L’ÉCLATEMENT DE LA ZONE EURO : L’INSTANTANÉ

Ce que vous voyez sur ce graphique produit par l’agence de presse Bloomberg, c’est l’éclatement de la zone euro. Sous la ligne horizontale, on voit les sommes qui quittent de mois en mois différents pays tandis qu’au-dessus de la ligne horizontale, on retrouve les mêmes sommes ventilées par pays où ces sommes aboutissent.

Les gagnants :  1. Allemagne, 2. Pays-Bas, 3. Luxembourg

Les perdants (les plus tristes en premier) : 1. Italie, 2. Espagne, 3. Irlande, 4. Grèce, 5. Portugal, 6. Belgique

© Bloomberg

Le graphique a été produit par la rédaction de Bloomberg à partir des données fournies par les banques centrales des différents pays de la zone euro. Un pays dont l’argent sort, en signale les montants. De même pour un pays qui le reçoit, la réglementation intérieure de la zone euro obligeant le pays receveur de prêter le même montant au pays donneur.

Si des sommes quittent un pays, c’est bien sûr que leurs habitants (riches) craignent de se retrouver du jour au lendemain en possession de lires, pesetas, punts ou Irish pounds, drachmes, escudos, francs belges, dévalués.

Pour donner un ordre de grandeur, en mars, par exemple, 65 milliards d’euros ont quitté l’Espagne.

N.B. : La Suisse n’étant pas dans la zone euro, les mouvements de capitaux vers la Suisse n’apparaissent pas sur le graphique.

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140 réflexions au sujet de « L’ÉCLATEMENT DE LA ZONE EURO : L’INSTANTANÉ »

      1. Ben??? et la France????

        N.B. : La Suisse n’étant pas dans la zone euro, les mouvements de capitaux vers la Suisse n’apparaissent pas sur le graphique.

        Donc, la France n’exporterait ses capitaux que vers la Suisse?

      2. Non, c’est que la France n’est déjà plus considérée comme faisant partie de la zone euro. J’ai bon? 🙂

      3. Paul

        je ne me permets pas d’écrire un post ici sans avoir lu attentivement,( voire deux fois souvent, surtout pour François….).
        Donc je n’avais pas compris.

        Cela signifie-t-il que les fortunés Français n’ont aucune confiance en aucun pays de l’UE?

      4. Rappelons que le PIB belge est égal à ceux des  » 3. Irlande, 4. Grèce, 5. Portugal » … cumulés.

      5. Perso, j’ai retiré il y a un an mon épargne de la France pour la mettre en Allemagne.
        J’y vis, donc ça me parait logique d’y avoir quelques provisions en cas de pépin(le bref).

        Quand il y a une semaine, j’ai encore demandé à mon banquier français de faire un virement de 20 000 euros, j’ai senti chez lui une petite gêne, un toussotement.

        « Ce qui se dessine clairement, c’est une véritable « balkanisation » de l’Eurosystème où les banques centrales nationales auraient de plus en plus d’autonomie. Or, en théorie, ces dernières ne doivent être que le bras armé de la BCE. La différence est de taille : la BCE est censée réfléchir à l’intérêt de l’ensemble de la zone euro, et non au niveau national. Progressivement, c’est donc l’existence même de la zone euro qui est mise en question. »

        http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120330trib000691226/comment-la-bundesbank-balkanise-progressivement-la-zone-euro.html

      6. N.B. : Albion n’étant pas dans la zone euro, les mouvements de capitaux vers Albion n’apparaissent pas sur le graphique. 🙂

    1. Bloomberg a répondu à cette question dans les commentaires:

      Good question. They haven’t yet reported data for February. As of January, France was beginning to see some significant capital flight.

      Bonne question, la France n’avait pas encore rendu ces données pour le mois de février. Pour le mois de Janvier la France commençait à voir une fuite des capitaux significative.

      1. Chris, t’es vraiment un super-bouché toi… C’est des stats BCE. Les fuites de capitaux d’origine française vers l’Allemagne, la Hollande ou le Luxembourg c’est juste peanuts, idem en sens inverse venant d’Italie, Espagne, Portugal, Grèce, etc, capito ?

    1. http://www.bloomberg.com/news/2012-04-12/europe-s-capital-flight-betrays-currency-s-fragility.html

      Bloomberg View in reply to XXXX 14 hours ago 1 comment collapsed Collapse Expand

      Good question. They haven’t yet reported data for February. As of January, France was beginning to see some significant capital flight.

      Le graphique, pourtant, s’étale sur 2 ans.
      Il manque 1 mois, et tout est par terre. Connaisse pas la linéarisation
      chez Bloomberg ?
      Ceci dit notre déficit annuel est de l’ordre 70 milliard, dont la moitié
      environ vole ( flight !) hors de l’Europe.
      Nos stilo, briquets et autres babiole de très faible technologie
      proviennent d’Allemagne dans leur majorité…

    1. On a vu Delon venir se faire soigner en France. Comme il est toujours français, probable qu’il a fait chauffer sa carte verte. Donc, exacte, qu’ils laissent papiers et cartes verte au passage. Cela pourrait servir a un entrant diplômé et utile.

  1. Deux questions me viennent à l’esprit :
    – la récession dans les pays qui subissent cette hémorragie n’est-elle pas due à ces retraits massifs ?
    – cet afflux d’argent dans d’autres pays ne risque-t-il pas de créer une inflation importante ?
    – je ne vois pas la France dans la liste. Rien à signaler pour ce pays ?

  2. Bonjour,
    Excusez ma curiosité, mais qu’en est-il de la France ? Je ne la vois pa sur ce graphique.

  3. Qu’il est désagréable de recevoir une telle grenade dégoupillée de si bon matin et de constater que la zone france où je réside fiscalement n’est pas dans les stat’s …
    C’est plus une centralisation qu’un éclatement non?

  4. A la question: « Mais où est la France », Paul a répondu par son humour inimitable en rappelant la fin du billet:

    La Suisse n’étant pas dans la zone euro, les mouvements de capitaux vers la Suisse n’apparaissent pas sur le graphique.

    Comprendre: Les mouvements de capitaux français se font vers la Suisse…

  5. Et la France ?

    Mais bon dieu c’est bien sûr, on saura cela après l’ élection présidentielle.
    Et là on aura le choix : la France aura été intégrée dans la fédération Germano-française ou, plus
    probablement dans la fédération Hispano-Italo-Française, aussi appelée GT (comme Grand Tobogan qui se termine avec un gros plouf, qui gicle sur tout le monde, comme dans les centres de loisirs aquatiques.

    Bonne pêche à tous; c’est important d’avoir la pèche.

