LES FONDS PROPRES BANCAIRES : DÉFINITION, FINALITÉ ET CONTRADICTIONS, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Concrètement, les fonds propres d’une banque sont la fraction de ses actifs dont le prix n’est pas dû aux créanciers, c’est à dire aux déposants ou à tout acteur économique prêtant ses fonds par la banque. Le prix de l’ensemble des investissements, des crédits prêteurs et des biens détenus par une banque doit être supérieur aux dettes. Les fonds propres sont calculés par différence entre les actifs et les crédits emprunteurs ; s’ils sont insuffisants, une baisse ponctuelle trop forte du prix des actifs ou la défaillance d’un débiteur important peut mettre la banque en défaut de paiement.

Pour qu’une banque soit liquide, il faut qu’elle puisse emprunter sans délai à une autre banque ou à la banque centrale. Une banque peut emprunter par la qualité de ses comptes et le montant des fonds propres affichés. Si une banque n’inspire pas suffisamment confiance, elle doit pouvoir vendre des actifs à hauteur des dettes exigibles.

Les fonds propres bancaires constituent la réserve à la disposition des dirigeants responsables pour faire face à tout imprévu ou accident. Les fonds propres sont la propriété des actionnaires par quoi ils ont droit à recevoir une partie des bénéfices quand ils existent.

Si le premier objectif du raisonnement financier est d’obtenir les plus gros bénéfices possibles par rapport au montant placé, alors la banque cherche à faire crédit ou à investir avec le plus gros effet de levier possible entre le revenu attendu et la liquidité investie. Ce raisonnement est applicable aussi aux fonds propres qui pour être attractifs aux actionnaires doivent être les plus petits possibles par rapport aux revenus attendus de l’ensemble des actifs.

La plus-value financière implique le minimum de fonds propres pour le maximum d’actifs. La conséquence de la plus-value prioritaire est de mettre les banques à la limite de l’illiquidité avec le minimum de réserves pour faire face aux crises et aux imprévus. L’objectif de la plus-value est contradictoire avec la sécurité du crédit. C’est le motif des règles prudentielles imposées aux banques par les puissances publiques garantes du droit et de la stabilité monétaire.

Une banque n’a pas le droit de recueillir des dépôts ou d’emprunter à d’autres banques sans avoir un minimum de fonds propres réglementaires calculés en fonction des investissements et des crédits. Les autorités publiques fixent des normes de prudence que les banques s’efforcent d’interpréter le plus avantageusement pour elles, c’est à dire en gonflant le prix de leurs actifs et en minorant le prix de leurs obligations de passif.

Les techniques financières les plus courantes de majoration fictive des fonds propres consistent à vendre des actifs à des prix artificiels avec des promesses de rachat ou à émettre des titres dits de fonds propres mais avec des promesses de rachat à un prix et à une échéance non visibles dans les contrats. Les banques font apparaître dans la comptabilité de leurs fonds propres des actifs et des passifs qu’elles ne possèdent pas vraiment assortis de prix qui leur sont favorables.

Concrètement, les fonds propres réels des banques ne sont pas définissables ni mesurables de l’extérieur des banques : les contrats d’actif ou de passif ne sont pas déposés chez des tiers de confiance extérieurs et les prix de ces contrats ne sont pas publiquement négociés sur des marchés transparents au régulateur financier.

Pour que les fonds propres bancaires soient objectivement définis et appréciés, il faut impérativement que les banques d’investissement soient distinctes et indépendantes des banques de crédit. Il faut que tout crédit passif ou actif soit garanti par une prime d’investissement ; donc que l’investissement ne puisse pas être rentable par destruction du crédit. Et il faut que le prix réel des crédits et des investissements soit calculés par un marché public où les banques ne puissent pas diriger leurs propriétaires, leurs créanciers et leur débiteurs.

Le refus des États, des banques centrales et des autorités de régulation financière nationale et internationale d’organiser et de contrôler directement les marchés financiers interdit toute définition efficiente des fonds propres bancaires. La crise présente montre que cela permet de reporter le coût des pertes de crédit des États et des banques sur les gens qui paient des impôts et sont dépendants des services publics.

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34 réflexions au sujet de « LES FONDS PROPRES BANCAIRES : DÉFINITION, FINALITÉ ET CONTRADICTIONS, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. En suivant le raisonnement, le pourcentage actif/fonds propres c’est à dire le ratio de solvabilité indique le pourcentage de perte « encaissable » par la banque. Donc cela voudrait dire que un ratio de disons 8% permettrait des pertes, des dépréciations (…) à hauteur de 8% des engagements .

