Non ! Il n’y a pas qu’une seule politique économique européenne possible, par Jean-Pierre Pagé

28 avril 2012 par Paul Jorion | Print Non ! Il n’y a pas qu’une seule politique économique européenne possible, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

Tout l’argumentaire actuel des dirigeants européens face à la « crise », complaisamment repris par les media, tend à accréditer le fait qu’il n’y a qu’une  politique économique européenne possible : celle de l’austérité. Selon cet argumentaire, ramené à sa plus simple expression, il n’y aurait qu’un seul remède : réduire les déficits des finances publiques (de préférence en diminuant les dépenses) et ramener ces finances publiques à l’équilibre, la réalisation du processus étant garantie grâce à l’application d’une « règle d’or » inscrite dans les constitutions. C’est alors seulement, et avec l’appui de « réformes structurelles », que l’on pourrait envisager une véritable reprise de la croissance. Ceci est présenté comme l’alpha et l’oméga de cette politique érigée en sésame et non discutable.

Pourtant, ceci est un non-sens économique comme le démontrent un nombre croissant de personnalités parmi lesquelles deux « prix Nobel », Paul Krugman et Joseph Stiglitz, ainsi que Georges Soros, sans oublier les propos du « chief economist » du FMI lui- même, Olivier Blanchard. En effet, la politique d’austérité, si elle est ainsi appliquée simultanément dans tous les pays de l’Europe, ne peut permettre de réduire les déficits publics, ni de résorber la dette publique, pour la raison qu’elle diminue le volume de l’activité économique sur laquelle sont assises les recettes publiques et conduit à plonger les pays considérés dans la récession. C’est une politique de type déflationniste dont on a vu les conséquences néfastes au cours des années 30. On en a l’éloquente confirmation avec les exemples de la Grèce et, aujourd’hui, de l’Espagne, en attendant que ceci se généralise à d’autres pays. Et que l’on ne compte pas, pour enrayer le processus déflationniste, sur les « réformes structurelles » qui sont les « tartes à la crème » des libéraux. D’une part, celles-ci sont le plus souvent injustes et insupportables et ont l’inconvénient de saper le modèle social dont l’Europe est fière à juste titre. Surtout, ce sont des politiques à longs délais de mise en œuvre et, donc, de réaction. A en attendre les effets (dans l’hypothèse où ils seraient positifs), nous risquerions forts d’être morts avant d’être guéris.

C’est pourtant une telle politique que les dirigeants de l’Europe sont en train de mener, avec l’argument fallacieux qu’elle aurait réussi en Allemagne, comme si toutes les économies des pays de l’Union européenne présentaient les caractéristiques et avaient les moyens de celle de ce pays. Comme si tous les pays de l’Union européenne pouvaient devenir de « petites Allemagnes ». Le déni apporté par les personnalités citées ci-dessus, comme par des économistes de plus en plus nombreux, aurait dû suffire à dessiller les yeux de nos dirigeants. Mais il n’en a rien été et l’Europe continue à courir vers l’abîme.

Portant il y a bien une autre politique possible. Sans renoncer aux efforts nécessaires pour assainir les finances publiques grâce à la recherche d’une plus grande efficacité des dépenses, à la lutte contre les gaspillages de ressources et à la mise en place d’une fiscalité plus juste en même temps qu’efficace, et sans attendre les effets hypothétiques des réformes structurelles marquées au sceau de l’idéologie néo-libérale, il est possible de mener des actions de soutien de l’activité économique à effet immédiat. Mais encore, faut-il renoncer à une vision trop nationale des pays de l’Union Européenne laissant à ceux-ci la responsabilité de l’initiative. Dans la plupart des cas, leur situation économique, évaluée à l’aune de leurs moyens propres, le leur interdit. L’Europe est donc aujourd’hui mise en demeure de réaliser un saut qualitatif historique comme elle a su le faire à plusieurs reprises depuis la Seconde Guerre Mondiale. On en connaît les instruments qu’il s’agisse des eurobonds permettant de mobiliser l’épargne abondante gisant en Europe (au lieu de mendier, toute honte bue, l’épargne des autres), ou, plus précisément, les « project bonds », en vue de la réalisation de projets d’avenir ciblés,  indispensables au développement de l’Europe, sous l’égide de la Banque Européenne d’Investissement (BEI). Qu’il s’agisse aussi de la mise en œuvre de moyens de collecte de ressources propres destinées à abonder le ridicule budget européen et s’ajouter aux « project bonds ». Qu’il s’agisse encore d’une utilisation plus judicieuse des moyens considérables de la BCE pour desserrer l’étau qui étrangle les pays de l’Union. Et que l’on n’aille pas dire que tout cela est impossible, car se heurtant au veto de plusieurs pays européens, en premier lieu de l’Allemagne. On  voit se fissurer le front des pays portant haut l’étendard de l’austérité, à commencer par l’Espagne et l’Italie, le Portugal ayant depuis longtemps sombré dans une somnolente dépression et les vertueux Pays-Bas commençant à être touchés par la contagion. Il y a fort à parier que ce phénomène va connaître une accélération rapide. C’est donc le moment – et l’élection présidentielle en France donne à notre pays une occasion unique de le saisir – de proposer à l’Europe tout entière, dans un mouvement à dimension résolument européenne dépassant la notion de « relance keynésienne » que l’on se plaît à caricaturer, une sorte de nouveau « New Deal », à l’image de celui qui a permis aux Etats Unis de sortir de l’ornière où les avait plongés la crise des années 30. Et dissipons immédiatement une méprise volontairement entretenue. Il ne s’agit pas en la matière de remettre en question le traité européen en cours de ratification, mais de le compléter pour qu’il soit bénéfique et opérationnel, ce qu’il n’est pas aujourd’hui. Encore une fois aussi, il ne s’agit pas non plus de préconiser une « relance par la dépense publique » comme l’affirment ceux qui caricaturent cette proposition, mais, en faisant contribuer utilement l’épargne privée dormante au développement de l’Europe, de procéder à un soutien indispensable de l’activité économique.

Ne répétons pas l’erreur funeste commise au cours des années 30 quand la solution à la crise a été recherchée au moyen d’une politique de déflation ! Il n’y a pas une seule politique économique, mortifère, possible, comme on voudrait nous le faire croire. Il y en a une autre. Mettons-la en œuvre.

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105 commentaires

  1. [...] Blog de Paul Jorion » Non ! Il n’y a pas qu’une seule politique économique européenne possibl…. [...]

  2. gruau

    Je suis de plus en plus frappé par l’impression générale qu’il y aurait une sorte de malentendu, de gap, comme diraient nos amis anglo-saxons, entre Paul Jorion, qui me semble être un homme raisonnable, modéré, eh oui ! – je suis frappé, par exemple, qu’il défende ici des solutions d’intégration européenne plus poussée et ceci comme un remède possible à la situation affreuse dans laquelle nous sommes (et en s’inspirant de Roosevelt, qui n’est pas le prototype du révolutionnaire le plus extrême…) – et la plupart des commentateurs ici présents, généralement infiniment plus radicaux, souvent avides d’une sorte de Grand Soir, et qui le plus souvent aussi hurlent à la mort dès qu’il est question d’Union Européenne… Me trompè-je ?

    • martin

      Pour reprendre une expression d’Emmanuel Todd, la France doit maintenant « tordre le bras à l’Allemagne ». Elle le peut.

      M.

      • PHILGILL

        Autre expression… de bédéphile, cette fois-ci :

        -Alo’s, Emmanuel va To’dd’ le b’as de Me’kel ?

        – Pas si vite ! répond son chef, à la vigie.
        Car les pirates (cf. Astérix et Obélix), sont pressés de reprendre la mer.
        Et soyons fiers, enfin moi je le suis, d’avoir un tel grand historien en la personne d’ E.Todd…
        À chaque fois que je l’écoute, je lis et je comprends ce qu’il dit, je me dis un peu chanceux.

    • juan nessy

      Si vous êtes frappé par les impressions générales , pas étonnant que vous tombiez dans le gap .

      Chercher un peu de vérité n’est pas la dire .

  3. Devillebichot Guy

    Professeur honoraire à l’Université de Toulouse 1,Capitole,fondateur et premier directeur du
    Centre de Documentation et de Recherche Européenne de cette Université,à la fin des années 60 et début des années 70,ancien Secrétaire Général de L’association Française de Science
    Economique,je suis convaincu de ce que les propos de Jean-Pierre Pagé sont tout à fait justifiés.
    Mais il y a plus encore,car on ne peut séparer la production économique de ses dimensions
    monétaires et financières pertinentes.Et,en conséquence,il n’y a pas non plus une seule politique
    monétaire et financière européenne possible.A cet égard,il est tout à fait souhaitable que nos amis d’outre Rhin prennent de la distance à l’endroit de points de vue qui pourraient conduire à de graves difficultés,en Allemagne aussi.
    D’autres travaux analytiques et empiriques existent.Ils sont disponibles:il n’est jamais trop
    tard de « revisiter » avec alacrité ce qui réduit inutilement l’éventail des possibles.Courage à tous.G.D.

    • Fatalitas

      Bonjour,

      l’économie n’est pas n’a jamais été et ne sera jamais une science.

      Cordialement.

      • Devillebichot Guy

        En effet, »Fatalitas ».Cependant on a des raisons de penser qu’il y a,en somme,un côté « hard » et
        un côté « soft » au « savoir économique ».Le « dur »(le « scientifique »)aurait trait aux « mécanismes
        macro-économiques et monétaires »(aspect redondant car qui dit monnaie ne peut échapper
        à la dimension macro-économique,contrairement à ce que semblent admettre les « néoclassiques »et parallèllement .qui dit PRIX également est nécessairement d’ordre « macro »)(ce qui rejoint peut-être le point de vue de Paul Jorion)En revanche, tout ce
        qui a trait aux COMPORTEMENTS ne pourrait relever que du « mou »,du NON scientifique du
        « savoir » économique,et il s’agit d’une « science »HUMAINE,et relevant des « sciences sociales » au sens large.Voir en ce sens le MANIFESTE « Quantum Analysis of Economics »,
        publié sur la Toile depuis fin 2011,à Lugano (Tessin),accessible aisément ,via Alvaro
        Cencini ou Guy Devillebichot.Cette piste nouvelle a été ouverte par le Professeur Bernard
        SCHMITT,dont les signataires de ce manifeste se réclament.On y trouve par ailleurs une
        très utile bibliographie du double médaillé du CNRS,(61 et 73),Professeur Emérite aux Universités de Bourgogne et de Fribourg(CH).Remarquable économiste français profondément et très injustement sous-estimé,voire totalement négligé par le « main stream »
        de la pensée.Il travaille non sur des « modèles » mais sur le « réel »,et,du coup les « économistes »
        contemporains,qui ne « connaissent » que des « modèles »,y perdent …leur « latin »,faute de savoir
        ECONOMIQUE précisément!

  4. RV

    Il ne s’agit pas en la matière de remettre en question le traité européen en cours de ratification, mais de le compléter pour qu’il soit bénéfique et opérationnel, ce qu’il n’est pas aujourd’hui.

    Pouvez-vous développer ?
    ________________________________________________________________
    Le point de vue de la GUE (Gauche Unitaire Européenne) et NGL (Gauche Verte Nordique)
    http://europe.jean-luc-melenchon.fr/analyses-des-textes-votes-en-session/1-2-fevrier-2012/#d1

    • Jean-Pierre Pagé

      Je veux dire par cela qu’il faut évacuer l’argument utilisé par les hérauts de l’austérité (à commencer par Madame Merkel) selon lequel on ne saurait toucher au « traité », présenté comme un tout intangible, inmodifiable, sans faire preuve d’esprit sacrilège et d’anti européisme. En fait, le « traité », tel qu’il est en train d’être ratifié, n’est qu’une pièce parmi les modifications à accomplir dans la construction européenne. Il convient d’en retenir la nécessité d’une coordination des pays de l’Union dans le domaine budgétaire. La réalité se chargera d’en éliminer les éléments les plus contestables et les moins réalistes comme la « règle d’or ». Déjà, on voit certains pays prendre des distances avec celle-ci (il est tout à fait regrettable de dévaluer les constitutions en voulant y intégrer des éléments contingents comme celle-ci).
      Alors, ne nous battons pas contre le traité, tel qu’il a été conçu, mais gardons notre énergie pour faire ajouter d’autres pièces au corpus de la construction européenne, telles que celles que j’énumère dans mon article, par exemple.

  5. Hors sujet : Analyse factorielle du vote de la capitale.

    Je re-poste aussi le lien d’hier, pour mémoire :

    http://cjoint.com/12av/BDAqfDnpyUF.htm

    Paris selon effectifs (chaque arrondissement est donc pondéré en fonction de son poids démographique) :

    http://cjoint.com/12av/BDCqYROgboP.htm

    A priori, ce graphique apparait comme logique, le 16è est situé du côté de Sarko, les 19, 20 à gauche politiquement.

    1) Comme le poids démographique compte, les petits arrondissements se trouvent proches du centre, mais l’on peut quand-même voir leur orientation.

