LES 100 JOURS DU NOUVEAU PRÉSIDENT

29 mars 2012 par Paul Jorion | Print LES 100 JOURS DU NOUVEAU PRÉSIDENT

Dans le cadre du LELAB2012 de la TNS Sofres, page d’entretiens relatifs aux enjeux des présidentielles et législatives en France, la question m’a été posée hier de mes « 100 jours de rêve ». Les voici :

1. Restauration de la prohibition de la spéculation

Restauration de l’article 421 du Code pénal : « Les paris qui auraient été faits sur la hausse ou la baisse des effets publics seront punis des peines portées par l’art. 419 », de l’article 422 : « Sera réputé pari de ce genre toute convention de vendre ou de livrer des effets publics qui ne seront pas prouvés par le vendeur avoir existé à sa disposition au temps de la convention, ou avoir dû s’y trouver au moment de la livraison. »

Restauration de l’article 1965 du Code civil : « La loi n’accorde aucune action pour une dette de jeu ou pour le paiement d’un pari »

2. Interdiction des transferts d’information (dans les deux sens) entre chambres de compensation et paradis fiscaux (tous les paradis fiscaux : y compris ceux tolérés par des États dans des enclaves sur leur propre territoire)

3. Redéfinition de l’actionnaire d’une société comme contributeur d’avances (prêteur) et non comme propriétaire

4. Détermination des cours à la Bourse par fixing journalier

5. Abolition des privilèges des personnes morales par rapport aux personnes physiques

6. Prohibition de l’optimisation fiscale des sociétés par le biais de transactions entre la maison-mère et ses filiales ou entre ses filiales

N.B. : Oui, je sais la Liberté-tagada-tsoin-tsoin-des-marchés aura été assassinée, trucidée, etc. etc. mais le reste du monde se portera lui TELLEMENT mieux !

 

http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/plugins/sociofluid/images/google_24.png http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/plugins/sociofluid/images/facebook_24.png http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/plugins/sociofluid/images/yahoobuzz_24.png http://www.pauljorion.com/blog/wp-content/plugins/sociofluid/images/twitter_24.png
 

89 commentaires

  1. La Liberté tagada-tsoin-tsoin des marchés n’est que la liberté tagada-tsoin-tsoin du renard dans le poulailler. Non merci. Tant que les spéculateurs spéculeront avec l’argent des autres il est anormal qu’ils soient libres. Ca parait simple et évident. Tu paries tes sous? Tu fais ce que tu veux. Tu paries les miens? Tu fais ce que je veux. La finance n’est pas mon forte; ce que je crois se résume à ça, mais ça, j’y crois.
    Merci à des gens comme vous, Mr Jorion, et Mr Leclerc pour nous aider à y voir clair.

  2. juan nessy

    C’es 6 chantiers opérationnels nécessitent plus qu’un président .

    Ce pourrait être une feuille de route pour un président européen d’une Europe fédérée .

    Le président rêvé .

    TNS Sofres voit trop petit .

    • Marlowe

      Vous vouliez probablement dire président du monde.

      • juan nessy

        Faut il vraiment un président du monde ?

        La démocratie mondiale à venir a sans doute plus à sauvegarder de l’esprit et de la liberté de choix démocratique , en s’accomodant de 5 à 6 « présidents » de grands pôles mondiaux ( voir par exemple le lien sur les BRICS donné par Fredo ) . Si l’un d’entre eux n’est pas européen , l’avenir démocratique est dors et déjà bien plombé .

        Reste que si ces quelques présidents là restent dévoués à l’idéologie financiaro-capitaliste en place ( comme ça semble être le cas des BRICS ) , , il deviendra sans signification de parler de démocratie .

        Les contrecoups de ce que l’on appelle la crise européenne , et qui est en fait une crise systémique mondiale , sur des « évènements  » tels que les BRICS ( dont les noces ne dureront peut être pas autant que les impôts) seront très intéressants à suivre ou précèder . Si l’on veut encore participer à quelque chose.

        Ce serait un débat d’actualité présidentielle , autrement plus motivant et porteur de sens pour un choix de société et d’efforts partagés , que le taux de croissance  » espéré » , « garanti » , « raisonnable  » , « gag » sur nos résultats et nos actions déjà en cours » , qui confondent la vitesse lue a posteriori sur le cadran de la voiture avec l’état de la voiture et sa destination choisie .

        PS : à les relire , les 6 points mis en avant sont effectivement cruciaux pour permettre l’ évolution des esprits et des comportements . Tous orientés, comme c’est naturel sur ce blog ,vers un renouveau de la pensée et de la mpratique économiques , ils sont cependant un peu courts pour ce qui concerne le renouveau de la pratique démocratique .

        J’attends les commentaires de PSDJ .

      • vigneron

        Juan,

        , ils sont cependant un peu courts pour ce qui concerne le renouveau de la pratique démocratique

        il te semble pas que, bien au contraire, ces mesures ouvriraient un « nouveau champ du possible » (on s’croirait sur France-Q…) pour la pratique démocratique ? Pense simplement aux implications du changement de statut des actionnaires dans le processus décisionnel dans l’entreprise…
        On peut pas répéter ad nauseam « la démocratie est dévitalisée, virtualisée, vidée de sa substance par le cadre economico-juridique commandé par le Marché » et se plaindre de ne pas voir Jorion proposer une « rénovation de la pratique démocratique » alors qu’il fait justement des propositions permettant de rendre cette dernière plus réelle, plus effective et en tous cas renouvelable…
        Ps : ouais bon six mesures… j’viens de relire le billet… dommage pour les 7 péchés capitaux capitalistes…

      • juan nessy

        @Vigneron :

        Je mùe mettais dans la peau d’un président , ou pluitôt d’un candidat qui tente de faire partager ses intuitions et sa raison ( celles de ceux qui les partagent déjà !) à des citoyens électeurs .

        Dans le billet « utopie réaliste » , j’avais proposé que l’utopie soit ( et reste) la démocratie , et que le réalisme soit la prise de conscience de la finitude des ressources terrestres . Dans la file des commentaires , j’avais aussi relevé que deux principes forts semblaient remonter des propositions les plus globales et cohérentes :

        nécessité d’une Constitution économique nouvelle bâtie sur des paradigmes nouveaux ,

        et nécessité de l’amélioration de la pratique démocratique .

        L’une n’allant pas sans l’autre et réciproquement .

        Dans les six propositions de Paul Jorion , je trouve une bonne réponse actuelle à la première nécessité . Je ne vois pas d’écho explicite en regard pour ce qui concerne la pratique démocratique , même si , le terrain ayant été bien amendé , la culture démocratique doit y être plus réelle et facile .

        PSDJ apporte plus bas une réponse à mon appel du pied , via la monnaie .

        François Leclerc a peut être des lueurs autres sur la démocratie d’avenir .

        Et in fine , peut être, l’auteur des six travaux d’Hercule lui même .

      • juan nessy

        Et après ou avant lui , Vigneron himself !

    • wildleech

      Pas de président, mais une assemblée réellement représentative, c’est encore mieux.

  3. fnur

    100 jours, pas terrible comme symbole, ça s’est terminé par Waterloo. Enfin, ça dépend d’où on regarde…

  4. EOLE

    D’accord sur tous ces points.
    En droit, à moins de changer bien d’autres choses, il faut un propriétaire. Qui sera « propriétaire » des sociétés commerciales? La question n’est pas anodine car elle interfère avec la responsabilité civile et toute la protection des tiers (cf TEPCO).

    • « Le Droit se trouve alors mis en échec en son point le plus sensible : la notion de sujet de droit et la responsabilité d’un acte ou d’un manquement dommageable. Deux remèdes sont alors envisageables, qui pourraient conférer à l’idée de responsabilité sociale de l’entreprise une certaine crédibilité.
      Le premier est celui de la responsabilité solidaire des entités juridiques constitutives de l’entreprise. À la maxime de Milton Friedman « l’unique responsabilité sociale de l’entreprise est celle de faire des profits », on peut retourner l’adage hérité du Droit romain : Ubi emolumentum, ibi onus « où est le profit, là est la charge (et donc le responsable) ». Ce sont tous ceux qui bénéficient d’une opération économique qui doivent être considérés comme opérateurs, quels que soient les montages juridiques empruntés par l’entreprise. Cette solution a été utilisée avec grande efficacité par les Étas-Unis en matière de pollution marine. Depuis la marée noire de l’Exxon-Valdes, la loi américaine permet de poursuivre en responsabilité tous ceux qui, de près ou de loin, ont pris part à l’opération de transport. Le premier sens de la solidarité, celui du Droit civil, longtemps éclipsé par les techniques venues de l’assurance, refait alors surface : « Il y a solidarité de la part des débiteurs lorsqu’ils sont obligés à une même chose, de manière que chacun puisse être contraint pour la totalité, et que le paiement fait par un seul libère les autres envers le créancier » (Code civil, art. 1200). La responsabilité sociale des entreprises supposerait qu’une solidarité de ce type, qui n’est pas inconnue du Droit interne du travail, puisse exister entre diverses entités d’une filière ou d’un réseau transnational.
      (…)
      Le second remède consiste à organiser la traçabilité sociale du produit et à faire peser la responsabilité sur celui qui met ce produit en circulation sur un marché. Partir du produit pour identifier le responsable est la méthode qui a été choisie en Droit communautaire en matière de responsabilité du fait de produits défectueux. Ce nouveau pan du Droit de la responsabilité civile se caractérise par le fait que « le producteur est responsable du dommage causé par un défaut de son produit » (art. 1er de la directive; l’article 1386-1 du Code civil précise : « qu’il soit ou non lié par un contrat avec la victime »). La possibilité est ainsi ouverte de sauter par-dessus les barrières ou les fossés du Droit des contrat ou des société pour atteindre celui qui a mis le produit en circulation, ou l’importateur du produit, qui est « responsable au même titre que le producteur » (art. 3.2 de la directive). L’incitation à la traçabilité vient de la règle selon laquelle « si le producteur du produit ne peut être identifié, chaque fournisseur en sera considéré comme producteur, à moins qu’il n’indique à la victime, dans un délai raisonnable, l’identité du producteur ou de celui qui lui a fourni le produit ». »
      Alain Supiot, L’esprit de Piladelphie – la justice sociale face au marché total, Seuil, 2010

  5. […] Blog de Paul Jorion » LES 100 JOURS DU NOUVEAU PRÉSIDENT. […]

  6. Léoned

    Perso, les points 1, 3 et 5 me paraissent les plus urgents.

    Ce qui ne veut pas dire que les autres soient négligeables.

    Question bête ou naïve (c’est selon) : y’a un candidat qui propose ça ?

  7. Fredo

    à lire sur le site http://www.boursorama.com :

    La création d’une « Brics Bank », banque d’investissement pour financer des projets d’infrastructure et de développement, visant à renforcer les relations au sein des brics.