    En partant du principe que toutes les grandes banques françaises et allemandes ont des ratios réels (core tier one) de moins de 5%…. il faut espérer qu’une fois démélé les proportions de crise de liquidité et de solvabilité, on en sera donc pour moins de 5% de pertes sèches.

    D’ailleurs la logique voudrait que dans le fond, chaque pourcentage de perte au delà (une fois les fonds propres asséché) corresponde à une perte équivalente d’épargne (sèche elle aussi)

    1. @Guillaume,

      D’ailleurs la logique voudrait que dans le fond, chaque pourcentage de perte au delà (une fois les fonds propres asséché) corresponde à une perte équivalente d’épargne (sèche elle aussi)

      Anthropologie de la monnaie
      Vous avez raison d’employer le conditionnel. Nous évoluons dans un système logique atrophié par le matérialisme monétaire. La dimension symbolique et juridique de la monnaie n’est pas intégrée dans les raisonnements économiques et politiques actuels. La monnaie symbolise la liquidité des richesses à produire dans le futur immédiat et lointain. Et l’épargne en monnaie stocke des droits sur la production future afin de voir venir et calculer ce qu’il va falloir produire.

      Si la monnaie est la monnaie, c’est à dire la symbolisation juridique de la mesure de la réalité à produire, alors il n’est pas possible d’imputer des erreurs de calcul de solvabilité de la production future sur de l’épargne monétaire. Imputer les pertes de crédit du système bancaire et des États directement sur l’épargne revient à nier le droit qui donne consistance à la symbolisation sociale et politique.

      Tout le problème symbolique et juridique de la Grèce dans la zone euro est que le système bancaire européen n’a pas les fonds propres suffisants pour absorber toutes les pertes qu’entraînent un abandon partiel de la dette publique. La symbolisation par le droit ne peut pas être fragmentée dans l’utilisation d’une même monnaie. Abandonner une fraction de la dette grecque, c’est abandonner toutes les fractions de dette non remboursable de tous les débiteurs en euro. C’est donc nier qu’en droit de l’euro, des dettes soient toujours des dettes toujours remboursables surtout quand l’emprunteur est un État ou une banque.

      Le matérialisme monétaire de l’euro est donc une impasse logique en n’intégrant pas les dimensions symbolique et juridique de la monnaie ; alors que la civilisation européenne est construite sur la symbolisation en droit de la réalité économique. Si la zone euro réaligne sa constitution sur la civilisation qui la fonde qui n’est pas le matérialisme monétaire anglo-saxon, alors la politique monétaire des Européens réintègre le symbole et le droit dans un principe de variabilité intrinsèque de la monnaie par rapport à la réalité sociale, politique et économique.

      Un tel principe de variabilité actuellement nié dans le système des monnaies dirigé par le dollar consiste à faire varier le prix de la réalité en monnaie par le symbole et par le droit. Il n’est plus question d’imputer les pertes de crédit sur l’épargne en cas d’insuffisance des fonds propres bancaires ; ni de puiser dans la réalité économique et politique des pays surendettés le prix des dettes non remboursées. Il suffit de différencier la monnaie selon les systèmes symboliques et juridiques en vigueur.

      En l’occurrence, dans la zone euro, la réalité des pays cohabite avec la réalité communautaire par des symbolisations juridiques et politiques différentes mais coordonnées par une même monnaie. En rétablissant la monnaie dans ses existences nationales ou régionales, alors le prix en monnaie de la symbolisation juridique et politique devient variable et ajustable à la réalité à l’intérieur de la zone monétaire commune. Les dettes des Grecs entre eux peuvent être dévaluées en euro-drachmes pendant qu’elles restent mesurées en euro à l’intérieur de la zone euro.

      Dans un tel système, le droit monétaire est intangible par l’impossibilité juridique et symbolique d’imputer la moindre perte de crédit à un épargnant monétaire. Si les fonds propres bancaires sont insuffisants et la dette publique excessive dans un pays, alors l’euro-monnaie est dévaluée en euro. Les résidents épargnants dans un pays perdent matériellement en euro mais ni symboliquement ni juridiquement dans l’espace monétaire où ils sont placés.

