L’EUROPE DANS LE PIÈGE NÉOLIBÉRAL, par Jean-Pierre Pagé

4 mars 2012 par Julien Alexandre | Print L’EUROPE DANS LE PIÈGE NÉOLIBÉRAL, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité

L’accord des dirigeants européens concernant le « Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance » (TSCG) et son bras séculier, le « Mécanisme Européen de stabilité » (MES), a momentanément mis en sourdine les spéculations relatives au sort de la zone euro. Pourtant, fruit d’une idéologie fondée sur l’équilibre budgétaire et les réformes néo libérales et non d’une analyse objective des faits, il ne résout pas les difficultés qui affectent le fonctionnement de cette zone. Au contraire, il marque un infléchissement inquiétant pouvant annoncer sournoisement, comme l’explique Bruno Amable dans Libération du 28 février 2012, « la mort du modèle social européen ». C’est cette perspective qu’il faut refuser.

Il convient, en effet, de dénoncer le caractère fallacieux et simpliste du raisonnement qui sous-tend l’actuel accord passé entre les Européens. Cet accord repose sur un postulat : le succès de l’application par tous les partenaires de politiques d’austérité et de libéralisation, supposées entraîner, avec le retour de la « confiance » des marchés,  celui de la croissance. Or,  même si ceux qui nous dirigent semblent sourds aux arguments qui sont développés,  on a toutes les raisons de contester ce postulat.  Rappelons, une fois encore, comment, à l’instar de ce qui s’est passé au cours des années 30, le processus ainsi enclenché a toutes probabilités de conduire l’Europe, non à la croissance, mais à la dépression et à la faillite que l’on cherche à éviter. Sans remonter si loin dans le temps, on peut citer aussi, parmi d’autres, les exemples de la Russie au cours des années 90 et de l’Argentine peu après. Pour leur part, les Etats-Unis se sont bien gardés de tomber dans ce piège en refusant l’austérité sous la forme qui sévit en Europe.

En outre, l’amalgame que l’on se plaît à faire entre le nouveau Mécanisme Européen de Stabilité et le FMI ajoute à l’inquiétude et à la confusion tant il remémore des pratiques de sinistre mémoire dont il semble bien que le FMI ne les ait pas abandonnées malgré les dénis proférés au plus fort de la crise financière des années 2008 et 2009. Il est donc vital que le nouveau mécanisme ne se contente pas d’être, comme on peut le craindre, une sorte de dragon faisant régner la discipline à coup de sanctions et de coupes budgétaires, mais intègre dans son fonctionnement les objectifs de la solidarité.

Comme le montre Bruno Amable, le processus d’application du modèle néo libéral implicite à l’accord conclu entre les Européens ne peut conduire qu’à une surenchère de l’austérité qui, combinée avec les « réformes structurelles » préconisées par le Consensus de Washington (flexibilisation du marché du travail, rétrécissement constant du champ du secteur public au profit du secteur privé…..), risque d’entraîner la mort du modèle social européen. C’est, d’ailleurs, ce dont rêvent de nombreux libéraux au nom de l’impératif de compétitivité. Non seulement ceci porterait un coup fatal au modèle de société qui a fait la force de l’Europe et envier celle-ci partout dans le monde, mais priverait le capitalisme de son indispensable contrepoids, activant le jeu des forces qui lui sont hostiles et justifiant les prévisions éclairées de ceux qui, comme Paul Jorion, en anticipent l’agonie. Il faut redire haut et fort que le modèle social européen est l’un des acquis essentiels de la construction européenne, méritant de figurer parmi les trésors de l’humanité, et qu’il ne saurait faire l’objet d’aucune restriction ni compromis. Et, si l’on peut saluer l’avertissement de douze chefs de gouvernements européens à l’initiative de Mario Monti selon lequel la crise européenne « est aussi une crise de croissance », on ne peut qu’émettre des réserves concernant la nature des remèdes que ceux-ci préconisent, dans la mesure où ils font appel à davantage de libéralisation et de réformes structurelles dont on imagine aisément l’effet sur la protection sociale. A cet égard, on rappellera ici que, si l’Allemagne s’enorgueillit de la force de sa compétitivité, ceci a eu un prix et que son « modèle social » est sorti sérieusement « mité » de la multiplication des « petits emplois » et emplois précaires consécutive à la mise en œuvre des réformes du Chancelier Schröder dont on se plaît aujourd’hui à chanter les louanges.

L’accord qui vient d’être passé entre les Européens ne peut donc être, au mieux, qu’un emplâtre susceptible de calmer temporairement la spéculation qui assaille l’Europe et enrayer momentanément le délitement à l’œuvre dans la zone euro. En aucun cas, il ne saurait constituer, à lui seul, une véritable solution et devra impérativement être complété par d’autres dispositions  favorisant le retour à un fonctionnement sain de l’économie européenne et à la croissance. Pour autant, une telle renégociation du TSCG ne saurait être assimilée à une remise en question de celui-ci dans ce qu’il a de positif  (l’instauration d’une véritable coordination budgétaire et de disciplines renforcées dans ce domaine), mais considéré comme une démarche visant à l’élargir en lui accolant ce qui lui manque, à savoir : d’une part, la mise en place de mécanismes budgétaires dépassant le stade de la sanction et instaurant une solidarité effective entre les différentes composantes de l’Europe, d’autre part, le renforcement du budget et une meilleure utilisation des institutions fédérales en vue de pourvoir au financement d’une relance de la croissance et des investissements d’avenir au niveau européen. Seule une telle démarche, conduisant à créer un véritable fédéralisme communautaire au lieu de l’ersatz que l’on nous propose, pourrait faire sortir l’Europe du piège qui se referme sur elle en éloignant les menaces qui pèsent sur son modèle social.

Tout ceci ne paraît pas hors de portée car, au fur et à mesure que la crise  s’approfondit et sous la pression des peuples, la cécité des dirigeants actuels de l’Europe devrait laisser la place à d’autres visions et l’on peut légitimement envisager que, les utopies néo-libérales dissipées, de nouvelles majorités voient le jour et se mettent à l’œuvre, ceci conduisant à une évolution salutaire du « couple franco-allemand ».

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109 commentaires

  1. Laurent Tirel

    « le piège néo-libéral » et sa rhétorique :
    – l’état providence
    -on vit au dessus de nos moyens…
    mais de qui parlent t’ils? du chomeur, du smicard qui malgré toutes leurs difficultés payent leur loyer et leurs petits crédits?
    je ne supporte plus ces arrogants oligarques
    quand est ce que le peuple se réveillera?

    • lars

      Effectivement,
      l’ Etat solidaire devient en vocabulaire libéral: l’Etat providence
      les cotisations sociales………………………………..: les charges sociales.
      le travailleur indépendant………………………………: l’entrepreneur!
      le licenciement libre……………………………………….: séparabilité à l’amiable!

  2. Contempteur

    Le modèle social européen, on n’a jamais vu depuis ses débuts que l’affirmation de sa présence.
    Déjà, dans le traité de Maastrich il était réduit à presque rien en regard du volet économique, lourdement documenté.
    Quand à considérer que le fédéralisme européen servira à quelque chose, je n’en crois pas un mot. Ce sera l’Union renforcée pour renforcer encore la prégnance de la concurrence, de la compétitivité, du capitalisme. Bref, alors qu’il faudrait de la solidarité, de la coopération, un modèle de société qui s’efforce de se donner des buts sur des bases d’entraide, on va continuer dans la désintégration du modèle social potentiel et des acquis sociaux subsistants dans tous les pays de l’UE, à commencer par le nôtre. Comme le dit l’auteur, la visée cardinale et initiale des liberaux étant de revenir à une liberté a-sociale, comme si le marché pouvait fonctionner en dehors des sociétés.

    Régneront encore plus des valeurs et des idéaux de cette civilisation du profit qu’on nous impose et qui ne peut changer parce que le fondement de celle-ci divise nécessairement les êtres humains entre la masse qui creuse et la poignée qui tient le revolver.

    • Macarel

      L’intégrisme néo-libéral doit être combattu sans relâche, il n’y a pas d’autre alternative pour les peuples, qui sans cela finiront asservis à un système inhumain. L’indignation c’est bien, mais la résistance, et/ou la dissidence c’est encore mieux: car les solutions sont hors du cadre du système dans lequel on veut nous enfermer.

      • Contempteur

        Encore faut-il pouvoir penser en dehors et un en-dehors du capitalisme, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. Peut-être des artistes, des écrivains…Ou de quelques penseurs qui seront à même de proposer une utopie performative.
        A moins que la gauche, la vraie, ne se décide à mobiliser les intelligences collectives sur un projet de grande ampleur, qui aurait pour axe que chacun amène une pierre de pensée ou d’action pour former le cadre d’une société hors-capitalisme, selon des modalités de consultation et de synthèse encore à inventer sans doute.

  3. Denis Monod-Broca

    Dissiper les « utopies néolibérales » c’est bien mais si c’est pour se soumettre aux utopies euro fédérales, non merci !

    • Bruno

      De mon côté, je serais pour une Europe fédérale, et j’irais même plus loin: des régions. Mais bon: le monde politique français, n’est absolument pas pour une Europe fédérale…

      A mon avis, ce n’est pas aujourd’hui la veille que cela arrivera.

      Pour revenir au billet de Jean-Pierre Pagé:

      « Pour autant, une telle renégociation du TSCG ne saurait être assimilée à une remise en question de celui-ci dans ce qu’il a de positif (l’instauration d’une véritable coordination budgétaire et de disciplines renforcées dans ce domaine), mais considéré comme une démarche visant à l’élargir en lui accolant ce qui lui manque, à savoir : d’une part, la mise en place de mécanismes budgétaires dépassant le stade de la sanction et instaurant une solidarité effective entre les différentes composantes de l’Europe, d’autre part, le renforcement du budget et une meilleure utilisation des institutions fédérales en vue de pourvoir au financement d’une relance de la croissance et des investissements d’avenir au niveau européen. »

      N’est-ce pas contradictoire?

  4. Léoned

    C’est marrant comme y’a des fois où j’ai juste envie de dire :

    « Entièrement d’accord ! »

  5. Papimam

    Une bouffée d’oxygène ce matin sur F. Inter avec Bernard Stiegler, loin des parlotes sur le sexe des anges dont certains politiciens opportunistes nous gratifient.
    http://www.franceinter.fr/emission-parenthese-sous-le-choc-entre-chaos-et-betise

    • timiota

      Merci Papimam
      Allez voir sur le site d’Ars Industrialis, il y a un (ou deux) nouveaux bouquins…

    • taratata

      @ Papimam
      Bernard Stiegler que , sur ton conseil , je viens d’écouter :
      Restaurer la puissance de l’Etat … ( sans commentaire )
      Contre toutes les révoltes (il est vieux , il a donné et lui, il a compris , ça ne sert à rien )
      Reprenant le thème de la stratégie du choc , quelle nouveauté !
       » y se passe des choses sur internet  » ah bravo , quelle perspicacité !
      Bien mollasson tout ça .

  6. Martine-Bxl

    « Tout ceci ne paraît pas hors de portée car, au fur et à mesure que la crise s’approfondit et sous la pression des peuples, la cécité des dirigeants actuels de l’Europe devrait laisser la place à d’autres visions et l’on peut légitimement envisager que, les utopies néo-libérales dissipées, de nouvelles majorités voient le jour et se mettent à l’œuvre, ceci conduisant à une évolution salutaire du « couple franco-allemand ».
    Nulle en économie peut-être…Je me trompe mais il me semble que si un jour, une solution doit venir, elle viendra plutôt d’ici ( Europe )et de blog tels celui de Paul ( et autres) …que d’ailleurs… »D’instinct « donc, je pense que les USA et la chine ( par ex) sont bien trop « le nez sur le guidon » pour qu’il en sorte quelque chose de créatif …Mais ceci dit ….avec des « pincettes » ….Suit VRAIMENT NULLE sur le sujet…;-)

    • fnur

      Suis avec un s. SVP, Je suis.

      • hey, fnur, c’est quoi ce terrorisme orthographique?
        Martine, ne vous laissez pas intimider par ce genre de commentaires!

      • Martine-Bxl

        ….oui m’y ptit fi ! Merci ! C’est pas parce que je n’ai pas fini mes humanités que je n’ai pas l’humble « droit de penser »…Et pour info, si je veux, je fais comme vous et je me la ramène avec « ma 7ème année de mandarin « …Ceci dit, je vous aime, comme tous les gens de bonne volonté présents sur ce site ( avec chacun des qualités et des défauts)….Et comme dirait Paul….Avec chacun des valeurs ;-))) Je vous embrasse très très fort !

  7. sylla

    « LE modèle social européen »…est ce vraiment bien homogène?

    « mais intègre dans son fonctionnement les objectifs de la solidarité. »
    « oui à la solidarité, non à l’austérité » ont clamé haut et fort les socialistes français en s’abstenant au vote sur le MES*…alors, solidaire ou pas solidaire?

    Pour les (sempiternelles) renégociations, c’est mal parti : « Mme Merkel, le président du Conseil italien, Mario Monti, et le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, se sont «engagés verbalement» à ne pas recevoir M. Hollande, que les sondages donnent vainqueur de la présidentielle française, selon Der Spiegel. Le Premier ministre britannique David Cameron s’est joint à eux.

    D’après l’hebdomadaire, les dirigeants conservateurs sont «scandalisés» par la déclaration du candidat socialiste sur une renégociation du pacte fiscal, une pièce centrale du sauvetage de la zone euro. » http://www.liberation.fr/politiques/01012393739-merkel-liguent-les-dirigeants-europeens-conservateurs-contre-hollande

    L’Union a toujours été une construction très libérale, le dogme qui y prévaut est celui du marché, pourvoyeur optimal, que ce soit dans le texte ou l’interprétation qui en est fait par la commission ou la cje dont elle nomme les juges…on ne fait pas changer de direction un tel paquebot très facilement…

    *Il y a la suite aussi : « «Two-Pack»: deux projets de règlements européens visant à renforcer [encore] la discipline budgétaire
    Alors que le débat bat son plein sur le Mécanisme européen de stabilité et le Pacte budgétaire (TSCG), deux règlements européens sont en cours d’élaboration.
    Ils visent à introduire un contrôle beaucoup plus strict des pays de la zone euro en difficulté, notamment ceux souhaitant bénéficier d’une assistance financière.
    Aussi, ils visent à encadrer encore davantage le processus d’élaboration des budgets nationaux et rappellent ainsi curieusement certaines dispositions décriées du Pacte budgétaire (introduction d’une règle d’or budgétaire).

