrilles qui ne passent pas sur des sols couverts de débris végétaux… Pas évidents… la réponse viendra certainement du desherbage « plante contre plante » avec des couverts végétaux en interculturel ou associés.

    5. à agricool,

      Je trouve très pertinente la remarque sur le fait que les « prix bas » de l’agriculture sont nécessaires pour que les autres marchandises soient aussi consommées.
      Parmi ces marchandises il y a aussi les différents engrais, pesticides produits par l’industrie.
      Ce phénomène est en soi une contradiction.
      C’est aussi un exemple éblouissant du fait que « la valeur d’échange dirige l’usage ».

      1. @Marlow :
        Toute notre modèle consumériste est basé sur le gain de productivité énorme acquis sur la production des besoins essentiels (nourriture , logement vètements , chaleur ) et en majorité sur la nourriture .
        Nous sommes passés (au pif) des années 50 avec 30ou 40% de producteurs nourriture , à 2 % !! et tous nos productions de l’utile au débile en passant par le ludique est pris sur ce gain de productivité .
        Il faut en etre lucide et admettre que si ce gain premier est réduit et retombe à 15 ou 20% de producteurs , note modèle s’effondre et le modèle urbain n’a plus lieu d’etre …sauf comme modèle « forcé » et dictatorial.
        Le plus débile c’est qu’une auto-production partielle de ces ‘essentiel est non seulement facile , mais ludique , valorisant et structurant en terme sociétal …..Chaque repas de famille des années 50/60 débutait par la visite du potager qui etait une sorte d(ostentation de la « valeur » de soi par ses capacités productives et par une hierarchisation des individus sur ces « valeurs » .(perso , c’est le carré de fraises qui me passionnait le plus) .

    1. Peut etre mais en attendant le petit producteur, lui ne peut tenir tete aux grandes firmes lui faisant concurrence.
      A mon avis, cet excédent ce sont les grandes firmes agro alimentaires qui le réalisent, car j’ai trop vu de videos ou lu d’article disant que l’agriculture à petit niveau n’était plus rentable ou à peine.
      Au final peut etre il y-t-il du profit, mais de nouveaux, ce sont les memes qui en profitent.

  9. Vous connaissez Savéol ?
    http://www.saveol.com/de-la-graine-a-l-assiette/production

    Petite citation : « Les jeunes plants sont semés dans un terreau à base de tourbe ou de fibres de noix de coco, un sol plus sain que la terre naturelle […] Contrairement aux idées reçues, la terre naturelle n’est pas toujours un idéal de pureté. Elle contient des éléments nuisibles comme les champignons ou les bactéries ».

    Y’a du boulot hein ?

    (Si je me souviens bien, j’avais trouvé cet exemple de bêtise agro-industrielle dans le « Livre noir de l’agriculture » d’Isabelle Saporta).

  10. Merci pour votre blog que je consulte souvent. Cet article fait écho pour moi à l’action de Pierre Rabhi, aussi j’en profite pour signaler un texte très intéressant trouvé sur son blog :
    Regard sur le projet constitutionnel européen
    Par Pierre Rabhi le dimanche 11 juin 2006, 11:07
    La constitution européenne vue par Pierre Rabhi

  11. En voulant toujours plus de rendement et toujours plus de sécurité dans la conduite de l’exploitation (produits phyto), nous agissons comme les 1% des plus riches qui en veulent toujours plus, et refusent de partager le gateau.

    1. Les produits dits phytosanitaires ont pour vrai nom pesticides et l’agriculture dite conventionnelle, agriculture industrielle.

      La colonisation des esprits commence par le détournement du langage.

      Delphin

      1. Les produits phyto(sanitaires) regroupent les désherbants, les fongicides, les insecticides, les mollucicides, etc…. C’est un terme qui englobe tous les produits chimiques qui ont pour but de favoriser la le développement de la plante cultivée, mais cetainement pas un détournement de langage.

      2. @Agricool :
        Je suis d’accord avec toi au niveau de l ‘intention …mais il est qd meme curieux que qd on se balade ds une jardinerie , au rayon phyto , on ne voit pls aucune étiquette orange ornée de la tete de mort .(c’est vrai que ça n’était pas « vendeur »)

      3. Pesticides, définition FAO :

        Le terme de pesticide au sens large comprend les substances utilisées comme :
         Régulateur de croissance des plantes ;
         Défoliant ;
         Agent de dessiccation ;
         Agent d’éclaircissage des fruits ;
         Agent empêchant la chute prématurée des fruits ;
         Substances appliquées sur les cultures, avant ou après la récolte, pour protéger les produits
        contre la détérioration durant l’entreposage et le transport.

        Delphin

      4. Delphin, cela vient de la traduction, pesticide, c’est tuer les pest (anglais:ravageur, donc les animaux), or les adventices (mauvaises herbes) et les maladies cryptogamiques (les bactéries défoliants les céréales) ne sont pas des animaux pourtant elles ont un traitement adapté.
        Parler de produit phytosanitaire est une meilleur manière que le franglisme pesticide (qui inclus normalement juste les insecticides et ce qui tue les limaces, les rongeurs et oiseaux invasifs etc…).

    2. Agricool,
      L’économie mondialisée, les tares du (non)système monétaire international nous laissent dans notre impuissance, à moins d’être le maître du monde, ce qui n’est quand même pas le cas pour beaucoup d’entre nous!
      Alors que l’agriculture offre un champ subversif, une opportunité d’agir et de se faire une idée par soi-même sans égal. Quoi de mieux que de cultiver son jardin et même comme Cécile ses jardinières, pour se faire sa propre idée, quelques fruits et légumes à échanger avec ses voisins.

      1. C’est dans cette optique que j’ai choisi de me reconvertir à l’agriculture. Dans l’élevage, avec le maximum d’autonomie, et un objectif de chiffre d’affaire minimum. Assez pour vivre, point.

  12. Bonjour Monsieur Domenech

    Je suis ravi de lire un article concernant l’agriculture de la part d’un spécialiste du BRF et de l’agroforesterie, cela prouve encore une fois l’ouverture et l’état d’esprit positif de notre hôte.
    Je suis bien entendu d’accord avec l’intièreté du contenu de votre article bien ficelé, je m’intéresse à l’agricuture bio depuis 30 ans.
    J’avais rencontré à cette époque déjà troublée une personne qui pratiquait la méthode Jean Pain et ai pris connaissance de l’existence de la grelinette, comme je suis électromécanicien et fils d’agriculteur, je l’ai motorisé.
    Aujourd’hui, je la considère comme une machine de transition vers la permaculture, tout le monde est bien d’accord qu’on ne va pas passer de l’agriculture industrielle à la « permaculture » en deux coups de cuillère à pot.
    Nous aurons besoin d’une technologie adaptée et beaucoup plus légère pour réaliser cette transition qui ne fait que commencer.
    Depuis 3 ans, je réalise un essai de Brf au Cercle Horticole de ma localité et expérimente ma machine pour l’intégration de ce Brf.
    A ce sujet, Benoit Noël du CTA Stée en Wallonnie que vous devez connaître considère que c’est l’outil idéal pour ce genre de travail.
    J’aimerais étudié avec lui la possibilité de développement de cette machine, mais cela est une autre histoire.

