LA ROUTE, par zébu

Billet invité

Les femmes les enfants ont le même trésor

De feuilles vertes de printemps et de lait pur

Et de durée

Dans leurs yeux purs

Les femmes les enfants ont le même trésor

Dans les yeux

Les hommes le défendent comme ils peuvent

« La victoire de Guernica », Paul Eluard.

Des firmaments incandescents brûlent dans les yeux des enfants, par-delà les petits globes de verre suspendus aux plafonds. Ces mêmes enfants qui jouent à attraper la lumière, qui s’éteint et qui s’allume, ou à répéter – comme on psalmodie un verset du Coran – le mot magique de disjoncteur.

Dans Le thé ou l’électricité, le réalisateur Jérôme Le Maire nous donne à lire plus qu’à voir les regards des habitants d’un petit village du Haut Atlas marocain, sans route, sans école, sans eau potable, sans médecin et sans électricité. Il y scrute dans une rare intimité le processus d’électrification du village d’Ifri comme on filmerait la navigation d’un petit bateau de bois lancé des rives de l’embouchure d’un fleuve et dont le flux remonterait aux sources, connectant ces montagnes aux vastes étendues sans fins des mers humaines mondialisées, modernes. Forcément modernes.

On suit ainsi ce mouvement irrépressible dans le même temps que celui des hommes, des bêtes et des machines, les premiers travaillant sans relâche pour faire progresser les deux suivants, les bêtes portant sur leur dos les machines qui permettront de relier les villageois à tout les autres hommes. La dynamite ouvre la roche, le compresseur l’aplanit, le reste suit. Les pylônes se forment, les câbles se posent en suspens et les experts de l’électricité dans leur uniforme au nom de leur société font ce qu’ils savent faire : installer l’électricité. Ils raccordent chaque maison au flux, vissent les disjoncteurs, vérifient les fonctionnements et laissent même l’insigne honneur aux habitants d’user de leurs pouvoirs sur la lumière en appuyant sur l’interrupteur, le si mal nommé.

Mais les hommes en uniforme ont aussi des fonctions plus sacerdotales et posent sempiternellement la même question à leurs désormais congénères en modernité : « Avez-vous la télévision ? ». Certains possèdent effectivement le précieux objet, d’autres, moins aisés, pas encore. Le paramétrage de la parabole devient ainsi un nouveau rite avant que de pouvoir accéder aux images du monde d’au-delà des montagnes, celui d’une modernité qui vante dans les réclames pour les couches-culottes et la margarine les passeports nécessaires pour une survie dans ce monde là. « Les femmes et les enfants ont le même trésor dans les yeux » dès lors, celui d’une réalité à laquelle ils accèdent stupéfaits et même effrayés, mais déjà captés.

À ce stade là, nous aurions à lire une chronique des plus précises, des plus détaillées sur ce qu’induit comme transformations ce que l’on dénomme le progrès sur des hommes qui en vivaient exclus, pensait-on, sur la puissance de son déroulé, le dynamitage des structures sociales, le ravissement projeté et toutes choses qui permettent de réfléchir sur le sens de nos conceptions différenciées de la vie mais dont l’unicité semble sauter aux yeux comme la lumière le fit pour ces villageois.

Pourtant, pour précieux qu’il soit comme témoignage (au sens de saisir ce qui fut, ce qui est et ce qui ne sera jamais plus comme avant), ce documentaire révèle en filigrane une toute autre dimension, comme une trajectoire de boomerang qui reviendrait « Au cœur des ténèbres », celle d’une modernité dont le visage implacable se farderait avec excès de couleurs plus vives les unes que les autres pour masquer à soi-même sa propre sauvagerie.

Car derrière les discours des hommes en uniforme ou à casquette, promettant un avenir meilleur pour des enfants qui pourront enfin mieux étudier (sans école ?) avec la lumière dans les maisons, se cache une logique dont les promoteurs de terrains ne perçoivent sans doute même pas combien la froideur n’est qu’effleurée par la chaleur de leurs discours sur le progrès. Il s’agit bien en fait de raccorder ces hommes au vaste univers de l’économie mondialisée, laquelle se donne à voir (mais pas à lire) dans son instrument privilégié, la télévision. Quelle preuve faut-il pour ne pas voir en cette occasion la puissance d’un système, capable de s’imposer jusqu’au fin fond des hautes montagnes marocaines, à 2600 mètres d’altitude, de relier de force même les hommes que l’on pensait avoir oublier ?

Un système dont la logique veut que le profit privatif soit la norme et l’intérêt général l’exception. Car pour accéder à l’électricité, les villageois devront se déposséder de plusieurs choses, de choses essentielles dont on ne perçoit que confusément, au long du déroulé du câble, qu’elles leur appartenaient, en propre et collectivement.

En premier lieu, le travail. Pour amener l’électricité au village, les hommes se voient proposer la possibilité de faire eux-mêmes ce qu’en d’autres pays les institutions publiques réalisaient gratuitement : on leur fournira la dynamite et le compresseur et ils travailleront collectivement pour ouvrir la route à ceux qui savent installer l’électricité. De cette sorte, un coût très important sera épargné à la société chargée de réaliser les travaux. C’est ça ou il n’y aura pas d’électricité.

En second lieu, la capacité à définir. À la place de l’électricité, les villageois voulaient une route. Car une route permet aux enfants d’aller à l’école, aux hommes et aux femmes d’aller plus facilement vendre leurs produits dans la vallée, aux éventuels médecins de monter soigner les malades, à tous d’éviter les accidents parfois mortels. « La route, c’est comme une veine. Elle transporte le sang vers le cœur » dira un villageois aux hommes en uniforme. Le problème, c’est que la route ne rapporte rien aux sociétés qui vendent de l’électricité, à l’État et aux institutions publiques qui se chargent de les réaliser, si ce n’est des coûts, un entretien et des ennuis sans fin. L’électricité, elle, c’est « 100 % sûr » qu’elle sera amenée au village et ce d’autant plus que le travail pour ce faire aura été gratuit pour la société. Les routes ne sont pas de bons investissements pour les économies privatisées. Exit donc la route, on leur vendra l’électricité. Et pour plus de sécurité, on leur retirera la dynamite et le compresseur une fois l’électricité arrivée, de peur que les hommes ne s’en servent pour construire la route. Il est vrai que ces matériels sont fourni par le « caïd », le maire, lequel est aussi le directeur de la société chargée par l’Office National de l’électricité de réaliser les travaux. Dans ce système aussi, les choses sont bien faites car les profits vont à ceux qui peuvent faire valoir leur rang, qui leur permettra par ailleurs de persuader d’autant mieux du bien-fondé du progrès ceux qu’ils sont chargés d’administrer. Et en fin de compte, c’est une économie substantielle également que de réunir ainsi en une seule et même personne deux fonctions si différentes mais intimement liées, une fonction de production de bénéfices et une fonction de production d’autorité publique, lesquelles auraient alors coûté deux fois plus cher avec deux personnes différentes.

Pendant une réunion d’hommes du village, l’un d’eux parle des « braves » d’un autre village qui ont refusé, malgré les pressions des représentants politiques, l’électrification et le coût que celle-ci devait engendrer, arguant qu’ils n’en n’avaient pas besoin, pour au final, se voir offrir les frais de cette même électrification. Il en appelle à la solidarité du groupe, mais celle-ci finira par faire défaut, devant les assauts conjoints des hommes en uniforme et des enfants aux yeux écarquillés : « Les hommes le défendent comme ils peuvent ».

En troisième lieu, les villageois sont dépossédés de leur autonomie. Mais l’électricité n’est pas non plus gratuite : encore faut-il payer pour ensuite pouvoir payer l’électricité. L’installation électrique dans chaque maison sera donc payée par les habitants, certains s’endettant pour ce faire. Les plus pauvres en seront alors réduits à vendre leur outil de production qui leur fournit – gratuitement – le lait et le beurre nécessaires pour manger : une vache. On en arrive ainsi à faire de paysans de véritables prolétaires, endettés, condition sine qua non selon Marx pour que le capitalisme se développe.

Puissance du système ! Ce qui est vrai pour les États l’est ainsi pour les plus reculés des villages. Surtout, le producteur se voit ainsi dépossédé de son outil de production en échange d’un besoin et d’une dette qu’il ne possédait pas au préalable.

Quand, à force de sacrifices, le villageois finit par rassembler les sommes nécessaires à l’ouverture de sa ligne, le prix payé à ce moment là aura été tellement énorme qu’un tel investissement du villageois ne peut logiquement pas produire autre chose qu’une adhésion, même partielle et contrainte, au système, à toute la modernité subsumée dans la télévision.

Et c’est en dernier lieu leur liberté qui s’en va, celle de dire « non, je ne veux plus payer, car je n’en n’est plus les moyens, je refuse d’être endetté, de m’exiler de mon village pour trouver du travail qui me donnera un salaire, pour payer cette électricité ou autre chose, parfois au-delà de la vallée, jusqu’à ces pays qui offrent ces produits que l’on voit parfois à la télévision ». Comment refuser, dès lors que le besoin n’est plus créé mais entretenu, où le statut social dépend de ce même besoin ?

Ce que donne à lire Le thé ou l’électricité, c’est finalement, par-delà le cas spécifique du village d’Ifri, village du Haut Atlas marocain, raccordé au progrès, nos propres modes de connexion à une économie-monde qui s’étend jusqu’aux coins les plus infimes de notre planète et de notre intimité. Ce visage-là est des plus grimaçant, des plus inquiétant, des plus menaçant. Mais sous ce visage, dans des profondeurs que l’on pressent seulement, on distingue aussi que quel que soit nos modes d’appréhension de ce système, nous restons connectés, paradoxalement, grâce à ce système, conscient que nous formons un seul et même réseau humain, inséré dans un seul et même système qu’il nous faudra bien un jour ou l’autre transformer.