    Les dirigeants des cinq pays émergents réunis au sein du groupe des Brics ont ouvert jeudi à New Delhi leur quatrième sommet au cours duquel ils devraient discuter de la création de leurs premières institutions pour renforcer leurs relations.

    La présidente du Brésil Dilma Rousseff, le Russe Dmitri Medvedev, le Chinois Hu Jintao et le Sud-Africain Jacob Zuma, ainsi que le Premier ministre indien, Manmohan Singh, ont ouvert le sommet par des échanges de poignées de main.

    Thème central de leur rencontre, la création d’une banque d’investissement pour financer des projets d’infrastructure et de développement, une idée déjà débattue sous le nom de « South-South Bank » ou « Brics Bank », viserait à renforcer leurs relations.

    « Ce serait un outil financier très puissant pour améliorer les possibilités commerciales et peut-être une étape majeure pour soutenir l’Union européenne dans ses efforts pour surmonter la crise financière », a souligné mercredi le ministre brésilien du Commerce, Fernando Pimentel.

    Avant l’ouverture du sommet, les ministres du Commerce des Brics ont insisté sur la nécessité de renforcer leurs échanges au sein du bloc, y voyant un antidote aux problèmes économiques en Europe.

    Même si leurs échanges commerciaux sont en pleine expansion, le ministre indien du Commerce, Anand Sharma, a estimé qu’ils étaient encore loin de ce que l’on pouvait espérer d’un groupe réunissant 40% de la population mondiale. « Il y a un large potentiel de croissance inexploité pour le commerce entre pays des Brics et pour l’investissement (…) qui faciliterait la croissance économique à un moment où l’économie mondiale est frappée d’incertitude », a-t-il déclaré. « Il y a eu un recul de la demande sur les marchés européens. Malgré cela, nous avons continué à enregistrer un fort niveau de croissance », a-t-il ajouté.

    Leurs échanges commerciaux ont bondi l’an dernier de 28% pour atteindre 230 milliards de dollars.

    Mais le bloc des Brics cherche aussi à transformer sa force économique croissante en influence diplomatique, en dépit des profils et des intérêts différents des cinq pays, ce qui se traduit par des interrogations sur leur unité possible face à des questions internationales de premier plan.

    « Le concept des Brics représente, par dessus tout, le désir de ses membres d’apporter de la diversité à l’ordre mondial », résumait dans un récent éditorial Brahma Chellaney, du Centre de recherche politique de Delhi. « Mais l’incertitude plane sur une évolution vers un club cohérent avec des objectifs définis et des mécanismes institutionnels », relevait-il.

    Le sommet s’achèvera par « une déclaration de Delhi » résumant leurs vues et qui pourrait inclure une déclaration sur le conflit en Syrie, la crise iranienne ou les problèmes de la dette en Europe.

  8. ThomBilabong

    Bon, jouons le jeu 5 minutes.
    Je pars du principe que toutes ces décisions sont parfaitement réalisables politiquement et techniquement. Sur le plan législatif, il faut pousser le tout en quelques mois, profitant de la période de grâce des 100 jours.

    Est-il envisageable de prendre ce genre de mesure unilatéralement ?
    Je ne parle pas des empêchements éventuels de l’Union Européenne, je parle de l’effet « comportement vertueux ».

    Est-il possible d’imaginer un instant (juste un seul) les conséquences dans les autres pays et sur les autres marchés que ceux de l’hexagone ?

    • @ThomBilabong,
      Appliquer concrètement les principes de Paul Jorion

      Je partage votre objection et crois qu’elle a une réponse : la démocratie réelle par la compensation monétaire. Pour que les vœux de Paul se réalisent effectivement, pour qu’ils ne restent pas des vœux pieux comme le fut la prohibition de l’alcool aux États-Unis qui a produit finalement le mal qu’elle voulait éviter, il faut définir, limiter et actionner la démocratie dans le réel.

      Autrement dit, il faut premièrement que les principes posés par Paul soient constitutionnellement non négociables dans le régime officiellement adopté de la démocratie ; si ces principes ne sont pas consubstantiels à la démocratie, on se contente juste de parler de république en admettant qu’elle est oligarchique puisqu’elle admet l’inégalité réelle devant la Loi. Une fois rétablie l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix à terme et sur les fluctuations à terme des prix de la dette publique, il faut deuxièmement poser le périmètre de la démocratie.

      La démocratie ne peut pas être forcée. Il doit y avoir un en-dedans et un en-dehors de la démocratie. Les démocrates qui veulent s’en tenir aux principes de Paul ne peuvent pas être laissés à la merci des prédateurs qui restent libres de spéculer par empêchement de les contrôler. C’est ici qu’on retrouve le problème de la monnaie. L’euro qui n’est pas fondé sur l’interdiction de la spéculation n’est pas une monnaie de démocratie. On peut tout à fait officiellement vendre à terme la dette française en euro pour acheter la dette allemande afin de gagner sur l’éclatement possible de la zone euro. Cette opération ne coute rien en euro alors qu’elle détruit explicitement l’amitié entre l’Allemagne et la France.

      On voit donc que le président français qui rétablira la démocratie en France devra négocier avec l’Allemagne pour savoir si les Allemands veulent ou non revenir dans la démocratie. Si les Allemands ne veulent pas la démocratie par la finance non spéculative, il faudra cesser d’utiliser la même monnaie. Sinon les banques françaises et allemandes pourront continuer d’emprunter à la BCE pour faire des plus-values contre la démocratie choisie par les Français (le choix des Allemands est pour 2013).

      A supposer que les Allemands suivent les Français dans la restauration de la démocratie, il reste possible de garder une monnaie commune entre ces deux pays. Mais il faut alors donner des garanties aux Allemands contre une certaine tendance française à ne pas tenir ses engagements. Nous savons comme les Allemands comment les finances publiques françaises sont bien gérées… Pour interdire la spéculation sur la dette publique française, encore faut-il que l’épargnant prudent n’ait pas de raison de douter des engagements du gouvernement français.

      D’où l’on découvre qu’il faut troisièmement restaurer un principe financier de démocratie : celui qui ne tient pas ses engagements et ses promesses doit subir une sanction économique. La seule vraie manière de sanctionner un gouvernement démagogue et impécunieux sans porter atteinte à la démocratie, c’est la monnaie. La monnaie est le prix de la réalité démocratique : une démocratie moins efficace que ses voisines doit être dévaluée par la loi de la démocratie. Si donc l’euro est la monnaie de la démocratie de la zone euro, l’euro-deutschmark est le prix en euro de la démocratie allemande pendant que l’euro-franc est le prix en euro de la démocratie française.

      Et l’euro-drachme est le prix en euro de la démocratie grecque ; qui n’a plus les moyens de rembourser toute sa dette en euro et doit donc être dévaluée. Sans euro-drachme il n’y a plus ni souveraineté, ni responsabilité, ni crédit, ni démocratie en Grèce. Il n’y a donc plus ni démocratie, ni crédit en Allemagne et en France… Il n’y a plus que des déficits budgétaires abyssaux maquillés par la manipulation des règles comptables publiques et privées. La BCE a émis 1000 milliards d’euros pour boucher les trous budgétaires et bancaires de l’Allemagne et de la France.

      S’il faut donc établir le périmètre de la démocratie aux frontières des pays désirant emprunter en euro, s’il faut restaurer la responsabilité politique publique par des unités monétaires négociables en euro, il faut donc établir une loi de fluctuation des parités de change en euro selon la démocratie. Le quatrième changement réalisant les justes vœux démocratiques de Paul porte sur les institutions politiques de la zone euro. L’euro reste une monnaie de spéculation contre la démocratie tant que la politique monétaire de la BCE n’est pas contrôlée par un Exécutif, un Parlement et une Justice confédéraux européens.

      Pour que l’euro ne soit pas retourné contre les démocraties nationales de la zone comme le pratique le Royaume-Uni pour défendre ses intérêts économiques avec la livre sterling, il est radicalement nécessaire qu’un État confédéral européen représente l’unité et la solidarité des membres de l’euro. Sans État confédéral européen, la zone euro est un empire multicéphale voué à disparaître par l’incohérence de ses actes. Hors d’une confédération, l’euro disparaît avant la fin de l’année 2012.

      Puisque la politique agricole commune et les réglementations industrielles et commerciales sont avec la finance et la monnaie le seul domaine de compétence mis en commun par les démocraties nationales membres de l’Union, l’autorité du gouvernement de l’Union doit dans un premier temps se limiter à ces domaines. Cela implique que le Fonds Européen de Stabilité Financière (EFSF), que l’Autorité Européenne de Titrisation et de Marché (ESMA) et que la BCE soient responsables en euro devant le Parlement Européen et devant la collectivité des gouvernements nationaux.

      Les gouvernements nationaux sont eux individuellement responsables devant leur parlement dans leur euro-monnaie. L’équilibre financier des responsabilités entre la gouvernance européenne et les gouvernances nationales se réalise par les fluctuations des parités nationales en euro. Les politiques juridique, budgétaire et économique des pays sont évaluées par les mouvements de capitaux en euro ; mouvements traçés, vérifiés et fiscalisés dans un marché monétaire européen unifié par des autorités de régulation communes et uniques.

      Dans une compensation européenne des monnaies, du crédit et du capital en euro, la libre prédation financière est remplacée par la liberté engagée dans la démocratie. Tout emprunteur ne tenant pas ses promesses fait perdre du capital à celui qui garantit son crédit par des primes de crédit et de change en euro. Les États nationaux sont responsables par leur parité de change en euro de leurs emprunteurs en monnaie nationale ou régionale. L’État confédéral européen est responsable par la parité de change de l’euro dans les monnaies étrangères à l’Europe de la solvabilité des investisseurs publics et privés en euro.

      Aucun des principes énoncés par Paul ne peut être ignoré par la démocratie. Mais pour qu’ils soient appliqués, pour qu’ils produisent des effets d’économie droite conformes au sens de la démocratie, il faut les matérialiser par la monnaie ; la monnaie qui n’est pas une chose manipulée par quelques privilégiés mais une finalité matérialisée dans toute transaction formellement réglée par un prix. Un prix nécessairement de marché pour être transparent, nécessairement régulé pour réaliser l’égalité des droits, donc nécessairement exprimé par trois degrés distincts de monnaie.

      L’euro exprime la solidarité légale, budgétaire et fiscale entre les démocraties nationales où se discute et se délibère la loi à l’intérieur des principes généraux communs. Les euro-monnaies expriment les solidarités sociales à l’intérieur des cultures nationales. Les systèmes publics d’assurance et de répartition économique de la richesse produite ne sont compréhensibles et pertinents qu’à l’intérieur des nationalités. Les monnaies locales ou sectorielles expriment les interactions humaines avec l’environnement et le milieu cognitif de vie concrète. Les monnaies locales existent juridiquement dans les dotations nominales de capital des marchés, entreprises, personnes morales, associations et fondations.