    Cependant, contrairement au TSCG, ces deux règlements seront adoptés conjointement par le Parlement européen et le Conseil et seront directement applicables en droit interne, sans qu’aucun Parlement national ne soit intervenu dans leur élaboration. » http://contrelacour.over-blog.fr/article-two-pack-deux-projets-de-reglements-europeens-visant-a-renforcer-encore-la-discipline-budgetair-100466809.html

    P.S. : « dragon », vi…et st michel est le st patron de bruxelles… :(

    • Léoned

      Je réponds à Sylla mais aussi à Contempteur un peu plus haut qui, l’un et l’autre, disent peu ou prou la même chose.
      On est tous d’accord : « L’Europe a été construite à l’envers ».

      Il y a une raison « historique » à la chose d’ailleurs : nos « Pères fondateurs » venaient de sortir de la WWII et se sont dits « Si on mutualise les ressources en charbon et en acier », on supprime une énorme cause de conflit. Sauf qu’après personne (ou presque) n’a eu l’idée de dire « Ça ne suffira pas, si on ne se met pas d’accord pour savoir ce qu’on en fait ».

      Donc, on a empilé les unes sur les autres des constructions de type « économiques » en se disant à force ça va marcher. Voué à l’échec.

      Mais y’a pire : certains savaient très bien ce qu’ils faisaient ! Leur idée était fort simple : transformer le (plus grand possible) espace européen en zone de libre-échange sans contrôle étatique !
      Et on les a laissés faire. Pire, quand quelqu’un (éventuellement pour de mauvaises raisons d’ailleurs) osait dire : « Oh ben non ! », on l’éliminait. (Croyez-vous vraiment au hasard quand vous voyez Pompidou, moins de 5 mois et demi après son élection, accepter le principe de l’entrée du Royaume-Uni dans la CEE ?)

      Après, ça a continué, c’est tout.

      • sylla

        Léoned : « on l’éliminait. »?!? cad?!?

        Je n’ai pas exactement la même histoire…

        « « L’Europe a été construite à l’envers » » non, c’est à l’endroit (pas selon votre point de vue, certes, ni le mien, et certes cela mène à une impasse politique et économique).

        « « Pères fondateurs » … se sont dits »
        La construction européenne était une des conditions du plan marshall : unir les pays ouest-européens pour faire bloc contre le bloc soviétique. Les mouvements fédéralistes européens ont tous été financés au départ par le gvt américain. Les soutiens les plus ardents à cette construction anti-communiste furent parmi la SFIO pacifiste, le centre-chrétien démocrate, le vatican (le « père fondateur » schumann fut même canonisé!), et plus discrètement l’extrême droite.

        Le but explicite de Monnet qui a « inventé » la méthode dite des petits pas (dont dG a dit que c’était « un malade uniquement au service des intérêts américains ») était de mettre à bas les états-nations, dont de facto certains états-providence, pour instaurer des « états unis d’europe » un copié collé de fédéralisme. à l’évidence, ce n’était pas pour instaurer un état-providence supranational : trop socialiste! ni pour un gouvernement politique indépendant. rien n’a vraiment changé depuis.

        Pompidou, parfait libéral, accepta l’angleterre, les cycles du GATT reprirent pour aboutir à l’OMC en 94(signé en 1947, le GATT visait à instaurer par convention « un code de bonne conduite libérale et multilatérale. ». L’objectif principal de l’accord était la liberté des échanges par l’abaissement des droits de douane et la réduction des restrictions quantitatives ou qualitatives aux échanges. Cet accord multilatéral de libre-échange était destiné à faire baisser les prix pour les consommateurs, mieux utiliser les facteurs de production et favoriser l’emploi dans les secteurs où chaque pays détient un avantage comparatif(wiki). Les pays européens étaient représentés par un commissaire européen) , le roi $ décrocha de l’or.
        Puis création de la CEE, puis acte unique etc…

        Et enfin, la chute de l’URSS laissa souffler le libéralisme comme jamais, sans pour autant relâcher l’influence américaine, au contraire.

        En gros : ce n’était ni le but ni la volonté (de « construire à l’endroit »), et le frein de dG (règle de l’unanimité) à ce but libéral est aujourd’hui un des freins pour modifier cette hégémonie libérale.

        Cette zone de libre-échange (inscrite aussi en filigrane dans le traité de l’OTAN) s’agrandira bientôt (pour 2015 si le calendrier signé par le parlement européen se déroule normalement) pour connecter états unis et union européenne dans le « grand marché transatlantique ».

        Le vice président N Rockefeller a résumé la chose par « le but de l’otan, c’est l’union fédérale ».

        C’est une citation d’A Jackson (avant qu’il accède à la présidence) je crois : « nous ferons valoir notre droit au libre échange pour égaler les exploits de Rome ».

      • Léoned

        @ sylla

        Ça m’ennuie de continuer cette discussion ici car c’est beaucoup trop long et lent : on serait mieux à boire un pot à la terrasse d’un café ! Surtout qu’on est en gros d’accord, à des points de détail près. Par exemple, je ne vois pas grand-chose à redire à ton dernier texte (06/03 2h13).
        (Sauf, j’insiste, que je ne suis pas sûr du tout que le nabot soit « grillé » !)

        Veto. Si un seul pays libéral peut bloquer un traité qu’il juge trop social, un seul pays plus social peut bloquer un traité qu’il juge trop libéral !
        Alors si ledit pays c’est Andorre, ça compte pas des masses, mais si ledit pays c’est la France (2è puissance européenne en passe dans les 30 ans de devenir 1ère) ça a plus d’importance.

      • sylla

        Léoned, pardon, je n’avais pas vu votre réponse. Déjà que vous trouvez çà lent, si en plus je mets 2 jours à répondre… :D

        Pour le pot, oui, d’ailleurs Vigneron vient de proposer à l’instant un carton de rouge.

        Moi je pense qu’il tombera. les médias, qui non seulement ont déjà joué le premier tour (de la méthode coué à grande échelle!), ne le soutienne pas comme hollande…çà changera : après merkozy, ce sera peut être merkollande…

        Sur ce veto (il n’y a pas que l’allemagne et la france dans l’UE!), oui çà bloque dans un sens ou dans l’autre, cependant on est en régime (très) libéral : de fait on y reste. C’est à tel point que la directive bolkenstein représentait un progrès par rapport à ce que contenait l’acte unique (raison pour laquelle jospin l’a avalée)!

        Les rares propositions sociales sont concédées contre des libéralisations, mais les premières restent au stade déclaratif (pas de dispositif créé. Faut dire que les politiques français sont un peu des manches aussi) ou au mieux sont subordonnées (en haut de la hiérarchie des normes, c’est le marché meilleur allocateur de ressource, et donc meilleure source de croissance (en théorie bien sûr), et donc dans leur esprit tordu, le marché est le meilleur moyen pour le social. J’entends encore O.Pastré de l’omniprésent cercle des économistes répéter à longueur d’année à france cucu : « redistribuer d’accord, mais redistribuer la croissance. »!), tandis que les secondes sont copieusement défendues ensuite par la commission.

        Je vois çà comme un clapet anti retour, ou comme grimper un escalator ultra rapide à contresens, grosso merdo.

    • Léoned

      J’ai été interrompu tout à l’heure par un coup de fil et j’ai donc abrégé mon commentaire. Car je voulais dire autre chose.

      On est bien d’accord aussi que le « modèle social européen » est loin d’être homogène, mais sa tendance globale, elle, l’est homogène ! Et c’est bien ça qui en inquiète certains …

      A votre avis, qu’est-ce qui peut bien faire si peur aux droites européennes dans une éventuelle élection de Hollande en France ?

      (Loin de moi l’idée de dire que ce cher François est un modèle, mais à choisir entre Merkel et Hollande vous prenez qui ?)

      Le « putsch » (et je ne parle pas des Monkees) de droite actuel sur l’Europe serait en grand embarras si le 2ème (et bientôt 1er) pays européen passait à « gauche » !

      • Renou

        « J’ai été interrompu tout à l’heure par un coup de fil et j’ai donc abrégé mon commentaire. Car je voulais dire autre chose. » Change de molécule.

      • sylla

        Léoned, existe t il seulement, ce modèle européen? La norme implicite et explicite de l’UE, c’est le marché qui alloue optimalement les ressources. C’est du social au sens allemand (société civile vs état : comme dans socio-démocrate), pas au sens français (au sens normal, parce que nos socialistes…).

        « A votre avis, qu’est-ce qui peut bien faire si peur aux droites européennes dans une éventuelle élection de Hollande en France ? »
        Bonne question. Hollande pourra t il faire quoi que ce soit? En a t il seulement l’intention lui qui parlait de « donner du sens à la rigueur »?
        Les « socialistes » ont voté l’austérité au parlement européen, mais se sont abstenus à l’assemblée (où la droite est majoritaire certes), ainsi qu’au sénat (où ils sont majoritaires, laissant passer le texte).
        Et Hollande s’en va rassurer la city, dans quel but?

        …Merkel est impopulaire en france et elle soutient un président/candidat assez impopulaire->elle veut le faire perdre?

        Ce serait y pas de la com’?

        Jospin a fait le coup comme premier ministre : des mesures pour l’électorat socialiste, puis on renégocie, puis retour à paris : ils (autres pays européens) n’en ont pas voulu, on va faire autre chose.
        Le G20 avec les états unis en tête n’arrive pas à faire bouger les allemands, hollande y arriverait? Sarkozy s’y est cassé les dents, Mitterrand n’y est pas parvenu, mais hollande aux surnoms peu flatteurs, oui?

        Où avez vous pu constater que les traités avaient été renégociés un jour? Comme si hollande (ou jospin en son temps) l’ignorait…

        « si le 2ème (et bientôt 1er) pays européen passait à « gauche » »
        les socialistes français à gauche? l’extrême gauche du parti alors…ils sont centristes en moyenne (dsk à gauche? lamy?). Ils ont soutenu les traités qui ont permis cette situation, oui ou non?

      • Nicks

        @Leoned

        Je pense que les conservateurs ont aussi peur de l’élection de Hollande que pour Zapatero, Blair ou Schroeder. Hollande est appartient à l’aile droite du PS, même si sa culture du consensus a souvent masqué ses parti-pris libéraux (Valls n’est n’est pas devenu pour rien un des hommes forts de son équipe). Mais c’est de bonne guerre de soutenir le candidat le plus proche de ses positions. On voit tout de même mal Merkel appeler à voter pour un parti socialiste tout de même…

      • Léoned

        @ sylla

        Strictement rien à redire à votre première réponse : nous disons (et donc pensons sans doute) la même chose en des termes différents.

        Pour la 2ème réponse, je suis plus circonspect : oui il existe une sorte de « modèle social européen ». Flou et hétérogène, comme il a déjà été dit, mais qui représente quand même une tendance générale que 40 ans de néolibéralisme n’ont réussi qu’à entamer !

        Attention à ne pas confondre ce modèle européen avec les « présupposés » de la construction de l’UE ! Le premier est, en effet, plus ou moins social-démocrate (avec des nuances entre pays), les seconds sont clairement libéraux et contre le premier.

        C’est pour ça que j’ai cité le cas Hollande (dont on peut difficilement prétendre qu’il soit d’extrême-gauche !) : même une légère inflexion vers le centre-gauche fout la trouille à la droite européenne ! Ils ont réussi à virer Zapatero, Papandreou, … (grands gauchistes eux aussi !), z’ont pas envie d’en avoir un nouveau dans les pattes.

        Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : je n’ai aucune confiance en ce qui se passerait si Hollande était élu. Je dis juste que cette seule perspective affole déjà la droite européenne.

        Oui, ils ont soutenu les traités (à ma grande exaspération à l’époque), mais on vient de changer de braquet ! Ces traités sont déjà prêts pour la poubelle (même Lisbonne !) : suffit de regarder le texte du MES pour s’en rendre compte.

      • sylla

        @Leoned

        Je me serais mal exprimé : il n’existe pas de modèle social européen selon moi, des modèles sociaux dans les pays d’europe oui. Entre la roumanie et la suède, il y a des marges, entre la france et l’angleterre aussi. LE modèle européen n’est pas « flou » ni seulement « hétérogène », il n’existe pas. DES modèles (structures ou volontés) existent. Ce n’est pas non plus typique de l’europe.

        « n’ont réussi qu’à entamer »…ils m’ont l’air en phase terminale plutôt, mais leurs esprits restent vivaces et à mon sens une base pour une « troisième voie »

        Historiquement, toute tentative de réelle « troisième voie », comme moyen terme entre le tout libéral (société civile seule, primauté des marchés et de la contractualisation), et le tout état, fut étouffée par les forces dominantes. En RFA , berceau de la social-démocratie*, par ex, le social était surtout une vitrine volontairement alléchante face à la RDA.

        Suite à l’effondrement soviétique les politiques de gauche non seulement perdirent un contre poids géopolitique, mais aussi perdirent tout crédit (discrédit un poil aidé par ce l’on pourrait appeler « la propagande », alors que l’URSS n’était pas du tout démocratique : une structure militaire, ce que devient d’ailleurs, le capitalisme aujourd’hui, s’il a jamais été un jour autre chose), laissant libre le rouleau compresseur ultra-libéral (même aux états unis çà commence à râler sec!).

