Cessons de croire au mythe de l’entreprise au service de l’intérêt général, par Jean-Paul Vignal

Billet invité.

Le discours d’Emmanuel Faber, le Directeur General de Danone, lors de la remise des diplômes à HEC il y a quelques jours, a été salué à juste titre pour son remarquable humanisme. Il était poignant à titre personnel, et ne choquait pas venant du dirigeant opérationnel d’un groupe qui se donne pour mission « d’apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre ». Et qui le fait, malgré l’opposition d’un lobby de la santé occupé à faire son miel en produisant des malades guéris, qui n’a donc aucun intérêt financier à ce qu’un système de santé préventif puisse produire des bien-portants, comme tente de le faire Danone, entre autres grâce à une meilleure connaissance des interactions entre le système immunitaire humain et l’alimentation.

Le bilan de Danone est cependant moins évident sur le plan social. Comme partout, les sites industriels les moins productifs sont fermés, certains provoquent des nuisances pour leur environnement immédiat, et comme tous ses confrères transformateurs de lait, le groupe n’est pas très regardant sur la taille des fermes usines d’où vient son lait, – plus elle est grande, moins le coût de la collecte est élevé -, ou sur le « bonheur » de ses producteurs, qui, comme tous les producteurs laitiers, sont payés non pas en fonction de leurs coûts de production, mais du minimum nécessaire pour la survie des fermes et la continuité de l’approvisionnement en lait de bonne qualité des outils de production des industriels laitiers.

Peut-on le lui reprocher ? Pas dans le contexte où il évolue, et il convient d’en parler sans fard. Comme le soulignait Paul Jorion dans son intervention sur le thème « Les robots et nous », au cours de l’émission « Le téléphone sonne » du vendredi 8 juillet dernier, nous vivons une époque de grand déni et d’autisme qui ne peut plus durer. Qu’il s’agisse des risques d’explosion financière provoquée par l’incroyable quantité de valeur virtuelle créée par la spéculation, de devenir du travail dans le cadre d’une généralisation de presque toutes les tâches, y compris de création pure, par la combinaison de l’automatisme, de la robotique et de l’intelligence artificielle, tous nos responsables sont dans le déni et/ou le cynisme le plus total : votez d’abord pour moi, on verra ensuite.

Il en est de même pour leur culte de l’entreprise. Il est de bon ton de dire que le marché peut piloter la transition vers une économie durable et que l’entreprise est le lieu privilégié de cette transition : c’est faux. Ce serait peut-être vrai si le dit marché prenait en compte les couts externes environnementaux et sociaux des activités économiques, et si les prix n’étaient pas régulés,  – et donc de fait déterminés -, par la spéculation. C’est faux essentiellement parce qu’il ne le fait que lorsqu’il y est contraint et forcé par la puissance publique. Tant qu’il n’y est pas contraint, pourquoi un chef d’entreprise normalement intelligent et responsable irait-il investir dans un système qui permet de moins consommer d’énergie quand le prix de celle-ci peut varier du simple au double en quelques mois, et varie de quelques % tous les jours au moindre prétexte, aussi futile soit-il ? Et quel chef d’entreprise irait-il investir pour réduire son empreinte écologique et sociale? Poser la question c’est y répondre, et ce d’autant plus que tout investissement qui n’améliore pas le profit de l’entreprise peut lui être reproché comme étant un abus de bien social, sauf, par parenthèse, s’il est responsable d’une société nationale : la SNCF a ainsi pu démanteler le remarquable réseau maillé ferré français, – alors que tout le monde dit et répète que les transports en site propre sont écologiquement corrects -, sans qu’aucun des dirigeants impliqués n’ait jamais été poursuivi pour dilapidation du patrimoine public de la France et des Français.

Cessons de le nier, la maximisation individuelle du profit de chaque entreprise n’est pas la maximisation du PIB, et donc de l’intérêt général. Pour l’entreprise, l’intérêt général est une contrainte, exprimée par les lois et les règlements sociaux, fiscaux et environnementaux, et certainement pas un objectif désirable. Qui peut parler d’intérêt général quand on se souvient de Turing Pharma, cette société américaine dont le PDG, ayant constaté qu’un médicament connu et peu coûteux pouvait aussi traiter certains effets secondaires du sida, a décidé d’en multiplier le prix public par 50 ? Heureusement, il a fait la funeste erreur de s’en vanter, et a fini dans la case prison : le racket à la santé a quand même des limites.

La règle pour un entrepreneur, sous peine d’être accusé de ne pas faire son travail est de se situer en permanence du bon côté de la limite des lignes jaunes sociales, fiscales et environnementales, et personne ne peut le lui reprocher, au contraire; objectivement et légalement, plus il tangente ces lignes, mieux il fait son travail. Il y a quelques cas isolés que les contempteurs de la régulation par la main magique des marchés peuvent mettre en avant pour faire avancer leur cause, mais ce ne sont que des exceptions : tant que les ressources naturelles de la biosphère sont considérées comme gratuites, un prix traduit un rapport de force entre le vendeur et l’acheteur, plus qu’un coût de production, qui est de toute façon largement tributaire lui aussi du rapport de force entre le producteur et ses propres fournisseurs d’intrants et n’incorpore que très marginalement les coûts sociaux et environnementaux externes, qui ne sont jamais pris volontairement en compte par le marché et sont toujours imposés par le régulateur.

L’économie de marché étant à l’économie ce que la démocratie est à la politique, le moins mauvais des systèmes possibles, il serait cependant tout à fait contre-indiqué d’abandonner ce système pour revenir à des systèmes de prix administrés fixés par la puissance publique, dont l’experience montre qu’elle débouche immanquablement sur des catastrophes économiques sous les cieux les plus divers ; question de temps, pas de principe. Mais il faut que l’état intervienne en tant qu’arbitre, pour garantir la transparence et la fluidité des marchés et s’assurer que le succès de quelques-uns n’est pas acquis aux dépens de l’intérêt général. C’est un exercice délicat et très consommateur de moyens dans des systèmes de gestion hiérarchisés, mais c’est certainement possible avec des systèmes réticulaires « bottom up ».

Malgré l’utilisation croissante des réseaux sociaux par les entreprises, la conversion au « bottom up » n’est pas simple dans le contexte actuel. Le culte de la libre concurrence, pour faire croire qu’il donne une grande liberté de choix, a imposé des modèles de business de type tous contre tous qui ne sont pas des garanties de service de qualité pour les clients, et sont en fait plus des oligopoles très visqueux bien loin de la concurrence pure et parfaite officiellement tant vantée. Il faut changer de modèle, et abandonner cette chimère qu’est la liberté de choix des consommateurs.

Les coopératives sont probablement un bon exemple de ce que pourrait être un « prototype » de ces nouveaux modèles d’affaires. Afin de minimiser les risques de conflits d’intérêts, les clients de ces futures organisations seraient aussi leurs « actionnaires/sociétaires », de même que leurs salariés et certains de leurs principaux fournisseurs.

