LE VIF/L’EXPRESS, Le jour où l’on voulut moraliser la finance, 12 – 18 avril 2012

Ma chronique pour l’hebdomadaire belge. L’article, sous la forme où il a paru.

Le 23 octobre 2008, c’est le jour où l’on a voulu moraliser la finance. Le projet a suscité l’enthousiasme. Il est même devenu si populaire qu’on imagine depuis que l’idée est une idée ancienne et qu’on a « toujours » voulu moraliser la finance. Or, ce n’était pas le cas, l’idée était neuve : avant, on pensait autrement.

L’idée était dans l’air cependant. Un peu moins d’un mois auparavant en effet, le 25 septembre, M. Sarkozy, président de la République Française, avait prononcé le Discours de Toulon, où il disait ceci :

« La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme, le refonder sur une éthique, celle de l’effort et celle du travail […] L’autorégulation pour régler tous les problèmes, c’est fini. Le laisser-faire, c’est fini. Le marché tout-puissant qui a toujours raison, c’est fini. […] Si l’on veut reconstruire un système financier viable, la moralisation du capitalisme financier est une priorité. »

Si je retiens plutôt la date du 23 octobre, c’est que ce jour-là, une commission du Congrès interrogea assez rudement pendant quatre heures M. Alan Greenspan, président de 1987 à 2006 de la Federal Reserve, la banque centrale américaine, à propos de la « main invisible » évoquée en son temps par le philosophe écossais Adam Smith (1723 – 1790), une main invisible guidant l’économie vers le plus grand bien-être de la communauté dans son ensemble, et résultant des actions égoïstes des hommes et des femmes dont les actes combinés constituent l’activité économique.

Dans son fameux ouvrage intitulé La richesse des nations (1776) Adam Smith écrivait ceci : « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n’est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c’est toujours de leur avantage ».

Quel rapport me direz-vous entre la moralisation de la finance et la main invisible d’Adam Smith ? Eh bien, le rapport est très simple : en cet automne de l’année 2008, la première est appelée à remplacer la seconde. La moralisation de la finance est invoquée comme le moyen d’empêcher les catastrophes financières – comme celle qui vient alors d’avoir lieu à la suite de la faillite de la banque d’affaires Lehman Brothers – parce que la main invisible d’Adam Smith a échoué à le faire (*).

Parce que depuis l’époque d’Adam Smith, on y a cru, à la main invisible : on a cru que « les vices privés font les bénéfices publics », comme disait Bernard Mandeville (1670 – 1733), un prédécesseur hollandais du philosophe écossais. Avant eux, on pensait comme on pense à nouveau depuis le 23 octobre 2008 : que pour moraliser la finance, il faut que les financiers adoptent un comportement moral.

Comme son prédécesseur Galilée, Alan Greenspan finira par abjurer sa foi. Le Congressman Henry Waxman l’accuse : « Vous étiez sans aucun doute l’avocat le plus éloquent de la dérégulation. Vous avez été un partisan convaincu du laisser-faire envers les marchés dont vous attendiez qu’ils se régulent eux-mêmes. […] La question que je vous adresse est très simple : « Vous êtes-vous trompé ? » » Et Greenspan de lui répondre alors, et dans le style qui lui est habituel : « J’ai dû constater une erreur dans le modèle qui me semblait être la structure fonctionnelle essentielle définissant la manière dont opère le monde ».

On apprendrait en 2010 qu’au plus fort de la crise, la firme Goldman Sachs avait, avec l’aide de hedge funds, créé des titres financiers constitués de prêts subprime, conçus pour être délibérément de la pire qualité possible, pour pouvoir parier sur leur toxicité, tandis que les clients de la firme étaient encouragés à parier eux sur leur bonne santé. La stratégie contribuait bien entendu à précipiter l’effondrement du système financier tout entier. Cela confirmait, sans grande surprise, que quand les choses vont mal, le comportement égoïste peut consister à se précipiter vers la porte de sortie, en piquant même au passage le portefeuille de ceux qui se font piétiner.

Certains, par leur attitude en 2008, avaient donné tort à Alan Greenspan, et à la malheureuse main invisible d’Adam Smith. Du coup, le seul choix qui nous reste, c’est de moraliser la finance !

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(*) C’est Michèle Leclerc-Olive qui a attiré l’attention sur le renversement qui a lieu alors, sur le fait que l’on s’est mis à parler de « moraliser la finance » alors que l’on supposait jusque-là que la finance s’autorégulait.

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131 réflexions au sujet de « LE VIF/L’EXPRESS, Le jour où l’on voulut moraliser la finance, 12 – 18 avril 2012 »

  1. GOTO : Du coup, le seul choix qui nous reste, c’est de moraliser la finance !

    THEN : Le 23 octobre 2008, c’est le jour où l’on a voulu moraliser la finance.

    IFTHEN

    GOTOGOTO.

    IFGOTO

    GOTOTHEN

    J’aurais dû suivre vos cours d’intelligence artificielle, parce que j’arrive qu’à faire des boucles…

      1. Pensez donc, parfois je fais même du sur place, voir je recule. Là en revanche Number One au moins sur le papier ! Les premiers seront les derniers, les derniers seront les premiers. J’ai mis toutes les chances de mon côté là, une synthèse de lieu et de temps ! Comme quoi rien ne sert de courir, il faut partir à temps. Mais c’est vrai je ne suis pas doué en programmation, ni en moralisation.

    1. @ Dr Georges Clownet
      « J’aurais dû suivre vos cours d’intelligence artificielle, parce que j’arrive qu’à faire des boucles… »
      Essayez l’intelligence naturelle…

      1. IL FAUDRAIT POUR CELA un débat démocratique, donc contradictoire, entre humains qui ne sont pas forcément du même avis ou même à des niveaux de connaissance, de compétence, différents.
        Il faudrait une Assemblée élue à la proportionnelle intégrale, avec représentation à partir de 5 % des suffrages par rapport aux inscrits sur les listes électorales.

        Et il faudrait pouvoir associer les citoyens intéressés et/ou plus compétents en leur domaine, dans des structures institutionnelles publiques utilisant les moyens technologiques de communication par Internet.

        Cela peut-il être le début du chemin ?

    1. @ JLB

      Moraliser la Finance ?

      Tout comme vous, je me pose cette question simple dans la forme, mais complexe dans le fond.
      Et en plus je ne suis pas expert sur le sujet (donc je ferais peut-être mieux de me taire… mais bon)
      Si nous voulons la moraliser, c’est qu’il nous faut à minima la réformer. La réformer comment ?
      En y « refondant » essentiellement ce qui n’y marche pas, soit le capitalisme économique tel qu’il «s’auto-organise».

      La «loi» naturelle qui est fixée à tout être vivant, c’est qu’il soit mortel. La notion de mortalité n’est pas inscrite en marge du vivant, mais est un élément essentiel, car elle favorise le changement de l’organisation générale du vivant en permettant à chacune de ses branches de s’ajuster, de se corriger ou de modifier sa contribution à ce qui l’environne.
      « Mourir n’est pas mourir ; mes amis ! C’est changer ! »
      de Alphonse de Lamartine
      Extrait de – La mort de Socrate
      À la différence d’un organisme vivant, le capitalisme institue lui-même ses propres lois et cela sans fin. Il ne s’adapte et ne répond profondément qu’à ses propres stimuli.
      En cela il peut développer une forte capacité de résistance aux désordres.
      Mais, mieux, ce désordre sert de «fabrique » à de nouveaux stimuli.
      Cependant son système de correction et de régulation fluctue en fonction des conditions externes de la production.
      En cas de défaillance de cette dernière, «l‘organisme» s’emballe. Car il ne peut croître qu’en utilisant , qu‘en s’accaparant d’autres ressources que celles dont ils disposent déjà et qu’il ne peut inventer. Son action est donc, in fine, de détruire plus et toujours plus en quantité croissante. On peut donc parler d’une auto-régulation perverse en comparaison à l’auto-organisation du vivant. Le premier ne «voulant» pas mourir, tandis que le second ne vit qu’en mourant.

      Que serait alors une finance sans ce capitalisme ?
      Un marché où se négocie toujours des accords entre les parties, de biens et de services réciproques. Les conditions ou conventions de ce marché, seraient moralisées donc dans les termes suivants :
      – Principe d’intangibilité en égalité des personnes qui participent au marché.
      – Marché légitimé par le fait qu’aucune partie en biens et services échangés n’est la possession d’aucune autre.
      -Que toutes choses mises sur le marché correspondent à une offre et à une demande des parties libres et égales au droit du marché nommé.
      – Chaque homme, chaque femme ou groupe ainsi reste libre partageant ce marché comme un héritage vivant et commun.

    2. à JLB
      « Moraliser la Finance ?
      On fait comment ? »
      Pourquoi pas demander aussi à Bachar de Syrie d’aimer son prochain .

  2. Et s’il y avait deux mains invisibles?

    Celle d’Adam Smith supposée s’activer en permanence, et une seconde n’intervenant qu’aux moments opportuns pour perturber la première afin d’en tirer un profit politique en termes de gouvernance mondiale?

    Par certains aspects, l’étrange laisser-faire autour des subprimes et des dettes souveraines semble indiquer que quelque chose a saboté la mécanique de régulation décrite par A. Smith.

    Une super main invisible, plus égoïste que la totalité des milliards d’autres, ne serait-elle pas à l’œuvre?

  3. M. Jorion, j’ai tjrs été étonné de voir la ferveur candide avec laquelle vous présentiez comme fondateurs les propos tenus à Toulon par M. Sarkozy.. Deux raisons à cela : l’appel à quelque chose de l’ordre de la « moralisation » de la finance était tout sauf nouveau culturellement en France (cf Attac). Secondo, pour tout observateur un tant soit oeu averti, M. Sarkozy déjà à cet époque n’était absolument pas crédible car accompagné d’une réputation de faiseur de coups de com sans pareille. Aptitude qui lui permit d’accéder à la fonction qui est encore la sienne pour qques jours. Il traita la méga-crise de 2008 comme il exploite les faits divers les plus sensationnels: il surfe sur l’actualité, récupère tout ce qui peut servir ses intérêts, et fait à chaque fois un coup médiatique. A l’époque il s’avère qu’il récupéra ausi la fenêtre avec (mise en) vue exceptionnelle sur les affaires du monde du fait qu’il présidait aux destinées de l’Unipn Européenne ! Le costume était bcp trop grand pour lui mais le personnage sait se gonfler d’importance pour donner le change. Ainsi fit-il sensationnellement illusion, remarquablement servi en cela par des gens comme M. Askolovitch qui affubla M. Sarkozy intervenant dans la cadre du G20 du titre tout à fait crédible de « Maitre du monde » ! Excusez du peu ! Ce fut l’acmé du règne de notre historique imposture !

