Présidentielle, faut que ça bouge ! La campagne présidentielle française entre fiction et réalité, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

La nature et la finalité du travail cristallisent l’opposition entre libéraux et démocrates dans le débat électoral français. Les libéraux posent le travail comme un coût dont l’utilité négative est de séparer les gagnants des perdants dans l’incontournable compétition mondiale pour accumuler de la puissance de possession en plus-values monétaires. Les deux candidats de « gauche » prennent le catéchisme libéral à contre-pied par deux affirmations apparemment contradictoires : que le travail doit être rémunéré comme vraie cause de la prospérité ; que le travail doit être économisé et partagé dans sa finalité au bien-être de tous.

Jean-Luc Mélenchon veut remettre tout le monde au travail au service du développement durable tandis que Benoit Hamon insiste sur la redistribution des revenus au bénéfice d’un travail moins intense du fait de la mutation technologique issu du capital accumulé. Les deux visions se focalisent sur le capital réel avant sa représentation financière et les spéculations néfastes qu’elle induit dans le régime de la liberté privée. Les deux visions constatent qu’un certain type de travail est en train de disparaître : celui qui a pour fonction de simuler une valeur sans réalité à seule fin de feindre une contrepartie aux signes monétaires qui prouvent la mesure de la plus-value capitaliste. Ce travail-là disparaît parce que les robots sont infiniment plus efficaces que les humains à produire les signes virtuels auto-référencés qui soient immunisés des erreurs et des errements de l’existence humaine libre.

Pour le moment le discours et le style de Mélenchon expliquent beaucoup mieux que Hamon que le travail ne manque pas au service de la satisfaction des besoins humains et de la régénération du milieu naturel. Par son parlé vrai et concret, Mélenchon s’est placé au coeur du sujet de l’élection présidentielle française : poser les objets économiques et sociaux de la politique et faire entendre la finalité d’une responsabilité politique ancrée dans la réalité objective. La France Insoumise s’adresse à ses concitoyens qui sont les sujets de l’économie du réel. Fraichement émancipé des institutions moribondes de l’économisme libéral, Hamon est encore englué par les intérêts partisans et par le marchandage des éléments de langage. La cour bruisse à Versailles pendant que le peuple de Paris n’a plus de pain.

Comme en 1789, le coeur de l’Europe bat en France. Toutes les capitales européennes sont absorbées par leur petit business de cour indépendant de la vie du peuple. Tant qu’il ne se passe rien à Paris, tout va bien en Europe même quand le peuple n’a plus de travail et quand les caisses publiques sont vides. La vision hexagonale de Mélenchon est pragmatiquement justifiée par l’histoire. Le discours européiste est de fait un leurre tant que les nations ne forcent pas les États à servir les peuples. Mélenchon nous rééduque à l’Etat de droit et à la démocratie en nous faisant chanter la Marseillaise et l’Internationale.
Si Mélenchon est élu, l’assemblée constituante se dispersera dans les sables du désert après avoir adopté les propositions de Benoit Hamon : mandat présidentiel non renouvelable de sept ans, autonomie et indépendance du travail législatif, responsabilité parlementaire effective du gouvernement, contrôle plus direct des citoyens sur leurs représentants dans les pouvoirs locaux, nationaux et européens. Concrètement et pratiquement, il n’y aura que Benoit Hamon pour conduire le gouvernement de la France dans la construction d’une Europe des démocraties. C’est Hamon et ses conseillers qui maitrisent les techniques constitutionnelles, juridiques, fiscales et financières qui permettront d’appliquer le programme politique de la France Insoumise. Les peuples d’Europe suivront, y compris les Allemands, par peur du vide sidéral issu de l’effondrement de l’anarchie financière libérale révélé dans le krach des subprimes.

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50 réflexions au sujet de « Présidentielle, faut que ça bouge ! La campagne présidentielle française entre fiction et réalité, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Je veux bien croire que si la France insoumise arrive au pouvoir l’Europe suivra, dont l’Allemagne. Dire que seul Hamon peut conduire le gouvernement de la France paraît moins évident, de même que les députés pourraient refuser de se désister, les présidentiables n’ayant pas voulu s’entendre, beaucoup se retrouvant davantage en Macron.