    1. Les OGM sont un grave problème, très médiatique d’ailleurs, mais se focaliser dessus à l’excès ne permet pas d’identifier les vraies problématiques telles que l’érosion et la perte de biodiversité des sols. Si au contraire ces thématiques sont appréhendées avec pertinence, les OGM n’ont tout simplement pas leur place!

  13. Non je regrette que vous ne parliez de NPK , non ce n’est pas un nouveau partie politique ce sont l’abréviation que tout agriculteur connait quant il met des implants dans sa terre morte. N pour azote P pour potassium K pour phosphore qui est la formule magique de notre développement. Mais le K cas nous met dans la merde. Nous vivons sur une planète avec des ressource limité et la production de phosphore nécessaire au niveaux de production que l’on connait vient a manquer. Espérons que la terre vivante le produise selon vous.

    1. p pour phosphore et k pour potassium.
      Les réserves en phosphore dans les sols normalement fertiles sont suffisantes pour plusieurs siècles, voire 1000 ans, dans de bonne conditions agronomiques. Mais il est vrai que les gisements de roches phosphatées mondiales seront épuisées au début du siècle prochain, d’où la nécessité de le recycler au maximum toutes les matières organiques, d’améliorer très nettement la qualité des boues d’épuration en vue d’une utilisation comme engrais, de favoriser les cultures à enracinement profond et le modèle de polyculture-élevage.

      1. Merci quelqu’un Et vous avez raison K pour le potassium et P pour le phosphore je savait qu’ il y avait un piège et je suis tomber dedans .Et je pensais K donc le potassium quelle sont les réserve?

      2. à ploucplouc: Le U.S. Geological Survey (USGS) estime à environ 62 milliards de tonnes les réserves de phosphate dans le sol. Ce chiffre prend en compte les 15 milliards de tonnes de gisements qui sont exploitables actuellement et d’autres gisements inexploités parce qu’ils contiennent beaucoup trop d’impuretés ou parce qu’ils sont situés offshore, dans des endroits pratiquement inaccessibles.

        Stephen Jasinski, expert de l’USGS pour les produits de roche phosphatée indique que, selon les prévisions, la demande d’engrais devrait augmenter de 2,5 à 3 pour cent par an pour les 5 prochaines années ; si ce rythme se maintient, les réserves mondiales devraient durer environ 125 ans.

    1. Peinard le modérateur…Pas de conneries en vue…Sur ce sujet vital il y a moitié moins d’intervenants que pour les débat d’idées…Et pourtant l’agriculture c’est le moyen du changement par excellence…merci à tous les intervenants…Bien sûr que nous voulons tous des changements mais si Paul refuse de se compromettre avec le pouvoir, il faudrait cette connerie de tirage au sort pour qu’il puisse agir..ou la révolte ? comme celle des canuts à la Croix-rousse là ou’ était Paul jeudi….

  14. Petite rectification, P, c’est le phosphore et K, le potassium.
    Sur ce sujet, voir la réponse que j’ai fait plus haut à Marc Peltier 🙂 .

  15. Bonsoir à tous.

    Une question sur le sujet qui meriterait d’être débattue.

    Quand il n’y aura plus de pétrole ou même avant quand il aura atteint un prix délirant, que se passera t’il pour notre modèle de culture mécanisée?

    Merci aux pros de l’agriculture concernés par ce sujet d’esquisser quelques propositions de réponses et nous dire s’il y a déjà des solutions prêtes dans les cartons.

    1. Le non labour est auto-vertueux . Outre un retour de la pedofaune , ceux qui le pratiquent , meme en jardinage , constatent une diminution progressive des adventices et ce , dès la deuxieme année . De plus le non labour associé a des méthodes comme le BRF , ou permaculture , favorisent la structuration aération du sol , ce qui limite énormément l’évaporation et favorise l’arrachage des adventices qui libèrent tout leur chevelu qd on tire dessus .

      1. le non labour associé a des méthodes comme le BRF , ou permaculture , favorisent la structuration aération du sol , ce qui limite énormément l’évaporation et favorise l’arrachage des adventices qui libèrent tout leur chevelu qd on tire dessus .

        Tout à fait d’accord, je pratique le BRF à petite échelle, mais ne crois-tu pas que les adventices sont quelque part nécessaire?
        Sur ma parcelle au jardin communautaire, au pringtemps, je les met en andain et je les couvre de brf et j’y replante des choux.
        http://naturalyss.over-blog.com/article-l-utilite-des-mauvaises-herbes—les-mauvaises-herbes-dans-les-cultures-55737387.html

        Les mauvaises herbes possèdent la particularité de concentrer les macro et les oligo-éléments qui ten­dent à s’épuiser dans un sol cultivé de façon intensive.

        Plutôt que de s’en faire des ennemies, on peut en faire des amies.
        N’est pas Claude Aubert fondateur de Nature et Progrès qui disait:
        Les mauvaises herbes sont les bonnes herbes des mauvais sols
        Va faire changer la mentalité, j’en sais quelque chose au jardin communautaire.

      2. @Michel Lambotte/
        Les adventices non productives et envahissantes , je préfère les supprimer et couvrir de sol de légumineuses ou de maches-épinards -radis , dont je laisse certains grainer . Je laisse qqs fleurs se multiplier pour le fun et pour des antagonismes , ou pour la salade (capucines ou mauves par ex).
        Faut qd meme pas rèver , tu ne sera jamais copain avec le chiendent meme si c’est un bon médicament.

      3. Si je fais comme cela, c’est parceque je n’ai pas pour l’instant le temps de m’y prendre autrement, travaillant encore à plein temps.
        Cei dit, j’ai remarqué que le chiendent était beaucoup moins agressif avec le BRF
        Je fais également de l’engrais vert.

  16. Bonsoir à tous.

    Une question qui mériterait d’être débattue.

    Que se passera t’il quand il n’y aura plus de pétrole et même avant quand il aura atteint un prix exorbitant. Y a t’il une solution ou des solutions de rechange prévues?

    1. à mon avis et de façon générale, moins il y aura de pétrole, plus on sera inventif.
      L’agriculture ne pourra probablement pas se passer d’un certain degré de motorisation mais beaucoup de techniques et habitudes seront à revoir et à abolir, tels les « feed-lots » et l’élevage industriel , les engrais azotés de synthèse etc…
      Les exploitations produiront eux-même l’énergie dont elles auront besoin : biodiesel (huiles végétales), photovoltaïque, biogaz, etc. Dans certains cas, la force animale ne sera plus un tabou non plus.
      Mais bon, on est encore occupé avec le plan A , alors le plan B vous savez…

    2. Il y aura toujours du petrole …..Le « PO » c’est le pic de production . La conjonction des possibilités de production (baisse des sites faciles , cout des autres ) et de l’accroissement systémique de la demande , induit actuellement une hausse de l’énergie et une limitation de cette hausse par un « plateau ondulé » . Le système se régule en limitant la demande par la variable « nombre de demandeurs  » ….. mais ce cout est deja prohibitif pour le modèle agricole actuel . Les nouveaux adeptes du SD et TCS ont été convaincus plus par cette contrainte et l’exemple de qqs voisins militants bio que par que par idéalisme . C. Schreiber a fait de nombreux adeptes en Bretagne par l’exemple (conf et visite , stages , discussions entre cultivateurs … ) ses vidéos ont aussi contribué a décider nombre d’ « exploitants » agricoles » a redevenir « agriculteurs » ….ils songent , pour la plus part a passer au stade « paysan ».
      Ce cout élevé du petrole -energie va induire des conséquences qui vont faire converger un modèle différent :
      -réduction des parcelles (ce qui autorise les haies et l’agroforesterie)
      -reduction des heures tracteurs (ce qui augmente la main-d’oeuvre)
      -augmentation des couts nourriture (ce qui induit une ruralisation , rurbanisation et partiellement une tendance autarcique alimentaire)
      -utilisation du sol pour une production carburant RESERVES aux engins .

