AUDITION DE PAUL TUCKER, VICE-GOUVERNEUR DE LA BANQUE D’ANGLETERRE, DEVANT UNE COMMISSION PARLEMENTAIRE BRITANNIQUE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Paul Tucker, Vice-Gouverneur de la Banque d’Angleterre, a fait cet après-midi une déposition devant une commission parlementaire britannique. La raison de sa présence aujourd’hui était que dans la déposition faite le 4 juillet devant la même commission par Bob Diamond, qui était jusqu’il y a quelques jours P-DG de la banque Barclays, ce dernier avait laissé entendre que Tucker avait fait pression sur lui pour que la banque qu’il dirigeait alors mentionne pour les taux réclamés d’elle par d’autres banques pour ses emprunts, des chiffres moins élevés que ceux qu’elle soumettait. Les chiffres en question étant alors utilisés par la British Bankers’ Association pour calculer les taux d’intérêt appelés LIBOR (London interbank offered rate) : « taux interbancaire [en dollar] valant à Londres ». Lors d’une conversation entre Tucker et Diamond, le premier aurait dit au second qu’« il n’y aurait pas de mal » si la Barclays soumettait des chiffres moins élevés qu’elle ne le faisait. Tucker aurait affirmé qu’il subissait lui-même des pressions en ce sens, en provenance de membres du gouvernement de haut rang.

Si l’interprétation par Diamond de ses conversations avec Tucker était correcte, l’une des personnes à la tête de la Banque d’Angleterre enjoignait à l’un des dirigeants de la deuxième banque commerciale du pays de manipuler le LIBOR, un taux de référence faisant foi pour l’ensemble du système financier international.

Mon sentiment après avoir regardé cette audition de bout en bout est que M. Paul Tucker, candidat pressenti au remplacement de M. Mervyn King à la tête de la Banque d’Angleterre, a perdu aujourd’hui toutes ses chances. Mais bon, je suis par ailleurs quelqu’un qui imaginait que le procès de Jérôme Kerviel (le premier épisode : pas le récent procès en appel) déboucherait nécessairement sur un non-lieu.

L’explication que Tucker a offerte des événements est qu’il y avait malentendu quant au sens des conversations qu’il a eues avec Diamond. La Barclays avait à cette époque refusé une aide du gouvernement sous la forme d’une injection massive de capital parce qu’elle craignait qu’une acceptation de ces sommes aurait signifié sa nationalisation. La Barclays serait tirée d’affaire un peu plus tard grâce à un apport en capital en provenance du fonds souverain du Qatar. Le sens des propos de Tucker à l’époque étaient – selon lui hier – de s’enquérir de la bonne santé de la Barclays : les taux plus élevés que ceux de ses consoeurs qu’elle soumettait signifiaient-ils que la banque était en difficulté ?

M. Paul Tucker n’est certainement pas un grand comédien : il se verse machinalement de l’eau et se met à boire aussitôt qu’il est mis en difficulté. Il lui arrive aussi de prendre un air complétement affolé alors que l’un de ses interlocuteurs formule une question, manifestement très inquiet d’où elle pourrait mener. Il manque également d’assurance sur la question de savoir ce qui a conduit à ce qu’il soit là : alors que le président de séance souligne que la commission s’est réunie à sa demande, il commente mi-figue mi raisin que « Vous m’avez demandé de venir de mon plein gré… », ce qui conduira le président à déclarer ironiquement au moment de conclure : « Vous êtes venu à votre propre demande, dans une très large mesure ».

Qu’en tirer ? Qu’au niveau formel, nous vivons encore aujourd’hui en Occident, en démocratie. Lors de l’audition des dirigeants de Goldman Sachs, en avril 2010, j’écrivais ici-même :

À l’heure qu’il est, j’assiste à cette audition depuis deux heures. Ce qui m’épate, c’est la robustesse de ce régime démocratique, en dépit de toutes les forces qui s’opposent à son fonctionnement, en dépit des sommes colossales qui sont déversées pour le dévoyer dans son exercice quotidien. Il me semble quasi-miraculeux que des personnes, tel le sénateur Carl Levin, conservent – en dépit de la machine à broyer de l’argent – l’intégrité qui leur permet de s’opposer comme il le fait sous mes yeux, à ce rouleau compresseur.