De plus, en transformant les ventes traditionnelles de « matériel » en ventes d’« usage », la dématérialisation des relations entre clients et fournisseurs devrait faciliter la transition vers des systèmes plus durables dans lesquels l’objectif sera d’extraire le maximum de valeur d’usage de chacune des ressources utilisées plutôt que de vendre un volume maximum de ressources. Ainsi, au lieu d’avoir intérêt à changer quelques plis de tôle sur ses véhicules le plus souvent possible pour inciter ses clients à en acheter un nouveau, un constructeur automobile aurait alors intérêt à vendre toujours plus de km d’usage de ses véhicules en utilisant le moins de matériaux possible, et donc à pouvoir réutiliser un maximum de composants existant à l’occasion de chaque changement de véhicule par l’utilisateur. GM aux USA a ainsi un projet de plate-forme conçue pour durer plus d’un million de miles, dont l’apparence et la fonctionnalité pourraient être personnalisées en fonction des besoins exprimés par chaque utilisateur. Ce principe d’organisation est transférable à la plupart des secteurs d’activité (alimentation, habillement, etc..) et pourrait aussi servir pour le montage de partenariats état/citoyens pour le financement et l’exploitation d’infrastructures d’intérêt collectif (transports, énergie, télécommunications, gestion de l’eau) ou pour la mise en place de nouveaux modes de transport collectifs personnalisés, de production décentralisées d’électricité, de gestion de l’eau ou de transport et de traitement de l’information.

En attendant ces jours meilleurs, cessons en tout cas de rêver de demander aux entreprises ce qu’elles ne peuvent pas donner : la seule façon pour une entreprise de servir l’intérêt général est soit d’y être contrainte, soit d’en bénéficier. Le bâton du règlement, et la carotte du crédit d’impôt sont les seuls outils disponibles pour inciter légalement les entreprises à internaliser la totalité de leurs coûts environnementaux ou sociaux. Ayons l’honnêteté de le reconnaître, c’est la seule façon de progresser.

Des personnalités de la trempe d’Emmanuel Faber peuvent puissamment contribuer à ce changement d’attitude : ils ont la crédibilité et la visibilité indispensables pour le faire ; on peut aussi rêver qu’il existe quelque part un Corneille moderne, capable de nous produire un film ou une superbe pièce en alexandrins sur l’impossible dilemme d’Emmanuel Faber et de ses pairs !

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64 réflexions au sujet de « Cessons de croire au mythe de l’entreprise au service de l’intérêt général, par Jean-Paul Vignal »

  1. Bonsoir
    Une entreprise -commerciale, financière ou industrielle- a pour objet premier de gagner de l’argent.
    Toutes les autres raisons invoquées par les dirigeants sont secondaires (ce qui ne veut pas dire insignifiantes).

    Cordialement.

      1. Si c’est tout ce que vous souhaitiez dire, était-ce pour l’intérêt général des lecteurs de ce blog que vous vous êtes donné la peine de le rappeler ? Quand bien même qu’avec quelque raison, j’en suppose la majorité déjà au parfum.

        Par contre « la maximisation individuelle du profit de chaque entreprise n’est pas la maximisation du PIB, et donc de l’intérêt général » sonne curieusement comme approche de la notion, sur un blog qui dénonce plus souvent la question de la répartition que de la croissance.

        Justement, à propos de cette notion : si « intérêt particulier » ne pose pas de difficultés référentielle, son alter ego « intérêt général » si.
        Il est connu par exemple que la notion n’est pas traduisible en anglais sans perte de sa sensibilité francophone. Elles ne sont pas équi-valentes. Je renvoie à Suppiot.

        Si par définition l’entreprise privée sert des intérêts particuliers, selon sa corpulence elle ne peut ignorer les « besoins » (supposés, définis, suscités) de l’intérêt général (sous-entendu de l’armée des consommateurs au sens dévoyé !).
        L’expérience socialiste soviétique a montré, qu’étatisation, comme nationalisation ailleurs, n’épuisait pas le sujet de quoi produire, comment, pour qui, pour quoi, et qu’éliminer l’intérêt particulier des actionnaires par exemple, ne réglait qu’un problème local voire marginal si la liberté ainsi offerte n’était pas créatrice d’autres inventivités sociales.
        Clairement la faberisation du capitalisme n’a pas d’avenir…

      2. Oups! C’est comme si l’on disait que le but dans la vie, c’est de manger. Le problème est que cette finalité financière de l’entreprise soit largement partagée alors que l’argent n’est qu’un moyen pour diffuser ou produire. C’est très difficile à comprendre pour certains dans une époque où l’argent est roi. Mais on peut penser et agir autrement, par exemple en se sentant riche de ce que l’on donne.

        Qu’en pense l’anthropologue hôte de ce blog?

        Merci à Paul et à Jean Paul de mettre ce sujet sur la table.

    1. Une entreprise -commerciale, financière ou industrielle- a pour objet premier de gagner de l’argent.

      Agricole et artisanale itou.
      C’est pas précisément l’argent, ni même simplement le profit, l’objet premier de l’entreprise mais la valeur ajoutée.

  2. Pour avoir fréquenté quelques PME, je pense qu’il faut dire qu’elles échappent à la pression des milieux financiers (la Bourse), et qu’elles voient d’abord les difficultés des commandes ou des ventes (concurrence sur les prix), et ensuite « le poids des taxes » (elles n’ont pas des arrangements fiscaux au Luxembourg). Elles peuvent donc avoir une certaine éthique (pas trop couteuse), qui sera celle du patron. Ne soyons pas simpliste ou manichéiste.
    Les grandes entreprises étalent une communication éthique souvent dispendieuse (ateliers du personnel contre le sexisme et le racisme, par exemple) qui cherche à manipuler (enchanter et distraire) le personnel, les clients et l’opinion. Elles furent les premières à étaler des « rapports environnementaux » (+/- 1995 ?) sans rien faire de concret. Un discours ‘humaniste’ de leur part ne fait pas le printemps. Le procès engagé contre France Telecom nous le rappelle.
    Quant à l’article, j’ai pas bien saisi la porte qu’il cherchait.

    1. Quant à l’article, j’ai pas bien saisi la porte qu’il cherchait.

      Je suis désolé d’avoir été fumeux, car c’est portant bien simple : je suis effaré que l’on tente de faire croire que le statut actuel d’une entreprise par action est la solution à tous les problèmes d’intérêt général, et qu’il suffit de faire une confiance aveugle à la main magique des marchés et de tout privatiser et marchandiser pour résoudre tous les problèmes d’une humanité qui découvre avec angoisse qu’elle est en train de détruire l’écosystème qui assure et garantit sa survie. Un entreprise peut certainement être un vecteur de progrès dans la protection de cet environnement, mais pas aussi longtemps que le seul critère de jugement de ses dirigeants, aussi honnêtes et dévoués à la cause commune soient-ils, sera le bénéfice à la fin du trimestre, car, pour eux, voir plus loin c’est forcement prendre le risque d’être exclu du jeu par des concurrents sans scrupules et courtermistes. Tout personne honnête qui a eu des responsabilités dans une entreprise le sait, et je n’en respecte que plus des dirigeants de la trempe d’Emmanuel Faber. Leur courage le mérite, et je ne les envie pas.

