Embarquer sur un vol low-cost : sadique ou masochiste ? par Mathilde Ramadier

Billet invité. Également sur Libération. Ouvert aux commentaires.

Mardi 15 août. À l’heure où j’écris ce texte depuis mon salon, à Berlin, la ville-monde semble danser sur un autre rythme. Les bruits de vie qui résonnent habituellement dans notre cour d’immeuble ont été remplacés par ceux des valises à roulettes. Lorsque je croise leurs heureux propriétaires – mes voisins au teint hâlé ou les touristes Airbnb venus les remplacer –, je jette toujours un œil aux étiquettes restées négligemment collées aux poignées de plastique. Ce sont souvent les mêmes lettres : EZY, RYR, V7, VY… et elles ne me laissent pas indifférente. Monogrammes postmodernes, elles sont l’empreinte des compagnies aériennes low-cost qui peuplent le ciel de ma ville, avec leurs couleurs criardes et leurs typos bien grasses. Cette année, suite à la parution de mon dernier livre – une critique du modèle florissant des start-up qui se targuent de changer le monde mais exploitent des travailleurs précaires –, il a fallu que je m’explique régulièrement. Parfois, des entrepreneurs m’ont reproché de dénigrer le progrès. D’autres m’ont plus directement suggéré que c’était moi, le problème, et pas ce modèle économique au succès incontestable.

Au nom du lean

Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle entre le modèle Deliveroo, qui fragilise ses livreurs à vélo pour économiser à tout va, et celui de Ryanair, qui précarise drastiquement son personnel pour offrir des tarifs toujours plus bas à des passagers qui n’ont de l’autre côté plus aucun droit et sont pris au piège. Car les clients de ces compagnies sont eux aussi traités en mode discount. Certes, les start-up proposent de nouveaux services pour « rendre le monde meilleur », le « disrupter », tandis que les compagnies low-cost, entreprises de tailles bien plus considérables, elles, souhaitent juste le brader. Et elles ne réinventent pas l’aviation pour autant. Mais les compagnies low-cost et certaines start-up partagent une même méthode de management, qui fait leur fierté, le lean, et que l’on pourrait résumer ainsi : une approche managériale visant à générer le maximum de valeur ajoutée à moindres frais, le plus vite possible. Le risque majeur ? « L’employé est réduit à une variable ajustable, à un coût », analysent des pilotes français d’EasyJet dans une lettre ouverte adressée au fondateur de la compagnie, Stelios Haji-Ioannou, le 11 août dernier.

Avec les récentes grèves des coursiers Deliveroo dans plusieurs villes de France, les conditions de travail de ces derniers ne sont plus secrètes. Désormais, lorsqu’on décide de se faire livrer un burger bio à 15 euros parce qu’on a la flemme de sortir ou de cuisiner, on ne peut plus ignorer qu’on exploite indirectement un auto-entrepreneur qui sera payé 5 euros la course, sans salaire fixe, sans assurance, qui doit financer et réparer son propre vélo ou se payer un abonnement Vélib faute de mieux. Du côté des engins ailés, ce n’est pas nouveau : cela fait déjà quelques années que nous savons ce que cachent les offres alléchantes des compagnies low-cost, qui permettent désormais aux porte-monnaie les plus modestes de voyager en avion. Ryanair a été plusieurs fois condamnée pour n’avoir pas respecté le droit français, notamment à l’aéroport de Marseille, en employant des salariés sous le statut irlandais, avantageux à bien des égards, fiscaux, notamment…

Dans le documentaire saisissant de Frédéric Brunnquell, Nos vies discount, diffusé en 2013 sur France 2, on apprenait que les hôtesses et stewards de cette même compagnie, en plus de devoir financer eux-mêmes leur formation, étaient rémunérés 16,20 euros brut de l’heure… une fois que les roues de l’avion avaient quitté le sol. Le reste, c’est du bénévolat. Dès 4 heures du matin. Ils étaient donc sommés, dans leur propre intérêt, de s’occuper de l’accueil des passagers le plus vite possible, « comme du bétail », raconte une ex-hôtesse dans le film. Avec un sourire triste, elle précise en outre que leur uniforme en polyester bleu et jaune était retenu sur leur salaire la première année – soit 30 euros de moins par mois.

