AU THÉÂTRE À BERLIN CE SOIR, par François Leclerc

Billet invité.

La visite du président français à Berlin avait été bien préparée, lui donnant l’opportunité d’illustrer la nouvelle dynamique qu’il entend donner à la coopération franco-allemande. « Du point de vue allemand, il est possible de changer les traités si cela fait sens », a déclaré Angela Merkel, connaissant son monde et sachant que sa restriction sera oubliée et que seule son ouverture sera retenue.

Emmanuel Macron s’est chargé lui-même de ramener celle-ci a de plus justes proportions en se déclarant opposé à la mutualisation des « dettes du passé ». Mais faut-il comprendre que le chemin des euro-obligations, ce tabou, est désormais ouvert, afin de financer un fonds d’investissement européen ? Le président français a nié vouloir le rechercher. Angela Merkel s’est contentée de dire « nous allons tranquillement aborder ces questions », faisant état de convergences mais aussi de conceptions différentes.

Le message des élections est passé, il n’est plus possible de s’en tenir à la formule initiale qui voulait que la confiance soit dans un premier temps rétablie – les réformes structurelles réalisées et le déficit cantonné – pour discuter ensuite de l’évolution de la politique européenne d’austérité. Le président français a toutefois promis en langage codé de « restaurer une confiance pleine et entière » avec l’Allemagne, relativisant le changement.

Tout reste à faire pour que la « refondation » de l’Europe revendiquée par Emmanuel Macron prenne corps, pour laquelle, prudent, il réclame « un temps historique ». Le tout-puissant Wolfgang Schäuble a l’oreille des parlementaires de la CDU/CSU et continue de jouer les gardiens du Temple, sachant faire la part de l’essentiel et du subsidiaire. Le spectacle donné de l’entente retrouvée ne doit pas tromper.

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