Rêver à mieux, faire assaut de belles idées et de bonnes intentions n’est que disperser inutilement nos forces, par Jean Zin

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Idéalisme et volontarisme sont des impasses. Les intellectuels ne servent pas à grand chose, leurs belles idées finissent dans les poubelles de l’histoire.

On ne choisit pas les règles de vie en société encore moins celles de l’économie, elles s’imposent à nous par la puissance matérielle qu’elles donnent et les problèmes qu’elles posent ou peuvent résoudre.

L’économie n’est pas un discours sur la valeur mais un système de production très matériel et difficile à maîtriser, il faut toujours s’y ajuster après-coup (et de façon accéléré avec les transformations du numérique).

C’est la puissance américaine qui valide son économie capitaliste jusqu’ici et ce sont les limites écologiques qui la remettent en cause mais sur des temporalités différentes.

En dehors du local qui est notre terrain d’action, la seule chose qu’on peut faire, c’est de de s’adapter au mieux aux conditions qui nous sont faites, le plus souvent dans l’urgence, sous la pression des événements, et constituer un rapport de force comme les Grecs essayent de le faire, et il n’y a pas tant à en espérer sinon de limiter les dégâts, quand on ne perd pas simplement la bataille à se frotter à plus fort que soi.

Rêver à mieux, faire assaut de belles idées et de bonnes intentions n’est que disperser inutilement nos forces.

Partager

188 réflexions au sujet de « Rêver à mieux, faire assaut de belles idées et de bonnes intentions n’est que disperser inutilement nos forces, par Jean Zin »

  1. En dehors du local qui est notre terrain d’action…

    Ou situez-vous le local ?

    La commune, la région, la nation ?

    L’entreprise, l’association de quartier, internet ?

    Et pour faire quoi ?

     

    1. Tout dépend du projet et de notre position mais, pour la plupart, le local, c’est la commune. Je défends coopératives municipales et monnaies locales qui ne peuvent se faire qu’au niveau local, mais aussi un revenu garanti qui est plutôt du niveau national.

      Sinon, je ne fais ici que résumer l’acquis de mes précédents articles :

      http://jeanzin.fr/2015/04/08/philosophie-politique-et-politique-effective/

      http://jeanzin.fr/2015/05/23/l-echec-politique-entre-religiosite-et-determinismes/

  2. 6 mois de gouvernement Tsipras auront suffi à démontrer l’inutilité du populisme de gauche et qu’hormis le verbiage, il n’en restera rien.

    1. à PHILBERT

      Comment peut-on tenir des propos aussi simplistes ?

      Vous voudriez qu’en six mois , le gouvernement GREC répare les méfaits du capitalisme financier, de l’ordo libéralisme qui conduisent le monde à la catastrophe depuis  la fin des années 70;

      Qu’en 6 mois, il emporte seul contre tous la guerre qui lui est menée par le FMI, la BCE , la commission Européenne et tous les pays Européens rangés en ordre de bataille derrière l’ALLEMAGNE !!!

      Vous semblez bien peu informé du fonds de l’affaire.
      Reprenez la lecture du blog depuis son existence et des ouvrages de PJ  cela vous fera le plus grand bien.

      1. Je lis le blog depuis des années, et c’est toujours la même rengaine depuis le début dont vous reprenez l’argumentation exactement : tout le monde en voudrait à la Grèce et se serait passé le mot pour l’acculer à l’échec. Supposons que vous ayez raison, reste alors à trouver le mobile. Enrichir les banquiers ? Pas sûr puisqu’ils ont essuyé des pertes notamment CA. Et même si c’était le cas, forçons la réflexion, pourquoi la Grèce et non pas un pays 10 fois plus vulnérable comme la Lettonie.
        Les Lettons membres de l’Euro s’aligneraient sur l’Allemagne et feraient donc eux-mêmes partie de l’équipe visant à achever la Grèce, c’est du délire et rien d’autre.

        « Vous voudriez qu’en six mois , le gouvernement GREC répare les méfaits du capitalisme financier »
        Non, simplement qu’il assume ses responsabilités. Ils ne peuvent pas payer ? Et bien qu’ils ne payent pas. Ils ne veulent pas utiliser des caisses enregistreuses pour maximiser leurs revenus non déclarés ? Et bien qu’ils n’en utilisent pas. Mais aussi en contre-partie, qu’ils cessent d’invoquer la « solidarité » européenne quand il ne s’agit pas de solidarité mais d’assistanat à un pays mal géré du début à la fin et qui de plus a sciemment truqué son bilan comptable pour rejoindre un club qui manifestement n’était pas à sa portée.
        Et je vous entends dire déjà que le non-remboursement impacterait les banques françaises ou je ne sais quoi d’autre. Même verdict : qu’elles assument et encaissent leurs pertes sans invoquer la « solidarité » de l’Etat. De toutes façons, il faudra bien passer par un nettoyage du bilan alors autant le faire en bonne forme et le plus tôt serait le mieux.

      1. « Plus que d’intellectuels, nous avons besoin de stratèges. »

        Le stratège n’est-il pas à la base de la compétition néo libérale avec « ses capitaines d’industrie » ? La question est de savoir où nous mènent les stratèges. Ils ont pour fonction de gagner la bataille mais de quelle bataille parlons nous ?

        Quand à l’intellectuel, qui semble-t-il est une figure bien française, s’il pense le monde depuis son ordinateur, tout comme le programmateur d’algorithmes financiers, il court le risque lui aussi d’être déconnecté de la réalité de la majorité des citoyens.

        Opposer intellectuels et stratèges est-il pertinent ? N’est-ce pas également nier la possibilité aux individus d’être à la fois capable de penser le monde et de déterminer leur(s) propre(s) stratégie(s).

        N’y a-t-il pas derrière cette opposition l’attente, plus ou moins consciente, de l’avènement soit d’un sauveur, soit d’une nouvelle élite éclairant le monde sous un jour nouveau  ?

        Si la nouveauté ne peut venir d’en haut, ce qui est rarement le cas, alors c’est de la base que doit naître une nouvelle forme de société. La question pertinente est en effet à quelle échelle définir le local, cette base novatrice ?

  3. « Constituer un rapport de force comme les Grecs essaient de le faire ».

    Les idées peuvent se transformer en force matérielle. Mais il faut y travailler. Se défendre contre le dictat du capital et des rentiers, c’est l’idée qui peut devenir force matérielle en Grèce comme dans le reste de l’Europe.

    Comment créer ce rapport de force ?

    En faisant nôtre la résistance du peuple grec, qui menace d’annuler l’essentiel de la dette, et devra, Grexit ou pas, exproprier les banquiers et controler les mouvement de capitaux.
    Je conseille de suivre heure par heure, jusqu’au dénouement, sur ce site:
    link to anti-k.org

  4. Surtout ne rien faire. Accepter son environnement social et s’y adapter au mieux.
    D’ailleurs, agir est dangereux.

    A se demander comment notre monde a pu évoluer, de l’homme des cavernes à maintenant ?  Pas de volonté collective pour agir, pour modifier l’organisation de la société, ou plus terre à terre,  supprimer l’esclavage ou améliorer les conditions déterminées par le genre ?

    Femmes, abandonnez tout espoir, pour vous et vos enfants!   Prolétariat, inutile de vous syndiquer et lutter pour de meilleurs conditions de travail!

    Le Grand Penseur Conservateur vous le dit:  C’est à vous tous d’accepter et vous adapter aux conditions qui vous sont faites.
    La révolte, la révolution, les réformes, l’action collective  vous condamnent aux poubelle  de l’histoire. Mieux: se lever est dangereux.
    N’oubliez pas de dire merci.
     

  5. + 1 !

    Et c’est pathétique de voir, dans le milieu « alternatif » la tendance chronique à se fédérer, à organiser un gros truc, à peser, à faire « le buzz »…autant de signes de la mort de l’alternative en tant que telle.

    Et José Bové qui rêvait d’une union planétaire contre…la mondialisation.

  6. Ouf ! Le retour de « la raison ».

    Moi qui utilise internet chez autrui, lis les journaux là où ils sont gratuits, et même si je passe aussi pour un intello, j’en ai un peu marre des écriveurs, comme disait Pierre Desproges, qui « luttent » derrière un clavier et pour la liberté de leur Nespresso…

    Qui est capable de pensée doit avant tout se taire et écouter, écouter et écouter encore, puis trouver les moyens de dire à qui fait de la soupe qu’il s’agit aussi de prévention, de botanique, à qui jette un ballon dans un panier que c’est de la Physique, de l’étude du mouvement, aux dealers qu’ils pratiquent l’économie, et accompagner cela de reconnaissance mutuelle.

    Une fois encore, nous sommes précaires par « nature » et celle-ci est indépassable. Le sens de nos mots l’est, nos moyens le sont, comme nos idéologies et religions. C’est cela la vie, la précarité et le bonheur de sa créativité, la joie de ces « hasards ». La question n’est pas de trouver des solutions mais de vivre bien et bien vivre comme le dit le Peuple Mapouche (par exemple). Il n’est pas question de nous unir mais de ressentir combien nous le sommes préalablement à tout discours et autre blabla, les miens compris.

    Prenons soin de nous.

    1. « Ah, si je connaissais un homme qui oublie le langage, pour avoir à qui parler ! »
      (chapitre XXVI, Billeter, dans Leçon sur TT, page 61)

       

  7. Je comprends bien l’expression « hurler avec les loups (pour éviter de se faire mordre) », reste à savoir pourquoi ils hurlent, en général ils ne le savent pas eux-mêmes. Ils pourraient aussi bien ne pas hurler, si la loi était « celui qui hurle sera mordu ». Et botter les fesses du maitre ce chorale.

    La meilleure façon de ne pas être déçu c’est de renoncer à tout, matériellement et affectivement. Ne rien penser, ne rien vouloir, ne rien faire, être mort. Devenir un caillou au bord de la route. La philosophie orientale en parle. Mais cette attitude n’est pas dans la nature humaine, s’y forcer est contre-nature.

    Dans la vie normale on peut avoir des idées, bonnes ou mauvaises, faut en discuter et tenter de les mettre en oeuvre pour le savoir. Les règles de l’économie font partie des constructions humaines qui peuvent être modifiées, d’ailleurs on dit qu’en d’autres temps et autres lieux elles étaient ou mêmes sont différentes.

    L’élection de Syriza, souverainiste de gauche, en Grèce montre qu’un changement des conditions imposées est possible, ouvrant une porte vers d’autres directions, chacune induites par des conceptions différentes de ce qui est souhaitable. C’est toujours mieux, avant d’en choisir une qui engage pour longtemps, d’en avoir parlé avant, à moins de faire le choix de laisser un tyran (au sens grec) décider pour tous.

    1. Je pense que seules des conditions opportunes peuvent transformer les idées en réalités durables, c’est une façon de voir qui est ou a été usuelle en Chine et au Japon, mais il faut que les idées existent et soient suffisamment répandues pour que les conditions opportunes leur permettant de s’appliquer au niveau pratique puissent exister. Quant on me dit : il n’y a pas d’alternative au capitalisme, ce n’est pas dans l’urgence d’une situation insurrectionnelle, ou catastrophique qu’on va trouver une telle alternative. Mieux vaut qu’une réponse ait été trouvée au préalable, et qu’elle ait acquis une certaine audience avant que le contexte extérieur ne la propulse sous les projecteurs. Merci à Paul pour toute son activité dans ce sens.

    2. Ne rien faire ?  devenir un caillou au bord de la route ? : si vous faites référence, entre autres, aux enseignements du Bouddha, ce n’est pas ce à quoi il invite, bien au contraire , vous devrez en passer par un entrainement mental sans relâche pour parvenir à la cessation de « dukkha » (l’insatisfaction, l’incomplétude, l’imperfection, l’insécurité, implicites dans tous les phénomènes qui, en raison de leur changement perpétuel, sont toujours potentiellement sujets à provoquer la souffrance.)
      Il faudra vous exercer à :
      la compréhension correcte, la pensée correcte, la parole correcte, l’action correcte, les moyens d’existence corrects, l’effort correct, l’attention correcte, l’unification mentale.
      « À l’instar de tous les principes de base de l’Enseignement bouddhique, l’appréhension intellectuelle pure ne peut l’épuiser, dukkha se situe toujours au-delà, dans une expérimentation de tous les instants. »
      http://vivekarama.fr/les-enseignements-du-bouddha/les-enseignements-2/noblesverites

      « L’édifice entier de l’Enseignement du Bouddha repose sur une constatation très simple : l’inadéquation entre la réalité du monde et notre volonté de le modeler selon nos impulsions égocentriques, le conflit quasi permanent entre les événements et notre désir illusoire que le monde s’ordonne autour de nous.
      En résumé, et de façon purement didactique, on peut présenter les nobles Vérités ainsi :
      1.      le déséquilibre (dukkha), potentiellement générateur d’insatisfaction ou de souffrance, est omniprésent, l’harmonie est perpétuellement remise en question,
      2.      l’origine (samudaya) de l’insatisfaction est l’attachement au désir égocentrique, l’esclavage des désirs, la « soif » insatiable d’être et de posséder (taṇhā),
      3.      la libération (nirodha) de l’esclavage du désir est possible, elle conduit au nibbāna,
      4.      le chemin (magga) menant à cette cessation est le « noble Sentier aux huit branches » reposant sur les trois fondations : Connaissance transcendante, Conduite éthique, Culture mentale. » …
      Contre les idées reçues sur « les bouddhismes » :
      http://www.bouddhismes.net/

  8. Les intellectuels ne servent pas à grand chose, leurs belles idées finissent dans les poubelles de l’histoire.

    Jean Zin est un intellectuel.
    Donc, selon son propre point de vue, ses belles idées finiront dans les poubelles de l’histoire.
    Dès lors, pourquoi continue-t-il à en formuler ?

    1. Ce qu’insinue Jean Zin, semble-t-il, c’est qu’un intellectuel doit être aussi un stratège. La polyvalence est souhaitée voire, indispensable.

  9. Une remarque rapide : La démocratie directe, dont je suis un fervent partisan(*) ne peut à ma connaissance n’être mise en œuvre qu’à échelle locale, sauf à considérer des systèmes hautement informatisés au fonctionnement de fait plus opaque et moins simple à contrôler.

    (*) : Dans la mesure ou c’est la seule forme d’exercice du pouvoir à garantir que chaque opinion est prise en compte du moment qu’elle a été exprimée par un vote. Elle rend par ailleurs l’exercice de la corruption ruineux.

      1. Je ne crois pas avoir fait ça, mais si c’est le cas ce n’était pas mon intention. L’idée que je soutiens peut s’exprimer différemment :

         

        Étant entendu que les représentants élus d’un régime représentatif sont par nature incapables de représenter autre chose qu’eux même, il faut un régime dans lequel chacun puisse exprimer sa propre opinion et que celle ci soit prise en compte dans la délibération politique. Or, la démocratie directe est seule capable de produire un tel effet de synthèse, mais elle suppose pour fonctionner que les citoyens s’y impliquent fortement (c’est à dire probablement beaucoup plus que ce qu’on peut constater actuellement).

  10. Je ne crois pas effectivement avoir servi à grand chose dans ma vie de militant.

    Ce n’est certainement pas une raison pour ne rien faire, la vie consiste à réagir (lutter contre l’entropie), mais pour se donner des buts qu’on peut atteindre (ce qui dépend de nous).

    Bien sûr, une idée qui est mûre s’impose d’elle-même (par les conditions de production), le militantisme peut accélérer les choses mais l’abolition de l’esclavage n’a pas été l’oeuvre des esclaves mais la conséquence de la supériorité du salariat et de l’industrie du Nord sur le Sud esclavagiste, de même le féminisme a surtout été permis par les évolutions du travail, la machine à laver et la pilule. Enfin, les conquêtes sociales se sont généralisées parce qu’elles étaient profitables à l’économie (fordisme ou société de consommation), comme Marx le montre dans Salaire, prix, profit. La présence ou l’absence de luttes n’a fait qu’accélérer ou retarder ces progrès, ce qui n’est pas rien. Il faut se battre quand on est dans le sens de l’histoire, sinon, cela ne sert à rien.

