LA POUSSIÈRE ACCUMULÉE SOUS LE TAPIS EMPÊCHE D’ENTRER DANS LA PIÈCE

2 avril 2012 par Paul Jorion | Print LA POUSSIÈRE ACCUMULÉE SOUS LE TAPIS EMPÊCHE D’ENTRER DANS LA PIÈCE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

L’image de la poussière qu’on a repoussée sous le tapis en telle quantité et pendant si longtemps que l’on ne peut désormais plus entrer dans la pièce s’est imposée à moi à la lecture ce matin d’un article par David Enrich et Sara Schaefer Muñoz dans le Wall Street Journal, intitulé : « EU Lenders Kick Troubles Down the Road ».

Parce que – oui, vous allez être surpris – plutôt que de remettre en ordre leurs affaires grâce à la manne des mille milliards d’euros dispensée par la Banque centrale européenne dans le cadre de la Long-Term Refinancing Operation (LTRO), les banques européennes préfèrent contourner l’obstacle.

L’astuce la plus pittoresque mentionnée dans l’article est le prêt à l’abonnement des courses de taureaux en Espagne, la plus douteuse est la vente provisoire qui permet de gonfler et dégonfler les bilans selon les nécessités des déclarations de résultats.

Au sein de la zone euro, toutes les ressources de la comptabilité créative sont désormais mobilisées à l’échelle industrielle : retitrisation (on fait de la tête de veau toute neuve avec les restes invendables), « bad » banks filialisées, prêts « synthétiques » qui ne sont rien d’autre que des ventes fictives, montages divers permettant de déplacer le peu présentable vers le hors-bilan, etc.

Pour moi qui ai décrit toutes ces combines dans le livre que j’avais consacré à l’affaire Enron, je me croirais revenu à cette époque bénie des dieux pour la finance rapace. La crise présente est décidément enferrée dans le « plus ça change, plus c’est la même chose ».

Les notes confidentielles à l’intention des ministres des finances, qu’évoque François Leclerc dans son plus récent billet, signifient que l’on n’ignore rien du caractère malsain de la situation au niveau de la Commission européenne. Mais les ministres des finances européens se sont surtout montrés experts en surdité sélective au cours des années récentes. Attendront-ils une fois de plus que l’ardoise se monte à mille milliards d’euros avant de prendre les mesures qui s’imposent ?

C’était en quelle année déjà que M. Trichet à la tête de la BCE déclarait qu’il faudrait bien un jour prendre en compte la décote des prêts toxiques ? Non seulement on attend toujours, mais l’article du Wall Street Journal attire l’attention sur le fait que l’on repart à la vitesse du bolide dans la direction opposée.

Ah oui ! rappelons-le à l’intention de ceux qui auraient pu l’oublier : l’affaire Enron, ça s’était très mal terminé.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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72 commentaires

  1. bertrand

    non seulement les banques françaises ont des u de 50 dans leurs bilans déclarés mais en plus les toxiques sont hors bilan..pfffff………vite tirez vous…..et puis j’aimerais bien que l’on m’explique LTRO 1000 Md 1% à 3 ans avec des dépôts au soir le soir????n’ont pas crée de monnaie ??????? pourtant les déposants ne sont pas les emprunteurs…….les emprunteurs sont ils obligés de déposer chaque soir……..bourrage de crâne..déjà les dépôts nocturnes sont inférieurs du tiers???????????quézaco??????

    • bertrand

      SG veut réduire la voilure de 100Md , ç’est l’heure des crédits faciles , pov immo , pov entrepreneurs , pov tous.

  2. KIMPORTE

    la bete se meurt et les vautours perdent des plumes..

  3. BasicRabbit

    Finance débridée. Démocratie muselée.

  4. MAZERAN Jean-marc

    C’est une attitude addictive, ils se shootent avec de l’argent; psychologiquement le déni dont ils font preuve fait penser à la même situation: lorsque le cocaïnomane passe du produit plaisir à la dépendance subit, la souffrance du mal être l’emporte sur le comportement intelligent (ce produit me fait du mal alors j’arrête et j’assume mon état). Ils savent très bien que de sur- valoriser des actifs est un tour de passe-passe qui ne durera pas bien longtemps avec les anticipations « rationnelles » d’autres acteurs bancaires. La différence avec un addict c’est qu’il est en souffrance alors qu’eux sont dans le sinisme; donc il y a une question qui se pose; pour qui ce tour de magie est-il organisé? qui en sera la victime? A qui au final fera-t-on assumer l’ardoise? Penser vous qu’il ont un plan ou bien qu’il pousse la bouse un peu plus loin?

  5. karluss

    Enron… il y avait eu des coupures de courant… sinon, Baroin est trop jeune pour être frappé d’hypoacousie, et notre ancienne ministre est à la tête du FMI, le fond des lamentations. Baroin lit le blog, ou bien faudrait-il lui suggérer de le faire.

  6. Cyberpipas

    Tout cela finira mal, certes, profitons-en pour commencer autre chose.

    @mis de Grenoble et ses environs, venez mercredi soir à la fabrique du futur!
    Soirée stratégie sur le thème de l’organisation du travail.

  7. MAZERAN Jean-marc

    La victime qui portera tous les pêchés de la finance…..La « victime » s’est le sujet… Cela doit être quelque chose ou quelqu’un de désarmé; donc pas les groupes étatiques, qui peuvent réagir….pas d’autres banques parce qu’ils ne pourraient pas se sauver eux même si tout le système s’effondre simultanément, alors qui? Petits porteurs dans une myriade de types d’investissement , moi je pense qu’ils sont en première ligne…Les salariés et entreprises déposants leurs fonds dans le système bancaire, donc les acteurs économiques de bases ménages et entreprises (sur leurs comptes débiteurs vu par la banque et créditeur vu côté client) en cas de faillite… Mais zorro arrive et aline les zéros, la BCE , ou les Etats, pour empêcher cela s’endette et/ou produirons des Euro, donc le contribuables et le consommateurs…. Tout le monde sauf eux….

  8. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et nos affairistes européens se montrent lamentablement égaux à eux mêmes. Le crime doit bien profiter à quelques uns.
    Les événements devraient rapidement s’emballer, malheureusement.
    Je vais continuer le jardinage avec encore plus de zèle!

  9. MAZERAN Jean-marc

    Et comme dans tout groupe humain entrain de politiquement s’entendre pour désigner une victime expiatoire, le silence prime sur la vision lucide (perte de la démocratie et absence de parole politicienne) et sur les véritables raisons… Renvoyant chaque acteur de l’entente ainsi créée à sa peur de se voir associé à la VICTIME et à son sort… La peur Maltusienne plane sur ces affaires….

  10. Réinverser les raretés : pour une double révolution fiscale
    Le Monde.fr | 02.04.2012 à 09h13

    Par Jean-Michel Severino et Olivier Ray

    La crise globale (tout à la fois économique, sociale et environnementale) que nous traversons ne trouvera pas de réponse durable si l’on ne tient pas compte de l’un des grands basculements que vit la planète en ce début de 21ème siècle, à savoir l’inversion des raretés, naturelle et humaine.