  17. Le SD, en divisant par 2, voire par 3, la consommation de fuel à l’hectare est un premier pas dans ce sens.
    Quel systèmes seront au bout de cette transition? Pas si évidents à dire… Sans doute des systèmes très intensifs avec un grand de plantes cultivées simultanément, inspiré des agroforêts tropicales, de la Permaculture, de l’agriculture bio intensive… le tout sans travail du sol ou le moins possible!

    1. À nouveau ce commentaire se voulait être une réponse à Marc Riva, si un modérateur peut le déplacer, ce serait génial. Je ne comprends pas pourquoi mes réponses à un commentaire de premier niveau s’affichent comme nouveau commentaire, si quelqu’un peut m’aider à résoudre ce problème pour qu’il ne se pose à chaque fois…

  18. A lire cette suite de commentaires, la prise de conscience continue, et il y a quelque temps, sur ce même blog, il y avait moins de gens, professionnels, ou particuliers pour en parler avec autant d’arguments.
    La représentation statistique n’est pas parfaite, la participation sur le blog tourne, s’agrandit …

    Gilles, je pense aussi que ce sont ces voies que l’agriculture va emprunter dans les années à venir. La transition ne peut pas être immédiate, il manque de personnes dans les campagnes, car un des principaux obstacles pour mettre une terre en culture, c’est le temps humain qu’il faut pour s’occuper de chaque mètre carré.

    Un mètre carré tenu à la main, produira plus, sera plus joli, mais combien de temps passé dessus ?

    L’outil plus ou moins sophistiqué, ainsi que les intrants ( qui peuvent aussi être considérés comme un outil, tout en réalisant la parfois mauvaise gestion de celui-ci ) ont permis de gagner du temps. Etait-ce indispensable, ou une orientation de société, alors que le secteur secondaire qui avait drainé la main d’oeuvre agricole pour faire tourner les usines, laisse plonger la génération des successeurs dans le chômage de cités.

    Encore 2 ou 3 mots à propos de ce que j’ai lu au dessus.

    Qu’est-ce qu’une plante, qu’on la considère comme une mauvaise herbe, ou herbe bénéfique ? Elle tire son carbone en grande partie du CO2 de l’atmosphère, grâce à la photosynthèse, et la suite de ses autres éléments, au delà de NPK, du sol. NPK sont les principaux facteurs limitants, et les raisons pour lesquelles, avec leur apport, vous obtenez une grosse production végétale.
    En référence, considérez le problème d’eutrophisation de certains lacs dû au phosphate à disposition illimitée de micro-algues à développement rapide et immodéré. D’un point de vue saveur, comme un légume produit uniquement sur la base NPK, c’est peu engageant.

    Donc une plante que l’on considérerait comme bénéfique, s’étant installée où elle se trouve spontanément, doit retrouver les conditions rencontrées à la germination, pour redonner la même chose.
    Arriver à contrôler ces conditions initiales, promet de recréer le miracle. Intrants sur plantes sélectionnées, comme cultures hors sol essayaient de recréer des conditions « idéales » ( d’un certain point de vue ), autant qu’illusoires, puisqu’elles n’ont pas été développées pour nourrir 7 milliards d’humains, mais pour maximiser les profits de quelques-uns, en contraignants les agriculteurs restés sur le terrain à une forme d’esclavage. Esclavage car il ne leur restait que très peu de libertés de choix sur la manière de pratiquer leurs cultures, sans parler des revenus. C’est ce que disent ici Dix, Samuel, sans vouloir parler à leur place.

    Pour en revenir au cycle de la plante, qu’on va essayer de mettre en place, par ces nouvelles techniques ( mais réclamant plus de personnel ( évolution inverse de ce qui s’est produit ces dernières années ), et plus de compréhension technique ), si vous cueillez la plante pour la consommer, si vous ne remettez pas à disposition ce que vous avez enlevé, vous aurez changé les conditions. Bon il y a des réserves dans l’épaisseur du sol, mais si vous observiez l’épuisement des grandes plaines de production de céréales du middle-west, vous comprendriez qu’il y a une limite à tout, si vous n’assurez pas le cycle.

    A propos de boues d’agglomérations, pour assurer ce recyclage, cela se passait comme ceci autrefois : paillage des rues, récupération de la matière organique, que croyez-vous ?

    Il y avait, comme pour tout fumier, une période de compostage obligatoire avec fermentation, pour éliminer les germes pathogènes, et plus pointu encore en ce qui concerne du « fumier » humain, réduire les parasites spécifiques. A une sortie de ville, on doit retrouver tout-un zoo.

    Problème actuel insurmontable du mélanges des eaux « usées » des grandes citées consommant toute une masse de médicaments, dont une certaine proportion d’antibiotique : on avait pas ça avant, donc, on ne peut plus faire la même chose de la même façon.
    Vos propres toilettes sèches ? Si la haute température de fermentation du compostage est passée par là, il n’y aura plus de trace de ce que vous avez rejeté, héroïnomanes et cocaïnomanes peuvent donc participer.

    Dernier point : à propos de l’utilisation de matériel issu d’arbres, le but recherché est simple : les racines de l’arbre vont chercher plus profond que la strate herbacée renouvelée sur elle-même, les minéraux « utiles », enfouis dans le sol. alors que la couche superficielle aurait pu s’appauvrir par le retrait continu de ce qui est pris pour être consommé, à la surface. Donc, avec l’arbre, on tape dans la couche géologique. Donc il y a de la réserve, et c’en est l’intérêt.