    Aujourd’hui, à la lumière de ce billet intéressant, je comprends mieux pourquoi ce décalage chez vous : il est d’ordre culturel. Et s’explique par le fait que vous aviez quitté la France depuis fort longtemps et que vous aviez depuis baigné en pleine culture anglo-saxone pétrie de libéralisme auto-régulateur.

    Doctrine honnie en France mais imposée par nos élites envers et contre une majorité. Majorité qui s’exprima puissamment à l’occasion du référendum sur le TCE du 29 mai 2005. Une date réellement fondatrice du refus de la mondialisation auto-régulée imposée au peuple français au nom de la soi-disant construction européenne.

    1. Ah Pietro ! Peut-on être davantage à côté de la plaque que vous ? Je ne le pense hélas pas.

      En février 2009 (ça fait une paie !), j’écrivais entre autres ceci dans un billet intitulé Mr. Sarkozy et moi. Soyez gentil de le lire attentivement.

      Plusieurs d’entre vous me reprochent d’attacher trop d’importance à ce qui est dit et pas assez à ce qui est fait. Ce qui aura été fait comptera à l’arrivée bien davantage que ce qui aura été dit. C’est bien simple : seul comptera vraiment ce qui aura été fait. Mais je vois peut–être davantage que certains d’entre vous que nous ne sommes pas aujourd’hui dans la répétition du même : nous nous trouvons à l’un de ces tournants que l’on appelle « historiques » : des événements de ceux dont on parle encore mille ans plus tard. Et c’est pourquoi, dans la situation présente, il n’y a pas de recettes toutes prêtes, il n’y a pas de solution-miracle que « tout le monde sait bien ».

      En m’identifiant, en m’assimilant pleinement, à ce que je dis, je ne tends de piège à personne : je me contente de voir dans les êtres humains des êtres de raison, adhérant pleinement à ce qu’ils disent. Je n’en définis pas moins un terrain : j’établis cela automatiquement comme une norme et j’exige du coup la même rigueur de quiconque parle en face de moi, même si ce qu’il dit a été écrit par quelqu’un d’autre dont c’est le métier. Cette exigence de ma part, c’est peut-être trop demander à certains, mais cela, je ne peux le préjuger.

      1. @ Paul Jorion
        Dans l’étude de la mécanique des fluides il y a deux approches: celle d’Euler où l’on regarde les particules défiler en un point fixé par l’observateur. C’est la position eulérienne qui est essentiellement adoptée sur ce blog: les billets défilent…
        L’autre approche est lagrangienne: l’observateur s’identifie à une particule de fluide qui se déplace.
        L’idée de reprendre quelques particules/billets jugés fondamentaux comme celui que vous citez et de les suivre dans leur mouvement pourrait être intéressante.
        Cela peut ouvrir des perspectives, surtout en finance. Le lien entre les vitesses des particules dans les deux cas n’est pas immédiat (théorème de dérivation particulaire).

      2. Vous m’excuserez mais je ne vois pas en quoi ce que vous écriviez en 2009 invalide en quoi que ce soit mon propos. Je persiste et signe. Peut-être finalement êtes vous dans une position analogue à celle de M. Sarkozy. N’y voyez pas une accusation. Un simple constat sous forme d’hypothèse vraisemblable.

        Ce n’est pas parce que vous êtes cohérent sur l’ensemble de votre oeuvre que vous êtes en tout pertinent ! Vous pouvez commettre des erreurs d’appréciation sur certains détails plus ou moins conséquents qui ne remettent pas pour autant en cause l’intégralité de votre production.

        Les propos de M. Sarkozy à Toulon n’étaient pas impertinents en France ; au contraire ils étaient la consécration d’une douzaine d’années de dénonciation de la logique à l’oeuvre au sein de la mondialisation, dénonciation menée principalement, mais pas exclusivement, à l’instigation d’Attac.

        Ces propos étaient tout simplement incongrus dans la bouche de ce personnage. Plus mauvais service ne pouvait être rendu à l’impératif de moralisation de la finance prononcé ce jour-là que de voir cette feuille de route prescrite par le plus haut personnage de l’Etat dont la parole était déjà et de longue date totalement déconsidérée, décrédibilisée (vidée de son capital confiance).

      3. @ Pietro

        Plus mauvais service ne pouvait être rendu à l’impératif de moralisation de la finance prononcé ce jour-là que de voir cette feuille de route prescrite par le plus haut personnage de l’Etat dont la parole était déjà et de longue date totalement déconsidérée, décrédibilisée (vidée de son capital confiance).

        Vous avez raison Pietro, mieux vaut que cette parole soit portée par quelques factions éparpillées et extrêmement minoritaires plutôt que par les personnages aux commandes des États et à-même de faire changer les choses, c’est évident…

      4. En effet lamajorité des observateurs sensés n’ont pas manqué de se demander qui allait moraliser le moralisateur ?

      5. Plus mauvais service ne pouvait être rendu à l’impératif de moralisation de la finance prononcé ce jour-là que de voir cette feuille de route prescrite par le plus haut personnage de l’Etat dont la parole était déjà et de longue date totalement déconsidérée, décrédibilisée (vidée de son capital confiance).

        Ben voyons, grosso-modo le problème du discours de Toulon pourrait selon vous se traduire ainsi :
        Dépêche AFP 25.09.08 : Les derniers mots d’Attac : «Sarkozy m’a tuer !».
        Je suis saisi d’effroi.

      6. @ Paul Jorion,

        je me contente de voir dans les êtres humains des êtres de raison, adhérant pleinement à ce qu’ils disent.

        Et sur un blog à ce qu’ils écrivent. Judicieux et pertinent.

        Question à la mord moi le noeud :

        Lorsque Sarkozy prononce le discours, à quel moment il a conscience de ce qu’il dit ? 1/2 seconde au mieux n’est ce pas, dans son cas je penche pour 2s plutôt ? Voilà l’explication, quand il a compris, c’était trop tard ! Quel blagueur cet Henri.

      7. N’est-ce pas là la pleine question posée de l’origine?
        Chaque fois que se pose la question de l’origine, toutes les manières à faire recroqueviller sont possibles…
        Cette question de l’origine déroule à jamais une manière et provoque une main mise.

        Peut-être que, quand la situation oblige, il faut alors très vite engendrer une origine « véritable ».
        Ainsi, l’origine se déclare après les faits, et l’origine vient à la suite!

        C’est troublant,
        et vous n’avez pas tord de vouloir desceller des origines aux faits qui encore n’en ont pas.
        Cela expose, habilite voire réhabilite des faits, autant qu’ils doivent se dire pour exister « appréhensibles » et avant même qu’ils ne soient compréhensibles.
        Il y a quelque chose dans la compréhension que la parole dépasse.
        S’efface avec une parole qui appréhende la question de l’origine.
        Cela au moins soulage!

      8. « je me contente de voir dans les êtres humains des êtres de raison. »
        C’est quoi un être de raison? Scholastique/BasicRabbit ou Savant Cosinus/Basdevant?

      9. Vous avez raison Pietro, mieux vaut que cette parole soit portée par quelques factions éparpillées et extrêmement minoritaires plutôt que par les personnages aux commandes des États et à-même de faire changer les choses, c’est évident…

        Julien, je sens pointer l’ironie dans votre propos, non ? Enfin quant à croire que notre Président du pouvoir d’achat, de la république irréprochable allait changer les choses dans le sens de ce fameux discours, là je suis prêt à changer de pseudo pour que vous l’accoliez au votre… d’autre part, ne soyons pas médisant envers des associations comme Attac, qui, si elle n’ont pas le pouvoir et la notoriété de notre cher, très cher Président, ont au moins le mérite d’exister et d’aider des causes fondamentales pour le peuple (se loger, se nourrir, etc…) et laissées à l’abandon par le pouvoir…

      10. @ Un naïf

        Ironique évidemment. Quant au calcul statistique permettant d’établir la probabilité d’une mise en œuvre politique par un chef de l’État par rapport à la probabilité d’une mise en œuvre par Attac, je n’ai pas les données d’entrée, mais mon petit doigt me dit que le différentiel justifie pleinement une forme relative de naïveté 😉

      11. Laisse tomber Julien, c’est désespéré…
        Quand le grand Charlot disait à Alger « Je vous ai compris ! » ou à Montréal « Vive le Québec librrre ! », il y « croyait » ? En tous cas on s’en fout, c’est dans les livres d’histoire et sur des bandes vidéos. Pareil pour Toulon, c’est, ce sera une date.
        Par contre pour les célèbres « veaux français », pas de vidéos, pas vraiment de livres d’histoire, mais pas de doutes non plus; ça on est sûr qu’il y croyait. Et vous êtes non seulement les héritiers de la preuve qu’il le croyait en connaissance de cause mais encore qu’il le dirait toujours.

      12. @Julien: « Ironique évidemment. »

        Tut, tut. T’es pris en flag de naïveté (un Naïf l’a relevé) et puis maintenant de mauvaise foi.
        Ton ironie portait sur « mieux vaut que cette parole soit portée par quelques factions éparpillées et extrêmement minoritaires » et non pas sur les facultés de changer les choses « des personnages aux commandes des États ». Tu le sais bien, évidemment, et sinon ta phrase n’aurait aucun sens.
        On n’est par ailleurs pas loin de l’attente des hommes providentiels et c’est pas la première fois qu’il est insinué ici, par toi mais aussi Paul, que le salut viendra d’en haut. C’est vite oublier que les Roosevelt n’apparaissent pas par miracle.

        @vigneron: « pas de doutes non plus; ça on est sûr qu’il y croyait »

        Tellement qu’on a essayé de l’assassiner à cause de ce mensonge (discours d’Alger).

        Ps: je vais le laisser tel quel pour bien montrer que j’écris parfois un peu vite: tu ne fais pas preuve de mauvaise foi et la dernière phrase m’avait échappé (« le différentiel justifie pleinement une forme relative de naïveté »). La critique de la fin de mon message reste pleinement d’actualité.

      13. @ Moi

        Je n’ai jamais dit que l’ironie portait sur autre chose que le premier membre de la phrase…

        Quant aux Roosevelt, je les préfère aux révolutions, et en régime parlementaire, pas besoin d’un Roosevelt, une majorité suffit, ce qui me va encore mieux que l’homme providentiel.

      14. @ Julien Alexandre Le Grand

        plutôt que par les personnages aux commandes des États et à-même de faire changer les choses, c’est évident…

        ce qui me va encore mieux que l’homme providentiel.

        Ces deux phrases sont de toi JA ? Ben oui puisque j’ai copié collé. Je te renvois à ton message à JDUCAC et sa fameuse liste contradictoire.

        Juste pour qu’on se comprenne bien, et on le peut aisément, les différences en fait sont tellement insignifiantes, on fait comme si, alors que partout sur ce blog, une mère n’y retrouverait pas ses petits, même JDUCAC, même lui, tout cela confine à la bêtise, et fait aussi partie du jeu. Bref Oui ? Non ? Votez 1, votez 2, je palpe aux SMS.