        La social-démocratie* prétend dompter le dragon, mais vote les dérégulations, privatise comme personne, et soutien le retrait de l’état et le libre-échange, alors je trouve cela étrange de dire que le « modèle social » est social démocrate, ou même d’y voir une réelle alternative. Si un modèle social émerge sous leurs principes, ce sera soit sous la « main invisible » soit ponctuellement par les solidarités horizontales (charités (le « care »), ou communautés voire communautarisme).

        Non, les modèles sociaux sont le résultat réalisé dans les structures politiques de l’histoire des rapports politiques entre la « vraie » gauche, et la droite (et le centre), et les mouvements de la population ( : les congés payés, ce sont les grèves qui contraignirent le front populaire). Bref sont les résultats du jeu démocratique.
        Et le débat politique en europe est largement confiné entre la droite (ump en france) et le centre (ps en france). Le « vrai » centre (historique, celui qui ne se cache pas sous une fausse étiquette) s’en est d’ailleurs fait mangé : bayrou est pris entre deux feux qui racontent la même chose que lui, mais peuvent en plus racoler l’un à l’extrême droite, l’autre à gauche, ce que le centre historique ne peut faire. C’est un débat où l’essentiel est évacué, leur restent les détails plus ou moins racoleurs (assiette fiscale, les soit disant profiteurs etc) ou les noms d’oiseaux (cf la campagne présidentielle en france).

        Au sujet des traités, vous aurez remarquez qu’ils sont systématiquement bancaux et que tout les cinq ans environ les mêmes qui soutenaient le traité précédent mordicus tentent d’en présenter un nouveau, soutenu tout autant mordicus. Qu’il y ait un vice de forme initial me semble indubitable ; que les traités qui s’empilent n’y changent rien d’important me semble patent ; que les négociations bloquent et n’aboutissent qu’au plus petit dénominateur commun (+ les traités de commerce internationaux, aux mains de la commission eux) me semble normal.
        Comme on le dit dans ce blog au sujet du « cadre », le poisson peut bien tourner dans le bocal, il reste dans le bocal.

        Et franchement, institutionnaliser des principes économiques (par nature contraignant la société, à moins d’imaginer que ce soit une science dure, ce qui me semble idéaliste, et encore, les sciences dures évoluant aussi) dans une constitution ou dans des traités irrévocables, c’est du grand n’importe quoi aussi bien du point de vue démocratique que du point de vue de la souplesse conjoncturelle. a contrario, c’est un coup de maitre de la part des têtes pensantes du capitalisme libéral.

        J’avais un espoir que la crise mettent d’accord les dirigeants européens sur les excès du libéralisme, j’avais un espoir que cela fasse avancer l’UE dans un bon sens (remise en cause du dieu marché, remise en cause du roi $ etc), mais je suis forcé de constater que c’est le contraire qui se passe (çà râle même sur la chine…alors que c’est l’UE qui lui a ouvert la porte sans condition et qui a accepté, avec les états unis, son entrée à l’OMC), il est des idoles dont on ne débat pas, au contraire : comme pour les soviets ou les intégristes religieux, comme tout bon dogmatisme, si çà ne marche pas, c’est qu’il n’y en a pas assez.

        à mon sens, Merkel joue son va-tout, prenant les fédéralistes ultra-libéraux en fonction à leur propre jeu : l’allemagne soutient cette union branlante si et seulement si cette union continue de copier le modèle allemand, ce qui va faire exploser le bocal : l’allemagne a le choix entre sortir et porter la responsabilité ou pousser les autres à la sortie et leur faire porter le chapeau de l’éclatement.

        Pour hollande, je pense qu’il s’agit plutôt de com’ : sarkozy est grillé, ce qui n’est pas souhaitable pour faire passer « les réformes », et la « gauche » a acté le libéralisme et ce qui va avec (cf le président de l’internationale socialiste en grèce, ou son gouvernement d’union nationale du centre à l’extrême droite) : tout le monde sait bien qu’il ne fera pas grand chose. D’ailleurs, il ne peut pas faire grand chose.
        Si elles sont réelles, je ne vois pas de raisons à leurs inquiétudes (ne serait ce que parce que l’unanimité est requise pour modifier les traités et les accords ratifiés), encore moins qu’ils les étalent sur la place publique…à part la com’.

        Pour le MES et le traité de lisbonne, ne vous faites pas d’illusions : la commission et la présidence de l’Union (le conseil aussi a priori, pour le parlement je ne sais pas) souhaitent que le MES soit intégré rapidement aux traités (pour devenir un outil de la commission je crois). L’unanimité étant requise pour toute modification des traités, on peut avoir une vague rose ou même une vague rouge, un seul pays resté libéral suffirait à bloquer le processus légal.

        (* »Social » dans social-démocratie ne renvoie pas au sens français que l’ont retrouve dans « socialiste », mais au sens allemand de « société civile », par opposition à état. Les socio-démocrates sont pour une économie libérale où le marché est le moyen optimal d’allouer les ressources (et non l’état : le contrat individuel et non la loi générale). Ce n’est pas une « troisième voie », c’est la même autoroute libérale (la droite est libérale quand çà l’arrange en général, le copinage y étant régulier. Mais le copinage s’est depuis largement étendu à la social-démocratie. Delors a bien relancé la construction européenne grâce à son alliance avec le « medef européen », l’ERT).)

      • Léoned

        @ sylla

        Lis d’abord la réponse de Pagé lui-même dans le fil n° 11.

        Ça m’évitera de le répéter ! ;-) Car je pense la même chose.

        « Phase terminale » : regarde le montant des retraites en Allemagne (avant capitalisation).

        Les « politiques de gauche » se sont effondrées, certes suite à la chute de l’URSS qui servait d’épouvantail aux deux côtés, mais surtout du fait de Clinton (puis de Blair et Schröder) qui ont fait passer pour « de gauche » des trucs qui nous ont fabriqué les fameuses « bulles ».

        Ce que tu appelles « la vraie gauche » est une fiction, inventée par la droite pour faire peur au brave type modéré. S’y mélangent aussi bien les sociaux-démocrates que les bolcheviks ! (demande à un brave gars du Middle-West par exemple).
        Ça ne change pas la réalité de ce que tu dis : les « acquis sociaux » sont le résultat de luttes successives (mais pas toute menées par cette « vraie gauche » justement !)

        Le problème de l’Europe n’est pas un vice de forme initial, mais la volonté farouche de la droite de n’en faire qu’une zone économique sans État ! C’est comme ça que ce sont empilés les Traités : à chaque fois, les luttes permettaient de contourner ce qu’elle croyait avoir définitivement réussi.

        Ce que tu appelles ton « espoir » avec la crise me semble bien naïf, désolé.

        Croire que Sarkozy est « grillé » me semble une fois encore naïf ! Moi, je le vois, très bien, élu le 6 Mai prochain.

        Sur le reste, rien de très important à redire. J’ajoute juste que je redis que la vraie échéance ce n’est pas le 6 Mai, c’est l’automne 2013 : les élections allemandes. Et que si un seul pays peut bloquer, ça marche dans les deux sens : d’où la trouille.

      • vigneron

        Sylla, quel grand visionnaire a écrit dans ses notes et carnets en 1961 : «Quant au Marché Commun, mon avis est qu’il demeure au niveau d’un traité de commerce facilitant les échanges et obligeant notre industrie à se moderniser.» ?

      • sylla

        @Léoned

        Oui, après la victoire, le triomphe.

        Mais comment dire que blair et schröder ont fait passer des trucs pour « de gauche » (à l’endroit de leur électorat, n’est ce pas?), et dire que la « vraie » gauche est une fiction de droite? Non, les socio-démocrates, travaillistes etc, venant historiquement de gauche, ont acté le libéralisme et se sont déportés sur la droite. C’est la « fausse » gauche qui est une fiction de droite. Schröder a fait voter le artz-machin, et le spd a préféré ne pas s’allier avec die linke…laissant la place à Merkel. (Lamy, dsk sont aussi des bons exemples).

        J’écris «  »vraie » gauche » principalement parce que le ps est présenté un peu partout comme de gauche, alors qu’il clone le centre. Ce qui est à sa gauche est vraiment à gauche (le FdG en france, où on trouve effectivement de tout, même des soc-dém repentis).
        Sur ce point, historiquement, droite/gauche émerge en france au sujet du veto du roi : à la droite du roi ceux qui sont pour le veto royal sur l’assemblée, à sa gauche, ceux qui sont contre (on le retrouve presque dans le drapeau : le rouge et le bleu se disputent la bande blanche royale).
        L’échaudage des premiers fédéralistes soutenus par les états unis (prise de pouvoir avortée lors de la querelle de la CED) sur le plan politique différa la construction fédérale…ceci dit, passer par l’économie ne les dérangeait pas vraiment, c’était juste plus lent pour instaurer le libéralisme « à l’américaine » (ces derniers, du moment qu’on soutient le $, qu’on ouvre les marchés et qu’on suit leur hiérarchie militaire, ils sont contents, et je les comprends). Schématiquement, l’UE est un dominion américain. J’appelle çà un « vice de départ »…

        « demande à un brave gars du Middle-West par exemple » pourquoi à lui plutôt qu’à un brave vénézuelien par ex? Et, çà ne touche pour l’instant que les plus jeunes, mais les idées sociales progressent aussi aux états unis, et le libéralisme pur régresse.

        Pour Sarkozy, çà me paraît évident qu’il soit grillé.
        Par contre, je ne comprends pas ce que vous voulez dire par « si un seul pays peut bloquer, ça marche dans les deux sens : d’où la trouille. »

        Vigneron : no sé. Au pif : dG. ;) Il a dit des trucs similaires sur l’agriculture…quoique « obligeant » venant de lui serait plutôt un prétexte (une contrainte qu’on laisserait l’industrie subir volontairement pour qu’elle aille dans un sens).

      • vigneron

        Ouais Sylla, c’est lui. Et tu sais qui y était opposé ? Y voyait en 57 une catastrophe pour l’industrie française ? Sans compter Debré* – qu’a jamais compté t’façons… – et qu’était contre tout ce qui était européen sans être français à 200% (dG c’était juste français à 100%, mais pas français et « apatride » comme il aimait à qualifier Monnet…).
        Mendès…
        * Tiens, pour le fun, dans le projet de pacte pour une union d’États européens écrit en 49 par Debré – en pensant très fort à son Maître bien sûr : «Nous connaissons le chemin, c’est celui qui mène à une vaste Communauté atlantique groupant autour du grand océan, toutes les nations de la liberté. L’organisation de l’Europe est une première et nécessaire étape vers l’Union des peuples libres. (…) Prenons du champ, quittons notre province, je veux dire notre nation »
        Il est vrai qu’on ne peut nier que c’est grâce à la purge financière et très libérale du plan Pinay-Rueff menée sous son mandat en 58, que le Marché Commun est devenu possible pour la France sans clauses de sauvegarde ultra-favorables (nécessaires pour Mendès)…

        L’échaudage des premiers fédéralistes soutenus par les états unis (prise de pouvoir avortée lors de la querelle de la CED) sur le plan politique différa la construction fédérale…ceci dit, passer par l’économie ne les dérangeait pas vraiment, c’était juste plus lent pour instaurer le libéralisme…

        Tss tss, rien compris Sylla. Le libéralisme tout le monde s’en foutait (tous ceux au pouvoir en tous cas). Les théories qui s’opposaient étaient celles du « Pilier » européen dans la maison de l’ouest (celle des fédéralistes européens autour de Monnet, Schumann, etc) et du « Môle », avec dG dans le rôle du môle président de fait d’une Europe d’États confédérés sous la protection (au moins pour la RFA maintenue sous l’éteignoir) de l’US Army.
        Et désolé, mais le compromis européen s’est bien bâti sur la protection sociale (appelée « dette sociale » et combattue comme telle par les diverses espèces rampantes de l’ultralibéralisme…), que tu le veuilles ou non. Saper ces fondations et c’est tout qui s’effondre, bien plus sûrement que par les dettes souveraines ou privées ou les créances impayées ou impayables. Ce ne sont que des brèches, le travail des sapeurs par contre…

      • sylla

        Vigneron,

        pour l’échaudage-> http://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_europ%C3%A9enne_de_d%C3%A9fense#Comment_relancer_le_processus_de_la_construction_europ.C3.A9enne_.3F

        « Le libéralisme tout le monde s’en foutait (tous ceux au pouvoir en tous cas). »

        « La « résolution de Messine », du 3 juin 1955, des six ministres des affaires étrangères des pays membres de la CECA, est le texte de base qui ouvrira les négociations du comité Spaak : « poursuivre l’établissement d’une Europe unie par le développement d’institutions communes, la fusion progressive des économies nationales, la création d’un marché commun et l’harmonisation progressive de leur politique sociale ». »

        Marché communlibéralisme au sein de l’europe (de l’ouest).
         » l’acte fondateur de la Communauté économique européenne (CEE) a été signé le 25 mars 1957 par l’Allemagne, la France, l’Italie et les trois pays du Benelux : Belgique, Luxembourg et Pays-Bas, les délégations ayant la volonté de s’engager dans un processus irréversible. Selon son préambule, le traité vise notamment à « établir les fondements d’une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens ».
        Le même jour, les mêmes pays ont signé le traité Euratom.
        Toutes les ratifications ayant été acquises à la fin de l’année 1957, le traité a pu entrer en vigueur dès le 1er janvier 1958. Il a institué le marché commun européen et a défini les bases de la politique agricole commune mise en œuvre en 1962.
        Le marché commun européen est l’union économique mise en place progressivement par l’Union européenne. Les biens, les services, les capitaux et les personnes (on parle des « quatre libertés ») y circulent librement. Il s’agit du plus grand marché commun du monde. »

