QUE FAIRE DES BANQUES ? Des mesures immédiates pour aller vers la socialisation, par Michel Husson, Patrick Saurin, Stavros Tombazos et Eric Toussaint

Billet invité.

Neuf ans après le début de la crise financière qui continue à produire ses effets délétères à travers des politiques d’austérité imposées aux populations, il est temps de revenir sur les engagements pris à l’époque par les banquiers, financiers, politiques et organismes de contrôle. Ces quatre acteurs ayant gravement failli nous promettaient à l’époque la moralisation du système bancaire, la séparation des banques de détail des banques d’investissement, la fin des bonus et des rémunérations exorbitantes, et enfin le financement de l’économie réelle.

Nous ne les croyions pas à l’époque et nous avions raison. En lieu et place de moralisation du système bancaire, nous n’avons qu’une longue liste de malversations révélées au grand jour par les faillites des banques qui se succèdent depuis celle de Lehman Brothers le 15 septembre 2008. Si on se contente de lister les sauvetages intervenus depuis 2012, on peut mentionner : Dexia en Belgique et en France (2012, 3e sauvetage), Bankia en Espagne (2012), Espirito Santo (2014) et Banif (2015) au Portugal, Laïki et Bank of Cyprus à Chypre (2013), Monte dei Paschi, Banca delle Marche, Banca Popolare dell’Etruria e del Lazio, Carife en Italie (2014-2015), NKBM en Slovénie (2012), SNS Reaal aux Pays-Bas (2013), Hypo Alpe Adria en Autriche (2014-2015), n’en sont que quelques exemples. Le plus grave est que les pouvoirs publics ont décidé de couvrir les exactions de ces banques en faisant supporter les conséquences des agissements coupables des dirigeants et des actionnaires par la population. La séparation des banques des banques de dépôt et des banques d’affaire reste toujours un vœu pieux. La soi-disant réforme bancaire engagée en France en 2012 par Pierre Moscovici, ministre de l’économie et des finances, n’aura été qu’une fumisterie. Interrogé le 30 janvier 2013 par Karine Berger, rapporteur de la loi de séparation et de régulation des activités bancaires pour savoir quelle est la part des activités spéculatives concernée par la loi, Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, déclarait : « Cela représente entre 3 et 5 % de nos activités de BFI, qui représentent elles-mêmes 15 % des revenus totaux de la banque. » Ce qui fait entre 0,5 % et 0,75 % des revenus totaux de la banque. En ce qui concerne les rémunérations des banquiers, le plafonnement de la part variable décidé par le Parlement européen le 16 avril 2013 a eu pour conséquence immédiate… l’augmentation de la part fixe des rémunérations et le recours à une disposition dérogatoire prévue par la loi. Enfin, pour ce qui est du financement de l’économie réelle, les efforts déployés jusqu’à aujourd’hui par les banques centrales, la BCE en particulier, se sont révéler impuissants à enclencher un moindre début de reprise de l’économie.

Parce que nous pensons, notamment à la lumière de l’expérience grecque, que les banques sont un enjeu essentiel à tout projet de changement social, nous proposons ci-dessous les mesures immédiates à prendre pour atteindre les six objectifs suivants :

  1. Restructurer le secteur bancaire
  2. Eradiquer la spéculation
  3. Mettre fin au secret bancaire
  4. Réguler le secteur bancaire
  5. Financer autrement les dépenses publiques
  6. Renforcer les banques publiques

Dans une seconde partie, nous développons nos arguments en faveur de la socialisation du secteur bancaire.

  1. MESURES IMMEDIATES
  1. Restructurer le secteur bancaire

Réduire radicalement la taille des banques afin de supprimer le risque « trop grande pour faire faillite » que représentent les banques systémiques[1].

Séparer les banques de dépôt et les banques d’affaires. Les banques de dépôt seront les seules institutions financières autorisées à collecter des dépôts auprès des épargnants et à bénéficier d’un soutien public (garantie publique des dépôts d’épargne et accès à la liquidité de la Banque centrale). Ces banques de dépôt ne seront autorisées à octroyer des prêts qu’aux particuliers, aux entreprises et aux acteurs publics locaux et nationaux. Il leur sera interdit de mener des activités sur les marchés financiers. Cela veut dire qu’il leur sera  interdit de faire de la titrisation : les crédits ne peuvent pas être transformés en titres négociables et les banques de dépôt doivent conserver dans leurs livres de compte jusqu’à leur remboursement définitif les crédits qu’elles ont consentis. La banque qui a consenti un crédit doit en porter le risque.

Les banques d’affaires ne doivent bénéficier d’aucune garantie publique, en cas de faillite les pertes seront intégralement assumées par le secteur privé, à commencer par les actionnaires (sur l’ensemble de leur patrimoine, voir plus bas).

Interdire les relations de crédit entre banques de dépôt et banques d’affaire. D’accord avec Frédéric Lordon pour imposer un véritable ‘apartheid’ entre banque de dépôt et banque d’affaires, une banque de dépôt ne pourra en aucun cas être impliquée dans une relation de crédit avec une banque d’affaires[2].

  1. Eradiquer la spéculation

Interdire la spéculation. Comme le propose Paul Jorion, il faut interdire la spéculation. « En France la spéculation a été autorisée en 1885, en Belgique en 1867. La spéculation était d’ailleurs définie très clairement par la loi qui visait à « interdire les paris à la hausse ou à la baisse sur des titres financiers ». Avec une telle interdiction, les gens qui la pratiquent seraient en infraction ; qu’ils se trouvent dans une banque X ou Y, cela ne changerait rien »[3]. On peut ajouter que les banques qui spéculent pour le compte de clients ou pour leur propre compte seront condamnées.  

L’acquisition par une banque ou une autre institution financière d’un bien matériel (matières premières, aliments, terres, immeubles…) ou d’un titre financier (actions, obligations ou tout autre titre financier) dans le but de spéculer sur son prix sera interdite.

Interdire les produits dérivés. Cela signifie que les banques et autres institutions financières qui veulent se couvrir contre les risques de différents types (risques de change, de taux d’intérêt, de défaut de paiement…), doivent revenir à des contrats d’assurance classiques.

Obliger les banques d’affaire à demander une autorisation préalable de mise sur le marché de produits financiers. Tout produit financier nouveau (les produits dérivés ne sont pas concernés ici puisqu’ils sont interdits) devra être soumis aux autorités de contrôle par les banques d’affaires afin d’obtenir une autorisation avant d’être mis sur le marché.

Séparer les activités de conseil et les activités de marché. D’accord également avec l’économiste belge Eric de Keuleneer qui propose de séparer les activités de conseil et les activités de marché : « Il est en effet anormal que des banques prennent des risques de placement de titres, et conseillent leurs clients quant à la qualité de ces titres, ou soient actuellement en mesure de spéculer sur l’or, tout en conseillant de façon « désintéressée » à leurs clients d’acheter de l’or. » Pour cela il propose de recréer la fonction de courtage.

Interdire le trading de haute fréquence et le shadow banking. Limiter strictement ce qui peut être mis dans le hors-bilan[4]. Interdire les ventes à découvert et les ventes à nu.

  1. Mettre fin au secret bancaire

Interdire les marchés financiers de gré à gré. Toutes les transactions sur les marchés financiers doivent être enregistrées, traçables, réglementées et contrôlées. Jusqu’ici, les principaux marchés financiers sont de gré à gré, c’est-à-dire qu’ils ne sont soumis à aucun contrôle : il s’agit du marché des changes (5 300 milliards de dollars chaque jour)[5], du marché des dérivés, du marché des matières premières et des produits agricoles[6]…

Mettre fin au secret bancaire. Les banques doivent avoir l’obligation de communiquer toutes les informations sur leurs responsables, leurs différentes entités, leurs clients, les activités qu’elles exercent et les transactions qu’elles réalisent pour le compte de leurs clients et pour elles-mêmes. De même, les comptes des banques doivent également être lisibles et compréhensibles. La levée du secret bancaire doit devenir un impératif démocratique minimal pour tous les pays. Concrètement cela signifie que les banques doivent tenir à la disposition de l’administration fiscale : – une liste nominative des bénéficiaires d’intérêts, de dividendes, de plus-values et autres revenus financiers ; – les informations sur les ouvertures, les modifications et les fermetures de comptes bancaires en vue d’établir un répertoire national des comptes bancaires ; – toutes les informations sur les entrées et sorties de capitaux avec en particulier l’identification du donneur d’ordre.

Interdire les transactions avec les paradis fiscaux. Il faut interdire aux banques toute transaction avec un paradis fiscal. Le non-respect de l’interdiction doit être assorti de sanctions très lourdes (pouvant aller jusqu’au retrait de la licence bancaire) et du paiement de lourdes amendes.

  1. Réguler le secteur bancaire

Exiger des banques une augmentation radicale du volume de leurs fonds propres en rapport avec le total du bilan[7]. Alors que les fonds propres sont en général inférieurs à 5 % du bilan de la banque, nous sommes favorables à porter leur minimum légal à 20 %.

Interdire la socialisation des pertes des banques et des autres institutions financières privées. Il s’agit d’interdire aux pouvoirs publics de mettre à la charge des finances publiques des dettes privées.

Restaurer la responsabilité illimitée des grands actionnaires en cas de faillite. Le coût de la faillite doit pouvoir être récupéré sur l’ensemble du patrimoine des grands actionnaires (personnes physiques ou entreprises/personne morale).

En cas de faillite, les clients de la banque de dépôt doivent continuer à bénéficier d’une garantie d’État pour leurs dépôts, limitée au montant raisonnable d’épargne d’un ménage moyen-supérieur (estimé aujourd’hui à 150 000 euros, montant à soumettre au débat démocratique).

Taxer fortement les banques. Les bénéfices des banques doivent être soumis strictement aux dispositions légales en matière d’imposition des sociétés. En effet actuellement le taux effectivement payé est très nettement inférieur au taux légal lui-même largement insuffisant. Les transactions bancaires sur les devises[8] et sur les titres financiers doivent être taxées. Les dettes bancaires à court terme doivent être taxées afin de favoriser le financement à long terme.

Poursuivre systématiquement les dirigeants responsables de délits et de crimes financiers et retirer la licence bancaire aux institutions qui ne respectent pas les interdictions et se rendent coupables de malversations.

Sauver les banques d’une autre manière. Outre les dispositions mentionnées plus haut : responsabilité illimitée des grands actionnaires (sur leur patrimoine global), garantie des dépôts jusque 150 000 euros, interdiction de mettre des dettes privées à la charge des finances publiques, il s’agit de créer un mécanisme de mise en faillite ordonnée des banques avec la création de deux structures : une banque de défaisance privée (à charge des actionnaires privés et sans aucun coût pour les pouvoirs publics) et une banque publique vers laquelle sont transférés les dépôts ainsi que les actifs sains. Certaines expériences récentes peuvent servir de source d’inspiration, notamment l’expérience islandaise engagée depuis 2008[9].

  1. Financer autrement la dette publique

Imposer aux banques privées la détention d’un quota de titres de la dette publique.

Donner pour mission nouvelle à la Banque centrale d’octroyer des prêts à taux zéro aux pouvoirs publics. A l’inverse de ce qui est pratiqué par la BCE du fait des traités européens, la banque centrale serait en capacité de permettre un financement à taux zéro de l’État et de l’ensemble des structures publiques (collectivités, hôpitaux, organisme de logement social, etc.) afin de mener des politiques socialement justes inscrites dans la transition écologique.