    L’homme et sa force de travail ont longtemps constitué des denrées rares, dans un contexte de ressources naturelles globalement abondantes. Mais la planète a gagné quatre milliards d’habitants au cours des 50 dernières années. Du fait de l’arrivée dans le système commercial international des pays de l’ancien bloc communiste, dont la Chine, l’offre de bras a ainsi doublé sur le marché international du travail au tournant du siècle – mettant sous forte pression les systèmes sociaux des pays du Nord comme du Sud. Les modèles d’industrialisation fondés sur l’exportation adoptés par un nombre croissant de grands pays en développement exercent quant à eux des pressions importantes sur l’environnement, qui s’ajoutent à celles exercées par nos pays depuis la révolution industrielle. L’empreinte écologique de l’humanité a doublé depuis 1966, et dépasse désormais la biocapacité de la terre de plus de 50%.
    […]

    • Cyberpipas

      Magnifique!
      Il surpasse de loin la compétitivité équitable (marque déposée) de Laurence Parisot!
      Du grand art!

      Ses allées et venues entre Ministère des finances et Banque mondiale lui donnent les moyens intellectuels dont il dispose: de la réforme fiscale pour sauver l’humanité marchande…

      Ouf, nous avons frisé une critique systémique, voir quelques propositions post-capitalistes de JM Severino. Ouf, nous l’avons une fois de plus échappé belle!!!

      • zébu

        @ cyberpipas :
        y a comme des cheveux dans le potage …
        « Du fait de l’arrivée dans le système commercial international des pays de l’ancien bloc communiste, dont la Chine, l’offre de bras a ainsi doublé sur le marché international du travail au tournant du siècle – mettant sous forte pression les systèmes sociaux des pays du Nord comme du Sud. ». Je ne vois pas bien le rapport entre un fait et un autre, en tout cas pas de causalité.
        ‘offre de bras’ (on est bien dans la ‘logique’ offre/demande capitaliste, purement quantitative) vs ‘pression sur les systèmes sociaux’ : et moi qui croyait qu’au contraire c’était la baisse des salaires dans les richesses produites et la croissance du crédit (et de la dette) pour y faire face qui a poussé à ce que les systèmes sociaux en arrivent à subir ces pressions, suis-je bête …

        En fait, l’explication est donnée en dessous (concernant la ‘théorie’) :
        « Alors que les ressources naturelles regagnent de la valeur dans les calculs économiques, l’homme, devenu en quelque sorte moins rare que la nature à l’échelle mondiale, voit la sienne s’effriter par le jeu de l’offre et de la demande. Comme au XIXe siècle dans certaines régions industrielles d’Europe, la valeur d’usage de l’homme avoisine zéro dans certaines parties de la planète, et un nombre croissant de nos concitoyens voient leurs revenus chuter en-dessous du niveau de subsistance. »
        On est en plein dans le libéralisme : offre/demande, valeur d’usage, ‘calculs’ …

        Et à côté, de la bouillie néologique :
        « l’amélioration de l’efficacité environnementale de la croissance », « une croissance sale », « l’économie, science de la rareté », , « disponibilité de la nature », …
        De la pâté pour chats libéraux.

        Mais avec aussi de bons gros morceaux idéologiques dedans :
        « retrouver une compétitivité réelle », « des charges sur les salaires » (ahhhh, les ‘charges’ que sont les cotisations, effroyaaaables …), « approfondir des modèles de croissance », « transformation de nos coûts relatifs », « n’a de sens que dans un contexte de poursuite de l’ouverture de notre pays », « C’est là que se situe notre frontière économique, que nos marchés sont ancrés, que la paix mondiale se détermine. », etc.

        En bref, prenez quelques faits (surexploitation de la nature, augmentation de la population, systèmes sociaux occidentaux sous pression), rajouter de bonnes rasades de théorie libérale (‘valeur’, ‘valeur d’usage’, offre/demande, ‘charges’, …), mixer fortement, verser dans un verre ‘d’innovation intellectuelle’, décorer d’une rondelle de ‘soutenable’ et roule ma poule : à siroter à l’ombre du soleil capitaliste …
        Pas belle la vie vue par les nouveaux intellectuels du capitalisme (qu’il est équitable et soutenable) ?

        Pas un mot tels que ‘crédit’, ‘salaires’, ‘dettes’, ‘répartition des richesses’, …
        Passent pas dans la paille à SanSeverino : trop gros.

        PS : le plus lamentable là dedans, c’est qu’encore une fois cette saloperie de libéralisme va réusssir son OPA sur des idées qui sont à l’inverse de ses présupposés, à savoir alléger le coût du travail … en transférant ces coûts sur le capital, fonder l’économie de marché sur les besoins d’échanges et non l’échange des ‘valeurs’, limiter la surexploitation de la nature non pas aux plus riches en augmentant la ‘valeur’ des produits (raréfiés) exploités mais en limitant l’exploitation même de ces produits par la propriété privée, etc.
        PS 2 : ce que ne dit pas Severino, c’est que l’Europe va échanger la baisse des cotisations patronales (ses ‘charges’ sur le travail) contre une hausse des prix des produits ‘rares’, lesquels sont importés en Europe et que les mêmes salariés dont le salaire n’augmentera pas (où, quand l’a-t-il écris, qu’une fois les ‘charges’ supprimées sur le travail celui-ci serait mieux rémunéré ?!!) seront obligés d’acheter … à crédit.
        Superbe démonstration, vraiment, de l’immondice de ce genre de pensée.

      • zébu

        Ah tiens, j’en ai laissé passé un gros, d’oxymore intellectuel à la mort moi ce que tu veux :
        « « approfondir des modèles de croissance » »

        Pas beau, ça ?

        Préservons le soutenabilité de notre planète (provisoirement rendue moins ‘disponible’ à notre égard, la chienne de nature) mais approfondissons ‘des modèles de croissance’ (internes SVP, c’est mieux parce que c’est plus joli, ça va avec ‘modèles’) …

        Mort de rire.

    • Germanicus

      Paul Jorion
      tout ca finira comment, à votre avis? Par une (des) guerre(s), ou par un retour au status quo ante (division catégorique entre pauvres, bienportants et riches, comme au 19e siècle)? Je n’ai qu’une confiance limitée en la sagesse de l’homme, d’où ma question.

    • cedric7693

      Des êtres humains en abondance, des ressources naturelles rares, une seule solution = soleil vert !
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Soleil_vert_%28film%29

    • Paco76

      @Cyberpipas
      Mme Parisot a déclarée qu’elle était ‘effrayée’…Par cette crise ultime, les inégalités sociales, la concentration des richesses, la poussière sous le tapis ?? Mais non…
      Elle est effrayée par:
      1- le discours de M. Mélanchon qu’elle compare a la période de 1793…
      2- le fait que, en fonction du résultat des élections, il pourrait y avoir des ministres communistes dans la composition du gouvernement…
      Faut-il en rire ou en pleurer…?
      Je prends les paris que la prochaine fois, elle sera effrayée par la menace des chars russes à nos portes…!