Par-delà l’électricité, nous finirons bien par prendre le thé. Ensemble.

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116 réflexions au sujet de « LA ROUTE, par zébu »

  1. @Zebu, je te préfère en buveur de thé qu’en fournisseur d’armes…
    je recommande de J. Le Maire, « Où est l’amour dans la palmeraie? »

  2. J’ai hâte de le regarder… même si je sens que ça va me foutre les boules…

    « … on distingue aussi que quel que soit nos modes d’appréhension de ce système, nous restons connectés, paradoxalement, grâce à ce système, conscient que nous formons un seul et même réseau humain… »

    Ben, vous avez de la chance Zébu… parce que moi, j’ai beau désirer ce lien depuis toujours, ça me fait tout l’inverse… Tel le cosmonaute qu’aurait lâché prise, je me sens m’éloigner inexorablement du vaisseau-mère…

    Le « seul et même réseau humain », m’est devenu quasi antinomique…

    1. Ce n’est pas parce que le réseau humain n’est pas visible ou sensible qu’il n’existe pas.

    2. AI
      Du latin antinomia (contradiction ) de anti, contre et nomia, loi ).
      Dans sa forme présente, la propriété se meut entre ces deux termes antinomiques :
      le Capital et le Travail. (Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du parti communiste )
      http://florence.ghibellini.free.fr/EMC/antinomie.html

      AI, vous nous faites penser même sur ce qui paraît Artificiel, et à mon Intelligence,
      c’est très loin d’être terminé …Hi !Ha !
      Hey hou hey hi ha hey hi hey hi ha…
      http://www.youtube.com/watch?v=YkzMDobun-I

    3. @Al, le 7 juin à 3 h 24

      « Tel le cosmonaute qu’aurait lâché prise, je me sens m’éloigner inexorablement du vaisseau-mère… » Moi qui croyais que vous aviez retenu la leçon

      1. En attendant, c’est le réseau de Julien qui bugue….

        Où sont les posts…? … faut-il les réécrire…?

      2. D’accord Julien…

        Alors… Je trouve que la critique qu’a fait Zébu du documentaire « Thé ou électricité » met parfaitement en perspective les tenants et les aboutissants d’une conjoncture des plus nihiliste soutenue par la croyance en un Demi-Dieu fait roi qui sait ce qui est bon pour un peuple qui le lui rend bien…
        Par contre, il a oublié de dire que l’électricité est soluble dans le thé alors que l’inverse ne me semble pas vrai… et c’est sans doute pour cela qu’on n’a jamais vu Lightning Lad déguster un thé à la menthe même lorsqu’il fait très chaud…

        C’est bon…? j’suis dans le fil ou faut que je rampe un peu plus…?

      3. @ AI :
        « Par contre, il a oublié de dire que l’électricité est soluble dans le thé alors que l’inverse ne me semble pas vrai… »
        Tout est question de proportion, dans les mélanges. C’est la question de la prédominance me semble-t-il. Dans le cas d’espèce, le thé n’a jamais pu être associé, intégré dans l’électricité.
        La scène où les hommes en uniforme refusent l’invitation au thé est ‘centrale’ : le refus de la philia, donc de la négociation, de prendre en compte l’autre dans la formation du prix, que l’on imposera. L’excuse donnée (la rivière qui déborde) est peut-être valable, je ne peux pas dire, je ne connais pas la région. Mais elle ne laisse aucune place à cette philia, même pour une courte durée.
        Je pense que les hommes en uniforme ont peur. Peur d’entrer dans ce type de processus que non seulement ils ne maitrisent pas mais dont ils ont toutes les raisons de pensée que les villageois en maitrisent les codes largement mieux qu’eux mêmes : entrer dans ce processus signifierait la perte du cadre de ‘négociation’ et sans doute, la perte de la possibilité d’imposer leur objectif (électrification vs route).
        On lit très bien me semble-t-il l’existence de ces deux systèmes, par-delà le thé et l’électricité. J’allais dire, ce n’est même plus la question de prix ou pas prix, mais bien du type de formation de prix.
        Dans un cas, on a une formation ‘traditionnelle’ : idem que pour la vente de poissons au Sénégal.
        Dans l’autre, on a une formation du prix ‘capitalistique’ en y intègrant des éléments de travail gratuit ‘forcé’, de l’amalgame entre privé/public, etc., ce qui correspond d’ailleurs assez bien à un modèle ‘capitalistique’. Le prix est dit ‘adapté’ (carte), soit-disant pour les plus pauvres (en fait ce type d’abonnement se révèle être plus cher qu’un abonnement classique in fine) mais fixe : aucune négociation possible, aucune philia non plus.

        Pour revenir à nos moutons, selon moi, je dirais l’inverse, AI : le thé est plus facilement soluble dans l’électricité que l’inverse, malheureusement …

        Je suis dans le fil, Julien, ou pas ?

      4. Pour la philia, bah, je trouve ça plus honnête, ils ont l’air de techniciens qui obéissent aux ordres (et pas forcement à l’aise avec la priorité de ces ordres une fois confronté au sujet de la route), un bon commercial les aurait bien rassuré durant le thé en promettant la route tant que cela aller dans son intérêt. Au moins on vous en promet pas plus, on peut pas négocier, on a des ordres (vous faire participer en jouant sur le devoir d’hospitalité), on s’en va.

  3. Merci julien pour ce billet.
    Mes fleurs ne font pas de mal…
    J’accepte votre invitation à prendre le thé.
    Mais avez-vous du lait ?
    Je n’en prendrai pas mais je suis rassuré quand il y en a !

  4. Prochaine étape : amener le réseau Internet jusqu’au village d’Ifri.
    Traduire ton texte en arabe.
    Traduire Le capitalisme à l’agonie aussi.
    Dans cette perspective ou nouvelle donne ; on peut méditer en savourant un bon thé à la menthe et rigoler un bon coup pourquoi pas.
    T’façon la vie continue et les paysages de l’Atlas sont une merveille de la nature.
    La télé fait de gros dégâts, je pense plutôt qu’elle vole la lumière dans les foyers, mais c’est une autre histoire ou bien la même je ne sais pas.

    J’aime beaucoup le Maroc et les marocains pour y avoir vécu et fait de belles rencontres. Ce reportage m’a donné quelques frissons de nostalgie. J’y retournerai un jour, peut-être. Inch’ Allah

    1. @ octobre :
      Plus largement, c’est vrai que ce serait intéressant d’obtenir le regard du non-européen sur cette crise et cette agonie du capitalisme. Je ne sais pas s’il serait plus objectif mais cela permettrait d’avoir un autre référentiel …
      Une idée ?

  5. « disjoncteur » & « paradoxalement » …

    Russell raconte dans son autobiographie comment, en réfléchissant sur la classe (l’ensemble) des classes qui ne sont pas membres d’elles-mêmes, il a eu pour la première fois l’impression de se trouver confronté au paradoxe sous une forme vraiment scientifique. Il explique comment, pendant deux ans, cette difficulté a bloqué sa pensée. Il dit n’avoir résolu ce paradoxe qu’à partir du moment où il décida qu’il n’avait d’autre solution qu’une interdiction : il ne faut pas construire des propositions autoréférentes. Il est intéressant de noter que même un esprit aussi éminent que Russell n’a su résoudre ce type de problème qu’en interdisant, de façon tout à fait dictatoriale, l’AUTOREFERENCE.

  6. Ils auraient souhaité une route, à tout prix.
    C’ est ce qu’ ils ont eu.
    Il va falloir s’ adapter à ce que cette route apportera, et emportera.
    Je leur souhaite du fond du cœur, de ne pas transformer « ce qui ne peut que se montrer » en ce qui se compte.
    Et toutefois, s’ ils doivent faire cette transformation par la force des choses, de ne pas y croire ingénuement, préservant ce qui leur est commun, afin que d’ eux nous vienne en retour, une inspiration propre à nous réveiller.
    Une route, des possibilités. Le poison , le médicament.

    1. @ Tigue :
      Ils ont sans doute eu le prix (à payer) mais ils n’ont toujours pas de route …
      Sur ce point, si cela vous intéresse, le réalisateur Jérôme Le Maire et une plate-forme de tourisme solidaire Maroc Origine se sont associés pour promouvoir le projet de construction de route.
      Une pétition sur avaaz.org aussi.

      1. « …n ‘ ont toujours pas de route.. »

        Mais si , mais si… Regardez mieux, elle mène à vous, à nous, elle transporte des lumières qui vibrent et qui scintillent sur la matière de nos écrans .
        Relisez vous, c’ est dans votre tableau, les esquifs qui remontent, les yeux-trésors qui reçoivent et qui envoient une lumière …

      2. @ Marlowe :
        Je ne suis pas certain qu’il y ait beaucoup de touristes à Ifri, avec ou sans route.
        La route, c’est surtout pour aller à l’école, faciliter la vente des produits du village, permettre au médecin ou à un infirmier de monter/descendre. Besoins de base.
        Les touristes, …

      3. à zébu,

        Ce genre de reportage a souvent pour conséquence, si ce n’est pour objectif « à l’insu de son plein gré », de donner envie d’aller voir.

        Il se trouve que j’ai connu un peu le Maroc dès 1969 et aussi des endroits que les touristes ne connaissaient pas et qu’ils ont découvert, ou plutôt que des marchands ont découvert pour eux, depuis.

      4. à Julien Alexandre,

        Si vous lisez les romans de Chandler, vous verrez que le détective a toujours raison et qu’il n’en tire aucune gloire, tant il serait plaisant de se tromper dans certaines circonstances.

        P.S. En ce qui concerne le privé de Chandler, je répète ici que ce n’est pas un flic, mais un poète à la recherche de la vérité et que l’ennemi dans les septs romans de l’auteur est toujours l’argent, escorté par les passions humaines.