        Rem : qd dG est arrivé au pouvoir (58), les traités venaient juste d’être signés. Il a essayé de les retourner à « son » avantage (ce que vous appelez  » Les théories qui s’opposaient »).
        [ Y compris la sortie du commandement américain (l'alliance intégré, pas la coopération ou l'amitié, mais les états unis cherchent des vassaux, pas autre chose. L'"égoïsme national" comme on dit en pointant les états européens.), raison du traité de l'élysée (vidé de sa substance par un préambule rajouté lors de sa ratification au bundestag, préambule qui le subordonna à l'alliance germano-américaine (alliance réaffirmée par merkel en 2004)).
        Vous reprochez svt à dG le fantasme d'une europe française (je vous rassure, çà ne m'attire pas non plus), mais rappelez vous la situation géopolitique à l'époque : deux camps mastodontes symétriquement opposés qui ne correspondent pas à l'europe, une allemagne qui rase les murs, une italie aussi vaincue, et une angleterre dont churchill venait de dire "entre le continent et le grand large...".
        Mais bon, l'europe, il s'en foutait un peu, dès lors que "les colonisés ne veulent pas s'émanciper" : dès 66, "le monde est vaste", "vive le québec libre" et la tournée applaudie en amérique du sud (pré-carré us), mais décriée en france par les (médias) pro-américains, etc...mais il lui manquait une majorité parlementaire pour ce faire au soit disant monarque.]

        avant çà : Le General Agreement on Tariffs and Trade (GATT, en français : Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) fut signé le 30 octobre 1947 par 23 pays, pour harmoniser les politiques douanières des parties signataires. Le traité entra en vigueur en janvier 1948.
        Cet accord multilatéral de libre-échange était destiné à faire baisser les prix pour les consommateurs, mieux utiliser les facteurs de production et favoriser l’emploi dans les secteurs où chaque pays détient un avantage comparatif.
        L’objectif principal de l’accord était la liberté des échanges par l’abaissement des droits de douane et la réduction des restrictions quantitatives ou qualitatives aux échanges.
        Le premier round du GATT fut signé par 23 États emmenés par les États-Unis.

        encore un peu avant : Les chapitres IX et X de la Charte [de l'ONU, en 1945] affirment la nécessité de créer les outils internationaux pour développer cette coopération.
        Ce seront les Accords de Bretton Woods en juillet 1944 qui fixeront les règles du jeu monétaire entre les pays en créant le FMI, qui sera suivi par la création en décembre 1945 de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD). En 1947, la conférence internationale sur le commerce et l’emploi de La Havane donnera lieu à la signature de la Charte de La Havane instituant l’Organisation internationale du commerce (OIC). Tentative avortée à cause du refus du Congrès des États-Unis de la ratifier.

        (copié collé wiki : j’ai un peu la flemme).

        On a donc bien libre échange du marché commun européen et extra-européen=>  » l’harmonisation progressive de leur politique sociale »(résolution de Messine), c’est vers le bas. (avec en plus une spécialisation des pays sur leur « avantage comparatif », une pression sur les salaires (« coût de production »)). Tant que l’abaissement douanier n’était pas trop fort, et les différentiels entre pays signataires pas trop élevés, çà semblait tenir. La politique de « mondialisation inévitable », la monnaie unique, l’entrée de la chine à l’omc (je la prends comme ex, c’est un gros morceau, voulu par la commission et le gvt américain)

        « Le libéralisme tout le monde s’en foutait (tous ceux au pouvoir en tous cas). »
        çà saute au yeux…à l’époque de la guerre froide, les états unis et leurs vassaux d’europe de l’ouest s’en foutaient du libéralisme…

        Pour la dette, vous savez bien que c’est l’aubaine de ceux qui ont trop de capital, le déficit leur régal. C’est aussi LE moyen de pression sur l’état, ce n’est pas la dette qu’ils visent, mais la privatisation de structures publiques (du communisme pour eux : le diable!).
        Si la pression se fait au risque apparent pour eux de scier la branche sur laquelle ils sont assis, c’est qu’il y a une autre branche en vue : une dette européenne, des eurobonds-like.

      • sylla

        qq aurait l’article complet?

        « L’Europe sous une hégémonie germano-américaine ?
        par Jean-Pierre Vigier, décembre 1976  » http://www.monde-diplomatique.fr/1976/12/VIGIER/33999

      • vigneron

        Sylla,
        1) L’echaudage du blé, tu sais ce que c’est ? Là c’est plutôt le gel par chez nous qui les a cramés (-15 sans neige au stade où ils étaient déjà…)
        2) Plutôt que Wiki ou les niaiseries habituelles du Diplo, va à la source sur le grand Charlot… Alfred Grosser c’est pas la même catégorie (dernière fois que je te file mes sources, j’suis trop bon…)
        http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/de-gaulle-et-le-monde/de-gaulle-et-lrsquoeurope/analyses/la-politique-europeenne-du-general-de-gaulle.php

      • sylla

        Vigneron, merci mais « à la source sur le grand Charlot… Alfred Grosser » la source?!

        Parlant de source, le préambule ajouté au bundestag au traité de l’Élysée http://www.cvce.eu/content/publication/1999/1/1/cb4f6630-4187-436a-922b-f14f13a2ea2e/publishable_fr.pdf

        « Manifestant la volonté de diriger l’application de ce traité vers les principaux buts que la république fédérale d’Allemagne poursuit depuis des années en union avec ses autres alliés et qui déterminent sa politique, à savoir:

        – le maintien et le renforcement de l’Alliance des peuples libres et, en particulier, une étroite association entre l’Europe et les Etats-Unis d’Amérique,

        – l’obtention du droit d’autodétermination pour le peuple allemand et le rétablissement de l’unité allemande,

        – la défense commune dans le cadre de l’Alliance de l’Atlantique nord et l’intégration des forces armées des Etats membres du pacte,

        – l’unification de l’Europe selon la voie tracée par la création des Communautés européennes, en y admettant la Grande-Bretagne et les autres Etats désirant s’y joindre et le renforcement des Communautés existantes,

        – l’abaissement des barrières douanières par des négociations entre la Communauté économique européenne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique, ainsi que d’autres Etats, dans le cadre du GATT.

        Conscient qu’une coopération franco-allemande conduite selon ces buts sera bénéfique pour tous les peuples, servira au maintien de la paix dans le monde et contribuera par là simultanément au bien des peuples français et allemand,

        Le Bundestag ratifie la loi suivante. » (Bonn, 15 juin 1963)
        Il raconte çà Alfred Grosser? dans votre lien il ne parle que du « oui à l’angleterre » allemand, et de manière élusive.

        Comme je vous l’ai dit, quand il arriva dG essaya de faire avec ce qui venait d’être signé. En 62 tout de suite après sa sortie contre l' »europe intégrée » et le « fédérateur extérieur » lors d’une conférence de presse, les 5 ministres mrp démissionnèrent le coupant d’une majorité à l’assemblée : il ne faisait pas ce qu’il voulait et devait ménager le choux et la chèvre, mais cette citation « le vrai sujet de l’élection présidentielle est l’indépendance de la france » me semble révélatrice et le propos pertinent.

      • vigneron

        Sylla, c’est sûr qu’un Vigier en expert neutre de la construction européenne ou de la vison d’icelle par un dG plutôt qu’un Grosser… :) :) :)

      • sylla

        Je ne vous suis pas Vigneron : Vigier? connaîs pas. Et le rapport avec le texte du préambule?
        rem : la neutralité en science humaine, çà n’existe pas.

      • vigneron

        Sylla, «Vigier ? connais pas…» Aïe aïe aïe… carton rouge. C’est koi ça : http://www.monde-diplomatique.fr/1976/12/VIGIER/33999 ????
        Et pour « la neutralité en sciences humaines », on va s’éviter le dissertations de bac blanc de blancs-becs, uh ? On dira qu’elle se voit plus ou moins la nok-neutralité et là mon coco, Vigier, c’est juste du parti-pris en plomb massif (ne parlons pas de la Trilatérale…).. Par contre le Vigier, il était physicien « au naturel », j’veux dire quand il était pas militant pur jus de chique… Ben même au naturel, en physicien (grand ! 200 articles !), si j’en crois Wiki, elle était pas piquée des hanetons non plus sa subjectivité… tellement qu’il y croyait à la neutralité du physicien…

        Son engagement marxiste a influé sur ses recherches par un parti pris matérialiste et déterministe qu’il partageait avec Albert Einstein contre l’indéterminisme de la mécanique quantique. Jusqu’à son dernier jour il a pris parti pour Einstein contre Niels Bohr dans l’interprétation du Paradoxe EPR et cherché à imaginer des solutions restaurant le déterminisme. Pour les mêmes raisons d’athéisme il s’opposait à la théorie du Big Bang.

        Grave le Jean-Pinou.. et quand on va chercher un texte de 1976 de ce genre de loulou dans le Diplo, particulièrement si l’on revendique haut et fort l’irréductible non-neutralité des sciences-humaines, sieur Sylla, bé on s’enquiert un tout petit chouïa du pedigree de l’auteur… et on se souvient de son blaze.
        Allez, pasque je suis cré cré cruel, et qu’on s’en lasse pas, un petit résumé des exploits syllabiques…

        sylla 7 mars 2012 à 00:17 :

        qq aurait l’article complet?
        « L’Europe sous une hégémonie germano-américaine ? par Jean-Pierre Vigier, décembre 1976 »
        http://www.monde- diplomatique.fr/1976/12/VIGIER/33999

        sylla 8 mars 2012 à 17:09 :

        Je ne vous suis pas vigneron, Vigier ? connais pas.

        http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Vigier_(physicien)

      • Jean-Pierre Vigier, ancien membre du Parti communiste proche de Servin et de Casanova, exclus par Maurice Thorez. Krouchtchevien et défendant les idées du Parti communiste italien, anti-stalinien, anti-impérialiste et castriste. Un espoir de la physique nucléaire qui a choisi l’action politique. Un rire que l’on n’oublie pas.

      • sylla

        « Aïe aïe aïe… carton rouge. » Venant de vous, Vigneron, une autre couleur m’eût étonnée! Mais je vous avoue préférer le verre, plutôt que le carton. (et merci m Leclerc pour ces précisions)

        Je n’ai pas lu l’article, car incomplet, d’où ma question rapide. Je suis juste tombé dessus en cherchant je ne sais plus quoi : de facto, l’auteur…Suite à votre interpellation, j’étais parti sur un historien glosant sur la construction européenne (j’avais juste un fabrice Vigier…qui n’en parle pas :D ).

        Donc, aucun rapport avec le préambule du traité de l’élysée, juste un retard à l’allumage sur l’article incomplet.

        En aparté, un parti pris même marqué ne destine pas nécessairement à la poubelle, tout au plus aux pincettes…J’aime bien savoir ce que les autres pensent, et nécessairement ils ne pensent pas comme moi.

        Cependant une telle erreur, celle que vous rapportez,  » son engagement marxiste a influé sur ses recherches par un parti pris matérialiste et déterministe », mérite de s’y arrêter au moins un instant : c’est aussi un jugement parfaitement partial (de Vigier ou de l’auteur de cette phrase).
        Car le matérialisme n’exclue pas l’imprévisible, et de plus Marx n’excluait pas l’aléatoire (çà n’est pas beaucoup plus souple, c’est loin d’une liberté, mais çà n’est pas un déterminisme (total donc)) : (dès les 2 premières mn si vous êtes pressé, mais çà se laisse écouter…) Jean Salem, Marx et le matérialisme antique

        Ceci dit, encore une fois, ces dogmes n’invalident pas nécessairement la totalité des jugements.
        Et même, selon la logique propositionnelle, « du faux peut surgir le vrai » comme un de mes profs aimait à taquiner ses cancres.

        Par exemple : « Pour les mêmes raisons d’athéisme il s’opposait à la théorie du Big Bang. », L’athéisme est une mauvaise excuse (ou un mauvais procès de la part de l’auteur de la phrase) : la limite appelée « limite de Planck », rend impossible toute proposition catégorique quant à l’instant 0 (la p’tite vidéo, assez didactique, sauf bizarrement quand il parle de son domaine propre (j’ai du mal avec le boson de higgs) : http://www.dailymotion.com/video/xhm2ew_l-univers-a-t-il-connu-un-instant-zero-avec-etienne-klein_tech ), d’où la prolifération des théories sur le sujet (le big bang, c’est juste le rouleau compresseur médiatique, et la tarte à la crème. Peut être pour mieux pomper les budgets (comme l' »énergie noire » ou la « matière noire » : le succès médiatique et même cinématographique du « trou noir » a créé aussi des émules en com’) ou (non exclusif) faire fantasmer les religieux du livre (cf donc le boson de higgs, the « god-particle »). Ce détour ramène quand même .quelque peu au « piège néo-libéral » : je fais ce que je peux… ;) )

      • @ Vigneron

        Un peu plus compliqué que cela, Jean-Pierre Vigier comme physicien !

      • sylla

        @ Vigneron

        Un peu plus compliqué que cela, Jean-Pierre Vigier comme physicien !

        Wiki et Vigneron, c’est « faites ce que je dis, pas ce que je fais » :D

      • vigneron

        Tss tss… je me contrefous du caractère inoubliable du rire du bonhomme ou de la complexité supposée de ses travaux de physicien, pas le sujet; je rappelai juste qu’il était cité sans aucune vérification – et aussi vite oublié – par Sylla à propos de la construction européenne, de dG et de la politique allemande, et que sur ce sujet comme sur la cosmologie ou la physique quantique Vigier était résolument du coté des hétérodoxes, pour ne pas dire des hérétiques.
        D’où ma réflexion qui déclencha la suite du fil… et que je maintiens (comme le reste et je laisse à Wiki ce qui est à Wiki, à Sylla ce qui est à Sylla, à François ce qui est à François…) :
        «Sylla, c’est sûr qu’un Vigier en expert neutre de la construction européenne ou de la vison d’icelle par un dG plutôt qu’un Grosser…»

  8. Mor

    Il faut redire haut et fort que le modèle social européen est l’un des acquis essentiels de la construction européenne, méritant de figurer parmi les trésors de l’humanité, et qu’il ne saurait faire l’objet d’aucune restriction ni compromis.