    2) On note la radicalité sarkozyste du 16è, qui contre-balance en terme de population, le vote de gauche des quartiers populaires de l’Est.

    3) Bayrou est populaire, dans le 5ème…

    4) Le vote blanc et nul, et l’abstention, ne peuvent être rattachés à aucun courant politique en particulier.

    • Génial ! Euh… qu’est-ce que ça veut dire ?

      • J’ai déjà essayé hier de donner les clefs pour une interprétation de ces graphiques :

        La lecture se fait en regardant l’angle entre chaque candidat, le centre et chaque arrondissement. Si l’angle est faible (une conjonction angulaire), cet arrondissement a plus fourni d’électeurs que la moyenne.

        Quand c’est au centre, cela devient proche de l’indépendance.

        C’est la base, maintenant relisez mon post d’hier, car en fait sur ce graphique d’aujourd’hui, celui de Paris, il n’y a pas tant de choses à dire, si ce n’est que le vote Sarko semble encore une fois exclusif des autres, puisque les frontières sont dégarnies (la frontière comporte les éléments qui votent pour les deux candidats à la fois). Et puis je remarque que Nathalie Arthaud a quand même pas mal réussi en ville, dans les quartiers Est, donc on voit poindre une résurgence semble-il d’un vote ouvrier ou communiste, en ville, vote urbain, peut-être lié à l’histoire de ces quartiers.

        En revanche, Hollande me pose un petit problème. Par rapport à Arthaud, Poutou..

    • ça me fait penser aux SIG , systeme d’information géographique qui permette de gerer tant de choses …

      un SIG dévolu aux évolutions économiques et politiques des populations avec empilement de strates d’informations et un systeme expert pour croiser les bases de données c’est l’avenir !

      en lien un exemple de these sur un sig bien inoffensif -localiser les amphores et les bouts de rues sur un cadastre qui peut déboucher sur bien d’autres outils d’analyse -ça va de la photo satellite aux mouvements de foules suivies par drones -

      • En représentant graphiquement le choix des électeurs, on voit s’il y a ou non une proximité (un facteur commun) à leur choix et donc vraisemblablement une compatibilité entre ces choix, même si la doctrine les oppose. Ex Mélenchon & Le Pen au plan national, et inversement une distance Mélenchon & Hollande sur ce même graphique des départements.

        Cela pose beaucoup de questions par exemple pour moi, ces graphiques figent quelque chose et ont tendance à me tenir lieu de pensée, me dispensant de la confrontation avec le discours des candidats, etc. Aucun discours ne vaut un beau graphique, l’emprise des images est terrible; elle réifient, figent, voire créent du réel. Elle balayent le discours. J’ai l’impression aujourd’hui d’avoir proposé un tableau de la lutte des classe à Paris, ou celui de « ghetto » du 16è.

        Fermons toutes les fenêtres, nous avons le graphique opposable. Tout est dit là, pour qui sait lire. Inutile d’argumenter, vous êtes là, sur la carte. Personne ne pourra vous effacer de là, à jamais. C’est la violence abstraite, à la fois de la norme scientifique, du graphique qui abolit la parole, et de l’esprit de la majorité contre laquelle l’individu ne peut rien dire.

        Mais justement cela permet aussi une prise de recul, et de voir le dessous des cartes… A bas le charabia ambiant, basta, silence ! les chiffres ont parlé.

        Donc il faut ressortir du vortex caché dans ce graphique, celui des idées spatialisées, du pur espace… . Il est étonnant pour tout dire, pour le chercheur qui sommeille en nous, que quelque chose existe en dehors du graphique. Qu’est-ce la réalité, sinon un accident, une imperfection, un brouhaha.

        Reports de voix sur Sarkozy, dans la capitale ? De qui ? lorsqu’on a voté Sarko on n’a pas voté les autres et réciproquement. Le vote UMP semble incompatible avec le reste des choix électoraux. Par exemple.

      • Je n’arrive pas à interpréter cela, le seul moyen qui m’apparaisse possible serait de prendre les distances au sérieux. Mais cela voudrait dire que Hollande apparaît aux yeux des électeurs comme le plus différent de tous les autres, Eva Joly et Cheminade perçus comme pratiquement interchangeables, Eva Joly perçue comme beaucoup plus proche de Sarkozy que de Hollande, et à mille lieues de Mélenchon. Si ce n’est pas ça que cela montre – aussi bizarre que cela soit, alors je n’ai pas la moindre idée de ce que cela représente.

        Peut-être qu’une explication de la manière dont ces nuages de points sont constitués éclairerait les choses.

      • @Paul Jorion

        Hollande, plus éloigné ? Non car le point indiqué par « Hollande » se trouve a gauche de son nom, un tout petit point comme pour chaque élément.

        Les distances doivent en effet être prises au sérieux, sachant que si j’ai bien compris, l’écran 16/9 déforme le graphique horizontalement. Le programme serait mieux sur un écran classique carré 1024 x 768

        Pour Eva et Cheminade, tout ce qui est proche du centre est plus indéterminé. Ce qu’il faut voir c’est qu’ils se situent entre Sarko et Hollande (sur le graph départements) et sont donc une émanation du vote traditionnel.

        Oui vous avez raison, sauf qu’elle n’est pas *perçue* comme plus proche de Sarko, mais que les électeurs qui ont voté Sarko sont proches *géographiquement* de ceux qui ont voté Joly, strictement c’est cela que montre le graphique. Et l’interprétation est très hasardeuse, on peut en inférer théoriquement qu’il existe quoi ? Un climat de ce côté là, un « facteur », une cause indéterminée, etc; on ne sait pas.

        Cela montre une corrélation *géographique*, et comme beaucoup de choses sont liées à cela, on peut à la limite en inférer quelque chose sur le sentiment de proximité idéologique ressentit, de tel candidat avec tel autre.

        Les points proches d’un candidat correspondent à des endroits où on a voté plus que la moyenne pour celui-ci. Et l’éloignement par rapport au centre est fonction de l’amplitude de cette différence à la moyenne.

        Et quitte a surprendre, en effet Joly a peut-être plus de proximité sociologique avec l’électorat traditionnel UMP/PS qu’avec celui de Mélenchon… ! au plan national.

        Sur le graphique de la capitale, elle parait plus proche de Hollande.

        Ce sont des analyses factorielles du vote, une synthèse mathématique en fait, une représentation plane selon les facteurs qui expliquent le plus les corrélations entre les variables, de la distribution statistique du vote.

        Donc on peut voir si certains votent sont liées statistiquement ou pas, en fonction de la géographie (département, arrondissement).

        Sur le graphique des départements, le fait majeur c’est le clivage électoral entre Hollande et Sarkozy, parce qu’il n’y a pas de départ. qui partagent leurs vote entre les deux (sauf 75). Donc on peu en déduire une incompatibilité forte, géographique et probablement sociologique.

        Et puis le fait que Le Pen et Mél recrutent dans certains territoires voisins, donc il existe un facteur commun au vote protestataire magré la diff idéologique.

        Sur le graphique de la capitale, Le 16 apparait comme un ghetto électoral, sociologique, etc. isolé. Pas d’électorat mitoyen entre sarko et les autres.

      • Mon post s’est perdu…

        Il s’agit de correspondances géographiques et donc probablement aussi sociologiques. Mais pas de perceptions.

        Ce sont des analyses factorielles, une synthèse et une représentation de l’analyse corrélationelle entre les variables.

        Et effectivement il peut y avoir des surprises, du genre situation sociologique (statistiquement) différente de l’électorat de Md Joly de ce qu’on pourrait penser. Mais dans la capital c’est plus proche d’Hollande.

      • Mor

        Donc Lisztfr, si j’ai compris, le graphique donnerait la mesure d’un certain effet de groupe, de proximité géographique, sur les intentions de vote et non pas des intentions elles-mêmes, non ?

      • @Mor:

        Ce n’est pas exactement cela. Il ne s’agit pas des intentions de vote tout d’abord, on sait seulement que les gens à cet endroit précis ont voté soit en même temps pour tel ou tel, soit de façon disjointe, pour l’un ou pour l’autre. Les faits c’est cela.

        Maintenant comme il y a une certaine homogénéité sociologique liée au lieu, on peut en inférer que certains votes et partant, certaines attitudes, sont incompatibles ou ne le sont pas, et donc que certaines idéologies recèlent éventuellement un fond commun, qui n’est pas de l’ordre de l’explicite par exemple Le Pen et Mélenchon drainent un vote protestataire… et on peut à partir de la deviner éventuellement s’il y aura un report de voix. Enfin il manque quand même beaucoup d’éléments et ce ne sont pas des enquêtes

        C’est un marc de café amélioré :)

        Ici j’ai traité le 16, 17, et par opposition le 19 et le 20. Ce qui ressort est le vote très homogène des quartiers dit huppés tandis qu’il règne une certaine confusion comme toujours, à gauche. En fait le vote homogène de ces ilot Sarkoziste est carrément… étonnant. Ces électeurs savent ce qu’il veulent et n’hésitent pas.

        Chaque numéro représente un bureau de vote, il y en a entre 60 et 75 par quartier.

        http://cjoint.com/12av/BDCxNiUYuSi.htm

        http://cjoint.com/12av/BDCxObvIkvX.htm

        http://cjoint.com/12av/BDCxODMv4er.htm

        http://cjoint.com/12av/BDCxOZWYqu4.htm

        16&17 vs 19&20 :

        a = 16, B = 17, C = 19, d = 20

        http://cjoint.com/12av/BDDasnv448c.htm

      • C’est quand même incroyable les différences que l’on voit :

        http://cjoint.com/12av/BDDasnv448c.htm

        Le 16 est strictement sarkozyste, les « a » sont tous groupés autour.

        Le 17 serait plutôt Sarko- Bayrou…. un peu Hollande, si on suit par le bas, les B, mais il y en a quelques uns en haut aussi…

        Le 19 ne vote pas comme le 20 ! Le 19 est plutôt Le Pen Arthaud Hollande (les « C ») et le 20 est plutôt Hollande Joly Mélenchon. Tout cela sans aucun doute lié à une sociologie différente.

        Comme par hasard le vote blanc & abstention est du côté du 19, j’en déduis que le 19è va le plus mal de tous ces quartiers.

      • Mor

        Oui, c’est vrai ce sont des votes. Je me suis mal exprimé. Je voulais dire que vous cherchez à prédire le sens qu’aurait un effet de proximité géographique sur les reports de vote. Ça me parait plutôt hasardeux, vous le dites vous-même, en parlant de marc de café amélioré. Pour ma part, je n’arrive à rien de solide en tentant d’interpréter le graphique.

      • @Mor

        En tout cas on pourrait mettre d’autres choses dans cette moulinettes à chiffres, comme par exemple des éléments d’économie politique.

        Etats, redistribution, revenus, etc… on aurait un lien entre pauvreté et le système économique mis en oeuvre.

        Il y a d’autres façons de graphiques encore, qui dessinent des lignes entre les candidats j’en posterai. Ce qui me gène davantage c’est que 4 grands candidats sont toujours plus éloignés du centre par l’algorithme, il y a une sorte de biais visuel… en fait il faut avoir les moyennes sous les yeux pour ne pas se tromper, par exemple Arthaud très éloignée du centre pour les graphiques du 19è arr, donc il faudrait vérifier.

        Souvenez-vous des clés de base, plus un point est dans l’axe d’un candidat plus il a voté pour lui, et plus il est éloigné du centre plus il apporté de pourcentage au vote.

        La réalité est confuse, et on ne peut percer ce mur de la confusion qui est indéterminé. c’est juste une image ou une image juste, qui « ne sait pas », elle ne sait rien de ces fameux « facteurs », c’est justement ça l’intérêt de faire émerger des facteurs sans que l’analyste à priori ne pose une question au réel, selon ses propres postulats.

        Pourcentages ou effectifs ? L’AFC fait une pondération et prend donc en compte les forts et les faibles effectifs. L’avantage de prendre les effectifs, c’est que la moyenne correspond strictement au pourcentage moyen.