      1. Pour l’instant ce sens de l’histoire c’est qu’à la fin du siècle en aura plus de 4 degrés dans la gueule et à priori il est optimiste d’y voir l’espèce humaine.

        Et entre temps les tensions autour des ressources, d’ici une trentaine d’année feront que l’adaptation des uns sera de torpiller l’avantage des autres (en quelques missiles tirer du sol il y a plus de GPS par exemple) , par conséquent l’euro, l’automatisation du travail, la dette ne sont que des problèmes conjoncturels

      2. Assange et Snowden… libertariens. Faut le dire vite, hein! Il militent d’abord et surtout pour davantage de contrôle des peuples sur leurs élites politiques, économiques et militaires corrompues par l’argent (ce qui « passe » aussi nécessairement à un moment donné par moins d’un certain type d’Etat… puisqu’ils sont cohérents).

        Il existe toutes sortes de catégories de libertariens, et on peut avoir sur certains points des positions identiques à celles qu’ils défendent sans pour autant être libertarien soi-même (parfois il suffit juste d’être un peu hippie… ce qui est bien souvent le cas dans la culture geek US). Je me trompe peut-être mais je perçois comme une tentative de manipulation/désorientation du « cerveau collectif », façon « contre-pied », et j’avoue que ce méchant coup de patte m’a fait franchement marrer 🙂

        Je sais pas pourquoi mais je suis sur qu’il ne faudrait pas vous pousser beaucoup beaucoup pour que vous tentiez de nous expliquer que « finalement, toute chose égale par ailleurs, en y réfléchissant bien sans ornière ideologique, sous un certain angle, le TTIP n’est pas nécessairement une aussi mauvaise chose qu’on pourrait un peut vite être amené à le penser… ». Je me trompe? Je sais pas pourquoi… je suis sur que non.

        Vous m’avez gentiment repris sur les 400 pourcents de dette publique fr/allemande. Je persiste et je signe, toutefois. Quand on nationalisera les pertes du système bancaire, sans parler ni de ce qui n’est pas comptabilisé dans les dettes nationales (mais qui devrait l’être, tant en allemagne qu’en france) ni de la décote des actifs des Etats qui accompagnera ce joli feu d’artifice, on sera à 400 pourcents. Easy! Rappelez moi le niveau d’exposition de la Deutsche Bank rapporté au montant de la dette officielle allemande qu’on rigole un peu…

      3. @ Bof

        Assange et Snowden… libertariens. Faut le dire vite, hein!

        On peut le dire plus lentement pour ceux qui sont durs de la comprenette, y a pas de souci !

        http://abcnews.go.com/blogs/politics/2013/08/julian-assange-backs-ron-and-rand-paul/

        http://www.bloomberg.com/politics/articles/2015-02-14/edward-snowden-and-ron-paul-kick-off-libertarian-student-conference-with-a-little-kerfuffle-about-russia

        C’est seulement dans les films hollywoodiens que les héros sont parfaits 😉

    1. Je ne crois pas effectivement avoir servi à grand chose dans ma vie de militant.

      Cette humilité vous honore. Je ressens un  peu la même chose, d’ailleurs, pour ma part de militantisme qui, depuis 68 et même avant, est sans doute bien moindre que la vôtre.

      Mais il me semble qu’il y a un aspect important que votre analyse un peu désillusionnée et dépressive néglige : ce sont les effets de seuil (« tipping points »). On sait le rôle majeur qu’ils peuvent avoir sur les écosystèmes, leur rôle est tout aussi important dans les processus historiques, économiques et sociaux ou sociétaux. Un petit changement de plus ou de moins peut déboucher sur une grosse différence.

      La machine à laver et la contraception ont joué un rôle dans l’émancipation de la femme, mais celle-ci aurait-elle eu de toutes façons lieu sans les suffragettes et les féministes ? Pas si sûr (ou alors peut-être beaucoup plus tard).

      C’est, je pense, au niveau de ces petits changements en plus ou en moins pouvant déclencher des effets de seuil que le rôle des intellectuels (et de bien d’autres qui ne le sont pas) peut avoir un sens.

      Dernière remarque sur les « poubelles de l’histoire » : on ne peut jamais savoir d’avance avec certitude celles qui s’y retrouveront et celles qui ne s’y retrouveront pas. Donc ça vaut la peine d’essayer.

  11. Bonjour vous exprimez:« C’est la puissance américaine qui valide son économie capitaliste jusqu’ici et ce sont les limites écologiques qui la remettent en cause mais sur des temporalités différentes. »

    La puissance américaine ne valide pas son économie, elle l’entretient comme tous les pays mondiaux car sans économie un pays ne peut plus fonctionner et le peuple ne peut plus subsister.

    Et toutes les économies de chaque pays fonctionnent avec un capital minimum.

    C’est plutôt une forte concentration de richesse à un endroit restreint précis qui peut créer une limite.
     
    Et pour illustrer avec un exemple, La Chine est le plus gros pollueur au monde, des forêts ont été remplacé par du bitume et ce gros consommateur ne tient compte d’aucune limite écologique.

    Aujourd’hui, la puissance américaine cherche à poser ses propres limites écologiques avec une prise de conscience certes tardive mais au moins qui a le mérite d’éclore.

  12. Pardonnez moi, mais voilà un morceau de total bullshit. Autant s’égorger de croire à ces niaiseries enfantine qui voudraient que nous ne soyons pas capable de nous auto organiser en unités réduites à pouvoirs égaux mais finalités variés afin de faire perdurer la survie plutôt que la connerie.

    Il ne faut pas confondre lentes évolutions à venir et désespoir de l’immédiat. Nous devrions plutôt craindre le temps qui s’écoule irrémédiablement. Il faut espérer que toute la niaiserie ambiante prenne fin, d’une manière ou d’une autre, avant que l’irrévocable ne se produise. Il nous faut être réaliste, et il nous faut croire en des forces collectives impalpables mais engagées.

    Plutôt que se défaitisme de situation, tentons l’action. Des choses simples, mais qui lorsqu’elles sont organisées en masse sont capable de faire front devant cet insolent pourcentage.

    Bref, je préfère encore cette lecture du temps qui passe  http://www.bastamag.net/L-effondrement-qui-vient

  13. Exemple de belles idees: quelques jours après que Papandreou annonça vouloir tenir un référendum pour consulter les Grecs concernant les mesures d’austérité voulue par l’Europe, en 2011,il a été remplacé par un ancien de Goldman Sachs. Un coup d’état des banquiers. Peu après c’était Berlusconi qui était remplacé, lui aussi par un ex de GS.

  14. Monsieur Zin,

    Votre local va être atomisé un peu plus par Hayek, un intellectuel. Son idéalisme et volontarisme triompheraient au dernières nouvelles, sa victoire finale étant ce TINA de capitulation d’un adversaire naturel, j’extrapole (?), sur le blog de Paul Jorion.

    Observez, autour de nous, le merdier généré par cette clique d’intellectuels, qui ne servent pas à grand chose, réunis pour la première fois en petit comité en 1947 alors que leurs idées étaient ultra-minoritaires: https://www.montpelerin.org/montpelerin/mpsAbout.html

    C’était la contre-démonstration par l’absurde de la journée.

    Et une petite louche de Roddier, pour la route -qui sera longue, très, très longue- et pour recadrer les enjeux que vous abordez en partie mais qui ne s’affronteront pas à l’échelle du clocher, du temple ou du minaret: http://www.francois-roddier.fr/?p=252. En quelque sorte un localisme universaliste mais surtout activiste car il ne va pas nous tomber tout fait, tout chaud dans l’assiette.

  15. Heureux de vous lire ici, Jean Zin. Je suis d’accord avec vous, les grandes – belles ou pas – idées terminent généralement à la poubelle détruites dans la confrontation avec le mode de déploiement chaotique de la réalité, mais pas toutes. À mon avis, subsistent celles qui offrent aux individus la possibilité de sentir une emprise sur la réalité qui les entoure, une explication plus ou moins ordonnée des réactions à leurs actions sur le monde. Le degré de vérité de ces constructions intellectuelles importe peu, il suffit qu’elles proportionnent une certaine cohérence pour qu’elles imprègnent les comportements et se transforment en réalité. Ainsi, l’idée de la lutte de chacun contre tous comme principal mode de relation entre les êtres humains, s’est imposée au cours des siècles et s’avère immune aux grandes idées de partage et de fraternité lancées en mode néo-religieux par un aréopage de penseurs populistes – populisme qui ne serait plus un gros mot puisqu’il y a peuple dedans.

    Il y a donc toujours une fenêtre d’action pour des intellectuels sincères et elle est, à mon avis, dans la remise en cause du darwinisme social en tant que détournement de la théorie de l’évolution et sa diffusion en termes simples et concrets au sein de la population. Peut-être façon Koprotkine dans L’Entr’aide mais sans le corpus théorique volontariste – le communisme libertaire – qui va avec. Il y a un énorme sac de nouvelles billes scientifiques pour étayer un discours de ce genre et défaire, dans les esprits, toutes ces caricatures d’un Rahan soumis à grands coups de massue ou d’une humanité pensée comme un bande de rats.

  16.  
    Quelles autres plus nobles causes et idéaux comme bonnes intentions fédératrices localement au début du mouvement, à vouloir se libérer des jougs de tyrannies royalistes, etc, concentrant tous les pouvoirs jusqu’à en abuser obscènement, et à lutter contre les plus misérables infamies ayant pesé sur le « petit peuple », affamé, humilié, méprisé, en France, nos ancêtres auraient-ils pu inventé, du moins cultiver, en lançant la REVOLUTION, et la constitution d’une démocratie, d’institutions publiques, etc… qui suivirent… ?
     

     
    Alors c’est vrai que la perfection du but initiale fut pervertie par les rentiers-ères, la bourgeoisie, les marchands autant que les banquiers qui succédèrent aux dynasties royalistes. C’est vrai que le « petit peuple », majoritaire, fut encore trahi par cette classe bourgeoise, la même qui des plus belles idées qu’elle déclamait, et des prétendues meilleurs intentions qu’elle promettait, en appela à son soulèvement, à mourir sur les barricades. Et cette même classe « cultivé » écrivit l’Histoire comme la constitution à sa seule guise, au bon vouloir de ses intérêts particuliers, comme à son plus grand avantage…
     

     
    Des le départ sa représentativité au « petit peuple » a été voulu que « manuelle », mais surtout silencieuse, peu instruite comme peu à même de comprendre ce qu’il se tramer contre lui… Mais ce n’est pas une force « naturelle » qui fut et est à l’origine de sa défaite d’hier comme celle « démocratique » d’aujourd’hui… quand bien plus facile ils, les loups dans le flou, lui laissaient croire hier, comme maintenant, que les inégalités qu’il subit sont seulement ses destinés… Seuls ceux et celles n’ayant pas plus envi de lutter contre, que de perdre ce qu’ils auraient à partager équitablement, fraternellement, égalitaire-ment, solidairement, ont intérêt à lui prétendre que ses mauvais sorts, sont des fatalités naturelles… auxquelles aucunes solutions politiques, démocratiques peut y remédier.
     

     
    S’il est question de fédérer les forces locales pour envisager de constituer un mouvement de fond plus ample, en vu de… évitons il est vrai de se disperser… Mais s’il est juste question d’envisager la défaite et de se contenter d’action locale sans autre espérance que sans moyen… n’ayant aucun autre but, idéal, louable intention que de penser qu’à la pomme d’un cercle restreint, et advienne que pourra aux autres dans le monde, aux misères qui se profilent… se sera sans moi… Je préfère 7 milliards de fois paraître et être dans la lutte, seul, contre l’économie mortifère ses valets et autres prêtres féroces, ces lois loin d’être naturelle, et envisager de perdre ce combat qu’à la seule condition d’avoir tout essayé, d’être allé au delà des limites, plutôt de commencer à admettre une défaite que je sais injuste, quand dans ce combat déloyale, seul être humain me différencie de la prétendue loi « naturelle ». Un repli sur soi local n’est-il pas su même acabit qu’un « nationalisme »… ?
     

      1. Plus ou moins…Disons que ‘I have a dream‘ ça a quand même plus de gueule que ‘I have an idea‘…! 🙂

  17. Le bêtisier du jour :

    – « Une idée devient une force lorsqu’elle s’empare des masses »
    Les idées font leur chemin via les groupes dominants, exactement comme les idées des Lumières étaient soutenues par la bourgeoisie qui était devenue la classe dominante au cours du XVIIIe siècle. Via le mécanisme de la domination symbolique, les classes dominées adoptent le point de vue des classes dominantes.

     » Rien n’arrête une idée dont le temps est venu.  » : à cette égard, cette phrase est une tautologie car cela signifie que les classes dominantes ont adopté une idée, que les autres l’ont adoptée à leur tour, effectivement, lorsque ces conditions sont remplies, rien n’arrête plus cette idée…

    « Une bonne idée n’a pas besoin de stratégie pour se faire adopter, elle s’impose d’elle-même » : il n’y a rien de plus faux !

    Tant que la population sera pétrie de ces illusions, les choses resteront en l’état. La stratégie consiste à faire le point et à tirer parti de la réalité. Les groupes qui capitalisent plus de la moitié des richesses mondiales sont des champions de la stratégie. Pendant ce temps-là, les autres ne font que geindre. Effectivement les minorités agissantes ont plus que jamais besoin de vrais stratèges.

     

    1.  » La stratégie consiste à faire le point et à tirer parti de la réalité. »

      Ok

      Et l’idée pourrait-elle être en lien avec la vérité ?

  18. Jean Zin,

    Vous raisonnez ici comme si les stratèges n’avaient jamais ouvert un livre, jamais entamé une discussion avec des amis, des camarades, des contradicteurs. Comme si leur action résultait seulement d’une lecture évidente du monde tel qu’il est auquel ils essaieraient seulement de s’adapter. Et d’ailleurs je ne peux même pas imaginer que c’est ainsi que vous-même fonctionnez. Sinon, effectivement, à quoi bon même écrire ce que vous écrivez ?

    Les rapports ne sont pas que des rapports de forces. Ils s’inscrivent dans des systèmes de représentations, ils sont associés à des valeurs d’affect. Et la condition pour agir dessus c’est que l’on puisse substituer un certain type de représentation à une autre. Avec les ressources du langage pousser l’avantage d’une valeur d’affect associé à une représentation tenue jusqu’ici à l’écart de l’idéologie.  Sans quoi la victoire du faible au fort est impossible. Sans quoi les structures sociales dans lesquelles nous sommes immergées ne peuvent se transformer. Sans quoi il ne s’agit pas d’action déterminante. Je veux dire une action  qui aussi bien modifie un rapport de force, et l’état antérieur du système des représentations avec leurs valeurs d’affect associées.

    Bien sûr, c’est sous la pression des évènements, quand les contradictions d’un système sont poussées à leur paroxysme que l’action a quelque chance d’aboutir. Mais, en amont, il y a eu au préalable tout un travail.

    Les stratèges Tsipras et Varoufakis sont des hommes d’action, mais aussi des intellectuels. S’ils parviennent à faire bouger les lignes ce n’est pas simplement parce qu’ils ont une vision juste des forces en présence, mais surtout parce qu’ils savent articuler les systèmes de représentations, et trouver les points de bascule.  L’économie ne peut donc être simplement une production matérielle. Cela c’est ce que voudraient nous faire croire les tenants de l’ordre établi, de l’ordre immuable et naturel du monde.

    L’après-coup c’est en d’autres termes l’inconscient qui nous gouverne. Mais cet inconscient lui-même n’a rien d’immuable. L’inconscient est porteur de significations  qui se modifient notamment à travers l’action du langage, ce langage dont nous gardons des traces dans nos mémoires. Autant dire que nos mémoires n’enregistrent pas passivement les événements au cours du temps, celles-ci se réorganisent et en retour nous font appréhender de manière nouvelles ces évènements.