      A l’inverse la dévaluation d’une euro-monnaie en euro est sans conséquence matérielle pour les non-résidents épargnants en euro. Ils essuient une perte de change indirecte matérialisée par la hausse de la prime de change de l’euro-monnaie en euro ; la perte de change est subie par les actionnaires de la banque de dépôt en euro et non par les épargnants. La négociabilité du change à l’intérieur de l’euro impute aux épargnants en euro une perte symbolique sur les échecs politiques et économiques ; échecs partagés entre les pays excessivement débiteurs et les pays excessivement créanciers.

      Le système monétaire européen des euro-monnaies cotées et garanties en euro refonderait la monnaie dans ce qu’elle est véritablement : l’unité de compte de la symbolique du droit de la réalité économique. En abandonnant la mythologie anglo-saxonne de la monnaie impérialiste, les euro-Européens restaurent la monnaie véritable d’équilibre entre la matière, le droit et le symbole. La monnaie redevient le signe de l’économie humaine et l’outil du financement de la croissance vraie.

      En droit de la nouvelle comptabilité financière en euro, une euro-banque travaillant en euro-monnaie retrouve dans ses fonds propres les actions souscrites en euro-monnaie majorée de la prime de change en euro du capital en euro-monnaie. Le capital en euro-monnaie contient l’obligation pour les dirigeants bancaires de souscrire une prime de crédit en euro pour l’ensemble du passif en crédit. Ainsi la dévaluation de l’euro-monnaie causée par un excès d’endettement évalué en euro provoque-t-elle la recapitalisation automatique d’une banque ayant accumulé des pertes de crédit.

      Pour une banque en euro, la dévaluation des actifs financiers sous-jacents à des prêts en euro a pour conséquence une réévaluation des actifs réels insensibles aux fluctuations de change. La différentiation par les euro-monnaies des systèmes symboliques et juridiques en euro a pour conséquence de compenser toute perte réelle par un bénéfice symbolique ou tout bénéfice réel par une perte symbolique. L’euro monnaie véritable non miscible à la fausse monnaie en dollar est un étalon de stabilité du prix dans le temps.

      Le matérialisme monétaire est une aliénation mentale que les Européens peuvent surmonter en réconciliant leur politique à la fois nationale et multinationale avec leur économie. Le défi de la monnaie humanisée n’a jamais été relevé à l’échelle d’un continent multinational. Est-ce une raison de se coucher devant les empires qui mènent le monde à l’abîme ?

      1. PSdJ, vous vous faisiez rare ces temps derniers, content de vous relire.
        Je n’ai pas saisi la nature d’une euro-monnaie… mais je pense que c’est une idée à développer.

  2. Le secret règne en maître dans la banque comme dans l’industrie nucléaire.
    La culture du secret est la dominante de cette belle civilisation.

      1. C’est un constat qui n’est pas nouveau.
        Est-ce aussi un constat que de dire que le commerce moderne fonctionne sur le mode du racket quand certaines marchandises (biens ou services) sont obligatoires et payants (compte bancaire, téléphonie, Internet, etc.) ?

    1. A ce propos je voudrais lancer unepetite pierre dans le jardin de Paul Jorion à propos de ses craintes inflationnistes, si l’on mettait en cause une « correspondance » entre masse monétaire et production de VA. En effet, les effets de leviers peremttant de multiplier l’argent par des rapports de 9/10, la déconnection entre la masses globale d’argent et l’économie réelle semble avérée. Il y avait une vidéo qui expliquait cela, avec des connections de crédit, si j’ai 1000e, la banque peut prêter 900 à une autre banque qui peut prêter 8/9 etc, de sorte que ces 1000e génèrent en fait… beaucoup plus d’argent. Apparemment l’inflation qui en résulte, est nulle et pourtant l’argent sur les comptes est multiplié algébriquement.

      Entre cette façon de multiplier l’argent et l’autre qui consiste à en imprimer, il n’y a pas de différence notable, du point de vue pratique, puisqu’il s’agit toujours d’argent-prêt.

      Conclusion, l’inflation n’est pas écrite sur le fronton des photocopieuses, il n’y a pas d’automatisme. Je souligne encore une fois l’importance de se représenter les choses concrètement. Comme en philosophie, garder le sol kantien sous ses pas.

      A ce propos l’inflation est le baromètre absolu de l’économie, dont l’importanc ne saurait être sousestimée. Le carrefour de toutes les tragédies capitalistes, et des ses contradictions.