      La porte de sortie que je cherche est de mettre fin le plus vite possible à l’hypocrisie ambiante, qui fait des cadeaux aux détenteurs de capital l’alpha et l’oméga de toute politique économique sous prétexte de TINA néolibéral. Je propose une piste, je n’ai pas la prétention de proposer LA solution. Je ne suis certain que d’une chose : la gestion de la biosphère ne doit en aucun cas être abandonnée au capitalisme financier, et il est urgent de la transférer à une forme modernisée de la gestion des communs de nos ancêtres.

      Je trouve que ce serait formidable que, loin des paillettes et du show time du décor Potemkine de la COP21, ce sujet soit au centre du débat politique des élections de 2017 en France, au lieu de se limiter à un lamentable combat d’egos pour savoir qui sera Calife a la place du Calife.

    2. Pour avoir fréquenté quelques PME, je pense qu’il faut dire qu’elles échappent à la pression des milieux financiers

      Bienheureux le patron de PME ou TPE dont  » les milieux financiers  » (i.e son banquier hyperlocal) ne connait pas le numéro de portable…

      1. A l’inverse , je me souviens d’une boutade d’un copain , petit entrepreneur de TP, qui me disait , alors que nous parlions des mensonges et du secret : » je peux cacher à peu près tout à tout le monde , y compris à ma femme , mais rien à mon banquier » .
        Mais c’est vieux . Près de 35 ans .

      2. Deux raisons à cela :

        – les achats de carburants sont un poste important plus important que dans de nombreux autres secteurs dans le compte d’exploitation des compagnies aériennes
        – moins on met de fuel dans l’avion, plus on peut mettre de charge payante, passagers ou fret.

  3. Et si on essayait de chercher des solutions dans une autre direction ?

    Peut-on imaginer une société sans profit, sans plus-value en tout genre mais motivante afin que chacun puisse s’impliquer dans sa fonction ?
    Essayons de décliner ce principe au niveau individuel, au niveau de l’entreprise, au niveau d’un pays ? Qu’est-ce que cela donnerait ?

    Pour une entreprise, ne plus faire de bénéfices, cela signifie qu’elle distribue tout à ses salariés, qu’elle emprunte pour investir, mais qu’elle emprunte à taux presque nul car ceux qui lui prêtent ne peuvent gagner de l’argent avec leur épargne. On n’a plus besoin d’actions. Il ne reste plus que les obligations à taux zéro !
    Les fonds d’investissement n’ont plus de raison d’exister et l’effet de levier devient inopérant !
    Et pour l’immobilier, plus de plus-value ! Comment fait-on ? Je n’en sais fichtre rien.

    C’est un appel à idées car il n’y a pas de solution évidente.

    1. On peut bien sur concevoir une entreprise de ce type. Elle existe déjà plus ou moins. La coopérative agricole ou ouvrière, ou, plus prosaïquement, l’associations de copropriétaires en sont de bonnes illustrations : les excédents courants y sont en principe exclusivement affectés aux investissements pour assurer la survie et à la distribution aux sociétaires ou aux membres

      1. Ce que j’ai en tête c’est que cela devienne la norme constitutionnelle mondiale. Je ne suis pas trop inquiet sur ce sujet, car cette norme s’imposera d’elle même car nous n’aurons pas le choix. Dommage pour nous, cela prendra 30 ans.

        Une solution à court terme que nous pouvons prendre individuellement : ne plus déposer nos argents dans des banques qui prêtent à des fonds, qui placent de l’argent sur les marchés financiers.

        Il faut attaquer le problème par tous les bouts.

      2. Les pires lascars dirigeants ou administrateurs d’entreprises que j’ai connus étaient sans nul doute ceux de coops ou Cumas agricoles…

  4. Cessons de croire que les intellectuels défendent les peuples …

    Cessons de croire que Carla Bruni est en vie …

    Cessons de croire que Rome a conquis la Méditerranée …

    Cessons de croire que Jésus Christ est araméen …

    Cessons de croire que l’Islam est né en Arabie …

    Cessons de croire à la Bible …

    Cessons de croire les démocraties …

    Cessons de croire que la France n’est qu’un seul peuple …

    Cessons de croire à l’histoire de France …

    Cessons de croire l’Eglise …

    Cessons de croire que l’avenir sera meilleur …



    EN REVANCHE, NOUS POUVONS TOUS CROIRE PAUL JORION !!!

  5. pourquoi un chef d’entreprise normalement intelligent et responsable irait-il investir dans un système qui permet de moins consommer d’énergie quand le prix de celle-ci peut varier du simple au double en quelques mois, et varie de quelques % tous les jours au moindre prétexte, aussi futile soit-il ?

    Argument irrecevable. Un seul exemple : les compagnies aériennes dépensent des fortunes pour des avions plus économes en énergie alors que le kérosène, puisque totalement détaxé, suit nécessairement le cours spéculatif du pétrole.

    1. … in casibus non exceptis.
      Et puis kamême, exemplum est argumentatio in qua ex uno singulari infertur, quod fieri potest a pari, vel a contrario, vel a fortiori.

  6. Ce qui me gêne dans cet article, c’est que j’ai l’impression qu’il se base tout de même sur l’idée que l’entreprise c’est la solution, qu’il faudrait juste adapter.
    Je n’arrive pas à adhérer à cette idée qu’une entreprise, parce qu’elle se met à faire de la location au lieu de vendre, aura « naturellement » intérêt à éviter le gaspillage, que l’optimisation de son profit aura un effet bénéfique « automatique », c’est à dire qui nous dispenserait de toute remise en cause. On fait toujours plus de la même chose, mais cette fois ça va marcher.

    Des bagnoles, qu’on les loue ou qu’on les vende, dans 100 ans il n’y en aura plus, sauf peut-être pour amuser quelques riches. Le choix qu’il nous reste, c’est d’apprendre à s’en passer maintenant, ou de passer encore quelques décennies à épuiser les dernières ressources qui permettent de les produire et de les faire rouler avant de s’étriper pour faire partie des derniers qui pourront faire vroum vroum avec. Que ces ressources soient épuisées par Renault, Autolib ou des coopératives ouvrières ne change pas grand chose à l’affaire, à mon avis.

    On peut rêver à un changement plus radical.

    Peut-être reconsidérer plus sérieusement l’idée de l’œuvre, qui semble avoir été ringardisée et enterrée aussi férocement que l’idée de partage ces dernières décennies. Ce qu’on laisse en héritage à l’humanité toute entière, au-delà d’un peu de fric, de quelques murs ou quelques babioles et d’un souvenir plus ou moins bon à quelques personnes de notre entourage.

    Peut-être aussi retrouver une certaine lucidité sur nos capacités à gérer la complexité. L’homo habilis a vécu un million d’années (dix fois plus longtemps que nous, tout de même) avec du silex taillé, sans jamais concevoir d’outil plus élaboré. On peut imaginer qu’ils révéraient la mémoire de leur Newton à eux, qui avait eu l’idée géniale de cogner deux pierres l’une contre l’autre. Pour ce qu’on en sait, ils n’ont jamais eu leur Einstein qui aurait pensé à rajouter un manche en bois pour faire une lance ou une hache.
    Ça me paraîtrait prudent d’envisager l’idée que nous aussi on va peut-être toucher les limites de notre intelligence, et que les délires transhumanistes ne nous sont peut-être pas plus accessibles que ne l’étaient la hache et la lance à nos lointains ancêtres.