Calvaires low-cost

Les grandes compagnies aériennes, bien obligées de s’aligner sur les prix, s’y mettent, elles aussi. Les clients réguliers d’Air France ont remarqué l’introduction discrète de différents tarifs pour la classe éco, qui font que le bagage en soute est désormais payant. Plus récemment, on a pu assister à la disparition progressive du personnel au sol : à Roissy, les passagers doivent désormais enregistrer leurs bagages seuls, ce qui engendre chaos et perte de temps dans le terminal 2F car, jusqu’à preuve du contraire, un vulgaire lecteur de code-barres ne remplace pas encore un cerveau humain. Après avoir développé Transavia et Hop!, notre compagnie nationale lancera dans quelques jours Joon, sa filiale low-cost. Joon. Quel joli nom de start-up. Qu’on se rassure : Air France promet que les conditions de travail resteront les mêmes pour les pilotes et le personnel navigant. Quant au reste… « Avec l’avion, nous avons appris la ligne droite », écrivait Antoine de Saint-Exupéry dans Terre des hommes.

Préférant de loin le train ou les grandes compagnies, je ne compte plus les histoires de calvaires low-cost autour de moi ; les miennes, ou celles que me relatent mes proches.

Lors de son premier vol avec la compagnie low-cost Vueling, mon ami a pris soin d’enregistrer un bagage cabine supplémentaire pour sa petite guitare. À l’embarquement, l’hôtesse l’informe que le transport d’un instrument requiert un bagage spécial. « Spécial », c’est-à-dire plus coûteux. Bien entendu, il faut s’acquitter de cette formalité deux fois, puisque le vol comporte une escale et que pour Vueling, 1+1 font bien 2. Cette formalité n’est pas un supplément : il faut que l’hôtesse annule informatiquement la commande bagage passée pour en réserver une nouvelle. Ce qui fait débourser à mon ami 150 euros pour une guitare qui n’en avait coûté que 30 au marché aux puces. Sans se laisser démonter, il demande ce qu’il se passerait s’il plaçait quelques paires de chaussettes dans le sac de la guitare : ce dernier compterait-il encore comme « bagage spécial » ? À l’issue d’une discussion grotesque – l’essence du bagage précède-t-elle son existence ? Vous avez quatre heures – il décide, à bout de nerfs, d’abandonner la guitare à son triste sort : elle finira ses jours sur le comptoir de Vueling, à Séville. Le temps que l’hôtesse panique, le menace puis appelle la sécurité et l’équipe de déminage, mon ami avait déjà tourné les talons et ne fut pas inquiété. Précisons qu’un tel incident ne serait jamais arrivé aux États-Unis, où le paragraphe 41724 du FAA Modernization and Reform Act of 2012, signé par Obama, interdit les surcoûts pour le transport d’instruments de musique.

Je me souviens de notre premier – et dernier – vol avec Ryanair, quelques années auparavant. Nous étions encore jeunes et naïfs. À notre arrivée au comptoir, bien à l’heure, nous présentons notre numéro de réservation et nos cartes d’identité à l’hôtesse (employée par l’aéroport et non par Ryanair). Avec un grand sourire, celle-ci nous informe que l’émission des cartes d’embarquement nous coûtera 60 euros chacun. Notre faute ? Nous ne les avons pas imprimées nous-mêmes, tout simplement. Impossible de négocier : il n’y a aucune imprimante à disposition dans le terminal, et le délai réglementaire fixé par Ryanair est dépassé. Punis comme des criminels, nous avons donc dû payer 120 euros pour deux feuilles A4 flanquées d’un logo moche et de nos numéros de siège. Mais traverser une mer et trois pays à 10 000 mètres d’altitude en larguant du kérosène ne nous a coûté que 80 euros.

Bagage en soute, bagage perdu

Je ne compte plus les histoires de bagages perdus parce qu’enregistrés en soute une fois à bord, pour cause de « vol complet », oubliés négligemment sur le tarmac, arrivés éventrés ou avec trois jours de retard, sans indemnisation. C’est aussi comme ça que l’ordinateur portable d’une amie s’est mystérieusement volatilisé lors d’un vol d’une heure. Je ne compte plus les heures passées à m’énerver en anglais au téléphone, à contacter sans relâche une hotline délocalisée en Lituanie, tombant à chaque fois sur un interlocuteur différent, pour tenter de savoir où était mon sac, essuyant indifférence et sarcasmes. Je ne compte plus les fois où j’ai payé pour me faire humilier, et où j’ai recommencé, parce que la loi du marché m’a fait croire qu’il n’y avait pas d’alternative et que je n’étais plus personne – juste une consommatrice.