  19.  
    On ne peut pas séparer local et global ; et c’est bien la relation entre les deux qui est la signature d’où nous en sommes.
     
    Les clochers et les nationalismes qui se replient ou la mondialisation économique qui délocalise sont les deux faces d’une même médaille : un univers systémique purement économique  sans projet humain. Peur , compétition , accumulation etc
     
    Le fait de la mondialisation a besoin d’un projet ; tout comme la France , l’Europe ont besoin d’un projet. Sans cela , comme le dit Jean Zin , toutes les constructions intellectuelles , toutes les propositions de solutions , programmes , mesures politiques , tous les partis ou hommes providentiels sont perte de temps et distraction de la vraie question qui consiste  à donner sens à la mondialisation par le local .
     
    Le sens est donné à partir du moment où c’est le local qui devient le point de référence du mondial ; parce que c’est au local qu’il y a l’humain et la possibilité démocratique ; et c’est en se structurant au local que les questions écologiques (s’il en est encore temps ) se résolvent.
     
    La mondialisation est en effet un TINA , pas besoin de vouloir arrêter l’eau qui coule ; et tous ceux qui expliquent comment il faut faire pour l’arrêter , rendent le pire des services à l’humanité . Le pire des services parce qu’ils nous détournent de ce fait inexorable dont les  effets sont inexorables et ne peuvent qu’entraîner l’extinction de l’espèce. 
     
    Le catastrophisme est un devoir parce que c’est le seul point d’appui réaliste qui puisse nous faire opérer le retournement mondial local. Un monde qui s’organise autour du local.
     

    1. Il y a l’action au niveau d’espaces localisés, certes, et c’est plus concret que les principes généraux  qu’on prétendrait  répandre en tous lieux  fusse en les adaptant aux  contingences locales. Mais il faut prendre acte de ce que  l’enchainement des événements se manifeste en des lieux et des instants localisés. par exemple la crise des institutions européennes se manifeste  en Grèce, et le phénomène nous concernent tous, européens.

  20. Qu’est ce que l’Histoire selon Jean Zin ?selon Schizosophie ?selon les chauffeurs de taxi ?

    Rien de nouveau depuis l’opposition entre Corneille et Racine , ou encore entre matérialisme et idéalisme .

    La vérité , s’il y en a une doit être au delà des intellectuels et des stratèges.

    Mais le fil de l’eau ou la ligne de plus grande pente ne sont pas contradictoires avec le hasard et les bifurcations . C’est en tous cas ce que disent les lois de la physique sinon de la thermodynamique .

  21. Autant dire que nos mémoires n’enregistrent pas passivement les événements au cours du temps, celles-ci se réorganisent et en retour nous font appréhender de manière nouvelles ces évènements.

    techniquement sans doute, même si c’est droit dans le mur.

  22. Monsieur, c’est gentil mais on empêche pas les rêves, c’est évident.

    Les rêves envoûtent et se partagent, les initiatives intéressantes donnent le la… De même, les intentions sont à clarifier et non à ignorer.

    Le volontarisme une impasse ? Ma foi, le courage se meurt et on l’enterre.

    Agir localement ça commence à être sérieux, mais je suis d’avis que tout ce qui participe au même vent est à accueillir avec bienveillance.

    On va pas se punir et se blâmer sous prétexte de forces dispersées hé,  d’ailleurs comme dispersion on a vu pire…

     

  23. Salut Jean (je suis un ex-Figeacois,ayant fréquenté « Soft Vert » en tant que geek surtout)

    tu dis « ..On ne choisit pas les règles de vie en société.. »

    les hommes se choisissent des règles sociétales dans la mesure des rapports de forces politiques du moment ( et l’économie qu’elles induisent)

    Par contre , ils ne choisissent pas les règles de la condition humaine , la vie , la mort , la douleur , le bonheur ……etc…

    Je reprend ma métaphore du kayakiste , qui descend le torrent porté par le flux aqueux , qui lui se faufile entre les rochers.

    l’eau passe toujours autour des obstacles solides , l’homme doit développer une adresse particulière pour ce faire.

    Actuellement nous traversons tous ensemble un « rapide » extrêmement dangereux , ce qui nous laisse ce sentiment d’impuissance.

    Personne ne détient le vrai , la stratégie est vraisemblablement pour des temps indéterminés d’éviter les obstacles en anticipant à court terme les manœuvres à opérer pour éviter de se fracasser sur un rocher.

    Il va nous falloir faire confiance à notre inconscient pour guider nos pas.
    Ce n’est pas confortable , j’en conviens…

    Mais chacun doit pouvoir continuer à penser (à de bonnes idées) et à agir (selon de bonnes intentions)

    cordialement

     

    1. « Il va nous falloir faire confiance à notre inconscient pour guider nos pas.
      Ce n’est pas confortable , j’en conviens… »

      L’inconscient est le meilleur allié de notre conscient, c’est lui qui s’occupe du fonctionnement de notre corps , ils oeuvrent de concert et c’est la rupture de l’harmonie et du dialogue entre eux qui crée le déséquilIbre. C’est au contraire faire preuve d’une certaine sagesse que d’écouter les messages envoyés de l’inconscient à notre conscient , par le langage du corps, entre autres,  et ça s’appelle être incarné .

       

  24. L’après-coup, c’est l’épreuve du réel, le résultat.

    Je ne crois plus, non, que tout commence par des rêves mais par la pression extérieure. Une philosophie de l’information implique que la causalité vient du dehors. Je ne crois pas à une essence humaine mais à une humanité façonnée par ses outils. Le stratège, c’est celui qui tient compte des rapports de force et des ouvertures sans s’imaginer qu’il pliera le réel à sa volonté (cf. Sun Tsu).

    La plupart des intellectuels ne sont que des moralistes. La connaissance est utile plus que les valeurs. Les idées que je défends (revenu garanti, coopérative municipale, monnaies locales) ne sont pas mes idées. Elles viennent en grande partie de « Misères du présent, richesse du possible » de Gorz mais ce n’était pas ses idées, seulement la reprise de ce qui existait déjà et se cherchait (il était d’ailleurs très opposé au revenu garanti avant). Quant à la coopérative municipale, c’est repris de Murray Bookchin qui l’a tirée de l’étude de l’échec des coopératives. Si ces idées s’imposent, c’est à cause des transformations du travail à l’ère du numérique qui génèrent sinon trop de souffrances et n’assurent pas la reproduction sociale. En rester aux libertariens n’est pas viable mais refuser les évolutions de la production est impossible.

    Ce ne sont pas les idées d’Hayek et de sa petite secte qui ont gagné. C’est l’échec du keynésianisme au moment de la stagflation qui a promu son adversaire (et cela correspond au moment déflationniste du cycle de Kondratieff). Vraiment, je crois qu’on surestime les idées par rapport à la réalité matérielle. Ce n’est pas que les idées n’aient aucun rôle mais plutôt perturbateur, dogmatique si ce n’est criminel.

    Libre à tous les croyants de prétendre le contraire, mais je constate que cela n’a mené à rien. Ce n’est pas défaitisme, mais ramener la question sur notre terrain, celui du local, de la réalité d’ici-bas et non le ciel des idées.

    1. Avez-vous lu « Principes des systèmes intelligents »  de P. Jorion ?

      Ce à quoi je faisais référence dans mon commentaire précédent, il ne s’agissait donc pas d’idées éthérées … Mais d’idées de chair et de sang.

      1. j’aurais dû préciser, l’ouvrage de Paul que je citais, et je l’ai déjà mentionné sur le blog, traite, bien sûr, d’intelligence artificielle, mais c’est bien plus que cela, c’est une approche de l’intelligence artificielle fondée sur une anthropologie du langage et c’est précisément cette approche du langage qui m’a intéressé.  Inconscient, raison, affect, mémoire voilà de quoi il est question dans ce livre, et cela nous concerne nous les humains, avant tout.

    2. « La connaissance est utile plus que les valeurs. »

      Oui bien sûr puisque la connaissance influe sur les valeurs – au sens large, ce qui compose la vision du monde de chacun – qui influent, dès l’enfance, sur le comportement de celui qui les porte. Ce n’est pas nous qui allons changer le monde mais nos enfants si nous leur en donnons les moyens et parmi ces moyens, les idées me semblent importantes. Par exemple, s’il est peu probable que nous voyions s’instaurer un revenu garanti de notre vivant, l’idée est là. Elle sera transmise. Seule une théorie, donc des idées, peut réussir à rendre numériquement cohérent un système économique basé sur ce revenu. Et il faudrait aussi gagner le combat idéologique contre les morales qui le considèrent illégitime.

  25. La capacité d’imaginer, de se créer des idéaux – abstraits et irréalistes presque par définition – est une caractéristique émergente du fonctionnement de notre système nerveux.

    Le refuser, ce serait – analogie approximative mais assez justifiée – comme refuser de vouloir voir ou sentir.

    L’important est d’être conscient de ce que, tout comme notre vue est partielle et parfois partiale, l’imaginaire influence nos actions – ou inactions, parfois.

    Les idéaux ne sont pas en soi de mauvaises choses. Il faut juste en reconnaître les limites: ce sont des constructions mentales, et le plus probable est que la réalité sera autre que ce que l’on désire.

    En particulier, l’idéal simplifie. La réalité est toujours plus tordue, complexe que prévu.

    Mais l’idéal peut fournir des directions générales, des tendances.

    On ne peut s’empêcher d’ « imaginer mieux… » c’est pratiquement le seul moteur du « progrès » et c’est fourni avec notre cerveau sans supplément de prix.

     

  26. J’applique quelques principes  simples pour faire ma modeste part du travail de résistance. Je vois invite à faire de même.

    – dans un supermarché, je ne paye jamais à la caisse automatique. Je vais là ou il y a une caissière et je lui explique que ça permet de préserver son travail.

    – j’optimise mes déplacements en voiture pour minimiser la pollution que je produit.

    – je n’achète que ce qui est utile pour vivre modestement et ça me suffit largement

    – je discute avec ma famille et mes amis pour leur expliquer comment marche ce système afin qu’ils prennent conscience des enjeux

    – je recentre mes centres d’intérêts sur les humains et par extension le milieu qui les abrite

    – je cultive mes légumes et fait la promotion du jardinage sans pesticides autour de moi

    – j’apprend à renoncer à ce qui est nuisible à notre société et notre environnement

    – je lis le blog de Paul Jorion !

    – etc.

     

    « les petits ruisseaux font les grandes rivières »

    1. Vous croyez que les caissières de supermarché ne méritent pas autre chose comme activité ? Qu’elle ne s’épanouiraient pas mieux autrement ?

      Vous préférez le système de castes actuel au changement.

       

       

       

  27. Bonjour à tous.

    @Jean ZIN:  quelle différence faites vous entre droit et justice?

    La justice n’existe pas matériellement, c’est une aspiration, un espoir un sentiment; le droit traduit un état temporaire de rapports de force entre groupes sociaux . Néanmoins, vous ne trouverez quasiment pas de législateur conscient indifférent à  « la justice ». Idéaux et réal- politik, foi et raison: quel vieux débat! Mammifères, bipèdes, avec en plus deux hémisphères cérébraux et un cortex limbique pour simplifier la résolution des problèmes, nous avons les pieds qui doivent se mouvoir dans la glaise et la tête qui aspire aux étoiles et c’est là toute la différence, parfois douloureuse et anxiogène, qu’il y a entre nous et nos cousins primates.

    Toute la difficulté est de faire ce qui est possible dans le courant fort des tendances lourdes en ne perdant jamais de vue notre objectif d’humanisation.

    Si vous pensez vraiment que les manifestations de la puissance américaine sont sans fondements intellectuels…. ! Avez vous entendu parler de la théorie du chaos constructif? Très lointaine parente de la danse de Shiva!

    Cordialement.

      1. Les supraconducteurs pour stocker de l’énergie intermittente ok, mais là on passe du futur des années 60 à celui des années 80 on n’est encore loin de 2015.

    1. La justice existe pour que la société soit viable, les sociétés avec peu de justice s’effritent rapidement… Il y a donc bien un enjeu utilitaire avec la justice et ses dispositifs qui font partie des « techniques » sociales, comme il y a techniques productives, agricoles…

      1. Waow trop cool, mais bon certainement loin d’être encore opérationnel …google va lorgner du coté de chez toyota d’ici peu..

  28. Assez proche du commentaire de samuel (27 juin 2015 à 16:41) qui dit :
      « Pour l’instant ce sens de l’histoire c’est qu’à la fin du siècle en aura plus de 4 degrés dans la gueule et à priori il est optimiste d’y voir l’espèce humaine.

    Et entre temps les tensions autour des ressources, d’ici une trentaine d’année feront que l’adaptation des uns sera de torpiller l’avantage des autres (en quelques missiles tirer du sol il y a plus de GPS par exemple) , par conséquent l’euro, l’automatisation du travail, la dette ne sont que des problèmes conjoncturels »

    Ce qui rejoint le propos de Jean Zin sur l’idée de ne pas se disperser et de repérer qu’un système intègre toutes les propositions d’action contre lui . Il pose un cadre, une logique qui fait que temps qu’on reste dans ce cadre , notamment « politique » on perd son temps. Le cadre individuel, qu’il soit rattaché aux personnes physiques ou morales  (les goutes d’eau qui font l’océan , les ruisseaux qui font la rivière ) est typiquement le produit et le fondement de notre système. C’est un leurre.

    La réflexion action publique collective au local pour organiser les bassins de vie d’une manière autonome , c’est à dire rentrer dans l’économie solidaire et durable sur la base de démocraties locales intégrant les acteurs privés et publics , cette démarche étant elle même intégrée à une politique nationale et européenne , destinée à rééquilibrer l’économie , la démocratie , l’aménagement du territoire , est la seule perspective politique alternative . C’est là qu’il faut regrouper .

     

  29. «  Rêver à mieux, faire assaut de bonnes idées … n’est que disperser inutilement nos forces » La question que je me pose c’est de savoir qui sommes-nous, qui prenons ici la parole  dans les commentaires?  De quel côté rangeons-nous « nos forces » personnelles?  Par exemple   du côté de la stratégie de Syrisa face aux difficultés d’un peuple humilié ou du côté de l’idéologie  et la stratégie des représentants de l’intérêt de créanciers qui spéculent ? Ne pas s’engager, ou engager un débat de café du commerce pour ou contre tel ou tel, qualifié d’intellectuel désuet  ou de joueur-stratège, voilà ce qui est  indécent.  Il s’agit de  s’engager sur la question du choix stratégique que Tsipras premier ministre pose au peuple grec encore souverain : Faut-il augmenter la TVA sur les produits alimentaires ou taxer provisoirement les entreprises ayant un bénéfice supérieur à 500.000 euros ? Les sacrifices  consentis par le peuple sont-ils destiner à ré investir, ou à assurer le paiement aussi pérenne que possible des intérêts des emprunts ? Voilà une question clairement posée ! Et enfin voilà posée de nouveau  pour nous la question     des finalités,  dans le seul contexte d’une idéologie ultralibérale de l’U.E., telles que proposées en 2005,  que les français avaient démocratiquement refusées, et malgré tout imposées, et qui ne se sont pas avérées par la suite un beau rêve et de bonnes idées. C’est bien de  rapports de forces  politiques qu’il s’agit, et d’engagement,  après la réflexion libre et le débat sur les options possibles,  à une autre échelle spatio-temporelle…

  30. Chacun peut constater avec quelle facilité les nouveaux outils numériques ont fait basculer la table et vont effectivement la renverser.
    Mais l’usage de ces nouvelles armes n’est pas sans poser de problèmes et fait ressurgir toujours les mêmes hantises, les mêmes craintes.
    Cette mouvance nouvelle est difficilement saisissable à tout un chacun et de plus comme tout nouvel outil, le privilège sourit au premier servi, car c’est ainsi que vont les choses.
    Le Hic, c’est l’emballement écologique qui barre l’horizon d’un mur infranchissable et nous « invite » à voir les choses autrement et va irriguer le monde d’une conscience nouvelle;

    C’est du moins ce que je vois de ma fenêtre, mais ce n’est pas ce que le monde tonne ou fait entendre comme l’unanime priorité.