    Plutôt que de continuer à pédaler comme des ânes en plaçant une foi de plus en plus illusoire dans les miracles de la science et de la technique, il serait peut-être plus sage de se limiter à ce qu’on sait faire, en prenant un peu de marge pour arriver à maîtriser les conséquences de nos actions avant que le manque de ressources et d’énergie ne se charge de nous remettre à notre place.

    Travailler à accepter l’idée d’un monde sans voitures, puis imaginer à quoi il pourrait ressembler, et enfin se mettre à construire une réalité où on peut effectivement vivre sans voitures.
    Pour arriver à ça, c’est nos croyances qu’il faut changer, radicalement. Il faut trouver une conception de l’existence qui ne nous amène pas à foncer dans le mur, au lieu de s’empêtrer dans des problèmes d’optimisation d’un truc qui nous y envoie de toute façon.

    1. Si nous étions intelligents, nous comprendrions que nous ne le sommes pas réellement. Nous avançons de façon itérative, à coup de pieds dans le cul, en fonction de nos émotions, de nos expériences passées bonnes ou mauvaises, et du dysfonctionnement de la petite chimie qui tout la haut, dans notre crane gère à notre insu toutes nos réactions, nos pensées, notre inconscience.

      Je suis convaincu que nous arriverons à développer de l’énergie renouvelable à profusion. C’est une question de temps. Si nous sommes sages, nous l’utiliserons pour recycler 100% de ce que nous dispersons. Sinon, bye bye Johnny, on ferme la porte.

      Le film Demain redonne le morale, tout comme l’expérience avortée de l’Islande quant à ma mise en place d’une nouvelle constitution.

      La voiture… désolé, nous nous déplacerons toujours mais mieux, de façon plus économique, sauf si on ferme la porte.

      L’entreprise, je ne la vois pas disparaitre, par contre je la vois évoluer dans sa forme. Je n’aime pas le mot de coopérative, mais c’est un peu ça que nous aurons.

      Tant que nous n’aurons pas compris qu’un monde apaisé était un monde sans « profit » et sans plus-value immobilière ou mobilière au sens fiscal, nous nous exciterons comme des imbéciles, nous nous taperons dessus. Et pourtant, si on posait la question à monsieur tout le monde après lui avoir expliqué ce qui passe aujourd’hui, 95% de ces messieurs seraient d’accord.

      Devinez qui seraient hostiles ?

      1. Oui, enfin l’énergie infinie, dans le genre pensée magique, ça se pose un peu là. On en voit même pas poindre le bout du nez à un horizon qui battrait de vitesse l’épuisement des ressources.
        La fusion c’est 50 ans de recherches avant d’espérer en tirer quoi que ce soit d’utilisable, et il n’y a vraiment aucune certitude que ça va marcher, surtout à une échelle qui comblerait non seulement nos besoins actuels, mais leur augmentation d’ici-là (soit en gros deux fois plus que maintenant avec entre 1 et 2% de croissance sur 50 ans).

        Le reste c’est des fantasmes rassurants genre énergie libre ou fusion froide ou réacteurs au thorium ou captation miraculeuse du rayonnement solaire. On peut chercher dans ce genre de directions, mais baser notre avenir là-dessus, ça relève de la croyance religieuse plus que de la science.

        Il n’y a rien, dans les techniques connues aujourd’hui ni dans celles qu’on peut espérer développer à court-moyen terme, qui soit en mesure de remplacer pétrole, gaz et charbon.

        Le recyclage infini, c’est du même tonneau. Aller rechercher des terres rares ou des métaux précieux éparpillés dans des débris de téléphones portables, c’est encore bien plus coûteux (en énergie dépensée et en pollution induite, sans parler d’argent) que d’aller les extraire du sol, en particulier les terres rares, qui ont le mauvais goût d’avoir des propriétés chimiques tellement proches les unes des autres que leur séparation est un casse-tête, avec des rendements vraiment minables.
        D’ailleurs, si on dispose d’une énergie infinie, pourquoi se faire suer à recycler ? Autant créer la matière de toute pièce, tant qu’on y est. On est vraiment dans la science-fiction, là.

        Mais bon, admettons que je me trompe et que énergie à volonté et recyclage parfait soient disponibles dès demain. Ce que montre assez bien le fameux rapport du club de Rome, qui a exploré ce genre de scénarios à la demande de ceux qui déjà à l’époque étaient convaincus des possibilités infinies de la science, c’est que tout se fracasse contre une exponentielle. Même avec un scénario à énergie infinie et gaspillage nul, on ne s’en sort pas tant qu’on a pas trouvé autre chose que la croissance continuelle comme conception de l’existence.

        Même en transformant à volonté la poussière en or ou en barres de chocolat, même en dessalant à volonté l’eau de mer et en recyclant tout à 100,00%, on ne gagne que quelques décennies ou quelques siècles au mieux si on continue à doubler nos besoins tous les 25 ans (3% de croissance) ou tous les 70 ans (1% de croissance).

        Par exemple, une fois qu’on aura bien tout recyclé (fastoche puisqu’on aura autant d’énergie qu’on voudra), il suffira d’attendre de 1 à 3 générations pour s’être retrouvés obligés d’extraire autant de matière première que ce qu’on aura obtenu par recyclage, puisque tout ce qu’on aura produit depuis les débuts de l’humanité ne couvrira alors plus que la moitié de nos besoins.

        Et si on vit d’ici-là dans un genre de Star Trek où les tasses de thé se matérialisent comme par magie dans la cabine du commandant Picard, il restera au final le problème de l’espace vital.
        On peut toujours repousser une ou deux limites, il en restera toujours une dans laquelle on finira par taper.

        S’il y avait une chose à changer en priorité dans les programmes scolaires, à mon avis, ce serait de familiariser le plus de monde possible et le plus tôt possible, dès l’enfance, avec ce qui se cache derrière ce monstre qu’est la croissance exponentielle.

        C’est peut-être ça, la limite première de notre intelligence en tant qu’espèce : comprendre et accepter qu’il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas faire même si on peut les faire et si notre instinct nous hurle de les faire.
        Que si on veut, en tant qu’espèce et pas en tant qu’individus, vivre confortablement et pour plus de quelques décennies, il faut maîtriser nos pulsions, et en particulier celles qui nous poussent à nous reproduire et à accumuler sans fin.

        Je pense souvent aux gens qui posaient les fondations d’une cathédrale tout en sachant qu’ils seraient morts bien avant le jour de son inauguration. Il y avait bien quelque chose qui les poussait à se lever le matin pour aller bosser, pourtant. Et même à faire plutôt bien leur boulot, si on en juge par ce qu’ils nous ont laissé.

        C’est ça qu’il faudrait qu’on trouve ou qu’on retrouve. Un moyen de croire que ça vaut le coup de se fatiguer pour des choses dont nous et nos potes profiterons moins que nos lointains descendants.