Mais il y a pire : cet été, une jeune femme tétraplégique a été contrainte de rester sept heures sur une banquette de Roissy, son fauteuil électrique ayant été livré en retard et hors d’usage par la compagnie aérienne islandaise low-cost qui la ramenait de Los Angeles et ne lui a proposé aucune aide satisfaisante ni même digne. Certains diront que lorsqu’on paie si peu pour un billet d’avion, on n’est pas en droit d’exiger du service. Après tout, on n’est jamais complètement obligé de voyager, et voler en avion relève toujours du miracle, on aurait tort de l’oublier. Mais la dignité, ça a quel prix ? La faute au progrès managérial et économique apporté par le lean : la réduction drastique du personnel fait que personne n’est jamais responsable de rien, et que tout le monde se renvoie la balle. Un robot ou un algorithme peuvent très bien imprimer des cartes d’embarquement et même faire décoller un Airbus en pilotage automatique, mais ils ne sont toujours pas capables d’éprouver de l’empathie. Pour se consoler, mon ami rêve parfois que sa guitare a finalement trouvé un nouveau propriétaire dans le terminal de l’aéroport de Séville, et que cet inconnu est entre-temps devenu un célèbre guitariste de flamenco.

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55 réflexions au sujet de « Embarquer sur un vol low-cost : sadique ou masochiste ? par Mathilde Ramadier »

  1. Ces réflexions parleront sûrement à tous ceux qui ont un jour emprunté l’un de ces vols low-cost : les compagnies en question tirent parti du fait que vous êtes leur otage. Vous êtes à l’aéroport, vous êtes attendu à l’autre bout parce que – par exemple – vous donnez une conférence dans quatre heures et on vous dit : « Le document que vous avez imprimé là, ce n’est pas la carte d’embarquement, c’est la facture de votre paiement ». Vous dites « Quoi ? J’ai imprimé ce qu’on m’a dit d’imprimer ! », et on vous répond : « Non, il fallait cliquer sur le second lien, pas sur le premier ! » (et pour votre peine, vous allez payer 60 €, soit 1,5 fois le prix de votre vol).

    La situation fait que vous êtes – appelons les choses par leur nom – l’otage de la compagnie et qu’elle vous rançonne.

    Il y a sûrement quelqu’un quelque part qui a dû calculer ces 60 € : le seuil entre la somme que vous serez prêt à cracher pour cesser d’être un otage et celle qui vous fera cracher à la tête de l’employée sous-payée en face de vous et rentrer à la maison.

    Profitons de ce billet pour trouver le moyen de rendre impossible ces prises d’otage et le rançonnement qui les accompagne.

  2. Le problème de fond réside aussi pour moi dans l’attitude des clients. S’ils continuent à plébisciter ces compagnies d’année en année, il n’y a aucune raison pour elles de revoir leurs modèles tant de coût que de management.

    Les clients ont un rôle à jouer dans cette pièce : ils choisissent Ryan Air ou Easy Jet ou Vueling ou d’autres, et ils y retournent – les clients, qui en sont venus à penser que c’est NORMAL de voler pour 50 €, alors que ça ne l’est pas et ne le sera jamais.

    Si les clients jouent les floués volontaires, ils ne font que donner raison aux O’Leary de tout poils : de facto, ces clients approuvent l’exploitation du personnel de vol et au sol, approuvent qu’on les arnaque eux ou leurs voisins de cabine, et approuvent le mensonge qui veut que « si on respecte les procédures et les critères de sécurité tout va bien », alors que tout ne va pas bien. Parce qu’un équipage épuisé, c’est dangereux. Mais bon, on s’en fout : « ça coûte pas cher, fous-nous la paix on a bien le droit de profiter ».

    Le travail de sensibilisation est à faire chez les clients d’Uber, de Deliveroo, etc. Mais je peux déjà prévoir que tout qui voudrait discuter avec ces clients ne sera ni bien reçu, ni entendu.