      • Paris, analyse fine du vote du premier tour :

        http://cjoint.com/12av/BDDnQpjGEU4.htm

        Abréviations :

        Saux = SAINT GERMAIN L’AUXERROIS
        hall = HALLES
        roy = PALAIS ROYAL
        vend = PLACE VENDOME
        gail = GAILLON
        vivi = VIVIENNE
        mail = MAIL
        bnvl = BONNE NOUVELLE
        arts = ARTS ET METIERS
        enfr = ENFANTS ROUGES
        arch = ARCHIVES
        avoy = SAINTE AVOYE
        merr = SAINT MERRI
        gerv = SAINT GERVAIS
        arsn = ARSENAL
        dame = NOTRE DAME
        vict = SAINT VICTOR
        plnt = JARDIN DES PLANTES
        grce = VAL DE GRACE
        sorb = SORBONNE
        monn = MONNAIE
        odeo = ODEON
        ndch = NOTRE DAME DES CHAMPS
        pres = ST GERMAIN DES PRES
        aqui = SAINT THOMAS D’AQUIN
        invl = INVALIDES
        mili = ECOLE MILITAIRE
        cail = GROS CAILLOU
        elys = CHAMPS ELYSEES
        roul = FAUBOURG DU ROULE
        madl = MADELEINE
        eur = EUROPE
        geor = SAINT GEORGES
        anti = CHAUSSEE D’ANTIN
        fmnt = FBG MONTMARTRE
        rcht = ROCHECHOUART
        svPl = SAINT VINCENT DE PAUL
        psDn = PORTE SAINT DENIS
        psMt = PTE SAINT MARTIN
        hsLO = HOPITAL SAINT LOUIS
        fMer = FOLIE MERICOURT
        Ambr = SAINT AMBROISE
        Roqu = ROQUETTE
        sMrg = SAINTE MARGUERITE
        Mltq = MULTI QUARTIERS
        Bair = BEL AIR
        pic = PICPUS
        Berc = BERCY
        1520 = QUINZE-VINGTS
        Salp = SALPETRIERE
        Gare = GARE
        Mblc = MAISON BLANCHE
        CRbr = CROULEBARBE
        Mlqt = MULTI QUARTIERS
        Mtpr = MONTPARNASSE
        Mtsr = PARC MONTSOURIS
        pMtr = PETIT MONTROUGE
        Plsc = PLAISANCE
        Lmbr = SAINT LAMBERT
        Nckr = NECKER
        Grnl = GRENELLE
        Javl = JAVEL
        Mlqt = MULTI QUARTIERS
        Autl = AUTEUIL
        Muet = MUETTE
        daup = PORTE DAUPHINE
        Chlt = CHAILLOT
        Tern = TERNES
        Pmnc = PLAINE MONCEAU
        Bati = BATIGNOLLES
        Epin = EPINETTES
        Gcar = GRANDES CARRIERES
        Clgn = CLIGNANCOURT
        GtOr = GOUTTE D’OR
        Chpl = LA CHAPELLE
        Vill = LA VILLETTE
        Pfdr = PONT DE FLANDRE
        Amer = AMERIQUE
        Comb = COMBAT
        Blvl = BELLEVILLE
        Farg = SAINT FARGEAU
        Plch = PERE LACHAISE
        Char = CHARONNE

        =======================

        Permet de mettre un nom sur un lieu de vote, sauf pour ceux qui sont compris dans les multi-quartiers.

        Pas de grosses surprises. La goutte d’or et la chapelle votent le plus Arthaud /Mélenchon.
        Le Pen semble relativement peu sur-choisi dans la capitale. vote homogène.

    • PHILGILL

      Quel essai ! Quel travail ! en mouvement tout introspéctif et impartial (dans ce schème).
      Plus que jamais je remercie Montaigne et sa méthode.

      • PHILGILL

        Serions-nous finalement que des particules ?
        Question d’échelle, finalement… particules associées en cellules.
        Voyons comme le monde est petit !

      • PHILGILL

        Alors, comme font certaines particules… on va peut-être (par nos votes) finir par se rejoindre.
        Who knows?…
        Le facteur majeur est que : tout n’est que proportion et mathématique dynamique .
        Mais là, je ne sais même pas ce que je dis.
        Bon mais c’est bientôt l’heure du goûter du quatre quart, avec le café très chaud.
        Vraiment très bon … ce gâteau, en plus c’est facile à faire !
        (Le quatre quarts est un gâteau qui est composé à parts égales de farine, oeufs, sucre et beurre.)

      • 3ème essai : Paris vu par quariers

        http://cjoint.com/12av/BDDnQpjGEU4.htm

        Liste des abréviations

        Impossible à poster

      • Liste des abréviations :

        http://shorttext.com/S0zBMYR

        Ainsi que le plan des quartiers de paris :

        http://www.paris-walking-tours.com/quartiers.html

        On peut remarquer que :

        – Epinette, faisant partie du 17è vote plutôt avec le 19è. Le 17 est donc très hétérogène.

        – Jardin des Plantes comporte une tribu bayroutiste importante…

      • Départements, l’intégrale, dans le souci d’être complet.

        Parce que j’avais commis la très grave erreur de couper le 93, en zoomant le graphique d’origine. Ici c’est le graphique complet, avec le vote des départements d’outre-mer également.

        http://cjoint.com/12av/BDDrX5iYYao.htm

  6. Un premier pas sera fait dimanche prochain si le petit président et ses élucubrations sortent des écrans.
    Un nouveau chantier s’ouvrira. Il faudra faire en sorte que ça ne soit pas sous nos pieds.
    Je veux souligner par ces quelques mots le lien électif que je fais avec l’image-timbre-poste du billet-lettre de Pascal Aulagner.

  7. erreipg

    Toutes les formes de relance européennes proposées, absolument toutes, reviennent à solliciter plus (+) la « solidarité » de l’Allemagne sans qu’elle l’ait décidée elle-même. Vous comprendrez le côté strictement inacceptable de cette situation au sein d’une l’UE constituée de pays à fort nationalisme, ne parlant pas la même langue, etc…Cette voie conduirait inexorablement à l’éclatement de l’Union à commencer par le séparatisme de l’Allemagne.

    • Devillebichot Guy

      L’intérêt de l’Allemagne est-il « le séparatisme »?Vraiment,je ne le crois absolument pas.

      • Jean-Pierre Pagé

        Effectivement, je pense que l’intérêt de l’Allemagne n’est pas dans le séparatisme, car elle profite trop des marchés des autres pays européens vers lesquels elle écoule une très grande partie de ses exportations. D’ailleurs, à chaque fois que la corde se tend, l’Allemagne cède par petits pas.

      • gruau

        Le problème semble être le suivant. La population allemande, au moins en majorité, ne perçoit pas du tout les choses ainsi (sans doute à tort), elle pense que tout flux d’origine allemande orienté vers le sud de l’Europe est une honteuse exploitation par des cigales dispendieuses de la vertueuse fourmi allemande, et non un utile placement pour les allemands conforme à leur intérêt bien compris. Dans le système démocratique allemand, la chancelière ne peut pas, ou seulement marginalement, aller à l’encontre de cette opinion publique pour l’instant dominante.
        La solution ? une meilleure information économique de la population allemande ? Mais qu’y pouvons-nous, nous autres…

    • G L

      Une expérience de pensée (thought experiment, Gedankenexperiment) est un essai pour résoudre un problème en utilisant la seule puissance de l’imagination …

      Imaginez que, dans un pays qui a sa propre monnaie, les régions puissent emprunter sur les marchés des sommes très importantes (à l’échelle de chacune) et que les marchés leur prêtent à des taux très différents en fonction de l’idée qu’ils se font de la solidité de leur économie, de leur capacité à rembourser, etc : que resterait-il du pays en question et de sa monnaie une dizaine d’années plus tard ? les régions en situation favorable accepteraient-elles de venir en aide aux autres ? ne faudrait-il pas un pouvoir central fort pour maintenir coûte que coûte l’unité nationale ?

      :o : c’est un euro-empereur qu’il aurait fallu installer à Bruxelles!

      • L’expression vient d’Ernst Mach (1838-1916). À l’époque, dans les traductions françaises de ses livres, on traduisait correctement Gedankenexperiment par « expérience mentale ». J’ignore qui est venu un beau jour avec l’abominable « expérience de pensée ».

      • liervol

        C’est ce qui se passe en Italie entre le sud et le nord depuis toujours. Mais Milan n’a toujours pas revendiquer la sécession avec Capri.

      • G L

        « C’est ce qui se passe en Italie entre le sud et le nord depuis toujours. » (Liervol)

        Non, justement:
        – les habitants de la plaine du Pô rechignent de plus en plus à payer des impôts qui servent à payer les pensions de siciliens qui sont morts depuis longtemps;
        – les siciliens rechignent à payer des impôts alors que tout l’argent des milanais est parti en Suisse depuis longtemps;
        – les padani comme les siciliens ont sensiblement la même opinion à propos des fonctionnaires et autres sangsues romaines (si un italien lit ça qu’il ne se vexe pas: il est partout difficile de payer ses impôts!)

        Ce que je propose c’est d’imaginer ce qui se passerait si chacune des régions italienne(*) pouvait emprunter directement sur les marchés de quoi assurer sa croissance et/ou payer ses fonctionnaires en attendant la croissance:
        – si c’est avec la lire comme monnaie, les différences entre le montant des dettes et le taux des emprunts tend à provoquer la séparation entre le nord et le sud
        – si c’est avec l’euro comme monnaie, ces différences poussent Bruxelles à prendre les choses en main.

        Un aspect important de la « solidarité impossible » entre les nations de l’Europe est que la crise rend aussi très difficile la solidarité entre les régions d’une même nation.

        :) : Pour mieux nous défendre une seule solution: divisons nous!
        ___
        * : C’est évident pour l’Italie, l’Espagne, la Belgique puisqu’il y est déjà difficile de payer des impôts qui profitent à d’autres régions, mais je suis persuadé que si la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion et la Corse pouvaient emprunter directement sur les marchés une part conséquente de l’argent dont elles ont besoin, les habitants de la métropole s’intéresseraient à la question et souhaiteraient rapidement qu’elles deviennent indépendantes!

        L’absence de dissensus entre les différents candidats à propos des départements d’outre-mer mériterait qu’on s’y intéresse?

    • daniel

      @ erreipg. Effectivement.
      Un question qui va devenir cruciale sous peu.
      Je ne crois pas notre position tenable:
      Dire à l’ Allemagne que nous voulons son argent,
      que nous l’aurons parce que c’est son intérêt
      bien compris…
      Pas de la haute diplomatie que tout cela…

      –Variation sur ce thême.
      La réponse de Pierre Pagé ( l’intérêt de l’Allemagne …)
      est très sûrement méprisante pour ce pays:
      Pierre Pagé dit a l’ Allemagne: vous êtes trop faibles
      de la tête pour savoir où précisément se trouve votre
      intérêt. Nous, français ( comprendre super intelligent)
      nous allons vous y aider : votre tas d’ Euro , va falloir
      qu’il diminue.

      Je ne crois pas l’ Allemagne capable de mettre entre parenthèse
      le libéralisme, qui structure les têtes dans ce pays,
      pour donner dans l’aide, même strictement mesurée, à des pays du tiers monde européen , nous.

      L’ économie parle d’argent, pas souvent de son emploi.
      Il nous faut rééquilibrer l’activité productrice au niveau européen
      et faire cesser la machine aspirante à Euro qu’est devenue l’ Allemagne.
      Mais y’a d’autres solutions…

      • Jean-Pierre Pagé

        A daniel 30/04 9:19
        Je ne crois pas que l’on puisse dire que la mention de l’intérêt de l’Allemagne soit « méprisante » pour ce pays. Le point de vue que j’exprime est d’ailleurs partagé par de nombreux allemands, en particulier dans les milieux d’entreprises qui savent que leurs débouchés dépendent de la santé des autres économies de l’Europe. C’est donc dans leur intérêt bien compris qu’ils se préoccupent de ce qui se passe ailleurs en Europe.
        D’autre part, l’Allemagne n’est pas le temple du libéralisme, mis à part un clan d’économistes idéologues aitour de la banque centrale allemande. N’oubliez pas que l’Allemagne s’est fait connaître pour sa doctrine de l’économie sociale de marché et que cela reste ancré dans ce pays.
        Enfin, il n’est pas question de rééquilibrer les productions en Europe. Pour des raisons culturelles et géographiques, vous ne pourrez pas faire de la Grèce un pays industriel comme l’Allemagne.

  8. hema

    @JPP
    Des projectbonds, certes, mais pour financer quoi?
    Du nucléaire en France, des éoliennes en Allemagne et du photovoltaïque en Grèce?….. Il n’y a aucune politique commune (mis à part bien sûr, le sacro-saint libre échange et la religion de la compétitivité), voire pour nombre de pays, pas de politique du tout, on fait comment pour décider ce qu’on veut faire ensemble ?

    • Jean-Pierre Pagé

      Il y a encore trop peu de politiques communes (hormis, notamment, la politique agricole commune, tout de même !). Mais dans beaucoup de domaines, l’Europe ne peut avancer que grâce à des actions communes (dans les domaines des économies d’énergie, des substitutions des formes d’énergie, ou à forte composante géographique dépassant les frontières nationales comme les infrastructures de transport, par exemple). Le développement de l’Europe pour répondre aux défis technologiques et environnementaux exigera de nouvelles politiques communes pilotées au niveau européen.

      • wildleech

        Mais n’est-ce pas aujourd’hui toute la question européenne ?
        En dehors des dogmes libéraux, et des égoïsmes nationaux, y a-t-il quelque chose qui pilote l’europe ?

      • Jean-Pierre Pagé

        A wildleach, 29/04 3:58
        Vous avez raison. L’Europe est prise en sandwich entre les dogmes libéraux qui continuent à gouverner la Commission européenne et les égoïsmes nationaux. Il nous faut retrouver l’esprit de solidarité des pères fondateurs.