      5. @ Marlowe 7 juin 2012 à 10:38

        La route est indispensable, et aussi pour augmenter l’inévitable flux des touristes.

        Il ne faut pas rêver. Les touristes n’arriveront plus à flot au Maghreb, ni en Europe du Sud, car l’Europe du Nord freinera des quatre fers. Elle aura compris qu’il vaut mieux, pour elle, utiliser ses ressources à investir dans de nouveaux moyens de captation d’énergie avant d’avoir épuisé la totalité de ses ressources non renouvelables.

        Les déboires de l’Europe du Sud serviront de leçon aux autres, du moins c’est ce qu’il faut espérer pour la survie de l’espèce humaine.

      6. @ Marlowe et Julien :
        On ne peut effectivement empêcher les touristes de se déplacer, surtout s’ils sont ‘motivés’ par les marchands. Les flux ne sont jamais univoques : la demande, il me semble, provient des villageois eux-mêmes. La route est à double sens. Elle peut apporter son lot de tourisme de masse. Personnellement, je pense que la question n’est pas celle du tourisme mais bien de son modèle. Ceux qui voudraient accéder à Ifri peuvent le faire en randonnée. Avec une route, il le feront en 4×4 ou en taxi collectif. Sans doute d’autant plus que le documentaire peut produire l’inévitable désir d’exotisme allié à un désir ‘d’authenticité’. Dans le même mouvement, il est difficile de ne pas donner sens à la demande des villageois, parce que le tourisme est de masse. Difficile de se ‘préserver’ ou de ‘préserver’, dans un monde globalisé, à fortiori de l’information. Je me méfie aussi d’une demande, très ambivalente, d’authenticité, assez élitiste, qui se soucie peu des réalités locales, pourvu que cette demande soit satisfaite (et les marchands savent aussi faire ce créneau là). Même sans les marchands, la question de l’intrusion se pose.
        A mon sens, on ne peut interdire la circulation, sauf à créer des réserves.
        Sans doute, la véritable question réside dans le thé. Pas dans la route, sauf si elle est imposée.
        Mais je peux évidemment me tromper.

        PS : la question du documentaire en elle-même est spécifique dans ce débat. Montrer ou pas ? Des guides monteront forcément ensuite des itinéraires « Thé ou électricité, sur les traces du documentaire ». Mais si personne n’en parle, il y a de fortes chances aussi que les villageois n’auront jamais la route qu’ils souhaitent (je ne dis pas qu’en parler leur la fera obtenir non plus, obligatoirement). Compliqué.

      7. @ jducac :
        « utiliser ses ressources à investir dans de nouveaux moyens de captation d’énergie avant d’avoir épuisé la totalité de ses ressources non renouvelables. »
        Un peu comme le projet allemand-européen de captation des ressources solaires dans le désert d’Afrique du nord, qu’ils iront ensuite exporter … en Europe (en très grande priorité) ?
        Projet Desertec, mais aussi Masen-Dii au Maroc.
        Aaaah, le capitalisme …
        S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer.

      8. @Marlowe Je travaille pour Maroc Origines qui est en partenariat avec le documentaire de Jérôme Lemaire et à ce titre j’ai pu discuter longuement avec lui du village d’Ifri et de son expérience sur place. Je tenais à dire qu’il me paraît vraiment hors contexte de parler de flux de touristes dans ce village pour encore bien des années. Comme vous le dîtes, les gens qui iront à Ifri seront ceux qui auront vu le documentaire, et croyez-moi ce serait un enchantement pour ces habitants qui se sentent oubliés du reste du monde que d’accueillir ceux qui auront fait le déplacement avec ou sans la piste.
        Il n’est donc pas de raison de craindre que des touristes y aillent.

        Cordialement

      9. à zébu,

        Oui, le thé, mais aussi d’autres substances, comme celles que j’ai connues en 1969 à Essaouira avec les illuminés gnaouas, du temps où seuls quelques occidentaux voyageurs savaient que cette ville, son port, ses remparts recélaient des mystères insondables.
        Il aurait fallu savoir ne pas aller dans ces lieux, et à minima, savoir oublier leurs existences.

        Too late.

      10. Marlow, c’est donc que vous êtes allé ‘au coeur des ténèbres’ … ou de la lumière.
        😉

      11. @ zébu 7 juin 2012 à 12:39

        Aaaah, le capitalisme … S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer.

        Tout a fait d’accord. C’est le capitalisme, par son aptitude à accumuler des richesses au lieu de les consommer en totalité immédiatement, qui a permis le développement de l’espèce humaine et de survivre durant les phases de transition énergétiques, telles que les périodes d’hiver ou les voyages lointains à la recherche de nouvelles ressources.

        Le système capitaliste a tellement fait les preuves de son efficacité que la république populaire la plus peuplée du monde, qui n’était pourtant pas capitaliste de cœur, en est arrivée à acheter des terres agricoles en Afrique ou en Europe de l’Est pour capter l’énergie nécessaire à sa population. Elle a appliqué le réflexe capitaliste qui consiste à consommer le moins possible pour investir et donner de meilleures chances à ceux qui suivent, d’accomplir leur mission de perpétuation de leur espèce.
        http://www.le-cartographe.net/index.php/dossiers-carto/asie/92-chine-politique-dexpansion-agricole-a-letranger

      12. à Alexis,

        Ceux qui sauront vous lire comprendront que vous confirmez et probablement pas « à l’insu de votre plein gré » ce que j’ai dit.
        Les autres pourront penser que mes séjours en divers lieux du Maroc dans ma jeunesse m’ont laissé quelque peu illuminé.

      13. jducac,
        A ce que je vois « le libéralisme » a absorbé « le capitalisme » pour son grand bien ?
        Je vous trouve plutôt nominal…Etes-vous réel ?

  7. Comme c’est beau ! « A Dieu nous appartenons, à Lui nous retournerons »… (avec ou sans électricité)

  8. @ zebu,
    D’accord, 
    À la lecture de votre texte, très agréable à lire, je retiendrais:
    -La dimension de perte d’autonomie de l’individu, par l’asservissement de sa capacité à produire de manière indépendante. Pour rester connecté à son système, l’humain a du accepter d’intégrer les besoins du système humain au détriment de ses propres besoins.
    -La dimension de perte de liberté individuelle, lorsque les nouveaux besoins du système empêche l’homme de choisir librement sa destinée. Ainsi ses propres valeurs peuvent être mises en sommeil.
    -La dimension de classe social, entretenue par le système humain afin d’améliorer sa  performance. Cette nouvelle force externe à l’humain mais endogène au système est supérieur en force au potentiel individuel. Le système oblige alors l’humain à se soumettre à son fonctionnement.

    Maintenant, comme vous le dites dans votre dernier paragraphe, quoique nous fassions l’individu est dans le système. il ne peut exister sans ses interactions.

    Le risque est  cependant évident. Le  système humain en asservissant ses unités fonctionnelles est en train de se couper du potentiel de ses même unités; et pire, il risque d’être par un phénomène de feed back, rétro-contrôlé sauvagement par ses unités. Le phénomène de Mondialisation peut alors être perçu comme un accroissement de la place et de la force du système humain sur ses unités fonctionnelles: les humains. Le problème économique ne devenant alors plus la cause mais un symptôme parmi d’autres de ce déséquilibre de forces.

    Comment faire pour que la  relation entre le système et ses unités se fassent de manière plus pacifique? 
    La notion d’Existence doit être au centre de la réflexion. Elle intègre là la fois la présence de l’individu( seul, maître de sa destinée par son engagement et son action) et doit intégrer l’obligation pour un homme d’être connecté aux autres individus pour exister véritablement. On pourrait alors dire: « Je pense, donc je suis; Mais nous sommes donc nous existons ».

    Est ce que l’économie, si elle est pensée comme une force d’adaptation du système et de ses unités, peut jouer ce rôle de pacification? Elle doit alors promouvoir les notions de liberté et d’autonomie dans les sphères individuelles et collectives. Elle doit aussi  protéger l’humain et son système des forces de prédation à l’asservissement (qui sont incluses dans leurs potentialités). Peut être qu’un principe  organisationnel, consistant à inclure dans le modèle économique la notion de « don et de contre don » serait une méthode de stabilisation à la fois de l’humain et de son système?
    Peut être que la société et l’humain doivent développer des modèles promouvant à la fois la responsabilité, la liberté et l’entraide? 
    Mais avant tout un changement de paradigme doit s’opérer et nous devons désormais dépasser  la vision cartésienne qui sépare les structures et les ensembles. 

    1. C’est le paradigme qui nous détermine et non les circonstances.
      La complexité des circonstances sollicite la liberté et la prise de conscience en exigeant la « vérification » de la cohérence du paradigme et le devoir de la re-émergence de simplicité qui me semble être une condition pour affronter la vie et donc la réalité qui nous dépasse.
      Alors « D’une grande complexité une grande simplicité émerge » (W.Churchill)

      1. Osons alors « vérifier » le paradigme cartésien et exigeons la  » simplicité » du paradigme de la complexité.
        Les circonstances, sont notre condition humaine, elles nous orientent probablement, mais notre perception du monde dévoile les aspects cachés de notre nature humaine.
        C’est un jeu de cache cache!

  9. Le progrès est bel et bien une taxe.
    La grande question est : Comment boire le thé sans boire la tasse ?
    Blague à part, cette route pour l’électricité est bien à contre-courant.

  10. Merci pour ce billet…Je ne raterai pas la projection de ce film.
    Beaucoup d’émotion ressentie, et cela pour de multiples raisons. (j’ai eu l’occasion de partager ( trop peu) la vie de ces gens adorables.
    Un bel exemple de la perversité du système, et je ne peux m’empêcher de re-penser au documentaire d’arte « survivre au progrès ».
    Tant que celui-ci ne sera que moyen de marchandisation, d’enrichissement personnel au détriment des autres, il ne pourra être considéré comme « réel »….