      Bref, réfléchissons sur « l’enjeu des salaires » avec B. Friot, à nouveau invité par D. Mermet ce jour:
      http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2420

      • Cyberpipas

        Et elle a bien raison de trembler, notre Laurence nationale!

        Selon des sources invérifiables, Mélenchon voudrait:
        -s’en aller, pour honorer sa promesse qu’ils s’en aillent tous
        Mais seulement après avoir:
        -été un bon maître
        -nationalisé Veolia, Carrefour et la Société Générale
        -re-nationalisé Air France, France Télécom, l’Aérospatiale, etc, bref, déboulonner tout le bon boulot qu’il avait abattu sous le gouvernement Jospin
        -aboli la propriété privée des moyens de production
        -criminalisé l’usure donc tout taux d’intérêt
        -instauré un revenu de base inconditionnel
        -rompu avec son passé impérialiste, c’est à dire renier son soutien à la guerre en Afghanistan (encore un coup fourré avec Lionel la gauche dure)
        -abandonné le culte de la croissance
        -donné sa vie sur une barricade pour défendre les ouvriers contre les forces de l’ordre capitaliste

        Laurence Parisot est effrayée, mais elle l’est à juste titre.

      • Vincent Wallon

        Si ça vous dit de venir débattre avec B. Friot : samedi 14 avril 2012 à 16h – L’enjeu du salaire

      • Vincent Wallon

        PS: s’il y a quelqu’un qui doit faire trembler la chère Laurence, c’est bien M. Friot.

        PS: te bile pas Laurence, la guillotine et les pics, c’est barbare, nous on veut juste vivre dignement tous ensemble sur une petite planète. Ce que tu feras de ta vie nous importe si peu que je préfère ne pas le dire trop fort, ton orgueil en serait blessé.

    • atanguy

      Oui, monsieur Jorion: Un petit cours d’arithmétique sur la fonction exponentielle que nos gouvernants n’ont sans doute jamais étudié:
      http://albartlett.org/presentations/arithmetic_population_energy_video1.html

      • Le malthusien de service qu’on ressort à l’occaz…

      • atanguy

        Et oui Julien, si vous assimilez le malthusianisme a une loi simple de l’arithmétique.
        Une question pour vous: Combien de ‘planète terre’ faudrait-il pour que l’ensemble des humains, tous pays confondus, vivent avec les mêmes avantages de nutrition,sante,logement et énergie que vous Julien Alexandre, assumant que vous vivez en France ou dans un ‘pays occidental’ .

      • @ atanguy

        Et oui Julien, si vous assimilez le malthusianisme a une loi simple de l’arithmétique.

        Ah, c’est moi qui assimile le malthusianisme à une simple loi de l’arithmétique ?!? Mazette, je vais de ce pas réviser mes classiques : http://en.wikipedia.org/wiki/Malthusian_Growth_Model

        The Malthusian growth model, sometimes called the simple exponential growth model, is essentially exponential growth based on a constant rate of compound interest. The model is named after the Reverend Thomas Malthus, who authored An Essay on the Principle of Population, one of the earliest and most influential books on population.

        Le raccourci entre l’exponentielle de Albert Bartlett et le malthusianisme est en effet grossier comme on peut le voir. Toutes mes plus plates.

        Quant à votre ultime question, en bon prospectiviste, elle n’a aucun sens car vous tablez sur une rationalisation des ressources selon les techniques actuelles en faisant référence à une projection démographique qui n’aura lieu que dans 50 ans. Une question pour vous : pouvez-vous décrire aujourd’hui avec précision les techniques qui seront mises en oeuvre dans 50 ans pour se nourrir, se loger, se soigner ? Non ? Dommage.

      • atanguy

        A Julien Alexandre:
        Oui, je sais que vous n’assimiliez pas seulement le malthusianisme a une loi arithmétique car,puisque vous aimez citer Wikipedia :

        Malthusian terms can carry a pejorative connotation indicating excessive pessimism and inhumanity. Malthusian ideas have attracted political criticism from diverse schools of thought, from Marxists and socialists to libertarians and free market enthusiasts,American conservatives, feminists and human rights advocates.

        C’est bien comme ça que j’ai compris votre critique de mon premier poste:

        Le malthusien de service qu’on ressort à l’occaz…

        Ce que dit Jorion, et il me corrigera si je ne l’ai pas compris, c’est que dans les conditions du libéralisme économique actuel, il n’y a pas de solutions pour supporter la population mondiale qui se développe naturellement suivant une loi exponentielle et qui agit corrélativement sur les ressources terrestres « l’inversion des raretés, naturelle et humaine ».
        Quant a ma question, c’était bien sur pour illustrer l’état économique ACTUEL et ses problèmes de répartition des richesses, rien a voir sur la prospective dans 50 ans, la réponse est trois: Trois planètes pour supporter votre « train de vie », ou le mien, si on voulait l’appliquer au reste des humains vivant sur terre aujourd’hui.

      • Didier

        @ Julien : je comprends votre réticence à répondre concernant les ressources à l’horizon 2050 mais je ne veux pas croire que vous êtes de ces partisans de la technologie salvatrice qui nous permettrait de continuer à piller et saloper (excusez le terme) la planète ? Les experts en énergie les moins contestables comme ceux de Global Chance estiment qu’il faudrait pas mois de 4 planètes si on veut que les 9 milliards de personnes sur la planète en 2050 consomment autant d’énergie qu’un Etatsunien moyen en 2000. La question ne mérite t-elle pas d’être posée ?

      • baric

        Trois planètes pour supporter votre « train de vie », ou le mien

        Ce serait super si les intervenants pouvaient parler uniquement de leur train de vie. Et c’est très simple:
        http://www.bilancarbonepersonnel.org/index.php?type_page=generique&page=accueil

        Mon train de vie, citoyen français, végétarien, ne possédant pas de voiture, faisant attention à mes achats et à ma consommation, vivant à Paris… est tout à fait « durable ».

        Ce qui est insupportable avec les malthusiens, c’est qu’on a généralement affaire à des individus se vautrant dans une consommation sans limites et qui, plutôt que de reconnaitre que ce sont eux les responsables de la crise écologique, de la faim dans le monde… préfèrent blâmer des gens qui n’ont rien et qui ont commis l’erreur de naitre. Gerbant.

      • Ozymandias

        Ce qui est insupportable avec les malthusiens, c’est qu’on a généralement affaire à des individus se vautrant dans une consommation sans limites et qui, plutôt que de reconnaitre que ce sont eux les responsables de la crise écologique, de la faim dans le monde… préfèrent blâmer des gens qui n’ont rien et qui ont commis l’erreur de naitre. Gerbant.