        Vivre un peu moins luxueusement, voyager moins, manger moins de tomates en hiver, se passer des chats mignons sur Internet, et refuser la dépendance massive à la technologie qui nous condamne à une consommation d’énergie et de ressources effrénées, ce serait un bon début.
        Mais il faudrait peut-être aussi songer à avoir moins d’enfants pour que ceux qui naîtront dans cent ou mille ans puissent encore vivre décemment. Et peut-être accepter de se distraire un peu moins et de mourir avec un peu plus de sérénité, au lieu de s’accrocher à la vie et à ses jouissances au prix d’un gaspillage insensé.

        On pourrait peut-être avoir l’adhésion de 95% de la population à la première partie du programme, mais je ne suis pas sûr que la seconde fasse un aussi bon score…

  7. Un nouveau plan comptable « écologique » prenant en compte les externalités négatives me semble indispensable à mettre en place pour que cette information puisse être intégrée dans les processus de décisions dans les entreprises. Comment évaluer ces externalités: vaste question, mais qui ne me semble pas hors de portée, après tout ce sont des choix que nous faisons, pas d’établir LA Vérité comptable.
    Le management participatif gagne beaucoup de terrain dans les entreprises, souvent sous le vocable de « management agile ». Mais jusqu’ici, il s’arrête la plupart du temps au seuil du capital qui reste le champ exclusif de l’actionnaire majoritaire. En gros, les employés pratiquent mieux et plus d’intelligence collective, mais ils sont comme les abeilles vis à vis de l’apiculteur/actionnaire qui les exploite. Pour combien de temps? Serions-nous à la veille d’un vaste mouvement de fond de « socialisation » des moyens de production? La force motrice de ce mouvement de fond se trouve dans une alphabétisation à l’intelligence collective qui se développe avec les NTIC, les réseaux. Todd a montré que quand une population franchissait le seuil de 50% de taux d’alphabétisation, les anciens pouvoirs étaient bousculés. En sera t-il de même avec cette « alphabétisation à l’intelligence collective » vis à vis des moyens de production?

    1. Todd et ses 50%… bof. Il suffit de comprendre que plus les gens comprennent ce qui se passe réellement, plus ils ont envie que ça change. Mais si le bourrage de crane l’emporte quant aux informations véhiculées, c’est pas gagné.

      Je me suis rendu compte que la pétition sur le Tampax a récolté 4 fois plus de signature que le mouvement sur la primaire de gauche de T. Piketty, ça dérange !

  8. Et la boite à Faber va balancer $12,5 milliards pour racheter le numéro un mondial des produits bio au lait de soja non Ogm…
    http://www.whitewave.com/
    Dominique Guillet, le jobard parano et climatosceptique fondateur de Kokopelli, va encore en profiter pour nous refaire une colique hyperconspi…
    Steve Demos, le Steve Jobs boudhiste du lait de soja bio, Big is Beautiful :
    http://www.denverpost.com/2013/05/24/white-wave-founder-looks-back-on-company/

    Small business might be beautiful, but it is rarely impactful on a large society level. Large business has the opportunity, maybe the moral responsibility, to lead positive change in society.

    For instance, WhiteWave Foods’ taking the lead in the fight to rid Boulder of GMOs (genetically modified organisms) on open space says to the world that the company stands for something important to the community and not just for the welfare of its stockholders.

    Tain, un jour on va finir par regretter les Rockefeller, Ford ou Carnegie…

  9. Le système estime toujours précisément les dégâts causés par un évènement météorologique hors normes.

    Le changement arrivera, entre autre, le jour où on se penchera avec la même précision sur ce que nous rapporte une météo « normale » …

  10. « Cessons de croire au mythe de l’entreprise au service de l’intérêt général. »
    Je n’y ai jamais cru et j’espère bien ne pas être le seul.
    Il ne me semble pas que l’affaire mérite de grandes réflexions. Non au capitalisme actionnaire donc spéculatif, c’est non à l’entreprise actionnariale.
    Mais par quoi la remplacer et d’où viendront les capitaux ? Comment faire pour que le toutim soit au service de l’intérêt général. SCOP à haute intensité capitalistique ?

  11. L’entreprise privée ,mixte , capitaliste ou pas , a des vertus de souplesse et réactivité dont il serait stupide de se priver .

    Il arrive parfois que c’est à une entreprise publique que puisse revenir pour un temps et dans un contexte historique fort, le prix de l’efficacité et du bien publique . C’est déjà arrivé dans le service public , dont la maladie possible est l’encroûtement ,quand la structure ,par sa taille ou ses process, prime sur la finalité .

    Le mal chronique de l’entreprise privée ou mixte, est de son côté, le privilège donné à l’accumulation . Il est permis en particulier par le système capitaliste financier, et la perte de fait ( et apparemment de plus en plus de droit!) du contrôle global par la puissance publique . Celui ci est en défaut pour plusieurs raisons :
    – entreprises plus « riches » que les états ( entreprises too big to fail : cf GS qui embauche Barroso),
    – « liberté » de circulation de moins en moins réellement contrôlée voire connue des biens , des hommes et surtout des capitaux ;
    – abandon de la maîtrise des temps , en se acceptant structurellement un système de financement par la dette.
    – autres…

    Le problème n’est pas l’entreprise ( qui n’est d’ailleurs pas toujours une solution! ), il est :
    – l’assentiment de la majorité ( nationale , européenne , mondiale) , à une représentation du bien public ,
    – l’évolution vers un système économico-financier qui rende à la puissance publique la maîtrise réelle des niveaux de flux des hommes , des biens , des capitaux .

    Les entreprises actuellement en position de force , peuvent cependant compter sur la désunion des états , pour y rester .

    Jusqu’à ce que catastrophe s’ensuive , DG de Danone ou pas .

    1. quel différence faites-vous entre les taux d’intérêt et le profit ? Aucun selon moi.
      Donc pas de taux d’intérêt pas de profit …

      1. Pour le profit on bosse, pour l’intérêt le dividende ou la rente on glande.
        Un profit pourrait s’il est bien investit réparer les externalités négatives, jamais un intérêt, dividende ou rente qui a besoin de croissance de l’exploitation des ressources.
        C’est mon avis

      2. Et si on disait, le profit, c’est le taux d’intérêt sur le travail ! Celui qui touche le profit (le dividende), il glande aussi, non. Ce qui reste à l’entreprise, c’est de l’épargne, mais en a-t-elle besoin si on lui demande de rembourser intégralement ce qu’elle a emprunté.

        Il suffit de changer d’angle de vue, c’est pas simple, j’en conviens.
        Le sujet c’est intérêt zéro, dividende zéro, et en allant plus loin, épargne zéro pour l’entreprise car elle doit pouvoir s’en passer.
        Donc intérêt zéro et bénéfice zéro.

        Quand j’avance le principe d’intérêt zéro, les puristes pourraient le contester et c’est contestable sauf en cas d’inflation zéro et encore !

    2. On pourrait voir dans un TAFTA ou plusieurs, une façon d’aller vers moins de gabegie .

      Mais quand on prétend y parvenir par la »norme », et sans accord politique global ( ie accord sur les attendus , moyens et process mondiaux) , on cherchera vainement le bien public co,scient , voulu , organisé , contrôlé!…

      Démocratiquement .