  9. Ben

    la relance keynésienne des années trentes est décriée par le monétaristes, qui prétendent que c’est l’économie de guerre qui a sortit les US de la récession.

    à ce constat on peut nuancer leurs arguments :

    1 – l’économie de guerre a été financée par l’emprunt, US bond. c’est un schéma keynésien (on va pas faire de la rigueur et licencier pour fabriquer des canons!!! voyons!)
    2 – la vraie relance keynésienne a été effectuée après la guerre en Europe, via le plan Marshall, et ça a marché!!!!!! mais pour les monétaristes c’est différent (c’est de la reconstruction).

    conclusion?

    le crédo libéral serait-il de tout détruire, afin de pouvoir reconstruire dans la plus pure tradition keynésienne?

    je sais je sais, je vais encore me faire gronder par le modo :p

  10. Pierre-Yves D.

    Jean-Pierre Pagé

    Encore une fois aussi, il ne s’agit pas non plus de préconiser une « relance par la dépense publique » comme l’affirment ceux qui caricaturent cette proposition, mais, en faisant contribuer utilement l’épargne privée dormante au développement de l’Europe, de procéder à un soutien indispensable de l’activité économique.

    Avant d’évoquer une nouvelle politique économique n’y a-t-il pas tout de même un préalable indispensable — à moins qu’il soit implicite dans votre raisonnement –, à savoir mettre hors d’état de nuire la « finance folle », celle qui s’alimente des paris sur la fluctuation des prix, des paradis fiscaux (a minima) et autres joyeusetés visées par les mesures d’urgence de Jorion ?
    Je vois mal comment l’épargne privée dormante irait vers les eurobonds ou project bonds si par ailleurs il existe toujours des produits financiers spéculatifs, plus rémunérateurs par définition, même si je suppute que l’idée sous-jaçante à votre raisonnement est d’assécher le marché spéculatif avec des produits financiers plus sûrs car adossés à l’économie réelle, et garantis par les Etats. Mais alors comment les banques feront-elles pour rester à flot si elles sont coupées de leur manne spéculative ?
    D’autre part, cette relance keynésienne par de grands travaux ne va-t-elle pas vite trouver ses limites faute d’une demande suffisante, et créer une crise de surproduction, la consommation des salariés n’augmentant guère faute de salaires en hausse ?
    Enfin la croissance que vous insufflez dans le système sera-t-elle suffisante pour apurer les dettes existantes, qui sont comme vous savez colossales ?
    Bref, avant de parler politique économique, ne faut-il pas modifier la structure du système financier lui-même ?

    • Jean-Pierre Pagé

      Vous avez raison. Tout ce que je dis ne dispense pas de lutter contre la « finance folle », ce que veut faire François Hollande. On peut reprocher à l’équipe « sortante », malgré ses déclarations en ce sens, de ne pas avoir fait grand chose et créditer François Hollande pour l’avenir, au moins au titre de l’espoir.
      Mais cela prendra du temps et l’idée des « project bonds » peut être mise en application rapidement, avec le concours de la BEI et de fonds d’investissement. Soyez sûr que les épargnants, qui sont à la recherche de placements intéressants, si ces « project bonds » voient le jour, se précipiteront pour y souscrire. Par ailleurs, tous ces travaux d’intérêt général pour l’Europe devraient générer des emplois et de la croissance, se répercutant sur les recettes fiscales et, donc, diminuant le déficit public et la dette. Pour vous aider à comprendre, je vais citer l’exemple de la Pologne. C’est le seul pays de l’Union européenne qui n’a pas connu la crise et a conservé une croissance tous les ans, même en 2009. Ceci est dû, pour une part importante, à la manne des « fonds structurels » émanant de l’Union européenne qui, au cours des années récentes, ont représenté, en moyenne, 3% du PIB polonais par an. Ces fonds ont permis, conjointement avec un co-financement local, de financer un volume important de travaux d’infrastructure (rendus, au demeurant nécessaires en raison de l’organisation de l’Euro 2012 (football)). Ceci a fortement contribué à l’emploi, à la croissance et à la prospérité de la Pologne pendant cette période.

      • liervol

        Jean Pierre, pour la Pologne c’est juste une question de timing, vous prenez l’Espagne la Grèce le Portugal au tout début de la manne européenne et sans l’euro, vous avez la même chose, la seule différence c’est que la Pologne est en retard sur les autres, uniquement cela le timing elle a eu la chance de recevoir les crédits européens plus tard.
        La Pologne n’est qu’au début encore de la cavalerie que vous appelez croissance…Rappelez vous on disait pareil de l’Irlande, le tigre celtique et sa croissance incredible ….

      • hema

        @JPP
        L’adhésion de la Pologne rappelle celle de l’Espagne, d’abord beaucoup de très positif au niveau de la vie sociale en général, puis du positif « mais ».., utilisation sans compter de fonds structurels pour des choses de moins en moins utiles, puis « détournement » des fonds vers des projets purement spéculatifs, jusqu’à la chute.

        La Pologne, que je connais beaucoup moins que l’Espagne est probablement au stade 2.

        Je sais bien que le progrès continu et soutenable (c.a.d. un courbe en « S » avec une asymptote) est le « graal » et que le progrès exponentiel (même 2% de croissance tous les ans est une exponentielle) est malheureusement la norme (d’où les crises, car jusqu’à ce jour les arbres ne montent pas jusqu’au ciel).

        Mais avant les « projects bonds », avant la mise au pas de la finance (indispensable), ne faut il pas passer par un remise en cause général du modèle de développement ?

        C’est marrant mais je n’arrive pas à imaginer Hollande renversant la table, il va falloir qu’on pousse un moment, et qu’on soit nombreux, avant qu’une inflexion se fasse sentir au sommet pour remettre en cause nos dogmes mortifères.

      • hema

        @liervol
        J’ai pas copié , Msieur, je le jure c’est juste une question de timing.

      • liervol

        http://mimir.over-blog.com/article-ils-concentrent-donc-le-feu-sur-l-europe-du-sud-86221695.html

        Christian Harbulot, directeur de l’Ecole de guerre économique

        balkan.jpg Je trouve très intéressant que l’on attaque la Grèce, et que l’on ne dise strictement rien sur la Roumanie et sur les autres pays de l’Est qui ont intégré l’Union européenne. Leur économie est d’une fragilité aussi importante que celle des pays d’Europe du Sud. La raison est très simple : les Etats-Unis ont une stratégie géopolitique par rapport à la Russie, qui consiste à grignoter l’ex empire soviétique, et ils ne peuvent pas se permettre de fragiliser cette partie de l’Europe. Ils concentrent donc le feu sur l’Europe du Sud. Alors que n’importe quel économiste un peu lucide et réaliste qui mettrait le projecteur sur la Roumanie, ferait exactement le même constat que pour la Grèce. Or, bizarrement, pas un mot là-dessus… On rêve ! Nous sommes au XXIème siècle, avec soi-disant des moyens d’information ultradéveloppés et nous sommes au niveau le plus limitatif de la lecture du phénomène ! Et pourquoi les économistes ne relèvent-ils pas ? Tout simplement par ce qu’il faut regarder où les économistes ont travaillé, qui les a nourris. Pour tout économiste, à part Maurice Allais qui s’aventure sur ce terrain-là, quel est son devenir en terme de carrière ? Et quel est son rapport avec des élites qui ne peuvent pas prendre position sur ces questions ? Sortir du rang, c’est encourir le risque de la marginalisation.

      • Jean-Pierre Pagé

        A liervol 29/04 7:38 et hema 29/04 8:09
        Le cas de la Pologne ne me paraît pas comparable à ceux de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal. C’est un grand (géographiquement et économiquement) pays qui dispose d’un grand marché intérieur et d’une économie industrialisée et diversifiée. Son économie n’a donc rien de comparable avec celles des pays que vous citez. Elle serait beaucoup plus comparable à celle de la France après la Seconde Guerre Mondiale. C’est ce qui explique sa réussite et sa bonne utilisation de la manne européenne (qui, dans ce cas particulier, a joué et joue encore le rôle de Plan Marshall). La Pologne n’en est donc pas au stade 2 (hema).

      • Jean-Pierre Pagé

        A liervol 29/04 8:57
        Vous ne pouvez pas mettre dans le même panier tous les pays de l’Europe de l’Est et, en particulier, faire de la Roumanie leur prototype (il se trouve que je connais très bien cette zone). Dans leur ensemble, les pays de l’Europe centrale et orientale se portent beaucoup mieux que les pays de l’Europe du Sud. Onn peut même dire que, à l’exception de la Hongrie (qui a les problèmes – largement de nature politique – que vous savez), les pays de l’Europe centrale (Pologne, République tchèque et Slovaquie) se portent, dans l’ensemble, relativement bien.Les pays baltes ont leurs problèmes, mais leur situation est sans commune mesure avec celle des pays de l’Europe du Sud. La Roumanie est, effectivement, dans une moins bonne situation, mais elle bénéficie de ce que sa monnaie n’est pas rattachée à l’euro et peut donc flotter (ce qui n’est pas le cas de la Bulgarie dont la monnaie est liée à l’euro par un « currency board »).

      • @ hema

        Mais avant les « projects bonds », avant la mise au pas de la finance (indispensable), ne faut il pas passer par un remise en cause général du modèle de développement ?

        Salut hema
        Il faut tout remettre en question et attaquer la question tout azimut, par le haut, par le bas, à gauche et à droite, en ce qui me concerne, c’est au raz des pâquerettes et cela me va bien.
        Je ne vois pas comment on peut garder la rente financière comme moteur du progrès, tant que cette question n’est pas mise sur la table on tourne en rond.

        Un exemple concret: Je viens de remplacer ma chaudière ainsi que celle de mon fils, nous réalisons 40% d’économie d’énergie. Ces dernières devraient nous appartenir, et bien non, par les charges financières sur le matériel, les riches se sont accaparé d’une partie de notre travail et avec les économies d’énergie que nous avons réalisées, par effet rebond, ils peuvent se permettre de consommer du luxe.
        C’est pourquoi je préconise la rente énergétique où les économies d’énergie seront comptabilisées comme une richesse à celui qui les a réalisées, il pourra dès lors les réinvestir dans d’autres économies d’énergie.
        La rente énergétique devient le moteur du progrès.

        Nous vivons la fin du capitalisme et la fin de l’ère industrielle, une ère s’achève une nouvelle commence et nous sommes la première génération de cette nouvelle ère.
        Nous ne savons pas ce qui en adviendra, c’est en avançant qu’on trace la route etla transition risque de durer plusieurs génération.

      • G L

        @ michel lambotte

        Les clients individuels des installations pour les économies d’énergie sont considérés par leurs fournisseurs comme une clientèle de luxe qui a les moyens de faire des dépenses qui ne sont pas indispensables (et qui en plus n’est pas très compétente en matière d’économies d’énergie et de calcul financier.)

        Le fait qu’ils appartiennent à des corps de métiers différents abouti souvent à des idioties du genre eau-chaude solaire là ou il vaudrait mieux des doubles vitrages, doubles vitrages là où il vaudrait vaudrait changer la source de chauffage, etc (de toute façon ces choix sont très difficiles!)

        Quand il s’agit de collectivités c’est pire si ces collectivités sont dirigées par une bureaucratie incompétente qui se glorifie du montant des investissement mais s’abstient d’en mesurer les résultats, ça peut être mieux quand la collectivité en question examine l’ensemble des dépenses engagées et des économies qui en résulteront (mais sur le long terme le coût de l’énergie n’est pas connu.)

        Les acheteurs individuels qui attribuent une « grande valeur » aux économies d’énergie tendent à accepter de les payer à un prix « non rationnel ». Finalement et comme toujours c’est les rapports de force qui décident du résultat des courses: si tout le monde change sa chaudière le prix des chaudière augmente puis c’est le prix du mazout qui pourra le faire sans craindre la concurrence des autres moyens de se chauffer !

      • @ G L

        Les clients individuels des installations pour les économies d’énergie sont considérés par leurs fournisseurs comme une clientèle de luxe qui a les moyens de faire des dépenses qui ne sont pas indispensables

        Sauf que dans mon cas et surtout celui de mon fils elles étaient indispensables.
        Qu’on le veuille ou non, ces investissements sont indispensables pour de plus en plus de personnes qui n’ont pas les moyens et c’est bien cela le problème qu’il nous faut résoudre.
        En remettant l’argent là où il doit être comme le dit Paul Jorion.

  11. Douny

    Concernant la finance, les intervenants de ce blog nous conseillent de « sortir du cadre ».
    Mais quand il s’agit de l’UE, on prone les réformes de l’interieur.
    Et si on sortirait du cadre là aussi ? Et si on sortirait du cadre de l’UE ?? Et si on sortirait de l’UE ???

    En plus, je ne comprends toujours pas comment peut fonctionner un « new deal » sans protectionnisme.
    Par exemple, les effets d’une augmentation des salaires en France seront principalement l’accroissement du deficit commercial francais et l’augmentation des exportations chinoises.

    PS: Mon francais est très limité. Veuillez m’en excuser.