Mon sentiment ce soir est identique : nous vivons encore en démocratie, du moins pour ce qui touche à la qualité de l’information à laquelle j’ai accès. Cette information me permet en effet de lire avec une très grande clarté entre les lignes de ce qui est déclaré, et ceci à ma très grande satisfaction.

Pour le reste, il faudrait que je puisse m’expliquer avec une satisfaction aussi grande pourquoi tout cela demeure sans conséquences, pourquoi aucune décision n’est jamais prise ensuite dans la ligne de ce que j’ai pu entendre.

Dans le cas du premier procès Kerviel, le verdict a semblé ignorer entièrement ce qui avait été dit durant les audiences. Ou plutôt, a ignoré tout ce que j’avais pu lire entre les lignes de ce qui avait été dit. Et c’est là sans doute que se situe le point essentiel : la classe dirigeante est-elle incapable elle de lire entre les lignes ? Ou bien sait-elle le faire mais compte essentiellement sur le fait qu’elle sera à peu près seule à pouvoir le faire et que le reste du monde – et tout particulièrement l’électeur lambda – n’y arrivera jamais lui de son côté, et ne lui réclamera du coup jamais de comptes ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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64 réflexions au sujet de « AUDITION DE PAUL TUCKER, VICE-GOUVERNEUR DE LA BANQUE D’ANGLETERRE, DEVANT UNE COMMISSION PARLEMENTAIRE BRITANNIQUE »

      1. « Cette news est reservée aux membres Boursorama ».

        Ahah !
        Un capitaliste qui fait de l’entrisme !!

      2. Monsieur Zizimachin, cette news est réservée à ceux qui ont l’idée de chercher les infos où elles se trouvent. Ils peuvent y trouver tous les chiffres qui montrent que les capitalistes se goinfrent sur leur dos, quant à moi j’ai choisi la décroissance !

  1. Ou bien sait-elle le faire mais compte essentiellement sur le fait qu’elle sera à peu près seule à pouvoir le faire et que le reste du monde – et tout particulièrement l’électeur lambda – n’y arrivera jamais lui de son côté, et ne lui réclamera du coup jamais des comptes ?

    C’est cette proposition que je retiens sans l’ombre d’une hésitation.

    1. c’est la baisse de sa qualité de vie qui va jeter l’électeur dupond dans la rue: quand il ne pourra plus payer les pneus et l’essence de son audi a3, et que la criminalité explosera.
      la rationalité n’a rien à voir là-dedans. en fait ces procès à la bob et tucker on les fait au cas où. perso je ne relie pas en premier lieu démocratie à accès libre à l’information, mais à répartition équitable de la richesse produite, signe qu’elle fonctionne.

      1. A ce stade de déliquescence et de corruption, bien sûr, il y a complot, une guerre silencieuse mener à l’insu des peuples et de chacun avec la complicité des politiciens gracieusement rémunérés !

  2. Et c’est là sans doute que se situe le point essentiel : la classe dirigeante est-elle incapable elle de lire entre les lignes ? Ou bien sait-elle le faire mais compte essentiellement sur le fait qu’elle sera à peu près seule à pouvoir le faire et que le reste du monde – et tout particulièrement l’électeur lambda – n’y arrivera jamais lui de son côté, et ne lui réclamera du coup jamais des comptes ?

    J’opte pour la seconde hypothèse : elle nous prend clairement pour des jambons.

  3. La justice est représentée par une balance tenue à bout de bras par un être aux yeux bandés, autre signe indiquant l’impartialité.
    Ce que l’on dépose dans les plateaux des deux côtés de la balance peut se voir puisque la balance est exposée ostensiblement. Plus les affaires sont importantes, plus les plateaux sont larges pour les y présenter.
    Mais la balance est aussi un signe d’air.
    Plus les plateaux sont larges et plus les plateaux seront sensibles au moindre courant d’air.
    Ce petit courant d’air ne vous a donc pas échappé.
    Peut-être le souffle de « la main invisible ». Qui sait ?