      Les monnaies spécialisées comme la monnaie carbone pour priser la production de gaz à effet de serre ou les monnaies locales pour échanger des services simples à l’intérieur des mutuelles et coopératives sont distinguées des deux autres niveaux de monnaie afin d’obliger l’intégration de toutes les finalités humaines légitimes dans le calcul politique. Les monnaies spécialisées doivent être convertibles en euro afin de les garantir par le régime et le contrôle de la démocratie. La légalité démocratique de toute monnaies implique systématiquement des chambres de compensation qui rendent transparentes et vérifiables les équivalences de prix entre des acteurs différents ou des monnaies différentes.

      A plus d’un sauve qui peut spéculatif général, les 100 jours du nouveau Président seront une révolution européenne de la démocratie.

      • sentier198

        @ Paul , @ PSDJ

        Restauration de l’article 421 du Code pénal,ok
        Restauration de l’article 1965 du Code civil,ok

        nos ancêtres avaient effectivement déjà fort bien prévu les choses sur le plan technique.

        « …il faut premièrement que les principes posés par Paul soient constitutionnellement non négociables dans le régime officiellement adopté de la démocratie … »

        mais pour cela il faut un équilibre politique autre que celui qui règne dans nos contrées , mon cher PSDJ , que proposez vous pour ce faire ….?

        il ne suffit donc pas de « reprendre » les textes de lois mis de coté , et ce blog partage avec beaucoup d’autres ces évidences et c’est tant mieux !!! , mais d’essayer de comprendre pourquoi sont-ils « passés à la trappe » et ne sont toujours pas considérés comme constitutifs des lois qui organisent nos sociétés.
        les enjeux ne sont pas techniques , mais la synthèse de rapports de pouvoir.

      • Peter Hoopman

        ……..: la démocratie réelle par la compensation monétaire.

        C’est la début ou la fin de la crise? ;-)

        En laissant les gens ignorants et en conséquences soumis au monde financier mieux cadrer, c’est just une autre moyen de garder la domination sur la classe populaire. Et non je ne crois pas du tout dans la « solution Mélenchon » non plus.

        Mais aujourd’hui Melenchon est peut être nécessaire pour donner une soufle d’anarchie, oui aveugle pour reveiller un peut la société. Mais j’ai peur il va se mettre au genou devant Hollande ou moment venu. Probablement j’ai tort parceque ça peut encore pas mal bouger ou fluctuer si ça correspond mieux dans la « démocratie peut réelle »? ;-)

      • ThomBilabong

        @ PSDJ

        Merci pour votre longue réponse.
        Je ne possède hélas pas votre talent et vos connaissances.
        Aussi, si je commets une erreur en vous paraphrasant (nécessaire pour bien vous assimiler), soyez indulgent mais sans complaisance.

        En substance, pour que les décisions proposées par Paul puissent être prises de façon unilatérale en France, vous nous dites :

        1) que ces décisions doivent être justifiées et promues pour la restauration de la démocratie (volée par l’euro entre autre) qu’elles apportent.
        Il est en effet relativement simple de comprendre que l’euro et le système financier dans son fonctionnement actuel ( crise ou pas) , suppriment ou détruisent peu à peu les espaces de démocratie patiemment sédimentés pendant 2000 ans et plus. Comment ? Par les décisions antidémocratiques qu’ils font prendre aux dirigeants européens, au nom même de leur maintien censé renforcer lesdites démocraties. Le monde est pavé de bonnes intentions…

        2) Premières conséquences et conditions: la France pourrait proposer de sortir pour partie de l’Euro et y rester pour une autre partie. Comme au temps de l’ECU, cela lui permettrait d’assumer ses besoins de souveraineté monétaire en interne ainsi que d’assumer ses décisions via ses échanges extérieurs, à hauteur de ses performances « réelles » et non fictives (spéculatives).

        3) Décider unilatéralement la sortie partielle de l’euro rendrait la situation de la France à la fois enviable sur le plan de ses marges de libertés économiques retrouvées et n’imposerait pas à ses partenaires d’obligations d’adopter la même attitude : l’impécuniosité légendaire de la France serait alors payée cash (par elle) tandis que l’influence (économique) de pays plus vertueux sur le plan budgétaire (je ne nomme personne) grandirait naturellement, juste récompense de cette vertu. Parlons simple : les dérives budgétaires de la France lui imposeraient une dévaluation qui se manifesterait par une perte de pouvoir de sa monnaie par rapport à l’Euro. Resterait donc aux impécunieux comme elle à donner des gages de sérieux aux plus vertueux, faute de perte progressive d’influence économique.

        4) Par cette liberté monétaire retrouvée, les échanges internationaux payés en monnaie commune, mais transcrits en monnaie interne, refléteraient bien plus fidèlement qu’aujourd’hui les degrés de démocraties recherchées ou voulues par chaque peuple. Au moins, ce serait un choix et non un diktat.

        5) L’Union Européenne, « épurée de ses dérives totalitaires monétaristes » retrouverait sa vraie richesse : des convergences et des divergences possibles à tous les niveaux (économiques, sociales, culturelles, etc.), traduites immédiatement en capacité d’échange internes et externes, c’est à dire en monnaies souveraines. Chaque pays serait donc libre de suivre ou pas l’exemple de la France sans mettre en péril ses propres convictions européennes. C’est bien ça ?

        Les propositions de PAUL (pour les élections françaises) ont donc pour conditions d’application un nécessaire retour à la souveraineté monétaire nationale partiel (ou total, c’est selon).

      • @ThomBilagong,
        Votre reformulation personnelle est tout à fait fidèle à mon propos. J’en conclus qu’il n’est pas déraisonnable de réintégrer la monnaie dans le débat politique sur les fondements du vivre ensemble. Sentier198 a donc bien raison de se demander pourquoi le débat de la monnaie de droit s’absente du discours politique. A mon avis, la monnaie est une affaire religieuse et mythologique en amont des rapports de pouvoir. Nous sommes en fait dans une théocratie financière : la monnaie nous gouverne car nous ne l’imaginons pas comme outil au service de notre humanité. Nous sommes comme les pêcheurs du Bénin dont Paul nous a parlé qui attribuent à certaines ethnies des pouvoirs surnaturels pour rendre les pèches fructueuses.

      • ThomBilabong

        @ Sentier198 et PSDJ

        Théocratie financière ? A l’évidence !
        Et cela arrange beaucoup de monde , y compris ceux qui n’y comprennent rien. Cela rassure, en quelque sorte, et maintient une vision du monde simpliste, voire : ceux qui ont, ceux qui n’ont pas, ceux qui bossent, ceux qui ne bossent pas,

        On peut aussi envisager que l’imaginaire véhiculé par la monnaie (autre définition de la théocratie ?) pour de nombreux dirigeants politiques (ayant été nourris au sein des mêmes doxa) soit associées aux utilisations abusives de la monnaie par le passé. Qui se rappelle des dévaluations successives (et abusives) des monnaies les unes après les autres entre 1945 et 1990 ? Tout le monde mais sans bien savoir de quoi il retournait. C’est comme un repoussoir dont on ne saurait pourquoi il existe.

      • sentier198

        @ PSDJ
        quand vous dites :
        « …A mon avis, la monnaie est une affaire religieuse et mythologique en amont des rapports de pouvoir… »
        il faudrait alors vous poser la question de ce « surcodage » , car ce qui « échappe » à l’homme (et qu’il appelle selon l’époque « religions », »mythes », »croyances »……) que l’on trouve condensé dans le concept de monnaie au point que celle-ci en devient à certain moment inutilisable , à savoir d’un coté ,l’aspect « représentant immatériel d’une valeur » (utile dans les échanges économiques) , donc le signifié , et , de l’autre ,l’aspect signifiant , dans lequel il devient lui-même sa propre valeur , débarrassé de ce qui peut le rattacher à notre univers réel , et donc possiblement « manipulable » au gré de toutes les spéculations dont l’imagination humaine est capable , ce qui échappe à l’homme , dis-je , n’est que trop rarement mis en avant dans l’élaboration du « vivre ensemble » et plus encore maintenant qu’il y a quelques décennies dans nos cultures.
        plutôt que de s’attaquer depuis des siècles à comment « domestiquer » la monnaie , l’argent , la finance….il me paraitrait plus efficace d’en comprendre vraiment les racines psychologiques et jeter ainsi les bases d’une véritable révolution.
        Mais , bon , ce qui échappe fait tellement peur qu’on ne peut s’étonner des refoulements à l’oeuvre dans les « des-êtres » que sont religions et mythologies.

      • ThomBilabong

        @ Sentier198

        plutôt que de s’attaquer depuis des siècles à comment « domestiquer » la monnaie , l’argent , la finance….il me paraitrait plus efficace d’en comprendre vraiment les racines psychologiques et jeter ainsi les bases d’une véritable révolution.

        Je ne suis pas spécialiste mais cela me semble très difficile de comprendre la psychologie de chacun qui, par définition, est intime. C’est là qu’on touche à la théocratie. C’est parfaitement antinomique avec la convention collective que recherchent ceux qui battent monnaie. C’est le principe du plus petit dénominateur commun si vous voulez.

        Du coup, au lieu de s’attarder à la psychologie de chacun face à la monnaie, PSDJ s’attaque à la représentation symbolique de la monnaie elle-même. Une façon d’influencer les psychologies, si vous préférez.

      • sentier198

        @ ThomBilaBong

        « …au lieu de s’attarder à la psychologie de chacun face à la monnaie, PSDJ s’attaque à la représentation symbolique… »

        le « fonctionnement » de la symbolisation est l’un des « mécanismes » de la psychologie humaines , comme il en existe d’autres …

        à force de ne pas vouloir « s’attarder » comme vous le dites , on accumule les erreurs de jugements quand aux facteurs qui entrent en compte d

      • sentier198

        @ ThomBilaBong

        « …au lieu de s’attarder à la psychologie de chacun face à la monnaie, PSDJ s’attaque à la représentation symbolique… »

        le « fonctionnement » de la symbolisation est l’un des « mécanismes » de la psychologie humaines , comme il en existe d’autres …vous ne pouvez pas en faire l’impasse…nous sommes par notre subjectivité….

        à force de ne pas vouloir « s’attarder » comme vous le dites , on accumule dans la précipitation (à l’échelle des civilisations) les erreurs de jugements quant aux facteurs qui entrent en compte dans l’organisation des échanges économiques (la « polis » , ses règles , ses lois) , dommage , car les crises se succèdent , non ?.
        comme je le dis plus haut , je sais qu’il est très douloureux pour chaque individu d’aborder la question du manque , la question de « ce qui échappe » , mais c’est là qu’il faut chercher….
        vous me rappelez J.Finch et sa monnaie fondante…qui symbolise bien le problème qu’essaient de poser autrement les auteurs de ce blog.
        en évitant soigneusement ce qui aveugle , comme je vous comprends.
        tel Sisyphe , vous ne voulez pas intégrer une nouvelle dimension à votre approche et vous vous retrouvez sans cesse au même endroit….
        Paul était sur une bonne piste dans « Comment La vérité…… » , mais il me semble après plusieurs années de lecture de ce blog qu’il ait perdu cette ouverture ….