    1. Je n’ai recouru à ces compagnies que quand il n’y avait pas d’alternative, mais le manque de moyens des voyageurs combiné à leur prédisposition à la servitude volontaire va faire que ce sera de plus en plus souvent le cas qu’il n’y a pas d’autre alternative. Vivement qu’on ait le droit comme aux Etats-Unis de prendre l’avion avec une kalachnikov au nom de la liberté d’expression *, cela fera réfléchir les préposés qui exigent de vous les 60 € de rançon.

      * Just kidding!

      1. Ah non pas Just Kidding !

        Parce que franchement c’est exactement ce que tout individu normalement constitué et autonome ressent devant ce genre de comportement/situation.

        C’est exactement la même chose et en pire en fait avec les compagnies de téléphone mobile !

        Personne ici n’a été une seule fois facturé de petites sommes parce que le service internet+ n’a pas été désactivé et que le moindre clic du mulot sur un écran enclenche un abonnement hebdomadaire ? Ou alors personne n’a reçu un sms vous informant que vous êtes abonné à bidule truc alors que vous n’avez jamais rien demandé ni même cliqué avec votre mobile sur ce service ? Et de voir que vous êtes bien débité le mois suivant.

        Bien le bonjour chez vous si vous arrivez à obtenir un conseiller de l’opérateur pour comprendre et annuler ce genre d’achat forcé qui est carrément soit une arnaque soit du vol caractérisé.

        Alors Just Kidding ? Ouais, mais alors qu’une fois pour toute le droit et la Loi soit claire sur ces « fraudes » et abus.

    2. « Mais je peux déjà prévoir que tout qui voudrait discuter avec ces clients ne sera ni bien reçu, ni entendu. »

      en effet je l’ai vécu au sujet des taxis : on m’a pour ainsi dire insulté. Et pourtant j’étais calme et j’expliquais le pourquoi. Quand on en parle avec les intéressés : les taxis, ils sont dans une colère permanente, ce qui n’est pas bon pour le commerce, bien que je les appuie.
      J’ai essayé avec airbnb : on ne m’y reprendra plus jamais, ce fut l’horreur dans une famille de cinglés.

    3. Non, cherche pas midi à quatorze heures, sont contents pour la plupart de payer moins cher, quel que soit les à-côtés et désagréments à la clef.
      Otages ou pas, arnaqués ou pas, complices ou pas, mis en danger ou pas, maltraités ou pas, pollueurs ou pas, méprisés ou pas, ils s’en branlent globalement, ils voyagent pas cher, en on pour leur pognon grosso-merdo, en redemandent et c’est marre.

      1. Yep, le truc c’est d’abord de bouffer comme pour le low-cost c’est d’abord de faire les bornes.

  3. le mieux étant de ne jamais les prendre, ce que je fais, en prenant des « charters » c’est à dire les places vides dans des vols normaux. Alors il ne faut pas parler prix du vol avec vos voisins qui ont payé plein pot eux, et vous la 1/2 voire le 1/3 du prix !

    1. Moi c’est encore mieux, je prends jamais l’avion.
      Mais si je devais, par extraordinaire, clair que je prendrais le moins cher, low-cost ou pas – mais jamais Air-France, me reste des principes kâmême.

  4. La prise en otage est la nouvelle forme du commerce comme tout client d’Apple vous le dira. Un autre element frappant est la modification de la notion d’achat. Avant, quand on achetait un disque, il vous appartenait. Vous pouviez le preter a un ami, le revendre. Maintenant, dans quelle mesure etes-vous proprietaire de l’album que vous achetez sur une plateforme online? Vous avez achete un droit d’audition non cedable et qu’on peut vous enlever tres facilement ou qui vous oblige a utiliser des modes de lecture specifiques . J’ecoute toujours les 33 tours que mes parents ecoutaient il y a 40 ans. vous croyez acheter un billet d’avion mais en fait, vous ne voyagerez que si vous remplissez une serie d’autres conditions (payer pour votre guitare ou payer pour obtenir votre carte d’embarquement. Qu’avez-vous reellement achete?

    1. On pourrait parler des banques si on avait le temps.. Tous ces petits frais qu’on vous fait payer sans en avoir le droit pour des « services » qu’on n’a jamais demande. (ils s’excusent toujours quand on le leur fait remarquer mais sur le nombre, combien laissent passer). On pourrait parler aussi de l’agriculture ou les grandes compagnies prennent en otage les paysans etc, etc. oui, la prise en otage est un concept pertinent pour comprendre notre economie.