    Très bien dit, vraiment. Je suis complètement d’accord avec vous sur ce point. J’espère que nous sommes encore suffisamment nombreux à ne pas accepter la fausse alternative que fabrique la propagande des uns et des autres : retour aux frontières nationales ou Europe libérale.

    • fnur

      Ben pour le moment c’est le régime Europe libérale.

    • hexagone logique, comme tu ne nous tiens pas encore suffisamment

      • timiota

        Waouw. Vous vous êtes bien amusé à Corte en 2010 ?!. Dans la série « c’est toujours un peu plus tordu dans un espace plus grand mais pas moins rigolo », connaissez vous la PT-symétrie ? (symétrie d’espace et de temps ensemble)

        Sinon, bravo pour vos traductions en italien !

      • @Timiota
        Merci pour l’encouragement (plein d’autres traductions en italien vont arriver, promis, « ce / n’est / qu’un début / … ») et pour le tuyau PT-symétrique (connaissais pas – pour l’instant j’y comprends trois fois rien :) ). Ca a l’air d’être un tuyau rigolo, mais/et je vais faire gaffe en soufflant dedans. Nos machins à nous (les objets oppositionnels), discrets et très-symétriques, sont beaucoup plus simples (je crois). Mais je pense vraiment qu’ils s’appliquent ici (économie politique), avant tout pour contourner la ridiculisation politique de ce camp, que j’ose appeler le nôtre, par les ultra-libéraux et leurs malheureux sbires (qui raisonnent par l’absurde de manière brutale et erronée, mais efficacement paralysante).

        « Vous êtes pour l’exploration de l’hypothèse de l’établissement d’un ‘salaire minimum’ et d’un ‘salaire maximum’ mondiaux? Vous êtes donc (GRANDE EVIDENCE OPPOSITIONNELLE) pour un retour au communisme soviétique… » (etc.)

        Il va falloir utiliser explicitement (visuellement) l’hexagone logique (pace quelques blogonautes d’ici qui m’ont déjà allumé sarcastiquement à ce sujet) – voire pire – contre TINA (pouvoirs pédagogiques non-négligeables de ces petits machins oppositionnels étranges lors de futurs et exténuants, mais incontournables, bras de fers rhétoriques des gens de bonne volonté que nous serons au côté de Paul, François, Frédéric, Bernard, Alain, Serge [we need women!] et les autres)

      • timiota

        Women :
        Annie LeBrun, Sophie Wahnich, Maya Beauvallet, Mona Chollet, Naomi Klein(!),
        Oui c’est plus court. Il faut aller prendre les pommes vertes sur l’arbre dans ce cas, comme le dit Sean Connery dans je ne sais plus quel pseudo James Bond.

      • @Timiota
        merci beaucoup, je prends note (je connais d’excellentes théoriciennes dans d’autres domaines, dans ce domaine ci – économie politique contemporaine – mon inculture a besoin de ce genre de coup de pouce)

      • timiota

        Encore moi, Alessio.

        Juste un truc sur la logique, sans rien y connaitre aux « carrés » ou « hexagones » logiques

        Si dans ces schémas d’équivalence, on introduit l’asymétrie du temps (par exemple, le temps est l’axe horizontal du carré, les flèches verticales sont des choses comme les reconnaissances de dettes) est-ce que ça ne donne pas des nouvelles catégories « logico-financières » qui auraient plus de robustesse que nos CDS et autres « securitisation ». J’ai l’impression que quelqu’un qui écrit de façon complexe comme PSDJ aurait un peu intuitivement intégré une logique « d’ordre supérieur » à la logique usuelle en cherchant ainsi à rapporter des évènements financiers et des évènements « réels »… faute de langage adéquat, il nous sur-utilise le verbe « être » , comme vous l’avez sans doute constaté…

      • @Timiota
        La puce est rentrée dans mon oreille, je vais voir si elle va s’aventurer rigolottement plus loin.
        Un cher ami thésard niçois en philo (grand Bohème devant l’Eternel) m’avait suggéré des idées étonnantes pour lire la théorie stoïcienne des incorporels « à la Deleuze » par nos structures (ça ressemblait à ton idée), c’était étonnant, surprenant et intéressant (ça ne s’est pas concrétisé, il faudrait que je vérifie une fois pour toutes pour en avoir le coeur net). Ce que tu proposes (tutoiement OK?) semble faire violence à l’interprétation première de nos structures (mais si c’est bien fait, il n’y a pas de problème – mais ça ne rigole pas): l’idée d’intégrer le temps (aux structures oppositionnelles) m’obsède, mais je m’y prends autrement (j’ai quelques résultats nouveaux que je dois encore présenter et publier, visant à mettre sur pied une « dynamique oppositionnelle » – ça pourrait s’appliquer à des parties de l’économie). Ca m’intéresserait beaucoup d’arriver, pour l’univers particulier de l’économie, à quelque chose (un petit modèle intéressant, un poil à gratter efficace). Un petit texte de Badiou (les voies du Seigneur sont infinies) m’a donné une idée fulgurante, que je peine à réaliser (j’en reparlerai quand j’aurai réussi, si j’y arrive, à la concrétiser). Une amie parisienne économiste d’assez haut niveau (à qui je dois de m’avoir signalé que le monde économique était en train de sombrer – je lui dois donc beaucoup – merci si tu me lis) m’avait posé plein de questions bienveillantes il y a plus d’un an pour essayer d’arriver à des pensées nouvelles (et utiles). Pour l’instant ça reste en gestation (au moins trois pistes). Un gros obstacle (le principal je crois) c’est mon inculture économique extrême (et le PSDJ je ne le connais pas encore, je l’ai lu avec respect mais sans trop comprendre – je retiens ton conseil et vais essayer de le lire plus attentivement). Sinon, un anglais du groupe « Accenture » m’a dit utiliser nos structures pour la théorisation du management (il nous cite), je ne m’y suis pas encore penché (mea culpa), je ne sais pas si c’est solide (des fois ça ne l’est pas – c’est inimaginable le nombre de modèles bidons qui circulent en général et qui arrivent même à assez bien se vendre, j’en ai vu, en particulier, – utilisant à tort et à travers [JOKER] les structures que j’ai inventées! – dans des labos respectés du CNRS…). Pour faire bref j’ai la ferme intention d’essayer de voir (avec l’aide de qui voudra) si nos outils formels à nous peuvent être d’un quelque secours en économie: pour nous ce serait aussi très important afin de mieux comprendre la nature complexe et largement sous-exploitée du concept de « opposition » (chaque application vraiment nouvelle nous apprend des choses et nous force à remettre en question notre modèle, le rendant plus fort).

  9. mike

    DIfficile de se représenter positivement, et à l’avance, la construction d’un fédéralisme fait à l’envers.
    Historiquement les structures comme les US ou la Suisse se sont formées petit à petit, à partir d’un noyau qui d’abord fit la démo de sa fonctionnalité par rapport aux difficultés externes.
    Alors qu’ici nous sommes surtout en prise avec des difficultés internes graves, avant la formation même d’une structure opérationnelle. Ceci en période de crise, autant européenne que globale, avec des pyramides des âges qui font se demander comment on gérera le futur, retraites, infrastructures, etc…

    Le tout intriqué dans une société qui donne à penser que l’on trouve obligatoirement le bonheur à travers la richesse.

    Effectivement un piège néolibéral

  10. Gribouille

    Il faut redire haut et fort que le modèle social européen est l’un des acquis essentiels de la construction européenne

    Euh !
    Le modèle social Européen est un acquis des années 30 en réaction à la grande dépression. Et son développement s’est réalisé dans le cadre d’Etats nations qui réaffirmeront leur attachement au libre échange avant le début de la seconde guerre mondiale comme l’Angleterre, la Suède et la France (il faudrait ajouter les Etats-Unis).
    Il s’opposait aux politiques autarciques et protectionnistes pratiquées dans l’Allemagne nazie et nombre de pays d’Europe centrale.
    Ce sont deux visions du monde:
    l’une visant à protéger ses citoyens contre les aléas du monde extérieur en lui apportant un filet de sécurité,
    l’autre en en limitant les aléas en se coupant du monde.

    On doit ajouter, dans le cadre de la construction Européenne, les modèles sociaux des différents pays de l’Union monétaire ne pourront survivre sauf en fusionnant. Encore faudra t-il trouver sur quelles bases cette solution pourra se réaliser puisque le plus petit dénominateur commun risque d’être la norme aux dépens de tous les Européens. En clair, entre la monnaie unique et le modèle social à la française, les français devront choisir. Il ne peut y avoir de modèle social national que dans le cadre de pays monétairement souverains. La zone Euro est dans son fonctionnement un catalyseur de dumping social ou fiscal où chacun à intérêt à exporter son chômage en aspirant la croissance de son voisin.

    • julien

      La fusion du modele social ?

      Oui, c’est prévu…
      Il sera aligné sur celui du Bangladesh car la Chine commence à avoir des salaires trop élevés…

    • sylla

      « ne pourront survivre sauf en fusionnant » ; « le plus petit dénominateur commun risque d’être la norme »
      Pour survivre, il doit disparaître :D

    • Pagé

      Je me permets de ne pas être tout à fait d’accord avec vous. Le modèle que vous décrivez et, surtout, l’analyse de sa genèse sont un peu des caricatures. Le « modèle social européen » a, bien sûr, des origines et des caractériques différentes selon les pays. Il a troisprincipales « incarnations » : le modèle social français dont les principes fondateurs ont été définis par le Conseil National de la Résistance (voir à ce sujet Stéphane Hessel), le modèle social allemand fondé sur la culture de la cogestion (entre syndicats et patronat) et du consensus et le « modèle nordique » des pays scandinaves.
      Dans tous les cas, il y avait un souci très fort de justice et de protection sociale à la base. Et c’est ce modèle social qui a permis au redémarrage de l’économie de marché en Europe de l’Ouest après la Guerre de s’opérer dans des conditions humainement très satisfaisantes. C’est pourquoi, il est envié dans le monde. Il a commencé à subir des outrages et des tentatives pour le « détricoter » à partir des années 80 quand ont triomphé les idées néo-libérales.

      • Gribouille

        Je pense avant tout que vous commettez une erreur en assimilant le modèle social européen à la construction européenne. Les modèles sociaux qui ont émergé en Europe étaient des émanation de régimes démocratiques. Qui peut affirmer que l’Europe qui se construit sous nos yeux sera démocratique ? Les grands empires qui se sont constitués en agglomérant des peuples différents l’ont toujours fait par la coercition. Jusqu’à présent je n »ai pas d’exemple d’Etat fédéral composé de différentes nations qui aurait été démocratique. Et les organismes supranationaux que nous avons sous les yeux ne sont pas des exemples de démocratie. Pire on constate que le politique, empêcheur de tourner en rond, incompétent, accusé de trop penser à sa réélection, y est brocardé dans l’attente de son remplacement par un expert apolitique.
        Ensuite, il ne faut pas assimiler les intentions de principe de l’Union Européenne avec la réalité. On peut prétendre défendre l’Europe sociale mais cette promesse n’a pas de sens si elle est subordonnée à la réalisation de certains objectifs économiques, tels que, la réalisation du plein emploi, d’un objectif de croissance. Le discours qui consiste à dire qu’il faut créer de la richesse pour ensuite la partager est un excellent exemple de subordination qui rend le modèle social vide de tout sens.
        Enfin, le modèle social européen peut entrer en conflit avec d’autres piliers de l’union européenne comme la monnaie unique. Si vous admettez qu’il est nécessaire d’ajuster les compétitivités des pays entre eux, cela suppose de mettre en oeuvre des politiques de dévaluation interne dont la réalisation ne peut avoir lieu sans passer au dessus du droit du travail et des conventions collectives à l’intérieur de chaque pays. On ne peut effectivement ajuster les salaires sans imposer la flexibilité des salaires dans toute la zone euro.
        Pour conclure, le modèle social est une émanation de la démocratie. Ce n’est que le jour où les classes moyennes et populaires ont pu voter pour des représentants à l’assemblée et se syndiquer qu’elles ont pu s’exprimer et imposer le modèle social que nous connaissons aujourd’hui. Si l’Europe qui émerge semble bien aussi antidémocratique que je le pense, c’est un siècle d’avancée sociales qui va être balayé. Une nouvelle forme de totalitarisme, une nouvelle forme de peste mais bleue, pourrait bientôt s’abattre sur nous.

      • Jean-Pierre Pagé

        A Gribouille 5 mars 2012 17:22
        Je n’assimile pas le modèle social européen à la construction européenne (d’ailleurs, de quelle construction s’agit-il : de la construction initiale après la Guerre ou de la construction telle qu’elle évolue actuellement ?). En fait, le modèle social européen, tel qu’il s’est construit après la Guerre dans plusieurs pays européens simultanément avec des variantes, tire les leçons de la période effroyable qu’a connue l’Europe et de l’échec du capitalisme lors de la crise de 1929 et des années qui ont suivi, première crise, avant l’actuelle, de la mondialisation libérale. Après les secousses des années 1939-1945 qui ont conduit à mettre en place des « économies de guerre », le capitalisme a repris de la vigueur mais fortement tempéré par la mise en place des modèles sociaux que les « libéraux » cherchent à « détricoter » aujourd’hui sous prétexte de recherche de compétitivité et d’efficacité économique. J’ai l’impression qu’il y a une confusion de la part de ceux qui parlent aujourd’hui du modèle social européen mais n’ont pas vécu la période des « Trente Glorieuses » entre le « modèle social » tels qu’il a été conçu alors (par le Conseil National de la Résistance en France) et ce qu’il est en train de devenir au jourd’hui. A cet égard, on peut penser que Schröder a trahi sa famille de pensée avec ses réformes. C’est ce que pensent un certain nombre de socialistes allemands qui se retrouvent dans « Die Linke » et, en particulier, Günter Grass.

      • Obser

        @ Gribouille

        « Jusqu’à présent je n’ai pas d’exemple d’Etat fédéral composé de différentes nations qui aurait été démocratique. »

        La Confédération helvétique est un État fédéral qui s’est constitué de manière démocratique et qui dans son fonctionnement est l’exemple-même de la volonté de se rapprocher de la démocratie véritable (votations d’initiative populaire etc.).