      Pas un TAFTA ,ou plusieurs , qui ressemblent de façon confondante , à une tentative désespérée de l’entreprise capitaliste ( ou pas ) pour sauver les meubles et sa prééminence , et qui se pare du secret pour nous faire croire que l’efficacité du bien public ,défini on ne sait où , en dépend .

      Signé en bas , on s’occupe de tout , comme d’autres le font pour des obsèques ( avec quand même le choix entre inhumation , crémation, humusation , et on avait oublié le don d’organes grand format ) .

    3. « L’entreprise privée ,mixte , capitaliste ou pas , a des vertus de souplesse et réactivité dont il serait stupide de se priver . »

      La réactivité comme argument de défense de l’entreprise évoque une nécessité de prise de décision rapide, ce qui est sans doute vrai, mais suppose aussi que les décisions prise soient forcément pertinentes, ce qui est en revanche évidemment faux.

      Une mauvaise décision se prend aussi rapidement qu’une bonne, même peut-être encore plus facilement, pour un résultat d’autant plus délétère. De ce point de vue la réactivité ne peut être présentée comme qualité indiscutable.

      Par ailleurs la réactivité de l’entreprise privée est le propre de n’importe quel système autoritaire dans lequel le pouvoir est confisqué par une minorité à la légitimité pour le moins discutable, en l’espèce celle d’un titre de propriété, ce qui représente en fin de compte bien peu de choses, et même à peu près rien du tout quand on veut parler de rationalité des modes de production.

      1. Qu’elle soit privée ou publique , on sait qu’une décision est bonne ou pas , seulement quand elle a été prise .

        Et c’est bien pour ça que le bien public ne doit être confié qu’à la décision publique ,préalablement débattue , tranchée en pleine lumière , transmissible , comprise, suivie dans son application , évaluée et corrigée si nécessaire .

  12. Je ne pense pas que l’économie de marché soit nécessairement « le système le moins mauvais possible » en toutes circonstances.

    Il peut sembler tautologique de dire, par exemple, que l’économie de marchés est très peu indiquée pour les secteurs non marchands que sont l’éducation, la santé, ou encore la protection sociale. On cherche pourtant à les y faire entrer, notamment par le truchement de l’U.E.

    L’économie de marchés est par ailleurs peut-être le plus mauvais système qui soit pour gérer le travail lui-même, entre autres par l’asymétrie qu’elle génère entre les propriétaires lucratifs (ou leurs représentants) et ceux à qui ils acceptent – ou pas – de confier la production des marchandises, ce qui en fait un système foncièrement antidémocratique.

    1. L’économie de marchés est par ailleurs peut-être le plus mauvais système qui soit pour gérer le travail lui-même, entre autres par l’asymétrie qu’elle génère entre les propriétaires lucratifs (ou leurs représentants) et ceux à qui ils acceptent – ou pas – de confier la production des marchandises, ce qui en fait un système foncièrement antidémocratique.

      Da da da !
      Alekseï Grigorievitch Stakhanov

    2. Votre dernière phrase est étrange . Vous n’avez jamais rien délégué à personne . Sans doute si , sinon vous seriez déjà mort .

      Etrange aussi qu’au rang des fonctions non marchandes , vous ayez omis justice , armée ( force publique), rédaction de la Loi.

      Il y a eu , et il y a sans doute encore , un groupe de travail européen sur ce qu’on appelle les SIG ( services d’intérêt général) , pour « savoir » ce qui était privatisable ou soumis au « marché » . Ce n’était et ça n’est sans doute encore qu’une arme de guerre anglo-saxonne. ( un député européen pourrait en raconter davantage ) .

      L’intérêt était malgré tout d’essayer de comprendre ce qui « doit » échapper au marché et ce qui « peut » lui être confié , « délégué » .

      Pour moi , la réponse théorique est d’ailleurs là : on ne délègue pas ce qui est ou sera stratégique .

      Reste à tomber d’accord sur ce qui est stratégique …en déclinaison du but poursuivi par l’humanité.

      1. Juan, comme ils l’ont eux-mêmes raconté, Steve Levitt et Stephen Dubner (les pop-économistes auteurs de Freakonomics), soi-disant pour plaisanter, ont un jour suggéré lors d’une entrevue avec David Cameron – avant qu’il ne devienne premier ministre – d’essayer de considérer la santé des britanniques comme un quelconque marché (i.e de démanteler le National Health Service).
        L’entrevue a été brutalement et définitivement interrompue par Cameron.

      2. @Juan

        – Je n’avais pas la prétention de dresser une liste exhaustive des fonctions non-marchandes. Il serait effectivement de bon aloi que celles que vous citez soient également épargnées par l’économie de marché.

        – C’est votre remarque sur la « délégation » qui est tout à fait étrange car décider de ce que doit être la production, les conditions dans lesquelles elle s’opère et l’imposer à d’autres n’est pas exactement ce que j’appellerais « déléguer ». C’est même à peu près le contraire.

        @vigneron
        Vous faites bien de mentionner Stakhanov, le symbole soviétique entre tous a s’être le mieux adapté au régime capitaliste… Désormais, on l’appelle « l’employé du mois », ce qui ne lui vaut certes plus d’éloge national mais sa photo encadrée bien en évidence sur le comptoir du magasin. Pour le procès en stalinisme, il va falloir trouver autre chose…

      3. @Dissonance :

        Comme je ne connais pas votre définition de la délégation mais que je crois comprendre le juste bémol de votre remarque , je préciserai que dans le sens où je l’ai employé , la « délégation » par la puissance publique au « marché » de pas mal de formes de productions de toutes natures , ne présuppose pas que soit préalablement définis les types et modes de productions .

        Elle présuppose , par contre, que soit démocratiquement écrit ce qui ne doit pas être « délégué » au marché , au moment où on l’écrit et avec possibilité de correction à l’aune de l’évolution de la volonté des peuples .
        Cela signifie que ces « parts  » de l’activité humaine marchande , sont « déléguées » au marché selon des règles du jeu qui ,elles , sont bel et bien encadrées , et que la puissance publique se réserve à tout instant le droit de les « reprendre » , moyennant juste et équitable compensation , selon l’estimation de juges qui sont désignés , contrôlés , payés , appuyés par la force …d’une entité démocratique .

        Tout ça n’est d’ailleurs pas nouveau dans l’esprit , mais ce moment de l’histoire mondiale ,impose de partager très largement cette vision , afin que le combat mortel entre marché et démocratie ( démocratie , seul gage opérationnel de survie de l’espèce ,selon moi) , actuellement près du point de rupture en défaveur de notre seul lien humain fécond , soit d’abord recadré dans ses attendus de façon assez claire pour la majorité , et ensuite pacifié au bénéfice de l’espèce humaine .

        Toute allusion à l’ensemble de l’actualité financière , sociale , guerrière , raciale , environnementale , numérique …n’est certainement pas le fruit du hasard .