  1. Renforcer les banques publiques existantes

et en recréer dans les pays où elles ont été privatisées (bien sûr en les soumettant comme toutes les autres banques aux mesures concrètes mentionnées plus haut). En France, s’est mis en place en 2012 un collectif « Pour un Pôle Public Financier au service des Droits ! »[10] favorable à la création d’un pôle public bancaire. Mais le grave inconvénient de ce projet est qu’il ne va pas au fond des choses car il laisse subsister, à côté d’un pôle public insignifiant, des banques privées et un pôle mutualiste qui n’a de mutualiste que le nom. Dans le cas de la Belgique où le gouvernement a privatisé les dernières banques publiques dans les années 1990, l’État a racheté en 2011, la « partie » banque de Dexia et en est actionnaire à 100 %. Dexia Banque est devenue Belfius et garde un statut privé. Il faut que Belfius devienne une véritable banque publique et qu’on y mette en pratique les mesures concrètes formulées plus haut. Le montant payé par l’État s’élève à 4 milliards d’euros, ce que la commission européenne a considéré elle-même comme tout à fait exagéré. Ce qu’il aurait fallu faire : Belfius aurait dû être constituée sans coût pour les finances publiques comme institution bancaire publique bénéficiant des dépôts des clients chez Dexia Banque et de tous les actifs sains. Cette banque aurait dû être mise sous contrôle citoyen. Les conditions de travail, l’emploi et les revenus du personnel auraient dû être garantis tandis que les rémunérations des dirigeants auraient dû être nettement réduites. Il fallait interdire aux administrateurs et directeurs d’avoir un mandat dans une institution privée. Les dirigeants de Dexia auraient dû être poursuivis en justice par le ministère public pour les différents délits qu’ils ont commis. Le rapport d’information du Sénat n° 58 sur la Société de financement local évalue à environ 20 milliards d’euros (13 milliards pour la France dont 6,6 milliards affectés à la recapitalisation et le reste à la prise en charge d’une partie des indemnités de remboursement anticipé des emprunts toxiques ; 6,9 milliards d’euros, correspondant à la nationalisation de Dexia Bank Belgique et à la recapitalisation de Dexia). Le 1er février 2013, la France a créé une structure à 100 % publique (avec l’État à 75 %, le CDC à 20 % et la Banque postale à 5 %) afin de procéder à l’acquisition à 100 % de la société de crédit foncier Dexia Municipal Agency (filiale de Dexia Crédit Local) qui est devenue la Caisse Française de Financement Local (CAFFIL).

  1. POUR LA SOCIALISATION DU SECTEUR BANCAIRE

La mise en pratique des mesures concrètes qui sont mentionnées plus haut constituerait une avancée dans la résolution de la crise du secteur bancaire mais le secteur privé continuerait à occuper une position dominante.

Il faut aller plus loin que les mesures immédiates proposées.

Ce que démontre l’expérience des dernières années, c’est qu’on ne peut pas laisser les banques aux mains des capitalistes. Si, par la mobilisation sociale, on arrive à faire appliquer les mesures présentées plus haut (qui sont soumises à la discussion afin de les améliorer et compléter), les capitalistes chercheront par tous les moyens à récupérer une partie du terrain perdu, ils multiplieront les activités leur permettant de contourner les réglementations, ils utiliseront leurs puissants moyens financiers pour acheter l’appui de législateurs et de gouvernants afin de déréglementer à nouveau et d’augmenter au maximum leurs profits sans prise en compte de l’intérêt de la majorité de la population.

Il faut la socialisation du secteur bancaire sous contrôle citoyen

Parce que les capitalistes ont démontré à quel point ils étaient capables de commettre des délits et de prendre des risques (dont ils refusent d’assumer les conséquences) dans le seul but d’augmenter leurs profits, parce que leurs activités entraînent périodiquement un lourd coût pour la société, parce que la société que nous voulons construire doit être guidée par la recherche du bien commun, de la justice sociale et de la reconstitution d’une relation équilibrée entre les humains et les autres composantes de la nature, il faut socialiser le secteur bancaire. Comme le propose Frédéric Lordon, il s’agit de réaliser « une déprivatisation intégrale du secteur bancaire »[11]. La socialisation de l’intégralité du secteur bancaire est préconisée par le syndicat Sud BPCE.[12]

Socialiser le secteur bancaire signifie :

– l’expropriation sans indemnité (ou avec comme seule indemnité l’euro symbolique) des grands actionnaires (les petits actionnaires seront indemnisés) ;

– l’octroi au secteur public du monopole de l’activité bancaire à une exception près : l’existence d’un secteur bancaire coopératif de petite taille (soumis aux mêmes règles fondamentales que le secteur public).

– la création d’un service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement, doublement structuré : un réseau de petites implantations proches des citoyens, d’une part, et, d’autre part, des agences spécialisées  en charge des activités de gestion de fonds et de financement d’investissements non assurés par les ministères en charge de la santé publique, de l’éducation nationale, de l’énergie, des transports publics, des retraites, de la transition écologique, etc. Ces ministères devront être dotés du budget nécessaire aux financements des investissements relevant de leurs attributions. Les agences spécialisées quant à elles interviendraient dans des domaines et des activités excédant les compétences et les sphères d’action de ces ministères et ce afin d’assurer le bouclage d’ensemble.

– la définition avec participation citoyenne d’une charte sur les objectifs à atteindre et sur les missions à poursuivre, qui mette le service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement au service des priorités définies selon un processus de planification démocratique ;

– la transparence (de la comptabilité) des comptes qui doivent être présentés au public de manière compréhensible.

Le mot « socialisation » est utilisé de préférence à celui de « nationalisation » ou « étatisation » pour indiquer clairement à quel point est essentiel le contrôle citoyen avec un partage de décision entre les dirigeants, les représentants des salariés, des clients, d’associations, les élus locaux et les représentants des instances bancaires publiques nationales et régionales. Il faut donc définir de manière démocratique l’exercice d’un contrôle citoyen actif. De même, il faut encourager l’exercice d’un contrôle des activités de la banque par les travailleurs du secteur bancaire et leur participation active à l’organisation du travail. Il faut que les directions des banques remettent annuellement un rapport public sur leur gestion. Il faut privilégier un service de proximité et de qualité rompant avec les politiques d’externalisation menées actuellement. Il faut encourager le personnel des établissements financiers à assurer à la clientèle un authentique service de conseil et rompre avec les politiques commerciales agressives de vente forcée.

La socialisation du secteur bancaire et son intégration aux services publics permettront :- de soustraire les citoyens et les pouvoirs publics de l’emprise des marchés financiers ; – de financer les projets des citoyens et des pouvoirs publics ; – de dédier l’activité bancaire au bien commun avec entre autres missions celle de faciliter la transition d’une économie capitaliste, productiviste à une économie sociale et écologique.

Parce que nous considérons que l’épargne, le crédit, la sécurité des encaisses monétaires et la préservation de l’intégrité des systèmes de paiement relève de l’intérêt général, nous préconisons la création d’un service public bancaire par la socialisation de la totalité des entreprises du secteur bancaire et de l’assurance.

Parce que les banques sont aujourd’hui un outil essentiel du système capitaliste et d’un mode de production qui saccage la planète, génère un inégal partage des ressources, sème les guerres et la paupérisation, rogne chaque jour davantage les droits sociaux et attaque les institutions et les pratiques démocratiques, il est essentiel d’en prendre le contrôle et d’en faire des outils au service de la collectivité.

La socialisation du secteur bancaire ne peut être envisagée comme un slogan ou une revendication qui se suffirait en elle-même et que les décideurs appliqueraient après en avoir saisi le bon sens. Elle doit être conçue comme un objectif politique à atteindre par un processus porté par une dynamique citoyenne. Il faut non seulement que les mouvements sociaux organisés existants (dont les syndicats) en fassent une priorité de leur agenda et que les différents secteurs (collectivités locales, petites et moyennes entreprises, associations de consommateurs, etc.) se positionnent en ce sens, mais aussi – et surtout – que les employé.e.s de banque soient sensibilisé.e.s au rôle de leur métier et à l’intérêt qu’ils auraient à voir les banques socialisées ; que les usagers soient informés là où ils se trouvent (exemple : occupations d’agences bancaires partout le même jour) afin de participer directement à la définition de ce que doit être la banque.

Seules des mobilisations de très grande ampleur peuvent garantir que la socialisation du secteur bancaire soit réalisée en pratique car cette mesure touche au cœur le système capitaliste. Si un gouvernement de gauche ne prend pas une telle mesure son action ne pourra pas véritablement provoquer le changement radical pour rompre avec la logique du système et enclencher un nouveau processus d’émancipation.

La socialisation du secteur bancaire et des assurances doit faire partie d’un programme bien plus vaste de mesures complémentaires permettant d’enclencher une transition vers un modèle post-capitaliste et post-productiviste. Un tel programme, qui devrait avoir une dimension européenne tout en commençant à être mis en pratique dans un ou plusieurs pays, comprendrait notamment l’abandon des politiques d’austérité, l’annulation des dettes illégitimes, la mise en place d’une réforme fiscale  d’ensemble avec une forte imposition du capital, la réduction généralisée du temps de travail avec embauches compensatoires et maintien du salaire, la socialisation du secteur de l’énergie, des mesures pour assurer l’égalité hommes-femmes, le développement des services publics et de la protection sociale et la mise en place d’une politique déterminée de transition écologique.

Aujourd’hui, la socialisation de l’intégralité du système bancaire est bien une urgente nécessité économique, sociale, politique et démocratique.

Les auteurs :

Michel Husson, économiste, auteur de Le capitalisme en 10 leçons, La Découverte, Paris, 2012.

Patrick Saurin, porte-parole du syndicat Sud Solidaires de la Banque Populaire – Caisse d’Epargne (BPCE).

Stavros Tombazos, professeur d’économie politique à l’université de Chypre.

Eric Toussaint, porte-parole du CADTM, auteur de Bancocratie, Editions ADEN, Bruxelles, 2014.

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[1]     Philippe Lamberts, eurodéputé Vert, propose un maximum de 100 milliards de dollars d’actifs. « A titre de comparaison, le total de l’actif* de BNP Paribas et de Deutsche Bank en 2011 était respectivement de 2 164 milliards d’euros et 1 965 milliards d’euros. » http://www.philippelamberts.eu/les-7-peches-capitaux-des-banques/ Nous pensonsque la taille maximale doit être nettement plus réduite en particulier dans des petits pays. En effet 100 milliards d’euros, c’est un multiple du PIB de Chypre, c’est plus d’un quart du PIB de la Belgique.

[2]     http://blog.mondediplo.net/2013-02-18-La-regulation-bancaire-au-pistolet-a-bouchon

[3]     Paul Jorion dans Financité, novembre 2013.

[4]     Par exemple, limiter le hors-bilan aux garanties et aux engagements par signature. C’est donc à discuter.