  6. Merci à P. Jorion pour cet intéressant graphique qui m’amène à me poser les questions suivantes:
    1) Ne faudrait-il pas que les pays concernés par les fuites de capitaux rétablissent unilatéralement un contrôle des capitaux afin de se préparer à un éclatement de la zone euro?
    2) Le fondement de la pensée libérale n’est-il pas que l’argent des riches a plus de valeur que celui des pauvres qui le consomment au lieu d’investir dans des activités à forte valeur ajoutée et qui, de surcroît, le consomment pour acquérir des produits à faible valeur ajoutée? Ceci expliquerait que les sacrifices sont toujours demandés prioritairement, et en toute bonne conscience, aux moins favorisés.
    3) P. Jorion dit souvent que, dans le système capitaliste, l’argent ne va pas là où il faudrait. Ceci n’implique-t-il pas qu’il serait nécessaire de réaffecter autoritairement l’argent qui, spontanément ne va pas là où il faut, contrairement au dogme de la main invisible?
    4) L’essence libérale de l’Europe étant inscrite dans les traités fondateurs, notamment celui de Maastricht, n’est-il pas nécessaire de détricoter l’union européenne afin de sortir du cadre libéral dans lequel elle nous enferme?

    1. Carlo,

      Ne faudrait-il pas que les pays concernés par les fuites de capitaux…

      Le problème est qu’il ne s’agit pas juste de « fuite de capitaux » mais de solde des mouvements de capitaux entre les pays de l’€zone et donc qu’en plus des fuites et des déficits commerciaux il faut prendre en compte l’assèchement des flux entrants de capitaux vers les Gipsi. Interdire les fuites ok, très bien, mais c’est juste un des problèmes…

    2. Est-ce une fuite de capitaux , au sens où un possesseur
      de pognon l’ envoie hors de son lieu de résidence ?
      Je ne le crois pas, mais est-ce plutôt un solde commercial.

      Laissons tomber le grand duché et la plus basse que
      le niveau marin, ce ne sont que des comparses.
      (Les miettes sont juteuse …)
      Reste l’Allemagne.
      Elle engrange ce pognon simplement parce qu’elle a vendue
      et qu’elle en récupère le produit.
      C’est donc une forme de clearing, de banque à banque.
      Dans ce cas, plusieurs solutions sont possibles.
      Nous cessons d’acheter allemand par patriotisme éco.
      Nous cessons d’acheter allemand parce que nous produisons.
      Nous achetons allemand autant qu’ils le font à notre égard.
      On peut zapper d’autres solutions autoritaires.

      Donc reste la ré-industrialisation.
      D’autant plus crédibles qu’une bonne proportion de leur daube
      est à faible empreinte technologique.
      Mais cela suppose de faire rimer butane avec sarbacane,
      je veux dire se colleter au réel, et ça c’est insurmontable.
      Nous préférons toujours les mirages…

    3. Bonjour

      Les pieux européens ( Pisani- Ferry par exemple), ont toujours le même argument:
      la sortie de la zone Euro est impossible à cause des complications liées au nouveau change (contrats, dettes etc…).
      Avec le graphique, on comprend que certains agents sont en train de « préparer » la transition en séparant peu à peu les monnaies virtuelles. C’est un très mauvais signe pour l’Euro.
      M.

      1. Quand l’Euro deviendra un panier de monnaies, on aura fait un pas en avant. Ensuite, le deuxième pas est le fédéralisme. Après avoir fait tout à l’envers, on fera à l’endroit. La politique des petits pas fait les trébuchements. Les fondateurs de l’Europe ont fait un fucking sale job.

    4. Bonjour,

      Depuis 35ans j’essaye de vivre voire survivre
      Depuis un an je vis
      L’étape suivante est de quitter l’étiquette de « pas riche » en appliquant ce principe simple

      Le fondement de la pensée libérale n’est-il pas que l’argent des riches a plus de valeur que celui des pauvres qui le consomment au lieu d’investir dans des activités à forte valeur ajoutée et qui, de surcroît, le consomment pour acquérir des produits à faible valeur ajoutée?

  7. Salut la compagnie,

    la fuite de capitaux vers le paradis fiscal suisse ressemble à celle de l’aprés Guerre, quand le régime NAZI planquait ses valeurs pour reconstruire l’horreur ultérieurement…

    Donc cette fuite de Capitaux pénaliserait l’europe de deux façons :
    1) perte de la circulation en zone euro.
    2) perte de l’obligation de prêt du même montant par l’état receveur.

    Puisque les sommes sont quantifiables : Éventuelles solutions aux deux problèmes :
    1) déclarer toutes fuites de capitaux comme un acte NAZI antidémocratique.
    2) réinjecter par la BCE les sommes disparus au profit des paradis fiscaux tout en déclarant un débit equivalent à la solde du paradis fiscal.

    Mais est-ce que les banquiers des paradis fiscaux et LES AUTRES sont vraiment En lutte pour la construction européenne des peuples ?

    J’en doute personnellement et fortement, tout en cherchant solution.

    Merci de votre attention.

    1. Serait plus juste de dire circulation des personnes qui ont des biens. Les autres, on leur fait comprendre qu’elles ne sont pas les bienvenues, on les bloque (centres de rétention / prisons), ou elles ne peuvent voyager de fait par manque de moyens.

      Depuis 2009 je n’ai jamais vu autant d’avions voler, ça a littéralement explosé du jour au lendemain, où vont-ils je ne sais ? à mon avis les coucous jouissent d’une pléthore de nouveaux nids : sur le dos de la bête, pourquoi ne pas le dire. D’ailleurs le mot – rentier – leur va comme un gant. Et comme dit la chanson : « Les cons n’arrêtent pas de voler. Les autres de les regarder. » Jean Ferrat – Pauvre Boris

  8. Pour la Belgique, il faudra bientôt mettre la Flandre dans les gagnants et la Wallonie dans les perdants dans le graphique …

    1. Sans oublier Bruxelles dans les perdants la ville compte 32 pct de chômeurs et Rmistes/rsaistes.

      De toute façon quand tout s’écroulera il n’y aura aucun gagnant…Allemagne comprise.

      1. C’est exact : il me semble que l’Allemagne se prépare et même organise cet éclatement sans voir que TOUT LE MONDE sera perdant, y compris elle même.

  9. UPS recrute ! ^^

    Il serait intéressant d’avoir un billet sur l’impact « imminent » du Yuan sur ces « montants ». A quand un billet de Paul Jorion sur ces changements d’actualité ?

  10. En tout cas, l’évasion fiscale des riches français, que nous irons gentiment solliciter après les élections, où qu’ils soient, ne va pas s’amoindrir s’il jettent un oeil au rassemblement du Front de gauche à Marseille aujourd’hui.

    http://www.jean-luc-melenchon.fr/

    1. @ Niks Votre c s’est évadé lui aussi. Peut être est il fatigué de tant de ferveur:-) Faites attention à la descente, ça peut être rude.

      1. Rassurez vous, le discours que je soutiens ici est politique. Je sais ce que c’est que la politique, de même que les convictions. Voilà sept ans que je participe bien modestement à ce combat. Qu’il aboutisse aujourd’hui ou demain ne fait pas de différence.

  11. Samedi 14 avril 2012 :

    Zone euro : la fin des illusions.

    par Jacques Sapir, économiste.