      1. « l’inflation est le baromètre absolu de l’économie » : c’est la première fois que je lis çà ; çà n’est pas le plutôt le chômage le baromètre le plus important ?

      2. @ Liszt.fr
        Vous oubliez qu’un prêt finance un actif ! lequel est le collatéral de la création monétaire. Par ailleurs, le remboursement du prêt est aligné sur l’obsolescence dudit actif. L’opération est à somme nulle.
        CQFD

      3. @Lisztfr
        Kant avait les mains propres, mais pas de main. Je vous conseille plutôt Spinoza: « Par réalité et par perfection, j’entends la même chose »

      4. Conclusion, l’inflation n’est pas écrite sur le fronton des photocopieuses, il n’y a pas d’automatisme.

        A très court terme, peut-être pas, à moyen terme: si.

        La masse monétaire doit en gros augmenter dans les mêmes proportions que la création de richesses, pour qu’il n’y ait pas d’inflation à moyen terme. Si la masse monétaire augmente plus rapidement, ce sont les prix qui augmentent, toutes choses égales par ailleurs.

        Il suffit de voir l’augmentation des prix sur l’or, les autres matières premières, l’immobilier, la bourse (dans la situation actuelle), les impôts, pour voir qu’il y a inflation.

        L’inflation officielle? A chacun(e) la sienne, vous n’avez qu’à voir…

      5. @pascal b eisenstein :

        Oui le chômage est aussi important, avec le NAIRU, Non Accelerating Inflation Rates of Unemployement (le chômage est nécessaire pour ne pas avoir d’inflation). Mais par ex dans une économie comme l’Allemagne, le chômage ne sera pas un sujet, alors que l’inflation faible signale tout de même que la population souffre, en fait que l’argent est rare, ou du moins inégalement distribué.

        Il existe aussi un certain nombre de mensonges par rapport à l’inflation, dont la BCE se fait l’écho, à savoir qu’elle oeuvre pour les pauvres en maintenant l’inflation sous contrôle, alors que la vérité c’est que les pauvres agissent pour elle, en limitant (forcément) leur consommation. Le seul moyen de contrôler l’inflation est de réduire la croissance, autrement dit de ne pas baisser les taux, et de ne pas augmenter les salaires. Et cette inflation faible est nécessaire à la spéculation, au jeu sur les marchés… je suppose.

        Pour connaitre la situation en Allemagne, 1 seul chiffre suffit, à savoir celui de l’inflation. Le reste ne concerne pas les allemands, leur éxédent etc. L’inflation signe infailliblement le problème, il y a une réciprocité totale entre cet indice, et l’argent qui circule autrement dit la consommation et la croissance.

        L’inflation faible, loin d’être une bénédiction, signifie que peu d’argent circule, et surtout qu’il n’y a pas de croissance. C’est pourquoi cet indice lui seul suffit à indiquer le degré d’injustice de la société, son inégalité, et la souffrance matérielle du peuple.

        Parce que toute autre répartition de la richesse induiraient une hausse de l’inflation, nous voyons donc que l’inflation reflète :

        1) La croissance.
        2) La distribution des richesses, ou redistribution, patrimoine, etc = rareté du capital

        Maintenant on parle parfois de l’inflation de second tour, ce qui est une expression des années 70, mais avec la hausse de la productivité, cette inflation est réduite, tandis que les bonus continuent.

        L’inflation par les coûts, c’est à dire une hausse arbitraire des prix sans hausse de la demande est à mon avis, marginale c’est pourquoi j’en fais abstraction.

  3. Bonjour Paul Jorion,
    Merci beaucoup pour ce billet, qui est la réponse à une question que nous nous posions, une amie et moi-même; je faits suivre le lien au maximum de personnes intéressées !
    Merci aussi pour votre disponibilité !
    Je me rends compte que l’on était bien loin de la définition proposée par Pierre sarton !
    Très étonnant (quoi qu’à moitié) :
    « La crise présente montre que cela permet de reporter le coût des pertes de crédit des États et des banques sur les gens qui paient des impôts et sont dépendants des services publics. »
    De ce fait ce sont les contribuables qui sont tenus de payer les erreurs des États, ainsi que celles des banques, si ces derniers montrent des pertes dans leurs comptes (par exemple le Crédit Lyonnais); de ce fait les banques et les États peuvent prendre des risques maximums, ils savent qu’ils seront couverts, tout du moins dans la limite du possible !
    Belle nouvelle !