[5]     Voir Eric Toussaint, « Comment les grandes banques manipulent le marché des devises », publié par Le Monde.fr le 13 mars 2014 et repris surhttp://cadtm.org/Comment-les-grandes-banques

[6]     Eric Toussaint, « Les banques spéculent sur les matières premières et les aliments », 10 février 2014 http://cadtm.org/Les-banques-speculent-sur-les

[7]     Ce qui veut dire abandonner le système de pondération des actifs par le risque, un dispositif particulièrement peu fiable puisque cette pondération est laissée à la seule initiative des banques. Pour une explication du système de pondération des actifs par le risque, voir http://cadtm.org/Les-banques-bluffent-en-toute

[8]     Eric Toussaint, « Il faut imposer une véritable taxe Tobin au lobby bancaire », opinion publiée par le quotidien L’Humanité le 25 février 2014 et reprise surhttp://cadtm.org/Il-faut-imposer-une-veritable-taxe

[9] Interview d’Eva Joly par Renaud Vivien, « En Islande, les responsables du naufrage bancaire n’ont pas pu acheter leur procès », http://cadtm.org/En-Islande-les-responsables-du

[10]    Voir son site : http://pourunpolepublicfinancier.org/. Le pôle public promu par le collectif regrouperait des institutions financières publiques (Banque de France, Caisse des Dépôts et ses filiales financières, OSEO, Société des participations de l’État, Banque Postale, UbiFrance, Agence française de développement, Institut d’émission des départements d’Outre-Mer, CNP Assurance), ou dont l’activité relève d’une mission de service public (Crédit foncier, Coface). En ferait partie toute banque ou société d’assurance dans laquelle l’État viendrait à prendre une participation majoritaire ou à laquelle seraient attribuées des missions de service public. En Belgique, un site créé par le PTB est dédié à la promotion de la nécessité d’une banque publique : http://www.banquepublique.be/

[11]    Frédéric Lordon, « L’effarante passivité de la « re-régulation financière » », in Changer d’économie, les économistes atterrés, Les liens qui libèrent, 2011, p. 242.

[12]    Voir notamment les liens : http://www.sudbpce.com/files/2013/01/2012-projet-bancaire-alternatif-definitif.pdf ; http://cadtm.org/IMG/pdf/PLAQUETTE_BANQUES_SUD_BPCE.pdf ; http://cadtm.org/Socialiser-le-systeme-bancaire

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90 réflexions au sujet de « QUE FAIRE DES BANQUES ? Des mesures immédiates pour aller vers la socialisation, par Michel Husson, Patrick Saurin, Stavros Tombazos et Eric Toussaint »

  1. Comment faire pour appliquer un programme de cette qualité?
    Quelle stratégie? A court ou moyen terme ? (En se rappelant qu’à long terme on sera tout mort.)

    1. @Marc Dujardin

      Ce programme existe (par la plupart de ses composantes) depuis bientôt 10 ans, et depuis 10 ans la question que vous posez est sur toutes les lèvres des gens qui s’y intéressent.

      La réponse, toujours en forme de vœu pieu, est bien connue et vous est fournie dans le 3ème paragraphe en partant de la fin: Par le jeu d’une mobilisation collective de masse ou par l’exercice d’un gouvernement de gauche (la vraie, pas celle des imposteurs dont nous subissons le joug actuellement en France).

      Cet agrégat de bonnes idées ne cherche même plus à masquer l’impuissance de ses auteurs. Lordon écrivait déjà il y a quelques mois un texte rappelant l’évidence des impuissances individuelle et collective.

      Le problème, vrai de toute éternité, est que la mobilisation collective, à l’instar du bonheur, ne se décrète pas, et les textes les plus intelligents et les plus raisonnables sont à jamais incapables de rassembler les gens en masse autour des seules idées qu’ils portent.

      C’est l’irrationnel de l’émotion qui gouverne en la matière, et force est de constater que nos émotions ne nous portent pas (encore?) à nous réunir massivement pour mettre à bas ce système, aussi inique soit-il. Lordon dit dans le billet cité plus haut que « le seuil de tolérance à l’outrage du corps politique s’est dramatiquement déplacé », je l’aurais dit autrement et de manière plus prosaïque: « On se révolte d’autant plus difficilement qu’on a le ventre plein ».

      Nous avons encore (majoritairement) quelque chose à perdre dans la mise à bas de ce régime, et c’est la peur de cette perte ainsi que l’ignorance de ce que nous y gagnerions qui nous domine pour l’instant. Il y a par conséquent fort à parier que ce soit plutôt chez des populations qui n’ont quant à elles dors-et-déjà résolument plus rien à perdre que le « salut » d’une mobilisation de masse puisse venir, sous réserve encore qu’elles soient entrainées dans le sens que nous désirons, ce dont rien n’est moins sur. Pour notre part, on peut penser que nous devions nous résigner à subir cette lente agonie encore pour un moment, jusqu’à atteindre le « seuil de l’écœurement », ou jusqu’à disparaître.

  2. Ce texte, qui rassemble des plumes réputées et anticapitalistes, est fondamental. Contrairement aux programmes réformistes des déçus du PS, (par exemple L’humain d’abord »), il affirme la nécessité absolue de socialiser tout le secteur financier, et pas seulement de revenir à un pôle public à la Mitterrand, qui n’était qu’au service de l’accumulation du capital, et pas d’une révolution sociale.

    Il affirme une seconde chose aussi importante: « La socialisation du secteur bancaire et des assurances doit faire partie d’un programme bien plus vaste de mesures complémentaires permettant d’enclencher une transition vers un modèle post-capitaliste et post-productiviste. » Cela implique bien sûr d’exproprier les grands groupes capitalistes, à commencer par le CAC 40, sinon ils disposeront de tous les moyens financier pour mettre à leur service les moyens de contrôle des esprits (médias en particulier) et de répression des corps (police, armée et autres milices du MEDEF).

    Cela implique aussi que le peuple insurgé pour la démocratie mette hors d’Etat de nuire ces corps de répression totalement au service de la dictature du capital.

    Enfin, la « survie de l’espèce » (Paul Jorion) exige aussi d’engager la transition écologique, impensable autrement que comme comédie sous la dictature du capital, mais devenue enfin possible par une révolution sociale, la démocratie réelle du XXIème siècle.

    Ce dernier point est bien traité dans ce texte de Daniel Tanuro:
    Face à l’urgence écologique : projet de société, programme, stratégie:http://wp.me/p5oNrG-crV

  3. + 1000. pile poil dans la bonne direction.

    Socialisation des grandes entreprises indispensables à la société, à l’aide d’une création monétaire. (ainsi pas d’endettement)

    Que la collectivité capte la rente issue de ce capital pour financer les activités d’intérêt général, écologique et social…

    Ce serait un début!…

    1. @ Dominique Gagnot dit : 25 mars 2016 à 23:57

      « Socialisation des grandes entreprises indispensables à la société, à l’aide d’une création monétaire. (ainsi, pas d’endettement) »

      Pas d’endettement, mais une dilution de la valeur qui spolie les plus vertueux, ce qui est profondément immoral.

      Les vertueux sont en effet ceux qui, en consommant moins que ce qu’ils gagnent, contribuent à la préservation de la planète. Ce n’est pas du tout le cas de ceux qui, en suivant les consignes anticapitalistes et collectivistes, poussent à consommer davantage, c’est-à-dire à détruire les ressources primaires épargnées par ceux ayant eu le souci de préserver notre capital commun. Ces derniers ont épargné à seul fin d’investir de sorte à s’adapter à l’inévitable évolution du monde.
      Certes, pour tenter de te donner un beau rôle futur, tu ajoutes :

      « Que la collectivité capte la rente issue de ce capital pour financer les activités d’intérêt général, écologique et social… »

      Mais pourquoi ne l’as-tu pas fait plus tôt et de toi-même, au lieu de rêver de spolier ceux qui l’ont déjà fait ?

      Pour ma part, le petit capital que j’ai acquis (je ne paie pas l’ISF) aurait très bien pu ne pas être constitué. Il m’aurait suffi de mener la belle vie et, en ne me souciant pas du lendemain, de tout consommer au fur et à mesure des gains opérés en consommant moins que ce que je pouvais. Quitte, à m’endetter pour jouir encore plus du présent et à laisser mes dettes en héritage.

      Ton invitation à collectiviser le capital acquis, est une spoliation comparable à ce qui a été fait lors de l’avènement des régimes communistes en Russie, en Chine, et ailleurs. Ces régimes ont vite renoncé au collectivisme pour fonder leur avenir sur le capitalisme, lorsqu’ils ont vu qu’ils s’engageaient dans la voie du retard de développement et de l’appauvrissement.

      Toi qui prétends voir clair, comment expliques-tu leur changement de mode de développement et le fait qu’ils soient allés à l’opposé de ce que leurs leaders doctrinaires du début du siècle passé, prônaient et imposaient, quitte à devoir en sus, provoquer la mort de millions et millions de personnes opposantes à leur discours démagogique.

      1. « vertueux sont en effet ceux qui, en consommant moins que ce qu’ils gagnent, contribuent à la préservation de la planète.  »
        C’est faux.
        Ceux qui, ayant un matelas confortable, peuvent se permettre de consommer moins que leurs revenus n’ont obtenu cette aisance que par l’accaparement destructeur de la planète.Et pas seulement destructeur de la planète mais de beaucoup d’autres choses, dont l’harmonie sociale.
        On voit à nouveau que capitalisme et corruption morale sont indissociables. Ou dit autrement: ceux investis de la tâche de défendre l’indéfendable ne peuvent réfléchir juste.

        Pour finir, un communiqué de presse à peine imaginaire:
        « Des jeunes au chômage ont fait un raid sur un chantier de construction d’un lotissement. Ils y auraient pris des planches de palettes et des bastaings, le tout sans grande valeur. Ils auraient caché leurs prises dans les caves de leur HLM.
        Il paraîtrait que la Police, alertée, y a trouvé une guillotine en cours de construction.
        Mais c’est une fausse alerte: les caves des HLM et leur accès sont si étroits et bas de plafond que la guillotine supposée terminée n’aurait pas pu être sortie pour être transportée en place publique. Cependant, un rapport interne à la Police signalerait que le couperet avait un tranchant parfait et son poids conforme à son emploi. On sait que la masse du couperet et sa distance de chute sont critiques…  »

        Le chemin est tracé: capitalisme, chômage, guillotine.

      2. jducac,

        « Toi qui prétends voir clair, comment expliques-tu leur changement de mode de développement »
        ———————————

        1- le régime soviétique n’avait rien, mais alors rien du tout, de démocratique, le régime était au service d’une élite incompétente. Donc ça a foiré.

        2 – les plus forts/malins ont récupéré les morceaux, (comme d’hab.) et font maintenant la loi.
        Il n’y a toujours pas de démocratie économique. Comme chez nous en fait.

      3. Propos de petit-bourgeois paniqué par la crise du capitalisme, et qui se laisse embrigader par le 0,1% des grands capitalistes. Molière en aurait fait une belle comédie…

    2. jducac,

      Indemniser d’ex propriétaires d’entreprises socialisées, via création monétaire de la Banque centrale, est simplement logique, et juste:

      Le faire à bon escient, est aussi une bonne occasion de récupérer une richesse acquise par des moyens immoraux…

      Créer de la monnaie dilue en effet sa valeur, (notes que la BCE ne s’en prive pas…)
      Cette perte de valeur pour les épargnants est la contrepartie de ce que ces mêmes épargnants se retrouvent, par l’intermédiaire de l’État, propriétaires du bien nationalisé.

      ——————————–

      Que la collectivité se rende propriétaire d’un capital constitué par les générations précédentes n’est que justice.

      Comment justifier que jducac ait participé au capital que représentent de grandes entreprises ?
      Tu as juste placé là tes économies, spéculant qu’elles prendraient ainsi de la valeur pendant ton sommeil… sur le dos de qui d’ailleurs ?