    Si l’on ne veut pas que cette crise emporte avec elle tous les acquis sociaux de ces cinquante dernières années et plonge l’Europe dans la misère et le désespoir, il ne nous reste que deux solutions :

    – soit on peut renégocier en profondeur, et non à la marge, le Pacte budgétaire, mais il convient de le faire sur la base de mesures unilatérales et en assumant le risque d’une rupture au sein des pays de la zone euro ;

    – soit il faudra déconstruire cette dernière, et le plus vite sera le mieux.

    Ni François Hollande, ni Nicolas Sarkozy ne sont prêts à l’une ou à l’autre de ces options. L’avenir de la France s’annonce donc fort sombre.

    http://www.marianne2.fr/Zone-euro-la-fin-des-illusions_a216961.html

  12. Si je lis bien ce qui n’est pas écrit, les capitaux Français s’exilent en dehors de l’euro zone, Grande Bretagne, Suisse, Luxembourg et contrées lointaines pour les plus gros.

    ….. Ca laisse à réfléchir sur l’idée qu’ont ces gens de l’Europe, sa gouvernance financière et de l’Euro … ils votent massivement pour l’Europe …. et se dépêchent de se carapater.

    1. edith
      Exprimé en termes vulgaires: L’europe est essentiellement une histoire de fric. J’imagine que vous devinez la suite des évenements.

  13. Ne pas oublier que tout ce pognon c’est de la monnaie banque centrale et que ces déséquilibres sont dûs en grande partie à l’atonie/agonie du marché interbancaire (non seulement il y a quelques fuites de capitaux des Gipsi mais encore y-en a-t’il toujours moins qui arrivent) de l’€zone et compensés par les émissions massive de liquidités par la BCE.
    Si le bins s’écroule ce sont tous les pays de l’€système au pro-rata de leur part de capital qui doivent payer la note et non les seuls pays créanciers (Allemagne essentiellement). Menfin en théorie…

      1. Kimporte, la peur.

        The idea that Europe’s current incremental approach has the advantage of saving money is an illusion, and not just because the disintegration of the currency union could trigger a global financia meltdown. As the capital flight figures demonstrate, the stricken nations of the euro area are bleeding private money and becoming increasingly dependent on taxpayers. In all, the debts of becoming increasingly dependent on taxpayers. In all, the debts of struggling banks and sovereigns to official creditors such as the EU, the ECB and national central banks now exceed 2 trillion euros, much of which would be lost if the debtor nations dropped out of the currency union.
        Hopefully, Europe’s leaders will recognize that it would be a lot cheaper to put up the money needed to restore confidence in the common currency. If they wait too long, the cost of the crisis could prove to be more than their taxpayers can bear.

    1. Vigneron, mais à qui ces pays devront ils la payer ?

      Tu vas me dire que je suis complètement bouchée (et j’ai le vague sentiment que tu n’auras pas tort), mais si la BCE a rempli les poches des banques avec de la monnaie dite propre, en échange des créances beurk, elles sont déjà remboursées non ?

  14. La Suisse n’étant pas dans la zone euro, les mouvements de capitaux vers la Suisse n’apparaissent pas sur le graphique.

    « Point de fortune, point de Suisse. » Jean Racine

    1. La Suisse au centre d’une nouvelle expérience d’alchimie de la connerie.Cette dernière consiste à placer un maximum d’argent au centre d’un €presse de plusieurs millions d’€ citoyens en colère. Les experts et autres scientifiques économiques de cet ultime exploit prédisent l’émergence du magma en fusion de la pierre philosophale. Des voix discordantes pensent que d’un tel ramassis de conneries ne peut émerger que de la merde. (Les Visiteurs 3m42 s)

  15. On aimerait connaître la part des entreprises nationales ou des filiales, non-financières comme financières, dans ces flux sortants des Gipsi depuis début 2010, hors solde commercial bien sûr…

  16. Dans le bestiaire des fossés qui se creusent sous le soleil du printemps, je voudrais en ajouter un de ceux qui nous rappellent les hivers les plus froids.

    Point de départ : Gaphique 1 page 9

    Rive gauche
    – Le peuple dépouillé et fatigué.
    – Le respect et la dignité piétiné sur l’hôtel de l’ego glorifié.

    Rive droite
    – Les militaires surarmés recherchant une raison d’existé.
    – Des montagnes d’argent sale tout sens a l’affût pour flairer un bon coup encore plus puant.

    Toutes ces tensions, annonce l’avènement de sauveurs au talent de jongleur qui se joueront de ces éléments avec l’habileté de prestidigitateur.

    Tout ceci me glace le sang, je crains que le spectacle se finisse mal.

  17. Lundi 12 décembre 2011 :

    Pierre-Henri de Menthon est directeur de la rédaction de « Challenges », et chroniqueur sur la chaîne BFM Business.

    Le 12 décembre 2011, Pierre-Henri de Menthon révèle que les Français les plus riches réalisent des retraits et que cela se passe « loin des caméras, à l’abri des bureaux cossus des banquiers privés, ceux qui gèrent le patrimoine des grandes fortunes ! »

    Dans la vidéo ci-dessous, il est précisé :

    « Chez Pictet et Lombard Odier, deux grandes banques privées de Genève, les ouvertures de comptes par les Français se multiplient, des dizaines de millions d’euros affluent tous les jours. »

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_oEWxIkVA7o#

    1. « De même pour un pays qui le reçoit, la réglementation intérieure de la zone euro obligeant le pays receveur de prêter le même montant au pays donneur. »

    2. Yéti,

      Et tableau d’une cruauté inouïe pour les tenants d’une UE confraternelle et solidaire

      C’est vrai que pour ce qu’il en est des «confraternités et solidarités» nationales, à l’inverse, le graphique de Bloomberg est particulièrement réconfortant…

    3. les tenants d’une UE confraternelle et solidaire.

      Qui sont-ils ? Ceux qui espère pouvoir la construire ou ceux qui, hypothétiquement, décrirait l’UE actuelle de cette manière ? Je fais partie de la première catégorie et je ne vois aucune cruauté dans le tableau, juste un constat par l’image d’une situation facilement perceptible surtout ces dix dernières années : déséquilibres des balances commerciales, des flux des capitaux, des régimes fiscaux, bref, la vraie vie économique internationale : la concurrence sauvage entre les peuples, à l’œuvre depuis que les premiers greniers furent construits, conduite par les possesseurs de la clé des stocks.

      Expulser l’ultralibéralisme d’une portion si minime soit-elle du territoire européen ne peut passer que par une modification profonde du processus d’intégration de l’UE pour remettre sur les rails les idéaux sociaux à la base de ce projet. L’explosion de l’UE serait un vrai traumatisme, peut-être encore plus grand que ce qu’a signifié la chute de l’URSS pour les soviétiques, dont la partie la plus douloureuse serait l’abandon d’un idéal profond et commun de paix et non pas seulement la prévisible catastrophe économique. La souveraineté des nations historiques ne peut affronter l’ultralibéralisme mondial sans mettre en place un protectionnisme qui, même intelligent, ne conduirait qu’à l’affrontement entre les besoins sociaux d’une population et le système global de flux des capitaux qui continuera à exister : le pot de terre contre le pot de fer. Une union entre quelques pays autour d’une idée de résistance à la ALBA ne peut conduire qu’à l’affrontement armé du fait de la manipulation des peuples par la propagande officielle distillée par les gouvernements de ces états, symétrique pendant du message manipulateur que la société de consommation ultralibérale sécrète constamment.

      Il me semble donc, que la vue de ce tableau devrait nous conduire à tenter de remettre cette Europe sur les rails plutôt que de se réjouir de ses problèmes. Forcer un changement radical de la structure politique de l’UE me semble infiniment plus productif que de retourner à la case départ en laissant le Golem mondialiste ultralibéral intact. Depuis une UE revenue à la raison, on peut espérer forcer une réforme du système monétaire international et des échanges commerciaux. Comment pourrait-on réorganiser la mondialisation en commençant par morceler les zones économiques ? Réorganiser le mondialisation vers le respect à la diversité des cultures – qui est une des forces de l’espèce – en réhabilitant les mécanismes économiques locaux ne peut se faire depuis l’explosion du peu qui a pu être construit. C’est absurde et ce serait courir vers la guerre.

      PS : Le yéti, je ne vous accuse pas de vous réjouir des déboires de l’UE. Votre phrase m’a juste servi de prétexte pour m’exprimer sur ce sujet.

  18. Samedi 14 avril 2012 :

    Sur son blog, Michel Santi parle de :

    – la dislocation de la zone euro,

    – la naissance d’un bloc de nations européennes créditrices, bloc formé de l’Allemagne et des nations riches, toutes situées au nord de l’Europe :

    Europe, implosion inéluctable.

    La crise européenne entre dans sa dernière phase, moins spectaculaire et moins volatile, mais incontestablement létale. Comme rien n’a en effet été clairement réglé, le fossé entre pays créditeurs et débiteurs est condamné à s’aggraver. Souvenons-nous du démarrage de cette tempête européenne, époque (pas si lointaine) où la scission de cette Union était strictement inconcevable, caractérisée par des actifs et par des passifs communs à l’ensemble de l’Union, qui étaient étroitement enchevêtrés et imbriqués les uns aux autres. Les avoirs et les dettes de chacun des membres étaient interdépendants, comme confondus, avec comme conséquence naturelle que la faillite d’un seul de ces pays entraînerait l’ensemble de l’édifice. Il était alors approprié de parler de « dominos ».

    http://www.gestionsuisse.com/

    1. « Ce mouvement de plaques tectoniques intra européen n’est pas encore parachevé mais il est inéluctable, exactement comme l’est la dérive des continents. »

      Chympa la chienche chuiche.

    2. et quand l’Allemagne ne gagnera plus son pain sur le dos des pays du Sud de l’Europe, va t-elle ressortir le casque à pointe ?

  19. La France n’apparaît pas parce que c’est comme donner les sondages entre les deux tours, ça influe sur le résultat des élections de les publier. Si tout le monde savait que Hollande avait déjà gagné…

    Donc en gros on vote à gauche pour faire que les riches paient beaucoup plus d’impôts et améliorent le quotidien de leurs concitoyens par leur modeste contribution (Françoise Hardy à la rue)… mais ils se précipitent sur la Suisse à l’avance pour échapper à l’impôt?

    L’autre l’avait bien dit à Lauvergeon: je vais faire un quinquennat et partir gagner de l’argent chez bouygues

  20. Excusez moi
    il y a un truc que je ne comprends?
    c’est l’importance et l’intérêt d’un tel phénomêne.
    puisque il s’agit de mouvement de capitaux entre pays européens donc unis (en fait, en principe)
    il me semble nettement plus important, le cas de la France!

  21. en direct de sarkoland : il est 15h, François Fillon est dans ma rue, avec un groupe de groupies.
    L’un d’eux m’accoste pour m’inciter à voter Sarkozy.
    « Ha ben surement pas ! »
    Réponse : « pourquoi ? en cinq ans, il a réussi à gérer trois crises » ! (texto)

    Avec ses petits bras musclés ?

  22. La France n’est pas mentionnée directement, mais on déduit sans problème, parce qu’il n’y a que l’Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas comme gagnants selon cette étude que la France est du coté des perdants.
    Cela me semble évident pour une autre raison, c’est son déficit commercial chronique qui nécessite que davantage d’argent sorte du pays qu’il n’en rentre.
    Tout au plus pourrons-nous encore ajouter la Finlande du coté des gagnants, car ce pays a aussi un excédent commercial, il me semble.
    L’ Autriche se situe à un point à peu près neutre sans doute.
    Le déficit commercial de la France en 2011 était de 65 Milliards d’euros, et il s’ensuit qu’au moins cette somme a quitté le pays en 2011.

    1. Allons Finckh, en l’occurrence c’est la crise de la balance des paiements qui importe et la fRance n’est pas encore de ce point de vue tout à fait dans la situation des Gipsi que je sache… Z’auriez entendu nuitamment les cavalcades des chevaliers de l’apocalypse troïkienne sur le pavé bordelais ? A Bercy ?

      1. Voulez-vous dire que notre balance des paiements n’est pas négative ?
        Pourquoi le déficit commercial est-il seul à être mise en avant par les infos non spécialisées?
        Ceci alors que notre balance des échanges comprend aussi
        une part non matérielle ( redevances brevet et licence, assurances etc…)
        Notre déficit commercial voisine les 70 milliards ( 65 : faibles).
        Ce chiffre est-il compensés par d’autres entrées à une hauteur permettant
        un équilibre ? ( Relecture: double emploi avec la première, mais je laisse
        dévelopment différent . J’ai appris il y a peu que les DOM/TOM
        ne sont pas prises en compte dans les statistiques des douanes.)

        Pénultième question : ces infos n’invalident-elles pas le scoop de Bloomberg ?
        Au moins en partie ? Si oui, pourquoi cette manip.?
        Avant dernière question: où trouver des renseignements non biaisés?

        Question Joker, the last but not least:
        Que faudrait-il pour que vous cessiez d’employer la graphie fRance ?
        Une révolution ? Un climat changé ? un état d’esprit , politique,
        ou social , différent ?

        Beaucoup (trop) de questions. Par avance merci.

  23. en tout état de cause, cette analyse confirme ce que j’ai affirmé depuis longtemps:
    L’euro est une monnaie trop forte pour tous les pays souffrant des sorties de capitaux, car ces pays doivent emprunter cette forte monnaie aux pays qui accumulent les capitaux reçus.
    Qu’est-ce que ça peut foutre que de se retrouver avec une monnaie nationale « dévaluée » dès lors que cela permettra à ces pays de redevenir compétitifs et de recréer des emplois et de la croissance?! Car c’est cela qui se passera!
    Exprimé en euros (des pays restants), la « richesse » relative baisserait, mais cela ne change absolument rien au niveau de vie des pays à monnaie dévaluée!
    Les importations plus coûteuses seront immédiatement compensées par des exportations plus vigoureuses et par une stimulation de la production nationale tout aussi vigoureuse!
    Autrement dit: le maintien de l’euro en l’état est tout simplement une soumission à Berlin et à la puissante industrie exportatrice allemande!
    La France a perdu depuis dix ans autant d’emplois industriels que l’Allemagne en a gagnés, tout simplement à cause de l’avantage compétitif que constitue l’euro pour l’Allemagne (l’euro est trop faible pour l’Allemagne, et il est maintenu faible à cause des pays déficitaires!) et du désavantage que constitue l’euro trop fort pour la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal,la Grèce, l’Irlande.
    Mais tant que tout le monde accepte le »diktat » allemand, il en sera ainsi!
    Car ce dictat n’en est pas un, la soumission à l’euro est tout à fait volontaire de la part de gouvernements en principe souverains!
    L’euro mérite une chose: l’abandon immédiat!

    1. Je me permets de vous dire que vous rêvez un peu: « les importations…seront compensées par l’exportation ». Ca peut être partiellement vrai, mais il y a le problème objectif de la compétitivité de la France, entre autres. Il est néanmoins certain que l’euro est un carcan pour les pays hors de l’Allemagne, un carcan de plus en plus gênant voire menacant.
      Pour vous donner un exemple. Parmi les pays qui ont déposé en 2011 des brevets à l’office international compétent:
      Allemagne 13,6 pourcent
      France 5,0 (!)
      Angleterre 2,6

      USA 24,6
      Chine 6,9
      Japon 19,4

      1. Le problème de la compétitivité existe, c’est vrai. Dix années d’une monnaie inadaptée et surévaluée pour la France laisse des traces terrifiantes du coté de la désindustrialisation du pays.
        Mais cela n’est pas une raison de continuer ainsi!
        Je rappelle que la dévaluation de la monnaie devient urgente si on veut tout simplement avoir une chance de remonter la pente.
        Une telle dévaluation n’enlève pas la nécessité d’une certaine rigueur et d’une taxation convenable des plus hauts revenus.
        Et si la France devait émettre une monnaie de type fondant, le problème serait résolu en très peu de temps, et la compétitivité des produits français serait immédiatement élevée!

      2. Faut pas rêver trop, la compétitivité ça se gagne pas uniquement sur les coûts ou la monnaie, bien que ce soient des instruments utiles, mais insuffisants.

        Si il n’y a pas de valeur ajoutée derrière, vous pouvez tourner le rubik’s dans tous les sens, il n’en sortira rien.

    2. C’est curieux; je viens d’envoyer un commentaire qui n’apparaît pas: avalé comme par miracle.
      Le voici:
      Parmi les pays qui ont déposé des brevets en 2011 à l’office européen compétent:
      France:
      France 5,0 pourcents
      Allemagne 13,6
      Angleterre 2,6

      USA 24,4
      Japon 19,4
      Chine 6.9

  24. A l’époque de la mondialisation, quoi de plus normal que de l’argent sorte de certains pays et rentre dans d’autre ? ( sauf apparemment la France qui vit en autarcie grace à ses paysans ? ). Ce que le graphique montre c’est qu’en Février 2010 il n’ y avait que très peu d’échange contrairement à aujourd’hui. Il y a donc eu en 2 ans une énorme croissance du mouvement des capitaux et cela devrait nous réjouir. Le transfert d’argent serait donc un secteur porteur d’avenir.

    Le problème des économistes est qu’il veulent que l’argent rentre sans devoir sortir de quelque part.

    Si tout le fric rentre en Allemagne, à un moment les autres pays seront à sec et les allemands seront autant en crise que les autres…pour éviter cela les allemands n’auront d’autre choix que de développer l’économie européenne ou d’inonder l’europe avec de l’argent

    Ce que le graphique montre aussi c’est que du fric il y en a de plus en plus…ce qui prouve que Mélenchon n’a pas tort dans ses analyses : le fric pour refonder l’économie ne manque pas !

    1. oui, l’argent qui va en Allemagne reviendra bien, mais sous forme de prêts, ce qui veut dire que les plus endettés le seront encore davantage, avec le poids des intérêts en plus, autrement dit, leur insolvabilité est certaine!
      Peut-on, doit-on « prêter » aux surendettés?

  25. Au choix
    Soit la France n’a pas donné de chiffre….
    Soit comme l’ont formulé beaucoup de bloggeurs les sommes sortant de France sont en SUISSE et paradis fiscaux hors U.E.;
    soit même les Français se passent de leur banque pour transférer les sommes,
    soit la France reçoit autant qu’elle en perd et elle est proche de zéro;
    soit les français sont sereins comme des vaches sacrées et laisse passer le train….

    Et si c’est pas une de ces explications je donne ma langue au chat…. Enfin je prête ma langue au chat!!!!!

    1. Comme tous les pays à fort déficit commercial, la France est « perdante » en avoirs monétaires et « gagnante » en marchandises dans la mesure où tous les pays de la zone euro avec une balance commerciale lourdement négative notamment vis-à-vis de l’Allemagne, elle fera faillite, forcément, surtout si on maintient l’euro! Et, dans ce cas, elle n’aura pas payé une bonne partie de ce qu’elle aura consommé, et le allemands n’auront pas consommé une bonne partie de ce qu’ils ont produits!
      Peut-on « manger » des avoirs monétaires quand ces euros n’existent plus du fait de l’éclatement de la zone euro?
      Et ce domino des faillites est pour très bientôt! Peut-être après les présidentielles?

  26. Ben moi, je ne suis pas vraiment d’accord avec la lecture qui est faite du graphique là…

    Vous mettez la Belgique à la 6ème place des perdants

    « Les perdants (les plus tristes en premier) : 1. Italie, 2. Espagne, 3. Irlande, 4. Grèce, 5. Portugal, 6. Belgique »

    Alors, je ne dis pas que c’est une erreur d’analyse, mais… il me semble qu’on peut distinguer des petits bouts de couleur cyan (bleu ciel très clair) juste au-dessous du rouge italien… et ce, sur les 5 derniers mois…
    C’est la Belgique qui mange grave depuis un semestre…

    1. N’est-ce pas PSDJ qui proposait de remplacer le dollar par l’euro comme monnaie internationale ?
      Est-ce que la classe des riches d’un pays a une monnaie différente de celles des classes moyennes et pauvres de ce même pays ? Quel est ce paradoxe qui voudrait qu’une monnaie soit uniquement nationale et ne permette pas les flux internationaux ? Ou qu’une seule monnaie soit capable de valoriser l’économie d’un pays ? Help

      1. @julien alexandre

        Oui il a écrit aussi dans le 1° des deux billets sur la dictature des monnaies de réserve ,
        « Sortir du non-système par la compensation keynésienne en bancor

        Si les États ont encore quelques forces pour combattre le parasitage financier de la monnaie, du crédit et de l’investissement, ils n’ont pas d’autre solution que de diviser la monnaie en étalon de crédit international et en étalons d’investissement nationaux ou régionaux. La monnaie de crédit internationale peut être le bancor, ou le DTS monétisé du FMI ou encore l’euro.

        Un étalon de crédit international est une monnaie qu’aucun État ne puisse emprunter sans l’autorisation juridique de tous les autres et sans paiement explicite de sa prime de crédit et de sa prime de change. Comme les lois de crédit et les lois d’investissement procèdent des États nationaux qui les font appliquer, il est impossible de soustraire l’étalon international de crédit à la captation d’un État ou des banques qu’il régule si cet étalon est une monnaie nationale.

        L’euro est impossible à sauver comme monnaie commune des euro-Européens sans réémission de monnaies nationales ou régionales. Le dollar est impossible à sauver comme monnaie du système politique étatsunien si les banques européennes peuvent l’émettre librement hors du contrôle de la Fed. Dès qu’une monnaie véritablement internationale sera émise dans le monde, alors les Chinois pourront y placer toutes leurs réserves de change. »

  27. Merci Monsieur Jorion pour ces informations.

    Est-ce que ces mouvements vont faire monter les prix de l’immobilier allemand et le DAX ou bien ces fonds sont déposés dans des établissements en Allemagne mais finalement réinvestis en Espagne/Italie ?

  28. La SUISSE anticipe l’arrivée au pouvoir en France, de JL MELENCHON !

    http://www.boursorama.com/actualites/la-suisse-entend-bien-mettre-fin-a-l-evasion-fiscale-vers-ses-banques-2e0f22bf11c9f60b11acc0005afddef2

    La Suisse entend bien mettre fin à l’évasion fiscale vers ses banques :
    Eveline Widmer-Schlumpf, le 5 avril 2012 à Berne lors de la signature de l’accord fiscal entre la Suisse et l’Allemagne
    La ministre suisse des Finances Eveline Widmer-Schlumpf a affirmé dans un entretien publié vendredi en Allemagne sa volonté de « mettre fin » à l’accueil par les banques de son pays de fonds non déclarés.
    « Nous avions par le passé un système juridique qui permettait d’investir de l’argent non taxé chez les banques suisses », a-t-elle reconnu dans cet entretien au quotidien économique Handelsblatt. « La Suisse a décidé de mettre fin à cela », a-t-elle ajouté.

  29. Expliquez moi comment un euro placé sur une banque Française sera plus sauvegardé (conservera mieux sa valeur) s’il est déplacé vers un compte Allemand. C’est le même Euro, non ?
    Merci.

  30. Découvrez la liste des 44 plus grandes fortunes françaises exilées en Suisse.

    Par ici la sortie ! Les grosses fortunes quittent à nouveau la France. C’est la conclusion de l’étude que vient de publier le magazine économique de suisse romande, Bilan, sur la présence des exilés fiscaux en Suisse, et intitulée « Les 300 plus riches de Suisse ». Le magazine Bilan, qui publie cette enquête chaque année depuis douze ans, ne mesure pas le flux d’entrants, mais affirme que sur les 300 plus grosses fortunes résidant en Suisse, comptabilisées avec un patrimoine d’au moins 100 millions de francs suisses (81,5 millions d’euros), il y a aujourd’hui 44 exilés français pour un patrimoine total de 36,5 milliards de francs suisses, soit un peu moins de 30 milliards d’euros. Il y a dix ans, on en comptait dix-sept. Et sur ces quarante-quatre, on compte treize milliardaires en francs suisses.

    Parmi ceux-ci, on compte chez les Français la famille Wertheimer, propriétaire de Chanel, mais aussi les familles Castel (vins), Primat (héritier Schlumberger), et Benjamin de Rothschild (Compagnie financière Edmond de Rothschild), toutes quatre basées à Genève et dotées d’un patrimoine supérieures à 2 milliards de francs suisses (1,63 milliards d’euros), jusqu’à 4 à 5 milliards, estime le magazine, pour les familles Wertheimer et Castel (voir le détail de chaque famille dans le tableau ci-dessous).

    Si ces grandes familles du capitalisme français avaient quitté la France depuis longtemps, l’intérêt de l’enquête menée par le magazine Bilan réside dans l’identification de nouveaux entrants dans la liste des 300. Une entrée qui ne signifie pas nécessairement qu’ils viennent de passer la frontière, car ils peuvent être résidents suisses depuis dix ans et n’avoir été identifiés que récemment par le magazine. Ainsi en est-il de la famille de Nicolas Puech, qui a fait parler d’elle en se désolidarisant du reste de la famille Hermès lors de l’entrée par surprise de LVMH au capital de la maison de luxe, des frères Zorbibe qui ont vendu il y a longtemps Lancel au groupe Richemont, ou encore des frères Gabriel et Raphaël Harari, qui ont cédé en 2007 leur laboratoire pharmaceutique Negma à un génériqueur indien.

    En revanche, d’autres sont bien arrivés récemment en Suisse, comme le français Denis Dumont, qui a fait fortune en créant et rachetant des enseignes de produits frais de qualité à prix discount, via son enseigne Grand Frais, ou Bruno Moineville, actionnaire aux côtés de Patrick Drahi et du fonds Cinven de Numericable, et arrivé discrètement à Vaud il y a près de trois ans.

    Au secours, la gauche revient !

    Si le flux s’accélère nettement depuis dix-huit mois, c’est en raison de la suppression du bouclier fiscal, que l’on voit venir depuis 2010, et de la perspective de voir revenir la gauche au pouvoir lors des élections de 2012 :

    « comme en 1981, la crainte de l’élection d’un président de gauche en France qui va devoir accroître la pression fiscale sur les plus riches pour satisfaire son électorat, incite nombre de Français à organiser leur sortie de France avant même l’élection », affirme, après moults entretiens avec les intéressés, le rédacteur en chef du magazine Bilan, Stéphane Benoît-Godet.

    http://www.latribune.fr/vos-finances/impots/fiscalite/20111201trib000668201/decouvrez-la-liste-des-44-plus-grandes-fortunes-francaises-exilees-en-suisse.html

  31. Les riches nous quittent…
    S’ils laissent leurs bicoques inoccupées sur la Riviera ou ailleurs pourra t-on s’y installer ? Peut-on s’inscrire sur des listes d’attente ?
    Merci de me tenir informé car je n’ai pas encore réservé pour les prochaines vacances.

  32. Ce graphe donne une tendance mais il est bon de prendre du recul et d’analyser la situation à froid:
    1 Les banques ont toujours des mouvements de transactions opaques en Europe et dans le monde.

    2 Ce graphique représente des mouvements de fonds qui restent encore dans les frontières européennes.C’est un moindre mal (voir n°1)

    3Il y aura toujours des différences entre pays européen, le « lissage budgétaire » ne sera jamais homogène.Des années seront nécessaires pour s’en rapprocher.C’est une question de patience…

    4Le vrai challenge européen est d’avancer ensemble contre l’attaque financière venue d’Asie et tout particulièrement de Chine.Encore une fois, il faut prendre du recul et ne pas sombrer dans le protectionnisme national.

    1. Challenge ? quel challenge ? Ou avez-vous vu un challenge ?
      Le Monde vu comme un concours entre équipe sportive.
      Le sport a des capacités de simplification étonnante!
      Reste plus qu’à dire : » que la meilleure équipe gagne! » dans le pur style
      tautologique darwinien.

      Méthode Coué ? Pascalienne ?  » Croyez, croyez les yeux fermés aux évidences,
      il en restera toujours quelque chose. »
      C’est beau, et la conviction et la patience qui permettra de confirmer cette conviction. Ou qui ne la confirmera pas .

      Les laissés pour compte de cette joyeuse fête sportive ne vous remercieront pas.
      Ils auront serré les dents, enduré toutes les épreuves que vous leur proposiez,
      tout en en sachant la vanité. Le gagnant nouveau n’est là que pour justifier
      ce jeu pourri.

      Ecoutez, pour une fois, une seule fois, un court instant,
      mettez vous à la place des perdants de votre jeu-épreuve.
      C’est un challenge que je vous propose:
      le jeu auquel vous êtes convié à votre corps défendant est pipé ;
      intrinsèquement, peu de gagnants, beaucoup de perdants.
      Il n’est pas fait pour faire gagner mais pour entériner un état de fait,
      le reproduire et le justifier.
      Soyez honnête, dépouillez vous de tous vos avantages.
      Y jouez-vous toujours ?

  33. Paul Jorion explique le problème du Titanic “ZONE EURO” :

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=35925

    A la fin de son article, Paul Jorion écrit cette phrase très importante :

    “N.B. : La Suisse n’étant pas dans la zone euro, les mouvements de capitaux vers la Suisse n’apparaissent pas sur le graphique.”

    Cette phrase est très importante car elle montre du doigt un pays en-dehors de la zone euro : la Suisse.

    Un journaliste, Antoine Peillon, explique parfaitement la place prépondérante que la Suisse occupe pour les Français riches qui cachent leur argent. Je remercie l’internaute de ce blog, Hervey, qui a mis en lien la vidéo du journaliste Antoine Peillon.

    Entre 150 000 et 200 000 Français riches cachent leur argent dans des paradis fiscaux. Cela représente une somme de 260 milliards d’euros. Pour un tiers des Français qui cachent leur argent, la Suisse est leur destination. Ah, la Suisse …

    Regardez cette video de 8 minutes, qui est ahurissante :

    http://dai.ly/Hw4zME

    1. Paul Jorion explique le problème du Titanic “ZONE EURO” :
      Perso j’ai rebaptisé le Titanic « DARWIN ». ça me permet de mieux suivre.

      1. BasicRabbit, je crois que vous confondez darwinisme et darwinisme social qui est une interprétation aberrante de la théorie de Darwin. La lutte pour la survie n’a rien a voir avec la concurrence libre et non faussée de l’ultralibéralisme capitaliste qui est, au fond, ce qui semble vous révolter avec raison. Il n’y a aucun besoin de chercher à détruire le darwinisme pour faire cesser cet amalgame, à mon avis. Le darwinisme a incorporé de nombreuses modifications et n’en est ressorti que plus cohérent encore.

      2. @ mor
        Je fais cet amalgame de façon entièrement consciente pour la raison suivante:
        1) Le conflit est universel (Héraclite).
        2) René Thom a fait une théorie générale du conflit.

        Il en résulte que:
        « les situations dynamiques régissant l’évolution des phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l’évolution de l’homme et des sociétés. » René Thom, Stabilité structurelle et morphogénèse, conclusion.

      3. Justement, Basic, si nous sommes dotés de raison, c’est bien pour s’en servir et réorganiser, de notre mieux le monde autour de nous afin de disparaître moins vite. Si le conflit est universel, la gestion de celui-ci l’est aussi.

        Le darwinisme est une description de l’évolution de la vie dans la Nature, le darwinisme social lui, est une théorisation de la gestion de la Nature élaborée sur des préjugés de tous bords et prétendument scientifique – démesure entre les échelles de temps, assimilation abusive du concept de sélection naturelle à une sorte d’échelle de mérites, j’en passe et des meilleures* – qui a donné le départ, conjointement au racisme scientifique, de la course décomplexée – c’est toujours la même vieille ficelle – aux ressources à travers le globe. Pourquoi donc, reprocher au darwinisme cette aberration ? Faut-il aussi reprocher à la tectonique des plaques que certains l’appliquent à l’organisation politique de l’Europe ? C’est tout de même bien loin au-delà de la limite du raisonnable, non ?

        D’autre part, la théorie de Darwin peut bien sûr se critiquer, ça se fait constamment et elle est maintenant beaucoup plus fine qu’avant, mais sans oublier que le bagage accumulé par la génétique pèse certainement plus que l’analyse topologique à l’heure d’en évaluer la justesse.

        * mon avis sur la doctrine du darwinisme social peut se résumer à ce que dit Voltaire par Pangloss interposé : Les malheurs particuliers font le bien général, de sorte que plus il y a de malheurs particuliers, et plus tout est bien.

      4. @ Mor
        Je tombe sur votre commentaire du 15:04/12 19:57
        Pour moi, à la suite de Thom, la théorie darwinienne et néo-darwinienne est dramatiquement insuffisante pour expliquer l’évolution.
        Toute son oeuvre philosophique est là pour en témoigner et tenter de convaincre.

        Vous parlez de tectonique des plaques. Les théories actuelles sont également dramatiquement insuffisantes. Thom a consacré un article à dénoncer ces insuffisances (Apologie du logos: « Tectonique des plaques »).

    2. Sur cette vidéo on apprend que des milliards échappent au fisc, et que des « circuits de retour » ramènent quelques dizaines de millions vers certains partis politique. C’est vraiment acheter la complaisance pour pas cher !

  34. Amsterdam, 15 avril 2012

    @ tous

    Hier, le 14 avril, le journal du soir NRC Handelsblad aux Pays-Bas, publiait un article écrit par Caroline de Gruyter au sujet de l’exode existant et menaçant des richards de la France vers.. notamment la Belgique. « Le richard français s’en va pour la gauche » (De Franse rijkaard vlucht voor links).

    http://digitaleeditie.nrc.nl/NH/2012/3/20120414___/1_08/index.html#page8

    Les chiffres mentionnés, les faits, les sources et les acteurs mentionnés par Caroline de Gruyter m’ont impressionnés.
    Les Français établis en Belgique, plus ou moins 180.000 personnes (!), ne paient pas d’impôt sur le patrimoine, et, en cas d’être auto-employés, ne paient guère d’autres impôts en Belgique. Ils et elles ont leur propres lycées en Belgique avec des milliers d’enfants français. Ils ont leur propre hebdomadaire, Juliette et Victor, sous redaction d’un certain Alain Lefebre.
    (voir: http://www.jvmagazine.be/index.html ).

    Je vous propose de me dédier à un brouillon d’une traduction de l’article de Caroline de Gruyter, si cela vous intéresse.

    Bien à vous tous,

    Johan Leestemaker

    1. Johan, les 180.000 Français en Belgique ne sont pas tous des exilés fiscaux ! Maintenant il est vrai que dans le petit Paris (Ixelles) et le XXIème arrondissement (Uccle), il y en a quelques-uns !

    1. « Juliette&Victor a pour fait découvrir la Belgique aux Français qui s’y installent et aux Belges de re-découvrir leur pays. »

      « … a pour fait découvrir … »

      Êtes-vous sûr que ce soit écrit par des francophones ?

  35. @ Julien @ Paul

    Alors, une occasion pour des observations participatives du coté des étudiant(e)s de l’Université Libre à Bruxelles?

    Comme le disait le déploré Thomas Sankara, ‘Libérez votre génie créateur’.

    Le financement par le ministère des finances de la France ne me paraît pas trop compliqué…

    😉

  36. Antoine Peillon, « Ces 600 milliards qui manquent à la France », édition Seuil.

    600 milliards d’euros : c’est la somme astronomique qui se cache depuis des décennies dans les paradis fiscaux, soit près de 10% du patrimoine des Français. Comment cette évasion fiscale massive a-t-elle été rendue possible ? Et pourquoi l’évasion de ce patrimoine fait-elle l’objet d’une telle omerta judiciaire, alors que les institutions de contrôle, la police, la justice, la douane, les services de renseignements, etc. en possèdent l’essentiel des preuves ? Quand on connaît la situation des comptes publics de la France, la question mérite d’être posée…

    Exploitant une somme impressionnante de données ultraconfidentielles, l’auteur de ce livre met pour la première fois au jour l’étendue, les circuits, les mécanismes secrets de cette gigantesque fraude fiscale. Il montre quelles techniques sophistiquées, et parfaitement illégales, utilise une grande banque étrangère pour opérer sur le territoire français, pour approcher les fortunes privées, celles du showbiz, du sport et des affaires. S’appuyant sur des témoignages exceptionnels, il révèle comment s’organise l’impunité de tous ceux qui participent à ce système qui soustrait à la France une part colossale de sa richesse nationale. Où l’on croise alors d’autres réseaux et circuits de financement, politiques cette fois…

    http://www.amazon.fr/Ces-600-milliards-manquent-France/dp/2021081222/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1334500224&sr=1-1

    1. Pour compléter le commentaire 50 de tur.
      Le Monde du 14 avril « Après Londres et Berlin, Vienne va taxer ses évadés fiscaux en Suisse ».
      Rubik sur l’ongle certainement, on découvre que la théorie du ruissellement s’applique également à l’évasion fiscale, au même titre qu’aux revenus.
      Pour des avoirs estimés à 20 Ma les finances publiques pourraient récupérer la modeste somme de ….50 Mo/an, soit 1/400.
      Un beau succès pour l’Autriche mais aussi pour la Suisse, c’est ça ou alimenter les caïmans nous apprend l’article.
      http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/04/13/apres-londres-et-berlin-vienne-va-taxer-ses-evades-fiscaux-en-suisse_1685234_3234.html
      Extrait :
      « Outre-Atlantique, le différend est loin d’être résolu. Onze banques, dont Credit Suisse, sont dans le collimateur de la justice américaine, soupçonnées d’avoir aidé des milliers de contribuables à frauder le fisc, et d’avoir récupéré certains clients du géant UBS, pris la main dans le sac en 2009. Berne négocie une sortie de crise globale, qui devrait être assortie d’une forte amende ».

      Le Monde du 5 avril titrait : « Berlin et Berne s’accordent pour faire payer un peu plus les fraudeurs allemands »
      http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/04/05/berlin-et-berne-s-accordent-pour-faire-payer-un-peu-plus-les-fraudeurs-allemands_1681255_3234.html?xtmc=evades_fiscaux_suisse&xtcr=1
      Accord soft contre lequel l’opposition entre en fronde
      « Un accord qui garantit l’anonymat des fraudeurs et qui ne donne même pas à l’administration allemande les droits [accordés par la Suisse] au fisc américain, ne peut remporter notre adhésion », a dénoncé le chef de file parlementaire des Verts, Jürgen Trittin

  37. Amsterdam, 15 avril 2012

    Quelques-uns?

    Réfléchissons…

    Paris Gare du Nord – Bruxelles Midi: en TGV 1 heure et 25 minutes.
    (à comparer avec tous ces employés de chez Philips qui voyagent cotidiennement entre Amsterdam Amstel et Eindhoven: 1 heure et 14 minutes, et eux, sans croissants, sans café, et à basse vitesse..).

    http://www.assemblee-nationale.fr/12/rapports/r3246.asp

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Expatriation_fiscale

    http://frerealbert.be/fiscalite/impt-sur-la-fortune/la-belgique-ses-frites-sa-bire-ses-refuges-pour-grosses-fortunes/

    http://archives.lesoir.be/les-emigres-fiscaux-la-belgique-et-en-particulier-bruxe_t-20101204-015JDQ.html

    http://forum.actufinance.fr/immigres-fiscaux-P127342/

    😉

    J’estime que nous avons retrouvé un morceau des 600 milliards manquant à la France.

    Bien à vous,

    Johan Leestemaker

  38. Un documentaires des plus explicites sur la puissance de la finance, les paradis fiscaux etc…..
    Les politiques sont bien dénués de moyens face à ces mastodontes fuyants.
    Un documentaire que ne renierait pas Marc Roche.
    Horaires indiqués non garantis, je viens d’en découvrir la seconde moitié ce dimanche soir vers 18h00.
    La City : Finance en eaux troubles
    Rediffusion le :
    lundi 16/04/2012 à 17h15, samedi 21/04/2012 à 15h20, dimanche 22/04/2012 à 09h00
    Durée : 52 minutes

    Ce document a déjà été diffusé en octobre 2011.

    http://www.larecherchedubonheur.com/article-la-city-la-finance-en-eaux-troubles-connait-ton-ennemi-citoyen-87539639.html

    http://www.dailymotion.com/video/xlpx1f_documentaire-city-de-londres-la-finance-en-eaux-troubles_news

  39. Cela me fait bien marer !

    Cette Europe c’est bien la « libre circulation des biens et des personnes »….
    Il suffit donc que cela ne circule pas dans bon sens pour que l’on pleure !
    Falait peut-être y penser avant de signer les traités non ?
    Je note sur ce graphe de Bberg, qu’il y a de la perte en ligne. Les capitaux sortent de l’Europe et cela signifie que l’avenir en Europe n’a pas le vent en poupe !

  40. Pour quelle raison les grands médias ne parlent pas de ces mouvements de fond ? Auraient-ils des consignes ?

    1. oui, des consignes étoilées comme la bannière européenne, c’est lorsqu’on ramène ses bouteilles vides qu’on manque de liquidités, on cherche du cash !

  41. Lors de la création de l’euro et de l’euro-système, l’Allemagne a insisté pour que les banques centrales nationales continuent à exister indépendamment et des comptes des transferts nationaux soient faits. C’est pour cela que l’on est capable de mesurer ces transferts.

    Oui, les intervenants sont en train de commencer à dénouer l’euro. En particulier, certaines banques changent de statut en passant par exemple de banques locales à filiales de la banque mère pour bénéficier de sa nationalité histoire de ne pas être victime des dévaluations en cas d’éclatement de l’euro.

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