      • @ThomBilabong et Sentier198,
        Une théologie pour surmonter la théocratie : Monnaie européenne inspirée de Thomas d’Aquin.

  9. Marlowe

    Paul Jorion, vous êtes un communiste moderne !

    P.S. C’est un compliment.

    • Saahdi la Trollesse

      Paul, vous devriez envoyer cela au staff de Mélenchon !
      Vous n’êtes pas journaliste, vous ne risquez rien.

    • vigneron

      Ou un libéral moderne ?

      • Marlowe

        Aveu ?

      • ThomBilabong

        Exactement , Vigneron !!!
        Je suis 100 % d’accord avec toi.

        De telles mesures sont parfaitement en faveur de l’entrepreneuriat, de la liberté d’entreprendre qui prendra toute sa dimension « Noble » en revalorisant le travail « utile ».

        On supprime l’immonde parasite boursouflé et gavé, c’est tout.
        Ce n’est déjà pas si mal.

        Ca risque de grincer…

      • vigneron

        Aveu de qui ? Les sept mesures de Jorion contre ce qu’il considère comme les sept « péchés capitaux » inhérents au capitalisme dans sa version agonisante ne sont-elles pas toutes destinées – y compris et surtout les troisième et cinquième – à expulser les tricheurs et parasites pour commencer d’établir un nouvel équilibre ( de nouvelles règles du jeu, i.e un « nouveau cadre ») dans une économie de marché dé-corrélée d’un capitalisme et d’une hubris financière mortifères ? Démontre moi que ces mesures d’urgence ne seraient pas compatibles avec une économie de marché… ou le seraient avec un communisme, même « modernisé »…
        Remarque également que l’État n’est jamais cité explicitement mais seulement implicitement dans sa dimension coercitive via la répression des contrevenants, qui pose bien sûr le problème éminemment politique de la mise en œuvre de ces Lois…

  10. Loreal Alain

    Té, voilà un programme qu’il est bon !

    Qui s’en approche le plus dans nos candidats à la candidature ?

    • Martine Mounier

      Même en prenant de grosses jumelles, je vois pas… Sont tous tellement loin que la distance entre eux parait insignifiante…

  11. Peter Hoopman

    C’est déjà une révolution énorme, alors je peut que saluter!

    Mes compliments!!!!!! :-)

  12. Atchoum

    J’approuve,

    J’applaudis des 4 mains :-)

    Jorion Président … ;-)

    Mais au fait c’est kwa les privilèges des personnes morales par rapport aux personnes physiques ?
    Je découvre un voile jusqu’o lors inconnu (pour moi).

    • Jon Duff

      Voici un petit documentaire traitant du sujet : http://www.youtube.com/watch?v=0ZmQ-YL63fM

      A prendre avec du recul comme n’importe quelle source d’information…

    • Fredo

      Au sens du droit français, une personne physique est un être humain doté, en tant que tel, de la personnalité juridique. Pour jouir directement et pleinement de sa capacité (ou personnalité) juridique, une personne physique doit être majeure (sauf en cas d’émancipation avant l’âge de la majorité) et ne pas être en incapacité partielle ou totale (mise en tutelle ou curatelle) ; sinon cette capacité est exercée en son nom par un représentant légal.

      À toute personne physique, s’attachent :
      – des « droits subjectifs ». Il s’agit là de prérogatives attribuées dans son intérêt et lui permettant de jouir d’une chose, d’une valeur ou d’exiger d’autrui une prestation (par exemple : la propriété, le droit au respect de la vie privée) ;
      – des obligations envers d’autres personnes (en vertu d’un contrat de travail, par exemple) et le reste de la Société (par exemple, l’obligation de réparer des dommages en raison d’un délit commis).

      En droit français, une personne morale est un groupement doté de la personnalité juridique. Généralement une personne morale se compose d’un groupe de personnes physiques réunies pour accomplir quelque chose en commun. Ce groupe peut aussi réunir des personnes physiques et des personnes morales. Il peut également n’être constitué que d’un seul élément. La personnalité juridique donne à la personne morale des droits et des devoirs.

      Le droit français distingue :

      – les personnes morales de droit public : l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics… ;
      – les personnes morales de droit privé : les plus courantes étant les entreprises, les sociétés civiles, les groupements d’intérêt économique, les associations. Certaines personnes morales de droit privé sont chargées de la gestion d’un service public.

      Copyright http://www.insee.fr

      • Pierre-Yves D.

        Fredo

        ce que vous dites est juridiquement exact mais cela ne dit pas grand chose du tour de passe passe sémantique qui consiste à faire d’une entité juridique abstraite une personne morale.

        Le domaine de la moralité, par définition, ne peut concerner que les personnes physiques, c’est à dire ces humains en chair et en os, qui sont donc des personnes auxquelles on peut imputer des actes et comme telles sont responsables devant la justice pour autant que ces actes tombent dans la catégorie des actes justiciables.

        Or la personne morale échappe souvent au domaine de la moralité auquel est elles sensée rattachée. La personnalité morale est un artefact qui a permis vers le milieu du XIX ème siècle lors de la création des sociétés dites anonymes de lever des capitaux avec une plus grande facilité en délayant et amenuisant la responsabilité des entrepreneurs, rendant aussi plus difficile la lutte des travailleurs ceux-ci ayant en face d’eux des entités dont les buts et moyens dépendent des intérêts d’hommes désormais sans visage car seulement redevables au titre du montant de leurs actions (au sens strictement financier du terme), et non plus au titre de leur action en regard de leur conséquences politiques et sociales.
        Cette tendance, bien entendu, n’a fait que se renforcer ces dernières décennies avec le développement de la finance.

    • Atchoum

      Merci, pour les infos

  13. bertrand

    7. Instaurer une loi de déspéculation avec répartition en cascade et juge par département.
    8. Supprimer l’héritage au delà de ….
    9. Interdire la responsabilité limitée .
    10. taxer les pertes au delà des bénéfices.

    • Peter Hoopman

      etc. etc. ;-)

      « Rome et Athène ne sont pas construit sur le même journée. »

  14. Dans le cadre du LELAB2012 de la TNS Sofres, page d’entretiens relatifs aux enjeux des présidentielles et législatives en France, la question m’a été posée hier de mes « 100 jours de rêve ». Les voici :

    Début de traduction :

    Im Rahmen des LELAB2012 de la TNS Sofres, Internetseite mit Besprechungen im Zusammenhang der Präsident – und Parlamentswahlen in Frankreich, wurde mir gestern die Frage über meine « 100 Traumtage » gestellt. Antwort :

  15. PHILGILL

    ABOLIR LES DUPLICITÉS DES DEUX MONDES.

    Un code du Travail doit aller de pair avec un code de l’Economie.
    la difficulté est que le travail en tant que notion et plus, est changeant du fait de son outil variant.
    De même, l’Economie est une matière changeante, le fait du au marché… fluctuant à la hausse ou à la baisse… et des jeux financiers sur les gains et plus-values.
    Ce qui ne doit pas changer par contre, pour la stabilité et sérénité nécessaires à toutes sociétés, en quête d’une vie harmonieuse, c’est l’indispensable franchise et lumière que doit avoir (Travail et Economie) l’une pour l’autre, ces deux forces. Et souvent dressées l’une contre l’autre
    dans des luttes de classes…
    Il nous faut donc penser et surdéterminer une nouvelle BIOrelation Travail/Economie, produisant
    de la droiture, franchise ET portée à la lumière de tous nos concityens.
    Tarir tout ce qui doit être tari. En premier lieu et JORION a raison « les ruses spéculatives ».
    Tisser pour le monde de demain et dès aujourd’hui une Communauté riche, dans le partage.
    Il nous faut juste en inventer « les navettes ».
    Alors TOUS contre « la cure spéculative » qui détruit notre bien commun et fruit du labeur.

  16. Pierre-Yves D.

    Si l’on considère que les libéraux originels, en opposition à l’absolutisme monarchique posaient les droits de l’individu, Jorion est libéral, car comme eux il met au centre de sa réflexion la personne humaine, avec son corps propre en tant qu’il n’est plus assujetti au corps du roi ou à celui l’Eglise. IL s’inscrit alors en effet dans la modernité, pour l’autonomie, mais il est aussi communiste car il s’intéresse aux droits dont peuvent effectivement jouir les corps individuels dans leur environnement réel, en particulier quant à l’accès aux ressources de la terre et aux fruits de l’activité des hommes.

    Or, dans les faits, les libéraux en insistant lourdement sur les libertés économiques, c’est à dire celle de s’enrichir sans limites ou presque, ont sapé la base philosophique des Lumières : la liberté économique a fabriqué en nouveau carcan dont seuls ceux qui s »enrichissent peuvent s’affranchir, et encore, au prix de l’aliénation de leur personne aux choses.

    D’où l’idée de propriété collective des moyens de production que l’on retrouve contenue dans les points 3 et 5 qui apparente Jorion aux communistes, sauf que Paul n’est pas communiste au sens collectiviste, puisque les interdits n’ont pour visée que de renforcer le droit de la personne physique et l’étendant à tous.

    Bref, Paul prend ce qu’il y a de meilleur dans le libéralisme et le communisme.
    Du libéralisme originel il reprend le substrat personnaliste, et du communisme la nécessité du partage via une redéfinition de la propriété.

    • Pierre-Yves D.

      Hum, ce commentaire mal placé dans la fie, n’était qu’une remarque en passant, suite aux remarques de Marlowe et Vigneron.
      Pour le reste j’applaudis évidemment le programme révolutionnaire (mais faut pas trop le crier sur les toits, on va effrayer le bourgeois) de Paul :-)

    • Marlowe

      Et Pierre-Yves prend le meilleur de Jorion…

  17. mr j

    Jorion président!!!!

    superbe début!

  18. morvandiaux

    La fraude du LIBOR ou la perversion des marchés monétaires.

    Le scandale qui secoue la City de Londres et le monde financier mondial semble de plus en plus serieux. Seuls des articles sporadiques de spécialistes ont mis en évidence une fraude dont il est encore difficile de connaitre l’ampleur et la gravité…

    http://finance.blog.lemonde.fr/2012/03/28/la-fraude-du-libor-ou-la-perversion-des-marches-monetaires/

  19. Thierry

    Je souscris totalement aux mesures envisagées par Paul Jorion.

    Je pense simplement qu’il faudrait les compléter.

    Ce qui pose problème, me semble-t-il, ce n’est pas uniquement l’économie, c’est aussi l’impact écologique de notre mode de vie. Certes, le libéralisme a voulu fonder le vivre ensemble des hommes sur les « lois du marché » et il est donc avant tout un économisme, un éconocentrisme. Mais des mesures d’ordre principalement économique visant à en améliorer le fonctionnement, pour indispensables qu’elles soient, restent en quelque sorte prisonnières de ce préjugé économiste.