      Seul les créateurs d’entreprises, ceux qui de par leur travail, leurs talents ont créés du capital méritent de le conserver.
      Ce qui signifie que à leur disparition, il devienne un bien commun (cas général, on peut envisager des exceptions, on est pas des bêtes non plus.)

      1. @ Dominique Gagnot dit : 26 mars 2016 à 13:59

        «Indemniser d’ex propriétaires d’entreprises socialisées, via création monétaire de la Banque centrale, est simplement logique, et juste: Le faire à bon escient, est aussi une bonne occasion de récupérer une richesse acquise par des moyens immoraux… Le faire à bon escient, est aussi une bonne occasion de récupérer une richesse acquise par des moyens immoraux… »

        Mes modestes richesses, tout comme celles qui ont été acquises par la plupart des autres personnes, l’ont été, dans nos Etats de droit, tout à fait légalement, honnêtement, honorablement, par des gens moralement bien plus irréprochables que ceux qui, comme toi, convoitent ce qu’ont acquis les plus riches qu’eux.

        Ces gens vertueux, pauvres ou riches au départ, ont seulement veillé à dépenser moins que ce qu’ils gagnaient, ce que tu ne veux pas reconnaître comme la marque de vertus auxquelles tu n’as pas été suffisamment sensible au cours de ton éducation.

        De ce fait, tu n’es pas aussi valeureux que ces gens là, qui de fait, ne sont pas de la même veine que toi.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Vertu

        Prouve donc ce que tu avances, au lieu d’accuser les autres d’user de moyens immoraux!

        En consommant moins que ce qu’ils pouvaient, ils ont fait preuve,
        _de prudence (en se souciant du futur et de ses aléas),
        -de tempérance (en se retenant de consommer),
        -de force d’âme (en sacrifiant leur désir de consommer afin que leurs successeurs puissent encore consommer),
        -de justice (en ne consommant que ce qu’ils ont gagné au lieu de laisser aller à l’endettement qui serait laissé à charge de leurs successeurs.)

        Si tout le monde avait fait cela, l’humanité et la planète seraient en bien meilleur état.

        Je te souhaite de bonnes fêtes de Pâques.

      2. jducac,

        Ce que l’on produit est le fruit d’un système dont notre travail n’est qu’un des nombreux facteurs…

        Si tu étais né dans le désert, tu aurais eu beau te défoncer … Ce qui est le cas de la plupart des humains, qui n’ont pas eu notre chance.

        Bref, ton analyse est simpliste, et ne mène à rien. Prends un peu de hauteur…

      3. @ Dominique Gagnot dit : 26 mars 2016 à 20:46

        « Ce que l’on produit est le fruit d’un système dont notre travail n’est qu’un des nombreux facteurs… »

        Il est bien évident que de nombreux facteurs interviennent dans « le système » où l’humanité évolue. Le cheminement qu’elle effectue tant bien que mal en tirant profit tout à la fois de ses essais heureux et malheureux, est ce qui l’a fait progresser vers le futur.
        Ce système que, tel un apprenti sorcier et bien présomptueusement tu veux changer, est le résultat des leçons tirées des expériences collectives passées. Les règles de bonne conduite que la sagesse humaine a dégagées peu à peu et qu’elle s’est employée à transmettre sous forme de constitutions en ont été dégagées.

        Or, tu ne tiens pas compte de ces expériences passées.

        Tu occultes volontairement l’expérience socialo communiste menée à l’échelle mondiale qui a débuté avec le siècle passé et que l’on a vu s’écrouler sous nos yeux à la fin des années 80 pour ne plus pratiquement survivre aujourd’hui, qu’en Corée du Nord.

        « Bref, ton analyse est simpliste, et ne mène à rien. Prends un peu de hauteur… »

        En t’exprimant ainsi ne crois tu pas que tu m’accuses à tort de ne pas voir la paille que j’ai dans l’œil alors qu’une poutre obscurcit le tien.
        Tu laisses entendre que le collectivisme de type soviétique a échoué parce qu’il n’était pas démocratique, mais tu oublies de signaler que jamais ceux qui ont mis en place ce qui s’appelle pourtant « des Républiques » voire même « des républiques » se sont déclarés opposés à la démocratie et au pouvoir du peuple.

        Comment peux tu prétendre que ton régime collectiviste où la propriété privée, et donc la liberté et le pouvoir d’agir seraient très sérieusement atteints, ne dériverait pas comme ont dérivés les précédents régimes collectivistes ?

        Prends de la hauteur toi-même. Surtout explique-nous comment ceux qui se porteront au pouvoir de ton système idyllique, ne finiront pas (comme notre gouvernement actuel) par trahir leurs électeurs en allant à l’opposé des promesses faites pour se faire élire. Car au fond, tous sont prêts à user de n’importe quel stratagème pour s’octroyer des pouvoirs supérieurs aux autres, pouvoirs qui sont autant de richesses et de moyens d’agir permettant de survivre mieux que les autres.

        Prendre de la hauteur est indispensable, mais insuffisant. Une analyse fine s’impose aussi, pour synthétiser au plus près des phénomènes en jeu. C’est ce que je m’efforce de faire en montrant que la limitation de la consommation au regard de ce que l’on gagne, contribue à la fois à la préservation de la planète et à la survie de notre espèce laquelle est notre bien commun dès lors qu’elle reste libre en disposant du pouvoir d’agir grâce à la richesse accumulée par le travail, ce que tu vises à restreindre.

        C’est parce que l’homme a su capitaliser, qu’il a pu se distinguer des animaux et évoluer. Ton système, sans le vouloir, tend à ramener l’humanité à la condition animale.

      4. jducac,

        « Comment peux tu prétendre que ton régime collectiviste où la propriété privée, et donc la liberté et le pouvoir d’agir seraient très sérieusement atteints, ne dériverait pas comme ont dérivés les précédents régimes collectivistes ? »

        ——-

        Paradoxalement, en remplaçant la propriété privée des Ressources primaires, par un droit d’usage,
        chacun y gagnerait la liberté de ceux qui possèdent!

        C’est un gain énorme de liberté, pour l’immense majorité, bien au contraire de ton affirmation.

        Là ou tu as raison d’être méfiant, concerne les dérives possibles. C’est le point qui peut tout faire déraper.

        Il est impensable de confier ce pouvoir a de pseudos élus.
        Il faut imaginer une méthode de sélection bien différente.
        En exclure les personnes avides de pouvoir, est un minimum.
        Présélection de « Sages ».
        Transparence totale à tous les niveaux de gouvernement.

        La question reste ouverte, et mérite une étude et des moyens à la hauteur de l’enjeu…

        ———————————————

        « Ce système que, tel un apprenti sorcier et bien présomptueusement tu veux changer, est le résultat des leçons tirées des expériences collectives passées.  »

        ——-

        Le système actuel (dictature financière) peut être considéré comme faisant partie du passé, non?

        ———————————————

        « Tu occultes volontairement l’expérience socialo communiste… »

        ————

        Ah non, surement pas! Elle est à mettre dans le même sac que le capitalisme des rentiers.

  4. Les divers systèmes bancaires et leurs cortèges de malversations, de dissimulations sont déjà en voie de disparition, gageons qu’ils seront les premiers à éteindre la lumière sous peu.

    Cette agonie programmées ne résultera pas d’une improbable mise en place d’une juste régularisation, ou soit disant moralisation, ces vieux systèmes sont déjà en voie d’extinction parce qu’émerge de nouvelles pratiques facilitées par la révolution numérique et robotique.
    Banques en ligne, prêts solidaires entre particuliers à taux faible et sans intermédiaire à rétribuer, émergence de programmes informatiques de conseils financiers, ultra rapides, sans courtiers ou conseillés lobotomisés par leur hiérarchie pour fourguer n’importe quoi aux clients et cætera.
    Cela fonctionne au point de mettre en alerte rouge le monde dit classique de la finance.
    Les milieux financiers de conseils en investissements commencent à racheter des start up pondant des programmes informatiques autonomes qui amorcent l’extinction de leurs vieux modèles irresponsables et nuisibles.
    La disruption de la finance dite « à la papa » se fera sans doute au prix de beaucoup de perte d’emplois. C’est déjà le cas depuis des années avec la mise en place par les banques de services en ligne payant afin d’obliger le client à faire lui même ce que faisait le guichetier d’antan.
    Si la société civile n’est pas vigilante cette mutation engendrera un monstre financier encore plus ravageur que celui que nous connaissons et ce n’est pas vers les politiques qu’il faudra se tourner, nous avons bien vu depuis 2008 à quel point ils se sont couchés devant les diktats des financiers.

  5. Votre texte développe quelques points intéressants comme la nécessité de séparer banque de dépôt et banque d’investissement. À ceci s’ajoute la nécessité d’augmenter les fonds propres des banques pour leur permettre de mieux encaisser les pertes sur créances douteuses et ainsi éviter de faire faillite.
    Tous ces points sont importants et il est important de les mettre en avant; mais à côté de cela vous énumérez tout un tas d’idée que sans gènes je classerais dans la catégorie de connerie! Et voici, je pense, la plus belle:

     »Socialiser le secteur bancaire signifie :
    – l’expropriation sans indemnité (ou avec comme seule indemnité l’euro symbolique) des grands actionnaires (les petits actionnaires seront indemnisés) »

    Petite présentation personnelle. Je ne suis pas un affreux capitaliste et à ce titre je ne devrais donc mériter votre haine. Je suis un simple employé, d’origine français qui, depuis vingt ans, vit au Québec et c’est de cette situation que me vient ma réflexion sur vos projets  »d’expropriation sans indemnité » du secteur bancaire privé.
    La France est un des seul pays au monde où le système des retraites est basé sur la répartition: les actifs et les entreprises financent les retraites. Au Québec, la situation est différentes et est similaire à celle qui prévaut dans la grande majorité des pays développés: le financement des retraites repose sur un système par capitalisation et ce aussi bien pour le secteur public que privé. Employés et employeurs cotisent à un fond qui est lui même géré par un organisme para public: la Caisse des dépôts et Placement du Québec. L’argent récolté est investi sur les marchés financiers: actions, obligation ou sur le marché immobilier (immeuble à bureau, usines, aéroports..). Tous ces placements rapportent des intérêts, des dividendes, des plus valus, qui en bout de ligne permettent de payer des retraites.
    Et c’est là donc que je reviens à vos propositions fracassantes. La Caisse de Dépôt et placement du Québec (248 milliard $ d’actifs et 10,9% de rendement annuel au 31 décembre 2015) détient très certainement dans son portefeuille des actions des grandes banques française, comme sans doutes beaucoup d’autres fonds de pension à travers le monde. Vouloir exproprier ces banques sans indemnisation (ou peut-être un euro symbolique ! ) équivaudrait donc à faire à des millions de salariés à travers le monde, qui épargnent pour leur retraite, un magnifique bras d’honneur et leur dire  »allez vous faire foutre ».
    Quelques idées intéressante noyée dans un flot de bêtises n’ont jamais constitué un programme électoral crédible et n’ont jamais permis d’accéder au pouvoir par les voies démocratiques.

    Bonnes réflexions.

    1. Vous n’acceptez pas le « bras d’honneur – organisé et concerté – que constituerait l’expropriation du secteur bancaire, mais vous êtes apparemment tout à fait disposé à encourir le risque du bras d’honneur – à la sauvage – auquel vous expose mécaniquement un système par capitalisation. Curieux sens des priorités.