  2. « Si Mélenchon est élu, l’assemblée constituante se dispersera dans les sables du désert après avoir adopté les propositions de Benoit Hamon : mandat présidentiel non renouvelable de sept ans, autonomie et indépendance du travail législatif, responsabilité parlementaire effective du gouvernement, contrôle plus direct des citoyens sur leurs représentants dans les pouvoirs locaux, nationaux et européens. »

    Extrapolations totalement gratuites et inconsidérées ! Qu’est-ce qui, concrètement, permet à Pierre Sarton du Jonchay d’émettre de telles hypothèses avec autant d’assurance ? Même Jean-Luc Mélenchon refuse de s’avancer sur ce que pourrait être la future Constitution. Je crains fort que ce genre d’assertions incontrôlées ne fiche toute l’analyse du billet par terre.

    1. Pierrick Tillet,

      C’est pourtant limpide. La réponse se trouve dans votre propre énoncé lorsque vous indiquez que « Mélenchon refuse de s’avancer sur ce que pourrait être la future constitution. » Autant annoncer alors qu’elle ne sert à rien, sinon à donner du grain à moudre à ceux qui en espèrent monts et merveilles.

      Ce que j’attends d’un homme politique c’est de faire des propositions. Cela tombe bien, Mélenchon en a. Fort bien.
      Mais alors, s’il en a, et qu’il a déjà un programme, que devient l’utilité d’une telle constitution, une constitution dont vous dites en substance qu’on ne sait rien ? Pourquoi n’ajoute-t-il pas au programme les quelques propositions qui seraient urgentes et nécessaires pour la démocratie ?

      Bref, pourquoi pour gagner du temps ne pas faire tout simplement des propositions, annoncer la couleur au lieu d’attendre que la vérité sorte toute nue de la bouche du peuple. PSdJ cite les propositions de Hamon, parce que sans doute elles recoupent certaines des propositions de Mélenchon en ce qui concerne le contrôle démocratique des institutions, indiquant par là qu’il y a un terrain commun pour une action commune avec Hamon. La ‘constitution de Mélenchon’ dans ce cas ne serait-elle pas un simple produit d’appel pour se distinguer des autres candidats et entretenir de fols espoirs ?

      J’ai un autre doute à propos de la constituante :
      une constituante n’est pas une chose qui se programme, qui se commande comme on commande un plat au resto.
      C’est un outil qui s’impose sous le poids d’une nécessité : un évènement exceptionnel ; ce n’est pas la constituante qui fait l’évènement, mais l’inverse.

      Il y a aussi une contradiction manifeste entre le Mélenchon comme initiateur d’une Constituante où par définition de larges secteurs de la société, donc de tendances politiques parfois opposées, devraient se réunir pour parvenir à poser les bases d’un nouveau régime politique, et le Mélenchon comme guide de la nation épaulé par un mouvement dont la ferveur doit être canalisé au seul service du « guide ». PSdJ peut alors légitimement douter de la réelle volonté de Mélenchon de changer de régime, alors que celui de la cinquième lui irait comme un gant. Bon, voilà quelques mauvaises pensées sans doute, ce qui n’enlève rien aux quelques autres mérites de Mélenchon, dont celui qu’il aura prochainement de savoir parler à Hamon (j’attends bien entendu aussi la réciproque.)

      1. JLM a fait ces propositions, par exemple celle d’inscrire le droit à l’IVG dans la Constitution. Mais c’est la Constituante (mi-élus, mi-tirés au sort) qui élabore le document final et ce sont les Français qui l’approuvent ou non par référendum.

    2. Merci de m’attribuer autant d’assurance. Mais je ne fais qu’exprimer mon opinion qui n’est pas universelle.

      Sinon sur le fond, un travail constitutionnel est particulièrement délicat et sensible : il consiste à délibérer dans une diversité d’opinions sur les principes qui constituent cette diversité en unité d’être, d’existence et d’action. La proposition de passer à la 6ème république a le mérite insigne d’annoncer que la constitution d’une réalité publique commune est devant nous. La république qui est pour le moment 5ème en France est devenue un concept vide avec le déferlement du consumérisme individualiste et la guerre numérique de tous contre tous pour l’accumulation du capital dans la virtualité bancaire.

      Quand nous serons rentrés dans le vif du sujet constitutionnel, il apparaîtra très vite, à moins que le féodalisme libéral soit notre aspiration profonde :
      – que l’unité et l’intégrité de la République ne peut pas exister sans monarchie présidentielle,
      – que la liberté d’opinion, de délibération et d’action exige un parlement protégé des empiètements de l’exécutif public et privé,
      – que le pouvoir de battre monnaie fait intégralement partie du pouvoir judiciaire et qu’il ne peut être question de laisser la comptabilité du crédit à des intérêts financiers privés.