  31. Comment dire … ?

    « Rêver à mieux, faire assaut de belles idées et de bonnes intentions n’est que disperser inutilement nos forces. »

    Et les coopératives municipales, le revenu garanti, etc., qu’est-ce donc, si ce n’est « Rêver à mieux, faire assaut de belles idées et de bonnes intentions » ?

    D’où ma question boomerang : votre intervention, Jean Zin, n’est-elle pas en train de « disperser inutilement nos forces. » ? (et je ne fais que reprendre vos termes, sans aucun procès d’intention, étant par ailleurs ‘intéressé’ par vos réflexions)

    Le sens de cette question est de montrer ainsi, en dehors du logos défaillant de votre texte (démontrer l’inanité des idées pour mieux en promouvoir une autre), que nul ne sort des rêves, des idées et des intentions, sauf à accepter ad vitam aeternam le statut (rêvé) de l’individu économique ‘rationnel’, dépouillé de tous ses rêves, ses idées et ses intentions (enfin !), promu par le néolibéralisme hayekien. Sauf à abandonner son statut d’être humain.

    Confirmez-vous donc que nous en sommes arrivés là ou que votre texte est bel et bien, comme les autres, une idée, sur laquelle il y a forcément débat et aucunement présence de fatalité, contrairement à ce que vous énoncez (« elles s’imposent à nous »), encore moins donc « par la puissance matérielle », laquelle peut aussi être une matérialisation de la puissance des idées (et des rapports de forces entre celles-ci) ?

    Sans quoi, on tomberait donc dans un matérialisme historique ‘brut’, hors des  hommes, que Jaurès déjà ciblait pour le dépasser : « L’histoire ne se fait pas toute seule »

    1. Merci Zébu.

      Je n’arrivais pas à mettre des mots sur ce que suscitait en moi ce texte de Jean Zin : exactement ta question, « comment dire? »… et tu l’exprimes parfaitement.

      Mais je ne veux pas plus polémiquer avec J. Zin que je  respecte.

      Pour essayer de « rebondir » il me semble que nous vivons un moment étrange, une réelle possibilité de bifurcation et comme chaque fois dans l’Histoire, ça ne se passe pas comme prévu, attendu, espéré ou surtout selon les normes. D’où des tas de réactions bizarres (à mes yeux) pour la Grèce : bof, pff, ça sert à rien, vont se casser la gueule, y trahissent etc…

      Pour suggérer j’aimerais rappeler par ex. ce jeune électricien moustachu qui communiait ostensiblement devant les chantiers navals de Gdansk. Eh ben, il n’était pas très « gaucho-normatif » ce catho ! Et pourtant il rêvait à mieux, avec de belles idées, non ? Et puis à partir d’un grain de sable, lui et ses compagnons de lutte ont amalgamé une vraie révolution qui ensuite à contribua à l' »écroulement de la Baliverna » (les lecteurs de Dino Buzzati comprendront), de l’Empire soviétique.

      Et si un jeune premier ministre grec, avec courage (ou pour me citer: avec leventia) n’était pas en train de jouer un rôle analogue contre un autre Empire totalitaire ? Ainsi l’appel de ThomBilabong prendrait-il tout son sens historique : oui, il peut nous aider aussi !

      1. D’accord avec Zebu et Jacques Seignant, soutiens confirmés de Paul Jorion . Comme  J.S. je  suis  sensible aux  travaux  de Jean Zin sur son blog et j’ apprécie  les idées  minoritaires qu’il défend. De même je suis confus de lire dans les commentaires des « réactions bizarres…pour la Grèce : bof, pff, ça sert à rien, vont se casser la gueule, y trahissent etc ».

        Paul Jorion  et Jean Zin font partie des quelques penseurs qui me permettent encore de réagir émotivement ( s’émouvoir= se comporter en sujet capable  de réaction), dans un contexte (désespérant) qui vise à inhiber toute  lucidité. Tout un travail de  sape et d’étouffement vise à  briser  toute  gauche radicale à construire, en détournant le courage et la ruse  d’un Tsipras (courage d’Achille ou ruse d’Ulysse) ou  l’exaspération salutaire (obtenue par les gnangnans à répétition  des communicants en échange  d’une omerta ) d’un Mélenchon, en incapacité à proposer  la moindre  étincelle de lucidité: il n’y a pas d’alternative à la mauvaise soupe distribuée! Merci à  Paul Jorion  d’avoir invité Jean Zin!

    2. l’individu économique ‘rationnel’, dépouillé de tous ses rêves, ses idées et ses intentions (enfin !), promu par le néolibéralisme hayekien…

      Faudra que tu lises un peu de Hayek un de ces quatre, Zeb, ça t’évitera peut-être des raccourcis malheureux.

      1. A Vigneron

        Vous commencez vraiment,Arias,à casser les pieds(de vigne).Vos interventions respirent l’ambiguïté.Vous

        ramenez trop souvent votre cerise(excusez-moi,votre

        grain de raisin) sans raison claire. Navrant de

        voir quelqu’un à telle distance d’un minimum d’esprit

        d’équipe ! .

    3.  » « par la puissance matérielle », laquelle peut aussi être une matérialisation de la puissance des idées »

      La matière est puissante, mais le rôle des idées n’est pas la puissance, leur rôle est d’un autre domaine de possibilités.

      C’est là que l’on voit le mélange des genres, torchons et serviettes, l’assimilation des propriétés de la matière à celles de l’information.

      On ne réfléchit pas avec son biceps, aussi gros soit il.

       

       

  32. Une passe de travers :

    Me demandant l’autre jour pourquoi les plateformes de gauche assez inspirées « front de gauche » ou post-marxiste me dérangeaient, je crois avoir trouvé une petite réponse. Et elle est en ligne avec ce débat ci dans la mesure où la figure de l’intellectuel(le) a été si proche de celle du marxisme de 1930 (ou 1945 disons) à 1975 en gros.  Donc si je comprends pourquoi la lignée marxiste me dérange (juste la lignée), je comprends peut-être pourquoi les intellos « ne servent à rien » (sur l’air de « j’ai descendu dans mon jardin »).

    La cause me semble être ce que les gens de la robotique ont appelé « la vallée dérangeante » (the uncanny valley) : quand un robot ressemble assez à un homme mais pas tout à fait, il est plus repoussant qu’attrayant, alors qu’un robot très peu humain ou quasi parfaitement humain est attrayant. On voit là le travail de l’attracteur, et l’entropie qui se génère là où on ne l’aime pas dans le cas « dérangeant » : à la frontière de l’attracteur « les humains » (dont un sous-attracteur est « moi », et un sous-sous attracteur « ma conscience ») : Qu’un attracteur soit maximalement dérangeant sur son bord, c’est ce qu’on peut expérimenter quand  on veut faire des gestes là où nos muscles sont en limite d’apprentissage (en escalade par exemple) et ça se tétanise pour un rien.

    Alors pourquoi le marxisme fait ça pour moi  ? Deux hypothèses : l’une est que ce serait une propriété générale des théories zombies, qui ont du mal à mourir (Fukuyama, sort de ce corps !). L’autre est un peu plus spécifique : le marxisme, érigé dans un temps de thermodynamique, postule sans le dire que l’apport d’énergie est un bien moral : le travail comme unité de toute chose, mais le travail qui façonne, qui dirige l’énergie. Et de bâtir une émancipation une fois que ce travail est « bien distribué » et que les « surplus » qui en résultent sont absorbés dans une machinerie que les successeurs définiront en détail (Lénine…). Or cette émancipation là est non humaine, ce n’est pas l’émancipation des moeurs, ce n’est pas une émancipation qui soit tissée dans de la réciprocité. Jacques Généreux est un de ceux qui essaye(essayait) au FdG de relier l’anthropologie à de la gauche plus « classique », avec une certaine réussite. Mais ce pont là n’est pas encore assez solide et assez reconnu, on voit encore trop la vallée qui est dessous, et cette vallée est dérangeante (uncanny) , projette l’humain dans un pan « intellectuel » du style dont J Zin a peut être raison de se départir.

    Pas très construit car (i)  j’ai préparé un fouet pour vigneron (à stratège stratège et demi), et (ii) en vrai, ceci n’est qu’une ligne de pensée brouillonne encore.

  33. Dernières lignes du livre de Ph. Bihouix:

    Secouons et réveillons nos timides hommes et femmes politiques, réduits à n’être que des (piètres), tentant de ménager la chèvre et le chou, dépassés par la complexité du monde et tétanisés par tout changement d’ampleur, qui risquerait de compromettre les résultats des prochaines élections. Leur indigence intellectuelle et leur absence de perspective sont proprement stupéfiantes. Mieux vaudrait pourtant qu’ils prennent, au plus vite, la mesure des frustrations et de la désespérance qui sont et seront générées par la tentative de statu quo.
    Parfois, l’Histoire s’accélère de manière surprenante, pas toujours dans le bon sens, et les signes avant-coureurs actuels ne présagent rien de bon.
    Enfin, au lieu de nous lamenter sur les renoncements qui seront nécessaires, rêvons à la manière dont nous pourrions transformer notre système économique, et nos vies. Convainquons-nous que nous méritons un monde bien plus charmant, bien plus agréable, une société plus solidaire et plus joyeuse, une civilisation apaisée, respectueuse de la nature et techniquement soutenable. Et surtout que nous en avons les moyens.
    Pour ce faire, j’aurais pu construire une utopie, et vous entraîner, par exemple, dans un rêve parisien, comme Louis-Sébastien Mercier. Parler d’une cité verte « idéale » aux pavés enherbés, aux parterres de jachères fleuries, aux lierres, glycines, passiflores et vignes vierges courant sur les façades, aux productions légumières et fruitières dans les anciens parcs. Décrire la conquête des avenues débarrassées des voitures, remplacées par les terrasses, les joueurs d’échecs, les activités sportives, musicales, artistiques, les vide-greniers. M’enchanter du retour de la nature, chauves-souris et mésanges
    dans les cours d’immeubles, abeilles et guêpes sur les marchés, mais aussi ─ eh non, il n’y aura pas que des choses bien, vous êtes prévenus ─ mouches bleues bourdonnantes sur l’étal du boucher et du poissonnier. Ou m’entretenir du nouveau système économique, culturel, moral, politique, avec d’imaginaires citoyens joyeux de l’âge des low tech.
    Mais n’est pas Mercier qui veut. Alors « En attendant, tâchons de rendre les choses passables, ou, si c’est encore trop, rêvons du moins qu’elles le sont. […] Ô mes chers concitoyens ! Vous que j’ai vu gémir si fréquemment sur cette foule d’abus dont on est las de se plaindre, quand verrons-nous nos grands projets, quand verrons-nous nos songes se réaliser ! Dormir, voilà donc notre félicité ».

  34. Lu ce message tout à l’heure. Soupirs, à quoi bon. L’Europe est trop pleine de vieux mal déluthérianisés, c’est foutu.

    À l’instant, en regardant une vidéo de Nelson mandela dansant avec un beau sourire derrière Johnny Clegg qui chante Asimbonanga, je me mets bizarrement à penser à cet exclusion de Varoufakis de la réunion de l’Eurogroupe, et visualise le célèbre tableau du Serment du Jeu de Paume de David (où le vent de l’Histoire souffle avec plus d’enthousiasme que dans une réunion européenne, hélas) : « Nous sommes ici par la volonté du peuple… » Puis je repense tout aussi bizarrement à ce billet sur ce blog, où je n’avais plus commenté depuis la victoire électorale de Syriza.

    Mais que fait la France, bordel. Je ne mets pas de point d’interrogation parce que j’ai la réponse. Rien. « Président, montre-nous tes couilles… » qu’on chantait dans un cercle d’étudiants, à l’adresse du président du cercle.

    Sans doute que la fin de l’apartheid doit plus à la fin de la guerre froide qu’à l’idéalisme de Mandela, capitaine de son âme. N’empêche qu’entretemps, ils ont eu besoin de rêver pour tenir.

    Bon, je bois toujours à la santé des Grecs.

    Et de Samuel Huntington, qu’il fallait « faire mentir », mais à qui on donne raison alors que tout le monde se marrait à l’époque de la façon dont il coupait l’Ukraine en deux et associait la Grèce à la Russie orthodoxe. Il n’allait pas jusqu’à séparer les catholiques des protestants, il faut bien préserver l’unité de l’empire.

    Confus, mon commentaire, désolé.

  35. Vous exprimez« rêver à mieux,…, n’est que disperser inutilement nos forces »

    L’être humain consacre près de 10% de sa vie à rêver.

    Pour lui, c’est une nécessité vitale.

    Avec une activité aussi prenante et intense,
    je le vois assez difficilement « rêver à pire »,

    Forcément l’être humain concentre utilement ses forces à
    « rêve à mieux ».

  36. A François Corre
    « Le rêve a plus de gueule » qu’une idée disiez-vous plus haut
    L’idée créatrice peut être oubliée ou absente des raisonnements intellectuels, ainsi le risque de se perdre dans les méandres du raisonnement est grand. Prendre en compte l’inconscient comme une « force » agissante conduit à faire le choix ferme de la conscience. Elle est un « idéal » peu confortable, plus guerrier que de dormir pour rêver à notre félicité. Ceci a moins de gueule, ceci est plus difficile à vendre mais me semble la seule façon de faire émerger des actes allant dans le sens d’une plus grande humanité.

    1. Ne suis pas sûr que L-S Mercier l’entendait ainsi…Mais perso je n’ai rien à ‘vendre’, mais le dernier commentaire (10:06) de Jean Zin me plait assez bien…!

  37. Pour revenir à la dispersion :

    Jean Zin touche là quelque chose d’essentiel ; le local , au sens de territoire à construire ensemble (cet ensemble étant constitué par les acteurs publics-privés locaux qui réfléchissent et agissent  ) est le recentrage à la dispersion ; on passe d’une société morcelée où personnes physiques et morales produisent pensent et agissent d’une manière incohérente (la liberté d’entreprendre et de critiquer est le projet de société) , à une société humaine qui au delà des différences cherche à s’organiser.

    Que la Grèce accède aujourd’hui à un référendum , que le résultat soit ceci ou cela importe peu  si ce recentrage au local ne s’opère pas ; c’est en ce sens que toutes les luttes ,analyses ,propositions sont perte de temps .

  38.  
    Je ne pense pas qu’il n’existe pas de stratège dans l’absolu. Napoléon était un stratège militaire. Il connaissant parfaitement la technique des armées, il avait étudié, analysé les conquêtes, défaites de ses prédécesseurs. Il s’était nourri de l’expérience de ses anciens pour mettre en oeuvre  les conclusions de ses analyses dans son commandement militaire. Napoléon a-t-il fini par croire qu’il serait invincible ? Des situations nouvelles, inattendues se sont présentées durant la campagne de Russie : les armées impériales échouèrent. Finalement, qu’est ce qu’un stratège ?
     

     
    Il en est de même en économie. Si l’on ne comprend pas ses rouages, si on ne s’est pas forgé une intime conviction quant au service de quoi mettre l’économie, on ne peut tenir efficacement une politique. La plupart de nos hommes politiques ne semblent pas avoir compris les bases de l’économie, ils restent très influencés par la nuée d’experts de tout bord qui ont plus d’intérêt à défendre que de convictions et de connaissances.
     

     
    Regardons le tandem A. Tsipras & Y. Yaroufakis, le premier est un militant de gauche très engagé, l’autre professeur d’économie (théorie économique, mathématicien, récompensé pour son analyse de la crise, issu d’une famille ayant exercé des responsabilités etc…). Tous les deux se sont forgés une intime conviction de ce qu’ils devaient et pouvaient faire, de leur marge de manœuvre. Y. Yaroufakis s’est construit lui-même, il a conscience de sa valeur, est capable de faire des propositions économiques qui tiennent mieux la route que celles du FMI qui ont fait preuve de leur incapacité à résoudre les crises ou plutôt de les résoudre en saignant les pays. J’ai trouvé géniale de simplicité la proposition de Y.Y. de proposer un remboursement de la dette en fonction de la croissance de l’économie.
     

