La nuit ouf #4 – Un autre monde. 2012, an 01, la contre-culture s’organise, vendredi 4 mai à partir de 19h


 

Le 4 mai à 19h, nous vous invitons à la rencontre « Rêves de (R)évolutions » autour du livre éponyme sorti chez Actes Sud/Colibris, dans le cadre de la Nuit OUF !
À la veille du second tour de l’élection présidentielle, venez prendre une grande bouffée de solutions d’avenir et partager vos rêves pour l’évolution de nos sociétés.
Vous retrouverez Philippe Desbrosses, Jean-Marc Borello, Patrick Viveret, Dominique Gauzin-Müller, Jean-Baptiste de Foucaud, pour tracer avec eux les chemins de l’agriculture, de l’urbanisme, de l’énergie, de l’économie, de l’entrepreneuriat de demain.
En grands témoins de cette rencontre : Coline Serreau et Paul Jorion.

Où ? Au Cenquatre
Quand ? vendredi 4 mai à 19h
Comment ? Par le 104, Rue d’Aubervilliers 75019 Paris

Vous pourrez ensuite prolonger votre soirée avec La nuit OUF, qu’organisent nos amis du 104.

19h-21h : Rêves de (R)évolutions (entrée libre et gratuite)
21h-22h : signature du livre (R)évolutions, au Café Caché (en partenariat avec la librairie le Merle Moqueur)
21h-3h : Nuit OUF (tarifs 12/15/20€ par le 5, rue Curial) (voir le programme ici)
3h-5h : Projection (dans des transats) du film de Coline Serreau “Solutions locales pour un désordre global”

Pour toute information supplémentaire, vous pouvez contacter le 104 au 01 53 35 50 00 (du mardi au dimanche, de 14h à 19h).

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LA FINE LIGNE ROUGE, par Zébu

Billet invité.

La fine ligne rouge

« La guerre ne rend pas les hommes plus nobles. Elle en fait des chiens. Elle empoisonne l’âme. »

La guerre économique, elle, est un progrès car elle permet aux hommes de disputer aux chiens les restes des poubelles, par leur primauté à la verticalité, comme une échelle de Jacob.

Je ne sais pas ce que disent ces hommes car ils parlent grec.

Et je ne suis pas certain de vouloir comprendre les mots.

Certains dans les commentaires disent que ceci n’a rien d’exceptionnel car on peut retrouver les mêmes images, en bas de chez soi.

La vraie question, disent-ils, est plus à voir du côté de la répartition, de la création des richesses.

De ce côté-ci, sans doute. Car l’esquive est aussi une facette de l’art de la guerre.

Ou de ce côté-, aussi. Une manière de la préparer.

Trois bouts de la pelote.

Trois fils que l’on tire.

Une même fine ligne.

Rouge.

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L’actualité de la crise : MAUVAISE POLITIQUE EN GUISE DE BONNE ÉCONOMIE, par François Leclerc

Billet invité.

Faute de grives, on mange des merles ! Une opération de relations publiques se prépare sous les auspices d’Angela Merkel et de Mario Monti. Elle s’appuie sur l’adoption et la ratification simultanée par les deux pays et avant l’été d’un « agenda de croissance » et du pacte budgétaire déjà décidé et sans aucun changement. Il s’agit de couper court aux discussions qui montent, et de prévenir les conséquences de l’élection éventuelle de François Hollande. Faute de faire de la bonne économie, on s’efforce de faire de la politique !

La Banque européenne d’investissement serait au coeur d’un dispositif annoncé pour mobiliser 200 milliards d’euros, qu’il ne serait pas désagréable de voir qualifié de plan Marshall. Ne faisant preuve d’aucune originalité en la matière, les déjà très sollicités secteurs des énergies renouvelables et des hautes technologies seraient appelés à en bénéficier, avec un impact sur l’emploi que l’on pressent maigre.

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L’actualité de la crise : CHANGER LES FAITS OU CHANGER LA THÉORIE ? par François Leclerc

Billet invité.

Une fois encore, un de ces bras de fer entre dirigeants européens se terminant par un compromis boiteux se profile. A propos de l’Espagne, bien entendu. Depuis plusieurs semaines couvait lentement à Bruxelles un plan de soutien à ses banques, avec pour objectif de ne pas engager la procédure lourde et politiquement difficile à assumer d’un nouveau plan de sauvetage. Car ce qui fait tache en Espagne, c’est que les faits ne sont pas conformes à une théorie qu’il n’est pas question de changer : la dette qui menace n’y est pas publique mais privée.