    1. @Barbe bleue:
      Tu évoques trop de points! Je laisse gilles y répondre et me consacrer a un seul point .
      Nos agricultures actuelles ( meme souvent les « bio » ) sont proches du « hors sol « . Celui ci n’étant considéré que comme un support . qd on passe pres des méga serres (comme au sud de nantes) , on voit avec stupeur des tas de sable « mort » pres a y etre étalé. !!
      Nous nourrissons les racines et non le sol .
      Les Thèsards du Pr Lemieux de l’ Université LAVAL du Quebec , ont montré que pour élever le taux d’ humus d’un sol , il fallait 38 à 50 ans pour du compost ; 80 ans pour du fumier (si il y a de la paille !) et ..moins de 10 ans pour les ligneux /BRF.
      C’est cet argument qui nous autorise a utiliser le sol en permanence (d’ou le terme permaculture) . les methodes fumiers-compost et tradition , necessitent une jachère triennale (les racines des herbacés semblent etre un peu lignifiées)….
      En fait, plus un sol est habité , plus il est riche ..il ne faut pas le concevoir comme un « stock » . une culture apres coupe rase forestière n’est fiable que 5 ans.
      La seule limitation de culture se fait par l ‘acces a la lumiere ,jamais par le sol .
      Petite approche de pedogenèse :(tres caricaturale)
      -La plante qui a faim , soif ou est malade va envoyer un signal par une émission de sucres par ses racines .
      -Ces sucres vont « exploser » la population des mycéliums et des bactéries .
      -ces mycé et bactéries vont saupoudrer de sucres les lignines présentes et les dépolymériser .
      – Une fois « traitées » ces lignines sont accessibles a la pedo -mesofaune … qui va multiplier sa population (augmentation de 200% à 500% selon les textes de l’ U. LAVAL .
      – ces charmantes bestioles vont transformer ces MO en humus, nutriments divers et par leur nombre , faire plus de boulot mécanique qu’un motoculteur . De plus la population de bacteries et de Mycé equilibre les néfastes en les empèchant de proliférer .
      -La plante va pouvoir se servir , se nourrir , se guerir (antibio naturelles) ….. anisi que ses voisines . On voit bien que c’est la densité-diversité des racines qui est un facteur qualité-quantité de la récolte .

      1. Sous un angle large, la diversité, Biologique, des idées, des initiatives, amènera toujours assez rapidement une solution de rechange à chaque nouveau problème qui se présente. Entre F1 et OGM, on a essayé, et on continue à vouloir être, en contrôle de tout, mais sur une pointe très fragile. Ce qui a pu amener des records de quantité produite sur de très courte période. Spectaculaire, oh oui, et nous vivons encore dans un monde qui réclame du spectacle, non ?

        Lorsqu’on se désengage de ce type de culture, il faut renoncer à un certain « tonnage », ce qui est une décision difficile à prendre pour un agriculteur de nos pays occidentaux ayant toujours appliqué les conseils donnés par les chambres d’agriculture.
        Entre champignons, en particulier mycorhizes, choix des plantes complémentaires, aussi bien sur la parcelle que dans le temps, pour permettre les rotations et conserver le couvert végétal, ce sont les évaluations empiriques actuelles, qui vont déterminer la qualité de l’agriculture de demain.

        On reproche en France à l’INRA, les compromis fait au bénéfice des grosses sociétés. Dans un monde idéal, l’organise devrait se consacrer à ce type de recherches de pointe, avant toutes les autres.

        Or, comme le dit encore une fois Gilles, l’administratif et le législatif, cavalent toujours loin derrière les initiatives et le changement qui arrivent par le terrain. Les solutions locales sont toutes différentes dans le détail, en des endroits différents. D’où l’intérêt de la diversité, et d’avoir une bonne observation là dessus. Puis, ce savoir théorique des mécanismes comme ceux dont vous parlez, et la méthode pour appliquer, exploiter au mieux.

    2. Baratin, baratin, baratin. La seule voie possible passe par l’intensification, tout ce qui intensifie l’agriculture est bon à prendre, avec productivité par UMO ou pas. Le facteur limitant number one au niveau mondial n’est pas la surface, l’énergie fossile, les minéraux, la vie biologique des sols ou la ressource humaine, c’est l’eau. L’eau qu’on pollue bien sûr, mais d’abord l’eau qu’on peut mettre à disposition de la solution des sols. Un simple rappel, les terres irriguées représentent moins de 20 % des terres cultivées (hors pâturages bien sûr) et 40 % de la production agricole mondiale. 400 m2 par tête de pipe de ce beau monde sur les 2000 m2 disponibles. 300 millions d’Ha sur les 1,5 milliards de terres « labourées ».
      (Grosso merdo « les terres » de la terre c’est 6 milliards d’ha d’espaces sans végétation, 4 milliards d’ha d’espaces forestiers, 3 milliards d’ha de prairies naturelles, 1,5 milliard d’ha de terres arables dont 275 millions irrigués).
      De l’eau, de l’eau, de l’eau, que de l’eau.

      1. C’est vrai, et justement, une bonne gestion des MO permet de réduire les besoins en irrigation!
        Quelques éléments d’explication:
        – L’humus stocke plusieurs fois son poids en eau;
        – Les champignons mycorhiziens sont capable d’extraire l’eau de pores 10 fois plus fins que les racines les plus fines, accentuant ainsi fortement la résistance des plantes à la sécheresse;
        – Les galeries des vers de terres et autres animaux fouisseurs facilitent l’infiltration de l’eau et l’efficacité de l’irrigation et des pluies…

      2. Si les seuls plans étaient d’utiliser les nappes d’eau fossile de la péninsule arabique ensoleillée pour faire du riz ou de maïs à exporter, le problème des vers de terre devient bien secondaire, bien vu.
        Donc, là où on ne peut ni aménager l’irrigation, ni récupérer l’eau, on fait quoi à part mourir absolument ? On va voir avec délectation comment ça se passe grâce à ce qu’on pompe dans la nappe phréatique du Gange. A votre avis, quand se sera à sec, ils prennent l’avion pour aller à Londres, ou plutôt à Venise pour le romantisme ?

        Je vais vous dire, je sais pas par où va arriver la grosse claque agricole qui va nous péter la façade et faire rétrospectivement ressembler la crise économique actuelle à un croc en jambe d’écolier pré-pubère.

        Et si ce n’était à cause de l’eau, ou, uniquement à cause de l’eau qui se trouve rarement où elle devrait pour que ce soit mieux, comme d’autre chose.
        Regardez-moi la taille de ces océans à la con pour y faire des courses de baleines ! Enfin, je prends des cours, mais je peine encore assez à lire la suite d’aujourd’hui dans les entrailles de crevette, donc je ne vous réclame pas d’exploits de ce genre non plus.
        Mais on fait quoi donc ? On règle d’abord le problème de l’eau, fastoche, et après, si on a le temps, on attaque des propos performants visant le reste. Un problème abordé à la fois, sinon on sature.
        L’eau du Canada, vous l’amènerez pas en Israel, même en super-tanker. Et quand l’eau est trop souillée pour être récupérée, le problème numéro 1 bis, c’est celui de l’énergie qu’il faut pour en nettoyer un peu. Vous voyez, l’établissement du hit-parade de la grosse tuile, c’est ingrat. Mais on peut voter si vous voulez, ainsi, on réglera rien, mais on se croira en démocratie à s’en écoeurer.