     
    Au fait, connaissez vous beaucoup de pays qui ne fassent pas autre chose que faire rouler leurs dettes. Qui seraient les perdants si les pays décidaient de rembourser leurs dettes et quelles seraient les conséquences ? Décroissance rapide assurée des pays occidentaux si ce remboursement ne se fait pas au détriment de ceux qui possèdent des avoirs, donc des plus riches !
     

     
    J’en reviens toujours aux mêmes conclusions : pour avancer, il faut connaître son adversaire, étudier, se forger ses intimes convictions, affiner son discours, et trouver le moyen de faire plus de bruit que le bruit médiatique économique  ambiant d’une piètre qualité. Il faut avoir un peu plus de courage que les autres, ce qui ne semble pas trop difficile aujourd’hui. Il y a toujours le risque de faire des erreurs que l’on vous reprochera vivement.  Sans prise de risques, pas de bénéfice !
    Qui ne fait pas d’erreurs ? Et si on inventait le CDS nous garantissant contre les risques d’erreur !
     

  39. Bien sûr, si être un intellectuel engagé consiste à mettre en brochette des « Y’a’ka » de luxe, c’est-à-dire plus élaborés et intelligents que ceux qu’on entend au bistrot du coin, pour les proposer tout prêts à la consommation par l’histoire, vous avez raison : ces brochettes-là ont le plus souvent fini à la poubelle.

    Mais il y a une autre façon de faire l’intellectuel, c’est d’identifier ou de construire des concepts, de comprendre des structures, d’élaborer des méthodes, c’est-à-dire les briques avec lesquelles on bâtira le paradigme nouveau quand les murs du réel se seront écroulés. Et ça, oui, c’est important, parce qu’on ne pourra jamais utiliser que des briques déjà formées, avant, par des intellectuels.

    Vous exprimez dans ce billet la psychologie d’un résistant qui ne croit pas que la guerre se terminera un jour. Or, lors de la dernière guerre justement, en France justement, des résistants ultra-minoritaires, pourchassés tous les jours pour être détruits, humiliés et misérables, ont pensé le programme du Conseil National de la Résistance. C’étaient aussi des intellectuels.

    1. Intellectuel est un mot trop large pour qu’on s’y croise. Je me suis intéressé au surdoué, c’est pas glop, y à pas beaucoup d’espoir, de stratégie ou de piste de changement.

      Mais y aune vidéo intéressante de Fabrice Bak sur sur la douance adulte (un peu longue), cela donne un autre angle entre l’intelligence et la société.

      (bon en même temps la sélection humaine préfère avoir une dizaine de pour cent de dyslexique, 4 % de daltonien et seulement 2% d’individu avec une myélinisation plus intense. L’intelligence ça eût payé 🙂 )

  40. …. Quand on a les problèmes qu’on a  (fin de l’espèce au programme) le recentrage , le regroupement , la non dispersion  ne consiste plus à trouver ou apporter des solutions(tout le monde en a ) mais à agir ; et le seul cadre possible de l’action est local ; le simple fait de se rassembler au local pour organiser le projet de territoire local est une sortie radicale des mécanismes mondialistes . C’est très loin d’être simple et gagné : il suffit de voir l’imperméabilité à ce genre de discours sur un blog censé ne pas perdre son temps.

    Mon propos n’est pas de me rehausser au dessus de la mêlée des commentateurs , beaucoup étant plus qualifiés et plus perspicaces que je ne le suis , mais de me désoler d’un état de fait .

    Le « local » n’est pas une entité pouvant se réduire au local : il inclut la mondialisation et est un élément clé d’une approche globale consistant à ne pas laisser les sociétés s’organiser au fil de l’eau de mécanismes économiques , financiers , politiques ( gestion avale de la liberté d’entreprendre) mais à positionner la gouvernance humaine ( réflexion, débat , étude ,planification référendum etc )  en amont .

    En terme d’aménagement du territoire les mégalopoles sont le fruit de la spécialisation systémique

    Idem pour la représentation en politique , spécialisation professionnalisée, induite par le système .

    Recentrer sur le local , c’est donc réaménager le territoire , c’est donc réintroduire de la démocratie directe ….. C’est là qu’il faut porter le fer .

  41. Il est tout à l’honneur de Paul Jorion d’avoir voulu publier comme article mon commentaire critique mais ce n’était qu’un commentaire et le titre qu’il a donné est trompeur car si je parlais de « rêver à mieux », c’était par rapport à ce qu’on peut espérer de combats qu’il faut mener, pas de se laisser-faire :

    En dehors du local qui est notre terrain d’action, la seule chose qu’on peut faire, c’est de de s’adapter au mieux aux conditions qui nous sont faites, le plus souvent dans l’urgence, sous la pression des événements, et constituer un rapport de force comme les Grecs essayent de le faire, et il n’y a pas tant à en espérer sinon de limiter les dégâts, quand on ne perd pas simplement la bataille à se frotter à plus fort que soi.

    Il me semble que la crise européenne est une bonne illustration de notre peu de marge de manoeuvre bien qu’elle ne soit pas inexistante. Notre (relative) impuissance n’est pas un délire de ma part mais un simple constat que tout le monde peut faire. Cela me fait insister sur le fait qu’il faudrait plus se concentrer sur les moyens (qu’on surestime) et prendre en considération l’impossibilité de s’accorder sur les solutions qu’on voudrait idéales. C’est ce qui fait toute la valeur du local de s’affronter au réel au lieu de se perdre dans l’imaginaire mais, bien sûr, quand l’occasion se présente de peser sur les niveaux national, européen, global, il faut y aller mais c’est assez rare (en tout cas il ne suffit pas de le vouloir).

    Je n’ai pas une bonne opinion de l’intelligence humaine, y voyant surtout notre commune connerie (biais cognitifs) et j’ai critiqué nombre des belles idées auxquelles j’avais cru. Ce qu’on peut appeler un « matérialisme informationnel » implique qu’on doit régler son action sur ses résultats, que les bonnes idées s’imposent de l’extérieur et n’ont rien de miraculeuse, rien pour susciter l’enthousiasme comme la révolution culturelle, le nazisme ou le djihad. Moi-même je ne m’enthousiasme pas pour les dispositifs que je défends qui me semblent simplement nécessaires, manquer cruellement, mais qui ne pénètrent que très lentement les esprits.

    Bien sûr tout ce que je dis pose question, que ce soit sur le volontarisme (fascisant), sur l’infrastructure matérielle déterminant l’idéologie (mais seulement dans l’après-coup, en dernière instance), vieux et difficiles problèmes dont je discute dans de longs articles. Je ne peux qu’y renvoyer ne voulant pas squatter ce blog, d’autant que je suis en train de faire ma revue des sciences.

      1. C’était le risque. Mais résumer en une phrase une pensée subtile, n’est pas possible. Et puis, est-ce important. Je ne crois pas. Il est nécessaire de lire et de relire pour essayer de cerner la pensée de l’auteur.

        J’écoute BFM business à l’instant car j’estime important d’écouter les dires de ce qui font une partie de la voix. On nous vend du sensationnel sur quelque chose qui n’arrivera pas. C’est quelques fois pénibles mais c’est le prix à payer.

  42. Vous exprimez « Je n’ai pas une bonne opinion de l’intelligence humaine »
    Pourtant c’est bien l’intelligence humaine qui l’aide à survivre et qui sauve l’être humain de nombreux périls.
     
    Chaque être humain possède sa propre intelligence qui le différencie et en même temps qui le fond dans l’univers tout entier.

    C’est plutôt à mon humble avis certaines associations d’intelligences humaines qui peuvent être dangereuses.

    1. . »Chaque être humain possède sa propre intelligence qui le différencie et en même temps qui le fond dans l’univers tout entier. » » OUI MERCI !

      Jean Zin , je suis d’accord, nous sommes tous plus ou moins actuellement désabusé , « les systèmes » et ce quelque soit leur nature ont montré leurs limites. Le fait que nous soyons « coincés » est à mon humble avis « porteur de sens ». Certes comme vous le souligner , cela a le mérite de nous obliger à nous recadrer sur ce qui est possible ou pas , au niveau local et avec des moyens souvent limités.

      Bénédict Manier évoque de façon  plus large et étayée, tous ces possibles et ces belles intitiatives encourageantes qui sont opérationnelles et ce au niveau international.

      « C’est avec un doux mélange de modestie et d’enthousiasme qu’elle se défend d’avoir réalisé une encyclopédie mondiale des alternatives citoyennes. Pourtant, l’ouvrage de la journaliste Bénédicte Manier (Un million de révolutions tranquilles, paru aux éditions Les Liens qui Libèrent, 324 p.) offre un survol riche et passionnant des actions menées par les pionniers de la transition vers une société plus participative, solidaire et humaine. »

      http://alternatives.blog.lemonde.fr/2012/11/28/ce-million-de-revolutions-tranquilles/

      Je ne suis pas d’accord sur le fait de vouloir neutraliser de façon aussi catégorique  les dimensions de l’^tre humain que je suis (rêves, subjectivité, affect, idéalsme, etc..intellgence du coeur..) et que nous sommes car c’est aussi une autre façon de nier le réel de l’autre et de ne pas le prendre en considération et encore moins de le respecter dans son altérité et sa richesse. Si elles  apparaissent, a priori  invisibles à votre regard et à votre perception, elles constituent pour moi toujours un mystère à explorer et un potentiel à valoriser !

      Ce n’est pas la voie de la facilité , c’est une stratégie ardue et elle demande un autre niveau d’approche et de dextérité, je vous l’accorde 🙂

      Cela dit elle implique  , bien evidemment un échange actif et une participation concrète, entre individus ou groupes, et là aussi je rejoins votre point de vue.

      Tous ceux qui ont créé ces rassemblements autour d’un projet commun sont trés conscients de cela, respecter la diversité des individus sans vouloir reformuler des théories fumeuses c’est effectivement trés louable mais cela ne peut fonctionner que si il y a un vrai échange, des règles claires autour d’un projet fédérateur. DONC on ne peut pas évacuer les dimensions subjectives des êtres pétris de chair de sang et de rêves que nous sommes aussi facilement que vous le faites.

      Ce matérialisme désséchant et aliénant auquel vous faites allusion n’a t’il pas assez fait de dégâts ?

      Je vous rejoins également par rapport au contexte actuel. Les contraintes sont des indicateurs des balises qui nous « parlent » et nous confrontent à nos errements et à nos erreurs et ont une « vertu » éducative parfois sévère mais utile puisqu’elles nous « obligent » à bifurquer et à revoir la copie…..

      A ce titre, les effondrements auxquels nous assistons ne sont pas dus au hasard mais effectivement bien à la nécéssité de peut être élargir les cadres voire les dissoudre et pour cela une mutation consciente et changement d’état d’esprit visant à élargir notre regard me semble urgente et plus que jamais prégnante.

      Celle ci se situe, vous l’aurez bien compris dans une vision plus large, plus généreuse, qui ne fait pas l’impasse sur le pragmatisme que vous évoquez mais qui le réenchante et le magnifie, un hommes sans rêve est un homme brisé, ne sous estimez pas la puissance du rêve.

      Merci à vous 🙂

      « Si j’étais milliardaire, j’irais plus loin dans ce rêve. Je ferais construire une ville, pour environs 5’000 habitants. Je réunirais des penseurs, des chercheurs, des gens qui souhaitent disposer d’un laboratoire vivant sur la non domination. Il pourrait y avoir différentes religions, mais l’esprit critique serait supérieur à la croyance. Il y aurait un espace de palabre où chacun aurait sa place pour discuter des litiges et de la gestion de la ville. Des individus y viendraient du monde entier faire des stages, pour s’imprégner des comportements et des relations de non domination. Et repartiraient chez eux mettre cela en pratique dans leur propre environnement. Il n’y aurait pas de maître à penser, pas de gourou, pas de privilège, seulement beaucoup d’écoute mutuelle.

      Le travail sur soi sera simple. En face de chaque personne on se pose la question: “Ai-je envie, ou besoin, de lui prouver quelque chose, d’être mieux qu’elle, de la dominer?” Quand ce besoin devient inopérant en soi à force d’être vu, on a mis un pied dans la non-domination. On l’adapte ensuite progressivement à différents secteurs de la société. Car ôter la domination des rapports humains, c’est ôter un bug majeur aux implications multiples. »

      http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2008/10/27/dogma-5-la-puissance-du-reve.html

      http://www.signesetsens.com/psycho-la-puissance-des-reves.html

  43. « Un arbre en ma mémoire

    Par Pierre Rabhi le mercredi 12 février 2014, 11:22

    Un arbre unique et solitaire fait offrande de ses ramures au ciel incandescent.

    Nul ne sait par quel stratagème il a, dès son enfance, échappé à la main prédatrice de l’homme armé de fer, à la dent avide de l’animal famélique, à la rareté de l’eau et au dard du soleil plus que nulle part au sommet de son ardeur.

    Alentour est le désert infini submergé de silence séculaire parfois troublé par la rumeur lointaine de troupeaux évanescents allant sur les dunes et les immenses plateaux ensemencés de rocailles.

    Ici, l’espace et le temps sont confondus l’un par l’autre tenus, et n’ont d’autre mesure que la démesure de l’éternité. Dans cette vastitude lunaire librement parcourue de bise en février ou de vent en ouragan de sable, rugissant d’une fureur dont on ne sait la raison, l’arbre demeure en patience témoin superbe et pathétique d’un temps révolu.

    En m’approchant de la colline où il se tient en vigile de silence, il grandit à mes yeux. Il s’anime à mes oreilles et la main qui en caresse le tronc me dit sa puissance.

    Des battements sourds se font entendre. Je ne sais d’abord leur provenance, ils sont de mon propre cœur.

    Car ici la rareté de la vie donne à la vie sa vraie mesure. Et en contemplant cet être magnifique drapé des secrets d’une longue histoire qu’il est seul à pouvoir conter, j’imagine ses innombrables compagnons que la terre nourrissait pour en être mieux nourrie.

    Et dans cette réciprocité vitale s’exprimait toute l’intelligence de la vie car l’arbre n’est pas seulement racine, tronc, branche et feuillage, il est un pont vertical unissant les forces telluriques à celles du cosmos.

    Il est prière incessante adressée à l’univers pour attirer tous les bienfaits de la vie sur la terre et les humains et sur toute créature de la création.

    Tuer les arbres hors des nécessités d’une vie simple, c’est commettre un grave préjudice à la vie. C’est un délit passible des plus grandes tristesses. Les arbres disparus, il ne restera plus que vide et solitude et désert jusque dans les cœurs. »

    http://pierrerabhi.org/blog/

    1. Tuer les arbres hors des nécessités d’une vie simple, c’est commettre un grave préjudice à la vie.  …grandes tristesses. … vide … solitude…désert…

      Combien juste. Ici, tous les villages et petites villes passent à la moulinette des « ré-aménagement des places »  ombragées et conviviales.
      Premières actions: couper tous les arbres, supprimer la fontaine, labourer l’ aire du jeu de boule, supprimer les jeux pour enfants.
      Résultat, travaux finis:  Plus d’ombre. Plus de mamans qui papotent et tricotent en surveillant les bambins. Plus d’oiseaux. Un désert minéral. Invivable. Et surprise, les commerces périclitent.
      Mais ça ne sent pas l’hydrogène sulfuré…

      1. Merci Daniel, je confirme, je me suis bien gauffré avec le maire de mon village à ce sujet et m^mes avec les opposants, modestement je pense qu’ils ont un peu réfléchi et reconsidérer le manque d’espaces ombragé surtout dans le sud  avec les grosses chaleurs, ça calme !