      15. Julien, Clown-né ? lent ???
        Méfie toi ce n’est qu’une impression trompeuse… En réalité ça fait trééééés longtemps qu’il est arrêté. J’crois même qu’il a jamais démarré ce poulet. Sais pas comment il a pu passer au triage… mystère…

      16. à Vigneron et à Paul Jorion.
        Le simple fait que les idées défendues par Attac pendant 10 à 15 ans soient reprises, même si c’est par un président de la République, ou, pourquoi pas, surtout si c’est par un président de la République, pourrait signer en effet l’arrêt de mort d’un mouvement. Mais une belle mort ! Une morte espérée ! En fait une consécration, ses idées étant reprises par le discours officiel.
        Mais Attac n’est pas mort ! Pourquoi ?
        A vous d’être perspicace . . .
        Le ridicule ne tue pas, j’assume . . .

      17. Boudiou, comme on dit à Toulouse
        que cette querelle sémantique est vaine
        Bon, Jorion dit que celui qui dit est ce qu’il dit (il veut le penser comme ça) et d’autres ont déceler chez certains une certaine propension à ne pas penser un traitre mot de ce qu’ils disent.
        Cela ne peut pas vous empêcher d’être d’accord,
        et les snipers Vigneron et Julien ne sont pas obligés de faire des cartons

        allez salut!

      18. La véritable histoire du fameux discours de Toulon , le 25 septembre 2008 .

        Bureau de monsieur Guaino , 2 septembre 7h55 .
        Le téléphone sonne , le conseiller du président décroche .
         » Allo , Henri ! Nicolas à l’appareil. Dis moi mon vieux , j’ai un discours à faire à la fin du mois à Toulon ! queq’chose autour de la moralisation du capitalisme ! Tu t’y colles de suite , et tu me ponds un truc très Gaulien !
        Le président raccroche .
        Henri Guaino compose un numéro .
        – Allo ! Bonjour monsieur Jorion . Dites donc , j’ai un petit soucis . . Mon chef me demande un texte autour de la moralisation du capitalisme , pour le 25 du mois . Mais bon , en ce moment , je suis surbooké , je termine l’écriture du prochain album de Carla ….
        …Non monsieur Jorion; pour Carla je peux m’en sortir seul , mais on m’a dit que vous étiez un peu connaisseur en matière dérégulation financière . Vous ne pourriez pas m’arranger ce coup là?Un petit discours de trois quarts d’heures irait très bien . »

        La suite , vous la connaissez .

      19. j’exige du coup la même rigueur de quiconque parle en face de moi, même si ce qu’il dit a été écrit par quelqu’un d’autre dont c’est le métier.

        La question de ce discours politique de Toulon ne semble pas être conforme à vos prémisses.
        D’une part l’orateur du discours n’est pas « en face de moi ». Nous ne sommes pas dans l’échange, serait-il verbal. Et d’autre part ce discours a été prononcé il y a 4 ans, il est historique, dans ce sens là aussi.
        Dans ce sens là ce qui a été dit et ce qui a été fait est un donné historique, toujours pas un échange.
        Je comprends bien et adhère à votre première affirmation « Ce qui aura été fait comptera à l’arrivée bien davantage que ce qui aura été dit. » La question est que l’arrivée est derrière nous, rien n’est advenu.
        Sauf à soutenir que l’arrivée pourrait être le fait d’un autre que le locuteur.
        Autrement dit il y a le dire et le faire, le faire dire et le dire faire, mais en ce qui concerne ce discours historique, le dit-ffère . . .

      20. Je comprends que l’éclat du discours présidentiel venait confirmer puissamment vos analyses à la face de la blogosphère ! Il est donc logique que vous vous en réclamiez régulièrement depuis.

        Mais en cela vous amoindrissez un peu votre crédit car en croyant l’accroître grâce à une sorte d’onction venue du discours présidentiel, vous focalisez votre attention sur le titre du personnage en occultant le fait que le personnage, dans l’opinion française à l’époque, et désormais internationale, ne jouissait aucunement de l’autorité attachée à sa charge.

        Et qu’au contraire, il est pour le titre en question et la fonction qu’il est CENSE incarner, un facteur d’abaissement de la dignité afférente. il rabaisse la fonction. Il désacralise le pouvoir. Il affaiblit la vitalité politique de l’entité France. Et donc la vitalité psychique du peuple France qui ne se reconnaît plus dans l’image que lui renvoie l’imposteur qui s’est glissé au sommet de la hiérarchie de l’ordre social tel qu’institué en « territoire d’exception » qu’est la France républicaine.

        En semblant a contrario cautionner la parole de Sarkozy, fut-ce avec des réserves d’usage insuffisantes compte-tenu de la réputation du personnage, vous renforcez le malaise en créant une situation incompréhensible si on se contente d’une lecture au premier degré. En d’autres termes, sur ce coup-là vous avez semblé jouer perso … plus ou moins à votre corps défendant !

      21. Et si, c’était exactement le contraire de ce que vous dites – comme j’ai la faiblesse de le croire ?

        Réfléchissez à mon « exactement le contraire »…

    2. « Lorsque Sarkozy prononce le discours, à quel moment il a conscience de ce qu’il dit ? »

      😀 Elle est bonne. Je pense que jamais il n’a compris ce qu’il a dit car celui qui a écrit le rapport sur lequel se base son discours, n’a pas pu lui expliquer tous les détails. C’est le coup de l’arnaque hongroise : hongrois qu’il comprend mais il n’a rien compris du tout.

    3. Cher vigneron, toi qui, grâce un don (ou à ta suffisance) sais d’ores et déjà ce que l’histoire retiendra, peut-être pourrais-tu aussi prédire l’avenir ?

      1. Naïf, nul besoin de lire le Loué dans le texte mon colon. Tout président de la cinquième en exercice produit – ou simplement déclame – quelques discours marquants, appelés à « rester », pas spécialement programmatiques ou emblématiques d’ailleurs. Et désolé mon chou, mais quoi qu’il arrive désormais, celui de Toulon en sera pour le quinquennat sur talonnettes (avec d’autres beaucoup plus emblématiques, Dakar, Latran, Grenoble…). J’y peux rien, c’est comme ça.

      2. à Vigneron

        « Tout président de la cinquième en exercice produit – ou simplement déclame – quelques discours marquants, appelés à « rester », »

        A mon avis , le fameux  » cass’toi pov con  » a plus de chance de rester dans l’histoire !

      1. à Vigneron

        « Tout président de la cinquième en exercice produit – ou simplement déclame – quelques discours marquants, appelés à « rester », »

        ==> à condition que le personnage en question ne se voit pas contester par l’Histoire cette qualité de président … issue la plus probable ainsi que le suggère Le Chat. L’ensemble de son « oeuvre » apparaissant alors comme imposture et tartufferie ! Les bonnes choses éventuelles étant emportées avec les mauvaises qui constituent le gros de la vague refluant devant le jugement de l’Histoire …

    4. « La parole est l’ombre de l’action ». De Démocrite

      Ce que je regrette, comme beaucoup d’autres ayant entendus le Discours de Toulon, c’est qu’il n’ait pas débouché sur des actions plus lumineuses. À cela finalement, rien d’étonnant. Ce discours et le défaut d’action qui s’en suivit, révéla comme autres paramètres s’il en faut, le niveau très élevé de dépendance, voire de soumission complice en intérêts, de nos plus hauts organismes politiques et économiques en place, aux grandes puissances financières. Comme dit Jorion je crois, la crise a agi comme un catalyseur pour mettre finalement en lumière ce qui était déjà, mais dans l’ombre : un système à l’agonie.

      Aparté : à la base de toute écoute et dialogue, il est de bon usage de se mettre à hauteur de son interlocuteur. Cela en souci d’équité, de la parole donnée par rapport à la parole reçue. Rapport qui implique, ipso facto, que le niveau d’élévation de la discussion directe ou indirecte ne peut être porté en préjudice par l’une sur l’autre des parties. Car chacune est en droit de maintenir son propre niveau d’exigence (que conforte la libre expression) et d’en accorder cependant, au moins crédit égal à l’autre partie. Honneur à elle d’en reprendre le flambeau ou pour les plus alertes la flamme. Il me plait donc de vous écouter, comme en retour il m’ est bon d être entendu,
      non pour nous dissimuler ou feindre nos différences, mais pour nous en enrichir. C’est bien le moindre mal que l’on peut se souhaiter.

  4. La main invisible apparait parait-il trois fois dans toute l’œuvre écrite d’Adam Smith dont deux fois dans la Richesse des Nations. Il faut donc bien chercher pour la trouver … (quelque part dans la seconde moitié du livre) ce n’était sans doute pas le concept central de l’auteur. Quant à la filiation Mandeville-Smith, elle n’est pas si directe que ça : il me semble me rappeler d’un passage de Smith (soit dans la Richesse des Nations, soit dans la Théorie des sentiments moraux, où Smith exprime son profond mépris pour Mandeville. Il faut se méfier des amalgames trop rapides.

    1. Extrait du manuscrit de mon livre à paraître, Les questions qui restent à résoudre:

      En fait, dans son œuvre écrite importante, Smith n’évoque la main invisible qu’à trois reprises. La première peut être ignorée puisqu’il ne s’agit que d’une allusion ironique à la « main invisible de Jupiter », dans son History of Astronomy, œuvre qui restera inédite de son vivant (Rothschild 2001 : 116). La seconde, c’est dans sa Théorie des sentiments moraux (1759), où il écrit que « Le produit du sol fait vivre presque tous les hommes qu’il est susceptible de faire vivre. Les riches choisissent seulement dans cette quantité produite ce qui est le plus précieux et le plus agréable. Ils ne consomment guère plus que les pauvres et, en dépit de leur égoïsme et de leur rapacité naturelle, quoiqu’ils n’aspirent qu’à leur propre commodité, quoique l’unique fin qu’ils se proposent d’obtenir du labeur des milliers de bras qu’ils emploient soit la seule satisfaction de leurs vains et insatiables désirs, ils partagent tout de même avec les pauvres les produits des améliorations qu’ils réalisent. Ils sont conduits par une main invisible à accomplir presque la même distribution des nécessités de la vie que celle qui aurait eu lieu si la terre avait été divisée en portions égales entre tous ses habitants ; et ainsi, sans le vouloir, ils servent les intérêts de la société et donnent des moyens à la multiplication de l’espèce. » (Smith 1999 [1759], Théorie des sentiments moraux, Léviathan, PUF, p. 257). On aura noté le très important « en dépit de leur égoïsme et de leur rapacité naturelle », très important du fait que les ultralibéraux contemporains veulent y lire plutôt un « en raison de leur égoïsme et de leur rapacité naturelle… », qui justifierait leur rejet idéologique de toute préoccupation morale ou éthique.