  13. Quel est le rôle de l’entreprise dans une société fonctionnant correctement ? Pour contribuer au débat, le point de vue bouddhiste exprimé par Jean Pierre Schnetzler : https://www.youtube.com/watch?v=30g09SD7YwA ; il s’agit de rétablir l’échelle des valeurs, pour obtenir une autre société. Une entreprise, c’est d’abord une utilisation aimante et compatissante de la technique, au service du bonheur humain, ensuite un lieu d’épanouissement pour le travailleur.

    1. Le point de vue bouddhiste sur l’entreprise ? Pour ça écouter Steve Demos en sirotant lentement du lait de soja non ogm.

  14. les humains sont la seule espèce qui sait qu’elle est mortelle..

    donc les humains ont peur de la mort et cherchent à repousser l’ineluctable échéance et à rendre aussi confortable que possible leur existence et surtout à avoir toutes sortes de garanties pour la période où ils seront les plus vulnérables, la vieillesse.
    Pour cela recherche de la puissance, de l’argent, des biens, de la notoriété ..etc. et accumulation sans fin et proportionnelle à leur peur de mourir .Et bien évidemment en compétition avec leurs semblables, d’où violences de toutes sortes (cf thèses de René Girard sur le désir mimétique).
    Il faut savoir ralentir ,s’arrêter et trouver un sain accommodement avec la perspective de sa mort.
    Tant que l’on entendra parler de compétitivité, donc de compétition entre les différents agents économiques on saura que la voie est mauvaise.
    Il faut aussi écouter ce que la Terre (organisme aussi vivant que nous-memes ) nous envoie comme messages d’alertes. Bientôt elle ne pourra ne plus nous supporter. Elle nous expulsera car nous lui avons égoïstement pris (au détriment d’une multitude de nos semblables) ce dont nous n’avions pas besoin pour avoir une simple et décente existence.
    En définitive ne serait-ce pas un peu l’actualisation du « péché originel »?

  15. Supposé acquis que le capitalisme ne serait qu’une forme agonisante du marché , il reste à admettre que l’organisation marchande née des villes foires , relativement récemment au XIII ème siècle , est indépassable , pour signer la capitulation des langues devant la langue du fric , et de la confusion stérile entre ce que certain appelait le nomade et le sédentaire .

    Quels paris et investissements opérer d’urgence  » chez nous » pour échapper aux délires de L.A ?

    Vivent les impôts qui permettront d’investir et d’échapper à la souricière de la dette !

    Investir via des entreprises publiques et/ou privées .
    Allo , Macron , t’es où ?

  16. À chaque fois qu’il est question de « l’entreprise » – et même si c’est sans E majuscule – je ressent comme une gêne!

    Même si les anglais disposaient déjà d’un vaste empire colonial et d’un début d’industrie, la Richesse des Nations d’Adam Smith c’était il y a deux siècles et demi (en 1776), ses idées s’appliquaient principalement à des activités locales et d’une dimension modeste et concernaient des gens qui se fréquentaient les uns les autres.

    De même ce qui se passait entre les pécheurs, les mareyeurs et les petites conserveries au milieu du XXème siècle en Bretagne a-t’il réellement quelque chose à voir avec la pêche industrielle dans les eaux internationales, l’industrie agro-alimentaire et les hyper-marchés auxquels nous avons affaire actuellement?

    1. L’économie est cyclique, tout l’univers l’est donc je ne vois pas pourquoi l’économie y échapperait.
      Le cycle possède des phases, Adam Smith n’était pas dans la même que Marx qui n’était pas dans la même que Keynes qui n’était pas dans la même que Jorion.
      Le problème réside dans le fait qu’ils pensent chacun dans la phase où ils se trouvent. http://www.francois-roddier.fr/?p=471

  17. Missions d’intérêt général et capitaux privées .

    Le renforcement de la prise en compte des intérêts privés par l’insertion des entreprises publiques dans un monde concurrentiel

    « L’afflux de capitaux privés a permis de constituer des véritables fleurons nationaux dans lesquels l’Etat se contente de garder un contrôle stratégique via une part minoritaire suffisante du capital : Safran avec 23,5% du capital, 27% pour Thales, 15,9% pour Air-France-KLM… Ainsi, pour ces entreprises publiques ne gérant pas de services publics, la conciliation de l’intérêt général et de l’intérêt privé est assez simple en tant qu’elles répondent à une logique de concurrence sans contraintes liées à l’accomplissement de missions d’intérêt général. Cependant, c’est au sein des entreprises publiques assumant la gestion de services publics que la notion d’intérêt général prend tout son sens. »

    D »un statut de non-concurrence, les entreprises publiques sont donc entrées dans un monde d’égale-concurrence avec les entreprises privées dans lequel prédomine la logique de profit y compris lors de la gestion de service public. A défaut d’évolution, cette révolution conceptuelle s’est traduite, pour l’entreprise publique, par une mutation du concept de « gestion de service public » au profit de celui de « garantie d’un Service Universel ».

    « Enfin, la gestion d’un Service d’Intérêt Economique Général, permet de restreindre la concurrence en accordant des droits exclusifs « nécessaires» compensant l’accomplissement de l’activité d’intérêt général. »
    http://www.erepublique21.info/linteret-general-fondement-de-linterventionnisme-public/

    1. Juste une remarque qui est un pas de côté:
      Quand les entreprises publiques ont été « libérées », elles en ont profité pour faire des conneries à l’étranger en gaspillant l’argent publique. Le cas le plus net est EDF avec des aventures couteuses en Italie et Argentine.
      Je ne crois pas qu’une seule ex publique ait réussi à l’international, sauf peut-être Aéroport de Paris.
      Une entreprise publique chargée d’un monopole devrait être interdite d’activité hors de ce monopole. Les 2 activités ( service public et/ou concurrentiel) sont trop différentes pour être mélangées.

      1. « Je ne crois pas qu’une seule ex publique ait réussi à l’international,  »

        Ha bon ? Comme Thalès par exemple ? Avec reprise de Thomson csf (entre autres..) et développement par fusion acquisitions à l’international …..

        Actionnaires : État français 27 % ; Dassault Aviation 26 % ;
        Flottant 47 % ; dont salariés 3,0 % et Thales 1,8 %

        « Le recentrage sur le cœur de métier »
        « En février 1982, le gouvernement français décide de nationaliser Thomson-Brandt et Thomson-CSF. Le nouveau PDG nommé par le conseil des ministres est Alain Gomez, considéré comme un proche de Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’industrie. Le groupe est alors dans une situation difficile : le portefeuille d’activités, très diversifié, inclut de nombreux domaines où la taille et les parts de marché, et donc la rentabilité, sont insuffisantes, et par ailleurs l’endettement s’est fortement accru »

        Le développement par la croissance externe à l’international : 1986-1996
        « De façon à faire face à la décroissance des budgets de défense en Europe, et afin de conserver sa rentabilité, Thomson-CSF fait l’acquisition de plusieurs sociétés dont les activités militaires du groupe Philips en 1989, et la prise de contrôle de Sextant Avionique. En dix ans, la contribution des filiales internationales passe ainsi de 5 à 25 % des ventes consolidées. »

        « En octobre 2015, le Premier ministre australien, Malcolm Turnbull annonce l’achat de 1 100 véhicules blindés légers Hawkei à Thales (pour 817 millions d’euros)18. Les véhicules seront fabriqués à Bendigo et Victoria. l’accord porte sur 1 100 véhicules et 1 000 remorques. Cet accord intervient alors que l’activité de l’usine de Bendigo est en baisse, le carnet de commandes de bushmaster se réduisant. La pleine capacité de production sera atteinte en 2018. »

        « Le même mois, Thales annonce l’acquisition pour 400 millions de dollars de Vormetric, une entreprise américaine spécialisée dans la protection des données des entreprises et leur chiffrement »
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Thales

      2. Les commissaires européens sont battus … Mais , eux , ont sans doute plus d’informations sur la réalité des enjeux , des coups bas et des forces à l’œuvre ;

        Sur la performance de l’entreprise , publique ou privée , les talents , en dépit des salaires différents , ont le bon goût de ne pas dépendre de ce type de choix , et l’efficience et l’efficacité tiennent alors à la clarté de la commande , la capacité des managers à insérer le travail de l’équipe dans son environnement , à connaître assez la technique , à communiquer , négocier, gérer , résoudre les inévitables problèmes , animer et motiver l’équipe .