        Ah, les généralités… Mais je parlerais plutôt de caricature ! Je me sens plutôt malthusien (beaucoup de monde sur cette terre et sûrement trop de monde à venir ; cela me rappelle ces histoires de croissance. Il paraît que sans elle il n’y a point de salut…) mais je ne me reconnais pas du tout dans la description que vous en faites ! Vous pouvez reprendre votre vomi.

      • atanguy

        A Baric

        préfèrent blâmer des gens qui n’ont rien et qui ont commis l’erreur de naitre

        Personnellement, je ne blâme personne sinon le système qui nous a amené là: En gros si vous vivez en France, vous utilisez 10 fois plus d’énergie qu’un habitant de Thaïlande par exemple. Si vous vivez aux US ça serait 20 fois plus. Qu’individuellement vous vous sentiez une victime du système, ne change rien a l’affaire: Si vous n’avez pas de voiture vous avez peut être un vélo,vous utilisez un transport en commun et avez une paire de chaussures; si vous êtes végétarien, de l’énergie a été utilisée pour vous nourrir comme pour vous vêtir, vous donner un toit et vous soigner. cqfd

      • baric

        En gros si vous vivez en France, vous utilisez 10 fois plus d’énergie qu’un habitant de Thaïlande par exemple

        atanguy,
        Non, c’est faux. Vous pouvez vivre dans la même ville qu’un autre et avoir un « footprint » divisé par 10. Entre conduire une voiture et utiliser un vélo, rien à voir. Entre manger de la viande et manger des céréales, pareil le rapport est de 1 à 10 rien qu’en terme de consommation énergétique. Vous n’avez pas l’air de comprendre beaucoup à ce genre de problématiques énergétiques. Le mieux serait de commencer par vous informer.

        Ah, les généralités… Mais je parlerais plutôt de caricature !

        Ozymandias,
        Bof… Malheureusement la caricature est une généralité en France. Par exemple, 50% des kilomètres parcourus en voiture en France le sont en ville. Manger de la viande tous les jours est aussi une généralité française.
        Et par ailleurs dans le discours des gens je note une forte corrélation (d’après un échantillonnage dans mon entourage, certes non représentatif de la population française) entre malthusianisme et racisme.

      • Ozymandias

        Malthusianisme et racisme. C’est malheureusement un grand classique de critiquer les « autres ». Ce sont « eux » qui sont trop nombreux, qui sont comme ceci ou comme cela, etc. Alors que « nous » sommes toujours comme il faut…
        Mais est-ce qu’il faut forcément rejeter le principe de base sous prétexte des dérives et des incompréhensions qui en sont faites ?
        L’autre grand classique est de confondre systématiquement les individus, au risque de tomber dans l’émotionnel ou un humanisme béat, quoique légitime, et la population globale.

      • atanguy

        baric:
        Il ne s’agit pas de vous seul,quelque soit vos efforts a diminuer votre ‘foot print’, et je suis persuadé que vous en faites. Vous vivez dans un pays gouverné par l’appétit et le gaspillage énergétique et statiquement vous en faite parti. Reconnaître que ceci n’est plus possible, que l’augmentation de la population mondiale a atteint la limite des ressources de la planète – En fait depuis 1975 -, implique effectivement un changement d’attitude individuelle mais aussi collective. J’espère que vous serez d’accord avec cette conclusion.
        Si oui,je me permet de vous conseiller de voir cette video:
        http://www.youtube.com/watch?v=3EZv9H62xm0&feature=related

      • baric

        que l’augmentation de la population mondiale a atteint la limite des ressources de la planète

        Ce qui a atteint les limites des ressources de la terre, c’est la consommation de l’ensemble de l’humanité. Or cette consommation C est:

        C = c * N, où c est la consommation individuelle moyenne et N le nombre d’habitants. Pour que C reste en dessous de la limite des ressources de la planète, on a deux variables sur lesquelles on peut agir.

        Mettre systématiquement en avant une seule variable en omettant la seconde – sur laquelle chacun peut agir ici et maintenant, et ce contrairement à la première – me rappelle la propagande de droite relative au déficit de l’état qui « oublie » toujours qu’un déficit ce n’est pas seulement une trop grande dépense, mais aussi de trop faibles recettes.

    • izarn

      Comme quoi ce n’est pas la force de travail qui fera l’aisance….
      C’est comme ces criquets africains qui dévastent tout en se multipliant.
      Comme leur cerveau et leur créativité sont limitées, ils ont beau se reproduire et chercher leur nourriture en tout les sens avec énergie sans compter….
      Ils meurent tous!

  11. MAZERAN Jean-marc

    Le capitalisme a un scénario de fond, en anticipant je pense qu’on peut le traduire et il a sans doute déjà était traduit par le film Zardoz un nanard des années 1970 avec Sean Connery, s’est un très mauvais film mais le capitalisme actuel n’en a pas de meilleur…. C’est dire!!!

  12. Germanicus

    Le problème est que les gouvernements des pays de la zone euro se sont enfermés dans un piège. Leur préoccupation principale: rassurer les investisseurs et organismes financiers. Que faire si les investisseurs internationaux n’accorderaient plus de crédits?
    Telle est la question qui obsède les politiques au pouvoir, y compris Merkel. Reste la question pendant combien de temps l’Allemagne sera épargnée par la contagion de la maladie grecque et si les peuples de la Grèce, de l’Espagne……..supporteront encore longtemps l’austérité qui mène à l’impasse et qui ne fera qu’aggraver les problèmes sociaux.

  13. http://www.franceculture.fr/emission-les-retours-du-dimanche-a-quoi-bon-voter-2012-04-01

    A quoi bon voter?

    Invité(s) :
    Jean Salem, professeur d’Histoire de la Philosophie à l’Université Paris 1 / Panthéon-Sorbonne
    Sophie Wahnich, historienne, directrice de recherches au CNRS

    Wahnich mérite toujours d’être écoutée.

    • atanguy

      Moi je voterai pour Eva Joly, je suis minoritaire dans le pays et peut-être bien parmi les lecteurs de ce blog, mais, si je peux expliquer la raison essentielle, ce candidat est la seule qui, sans détours, se prononce pour la fin de l’énergie nucléaire de fission pour la France. Je ne veux pas de Fukushima dans mon pays!

      • Pierre-Yves D.

        atanguy
        C’est en effet une excellente raison.

        Eva Joly a fait une campagne sans concessions, rien que pour ça elle mérite notre estime, et peut-être plus, comme vous nous y invitez.
        Dans les médias on arrête pas de radoter que les gens ne croient plus à la politique parce que les politiques ne sont pas crédibles, et en même temps ils lui sont tombés à bras raccourcis pour la moindre de ses petites phrases, passant à coté de l’essentiel.