    Merci encore Paul Jorion et excellente fin de semaine !

    1. Les contribuables sont l’Etat ou devraient l’être.
      Les erreurs sont à mettre au crédit des dirigeants politiques et économiques.

  4. Les fonds propres (FP) bancaires constituent la réserve à la disposition des dirigeants responsables pour faire face à tout imprévu ou accident.

    Les FP constituent la part du passif du bilan dont les sociétaires (banques mutualistes) ou les actionnaires (banques capitalistes) sont propriétaires. Ils ne sont (en principe) pas mobilisés pour faire face à la défaillance des clients (emprunteurs). C’est le rôle des réserves. La banques gère une kyrielle de réserves ou provisions pour risques et charges, « obligatoires ou facultatives », imposables ou non, liquides ou semi-liquides… pour chaque catégorie de risques et charges identifiés. C’est même le principal souci d’une banque en période faste, d’engranger des réserves (en franchise fiscale). Certaines réserves sont, il est vrai de « quasi FP » et font l’objet d’une impositions à posteriori…

  5. les banques ont règlé leur problème de liquidités à court terme grace à la BCE mais selon moi le problème de solvabilité reste posé .
    Les effets de levier de 6 sur les credits et de 60 sur les marchés ne sont qu’au début du dégonflement et la cure d’amaigrissement imposée aux banques va transformer cette industrie dont certains pensent qu’elle est l’industrie textile des années 70.
    Ce qui est certain c’est que les banques pratiquent le carry trade en ce moment à toutes voiles dehors pour faire la mariée plus belle ….

  6. Coucou,

    Ce qui confirme que « bale 3 » n’est qu’un objectif volapuk de communication car si je me souviens bien Lehman-brother aurait respecté Bale 3 juste avant de faire plouf !!! (je crois que je l’ai sur sur ce blog)
    Tout ceci nous ramene à la valeur de choses, rigoureusement indispensables donc totalement inutiles, une des grandes interrogations de Mr Jorion.

    Bonne journée
    Stéphane

  7. Pour que les fonds propres bancaires soient objectivement définis et appréciés, il faut impérativement que les banques d’investissement soient distinctes et indépendantes des banques de crédit

    On pourrait y procéder au sein du même établissement. Il conviendrait alors de dissocier, (sans passerelle) – d’une part les activités que la banque effectue pour son propre compte (celui des actionnaires) et pour le compte de ses clients – et d’autre part les activités de nature purement spéculatives de celles de placements classiques.
    Dans le fonctionnement actuel des banques françaises, leur activité sur les marchés (spéculation) est en effet inadmissible. Leur achat de titres pourris a mis en danger tous leurs déposants, y compris les bons pères de famille.
    Il faut encore préciser que l’acquisition de dettes d’états par les banques, principale raison de leurs difficultés actuelles, a été fortement encouragée par les instances européennes.
    Nous ignorons aujourd’hui si les prêts consentis à ces pays ont pour origine les FP des banques auquel cas, seuls les actionnaires et sociétaires seront punis, ou si les réserves pour risques et charges ont été mobilisées à cet effet. Dans ce second cas, l’ensemble des clients des banques serait menacé.

    1. Pour que les fonds propres bancaires soient objectivement définis et appréciés

      Les FP on s’en fout… Il faut qu’en dernier ressort, les réserves et provisions (pour risques et charges) des banques soient constituées de liquidités (mobilisables instantanement en euros)

  8. Voici 4 liens qui donnent les enregistrements vidéos du groupe de travail « Economie de la contribution » organisé par Ars Industrialis le 4 février consacré à

    L’INNOVATION COMME PHARMACOLOGIE POSITIVE,

    AU-DELA DE LA LOGIQUE ECONOMICISTE
    avec Jean-Paul Karsenty économiste au centre de recherche Alexandre KOYRE

    http://www.youtube.com/watch?v=QPBVpe2wkNM

    http://www.youtube.com/watch?v=Qc-rQ-pVRss

    http://www.youtube.com/watch?v=m2q1neaR3b0

    http://www.youtube.com/watch?v=MBzPPWLUwJk

  9. Les banques (et d’autres compagnies, comme Enron) jouent beaucoup avec les définitions de « fonds propres » et d’autres mots similaires (réserves).