  4. Entendu sur FR.C, que cette falsification de l’indice LIBOR a des conséquences incalculables, elle pourrait avoir couté 1000 milliards aux entreprises et ménages…

    1. Entendu sur FR.C, que cette falsification de l’indice LIBOR a des conséquences incalculables, elle pourrait avoir couté 1000 milliards aux entreprises et ménages…

      Pour moi, ce serait plutôt l’inverse : les prêts à taux variables (la règle en GB) sont indéxés sur le Libor me semble-t-il..donc sa minoration représente plutôt un cadeau aux consommateurs. Par contre ce serait un dommage pour les créanciers….les banques elles-même!
      La ‘philia’ de PJ.

      1. Oui, c’est surtout une atteinte sacrilège à la Loi divine de transparence des marchés. La sanction ? Plus de Libor par « autodéclaration ». Un fonctionnaire contrôleur général des taux réels payés au jour le jour dans chaque banque du panel et qui publie, avec accès libre, les chiffres de sa banque chaque jour que le bon dieu fait. Ben quoi ? On est entre adultes raisonnables et consentants non ? Pas d’raison de s’affoler quoi.

      2. Et l’abandon du « mark-to-market », Vigneron.

        C’était quoi, mon vieux..??
        Pas de raison de s’affoler..??

        Ces richesetpuissants nous montrent bientôt chaque jour qu’ils nous prennent non seulement pour des imbéciles, mais aussi qu’ils ont raison de la faire.
        Hors, et comme tu foules au pied ce qu’avait révélé Machiavel, ça finit toujours mal.

        Je sais : je te gène.

  5. PJ: Pour le reste, il faudrait que je puisse m’expliquer avec une satisfaction aussi grande pourquoi tout cela demeure sans conséquences, pourquoi aucune décision n’est jamais prise ensuite dans la ligne de ce que j’ai pu entendre.

    dans le titanic il y avait des cloisons étanches et différents ponts
    il semble que selon le niveau il n’y ait pas le même état de liberté
    et pas de de connexion

    on nous a jeté quelques coupables victimes désignés dans l’arène et les lions leur tournent autour avant de les croquer , du pain et des jeux pour maintenir l’empire romain( rien de mieux)
    pour les jeux du cirque nous sommes servis
    pour le pain c’est une autre affaire
    mais tant que le divertissement tient la foule en haleine
    ça lui sert de pâtée.
    au moins on sait à quoi elle est occupée

  6. la classe dirigeante est-elle incapable elle de lire entre les lignes ? Ou bien sait-elle le faire mais compte essentiellement sur le fait qu’elle sera à peu près seule à pouvoir le faire et que le reste du monde – et tout particulièrement l’électeur lambda – n’y arrivera jamais lui de son côté, et ne lui réclamera du coup jamais des comptes ?

    Il y a des questions qui valent bien des réponses…
    Or cette réponse a un rapport avec la 3ème dimension de la crise,
    décrite par Paul, et qui me semble encore trop peu explorée:
    la complexité, que je nomerais « surcomplexité » au sens où elle nous dépasse.
    Mais le nous n’est pas uniforme.
    En l’occurence, la classe dirigeante comprend très bien le qui, comment et pourquoi
    de ce que j’appelle désormais le Liborgate.
    Mais en dehors de cette classe, cela demande des explications.
    Nous y sommes.