        Elle parle le français avec l’accent norvégien, et alors ?
        Cela me rappelle mon prof de philo en terminale qui nous disait que dans la Grèce antique
        il y avait une règle tacite qui consistait à mettre des « étrangers » à la tête des Cités. Antique sagesse ! Quand je pense qu’il n’y a pas eu un homme politique pour saluer le symbole vivant qu’est Eva Joly pour présenter le caractère universel de la citoyenneté. Et après ils se disent européens !
        Mon coeur balance maintenant pour Eva après après avoir lu votre revendication minoritaire :-)

      • Vincent Wallon

        Moi j’aime bien les gens qui doutent.
        Les autres me foutent les chocottes.
        J’aime bien Eva et j’lui fais même un Poutou.

      • atanguy

        @Pierre-Yves D

        le caractère universel de la citoyenneté

        Oui, les Francais ont oublié le caractère universel de leur révolution,ils ne méritent pas Eva Joly comme président et c’est aussi pourquoi je voterai pour elle.

      • izarn

        C’est elle qui a conseillé les islandais pour la condamnation pénale de leur président qui avait autorisé le délire bancaire…
        Curieux, on n’en parle jamais!

      • fnur

        Ma mum a toujours son accent anglais, comme Jane Birkin, et pour ça, en partie, tombait les mecs français sans presque rien faire, bon, elle était mignonne, ça aide…

        Sinon, une étude « participative » intéressante par nos cranes d’œuf qui ont des bonnes idées parfois :
        Le visiteur est invité à imaginer comment il voterait si le président de la république française était élu suivant ces différentes techniques. La partie « pratique » du site permet de voter selon chacune de ces règles. Pour ceux qui ne connaissent pas les différents candidats, nous fournissons les liens vers leurs sites officiels et vers les principaux moteurs de recherche d’actualité.
        http://voteaupluriel.org/les-objectifs-de-l-etude

      • Papimam

        La forme ou le fond, je choisis le fond, bravo Eva, courage dans l’adversité, de tout coeur avec toi.

  14. bertrand

    Vivez de subventions , de recettes déguisées , de faux semblant , d’expédients , de dettes…………et votre avenir est assuré………http://www.boursorama.com/actualites/debacle-de-l-industrie-solaire-en-allemagne-q-cells-leader-du-photovoltaique-en-depot-de-bilan-c73a50d1cda382fbfd21bb76ab52210f

    Le faux miracle allemand tient à ces esclaves de la rda à ses salaires de 400 € à sa position entre l’est et l’ouest , rien de plus.

  15. Ah, nous voilà derrière la poussière qu’on a repoussée sous le tapis et en effet nous ne pouvons plus entrer dans la pièce, c’est vrai, surtout lorsqu’on a plus de maison. Étrange dans un sens, au même moment à Athènes on reprend la litanie sur la relativité de la toute dernière « réussite » du PSI, et ainsi certains redoutent ou veulent à tout prix retarder les élections pressenties alors pour début mai. Depuis la semaine dernière la question des réparations de guerre allemandes redeviennent d’actualité, alors chiffrées à 150 milliards d’euros mais Berlin vient de préciser que ce débat est inutile. Pourtant certains en Grèce et pas les moindres parmi les citoyens, Manolis Glezos par exemple, proposent leur propre… comptabilité créative en incluant les réparations allemandes au calcul de la dette ou « dette » de la Grèce. Étrange coïncidence encore. En tout cas et en vous lisant, j’ai l’impression que les tenants du stade de notre « modernité bien astucieuse » ont toute la possession du ballon. Et si en termes de temps historiques on joue alors les prolongations, mais des prolongations disons sur un petit, un « court 21ème siècle » ?

    • schizosophie

      Le stade était une unité de mesure. Les Allemands y gagnent toujours à la fin mais seulement du sport où ils jouent en blancs, parfois en vert. Le capital traverse les frontières, comme les nuages contaminés.

    • Je trouve cette question des réparations de guerre bien malsaine.

      Si je ne me trompe pas, la facture vengeresses d’après-guerre a été adoucie quelques décennies plus tard, envers tous les pays, pas seulement la Grèce.

      Et relire l’histoire de l’Allemagne entre 1945 et 1990 permet de débattre intelligemment de cette question. J’habite moi même en Allemagne depuis deux ans, et quand j’entends une histoire de famille par ci ou par là, le silence s’impose.

      Demander réparation pour une guerre s’étant finie il y a 67 ans est quelque peu étrange, nombre de pays pourraient alors brandir leurs propres malheurs guerriers des siècles passés…

      Il faudrait être prudent avec des symboles aussi simplistes. Quelle est la teneur du débat là dessus en Grèce, Panagiotis?

      Oui, le dogmatisme économique et rationaliste allemand est (très) discutable.
      Non, les allemands ne sont pas des gens de mauvaises intentions, et ont après trois générations encore bien des dégâts sous-terrains à réparer.

      • Bonsoir,
        Votre question est fort pertinente mais ne partage pas votre avis en tout cas partiellement, car il n’y a pas de question malsaine pour ce qui se réfère à la géopolitique et aux rapports de force. Nous devons par contre nous interroger sur « le pourquoi » du moment choisi, c’est à dire par quelle conjoncture produite, suite à l’implication de l’Allemagne d’abord, et de autres pays ensuite, aux affaires du continent européen, que nous nous posons encore cette question, devenant alors d’actualité. Personnellement, je crois que cette question mérite à être posée, par contre, l’anachronisme chez mes compatriotes est ailleurs : comme fatalement on s’explique le présent en utilisant les faits du passé, y compris par « syllogismes nationaux interposés », alors on ne voit pas en Grèce que ce dogmatisme économique et rationaliste allemand que vous mentionnez n’explique pas à lui seul la situation disons « bancocrate » actuelle, pour aller vite. Dans une autre configuration dans les affaires mondiales et européennes, je pense que cette question des réparations de guerre resterait dans l’oubli.

      • Je pense que la question du point de vue est fondamentale.

        Je me rappelle d’un livre de Jean Ziegler qui explique à quel point les hommes en costards proprets bossant à Washington pour le FMI ou la banque mondiale ignorent tout des ghettos situés quelques kilomètres plus loin, et mieux encore, n’ont pas la capacité à concevoir ce qu’il s’y passe.

        La plupart d’entre eux pensent faire le bien dans leurs organisations, car ils n’arrivent pas à concevoir ce que signifie vivre dans la misère. Ils poursuivent donc leur idéaux théoriques auxquels ils croient, tout en acceptant/refoulant la progression d’une pauvreté qui pour eux est une « phase temporaire » de leur plan.

        Les politiques et bureaucrates germano-européens font surement exactement la même chose, et je peux vous assurer que depuis l’Allemagne, les gens n’ont absolument aucune idée de ce qu’il se passe en Grèce. Et même en en savant plus, ils ne pourraient pas le concevoir comme situation réelle, depuis leur monde de confort parfait (je parle des classes moyennes et supérieures).
        Je suis très convaincu que la grande majorité des décideurs ne sont pas des gens « mauvais » aux comportement pragmatiques. Au contraire, ils sont à mon avis bourrés de bonnes intentions, très fortement conditionnés pas une idéologie, et totalement aveugles à la réalité. Ce qui est probablement bien plus dangereux que de simples méchants capitalistes.