  11. à Zébu,

    De l’eau au moulin.

    « Le communisme, c’est les Soviets plus l’électricité ». Lénine (1919)

    On sait ce qu’il est rapidement advenu des Soviets sous la férule du père de la révolution bolchevique.

    Cela me fait penser à un texte que je viens de relire :
    « Dans les pays plus « modernes », le socialisme a entièrement fait siennes les options industrielles et « progressistes » de la bourgeoisie. En Espagne, les masses n’ont cessé de s’insurger contre le progrès et l’européanisation sous toutes leurs formes (…). Les impacts répétés des pays engagés sur la voie du progrès ont amorcé un processus de désagrégation dont on ne saurait prévoir le terme. Mais à travers ce processus, les forces spontanées des basses classes – ces classes dont on fait tant de cas et qui comptent pour si peu dans l’Occident progressiste – se sont déchaînées et ont entrepris de réagir avec la violence propre aux éléments arriérés contre leurs voisins progressistes, contre cette civilisation moderne qu’on leur impose et qu’elles repoussent avec toute la fureur dont les Espagnols sont capables en de telles occasions. »
    Franz Borkenau, Spanish Cockpit : rapport sur les conflits sociaux et politiques en Espagne (1936-1937)

    1. Je me méfie comme de la peste des mot progrès et moderne qui impliquent un jugement de valeur a priori (ça va mieux en disant changement et récent par exemple.)

      Je me méfie de progrès et moderne dans les deux directions possibles, l’attitude « c’était mieux avant » étant a priori aussi débile que l’attitude inverse !

      Si on est a priori contre l’électricité on peut continuer la même démarche à propos de la machine à vapeur, de la traction animale et de fil en aiguille disserter sur le passage de la hache de silex taillée à la hache en pierre polie.

      Il reste encore de belles traces bien visibles des fureurs causées par l’opposition entre les cultivateurs (traction animale, charrue) et les bergers. D’après ceux qui essaient de reconstituer ces choses, c’est les cultures irriguées qui, à cause de la coopération et de la discipline nécessaires pour creuser puis entretenir les canaux et en partager l’utilisation, a été le changement le plus décisif (avec une organisation complexe nécessitant un recours à l’écriture et à l’arithmétique, etc, etc.)

      Plus récemment, la guerre de Sécession aux États-Unis peut être interprétée comme un guerre gagnée par la civilisation des villes et de l’industrie contre la civilisation des campagnes qui respectait encore les valeurs prônées par les Pères fondateurs dont la plupart étaient clairement hostiles aux villes, à l’industrie et à tout ce qui en découle (j’aurais pu prendre un exemple plus proche dans le temps et l’espace mais…)

      La manière dont les Amish s’efforcent, sans vraiment y parvenir, à faire le tri entre les nouveautés compatibles et incompatibles avec leur mode de vie traditionnel mérite le détour !

      1. à GL

        Une précision : le progrès et l’histoire ne sont pas linéaires, il y a des périodes très calmes et des périodes où tout s’accélère et devient à un moment donné incontrôlable : nous y sommes et cela commence à se voir.
        Seule une grande Catastrophe, comme on a parlé de la grande Dépression, pouura faire revenir en arrière, c’est à dire examiner ce qui était raisonnable et ce qui était dément.
        N’oublions pas que le nucléaire est une création de la fée électricité et que c’est là une bonne raison de se poser la question.
        Par ailleurs, c’est un style volontairement provocateur et destiné à réveiller qui fait que les bienfaits de l’électricité sont remis en cause.
        Un jour, il faudra se décider à peser.

      2. à Marlowe

        Le progrès = progrès de quoi ?

        Même sur les questions de santé et de durée de vie – c’est me semble-t’il le domaine où les changements sont le plus unanimement perçus comme des progrès – on pourrait discuter. Au cours des siècles passés on pouvait facilement mettre ce type de question de côté en se cachant derrière la « volonté de Dieu ». Quand ça n’a plus été possible le « progrès » a été utilisé de la même manière pour bloquer toute réflexion sur un grand nombre de sujets.

  12. Pas encore vu, mais je pose la question : pourquoi la mise en place de l’électricité n’a pas donné ces mêmes réactions par exemple en France dans les années 1900-1930 ?
    C’est là que les concepts d’adoption (le bon) vs. adaptation (le moins bon, contrainte et forcée) de Bernard Stiegler, me paraissent opérationnel.
    En l’occurence, ils ont été faits plutôt pour les supports de mémoire que les sources d’énergie, mais on voit très bien le lien dans cette histoire de l’Atlas marocain au XXIe siècle : l’électricité est surtout pour la télé, guère pour la bouilloire et très accessoirement pour la machine à laver (la plus plébiscitée des inventions du XXe siècle par les usagers… les sondés étant occidentaux, soit), qui plus est un peu plus goulue en énergie cette dernière.

    IL faut réinventer un soin, une « cura » autour de l’électricité, cela passe en effet par en être producteur, ou maitre à son échelle (ouaip, un peu de kercoz inside). Ce n’est pas l’impression que l’on a quand on se retrouve aujourd’hui devant un rayon du Leroy Merlin (porlétarisant au sens de Stiegler : perte de savoir-faire), et non chez son petit électricien du coin (n’existe plus ou quasi en France).

    Seuls les forums aident à trouver de l’information humaine. En ce sens, il faut repenser internet comme outil d’adaptation, au Sud ou à l’Est de Ouarzazate comme ailleurs.

    1. @ Timiota :
      En fait, je pense que le problème n’est pas l’électricité en tant que telle mais le modèle économique qui va avec. Et aussi le modèle politique : la route, plutôt que l’électricité, comme gestion des priorités. Or, la priorité, c’est l’inclusion massive des consommateurs d’électricité au réseau. C’est un objectif politique mais aussi économique. L’ONE au Maroc est aussi une sorte d’EPIC, que n’est plus EDF, par exemple.
      En France, le processus d’électrification rurale est spécifique, du fait du contexte français :
      « Il est pratiquement impossible d’évaluer avec précision l’évolution des implications
      financières de l’État, des collectivités locales, des départements, des entreprises privées et des clients du secteur de l’électricité. A l’évidence, le budget de l’État a directement ou
      indirectement beaucoup subventionné les réalisations de systèmes ruraux d’électrification,
      surtout de 1923 à 1936. Mais il a su dès le début créer un environnement juridique,
      institutionnel et réglementaire favorables à la mobilisation des financements publics et privés
      locaux. En contre partie, il imposait progressivement un cadre institutionnel rigoureux, un
      cahier des charges du concessionnaire, un plafond tarifaire… jusqu’à la nationalisation des
      entreprises privées. »
      http://www.riaed.net/IMG/pdf/Histoire-electrification-rurale-France.pdf
      Personnellement, je ne crois que le processus d’électrification en soit soit négatif (comme tout processus d’innovation technologique). Ce qui est problématique surtout, c’est que ce processus n’est pas jugé prioritaire par les villageois (qui ne sont pas contre) et que l’on propose un processus contre un autre, pour d’évidentes questions de rentabilité économique.
      On aurait pu imaginer, sur ce processus d’électrification, la mise en oeuvre de panneaux solaires par exemple, mais là l’investissement aurait été plus important et moins rentable … pour l’ONE. A l’inverse, on ‘adapte’ le process économique de production/vente, en proposant un système ‘à la carte’. En clair, on s’adapte aux pauvres mais on les intègre dans le système de vente … qui n’était pas leur souci premier.
      On prend cette logique et on peut la dupliquer à l’ensemble des process économiques.

      1. à zébu,

        Le détective revient à la charge sur une question qui lui tient à coeur et qui mérite d’être regardée de plus près.

        En fait, je pense que le problème n’est pas l’électricité en tant que telle mais le modèle économique qui va avec.

        Je n’en suis pas aussi certain que vous, je pense même que les deux sont liés et ne doivent pas être séparés. Le progrès technique est inséparable d’un système économique et de l’ensemble des illusions qui l’accompagnent.

        Lisez mon commentaire en 13 et demandez-vous quelles seraient les conséquences pour la critique si j’avais raison.

        Bon voyage au pays des ténèbres.

      2. Le retour à la bougie, donc.
        Soit.
        Au jour d’aujourd’hui, vos petits doigts, marlowe tapent sur quelques petites touches de quel clavier ?
        Depuis le paléolithique, le progrès technique existe.
        Le positivisme, le matérialisme, le productivisme, sont des ‘ismes’.
        On en est encore là, marlowe, à se poser ce type de question, sur les ‘progrès techniques’ et leurs liens sur le système économique dans lesquels ils s’insèrent ?
        Transformer par exemple le capitalisme induirait-il de transformer … l’électricité ?
        De quoi parle-t-on ? De l’électricité ou du mode de production/consommation ?
        « En fait, je pense que le problème n’est pas l’électricité en tant que telle mais le modèle économique qui va avec. »

      3. Marlowe, Zébu a raison; l’écriture elle-même est une technique, dénoncée par Platon (Phèdre, Lettre VII, ce qui ne l’a pas empêché de la cultiver avec le succès que tu sais), induisant des mutations anthropologiques dont tu es un rejeton. Ta répudiation de la technique comme telle est un contresens, tellement elle a partie liée et avec l’hominisation et avec l’humanisation (conçois-tu les Humanités que tu cultives sans l’écriture?). Voir à ce sujet Leroi-gourhan, Le geste et la parole. C’est vraiment pas un point qui peut se discuter, là. C’est clos et forclos. Le bon problème c’est technique / démocratie ou technique / symbolique (comment donner sens aux innovations techniques et aux déplacements symboliques et anthropologiques d’elles provoquent), pas technique ou rien du tout.