      3. Justement,vigneron, puisque l’eau est un facteur limitant, il s’agit de l’utiliser au mieux, par des cultures et des façons culturales appropriées.
        Les facteurs limitant l’efficacité de l’utilisation de l’eau sont donc le véritable problème.
        Il s’agit donc de créer et de maintenir une structure du sol qui permet à la fois une bonne pénétration des eaux de pluies et une bonne rétention de l’eau dans le sol. Il faut absolument éviter de tasser le sol (engins lourd par temps humide) et maintenir le sol couvert (mulch sol ou végétal) aussi pour maintenir son « capital fraicheur » en été.
        Il faut favoriser la vie dans le sol en portant une attention particulière aux vers de terre : ses immenses réseaux de galeries procurent des voies d’infiltration dans le sol. De plus il contribue largement à la structure grumeleuse du sol, ce qui est favorable au stockage de l’eau. Un sol qui possède une population importante de vers de terre peut absorber des précipitations importantes, voire de très fortes pluies d’orage. La présence des vers de terre limitent les risques de ruissellements en surface et l’érosion tout en augmentant leur fertilité.
        Les plantes à enracinement puissant et profond utilisent l’eau en profondeur et contribuent à ce « brassage » de la terre et à une colonisation du vivant en profondeur. Par contre les engrais azotés diminuent la proportion de la masse racinaire et augmentent à la fois la masse émergente de la plante et ses besoins en eau.
        Le potassium assimilé, quant à lui, à un rôle important dans l’efficience de l’utilisation de l’eau par les plantes:le potassium influe, dans les feuilles, sur l’ouverture et la fermeture des stomates et participe donc au règlement de l’expulsion de la vapeur d’eau dans l’atmosphère. La plante est refroidie par l’expulsion de la vapeur d’eau dans l’atmosphère. Si l’évaporation est trop forte, de sorte que les racines ne puissent plus fournir suffisamment d’eau, les stomates se ferment afin de protéger la plante contre le dessèchement.

      4. Gilles, merci pour le cours d’agro de CAPA première année mais c’est absolument pas à la hauteur du sujet que j’évoquais…
        Cela dit ok avec vous sur le non-labour. Il faut avoir vu des vignes revivre après l’abandon des façons traditionnelles avec l’introduction des façons légères et/ou des fauchages lus les désherbants pour se rendre compte du progrès… Moi j’suis en entretien du sol ENM glyphoo + fauchages depuis 20 ans. Sols incommensurablement plus vivants qu’en technique
        trad labours quatre façons + décavaillonages + cuivre.
        @ Kercoz qui coze du tassement des sols sous les pneus des tracteurs, une question. Est-ce que tu as une idée du tassement (à l’époque on disait plombage), i.e de la pression au Cm2, qui s’exerçait sous les sabots de la paire de boeuf qui traditionnellement reprenait les sols des vignes du Médoc au printemps en tirant leur grosse charrue vigneronne ? Les chevaux c’était un peu mieux, ok, mais fallait se les payer les bestiaux… pas vraiment des bêtes de rente comme dit l’autre, mais de rentier.

      5. Quelqu’un, laisse tomber tes cours de jardinage de Guide Clause ou de Michel le jardinier, je causais de problématique eau/agriculture au niveau mondial.
        Et sur le sujet je signale que le premier qui me dira que c’est très très mal de pomper l’eau dans la Garonne pour faire grimper les rendements de maïs de 4 T/ha à 11T/ha en premières terrasses de Garonne ou que c’est pas joli joli de faire des retenues collinaires ou des barrages sur rivières pour irriguer des milliers d’hectares, voire d’assainir des zones de sols hydromorphes, vaut mieux pas qu’je lui réponde.

      6. Vigneron, si nous sommes d’accord sur l’essentiel, pourquoi s’adresser à moi de façon aussi agressive? Je fréquente souvent les routes de France et tout porte à croire que les agriculteurs, même titulaires de CAPA ou de BPREA ne sont pas si conscient que cela de ces réalités.
        Vous affirmez que ma réponse est décalée par rapport à la gravité du problème, je suis désolé, mais je trouve qu’avoir les moyens de réduire au moins par 2 les besoins en irrigation est un éléments de réponse au problème posé!
        Et si en plus ces sols vivant absorbent et dégradent une grande partie des polluants agricoles, tout en évitant érosion et lixiviation des nitrates on répond aussi partiellement au problème de la pollution des eaux.
        Et si en plus la diversité biologique de ces sols rend inutile l’emploi de certains pesticides (insecticides surtout), on améliore encore cette réponse.
        Rassurez moi, je suis quand même au niveau BPREA, là 😉 !

      7. @Gilles :
        Agressif Vigneron ! Meuh non ! ou t’as vu ça , meme pas une insulte clarinette …tu es achement privilègié …l’intrabilaire semble en phase calme ….c’est juste chez lui un effet de style ..tous les égos sont dans la nature et le sien déborde littéraire .T’es juste pas habitué .
        Pour le tassement, j’ai pas trop évoqué ..juste que le retour pédofaune ^permet l’aération et évite le lessivage . Perso ds mes putains de graves a piquette , je suis passé d’un arrosage ts les deux jours a un arrosage par semaine apres 4 ans de BRF

      8. Gilles,
        T’inquiètes pas pour le vigneron porc-épique, il est comme ça, faut s’en accommoder. Qu’un vigneron soit aussi concerné par la question de l’eau ne veut pas dire qu’il en mettra dans son vin!

        Ceci dit, cette question de l’eau commence à en émouvoir beaucoup, sans doute à juste raison. Erik Orsena a fait un bouquin à partir de sa propre enquête autour de la planète, c’est assez édifiant.

        J’ai un puits dont le niveau descend au fur et à mesure que les canalisations d’irrigation agricole pour arroser le maïs sur sol nu se multiplient, je ne crois pas qu’il faille persister avec cette agriculture là.

      9. Voilà le premier commentaire qui parle de l’eau !!!!

        Les meilleures terres ne valent rien sans eau !

        Je fais habituellement un meilleur rendement sur mes pauvres terres riches en cailloux (et en potasse d’origine naturelle) que dans les meilleures terres d’Ukraine ou de Roumanie.
        Suffit juste qu’il pleuve. Pas comme en 2011 car j’ai revu des rendements de 35 qx de blé…
        Et au cas ou on vous ne l’aurait pas dit: il y a un réchauffement climatique en cours… Et que l’agriculture n’est pas une science exacte, mais un compromis entre le sol, la plante et le climat.
        Et le plus difficile, c’est que quand on se loupe, faut attendre l’année d’après pour recommencer. Déjà qu’on à fort à faire avec la nature, reste peu de place à l’improvisation…
        L’évolution des pratiques agricoles est donc trés lente, voir même impossible:

        Comme disait un paysan Africain à qui je conseillais de ne plus labourer ‘Mon père a nourrit ses 8 enfants, mon grand pere a nourrit ses 8 enfants, mes oncles nourrissent leurs 8 enfants, et moi je nourris mes 8 enfants… (sous entendu ‘en faisant comme ça…’)

        Sinon, le fait de ne plus labourer (ne plus dissoudre la matière organique), rend au sol une meilleure ‘réserve utile’ (d’eau), et peut permettre à l’agriculteur de se passer d’irrigation (de toute façon trés couteuse, et le plus souvent inutile, sauf pour le maïs).
        Mais c’est pas la panacée !