        C’est un long débat, et une question complexe.

  16. izarn

    Chez les marchands de tapis ce n’est pas très étonnant…

  17. MAZERAN Jean-marc

    @atanguy

    Si j’ai parlé du principe malthusien, c’est parce qu’il est une analyse de base dans le cerveau « reptilien » des chantres des marchés financiers…. Je me suis même surpris à penser qu’il devait y avoir un projet politique la-dessous comme un inconscient génétique du capitalisme, qui fait qu’en fait l’aspect sélectif dans lubris, arrive forcément au « on est beaucoup trop nombreux! »… Avec la métaphore du banquet d’où sont exclut les pauvres c-a-d 99% des gens sur terre. Tous ceux qui ne peuvent pas se dire tous les matins « parce que je le vaut bien »….Suis-je conspirationniste…??!!!

    Cette analyse fut longtemps perdu de vu parce que le progrès technique avait repousse la problématique de l’auto-suffisance alimentaire en bcp de point de la planète (sans pour autant l’éradiquer…). Mais maintenant que nous savons tous la TERRE est petite et limitée, il y a plusieurs solution…. Ce que pense Paul Jorion (et d’autres) on peut discuter et trouver de nouveau mode d’utilisation et de partage…. Ou bien : (et c’est qu’on peut voir!) la crise est aussi un mode fortuit d’aller au bout des idées du capitalisme: « je vire 99% des pauvres, je prends tout et ne retient rien du tout »….
    Si on suit le mécanisme de marché on va tous se faire marcher dessus. Les prix des produits et services de bases vont augmenter à tel point qu’ils devront un rare… Les dernières ressources de la planète profitant à une élite… L’émergence des classes moyennes et de la grande consommation contrarie ce projet… Il faut faire donc (si te place dans la peau des meneurs du jeu) faire la peau au classe moyenne (rétentions des salaires, montée des prix). Ces dernières étant une concessions du capitalisme des origines ménageant l’espoir des prolétaires (si tu le vois à la manière marxiste)…. La crise n’est rien d’autres a mon avis qu’un scénario partiellement conscient des acteurs de marché et des détenteurs de capitaux qui anticipe de manière malthusienne l’avenir.. Plus de développement à grande échelle, les meneurs du jeu seront heureux seulement s’il reste les premiers même dans la moïse générale….

    • atanguy

      A MAZERAN Jean-marc
      On peut et on a fait dire a Malthus tout un tas de choses,moi ce que j’en retiens c’est simplement la loi exponentielle appliquée a la population humaine. Quand je suis né nous étions 3 milliards, maintenant, plus de 50 ans après nous sommes 7 milliards d’humains, pendant ce temps le capitalisme libéral s’est développé et a envahi tous les pays du monde, s’appuyant essentiellement sur l’énergie fossile, comme dit Jeremy Rifkin: Dans le futur – Si il y a un futur – nous serons appelés « the Oil people » comme il y a eu l’age de la pierre nous vivons a l’age du pétrole. Le hic est que nous avons atteint la limite de production du pétrole/gaz/charbon – Ce depuis 1975 – Le pic de la production per capita – Si demain, nous fermons Wall street et toutes les bourses mondiales, ce que je souhaite(en faite elles se fermeront d’elles même au train ou ça va). Nous resterons avec le problème de répartition des ressources planétaires et de l’énergie, le problème de la pollution de l’air et de l’eau, le problème du changement climatique, le problème de l’organisation des multiples sociétés séparées par langages,nations, ethnies, religions…Quand je parle autour de moi de mes préoccupations, on rit d’abord puis on devient pensif et ensuite très sombre. Pourtant je n’ai pas le choix si je veux que mes enfants et petits enfants,mon espèce, survivent, il faut que je trouve des solutions a ces problèmes, notamment en discutant avec les gens, et aussi sur ce blog (merci Jorion!). Je pense qu’un type comme Rifkin a une solution a proposer dans le développement de l’empathie chez l’humain, mais j’ai peur que ça prenne beaucoup trop de temps avant les catas, je m’intéresse aussi a de nouveaux type d’énergie propre et décentralisées. Enfin voila, un peu long mais grâce a Malthus ;-)

  18. MAZERAN Jean-marc

    Retourne-t-on vers un capitalisme expurgé de l’idée de progrès comme aux temps anciens (Renaissance)…. Dans les instances BCE , conseil des ministres….? Le fait d’être permissif avec les manipulations financières alors que des précédents comme Enron ont déjà existé pose la question? Passe -t-on de décision inconsciente répondant à la nécessité de l’occurrence à un véritable projet politique…?

  19. Lire ou relire Le Rapport Lugano de Suzan George, une variation sur le thème du banquet de la nature à l’acmé du capitalisme. Curieux qu’on n’en parle pas plus ?

    • MAZERAN Jean-marc

      tu as raison ça a l’air d’être très intéressant, visiblement il a été édité en 2000 chez fayard(recherche rapide sur internet), peut -être sommes -nous contemporain de l’exécution des stratégies sus-décrites?…..Je connaissais Susan Georges (La-bassij’y suis France inter),sur AGCS…. Mais depuis que je me suis fâché avec la Science Eco à l’université, je lis bcp moins de chose en ce domaine qui me déprime, mais même en fuyant la déprime dans d’autres sujet, l’actualité nous rattrape toujours…

    • MAZERAN Jean-marc

      On a du mal à croire que de tel projet, aussi négatif et destructeur puisse exister, donc quand j’entends ce type d’analyse, que je me mets en démonstration naïve à de tel raisonnement, je me méfie de moi-même. « D’où le suis-je conspirationniste?…. » Mais il ont sacrément tendance à lui donner raison à Susan Georges.

  20. Runn

    Hors sujet.

    Concernant les reflexions sur la propriété, je trouve qu’il manque la prise en compte de la propriété intellectuelle, je vous propose donc un article que j’ai écrit :

    Le droit des brevets et des droits d’auteurs, une législation vieillissante.

    Une partie de la définition de la propriété privée et de la construction économique actuelle repose sur le droit des brevets et le droit d’auteurs.