        La Suisse reconnait 4 langues officielles et englobe des peuples qui historiquement pratiquent les uns le catholicisme les autres le protestantisme.

  11. Maud

    Et surtout remettre son sort à des institutions hors du contrôle du politique semble montrer à quel points nos dirigeants n’ont plus aucune idée sur la question et à quel point s’ils souhaitent toujours autant le pouvoir, ils ne souhaitent néanmoins pas l’exercer. Une marche forcée de plus en plus folle.

  12. julien

    Article franchement limite…
    Comme si le fédéralisme européen puis mondial était une issue idéale à cette crise…

    L’Europe est une structure faite pour détruire les gouvernements des pays européens, gouvernements qui étaient le dernier rempart contre la barbarie capitaliste…

    Au cas ou vous n’auriez pas remarqué, il s’agit d’une guerre entre des gens qui possedent quasiment tout mais qui lorgnent sur ce qui ne leur appartient pas encore officiellement !

    Tous les pouvoirs sont concentrés dans des structures anti-démocratique comme le MES ou la commission européene dirigés par des personnes qui n’ont aucune légitimité, c’est une situation insoutenable…

    Si vous ne vous occupez pas de politique, la politique s’occupera de vous…
    Nous allons tous etre choyé !

    • ça fait un certain temps que je me dis qu’une clef profonde (je parle sérieusement) du problème (de la crise ou agonie du capitalisme) est de comprendre que la compulsion à l’enrichissement sans limite (ou sans décence) est, tout bêtement, une … pathologie. Comme dirait Paul, s’il me permet d’ainsi le détourner (amicalement): « c’est aussi simple que ça ».
      Attention: c’est moins bête que ça en a l’air

      Cela est-il déjà discuté en ces termes: « volonté de richesse = toxicomanie » ? Non, si l’on pense qu’il n’y a pas encore, comme il devrait dans ce cas y avoir, l’équivalent des « alcooliques anonymes »: les « riches anonymes » (ou les « spéculateurs anonymes », etc.).

      IL FAUT PEUT-ETRE MILITER POUR QUE LA « PLUTOMANIE » SOIT RECONNUE, SERIEUSEMENT, COMME UNE FORME DE TOXICOMANIE

      Il y a sûrement déjà beaucoup de réflexions, depuis des millénaires, sur le « tempérament avare » et ses excès plus ou moins poussés (d’Aristophane à Molière et Walt Disney). Mais j’aurais tendance à croire qu’on gagnerait vraiment une certaine compréhension anthropologique (ou politique) nouvelle sur notre monde économique et ce qui y a mené en regardant les choses sous cet angle.

      En clair: le « néo- (ou l’ultra-) libéralisme » est une association maline (meute intelligente de loups solidaires et hiérarchisés) de toxicomanes qui ont réussi à se hisser aux commandes politiques du monde. Non pas complot, mais sédimentation (un bête – mais dévastateur – effet de chaos, une sorte d’ « effet Larsen social », centré sur un mauvais usage de la nature pulsionnelle de l’être humain). Là ça semble exploser, car la prise de pouvoir par les « plutomanes inconscients » devient trop évidente et trop auto-destructrice. Je pense sérieusement (peut-être ridiculement, à mes dépens, j’en prends le risque naïf, ouvert à vos réactions) qu’en cela notre présente infortune s’apparente beaucoup au cas de l’Allemagne nazie (non, non, je ne sombre pas dans la banale et ennuyeuse « reductio ad Hitlerum », du moins j’espère), où un psychotique (paranoïaque, je présume) s’est hissé au pouvoir, vite rejoint par une cohorte de pervers narcissiques, très heureux de pénétrer au Pays de Cocagne. Notre situation, encore non-diagnostiquée toxicologiquement, est tout aussi grave. Nous ne sommes pas « gouvernés » (économiquement) par des irresponsables: nous sommes « gouvernés » par des malades. Malade implique irresponsable, mais irresponsable n’implique pas malade (dramatiquement, si j’ai raison, la liberté du sujet moral n’est localement plus de mise – situation douloureusement problématique, mais très dangereuse si elle n’est pas diagnostiquée et traitée correctement). La différence me semble être de taille à plusieurs égards (ci siamo capiti?)

      En m’excusant si je dis des choses aux conséquences douteuses, ce n’est pas le but (le but est de clarifier, en collant – par des modèles conceptuels le plus possible adéquats – au réel étrange, hirsute et problématique qui nous occupe ici)

      • timiota

        Alessio, lutes vous Dany Robert-Dufour ? La maladie porte en effet un nom grec : la pléonexie.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Pl%C3%A9onexie.
        Bernard Stiegler parle des moments où se produit « l’effet Larsen social », l’explosion du coté toxique d’un « pharmakon », il en parle comme une excessive déliaison des pulsions.
        D’après lui, cela « se soigne » car cela vient des évolutions techniques sous-jacentes (support de de mémoire, hypomnemata autour desquels nous organisons notre « pratique » du monde. Si vous voulez, quelqu’un qui considére un CDS nu comme hypomnemata va forcément allez dans le mur et nous aider à y aller. Cela nous hypothèque tous. (Sous la mémoire, sous l’étagère, je repense à la chanson de Nougaro, « Je suis sous sous (soûl) sous »
        (http://www.youtube.com/watch?v=8lP7D8C_7sM)).
        Forcé à l’utilisation toxique dans la phase d’adaptation au nouveaux hypomnemata, nous redéfinissons ensuite notre attitude, c’est une phase d’adoption (exemple pour l’homme : la langue, qui a conduit à faire une grammaire et une phonétique et une structure de pensée avant l’écrit, puis exemple suivant l’imprimerie, puis …puis le numérique). En passant de l’une à l’autre, on change « d’epokhe ». J’avoue décrocher un peu quand il parle de « double redoublement épokhal » pour dire qu’on surmonte ces crises (dans la même civilisation) sans disparaitre, mais poétiquement, pourquoi pas…)
        Bref, ça recoupe pas mal. Il est passé sur France INter dimanche matin ,le Stiegler, a-t-il étét écrit non loin : http://www.franceinter.fr/emission-parenthese-sous-le-choc-entre-chaos-et-betise

      • Wildleech

        Sous toutes ses formes, le pouvoir corrompt celui qui le détient et celui qui le désire.
        C’est pourquoi, il faudrait accentuer la dilution des pouvoirs individuels par l’application de la Démocratie à toutes les structures sociales.

      • @Timiota
        Merci pour Dany Robert-Dufour et la « pléonexie », je ne connais pas (encore), mais ça répond directement à la question que je pose. Stiegler je connais assez et j’apprécie beaucoup (j’ai eu grande la chance d’interagir personnellement avec lui de par mon groupe artistico-philosophique, l’Electrobolochoc, en 2006, en 2008 et en 2010) et il m’a peut-être influencé directement (mais alors inconsciemment) pour le terme « effet Larsen social » (sa pensée m’a beaucoup influencé et continue de me stimuler – il m’arrive d’en parler dans des confs ou dans des articles – c’est sur Simondon que je garde un retard théorique indu – conversement, j’ai fait connaître Luhmann à Stiegler, qui semble en être pas mal intéressé – Luhmann est très important théoriquement, je t’en conseille vivement l’étude). Merci pour tes remarques, qui m’intéressent (et je vais méditer…)

      • timiota

        Bon, en tout cas tu valides que je n’ai pas trop trahi B Stiegler, car des fois, j’ai du mal à raccorder les bouts. C’est souvent que c’est convaincant quand on lit, puis plus difficile à faire passer à son voisin…
        Luhmann ? J’vais aller voir.
        Ca m’a l’air intéressant…
        (http://fr.wikipedia.org/wiki/Niklas_Luhmann)

      • alkali

        @Wildleech

        «  » »Sous toutes ses formes, le pouvoir corrompt celui qui le détient et celui qui le désire.
        C’est pourquoi, il faudrait accentuer la dilution des pouvoirs individuels par l’application de la Démocratie à toutes les structures sociales. » » »

        Certains prétendent que ce n’est pas le pouvoir qui corrompe, mais qu’il attirerait les personnes corruptibles…
        Ceci dit, ok pour la dilution des pouvoirs…

      • @Timiota
        J’oublie toujours qu’en 2006 j’ai écrit (et publié) une petite (29 pages) introduction en français à la pensée de Luhmann. By the way, puisque je te parlais (billet de Paul sur Lacan) du psychanalyste de génie I. Matte Blanco (1908-1995) il y a quelques semaines (jouant mon énervé de par le fait qu’il n’est pratiquement pas connu en France – scandale réel), je te file ici (si ça t’intéresse) mes propres tentatives d’introduction en français à sa théorie (de la psychanalyse):
        Matte Blanco mis en relation avec la théorie de l’irrationnel chez D. Davidson et chez la logique paraconsistante (2003)
        Matte Blanco mis en relation avec la théorie sociologique de l’agir rationnel de Pareto (2004)
        Matte Blanco mis en relation avec la théorie des espaces conceptuels de Gärdenfors (2004)
        Matte Blanco mis en relation avec la théorie psychanalytique de M. Klein et l’art (2006)
        Bon, j’espère ne pas énerver par cet étalage, ça se veut plutôt partage.
        Pour ceux qui voudraient découvrir Matte Blanco sur mes textes (bien imparfaits) je conseille l’ordre de lecture suivant:
        – d’abord le texte sur MB et Pareto (il est court et clair)
        – puis le texte sur MB et Gärdenfors (il est bon)
        – puis le texte sur MB et M. Klein (il fait référence à des choses connues et ça aide)
        – enfin le texte sur MB et l’irrationnel (assez imparfait et lourd)

        (feedback welcome)

      • timiota

        @ Alessio

        Merci de tout cela. En effet je ne suis pas dans mon élément dans la psychanalyse, mais ça a pu être une étiquette (limite un fourre-tout), donc faut aller voir sous le capot.

        Et puis je dois corriger une bêtise : c’est Dany-Robert DUFOUR, pas Dany Robert-Dufour.

        Pour le management, pas si étonné : on ne les appelle que quand les crises oppositionnelles sont déjà plus que latentes, ils doivent trouver un modèle pour désamorcer. Un des ponts aux ânes étant par exemple la répartition des rôles dans Astérix (…qui la légitimité, qui la force, qui le plan d’action, qui l’accompagnement musical — CDS-toutrisque)

        Tutoyer sans pb, quoique ce n’est pas neutre sur ce qu’on a envie de se dire. Un collaborateur jeune et vraiment hors pair que j’ai connu récemment insiste pour rester sur le vouvoiement, alors qu’il est parfaitement décoincé, c’est plutôt une stratégie cognitive, le tutoiement pouvant masquer le cognitif à la limite. Des nanoparticules de biopouvoir.

  13. ThomBilabong

    Puisse le ciel vous entendre… c’est dire si j’y crois ! Hélas !!!!

  14. caroline Porteu

    Les Traités en train de se signer sont des non sens tant du point de vue économique que financier.

    Ces pactes sont impossible à respecter puisque les Etats n’ont aucune marge de manoeuvre sur un poste devenu exhorbitant : le montant des intérêts financiers . Ce poste est entièrement déterminé par les marchés financiers , les agences de notation, ou des officines comme l’ISDA (association internationale des swaps et dérivés), intégralement aux mains des financiers américains, acteurs essentiels dans la spéculation sur dettes souveraines Européennes.

    Souvenons nous que pour la France, le poste des intérêts financiers sera cette année supérieur au montant du budget de l’éducation nationale .

    La logique financière et comptable aurait été de traiter cette règle d’or en termes de solde budgétaire structurel primaire … Notion qui a l’air d’avoir disparue de la comptabilité publique des Etats signataires ..

    http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-caroline-porteu/020312/un-pacte-budgetaire-signe-pour-les-financiers

  15. descarte10

    Merci pour cette analyse.
    En effet, il n’est pas interdit de penser que derrière cette crise héritée des ‘subprimes’ le système néo libéral qui nous a mené là où nous en sommes n’ait pas trouvé là un moyen de régler, une bonne fois pour toute, le problème des acquis sociaux qui ont cours en Europe. Ces acquis sont effectivement un ‘trésor’ de la construction européenne cela fait effectivement partie de son patrimoine historique. Face à globalisation des affaires, les acquis européens représentent d’une part une incongruité pour les néolibéraux de tout poil et, d’autre part, un exemple dangereux pour les pays émergents qu’ils soient européens ou autres.
    La crise des monnaies et la dramatisation des sommets européens à répétition n’ont peut être d’autres but que de casser un système d’acquis sociaux afin de tendre vers plus de flexibilité et donc plus de soumission des peuples à l’autorité des marchés. Et j’en arrive au deuxième risque européen : la divergence vers un système autocratique.
    Hors la destruction du système social européen, il y a peut être plus grave : la destruction du système démocratique que l’Europe n’a cessé de mettre en place depuis la fin de la dernière guerre mondiale. En effet, qu’ont décidé les peuples européens depuis le début de la crise de 2007 : pas grand-chose. J’entends bien que il y avait peut être urgence.
    L’ensemble des mesures ont été décidées sans que les peuples soient consultés. Dès lors qu’une tentative démocratique apparaissait celle-ci était étouffée dans l’œuf : rappelons-nous la décision de Mr Papandréou même si celle-ci ressemblait plus à une manœuvre de politique intérieure qu’à une tentative démocratique. La réaction des autres pays européens fut assez intéressante pour ne pas dire inquiétante : la pression politique des principaux pays européens pour que ce référendum n’ait pas lieu.
    Des tentatives du même genre ont eu lieu très récemment dès lors que le MES a été pointé quant à son absence de mesures pour relancer la croissance.
    Si l’Europe veut régler ses problèmes budgétaires elle ne fera pas l’économie d’une réflexion sociale sur la répartition des richesses produites et des efforts à consentir par chacun des individus. Le système actuel est mortifère.
    Il nous faut donc, plus que jamais, être vigilant car des forces non démocratiques car purement technicienne dans le domaine de la finance ou de l’économie pourraient supplanter les décisions des peuples.
    Cela fait penser à la 25° de Virgil Gheorghiu : Ne soyons pas comme le personnage de Iohann Moritz, incapable d’exercer sa liberté d’homme en face d’une société déshumanisée et victime inconsciente d’une société où les individus ne sont plus considérés en tant que tels, mais traités comme membres de catégories de la société technicienne.