    • Parce que vous considérez comme allant de soi qu’une augmentation des salaires signifie automatiquement une augmentation du prix des marchandises ou des services. Vous oubliez qu’il y a deux IMMENSES variables d’ajustement – trop négligées, BEAUCOUP trop négligées – les salaires et bonus grotesques des dirigeants des grandes entreprises, et les dividendes des investisseurs. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve toujours attendrissants les gens qui comme vous considèrent qu’il n’y a qu’une seule variable d’ajustement dans l’équation : les salaires des employés. Les deux que je viens de mentionner, pour une raison difficile à deviner, elles ne leur viennent même jamais à l’esprit !!!

      • Bernard Laget

        Et c’est aussi une question de justice, pour ne pas dire de morale : ceux qui produisent vétitablement de la richesse ont droit à une part d’un gateau entièrement confisqué par une minorité!

      • dany

        Bien sùr mais quelle proportion des salariés cela représente-t-il ? Les employés des pme pmi, des artisans, quelle solution ?

      • timiota

        Parce que dividendes et très hauts salaires sont « liquides », tandis que les bas salaires sont « antiliquides ».
        Dividendes :ca se comprend, les capitaux sont mobiles. Haut salaires : c’est pour épater le voisin : INDISPENSABLE, et si ça ne va pas ici, j’irai le chercher là (où on sera content de me le donner pour prouver qu’on prend le sort de l’entreprise au sérieux
        Bas salaires: sont devenus antiliquides par la conjonction de l’automatisation et des outils d’imprégnation de « cerveau disponible ».

        La solution : qu’il reste un neurone ou deux libres dans le cerveau disponible et qu’on lui dise le bon (le juste) message…

      • goufio

        réponse plutôt à Bernard Laget que je ne peux pas supsecter de ne pas savoir, mais Paul Jorion, non.
        Oh ! Les études de l’OCDE montrent que la part des salaires est des 2/3 dans la valeur ajoutée et est relativement constante. (cf. Thomas Picketty 6e edition des Economies des inégalités)N’oubliez jamais qu’une entreprise a besoin de capitaux pour continuer son développement et que les prêteurs/actionnaires ont besoin d’une rémunération, ils se partagent le 1/3 restant avec les impôts. Si vous en voulez plus il faudra vous passer des autres 2/3. CQFD

      • @ goufio

        Les études de l’OCDE montrent que la part des salaires est des 2/3 dans la valeur ajoutée et est relativement constante.

        N’oubliez pas que les salariés sont clients des banques et donc des mêmes investisseurs, ce qui fait que les 2/3 deviennent beaucoup plus petit quand on retire ce que les salariés doivent à ces investisseurs.
        Il faut aller jusqu’au bout du raisonnement

        Si vous en voulez plus il faudra vous passer des autres 2/3.

        Et bien vous vous passerez de la consommation et c’est ce qui se passe aujourd’hui avec l’austérité.
        C’est ce que dit Jean Pierre Pagé l’austérité et la relance sont contradictoire.

        N’oubliez jamais qu’une entreprise a besoin de capitaux pour continuer son développement …….et que les prêteurs/actionnaires ont besoin d’une rémunération,

        N’est-ce pas ce qui est combattu sur ce blog?
        Si les entreprises ont besoin de capitaux c’est qu’il y en a qui se sont approprié les moyens de production c’est à dire l’argent.
        Comme le dit Paul, l’argent n’est pas à la place qu’il faudrait qu’il soit.

      • Vous avez raison paul.
        Autour de moi les gens me disent « on paye trop de taxes » (Sous entendu pour payer les retraités, chômeurs et les immigrés)
        Quelle est la part des charges financières dans ces taxes qui retournent chez les « gros actionnaires » quelqu’un peut-il me le dire?

        Je ne sais pas pourquoi mais je trouve toujours attendrissants les gens qui comme vous considèrent qu’il n’y a qu’une seule variable d’ajustement dans l’équation : les salaires des employés.

        Parceque ce sont des doux qui ne sont en rien des rebelles et qui acceptent sans broncher ce que leur dicte le système.
        Effectivement, on peut avoir pitié d’eux.

      • gruau

        Sur ce point je vous donne mille fois raisons. Les deux variables que vous mentionnez ne sont strictement jamais mentionnées dans les discussions sur les grands médias, quelle que soit la qualité des ‘experts’ impliqués dans la discussion.
        Je viens d’entendre encore ce matin Réynié sur France-Culture : toujours la même chose (par parenthèses ce gars est absolument partout ces jours-ci, sans qu’on rappelle jamais que la Fondation qu’il dirige est liée, si je ne m’abuse à l’UMP son temps de parole est porté au crédit du candidat de la droite ?? ).

    • Jean-Pierre Pagé

      A ma connaissance, le New Deal aux Etats Unis a fonctionné sans protectionnisme et il en va de même pour ce qui a alimenté la croissance en Pologne (cf: ma réponse à Pierre-Yves D, ci-dessus). Tous ces travaux d’intérêt général et d’avenir font d’abord appel aux travailleurs, aux chercheurs et aux entreprises des pays considérés et n’appellent pas une « protection » vis à vis de l’extérieur.

    • Bernard Laget

      Je vous signale qu’il existe en chine une tendance à la hausse des salaires !

      • liervol

        Je regrette la marque Lejaby, avant nous avions des baleines qui résistaient au lavage dans la lingerie, maintenant vous avez des produits mal fait mauvaise coupe en plus qui se plaisent à vous transpercer pour un peu. Tout n’est pas délocalisable et le profit rien que le profit conduit ne faire plus que de la merde…

      • goufio

        Il n’y a pas de place pour répondre à liervol, je le fais donc là.
        Si certains produits sont fabriqués plutôt aillersr aujourd’hui, c’est que vous oubliez votre attitude de consommateur qui est d’acheter le prix plutôt que le rappoort qualité/prix. Vous avez une réelle part de responsabilité dans votre acte d’achat, c’est ce qui a poussé l’entreprise en question et d’autres à aller fabriquer moins cher ailleurs.

      • G L

        @goufio

        Le consommateur ne peut pas faire un choix « rationnel » se basant sur un soit-disant rapport qualité/prix !

        Les exemples sont beaucoup trop nombreux pour les citer. On peut dire que ce rapport qualité/prix n’a par exemple aucun sens pour l’habillement (chaussures de baskets entre 10 et 100 euros dans le même hyper-marché.) La liste d’exemples pour lesquels ce soit-disant « choix rationnel » ne peut pas s’appliquer me semble tellement longue que je n’arrive pas à trouver des exceptions. Même le sel de table me parait un cas douteux (…et pourtant je regarde souvent le prix au kilogramme que la loi française (ou Bruxelles?) oblige les super-marchés à afficher sur les étiquettes.)

        La question du rapport qualité/prix est une question très embarrassante à laquelle je ne connais aucune réponse satisfaisante !

    • Douny

      @ Mr Jorion:
      Je pense que je me suis mal exprimé. En effet, je suis à 100% d’accord avec vous sur ce point.
      Ces deux variables, je les connais grâce a votre blog !
      Je résume très vite, pour montrer que j’ai bien fait mes devoirs :) :
      Augmenter les salaires (surtout les plus faibles) stimulera l’économie, car des millions de personnes auront accès à des produits et des services et dépenseront l’argent dans l’économie réelle. Au contraire, « les salaires et bonus grotesques des dirigeants des grandes entreprises, et les dividendes des investisseurs » ne servirons qu’à parier en bourse.

      Mais je pense qu’une augmentation des salaires, qui n’est pas accompagnée de protectionnisme, aura des effets limités. Je vous donne mon propre exemple: Si mon salaire augmente de 300€, j’irai acheter des vêtements (made in china), des appareils électroménager (made in germany/china) et plus tard un nouvel ordinateur (made in taiwan/china).
      Ne pensez vous pas que des centaines de milliers (voire des millions) de personnes se comporteront de la même façon ? Est ce que ce genre de comportement n’aurait pas un impact négatif sur le déficit commercial français et un impact positif sur les exportations chinoises ?
      D’ailleurs, Mr Emmanuel Todd a traité ce point précis dans son livre « l’illusion économique ».

      @Jean-Pierre Pagé:
      Si mes connaissances superficielles sur ce sujet sont exactes, la relance keynésienne signifie que l’état donne des impulsions positives a l’économie (investissements directs, augmentation des salaires..). Le but est de créer une dynamique qui ce poursuivra même après l’arrêt de l’intervention directe de l’état.
      Concernant le new deal: Pendant les années 30, le commerce international était beaucoup moins important qu’aujourd’hui. Donc, même en supposant qu’il n y avait pas de politiques protectionnistes, le marché (réel) américain n’était pas si exposé aux produits étrangers.
      Concernant la Pologne: On parle bien d’une intervention directe de l’état. Mais est ce que cette dynamique pourra se poursuivre après l’arrêt des investissement de l’état ?

      Pour résumer:
      La relance keynésienne est-t-elle compatible avec la libre circulation des marchandises et des capitaux (article 63 du TFUE) ? Mr Emmanuel Todd pense qu’elles sont incompatible. Que pensez vous ? En plus, les reformes urgentes préconisées par ce blog sont interdites par les traités européens. Les classes dirigeantes en Europe y sont opposés de toutes manières. Et ne soyons pas naïf! Ils ne changeront pas d’avis tant que leurs pays ne brûlent pas. Par contre, le changement (pas celui de Hollande) pourrait se manifester dans un seul pays, qui n’aura aucune chance de convaincre les autres et qui doit en tirer les conséquences. Alors… »la faute à Bruxelles » ?

      PS: Pour mon 1er message sur le blog, je n’ai jamais imaginé susciter autant de réponses/réactions. Je vous remercie et je remercie l’effort pédagogique du blog.
      Une dernière chose: Est-t-il possible de développer le glossaire ou d’ajouter une sorte de F.A.Q ou même une liste de livres « must read » ? Cela aiderait les « noobs » -comme moi- à comprendre certains articles très pointus. Merci.

      • La relance keynésienne est-t-elle compatible avec la libre circulation des marchandises et des capitaux

        Compatible ou non, la relance keynésienne s’est réalisée quand les capacités pétrolières étaient à peine égratignées, aujourd’hui la croissance pétrolière n’existe plus et de plus dans 5 ans nous sommes en diminution de l’offre.
        Il faut arrêter de rêver à la relance, tourner la page du capitalisme industriel et aller vers autre chose.

      • jducac

        @ michel lambotte 29 avril 2012 à 19:03

        Compatible ou non, la relance keynésienne s’est réalisée quand les capacités pétrolières étaient à peine égratignées, aujourd’hui la croissance pétrolière n’existe plus et de plus, dans 5 ans nous sommes en diminution de l’offre.

        Nous partageons la même vision sur cet aspect essentiel à prendre en compte. Idem sur le fait qu’il faut éviter la relance par la consommation intensive profondément installée dans notre monde occidental. Il y a un important travail de sensibilisation à opérer auprès de tous.
        Cela devrait créer des emplois producteurs de richesses vieilles comme le monde, mais perdues de vue. On les appelait chez nos anciens, des économies, de l’épargne, lesquelles sont autant de consommation en moins. En contrepartie elles permettent l’investissement dans de nouveaux moyens permettant de produire à moins coût, donc à moindre consommation. Tout n’est pas condamnable dans la production industrielle à laquelle vous semblez réfractaire.

        Il me semble que vous n’auriez pas installé de nouvelles chaudières plus économes, si elles n’avaient pas été conçues, produites, et diffusées de manière industrielle. Produites de manière artisanale, elles auraient coûté bien plus cher, ce qui veut dire qu’elles auraient nécessité plus d’énergie et qu’à la limite elles n’auraient pas pu être amorties au cours de leur durée de vie.

        De grâce, faites moi comprendre pourquoi vous êtes opposé à toute industrie.

      • Jean-Pierre Pagé

        A Douny
        Quelques clarifications. Cessons de toujours accoler au terme « relance » le qualificatif « keynésienne ». Il y a une manie aujourd’hui : c’est de classer les individus en catégories, en « keynésiens » ou « schumpéteriens », par exemple. Autre réflexe, quand on parle de relance, de considérer que c’est toujours une relance de l’Etat, comme si elle devait toujours être le fait de l’Etat (donc suspecte, voire nuisible, pour les « bons » libéraux). L’économie n’est pas si simpliste. Pour ma part, et pour éviter ces amalgames, je préfère utiliser le terme « soutien de l’activité économique ». Il est clair que la rigueur seule ne peut pas résoudre le problème de la dette, surtout si elle est pratiquée uniformément dans tous les pays de l’Union européenne en même temps. La politique que je propose dans mon article ne se résume pas à une « relance keynésienne » ou « étatique ». Au contraire, l’astuce est de mobiliser l’épargne « privée », qui est très abondante en Europe (et en France en particulier) grâce aux eurobonds, pour financer des projets d’intérêt général et d’avenir en Europe. La réalisation de ces projets, financés par des fonds privés, devrait permettre de créer des emplois et donc distribuer du pouvoir d’achat dans toute l’Europe, donc stimuler l’activité économique. Autre précision, il ne s’agit pas, en l’occurence, d’augmenter les salaires, autre « tarte à la crême » quand on parle de relance.
        Enfin, il convient de ne pas identifier de façon simpliste les investissements réalisés actuellement en Pologne à des « investissements d’Etat ». Le mouvement actuel de croissance économique dans ce pays mobilise l’ensemble de la population. D’ailleurs, beaucoup des investissements d’infrastructure mobilisent les collectivités locales ou des entreprises (de transport notamment) autant ou plus que l’Etat.