        Il y a pire ce sont ceux (élus) qui vous disent , on coupe les arbres à certains endroits par ce qu’ils sont accidentogènes et je leur répond « vous avez raison , pourquoi ne pas mettre un panneau qui indique que les arbres se penchent et traversent la route sans prévenir, sont cons ces arbres, les humains non ! Ils n’ont jamais la tête ailleurs; donc flinguons les arbres; n’éduquons pas les individus c’est vraiment trop chiant et puis on a pas le temps ……

        ça ouvre bien le dialogue avec les zélus 🙂 , ils ne sont pas tous stupides,  je vous l’assure :-))) mais dur dur….

         

  44.  
    Sans vouloir paraître et/ou être « squatteur » je reviens sur mon commentaire précédent en essayant d’en expliquer le sens de sa conclusion interrogative. Ce commentaire a été publié le 27 juin 2015 à 15:45 .
     

     
    Suivant avec grand intérêt ce blog et les commentaires riches et tant instructifs dont je partage nombres d’opinions, notamment celles de Zebu et Jacques Seignant, etc, puis aussi un autre horison intéressant ouvert par timiota, je voudrais préciser mon propos par l’exemple.
     

     
    Ayant été dans l’associatif fut un temps en tant que « président » (à titre « honorifique » plus), j’ai découvert les limites d’actions « locales », se confrontant autant aux réels contrariants les « rêves », ne pouvant s’extraire autant de « l’individualisme » et ses intérêts plus particuliers, que d’un cadre national, européen et au delà « matériel », purement technocratique, formatant des rapports de forces biaisés, déséquilibrés, provoquant in fine chez certains l’envie comme le besoin d’abandonner ses idéaux et « bonnes intentions » initiales… pour profiter au plus vite…
     

     
    Pour résumer la situation, car ne pouvant à ce stade en dévoiler plus sans mettre en péril les « bonnes intentions » initiales et le « rêve » d’un modèle économique qui se voulait et se veut (pour ma part) « social et solidaire » à l’origine, mais logiquement que « transitoire »… bien des intérêts divergents d’associations locales et « d’individus », comme autres plus « politiques », me sont apparus au cour d’AG. Sur Paris le projet voulait développer l’idée de créer au moins un emploi « durable » au sein d’une assoc se proposant de mettre en relation et mouvement des citoyens-nes se recevant à domicile autour de repas conviviaux, de cuisines authentiques, de produits d’AMAP, etc… L’assoc proposait une plateforme, soit, un site internet avec une contribution minime (10% au départ) et décroissante des participants-es. Décroissante car comptant sur une dynamique participative exponentielle permettant de suffire à financer l’assoc, et au minimum un salaire avec cotisations pleines, etc. Il était prévu l’acquittement de l’impôt autant que suivant les excédents possibles, soit l’embauche d’autres personnes, soit le financement d’autres projets participatifs, et « sociaux et solidaires »…
     

     
    Ce modèle transitoire ne proposait rien d’autre qu’une « inter médiation » (critiquable diraient certains-nes), que de mettre en synergie des citoyens-nes (pauvres comme moins modestes – l’idée était aussi de nous mettre en relation avec les resto du cœur, la croix rouge, etc) cherchant à refaire lien et sens, autour d’échanges culinaires (ne devant pas excéder plus de 15 euros), de débats sur des sujets « sociaux » « sociétaux », etc… tout en proposant aussi de créer des liens avec d’autres initiatives associatives, etc… au cour d’événements mensuels ou trimestriels de plus grande ampleur.
     

     
    Bien sur dés le départ, la lucidité nous fit remarquer que les moyens de chômeurs-euses longue durée que nous sommes étaient autant manquant que conséquents et cruciaux au vu de l’ambition du projet… Et d’un autre coté nous nous attendions à ce que l’on soit perçu comme des « concurrents » potentiels tant de restaurateurs, que d’autres assoc locales proposant un modèle solidaire de restauration, etc. Bien sur il fut question de se tourner vers des plateformes de financement dit participatif, et aussi pour montrer patte blanche de nos « bonnes intentions » de créer des événements rassemblant nombre d’assoc « à nos frais »… ou nous apportions nourritures, musiques, etc… gratuitement au départ.
     

     
    Très vite les événements payant qui suivirent devinrent l’enjeu d’un partage entre assoc et/ou « individus » qui auraient « mérités » plus que d’autres, rétribution. La « compétition » entre les « dons » en nature, des plus pauvres (musiciens, cuisinier, etc) ayant donné à la « cause » fut pitoyable à mon goût… Très vite les « idéaux » autant que le « rêve » d’unifier, fut gangrener par des « promesses d’investissements » d’un argent dont il n’était pas de « bon goût » de s’inquiéter de la provenance, quand les « individus » responsables d’assoc ne se cachaient pas de vous demander qu’elle était l’essentiel entre « fin et moyen »… Et très vite aussi il fut constaté que le concept ou les mots le nommant pouvait être source de convoitise purement mercantile… Bien des « tentations » de financement publics, que nous refusions, pressaient pourtant le pas pour rentrer dans une hiérarchie immuable.
     

     
    C’est pour cela que je démissionnais d’un poste qui tout autant « honorifique » que j’en avais accepté la charge, plein d’espérance… j’en assumais intègre ma responsabilité lourde de sens pour moi, habitant dans les Landes et ne pouvant suivre de plus près tous les intérêts dont de plus en plus se dévoilaient à moi « après coup », ainsi que les changement d’objectifs et de priorités de la personne que j’avais décidé d’aider à créer son emploi… tout autant honorable donc fut mon « intention » de départ, je ne pouvais me compromettre plus dans le détournement d’un rêve que je crois encore réaliste..
     

     
    Je n’ai pu accepter, me résoudre, à réduire le champ d’une action et d’un modeste combat politique global, écologique, sociologique, économique, etc, à une simple action locale, « encartée » dans des considérations hiérarchisées dont chacuns-es devaient respectivement se cantonner à ne surtout pas dépasser…
     

     
    Alors loin de vouloir incriminer toutes les assoc, tous les « individus » s’y donnant corps et âmes, bénévolement ou y travaillant, tant nous fument de nombreux-euses citoyens-nes (d’autres assoc) à être consternés-es de constater de telles dérives, je voulais souligner par l’exemple (rare j’espère, mais j’en doute quand d’autres échos…) ce qu’une action locale, aussi louable et généreuse comme ambitieuse soit elle, dans certains milieux (grandes agglo, etc), peut se confronter à un « réalisme institutionnel », à des sommes d’intérêts (économiques, « blanchiment d’argent », spoliation de denier public, etc) particuliers, et conforte une forme de « nationalisme » de repli sur soi local… cherchant la « lumière » de la « dépolitisation », de « l’a-politisation » pour se déculpabiliser et déresponsabiliser souvent…
     

  45. Dépassons les clivages , comme le souligne Vénus « C’est plutôt à mon humble avis certaines associations d’intelligences humaines qui peuvent être dangereuses. »

    exemple d’une belle « bifurcation « , un reportage sur fr 2 ce jour, trés interessant, le chef d’état africain qui reçoit M Borloo est effectivement rassuré par l’aspect concret du projet  fédérateur ,mise en synergie des acteurs vers un but concret qui améliore la vie de millions d’individus :

    « La Fondation de M. Borloo a pour ambition de soutenir l’Afrique aux noms de la France et de l’Europe. Comment? En apportant son soutien aux gouvernements, aux initiatives citoyennes, ainsi qu’à toutes les ONG et autres agences d’aides au développement impliquées sur le Continent Noir. M. Borloo compte également favoriser l’implication des réseaux financiers privés et publics et apporter en Afrique les compétences qu’il manque pour son bon développement (via l’ingénierie, la formation professionnelle ou l’information sur les nouvelles technologies). »

    Jean-Louis Borloo lance une fondation pour l’électrification de l’Afrique

    http://lenergiedavancer.com/jean-louis-borloo-lance-une-fondation-pour-lelectrification-de-lafrique/2014/09/30/

    http://www.europe1.fr/politique/borloo-la-democratie-sans-lumiere-ca-nexiste-pas-941512

  46. https://www.youtube.com/watch?v=ATc02c0XMUg

    Je ne vois aucune raison raisonnable d’arrêter d’espérer et d’agir. A mon (humble) avis, vous êtes juste victime de l’eschatologie endémique du temps que génère le cynisme désabusé du consumérisme sans rêve. Essayez de conter plutôt que compter : vous verrez que de la poétique  à la poiétique, il n’y a qu’un iota. Respectueusement, G.

  47. Désolé d’interrompre les conversations, mais à titre d’info : Dragi n’a pas cédé, et il continuera à alimenter les banques grecques en ELA.

    Si les politiques européens ne prennent pas de décisions politiques, notamment Merkel, ce sera alors aux grecs de le faire, dans un sens ou un autre.

    Voilà le message de Draghi, qui renvoie la balle, comme Tsipras, aux créanciers : fini de ‘jouer’, comme ils disaient …

    https://www.ecb.europa.eu/press/pr/date/2015/html/pr150628.en.html

    1. Le grand bal des lâches. Sauvegarde technique par pure « humanité » pour éviter l’effondrement. Mais maintenant combien de temps le puits sans fond peut-il être alimenté ?

      Un vrai gouvernement d’amateurs. Quelle tristesse !

    2. Zébu, excellente nouvelle si c’est confirmé !

      Ça voudrait dire que la stratégie du collier étrangleur a fonctionné et que c’est la tête d’Angela qui se trouve prise dedans.

      Si Draghi en effet assure les liquidités, nous sommes dans une situation où le » défaut » ne fera sentir ses effets qu’à l’extérieur de la Grèce. Le temps suffisant pour mettre en place une monnaie nationale pour payer les salaires. La balle est dans le camp du FMI et de la « Grosse Commission ». Il va s’en passer des choses cette semaine !

      1. bonobo, effectivement, ce n’est pas forcément une mesure de ‘soutien’ à Tsipras, puisque le plafond reste inchangé par rapport à vendredi. Pour autant, il n’a pas cédé non plus aux sirènes de Weidman qui voulait lui couper l’ELA et/ou augmenter la décôte pour les garanties des banques grecques nécessaires pour y accéder. De fait, comme le plafond n’augmente pas, cela ne fait que précipiter des décisions qui de toute façon auraient dû être prise lundi, ou mardi, avec ou sans augmentation du plafond : contrôle des capitaux, fermetures des banques et de la bourse, sans quoi, c’était le plongeon assuré. Tsipras le savait, Draghi aussi.

        Pour autant, Draghi maintient le cap : renvoyer la pelote aux politiques. Ou au peuple, in fine.

        Le tout, le plus rapidement possible.

      1. La BCE n’a pas augmenté le plafond, elle n’a pas coupé les vivres pour autant. Mais devant les retraits apparemment importants observés depuis l’annonce du référendum, ne pas augmenter le plafond met de facto les banques grecques dans une situation ne leur permettant pas d’ouvrir lundi matin sans qu’une solution technique soit mise en œuvre par le gouvernement grec et/ou la BCE.

      2. La BCE n’a pas augmenté le plafond, elle n’a pas coupé les vivres pour autant.

        Le message est limpide: fin de l’ELA, contrôle des capitaux – si les autorités grecques ne le décident pas c’est Nouy qui se chargera de l’imposer (enfin!).

      3. C’est encore les plus faibles qui vont morfler. On a devant nous le signe évident que seule une intégration fédérale totale et une harmonisation générale peuvent permettre d’échapper à ce spectacle lamentable. Je suis très déçu.

      4. Précisons que depuis février l’€système a balancé 30 milliards d’euros de plus au passif Target des grecs via les crédits ELA. Inimaginable qu’on continue à soutenir les banques grecques de cette maniére jusqu’à l’éventuel référendum – cela, qui plus est, au bénéfice des déposants «privilégiés».

      5. Les billets de F.Leclerc ne sont pas ouvert aux commentaires et c’est bien dommage. François présente les faits avec une biais politique tellement marqué que cela en devient ridicule. Il n’analyse plus, il milite. Peut-être pense-t-il rendre service aux grecs et aux lecteurs, mais selon moi, il s’égare et les perd avec lui, il n’est plus dans le réel… Tout ces gens méritent tellement mieux !

      6. Contrôle des capitaux, limite aux retraits et transferts, banques et bourse fermées.30 milliards trop tard…

      7. Clo clo : étrange sollicitude .

        Les grecs , qui ne lisent pas les billets de François Leclerc , diront ce qu’ils veulent dire par un billet autrement significatif : on peut appeler ça un referendum .

      8. Cloclo, François Leclerc, au moins essaie de respecter les faits. Ce n’est pas lui qui a claironné jeudi 25 :

        Dans un tel contexte, jouer avec les allumettes comme le fait en ce moment la Troïka en voulant imposer à la Grèce, et à l’encre rouge, de faire passer la TVA sur les produits alimentaires de 13 à 23%

        Ça c’est juste faux – i.e ce qu’on appelle communément de la propagande.

      9. J’ai vérifié et dans le billet de F. Leclerc du 25, La fin du marathon grec, on peut lire : « Mais les créanciers ont franchi les limites acceptables en choisissant d’appuyer où cela fait mal dans leur contre proposition, notamment en exigeant symboliquement que la TVA sur la nourriture soit portée à 23%, ainsi qu’en revenant sur le sujet très sensible des retraites. »

        J’étais prêt à présenter des excuses, mais non. Pour mes critiques à l’invention de l’élément de langage religion féroce, qui n’a servi qu’à masquer les dissensions au sein de l’eurozone et du FMI que l’on veut bien remarquer maintenant, non plus. Encore moins remercier la perte de vue des contradictions au sein des appuis hétéroclites à Tsipras en Grèce et de l’incongruité de la position du FMI dans cette négociation, devenus points de détail perdus dans les brumes de la légende de Léonidas contre la Troïka.

      10. Etrange sollicitude Juannessy ?

        Allons,  pas d’enfantillage stp. Tu vois un peu le bordel  dans lequel Tsipras a foutu son pays ? Par pure bêtise capricieuse de gamin gâté.

        Aidé par l’Apollon d’opérette qui a une maison avec vue sur l’acropole. Le tout avec l’appoint de tout ce que peut compter le pays en chevaliers blancs ou rouges mais tous purs des forces de la souveraineté.

        Et on ne peut pas dire qu’il a manqué de soutien par ici… Raaah la la les combats contre les religions font parfois faire de graves erreurs d’appréciation. L’arroseur arrosé quoi comme la dit F.Leclerc.

      11. @Clo Clo :

        Si les grecs jugent que Tsipras et Varoufakis sont des cons, ils le diront ,et ils sont même les  seuls  habilités  à le dire, d’autant que  selon tous les échos allemands ou français , « ils sont les seuls concerné

        Idée que ce sont les grecs « pauvres » , les Clo-dos ,qui seront les plus nombreux avec eux . Pour les grecs « riches » on va voir.

        PS :je retrouve dans la tonalité du billet de Jean Zin, des échos à ce  que j’ai souvent cité ici comme le principal message de Tolstoï dans l’épilogue de « guerre et paix ».

        « Le pouvoir , pris dans sa réalité , est en fait l’état de plus grande dépendance où l’on se trouve vis à vis d’autrui ». ( de mémoire , donc à peu près).

        Tolstoï était un intellectuel assez particulier, qui , à l’usage , avait bien repéré déjà les limites des intellectuels, des stratèges et de pas mal d’autres choses .Et mesuré le poids et la prééminence de l’agrégat non maîtrisé de milliers ( sinon de millions ) de petites et grandes choses .

        Et ces milliers de choses se nourrissent  d’idées et de personnages empathiques , d’idées et de personnages créatifs et intellos ( artistes ), d’idées et de personnages normatifs,professeurs et mécaniciens(artisans), d’idées et de personnages  stratèges et « leaders ».

        La confusion nait ,selon moi, sur cette notion de leader , qui confère à celles et ceux qui ont cette aptitude , la croyance qu’ils sont la vérité , alors que dans le meilleur des cas , ils n’incarnent et animent que la vérité utile du moment.

        Laquelle résulte elle même de tous les milliers de fers au feu, qui , d’une certaine façon , sont les inconscients dont on a affirmé ici qu’ils précèdent notre » volonté ».