    • Jean-Pierre Pagé

      Je suis entièrement d’accord avec vous. Merci pour cette analyse qui me paraît très juste.

  16. Croire qu’il convient « d’élargir » le traité qui vient d’être signé, en raison de ses « aspects positifs », et de contribuer « au financement d’une relance de la croissance et des investissements d’avenir au niveau européen » me semble ne pas aller au fond des choses, c’est à dire aux raisons de la crise européenne actuelle, sur lesquelles je ne reviens pas car très abondamment traité, notamment sur ce blog.

    Je ne crois pas non plus que l’on puisse « saluer l’avertissement de douze chefs de gouvernements européens à l’initiative de Mario Monti », même avec des réserves.

    On ne peut faire l’impasse de la poursuite de la crise du désendettement public et privé et ignorer qu’elle appelle une réponse qui n’est pas apportée; ne pas entamer une réflexion sur la nature de la croissance qui devrait être relancée, ainsi que sur ses leviers; enfin, ne pas au moins évoquer la nécessité de commencer à remédier à la distribution inégale de la richesse, car il n’y a pas de statut quo possible pour l’Europe sociale.

    Au programme « néo-libéral » que vous mettez en cause doit être opposé un contre-programme qui en sape les bases.

    • timiota

      Faudra-t-il attendre que des pauvres hères s’agglutinent aux caisses d’hypermarché pour qu’une large majorité comprenne qu’elle est aussi partie prenante en acceptant le fuite dans le consumérisme ? Quelle taille d’évènement faudra-t-il atteindre pour que ce contre-programme acquiert droit de séjour dans les consciences, puis dans les consciences des dirigeants, et enfin ait effet dans les lois de l’Etat ?
      Je fais l’hypothèse que cela nécessitera une pratique différente quelque part dans le Leviathan de la consommation ou des médias.
      Les gens reprendront-ils le chemin qu’avaient prises les « radios libres » dans les années 1970, mais aujourd’hui en s’adossant sur le web ? Ca se passera quelque part dans un lieu de vie de l’ère d’aujourd’hui, un hyper, un site web, sans doute pas une ville ? Comme en Chine, une bourgade fera autrement, s’arrangera pour vivre autrement… Et de ces exemples partirons la force de saper.
      Saper-lipopette.

    • Jean-Pierre Pagé

      A François Leclerc
      Bien sûr, il faut élaborer d’urgence un contre programme sur la base des idées que vous évoquez. Ce devrait être la tâche des candidats à l’élection présidentielle qui, malheureusement, se cantonnent trop souvent à des mesures « franco-françaises ». Il convient de dire, là aussi haut et fort, que la situation de l’Europe (et donc de la France dans l’Europe) appelle des mesures radicales pour changer le mode de gouvernance (car il y a, en fait, un mode de gouvernance qui est ultra-libéral et peut conduire au démantèlement du modèle social européen). Il s’agit de remédier à la distribution inégale de la richesse, mais ausi, comme vous le dîtes, réflé chir à la nature de la croissance et, plus largement, au mode de consommation de façon à mettre en place une consommation plus respectueuse des équilibres de la planète et moins « gaspilleuse », notamment. Quand à l' »avertissement » des douze, c’est un peu ironiquement que le saluais (mais il a le mérite de reconnaître ce que beaucoup d’autres refusent de voir : que nous allons dans le mur avec le « tout austéritaire »), mais pour aussitôt, en préciser les très importantes limites.

      • En effet, il faut sortir du cadre dans lequel il est tenté de nous imposer de continuer à réfléchir et auquel nous nous heurtons. Si vous le permettez, cela va sans le dire, mais encore mieux en le disant !

    • jacquesson

      La question de la nature de la croissance est fondamentale; c’est ce que posait, il y a déjà quelques années, Christian Coméliau dans un livre qui n’a pas perdu son actualité « les impasses de la modernité. Pour ma part, je note que la croissance est la fruit d’un déséquilibre, et même « consubstantielle » de ce déséquilibre, mais ce dernier va croissant; 1 point de PIB n’a pas les même conséquences quand le PIB est de 100 ou de 10000. Le problème de la réflexion, économique mais aussi politicienne, c’est que l’on se contente de prolonger les courbes, en ignorant les ruptures de tous ordres (technologiques, idéologiques, environnementales, démographiques…) qui rendent obsolètes ces beaux schémas. La course à l’abîme, dont l’échéance est jusqu’à présent toujours repoussée (pour les chanceux qui sont nés au bon endroit au bon moment), finira un jour par nous engloutir si nous refusons de voir ce qui se déroule sous nos yeux; cf J P Dupuy.

    • Jean-Luce Morlie

      Qu’a-t-il donc dans les tripes ce modèle social européen ?

      François Leclerc, vous écrivez,

      «… au programme « néo-libéral » que vous mettez en cause doit être opposé un contre-programme qui en sape les bases. »

      Ce contre programme ne devrait-il pas tenir compte de la perversion du welfare state ?

      Si l’impératif de fraternité s’exprime collectivement dans la solidarité mise en œuvre par les institutions redistributives du welfare, il conviendrait néanmoins d’interroger sur le welfare state réel. Depuis quarante ans « de crise » le welfare state organise une seule promotion sociale effective: celle qui consiste à faire métier de promotionner « les plus démunis », les mêmes depuis trois générations et toujours plus nombreux. Une classe de managers sociaux, assistés de leurs échelons de sbires, se préoccupent en premier des notes de frais qu’entraine l’organisation de leur spectacle.

      Pour les prochaines décennies, il serait intéressant d’observer les stases et métastases du flux de financement ruisselant du FSE. Gérer dans la croissance ou la décroissance c’est encore gérer.

      Les bouffées d’autogestion en Grèce ( Kilkiss, Éleftherotypia, et le boycott des grandes surfaces par les petits producteurs grecs, ) sont-elles, une fois de plus , l’expression rageuse du vieux fond libertaire et ultraminoritaire devant l’impensé de la servitude = ;) .

      • Je partage votre avis, la notion d’État providence ne demande qu’à être élargie ! Il est préférable, pour commencer, d’utiliser l’expression en langue anglaise d’Etat du bien-être (Welfare State), plus adaptée…

  17. C Assayag

    Ce qui est clair c’est que certains espèrent utiliser la crise pour définitivement faire basculer les sociétés européennes vers un modèle « libéral » conçu comme un modèle de société où les intérêts privés prennent définitivement le pas sur toute tentative de pérennisation d’un espace public solidaire et des politiques sociales associées (santé, chômage, famille….). Comme je l’ai dit avec d’autres c’est une illustration magistrale de la Stratégie du Choc décrite par Naomi Klein: on profite d’un choc (la crise qui a démarré en 2008, avec ici une ironie supplémentaire qui est que la crise a été déclenchée par les donneurs de leçon et futurs profiteurs) pour justifier une mise en coupe réglée des peuples (ce qui se passe DEJA en Grèce) et un démantèlement des politiques publiques.

    Cdt,

    • Macarel

      Le crédo des néo-libéraux est l’inverse de celui des communistes: tout ce qui est géré par le public est mal géré, tout ce qui est géré par le privé est bien géré. Donc privatisons tout, ou presque. Cameron va même privatiser la police… Les yankees ont déjà privatisé l’armée…
      Pour les néo-libéraux, la société n’existe pas, le bien commun n’existe pas, l’intérêt général est une chimère. Seuls les intérêts personnels égoïstes ont grâce à leurs yeux.
      Ce sont des intégristes qui conduisent les sociétés à leur perte, tout aussi sûrement que les staliniens, ont conduit l’URSS à sa dislocation finale. Ces gens là sont dangereux, d’autant plus qu’ils haïssent la démocratie.

      • cording

        C’est exactement ce que disait et pensait Margaret Thatcher : il n’existe pas de société, il n’y a que des individus.

      • Jean-Pierre Pagé

        Ceci résulte de la théorie qui reste dominante (implicitement ou explicitement) aujourd’hui : celle de l' »Equilibre Economique Général ». Cette théorie, dont plusieurs économistes ont démontré la fausseté car ses hypothèses de base ne sont pas vérifiées, postule que la combinaison des intérêts individuels des « agents économiques » conduit à l’intérêt général.

    • fnur

      Concurrence libre et non faussée quand tu nous tiens :

      CARREFOUR

      La filiale de Carrefour en Grèce a été condamnée à une amende 12 512 000 € pour des pratiques illégales pour les années 2003-2008 alors que pendant la même période, leurs ventes aux «paresseux» et «inutile» Grecs ont totalisé 8 694 000 000 €

      http://www.okeanews.fr/comment-les-multinationales-ont-exploite-la-grece-lettre-de-georges-floras-traduction/

  18. Macarel

    Comme le dit Frédéric Lordon, il est interdit de remettre en cause:

    – La construction européenne selon le modèle de la « concurrence libre et non faussée »

    – l’ouverture des marchés nationaux et la dérégulation généralisée , donc la mondialisation

    – le démantèlement de l’ Etat Providence

    Les médias chiens de garde, veillent à ce que ces trois points ne soient pas contestés, et se livrent à une propagande de tous les instants pour défendre ces dogmes intangibles.

  19. Turquie35

    Un grand merci et un immense respect pour cette « Grande Dame »

    Anna Vagena est une ancienne actrice, elle a un petit théâtre à Athènes et vient de prendre la place d’un député démissionnaire, sans vraiment la demander. Lors d’une interview, elle a clairement indiqué qu’elle ne rejoindrait pas le PASOK, et qu’elle ne se sentait pas la force de continuer le théâtre politique.

    Mercredi dernier, le 28/02/2012, Anna Vagena a pris la parole au parlement grec. Une parole sensée et pleine de colère. Elle met en garde la classe politique contre la fureur grecque qui s’annonce. Un discours plein de bon sens qui fait mouche.

    http://www.youtube.com/watch?v=Pw5yzPx7m0w&feature=player_embedded

  20. Votre analyse se base en partie sur une… grande illusion. D’abord je ne crois pas qu’il « faut redire haut et fort que le modèle social européen est l’un des acquis essentiels de la construction européenne, méritant de figurer parmi les trésors de l’humanité, et qu’il ne saurait faire l’objet d’aucune restriction ni compromis ». Le modèle social européen n’est pas lié à la construction européenne car il résulte du rapport des forces entre le pouvoir économique et les mouvements sociaux durant le 20eme siècle notamment, et également il résulte de la géopolitique des rapports de force de l’après 1945 et du monde alors bipolaire. D’ailleurs, la construction européenne fut également une création du même monde bipolaire. Ainsi vous vous trompez en affirmant « qu’une évolution salutaire du « couple franco-allemand » sera possible. D’abord le couple franco-allemand n’a jamais existé sauf pour la propagande, pour la simple raison que l’Allemagne était divisée. Il y avait certes une entente entre l’incomplète Allemagne de l’Ouest et la France, et suivant ce principe indépassable depuis Thycydide, [il n'y a pas de « droit naturel » qui règle le problème de la force, en principe le droit n'existe qu'entre égaux, en absence de cette égalité c'est la force qui prévaut], on peut donc observer que dans notre cas, les deux « égaux » ne seront plus égaux après la réunification allemande.

    Enfin, concernant les « trésors de l’humanité, et qu’il ne saurait faire l’objet d’aucune restriction ni compromis » vous faites preuve d’une certaine naïveté. Ces trésors n’ont jamais existé en tant que réalités achroniques (ainsi « d’aucune restriction ni compromis »), on peut rappeler le premier stasimon d’Antigone : « beaucoup de choses sont terribles, mais rien n’est plus terrible que l’homme », et l’adoption du « Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance » (TSCG) et de son bras séculier, le « Mécanisme Européen de stabilité » (MES), confirme davantage Sophocle et Thucydide, que quelconque « cécité des dirigeants actuels de l’Europe ». Ces dirigeants sont tout simplement les figurants d’un rapport des forces que vous dénoncez à votre manière finalement.

    Il a fait beau et chaud ce dimanche sur Athènes, nous avons emmené nos casse-croûtes sur les plages, ayant économisé tout le mois, pour mettre un peu d’essence à 1,76 euros le litre de SP 95 et ainsi pouvoir s’y rendre, nous dépassons déjà de fait le cadre du TSCG et du MES car nous nous demandons quelle sera la prochaine trouvaille de la gouvernance méta-démocratique du Mémorandum II que nous subissons depuis la fin quasi officielle de notre existence étatique et bientôt sociale et nationale. Ainsi, les seules véritables « autres visions et l’on peut légitimement envisager que, les utopies néo-libérales dissipées », ne passent pas par le « couple franco-allemand » mais par la dissolution de l’Union Européenne car avant d’envisager d’autres visions, y compris au niveau de la coopération entre les pays de la vieille Europe, il faut s’affranchir de tous les Traités de l’U.E. ; ouvrons enfin les yeux, car notre temps de réaction possible nous est compté. Dernière remarque, aucune « solidarité effective entre les différentes composantes de l’Europe » n’est possible car ces parties sont inégales, je répète Thucydide « le droit n’existe qu’entre égaux » et la solidarité n’a jamais existé entre entités inégales pour la même raison y compris dans un cadre institutionnel pseudo-égalitaire où en plus, les banquiers règnent sans contre-pouvoir et dictent ouvertement leur seul politique « réaliste » à chaque sommet de Bruxelles.