    Vous indiquez « Pour que les fonds propres bancaires soient objectivement définis et appréciés, il faut […] ». Vous argumentez qu’une définition objective serait un moyen d’obtenir plus de transparence et je suis d’accord avec vous. Néanmoins je suis pas sur que cela soit la meilleure façon d’arriver a ce but ni même une façon possible. Je suis plutôt d’accord avec David Rowe qui écrivait dans une article récent [1] (ma traduction) : « Cette réalisation met en évidence la futilité fondamentale des tentatives de diriger des institutions financières en utilisant des micro-régulations détaillées, spécialement quand les règles n’évoluent pas sur des semaines ou des mois mais des années. » Son argument n’est pas a propos des fonds propres mais des règles de gestion des risques, ce qui est similaire dans le sens ou vous décrivez les fonds propres comme une réserve pour faire face aux risques. L’auteur décrit la gestion des risques et la régulation dans une perspective d’évolution dans le sens darwinien du terme. Je trouve cette métaphore appropriée: « les banques s’efforcent d’interpréter [les normes] le plus avantageusement pour elles » tout comme un loup essaye d’avoir le plus de proies possible en chassant le moins possible.

    Je favoriserais plutôt une approche différente de la régulation (comme décrit dans mon blog http://citoyennaif.blogspot.com/2011/12/bannissement-et-regulateurs.html) : moins de règles et plus de jugements. Qu’on utilise des chiffres vaguement définis pour les comptes officiels et les taxes ne me pose pas de problème, mais le régulateur doit avoir la possibilité de dire « il y a une incertitude sur ces chiffres, que ce passe-t-il si on prend des valorisations basses »? Bien sur cela veut dire des régulateurs aussi compétents que les banques elles-mêmes, ce qui est un autre défi.

    Mais le but est le même: les banques qui ont une garantie implicite des états de par leur taille et leur importance dans l’économie doivent en échange offrir plus de transparence a leurs garants (les citoyens).

    [1] D. Rowe, Risk, Octobre 2011, p76, http://www.risk.net/risk-magazine/opinion/2108324/dangerous-adaptation-evolution-risk . J’ai fait quelque commentaires sur cet article dans mon blog: http://citoyennaif.blogspot.com/2012/02/regulateurs-et-evolution.html

    1. @Citoyen naif,
      Je crois que nos analyses convergent. En réclamant la séparation des activités bancaires de crédit des activités bancaires d’investissement, je pose l’objectivité de la définition des fonds propres par le fait qu’elle soit discutable en transparence sur un marché financier entre le banquier de crédit et le banquier d’investissement. Le banquier d’investissement est souscripteur du capital du banquier de crédit et n’a pas le droit de faire du crédit. Si les fonds propres alloués au crédit sont insuffisants ou excessifs, le risque va exclusivement à l’investisseur du crédit qui ne peut pas faire de faux crédit pour cacher ses erreurs de jugement.

  10. @Pierre Sarton
    Je comprends assez bien que l’on puisse valoriser artificiellement des actfs.
    Par contre je ne comprends pas votre analyse sur les titres hybrides dont l’émission serait combinéé à des promesses de rachat
    Auriez vous des exemples précis, sur des TSS ou autres produits
    merci

    1. Si vous me promettez de me racheter un rouleau de PQ 110E je suis prêt à vous l’achetez 100E.

      L’interet? Pour moi 10 E de benef et pour vous de pouvoir faire croire que votre rouleau de PQ vaut 100E (prix auquel vous trouvez un vendeur sur le marché: moi)

      Pour peu que vous en ayez une pleine grange, votre fortune est faite. Si vous êtes une banque avec une telle fortune au passif vous pouvez en prêter de l’argent…

    2. @hytte,
      Les fameuses obligations convertibles contingentes (Coco bonds) qui permettraient aux banques de se recapitaliser sont un bon exemple de bidouille dissimulatoire. Le coco est une obligation qui se transforme en capital quand le ratio de fonds propres de l’émetteur tombe en dessous d’un certain seuil. Pour l’émetteur c’est le produit miracle dès lors que le souscripteur est issu d’une zone monétaire où il n’est pas contraint de soustraire ses souscriptions de coco de ses propres fonds propres. Le même titre est une quasi action dans un environnement réglementaire pendant qu’il est une obligation dans un autre environnement réglementaire ou dans un paradis fiscal.

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