    D’abord le droit des brevets, au départ utilisé pour protéger les idées d’un inventeur pendant 20 ans après le dépôt (ensuite le brevet tombe dans le domaine public), ce dispositif juridique a été d’une part partiellement détourné et est d’autre part insuffisant.
    Partiellement détourné dans le système judiciaire aux USA où des grandes entreprises ont déposés une masse de brevets qui ne sont pas valides, un examen individuel et détaillé montrerait que l’invention est nulle ou que cela faisait partie du savoir commun, cette masse de brevets constitue une arme juridique pour attaquer en justice des concurrents plus petits dans le but de les ruiner en frais d’avocats. On est loin de l’esprit de la loi sur la protection des inventeurs. Cette pratique pose la question du contrôle de la validité d’un brevet, aujourd’hui les examinateurs sont payés par les déposants et toutes les législations ne sont pas homogènes, certaines ayant tendance à tout accepter à priori sauf s’il y a contestation.
    Le dispositif est insuffisant car quand une firme pharmaceutique dépose un brevet pour une molécule les tests cliniques ne sont pas faits, ils le seront dans les 6 à 8 ans qui suivront, ensuite il faudra attendre le droit de mise sur le marché, ce qui donne une durée d’exploitation commerciale un peu courte pour des traitements couteux (je ne pleurerai quand même pas trop sur la misère des firmes pharmaceutiques étant donné leurs plantureux bénéfices). Il est insuffisant d’une autre façon car dans les années 1960 plusieurs brevets ont été déposés pour des antibiotiques qui n’ont pas été exploités faute de besoin (les antibiotiques de l’époque suffisaient), aujourd’hui alors qu’il y a des résistances aux antibiotiques (sur-)utilisés il n’y a pas de nouveaux antibiotiques trouvés, les firmes pharmaceutiques ont peu d’intérêt pour les antibiotiques trouvés dans les années 60 car les brevets étant expirés et les tests cliniques étant encore à faire l’investissement a peu d’intérêt étant donné qu’une fois cet investissement fait n’importe quel fabricant de générique pourra mettre le médicament sur le marché.
    Un autre aspect insuffisant du système concerne les brevets non exploités, un brevet dangereux pour secteur peut être acheté par une multinationale et enterré afin de ne pas mettre en danger les investissements de la multinationale, il y a alors une sorte de brevet dormant qui a un potentiel industriel mais qui est bloqué.
    Au niveau informatique, le brevet logiciel existe aux USA mais pas en Europe même s’il est possible d’en déposer en prévision d’une évolution de la législation puisque ce point de droit est toujours en négociation. Aujourd’hui en Europe, les logiciels sont soumis à la législation sur les droits d’auteur.

    Le droit d’auteur protège les productions intellectuelles dans leur originalité, ainsi quand Mr Jorion publie un livre il est protégé par le droit d’auteur quant à la forme, la lettre, dans laquelle il nous a fait part de ses idées, il ne protège pas les idées exprimées en elles-mêmes. Cette protection court pendant environ 70 ans après la mort de l’auteur (la durée est en réalité variable d’un pays à l’autre) ensuite l’œuvre tombe dans le domaine public, ces 70 ans ne peuvent que réjouir les enfants de tel ou tel peintre mort sans le sous mais dont les toiles se vendent des millions aujourd’hui. Concernant le droit d’auteur pour les images, la vente d’un tableau d’un peintre à un acheteur transmet à l’acheteur la propriété de l’exemplaire de l’image vendue, l’artiste reste propriétaire de l’image qu’il peut vendre sur d’autres supports. Les interprètes de chansons ont un droit similaire qui durait jusqu’à il y a peu 50 ans après l’enregistrement de la chanson.
    Là aussi il y a détournement de l’outil juridique avec cette fois complicité du législateur, ainsi quand Mickey (la souris de Disney) allait tomber dans le domaine public et de facto être utilisable par tout le monde, le législateur a allongé les 70 ans pour que Walt Disney garde sa vache à lait, de même 50 ans après le premier enregistrement de Johnny Halliday le législateur a allongé la durée de protection des interprètes, l’artiste étant loin d’être dans le besoin, le geste généreux du législateur a donc des dessous plus mercantiles. On est loin de la protection des auteurs et des artistes dans ce domaine, on est beaucoup plus dans la vache à lait de quelques géants des médias.
    Sur le terrain de la production de contenu, les droits d’auteurs ont aussi leur mot à dire et c’est en train de bouger. La production de contenu va de paire avec la tendance actuelle à la généralisation du numérique et des équipements qui vont avec. Même si les réseaux sociaux ne nécessitent pas des producteurs structurés de contenu (Disney, Infograme, les producteurs de musique…), le reste de l’industrie s’appuis sur ce pilier des producteurs structurés de contenu pour avoir quelque chose à diffuser. Là aussi, une brèche récente a été ouverte, les AppStore (l’original et ses clones) permettent à un quidam d’avoir une visibilité pour son application sans passer par les acteurs existants de l’édition de logiciel tout en étant rémunéré, les producteurs structurés tendent à devenir, comme les éditeurs de livres, des intermédiaires et non plus des commanditaires. De même, des groupes de musique émergent d’internet. A quand les films de qualité diffusés uniquement par Youtube contre rétribution sans sortie cinéma préalable ? Le phénomène est récent, cela doit encore se décanter, notamment quant à la représentation des auteurs face aux géants de l’édition.

    Les brevets comme les droits d’auteurs sont des constructions juridiques permettant d’établir une propriété des idées ou de leur formulation et à partir de là d’en faire le commerce et d’en tirer un revenu, leur tendance à être un facteur d’immobilisme de la société fait qu’ils ont leurs détracteurs avec par exemple la licence obligatoire pour les brevets inexploités, les logiciels libres (licence GNU, etc.), les publications sur internet (les articles de Mr Leclerc par exemple) et bien sûr le piratage des œuvres.
    A noter que ce piratage, illégale certes, fait le pain blanc des fabricants et vendeurs de matériel numérique ainsi que des fournisseurs internet avec un véritable déplacement des dépenses des droits d’auteurs vers les équipements de stockage, de reproduction et la télécommunication, au point qu’il y a une sorte de « guerre froide » entre les fabricants de contenus et les fabricants de matériel dont le champ de bataille est la législation et la répression effective du piratage, chacun ayant des intérêts divergeant.

    Le champ d’application effectif des brevets et des droits d’auteur se déplace avec un grignotage de l’étendue par ses détracteurs, un agrandissement de l’étendue par des utilisateurs qui en détournent l’esprit pour en faire des armes juridiques et des nouveaux champs d’application sur internet. En quoi cela peut-il nous aider à résoudre notre crise ? Est-ce que des brevets dormants ne peuvent pas lancer de nouvelles activités industrielles qui nous aideraient dans la crise écologique par exemple ? Est-ce que le re-battage des cartes faite par la montée en puissance du numérique ne va pas permettre diminuer l’argent capter par les producteurs de contenu pour le redistribuer aux créateurs ?
    Je ne suis pas devin même si je fais beaucoup d’effort…

  21. @Tous

    Je ne sais pas si vous avez lu cet article mais il illustre avec effroi la déliquescence actuelle du Vieux Continent…

    A Naples, l’enfance est au travail…

    Charles Dickens is back !

    • tourpe

      @Oil Man,

      Effectivement – un article effarant. Et pendant ce temps, l’iPhone 5, le prochain modèle de Ferrari ou … C’est une bien drôle de terre … Rester optimiste est des fois assez hardu!

  22. Dans l’introduction du manuel de « gestion des risques » interne de Enron se trouvait la phrase suivante:

    Risk management strategies are directed at accounting, rather than economic, performance.

    On attribue la phrase suivante a Einstein.