      4. Par chez moi, l’entretient des lignes est encore assurer par un syndicat d’électricité local (j’ai été le premier surpris), avec un prélèvement à la source, le RTE ne fait que les extensions de lignes (puisque la commune c’est désengager des extensions de voies et réseaux).
        Je crois que ce pays a quasiment tout essayer comme structure de gestion, dommage qu’on est pas eût plus d’ambition sur leurs organisations sociologiques.

      5. à zébu et à d’autres,

        Le retour à la bougie

        ,
        comme c’est spirituel, comme c’est une manière de ne pas envisager que c’est peut-être le moins pire de ce qui nous attend.

        Vous resterez donc dans les ténèbres.
        Une seule consolation, vous n’y serez pas seul…

      6. Merci Jicé (Leroi-Gourhan, yes), Zébu, …
        Ressertir la technique dans la société. Polanyi, rentre dans cette centrale nucléaire.

      7. @ Marlowe :
        La question n’est pas d’être sprirituel, la question est d’être clair.
        Et vous ne l’êtes pas. Car vous associez des choses qui n’ont pas lieu de l’être, comme l’a montré jicé. Ce qui fait qu’on ne sait pas si vous êtes un réfractaire à la technique, et alors on se demande ce que vous foutez là, ou si vous êtes un associationniste, amalgamant technique et économie politique, la technique devenant l’outil par lequel l’économie nous entrainera dans un armageddon planétaire.
        Le pire, ce n’est pas de le craindre, c’est de se tromper sur sa véritable nature. Et vous vous tromper, Marlowe. C’est votre droit, mais ne nous parlez pas de vos ténèbres.

        PS : je serais vous, je serais par ailleurs très prudent sur les conceptions bien/mal, vrai/faux des modes de rencontres entre les hommes. Ayant un peu vécu à l’étranger, j’en suis revenu un peu plus humble sur ce point. Vous devriez essayer.

      8. à zébu,

        Je viens de prendre connaissance de votre réponse qui pour un autre genre d’esprit que le mien serait sidérante.
        Selon vous, étant « contre la technique » je ne devrais pas avoir l’électricité et je ne devrais pas me servir d’un ordinateur.
        Allez plus loin et dites franchement que vous faites partie de ceux qui ont pris le décret que tous ceux qui s’opposent à la notion de progrès devraient être exclus, d’un blog, et pourquoi pas de la société en général.
        On ne peut pas vivre en dehors d’une société totalitaire, on doit vivre dedans, mais on peut être contre.
        Un autre commentateur compare la naissance de l’écriture et celle de l’électricité. Est-ce bien sérieux ne serait-ce qu’en examinant les conséquences ?

      9. @ Marlowe :

        « une société totalitaire » : l’électricité, c’est totalitaire ? (Ah oui, j’avais oublié : ‘Lénine a dit’, comme ‘Jacques a dit’, donc c’est mal)

        « s’opposent à la notion de progrès »
        Progrès :
        « Processus évolutif orienté vers un terme idéal. Synon. amélioration, avancement, développement, perfectionnement. »

        No comment.

      10. à zébu,

        Quand j’écris que la société capitaliste/marchande/industrielle, c’est à dire à la fois tout ce que cette société créée et la manière dont elle le créée, est totalitaire, vous lisez que l’électricité est totalitaire.

        Pas de commentaire.

      11. Zébu

        En tout cas l’électricité nucléaire est totalitaire, parce que l’exploitation de cette énergie enferme les sociétés humaines qui en sont dépendantes dans des choix qui ne concernent pas que le nucléaire proprement dit : des choix de société. C’est sans doute un exemple extrême, mais révélateur du fait qu’une technique n’est jamais complètement neutre. Son usage permet ou ne permet pas d’autres usages. Certes elle n’interdit pas d’autres usages à partir du moment où l’organisation sociale permet d’autres modes d’accès à l’énergie.
        Je ne suis pas contre la technique, par contre Marlowe dit juste lorsqu’il touche du doigt ce problème des usages exclusifs les uns des autres. Il devrait exister un impératif catégorique selon lequel nous ne devrions pas nous imposer, ou imposer à d’autres, des techniques dont on soit dépendants de façon exclusive, ou qui engagent la transformation des sociétés de façon irréversible. Chaque être humain désirant vivre sa vie un peu à l’écart des normes sociales devrait pouvoir en avoir la possibilité. A l’inverse ceux qui sont peu friands des techniques ne devraient pas imposer leurs vue à l’ensemble du monde dès lors que ce monde les laisse vivre. La diversité, c’est aussi cela. L’humanité a toujours été, et restera riche de ses différences. C’est qui plus est devenu une question de survie pour l’humanité.

        Par exemple, pour reprendre un thème cher à Stiegler, l’industrie nucléaire, ne permet pas, fondamentalement, l’existence de systèmes associés quant à la production et la distribution de l’énergie. Le nucléaire implique un système centralisé, d’où d’ailleurs le nom de centrales nucléaires, et toute l’électricité qui en sort doit être consommée, imposant ainsi une demande de consommation obligatoire. Le nucléaire impose aussi des mesures de sécurité, de sûreté qui entravent le droit à l’information. Le destin du nucléaire civiil est également associé au destin du nucléaire militaire.

      12. @ Marlowe :
        « vous lisez que l’électricité est totalitaire » : normal.
        Quand on fait du confusionnisme, voilà ce qui arrive.

      13. @ PYD :
        « une technique n’est jamais complètement neutre » : je n’ai pas dis le contraire.
        La question n’est PAS la technique, mais bien ses conditions d’utilisation, et donc de décision.
        On est bien dans l’économie politique.
        Rien à voir avec une vision pseudo a-matérialiste ou a-positiviste de Marlowe.
        Il confond tout. Difficile dès lors …

        PS : question. En quoi l’énergie nucléaire, intrinsèquement, ne permet pas, en tant que telle, d’associer ? En quoi la nature de l’énergie impose-t-elle un modèle de décision ? A mon sens, c’est une grave erreur d’analyse. Si le mode de production implique une centralisation massive sur des territoires (néanmoins relative : 60 centrales sur la France quand même, ça fait quelques gestions territoriales derrière de possible …), en quoi cela a-t-il à voir avec le système décisionnel, politique, par essence ?
        Quand à l’origine militaire de l’énergie nucléaire, je ferais juste remarqué qu’internet fut d’abord un réseau … militaire. And so what ? CQFD.

      14. PYD, je vais te dire ce qui me gonfle profondément dans ce pseudo-débat : c’est que l’on montre la lune et que certains regardent le doigt.
        Le centre du débat, c’est l’économie politique, pas la technique dont on connaît l’ambivalence.
        Quoi, on en est encore là ?
        Autre chose. Cela me gonfle encore plus quand on se retrouve avec des attitudes à la limite du néo-colonialisme, posture éminemment ‘occidentale’, qui prétend définir ce qu’est le bien et le mal quand à la nature du ‘progrès’. L’électricité ? C’est mal ! Vous finirez par le nucléaire, et la bombe, pourquoi pas. La route que vous demandez ? C’est pas bien ! Z’aurez tout plein de touristes !
        C’est vrai, quoi, bande de nazes de pauvres ploucs des montagnes, quelle idée de vouloir une route, quand vous vivez heureux, sans école, sans médecins, avec 20 bornes à faire à pied !
        La question, dans le cas d’espèce, c’est le politique et le modèle d’économie qui va avec.
        Pas le ‘progrès’ (au sens littéral). Le progrès, pour ces villageois, ce sont l’amélioration de leurs conditions de vie, donc la route. Ils ont eu l’électricité. Et le modèle économique tel que proposé. C’est ça qu’il faut analyser.
        Et arrêter le préchi-prêcha confusionniste sur la technique et je ne sais quoi.
        Néo-colonialisme, pas mort.

      15. Zébu
        Exact, tu n’a pas dit le contraire.

        Quant à l’énergie nucléaire, pour répondre à ton objection, elle est dangereuse, intrinsèquement.
        Difficile donc pour moi d’imaginer un type de société où elle pourrait être disponible pour tous
        sans présenter des problèmes de sécurité. D’où mon avis que le nucléaire ne peut faire partie d’un système associé. La maîtrise de cette énergie nucléaire contrairement à d’autres sources d’énergie ne tolère pas l’erreur, or un usage décentralisé, associé, de cette énergie, suppose la multiplication des mains expertes . Déjà que les actuels experts du nucléaire sont pris en défaut d’expertise…. On ne peut pas faire de chaque contributeur associé à un hypothétique réseau associé du nucléaire un expert en ingénierie nucléaire. Et cela serait-il le cas, que cela ne diminuerait pas les risques. Imaginez le nombre de contrôleurs qu’il faudrait pour limiter la casse.
        Il me semble qu’un système associé digne de ce nom doit s’appuyer sur l’utilisation d’une énergie abondante, dont l’utilisation peut être appropriée par les usagers de telle façon qu’il leur soit toujours possible de fermer le robinet en cas de nécessité, ou pour réparation. Or avec le nucléaire ce n’est pas possible, c’est une énergie pour ingénieurs casse-cou, par définition, même s’ils prétendent maîtriser leur joujou.

      16. Zébu
        Sur la question de l’évolution des techniques, je te rejoins.
        Je ne vois aucune bonne raison d’y être opposé a priori.
        Aucune nostalgie d’un ordre ancien de ma part.

      17. Zébu: « Le centre du débat, c’est l’économie politique, pas la technique dont on connaît l’ambivalence. »

        Pour moi il y a un autre aspect, extrêmement utile aux débats, qui est la contradiction que vit celui qui explique pourquoi ils n’a pas besoin de l’électricité et la fait quand-même installer chez lui parce qu’il ne peut pas en priver sa femme et ses enfants. Il semble être extraordinairement conscient de ce qui se passe.