Un écueil identifié était sur ce chemin : les prérogatives du fonds de stabilité économique (le FESF) ne lui permettent d’intervenir que via les États, en assortissant ses prêts de strictes conditionnalités. Or, le récif est droit devant. Devant l’imminence du problème, le gouvernement allemand a fait savoir qu’il est hors de question de dévier de la route et de soulager l’État espagnol de ce nouveau fardeau allant alourdir sa dette publique, alors qu’il est déjà incapable de réduire son déficit budgétaire.

Impensable de remettre en cause par un biais ou par un autre une discipline budgétaire conçue comme l’alpha et l’oméga de toute politique économique ! Il y a encore peu, il était même question d’en faire graver les principes dans la Constitution des États de l’Union européenne. En conséquence, on enregistre un durcissement alors qu’une solution en souplesse était largement esquissée, dont l’adoption était réclamée par le FMI et la BCE… Cette dernière n’a en effet pas l’intention d’engager un troisième round en injectant des liquidités dans le système bancaire à nouveau massivement. Mais comment l’éviter, si les États n’interviennent pas ?

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À propos de ROOSEVELT 2012, vite fait, un dimanche

Pierre Larrouturou est un gars bien sympathique mais j’ai l’impression qu’il perd un temps précieux à vouloir créer des « mouvements ». D’abord au PS, puis chez EELV, et maintenant avec ROOSEVELT 2012.

Aussitôt qu’il dispose d’un « mouvement », il traîne comme un boulet un « appareil » et il est coincé dans des considérations de « discipline de parti » qui ne conviennent ni à son tempérament, ni non plus à celui de sa compagne à qui j’ai eu également le plaisir de parler. Et à juste titre puisque, faut-il même l’ajouter : les appareils, les disciplines de parti ne devraient convenir au tempérament de personne.

Un Troll a glapi hier ici : « Quoi, vous laissez parler Jean-Pierre Pagé, alors qu’il dit autre chose que vous ! » Et c’est précisément l’avantage que nous avons ici : nous bénéficions du fait que des points de vue DIFFÉRENTS en vue du même but (en gros) s’expriment conjointement et librement. Pas besoin de mouvements, d’appareils, de discipline de parti. Ceux qui aiment ça peuvent toujours aller le chercher ailleurs, si ça leur chante (bonne chance !).

Le blog ici existe depuis plus de cinq ans. En cinq ans, pas d’anathèmes, pas d’exclusions, pas de défenestration (je ne rigole pas : exemple vécu). Quel groupuscule qui allait changer le monde en cinq sec peut en dire autant ?

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Au commencement est le désir. Son projet est l’infini…, par Christian Maurer

Billet invité.

Partons de ce constat : l’économiste, le politique, le financier… sont et resteront des êtres humains. Etudier leurs théories, analyser les conséquences de leurs choix et de leurs actes sur notre société, c’est nécessairement aussi se pencher sur les dynamiques qui les animent et les font vivre en tant qu’humains. Les critiquer et dénoncer leurs impasses, c’est accepter de faire le détour du décryptage de leurs motivations sous peine de n’en rester qu’à formuler l’espoir de quelques changements, finir par se lamenter parce qu’ils ne verront jamais le jour, ou encore redouter que n’arrive le pire.

Refonder le capitalisme ne peut pas, de ce point de vue, faire l’économie (!) d’une approche de l’intériorité, cet espace de l’humain dans lequel s’élabore à partir de ses besoins vitaux et de son expérience de la réalité, sa représentation de cette réalité. Car c’est dans cette intériorité que prennent racine ses croyances à propos du monde, des autres et de lui-même, desquelles découlent ses stratégies puis ses comportements au quotidien, qui eux-mêmes génèrent son environnement sociétal, véritable cristallisation de sa représentation des choses.

Face à un capitalisme à l’agonie, il me paraît incontournable d’interroger cette intériorité et son moteur, le désir. Le désir nous porte au quotidien dans l’effort d’exister. Sa satisfaction jamais ne l’épuise, mais au contraire le nourrit et le grandit. De l’expérience du plaisir découle l’élan toujours plus fort d’oser risquer l’aventure de la vie. La frustration peut en contenir l’enthousiasme, et nous apprendre une certaine modération dont l’enjeu est l’aptitude à prendre en compte les limites. Mais de par sa nature, le désir se porte vers l’Infini, et sans lui c’est la grande dépression, celle qui nous empêche de projeter, d’entreprendre, et de réaliser dans le concret de ce monde.