  5. Le problème c’est que les compagnies aériennes « low cost » payent mal leur personnel. On dit aux pilotes qui se plaignent de leur maigre paye « soit tu la ferme, ou tu nous rembourses d’un seul coup ta formation de pilote ». Autrement dit le low cost a un coût, celui de la servitude, de la dévaloriation de la contribution personnelle.

  6. Daesh a lui aussi compris tout le parti qu’il pouvait tirer de la guerre « low-cost ». C’est la grande mode, semble-t-il. L’Histoire devrait le retenir ce facétieux anglicisme.

  7. Le « lean » n’est peut-être pas la source de ces maux : voici une réponse d’un des auteurs sur cette technique japonaise…
    https://www.lean.org/balle/DisplayObject.cfm?o=3453

    Et pour les plus pressés, j’attire juste vote attention sur les prouesses de Toyota (créateurs du lean) plus ou moins récemment : construire une usine à Valenciennes plutôt qu’en Angleterre aussi par crainte de leur instabilité « européenne » (en 1997 déjà), fabriquer la première voiture hybride (la fameuse Prius), ne pas faire de pub sur le prix de leurs véhicules.

  8. Le mot lean n’a pas sa place comme cause des maux dénoncés ici. IL n’est pas la source des problèmes d’exploitation et rançonnage.
    Le lean c’est l’amélioration de la production dans l’industrie japonaise en particulier chez Toyota, puis dérivé et appliqué dans l’industrie, après la popularisation par des chercheurs du MIT en 1988 (https://en.wikipedia.org/wiki/Lean_manufacturing).
    Le lean est a la base une philosophie et une méthodologie de l’amélioration a tous les niveaux, pour produire de la qualité , de façon la plus efficace et dans le respect et la valorisation des équipes de production.
    Il était présent dans l’industrie avant que celle-ci ne soit dévoyée au profit de l’actionnaire avec la complicité d’un management de pillage.

    1. @Arnaud

      « Le lean est a la base une philosophie et une méthodologie de l’amélioration a tous les niveaux, pour produire de la qualité , de façon la plus efficace et dans le respect et la valorisation des équipes de production. »

      A la nuance près que le terme « qualité » employé dans un contexte de production industrielle prend à peu près systématiquement le sens tout à fait particulier de « standardisation ».

      La « qualité » (normalisée selon les « standards » iso 900x) est une collection d’informations strictement mesurables, quantifiables et par la même indiscutables (c’est à dire proprement dépolitisées). Une qualité exprimée en chiffres, c’est à dire vidée de son sens premier, en fin de compte.

      Ajoutons à cela que toutes ces mesures effectuées le sont généralement dans un but d’optimisation financière, ce qui a finalement du sens dans le paradigme capitaliste, mais seulement dans celui-ci. Or ce paradigme est périmé, et avec lui toutes les méthodes qui l’animent.

      1. Jducac va pouvoir s’en donner à cœur joie .

        A ma connaissance la prise en compte de la qualité dans l’industrie , marquée essentiellement par la naissance des « cercles de qualité » au Japon visait d’abord la « perfection » du processus de fabrication pour obtenir des produits  » sans défauts » . L’association de plus en plus lourde des commerciaux aux « producteurs » ( et bientôt la suprématie des premiers dans le même temps où le marché a supplanté la démocratie) a fait évolué cette pratique plurielle vers les « démarches qualités » en modélisant ( puis modelant ) le « client » .

        Bref la « qualité » s’est faite propriété de l’entreprise comme des salariés et ,de plus en plus , du client .

        C’était un peu prévisible , car la qualité n’est pas la vertu ou l’éthique , même si nos grands penseurs du 17ème et 18 ème siècle ont souvent fait la confusion . Leur excuse est que c’était l’époque de la « noblesse » .

    2. J’ai déjà remarqué que le low cost est de plus en plus cher. Si on fait Bruxelles Madrid sans bagage, c’est 50 euros. Le même jour Madrid Bruxelles avec bagage c’est 190. Les prix sont liés à des raisons incompréhensibles dépendant de l’offre et la demande, ou l’exploitation de l’appareil et les routes aériennes. Comme les choses sont organisées de cette façon, on ne peut plus dire à sa mère ou son fils « je ne viens pas, c’est trop cher ». On attend de toi que tu te déplaces.