      • @ jducac

        Je ne suis pas opposé à toute industrie, ce que je réfute est le fait de croire qu’elle pourrait se développer indéfiniment et qu’il n’y a que ce moyen pour créer des richesses.
        Je suis technicien et je me rends bien compte que la plupart des produits ne pourraient être réalisés sans industrie et de plus j’ai travaillé dans l’industrie.
        Il faut surtout ne pas perdre de vue que toutes les autres institutions, enseignement, hopitaux, parlement, loisirs, transport voir jusqu’à la morgue ont calqué leur développement sur celui de l’usine, et c’est loin d’être efficace.
        Les usines produisant des chaudières capable de réaliser des économies d’énergie existent et c’est très bien ainsi, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il n’est pas nécessaire de remettre en question le système de création des richesses pour le rapprocher du citoyen.
        Et cela bouge dans toutes les directions, si vous vous rappelez j’avais mis en ligne ce lien http://opensourceecology.org/ C’est une autre façon de penser la création des richesses pour la placer plus près du citoyen.
        Si vous lisez un jour la Troisième Vague d’Alvin Toffler. vous comprendrez peut-être pourquoi je dis que nous vivons la fin du capitalisme industriel.

      • @ Jean Pierre Pagé

        Au contraire, l’astuce est de mobiliser l’épargne « privée », qui est très abondante en Europe (et en France en particulier) grâce aux eurobonds, pour financer des projets d’intérêt général et d’avenir en Europe.

        Je suis évidemment d’accord sur le fait de mobiliser l’épargne, mais quand vous parlez de projets d’intérêt général, à quoi faites vous allusion?

      • lorimiera

        @Douny «must read»? pourquoi pas «A lire»?
        Deux-Montagnes Québec

  12. daniel

    [...] sur les « réformes structurelles » qui sont les « tartes à la crème » des libéraux. D’une part, celles-ci sont le plus souvent injustes et insupportables et ont l’inconvénient de saper le modèle social dont l’Europe est fière à juste titre. [...]

    Elargissons vos propos en une question: et si la « rigueur » était le moyen par lequel
    les libéraux espéraient parvenir à détruire ce qui lui échappe encore, c’est à dire tout privatiser?
    N’y voyez pas un complot. Mais un opportunisme gentiment instrumenté, façon Naomi Klein.
    La destruction du code du travail, par exemple, ne fait rien pour l’ Emploi,
    mais c’est un obstacle de moins. Toujours quelques contraintes en moins …

    C’est pourquoi accepter la cohabitation avec le libéralisme est perdu d’avance,
    à moins d’un fort soutien politique.
    Ce système, le libéralisme, a perdu l’habitude de la négociation et de la coexistence.
    30 ans qu’il est choyé de toutes les façons forgent un ubris.
    Le libéralisme est totalitaire.

    • Jean-Pierre Pagé

      C’est pourquoi, il faut le combattre en ne lui laissant pas la place libre et en promouvant un autre mode de fonctionnement de l’économie. Le libéralisme n’a pas toujours eu la liberté de mouvement qu’il a aujourd’hui. Vous vous laissez impressionner par ce qui s’est passé au cours des trente dernières années. Au cours des trente années qui ont suivi la Seconde Guerre Mondiale, le libéralisme a été sous contrôle.

      • daniel

        Sûr.
        L’idée seule qu’autre chose est possible vaut la peine d’être entretenue.
        Don quichotte, lui aussi avait ses convictions.
        Pensons aux moins de 40 ans qui n’ont rien connu d’autre que ce libéralisme
        épuisant et épuisant toutes ressources.

        La question est comment. Comment ?
        L ‘entrisme revient à pactiser avec le Diable. Et en plus, il sait montrer
        le côté sympathique de sa tronche. [ c'est relatif.]
        Avez-vous un manche assez long ?
        C’est votre intégrité qui est en jeu.
        Admettons que la majorité, un jour, bascule.
        Saurez-vous, à ce moment, remettre en jeu des convictions intactes ?

    • Jean-Pierre Pagé

      A daniel 28/04 21:40 et michel lambotte 30/04 20:45
      A daniel d’abord.
      Effectivement, j’y vois un moyen, façon Naomi Klein, pour détruire le modèle social européen. Il ne s’agit pas d’accepter la cohabitation avec le libéralisme, mais de s’opposer, de toutes ses forces, à celui-ci et d’empêcher qu’il n’étende son emprise.
      A michel lambotte.
      Le développement de l’Europe nécessite de mettre en oeuvre des actions dans beaucoup de domaines. Il s’agit, par exemple, des actions pour réaliser des économies d’énergie ou des substitutions d’énergies propres à des énergies polluantes, ou encore restructurer l’offre d’énergie. Ces actions devront être menées à l’échelle européenne en mobilisant des moyens financiers également à l’échelle européenne. Il serait donc souhaitable que ceci soit coordonné et géré au niveau européen, quitte à être décentralisé au niveau de chaque pays. Le financement de ces actions pourrait être assuré par l’émission d’eurobonds par la BEI ou des fonds d’investissement européens appropriés. Il en va de même pour des travaux d’infrastructures de transport couvrant plusieurs pays et améliorant les transports au sein de l’Europe. Ceci pourrait encore concerner divers projets de recherche (médicale par exemple) et d’innovation.

  13. lon

    Pour que ça marche il faudrait aussi que l’Europe et les européens se pensent en tant que bloc, au besoin fermé à d’autres, et non une sorte de projet humaniste à vocation universelle propre à faire rêver les bonnes âmes entre Heathrow/Roissy/Frankfurt , Washington DC, et Pékin.
    Il faudrait que les Européens puissent percevoir l’Europe comme protectrice et porteuse de sécurité, et non pas comme une foire d’empoigne. Il faudrait que l’Etat-nation tant décrié laisse la place à l’Etat-nation européen, avec un sentiment national européen.

    • wildleech

      C’est exact.
      Mais l’union européenne a été basée sur les mensonges des uns et les illusions des autres.
      On a laisser croire à l’élargissement virtuel des états, tous les peuples adoptant naturellement le meilleur modèle social, à savoir le sien.
      Les peuples ne changent pas comme ça.
      Les nations ne se forment pas comme ça.
      Il faut au minimum promouvoir de nouvelles traditions communes et populaires.
      Mais l’union n’a produit que des règlements et des dérèglements.
      Quand bien même l’ue serait une grande couverture protectrice, que pourrait-elle protéger quand chacun est occuper à en tirer le plus gros bout de son côté.
      Et, tant qu’elle reste distincte de la « réalité » quotidienne des électeurs, elle fait un bouc émissaire pratique pour les détourner des échecs des politiques nationales.

    • Pierre-Yves D.

      Ion

      Construire un bloc — l’Europe — autrement dit une forteresse, ce n’est pas la solution.

      La motivation et la visée humaniste sont plus nécessaires que jamais car l’Europe ne pourra protéger véritablement et durablement ses habitants si ses principes ne s’appliquent qu’à elle-même. Des mesures qui ne s’appliqueraient qu’à elles-même seraient source de tension et du temps de perdu pour rechercher avec le reste du monde un terrain d’entente. Ce terrain d’entente, nous le savons sur ce blog, il ne pourra se trouver que dans les liens de solidarité, avec le partage des richesses, avec le partage des savoirs et des connaissances.

      Vous confondez humanisme et faiblesse. Or ce n’est pas être faible que de vouloir pour le monde de nouvelles règles communes. L’Europe ne protégera et assurera le bien être en son sein que si fondamentalement elle souhaite pour les autres, et agit en conséquence, les mêmes principes que ceux qui régissent sa politique économique interne. L’Europe devra d’abord cesser les échanges inégaux avec les pays du sud (néo-colonialisme), c’est à cette condition qu’elle pourra le cas échéant devenir le poisson pilote de la grande transition en cours.

      • jducac

        @ Pierre-Yves D. 29 avril 2012 à 10:59

        Des mesures qui ne s’appliqueraient qu’à elle-même (l’Europe) seraient source de tension et du temps de perdu pour rechercher avec le reste du monde un terrain d’entente. Ce terrain d’entente, nous le savons sur ce blog, il ne pourra se trouver que dans les liens de solidarité, avec le partage des richesses, avec le partage des savoirs et des connaissances.

        Certes, qui peut s’opposer à cet idéal ? Ce serait formidable si c’était réaliste ?

        Même si nous apportons l’idée aux autres, à ceux qui n’ont pas notre génie, quel argument pourrons-nous faire valoir auprès d’un acteur majeur tel que la Chine par exemple ?
        Allons-nous pouvoir lui dire : faites-nous confiance adoptez notre idée, c’est ce qu’il faut pour le bien de l’humanité entière ?

        Ne vont-ils pas nous voir venir avec nos gros sabots européens, nos dettes non remboursables, nos divisions ancestrales, notre passé colonial dont ils ont eu à souffrir, notre manque d’efficacité dans l’action de mise en place de l’unité européenne etc… ?

        L’Europe peut-elle être leader et servir d’exemple au niveau mondial pour jouer ce rôle dès lors qu’elle se trouve dans un aussi mauvais état ?

        L’échec du sommet écologique de Copenhague fin 2009, n’a-t-il pas suffi à montrer que pour être influent il vaut mieux être fort. Comme partout ailleurs, c’est l’éternel effet du rapport de forces qui décide de beaucoup de choses.
        Nous, français et européens en général, nous parlons beaucoup sans faire grand-chose, tandis que d’autres parlent moins et agissent.

      • Pierre-Yves D.

        judcac

        Le rapport de forces ne disparaît pas du jour au lendemain, mais, et c’est ce qui change tout, il s’exerce plus pour défendre des intérêts purement nationaux ou ceux d’une classe sociale dominante, mais cette fois pour atteindre l’objectif de mise en place de règles communes.

        Quant « au mauvais état de l’Europe » il ne concerne pas qu’elle même, la Chine que vous citez est logée à la même enseigne, son développement étant lié au notre.

        La Chine fait une consommation intensive d’énergies fossiles, la destruction de ses éco-systèmes est en marche, son mode de développement n’est donc pas viable, tout comme il ne l’est pas pour nous.
        Bref, l’Europe comme la Chine devront réviser leur façon d’appréhender le cadre de l’économie mondiale. Ce n’est pas une utopie idéaliste, c’est tout ce qu’il y a de plus réaliste comme situation.

    • gromf

      @ modération désolé(flood) problème avec ma conclusion

      @ Jean-Pierre Pagé

      Article enrichissant, mais qui me laisse une nouvelle fois un tout petit peu sur ma fin.
      Impression qu’à toute évocation d’un cadre, d’un horizon vous répondez par un: Oui mais que faire là, maintenant, tout de suite, dans l’urgence, etc…
      D’où un réflexe de recul de ma part comme devant une manipulation qui n’est évidemment pas votre intention, mais qui empêche l’adhésion.
      L’histoire des eurobons a été amplement critiquée sur ce blog. On reporte un problème. Redondance de dettes. Anomalies mal identifiées, … C’est pourquoi je ne le prend pas pour exemple, et que j’évoquerai l’agriculture. En répondant à hema, vous prenez la PAC comme succès à renouveler. Or cette politique est un désastre. Déséquilibres mondiaux, famine, disparition des petites structures. Triomphe du profit sur l’humain et l’écologie.
      En d’autres termes l’efficacité, la performance se fait passer pour le bon sens alors qu’elle règne avec l’admiration qu’elle suscite, en dépit du bon sens.

      Le rapport de force avec l’Allemagne que vous évoquez ailleurs nous est présenté à tord comme déterminant. Il n’est en réalité qu’un jeu stupide pour celui qui aspire à des solutions pour des économies pacifiées, du type bancor ou autres.

      Certes, il n’y a pas qu’une seule politique économique européenne possible, mais la vôtre, par son ancrage à la croissance, moteur indispensable d’un capitalisme à l’agonie, ne me convainc pas.