    2. Le Charles de Gaulle n’est pas basé à St Pierre et Miquelon que je sache ? Alors saisissez l’île en compensation. De bonne guerre quoi.

    3. à Benoît Bausson
      Votre réquisitoire repose sur votre crainte d’être spolié à
      titre individuel lors de votre retraite dans la mesure où
      vous dépendez d’un système de retraite par capitalisation.
      Si cette crainte,prise en considération avec intelligence,
      était apaisée,auriez-vous le même point de vue hostile pour tout le reste ? De mon côté,je ne trouve absolument pas stupide un système de retraite de type répartition.

      1. Et c’est Toussaint qui va  » apaiser sa crainte, prise en considération avec intelligence  » ? Ou Trudeau Jr ?

      2. Je m’attendais à ce que mon commentaire ne passe pas inaperçu, tant son contenu détonne par rapport au contenu habituel du blog de Paul Jorion. À vrai dire, je pensais même que ma contribution aurait été effacée par un  »modérateur ». Et bien non, ce matin, à mon réveil (tenir compte du décalage horaire), elle est toujours là!
        Je vais maintenant faire une réponse globale à tous mes  »répondeur ».
        Première chose, je n’ai pas d’à priori concernant tel ou tel système de financement des retraites. J’ai quitté la France à l’âge de 34 ans pour émigrer au Québec et j’ai donc bien évidemment cotisé au système français de répartition, avant mon départ. En étais-je outré? Certainement pas, je trouve même que ce système a du bon, comme par exemple la contrainte de cotisation. Tant les employés que les employeurs ont l’obligation légale de cotiser au système. Dans un système par capitalisation comme ceux qui existent au Québec et plus largement en Amérique du Nord, en dehors d’un système minimal de base (évitant l’extrême pauvreté une fois arrivé à la retraite), l’obligation de cotisation, pour les employés du privé, n’existe pas. Conséquence, une fois l’âge de la retraite arrivé, il en résulte quelques problème de revenus et de diminution de train de vie pour certain. Relire:  »La cigale et la fourmis ».
        Face à cette situation, qu’aurais du je faire en arrivant au Québec, il y a 20 ans, en tant qu’immigrant. M’adresser aux québécois et leur dire:  » votre système de retraite par capitalisation est pourri, changez le ! ». Ici tout le monde s’en satisfait. Aucun parti politique représenté à l’Assemblée Nationale du Québec ne cherche à remettre en cause ce système et l’extrême gauche, ultra ultra minoritaire ici, est inaudible (genre extra terrestre!)
        Pour en revenir au sujet premier, c’est à dire l’article publié sur ce blog et mon premier commentaire, je ne peux que redire la même chose: vouloir nationaliser le système bancaire français sans compensation est une connerie absolue. Imaginer un peu les conséquences diplomatiques, économiques, commerciales et surtout humaines d’une telle décision.
        Et pour finir, une petite digression sur Paul Jorion lui même et sur l’article qu’il a lui même publié ce matin sur son blog.
        Il y parle de son dernier livre (que je vais d’ailleurs acheter) et du très bon démarrage commercial qu’il a, tant en librairie que sur Amazon. Paul aborde en filigrane la notion monétaire de la chose (droits d’auteur, à-valoir) et donc de la nécessité pour lui d’en vendre le plus possible. C’est pour lui semble t’il son gagne pain et c’est en soit tout à fait honorable. Mais une question me turlupine depuis pas mal de temps (je suis un lecteur assidu du blog même si je ne suis pas toujours d’accord avec ce qui s’y dit!). Paul Jorion, bientôt 70 ans, a une très solide formation universitaire, il a travaillé comme professeur dans de prestigieuses universités, comme spécialiste de la finance dans de très grosses institutions bancaires américaines; à travers tout cela il a du cotiser à des  »fonds de pension » pour assurer ses vieux jours; ses différents employeurs ont du en faire autant pour lui. Alors comment se fait t’il qu’arrivé à l’âge qu’il a, il semble autant tirer le diable par la queue? Cela transpire tellement à travers ses articles. Pourquoi est-il aussi dépendant de la vente de ses livres pour vivre? Qu’a t’il fait ou que n’a t’il pas fait pour en arriver là?
        J’aimerais beaucoup que Paul Jorion nous raconte un petit peu son parcours financier. Si le modérateur qui va lire mon texte pouvait faire suivre? À bientôt peut-être!

      3. Je serais d’avis d’indemniser au cas par cas, via une émission monétaire en notre monnaie locale, (que vous pourriez éventuellement convertir en votre monnaie locale)

        Mais pourquoi un québecois place t-il son épargne en France, plutôt que au Québec ???
        S’il fallait montrer les aberrations de la mondialisation financière, en l’absence d’unité sociale…

    4. En effet 1 euro semble petit bras.
      Vous méritez mieux, beaucoup mieux: 100% d’augmentation et net d’impôts, bien sûr. Que ne ferait-on pas pour attirer le chaland ?

    5. @Bausson
      Mais votre analyse et votre réaction, c’est celle d’Harpagon, « Au voleur ! Au voleur ! A l’assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. »
      Vous pouvez mieux faire, non ?

    6. Le système de retraites par répartition est tout à fait pervers. Il revient à faire jouer aux salariés en retraite la même partition que celle du capital contre les salariés en activité.
      Plutôt que de défendre l’indemnisation des actionnaires des banques privées en cas de socialisation vous feriez mieux de militer contre le système de retraites par capitalisation, donc de revendiquer un système par répartition, ce qui peut se faire très rapidement.

  6. les start-up qui se laissent racheter n’ont-elles pas une part importante dans la survie de ce capitalisme mité et nonobstant encore « flamboyant » ?

    Y-a-at-t-il des start-up vertueuses prêtes à rester indépendantes, à moins que ça ne soit pas possible ?

    Je ne suis pas économiste encore moins financière, excusez mes questions si elles ne sont pas fondées sur la réalité.

    1. L’objectif d’un start-up-eur c’est d’avoir une idée qui puissent être rachetés très cher au bout d’une dizaine d’année pour être en retraite à 35 ans (en finançant d’autres start-up histoire de s’occuper et de justifier sa retraite précoce) tout en râlant sur les salariés qui bien qu’ayant une retraite lointaine ce contente de travailler quelques dizaines d’heure par semaine.
      Sans le rachat cela n’a aucun intérêt 🙂

      1. Une fois rachetée, la start-up-eur peut aussi sombrer après que le DG et ses copains, se soit bien divertis au nez et à la barbe des actionnaires, et au mépris (Gudule, notez « mépris ») des salariés.
        Cela fait aussi partie des charmes du capitalisme des rentiers stupides. (jducac, notes le)
        Expérience vécue (j’étais encore jeune et naïf)

      2. @ Dominique Gagnot dit : 28 mars 2016 à 1 h 14 min

        « Cela fait aussi partie des charmes du capitalisme des rentiers stupides. (jducac, notes le) »

        Les jeunes épris de capitalisme en France, ne sont pas stupides. Ils ont bien vite fini par comprendre que l’Etat, à la tête duquel se sont hissés depuis 35 ans des politiciens totalement incompétents en économie, se préoccupent plus d’eux-mêmes que de l’avenir du pays.

        Vanter l’esprit d’entreprise de la jeunesse, c’est un peu comme se féliciter des performances natalistes françaises, ça n’est fait que pour entretenir l’espoir des électeurs quitte à les faire dériver vers l’appauvrissement en entraînant la population vers un anticapitalisme suicidaire.

        C’est à partir du capital accumulé qu’une société peut investir et ainsi s’adapter à l’inévitable évolution du monde, lequel va globalement et inexorablement en s’appauvrissant au plan matériel et parfois aussi en sus, au plan immatériel et moral.

        Or, cet anticapitalisme, que tu t’emploies ardemment à faire se développer, est patent en France. Ses résultats sont tout aussi manifestes et bien caractérisés quand on observe l’évolution du chômage très bien corrélée avec la marge brute des entreprises, cette part qui de nourrir, renforcer et renouveler le capital, donc les investissements, au lieu de le dilapider peu à peu

        http://www.atlantico.fr/decryptage/quand-colere-peuples-se-reveillera-face-incroyable-preference-classes-dirigeantes-francaises-pour-chomage-charles-gave-institut-2641320.html

        Quand, toi comme beaucoup d’autres, finirez-vous par comprendre que l’humanité est née du capital matériel et immatériel qu’elle s’est employée à faire naître et à faire survivre?
        S’employer à étouffer le capital par un étranglement étatique, c’est accélérer l’anéantissement du pays.

        C’est un crime!

      3. jducac,

        Relis moi, je ne critique pas les entrepreneurs !

        Je critique les stupides rentiers qui, après avoir racheté une start up, pleine de vie justement,
        la coule en nommant à sa tête un DG filou, du fait de leur incompétence!

        Non seulement les actionnaires sont des rapaces, mais en plus ils sont stupides.

        Et ce sont eux qui décident de tout dans ton système adoré!

      4. Les entrepreneurs n’ont pas besoin du capitalisme des rentiers pour entreprendre. Un capital leur suffit !

        L’entité qui gère ce capital a donc une énorme responsabilité. D’elle dépend l’affectation de ce précieux capital.

        Et ce ne sont pas d’imbéciles et irresponsables fortunés qui sauront faire ça…

      5. @ Dominique Gagnot dit : 28 mars 2016 à 1 h 14 min

        Suite de mon commentaire du 28 mars 2016 à 10 h 29 ………

        « cette part qui permet de nourrir, renforcer et renouveler le capital, donc les investissements, au lieu de le dilapider peu à peu »

        Cf l’article de Charles Gave accessible ici aussi et sans limitation cette fois:

        http://institutdeslibertes.org/la-colere-des-peuples/

      6. Merci du lien jducac.

        Gave ne s’intéresse que à 1 seul paramètre: la rentabilité du capital.

        Le reste, (conséquences écologiques, sociales, sur le long terme), ils s’en moque royalement.

        Te rends tu compte à quel point c’est débile de gérer la planète de cette façon ?

        Et qu’il faut donc mettre les Ressources entre les mains, d’une Entité,
        dont le rôle serait de les gérer dans l’intérêt commun, sur le très long terme,
        en faisant appel à des entrepreneurs
        qui ne manqueraient pas,
        tant la tâche serait enthousiasmante, au contraire des trucs débiles que nous sommes amenés à faire pour satisfaire des Charles Gave…

  7. Oui, mais le mourant se porte bien, il résiste !
    Il faudra, pour rendre ces rêves (« utopie réaliste ») possibles, sortir du cadre par effondrements successifs…
    Je me demande si, à la suite d’un effondrement financier majeur, un réseau tel qu’Internet dispose de quelque chance de continuer à fonctionner…
    ???

  8. Merci pour ce manifeste implacable.
    Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas alors que tout le monde s’attend à une nouvelle crise financière violente. Tout est dit, tout est mis en perspective et les actions à mener en découlent naturellement, de manière structurée , sans qu’une mesure partielle indispensable (par ex. interdiction du HFT) ne fasse oublier une autre plus fondamentale comme l’interdiction des paris spéculatifs : la spéculation.

    Il faut diffuser cet appel !

    PS – question aux auteurs : avez-vous pensé à organiser une pétition ? Tout citoyen doit au-delà de ses choix basiques en politique devrait la signer : question de survie.

    1. J’ai signé pour Piketty, qui ne signerait pas là-dessous, donc je m’abstiendrais itou. Un peu de cohérence.

      1. Je signe pour tout ce qui va dans le bon sens, même si c’est incompatible.

        Que les vœux d’une seule pétition se réalisent serait déjà extraordinaire. Alors 2 , c’est totalement irréaliste.

        Aucune chance donc pour que Picketty ait à traiter des souhaits de cette autre pétition.

  9. PIQÛRE DE RAPPEL

    En 1981 dans les 101 propositions du candidat Mitterrand on lisait :

    N°10 – Définition d’un nouveau système monétaire mondial par la réforme du FMI de la banque mondiale et du  » panier de monnaies  » , un moratoire et de nouvelles liquidités pour les pays pauvres du tiers monde.
    N°21 – Le secteur public sera élargi par la nationalisation des neuf groupes industriels prévus dans le Programme commun et le programme socialiste, de la sidérurgie et des activités de l’armement et de l’espace financées sur fonds publics. La nationalisation du crédit et des assurances sera achevée.

    Dans le programme commun de gouvernement de 1972 il était indiqué :

    « Dans le secteur ,bancaire et financier, la nationalisation concernera l’ensemble du secteur c’est-a-dire :
    a/ la totalité des banques d’affaires, les principales holdings financiers et les banques de dépôts. Les activités des banques étrangères seront contrôlées par la Banque de France. Celle-ci veillera à ce que ces activités ne remettent pas en cause la nationalisation du secteur bancaire et financier, et qu’elles n’aillent pas à l’encontre des objectifs du Plan et de la politique économique nouvelle;
    b/ les établissements financiers, de ventes a crédit, de financement immobilier, de crédit-bail; et les grandes compagnies d’assurances privées, à l’exception des véritables mutuelles. Les statuts des établissements de crédit mutuelle et coopératif, ainsi que des caisses d’épargne, seront démocratisés. Les principaux organismes de crédit spécialisés (Crédit National, Institut de Développement Industriel, établissements financiers lies à l’industrie et certaines fonctions de la Caisse des Dépôts et Consignations) seront regroupés dans une Banque Nationale d’investissement qui prendra ainsi en charge une grande partie du financement des objectifs du plan et du développement industriel, les participations publiques seront regroupées pour assurer une gestion dynamique de cette partie du patrimoine public ».

    Ce qui m’étonne le plus c’est qu’à l’époque ni les communistes, ni les socialistes, ni moi, n’avions anticipés les emmerdements à venir avec le Conseil Constitutionnel pour de tels projets, et qu’aucun projet de 6ème République n’était avancé.

    Ce n’est plus le cas.

  10. Nous connaissons les solutions depuis longtemps déjà. Mais, comme certains l’ont fait remarquer, il n’y a pas beaucoup de progrès.
    Aussi, la question n’est-elle pas maintenant de savoir comment arriver à un changement? Quels sont les outils potentiels dont nous disposons (je veux parler des gens qui recherchent ce changement), comment les utiliser et quand ?

    1. Tous les beaux programmes de réformes radicales des politiciens professionnels, dits de « gôche », depuis le programe commun jusqu’à sa très pâle copie « L’humain d’Abord » en passant par les 101 propositions de Mitterrand, ne sont que du papier, comme les bulletins des urnes, au service de la carrière des dits politiciens.
      Ce sont les premiers à s’opposer au peuple quand il veut mettre en oeuvre ces avancées, car elle réclament aujourd’hui une révolution sociale, dans laquelle leur fonction dominante d’intermédiaire n’a plus de sens.
      Jamais, nulle part, la classe dominante s’est laissé dépouiller par les urnes. C’est comme le monde, il n’a pas été créé en 6 jours (le dimanche Dieu ne travaille pas, comme Macron…) mais certains y croient encore…

  11. Par la nature même des choses, la Spéculation est ce qu’il y a de plus spontané, de plus incoercible, de plus réfractaire à l’appropriation et au privilège, de plus indomptable au pouvoir, en un mot de plus libre. Infinie dans ses moyens, comme le temps et l’espace, offrant à tous ses trésors et ses mirages, monde transcendant, que l’Ordonnateur souverain a livré aux investigations des mortels, tradidit disputalionibus eorum, plus d’une fois le pouvoir, sous prétexte de moralité publique, a essayé d’étendre sur elle sa main réglementaire, et toujours elle l’a convaincu d’ineptie et d’impuissance. Que la presse soit muselée, la librairie tarifée, la poste surveillée, la télégraphie exploitée par l’État, la Spéculation, par l’anarchie qui lui est essentielle, échappe à toutes les constitutions gouvernementales et policières. Entreprendre de placer, sur ce dernier et infaillible truchement de l’opinion, un abat-jour, ce serait vouloir gouverner dans les ténèbres d’Égypte, ténèbres si épaisses, au dire des rabbins, qu’elles éteignaient les lanternes et les bougies !

    Proudhon, 1857 (p36).
    https://fr.wikisource.org/wiki/Manuel_du_Sp%C3%A9culateur_%C3%A0_la_Bourse/Texte_entier

    1. Proudhon ? Allons donc, il voulait parler de spéculation oui, mais dans sa variété intellectuelle, notre sport national.

      1. Non, la vraie bien sûr, celle, sauvage, qui connut son âge d’or à ce moment proudhonien de l’histoire, ce moment où elle était censément interdite et punie de prison quand elle s’exerçait sur les effets publics et considérée comme un contrat de jeu non recevable par les tribunaux pour les autres titres…

  12. Beaucoup de ces mesures sont pertinentes. Il faut quand même réfléchir au caractère opératoire de certaines mesures et aux effets de bord. Réduire drastiquement la taille des banques me semble très difficile à mettre en œuvre, la retraite par capitalisation ne concerne pas que les fonds de pension étrangers, mais pas mal de régimes de retraite complémentaires souscrites par les entreprises pour leurs salariés, de même que l’intéressement et la participation souvent placé immobilisés sur des produits de placement : beaucoup auraient à y perdre, y compris en France, y compris pour des salariés aux revenus plus modestes, même si l’impact est bien sûr plus fort au fur et à mesure que l’on monte dans la hiérarchie. La réflexion sur la taxation des banques constituerait un régime spécifique alors qu’une taxation générale des surprofits quel que soit le secteur d’activité paraît plus pertinente et plus productive.
    La principale faiblesse ma paraît être le caractère tout ou rien que l’on décèle au détour du propos, comme souvent à gauche où l’on ne pense pas la transition, mais on veut tout mettre en œuvre dans l’urgence : un tel programme, bien que très technique, serait en l’état incapable de rassembler au-delà des plus convaincus, il pourrait être de nature à effrayer des électeurs potentiels.
    Dans les mesures proposées, il faut sélectionner les mesures à même de faire bouger les lignes et de rassembler une fraction plus large de la population. À mon sens, dans la liste proposée, les mesures suivantes sont celles qui peuvent être le plus à même de remplir ces deux conditions.
    • Séparer les banques de dépôt et les banques d’affaires
    • Interdire la spéculation
    • Interdire les produits dérivés.
    • Obliger les banques d’affaires à demander une autorisation préalable de mise sur le marché de produits financiers nouveau
    • Séparer les activités de conseil et les activités de marché
    • Interdire le trading de haute fréquence et le shadow banking.
    • Limiter strictement ce qui peut être mis dans le hors-bilan
    • Interdire les ventes à découvert et les ventes à nu
    • Interdire les marchés financiers de gré à gré
    • Exiger des banques une augmentation du volume de leurs fonds propres en rapport avec le total du bilan
    • Poursuivre systématiquement les dirigeants responsables de délits et de crimes financiers
    • Financer autrement la dette publique
    Par rapport à la lutte contre la fraude fiscale, il me paraît plus judicieux de mettre en œuvre rapidement un échange automatique d’information incluant une traçabilité totale, et de prendre des mesures de rétorsion fortes pour les pays qui refuseraient les échanges.
    Pour les banques publiques, une première étape pourrait être la création d’une vraie banque de service public, soit ex nihilo, soit en nationalisant une banque qui a bénéficié d’aides massives (Dexia ?).

    1. Je passe sur les multiples interdictions, obligations et limitations pour aller à la seule proposition sur un mode positif, la dernière :

      – Financer autrement la dette publique

      Quel autre moyen que ceux exploités et surexploités par les pouvoirs politiques depuis des millénaires qu’ils affrontent la dette ?

      1. Le politique est légitime ( c’est même sa raison d’être ) et dans l’interdiction , et dans le « mode positif ».

        Mais la question posée vaut effectivement qu’on en décline les réponses , car derrière « pouvoir politique » , »moyen » , dette » et comment l’affronter sans la « reconsidérer », c’est peut être bien le bon chemin pour sortir plus globalement « des cadres » et aller vers des jours plus plaisants .

        J’ai l’idée qu’on ne saura pas affronter la dette par de nouveaux moyens , sans la reconsidérer .

        Qu’est ce qu’une dette , à quoi et à qui ça sert ?

        Le moyen s’en déduira .

    2. « la retraite par capitalisation ne concerne pas que les fonds de pension étrangers, mais pas mal de régimes de retraite complémentaires souscrites par les entreprises pour leurs salariés, »
      Vrai. Et aussi la complémentaire santé – obligatoire-

      L’orientation est tracé en douceur: diminuer l’une – la publique- et augmenter l’autre -capitalisation-. En 20 ans au plus, la jonction avec le système US, l’objectif indépassable des libéraux, sera acquise. Et personne ne l’aura discuté…

      C’est pourquoi, comme mesures complémentaires, il faut proclamer que la retraite et la santé sont du seul domaine public ou coopératif, par répartition. Les « complémentaires  » par capitalisation, non interdites, sont optionnelles.
      Et il n’y a aucune raison que l’affaire soit du domaine des entreprises.

      Bref, il faut juste de la cohérence: admettre le loup capitaliste en ces affaires, c’est leur donner liberté de détruire et d’accaparer. Il est vrai que les sommes en jeu les rends fou.

  13. 1,6.
    Je ne veux donner de leçon à quiconque et certainement pas aux auteurs de cet article dont j’ai beaucoup appris en les lisant chez Paul. A construire une pensée, d’abord, moi qui ne suis pas un universitaire.
    J’ai aussi énormément appris de Paul dont je crois sans faire le mariole, que la réflexion a intégré, peu à peu, au fil des années la contrainte écologique. J’ai, à mon tour, intégré la complexité, la compréhension de la formidable influence des injustices sur la marche du monde et la nécessité de penser la convergence des crises dans une globalité qui recompose le cadre.
    1,6 ?
    J’ai retrouvé un entretien de Paul avec D Meda dans lequel il dit ( ce qu’il a parfaitement répété hier matin au micro de P Cohen ) :  » (…) nous savons que nous consommons chaque année 1,6 fois les ressources de la planète et que cette situation est intenable. Si l’on se fixait comme objectif de faire baisser l’empreinte humaine sur la Terre, il faudrait embaucher massivement pour préserver l’environnement et pour développer les énergies renouvelables. Ce sont justement des emplois difficiles à remplacer par la robotique, du moins dans l’immédiat. (…)
    Je ne veux donner de leçon à personne mais voilà qui vous fabrique un cadre hors duquel pour moi, il n’est plus de pensée économique ou financière.
    J’ai le regret de dire que cette belle flèche, magnifiquement taillée n’atteindra pas la bonne cible. Réformer la finance et les banques sans doute mais pour quoi faire et dans quel but ? Quel sens ( direction ) voulons-nous donner à nos vies maintenant que nous savons ?
    Je n’ai pas encore lu le livre de Paul mais peut-on continuer à penser comme s’il n’existait pas ?