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ÉRIC CHARDEN (1942 – 2012)

Le grand philosophe des sciences, Paul Feyerabend (1924-1994) a dit un jour : « J’aurais mieux fait d’être un comique : mettre un sourire sur le visage de quelqu’un qui a des soucis, y a que ça qui compte finalement ». Toi, tu l’as fait, sans prétention. Merci, mon vieux !

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LE GRAND TOUR(nant) – ITALIE – SUISSE – FRANCE

J’ai commencé d’écrire mon livre qui s’appellerait Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard), en 1984. Il fut fini d’être rédigé en 2004. Au tout début 2007, avec l’aide inlassable de Marcel Gauchet, Pierre Nora et Olivier Salvatori, commença le travail de réécriture et de finition, qui devait déboucher sur sa publication à l’automne 2009.

En tout, plus de vingt années consacrées à la lecture d’Aristote (… en trois langues), de la logique des Scolastiques (parfois en latin !), de Leibniz, Hegel et Wittgenstein, de Galilée, Poincaré, Meyerson et Duhem, de multiples histoires des mathématiques d’Eudoxe à Abraham Robinson, et ainsi de suite.

Pourquoi vous infliger cet inventaire à la Prévert ? Parce que l’autre jour, quand j’ai consacré un billet à un sujet de cet ordre-là, un commentateur (ou il me semble que c’était une commentatrice), m’a rabroué avec vivacité en me disant (je cite de mémoire) : « M. Jorion, un peu de décence : continuez à nous parler de finance, continuez de nous parler des choses que vous connaissez mais, s’il-vous-plaît, épargnez-nous de déblatérer sur les choses que vous ne connaissez pas ! »

Les bras m’en sont tombés, j’ai levé les yeux au ciel et je me suis adressé à lui en poussant un grand soupir : « Et moi qui imaginais que c’était cela mon VRAI métier ! »

Pourquoi vous rappeler l’anecdote toute entière ? Parce que les hasards du calendrier ouvrent pour moi une période d’immense indécence au sens de ma lectrice puisque je m’apprête à parler en mai du Grand Tournant des sociétés humaines à Aosta dans le Val d’Aoste en Italie, de La banque, la finance, et la Suisse en particulier à La Chaux-de-Fonds en Suisse, de « Peace, brother » et autres mirages psychédéliques au Studio 104 à Paris et que j’aurai à Montpellier, l’immense honneur et le grand plaisir de débattre avec Jean-Claude Michéa De tout et de n’importe quoi dont il nous paraît indispensable de parler aujourd’hui, avant qu’il ne soit trop tard.

N.B. À part le titre de la conférence à Aoste, ce ne sont pas les titres exacts de ces causeries, juste des surnoms que je leur ai données.

Mercredi 2 mai à 17h, Le grand Tournant des sociétés humaines, à la Maison de Babel, Place Chanoux, Aoste, Italie

Jeudi 3 mai à 20h15, Ce qui doit changer. Et les forces qui s’y opposent, Centre de culture, d’information et de rencontre, 64 rue de la Serre, La Chaux-de-Fonds, Suisse

Vendredi 4 mai à partir de 19h, La nuit ouf #4 – Un autre monde. 2012, an 01, la contre-culture s’organise, Le Centquatre, 5 rue Curial, 75019 Paris, métro Riquet

Mercredi 16 mai à 20h30, Où en sommes-nous ?, Agora des savoirs, Centre Rabelais, Esplanade Charles de Gaulle, Montpellier

 

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ALTERÉCHOS.be, Paul Jorion : La crise, l’économie sociale, N° 335, mars 2012

Dans la revue belge AlterÉchos.

Julien Winkel : Le sociologue, anthropologue et économiste Paul Jorion était à Bruxelles début mars. Il a accepté de répondre à quelques questions à propos de la crise, de l’économie sociale.

Paul Jorion commence à être bien connu du public belge. Né à Bruxelles le 22 juillet 1946, ce sociologue, anthropologue et économiste a beaucoup fait parler de lui suite à la publication en 2007 de « Vers la crise du capitalisme américain », un ouvrage où il annonce la crise des subprimes qui aura lieu quelques semaines plus tard. Parallèlement à cela, c’est également au travers de son blog (www.pauljorion.com), au sein duquel il analyse avec d’autres la crise économique actuelle, que l’homme connaît également aujourd’hui une certaine notoriété. Le 9 mars dernier, il a donné à l’ULB un exposé (« De quoi demain devrait-il être fait ? ») faisant partie d’un cycle de conférences organisées par l’EPFC dans le cadre de ses formations en gestion d’entreprise d’économie sociale. L’occasion pour lui de répondre, en marge de cet événement, à quelques questions, de parler d’économie sociale et, pour Alter Echos, de tenter de comprendre ce qu’il entend quand il parle de « capitalisme à l’agonie ».

Alter Echos : On parle encore et toujours de crise, même si celle touchant la zone euro peut donner l’impression de se calmer un peu. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Paul Jorion : On essaie de gagner du temps, de l’ordre de six mois, mais rien n’est arrangé. La plupart des banques sont insolvables, la Banque centrale européenne (BCE) vient d’ailleurs d’y injecter un millier de milliards d’euros, qui devrait les maintenir à flot. Que vont-elles faire de cet argent ? Probablement rien, elles vont le garder en réserve. Cela va leur permettre d’éponger leur insolvabilité qui est cachée, dont on n’a jamais rien voulu dire. La seule chose positive, c’est qu’on est arrivé à imposer une décote sur la Grèce aux marchés [NDLR les créanciers privés de la Grèce ont accepté une décote de 53,5 % sur leurs titres obligataires dans le cadre d’un échange de titres ayant eu lieu début mars]. Mais tout ça, c’est du niveau de la rustine améliorée, ce ne sont pas des solutions. Des solutions, on n’en a pas…

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Dans les allées du pouvoir, les banquiers à la manœuvre, par Marie-Jeanne Pasquette

Billet invité.

Les activités de détail d’un côté, la finance de l’autre: très hostile à ce projet, le secteur bancaire met en oeuvre ses réseaux pour infléchir dirigeants politiques et institutionnels.

Banquiers contre politiques. A l’affiche depuis la crise financière de 2008, ce combat-là va bel et bien se tenir au début du quinquennat. Et il promet un certain nombre de directs et de coups tordus. Peu importe le vainqueur de l’élection, à droite comme à gauche, le pouvoir politique veut en découdre. La partie adverse s’y prépare avec soin. Car, pour les banques, l’objet de la rencontre est vital, au sens organique du terme : à Bruxelles comme à Paris, il est question de les couper en deux. De mettre d’un côté les activités classiques de crédit, de l’autre, la banque de marché. De séparer les bons vieux guichets des sulfureuses salles de trading. Les principaux intéressés veulent rester « entiers » et garder leur modèle de banque… universelle, Alors, qui va gagner ?

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Non ! Il n’y a pas qu’une seule politique économique européenne possible, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

Tout l’argumentaire actuel des dirigeants européens face à la « crise », complaisamment repris par les media, tend à accréditer le fait qu’il n’y a qu’une  politique économique européenne possible : celle de l’austérité. Selon cet argumentaire, ramené à sa plus simple expression, il n’y aurait qu’un seul remède : réduire les déficits des finances publiques (de préférence en diminuant les dépenses) et ramener ces finances publiques à l’équilibre, la réalisation du processus étant garantie grâce à l’application d’une « règle d’or » inscrite dans les constitutions. C’est alors seulement, et avec l’appui de « réformes structurelles », que l’on pourrait envisager une véritable reprise de la croissance. Ceci est présenté comme l’alpha et l’oméga de cette politique érigée en sésame et non discutable.

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Comment les carences du rêve débilitent le réel, par Bertrand Rouziès

Billet invité.

La Sicile. C’est ici que les Athéniens s’éteignirent, militairement et politiquement, au cours de l’expédition contre Syracuse en 415-413 av. J.-C. Alcibiade, étoile montante au firmament de l’éloquence, avait été l’instigateur principal de cette expédition. Il en fut, par sa trahison, le fossoyeur. L’emblème de la Sicile est le triquètre (du grec triskélês), trois jambes humaines rayonnantes, soudées aux cuisses et centrées sur un disque ou une tête de Gorgone. Trois jambes pour les trois pointes du triangle sicilien. Le triquètre apparaît dans le monnayage de l’île du temps d’Agathocle. On le retrouve dans les armoiries des rois normands de Sicile au Moyen Âge. Il est l’illustration double, en abyme, d’une réplique célèbre du Guépard de Luchino Visconti (1963) : « Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change. » Les jambes en marche inscrites dans une roue de hamster invisible symbolisent le cycle des révolutions, la vaine agitation périphérique, l’histoire comme éternel retour du même. La tête de Méduse au centre, tête qui est censée pétrifier quiconque la regarde en face, c’est le noyau dur, infrangible de l’histoire comme persistance du même.