  7. enfin un billet optimiste ! quant à la conclusion

    la classe dirigeante est-elle incapable elle de lire entre les lignes ? Ou bien sait-elle le faire mais compte essentiellement sur le fait qu’elle sera à peu près seule à pouvoir le faire et que le reste du monde – et tout particulièrement l’électeur lambda – n’y arrivera jamais lui de son côté, et ne lui réclamera du coup jamais des comptes ?

    peut-être un peu des deux, les contours ne sont pas si tranchés, il y a des rôles, une zone, un entre-deux, où la scène et la mise en scène, l’histoire est rodée, toute une éducation (lire entre les lignes, les lignées, donner image pacifiée), un art de l’élucidation qui cloue le bec au gueux qui en reconnaît l’adresse, la performance. J’imagine que c’est aussi un exercice extrème de sauvegarde de l’ordre institutionnel, la dignité de la « valeur démocratie » à la rescousse — tant pis si ce n’est qu’un artefact– pour un jeu de chaises musicale. On oubliera le mec qui boit de travers, la démocratie fraternise, c’est déjà ça, vive les Olympiades!

  8. nul besoin de savoir lire paul pour comprendre la finalité : on y va ! sans pouvoir avoir la moindre réflexion que le constat sans amabilitées et j’en suis désespéré .que de mots ou maux soufflets au grés des vents sans regrets comme dans le temps ou entant antant entends tu le désespoir le tien le mien celui des gens qui dans leurs derniers souffles disent et la démocracie la vrais celle qui fait chanter qui fait rêver où est elle? elle se meure comme la terre , bon vent à tous je vous aime telle le fils se meurt devant l’infamme père qui l’a enfanté

  9. Ça chauffe, dirait-on. La fondation Copernic est alarmée :

    BCE : un geste dérisoire pour rassurer la zone euro
    http://www.politis.fr/spip.php?page=imp&id_article=18952

    « …Car, aujourd’hui, quasiment toutes les grandes banques de la zone euro peuvent faire faillite, en même temps… »
    « …Les États nations pourront aussi intervenir pour sauver les banques comme ils l’ont fait après la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Mais, aujourd’hui, les sommes envisagées sont 10 fois supérieures à celles qui ont été mises en œuvre après la crise des subprimes.… »

    « …Le monde capitaliste est réellement entré dans une nouvelle phase de sa crise, qui est plus profonde que la crise précédente, avec toutes ses dimensions : financières, économiques, sociales, culturelles – parce qu’il y a une vraie crise des valeurs. Ce qui va se produire maintenant, avec l’augmentation du chômage et les restructurations d’ensemble des industries, ce sont des destructions extrêmement profondes.… »

    La conclusion vaut son pesant de pistaches :
    « Comme le dit l’adage : « On est dans une situation telle d’incertitude, que cela rend la panique rationnelle. » Ceux qui ne sont pas paniqués aujourd’hui sont des fous. »

    On paniquerait donc en haut-lieu? Rrhooooo! 😛

    1. « …Car, aujourd’hui, quasiment toutes les grandes banques de la zone euro peuvent faire faillite, en même temps… »

      Vite brûlons une herbe qui fait rigoler à st Mathieu histoire de le rendre plus zen…(Quoi !!! Mes ouailles des escrocs !!!??? Mais on s’en fout …Pierre déconne pas, fait tourner)

  10. Si je fais semblant de faire semblant, comment celui qui me regarde peut-il avoir une quelconque certitude sur mes intentions réelles ou feintes ?

    Faire semblant de ne pas lire entre les lignes, c’est faire semblant de ne pas comprendre.
    C’est très pratique pour maintenir suffisamment le bénéfice du doute quoiqu’il arrive.

    1. ben n’est-ce pas pour ça qu’on enterrait pas les acteurs de manière chrétienne, ou que les grecs, qui étaient des gens avisés comme chacun sait, interdisaient la scène aux femmes?
      il y a quelque-chose de dérangeant dans le fait d’imiter les émotions et expressions les plus intimes de l’homme. le spectacle engendre le spectacle… si bien qu’à la fin tout devient confus et la souffrance catharsistique.

      1. Alors si on fait semblant d’imiter, on fait quoi au juste ? On est soi-même ?
        Ce serait donc ça ? Ils sont eux-mêmes ? Vils, lâches et tout et tout ?

      2. en démocratie d’opinion… chacun se fera une opinion.
        une chose est sûr, au japon existait le seppuku et tout et tout.
        mais ça n’a rien à voir.