        « Précèdent » , pas « remplacent », ce qui laisse un rôle aux intellectuels , aux stratèges , aux artistes, aux poètes, aux bâtisseurs ,aux professeurs , aux « Lucky Luke », aux « leaders », aux amoureux….

        Un « rôle » qui pourrait être celui de donner les meilleurs chances à l’espèce de survivre .

  48. Rêver à mieux, faire assaut de belles idées et de bonnes intentions n’est que disperser inutilement nos forces.

    Tout à fait correct !

    C’est pourtant les rêves, les pleurs, les colères, l’émotion qui dictent ce blog, et les gauches dont il fait à 99,x% partie.

    L’irrationalité explique l’essentiel de nos problèmes , petits et grands.

    Nous devons donc commencer par une révolution copernicienne dans les domaines hors sciences dures. je n’en vois pas l’ombre d’un commencement ici, au contraire.

    Exercice : le cas grec:

    Il pose à la raison 2 questions et seulement 2:

    1) Qui paiera la dette grecque du passé ?

    2) Qui paiera la dette grecque du futur ?

    Quand ‘on’ doit payer, il est tout à fait rationnel que ‘on’ renâcle. Le reste , notamment les envolées sur la démocratie, n’est que littérature.

    1. hadrien, on paiera forcement pour des risques que le bon peuple n’aurait jamais eût idée de prendre (les financiers si, ils percutent pas), mais là question est: « crois-tu réellement à la valeur intrinsèque de l’argent? », c’est un consensus social, donc payer est le produit d’un consensus pour laisser les banques et les financiers agir sottement.

      Il y a quelques années j’attendais des signes comme des humoristes disant: »faut combien de financiers pour changer une ampoule, aucun il fera appel à un sous-traitant », ou alors « c’est un financier déguiser en peintre qui espionne ces employés et un de ces collègues le reconnait et lui dit: les cours de l’escabeau sont en train d’augmenter, vend l’escabeau je m’accroche au pinceau! », voir tout simplement « c’est un cadre de Lehm-an Brother qui veut draguer une blonde et celle-ci de répondre, désolé je suis pas très maline, mais je suis pas idiote à ce point là ». Mais y à rien, c’est pas la peine, l’Euro est mort quand les taux ce sont différenciés par manque de solidarité.

      Et tu crois qu’un état est une entreprise, essaye : »l’imposture économique », table-ronde Steve Keen, Gaël Giraud et Claude Simon sur daily, peut-être que cela passera mieux avec un anglophone et un jésuite.

  49. « C’est pourtant les rêves, les pleurs, les colères, l’émotion qui dictent ce blog, et les gauches dont il fait à 99,x% partie.

    L’irrationalité explique l’essentiel de nos problèmes , petits et grands.

    Nous devons donc commencer par une révolution copernicienne dans les domaines hors sciences dures. je n’en vois pas l’ombre d’un commencement ici, au contraire. »

     

    Les théoriciens racistes de la fin du XIX étaient fascinés par le darwinisme, me semble-t-il, et les théories sur la survie des plus forts. L’ultranationalisme se voulait certainement un magnifique exemple d’importation de la raison scientifique dans le domaine des sciences sociales et politiques.

    Oui, c’était le point Godwin du jour.

    Je suppose qu’il s’explique par ma réaction émotionnelle et non scientifique de gauchiste dont l’attachement au progrès social et à la dignité humaine relève d’une hystérie sentimentale pleine de moraline d’origine insidieusement chrétienne (il m’arrive même d’éprouver de la compassion).

     

  50. Si j’étais Yanis Varoufakis, je renverserai la situation à ce point culminant.

    Cher Yanis Varoufakis,

    Premièrement  : Achetez des titres de dette d’Etat les meilleurs sur le marché et revendez les, cela permettra de diluer et de transformer une partie de la dette

    Deuxièmement  : Créez une banque Nationale unique en nationalisant et regroupant 3 banques grecques :

    -Alpha Bank(fondée en 1879)
    -National Bank of Greece(fondée en 1841)
    -IT Hellenic Post Bank (fondée en 1900)
    Cette création permettra de:

    Mutualiser une partie de la dette
    Créer une banque de dépôt
    Créer une banque commerciale séparée
    Créer un marché financier
    Créer une nouvelle monnaie secondaire nommée Varoufakis

    Ainsi « Qui veut faire de grandes choses doit penser profondément aux détails ». Ambroise Paul Toussaint Jules Valéry.

  51. En fait les allemands étaient pour la rupture et l’arrêt brutal du soutien de la bce aux banques grecques, ce qui obligeait les grecs au remboursement immédiat des titres et aurait donc précipité la faillite du système bancaire grec.

    Malgré les apparences , le fait effectivement de ne pas augmenter le plafond de l ‘ela, asphyxie , de fait, le système bancaire grec . Les retraits dépasseraient 2 milliards d’euros par jour.

    Mais …..Une dernière proposition de deal a été transmise à Alexis Tsipras par les partenaires européens. S’il accepte, un sommet de l’eurozone pourrait l’acter ce lundi.

    « Les dernières concessions des créanciers

    Celle-ci inclut les toutes dernières concessions que les créanciers gardaient sous le coude, mais qu’ils n’avaient plus eu le temps d’abattre lors de la dernière séance de négociation bruxelloise entre experts, interrompue dans la nuit de vendredi par l’annonce à Athènes du référendum pour ou contre la proposition des créanciers.

    Le deal, toujours selon cette source, serait le suivant : sur base de cette proposition complète, le Premier ministre grec fait une déclaration à son opinion publique, où il annoncerait que sur base de nouveaux importants éléments en sa disposition, plus favorables au peuple grec, il va préconiser le « oui » lors du référendum de dimanche prochain. S’il communique cette intention à ses partenaires européens, un sommet de la zone euro pourrait être convoqué dès ce lundi, afin d’acter au plus haut niveau l’accord entre la Grèce et ses créanciers.

    Sur base de cet engagement politique, on trouverait avec le Fonds européen de stabilité financière, qui porte les prêts consentis par les États de la zone euro à la Grèce, un dispositif qui permettrait de prolonger le programme d’assistance expirant le mardi 30 juin à minuit. Cette opération est capitale : car si l’on dépasse la date du 30 juin, il n’est plus possible de le réactiver, et tout accord avec la Grèce devrait faire l’objet d’un tout nouveau programme. »

    http://www.lesoir.be/921749/article/actualite/monde/2015-06-28/l-ultime-proposition-grece-pour-eviter-chaos

    LA troîka continue à mettre la pression sur les grecs pour les retourner en sa faveur lors du prochain vote, de plus elle veut encore obliger Tsipras à céder.

    les propositions…d’une troïka qui se sent soudain fébrile ? DSK aurait pu se réveiller AVANT tout de m^me !

    manoeuvre vous avez dit manoeuvre……

     » nous savons désormais qu’il est aussi dangereux d’être gouverné par l’argent que par le crime organisé.  »
    Roosevelt

    et

    « La dignite du peuple Grec face au chantage et a l’injustice enverra un message d’espoir et de fierte a toute l’Europe ». A. Tsipras

  52. Parole d’écrivain,  Pétros Márkaris ;

    The past was a fantasy, an illusion of wealth and greatness.

    This, today, this is the reality — we were always a poor country, and now we know finally exactly how poor we are.

  53. Lire : http://www.huffingtonpost.fr/fabien-cazenave/crise-grece_b_7680656.html?utm_hp_ref=france

    extrait:

    Ce n’est pas l’Europe de l’austérité qu’il faut renverser, mais bien l’Europe des Nations pour faire une autre Europe, la vraie. Une Europe où les dirigeants nationaux se cachent derrière la Commission appliquant les décisions qu’ils ont prises. Une Europe qui ne soit plus un simple espace de relations internationales un peu plus intégré que les autres. Une Europe où ce n’est pas le Conseil européen qui décide mais un gouvernement responsable devant un parlement élu par les citoyens. Une Europe où nous ne sommes plus des nationalités différentes mais des citoyens voguant sur le même bateau.

    Les frontières sont les chaînes que les financiers et les mafias utilisent pour mater les peuples. Et les peuples aiment leurs chaînes !

    1. Les frontières au contraire sont des limites à la liberté de   barcasses dites « citoyennes »  qui voguent   en convoi catastrophique . Les frontières définissent  bien plutôt le réalité historique concrète de mondes, de milieux physiques et culturels concrets, sans la reconnaissance desquels en effet les peuples sont  conduits à subir  toutes les formes de chaînes possibles. Il n’est plus d’autre solution, sinon la révolte, que d’apprendre à aimer la fiction de leurs chaînes.  .

    2. Après quelques soient nos convictions et sachant que peu d’entre nous espère être dictateur du monde (afin de pouvoir assoir ces convictions sans compromis), le mieux c’est d’avoir des opposants éclairés (même si cela augmente le challenge de les convaincre), par conséquent Hadrien je vous conseille la vidéo de Vincent Brousseau « L’euro avant, pendant, après », car vous méritez de vous opposer avec plus d’arguments et pour ma part la défaite est moins cruel avec de beau vainqueur.

  54. « Varoufakis : «Aux institutions de montrer leur bonne volonté»
    Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis estime qu’il appartient maintenant « aux institutions (UE, FMI et BCE) de montrer leur bonne volonté » tout en se disant ouvert à de nouvelles négociations pour parvenir à un compromis in extremis. « Nous avons déjà mis nos propositions sur la table », assure Yanis Varoufakis dans un entretien au quotidien allemand Bild.

    « Nous restons ouverts à de nouvelles propositions des institutions », a-t-il insisté. « Si ces nouvelles propositions venaient et si nous les considérions comme vraiment meilleures (…) nous pourrions recommander à nos électeurs de les approuver », a ajouté le ministre. »

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/06/28/20002-20150628LIVWWW00041-grece-bras-de-fer-avec-l-europe.php

  55. Merci à vous Juan pour ce trés beau message et cet hommage par ces belles paroles, à Tolstoï,  celles qui vont au delà des clivages et soulignent effectivement certaines limites : là où il nous faut souvent revenir à plus d’humilité, au sens noble.

    « « L’humilité est l’intelligence de celui qui ose. La modestie, l’orgueil de celui qui n’ose pas. » ( Tariq Demens, Diaphorismes, p. 76)

    Que signifie oser ? L’attitude de celui qui affronte la peur. J’ose quand je redoute un acte (me jeter à l’eau, changer de vie…), mais que je ne m’abstiens pas pour autant. Il est bien des manières d’éviter la peur ! Celle du téméraire, qui ne la connaît pas parce qu’il est inconscient du réel, et qui agit, mais sans conscience. Celle du lâche, qui neutralise son effroi en s’abstenant d’aller vers ce qui l’effraye. Lui est conscient, mais n’agit pas. Au contraire, celui qui ose a malgré tout peur, mais il agit quand même. Il accepte l’expérience de la peur.

    N’est-ce pas là une première définition de l’humilité ? La peur repose en effet sur le sentiment que je ne contrôle pas tout, que mon système de défense ne me rend pas invulnérable : je peux être blessé, tué, je peux souffrir. La peur est une connaissance : je ne suis pas tout-puissant. Être humble, c’est donc d’abord comprendre les limites inhérentes à sa condition. En cela, déjà, l’humilité est une intelligence. Mais cela ne suffit pas. Car comprendre ses propres limites, c’est aussi le risque de s’y laisser enfermer. On s’en contente. On n’a pas la « prétention » de dépasser sa condition… Humilité ? Non, modestie ! Je suis alors modeste dans mes ambitions, modeste dans ma conception de la vie, fier d’être modeste, puisque l’usage fait de la modestie une vertu. « L’orgueil de celui qui n’ose pas »…

    Dans les tragédies grecques, l’arrogance de celui qui prétendait dépasser sa condition (le péché d’ubris) était sévèrement puni par les dieux. Mais c’est que le héros ne comptait alors que sur ses seules forces, dont les limites échappaient à son intelligence. Entre la modestie de celui qui ne s’aventure pas au-delà de ses propres limites et le délire de toute-puissance de celui qui refuse de les reconnaître, il y a une autre voie, celle de l’humilité: comprendre ses limites, – mais pour aller au-delà !
    Le trac de l’artiste en donne un bon exemple. Le véritable acteur a conscience, au moment d’entrer sur scène, que tout ce qu’il sait (son texte), tout ce qu’il sait faire (sa technique), tout ce qu’il maîtrise, tout cela est cruellement insuffisant.

    Car pour que l’art ait lieu, il faut plus : cela qui ne peut que lui être donné s’il se dispose à le recevoir, et qui est de l’ordre du mystère : cette présence, cette justesse – la grâce. Il a donc peur, car il sait que l’aventure de la scène est au-delà de ses seules forces. Mais il y va quand même, dans l’espérance que lui soit donné ce qui le dépasse et donne sens à l’aventure de son art et de sa vie. »

    http://www.cles.com/chronique/l-intelligence-de-l-humilite

  56. Je lis sous la plume de François Leclerc :

    Jouer la victoire du « oui » au référendum n’aboutira pas à la chute du gouvernement grec, à moins qu’il n’en décide ainsi.

    Comment peut-on en arriver à écrire pareille énormité ?

    Au minimum, le oui au référendum (qui semble probable) entraîne le lourdage des « lafazanistes » et donc un changement de majorité.

  57. « Les propos de François Hollande ne supportent pas la comparaison, qui a conclu les travaux du Conseil restreint qu’il avait convoqué ce matin en déclarant platement « la solidarité, elle est toujours possible, quand la responsabilité est là », masquant qu’il continue de jouer gros en éludant les engagements financiers du pays, puis s’accordant lui même un quitus en affirmant « j’ai joué avec le gouvernement français, et notamment le ministre Michel Sapin, tout le rôle qui était attendu de la France. » On verra la suite, là également. »

    merci M Leclerc.

    Ou plutôt « on voit déjà », clairement pas à la hauteur pompom les macarons, histoire de ne pas se démarquer du reste de l’équipe….courage pompom , le nuage de Tchernobyl a épargné la France aussi….c’est ça , n’importe quoi …

    J’espère que M Juncker n’aura pas trop de mal à se « remettre » des trahisons des accolades et des humiliations infligés par sa « belle équipe » au peuple grec, la carte du pathos larmoyant devant les caméras fallait OSER !!!

    QUELLE HONTE !

  58. Paul Jorion, 29.06.2015, TV5Monde :

    Je peux vous dire qu’en ce moment, au niveau des banques centrales, ils ne sont vraiment pas à l’aise. Le risque sur le système bancaire est très important.

    Si j’étais banquier central je parlerais plus de banque avec Paul Jorion…

    1. Trop bon…

      Et foutre à l’eau 10 ans à essayer d’y introduire un autre point de vue, élargir les horizons? Si j’étais banquier, j’en redemanderais du Jorion, encore et encore, vu les performances. Il faut rappeler que laissés à eux-même, ce sont une bande de bras cassés, minables par rapport aux exigences des fonctions revendiquées.

      D’un autre côté, si ces banquiers ne savent pas tenir leur langue… bien fait pour  eux, indigne de la fonction. Il est aussi probable qu’ils s’ouvrent à Paul dans ce but, disséminer. Je souffle à tout vent.

      Mais c’est  peut-être une ouverture: les salons feutrés de la haute banque s’ouvre à la transparence, une transparence ciblée et contrôlée. On peut rêver… et jouer au petit télégraphiste de service ?

  59. Avons-nous besoin des grecs pour revenir aux fondamentaux?

    « La crise européenne n’est pas une crise de la dette! Elle est due à l’effondrement de la croissance ayant eu un impact dévastateur tant sur les dettes du secteur privé que des Etats. Cette crise a par la suite inéluctablement dégénéré en dépression du fait de la politique monétaire trop restrictive menée par la BCE. Voilà pourquoi la suggestion formulée par le nouveau gouvernement grec de conditionner le montant du remboursement de ses dettes à la croissance de son pays reflète une compréhension et un diagnostic parfaits du mal européen. En adéquation totale avec l’évolution de son P.I.B., la Grèce s’acquitterait de remboursements supérieurs en cas de redémarrage satisfaisant de sa croissance, et conserverait des réserves l’autorisant à renflouer sa population et son activité en période de croissance nulle, comme celle qu’elle subit actuellement.