      10. @Jean
        La question de l’eau est un des acquis majeurs par les BRF . Pour l’afrique :
        http://www.hydrogeochem.qc.ca/pages/brf.html
        Mais aussi pour des parcelles que l’on commence a abandonner (lavandes ) ou terrasses , aussi bien du point de vue culture que du point de vue ludique (pour les randonneurs qui découvrent a 200m des villages , des terrasses abandonnés aux murs ruinés par les arbres et qu’il est encore temps de réhabiliter .

      11. @ Jean:
        Je trouve au contraire que, du moins dans le sud ouest, de plus en plus d’agriculteurs se posent des questions et entament des changements radicaux dans leurs itinéraires techniques. Voir pour cela la dynamique des réseaux d’agriculteurs  » de conservation » (TCS et SD) tels que BASE et AOC Sol pour voir que ça bouge dans le paysage agricole français!
        Je suis beaucoup plus optimiste que toi quant à l’évolution des pratiques agricoles en France.

      12. L’eau solide

        Une invention mexicaine qui semble très prometteuse pour optimiser l’utilisation de l’eau de pluie, le polyacrylate de potassium capable d’absorber jusqu’à 500 fois son volume d’eau en formant un gel et le restituer ensuite aux plantes.
        Dans l’état du Sonora très sec, ce mexicain aurait obtenu un rendement de 10tonne/ha de maïs avec sa technique (seulement 25kg de Polymachin pour un ha) contre 0.6tonne/ha avec les moyens locaux classiques, soit une productivité multipliée par 16.

    3. Barbe toute bleue, ton commentaire est un véritable article!
      Je reviens sur quelques points de ton exposé:
      – Le temps de travail:
      La croyance comme quoi produire sainement demande beaucoup de main d’œuvre ne me semble pas vraiment fondée. En effet le jardinage comme je le propose demande moins de temps travail qu’un jardinage classique avec béchâge et compagnie. De même le SD demande beaucoup moins de temps de travail que des itinéraires techniques conventionnels avec travail du sol. En revanche, je suis d’accord avec toi, il y aurait besoin de plus de monde dans les campagnes pour travailler sur de plus petites fermes, plus diversifiées au niveau production et plus productives à l’unité de surface et pratiquer une agriculture à échelle humaine.
      – Le recyclage des MO et des nutriments:
      Outre la récolte, les pertes d’éléments des parcelles agricoles sont nombreuses: exportation des pailles, érosion, lixiviation des nitrates… Supprimer ces flux est une première étape pour améliorer le maintien de la fertilité des parcelles. Ramener des éléments minéraux (P, K, S,…) est surtout nécessaire si la roche mère en est carrencée. Sinon, l’important est surtout de stimuler l’activité biologique du sol pour mettre ces éléments à disposition des plantes. Pour ce qui est de l’azote, une bonne gestion des cultures et couverts de legumineuses permet de pourvoir aux besoins en cet éléments.
      Les plaines du Middle West que tu évoques ont-elles des sols encore vivant? N’oublie pas non plus que ces plaines ont connues une terrible érosion éolienne dans les années 30, érosion qui à d’ailleurs été à l’origine de la naissance des TCS!
      Recycler les boues urbaines en agriculture peut toujours se faire et se fait d’ailleurs depuis longtemps mais est très limité. Par exemple, à Auch, dans le Gers, agglomération de près de 25000hab, toutes boues sont récupérées, compostées et épandues par un seul agriculteur qui travaille sur environ 300ha, c’est bien peu à côté des milliers d’ha qui entourent la petite agglomération d’Auch.

      1. « La croyance comme quoi produire sainement demande beaucoup de main d’œuvre … ». Le « beaucoup » est une notion relative. Je me contente de penser « plus que maintenant », et donc ceci donne du temps absolu d’efficacité supplémentaire, pour s’occuper de …
        Quand Vigneron dit intensification, oui, mais sans oublier de l’allier à la diversification, sinon ça n’aurait pas de sens. En principe la diversité en découle. Mais ce n’est pas une stricte implication.

        Quant à l’évocation des grandes plaines céréalières, greniers à blé du monde, qui aurait pu être en Ukraine ou en Amérique du sud, en Australie, on est obligé de constater que si on privilégie une production extraordinaire, sortir de l’ordinaire se paye. Le temps va venir nous le rappeler.

        Tout équilibre est instable, mais si on provoque le déséquilibre, il faut retomber sur d’autres pieds pour retrouver une nouvelle stabilité momentanée. Je sais, on n’est pas là que pour philosopher, mais les solutions qui sont amenées à la suite de nos erreurs est une route classique de l’apprentissage.

        A propos des boues urbaines, je cause encore une fois de ce que je connais pas, n’ayant jamais récupéré d’analyses de la matière première toute fraîche renouvelée, mais en voyant parfois certains BRF d’origine sans doute citadine, on y trouve minoritairement, une proportion ( négligeable ou pas ) de bouts de plastique,
        Je me souviens d’essais aperçus dans des talus de broyi-broyas de poubelles marseillaises avec des densités variables de ces bouts de plastique. Pas super pour faire pousser les narcisses. Je doute donc de la pureté de boue citadine ?

      2. En effet barbe toute bleue, les composts végétaux permet de recycler les boues de stations pas vraiment propres ! La pilule passe beaucoup mieux en les mélangeant avec des déchets verts.
        Reste le probléme du plastique et autres ‘macro cochonneries’ ! Et Véolia (ou autres) vendent maintenant leur compost, c’est pour eux tout bénef (ils font payer la décharge, puis revendent le produit).

      3. http://www.ademe.fr/partenaires/boues/pages/f51.htm

        Épandage des Boues d’épuration

        Les choix politiques des états européens :

        1. Favorables à l’épandage, sous réserve de critères de qualité stricts : Allemagne, Autriche, Danemark, Suède,…

        Ces pays ont affiché des politiques favorables à l’épandage par volonté de limiter les autres voies (incinération, mise en décharge). Ils considèrent que le recyclage biologique est la voie optimale dans la mesure où les boues sont peu contaminées.

        2. Favorables à l’épandage et absence de débat :
        Italie, Espagne, Grèce, Irlande,…

        Ces pays considèrent l’épandage comme la solution optimale qui devrait se développer par l’accroissement des équipements d’assainissement et la réduction des mises en décharge ou des rejets en mer. Il n’y a pas eu de débat public, l’action de l’État est d’ordre technique et scientifique y compris pour la réglementation.

        3. Défavorables à l’épandage car situation déjà excédentaire en déjections animales : Belgique (Flandres) et Pays Bas

        Préoccupés prioritairement par l’épandage de déjections animales surabondantes, ces deux pays ont choisi de rendre l’épandage quasi impraticable en imposant des valeurs-seuils en ET extrêmes.

        État des débats sur l’épandage des boues dans les pays européens
        (Source : ADEME et Cabinet Arthur Andersen, 1999)

    4. @Barbe bleue :
      ///// Un mètre carré tenu à la main, produira plus, sera plus joli, mais combien de temps passé dessus ? /////
      Je dis souvent a mes contradicteurs , que si un big bug se pointe et qu’ils font la queue pour des tikets de patates qui leur couteront 2h de boulot le KG …….que ce kg ne me coute qu’env 1mn 25 s de travail , choisi par beau temps si possible …et que la pluspart des jardiniers pratiquent sur une surface prètée gratos parce que meilleur que leur propre sol .