Sicilian triskelion 2

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L’actualité de la crise : À LA RECHERCHE DE PETITES MARGES DE MANOEUVRE, par François Leclerc

Billet invité

Croissance, le mot magique est revenu au premier plan de l’actualité : Mario Draghi l’a prononcé en évoquant un « pacte pour la croissance » inédit ; il a fait son entrée dans la campagne électorale française ; un dîner informel imprévu des chefs d’État et de gouvernement pourrait lui être consacré en juin prochain.

Herman Van Rompuy, le président de l’Union européenne, a pourtant douché les espoirs en s’en prenant aux « demandes schizophrènes » des marchés qui exigent simultanément rigueur et croissance, car les Européens n’ont « quasiment aucune marge de manœuvre pour faire de la relance ». En tirant comme conclusion que « les réformes structurelles feront la différence dans la durée » et que « il n’y a pas de formule magique ».

Pourtant, si débat à nouveau il y a, c’est que le sentiment se développe parmi les dirigeants européens qu’il faut faire quelque chose, mais quoi ? La décision de Standard & Poor’s de dégrader de deux crans la note de l’Espagne vient de sonner comme un nouvel avertissement. L’adoption à la va-vite par le parlement hollandais et par une majorité improvisée de nouvelles mesures d’austérité n’efface pas le choc qu’a créé la chute du gouvernement et, en général, la crainte occasionnée par la montée du « populisme » en Europe. Ni les inquiétudes relatives à la baisse de la croissance chinoise, hier présentée comme allant tirer celle du monde entier.

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« LA FAUTE À BRUXELLES », par Steve

Billet invité

C’est à qui le joli dessin là ? Moi ! M’dame ! Moi !
Et la vilaine pelure là ? C’est Bruxelles M’dame ! C’est Bruxelles !

Les élections en cours mettent en évidence un profond rejet de la construction européenne, telle qu’elle est, pour de nombreux Français. L’Europe qui fut longtemps présentée a minima comme LA solution aux conflits séculaires entre Européens qui débouchaient régulièrement sur des massacres et causaient la ruine de nos  tribus – pardon des Nations –  devient une bonne candidate pour remplacer la peste et le choléra dans l’imaginaire calamiteux collectif !

Que l’on discute avec un consommateur, un artisan, un agriculteur, un éleveur ou un petit industriel, « lafauteàBruxelles » est un des termes qui apparait le plus vite dans la litanie des afflictions qui nous gâchent la vie en général ! Et force est de constater que je ne suis hélas pas exempt de cette facilité !

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L’actualité de la crise : BATAILLE DE L’EAU CONTAMINÉE À FUKUSHIMA, par François Leclerc

Billet invité

Pour les décennies à venir, la centrale de Fukushima va-t-elle rester une machine à produire de l’eau contaminée fuyant de partout ? Actuellement, seulement une partie de celle-ci est récupérée, pour être partiellement décontaminée avant d’être utilisée pour le refroidissement des réacteurs selon un circuit qui n’est pas fermé, en raison de fuites à des endroits encore à localiser ou bien connues et ne pouvant pas être arrêtées.

Des stocks d’eau contaminée estimés entre 100.000 et 120.000 tonnes se sont également accumulés au fil des mois dans les sous-sols de la centrale. Tepco, la compagnie exploitante, ne parvient pas à empêcher cet accroissement continu, car 150 à 200 tonnes d’eau sont injectées par jour et par réacteur afin de refroidir les installations. Pourtant 180.000 tonnes d’eau contaminées seront par ailleurs stockées dans des réservoirs alignés à perte de vue sur le site, d’ici à la fin juillet prochain.