    Il me semble, par exemple, tout à fait nécessaire d’envisager des mesures défavorisant nettement les productions de biens et de services qui nécessitent beaucoup d’énergie fossile, quitte à le faire progressivement à un rythme qui soit supportable (mais pas trop mou quand même !). Simultanément il s’agirait d’encourager beaucoup plus vigoureusement qu’on ne le fait l’utilisation de ressources renouvelables.
    Plus fondamentalement, il s’agirait de progressivement sortir d’une idéologie essentiellement consumériste (je sais que ce n’est pas facile, mais on pourrait penser que, par exemple, l’interdiction progressive de la publicité pourrait y contribuer).

    Je ne puis qu’être préoccupé par l’aggravation prévisible de l’effet de serre et même une économie qui « tournerait bien », sans crises majeures dues à la spéculation, et même avec moins d’inégalité économico-sociale, risque de nous entraîner bien au-delà des 2 degrés de réchauffement global avec toutes les terribles conséquences qui peuvent en découler.

    Voir par exemple :

    http://news.yahoo.com/global-warming-close-becoming-irreversible-scientists-173712450.html

    http://www.ipcc.ch/ Special Report on Managing the Risks of Extreme Events
    and Disasters to Advance Climate Change Adaptation de l’IPCC

    http://www.lesoir.be/debats/cartes_blanches/2012-03-27/climat-nous-n-avons-pas-de-temps-a-perdre-905172.php

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201974971025-la-secheresse-menace-une-grande-partie-des-regions-306346.php?xtor=RSS-2059

  20. zerodeconduite

    Pas mal le programme !

  21. Thierry

    Ah ah ah il faudrait voir à empêcher ça aussi

    On est pas sortis de l’auberge…

  22. Cédric

    Je rajouterais:

    -Séparation des activités pour compte propres (même sans spéculation) et activités de dépôts.
    -Ratio d’endettement de max 33% et d’un apport minimum de 20% pour tout achat immobilier. De plus, en cas de défaut de l’emprunteur, le prêteur ne pourrait se payer que sur la saisie du bien : ainsi la bulle immo explose permettant aux français de se loger correctement, et allouant l’épargne française vers des secteurs plus productifs.
    -Droit de douanes de délocalisation de 20% sur les produits produits hors CEE, finançant exclusivement les aides sociales chomage
    -Préparer la constitution des états unis d’europe

  23. fnur

    Pourquoi nouveau président ?
    Si Sarko l’emporte, ça sera le même président.

    En tous cas, pour mener ces mesures, il faudra un président fort pour une France plus forte :
    http://www.paris-normandie.fr/blog/la-france-forte-ou-la-france-plus-forte

  24. Jérémie

    Après les élections les gens sans grande valeur matérielle seront beaucoup moins le cadet de leur premières préoccupations électorales.

    C’est pourquoi dans la vie mieux vaut être le souverain de sa propre personne que le président de millions de personnes et de tendances voulant trop régner et dominer sur vous.

    Dans ce monde il y a déjà tant de variables qui jouent constamment contre les hommes. A vrai dire et sans trop faire de tort à qui que ce soit, plus je devrais par exemple attendre de l’un ou d’un autre qu’il me rende la vie plus douce sur une tribune, et plus je me risque hélas à fonctionner comme la plupart des gens de mon temps, hum pas toujours évident de payer les factures.

    La vie en société n’est-elle pas déjà assez douloureuse pour les gens. Vous savez quoi plus le Mélenchon à la cote,
    et plus personne n’ose mettre un petit copec sur le spirituel de jj, c’est sur dans le même temps les pauvres gens du Tibet ne sont pas prêts de s’enflammer pour rien, mais qui pense encore un peu à eux lorsque par exemple nous pensons trop à nous ?

    D’où la question : Beaucoup en France s’enflamment pour celui-çi ou celui là sur une tribune, et puis après au sujet de la très grave crise spirituelle du monde. Peut-être bien ça que les gens se préoccupent le moins chez eux.

    Alors vous savez les présidentielles je me demande si cela amène vraiment bien le changement des êtres à temps, j’ai bien voulu m’inscrire auparavant, hélas tout va si vite dans notre temps. Moi qui suit déjà si lent à mieux faire un choix pour moins faire de mal à autrui. A vrai dire dans un tel monde, pourquoi nous votons le plus ? Pour autrui ou pour nous ? Et puis il y a toutes ces multinationales sans foi ni loi sur toute la terre, peut-on vraiment bien encore arrêter le grand train fou du monde ? Non bien sur que non, car en vérité le spirituel n’a jamais vraiment été la première priorité des êtres dans les premières sociétés humaines.

    D’où ma question : Pourquoi je ne suis pas toujours très bien vu par les gens des extrèmes ? Des choses que les gens ne veulent pas vraiment faire entendre dans leur propre vie sociétale. Je crois surtout qu’après les 100 jours des présidentielles ils rechercheront bien plus entre-eux à se remplir la panse et le gosier com toujours d’ailleurs dans l’histoire humaine.

    Pardon Paul je sais bien que ça ne vous rend pas plus service que je ponde la chose, quand bien même à 200 jours je n’en serais toujours pas mieux compris et entendu par le tout gratin mondial.

    Du temps de Noé, comme de Lot, les hommes vaquaient principalement à leurs premières affaires terrestres, c’était plutôt ceci ou cela, tout le monde s’adonnaient aux penchants de leurs cœurs, c’était partout le jeu, sans se préoccuper le moins du monde du très haut.

  25. HP

    100 jours? Mais c’est déjà trop tard, c’est déjà commencé, sans lui…

    L’Eurex a annoncé mercredi qu’il lancerait le 16 avril un contrat à terme sur Obligations assimilables du Trésor français (OAT).

    Jusqu’à présent, si vous vouliez spéculer contre la dette française, vous n’aviez que deux moyens: acheter des CDS, ces fameux contrats d’assurance contre la faillite, ou vendre à découvert des emprunts d’État français, deux moyens destinés aux grandes institutions financières et aux gros fonds spéculatifs et qui nécessitaient de gros moyens
    À partir du 16 Avril, tout le monde pourra spéculer contre la dette Française.

    Quel hasard! Quelle coïncidence. Une semaine avant les élections française, tous les spéculateurs du monde pourront vendre à découvert de la dette française. Facilement. A coûts bas. Et en plus avec un effet de levier de 20. C’est-à-dire qu’avec 50 000 euros seulement vous pourrez vendre à découvert 1 million d’euros d’emprunts d’État français. C’est l’arme idéale pour attaquer la France.

    Non, bien sûr, la “Finance” ne se prépare pas à la guerre contre François 2. Il n’y a pas de complot. Rassurez-vous. Dormez tranquille. Il ne se passera rien…

    http://www.les-crises.fr/speculation-financiere-encore/

    • Jérémie

      Pourquoi les hommes qui deviennent trop riches et puissants sur toutes choses veulent-ils constamment dominer sur la vie des autres et des peuples ? N’est-ce pas déjà assez alarmant dans le monde ?

      Quand bien même ils spéculeraient tous demain contre la dette Française cela n’y changera strictement rien à la chose des plus grippe-sous du monde sur les marchés.

      Mais qui donc pousse de plus en plus de gens à leur ressembler où alors à leur tourner le dos, si ce n’est peut-être bien les plus voraces et chacals de la terre.

      Dans notre temps, ce qui est devenu une évidence pour tous: ce qu’ils invoquent tout le temps, dans les écoles, les radios, les télés, c’est-à-dire principalement tout le temps la démocratie, la politique, com le tout marché mondial n’est peut-être pas en effet le meilleur cadre de vie normal pour toute l’humanité en perdition.

      C’est pourquoi quiconque désir plus longtemps spéculer à distance sur une trop grande différence de penser la vie humaine en société ne rend pas plus service à son propre pays en retour, et cela aussi lointain possible du malheur de l’homme. Seule conception possible et permise de la vie humaine, fixant bien à longueur de position et d’intimidation, les mêmes choses bien tendancielles dans la tête de tous.

      Et dire qu’à force tout le monde finit par trouver cela tout-à-fait normal dans les consciences, hélas malgré
      le retour du printemps le monde n’a jamais été aussi proche de l’abîme. C’est sur dans un tel monde de marchands sans foi, ni loi, je me demande à quoi pourrait encore servir la parole perdue des premiers oubliés du temps.

      Malheur surtout aux êtres les plus fourbes et irresponsables de la terre, ceux qui en veulent toujours plus dans les premiers coffres en Suisse, car il est bien évident qu’à force cela n’amène pas mieux meilleure économie et survivance humaine.

      Enfin s’il veulent faire davantage du mal aux êtres qui n’en peuvent plus, alors pourquoi pas mon Dieu.

    • Marc Peltier

      Merci de l’information. C’est en effet très clair!

      Les 6 points de Paul, d’urgence!!!

  26. Chris L.

    quelques commentaires sur les mesures proposées:

    1. la restauration des articles 421 et 422 ne restaurera pas la prohibition de la spéculation mais interdira la vente à découvert à nu (naked short selling en anglais) des obligations publiques.
    En fait il faudrait plutôt étendre cette interdiction de la vente à découvert à nu à l’ensemble des titres, qu’il soient publics ou privés, comme c’est d’ailleurs déjà le cas en Australie, aux Pays Bas, en Inde, au Japon et en Suisse et fait l’objet de nouvelles régulations aux Etats Unis (Régulation SHO) ainsi qu’une interdiction totale des ventes à découvert à nu dans l’état du Dakota du Sud. De plus il serait facile d’étendre une telle interdiction à l’ensemble des pays de l’eurozone comme le propose l’Allemagne actuellement.

    2. une Interdiction des transferts d’informations (dans les deux sens) entre chambres de compensation et paradis fiscaux n’aurait malheureusement aucun effet si elle était uniquement suivie par la France étant donné que ces chambres de compensation sont implantées hors de France

    3. un fixing quotidien sur la bourse n’aurait pas non plus d’effets si elle n’était suivie que par la France puisque de nombreux titres côtés en France sont déjà côtés simultanément sur d’autres places financières (Londres, New York et Francfort principalement) et que rien n’empêchera les titres qui ne le sont pas déjà d’en faire autant.

    • Qui a dit que c’était les 100 jours d’un président français ?

      • ThomBilabong

        Ah, c’est pour la réélection d’Obama ? LOL

        A moins que ce ne soit pour celle de MERKEL ! Re-LOL

      • Chris L.