        Croyez le ou pas , ayant eu à manager aussi bien des cols blancs que bleus , en fonction publique, nous avons assez souvent pu montrer que sur des créneaux marchands , nous pouvions , toutes choses égales par ailleurs , faire mieux et moins cher que l’entreprise privée . Assez souvent pour cause de motivation « service public », qui a pu faire que des agents acceptent de travailler 80 heures par semaine pendant deux mois , sans trop tiquer sur la minceur financière de leurs heures supplémentaires .

        Mais la performance publique est assez traditionnellement ,et globalement , appelée concurrence déloyale par les chambres patronales, sinon les instances nationales ou internationales .

        On peut comprendre que l’entreprise privée revendique l’exclusivité des tâches consenties au marché .
        On ne doit pas renoncer à mesurer vraiment la performance qu’elle développe vraiment en cette occasion .
        Et les critères , les instruments de mesure , l’évaluation finale , la sanction ( autrement que par la seule main invisible du marché) de cette performance doit être et rester de puissance publique .

        Laquelle jugera alors , au mieux de ses attentes , du meilleur vecteur de production ..au moins pour un temps .

        PS : je refais ici une incise selon laquelle on ne sait bien « déléguer » , mesurer ,et contrôler que ce que l’on est capable de faire soi même , ne serait ce qu’à très petite échelle . Les « experts » ne peuvent pas être que ceux du délégataire .

  18. Aie, aie… En lisant les commentaires, j’ai l’impression d’y reconnaître la tour de Babel. Comme dans beaucoup déchanges sur les choses humaines et en particulier les échanges d’éléments de langage ou d’écrit, il serait raisonnable d’avoir des définitions simples et communément partagées des choses dont on parle.
    Ainsi, l’Entreprise, même si la plupart des commentaires en parlent il semble clair qu’il confonde l’Entreprise et la structure juridique qui l’abrite.
    L’Entreprise n’est définie qu’au sens économique ou statistique; c’est un système où des agents économiques extérieurs ou intérieurs à ce système se mettent d’accord, contractuellement,ou pas, pour produire des biens qui ont une utilité , c’est à dire une valeur d’échange sur un marché,
    disons, pour faire simple celui du village.
    La supercherie ou la métamorphose c’est que pour pouvoir comme une personne physique se défendre ou attaquer en justice et faire appliquer le Droit, l’Entreprise doit posséder une personnalité juridique , reconnue par ce droit. Là aussi pour faire simple ce peut être une personne physique ou une société définie par ce Droit. Ça tombe bien , cette personnalité est par magie devient le « propriétaire  » à qui va revenir le Droit de gestion, de décision du système entreprise et du partage de la Valeur ajoutée ( qu’il faudra définir) et là aussi pour faire simple le Revenu dégagé par le système et non pas le Proprietaire.
    La Valeur ajouté = prix de vente- prix des achats des matières incorporés
    Valeur ajoutée= Revenu de l’entreprise
    Elle sert à rémunérer:
    – les services achetés à l’extérieur du système,
    – l’Etat ( impôts, taxes… )
    – les banques
    – les salaires bruts
    – les investissements ( amortissements)
    Et un surplus le bénéfice dont le Proprietaire seul décidé de l’affectation
    À partir de là on peut commencer à débattre sur ce qui est  » juste » ou « injuste »

    1. @Tour de Babel
      Dans un monde sans croissance, Les amortissements permettent de de remplacer les équipements qui ont fait leur temps. Comme les nouveaux équipements seront plus « productifs », ils coûteront moins chers que ceux qu’ils remplacent. Avec ce postulat, l’entreprise peut tourner, une fois lancer, avec un bénéfice zéro, c’est à dire qu’elle redistribue tout sauf ses amortissements dont elle a besoin pour renouveler ses équipements.
      Si elle veut rembourser ses dettes, elle devra faire un bénéfice supplémentaire correspondant. Petit hiatus, si toutes les entreprises finissent par rembourser leurs dettes, plus besoin d’épargne pour les financer. Si les amortissements payent le remplacement, les entreprises n’auront plus besoin d’emprunter, l’épargne ne sera plus nécessaire.
      Il ne restera, comme dette, que celle de l’Etat (dont on ne veut plus) et celle des particuliers, et celle de l’étranger (qui n’est pas souhaitable).
      Si on rajoute la dessus, la retraite par répartition (en lieu et place de toute retraite par capitalisation), les actifs payent au jour le jour les retraites. Les actifs n’ont plus besoin d’épargner.
      Que nous reste-t-il comme dette pour ne pas faire disparaitre la monnaie ? La dette d’Etat et elle seulement.

      Ces équilibres sont très fragiles. Si la population n’est pas protégée par une super Constitution, de super lois, le système va rapidement au tapis. Pour les rédiger, il faut commencer à faire de la politique : entendons nous sur ce qui est juste et injuste. Là, c’est pas gagné. Voyez ce qui est arrivé à l’Islande : une constitution citoyenne qui n’a pas réussi à passer le cap d’un vote à l’Assemblée qui l’a bloqué.

      1. @ Yves Vermont
        J’irai dans le même sens que Paul Jorion quand on « croit » que la dette est financée par l’épargne  » on est mal barré »
        Le reste de la démonstration illustre parfaitement ce que je disais et ce que devais entendre à l’epoque les habitants de la Tour à Babel ou autres Babylone. On ne comprend rien!

      2. quand on « croit » que la dette est financée par l’épargne » on est mal barré »

        Ok, prenons juste un exemple. L’épargne financières brute des ménages français au 31.12.2015 était de 4 500 milliards (il faudrait rajouter l’épargne financière des entreprises mais passons). Là-dessus 1 200 sont placés en actions non cotées et participations, en actions cotées et en ass-vie UC. Avec le reste on a de quoi financer la dette financière des ménages, celle des entreprises plus la moitié de la souveraine mais la dette n’est pas financée par l’épargne ? Mais qui paie les intérêts sur cette épargne alors, sinon des emprunteurs ?

    2. Non, les services extérieurs sont des consommations intermédiaires tout comme les biens incorporés et sont donc exclus de la VA.

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