      Enfin, troisième mention de la main invisible, dans La richesse des nations : « Mais le revenu annuel de toute société est toujours précisément égal à la valeur échangeable de tout le produit annuel de son industrie, ou plutôt c’est précisément la même chose que cette valeur échangeable. Par conséquent, puisque chaque individu tâche, le plus qu’il peut, 1° d’employer son capital à faire valoir l’industrie nationale, et 2° de diriger cette industrie de manière à lui faire produire la plus grande valeur possible, chaque individu travaille nécessairement à rendre aussi grand que possible le revenu annuel de la société. À la vérité, son intention, en général, n’est pas en cela de servir l’intérêt public, et il ne sait même pas jusqu’à quel point il peut être utile à la société. En préférant le succès de l’industrie nationale à celui de l’industrie étrangère, il ne pense qu’à se donner personnellement une plus grande sûreté ; et en dirigeant cette industrie de manière à ce que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu’à son propre gain ; en cela, comme dans beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions ; et ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus mal pour la société, que cette fin n’entre pour rien dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler. Je n’ai jamais vu que ceux qui aspiraient, dans leurs entreprises de commerce, à travailler pour le bien général, aient fait beaucoup de bonnes choses. Il est vrai que cette belle passion n’est pas très commune parmi les marchands, et qu’il ne faudrait pas de longs discours pour les en guérir » (Smith 1776 Livre IV, ch. 2 ; d’après réédition, éd. Flammarion, 1991, tome II p. 42-43).

      L’idée sous-jacente à l’image de la main invisible se trouve peut-être le mieux expliquée dans un passage où Smith ne l’évoque pas explicitement mais écrit que : « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n’est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c’est toujours de leur avantage » (Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Gallimard, Paris, 1990 p.48-49).

      1. « Par conséquent, puisque chaque individu tâche, le plus qu’il peut, 1° d’employer son capital à faire valoir l’industrie nationale »

        A noter que la condition 1 du raisonnement de Smith n’est plus vraie. Ce qui fout en l’air la conclusion: « chaque individu travaille nécessairement à rendre aussi grand que possible le revenu annuel de la société » (par « société », Smith entend « société nationale »).
        A l’époque de la libre circulation internationale des capitaux, Smith n’aurait pas du tout parlé de la main invisible. Ce qui amène à penser que la main invisible a peut-être fonctionné, mais uniquement dans un certain cadre, à certaines conditions qui ne sont plus données aujourd’hui.

      2. Paul Jorion dit tres justement au sujet de la « main invisible »:
        ///// On aura noté le très important « en dépit de leur égoïsme et de leur rapacité naturelle », très important du fait que les ultralibéraux contemporains veulent y lire plutôt un « en raison de leur égoïsme et de leur rapacité naturelle… », qui justifierait leur rejet idéologique de toute préoccupation morale ou éthique. /////
        Je voudrais faire remarquer que si l’ on considère mon approche d’ un système parcellisé versus système centralisé , … la « main invisible  » ou auto-organisation rejoint la morale ou l’ éthique dans le modèle de groupe restreint puisque l’ affect et la connaissance des individus reste présent .
        L’ individu n’est ni meilleur ni pire ds le premier modèle , ….il est simplement contraint par la proximité a agir de façon vertueuse parce que celà sert ses interets……Son interet premier etant la valorisation de sa « face »

    2. Concernant la Théorie des sentiments moraux, il ne faut pas se méprendre sur le but de ce ouvrage. Smith n’est pas un moraliste comme il y a en a beaucoup au XVIIIème. Il est issu de la tradition écossaise empiriste et veut décrire et non juger. La Théorie des sentiments moraux est donc une description très fine de la manière dont nos moeurs se forment au contact les uns des autres. Ce n’est pas une théorie éthique rationnelle ou un recueil de préceptes moraux. Ferguson, Hume et Smith auraient probablement pris une telle entreprise pour un enfantillage.

      Le

      très important « en dépit de leur égoïsme et de leur rapacité naturelle », très important du fait que les ultralibéraux contemporains veulent y lire plutôt un « en raison de leur égoïsme et de leur rapacité naturelle… », qui justifierait leur rejet idéologique de toute préoccupation morale ou éthique.

      ne doit donc pas être interprété comme un conseil ou une recommandation sur le thème : « il faudrait que les riches partagent ». Ca c’est du Jorion, pas du Smith.

      Ce que Smith écrit, et que l’on retrouve à d’autres endroits dans la littérature économique, c’est l’idée que le riche ne peut pas consommer personnellement toute sa richesse. Madame Bettencourt ne peut consommer les intérêts de son capital. Le propriétaire d’une usine de conserves ne peut pas manger toute sa production, etc. etc. Malgré sa rapacité naturelle, donc, le riche est conduit à distribuer les fruits de son capital : aux consommateurs. La seule manière de jouir d’un capital c’est d’en commercialiser les fruits. Poursuivant sur la lignée de Smith, Mises va jusqu’à dire que, métaphoriquement, les consommateurs sont plus propriétaires du capital que le capitaliste lui-même. Ce sont eux qui décident combien il va gagner en choisissant d’acheter et de consommer – ou non – ses produits.

      Smith n’écrit pas « les riches devraient partager » mais « les riches partagent, même lorsqu’ils ne cherchent pas à être généreux, simplement parce qu’ils n’ont pas le ventre aussi gros que les yeux. »

      1. Ce que tu dis est intéressant parce que cela prouve que même les auteurs les plus fondamentaux de la théorie libérale ne l’ont jamais vu fonctionné comme la théorie le décrit. La théorie reste alors une réduction plus ou moins adroite et heureuse de la réalité d’alors. Cette réduction déformation reprise par d’autres auteurs, basant leurs travaux sur elle, risquent fort de se tromper et d’aboutir à un résultat absurde…. La crise est la tentative de croire ( par les penseurs de l’Economie actuelle, et les possédants) qu’il n’y a pas de nécessités logiques à échanger pour faire du négoces que cela implique de donner pour pouvoir recevoir…. Alors qu’Adam Smith lui même concevait l’économie comme un écosystème…

  5. @

    Comme son prédécesseur Galilée

    précisément, Galilée ajouta « et pourtant, elle tourne ». C’est tout autre d’abjurer et de se convertir !

    1. C’était une plaisanterie… et d’un goût douteux en plus. Sorry !

      En fait, Greenspan a aussi marmonné quelque chose : que ce n’était pas vraiment sa faute. Voici ce qu’il a ajouté dans sa barbe (N.B. ceci aussi est une plaisanterie !) : « J’ai commis une erreur en supposant que l’intérêt bien compris des organismes, spécifiquement les banques et les autres, serait capable de protéger leurs actionnaires et la valeur boursière de leurs actions ».

      Ce qui, traduit, veut dire : « J’ai cru que les individus concernés », et les individus concernés auxquels il pense alors, ce sont les dirigeants des firmes qui accordaient des crédits hypothécaires subprime, ainsi que ceux des banques qui les titrisaient en consolidant plusieurs milliers de ces prêts sous la forme d’Asset-backed Securities, « J’ai cru qu’ils auraient à cœur de rechercher leur intérêt personnel ».

      Or ils ont recherché leur intérêt personnel – mais pas dans le sens supposé par la main invisible, soit, comme je l’ai dit, en courant vers la sortie (les dirigeants de Countrywide, etc.), soit en piquant le portefeuille de ceux qui sont déjà piétinés (Goldman Sachs, Deutsche Bank, etc.)

      1. La réplique en forme d’avoeu de naïveté de la part de Greenspan ressemble à la ligne de défense de qq’1 pris en faute et qui déclare: « je préfère passer pour naïf et incompétent que malhonnête ! » Entre deux avanies, quand on est au pied du mur, autant choisir la moindre !

  6. Juste une question: Pourquoi s’arrêter à la finance? N’y a-t-il pas aussi certains pans du monde du travail à amender lourdement dans le même sens? Comme par exemple rendre obligatoire la redistribution gratuite des excédents de production de biens alimentaires?

    1. « Pourquoi s’arrêter à la finance ? »

      En raison de la limite des 4.500 signes !

      P.S. J’écris aussi des livres (dans toutes les bonnes librairies).

      1. « J’écris aussi des livres (dans toutes les bonnes librairies). »

        Je sais je sais, je vais d’ailleurs envisager de m’en procurer un ou deux prochainement (« le prix » entre autres).

  7. Le lancement du FOAT , ce jour 16 Avril 2012 … montre que les incantations moralisatrices n’ont toujours pas vu le jour .. par contre , les outils spéculatifs prolifèrent .. comme les conflits d’intérêt des gens qui les produisent et qui les utilisent …

    Il y a curieusement une autre main invisible , qui empêche la justice de faire son boulot et de dénoncer ces comportements criminels pour reprendre la terminologie de Jean François Gayraud.

    En Droit commun français une entreprise qui joue contre les intérêts de ses clients se voit en principe poursuivie .. Visiblement , la main invisible a également fait en sorte que ces lois ne soient plus applicables au monde financier ..

    Tant que l’on refuse d’appliquer les lois qui nous gouvernent , parler de moralisation de la finance parait être un peu excessif non ??? Le meilleur moyen de faire cette moralisation serait déjà de commencer par utiliser les outils en notre possession et ils existent …

      1. Pour l’instant, ces cours ne sont pas significatifs, le volume d’échanges portant à ce stade sur six contrats

        même si c’est infinitésimal dans l’océan de trafic louche de la phynance, c’est pas trop la peine de se mettre du sable dans les chaussettes pour attaquer l’Everest de la dette.

  8. « Comme son prédécesseur Galilée, Alan Greenspan finira par abjurer sa foi.  »
    Depuis que j’ai vu le titre de « Comment la vérité et la réalité furent inventées » je suis convaincu (et je ne suis pas le seul sur ce blog) qu’il y a un lien profond entre les deux sujets.

    « A cet effet, il se remet à étudier l’équilibre des corps en mouvement. Scholastique n’arrive pas à comprendre l’utilité qu’il peut y avoir à écrire des tas de choses pour arriver à mettre dans le bout: =0. Mais, en matière de sciences, l’opinion de Scholastique est négligeable. (Christophe, le savant cosinus).

    Le bon sens, l’intelligence naturelle, ce n’est pas quantité négligeable! Très loin de là.

    Cet extrait figure dans Esquisse d’une sémiophysique (p. 184).
    Thom sait appuyer où ça fait très mal…

  9. Le jour où, on voulut moraliser la finance, eh ben elle a été jouée au casino ailleurs et avec d’autres jetons; et elle m’a dit: « rentre chez ta mère » et moi ben j’suis allé à la pêche, je me suis prixxx une main invisible sur la gue$$$$eule, j’en ai vu les étoile€€€€€€€.

  10. Je plus sans lien avec ce que j’ai dit précédemment …. Si on interdit le casino spéculatif, on aura une finance de l’économie et non pas une finance fiancée et financée par elle pour elle-même. D’où votre idée d’interdire la spéculation.