        Supposition idiote de ma part…
        vu qu’il état écrit « présidentielles en France » dans le premier paragraphe et « articles 421 et 422 dans le second » (je suppose que cela fait référence aux codes législatifs français et pas ceux des USA, de l’Allemagne ou du Brésil…)

  27. Jon Duff

    J’irais plus loin encore :

    – Inscrire le droit d’accès à l’Internet dans la constitution
    – Financer l’acquisition de matériel Informatique pour les revenus les plus faibles ainsi que l’accès à l’Internet
    – Numériser l’ensemble des démarches administratives, l’accès aux documents et l’envoi de documents. Numérisation de l’ensemble des archives administratives.
    – Équiper l’ensemble des élèves en matériel informatique pour numériser les cours, et rendre ces cours accessible aux personnes handicapées.
    – Créer une entreprise à capitaux 71% publics de production de matériel informatique (production localisée en France)
    – Créer une banque d’Etat (71% public) offrant des capitaux à 0.5% d’intérêt maximum excluant les personnes assujetties à l’ISF. L’octroi de prêt n’est pas automatique bien sûr, mais en excluant une grande partie des personnes aisées, on oblige les banques à prêter aux plus modestes.
    – Gratuité du dépôt de Brevet pour les personnes morales ou physiques au revenu inférieur à 50.000 euros annuel.
    – Création d’un compte épargne emploi entreprise : permettant la défiscalisation jusqu’à 30.000 euros. Conçue pour les TPE pour financer un fond de protection lors de l’embauche du premier salarié.
    – Création d’un ensemble d’entreprises publique produisant et développant des nouvelles technologies, nanotechnologies, TIC, santé, énergie solaire, production de masse de dihydrogène …
    – Investissement massif dans la microbiologie des sols. Restauration de chair dans les campus d’agronomie.
    – Instauration d’une taxe européenne sur le transport maritime de cargaisons dangereuses ou toxiques, pour financer en cas de marée noire l’indemnisation des pécheurs et riverains victimes. Ce fond doit aider les pécheurs à transformer leur activité en leur prêtant à taux réduit des fonds pour favoriser l’aquaculture. Taxe qui serait automatiquement appliquée à chaque passage au large d’Ouessant.
    – Autorisation pour les agriculteurs, éleveurs et pécheurs d’utiliser des biocarburants dans un cadre professionnel. Doit permettre de réduire les couts en carburants pour accroitre la compétitivité et aider en partie la restructuration d’activité.
    – Gratuité de l’ensemble des contenus y compris sur l’Internet (http://www.vodeo.tv/rubrique/documentaire-histoire-de-france ou encore http://www.france5.fr/videos/ ) qui sont financés par les fonds publics.
    – Instauration d’une taxe culturelle, redistribution en fonction de la popularité des contenus (nombre de vues, d’écoutes, de lectures…). Comptabilisation via les métadonnées intégrées aux flux.
    – Financement en totalité par l’Education Nationale d’une année de scolarité dans un autre pays d’Europe pour tous les élèves (pas seulement Erasmus) , pour détruire la barrière linguistique. C’est cher mais ça reste quand même mieux que les guerres ou les génocides pour unifier les peuples.
    – Droit au transport en commun gratuit pour toutes les personnes au revenu inférieur à 20.000 euros Annuels.
    – Création d’écoles publiques formant les nouveaux chefs d’entreprises, incluant les valeurs de responsabilité sociale, économique et environnementale.
    – Renationalisation des autoroutes pour financer via les recettes, les futures routes électrifiées et connectées.
    – Restauration de la souveraineté monétaire en conservant l’euro. Possibilité de la création monétaire.
    – Taxation des produits fabriqués en dehors de l’Union européenne suite à une négociation avec les partenaires commerciaux. Le désavantage subit par les entreprises exportatrices doit être compensé par un investissement public massif dans des projets d’innovation technologique et écologique via ces entreprises.
    – Augmentation des revenus à forte propension moyenne à consommer via les revenus de transferts et les minimas (SMIC), 1 an après avoir préparé les entreprises françaises à répondre à la demande. Ne pas reproduire les mêmes erreurs que Pierre Mauroy en se contentant de fixer un SMIC à 1500 euros, sans préparer les entreprises à subir la hausse des charges répercutée.
    – Légalisation du Cannabis, taxation et encadrement sanitaire. Création d’un monopole d’Etat.
    – Légalisation des maisons closes, encadrement sanitaire, imposition.
    – Accès à la retraite et à la santé pour les prostituées, droit de se retourner contre leur employeur et de le poursuivre pénalement.
    – Instauration d’une gigantesque base de donnée publique regroupant tous le savoir de l’humanité et accessible gratuitement par un français entrant son code de carte d’identité.
    – Investissement massif dans l’automobile, intégration d’Internet dans l’automobile. Développement des voitures auto conduites. http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/technologie-1/d/le-nevada-autorise-les-voitures-sans-pilote-sur-route_36946/
    – Suppression d’1/3 des postes de fonctionnaires de police et de gendarmerie.
    – Globalement suppression de postes administratifs pour financer la création d’entreprises publiques. Favoriser le conjoncturel plutôt que le structurel. Faire éclore un Etat avec moins de fonctionnaires, mais avec des plus gros budgets, pour favoriser l’action plutôt que le discours.
    – Autorisation sans dérogation, du travail de nuit et le weekend (uniquement dans le secteur privé), taux horaire du travail multiplié par deux minimum sans négociation à la baisse. Dans certains secteur comme le transport le taux horaire est rehaussé de seulement 25% pour le travail de nuit. Certains crieront au manque de compétitivité si l’on augmente la rémunération de nuit mais tout l’équilibre réside dans l’échelonnement de ce principe : préférons nous payer toujours plus cher notre pétrole en payant mal les salariés du transport, ou plutôt adopter de nouvelles énergies (infinie et bon marché) pour mieux motiver notre main d’œuvre ? Voire même gagner en compétitivité prix?
    – Proposition aux diplômés bénéficiaires du RSA d’enseigner dans les pays d’Afrique francophone durant 1 an. L’ensemble des moyens opérationnels peuvent être financés par les économies liées à la numérisation de l’éducation.
    Pas le temps de dresser une liste exhaustive……….y en a-t-il vraiment une ?

  28. bsna

    Courrir lire le site El Pais après les 100 jours du Gouvernement conservateur espagnol. La Huelga. Et Starbucks en flammes à Barcelone.Beaucoup de jeunes. Beaucoup d’arrestations http://elpais.com/especiales/2012/huelga-general/

  29. babaniala

    Olivier Berruyer fait des propositions sur son blog qui vont dans le même sens que M. Jorion. Il parle aussi des effets politiques à venir de l’annonce par l’Eurex qu’il lancerait le 16 avril un contrat à terme sur Obligations assimilables du Trésor français (OAT).
    http://www.les-crises.fr/speculation-financiere-encore/
    Les ressources d’inventivité de la finance sont, semble-t-il, inépuisables.
    Malgré tout, continuez M. Jorion, vous ne parlez pas dans le désert.

  30. Mathieu

    Je suis d’accord avec l’ensemble des 6 propositions, et il me semble qu’il est relativement simple de légiférer sur les 5 premières.

    Par contre, et je manque sans doute de créativité, mais je ne vois pas comment le faire pour la sixième. Je suis d’accord avec son esprit: l’optimisation fiscale par les prix de transfert pour localiser le profit là où il est le moins taxé est un réel problème et pas un détail. Mais je ne vois pas de manière (simple, idéalement) de légiférer là-dessus.

    Qqn a une idée?

  31. Jon Duff

    La pierre, la terre, l’esprit est bien réel, mais la monnaie et plus globalement le système monétaire est abstrait, et survit grâce à un consensus commun toujours plus fragile car il ne répond pas à ses obligations premières.

    Nous vivons dans un monde qui ne possède pas assez d’argent pour financer des projets de recherches ou bien même de développement de produits malgré la capacité technique et intellectuelle pour le réaliser.

    Nous devons donc nous poser des questions sur l’utilité du capitalisme. Si ce dernier nous freine dans notre évolution pour garantir l’oisiveté des plus forts ou bien même la cupidité des plus féroces, je ne vois pas en quoi cela est utile. Et l’on peut aisément penser que les verrous qui bloquent le cheminement vers une démocratie de fait sont des ennemis de l’humanité.

    En revanche, partant du principe que le capitalisme est née au néolithique lors de la sédentarisation, de la naissance de l’élevage et de la propriété privée, il apparait difficile de changer radicalement notre mode de vie. Par ailleurs le profit, autre notion fondatrice du capitalisme, consiste en l’accumulation de richesses par une personne physique ou morale différenciée du groupe. On peut penser que cette personne va à l’encontre du groupe par nature. Or c’est cette contradiction du capitalisme qui constitue toute sa valeur, l’individu pense qu’il peut mieux faire que le groupe, ou bien même une somme d’individus pense mieux faire que le groupe. S’il échoue, il en assume les conséquences, s’il gagne il donne une direction au groupe. Dans tous les cas une entreprise est une micro-dictature, possédant une hiérarchie et ou des rapports de force. Si une entreprise veut survivre elle doit déléguer une partie importante de ses décisions à un chef d’entreprise, demandez le à n’importe quel décideur qu’il soit militaire ou civil : « un commandement partagé est un commandement mort ».

    Mais alors si nous ne pouvons pas changer radicalement notre manière de produire ou de servir et si nous ne pouvons non plus changer notre mode de percevoir la propriété que pouvons-nous faire ?

    Le problème réside dans notre interdépendance, il y a des réponses du coté de Durkheim. Dans son livre, La Division du travail social, Durkheim définit l’évolution de la solidarité : les sociétés traditionnelles passées se fondaient sur une solidarité mécanique impliquant des comportements collectifs et des activités de production faiblement différenciés. Cette solidarité reposait sur la proximité, la ressemblance et le partage d’une histoire et de valeurs communes aux communautés humaines. Mais cette solidarité doit laisser place à une solidarité devenue organique pour s’imposer dans nos sociétés modernes. Cette solidarité se définit par l’interdépendance et la complémentarité qu’impose la société moderne aux êtres humains. La société fabrique un système de parties spécialisées dont toutes sont nécessaires pour le fonctionnement de la société. Par exemple sans le fermier il n’y a pas de boulanger ni de supermarché, sans le super-marché ou le boulanger la nourriture du fermier n’arrive pas à la population qui en a besoin etc.)
    La doctrine du libéralisme au sens strictement économique ignore cette solidarité qui peut devenir subie par les individus. Que faisons-nous de la caissière qui a réalisé ce job 30 ans et qui doit changer de job pour les 10 prochaines années ? Que faisons-nous du métallo, du facteur, des éditeurs de livres qui ont peur de la numérisation…

    La spécialisation du travail a fini de rendre les gens dépendants d’un système qui n’est pas assez solidaire avec eux et qu’ils ne comprennent pas dans sa globalité, même la chose politique est devenue une spécialité que la majorité ne comprend pas. Le capitalisme industriel a créé la division du travail, il doit donc s’approprier la responsabilité sociale lorsqu’une activité n’a plus lieu d’être. Notons aussi que les machines sont inscrites, dans un Bilan Comptable, à l’Actif (Investissement ou Propriété) et la main d’œuvre au Passif (charge).
    Or si l’on suit cette mécanique une grande partie des jobs aujourd’hui pourront être remplacé par les machines.