        C’est, transposé dans un contexte par rapport auquel nous avons un peu de recul, un débat que nous vivons tous même si nous arrivons à le noyer dans la brume (lui ne dit pas c’est le progrès, on ne peut pas y échapper mais Inch’Allah…) Il me semble qu’il est clair et brutal de voir dans cet exemple combien il est difficile de de mettre en harmonie notre manière de vivre et les choix économiques que ça implique. Là, on voit carrément des gens quitter une civilisation qui est très dure matériellement pour une autre à propos de laquelle nous sommes tous assez perplexes ici, sans qu’il ne semble y avoir pour eux d’alternative (peut-être parce que la solidarité, obligatoirement très forte vu le contexte, est déjà trop affaiblie.)

      18. @ PYD :
        Bonne analyse, concernant le nucléaire. Le point de débat n’est pas cependant selon moi la maitrise de la technique : aucune ne l’est, puisqu’elle dépend de son utilisation.
        Le point semble être la dangerosité. Et sur point là, le nucléaire ne peut se prévaloir d’une innocuité vitale. C’est la grande différence, d’avec la télé ou l’électricité (quoique, si on formate des lobotomisés à grande échelle, c’est aussi un problème important).
        Sur le plan décisionnel, je ne te suis pas complètement par contre. La question n’est pas l’expertise : les experts doivent justement être là pour éclairer le débat, pas prendre la place des citoyens. Il me semble possible d’obtenir, comme pour tout, un système politique qui puisse concerner aussi le nucléaire : celui-ci ne doit pas en être exclu (on est d’accord) mais n’en n’est pas non plus exclu par ‘nature’.
        « or un usage décentralisé, associé, de cette énergie, suppose la multiplication des mains expertes » : multiplication oui, experts, non, contrôle citoyen, oui.
        La question du contrôle de l’utilisation aussi, collective, se pose mais pas forcément individuelle : ingérable sinon (comment alors mettre en oeuvre un système, quelqu’il soit, d’intérêt général si chacun décide qu’il n’en veut pas ou en veut ?). On est bien toujours dans l’économie politique : la philia, celle qui fait que chacun doit tenir compte de la réciprocité.
        La question du robinet n’est pas si simple : être en capacité de le fermer est une des caractéristiques d’un système ‘ouvert’, pas la seule. Car une fois le flux installé (dans le cas de l’énergie), c’est la question du geste qui se pose, soit la capacité à dire non, pas uniquement le clapet du robinet. Dans le cas d’espèce, les villageois d’Ifri ont toujours le choix de fermer le robinet mais le pourront-ils : c’est en tout cas le type de discours dont se nourrit l’ONE marocaine.
        De sorte que je ne suis pas un partisan à tout crin de la technologie, fusse-t-elle ‘propre’ (?), ‘maitrisable’ (?) et non ‘létale’ (?). La vraie question pour moi se situe dans la capacité de choisir, politique, des citoyens, en conscience.
        Car il n’existe aucun process non irréversible, même le nucléaire (plusieurs milliers d’années) : le croire, c’est une expression de la pensée mythique.
        Ou, de la néguentropie.
        La négation de la vie, comme l’ultralibéralisme pense que les arbres poussent au ciel et que la finance est illimité et non sujette à l’entropie.

      19. @ GL :
        « Il semble être extraordinairement conscient de ce qui se passe. » : excellente analyse.
        C’est aussi cela qui est intéressant. Les individus font ce qu’ils peuvent, face à la pression collective. Son choix est prioritairement la route, pas l’électricité, parce qu’il est très conscient, y compris pour sa femme et ses enfants, de cette nécessité (cas de la mort d’un enfant pendant le tournage). C’est la question du choix. Soit rien, parce qu’il sait qu’il n’aura pas la route, soit l’électricité, alors même qu’il sait que cela lui coûtera très très cher (et pas uniquement en argent). Il prend cette décision en conscience.
        Mais avant tout, il essaye de peser sur le débat, lors d’une réunion entre homme, où il cite l’exemple d’un autre village, ‘des braves’, qui se sont opposés à l’électrification et qui ont fini par gagné l’installation gratuite.
        Quitte à perdre, autant perdre dans l’honneur, collectivement, solidairement, et en y gagnant une marge sur ce qui possible de gagner.
        Ce faisant, puisque les hommes du village n’ont pas pris cette option, il assume, individuellement, le ‘choix’ collectif, en conscience, en lieu et place d’une marginalisation encore plus mortelle (exclusion de la communauté, des enfants, etc.).

        Je ne vois pas autre chose à dire que RESPECT, total.

        Ps : « lui ne dit pas c’est le progrès, on ne peut pas y échapper mais Inch’Allah… »
        Exact. Dans Inch’Allah, il reste une part de possible, même si elle reste parfois à distance humaine.

      20. Nucléaire
        Zébu: « Sur le plan décisionnel […] la question n’est pas l’expertise : les experts doivent justement être là pour éclairer le débat, pas prendre la place des citoyens. »
        Pierre-Yves D: « Déjà que les actuels experts du nucléaire sont pris en défaut d’expertise… »

        Le problème de l’évaluation de la sécurité du nucléaire est au départ qu’il faut faire collaborer un grand nombre d’experts qui n’ont pas l’habitude de collaborer: physiciens nucléaire mais aussi spécialistes des tuyaux (c’est pas une blague mais un cauchemar), informaticiens, électroniciens, spécialistes du béton, des tremblements de terre et tsunamis, plus ceux qui savent évaluer les risques de chutes d’avions et attentats-suicide. (Au pif, j’ai omis une bonne centaine de spécialistes.) Résultat: des institutions qui font semblant de maîtriser l’ensemble du risque.

        Normalement c’est l’expérience acquise lors des accidents qui devrait compter (comme pour les ponts suspendus ou les avions) mais le problème est que les plus gros accidents sont aussi les plus rares et qu’on ne sait pas si les conséquences seraient alors de l’ordre d’un cataclysme naturel, donc plus ou moins acceptables, ou si elles les dépassent.

        Les experts se trompent toujours mais quand les institutions le leur permettent ils se corrigent (contrairement aux économistes, auxquels les institutions ne semblent l’avoir jamais permis, ce qui doit faire réfléchir vu l’importance économique du nucléaire.)

        Exemples:
        – Fukushima prouve de manière absolument criante qu’il est déraisonnable de placer les centrales à proximité les unes des autres mais personne ne parle de faire autrement que d’en avoir plusieurs sur chaque site.
        – Si l’expérience prouvait qu’il était déraisonnable d’entasser tout le combustible usagé de France et d’ailleurs dans deux ou trois piscines du même site à La Hague, les citoyens ne pourront que constater l’erreur…

      21. à GL

        A propos du nucléaire, comme à propos de l’essentiel des productions de la société capitaliste/industrielle, il ne convient pas de faire des calculs de probabilité mais d’envisager la possibilité d’un accident ou du développement de situations catastrophiques.
        La simple possibilité d’une situation catastrophique inhérente à toute activité à risques suffit pour savoir, en conscience, ce qu’il est possible de tenter et ce qui ne doit pas l’être.
        Les experts, dans leur totalité, ne sont donc pas utiles mais nuisibles tant ils sont éloignés de cette logique du possible et rémunérés pour leur illogisme du probable.
        Ceux qui ont un peu lu Ellul savent de quoi je parle, et comment je veux en parler.

      22. marlowe,

        On ne peut pas vivre en dehors d’une société totalitaire, on doit vivre dedans, mais on peut être contre.

        mais beaucoup de gens vivent alternativement en europe.

        la société de masse se surimpose à l’ancienne, pourtant je suis souvent surpris par la vitalité que conserve cette dernière. partout les gens semblent peu à peu prendre conscience de son importance, et de sa dimension plus épanouissante collectivement et humainement, de son caractère moins ostentatoire.

        simplement, cette société a ses travers, et pas des moindres, dont le fameux ‘qu’en dira-t-on’ (avec sa variante ‘et toi qu’en dis tu’) gage d’une forme de totalitarisme qui vaut bien la nôtre. ensuite elle n’est pas très accueillante alors que nous sommes confrontés à d’importants flux migratoires.

      23. @Marlowe : vous avez-raison, l’invention de l’écriture n’est pas à mettre sur le même plan que la maîtrise de l’électricité, car cette dernière est bien moins lourde de conséquences, et serait impensable sans la première.

        L’invention et la généralisation cognitive de l’écriture est à l’origine de la forme de rationalité dont vous déplorez les conséquences tardives (Pierre Lévy, les technologies de l’intelligence; voyez aussi Bruno Latour, de même tout ce qui est à l’origine de la pensée de Bernard Stiegler). Bref, pas d’écriture, pas de philosophie, ni de science, ni de mutation des ancestraux savoirs-faire en technique moderne, c’est à dire processus d’arraisonnement de ce qui est, reductio ad calculus au sens de Heidegger.

        Méfiez-vous de l’écriture, et aussi du pain (suppose l’agriculture et dont la cuisson produit nombre d’acrylamides cancérigènes; je passe les frites sous silence, c’est pire encore).

        Nb : en passant, merci pour Orwell et les Nuisances.

        A+

      24. à jicé,

        Merci pour le merci.

        La vérité, que recherche toujours le détective dans le domaine particulier de l’enquête qui lui est confiée, et qu’il recherche toujours, au péril de sa vie parfois, est que tout s’accélère.

        A ce sujet un beau livre de Jaime Semprun, paru en 1993, aux Editions de l’Encyclopédie des Nuisances : Dialogues sur l’achèvement des temps modernes.

        …On peut dire que les temps modernes ont atteint leur point de perfection, la perfection étant précisément la qualité de ce qui ne peut plus être amélioré. Les Temps modernes sont donc achevés : ils avaient commencé dans les villes, ils finissent avec elles.