      Mon opinion personnelle est que Jean-Luc Mélenchon se fait piéger par la ploutocratie libérale en laissant croire que la juxtaposition d’individus dans une assemblée constituante fera émerger une conscience efficace du vivre ensemble nécessaire et désirable.

      1. On résume : pour Sarton c’est pas du tout « my kingdom for a horse ! » mais c’est « ma ploutocratie libérale pour une rossinante couronnée ! »

    3. à Pierrick Tillet
      Pour ma part je partage totalement le point de vue développé par ce billet. Quant au risque annoncé d’une constituante dont les propositions en cas de victoire iraient plutôt dans le sens des thèses d’un arrangement entre techniciens de l' »économie » , en réponse au vide sidéral ouvert par la prise de conscience collective d’un effondrement des croyances apprises, c’est aussi ma crainte.

  3. Certains appellent à la concorde, mieux qu’un rassemblement à ladite place.
    Mais à cette heure personne ici n’a cru bon d’essayer de la réaliser par la base, indépendamment des prises de position des candidats.
    C’était là, dans les commentaires d’un billet déjà ancien:
    http://www.pauljorion.com/blog/2017/03/18/presidentielle-faut-que-ca-bouge-mm-melenchon-et-hamon-cessez-doffrir-de-vous-un-portrait-plus-mediocre-que-la-personne-que-vous-etes-par-pierre-yves-dambrine/#comment-607613

    Je sais bien qu’assurer une présence au second tour ne suffit pas,
    mais, quand-même, le temps se fait court !
    Sur la méthode, ici-même, on avait bien cherché à propulser Piketty!

    1. Lancer autant de pétitions que de candidats.
    2. Engagement à voter pour celui qui a le meilleur score.

    Une chance qui ne devrait rien au hasard…

      1. « troisième tour« …
        Non, pas tout à fait.
        Juste une possibilité que cette gauche soit présente pour le second.

        J’ai cependant l’impression que les citoyens électeurs, et encore plus les militants, ont les egos de leurs leaders.

  4. Mélanchon et Hamon sont très loin du compte

    comme pratiquement tous les candidats citent Jaures, alors allons-y:

    « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. »

    La différence, c’est que la peur des rouges et de l’urss a permis aux prolétaires (ceux qui n’ont que leur force de travail pour vivre, et ils sont encore la grande majorité même en ce XXIème siècle) de grapiller quelques miettes à leurs maitres capitalistes.

    de ce fait, avant que la crise capitaliste nous plonge dans la guerre comme seule issue à un retour profitable (la reconstructions permettant des taux de croissance et donc de profits acceptables aux yeux de ces goinfres); pour l’instant nous ne vivons « que » la récupération de ce que les possédants estiment être leur dû.

    Quand ils auront essorer les peuples, la crise étant toujours là, le naturel reviendra au galop et avec lui la guerre consubstantiel du capitalisme comme seul véritable régulateur des crises capitalistes.

    En attendant, les melanchon et autre hamon amusent le peuple.

    1. Réunir une assemblée constituante issue du peuple, le laisser libre de définir une 6èm république, ce serait pour qu’il s’y amuse ?

      Justement il est déjà question de limiter la propriété privée, et pourquoi pas de remettre la propriété des ressources collectives (quel culot!) à la collectivité.
      A commencer par le sol, qui est avec l’air et l’eau une ressource collective évidente. Et bien d’autres choses.
      Sans cette propriété privée, le pouvoir que confère le capitalisme à certains sera enfin soumis à celui du peuple.

      Mais parler de ça maintenant sans avoir eu les moyens matériels, et le temps, de s’en expliquer, c’est faire peur à pas mal d’électeurs…
      Mélenchon est plus futé que vous ne l’imaginez.

      1. ah bon, il va vraiment faire ça Melenchon ? En l’espace d’un quinquenat ?Ben mon vieux… Il est balèze. Et j’en connais un paquet qui risquent de ne pas être d’accord.

        Sur le principe je suis d’accord bien sur, mais sur la méthode pas vraiment. Il est à 12% d’intentions de vote. Pour en finir avec la propriété privée, il faudrait que 75 % de la population soit partant. Et pour cela il y a un très gros travail de fond à faire pour convaincre les citoyens que c’est juste et souhaitable et possible. Je ne parle même pas de la nécessité de convaincre de la chose la majorité des pays du G20, sur cette Terre en pleine crise écologique.