    Le système démocratique à contrario de l’entreprise ou de l’individu se doit de palier à ces erreurs quel qu’en soit le prix, même s’il faut augmenter les prélèvements, même s’il faut confisquer des richesses, même s’il faut rendre gratuit certaines propriétés.

    Comment expliquer à quelqu’un qui possède à peine de quoi manger qu’un CDS est un contrat autorisé par la loi et que nulle n’est censé ignorer la loi ? Devons nous lui dire que certains parient sur le fait qu’il va mourir de faim? et que s’ils ont raison ils gagneront davantage…

    Si nous ne nous dotons pas au plus vite d’un remède, nous pourrons répéter sans fin l’histoire en s’enlisant dans des conflits violents.
    Ce remède passe par une plus grande démocratie, assurant une meilleure représentativité, davantage de décentralisation (au sens d’Aldous Huxley), d’action de l’Etat et d’un encadrement musclé de la finance qui est hypertrophiée et ne remplit pas son rôle. Mais aussi par une démocratisation du savoir.
    Le savoir doit être gratuit et pour tous, nous devons lutter contre toute forme d’obscurantisme lié aux intérêts de quelques-uns et cela au nom de la paix des peuples.

  32. PHILGILL

    Juste pour dire que je trouve M. ATTALI, particulièrement en verve, en ce moment !
    Voir sur son blog, son article : « Attention, Monsieur Draghi »
    … Même, si les financements par un budget fédéral et des eurobonds, conditionnant « le retour » de la croissance en Europe restent à être bien étayés, pour être entériner.
    Le débat pour l’heure, me semble t-il, reste encore ouvert.

  33. sylla

    « 3. Redéfinition de l’actionnaire d’une société comme contributeur d’avances (prêteur) et non comme propriétaire »

    « En France, la fiducie a été introduite dans le Code civil (articles 2011 et suivants) par la loi du 19 février 2007, suite à une proposition de loi du sénateur Philippe Marini. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Fiducie#En_droit_fran.C3.A7ais ( Proposition de loi instituant la fiducie : http://www.senat.fr/leg/ppl04-178.html )

    « C’est ainsi que la loi du 19 février 2007 a introduit la fiducie en droit français après 3 tentatives en 1989, 1992 et 1995, toutes les trois sans succès en majeur partie à cause de la crainte d’une utilisation de la fiducie à des fins d’évasions fiscales et de blanchiment de capitaux. »

    « La fiducie se distingue du trust car ce dernier met en place une véritable dissociation du droit de propriété inconnue dans notre droit civil. Le bien mis en trust fait l’objet de deux propriétés conjointes : la première est la propriété juridique ou legal ownership qui appartient au trustee c’est-à-dire au fiduciaire. La seconde est la propriété économique ou beneficial ownership qui appartient au bénéficiaire ou cestui que trust. La fiducie française est tiraillée entre la conception romaine de la fiducie, basée sur le contrat, et la notion de trust anglo-saxon, davantage fondée sur un dédoublement du titre de propriété. »
    http://www.lepetitjuriste.fr/droit-international/droit-international-prive/la-fiducie-face-au-trust

    M Marini défend aussi l’idée de « propriété économique » : le véritable propriétaire d’un bien ne sera plus celui qui contracte mais au contraire celui qui apporte les capitaux.

    Quelqu’un a des infos là dessus?

  34. jducac

    Redéfinition de l’actionnaire d’une société comme contributeur d’avances (prêteur) et non comme propriétaire

    Je ne vois pas l’intérêt du donner un moindre pouvoir à l’apporteur de capital dans une opération où il y a, au contraire, besoin d’assurer une solidarité profonde, une fusion des objectifs dans la durée entre l’apporteur d’idée, la volonté d’entreprendre d’une part et, d’autre part, l’apporteur de ressources permettant la concrétisation, la réalisation.

    Les deux sont indispensables à l’entreprise. Je pense que c’est par cette voie qu’il serait possible, après deux siècles de stupide lutte entretenue entre le capital et le travail, d’aboutir progressivement à une alliance intime, profonde et durable entre ces deux entités. Il me semble que la mise en commun de ces deux fonctions essentielles est la seule qui soit viable à terme. Le souci du capital, de l’accumulation étant pris en compte par le travail et vis versa, le souci du travail et de la consommation étant pris en compte par le capital dans un salutaire équilibre.

    Dans mon esprit, il faudrait que, petit à petit, ce soit le travail (les travailleurs) qui apporte une partie du capital.

    Ça n’est probablement pas sans raison que Paul Jorion énonce un tel souhait. Si un justificatif et des explications ont été donnés sur le blog à ce sujet, merci à ceux qui le peuvent, de bien vouloir m’indiquer à quels billets il convient de se référer.

    • Mathieu

      Vous oubliez la « tierce partie », les employés, non? Eux n’ont pas leur mot à dire? Si l’entrepreneur a l’idée, il doit à la fois trouver du personnel et des avances, et on ne voit pas très bien pourquoi on ne mettrait pas ces deux-là sur un pied d’égalité.

      Il y a évidemment l’argument du « risque »: les employés ont un salaire fixe, les prêteurs se servent après et donc doivent pouvoir piloter l’entreprise. C’est oublier bien vite deux choses:
      1) mon expérience de l’entreprise montre qu’elle n’est jamais prête à vous donner un salaire variable (ce qui diminuerait le risque des autres) contre une voix au conseil d’administration. L’employé n’a donc même pas le choix de prendre plus de risque.
      2) De manière générale, ceux qui peuvent prendre un risque sont ceux qui ont un matelas, et donc qui sont nantis. Donc « le pouvoir à ceux qui prennent le risque » équivaut dans la réalité à « le pouvoir aux nantis ».

      • Jon Duff

        Je suis peut être très inexpérimenté, mais je ne voit pas comment une entreprise peut avancer si tout le monde s’implique a 100% dans le processus de décision.
        Je pense qu’un commandement partagé est un commandement mort, et qu’il n’y a rien de choquant à cela si vous possédez la liberté de créer votre entreprise.

      • jducac

        @ Mathieu 30 mars 2012 à 14:35
        Loin d’oublier la tierce partie, c’est au contraire à elle que je pense. Je pense aux employés, à ceux qui ne sont vus comme utiles, que pour produire et consommer. Or, pourquoi ne pas, dans la mesure de leurs moyens, songer aussi à eux pour investir et les intéresser davantage à la marche des entreprises et de l’économie en général.

        Marx a fait de très bonnes analyses mais, porté par des préjugés politiques, il a orienté les travailleurs vers une lutte permanente et suicidaire du travail contre le capital. Cela a conduit, surtout en Europe de l’Ouest et du Sud, à ce que les travailleurs exècrent le capital, conditionnés qu’ils sont, depuis la fin des années 60, par un corps enseignant en général anticapitaliste et totalement inconscient de ce qui fait la richesse d’une économie.

        Beaucoup de travailleurs, au lieu d’être sensibilisés à l’économie et à l’épargne, sont au contraire conditionnés à ne pas économiser afin de ne pas s’engager dans la voie de la capitalisation, celle qui mène au capitalisme, la honte de l’humanité pour un anticapitaliste convaincu. Hélas, il n’a pas poussé le raisonnement suffisamment loin pour s’apercevoir qu’il ne peut pas y avoir de travail sans capital et, en final, pas de vie sans capital.

        http://www.cnrtl.fr/etymologie/capital

        De manière générale, ceux qui peuvent prendre un risque sont ceux qui ont un matelas, et donc qui sont nantis

        C’est vrai. Mais ceux qui ne participent que par la location de leurs capacités professionnelles, courent aussi le risque. Je pense qu’ils en courraient un peu moins, s’ils analysaient leur situation et leur devenir, en utilisant les éléments de réflexion mis en œuvre par les propriétaires du capital.
        En étant détenteur d’un capital investi, dans l’entreprise où ils travaillent où dans d’autres, ils maîtriseraient mieux les conditions de leur existence. Ils deviendraient, tout comme leurs syndicats, des interlocuteurs plus crédibles, parce que raisonnant en investisseurs plus éclairés et moins sous développés en matière de capacité d’analyse économique. Ils se hisseraient au niveau de leurs employeurs au lieu de se cantonner dans une attitude d’opposants systématiques dont on ne peut se passer, ce qui ne rend pas la collaboration aussi fructueuse qu’elle pourrait l’être.

      • jducac

        @ Jon Duff 30 mars 2012 à 17:25

        Je pense qu’un commandement partagé est un commandement mort, et qu’il n’y a rien de choquant à cela si vous possédez la liberté de créer votre entreprise.

        Je partage tout à fait votre avis. Il faut un capitaine à la gouverne, mais rien n’empêche à ce capitaine de s’appuyer sur un conseil et que les membres de ce conseil soient les représentants des divers apporteurs en capital. C’est comme cela que, sous diverses formes de conseils, les entreprises fonctionnent.

        Bien sûr, il peut y avoir aussi un ou des représentants des personnels. Mais, et c’est le sens de mon intervention ci-dessus, pour éviter que ce type de représentant se comporte et soit vu comme celui qui intervient sous la bannière et avec des œillères « travail » traditionnellement orientée pour s’opposer dans une stérile lutte des classes, « au capital », je pense qu’il serait bon que les employés se comportent aussi en capitalistes.

        Il suffirait pour cela, qu’ils soient détenteurs d’actions de leur entreprise, ou d’autres, pour mieux s’intéresser aux problèmes qui se posent globalement à une entreprise. Cela rendrait les représentants du personnel plus compétents, plus crédibles, plus complets, moins sectaires, plus « partenaires » qu’adversaires. Car l’entreprise a besoin d’un capital global soudé, associé, fusionné si possible, dans le désir d’atteindre deux types d’objectifs. Faire survivre les deux parts de son capital, la part ressources financières et la part ressources humaines, que tout le monde dans l’entreprise a intérêt à prendre en compte.

        Mais si ces deux parts ont, et affichent, des intérêts divergents, l’entreprise est affaiblie, vulnérable. Le capital humain, moins mobile, plus spécialisé que le capital financier, est le mieux placé pour souffrir plus durement du divorce qui finit par arriver dans un couple quand il n’y a plus d’intérêt et de désir commun.

        La culture économique élémentaire devrait pouvoir s’acquérir à l’école, par l’enseignement primaire, comme cela se faisait encore dans les années 50 où l’on apprenait ce qu’était un taux d’intérêt et le rendement d’un placement, mais il n’en est plus question aujourd’hui. Les enfants sont formatés à l’anticapitalisme par un corps enseignant en général hostile à l’entreprise et au capital financier qu’elle requière. Quant aux profs d’économie, j’espère qu’ils ne tiennent pas tous le discours de Nathalie Artaud qui enseigne l’économie à sa façon.

        http://www.nathalie-arthaud.info/Cout-du-travail-et-competitivite.html

        Quelle hauteur de vue ! Un représentant du personnel, présent au sein d’un conseil d’administration a toutes les chances de marquer des points et de se faire entendre en restituant un discours de ce style.