      25. @ Marlowe

        Très juste ce que dit Semprun; pour ma part je le formule comme cela : « la civilisation du livre aura été un sommet » / « je suis et resterai un type du XIX° siècle » (au sens où Michel Serres disait perfidement que la Très Grande Bibliothèque voulue par Mitterrand était le plus beau monument du XIX°). Mais je pense (rien de sûr, je connais l’existence de L’encyclopédie depuis quelques années mais celle de Semprun depuis son décès) que -peut-être- je me sépare de lui en me disant (sans non plus en être convaincu) qu’il sortira une nouvelle grande civilisation du basculement de l’existence dans les NBIC (Nietzsche tenait au contraire que ni travail et technique ne sauraient faire civilisation, qu’il n’y a pas de civilisation du travail ni technicienne).

        Ce qui me rend pessimiste à ce sujet : le schème idéaliste qui sous-tend l’horizon de développement technicien et qui corrèle effacement du corps et primat de la rationalité calculatrice.

        Ce qui me rend optimiste : l’indomptabilité du corps c’est-à-dire du désir. L’enracinement dans l’obscurité des entrailles de la vie biologique, de son poids de chair lourde et fumante. Donc encore une fois, merde à Michel Serres et à ses angelots communicants.

        Nb : parmi les faits qui m’ont signalé l’existence de L’Encyclopédie des Nuisances, leur publication de Théodore Kaczynsky dit UNABOMBER La société industrielle et son avenir (via un ouvrage de Dominique Lecourt, Humain Post Humain). Je mets en lien le Wiki sur Kaczynsky pour ceux qui nous lisent et de cela intéresse, cela alimentera la réflexion de ceux que cela intéresse (votre humble serviteur est réservé sur les thèses du sus-dit, et surtout il ne le connait pas de première main).

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Theodore_Kaczynski

        A+

      26. à méthode,

        Oui, l’évolution exemplaire – au sens de qui donne l’exemple – du Japon est une illustration de cet achèvement des Temps modernes dont parle l’auteur en 1993
        Je pense même que, pour le Japon comme pour le reste de la planète, nous sommes dans la prériode historique qui suit l’achèvement..

        à jicé

        Comme on peut dire que Guy Debord a été le fondateur principal de l’Internationale Situationniste, on peut simplifier en disant que Jaime Semprun, fils d’un père très médiatique et non dénué de talent, a été le fondateur d’un groupe qui voulait reprendre la critique des conditions de survie dans le monde industriel/marchand et qui, au bout de quelques années, est devenu les Editions de l’Encyclopédie des nuisances.
        Il me semble que ce livre de 1993, Dialogues sur l’achèvement des Temps modernes, est le plus riche de l’auteur tant il met en scène deux personnages, à la manière des Dialogues d’exilés de Brecht, qui dissertent sur l’évolution du monde et les possibilités de changement de paradigme comme on dit de nos jours pour évitér l’emploi d’un mot un peu fatigué.

        Pour en savoir plus : marlowe@orange.fr

      27. Marlowe : je vais me procurer le livre de Semprun. Je connais votre tropisme debordien, pour ma part je connais peu pour n’y avoir rien compris au moins à ce jour. En fait je n’ai pas encore rencontré son problème (je le lis les penseurs qu’avec prudence et seulement après avoir entendu ce qui les porte à penser; méthode que je conseille vivement à tous). Vous avez sans doute remarqué que je ne condamne pas le développement technique (expression que je voudrais aussi neutre que possible au moins à cet instant, au sens où une feuille pousse en se dépliant, cela fera plaisir à Basic) et que je reste circonspect à l’égard des critique radicale comme celle de PMO par exemple (même si il y a dans le courant luddite des aspects que j’approuve sans réserve). Je partage sans grandes réserves les analyses de Lecourt et de Stiegler sur le phénomène technique, voire celle de Serres (je me sépare de lui sur un autre point) qui font remarquer qu’il s’agit d’un phénomène individuant et essentiellement complexe qui mêle le politique, le social, l’humain, le scientifique, la stratégie vitale, la prise sur le donné etc. J’avoue aussi ma tentation Simondonienne, dont Gilbert Hottois est un analyste et un continuateur (cela fait beaucoup de noms, c’est pour aller vite dans la conversation). Je pense qu’il nous faut un débat de fond sur ce point, je pense qu’on pourra le mener à bien dans le cadre du blog, mais il faudra beaucoup de travail, de pédagogie et un respect des argumentations dont le niveau est trop faible en ce moment.

        Quand le temps sera venu, peut-être à l’initiative des tauliers du blog?

      28. marlowe,

        le moyen-âge en europe apparait comme une régression introspective de l’antiquité tardive, qu’il ne surpassa pas. seule l’évolution des techniques garantissait les futures évolutions en des temps où l’on rejouait sans cesse à être césar ou constantin 1er.

        nôtre époque est fascinante, les codes qu’elle génère s’établissent probablement pour… des millénaires.

    2. J’en profite pour donner des nouvelles de mon ventilo de table, tiens. Donc commandé chez Vam (firme allemande basée en Italie, à ce que j’ai compris), arrivé en temps et heure (5 jours de délai), oublié dans un dépôt par DH (le livreur, qui ne pense pas à vous laisser une note, si vous n’êtes pas là, comme quoi il est passé chez vous), relivré le lendemain d’une mise au point sans problème par téléphone avec DH. A noter : si on parle (et écrit en) anglais, le contact mail avec Vam est impecc’ : on vous répond tout de suite, aimablement, et on cherche vraiment à vous aider. Quant à l’objet… Aaaah : design très années trente-quarante (superbe), acier costaud pour le pied (on peut même le fixer à un mur), visserie acier solide, le tout entièrement démontable et réparable si besoin par un électricien. Ça coûte deux ou trois ventilos chinois (ceux qu’on rachète tous les deux ans), mais ça peut durer dix ans minimum.

      (Merci pour ce beau texte, Zébu, et pardon d’avoir interféré.)

    3. « L’idée maîtresse de l’opération, c’est d’aller chercher des abonnés là où il y en a, c’est tout. Le but de l’ONE, et c’est marqué noir sur blanc dans les études qu’ils publient, est de désenclaver les richesses qui sont coincées dans des endroits reculés au Maroc, ils ne
      parlent nullement de désenclaver des gens. »
      Jérôme Le Maire

      1. C’est dans doute ça, le progrès : « c’est marqué noir sur blanc ».
        Même plus besoin de faire semblant et d’avoir les discours qui vont avec (sauf devant les pauv’ ploucs des montagnes, of course).

    4. En France l’électricité est arrivée dans les villages très longtemps après les routes (et les échanges économiques qu’elles provoquent.) La médecine, les instituteurs et l’exode rural ne me semblent avoir précédé les véhicules à roues que là où, comme dans cet exemple, le relief est exceptionnellement défavorable et qu’il n’y a que les ânes qui passent (la conscription et les impôts n’ayant dès avant 1789 pas eu besoin de route, comme on peut le constater en consultant les archives…)

      D’après ce qu’on voit dans la vidéo de l’Atlas Marocain, une part très importante du travail des gens de ce village consiste à ramasser du bois de chauffage. C’est l’élevage qui leur permet de vivre et peut-être pour certains de disposer de revenus assez décalés par rapport à leur manière de vivre. Si on part des choses telles qu’on les voit, amener l’électricité (et acheter la télé avant d’avoir mis des vitres aux fenêtres?) paraît totalement absurde mais on peut aussi envisager que, le lointain ministre de l’industrie ayant eu plus de chance pour ses crédits auprès du ministre du budget ou du roi que celui qui s’occupe des routes, le hasard suffise à expliquer la chose: nous on fait pas forcément mieux après deux siècles de démocratie.

      Sinon, pour ce qui se passe quand les décalages entre la manière de vivre de gens que seule la géographie rapproche sont énormes, il y a une vidéo quelque-part sur Internet tournée (en Indonésie?) par des ethnologues qui étaient venus faire une de leurs enquêtes et qui – pas de route, pas de médecin et pratiquement plus rien à manger depuis des mois – n’ont fait que décrire la situation. La réalité est très brutale, tout commentaire semble futile.

      Personnellement j’ai passé quelque temps dans un petit village de Kabylie, dans la famille d’un copain qui rentrant de Seattle où il avait participé aux négociations pour l’achat d’avions à Boeing pour la compagnie nationale et où il s’est vu tendre un fusil avec lequel il aurait du régler des questions d’honneur relative à un meurtre survenu peu de temps au paravent. J’y ai été désarçonné par des enfants qui me posaient des questions pertinentes en français sur des usines de la région parisienne qu’ils connaissaient mieux que moi et par les doutes de l’instituteur à propos de ses efforts pour faire progresser la très maigre agriculture locale. Ia vie me paraissait bien plus civilisée que dans le reste de l’Algérie (qui se remettait mal de la guerre), il y avait une route, pas l’électricité mais des bougies, pas de télé et presque pas de radios à transistor mais Khadafi y avait au moins un admirateur…

  13. Choc! L’instituteur de campagne Mahmout Makal, dans Un Village anatolien (Terre Humaine, 1963), raconte exactement la même histoire, dans les années 1950, en Turquie. Révoltant. Rien ne change. L’espoir de progrès, l’espoir d’une vie meilleure se transforme en piège mortel pour les pauvres, toujours. Marre!

  14. Très belle histoire de dépossession en effet
    Ce qui aurait pu être une belle histoire de rencontre entre deux civilisations va finir comme d’habitude en tragédie. Pas au sens ou il y a des morts. Non juste une petite mort des âmes.
    Ces enfants qui n’ont pas d’école, auront la télévision, avec son cortège de saloperies, à commencer par toutes ces pub d’objets inaccessibles pour eux, en passant par les jeux télé débiles (pléonasme).
    Et dire que leur père aura vendu son unique vache pour céder à la rivalité mimétique
    Pour moi, ce magnifique film, c’est comme l’histoire d’un viol
    Ils étaient pauvres, les voilà devenus miséreux.