  11. Et si cette proposition très logique n’était pas réalisable….. Non pas parce qu’on ne sait pas faire, mais parce que le casino a acheté la tranquillité auprès du shérif de la ville et que ce dernier rase gratis pour sa campagne de réélection( en comparant à une ville des western spagetti). Doit-on rester les bras croisés ou peut-on élaborer une autre intervention?

  12. Ce que je décris c’est le principe corruptif qui annule toute initiative législatif partout dans le monde!!!! C’est la défaillance du système démocratique…. Il y a un gouffre entre les riches du casino et les autres, dans les représentations de la partie possédante qui ne se sent pas lié au reste point de cosmos commun (contrairement à ce qui dit Hobbes)…..

  13. D’où ma proposition utopique il faut faire une psychothérapie aux richesses spéculateurs, et les éduquer à être des êtres humains qu’il n’y a rien de mal à être basique….. Mais pour cela il faut remettre l’immaturité des désirs infantilements partagés comme les jets présidentiels où tous les joujou pour adultes, à leur vrai place donc casser la libido extravagante des fortunés….

  14. La limite de ce que je propose se trouve dans la notion de culture humaine. En effet, si certains comportements se transmettent ( habitus de Bourdieu), on se consacre jamais à ce qui est perdu dans la transmission culturelle, et là c’est à l’anthropologue que je fais ma réflexion… Pourquoi a-t-on perdu la culture de la modération et de certains interdit moraux. Parce que le capitalisme est une réaction ( avec des aspects pervers cf le billet de @zébu) a un modèle de castration absolu du désir de l’individu…. Mais si on analyse cela au plan social, c’est le totalitarisme des religions du Livres sur les sociétés qu’elles touchent qui génère cela.

    Qu’a-t-on perdu qu’il faut trouver pour que nous habitions sur la même planète? Certains cultures moins sous- l’influence occidentale ont encore ce genre de « chose » à transmettre, enfin j’espère….?

    1. Oui, oui et oui !

      Tout est dans la culture humaine. Paul, je propose que l’anthropologue en vous reprenne la main sur l’analyste de la crise. Attaquez vous aux causes ! … Non ?

      1. La république peut aussi transmettre ces valeurs, mais toute les études sociologiques montrent qu’au contraire elle reproduit les inégalités en reposant sur les valeurs et les normes de domination de classe….. Ce serait un bel outils théoriquement mais dont l’usage est actuellement détourné. E t l’ami ne soyez pas ethnocentrique, nous avons inventé un assez bon modèle de société mais il n’est pas le seul loin de là. Aux enjeux que nous posons stérilement d’autres cultures ont peut-être une part de réponse…. L’altérité radicale est le moyen de changer son regard sur les même question, cela pour résoudre des contradictions stériles en termes de solutions….
        A moins que vous soyez dans la névrose (répétition de même schèmas) vous voyez bien ce que je veux DIRE par la stérilités abouti dans certains pans des sciences humaines….

      2. Je préfère l’éducation des enfants dans l’école « laïque » de la République. Laïcité veut dire notamment tolérance. La religion, serait-elle bouddhiste, n’a rien a faire en dehors de la sphère privée, en République.

  15. « Les mouvements totalitaires sont des organisations massives d’individus atomisés et isolés. »
    « Les mouvements totalitaires avaient moins besoin de l’absence de structure d’une société de masse, que des conditions spécifiques d’une masse atomisée. »

    Extrait de « Les Origines du totalitarisme » de Hannah Arendt

  16. Ich bin ein Zimbabwe

    Ca s’appelle la dérégulation par l’hyperinflation. Des taux très élevés dans tous les domaines économiques (même encore pour les riches). Le fait qu’il y est trop de création de monnaie concernant la FED, la banque d’Angleterre ou la banque du Japon (les 3 premières puissances économiques du monde) dont les montants se chiffrent en milliards (mais pas pour les habitants) amènera logiquement une hyperinflation sur le marché mondial.

    Le Zimbabwe (futur référence mondiale économique) a connu des taux d’hyperflation de l’ordre de 100 000% avec des prix en milliards changeant en permanence. De facto, les populations sont dans l’obligation de quitter leurs logements, ce qui sera un des problèmes dont devront faire face les populations, c’est pourquoi il faut connaître ses droits :
    http://www.easydroit.fr/droit-immobilier/location/expulsion-locataire.htm

    Il y a évidemment toute une panoplie de droits que les citoyens doivent connaître car nombreux sont les escrocs (morale financière incluse). La création monétaire non redistribué aux populations relève de l’égoïsme privé et sa conséquence n’est même pas positive pour la communauté. Une théorie de plus pour s’enrichir en prétextant le bien commun, les loisirs,ect…

    Une petite chanson Eleanor Rigby des Beatles
    http://www.youtube.com/watch?v=3Dsz4dB6DuM

  17. Jusqu’à l’âge 6/7 ans on le couvre de richesse et d’honneur puis on lui enlève tous ces attributs, pour bien les signifier et lui faire vivre l’impermanence de toute chose….

    De même la notion de phàp au viêtnam (accentuation à vérifier), c’est-à dire la « manière de » dont on fait les choses caractérise l’aspect comportemental d’une action quelqu’elle soit…. Ce genre de notion ne fait pas parti de la sensibilité occidentale et c’est bien dommage….. L’efficacité n’est pas juger qu’au résultat mais à la manière dont on l’obtient…. Appliquer cela à Goldmansachs et ils sont desuite bien moins efficace….

  18. Mais même dans les sociétés concernés l’aspect anarchie des désirs a tendance nettement à prendre le dessus.

  19. Se faire soigner ou se faire interdire de casino ne sert à rien si le casino lui-même n’est pas fermé.
    Le problème c’est la structure sociale qui fait le casino, pas les joueurs pris un à un.
    Nous avons tous lu des histoires concernant des joueurs repentis, qui ont suivi votre conseil de se faire soigner, mais il n’y a pas moins de casino pour autant. Le problème reste entier.

    La « thérapie » elle se fera à un niveau global, en tant que les sentiments nous font prendre conscience collectivement à un moment donné de l’évolution du système que les rôles que nous assumons dans la structure sociale ne correspondent plus à l’idée que nous nous en faisions.

    Ce qui hier apparaissait normal devient l’anormalité.
    Ceux qui nous représentent au sommet de l »Etat se mettent à employer des mots qu’ils n’avaient jamais employé, et c’est ainsi que l’on bascule dans un nouveau monde, parce ce qui constituait l’idéologie est nié par ceux-là mêmes qui étaient supposés en être les gardiens.

    1. mon commentaire s’adresse à Mazeran Jean-Marc (commentaires 18 et 19) où il est question de soigner les riches spéculateurs.

      1. En fait nous butons sur le comment, comment réinitialiser l’état d’esprit capitaliste, en biffant aux Angles…… Peux-tu aidé à dépasser ma limite de réflexion…sur le sujet.

    2. @PYD

      Dans le même ordre d’idées appliqué à un autre domaine, on peut se demander pourquoi les constructeurs automobiles s’évertuent à mettre sur le marché des véhicules qui peuvent allègrement passer les 200km/h tandis que la loi n’autorise pas à rouler au delà de 130km/h…

      En informatique, domaine dans lequel ce soucis est majeur (au moins chez les développeurs sérieux), on parle à ce sujet de « problèmes d’interface chaise-clavier », ou comment limiter au maximum les mésusages de l’outil par l’utilisateur (un problème traité de préférence en amont, à la conception).

      Il faut par ailleurs admettre que c’est un bénéfice apporté par la complexité que de pouvoir envisager ce genre de problématique: Du fait de la simplicité de leurs ouvrages, les inventeurs de la hache ou du couteau ne pouvait intégrer dès la conception de ces outils le contrôle des usages qui en seraient faits ultérieurement. C’est ainsi en pensant inventer des outils de bucheronnage, de boucherie ou de tannage, qu’ils inventèrent du même coup les premières armes.

      A l’inverse, la complexité des outils que nous utilisons aujourd’hui fait que leurs concepteurs peuvent – et doivent – en définir les limites d’utilisation et qu’à défaut, on peut au moins légiférer sur le sujet, comme par exemple sur la question des différents usages légitimes ou illégitimes de l’argent.

      1. Pour ma part, pour rester sur votre exemple de la vitesse des véhicules j’envisagerai la force de la loi, simple et radical.
        De même qu’aujourd’hui le taux de CO² des véhicules est règlementé, à la source, à la conception, à la production, il serait fort simple, d’envisager une règlementation pour les constructeurs, qui limiterait la vitesse de leurs engins.
        Mais je ne suis pas sur que l’exemple des véhicules à moteur soit bien pertinent. Les constructeurs ont ces 15 dernières années fortement réduit la consommation de leurs véhicules et leurs émissions de toutes sortes de pollution, mais, l’accroissement du parc automobile est tel qu’il contrebalance tous les effets obtenus.
        Plutôt qu’inciter, obliger, les constructeurs à produire des véhicules moins polluant, moins rapides, ne faudrait-il pas, aussi, ou, plutôt, développer massivement les transports en commun ?

      2. @RV

        Une loi pour obliger les constructeurs à construire des voitures qui ne peuvent contrevenir à une autre loi, oui, bien entendu, parce que l’éthique ne suffit pas.

        Sur la question des transports en commun, elle a bien entendu toute sa place dans les grandes agglomérations mais demeure d’un bienfait discutable dans les régions plus rurales – qui existent encore assez largement en France – ne serait-ce que d’un point de vue strictement économique voir écologique (un ligne de bus qui tourne à vide presque tout le temps vaut-elle mieux que pas de ligne du tout?).

        Et encore faudrait-il qu’un tel développement ne devienne pas de fait une entrave à la liberté de circulation: Dans un quartier péri-urbain déserté de ses commerces ou/et de ses services publics de proximité, le recours aux transports en commun devient vite une contrainte très pesante en termes d’horaires, de facilité d’usage quand on va faire ses courses, etc. A ce niveau, on doit alors aussi aborder la question – presque totalement abandonnée par les politiques – de l’aménagement du territoire.

        Ceci étant dit, l’évocation du marché automobile n’était là qu’à titre d’exemple pour illustrer une idée plus générale des moyens qui existent de gérer la complexité. Une structure sociale (pour reprendre le terme de PYD) qui voudrait solutionner les problèmes qui la parcourent dispose à mon avis dors-et-déjà des outils conceptuels pour le faire. La question devient alors de savoir si cette structure sociale a conscience(*) des moyens dont elle dispose mais ne souhaite pas y faire appel, ou n’y recourt-elle pas parce qu’elle n’a pas encore suffisamment assimilé ces moyens?