      1. Oui, mais il s’agit plutôt de combien de temps passé dessus, rapporté à la productivité à l’hectare d’un professionnel équipé. Bien sûr on peut discuter à propos de Qualité de la pomme de terre, mais avec plein de pétrole ( je sais, ça ne durera peut-être pas, ou devrais-je dire, sûrement pas ), une culture euuuh, disons sur sable, du tracteur, un Seul bonhomme va en mettre plus sur la table, et c’est d’ailleurs ce qui à entraîné la diminution du nombre d’agriculteurs.

        C’est en ce sens que je pensais « combien de temps passé dessus … », pour traduire l’hésitation qu’on aurait à revenir vers l’agriculture si on ne comprend pas ceci comme indispensable, la question de survie. Cela dit, je pense que ça va se passer, comme le temps passe lui aussi, et qu’il faut bien faire quelque chose de son temps à soi.

  19. « Quand il n’y aura plus de pétrole ou même avant quand il aura atteint un prix délirant, que se passera t’il pour notre modèle de culture mécanisée? »

    Une piste ici:

    La permaculture, « une idée d’avant garde millénaire » comme la décrit un des fondateurs Bill Mollison, c’est l’agriculture au peuple, et la biodiversité comme outil pour créer l’abondance partout dans le monde.
    http://www.box.com/shared/og4050qrav – Cliquez pour télécharger. PDF 19 pages

    La crise actuelle et la fin du capitalisme implique que nous devenions tous plus ou moins un peu jardinier.

    En 1943 Eleanor Roosevelt contribua au lancement d’un mouvement des « Jardins de la Victoire » qui devinrent une contribution conséquente à l’alimentation de la nation en temps de guerre.
    Des « Jardins de la Victoire » étaient cultivés jusque sur les toits des immeubles.
    A la fin de la seconde guerre mondiale, plus de 20 millions de jardins privés fournissaient 40% des produits consommés aux USA.

    1. Tiens, je ne savais pas qu’il s’était passé cela aux états unis et visiblement mis en place très rapidement, comme quoi, quand on s’en donne les moyens…

    2. Bonjour Sébastien
      Le travail d’information que vous avez réalisé là est très intéressant, je vais m’en inspirer pour assayer de réaliser la permaculture dans le jardin collectif auquel je participe.
      Je sais qu’il y aura beaucoup d’aprioris et d’idées reçues à mettre de côté, mais je pense qu’il y a quelques personnes qui ne demanderont qu’à participer.
      J’aime beaucoup l’apect convivial et social de ce jardin collectif, et je ne suis pas le seul.

  20. moi je me pose des question quand je vois dans les magasins bio des pommes de terre plus chère que les oranges bio au kg . ce n ‘est pas comme cela que l’on peut attirer les consommateurs vers la bio . il y a trois ans je n’aurais jamais cru que l’on pouvait cultiver son jardin sans travailler le sol et pourtant maintenant c’est ce que je pratique sans regret .aussi quand je vois un tracteur labourer j’ai envie d’interpeler son chauffeur . les tcs sont l’avenir de l’agriculture parce que durables et profitables. ceux qui n’y crois pas seront les grands perdants de cette révolution verte et pourtant je ne suis pas agriculteur .

  21. Bonjour,

    le sujet du billet concerne un mode d’agriculture . Dans l’alimentation il y a deux parties , l’agriculture et la conservation/stockage des aliments dans le temps .
    Est ce que nous pourrions avoir un billet sur ce sujet , car personnellement , j’ai été confronté à cette difficulté , ce processus consommant beaucoup d’energie et de temps .

    Merci .

    1. @Delta:
      Pour la conservation et la transformation, ainsi d’ailleurs que pour les serres , il y a une voie peu explorer ds un mode post-PO :
      L’usage de l’ eolien sans passer par la case élec qui est tres techno et qui ne se stocke pas.
      En effet, il me semble avantageux de faire directement de l’air comprimé (force motrice), du froid , du tres froid, du vide ou du chaud avec un meilleur rendement et moins de technologie …sur des sites dédiés a ces usages , avec qqs éoliennes de moyennes puissance …l’elec ne servant qu’en secour ou en fourniturede contribution d’exedant d’energie sur un maillage existant .

  22. Bonsoir à tous et merci de vos réponses.

    les « jardins de la victoire » sont un bon début, mais je vise le 100%. De ce qui ressort des réponses données, une solution à la « Regain » ne me semble pas envisageable. C’était pourtant ma préférée.

  23. Comme argumentaire en faveur de l’agro-foresterie et des « BRF » , une étude chinoise qui montre qu ‘en carottant , on « découvre » (pas l’ INRA hein , les chinois !) 9 tonnes de radicelles/an /ha « caduques  » que larguent les arbres (MO) comme les feuilles , de façon structurelle et non conjoncturelle .
    C’est là , la vraie vie des BRF puisque la composition en sucres et nutriments des radicelles est identique a celle des branches terminales Les valeurs ont été mesurées sur des radicelles inf a 2mm de diametre .

    Fine root distribution, seasonal pattern and production in four plantations compared with a natural forest in Subtropical China
    Auteur(s) / Author(s)
    YANG Yu-Sheng (1) ; CHEN Guang-Shui (1) ; LIN Peng (2) ; XIE Jin-Sheng (3) ; GUO Jian-Fen (1) ;
    Affiliation(s) du ou des auteurs / Author(s) Affiliation(s)
    (1) Dept. of Geography Science, Fujian Normal University, Fuzhou 350007, CHINE
    (2) Dept. of Life Science, Xiamen University, Xiamen 361005, CHINE
    (3) Dept. of Forestry, Fujian Agriculture and Forestry University, Fuzhou 350002, CHINE
    Résumé / Abstract
    La répartition, l’évolution selon les saisons et la production nette de radicelles (< 2mm en diamètre) ont été étudiées de 1999 à 2001 dans deux plantations âgées de 33 ans de deux conifères, le sapin de Chine (Cunninghamia lancolata, CF) et Fokienia hodginsii (FH) ainsi que dans deux plantations de feuillus, Ormosia xylocarpa (OX) et Castanopsis kawakamii (CK). Celles-ci ont été comparées à une forêt naturelle voisine de Castanopsis kawakamii (NF, 150 ans) à Samming, Fujian, Chine. La biomasse et la nécromasse de radicelles ont été obtenues par carottage dans le sol effectué deux fois par mois. Les carottes de sol ont été divisées en 10 éléments selon la profondeur: 0 ∼ 10, 10 ∼ 20, 20 ∼ 30, 30 ∼ 40, 40 ∼ 50, 50 ∼ 60, 60 ∼ 70, 70 ∼ 80, 80 ∼ 90, et 90 ∼ 100 cm. On a utilisé des sacs à litière (18 x 18 cm2, maille de 0,25 mm) pour déterminer le taux de décomposition des radicelles ( CK > FH > OX > CF. On a enregistré des différences significatives de biomasse et nécromasse, selon les saisons dans tous les peuplements (P 0,05). Pour tous les peuplements, on enregistre un pic de biomasse de radicelles au début du printemps (mars), les valeurs minimum intervenant au cours d’étés secs ou d’hivers froids. Pour le NF, 59,8 % de la biomasse de radicelles se situe dans la zone superficielle du sol (0-10 cm) où les différences de biomasse de radicelles entre peuplements sont les plus marquées, les valeurs pour NF étant respectivement 2,37 fois, 3,55 fois, 8,12 fois et 17,12 fois plus élevées que celles de CK, FH, CF, et OX. Les pourcentages de la biomasse d’origine, perdue pendant la première année de décomposition, vont de 43 % à 56 % pour FH, de 68 à 80 % pour NF. Les moyennes annuelles de décomposition, mortalité et production des racines s’étagent entre 8,47 Mg ha-1 a-1, 8,63 Mg ha-1 a-1 et 9,5 Mg ha-1 a-1 dans le NF à 2,50, 2,49 et 2,51 Mg ha-1 a-1 pour le CF, avec par ordre décroissant, NF > CK > FH > OX > CF. Le taux de turnover de racines va de 1,48 a-1 pour FH à 1,78 a-1 pour N »