        Ce qui faisait jadis la force des mouvements prolétaires, c’était que sans relâche les idées progressistes etaient discutées sur le terrain, et les luttes etaient soutenues. Aujourd’hui, tout se passe sur les écrans holographiques de nos utopies tardives… la société du spectacle phagocyte la révolte et ceux qui se prêtent à ce jeu (suivez mon regard) se disqualifient d’emblée. Hélas.

      2. joko,

        Vous parlez d’aujourd’hui, moi je vous parle de demain, dans une 6èm république populaire et non plus « monarchiste », ou de caste.

      3. Sans compter que les expériences passées ou présentes de collectivisation des ressources naturelles et des moyens de production ont amplement démontré leur glorieuse efficience en matière de préservation des ressources et des écosystèmes…

      4. Si à la terre, à l’air, à l’eau, on pense à ajouter le soleil, alors on retrouve comme biens communs ( collectifs) les quatre éléments des mythes originaires?

      5. vigneron,

        Les expériences présentes et passées de gestion privée des ressources, montrent une gestion de ces ressources à coup sur catastrophique, puisque motivée par le profit sans limite autre que leur totale destruction.

        La moindre des choses, avant d’affirmer quoi que ce soit, à propos d’une gestion collective, serait d’étudier les conditions de faisabilité. Je n’ai pas connaissance qu’une telle étude ait été menée.
        Les expériences passées ont été conduites n’importe comment, et on sait pourquoi.

        Comment pensez vous que l’on puisse faire l’économie de leur gestion collective rationnelle?

      6. pierre chavant

        Oui, on peut ajouter le soleil! Ce qui ne vient pas spontanément à l’esprit tant il semble difficile de le privatiser, (encore que l’on arrête pas les progrès 😉 ) mais en toute logique vous avez raison.

        Le soleil, l’air, l’eau, le sol, le sous sol, le savoir, et aussi tout ce qui fait notre civilisation. Tout ceci appartient à l’humanité. Chacun n’a que des droits d’usage, que nous devons collectivement gérer. C’est une question de survie de l’espèce !

      7. @Vigneron..
        L’épouvantail stalinien ne marche pas, désolé. Collectivisation écologique, c’est l’avenir, si tant est que nous en ayons un. Car la base de l’écologie, c’est de trouver un équilibre harmonieux fondé sur le principe du partage. La privatisation capitaliste est la raison principale de la destruction des environnements et des ressources et celle de la perversion de l’idéal démocratique, lorsque l’argent devient la source du pouvoir en s’imposant à la volonté des citoyens.
        Le nier c’est un peu comme nier que le réchauffement climatique est anthropique. C’est un peu stupide, voyez-vous ?

      8. Un aéroport ? NIMBY ! Une autoroute ? Nimby ! Une centrale nucléaire ? Nimby ! Des collectivistes ? NIMBY !

  5. …[C’est Hamon et ses conseillers qui maitrisent les techniques constitutionnelles, juridiques, fiscales et financières qui permettront d’appliquer le programme politique de la France Insoumise.]…

    Ben voyons PSDJ, aucun talent universitaire chez les Insoumis ?

    Il est certain que la soupe si on craint qu’elle devienne populaire, car les fins de mois difficiles existent chez nos doctorants, est mieux servie quand on fréquente les lieux incestueux de pouvoir et d’argent.

    Donc sûr qu’un mouvement genre Insoumis n’attire guère pour les promesses de réussite sociale, au contraire des calculs égoïstes attirés au PS par le boulevard de l’idéologie de l’alternance ouvert en 83, et fructueux depuis en confort de travail, en reconnaissance sociale, mais dénaturant la signification de « socialiste ». Que chacun fasse son ménage, choisisse entre les ors de la République et l’ambition de servir son peuple dans son intérêt général. Que ceux qui se sont compromis dans la dérive social-démocrate créent leur parti social démocrate, et les électeurs y verront plus clair. Les talents d’où qu’ils viennent ne manquent pas, c’est le cadre à établir pour qu’ils puissent y opérer selon les vœux de changements qui fait défaut…pour l’instant.

    1. à Hypolyte Bidochon 12h39
      « Soleil » est universel  » les énergies »? Les  » biens communs » dont il faut discuter au niveau d’une Constituante, ce que les grecs du moins selon nous appelait les éléments , il faudrait aujourd’hui les nommer les  » concrets »: ce avec quoi le vivant est en nécessaire « concrescence » ( on ne peut naître et exister qu’avec ces catégories) Les Chinois les organisaient autrement en distinguant aussi le métal
      = les matériaux non renouvelables et le bois = les matériaux renouvelables? La propriété privée des moyens de production évacue les problèmes!Si j’étais tiré au sort dans l’hypothèse Mélenchon d’une constituante, je proposerais la recherche d’une symbolique actualisée pour définir la propriété ou l’usufruit de ces « concrets » par des conventions collectives .

      1. Aprés envoi prématuré , je corrige  » Soleil est le symbole qui modélise les énergies en effet non privatisables
        ( lesquelles? A débattre)

  6. C’est fou comme on peut ignorer la réalité, Melenchon fait 11% donc pas la peine de parler de Constituante et de 6e République.
    Comment en si peu de temps créer une unité de la gauche ? C’est plus difficile que de convaincre Trump du réchauffement climatique !
    Peut être demander à MM Jospin , Chevênement et Mme Taubira de lancer un appel des sages ? Eux qui savent ce que la division coûte.

    1. La seule chance de Mélenchon : les débats et l’entrée ces jours-ci dans le vif de la véritable campagne électorale.

      Parvenir au 2nd tour sera très difficile. Probablement pas impossible, pour deux raisons :
      1. Une grande partie des électeurs n’ont pas encore fait de choix définitif
      2. Si l’un des deux Mélenchon et Hamon commence à vraiment prendre le pas sur l’autre, cela peut faire boule de neige, car il sera vu comme « le candidat utile » par le groupe important des électeurs qui se situent plus ou moins à cheval entre les deux, et pourrait donc « aspirer » une grande partie des voix de l’autre. En d’autres termes, l’équilibre Hamon-Mélenchon est instable

      Si Mélenchon parvient au second tour, deux cas se présentent :
      – Contre Le Pen ou contre Fillon, il aura une véritable chance, soit en attirant l’électorat « tout sauf le FN » y compris de droite modérée, soit en attirant une partie de l’électorat populaire FN effrayé par Fillon l’antisocial
      – Contre Macron il aurait très peu de chances. Mais un second tour Mélenchon-Macron, ce n’est vraiment pas le plus probable de toutes façons…

      Si Mélenchon est au second tour, soit il l’emporte, soit dans le pire des cas France Insoumise devient du moins la force centrale de la gauche.

  7. Coucou,

    A propos de valeurs!

    Sans renverser la table, ne pourrait on pas instaurer une loi qui redistribue une prime de vente des revenus par filière ?
    Du producteur, en passant par les chaines de fabrication et de gestion. Cela permettrait de reflechir à une juste répartition du revenu final, entre les producteurs, les ouvriers , la direction et les actionnaires.
    Une usinea gaz equitable en quelque sorte,! non je deconne.

    Bonne journée

    Stéphane

  8. C’est drôle, jusqu’à présent je n’avais pas réalisé à quel point la gauche est divisée…..pas étonnant que ses chances de gagner soient si faibles ! Faudra-t-il une catastrophe plus grave pour que se produise un ressaisissement ? Rappelons qu’en attendant les estimations nous donnent Macron, Fillon ou Lepen….Un moment faut savoir ce qu’on veut !

      1. Et encore, les fourmis sont ensembles
        Oui, l’effondrement suit un cour des plus ambitieux.
        Régalez-vous.

  9. A propos de FILLON il vient de changer son slogan de campagne qui était » le courage de la vérité » évidemment cela commençait à être difficile à porter comme ses derniers costumes. Nouveau slogan : « une volonté pour la France. » Il continue à se prendre pour le général de Gaulle !
    Cela devient « grandguignolesque » comme aurait dit Chirac

      1. La Boisserie j’y suis allé; C’est une demeure assez grande, soit, mais fort simple dans son agencement et son aménagement. Je ne connais pas le chasteau du sieur de La Sarthe, mais j’ai un doute sur la simplicté.

      2. Je crois surtout qu’elle est très au-dessus de ses moyens sa gentilhommière… Quand on veut péter dans la soie et au-d’sus d’son fion.

      3. l’chateau Fillon, c’est une marque de vin rouge ? quelle ironie pour un candidat si anxiogene…

  10. Tout ceci est fort sympathique, mais fait l’impasse sur une réalité incontournable: la majorité du corps électoral est de droite, voire d’extrême droite. Mélenchon parle aux bobos de gauche beaucoup plus qu’au prolo de Gandrange. J’aimerai bien qu’il soit élu et j’y contribuerai. Mais ce n’est qu’un rêve; je ne pense pas, la réalité socioloogique du pays étant ce qu’elle est, qu’il soit en position de se qualifier au second tour, et encore moins de l’emporter. Pourvu que je me trompe!

    1. Ma parole à la première lecture j’ai cru lire sociozoologique !?
      Blague à part, ce soir la socio-culture nous offre 5 fauves affamés prêts à engloutir du temps de cerveau disponible.
      La gamelle, à part, pour Dupont-Gnangnan c’est la Comédie Française qui l’offre pour son rôle de bouffon tragique.

  11. En ce qui concerne Mélenchon, il faudrait se poser un ensemble de questions, par exemple comment il est percu à l’étranger. Les anglais l’ignorent, pour les allemands il compte parmi des losers, des nostalgiques du marxisme ancienne édition. Les Allemands attendend de la France des réformes, en clair: réduction du coût du travail et des préstations sociales, encore plus de pression sur les chômeurs, plus d’allègements pour le patronat………le programme de Fillon en somme. Certaines élites allemands du milieu poltique et économique à Berlin parlent de manière dévalorisante voire dédaigneuse quand on aborde le sujet France. Alors en plus Mélenchon avec ses idées humanistes de gauche de la gauche…….. Mais peut-être a-t-il un peu raison, peut-être sommes nous en situation prérévolutionnaire, du moins en France.

    1. La situation de la France vis-à-vis, non pas tant du peuple allemand qui est tout de même plus divers que cela, mais en partie du pouvoir d’Etat allemand, en partie et surtout de l’institution européenne, ne peut appeler que deux réponses.

      Se soumettre, ou se démettre.

      Fillon et Macron sont sans doute les candidats les plus en pointe en ce qui concerne l’option Soumission. Macron en représente donc la version de gauche – enfin, faut le dire vite.

      Mélenchon est la version de gauche de l’option Démission. Hamon, franchement, est difficile à situer – tente-t-il une improbable motion de synthèse du type feu qui mouille et eau qui brûle :-/ ? S’il est élu, il sera à mon avis très rapidement forcé de choisir entre son Hollande intérieur et son Mélenchon intérieur… je veux dire que l’improbable synthèse explosera, et nous découvrirons alors qui est véritablement Benoît Hamon.

      Si aucun des deux ne parvient au second tour, les citoyens auront le choix entre Soumission, en version « gauche » Macron ou plus à droite Fillon, et Démission en version très, très à droite avec Le Pen. La réponse du corps électoral n’est de mon point de vue pas prévisible à ce stade, et je soupçonne qu’elle le resterait le 7 mai jusqu’au soir…

    2. Commentaires intéressants.
      Les Allemands tiennent à L’UE et l’euro pour des raisons économiques exclusivement. L’Allemagne en tant que nation exportatrice (que serait-elle sans ses exportations?) a besoin du marché du type libre échange, elle défend la mondialisation et le commerce sans entraves. Mais ca va plus loin: déjà durant la dictature nazie, un certain Walter Funk, ministre de l’économie à l’époque, s’est mis en avant pour valoriser l’idée d’un marché commun européen, naturellement sous la tutelle du Reich. Il avait même publié un livret pour expliquer en détail comment il comptait procéder sur le plan opérationnel. Les temps n’ont pas vraiement changé: l’Allemagne défend une orientation expansioniste à tendance autoritaire en terme économique, sans tenir compte des situations dans des pays qui ont une autre structure et tradition dans ce domaine, comme c’est le cas de la France. Il faut être conscient de cela.
      L’idée d’une Europe unie est une représentation idéale, presque idyllique, ou pour l’exprimer de manière plus cruelle, elle se résume à un château d’Espagne. Mais il ne faut pas se plaindre: qui aurait prédit un tel miracle (l’UE) en 1945? On vit en paix, c’est déjà beaucoup.

    3. J’ai l’impression que, pour l’élite allemande, l’Allemagne se résume à la Baviére et au Baden-Württemberg…l’Allemagne utile quoi..

  12. Bonsoir
    @vigneron:
    oui, la gentilhommière de Fillon a beau valoir environ 400 000€ de moins que la maison d’architecte parisienne de Bartolone selon le marché immobilier du moment, elle doit revenir plus cher en frais de maintenance. Pourquoi Bartolone ne s’est pas présenté aux primaires? Il a l’air d’avoir plus les pieds sur terre que Fillon, du moins question gestion en bon père de famille de l’immobilier familial!

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