  14. Une décision sur la taxe européenne sur les transactions financières attendue en juin
    AFP Publié le lundi 07 mars 2016 à 22h08 – Mis à jour le lundi 07 mars 2016 à 22h08
    http://www.lalibre.be/economie/actualite/une-decision-sur-la-taxe-europeenne-sur-les-transactions-financieres-attendue-en-juin-56ddedb535702a22d5260e99

    Jersey et Guernesey peinent à justifier la non-imposition des entreprises
    « Jersey et Guernesey sont les premiers territoires considérés comme des paradis fiscaux à venir témoigner de leurs pratiques devant les eurodéputés. Le 15 mars, ce sont Andorre, le Liechtenstein et Monaco qui se rendront à Bruxelles. Certaines juridictions, comme les îles Caïmans et l’île de Man ont refusé l’invitation des eurodéputés de la Commission Taxe. »
    https://www.euractiv.fr/section/euro-finances/news/jersey-et-guernesey-tentent-dechapper-a-la-liste-des-paradis-fiscaux/

  15. Assez curieusement je suis surpris (et séduit..) par l’intelligente :

     » Obliger les banques d’affaire à demander une autorisation préalable de mise sur le marché de produits financiers.  »

    ( à condition qu’il y ait assez de potentiel intellectuel non corruptible en face…la quadrature du cercle..? )

  16. bernie sanders, trés remonté, n’y va pas avec des pinçettes….

    Bernie Sanders, (candidat aux primaires américaines) : « Les riches vous baisent ! » 25/03/16 à 14:00

    Ce candidat aux primaires américaines veut « faire payer Wall Street et les milliardaires » pour réduire les inégalités. Hillary Clinton en est déstabilisée.

    « Win Smith, qui a travaillé vingt-huit ans chez Merrill Lynch, dont dix comme président de la branche internationale, trouve que tout cela est bien trop agressif. « Ces propos sont à la fois naïfs et honteux. Je me demande si Sanders comprend quoi que ce soit au fonctionnement des marchés financiers », dit-il. Wade Black, qui dirige Scarsdale Equities, une firme d’investissement à New York, et qui, aussi bizarre que cela puisse paraître, soutient Bernie, n’est pas de cet avis. « Je crois qu’il comprend bien mieux le système que les Républicains ou Donald Trump. » Avant d’ajouter : « Il est violemment critique mais il n’y aura pas de Nuit de cristal à Wall Street s’il est élu. Il parle de régulation, pas de fermer la Bourse. »

    « La raison pour laquelle un septuagénaire vacillant peut sembler convaincant en parlant de révolution ? Sanders est sincèrement en colère. « Si vous êtes témoin de telles injustices et que vous n’agissez pas « dans l’urgence du moment », comme disait Martin Luther King, alors c’est que vous n’êtes pas vivant. »
    Ce candidat aux primaires américaines veut « faire payer Wall Street et les milliardaires » pour réduire les inégalités. Hillary Clinton en est déstabilisée.

    1. Merci! Autres extraits du même article:


      Robert Reich, un économiste qui a été secrétaire d’Etat au travail de Bill Clinton, estime que n’importe quel homme politique reprenant les slogans d’Occupy Wall Street (un mouvement anticapitaliste) aurait reçu le même accueil. « L’Amérique est aujourd’hui à un tournant : elle doit choisir entre l’autoritarisme populiste incarné par Trump ou le réformisme populiste représenté par Sanders. Si l’on ne fait pas ce choix en 2016, on le fera en 2020 ou 2024 » , analyse -t-il, en se disant « stupéfait par l’enthousiasme soulevé par Bernie chez les jeunes, qui se prononcent massivement pour lui. »

      (…)

      Il utilise volontiers des termes d’un autre siècle, qualifie les investisseurs de « spéculateurs » et se réfère toujours à « l’establishment » quand il parle des politiques, des entrepreneurs et des médias.

      (…)

      Devant la foule en délire, Bernie a juré de démanteler les six principales banques, de bannir les financiers du conseil de la Réserve fédérale, de mettre quelques banquiers en prison, d’autoriser la poste à proposer des services bancaires, de limiter les taux des cartes de crédit à 15% et les coûts de retrait dans les distributeurs de billets à 2 dollars. « La réalité, c’est que le business model de Wall Street, c’est la fraude. Ce n’est pas une exception, c’est la règle » , a-t-il lancé.

      1. Oui, merci itou 🙂
        Voilà, encore 2 liens , dont un fourni (carte) par un commentateur, sympa de sa part.

        Bernie Sanders réduit l’écart sur Hillary Clinton
        Source : Reuters 27/03/16 à 11:25
        http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/bernie-sanders-reduit-l-ecart-sur-hillary-clinton-1112663#

        Detailed Maps of Where Trump, Cruz, Clinton and Sanders Have Won
        http://www.nytimes.com/elections/2016/national-results-map

        M Jorion
        J’ai trouvé l’entretien avec P Cohen, intéressant et étoffé. Pour une fois que vous avez le temps d’être un peu plus explicite, à des heures d’écoute favorables, c’est pas un luxe, bon sang de bois !
        Ce sont ces formats qui sont intéressants, voilà, minimum,
        1 heure voire 1h30, bien , c’est ce qu’il faut. Je ne suis pas du tout étonnée que votre popularité monte en puissance, au contraire, et je ne dois pas être la seule…ça va le faire. Il n’y a pas que la température qui monte..redonner de l’espoir est crucial et aller de l’avant aussi, on va se gêner peut être ? NON !
        Encore merci !

  17. «– la définition avec participation citoyenne d’une charte sur les objectifs à atteindre et sur les missions à poursuivre, qui mette le service public de l’épargne, du crédit et de l’investissement au service des priorités définies selon un processus de planification démocratique ;»
    Avant d’aller plus loin il faut identifier et immédiatement les priorités, tous oublient comme à l’habitude la gestion des ressources qui doit relever de l’État, sous entendue explicitement par le peuple.
    Ce même peuple doit avant d’exercer son choix démocratique être clairement informé, conscientisé, à la problématique environnementale au-delà de toutes autres considérations car la survie de l’espèce humaine en dépend directement bien au-delà de la structure bancaire.
    Un diagnostique sur l’état du système/terre devrait nous démontré précisément quel sont les disponibilités des différentes ressources (essentielles, utilitaires et accessoires) en lien avec la capacité des écosystèmes à renouveler en quantité et en qualité ces ressources, ci-après nommé le capital exploitable avec son égale valeur en monnaie pour en faciliter les échanges, les banques étant uniquement un support physique et/ ou un outil de contrôle par et pour l’État sans plus.
    Une bonne gestion des ressources va avec la gestion de la monnaie l’un ne va pas sans l’autre, cette équation n’est pas respecté dans le système actuel d’où les problèmes graves que nous connaissons……

    1. Je suis parfaitement d’accord avec vous, mais sans deux monnaies pour fermer le cycle économique comme un moteur à explosion ferme son cycle avec deux températures, il n’y a pas moyen de s’en sortir. Enfin, c’est mon avis.

    2. Le sujet du topic porte sur les banques…

      Mais je suis de votre avis, il faudrait une analyse beaucoup plus globale.

      1. « Le sujet du topic porte sur les banques… »
        Et bien oui, dans le titre il est écrit « Que faire des banques? »
        J’y répond, on scinde les banques avec deux monnaies différentes:
        « On utilise une monnaie différente pour les énergies fossiles et les énergies renouvelables
        A mesure que les énergies fossiles s’épuisent, la température des économies qui leurs sont associées diminue, tandis que celle associées aux énergies renouvelables augmente.
        On remplace une transition abrupt par une transition continue. »
        Comme expliqué ici: http://www.francois-roddier.fr/?p=299#comment-816
        Je ne comprends pas pourquoi les économistes n’ajoutent pas de la véritablement science comme la thermodynamique dans leur raisonnement, seraient-ils formatés au point de refuser toute synergie avec d’autres sciences? Je ne comprends pas.
        Dans ce topic, le nombre de références au problème de l’épuisement des ressources sont aussi rares que des oasis dans le Sahara.
        Paul Jorion a écrit un livre sur la possible extinction de l’espèce, extinction qui est bien réelle, c’est le principe de Carnot appliqué à un système fermé. Sans introduire de la thermodynamique dans l’économie, on ne va pas sortir de là.
        C’est ce qui doit être réalisé sur ce blog si on veut mettre en place des idées capables de créé un environnement apte à dépasser l’extinction et du coup proposer des solutions à notre hôte avec un nouveau bouquin qui parlera de ces solutions.

      2. «C’est ce qui doit être réalisé sur ce blog si on veut mettre en place des idées capables de créé un environnement apte à dépasser l’extinction et du coup proposer des solutions à notre hôte avec un nouveau bouquin qui parlera de ces solutions.»
        Michel vous avez 100% raison, lorsque PJ et d’autres mentionnent que nous consommons 1.6 planètes terre ce qui veut clairement dire que nous avons entamé le capital, nous attaquons la structure des écosystèmes qui sont à la base de la vie, c.à.d. le moteur même de notre existence d’où l’épuisement des ressources……..
        En fait ce n’est semble t’il pas si clair puisqu’il n’y pas beaucoup de personnes qui s’y attardent.
        Peut-être ici une explication : http://lecluborlov.blogspot.ca/2016/03/voila-pour-la-politique.html#more
        Extrait : «Je pense que je peux deviner la raison de cette attitude négative. Elle a deux causes principales : l’intellectualisme et le déni.»
        Le contact avec la réalité terre, comme terrain, est perdu pour plusieurs, voir la majorité…..

      3. Je pense que je peux deviner la raison de cette attitude négative. Elle a deux causes principales : l’intellectualisme et le déni.

        L’intellectualisme a bon dos, parole de vigneron…
        PS: La carte postale à Unabomber pour son anniversaire, adorable. J’vais essayer d’y penser pour Breivik.

      4. « Extrait : «Je pense que je peux deviner la raison de cette attitude négative. Elle a deux causes principales : l’intellectualisme et le déni.» »

        ——————-
        Bien vu. Les plus honnêtes de nos personnels politiques « de gouvernement » y pataugent, et sont de ce fait impuissants.

        Il est illusoire d’espérer changer quoique ce soit (en particulier le système bancaire…). Ce sera tout ou rien.

        La première chose est de gagner « l’opinion ».
        Et nous avons des atouts !

        Par exemples:

        Jorion. Méthode : se faire accepter dans le sacro-saint cercle de ceux qui ont accès aux gros médias, pour délicatement y déposer les « légers » Problèmes de l’Humanité…

        François Ruffin. Dans sa spécialités (lutte des classes) y excelle avec son film et Fakir, et à suivre…

        et d’autres, moins visibles (du moins de mon point de vue)

        Il y avait aussi Coluche, mais il est mort au « bon » moment. Bref.
        (faites gaffe, Paul)

        Tout ça pour dire que plus les classes moyennes-supérieures s’enfoncent, plus elles sont réceptives aux alternatives au discours dominant, qu’elles affectionnaient jusque là.
        Les autres ont des préoccupations plus immédiates.

