INCENDIE MORTEL AU PORTUGAL, par François Leclerc

Billet invité.

Le feu continue à faire rage au Portugal et 61 victimes ont déjà été dénombrées, dont certaines brûlées vives dans leur voiture en cherchant à échapper aux flammes, d’autres succombant à l’inhalation de la fumée. Le pays est sous le choc, les autorités sont mobilisées et la question ne va pas manquer de se poser : les conditions météorologiques particulièrement défavorables – vents violents, hautes températures et absence d’humidité – sont-elles seules en cause ?

La plantation et l’exploitation intensive d’eucalyptus – et de pins – a fait du pays un important producteur de pâte à papier, mais elle a eu comme conséquence la diminution progressive de la présence d’espèces plus résistantes au feu. D’innombrables rapports, de peu d’effets, ont toutefois mis en avant d’autres facteurs de risque. Car ces cultures industrielles sont bien entretenues, ce qui n’est pas le cas de vastes zones forestières où la propriété est très morcelée et où les propriétaires n’ont pas les moyens d’entretenir les sous-bois et de créer des coupe-feux. L’exode rural n’a rien arrangé.

Les collectivités et l’État devraient y suppléer, mais les crédits manquent et la question est sans cesse repoussée devant l’ampleur de la tâche. Les mesures de prévention ont été limitées et seuls les moyens des pompiers ont été renforcés. Chaque été, de vastes zones flambent et les pompiers peinent à contenir les sinistres. Cette année, un triste record a été battu.

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