  14. Je commence par la fin, car mobiliser l’épargne privée dormante au développement de l’Europe, tout économiste un peu sérieux sait qu’aucune épargne est dormante. Si les Eurobonds ne sont pas des emprunts réalisés au niveau européen pour financer avec « les moyens considérables de la BCE pour desserrer l’étau qui étrangle les pays de l’Union » les dettes souveraines en vue de financer à crédit les folles dépenses de nos Etats, qu’est-ce ? En taxant l’épargne, à travers le « riche », l’entrepreneur, l’actionnaire, je ne vois pas comment procéder à un « soutien indispensable de l’activité économique ». Ce n’st pas l’épargne de M. Hollande qui a jusqu’à aujourd’hui financé les projets industriels de ce pays puisqu’il est contre. Ce manque de confiance dans l’entrepreneur individuel est surprenant, mais nous allons avoir la substitution totale de l’Etat à travers tous les leviers disponibles politiquement en France avec l’avènement du sauveur F Hollande ? Ce qui est dommageable c’est que se seront encore les mêmes qui paieront l’addition de la folie des hommes qui croient en la dette. Car tout le message ci-dessus camoufle le financement par la dette (Eurobonds, moyens de la BCE, politiques de relance et d’investissement). En conclusion, il faut tenter à l’échelon européen ce que nous avons raté à l’échelon national. Mais quel est le prix à payer par les responsables de ce futur désastre ? AUCUN.
    A titre historique pour les économistes un peu sérieux qui auraient étudié les deux New Deal de 1933 et 1936 se sont soldés par des échecs cuisants pour le Pt Roosevelt et ce n’est qu’après l’abandon par Roosevelt lui-même des New deal et de l’effort de guerre gigantesque (1943) consenti par les USA qui ont sortis les USA de la crise des années 30’s.

  15. goufio

    Vous écrivez : « recherche d’une plus grande efficacité des dépenses, à la lutte contre les gaspillages de ressources et à la mise en place d’une fiscalité plus juste en même temps qu’efficace, et sans attendre les effets hypothétiques des réformes structurelles marquées au sceau de l’idéologie néo-libérale, il est possible de mener des actions de soutien de l’activité économique à effet immédiat »
    Il y a 5 thèmes à développer :
    1) Recherche d’une plus grande efficacité des dépenses. Il est incroyable que devant une telle puissance des états, des G 20, du FMI, de la FED, BCE, FESF (MES), BRI, banque Mondiale combien y a t-il d’organismes nationaux européens internationaux qui savent tout sut tout et que nous soyons dans une situation aussi grave ? Je pense qu’il faut retirer à ces personnes le pouvoir exorbitant et dangereux qu’elles se sont octroyées contre le consentement des peuples.
    2) Lutte contre les gaspillages de ressources. J’ose espérer que vous évoquez le gaspillage des impôts et dépenses sociales à travers les endettements faramineux et non remboursables de nos dirigeants passés et à venir.
    3) Fiscalité plus juste en même temps qu’efficace. La fiscalité qui spolie et décourage jusqu’à l’exil fiscal, ce n’est pas juste. Ainsi la justice consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû. La justice fiscale consisterait non pas à « rendre », mais à « prendre » par l’impôt ce qui est dû à la collectivité. Concept dogmatique sans aucun doute.
    4) Sans attendre les effets hypothétiques des réformes marquées au sceau de l’idéologie néo-libérale. L’expression néo-libérale n’a pas de sens. Le préfixe néo du grec ancien νεο, néo (« nouveau »). Cette expression provient d’une invention des anti « libéraux » qui recouvrirait une doctrine qu’ils ont conçue dans les années 70’s qui accepte moins d’état. Cependant le libéralisme n’est pas une doctrine et encore moins une doctrine économique puisque c’est une théorie du droit et pour faire simple « le fondement du droit est l’appropriation naturelle des choses produites, qui résulte de la propriété de soi.. » se référer aux articles I (les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits…) , IV (La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme …) et XVII (La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé…) de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 rédigée par des libéraux avant que les terroristes prennent le pouvoir. Il ne peut y avoir des « nouvelles » libertés, égalités et propriété. Par contre, nous avons eu plus d’Etat voir les immenses réglementations et corps administratifs qui ont proliférer et l’Etat consomme 56,6 % des richesses crées annuellement.
    5) Mener des actions de soutien de l’activité économiques à effet immédiat. Cela fait 40 ans qu’on nous serine des actions de soutien et celles à effet immédiat sont connues, comme l’augmentation du pouvoir d’achat, sans création de richesse, veut dire augmentation du prix des biens et services et augmentation des dettes, tout ce discours se lit, mais il est totalement inefficace depuis 40 ans et pendant les New Deal. Le fait de savoir si vous savez M. Jorion, ne vous autorise pas à maintenir dans l’erreur les lecteurs et citoyens qui n’ont pas le loisir de vous lire.

  16. goufio

    Je complète mes propos par des chiffres éloquents qui ne nous permettent pas de continuer dans vos propositions/
    Dettes:
    SSAD : 8,7 milliards
    RFF : 27,8 mrds
    SFEF : 55 mrds
    CADES :93
    ACOSS : 91
    HOPITAUX : 20
    RETRAITES FONCTIONNAIRES NON PROVISSIONNEES : 1200 mrds
    soit 1500 milliards auxquels ont ajoute la dette publique de 1700 soit 3 200 milliards. A combien Reinart et Rogoff ont démontré l’insoutenabilité des dettes publiques ? 90% du PIB, alos nous sommes à 160 %. Peut-on continuer? Si vous le dites!!!
    Les Américains avaient créé les CDO nous pourrions avoir des CDO-EUROBONDS.-LTRO. Est-ce que Dieu à une banque centrale terrienne en dernier recours?

    • Une corde, une chaise et un crochet… et vite !

    • Jean-Pierre Pagé

      A Goufio
      Cher Monsieur.
      Permettez-moi de répondre à vos trois messages.
      Tout d’abord, une observation ponctuelle. Si une épargne se place massivement en liquidités sur les livrets des banques à des taux de misère, faute de placements plus attractifs, qu’est-elle sinon dormante ?
      En second lieu, vous mélangez beaucoup de choses avec des points de vue qui mériteraient de longs débats. Un seul exemple : vous reprenez l’antienne, chère aux « libéraux » (je veux bien enlever le « néo »), selon laquelle ce qui aurait sorti les Etats-Unis de la crise des années 30 est la Seconde Guerre Mondiale avec les dépenses militaires qu’elle a entraînées et non le New Deal de Roosevelt qui aurait été (je vous cite) un échec. Cela me semble très contestable.
      Vous évoquez, à juste titre, l’ampleur des dettes publiques, en l’imputant à la gabegie des Etats considérés, mais en omettant de dire que le creusement de ces dettes est dû pour une part importante aux actions menées pour lutter contre la crise créée par les débordements de la finance (et notamment le renflouement des banques menacées de faillite en raison de leurs comportements inconséquents). Vous savez très bien que, dans certains pays (l’Espagne et l’Irlande par exemple), ce nest pas le secteur public qui est en cause, mais le secteur privé dont l’endettement a explosé.
      En conclusion, que préconisez-vous pour sauver la zone euro ? La poursuite de la politique de rigueur telle qu’elle est menée dont je crois avoir souligné les dégâts qu’elle produit ?

      • A Jean-Pierre Lagé
        Cher Monsieur,
        Il y a d’abord une ambigüité quant au rédacteur, je pensais avoir à faire à M. Paul Jorion !!!
        La place ici est toujours limitée et pour ne pas alourdir, je n’ai pas fait une présentation organisée, je sais que mes propos sont dérangeants pour votre billet, mais rendre public ses écrits c’est s’exposer à la critique et à la correction.
        Je réponds très rapidement mais je ne « mélange pas beaucoup de choses », disons qu’elles sont très liées. Ainsi en va-t-il de la fiscalité, des décisions gouvernementales et supra nationales, des crises (soit dit ici, les dettes souveraines ne sont quand même pas le fait des banques et des financiers soyons sérieux), les gaspillages, les réglementations, les politiques à tout va des gouvernements espagnol, irlandais qui dans le premier cas on priorisé la construction considérable de logements (surstock de logements neufs invendus se situait encore à 818 000 en septembre 2011). Pour l’Irlande il s’agit de dépenses publiques inconsidérées, en effet entre 1998 et 2006, les recettes fiscales de l’état Irlandais ont été multipliées par près de 3. Mais l’état Irlandais, au lieu de gérer ces surcroîts de taxes, il a augmenté les dépenses publiques dans les mêmes proportions. Les salaires de la fonction publique ont été multipliés par plus de 2 entre 2000 et 2008, alors que l’inflation n’a été « officiellement » que de 25% dans ce laps de temps. Je tiens à votre disposition des statistiques éloquentes et officielles.
        Je réponds aux trois remarques que vous avez faites :
        1) Vous me surprenez que les dépôts restent des dépôts (écritures sur comptes devenus quasi-fonds propres ou épargne bilancielle, ce que tout étudiant en finances a appris…), ils ont deux fonctions, l’une de réserves fractionnaires et la seconde l’emploi par les organismes dépositaires (les banques-toujours sous le sacro-saint pourcentage de retrait de 4 %) pour des investissements (dépôts courts et placements longs)
        2) Il vous semble très contestable que les deux New Deal de F.D. Roosevelt aient été des échecs. C’est F.D. Roosevelt lui-même qui l’a annoncé fin 1938. Il est cependant daté dans tous les manuels économiques que la reprise américaine est due, après 1943, au formidable effort de guerre, voir PIB, taux de chômage et militaires partis en guerre. Les chiffres du PIB américain et leur étude détaillée l’explicitent sans aucune ambigüité.
        3) Le creusement des dettes, là aussi l’INSEE, la Cour des Comptes, la DGFiP et la Banque de France ont précisé que le montant des capitaux dus aux actions pour renflouer des banques ont été pour la Société de Prise de Participation de l’État (SPPE ; pour 20,35 milliards dans 9 banques …dont la quasi-totalité a été remboursée sauf Dexia pour 0,3 milliards (sources : http://www.sppe-gouv.com/docs/SPPE_actifs.pdf) et http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=37. Les intérêts de la dette publique étaient de 50,9 Mrds en 2007 et de 55,5 Mrds en 2011, le coût de la dette antérieure à la crise de 2008 est à mettre au débit des années antérieures. Le surplus de déficit est le seul imputable à la crise mais se partage entre les déficits des différentes administrations publiques et les aides qui ont été de 77,3 Mrds pour le SESF et de 22,8 Mrds pour Dexia. Soit 101 Mrds par rapport à une dette accumulée de 1 327 Mrds au sens de Maastricht fin 2007. Dexia est exclusivement prêteuse aux collectivités territoriales ce qu’il faut aussi dire. http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1293
        Je conclurais par ce que vous citez : « les comportements inconséquents des banques » que je tergiverserais en m’attaquant aux normes du comité de Bâle I (1988), Bâle II (2007) qui autorisent les coefficients multiplicateurs Cooke (quantitatifs) et Mc Donnough (quantitatifs et qualitatifs) et aux politiques forcenées du droit au logement (à crédit) développées depuis les années 60’s, comme si les peuples ne pouvaient pas décider par eux-mêmes s’ils doivent ou non acheter un logement ?
        Pour le règlement de la crise il y a une solution que je veux bien partager avec vous, mais il vous faudra évidemment revenir sur certains dogmes que j’ai cru déceler dans votre argumentaire.

  17. Gribouille

    Je pense qu’il manque un levier plus immédiat de croissance dans les proposions de M. Pagé, qui est la sortie de l’Euro. Quand vous partez du constat que tout déficit commercial, c’est de l’activité qui n’est par réalisée sur le territoire, donc du PIB et de l’emploi en moins. Vous comprenez que tous les pays d »Europe du Sud pourraient grandement bénéficier d’un rééquilibrage de leur balance commerciale en coordonnant avec leurs partenaires un ajustement du taux de change de leur monnaie en fonction de leur compétitivité relative. Il ne serait plus nécessaire de mener des politiques de déflation salariale dont l’impact sur la demande intérieure est sans commune mesure avec la faible amélioration de la compétitivité attendue. Mieux encore, libéré de la monnaie unique, il serait possible de mener des augmentations collectives de salaire en neutralisant ses effets négatifs sur la compétitivité en modifiant le taux de change.
    Je me demande pour finir si cette idée de relance par l’investissement n’est pas simplement un moyen de masquer ce vrai problème pour la croissance que représente l’Euro afin de maintenir les peuples européens dans l’espoir d’un avenir meilleur pour le moins hypothétique.

  18. Jean-Pierre Pagé

    Derrière le débat sur la politique à mener, il y a celui sur le modèle socio-économique que nous voulons.
    Il est clair qu’il y a actuellement deux courants de pensée en lutte.
    D’un côté, le courant « libéral » qui, sous prétexte de promouvoir davantage de flexibilité et de concurrence avec l’argument de relancer la croissance, milite pour le démantèlement du modèle social européen et de sa protection sociale, et vise à réaliser ce que le capitalisme, gêné par ce modèle dans son désir d’expansion et de prise du pouvoir, rêve d’opérer depuis toujours.
    De l’autre, le courant « social » (dont je m’honore de faire partie) qui défend « bec et ongles » le modèle social et cherche à trouver un autre mode de fonctionnement de la société, un nouveau paradigme. C’est cela qui est en jeu aujourd’hui et l’avenir de la construction de l’Europe en est le théâtre.
    Ou bien, nous parviendrons à stopper la dérive libérale de la Commission européenne appuyée par les majorités conservatrices au pouvoir dans de nombreux pays, avec l’arrivée de nouvelles majorités plus favorables au modèle social (pas seulement en France, mais aussi en Allemagne, ce qui me paraît probable), et nous pourrons oeuvrer pour un modèle européen plus solidaire et juste dans l’esprit des pères fondateurs et de l’économie sociale de marché.
    Ou bien, ce sont les forces déstabilisatrices du libéralisme qui l’emporteront et l’on peut être inquiet pour l’avenir de l’Europe.