    1. @ MerlinII :
      « Les hommes le défendent comme ils peuvent »
      Et les pères font ce qu’ils peuvent aussi, face à la pression de la société sur leurs enfants 😉

      1. Encore une fois.

        La question n’est pas de savoir quel monde nous allons laisser à nos enfants, mais à quels enfants nous allons laisser ce monde.

      2. Marlowe,
        Les deux affirmations sont justes. Il faut donc trouver un juste milieu…
        Par exemple, l’éducation nationale est aujourd’hui régie avec un mode de fonctionnement très hiérarchique. Ce sont les pères qui décident, nomment et notent les nouveaux enseignants. C’est un système trop rigide et à la merci des tentations libérales (l’argent et la politique font trop souvent la promotion).
        Pour l’enseignement dans les écoles primaires et collèges, je pense que les pères (professeurs expérimentés) devraient proposer (suggérer) le candidat (professeur stagiaire) mais que la population doit participer, choisir comme un jury pour une durée spécifique. C’est responsabilisé les parties (corps enseignant et parents d’élèves). L’avis des parents n’est pas suffisamment pris en compte et le lien parent-éducateur trop souvent absent. L’éducation des enfants doit permettre de socialiser et non de diviser. Investir les parents dans l’éducation de leurs enfants et empêcher un système éducatif fermé sur lui-même.
        Ce n’est qu’une idée à explorer…..

      3. à olivier69,

        Pourquoi un juste milieu ?
        Les deux questions ne peuvent-elles pas être vraies toutes les deux ?

      4. Marlowe,
        vous avez complétement raison, elles sont vraies toutes les deux. (:
        C’est du bon sens…
        Mais ne soyons pas gourmands…..Certains pourraient croire en l’enfant roi (excessif).
        Je voulais faire avancer votre idée sur un plan pratique….
        A bientôt.

    2. bien dit zébu.

      rené girard est décidément l’un des, si ce n’est le chercheur en science humaine qui m’a le plus enthousiasmé ces dernières années.

    1. Je me souviens d’un voyage en Birmanie il y a 8 ans, l’électricité venait d’arriver dans un petit village. La route était encore en terre mais déjà la Chine voisine déversait ses objets: VTT, antenne parabolique… Et les camions se préparait à passer pour ramener du bois rare en échange de leurs « gadgets ».
      L’homme est un prédateur…. Et il le restera.

  15. Je recommande un film vraiment extraordinaire sorti en 2011 sur un sujet connexe :

    ET MAINTENANT ON VA OU ?

    de Nadine Labaki, la réalisatrice de Caramel.

    Un vrai chef d’oeuvre. Voici le synopsys
    Ah, si les femmes pouvaient prendre le pouvoir comme dans ce film ! Ce qui ne gate rien, l’actrice principale est splendide.

    Rarement vu une telle justesse sur l’absurdité des conflits et les rapports de force qui ne mènent à rien.

  16. J’ai vécu dans un petit village analogue en Grande Kabylie d’où je suis originaire sans électricité, sans eau en pleine montagne en 1973 !

    Depuis il y a l’électricité et l’eau : je vous dis pas la catastrophe : TV satellite, mode de vie, perte de la culture kabyle des savoirs-faire, ….

    Electricité pour quoi faire ? Eau idem ! pour prendre des douches tous les jours, avoir une piscine !

    Sous prétexte de faire des documentaires des cinéastes apportent avec eux la civilisation technologique mortifère et parasitaire. En réalité, c’est le contrôle de la planète entière et la mise à mort lente et progressive de la diversité des cultures au nom du mondialisme, en fait, du colonialisme à l’échelle planétaire.

    Ils en a été de même pour les bretons, les alsaciens, les corses ! ….

  17. A 25 kilomètres de Meknès, le superbe village marocain de Moulay Idriss, haut lieu de pélerinage tout près du site archéologique romain de Volubilis , refuse l’électricité, le téléphone, la télé et l’eau courante, bref le « progrès », pour garder son mode de vie ancestral.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Moulay_Idriss_Zerhoun
    C’est là que le réalisateur Zeffirelli a choisi de tourner son « Jésus de Nazareth » en 1975 : aucun poteau électrique ou téléphonique, aucune antenne, aucune voiture, aucun vélo à l’horizon , des femmes voilées de blanc se déplaçant à dos d’âne, etc …

    Aux USA les Amish, de souche hollandaise, refusent aussi l’électricité et le progrès pour une qualité de vie plus humaine, également pour obéir à des principes religieux .
    Pas moyen de les soumettre à la société de consommation .

    1. mianne,

      il y a à présent un ou deux distributeurs de billet à moulay idriss, qui est en effet un jolie petite ville perchée sur son coin de montagne.
      une chose est certaine, l’électricité et l’eau courante, c’est avant tout une hygiène de vie garantie. .

      le mode de vie ancestral n’a de secret que pour nous les pays développés, les autres sont quasiment tous prêts à l’améliorer, sinon l’abandonner.
      la jeunesse marocaine ne s’y trompe pas, elle courre les web cafés.

    2. @ Mianne :
      « Pas moyen de les soumettre à la société de consommation . »
      Comme Marlowe, confondez tout.
      Quel rapport entre ‘société de consommation’ et ‘progrès’ ?
      Faut-il donc pour qu’ils soient reconnus comme des sages et des braves que vous leur imposiez, ‘pour leur bien’, de ne pas avoir de route, ni même alors d’école, etc ?
      Vision pour le moins très ethnocentrée, pour le moins …

      1. à zébu,

        Comme vous affirmez à répétition que Marlowe confond tout, je vous demande si vous ne pourriez pas me donner des leçons pour que je puisse distinguer le bon grain de l’ivraie.
        Vos conditions seront les miennes.

      2. « Vos conditions seront les miennes » : que vous appreniez à lire, déjà.
        Ai-je parlé de positivisme, de matérialisme, ai-je fais l’apologie du progrès technique ?
        Merci bien.
        Ps : très surannée, la proposition, limite champêtre …

    3. Mianne, les Amish ne sont pas de souche hollandaise, ils sont originaires des régions germanophones de Suisse, d’Alsace et du Palatinat. Aux USA, ils parlent une langue appelée là « Pennsylvania Dutch » mais qui en fait est une homonymie de « Pennsylvaniadeutsch », d’où la confusion sur leurs origines.

  18. Comme beaucoup, ils ont l’énergie au dessus de leurs têtes, mais on ne leur a pas proposé ceci ou cela.
    Il y a quelques années au début du téléphone cellulaire mobile, une boite française a obtenu un marché pour installer des cabines téléphoniques dans plusieurs régions du Maroc. Visionnaire pas vraiment mais placement pour les surplus et autres invendus oui.
    Commissions à tous les étages.
    Ça y ressemble.

  19. Joli docu, article poétique qui m’a rappelé Babel d’Iñárritu qui traite aussi poétiquement du gouffre qui sépare nord et sud. La fée électricité finira par recouvrir la planète, et les quelques tribus qui vivent dans des zones devenues protégés comme des réserves, finiront par disparaître où s’adapter « au progrès » alcoolisme compris. Juste une question de temps, c’est ainsi. Le gain produira des pertes mais l’option the Truman show pour quelques isolés n’est pas viable. Les indiens ont inventé un téléphone portable pour les villages sans électricité voir sans route : ça marche très fort !

  20. En parlant de la fée électricité . Tu subventionnes le nucléaire (investissement financé par le public) puis tu privatises (lorsque les profits tombent avec le retour sur inves pour l’élite privée) et enfin face aux frais d’entretien et de démantèlement alors tu nationalises (retour des pertes au public). Le libéralisme montre son vrai visage d’agresseur des peuples….
    La nationalisation des pertes et la privatisation des gains résument le modèle !
    Si cela n’est pas une bipolarité alors que l’on m’explique…..

    1. La fée électricité au service de tous pour le plus grand profit de quelques-uns…

      La fée électricité est au service de tous, non seulement pour le plus grand profit de quelques-uns, mais pour le plus grand profit de tous.
      Enfin c’est sa profession de foi et beaucoup croient en ses dires.
      Simplement les progressistes voudraient que ses dangers soient moins présents et que son apparition comme marchandise toute puissante dans l’environnement capitaliste et industriel soit moins catastrophique.
      Hélas, ce n’est pas son destin, que d’être la gentille fée (Clochette, pour les initiés)

      1. Le gaspillage d’électricité est une réalité (les enseignes, les veilles,…). Notre consommation pourrait être divisée par deux au minimum sans conséquences graves. Sauf pour ceux qui s’engraissent….Notre consommation individuelle pourrait également être plus raisonnée et rationnée.. La gourmandise, encore une fois !

  21. Le Maroc est un pays qui presente des carasteristiques geographiques specifiques (differentes de vos pays), c’est un pays assez étendu et montagneux et la population est très éparpillée car il est évident que l’existence même du village presenté au niveau de la video ( qui contient un dizaine de familles isollées et disposant de ressources si limitées) serait impossible en France. Tout cela est du en partie à la grande fragmentation du foncier à cause des lois religieuses de l’heritage mais aussi parce que les alternatives d’immigration vers les villes ou l’étranger se sont taries.

    Confrontée à cette réalité, les autorités, pour améliorer leurs statistiques ( couverture electrique, telecom ou routière de la population) essayent d’innover et de faire des efforts importants à travers l’usage de la perequation tarifaire, la taxation destinée au Service Universel mais aussi l’implication de la population pour les associer aux projets ( c’est pourquoi ces personnes sont tenus de payer des frais qui restent infinitesimalles par rapport à l’investissement consenti)et ce dans l’objectif de prevenir le vandalisme ou le sabotage des infrastructures.

    Ces gens sont pauvres et ne sont en aucun cas exploités dans ce cas particulier par personne car tout simplement ils n’ont rien et ne peuvent rien donner.

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