  35. Un 6ème point : nominativité obligatoire des détenteurs des dettes publics. De même que le Code Monétaire et Financier impose aux actionnaires d’être connus de la SA dont ils détiennent des parts, de même l’Etat doit imposer aux détenteurs des bons du trésors de se déclarer.

    On saura alors quels sont les riches et les multinationales qui détiennent les dettes publiques et font tout en sous-main pour qu’elle soient remboursées. Pour la France on n’en a aucune idée et le gouvernement fait tout pour que cela ne se sache pas : http://www.eric-verhaeghe.fr/mais-qui-detient-la-dette-francaise/

  36. Jon Duff

    Je suis plutôt d’accord.

    Il faut d’abord dissocier l’entreprise individuelle de la société, ce n’est pas la même structure juridique et il n’y a pas la même répartition des responsabilités pour le décideur.

    Si une entreprise individuelle dépose le bilan, le seul actionnaire, le chef d’entreprise, peut tout perdre y compris sa maison voir même les biens de sa famille… Oui mais alors me direz-vous, il peut se protéger avec un contrat de mariage béton ou en passant en EURL, or si il se protège, sa capacité d’emprunt et donc d’investissement diminue d’autant aux vues des garanties diminuées.

    Il préfèrera donc constituer une société et ouvrir son capital, pour gagner en capacité d’investissement et donc développer son activité. Lors du développement de son activité, s’il emploie des personnes « salariées » il va en contrepartie les rémunérer pour leur travail, mais si ces travailleurs n’investissent pas dans la société ou se situe leur prise de risque ?

    Si la société dépose le bilan, l’URSSAF va se servir, il faudra indemniser les salariés, payer l’ensemble des engagements de la société, cela passe par la liquidation des actifs mais aussi par l’épuration des comptes courants d’associés et la saisie des biens personnels à hauteur des engagements des associés. Les travailleurs, s’ils sont actionnaires accepteront-ils d’une part de recevoir des dividendes mais surtout de payer les pots cassés en cas d’échec ? En ont-ils la capacité ? Comprennent-ils tous les enjeux ? Sont-ils prêts à déménager et vivre dans une caravane si leur maison est saisie ?

    On parle beaucoup des actionnaires super riches, mais on parle peu de ceux qui sont ruinés, de ceux qui sont montés haut avant de se retrouver au RSA. Et il y en a beaucoup…
    Parlons-nous des activités dont la rémunération la plus honnête passe par la revente du patrimoine basé sur la valorisation de l’activité ? Si l’entreprise coule le patrimoine se dévalue et la rémunération ou la retraite s’envole…
    Parlons-nous des petits chefs d’entreprise à la fois actionnaire et travailleur, ce qui est le cas dans de très nombreuses PME.

    Le fond du problème réside dans la dé-corrélation du capital et du travail, le fait que dans les structures importantes les actionnaires ne jouent pas leur rôle. Mais faut-il apporter une réponse structurelle, législative à ce type de problème ? Est-ce bien adapté à la situation ?
    Il apparait deux problèmes avant de réchauffer le principe de la SCOP ou de transformer l’actionnaire en Banquier.

    D’abord l’actionnaire doit remplir un rôle d’apporteur de capital, mais doit aussi prendre en compte sa responsabilité commerciale, il doit aussi développer l’activité de l’entreprise en agrandissant son réseau, son emprise, ses rapports de force face aux verrous quotidiens.

    Ensuite nous pouvons nous poser la question du taux de rendement, pouvons-nous justifier tous les ans des croissances à 2 chiffres, est ce honnête qu’un actionnaire réclame cette rentabilité, avons-nous le droit de lui interdire de telles pratiques ?

    D’un autre coté un actionnaire a-t-il le droit de demander la liquidation des actifs et les licenciements pour accroitre le cash-flow et la rentabilité malgré le fait que des activités soient rentables ?
    Encore une autre question, comment pouvons-nous expliquer aux salariés qui ne sont pas actionnaires que des licenciements soient fait sur la base d’une anticipation du marché dans le but d’améliorer la compétitivité future.

    Aussi, tout un chacun peut créer sa propre société ou entreprise individuelle, en allant plus loin n’importe quel groupe d’individus peut créer une société en France cela prend un peu moins de deux semaines.
    Là encore je pense que des réponses structurelles sont mal adaptées. Quand un travailleur décide de créer sa propre société, sa relation avec un expert-comptable lui suffit à franchir les obstacles de la création. Ce qui est le plus dur ce n’est pas de créer une société mais bien de la développer.
    Or les travailleurs sont confrontés soit à un capital social (au sens de weber) mal adapté au développement d’activité soit un manque de référence et de mise en lumière de leur activité. Quelque fois même un manque de compétence et de connaissance pour tenir une telle responsabilité.
    Peut-être pourrions-nous nous poser la question de la démocratie du marché. Comment une jeune entreprise d’ouvrier peut-elle se développer après avoir décidé de fuir la société qui ne la considérait pas. Va-t-elle se déployer sur les marchés publics, sans expérience et sans références…
    Va-t-elle innover dans un secteur ou segment de marché différent ? Elle va se confronter à des usages et une réalité établie difficile à déverrouiller.
    Aura-t-elle les moyens de déposer des brevets si elle se lance dans un Business Model de type licence, ou reproduire les mêmes services que la société dans laquelle ces ouvriers travaillaient ?

    C’est à l’Etat de combler ces manques, de soutenir les TPE en taxant les grosses sociétés. De simplifier l’accès aux marchés publics non pas en créant davantage de plateformes d’échange mais en divisant en de plus nombreux lots les marchés. Ou bien même en imposant la constitution de groupements intégrant en partie des TPE… En transformant les lots en marchés.
    L’Etat se doit aussi de développer davantage de plateformes de marchés dans le secteur privé, inciter les entreprises à jouer le jeu en énonçant leurs besoins comme le font les collectivités.
    L’Etat doit surtout créer les conditions de la croissance et les conditions d’accès aux richesses aux plus pauvres. Réaliser davantage de politiques budgétaires que de politiques fiscales. Le problème des politiques fiscales, par ailleurs souvent efficace pour inciter, sont qu’elles appauvrissent l’Etat.
    L’Etat renonce à une partie de ces recettes pour débloquer une situation, elle ne peut pas le faire durablement au risque de se retrouver dans un endettement gigantesque. L’Etat doit dès aujourd’hui entrer dans le capital des PME et TPE qu’elle souhaite soutenir pour donner une direction à l’économie, subventionner ceux qui ne payent pas d’impôts et qui ont des projets innovants.
    L’Etat ne doit pas se concentrer sur les activités non rentables ou stratégiques, mais au contraire aider les projets d’avenir en participant au financement, au développement et en encaissant les dividendes pour rentabiliser ces investissements.

    Le souverain se doit d’aller plus loin que de simplement dire : « ce n’est pas bien » et l’écrire noir sur blanc , ou encore « on va vous punir si …….. », car les plus forts trouveront toujours un moyen à terme pour contourner la loi. Au contraire l’Etat doit agir à la racine, sans intermédiaires, avec des moyens au moins aussi importants que les personnes privées les plus fortes.
    Si George Soros décide de spéculer sur une valeur publique, nous devons disposer d’un fonds qui réalise des opérations pour le ruiner, lui montrer que des millions de travailleurs bien représentés sont plus forts que lui et que s’il veut la guerre, il va la perdre lui et tous ses alliés… Et qu’il n’a aucune légitimité à spéculer sur la livre sterling ou retarder le développement de la Malaisie car il n’est pas l’élu du peuple. Le peuple ne l’a pas cherché et vivait très bien sans lui avant.

    Résumer l’actionnaire à un simple préteur est réducteur aux vues du rôle que doit véritablement tenir ce dernier, et ne s’applique pas à la grande majorité des sociétés en prenant pour exemples les PME. Et l’action par la loi dans le but de détruire les abus des plus forts est purement utopique. Je suis donc en désaccord avec cette proposition et je propose plutôt de relancer la croissance en innovant bien plus qu’aujourd’hui, en faisant de l’Etat l’actionnaire des projets les plus innovants manquants de ressources. En finançant l’action de l’Etat par une baisse des charges en le modernisant, une augmentation des prélèvements patrimoniaux et des plus hauts revenus et une taxation des opérations financières à très court terme, et enfin l’emprunt qui sera toujours moins couteux pour des investissements que pour des charges de fonctionnement.

  37. Bravo Paul, enfin des propositions concrètes et applicables.

    Gageons que certains partis vont vous les « voler », d’un coté ce sera (serait) une très bonne chose, et d’un autre cela restera du vol et le mérite n’ira pas forcément à ceux qui sont à l’origine des idées nouvelles…

  38. « 3. Redéfinition de l’actionnaire d’une société comme contributeur d’avances (prêteur) et non comme propriétaire »

    Un prêteur fixe un taux lors de l’apport de capital ou il est associé aux décisions de l’entreprise – arbitrage ?

  39. Marc Peltier

    Savoir résumer l’action politique nécessaire en économie, en 6 points clairs, accessibles au débat, est un talent. Bravo au talentueux PJ!

    Sur le point 2, ai-je raison de considérer que l’existence de paradis fiscaux, si largement et si communément utilisés dans la vie économique de tous les jours, rend vaine toute distinction entre l’économie délictueuse et l’économie « normale » ?

    Dans une perspective politique, est-il vraiment exagéré de dire que les propositions de Paul Jorion ne se bornent pas à mettre de l’ordre dans un monde économique devenu fou, mais qu’elles visent tout simplement à combattre la criminalisation inévitable d’une proportion de plus en plus grande de l’économie ?

  40. Moi, j’en pince pour l’article 5!
    Si « l’impôt est un pillage légal », suivant Thomas d’Aquin, c’est parce que il y a loin, était avec lui dénoncé l’idée de la personne morale pour émanciper sinon reléguer l’individu…
    Un demi-millénaire plus loin, le lynchage qui s’exécute par la moralité persiste, jusque dans les replis les plus tenus par l’énonciation mais les plus enveloppants par la doctrine.

    Peu importe aujourd’hui comment passe l’impôt et comment il se dénonce, tandis qu’il pourrait encore se dénoncer suivant Saint Thomas et finalement comme il est, au maximum du service de la rente, pourvu que l’exclusion produite demeure supportable….

    Thomas ne faisait pas dans la demi-mesure, pas dans la création de colonnes comptables, pas dans l’évaluation aux moyens de la loi, il disait simplement le préalable de la dépossession…
    Il disait via l’impôt cette dépossession avec l’état, ignorait la redistribution, ignorait la collusion des lois.
    Mais la forme douce du lynchage avec l’argent comme il se peut être gérer, il en avait une intense prémonition.
    L’article 5 je vous dis, celui qui réduit le lynchage, cette horreur absolue, et en silence admise!

© 2012 Blog de Paul Jorion · Connexion
Desk Space par Dirty Blue & Wordpress Traduction WordPress tuto
Implementation / Webmaster Camuxi.