  24. L’introduction propose un « oui, mais » pour l’industrialisation. Oui, on a eu du succès, mais on a fabriqué les perdants. On a eu du succès, sans tenir compte du fait qu’on a fabriqué les perdants de toute pièce.
    Pour un succès on a fait une foule de perdants, donc d’un point de vue global, il n’y a aucun succès. C’est cette manière de faire le progrès qu’il faut examiner. Le titre propose de se donner un défi, ce qui montre qu’on reste dans la continuité : être un gagnant.
    En réalité il ne s’est même pas présenté de succès.
    Le tableau apparaît sous sa véritable absurdité sous cette formule : on a eu du succès sans tenir compte du fait qu’on en avait aucun. On a tout gagné, mais on a tout perdu. Pour sortir de ce paradoxe, il suffit de se projeter dans le temps : on peut dire qu’on a eu des victoires très ponctuelles et très peu larges, moyennement quoi on a passé notre temps à perdre, partout ailleurs.
    L’agriculture conventionnelle n’est pas intensive, elle est le summum de la fainéantise pour l’utilisation du sol.
    Elle n’emploie pas les intrants, elle les gaspille.
    Le travail du sol n’est pas intensif, il est biologiquement inexistant.
    La mécanisation n’a pas grandit, elle est obèse et donc démente.
    La sélection génétique n’est pas « très poussée », elle est très triste.
    Les « hauts rendements » ne sont pas haut, il sont abyssaux.
    L’agriculture conventionnelle ne nourrit pas les gens, elle les empoisonne et c’est une fausse abondance.
    On ne peut donc même pas faire de « oui, mais », certes très commode pour éviter de faire perdre la face aux acteurs du « modèle ». Le mot « modèle » fait passer l’idée que c’est une agriculture modèle, c’est-à-dire aux qualités morales exemplaires. Maintenant qu’on a dépouillé, l’agriculture conventionnelle de ses faux avantages, ôtons lui aussi sa qualité de « modèle ».
    Récupérons-lui aussi un autre de ses larcins : « l’intensivité ».
    Utiliser le mot « intensif », tout comme le mot « modèle », est une sorte de trappe orwellienne : Soit on admet l’image tordue du mot, « intensif » désignant une sorte d’accomplissement ultime, la fin de l’histoire de l’agriculture alors que c’est l’inverse, soit on rejette le mot parce qu’on voit qu’il utilisée de manière tordue, ainsi on se trouve dépouillé dans un cas comme dans l’autre du mot « intensif ». Dans le deuxième cas, puisque l’inverse du mot « intensif » c’est « extensif », on se tourne alors vers ce qui est extensif. Or l’extensivité est elle aussi le summum de la fainéantise pour l’utilisation du sol, de sorte que le piège se referme.
    En réalité on nomme sous le terme intensif une forme d’agriculture industrielle extensive : on a très peu d’êtres humains au mètre carré.

    « J’ai des doutes sur la remise à flot de la crème… renversée. »

    Il ne s’agit pas de « faire avancer l’agriculture », c’est la direction qu’on veut changer. Or, le débat n’a pas eu lieu quant aux mutations passées de l’agriculture, il n’aura pas lieu pour les suivantes. On peut donc se sortir de l’agriculture : moins d’agriculteur, plus de jardiniers.
    En effet, la logique veut que ce soit des cultures à échelle humaine qui peuvent nourrir les humains, et ça a toujours été historiquement le cas. Les jardins ne sont pas du décor, à moins d’être dans le « modèle, ce sont les grandes cultures qui le sont : des modèle en carton et bidons de pétrole au sens propre.
    Avec les mots-clés durabilité, respect, productivité, c’est s’attacher plus à la forme qu’au fond. Plutôt que de chercher ces trois choses pour sécréter une attitude donnée, les avoir tout simplement par qu’on a la bonne attitude. D’ailleurs, ces mots-clés sont, comme tous les mots-clés, soumis au même régime que le mot « intensif ».

  25. Votre proposition est une véritable révolution agraire! Mais je reconnais que j’aime bien ce côté utopiste, même si, dans le contexte actuel, ce discours ne peut pas passer en tant que tel. Comment dire aux agriculteurs et aux (r)urbains qu’ils faut tout abandonner et tous se mettre à jardiner… C’est pourquoi j’ai choisit une voie plus réaliste dans les réalités actuelles: je parle d’agriculture avec les agriculteurs (en tenant compte du modèle économique et agronomique dans lequel ils sont) et de jardinage avec les jardiniers, et ça avance, même si cela paraître trop lent…

  26. Je vous offre le futur : l’amendement des sols par le charbon organique !

    ->Biochar

    En un an on peut relever le taux d’humus de plusieurs % avec ce simili-humus très persistent dans le sol.

    Pour les sols au pH trop élevé, on peut utiliser du charbon de bambou ou d’aiguilles de pin qui n’ont pas un grand effet de chaulage.

    Pour les agriculteurs conventionnels, c’est d’enfer car ça évite le lessivage des engrais donc les plantes peuvent consommer tout ce que vous épandez.

    1. Je vous offre le futur : l’amendement des sols par le charbon organique !

      Allons bon… pasqu’y en aurait beaucoup du charbon inorganique, mon bon ?
      Et puis quoi, des amendements miracle on nous en sort grosso-merdo un par an depuis vingt siècles, voire depuis le néolithique… un peu comme les lotions capillaires quoi…
      Cela dit le papa du légendaire John D. Rockefeller sillonnait paraît-il les US en vendant ses fioles d’huile miracle (la « Rock Oil », à base de pétrole et de laxatif), censément souveraine contre tous maux, cancer compris…. Alors tu parles qu’après qu’il fut passé le « Doc Bill », la calvitie devait trépasser aussi sec… les chauves avec.

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