        Et ces classes « moyennes supérieures » ont le pouvoir de faire basculer les choses !

        Car le jour ou il sera de notoriété publique, chez ces gens là, que le système politico-économique, et surtout financier, est un énorme piège à cons, quelle sera l’attitude des médias, qui « font l’opinion » ?

        Au risque de totalement se décrédibiliser, ils devront basculer.
        Ce qui risque de déstabiliser le pouvoir qui devra choisir entre 2 alternatives:
        – la force
        – capituler.

      5. L’intellectualisme est poussé à son extrème à cause de la séparation des disciplines, nous sommes devenus des spécialistes qui en connaissons de plus en plus sur de moins en moins de chose.
        Il serait nécessaire de mettre en relation les ingénieurs thermodynamicien et les économistes, mais pour la plupart ils campent sur leurs positions et intellectualisent par égo ou profit personnel.
        En ce qui concerne le déni je pense qu’il est du à l’ignorance de la discipline des autres. Plutôt que de réaliser la démarche vers la discipline de l’autre on en nie les faits qui s’avèrent correct.
        Je pense qu’il faut avoir un regard global tout en concervant un créneau sur lequel on peut exercer ses talents.

  18. J’ai l’impression que ca bouge un peu: la critique du capitalisme trouve preneur même au niveau des dirigeants économiques. L’important hebdomadaire allemand « Die Wirtschaftswoche » de cette semaine consacre un grand article sur l’état pathogène du capitalisme; on dirait presque du Paul Jorion.
    Les gens sentent que le choses ne peuvent durer. Le débâcle de la Deutsche Bank, jadis une solide institution nationale pour soutenir la classe moyenne et au-delà, assumer une responsabilité envers la société, montre à quel dégré les banques se sont éloignées de leur réelle finalité.
    A mon avis, le malaise a commencé, entre autres, avec le decret de Nixon (le détachement du dollar de l’or). Cela donnait accès aux opérations les plus sauvages, anarchiques et antisociales en terme et de spéculation et de manipulation monétaire/financière.

  19. Bonsoir.

    Le mail de Mr Jorion semble ne plus fonctionner.En effet, je souhaiterais m’abonner au journal papier « pièces jointes » or je n’ai pas vu de lien paypal ou autres pour y souscrire..

    En espérant une réponse

    Merci par avance

    1. J’ai signalé au webmaster que la fonction « Contacter Paul Jorion » ne marche plus.

      Pour (P)ièces (J)ointes, on dira comment acheter dès que le journal aura été publié.

  20. Pour prolonger et alimenter cet important débat,
    voir également
    http://cadtm.org/Debat-a-propos-de-Que-faire-des
    qui contient les commentaires de Thomas Coutrot, Henry Sterdyniak, Jean-Marie Harribey, Catherine Samary, Pierre Khalfa, Dominique Plihon, Didier Brissebourg et la réponse d’Eric Toussaint, Michel Husson, Patrick Saurin et Stavros Tombazos

    http://cadtm.org/Debat-a-propos-de-Que-faire-des

    Eric Toussaint
    http://www.cadtm.org
    2 place de Bronckart
    4000 Liège
    Belgique

  21. Est-ce que le plan de 6 milliards « d’aide » à la Turquie pourrait être destiné à renflouer les banques sur place?

    1. Je me pose aussi la question.
      Imaginons que Bruxelles et Erdogan la joue sincère. Dans ce cas l’argent devrait financer tout ce qui concerne les réfugiés; accueille, aide alimentaire, sécurisation des village de tentes etc… Mais il ne faut pas oublier qu’Erdogan ( lui perso. et la petite camarilla qui l’entoure) a beaucoup perdu avec la fin abrupte de la contre-bande de pétrole avec Daesh/Isis…
      Et puis, Daesh/Isis a des dépenses imprévues ces temps.
      Mais plus crédible, Erdogan mène une guerre dans la partie Kurde du pays: des centre-ville sont détruits, les enfants et les femme tués avec toute sorte d’armes.Les Kurdes ne se laissent pas faire: des véhicules sautent, des armes sont perdus.
      Cela s’appelle une guerre civile ( 1000 morts paraît-il et de grosses destructions urbaines.)

      Pour résumer les 6 milliards européens serviront plutôt à financer la guerre au peuple Kurde en Turquie…

    2. Je pense que Daniel adonné une réponse adéquate, rien d’alarmant dans le secteur bancaire en Turquie, Erdogan a besoin d’argent pour financer le conflit avec les kurdes….

      Quelles sont les prévisions de croissance pour cette année?
      « La croissance devrait dépasser la barre des 3%. C’est beaucoup moins qu’au début des années 2000 quand la Turquie a rejoint le club des pays émergents, mais cela reste positif. Le pays conserve des fondamentaux solides: un secteur bancaire sain, un Etat peu endetté et en tant qu’importateur net d’hydrocarbure, le pays profite de la baisse des cours du brut.  »
      http://www.rfi.fr/emission/20160324-gros-plan-turquie

      http://www.latribune.fr/economie/international/refugies-le-jeu-de-dupes-entre-l-europe-et-la-turquie-559669.html

    1. C’est drôle tes schémas on dirait un Moloch en train de chier une masse de chômeurs, après digestion : Corium consumérisme, sous-merde de l’emploi, déchèterie humaine, Soylent Green, vision noire à la Goya… ?
      Des ressemblances aussi avec Ouroboros.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouroboros

      ____________________________

      O père Gattaz, vieux crabe obscène, tonds les vite et bien tes moutons, puisqu’ils te rapportent des milliards et leur soumission véritablement exemplaire.
      Mais dépêches-toi, car bientôt arrive l’ère de l’écorcheur qui va te plumer.

      1. ah moi j’aime bien, le tiré en pointillé avec les deux indications : population pouvoir politique et le dessin du tas….de…joliiiiiiiiiii, détail léger et subtil : il y a même la mouche-araignée mutante….

      2. Gudule,

        C’est une mouche araignée si vous voulez, mais j’ai voulu ainsi signifier les dérisoires trajectoires par lesquels on tente d’échapper au chômage ou à l’exclusion.
        Je vous l’accorde, c’est cynique. Mais comment faire pour ne pas l’être?

  22. @Jean Matouk.
    Pour info, l’an dernier c’est pas les 5 milliards d’investissement public supplémentaire autorisé par sa répudiation de 20% de notre dette publique due autres eurozonards que les banques françaises ont fournis aux entreprises et aux ménages entre fin janvier 2015 et fin janvier 2016, mais 80 milliards de nouveaux crédits, soit 4% d’augmentation de l’encours… Une exception dans l’Eurozone, certes… Et si M3 augmente à un rythme de plus de 5% c’est d’abord via M1 et donc les dêpots à vue à un rythme de 12%.
    http://www.fbf.fr/fr/files/88AJPJ/Chiffres-cles-credits-economie-08032016.pdf

  23. Michel Lambotte :27 mars 2016 à 10:10
    D’accord avec vous Michel, l’énergie est à la base de tout. Ceinture c’est pour tout le monde, peu importe si les ultra riches se sont goinfrés, après tout ils ne sont pas les seuls et il faut se méfier de cet acharnement qui nous conduit vers les totalitarismes bien pires que ce que l’on connaît actuellement. En résumé, il faut responsabiliser tout le monde, les riches comme les pauvres au lieu de faire des comptes d’apothicaire.
    Ce besoin de bouc émissaire est pathologique et notre société est en train de sombrer dans la psychopathologie collective.

    1. « il faut responsabiliser tout le monde, les riches comme les pauvres au lieu de faire des comptes d’apothicaire. »

      ——————————-

      Comment faire pour responsabiliser ceux là :

      http://www.challenges.fr/classements/fortune/

      Ceux qui n’ont aucun moyen, c’est fastoche… mais pour ceux dont les moyens de nuire sont quasi illimités, que proposez vous, James ?

      1. Vous faites des cases étanches dans tous vos propos, et vous attisez en permanence le ressentiment comme s’il n’y avait pas déjà assez de violence et de tensions. Les politiques ne font pas mieux avec leur clientélisme électoral. Agiter des épouvantails pour dresser les gens les uns contre les autres

      2. James,

        Voudriez vous dire que les pauvres doivent rester couchés/écrasés/méprisés, tandis que les riches bousillent tout ?

      3. Vous n’en avez rien à faire des pauvres, et si demain par malheur vous deveniez riche, vous seriez certainement bien pire que ceux que vous ne cessez de dénigrer avec hargne et jalousie. Et si vous étiez au pouvoir (ne rêvez pas) vous brûleriez tous les livres en martelant que ça ne sert à rien la connaissance et l’instruction, et vous intoxiqueriez tous les esprits en les culpabilisant de leur quête d’autonomie et de liberté. Et vous en feriez des marginaux et des suspects bons pour les camps de rééducation
        Quant à ceux qui font, vous les caricaturez grossièrement avec leurs grelinettes et leur potager.
        Le collectivisme que vous revendiquez serait un gain énorme de liberté prétendez-vous. Votre définition de la liberté c’est comme les Ressources primaires, ça baigne dans la psychopathologie

  24. « c’est cynique. »

    Non, vous confondez cynisme et mépris, que les choses soient claires je ne partage AUCUN de vos points de vue, inutile d’insister,
    brisons là !

    1. Vous vous méprisez Gudule.

      C’est le Système qui est méprisant. Moi je ne fais que le dénoncer.

      Vous fixez le doigt qui montre, vous même étant manipulée.
      Méfiez vous, c’est très vicieux.

  25. Gd & Gg
    là ça tranche !

    Entre mépris et cynisme, plutôt « et » que « ou », que vous soyez d’accord ou pas, il reste, à ces sujets, entre autres:
    le mépris-cynisme de l’industrie pharmaceutique (*) (voir le billet de Leis http://www.pauljorion.com/blog/2016/03/27/le-prix-des-medicaments-par-michel-leis/)…
    le mépris-cynisme des frères dans la foi que sont Qatar, Arabie Saoudite… (*) qui laissent les réfugiés fuir vers des pays de « mécréants » au lieu de les accueillir…

    (*) ces cas illustrent exactement la manière dont les individus sont considérés, comme le dit Paul Jorion (7-9 Cohen), en substance: les pouvoirs (économiques, financiers, idéologiques, religieux…) se servent des individus et les jettent comme du pq lorsqu’ils n’en n’ont plus utilité.

    Seul frein « régulateur »(!!!) à ce processus: il faut des malades de longue durée pour consommer, faire du CA et des profits sur le dos des malades et des bien-portant… Au besoin on rend ces derniers malades aussi. Voilà pour les médicaments. Le reste est à l’avenant…

  26. S’il faut légiférer pour qu’existe au moins une banque qui se consacre à la bonne gestion de l’épargne en conciliant intérêt commercial et rôle social sans viser l’évasion fiscale et la spéculation financière, alors légiférons car monsieur le président a bien été élu pour ça. Il suffirait d’une banque, est-ce donc si difficile à créer pour tous les surdiplômés de la finance, où est l’esprit d’initiative que l’on espère de ces as du portefeuille car avec une telle banque, il suffirait de retirer toutes vos économies pour les placer là et le système s’effondrerait. Et la dette, si les banques en veulent elles doivent bien s’inquiéter de l’avenir, où est l’évaluation du risque quand l’espèce menace de disparaître?

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