        Je suis personnellement tenté d’opter pour la seconde branche de cette alternative, parce qu’il me semble bien qu’au delà de l’expression de 3ème révolution industrielle utilisée un peu à tort et à travers à propos de l’avènement de l’informatique de masse, il y a encore pour une écrasante majorité de la population de multiples manières de réfléchir dont elle n’a toujours pas idée (un exemple anecdotique mais ô combien symptomatique pour illustrer: Le débat sur hadopi au parlement français, assez consternant…)

        L’impact d’internet sur les sociétés est encore très (trop) superficiel pour produire ses pleins effets. Ceux qui se lassent d’être de simples consommateurs de softs et commencent à mettre le nez dans le moteur appréhendent sans doute mieux que les autres – même inconsciemment – les changements qu’implique l’informatique au niveau conceptuel, comme ce fut probablement le cas jadis pour l’électricité, que de nombreux amateurs bricolent désormais tranquillement le dimanche, le plus naturellement du monde pour ainsi dire.

        L’effort de compréhension qu’implique l’apprentissage du fonctionnement de l’outil informatique permet ainsi à ceux qui le consentent d’aborder une autre manière de voir le monde dans laquelle il n’y a pas vraiment d’ouvrage impossible mais plutôt des outils mal conçus.

        (*) Petite digression au passage: On frôle ici l’idée d’une « conscience collective », qui de mon point de vue ne peut pas exister puisqu’elle supposerait qu’un individu sache tout de ce que pensent consciemment les autres membres de la collectivité, ce qui n’est évidemment jamais le cas, d’autant moins que Jorion nous a par ailleurs expliqué que la conscience individuelle n’était elle-même qu’un artefact.

  20. Moraliser la finance… surtout dans la bouche de Guaino/Sarko, vaut mieux entendre ça que d’être sourd !!! Ne serait-il pas plus intelligent de parler de régulation, de législation ???

  21. « C’est fini … c’est fini…c’est fini. » clamait-il triomphant du haut de son estrade.
    Oui, on l’espère! Et plus on sera nombreux mieux ce sera.
    Est-ce clair?

  22. L a difficulté se trouve dans le fait que les acteurs du jeu économique et social aient intériorisé ce type de réaction…Comment réintériorise-t-on la notion de d’ensemble commun ( non castrateur de l’individu) et de modèration?

    1. Faut que vous lisiez le billet de Jorion consacré à Structure et sentiment ou que vous lisiez Dans La crise du capitalisme américain le chapitre consacré aux processus émergents, pp. 206-208
      Mon commentaire plus haut essayait d’en résumer la thèse, mais rien ne vaut la prise de connaissance de la source originale. Les rôles respectifs des individus et de la structure dans la perspective du changement y sont très bien expliqués.

  23. Comme son prédécesseur Galilée, Alan Greenspan finira par abjurer sa foi.

    Comment ??? Galilée était un vrai scientifique, ses déductions n’avaient rien à voir avec la foi, mais avec une démarche scientifique basée sur la confrontation de la théorie avec l’observation.

    Greenspan est plutôt à mettre du côté des inquisiteurs, des gardiens du dogme, mais un inquisiteur qui tout penaud aurait reconnu que Galilée avait raison…

    1. « mais avec une démarche scientifique basée sur la confrontation de la théorie avec l’observation. »

      C’est plus compliqué que cela malheureusement. Comment la vérité et la réalité furent inventées (Gallimard 2009), p. 330-331.

      C’est à Crombie que l’on doit la formulation la plus exacte de ce qui nous apparaît aujourd’hui comme la coupure décisive intervenant avec la nouvelle cosmologie qui naît à cette époque : « Le changement capital introduit par Galilée, avec d’autres mathématiciens platonisants, comme Kepler, dans l’ontologie scientifique, fut d’identifier la substance du monde réel aux entités mathématiques contenues dans les théories utilisées pour décrire les « apparences » » (Crombie 1953 : 310).

      Le qualificatif « platonisant », s’il s’applique à juste titre à Descartes, qui peut découvrir le monde entier sur le mode déductif, sans quitter sa chambre (sa « chaudière »), est cependant inapproprié pour Kepler et Galilée dans la mesure où ce qui caractérisera leur coup de force ce sera (dans un geste typiquement non-platonicien) de prendre « au sérieux » un mythe qui avait été jusque-là reconnu comme indiscutablement « fictif ». Quel que soit le mépris affiché par Galilée (dans le Dialogue comme dans L’essayeur) à l’encontre des Pythagoriciens et sa sympathie affichée pour les Platoniciens (cf. Koyré, « Galilée et Platon » in 1973b), sa démarche effective est bien plus pythagoricienne que platonicienne [1] si l’on admet avec Aristote (Métaphysique, A, 6) que, comme on l’a vu, Platon « place les nombres en dehors des objets sensibles, tandis que les Pythagoriciens prétendent que les choses mêmes sont nombres » (Aristote 1981 : 62). Ceci est à rapprocher des passages des Discours et démonstrations mathématiques concernant deux sciences nouvelles où Galilée insiste sur le fait que la matière est constituée d’un nombre infini de parties indivisibles et sans grandeur (1970 [1638] : 32-33, 37) ; ce que Redondi commente ainsi : « nous ne sommes plus dans le monde matériel de la physique, mais dans l’abstraction mathématique » (Redondi 1985 : 27). Nous sommes en fait au sein de la Réalité-objective qui, pour Galilée est abstraction mathématique.



      [1] La confusion s’explique cependant partiellement par le fait que, pendant la première partie du Moyen Âge, ne fut connu de Platon que le Timée, le plus pythagoricien de ses dialogues (Burtt 1980 [1924] : 53).

      1. Mr Jorion, j’ai votre livre « Comment la vérité et la réalité furent inventées ». Je relirai les passages en question…
        Il est certain que je raisonne (enfin j’essaye), avec le recul que nous avons aujourd’hui.
        Et il est non moins certain que le contexte intellectuel du XVIième siècle était différent du notre, ceci n’empêche pas que Galilée a ouvert la voie à ce qui allait devenir la démarche scientifique moderne.

  24. « Si vous m’avez compris, c’est que je me suis mal exprimé. » Alan GREENSPAN

    Cet homme a des idées claires…

    1. Je l’ avais oubliée celle- la. Tellement vraie! Et pas seulement dans la bouche de Greenspan! Le nombre de fois oú j’ai l’impression d’entendre la tirade de Lucky!

      1. C’est juste le modus vivendi des manipulateurs. Un peu d’embrouille pour perdre le nord, et le pognon suivra…

  25. « Montesquieu Moraliste », C. Rosso :

    Un historien comme Albert Sorel conclut son étude sur Montesquieu ( à bien des égards encore estimable aujourd’hui) par ces paroles trop vagues pour être vraiment critiques : Il représente notre esprit national dans ce qu’il a de plus précis, de plus large, de plus généreux et de plus sage. (1887)

    Et, d’autre part, il ne manque pas d’exégètes pour voir dans cette France du Sud-Ouest où Montesquieu a vécu, une sorte de lieu idéal où la sagesse et l’équilibre trouvaient (..) leur expression privilégiée (..)

    ===================

    http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-a-bordeaux-comprendre-la-justice-a-la-lumiere-de-montesquieu-l-architecture

    (16 avril 2012)

    Question de la séparation des pouvoirs , 1ère partie :

    Que reste-t-il de la séparation des pouvoir en 2012 ?

    – Noël Mamère a dit ce matin, « il n’y a pas de contre-pouvoir au pouvoir de l’Etat », qu’en pensez-vous, en 2012 (Jacques FAGET, Pascal JAN, Jean TERREL) ?

    – Terrel : phrase excessive, qui voudrait dire qu’il n’y a plus du tout de démocratie en France, affirmation contestable, mais Mamère veut pointer une évolution sans doute des institutions de la 5è république, et le fait que la présidentialisation du régime s’est fortement accentuée pendant les 5 dernières années, et je voudrais d’ailleurs signaler un point qui n’est pas du tout abordé par Montesquieu quand il parle de la séparation des pouvoirs, le fait qu’en France, le Pdt de la république cumule deux fonctions, distinctes, ce qui n’est pas le cas en Uk ou RFA, à savoir une fonction d’incarnation de la république, extrêmement symbolique, et qui est celle du monarque anglais par ex, et puis une fonction du chef du gouvernement (…) il me semble que (Mamère) décrit plutôt une tendance un risque, qu’une réalité actuelle.

    – Jan : Je n’en pense pas grand-chose, de son affirmation (à Mamère), parce qu’il y a des contre-pouvoir dans une société (…) pas forcément institutionnels, l’opposition, les juridictions, les médias, les régions, ensuite effectivement la séparation des pouvoirs est au coeur de la démocratie, toute la question est de savoir laquelle, parce que lorsqu’on parle de Montesquieu on parle de 1730, or nous sommes au 21è s, ce n’est pas La séparation des pouvoirs qui est en jeu mais LES séparations des pouvoirs, puisqu’aujourd’hui nous sommes dans des démocraties dites majoritaires, pouvoir exécutif, pouvoir législatif, pouvoir judiciaire, n’a plus grand sens aujourd’hui : La véritable séparation des pouvoirs aujourd’hui, elle est entre le pouvoir majoritaire et le pouvoir minoritaire (…)

    – FAGET : Je pense qu’il faudrait définir ce qu’on entend par pouvoir, (..) on assiste à une transformation de la nature du pouvoir, par érosions successives, du modèle dominant, si bien qu’aujourd’hui, il y a des « restes », de la tradition centralisatrice française, verticale etc, mais on voit de plus en plus se développer de micro-pouvoirs qui ont une influence colossale, pouvoirs horizontaux, distribués, et, il faut avoir une vision institutionnelle mais aussi sociologique du pouvoir, en actes, dans la vie quotidienne…

    FR C : Séparation des pouvoirs, ou balance des pouvoirs ? Montesquieu prônait plutôt équilibre des pouvoirs, qu’une réelle séparation, indépendance, autonomie.

    – Terrel : C’est vrai que le mot séparation que l’on utilise toujours, est inapproprié puisqu’en réalité, il n’y a qu’à lire le chpt sur la constitution de l’Angleterre, pour voir par ex que l’exécutif participe à l’élaboration des lois, donc il n’y a pas en ce sens séparation des pouvoirs, c’est plutôt un problème de rapports de force, d’équilibre, et 2nd point on lit souvent ce chapitre de façon isolé, du coup on a une perspective un peu réductrice, réduite au droit publique, alors qu’en réalité derrière l’équilibre constitutionnel il décrit manifestement un rapport des forces sociales, donc il ne sépare pas le politique et le social, cf 2nd chpt de l’Esprit des lois, où il est bcp plus concret que dans le célèbre chp 6. C’est plus moderne, là il décrit effectivement un rapporte entre une majorité et une minorité, un système bipartisan, bcp plu sen phase avec la réalité actuelle…

    -JAN ; je souscris…en fait en Fr depuis 1789 on a mal lu Montesquieu : L’équilibre des pouvoirs chez M découle de l’équilibre des puissances sociales. C’est une analyse sociologique avant d’être juridique, et nous on a fait uniquement une interprétation juridique. Les puissances sociales à l’époque c’était le Roi, la bourgeoisie, et les nobles, et la logique de M était que la collaboration fonctionnelle et non la séparation devait conduire à la liberté. Mais à l’époque, c’était une société à ordre, cette société a disparu en 1789 et aujourd’hui on est bien dans une société unitaire, avec de la divergence, mais du coup cette analyse juridique telle qu’on la présente n’a plus grand sens. C’est là où on fait des erreurs depuis 1789, et aujourd’hui la question est comment on assure les libertés, la modération, séparation du pouvoir exécutif et législatif, ça n’a aucun sens : Dans une démocratie majoritaire, le p exécutif est lié au p législatif, il n’y a pas de contre-pouvoir réellement, et les démocraties avancées ont effectivement attribué des compétences à l’opposition, parce que c’est eux qui amènent la modération dans la société. On raisonne toujours sur une analyse juridique complètement obsolète de 1789 et on n’en sort pas….

    – Faget : Approximativement : notre vie collective repose sur des fictions, qui doivent aimanter nos désirs vers toujours plus de démocratie, d’indépendance, etc, La Fr ne peut plus être considérée comme le parangon de l’équilibre des pouvoirs à l’heure actuelle, Il faut améliorer l’indépendance de la Justice.

    -Jan le pouvoir judiciaire est un véritable pouvoir. Mais il pourrait ne pas exister, si personne ne le saisit il n’existe plus.

    Terrel : L’exigence de contre-pouvoirs est encore plus actuelle qu’à l’époque de M, c’est qu’en réalité il me semble que tous les progrès de la démocratie, par ex le suffrage universel, portent leur ombre : il faut bien voir que s’il n’y avait pas eu le suffrage universel, on n’aurait eu ni Mussolini ni Hitler, bon, et le fait que la société civile devienne de plus en plus visible, il y a un poids énorme de l’opinion publique, qui joue un rôle démocratique, il faut bien voir que c’est aussi pour l’autorité en place,de gouverner de façon bcp plus directe, fine détaillée, thème vu par Foucault, – les progrès de la D sont aussi les risques de la D. On n’est pas dans un schéma linéaire, etc…

    1.  » cette France du Sud-Ouest […] une sorte de lieu idéal où la sagesse et l’équilibre trouvaient (..) leur expression privilégiée  »

      Je suis sûr que vigneron a dû avoir un moment d’arrêt et ensuite de perplexité en lisant cela.

      1. Je verrais assez bien le changement en cours (de régime politique voire de civilisation) comme un basculement du pouvoir droite/gauche en jacobin/girondin.
        Moi je suis pour la Gironde: il y a du pinard!

  26. Comment imposer du sens de commun à des praticiens motivés par l’égoïsme ? Ne recourir qu’à la seule puissance discursive, bien nécessaire pour autant, n’y suffit pas. Pas plus que les actions impensées. Activisme et irénisme se frottent encore, peut-être plus précisément que jadis. Des enfants naquirent-ils du couple rongé ou de la copule rognée entre Alcibiade et Socrate ? Ont-ils grandis ? Sont-ils devenu adultes ? Autonomes ? Libres ? Jouent-ils ensemble ?

  27. Quelques points m’interpellent par rapport à ce résumé.

    La première chose, c’est que la citation d’Adam Smith parle de boucher, de boulanger, ou de ces choses… Or, ces métiers sont en prise relativement directe avec un client, et concernent des marchandises réelles. Peut-on dire cela du « marché » appelé à être moralisé ?

    Par ailleurs, si l’intérêt du boulanger ou du boucher est de faire de son mieux pour gagner de l’argent (dirai-je pour simplifier), son intérêt est aussi de ne pas perdre son client… Et donc, de jouer sur la qualité et/ou le prix. Si on se place dans la réciproque, cela veut aussi dire que le client a un pouvoir à exercer, donc ça me ramène aux considérations sur le rapport de force proposées ici.

    Dernier point, plus mathématique.
    Si la théorie d’Adam Smith dit que la main invisible consiste à exploiter les égoïsmes des producteurs pour les inciter à faire mieux et/ou moins cher parce que c’est ainsi qu’ils font leur beurre, les clients ne récoltant le bénéfice qu’en corollaire, alors il est logique que ce système conduise aussi à des crises. C’est même intrinsèque.
    On peut voir les choses comme une sorte de boucle basée sur un comportement test (baisser le prix, augmenter la qualité…) et si le test est réussi, alors le comportement est validé et amplifié, ce qui doit amplifier le résultat.
    Partant de là, si le comportement test est destructeur (paris à la baisse…), alors le comportement ne peut que s’amplifier, dans la mesure où il crée de l’argent pour ceux qui le pratiquent, et que c’est la seule condition de réussite considérée.

    Cela présuppose qu’il y aurait une grandeur qui, quelque part, changerait de signe, ou constituerait une limite entre l’amplification de la richesse, et l’amplification de la destruction de la richesse. Est-ce qu’elle existe réellement ?
    Par ailleurs, une des limites est qu’il n’y aurait qu’une seule condition de réussite. Il faudrait songer à en mettre plus.
    Enfin, ce système est intrinsèquement divergent, puisqu’il conduit à une augmentation illimitée de la destruction ou de la richesse. Normalement, un tel système ne doit pas exister bien longtemps… Sauf à ce qu’il y ait des mesures contracycliques qui permettent de tendre vers un équilibre, ou bien qu’il y ait une corrélation entre le coefficient de départ, et la richesse totale, qui provoquerait l’inversion, et on aurait un système périodique.

    Je ne suis pas du tout économiste, je n’y connais rien, j’essaie juste de mettre du sens à tout ceci. Est-ce que ça en a ?

    1. La richesse locale n’est pas statique et dépend fortement de l’innovation (inquantifiable). Cette dernière est justement en panne en €. L’énergie bon marché favorise la multiplication des systèmes de valeurs dans toutes sociétés. La description atomiste de l’homo economicus(bottom-up) est morte. Il me paraît vain d’y rechercher un quelconque modèle prédictif.

  28. Que penser de Sebastien Bohler, neurobiologiste qui nous explique le comportement des accros au pouvoir, de quelque origine qu’il soit?

    videos.arte.tv (découvert sur Bellaciao d’hier)

  29. Je ne comprends pas très bien la comparaison Adam Smith – milieu financier. Les artisans dont parle Smith agissent en effet en egoiste (socialisé), car la bonne qualité se vend mieux qu’une mauvaise, et si l’affaire prospère, d’autres en profiteront…….
    Ce que font les acteurs de la finance est d’un autre monde: ils utilisent l’argent – qui est devenu au fil des temps une marchandise – comme arme pour s’enrichir. Le produit financier remplace le colt. Ce far-ouest a pris des dimensions que personne a prévu, et même un type comme Alan Greenspan a souligné, lors d’une réunion, qu’il faut des régulations, c’est-à-dire le contrôle de l’état. J’étais surpris quand j’entendais ces paroles de la bouche d’un « magicien » de l’ultracapitalisme.

    1. http://www.youtube.com/watch?v=LOMx0jhz9kY&feature=related
      Gilbert Laffaille – Le Président et l’éléphant (1977)
      VGE, visé par ce triste blues ( une intuition…) était ami et mentor
      de son copain espagnol. Une expérience de jeunesse ne s’oublie pas. Répétition jusqu’à ce que mort s’en suive.
      Lire « memoire de 7 vies » de JF Deniau, Académicien, Combattant,
      ENA, Rédacteur européen par acclamation de ses pairs etc…
      et Cabotin. Mais quel courage…

    2. dire que les anglais ont interdit à leurs nobliaux, la chasse à courre au renard ….on a les gibiers qu’on peut !

  30. Admettons que la question soumise à notre sagacité collective, par Paul
    soit  » La finance peut-elle être moralisée ? ».
    On pourrait lui faire subir une lègére translation et elle deviendrait
     » Doit-elle êtres sauvée ? ».
    La finance n’est qu’un outil prodigieusement développé d’une « idéologie »
    sans corpus clair, orpheline d’auteur et sans chef d’orchestre; une création collective…
    Cette « idéologie » a pour nom, par commodité, libéralisme.
    La question  » La finance doit-elle être sauvée ?  » devient par glissement
    insensible – Daumier a montré l’exemple-  » Le libéralisme est-il tolérable ? ».

    Je dis que non, pas sous sa forme actuelle.
    Le libéralisme et sa finance associée ne sont pas l’ami du genre humain.
    Il exhibe pour preuve de son efficacité que toute source de richesses
    est ou sera exploitée, d’ici au fin fond des Orénoques.
    C’est précisément ce qui est en train d’être épuisé.
    Il procède lentement et en détail; rien de commun avec la brutalité du nazisme,
    par exemple. Il tue avec assez d’habileté pour que sa responsabilité reste
    longtemps insoupçonnée. Mais il mutile, il tue, au propre et au figuré.
    Le cout humain et écologique du libéralisme actuel est devenu au sens propre
    insupportable.

    Ses acteurs, ses responsables, ses vedettes, ses penseurs ou théoriciens
    sont individuellement responsables, et la lie de l’humanité.
    Aucun matelas de billets, aucune des garanties matérielles qu’ils s’accordent
    si généreusement ne pourra cacher cette vérité humaine.
    On imagine facilement que le tribunal des victimes les condamne sereinement.

    Le devoir humain est de s’ opposer au libéralisme, sans se compromettre à étudier
    sa réforme; réforme qu’ il refusera parce que le préalable, la condition qu’il pose à tous, est qu’il reste libre. L’opacité est la condition de son bon fonctionnement interne. C ‘est précisément cette opacité aux regards de la Démocratie,
    défendue avec la dernière énergie, qui le disqualifie..
    L’ accepter en agitant des questions adventices est vain.

    La finance doit d’abord subir un dégraissage de 80% ( honneur à Paul),
    son emprise sur le monde réduite à une proportion supportable,
    par un encadrement légal et règlementaire sans garantie de stabilité
    ni de cohérence. Le but est de la rendre difficile et sans intérêt pour ses
    professionnels.  » La finance est mieux quand elle est ennuyeuse », ou la règle
    des 3-4-5 , « emprunter à long terme à 3%, prêter à court terme à 4%,
    fermeture à 5 heures  » est une proposition révolutionnaire, lue chez Lordon.
    Elle en vaut bien d’autres pour domestiquer le libéralisme, en affaiblissant son outil principal.
    Tout ce que le libéralisme a réalisé de « positif » par son hubris démesuré
    peut l’ être par des moyens à dimension humaine, sous contrôle démocratique.
    L ‘espace de liberté et d’initiative reste immense, question d’intelligence
    et de moral…

    1. La seule chose qu’ils opposeraient à ta troisiéme question

      Le libéralisme est-il tolérable ?

      , c’est que c’est le seul système qui marche….MAL mais c’est le seul. C’est ce qu’il ont suggéré lorsque M.Jorion est allée sur France culture le 30 novembre… Mais c’était très court. Le fait que le libéralisme capitaliste soit le système à jamais avoir marché est sans doute erroné. Que ce système est pour effet de libérer partiellement l’homme des contraintes naturelles, c’est sûr; mais en posant d’autres énormes problèmes dont cette manière de fonctionner n’as pas la clef. Donc répondre, c’est comme ça parce que c’est ça qui marche n’est pas digne d’homo sapiens sapiens.

      1. Oui, peut-être pour celui qui croit que

        il ne faut jamais rien faire pour la première fois

        Autrement : Non. Tout est dans le « mal ».
        Votre truc n’est pas prouvé.
        La dernière émission, Les matins de France-Culture, à laquelle Paul
        était invité n’a apporté aucune preuve dans le sens que vous dites.
        Mes souvenirs sont clairs : le défendeur, dont la méthode est exécrable
        ( mais il ne le sait pas, ou il la croit bonne) a dû remballer ses arguments pas frais devant la contre-attaque de Paul. ( contre attaque n’est pas juste, mais rien d’autre sous le clavier actuellement.

        C’est NON. Il est à la côte ( bretonne , sûr).
        Et que je crois que ses dévôts seront un jour comptés,
        si une justice sereine avait à coeur de défendre les victimes.

        .

      2. Il y a des mal-voyant ( troubles des yeux), les mal-entendants ( troubles des oreilles), et enfin les mal-comprenant. Pour les deux premiers on a inventé des prothèse mais la troisième catégorie sont des cas désépérés.

  31. « En réalité, le seul ajustement substantiel susceptible de changer le rapport à la rente consisterait à
    introduire, dans la déclaration du revenu imposable, la valeur locative, qui est bien un revenu
    implicite, de l’ensemble des biens immobiliers détenus par les ménages (hors remboursements
    en cours), en particulier celle de la résidence principale. Cela suppose une réévaluation rapide
    des valeurs locatives cadastrales, dont on sait les dérives séculaires. »

    http://www.louischauvel.org/jeunesmalpartisDebatmonde.pdf

    Usus et fructus.

  32. … ».Le jour où l’on a voulu moraliser la finance »…..
    Le capitalisme est déjà immoral, amoral par lui-même, alors la question est tout de même un peu zarbi…J’dis ça, j’dis rien ;-)……..

  33. Moraliser la finance ?

    Peut-on moraliser un circuit d’arrosage ? Le rôle de la finance est de pomper des liquidités et d’en faire couler là où il est utile d’arroser.
    Utile pour qui ? Evidemment, pour les utilisateurs de ces liquidités, qu’ils soient minuscules ou pléthoriques, permanents ou temporaires, et ils veulent les faire circuler avec profit. La finance est une technologie au service de ses clients, y compris étatiques. Plus le service est efficace, plus ils sont contents. S’il faut introduire de la morale, c’est alors à ce niveau qu’il faudrait le faire. Sous leur pression, la finance perfectionne ses techniques. Ses clients sont, pour la plupart, rapidement dépassés par la complexité et les conséquences de ses pratiques. De toutes les façons, ce n’est pas en général leur métier et ils ne cherchent guère à comprendre.
    Pourquoi (sinon moraliser) réformer, les pratiques financières ? La multiplication des liquidités scripturales, combinée avec des astuces pour juguler l’inflation, a des conséquences perverses. Pour s’en persuader, il faut regarder les choses autrement qu’avec les lunettes traditionnelles. Elles sont prisonnières d’une image déformée de l’économie réelle, en particulier à cause du traitement spéculatif des taux de change monétaires. Un regard plus lucide n’est pas nécessairement euphorisant et cela n’incite guère à essayer d’y voir clair dans certains domaines.

    A chaque individu peuvent être attachées trois attributs. Son pouvoir sur les autres, ses besoins et sa faculté de produire des richesses consommables. Appliquées à l’humanité, ces qualifications permettent de dresser trois cartes mondiales (cela fonctionne aussi au niveau national, évidemment), la carte des pouvoirs, celle des besoins et celle des capacités utiles.
    L’économie est censée faire correspondre productions, besoins et pouvoir de consommer.
    Dans la réalité, la carte des pouvoirs formate celle des productions, en déformant celle des capacités, et elle utilise les besoins comme énergie pour arriver à ses fins. Les besoins se creusent et les pouvoirs s’affirment.
    Les écarts sociaux grandissants et l’altération des ressources planétaires permettent d’affirmer que c’est suicidaire. « La vie est une histoire pleine de bruit et de fureur racontée par un imbécile » (W. Shakespeare).
    Les révolutions et les guerres plus ou moins mondiales n’arrangent pas durablement le cours des choses. La carte des pouvoirs est seulement un peu modifiée. Les écarts de pouvoir se creusent de nouveau et encore plus vite car le premier souci des nouveaux puissants est de consolider leur pouvoir.
    De tous les régimes, à l’expérience, c’est encore la combinaison « Démocratie éclairée » plus « Libéralisme éclairé » qui donne les moins mauvais résultats. Le problème est que le premier souci de chacun, a fortiori des plus puissants, est de filtrer et colorer l’éclairage ambiant à sa convenance. Par ailleurs le système socioéconomique est devenu tellement complexe qu’il est devenu très difficile de le comprendre pour le piloter, chacun à la dimension de son champ d’action.

    Il faudrait inverser les priorités, mettre le pouvoir au service des besoins pour aboutir à un système socioéconomique équilibré. Ce serait en quelque sorte « faire marcher les puissants sur leur propre tête ». L’utopie peut-elle être réaliste ?
    Pour ma part je ne vois qu’un seul moyen d’agir, c’est tirer la sonnette d’alarme en éclairant les incohérences factuelles.

    1. Vous vous débattez avec des règles comme si c’était des murs inamovibles, et éternels…. Mais comment les puissants sont passés du statut d’un pouvoir absolu par l’onction à Reins (pour la France) au tuyau de la finance. Votre propos se résume dire qu’il y a des puissants et des impuissants. Néanmoins des deux côtés s’est homo sapiens sapiens. Le fait d’être naît dans l’un des camps ne signifie en rien que l’histoire ( la petite comme la Grande) en restera là. Moi qui suit faible dans le rapport économique j’accepte de fonctionner ainsi que j’y ais un agrément; mais si on ne me laisse pas le choix…. Je sorts les armes. La société (faire société comme pour SA)ne fonctionne que tant que les intérêts vitaux ne sont pas en jeu. Le jour où cela se produit, il y a conflit puis si ce dernier est inextriquable alors c’est al guerre….. La mort est au sommet de la pyramide. Personne ne peut s’expliquer le déchaînement meurtrier de la 2° guerre mondiale SANS CET EXPLICATION; autrement vous avez beau être conservateur les choses bougerons d’elle même. C’est pour ne pas le prévoir que les personnes possédante à l’heure actuelle sont bêtes. Personne ne dominera homosapienssapiens dans sa folle crise; même avec tous les moyens policieres, militaires

      1. @ MAZERAN

        Je salue votre témérité mais je reste dans mon pessimisme. C’est très bien de vouloir, en cas de fâcherie, remplacer un système par un autre meilleur, au besoin par la violence. Encore faut-il en avoir un à proposer qui ne soit pas pure utopie. Nous sommes dans le système socioéconomique que nous bâtissons collectivement et ce système est hyper-complexe.
        Si vous vous révoltez individuellement, vous vous ferez casser par ce système.
        Si vous faites la révolution, le système nouveau sera aussi désastreux probablement que le précédent, simplement il le sera à d’autres égards. Les nouveaux dominants auront éliminé leurs prédécesseurs mais ils seront peut-être pires, et les faibles seront toujours écrasés.
        La compétition pour la dominance est inscrite dans les gènes de tous les individus de la race humaine, comme pour tous les primates sociaux. Pour qu’elle soit facteur de progrès vers un mieux être et non l’occasion de massacres irrationnels, il faut que l’enjeu de cette compétition soit clair et suffisamment reconnu solidairement. Nous en sommes encore très loin et l’horizon est bien bouché.
        Quel système de jeu compétitif proposez vous à la collectivité qui vous abrite et vous nourrit, mal peut-être, pour pouvoir vivre, produire et consommer harmonieusement ? Il est évident bien sûr que consommer requiert qu’une production soit assurée pour remplir les assiettes.

  34. @ Esope
    Je pense que vous êtes typiquement dans la logique néo-darwinienne du TINA:
    « La compétition pour la dominance est inscrite dans les gènes de tous les individus de la race humaine, comme pour tous les primates sociaux. Pour qu’elle soit facteur de progrès vers un mieux être et non l’occasion de massacres irrationnels, il faut que l’enjeu de cette compétition soit clair et suffisamment reconnu solidairement. Nous en sommes encore très loin et l’horizon est bien bouché. »

    Le conflit est permanent. Il prend le plus souvent la forme d’une lutte darwinienne qui se termine par une situation d’équilibre, d’harmonie, parfois par la défaite, la disparition, la mort de l’un des actants.
    Lorsqu’il y a un seul actant en conflit avec lui-même (typiquement le cas actuel du capitalisme prédateur qui est sa propre proie) il y a une autre possibilité, celle d’une métamorphose lamarckienne. Possibilité qu’explore René Thom. Pour moi source d’espoir.

    1. @ BasicRabbit

      Merci pour votre remarque qui me permet de lever un malentendu : je ne suis pas thatchérien. Je pense même être un peu lamarkien en misant sur une évolution par la raison et l’acquis, échappant donc à la dictature de l’hérédité.
      En ce qui concerne René Thom, mes études mathématiques sont trop lointaines pour que j’essaie de me plonger maintenant dans la topologie différentielle et l’étude des points singuliers des fonctions.
      J’ai même pris un virage qui s’en éloigne : considérant que le mesurage des paramètres socioéconomiques est beaucoup trop imprécis car fondamentalement subjectif, j’essaie d’éviter au maximum l’utilisation de fonctions mathématiques.
      Ceci dit j’ai le plus grand respect pour la modélisation mathématique et son expression informatique. Simplement il ne m’est pas possible de m’écarteler et il m’a fallu, un jour, faire un choix. Si certains explorent une voie et d’autres une autre c’est parfait, surtout si elles arrivent ultérieurement à converger.
      Je vous adresse mes salutations en précisant que vos billets me semblent toujours très intéressants. Leur subtilité les positionne à un niveau conceptuel élevé et cela me conforte dans ma confiance en l’intelligence humaine.

  35. Monétisation :
    Comme on doit aussi monétiser la valeur marchande des richesses naturelles, extraites ex-nihilo en permanence à faibles coûts mais revendues au prix fort, pour éviter la déflation et l’enrichissement sans cause : Pétrole, gaz, minerais, métaux rares et pierres précieuses, etc… il est normal que les Banques Centrales injectent aussi dans les circuits économiques, de temps à autres, des liquidités monétaires compensatoires (Q.E.) et équivalentes à leur valeur marginale afin que tous les Agents économiques de leurs Etats puissent les acheter avec cette « monnaies de singe ».

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