    • edith

      Le courant libéral porte une idéologie en elle :

      -> les gens n’existent que pour le servir.

      Aucune sorte de contrat (moral ou matériel) entre le salarié et l’entreprise,
      seule doit rester la place prépondérante et dominatrice de cette dernière
      le salarié s’y soumet ou se démet.

      Une sorte de distributeur à un euro où les salariés remplacent les bonbons.

      Toute forme d’organisation de la société est une montagne pour elle et comme tout raisonnement primaire, le mot d’ordre est « la montagne gène : dynamitons la », oubliant au passage que la montagne est un élément majeur dans la survie de la terre, pour eux y compris.

      Malgré l’abondance des auteurs et des écoles qui l’ont soutenu, il en ressort une absence totale de discernement car en lui transpire la vue à court terme.

      Et dire que ce sont ces individus qui sont aux manettes !

    • daniel

      Accepter le cadre libéral , en prétendant le domestiquer, aura un coût.
      Reformulons votre affirmation:
      Soit l’ économie européenne se rééquilibre, soit l’ Europe éclate à terme.
      Car pour vous paraphraser:
      les forces déstabilisatrices du libéralisme l ’emporteront et
      l’on peut être inquiet pour l’avenir de l’Europe.

      J’ai peu d’information sur la volonté propre des pères fondateurs,
      à part une biographie de Jean Monnet. [ = le but plus que les moyens, à ce niveau.]
      Mais Jean François Deniau, présent à la création, est une bonne source
      concernant les soutiers.
      A le lire, les représentants Allemagne/ bénélux n’ont jamais varié dans leurs
      objectifs: libéralisme et production.
      Que l’ Allemagne y rajoute, en interne et à cette époque, l’économie sociale de marché
      prouve son génie propre à faire un avantage de toutes contraintes extérieures.
      La Pac n’était qu’une aumône pour que ses coudées franches ne lui soient pas contestées dans le domaine industriel.
      ( En passant, l’érection de l’ Allemagne comme l’ usine du monde est le résultat
      d’une volonté séculaire jamais affaiblie, parce qu’ en accord avec une opinion publique constante.)
      Et maintenant, la Pac est vidée de sa substance réelle, l’économie sociale de marché
      est mise à mal .
      Ne reste que l’ennemi débarrassé de toutes contraintes, ou en voie de l’être ayant
      toutes les cartes en main, le libéralisme.
      Comme dit ici récemment ( Zébu), la Grèce est un laboratoire de ce qui nous attend.

      Restons pragmatiques:
      – Vous [ juste un raccourci ] à l’intérieur, pactisant avec l’ennemi
      pour l’infléchir dans le sens du Social. Ne vous trompez pas sur pactiser:
      votre but est noble. Car à mon sens, vous posez la bonne question.
      ( Rarement senti autant en phase avec une contribution…)
      Faut être conscient que vous risquez gros: chatoiement des ors aux palais
      moins que sophistique des convictions tordues.

      – Les autres ici si possible ou ailleurs, pour faire naître une Résistance
      face à la bête. Ce ne sont pas ses « dérives » qu’il faut combattre ,
      c’est son existence. Elle est incompatible avec le Social ou le refus
      que l’ argent soit l’ alpha et l’ oméga de toutes activités publiques.

      • Jean-Pierre Pagé

        Je crois que vous connaissez mal l’époque qui a suivi la Seconde Guerre Mondiale. Vous avez des excuses à cela. Moi-même j’étais bien jeune !
        Schématiquement, l’Histoire, depuis la Seconde Guerre Mondiale se divise en deux périodes : les trente premières années (1945- 1975) dites « trente glorieuses » et les trente années suivantes(1975-2005), celles de l’explosion du libéralisme, avant que n’éclate la grande crise que nous vivons.
        Vous ne pouvez pas imaginer l’enthousiasme qui a prévalu après la Seconde Guerre Mondiale. Vous en faîtes une caricature ! N’oubliez pas que le modèle social en France est issu du Conseil National de la Résistance. Pour cela, je vous renvoie à Stéphane Hessel. Vous caricaturez JP Deniau que j’ai connu beacoup plus tard. Quant à l’économie sociale de marché allemande, avec sa dimension de cogestion, ce n’était pas rien. Et c’est encore beaucoup la caricaturer que d’en faire un subterfuge. Elle a longtemps tenu jusqu’à ce qu’un chancelier social démocrate lui porte un coup très dur il y a dix ans.
        Non, je ne cherche pas à pactiser, « de l’intérieur », avec le libéralisme. J’appelle à lui résister. Il ne s’agit pas d’infléchir, mais de maintenir ce qui subsiste en France du modèle social issu de la Résistance et qui est encore très important.

      • vigneron

        Pagé,

        Vous ne pouvez pas imaginer l’enthousiasme qui a prévalu après la Seconde Guerre Mondiale. Vous en faîtes une caricature ! N’oubliez pas que le modèle social en France est issu du Conseil National de la Résistance…

        Ouais, doucement les violons, faudrait pas oublier 47, en France, et surtout en Italie, du lourd, du très très lourd dans le genre « mouvements sociaux » (plus déjà les Guérini & co…).
        http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ves_de_1947_en_France
        On vient de là, de 47, socialement, syndicalement, politiquement, autant sinon plus que du CNR… Y’a un grand silence sur la période 45/50, particulièrement sur 47…
        Et entre 45 et 48, si les salaires nominaux triplent, le pouvoir d’achat diminue d’un tiers et la croissance, ben elle attendra 1950… Allez ! Soyons généreux : les « trente glorieuses » de Fourastié, c’est une vingtaine d’années, deux guerres post-coloniales plus un coup d’Etat, plus 68, point.

      • daniel

        Y’a maldonne, je me suis vraiment mal exprimé.

        1) Pour les personnes : je NE caricature Pas J.F. Deniau.
        Bien au contraire. C’est d’abord un témoin précieux pour une foule
        de détails où il était présent. Ce n’est pas la première fois que je le cite.
        J’ai déja fait part de mon admiration pour son courage.
        En négatif, une seule remarque: quel cabotin ! à peine une critique.

        2) A bientôt 60 ans, les 30 glorieuses ( pas pour tout le monde.)
        J’en ai connu, et apprécié, un bout.
        J’ai déja dit que les contraintes dont la période est coupable par
        rétroactivité n’était comme rien pour des familles et des types comme moi,
        en particulier le contrôle des change, le crédit nationalisé,
        une bourse comme morte ou atone. etc… Je répète: ce n’était rien.
        Je redis que la condamnation active de ces « crimes » ne valait pas
        de mettre au premier plan le libéralisme actuel, gravé dans le marbre
        des textes. Il est totalitaire. Il a du sang sur les mains.

        3) Je répète pour la 4.ième fois que je suis un admirateur de la société
        allemande en souvenir d’un séjour de 3 ans, inoubliable, dans ce pays.
        Il va de soi que la l’économie sociale de marché (et la cogestion)
        fait partie des causes d’admiration.
        Mais il y en a bien d’autres.
        (c’est dire que l’union capital-travail des gaullistes
        est dérisoire comparativement.Mais même cela, nous en sommes incapables…
        car, il y a longtemps, un essai n’aurait pas été impensable…)

        4) – Si vous ne percevez pas le mystère allemand, qui va bien au-delà de l’Allemagne, en matières industrielles et productrices, alors elle reste pour vous, comme pour beaucoup d’autres, dans un angle mort. Cela vous manquera…
        Pour info, elle est devenue la première productrice agricole d’ Europe, ou presque ( dépend volume ou valeur). Un indice me semble-t-il, interrogatoire. Bien au delà de l’anecdote, et cependant une réalité sociale pitoyable, des saisonniers polonais à 1 Euro.
        Je ne fais que chercher. Il est un fait qu’aucun obstacle ou difficulté ne le reste longtemps.
        Comme le disait ma grand mère en conclusion de la lecture de  » L’agriculteur du Sud-Est », que je luis faisais le mercredi matin :  » L’ Allemagne fait ventre de tout ». Elle était aveugle à l’époque et n’ a jamais fait le deuil d’un fils résistant fusillé en 1944. Elle ne le disait que si la chronique internationale s’y prêtait.

        5) CNR : dans le même ligne de pensée. Il ne m’a jamais été question de le mettre en balance.
        L’objectif CNR reste entièrement d’actualité.
        Un rappel : CNR= Etat, lui seul peut le mettre en musique.

        Bref vous vous trompez et je vous demande de m’ excuser pour être si peu compréhensible.

        Reste que vous [un raccourci] risquez quelque chose comme votre intégrité morale
        à vouloir cotoyer le Diable dans le but de la courber.
        En êtes-vous conscient ?

    • Gribouille

      Je suis assez sceptique sur l’idée qu’il suffirait de changer les hommes à la tête de l’Europe pour dévier la trajectoire de la construction Européenne vers un modèle plus social. Est-ce que l’Europe en elle-même n’est pas dans sa nature même libéral ? L’Europe préfigure les fondations d’une gouvernance mondiale construite autour d’organismes supranationaux. Si Hollande gagne les élections, il devra, soit plier, soit accepter de remettre en cause l’appartenance de la France à l’Europe. il n’y aura pas d’entre-deux possible.
      Le premier test est celui de l’Euro. A l’intérieur d’une zone monétaire, il n’y a plus de marché intérieur donc il ne peut exister de modèle social national qui puisse s’y abriter et survivre. Il n’y aura pas non plus l’émergence d’un modèle social Européen de si tôt. La monnaie unique provoque déjà un mouvement naturel redéploiement des activités économiques des régions périphériques vers le centre. Il s’ensuivra une explosion du chômage qui annonce déjà un processus de migration des populations à l’échelle du continent. Pour éviter et amortir un choc social inévitable avec un chômage massif dans les espaces périphériques, la zone euro dans la période de transition aura besoin de mettre en place des mesures de flexibilité des salaires pour ralentir le processus et le rendre soutenable. L’émergence d’un modèle social ne pourra pas avoir lieu avant le sacrifice de plusieurs générations d’actifs condamnées au sous-emploi. Entre-temps, le danger est trop grand de voir l’Europe décliner économiquement en s’enfonçant dans une dépression de longue durée. L’idée Européenne risque, avant la fin du processus, de disparaître par un rejet massif des populations.

      • Jean-Pierre Pagé

        A daniel et gribouille.
        Je prolonge cet échange de vues vivifiant.
        Non, l’Europe n’est pas, dans son essence même, « libérale ». Ce n’est pas parce que plusieurs gouvernements et la Commission européenne, depuis Delors, lui ont donné une connotation libérale qu’elle est devenue libérale de façon irréversible. Je conteste cela absolument. N’oubliez pas que, pour de très nombreux américains à cause de son modèle social, elle est « socialiste ». Heureusement, ce modèle social subsiste largement et il faut le concevoir comme un modèle « européen » et non national. Il a des déclinaisons dans tous les pays membres, avec des variantes selon que l’on est au Sud, au Nord, au Centre ou à l’Est de l’Europe, mais il existe. Il est compatible avec le marché unique, ou, plutôt, il fait contre poids au marché unique. Tout le monde sur la planète nous l’envie et c’est pourquoi nous sommes inondés de migrants qui veulent en bénéficier (à commencer par les chinois !).
        Mais il est en grand danger aujourd’hui, maintenant que certains dirigeants de l’Europe qui la dominent se sont mis en tête d’appliquer des recettes tirées de l’arsenal libéral pour sortir l’Europe de la crise (je crois avoir montré que ces recettes ne pouvaient pas avoir l’effet attendu par leurs promoteurs et sont nuisibles). Mais ces dirigeants ne sont pas éternels et je pense que d’autres, avec une autre vision, vont prendre leur place.
        Je n’ai pas du tout l’impression de « vendre mon âme au diable » en menant le combat que je mène, bien au contraire !
        Une autre observation, je ne suis pas aussi pessimiste que vous quant à l’avenir de l’Europe. L’Europe, dans sa globalité, reste l’une des toutes premières puissances économiques dans le monde et l’une des plus riches (malgré ses dettes !), celle dont le taux d’épargne est le plus élevé, ce qui lui ,confère un potentiel énorme pour développer les activités d’avenir créatrices d’emplois (pas forcément celles de l’Allemagne industrielle d’aujourd’hui). Mais elle est très mal gouvernée. C’est pourquoi, j’ai foi en l’Europe de demain, à la condition que nous sachions surmonter la crise d’aujourd’hui.

  19. gruau

    Petite question technique : quand je clique sur le lien donné en 1, je ne vois apparaître aucun article rédigé par monsieur Pagé. Qu’en est-il au juste de cet article ?

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