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L’actualité de la crise : LA CROISSANCE NE SUFFIT PAS, par François Leclerc

Billet invité

Le désendettement est pris en Europe dans un cercle vicieux qu’il faudrait briser. Mais comment ? La détérioration des conditions économiques et le poids des problèmes non résolus pèsent sur le système bancaire européen, aboutissant au final à une diminution du crédit et au maintien d’une croissance globalement atone. Les banques sont confrontées à la baisse de leurs revenus et à la dépréciation de leurs actifs, ce qui accentue leurs besoins de désendettement et diminue encore leurs encours de crédit. Le tout associé au dysfonctionnement du marché interbancaire, qui se poursuit.

Les dérèglements du système financier sont plus que jamais le principal moteur de la poursuite de la crise et leur résolution devrait être au cœur de toute stratégie. Ils vont appeler une nouvelle intervention de la BCE, mais celle-ci ne réglera pas ses problèmes de solvabilité, toujours niés, jamais réglés et plus que jamais présents.

Le dernier « rapport sur la stabilité financière globale » du FMI a dressé le décor en annonçant que les 58 plus importantes banques européennes allaient devoir – suivant l’hypothèse modérée – réduire leurs bilans de 2.000 milliards d’euros d’ici à la fin 2013 (le FMI compte 2.600 milliards en dollars). L’impact en termes de crédit à l’économie est de -7 % pour la zone euro et en points de PIB de -1,4 %, selon cette même hypothèse.

Eurostat, l’institut statistique européen, a de son côté mesuré l’impact de la dette privée sur la dette publique en additionnant seulement ce qui traîne sous les tapis. Il est arrivé à un total de 603 milliards d’euros, l’Allemagne se détachant en tête avec une contribution de près de la moitié de ce montant, reconnue par la Bundesbank, devançant nettement le Royaume Uni, l’Irlande et les Pays-Bas. Il ne faut pas chercher bien loin les données à l’origine de ces calculs : elles proviennent des bilans des bad banks créées dans ces pays. En Allemagne, ce sont les actifs toxiques de Hypo Real Estate et de WestLB qui y sont parqués, avec la garantie de facto de l’État. D’après Handelsblatt, le quotidien économique allemand, 100 milliards d’euros d’actifs toxiques supplémentaires devraient être ajoutés prochainement à ce compte, en provenance de WestLB.

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ATLANTICO.fr, Comme l’ex-premier ministre islandais l’a été, il faudrait juger les responsables de la crise des subprimes !

Un entretien avec Franck Michel sur Atlantico.fr

Atlantico : Geir Haarde, l’ex Premier ministre islandais a été traduit en justice pour l’effondrement du système financier du pays en 2008. Le tribunal spécial qui le jugeait a finalement annoncé lundi qu’il ne serait pas sanctionné même s’il a été reconnu coupable de l’un des quatre chefs d’accusation retenus contre lui : ne pas avoir provoqué de réunions gouvernementales requises par la Constitution alors que le gouvernement islandais était en train de perdre la maîtrise du système bancaire et financier islandais. Pourrait-on imaginer, et devrait-on, juger les responsables de la crise des subprimes en 2008 ?

Paul Jorion : C’est difficile à dire. Il faut avant tout comprendre pourquoi on ne l’a pas fait. La première explication, virulente, serait une solidarité de classe entre ceux qui accuseraient et ceux qu’on accuse. On pourrait dire aussi que nos sociétés se sont habituées au fait que souvent les gens qui prennent des responsabilités en économie sont plus des avocats, des sortes de mercenaires qui peuvent prouver une chose et son contraire. En Grèce justement ceux qui enseignaient les sciences juridiques étaient les Sophistes, qui se vantaient de pouvoir prouver une thèse et son contraire. Comme Mme Lagarde par exemple, qui est avocate d’affaire. La notion de responsabilité s’est éliminée, on ne considère plus qu’il y ait de responsables. Il existe aussi deux tendances, qui sont de dépénaliser le droit des affaires et de ne pas prendre en compte de crime contre la société : tout se règle au civil.

L’exemple de l’Islande fait ressortir des problèmes lorsqu’on met ces gens-là en accusation : soit on les accuse de fraude, et dans ce cas rien de neuf, les législations existent depuis longtemps, il n’y a donc pas de raison de ne pas les accuser. La difficulté à mettre face à la justice les responsables de la crise, en tant que preneurs de mauvaises décisions, est que la plupart du temps, ils pourraient invoquer qu’ils n’ont rien fait qui n’ait été conseillé par la science économique dominante. La plupart des mauvaises décisions sont justifiables par des argumentaires développés par des prix Nobel d’économie… La plus grande difficulté réside ici.

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