    Du coup, les finances grecques (et des nations bénéficiant d’un tel régime) seraient moins sensibles aux chocs macro économiques, aux ralentissements notoires de leur croissance et risqueraient nettement moins le défaut de paiement, pour la seule et unique raison qu’il leur serait demandé moins en contexte de crise. En revanche, les créanciers seraient naturellement en droit d’exiger de la part de ces nations des efforts supplémentaires dès le redémarrage de leur croissance. Telle est donc la proposition formulée il y a quelques jours par Yannis Varoufakis, Ministre des finances grecs, qui reprend là des recommandations émises depuis plusieurs années par des économistes « hétérodoxes ». Solution qu’aurait certainement préconisé Keynes en personne car elle s’inspire en droite ligne d’un de ses enseignements principaux, à savoir qu’il est vital pour un Etat d’adopter une politique économique contrecyclique. Proposition qui devrait – en théorie – être acceptée par les allemands qui seraient dès lors certains de voir la Grèce rembourser ses dettes dès la croissance repartie, et qui éviterait un défaut de paiement de ce pays – voire une sortie de l’euro – dont ils seraient les premiers à pâtir. »

    http://www.michelsanti.fr/grecs/

    1. Le problème c’est que la croissance est corrélée à la croissance énergétique qui n’existe plus en Europe depuis 2007. On a perdu 7% depuis 2008.

      Relisez Jean marc Jancovici, Gaël Giraud, François Roddier, ASPO etc…, C’est pas les infos qui manquent!!!

      Je dis ça ou rien c’est pareil, personne n’écoute.

      IL N’Y AURA JAMAIS PLUS DE CROISSANCE!!!

  60. Les banques internationales exposées à hauteur de 41,9 mds à la Grèce

    LONDRES, 28 juin (Reuters) – L’échec des négociations entre la Grèce et ses créanciers au cours du week-end, qui a conduit Athènes dimanche à mettre en place un contrôle des capitaux et à décider d’une fermeture temporaire des banques, rapproche le pays d’une situation de défaut de paiement et, partant, d’une sortie de la zone euro.

    La plupart des banques étrangères ont massivement réduit leur exposition à la Grèce après une restructuration de la dette souveraine grecque en 2012, au premier chef les établissements français et allemands.

    Ceci étant dit, certaines pourraient quand même perdre de l’argent si jamais la Grèce devait quitter l’Union économique et monétaire et pourraient pâtir d’un effet de contagion négatif sur leurs coûts de financement.

    « Même si la banques européennes sont mieux préparées pour absorber toute volatilité de valeur des actifs en cas de sortie de la Grèce de la zone euro, même si les risques potentiels de contagion sont plus contenus par rapport à 2012, l’incertitude de la réaction des marchés en cas de sortie de la Grèce de la zone euro pourrait néanmoins affecter le profil de crédit de certaines banques européennes », a estimé Moody’s dans une note.

    Selon la Banque des règlements internationaux, les banques internationales avaient en portefeuille, à la fin 2014, un total des prêts consentis à la Grèce de 46,8 milliards de dollars (41,9 milliards d’euros), dont 33 milliards pour les banques européennes. »

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N0ZE0WT20150628

    Greece Will Default To IMF Tomorrow, Government Official Says

    « Earlier today, as the exchange between Greece and its creditors got increasingly belligerent, Estonian Prime Minister Taavi Roivas told public broadcaster Eesti Rahvusringhaaling in interview that a possible Greek decision to leave euro area wouldn’t soften stance of other EU countries and that Greece’s debt would still remain outstanding and creditors would expect this money back. »

    http://www.zerohedge.com/news/2015-06-29/greece-will-default-imf-tomorrow-government-official-says

    1. Meri Hervey, pour cette note légère, subtile et enchantée.

      « Les papillons peuvent donner un sentiment d’extrême légèreté, sans pouvoir peser en quoi que ce soit sans conséquence aucune. Attention à l’effet papillon. »

      L’effet papillon….:-)

       

  61. Le chef du gouvernement grec met son poste en jeu pour le référendum
    « Si les Grecs choisissent l’austérité, ce sera sans moi ! C’est en substance le message qu’a fait passer le Premier ministre Alexis Tsipras lundi, laissant entendre qu’il démissionnerait en cas de victoire du « oui » aux propositions des créanciers lors du référendum de dimanche prochain.

    « Si les Grecs veulent continuer avec les plans d’austérité à perpétuité, ce qui nous empêchera de relever la tête… nous respecterons leur choix mais nous n’appliquerons pas (cette politique) », a-t-il déclaré. Lors d’une déclaration à la télévision d’Etat, le chef du gouvernement grec a appelé ses compatriotes à voter massivement en faveur du « non », en faisant valoir que le rejet de la dernière proposition des créanciers à une nette majorité permettrait à son gouvernement d’être mieux armé pour négocier.

    Le chef de la gauche radicale s’est à nouveau dit convaincu du fait que les créanciers ne souhaitent pas la sortie de la Grèce de la zone euro en raison du « coût considérable » qu’aurait une telle initiative. « Je ne pense pas que leur intention soit de pousser la Grèce hors de l’euro mais de mettre fin aux espoirs qu’il puisse y avoir une politique différente en Europe », a-t-il souligné. »

    http://www.capital.fr/a-la-une/politique-economique/le-chef-du-gouvernement-grec-met-son-poste-en-jeu-pour-le-referendum-1051503

  62. Leclerc:

    Alexis Tsipras a fait valoir que la victoire du « non » renforcerait sa position dans les négociations, tandis que ses adversaires européens ont prétendu qu’il mènerait tout droit à la sortie de la Grèce de l’euro, modifiant de facto et en toute démocratie la question posée. On n’a jamais vu une telle ingérence !

    Faut arrêter les simagrées. Tsipras a fait le choix de suivre les ultras de Syriza et donc la sortie de l’euro. Il demande, nécessairement, l’assentiment des Grecs, par une manoeuvre plébiscitaire. Tout le monde le comprend ainsi ou le comprendra très vite.

    1. Les ultras gènent surtout l’eurozone et la troïka, pas le gvt grec.

      N’importe quoi, l’eurozone veut éviter la « danse infernale », point barre, alors les simagrés de juncker and co …….tout le monde les voit aussi et c’est pitoyable, ne pleure pas juncker tu le garderas ton précieux, mwarf….

      Et les virer des négos pour consultation du peuple grec c’est démocratique peut être ?

       » 14:39 Mais qui donc, de la Grèce ou de l’Eurogroupe, a rompu les négociations ?
      Retour sur.

      Depuis samedi soir, pas de doute, la discussion entre la Grèce et les institutions européennes est rompu. Mais à qui la faute ? A Alexis Tsipras, lorsqu’il a annoncé son référendum, disent plusieurs dirigeants, dont François Hollande. A l’Eurogroupe, dit de son côté Yanis Varoufakis, le ministre des Finances grec, dans un post de blog peu remarqué par la presse.

      Dimanche, Varoufakis a en effet publié sur son blog le texte (en anglais) de sa dernière intervention devant l’Eurogroupe, samedi (quelques heures donc avant l’annonce du référendum), avec quelques précisions sur la façon dont se sont déroulés les échanges. Elles ont été traduites par Slate.fr ; nous les reprenons ici :

      «Avec le soutien des autres membres, le président de l’Eurogroupe [le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, ndlr] a rejeté notre demande d’une extension [des mesures d’aide] et a annoncé que l’Eurogroupe publierait un communiqué attribuant la responsabilité de cette impasse à la Grèce, et a suggéré que les 18 ministres (c’est à dire les 19 ministres des Finances de la zone euro moins le ministre grec) se réunissent à nouveau plus tard pour discuter des moyens et des outils de se protéger contre ses retombées.

      A ce moment-là, j’ai sollicité les conseils juridiques du secrétariat pour savoir si un communiqué de l’Eurogroupe pouvait ête publié sans l’unanimité de rigueur et si le président de l’Eurogroupe pouvait convoquer une réunion sans inviter le ministre des Finances d’un pays membre de la zone euro. J’ai reçu cette réponse stupéfiante: « L’Eurogroupe est un groupe informel, il n’est donc pas tenu par les traités ou par des règles écrites. Si l’unanimité est une coutume tacite, le président de l’Eurogroupe n’est pas tenu par des règles explicites ». Je laisserai au lecteur la responsabilité de commenter cette incroyable déclaration.»

      http://www.liberation.fr/monde/2015/06/29/une-semaine-decisive-pour-la-grece-et-l-euro_1339195

      Juncker qui vient dégouliner devant les caméras et puis ressuscite en tendant la main au gvt grec, pathétique… :

      http://fr.euronews.com/depeches/3029171-grece-juncker-a-propose-a-tsipras-une-solution-de-derniere-minute/

      et

      « D’autant que, selon Stiglitz, la zone euro n’a guère de leçons à donner en termes de démocratie : «Le souci de la légitimité publique est incompatible avec les politiques de l’eurozone, qui n’ont jamais été un projet très démocratique. La plupart de ses gouvernements membres n’ont pas cherché l’approbation de leur peuple pour remettre leur souveraineté monétaire à la Banque centrale européenne.» Non pas que le professeur à l’université de Colombia figure parmi les europhobes. Au contraire. L’homme a toujours été un ardent défenseur de la construction européenne. «Mais je redoute que les forces aujourd’hui à l’œuvre sur le vieux continent, si rien ne change, ne mènent à sa destruction», confiait-il mi avril au journal le Monde. Evoquant les taux de chômage record en Grèce ou en Espagne, il n’hésitait pas non plus à assurer : «Les leaders européens sacrifient une génération entière de jeunes Européens sans se remettre en question, c’est criminel.» »

      http://www.liberation.fr/monde/2015/06/29/deux-nobel-d-economie-au-secours-de-tsipras_1339529

      et

      La Grèce va omettre un remboursement au FMI, un tabou brisé sans fracas :
      http://5minutes.rtl.lu/fr/actualite/international/646455.html

      LIBERTE ! La déclaration d’indépendance de la Grèce

      En annonçant dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 juin la tenue d’un référendum, Tsipras a fait voler en éclats le cadre juridique et comptable dans lequel voulaient l’enfermer les dirigeants de la zone euro. En soumettant aux citoyens grecs les mesures souhaitées par ses créanciers (Commission européenne, BCE, FMI), il a réintroduit le peuple souverain dans la négociation. Et mis au jour la guerre qui jusque-là se déroulait derrière le paravent des négociations.

      http://www.mediapart.fr/journal/international/300615/la-declaration-d-independance-de-la-grece

    2. Ce qui est rigolo , c’est que ,de chaque bord ,on a déjà des interprétations des réponses ( oui ou non ,sans que l’on soit définitivement sur encore de la consigne de vote des uns et des autres ) à une question qui n’a pas encore été formulée .

      Molière ou Shakespeare n’auraient pas fait mieux pour révéler les âmes .

      Pour ce qui est du choix d’éjecter la Grèce de l’euro zone , je crois plus que c’est davantage le choix  et l’espoir ,sinon la volonté ,de Schäuble ( ouf , j’ai enfin mis le tréma sur la bonne voyelle) .

      PS : rien sur le rôle du FMI ?

      1. FMI ?

        http://www.lemonde.fr/europeennes-2014/article/2014/03/14/pour-le-parlement-europeen-la-troika-n-est-pas-democratique_4383044_4350146.html

        hé puis pour changer Christine les bras m’en tombe….

        http://blogs.mediapart.fr/blog/segesta3756/180615/grece-le-scandale-des-journalistes-mercenaires-au-service-de-la-troika-par-marco-santopadre

        http://www.zerohedge.com/news/2015-06-19/imf-trained-greek-journalists-washington-spin-stories-favor-troika
        The ECB’s Noose Around Greece: How Central Banks Harness Governments
        Posted on March 15, 2015 by WashingtonsBlog
        By Ellen Brown.

         »

        The noose around Greece’s neck is this: the ECB will not accept Greek bonds as collateral for the central bank liquidity all banks need, until the new Syriza government accepts the very stringent austerity program imposed by the troika (the EU Commission, ECB and IMF). That means selling off public assets (including ports, airports, electric and petroleum companies), slashing salaries and pensions, drastically increasing taxes and dismantling social services, while creating special funds to save the banking system.

        These are the mafia-like extortion tactics by which entire economies are yoked into paying off debts to foreign banks – debts that must be paid with the labor, assets and patrimony of people who had nothing to do with incurring them. »

        http://www.washingtonsblog.com/2015/03/ecbs-noose-around-greece-central-banks-harness-governments.html

    3. Maman Europe ne veut pas de ce bébé là… fallait pas faire rentrer le grec, mon bon monsieur.
      On a l’impression d’assister à une naissance au forceps et les familles en attente  dans les couloirs font une drôle de gueule.

      Dans la tragédie faut toujours remonter loin dans l’histoire et pour le coup, ça y ressemble. Pas de manoeuvre. Ou alors ceux sont les dieux qui sont à la manoeuvre. Les dieux joueurs et inconséquents, si proches des hommes mais comme eux ne maitrisant pas grand chose.

      1. Si « suivre le dossier » c’est se contenter d’opiner religieusement aux avis autorisés du Blog Jorion, de Stiglitz ou Varouf, alors je confesse n’avoir pas suivi le dossier.

        Zeb, y’a pire pour les Grecs qu’un Grexit c’est le non plus l’euro. Le rêve de Schäuble, depuis longtemps.

  63. En lisant le billet de Dominique Temple ( qui en appelle d’autres j’espère ), je me suis dit que la production intello pouvait avoir l’avantage de démystifier des évidences qui n’en sont pas , et de « donner des idées » à d’autres « corporations » .

    J’ai trouvé dans son billet un renvoi à un travail nécessaire sur la définition de la propriété dans la ( les ?) constitution(s?) . Une lecture , dans l’esprit du billet , du droit de propriété en Chine , tant qu’il est « hors normes occidentales » , serait sans doute éclairante d’un travail déjà tenté . On n’échappera pas non plus à une revisite de la défense de la « propriété » selon la religion catholique qui , comme le libéralisme philosophique , en fait la garantie de la liberté individuelle .

    On aura sans doute fait un grand pas acceptable par tous , quand chacun tombera d’accord qu’il n’y a pas de liberté individuelle possible sans liberté collective , garantie par une propriété inaliénable.

    Encore faut il que le pape et les ayatollahs  plient leur(s) dieu(x) aux règles mouvantes ( librement mouvantes ) de la démocratie .

    Les anars devraient être plus faciles à convaincre .Les anars …libertaires .

  64. Si « suivre le dossier » c’est se contenter d’opiner religieusement aux avis autorisés de Vigneron, alors je confesse n’avoir pas suivi le dossier.

    1. La foule sur la place Syntagma en ce moment gobe apparemment assez mal les histoires du genre « les Grecs sont en train de gagner (etc) .

      Ils lisent pas assez le BJ, ça doit être ça.
      Live Guardian :

      Helena Smith
      Over in Athens SKAI news is reporting that at least 22,000 people have poured into Syntagma square to attend tonight’s “yes” rally, reports our correspondent Helena Smith.

      The gathering is so large that protestors are now crushed and spilling out of ALL the streets that run into the Greek capital’s main square. No demonstration, quite as big, has been seen in the five years that I have covered the crisis.

      The passion of those attending was evident in the speech that an uncharacterically angry mayor of Athens, George Kaminis, gave at the start of the rally.

      Thumping the lectern, Kaminis accused the leftist-led government of masterminding a referendum that now puts Greek voters in front of a false dilemma.

      “The real dilemma is yes or no to Europe,” he railed.

      http://www.theguardian.com/business/live/2015/jun/30/greek-debt-crisis-day-of-decision-for-tsipras#block-5592a8b5e4b055829a0c6e9d

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *