La transition de l’économie post-capitaliste. Le plafonnement du profit et le dividende universel, par Dominique Temple

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Si l’accumulation capitaliste conduit la terre à la désolation, la société à l’implosion, n’est-il pas temps d’intervenir ? Et si le travail est dénaturé par son assignation au profit, n’est-il pas temps de l’en affranchir ? Enfin, si l’individualisme identifié à la privatisation de la propriété nous a dressés les uns contres les autres, ne doit-on pas redéfinir l’individuation du sujet en rapport avec la conscience commune qui prodigue à tout homme sa dignité de citoyen, et ne doit-on pas reconnaître à tout le monde la propriété universelle de la nature et la propriété sociale comme la liberté réelle à laquelle tout le monde a droit ? Dès lors, le dividende universel et le plafonnement du profit sont le plancher et le toit de la maison commune.

Le plafonnement du profit

L’écologie politique voudrait soustraire à l’exploitation capitaliste un certain nombre de territoires naturels. Elle espère sauvegarder quelques ressources de la planète : les océans, la forêt, les animaux… Cela équivaut à poser une limite au champ du profit. Mais comment définir cette limite ?

Elle n’est envisageable que si l’on imagine un champ d’activité où puisse se déployer une autre économie que l’économie capitaliste, parce qu’à l’intérieur de celle-ci tout plafonnement du profit freinerait ou condamnerait à l’arrêt de leurs activités les entreprises les plus performantes. Par contre, là où existe une économie de réciprocité, protégée par une interface, cette limite devient féconde parce qu’elle permet à l’entreprise qui l’atteint de poursuivre son investissement dans le champ de la réciprocité. La finalité de l’investissement est modifiée : le bien public se substituant au bien privé. Le profit est relayé par le prestige social. Autrement dit, l’entreprise capitaliste se convertit en entreprise publique, sous la responsabilité de son chef d’entreprise. Le plafonnement du profit transforme l’investissement lucratif en investissement social ; la propriété privée en propriété universelle ; la concurrence en émulation ; le pouvoir d’asservir en pouvoir de servir. Rien ne prouve que les chefs d’entreprise ne soient pas plus heureux de servir que de se servir, et de devenir plus humains plutôt que des brutes.

Le dividende universel

Le capitalisme subordonnait jusqu’à présent l’information, l’éducation, l’enseignement, la recherche scientifique, la critique et même l’art, à la propriété privée. Qui maîtrisait l’information… disposait du pouvoir. L’information, matière première de la pensée, est désormais à la disposition de tous instantanément et sans limites. L’Internet constitue également une mémoire universelle. Par la participation de chacun à l’élaboration de la pensée commune, et par l’accès à la pensée des autres, s’amorce une conscience universelle. Grâce à la révolution informatique, tout le monde ou presque est en situation d’agir où qu’il se trouve en termes de libre-échange, mais aussi en termes de réciprocité généralisée. Aujourd’hui, la technique informatique récuse l’irrationalité des individus. Mieux ! pour permettre à tous les humains de vivre ensemble, elle exige le principe de réciprocité.

Mais cela ne modifie pas la situation de façon définitive car la propriété des moyens de production demeure entre les mains des capitalistes. Et la dynamique de l’exploitation ne change pas. La bourgeoisie, qui imposa d’abord que toute la plus-value se convertisse en profit, consentit au prolétariat un bénéfice après la crise de 1929 et la deuxième guerre mondiale, mais à la condition que sa consommation contribue à la croissance du capital. Aujourd’hui, par la soumission de l’État au marché financier, elle s’assure que l’économie sociale ne jouisse d’aucune autonomie ou liberté d’expression qui ne soit sous contrôle du capital. La privatisation de la propriété conditionne toujours l’économie sociale et la fonction publique. Néanmoins, le prolétariat a converti une partie de ses acquis en prestations de réciprocité : les conventions collectives, le salaire minimum, la sécurité sociale, les allocations familiales, la retraite, la limite du temps de travail, les congés payés… Ces acquis doivent être dits irréversibles par la prochaine Constitution.

Face à la privatisation de la propriété qui conduit au travail forcé des plus démunis, la liberté du travail pour tous exige les moyens qui lui sont nécessaires, c’est-à-dire une propriété sociale minimum. C’est l’objectif du dividende universel, de l’allocation universelle ou du revenu minimum inconditionnel… Il s’agit de rendre à chacun les conditions d’autonomie qui lui permettent de refuser l’aliénation de sa puissance de travail dans des conditions inacceptables, et de disposer de ses compétences en toute liberté pour les mettre au service de la communauté. L’allocation universelle a été proposée lors de la Révolution française par Thomas Paine[1] comme un dû de la société à ceux qu’elle privait du droit d’accès aux conditions de la vie naturelle. Elle est développée aujourd’hui comme un dividende universel dû à tout citoyen du fait de sa naissance dans une communauté où il assume son rôle de citoyen. Mais dans le cadre de l’économie actuelle, elle est refusée par les nantis qui craignent qu’elle ne soit utilisée pour combattre leurs privilèges. Tout change lorsque l’on envisage les choses du point de vue d’une économie de réciprocité généralisée. Il n’est personne qui recevant les moyens de faire valoir ses dons et ses compétences ne désire naturellement les faire fructifier. Le dividende universel et le plafonnement du profit apparaissent comme le plancher et le toit de la maison commune où la réciprocité permet à la société de produire les valeurs fondamentales de l’humanité, la liberté et l’égalité réelles promises formellement par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

La propriété universelle

Tout le monde conviendra qu’une société incapable de garantir à ses citoyens les conditions d’existence que lui offrait la nature (la gratuité des biens premiers), n’est pas digne d’être dite humaine. Ces biens, que l’on désigne de façon emblématique l’air, l’eau, la terre, le soleil sont les ressources nécessaires à la vie des hommes. Ils étaient jadis en quantité inépuisable. Ils sont désormais en quantité limitée, de plus en plus exploités au profit d’une part de plus en plus restreinte des hommes y compris au sein des sociétés les plus riches. Il est donc impératif qu’ils soient retirés du champ de la propriété privée, et restitués à tous (la propriété universelle) : les ressources que la nature assure à l’homme ne peuvent être que partagées.

La propriété sociale

Le raisonnement qui vaut pour la nature vaut aussi pour les biens créés par le travail. Tout le monde conviendra qu’une société incapable de répartir entre tous les bénéfices de ses inventions est injuste. L’éducation, l’enseignement, l’information, la protection sociale… appartiennent à la société (la propriété sociale). « Mais la réciprocité, n’est-ce pas ce que nous pratiquons, nous, médecins, enseignants, dans la société civile, le service public, et dans nos commerces ou nos entreprises, de façon empirique ? » Eh bien ! Que le principe de réciprocité soit désormais actualisé de façon rationnelle et que les structures fondamentales (notamment le partage et le marché de réciprocité) soient dotées d’une territorialité protégée par une interface institutionnelle, et pourvues de la propriété de leurs moyens de production. Les valeurs créées par les uns ou les autres ne s’affronteront plus de façon aveugle, mais s’harmoniseront ! Nous en avons aujourd’hui à l’évidence la possibilité technique : en raison, grâce à la théorie de la réciprocité, et de façon pratique grâce à la révolution numérique.

On répondra que si c’était si simple, il y a longtemps que cette transformation eut été accomplie par la société. Mais ce n’est pas si simple ! Il a fallu les découvertes conjuguées de la physique et de la biologie modernes pour que seulement de notre temps il soit possible de lever les obstacles épistémologiques à une conception de la vie et du travail qui ne relève plus de la seule définition qu’en autorisait la physique classique, et sur laquelle s’est construite l’économie capitaliste : le rapport de force.

Un effort est encore nécessaire pour que la philosophie politique prenne en compte les sciences nouvelles qui permettent de comprendre comment se produisent les valeurs éthiques, et plus précisément les sentiments de liberté, de justice, de confiance et de responsabilité, qui sont la raison majeure de la vie en société.

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[1] Cf. Thomas Paine, in La revue du M.A.U.S.S. semestrielle n° 7, premier semestre 1996, “Vers un revenu minimum inconditionnel ?” [http://www.revuedumauss.com.fr.]

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24 réflexions au sujet de « La transition de l’économie post-capitaliste. Le plafonnement du profit et le dividende universel, par Dominique Temple »

  1. « Ces acquis doivent être dits irréversibles par la prochaine Constitution. »

    Comment cela ? Et qui va l’écrire cette fameuse Constitution ?
    Au demeurant n’est-ce pas déjà le premier bien commun auquel tous le monde aurait droit de participer ?

  2. Hélas
    Pour faire face aux disettes le corps de chaque  » vivant » quel qu’il soit sur terre a appris à faire des réserves ,sous forme de graisse, pour survivre.
    Ces réserves sont propres à chaque individu.
    Ces réserves représentent elles aussi un capital au sens capitaliqtique du terme ?
    Peuvent elles être « collectivisées » pour le grand bien de l’humanité ? Et si elles peuvent l’être dans quelques temps doivent elles l’être (obligation) ?
    La nature de l’humanité n’est t’elle donc que collective ? Représente t’elle une voie à suivre ?

    1. Si les réserves de certains sont trop grandes, déjà leurs santé en pâtis, et dans un monde limité où l’on pullule, cela veut dire que certains en manque, ajouté à cela les prix mirobolant des aliments et voilà la honte s’abattre sur le cœur de celui qui aime ses congénères.
      Il n’y à point de nature de l’humanité, elle est la nature, et cette dernière porte la vie, qui semble trouver des solutions à un moment donné pour que la perte d’énergie propre à elle-même se perpétue.

      Donc oui, Maintenant, pour nous, la collectivité et le bon sens du partage fait grandement partie de la solution.

  3. « Si l’accumulation capitaliste conduit la terre à la désolation,… »
    Cette première phrase est fausse.
    C’est la densité de la population et son appétit qui mènent à la désolation. Contemplons simplement l’état du territoire belge (+- 400 hab/km2) au français (+- 140 hab/km2). Le capitalisme belge ne diffère pas à ce point du français.
    Certes le capitalisme intervient dans la destruction de notre planète par sa terrible efficacité pour répondre aux besoins des hommes: un bulldozer capitalistique détruit plus rapidement une forêt que 100 esclaves du goulag et leurs haches.
    Les gens de gauche sont certes généreux en parole mais se fourvoient dans un manichéisme primitif: les méchants riches contre les gentils pauvres. Les pauvres aussi détruisent.

    1. Dans ce cas exiger une école où on y enseignerait le principe de co-responsabilité et non pas le chacun pour soi ultralibéral exclusivement tourné vers la compétitivité, puis introduisez-nous ça dans une Constitution.

    2. Hadrien,

      Ben si, puisque le capitalisme oblige les entreprises à être irresponsables!! J’explique: Se préoccuper de l’éco-socio-système est handicapant dans une compétition économique.
      Cela coûte bien moins cher de brûler du pétrole, et d’engendrer des catastrophes climatiques (dont les coûts sont externalisés, comme ils disent), que d’utiliser des énergies propres, par exemple.

      Seriez vous prêt à une diminution de revenus, voire perdre votre emploi, ou fermer votre entreprise pour protéger la Terre ?
      Ben non.

      Accepteriez vous de ne vous déplacer que à pied, vélo, ou traction animale ? Dans la société actuelle, capitaliste, je vous souhaite bien du plaisir. Rien n’est conçu pour ça…

      L’unique finalité du capitalisme est le profit.
      Répondre à « certains besoins » n’est qu’une des conséquences de la recherche de profit.
      Les désordres sociaux et écologiques, sans limite autre que la destruction de l’éco-socio-système, sont l’autre conséquence de ce système.

      1. Pas con non plus ce que dit Hadrien, même si on ferait mieux d’invoquer la logique immanente de la rationalité stratégique qu’une quelconque rapacité de l’espèce. Après qui du capitalisme ou du calcul d’efficience (de la nature sous l’angle du calcul d’efficience, donc comme « stock et énergie accumulable » -de mémoire, le souabe un peu nazi) je le laisse à plus savant que moi. Mais un point ne se discute pas : le renversement du capitalisme ne changera rien sans changement de la représentation de la nature -et la représentation elle-même comme expression d’un rapport à, d’un mode d’être largement impensé, d’un être au monde. Est requise aussi une autre conviction quant à l’homme, ça fleure un peu le religieux, qui est « en un sens » la voie à suivre » (à suivre…). Ergo : le problème de la valeur, donc des imaginaires et des adhésions, est toujours premier et essentiellement politique (la politique c’est-à-dire ce qui est irréductible à la gestion, n’appartient donc pas au « cercle de la raison » cher aux pseudo-réalistes du maintien des choses en l’état (le PS par ex, pris de panique à l’imminence de sa disparition -au plus tard au 3° tour de la prochaine. Mais aussi tiens! au passage : une certaine idée de l’Europe, fondamentalement gestionnaire, donc non-politique, donc à l’avance condamnée -déjà morte en fait).

    3. Le problème des riches, c’est qu’ils ne peuvent pas, ou ne veulent pas, assumer les responsabilités étendues qui vont avec la fortune.
      Le problème des pauvres, c’est qu’ils n’ont souvent pas les moyens de faire face à celles qui échoient à chacun d’entre nous.

      1. C’est pire que ça, même s’ils le voulaient, ça n’aurait d’effet que si TOUS le voulaient en même temps. (les irresponsables, même minoritaires, continueraient de saccager…)

        Et donc ça ne peut passer que par la loi: en pratique sortir les ressources premières du champ de la propriété privée, de sorte à les gérer dans l’intérêt des générations actuelles et futures.

        Ceci fait, le profit perdrait toute nocivité, pour ne conserver qu’un rôle moteur! Et oui, dans ces conditions, en quoi le profit serait il nuisible ?!

    4. « généreux de parole »
      C’est justement l’un des points critiques. Paradoxalement la gauche a contribué, malgré sa volonté, à faire prospérer le la doctrine néolibérale du style « Ecole de Chicago ». La gauche francaise s’est fait piéger par ses naivetés, son aveuglement dogmatique, ses intérêts partisanes….
      Pour établir un système de répartition/distribution qui soit à peu près équilibré (il n’y aura jamais une véritable justice sociale), il faudrait changer notre système juridique. Le droit actuellement en vigueur permit l’enrichissement sans bornes, ainsi que l’expoitation des salariés. Elle permet même une nouvelle forme de servitude.

    5. Non Hadrien, cette phrase n’est que trop juste.
      Le capitalisme nécessite la croissance: il est impossible de faire du capitalisme sans croissance. Or la croissance n’est pas une idée abstraite, c’est la nécessaire utilisation croissante des ressources naturelles. Donc on peut en conclure que « l’accumulation capitaliste conduit la terre à la désolation ».

      Quant au poid de la surpopulation, je te renvois au modèle HANDY qui démontre que ce qui conduit les sociétés à l’effondrement ce n’est pas la surpopulation, mais les inégalités dans les sociétés. C’est ici même, sur ce blog:
      http://www.pauljorion.com/blog/2014/03/20/handy-and-me/

      1. A Jérome:
        « …effondrement ce n’est pas la surpopulation, mais les inégalités dans les sociétés… »
        Ce n’est pas ce que je lis. HANDY est bcp plus complexe que ce que vous en déduisez.
        Raisonnement par l’absurde:
        Si vous aviez raison, 7, 70, 700 milliards d’individus pourraient vivre sur cette planète à la seule conditions d’être égaux ???
        Réfléchissez !!!

    6. Outre P Jorion , d’autres penseurs traitent du sujet. Ecoutons par exemple D Bourg:
      https://www.rtbf.be/tv/emission/detail_les-sentinelles/actualites/article_combat-pour-l-environnement-avec-dominique-bourg-dans-les-sentinelles?id=9574957&emissionId=10274

      D Bourg est plus conscient du problème démographique que P Jorion, qui l’évoque dans le corps de ses textes en l’oubliant dans ses conclusions. Très significativement, D. Bourg ne cite JAMAIS le capitalisme comme cause de la destruction de la planète.

      La façon la plus sûre de ne pas résoudre un problème est de se tromper dans sa définition.
      Le capitalisme est à la destruction planétaire comme le péché de luxure est au sida : un facilitateur, pas une cause.

      1. L’industrie de la pub montre que ce ne sont pas les individus qui sont demandeurs, (sinon il n’y aurait pas besoin de pub)

        Le Système capitaliste demande aux individus de consommer un max de n’importe quoi, pour maximiser le PIB. (sinon récession, effondrement).

        Les individus sont formatés par le système pour ça. Dans un système autre que capitaliste, les individus auraient un comportement différent.

  4. Je ne suis pas surpris, que , évoquant un plancher et un plafond , Dominique Temple retrouve en fait le « Jamais trop » de Socrate et Aristote ( un des piliers du génie grec d’ailleurs , au chiasme de l’Orient et de l’Occident , de l’esprit de finesse et de l’esprit de géométrie).

    Car le trop vise aussi bien le trop(+) que le trop (-).

    Mais une fois la fourchette énoncée dans sa finalité , il reste à trouver l’outil alliant la démocratie et l’économie ( ou plutôt le marché , car pour moi et en référence à l’étymologie , l’économie c’est le mariage réussi entre démocratie et marché ), pour « gérer » les bornes du système . Le travail de PSDJ participe des efforts de recherche sur ce champ.

    S’agissant de Constitution , j’ai déjà exprimé que la seule bonne raison ( car historique et de signification universelle) de la remettre sur l’établi serait d’être plus pertinent sur la propriété . Le texte de Dominique Temple en donne des analyses qui méritent d’être multipliées , débattues , enrichies ( si ça n’est pas déjà en cours ailleurs) . Il faut cependant avoir en tête que le sujet étant universel et mondial , les avancées sur ce thème vital devront l’être aussi .

    Car notre histoire nous apprend qu’en préalable de nos Constitutions , il y a eu la Déclaration de l’Homme et du Citoyen et que la Révolution c’était ce préambule , plus que les Constitutions qu’il a introduites .

    Et que , écologie et actuel petit poids français aidant , on ne pourra pas attendre cette fois ci pendant 159 ans ( 1948- 1789 ) qu’une fulgurance locale devienne mondiale .

    1. « la Déclaration de l’Homme et du Citoyen » et son art. 17 qui sacralise la propriété, ainsi que l’individualité, la compétition, la mise à mort jusqu’à la mort, ces minimas sociaux indignes, le rsa (revenu de solidarité active sans déconner), des loyers et des crédits qui s’allongent et un smic qui doit rester compétitif. Sacré la propriété…Pourtant elle tient toujours le bloc de constitutionnalité notre déclaration, alors que le patrimoine est à vendre aux riches dictateurs et spoliateurs et que la citoyenneté se limite à payer les intérêts de la dette.

      « Rien ne prouve que les chefs d’entreprise ne soient pas plus heureux de servir que de se servir, et de devenir plus humains plutôt que des brutes. »… puissent-ils cesser de donner des promotions et des postes d’encadrement aux brutes rageuses où on finirait par en douter.

      1. J’ai rien compris , mais la propriété est visée dans l’article 2 de la DDHC 1789 et à l’article 17 de la DUDH 1948 .

        Ce qui montre bien d’ailleurs que si on veut vraiment changer de paradigme , ça n’est pas aux Constitutions qu’il faut se frotter mais à leurs attendus premiers : la DDHC et la DUDH .

        Qui passe devant ?

      2. Art. 17. -DDHC
        « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité. »
        Nul ne peut en être privé à condition d’en avoir une, la concentration des richesses est la conséquence de cet article et empêche les autres de subvenir à leurs besoins.

      3. la citoyenneté se limite à payer les intérêts de la dette.

        Voilà sans doute pourquoi la citoyenneté se fait si rare, puisqu’on n’a quasiment jamais payé les intérêts de la dette.

      4. @Philibert :

        Exact .

        Mais cet article 17 de la DDHC , est une déclinaison de l’article 2 , donc tout en haut , par lequel la propriété est érigée au rang des droits  » naturels et imprescriptibles  » , à côté de la liberté , la sureté et la résistance à l’oppression .

        La restriction ( comme un remord) qu’il apporte par la « nécessité publique » , peut être au contraire la faille par laquelle on pourrait , en développant , commencer à faire rentrer la bête dans sa cage .

  5. Ce texte stimulant de Dominique Temple décrit assez bien la contradiction fondamentale du capitalisme entre d’un côté croissance des forces productives, et caractère de plus en plus socialisé de la production, et de l’autre, maintien de la propriété privée des grands moyens de production.

    Cette contradiction éclate dans les crises économiques, mais aussi tous les jours dans la lutte des classes, sous les formes les plus élémentaires jusqu’aux plus élevées, depuis l’indignation jusqu’à la révolution sociale en passant par pétitions, revendications, proclamations, manifestations, élections de politiciens réformistes, grèves partielles, grève générale, révolte, soulèvement, etc.

    Je fais miennes ces quelques lignes extraites des pages 38 et 39 du Programme de Philippe Poutou (https://poutou2017.org/sites/default/files/2017-03/ProgrammePOUTOU-2017_WEB_0.pdf)

    POUR UN SOCIALISME DU 21e SIÈCLE

    Le capitalisme met l’humanité et la planète en danger. Il génère des crises qui se conjuguent : crises alimentaires, économiques, écologiques, énergétiques, financières, sanitaires, sociales, tensions internationales et guerres, dont les conséquences sont toujours dramatiques. La mondialisation, marquée par une offensive des classes dominantes contre les travailleurs et les peuples pour augmenter les profits, aboutit à une crise profonde et structurelle du mode de production capitaliste lui-même.

    Il n’y a pas d’autre solution que de s’attaquer à la racine même de ce système entré en faillite. Il n’y a pas un « bon » capitalisme productif opposable au capitalisme financier qui l’aurait perverti. Le capitalisme « vert » n’est qu’un mirage.

    Un autre monde est possible : libérées de la propriété capitaliste, la production et la répartition des richesses pourront bénéficier à la société tout entière. Se nourrir, se chauffer, se loger, se soigner, s’éduquer, se cultiver, se déplacer sont des besoins essentiels qui doivent être garantis pour toutes et tous.

    LA SOCIÉTÉ QUE NOUS VOULONS

    Le socialisme, l’écosocialisme, c’est le pouvoir des travailleurs et travailleuses dans tous les domaines et à tous les échelons de la vie politique, économique et sociale. C’est la démocratie des producteurEs associéEs décidant librement et souverainement quoi produire, comment et à quelles fins.

    Dans le cadre d’une nouvelle organisation de la société, dont la finalité sera l’utilité sociale et non plus le profit, les producteurEs et les citoyenEs, autonomes et responsables, décideront de développer les activités économiques qui bénéficient à la collectivité, et écarteront celles qui mettent en danger les populations et leur environnement. Le socialisme que nous voulons ne propose nullement un développement illimité de la production, mais se fonde au contraire sur la satisfaction écologique des besoins sociaux.

    1. La démocratie ne connaît pas les classes et la nature des activités des citoyens , et , dans sa pureté , ne donne pas le pouvoir à un clan , fût il celui des travailleurs-travailleuses .

      C’est le deuxième grand chantier du siècle ,que j’ai déjà pu appelé de mes vœux avec la(les) Propriété(s) : le(s) Pouvoir(s) à passer aussi à la machine à reconstruire si l’espèce doit à la fois survivre et aller vers le mieux .

      Les deux sujets ne sont pas nouveaux . Ils sont devenus vitaux car la terre ne peut plus payer l’addition .

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