    Merci en tout cas pour votre texte, car tout débat honnête est plus que nécessaire actuellement. Avec nos sincères salutations depuis les NTOE d’Athènes, (Nouveaux Territoires Occupés Expérimentaux) de la Baronnie bancocrate, représentant aussi les onze millions de cobayes encore vivants, sur le territoire de l’ex-Grèce.

    • Momissi

      @Panagiotis Grigoriou
      Cher Monsieur, votre propos est non seulement juste mais poignant.
      Merci de continuer à nous ouvrir les yeux sur ce qui se passe réellement en Grèce.

    • Jean-Pierre Pagé

      A Panagiotis Grigoriou
      Merci pour votre commentaire de mon texte. Il est d’autant plus précieux qu’il émane d’une personne vivant dans les NTOE, dans un pays qui souffre et se trouve dans l’oeil du cyclone.
      Pour ce qui concerne le « modèle social européen » (que je persiste à vouloir ranger parmi les « trésors de l’Humanité »), je vous renvoie à ma réponse à « Gribouille » plus haut (commentaire N° 11).
      Un mot sur la notion de solidarité : pour moi, il n’existe pas d’union sans solidarité. Et les unions sont, par définition, composées d’entités inégales, ne serait-ce que par leurs ressources, qu’il s’agisse des Etats des USA, des « sujets » de la Fédération de Russie ou des « länders » allemands (ce qui oblige le Land de Bavière à payer pour celui de Berlin), par exemple.
      Enfin, je ne pense pas que la solution soit la dissolution de l’Union européenne, car ce serait ouvrir la « Boîte de Pandore » et faire sortir les guerres et autres conflits entre européens qui ne demandent qu’a ressurgir.

    • Un naïf

      Tellement vrai !! Merci Panagiotis, vos interventions sont très importantes pour nous en France et devraient ouvrir les yeux à la population qui croit encore à l’illusion eurocrate néolibérale. Bon courage. Résistez !!

    • Pierre-Yves D.

      Jean-Pierre Pagé,

      Pour ce qui est de l’égalité, ce n’est pas de l’égalité des ressources dont il est question lorsque Panagiotis Grigoriou cite Thucydide, mais celle de l’égalité des membres de l’Union sur le plan politique. Or il est clair que l’Union a été conçu de telle façon que des pays comme la Grèce n’ont pas le même poids politique que celui de la France ou de l’Allemagne.
      D’autre part, comment peut-ton dire que la solidarité est effective quand pour exercer cette solidarité on met un pays à genoux, que l’on fait passer la santé des investisseurs avant celle des citoyens ?

      La réalité est que l’on a construit l’Europe des marchands au lieu de faire l’Europe sociale et politique. Dans le traité de Rome déjà, le principe de la concurrence était érigé en dogme. Ce n’est que parce que les états composant ce qu’on appelait alors la CEE (communauté économique européenne) pratiquaient des politiques keynésiennes, que le spectre du communisme hantait les esprits, que l’entité politique européenne n’appliquait pas jusque au tournant des années 80 intégralement son programme économique d’inspiration libérale. Le garde-fou c’était les politiques appliquées par les Etats et non pas l »Union ». L’entité politique européenne a contribué à la prospérité des pays associés, y compris en distribuant des subventions au prorata des besoins des zone moins développées, mais le but premier n’était pas social. Il était d’abord économique : favoriser les échanges. Pour ne prendre que le cas de la politique agricole commune, quels en sont les premiers bénéficiaires ? Les petits producteurs ? Ou bien l’agro-business ?

      Il y a des institutions européennes, c’est indéniable, je ne pense pas non plus qu’il faille les dissoudre, en particulier le parlement qui est la seule instance véritablement démocratique, mais ces institutions fonctionnent en vertu de traités dont la teneur est économique avant d’être politique. D’où l’impasse actuelle. Les traités doivent donc être dénoncés avec la plus grande vigueur. Leur « philosophie » est anti-démocratique.

      De fait, l’Union se dissout déjà en Grèce, l’échec n’est pas pour demain, il est là sous nos yeux.
      Ce n’est d’ailleurs pas seulement l’échec de l’Union, c’est aussi l’échec d’une conception de l’économie qui s’est répandue aux quatre coins de la Terre.

    • Rosebud1871

      @Panagiotis Grigoriou 5 mars 2012 à 01:10

      Merci d’avoir si bien résumé les coordonnées de la « grande illusion » que Jean Renoir avait traité à sa façon. Pas un mot à ajouter, nous avons le même regard pour ce premier paragraphe.

      Par contre je crains que « s’affranchir de tous les traités de l’U.E » et « dissolution de l’Union Européenne » soit un remède de cheval à l’emporte pièce. Les visions alternatives existent et toute une gamme de traitements à l’intérieur de chaque états-nations, entre états-nations via leurs élus, sous pression des rues, et d’autres formes de représentativité au national comme à l’inter-national de syndicats, de partis, d’associations, sont jouables.
      La dissolution brutale de l’apparence matérielle actuelle de l’idée d’une Europe prend le risque d’emporter avec elle la possibilité d’une autre idée de l’Europe. Cette construction actuelle est démontable et le puzzle reconstituable autrement. Le lego juridique est aux ordres des résultats du rapport de force. Aucun état ne peut dénoncer ses engagements de façon unilatérale sans bouleverser l’équilibre instable des autres. Et il faudra bien discuter à terme autrement que de la façon dont ça s’est traité jusqu’à présent.

      • Jean-Pierre Pagé

        Je réponds aux deux précédentes interventions.
        A Rosebud 1871 : vous avez raison. Attention à ne pas, en voulant « dissoudre » la construction dans son état actuel à ne pas ouvrir la « boîte de Pandore ». Il y a d’autre manières d’opérer, mais pour cela, il faut que les rapports de force, les majorités, changent.
        A Pierre-Yves D : je ne pense pas que l’on ait construit « l’Europe des marchands » au lieu de « l’Europe sociale ». Dans l’esprit des promoteurs de l’Europe (Monnet, Schuman, Adenauer), je pense que l’Europe qu’ils construisaient devait être sociale (elle l’était, de fait, grâce aux initiatives prises dans les pays membres, en France et en Allemagne, en particulier). Cela allait de soi. Cela a dérapé quand, après la rupture de Bretton-Woods, les idées libérales, portées par l’Ecole de Chicago, ont triomphé et contaminé, malgré les efforts de J.Delors, la Commission Européenne. Ce n’est donc que relativement récemment (en tout cas pas aux origines) que la Commission Européenne s’est convertie au néo-libéralisme avec tous les dégâts que cela a fait, confondant le besoin d’une libre circulation des marchandises dans un marché unique avec l’idéologie de la concurrence poussée à l’extrême.

      • Rosebud1871

        @Jean-Pierre Pagé 6 mars 2012 à 12:11
        C’était l’avantage du rappel de Panagiotis Grigoriou des coordonnées post-WW2, du bipolarisme international avant d’inventer le « tiers-monde », de la menace communiste (pour qui ?) et les braves gens que vous citez ne pouvaient faire autrement après les désastres en cours qu’en tenir compte pour ne pas en dire plus qu’évoquer le rôle discret des US dans la promotion de la CECA et de ces braves gens cités.
        Pour les « autres manières d’opérer » nous sommes voisins.

      • sylla

        « je pense que l’Europe qu’ils construisaient devait être sociale  » c’est sont des incompétents?!?

        La commission a acté tous les traités de libre-échange , c’est elle qui négocia toutes les étapes des cycles du gatt, et qui continue à l’omc! Elle a accepté à l’instar des états unis l’entrée de la chine à l’omc!

        Si on veut faire une europe sociale, il faut réduire la concurrence entre les systèmes sociaux et promouvoir une harmonisation « par le haut », ils ont fait tout le contraire! Au mieux il en est sortie d’énormes cartels biberronnés par les états avant délocalisation ou fermeture.

        Aujourd’hui les entreprises ne font pas alliance au sein de l’UE, mais avec des entreprises hors UE : renault fait alliance avec nissan pour mieux concurrencer les constructeurs allemands (et eux de même)!
        Et d’ailleurs, ils peuvent difficilement faire alliance entre eux, la commission européenne cassant toute émergence de « champion » européen au nom de la sacro-sainte concurrence!

        « malgré les efforts de J.Delors, la Commission Européenne »?!?
        « il faut que les rapports de force, les majorités, changent. »
        Delors a relancé la « construction » grâce à l’european round table, le medef européen!
        écoutez Delors : http://www.ina.fr/fresques/jalons/fiche-media/InaEdu00151/le-tournant-de-la-rigueur-sous-le-gouvernement-mauroy.html le ps a eu à choisir entre ses promesses et rester dans l’économie ouverte (totalement) imposée via l’UE (et les cycles du gatt que seul un commissaire négocie), finalement ils ont bazardé le socialisme (z’ont gardé l’étiquette) et coulé ce qui restait de communistes!
        après delors sarkozy : « l’Europe nous a sauvé des socialistes »

        « Ce n’est donc que relativement récemment (en tout cas pas aux origines) que la Commission Européenne s’est convertie au néo-libéralisme » oui, les gvt des états unis aussi. avant la commission était juste libre échangiste et libérale et atlantiste. Ce qui revient au même modulo la finance qui commença avec le forex.
        Quand les états unis seront socialistes, la commission le sera j’ai l’impression…

        « il faut que les rapports de force, les majorités, changent. »
        on peut toujours rêver…et ce n’est pas une majorité qu’il faut, mais une unanimité des états membres et des majorités dans chaque état membre (voire plus si referendum nationaux nécessaires pour ratification) pour modifier les points stratégiques en UE (et encore, après il faudra se défendre à l’omc. et songer à sortir de l’otan (nécessaire d’ailleurs pour un bretton woods bis)).

  21. wuwei

    Je pense qu’il est grand temps de démasquer le véritable coupable qui est le capitalisme et sa seule fonction qui est et à toujours été celle d’accumuler le maximum de profit dans le moins de temps possible. Or, je lis et j’entends surtout parler des nuisances du néo-libéralisme ou du libéralisme. Mais que sont ces deux idéologies sans le capitalisme ? rien. Alors plutôt que de courir derrière un leurre aussi « appétissant » soi-il, il serait préférable de se concentrer sur le véritable objectif qui devrait être pour le citoyen la remise en cause définitive de l’accumulation de la richesse par un petit nombre au détriment du plus grand nombre, c’est à dire le capitalisme y compris celui d’état. D’ailleurs il est assez révélateur qu’aucun, je dis bien aucun candidat à la présidentielle ne parle de remettre en cause le capitalisme même Mélenchon. Mais il faut dire qu’historiquement dans nos « démocraties » ils se soutiennent puisque chacun est nécessaire à l’autre pour survivre. Juste pour dire que d’aller voter c’est être assuré que la farce mortifère continuera .

    • Jean-Pierre Pagé

      A wuwei.
      Vous avez raison : ce qui est en cause, c’est le capitalisme et il n’est pas « politiquement » correct de parler ouvertement de sa remise en cause. Et pourtant ! La question que beaucoup d’entre nous se posent est la suivante : le capitalisme est-il humanisable ? On a cru, après laSeconde Guerre Mondiale, au cours des « Trente Glorieuses », que c’était possible, grâce précisément au « modèle social européen ».
      Autre question : par quoi remplacer le capitalisme ? Le « penseur » américain, Immanuel Wallerstein, qui est l’un de ceux qui pronostiquent la fin du capitalisme, reconnaît qu’il ne sait pas par quoi il sera remplacé : par quelque chose de meilleur ou quelque chose de pire ?

      • wuwei

        Jean Pierre Pagé :
        La question que beaucoup d’entre nous se posent est la suivante : le capitalisme est-il humanisable ?

        Peut-on rendre un tigre végétarien ?
        C’est vrai que personne ne peut dire par quoi serait remplacé le capitalisme après son effondrement. Mais étant donné les dégâts irréversibles qu’il commet je préfère tenter l’incertitude.

  22. saintaubin

    NTOE des pays a venir = Unissez-vous !! ET UN GRAND MERCI AU réaliste Panagiotis Grigoriou !!

  23. A Jean-Pierre Pagé

    Merci pour vos précisions, en effet nous ne partons pas je crois du même socle, mais je comprends et je respecte votre point de vue. Sur la dissolution de l’Union européenne, et la «Boîte de Pandore» faisant alors « sortir les guerres et autres conflits entre européens qui ne demandent qu’à ressurgir », ma question est la suivante : cette Union est-elle peut-être co-génératrice (ainsi que les autres acteurs de la géopolitique du monde actuel) alors des guerres futures in fine ? Je sais que votre réponse est sans doute « non », mais en somme, que votre vision se confirme ou sinon c’est la mienne qui se réalise, je crains que la paix ne peut pas être considérée comme garantie.
    Bien à vous.

    • Jean-Pierre Pagé

      Je pense que la construction européenne ne peut pas continuer dans la voie qu’elle a empruntée. Cette voie ne peut la conduire qu’à l’implosion. Je mets mon espoir dans la prise de conscience du danger par les populations et les changements de majorités qui peuvent en résulter, en France et en Allemagne, notamment.

  24. cording

    Il n’y a pas de piège néolibéral, l’UE est une construction néolibérale depuis le début : un grand marché par la concurrence libre et non faussée dans laquelle l’Allemagne dicte sa loi depuis le début en effet l’euro n’ a été accepté par les allemands que s’il était conçu selon le modèle du DM ce qui a été accepté par tous parce que l’UE doit se faire à tout prix, pour ses partisans. Une autre Europe n’a pas droit de cité dans les médias, il suffit de voir le documentaire de Gilles Balbastre et Yann Kergoen « Les nouveaux chiens de garde ».

  25. [...] Blog de Paul Jorion » L’EUROPE DANS LE PIÈGE NÉOLIBÉRAL, par Jean-Pierre Pagé. [...]

  26. Lien

    Le modèle social européen est quand même financé d’abord et surtout par le pillage du tiers-monde et la destruction des richesses naturelles, et très secondairement par la meilleure efficacité que fournit une société apaisée…
    Il est donc assez difficile de voir comment il pourrait être maintenu indéfiniment.

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