  11. bonjour,

    sommes-nous nombreux à lire entre les lignes?
    très grande collusion entre les politiques et le monde financier
    article de mr Jorion bien plus intéressant que tout ce qu’on peut lire dans le mainstream!

    @+

  12. Comme convenu dans la dernière vidéo de monsieur Jorion, il est presque 1 heure, mardi, je suis là, prêt a découvrir le mystère…
    Cordialement.

  13. « il faudrait que je puisse m’expliquer avec une satisfaction aussi grande pourquoi tout cela demeure sans conséquences, pourquoi aucune décision n’est jamais prise ensuite dans la ligne de ce que j’ai pu entendre. »
    Oui, depuis 2008 on voit les les catastrophes de grande ampleur s’étaler sous nos yeux, on parle, on critique, on lit entre les lignes, on s’indigne, on se manifeste mais … rien ne bouge. Aucune conséquence. Pourquoi?

  14. « Seuls les plus petits secrets ont besoin d’être protégés. Les plus gros sont gardés par l’incrédulité publique. » Marshall McLuhan (1911-1980), auteur et chercheur canadien

  15. PJ: Pour le reste, il faudrait que je puisse m’expliquer avec une satisfaction aussi grande pourquoi tout cela demeure sans conséquences, pourquoi aucune décision n’est jamais prise ensuite dans la ligne de ce que j’ai pu entendre.

    j’en reviens encore à cette petite prise de recul face à la mise en scène qui nous est donnée à voir.

    serais-ce que la démocratie soit devenue un divertissement?

    cela fait plaisir de croire que la démocratie puisse être sauve
    comme au cinéma quand le héros s’en sort à la fin…

    j’ai lu quelque part que Daniele Mitterrant deux mois avant sa mort avait fait le constat que nous n’étions pas en démocratie, que nous ne faisions que le prétendre

    quand j’ai appris sa mort rapide en quelques jours j’ai pensé que l’amertume de ce constat pour une vieille dame dynamique qui avait mis toute son énergie à lutter pour la démocratisation de l’eau , voyant qu’on n’avait même pas franchi le pas des apparences en avait baissé les bras pour un long sommeil.

    mais comme disait l’abbé Pierre quand j’ai perdu la foi( parce que je l’ai perdu un temps) j’ai fait comme si, et puis elle est revenue.

  16. il y a quelques jours
    question intéressante:
    plop
    9 juillet 2012 à 13:29

    Plop: Je vais peut être avoir l’air bête, mais je voulais savoir si il existe d’ores et déjà une estimation des pertes dues à cette fraude massive ?
    Répondre

    rahane
    10 juillet 2012 à 07:07

    quelles pertes?
    pertes de quoi?
    où a ton perdu quelque chose
    désormais depuis un moment déjà ce n’est pas la matière qui vaut mais le mouvement
    c’est le mouvement qui crée de la valeur et non les choses
    en moins ou en plus si c’est en mouvement ça a de la valeur et crée de la dynamique
    même négative la dynamique est dynamique.
    il n’y donc aucune perte
    ou très peu.

    la seule vraie perte serait une perte de dynamique
    d’où l’importance de créer des remous…

  17. Encore sceptiques sur les « complotistes » …???? :
    il en est de plus en plus crédibles et étonnants quelques mois après les forfaits mafieux déjà évoqués…
    Et ,plus pragmatique quant à des solutions de rétorsion:
    N. Roubini (Bloomberg) traduit sur Atlantico = pendre un banquier pour l’exemple !!!
    Pas moins…
    Sera-t-on acculés ,contre notre gré, à procéder ainsi .?

    Ma foi….s’il n’est pas de repentance de leur part,et pas de solution honnête par ailleurs…
    Pour Info de « ces gens là » :
    Il est de par le Monde suffisamment de Personnes très très bien informées….et dont plusieurs viennent en droite ligne des gangs en question…et vendent la mèche…
    Et au bout de celle ci : cf Lénine alias Oulianov Vladimir Ilitch

  18. Des « membres du gouvernement de haut rang » à l’origine de la manip des taux interbancaires à la baisse, c’est cocasse. Sous quel masque le fantome de Kim Philby applique-t-il, en toute opacité, les principes de l’économie dirigée au coeur de l’île d’utopie du Capital ?