    La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.

    Il semble que certains « n’ignore rien du caractère malsain de la situation » (pour citer P. Jorion) mais espèrent des résultats différents.

    Si on met tous cela ensemble on arrive a une conclusion qui fait peur a propos de ceux qui nous « dirigent »!

    http://citoyennaif.blogspot.com

  23. Macarel

    Je ne comprends pas pourquoi « l’on » s’évertue à nous « amuser » avec une campagne électorale qui est totalement bidon, vu le contexte général de domination sans partage de nos vies par le monde des affaires et de la finance.
    Que la Troïka nomme Mr Trichet ou l’un de ses collègues à l’Elysée, on s’évitera ainsi l’humiliation de voir Sarkozy ou Hollande déposés de leur fonction dans 2 ou 3 ans.
    De toute façon plus grand monde n’est dupe sur la santé de notre pseudo-démocratie.
    Les temps sont au despotisme, au moins les choses seront claires pour tout le monde.
    Que l’oligarchie assume son aversion et son mépris pour le peuple, plutôt que d’entretenir une illusion démocratique.

    • MAZERAN Jean-marc

      C’est précisément la source du soft power…. LE théâtre de marionnettes, les guignols de l’info est moins irréaliste que ce l’on croît. La prise de conscience générerait des résistances à ce schéma, il y aurait sans doute de nombreux grains de sables (décisions individuelles) qui altéreraient gravement la stratégie. Le pouvoir n’assume rien, s’est comme cela qu’il est efficace et de plus qu’il peut l’être à court moyen et long terme….

    • MAZERAN Jean-marc

      La manipulation de la conscience collective peut reposer sur la stratégie de la confusion mentale collective…. Je le redis la campagne électorale ne sont qu’un épiphénomène du politique (entendu comme en science po: la formation des relations de pouvoirs à l’intérieur des groupe humains), c’est aussi important que tes actions quotidiennes envers autrui. Un commerciale n’acceptant pas de gruger ses clients et aussi puissant (cumulés à d’autres) que la direction d’entreprise. Les gendarmes accommodant qui ne verbalise pas comme des automates sont aussi influents sur la pénalisation que les circulaires du ministère de l’intérieur… Cela peut aggraver ou pondérer considérablement les choses…. Nous avons une part de la solutions….!

  24. Dans l’introduction du manuel de « gestion des risques » interne de Enron se trouvait la phrase suivante:

    Risk management strategies are directed at accounting, rather than economic, performance.

    On attribue la phrase suivante a Einstein.

    La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent.

    Il semble que certains « n’ignore rien du caractère malsain de la situation » (pour citer P. Jorion) mais espèrent des résultats différents.

    Si on met tous cela ensemble on arrive a une conclusion qui fait peur a propos de ceux qui nous « dirigent »!

  25. Papimam

    Portugal, Espagne, Italie, ……France.
    Pour une fois qui n’est plus coutume, on n’a pas causé du sexe de anges (ou des diables), un C dans l’air d’une très bonne facture consacrée à l’Espagne.
    Excellents rappels historiques du franquisme, des politiques qui ont suivi, de la bulle immobilière, le présent et aussi le futur.
    Des leçons a retenir qui nous concernent directement…..après les zélections.
    On a aussi fait une allusion à des poussières plutôt conséquentes, bref des gros moutons.
    http://www.france5.fr/c-dans-l-air/europe/crise-le-domino-espagnol-35818

    A 15h00, sur France Inter, Mermet nous rappelait les années héroïques de l’Espagne des années 30 avec une rétro de Mme Lise London.
    Sans rapport mais tellement remarquable et fort d’enseignements aussi.
    http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-hommage-a-lise-london

    « La résistante française Lise London est décédée samedi dernier à Paris.
    En 1996, dans le train Alabacéte-Barcelone, elle racontait à Daniel Mermet son engagement dans les Brigades Internationales.
    Nouvelle version de ce reportage diffusé le 19 novembre 1996. »

    ===> voir les premiers commentaires.

  26. Cassiopée

    Pour avoir lu l’article et les nombreuses réactions, une première idée me vient, le nucléaire n’a pas de frontière (thème très célèbre en France dans les années 80) et la gestion des ressources naturelles ne peut plus suivre naturellement, économiquement aussi.

    La surexploitation des ressources naturelles a un impact économique sur des secteurs locaux, dont évidemment on ne parle jamais. Ainsi après épuisement naturel ou économique (uniquement par volonté de profit souvent), la situation sociale du secteur local (ou régional) se transforme en véritable situation de pauvreté. Car le modèle économique nous amène à la pauvreté (en incluant l’hyperinflation évidemment).

    Le réchauffement climatique amplifie le phénomène de risque naturel pour approvisionner les populations (dont animals et végétals même si hors économie). L’économie dépends très majoritairement d’énergie non renouvelable, dont le pic du pétrole est dépassé pour de nombreux experts depuis plusieurs années, sachant que le niveau dépendance de cette énergie ne peut être nullement remplacer par aucune autre. Les infrastructures créées et les énergies de remplacements ne permettent pas un remplacement du pétrole.

    C’est pourquoi il est justifiable qu’en cas de crise économique (l’hyperinflation aussi), des questions se posent, même si les réactions vont dans d’autres sujets concernant le nucléaire, tandis que j’aborde cette question qui en fin de compte se rejoint.

    Le citoyen est en droit de s’inquiéter et d’être informer contre des risques nucléaires, chimiques ou encore biologiques, en cas de risque économique.

    La surexploitation des ressources naturelles, le réchauffement climatique ou les industries sensibles ont non seulement des impacts économiques ainsi que sur l’humain.

  27. xynthiadevannes

    The Wolfson Economics Prize, which challenges the world’s brightest economists to prepare a contingency plan for a break-up of the Eurozone, today (3rd April, 2012) unveiled a shortlist of five finalists.
    The judges are:
    Mr Derek Scott (UK) – former Economics Adviser to British Prime Minister Tony Blair and Chairman of the Wolfson Economics Prize
    Prof. Dr. Manfred Neumann (Germany) – Emeritus Professor of Economics at the University of Bonn and former adviser to the German Bundesbank and the Academic Advisory Council of Germany’s Federal Ministry of Economics and Technology
    Prof. Charles Goodhart CBE FBA (UK) – Emeritus Professor of Banking and Finance with the Financial Markets Group at the London School of Economics and former member of the Bank of England’s Monetary Policy Committee
    Prof. Jean-Jacques Rosa (France) – Emeritus Professor of Economics and Finance at the University Sciences Po, Paris, and former member of French Prime Minister Lionel Jospin’s Conseil d’Analyse Économique
    Prof. Francesco Giavazzi (Italy) – Professor of Economics at Bocconi University, Milan, and former economics adviser to the President of the EU Commission, the Italian Prime Minister and member of the External Evaluation Committee of the Research Activities at the International Monetary Fund.
    Bravo pour les juges « européens ». Enfin des choses concrètes…

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