  19. si l’accès libre à l’information est important, je relie plutôt démocratie à répartition équitable de la richesse générée, signe qu’elle fonctionne.

    ces procès me font l’effet d’être tenus ‘au cas où’, une sorte de sauvegarde morale de l’institution judiciaire si jamais ça tournait mal: ‘on vous l’avait pourtant bien dit’.

    gouverner c’est prévoir

    1. methode, pour Tucker et Diamond il ne s’agit pas de procès mais d’auditions dans le cadre du pouvoir législatif d’une commission d’enquête parlementaire. Ensuite, si je suis ton raisonnement, alors l’ouvrier kolkhosien du p’tit père des peuples aurait légitimement pu s’estimer bienheureux de vivre en démocratie s’il avait pris pour argent comptant la prétendue « répartition équitable de la richesse générée » claironnée par une information « secondairement » démocratique. Sans compter que même si cette répartition équitable avait jamais existé, il aurait encore fallu que notre kolkhozien fût ou bien maintenu dans l’ignorance ou bien dans une perverse complicité des effets secondaires mais massifs de sa bienheureuse démocratie réelle, non ? Alors ? C’est quoi la place de l’information, qu’elle soit médiatique, officielle ou judiciaire, dans une démocratie ? Accessoire ?

      1. vigneron,

        j’ai aussi des questions:

        c’est quoi l’intérêt d’une information dont les ‘révélations’ noyées entre deux championnats de foot ne sont jamais suivies d’effet?
        qui va s’intéresser aux auditions de tucker si ce n’est ceux qui sont directement impliqués et ont un intérêt plus ou moins direct à ce que les choses perdurent?
        elle est où la dimension qualitative de l’information?
        –> un cadeau aux consommateurs? encore faut-il pouvoir consommer: la récompense toujours aux mêmes dans le même ordre.

        puisque t’en reviens là, le bon ouvrier kholkozien t’as l’air bien sûr qu’il ne regrette pas certains aspects du communisme. je dis simplement qu’il est plus probant d’évaluer une démocratie productiviste, nôtre superbe et rutilante disney-société à péage, en observant la répartition de la richesse.
        puisqu’il faut payer pour vivre. puisque si j’ai bien compris c’est le prix qui matérialise les rapports de classe.

        les news ça suffit pas. nécessaires mais non suffisantes.

  20. Il manque à votre formation celle de juriste, Paul : en régime démocratique, le juge lit les lignes de la loi. S’il lit entre les lignes, il tombe dans l’arbitraire… 🙂

    1. ça dépend de la langue . big brother est-il gros ou grand ou ???
      grand great, large, big, wide, high, tall
      gros large, big, great, heavy, fat, coarse
      important important, significant, major, substantial, material, big
      fort strong, hard, great, loud, large, big
      ambitieux ambitious, big, conceited
      marquant outstanding, prominent, remarkable, big
      remarquable remarkable, outstanding, noteworthy, noticeable, exceptional, big
      aîné eldest, elder, senior, big
      prétentieux pretentious, snooty, ostentatious, highfalutin, showy, big

      ???

      la langue des juristes est-elle juste ?
      évidemment , c’est une question . comment savoir quand on n’est pas anglais ?

    2. Très bien vu, Jjj.
      D’où la dépénalisation du droit des affaires fait depuis environ 2003 à marche forcée histoire de sauver une catastrophe financière qui était inéluctable et déjà connue à l’époque.
      D’où, aussi, la qualification de « gauchistes » des juges en général. Empêcheurs de tourner en rond.

      Nous retrouvons le même phénomène chez les policiers et polices municipales : confondre FAIRE la Loi et la faire RESPECTER.
      De ce point de vue, il vaut mieux avoir affaire à un escadron de gendarmes qu’à un seul des précédents cités car les gendarmes, en tant que militaires DOIVENT respecter les règles de façon stricte au point que ces règles sont devenues un mode de vie.
      Tout simplement.

      Attention : je ne critique pas certains par manque de respect. Mais par manque de formation.

  21. « Pourquoi aucune décision n’est jamais prise? »: de la part des « décideurs »? Un mélange de morgue, de suffisance, de cynisme, de cupidité, d’incompétence, de trouille, de déni du réel, d’aveuglement. Maîtres du monde, mais très humains au fond. Mais je suis peut-être (sans doute?) complètement à côté de la plaque.

  22. http://www.captaineconomics.fr/theorie-economique/item/198-le-scandale-de-la-manipulation-du-libor-pour-les-nuls

    Le scandale de la manipulation du LIBOR pour les nuls

    « Cela ne vous paraît peut-être pas super important, mais un chiffre va vous persuader de l’importance du LIBOR. Sur la 1ère moitié de l’année 2011, un montant total de 554 mille milliards de dollars de transactions dépendait du taux du LIBOR ! Bref, changer le taux du LIBOR de 0,05 points peut avoir d’énormes conséquences sur l’économie.

    Vous commencez à voir la manipulation ? Il y a des traders à la Barclays ; ces traders ont des positions sur les marchés financiers ! Non toujours pas? Et bien c’est assez simple. En fonction de l’évolution du taux LIBOR (à la hausse ou à la baisse, selon la position acheteur ou vendeur de produits financiers de ces traders) les traders de la Barclays peuvent être amenés à faire de juteux gains (en cas de prévisions dans le bon sens). »

    « En plus des manipulations pour avantager ses traders, Barclays a manipulé son annonce de taux LIBOR afin de faire taire des craintes concernant sa santé financière. »

    Conclusion: « L’argent qu’on possède est l’instrument de la liberté ; celui qu’on pourchasse est celui de la servitude ». J.J Rousseau, dans Confessions.

    Parmi les dizaines d’emails et d’échanges interceptés par le FSA, le Captain’ aime spécialement celui-ci. Pour lire l’ensemble du rapport, c’est par là.

    Braclays-Fraude-Email

    Trader C : The big day has arrived. My NYC are screaming at me about unchanged 3mLIBOR. As always, any help wd be greatly appreciated. What do you think you’ll go for 3m ?

    Submitter : I am going 90 altho 91 is what i should be posting.

    Trader C : When i retire and write a book about this business your name will be written in golden letters.

    Submitter : I would prefer this to not be in any book !

  23. Mais ditedoncditedonc, regardez un peu ce qui ressort aujourd’hui dans la presse belge :
    enron-une-bulle-dopee-a-l-energie. Marrant, la concommitance 🙂 Signe des temps, certains indices en rappellent d’autres, un peu comme quand l’océan se retire anormalement loin des côtes…

  24. Et oublier les belles voitures et le fric
    La retraite et les flics
    La politique… épique
    Oublier la sécurité sociale
    Les allocations familiales
    La promotion… idéale

    Et oublier les impôts, les militaires
    Les rubans aux boutonnières
    La mode avec… ses critères
    Oublier les hypermarchés tout en masse
    Aux longues griffes rapaces
    Qui nous enlacent
    Voraces
    Oublier, la presse le sexe la télé
    Les H.L.M. mortifiées
    Et bien sûr la… publicité
    Oublier les personnages magnifiques
    Aux mille projets utopiques
    Au faux langage philanthropique
    Oublier, la la la la la la la……

    Jeanne Marie sens chantait cela en 1973…

  25. sur la transparence,la collusion elite finance,etc.. un magistral opuscule de Michel Surya ,
    L Argent tome3 de la serie sur la Domination.A lire pour tous les lecteurs du blog,pour devenir des politiques.

  26. Peut-être que lire entre les lignes ne suffit pas, il faut pouvoir le traduire en éléments juridiques. Ce qui ne doit pas être évident.

  27. « La Boétie a montré, dans le Discours sur la servitude volontaire, comment le pouvoir d’un tyran doit rencontrer de nombreux appuis parmi les cercles concentriques des individus qui y trouvent, ou croient y trouver, leur avantage. Et de même beaucoup de gens, parmi les politiques ou médiatiques qui sont flattés qu’on ne puisse les soupçonner d’être des irresponsables, connaissent beaucoup de choses par relations et par confidences. Celui qui est content d’être dans la confidence n’est guère porté à la critiquer ; ni donc à remarquer que, dans toutes les confidences, la part principale de réalité lui sera toujours cachée. Il connaît, par la bienveillante protection des tricheurs, un peu plus de cartes, mais qui peuvent être fausses ; et jamais la méthode qui dirige et explique le jeu. Il s’identifie donc tout de suite aux manipulateurs, et méprise l’ignorance qu’au fond il partage. car les bribes d’information que l’on offre à ces familiers de la tyrannie mensongère sont normalement infectées de mensonge, incontrôlables, manipulées. Elles font plaisir pourtant à ceux qui y accèdent, car ils se sentent supérieurs à tous ceux qui ne savent rien. Elles ne valent du reste que pour la comprendre effectivement. Elles constituent le privilège des spectateurs de première classe : ceux qui ont la sottise de croire qu’ils peuvent comprendre quelque chose, non en se servant de ce qu’on leur cache, mais en croyant ce qu’on leur révèle ! »

    Guy Debord. Commentaires sur la société du spectacle. 1988.

  28. Quelles sont les conséquences dans le monde réel de cette manipulation du Libor ??
    Bien difficile de trouver l’info, même ici !
    Et pourtant le savoir est capital..

     » la classe dirigeante compte essentiellement sur le fait qu’elle sera à peu près seule à pouvoir le faire et que le reste du monde – et tout particulièrement l’électeur lambda – n’y arrivera jamais lui de son côté, et ne lui réclamera du coup jamais de comptes ? »

    L’a-symétrie de l’info est une arme majeure du pouvoir.

  29. Certes les banques , y compris la banque centrale , ne sont pas de blanches colombes .
    Dans le contexte actuel où commence à s’établir le bilan des politiques menées depuis au moins trente ans , elles se présentent comme le bouc émissaire idéal ( çà un rapport avec émission ) .
    çà occulte tous le reste , en particulier les énormes fortunes accumulées par affairistes et politiques , d’un coté et les distrayeurs proffessionnels , ‘journalistes’ , ‘artistes’ et ‘sportifs’ .
    Je ne fais pas trop de souci pour la carriére de Tucker , entre les lignes je comprends qu’il les
    comprends les entre lignes , à moins que ces auditions ne le compromette . Il est peut étre excellent comédien , à boire de l’eau comme çà . L’affaire du crédit Lyonnais n’a pas porté tord à
    Trichet , il vaut nommer un dirigeant qui traine des casseroles , il est beaucoup plus maléable
    qu’un saint homme qui pourrait vite se transformer en statue du commandeur , il faut alors avoir
    recours à un accident . En période de méfiance de l’opinion c’est trés risqué .

  30. Le mark to market est une vaste pantalonnade . Une sempiternelle question théorique revient en comptabilité : faut-il compter les actifs à leur cout d’achat , où leur cours actuel .
    Au cout d’achat évidemment puisqu’il s’agit d’un acte réel , d’une dépense réelle .
    C’est également à partir de cette farce qu’on a remis en cause le schéma de la reproduction de Marx à propos de la péréquation des tx de profits . Il est clair que cette péréquation ne s’effectue pas par une réévaluation des actifs , on sait comment ( ou plutot on devrait savoir) elle s’effectue :à la Bourse pour ce qui est des sociétés par actions , et autrement pas divers traficotages , ententes , sur les marchés , sans compter les lois et impots ad’hoc de l’état qui joue un role trés actif sur tout ce qui dépasse .
    L’opération mark to market a fait long feu , elle n’a méme pas eu un commencement d’application en Europe , Bouton de la SG chargé de l’appliquer s’en est bien gardé , il aurait du déclarer la SG en faillite . Cette opération a soit été lancée par d’incroyables Candides universitaires , soit par des esprits trés malveillants , surtout désireux d’éliminer quelques clans adverses .

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