      Vivement la limitation de nombre de vols par aéroport. Ca réduirait aussi le problème d’expulsion des habitants des centre ville de villes comme Barcelone. Avec ce modèle, les villes européennes deviennent des parcs thématiques.

  9. Alors voila, un de mes dadas est la psycho. Bien obligé j’aurai passé les deux tiers de ma vie à me soigner des caprices de la vie et de la nature.
    Soit, … Je me souvenais tout à l’heure du titre d’un bouquin de Naomi Klein appelé No logo. Eh bien figurez vous que les gens ils en veulent du logo et du voyage pas cher ; ils en veulent et en re-veulent.
    Drogués et abrutis à l’hyper consommation.
    Fous!
    A l’heure où on parle d’endoctrinement des djihadistes, il ne faudrait pas nous oublier ; les gosses ont un portable dès que possible, des zombies circulent dans les rues scotchés à leur I-phone, la pub nous fait de l’oeil partout, les médias se fichent de nous et nous proposent de compter avec eux les morts (ils sont devenus essentiellement des revues nécrologiques et ça semble aller de soi). Normal!
    On ne se rend compte de rien, notre adn étant soumis au poison depuis des décennies, si ce n’est depuis la naissance pour les générations actuelles.
    Easy jet, je leur un jour dit : plus jamais. Merci pour votre article parce que je dois me rendre en Belgique un de ces quatre, aucune envie mais obligé et que je j’étais en train d’oublier.
    Pour ce qui est écrit plus haut, il est clair que des gens, je puis malheureusement m’inscrire dans le lot ; l’achat compulsif sur internet pour tout et n’importe quoi je connais.
    Quoique attendre un article à prix hyper bradé six semaines parce que venant directement de Chine, j’évite.
    Le monde est fou et moi aussi.

  10. Voilà une année pleine que j’ai décidé de ne plus jamais passer par un de ces vols « abakou », avec leur lot d’humiliations en tous genres, qui commencent dès l’embarquement, où des employés vous aboient dessus à la moindre occasion, vous vident une valise et vous la laissent en vrac, avec une joie à peine rentrée (« Désolé, Mr, c’est la procédure… »)

    J’ai dû pour cela renoncer à des invitations, j’ai dû expliquer mon choix à des amis incrédules, qui tentaient de me faire comprendre que j’y allais un peu trop fort, (genre: « ah! ces bobos! »)

    Cette folie du tout aérien,qui engendre et pérennise un tourisme de masse de plus en plus envahissant, cause à notre environnement des dommages, humains , sociaux, et géophysiques, sans doute déjà irréversibles.

    Le tourisme de masse est une véritable catastrophe, on doit dire et répéter qu’il faut s’en détourner.

    Peut-être est-il trop tard, ce type de « service » aérien étant largement intégré dans les algorithmes de « la finance de l’ombre » , dont Dominique Morisod nous a expliqué qu’elle a pris, sans doute définitivement, le pouvoir total sur le Monde, pour son plus grand malheur.

  11. 1.1) Je vais me démarquer de la petite unanimité qui point: l’avion résout à mon avis de façon assez correcte le problème énergético-technique de faire voyager des corps humains d’un point A à un point B en un temps court.
    Demander aux gens de se tasser dans le fuselage (distance inter-siège réduite) et de ne pas prendre trop de bagage est vertueux énergétiquement. Un tailleur de vêtements d’autrefois pouvait demander plus d’argent pour le costume d’un géant de 2m que pour un à faire dans le même tissu mais pour un petit format d’1,50m. L’IATA interdit ces discriminations, mais c’est limite dans le cas des obèses qui ont presque besoin de deux places. Je ne râlerais pas tant que ça de payer « au kilo ».

    1.2) Il est vrai que je fuis Ryan Air comme la peste et que je prends EasyJet pour un modèle acceptable, et que je le fais assez souvent pour ne voir que routine là où une certaine fraction des gens voient une mauvaise surprise. Mon « amatorat » de l’avion me conduit à accepter le modeste surcout de 4 à 7 euros que demande EasyJet pour une place assez à l’avant et au hublot pour avoir une vue correcte. Mon envie d’interpréter ce que je vois (reconnaitrai-je telle ville ? la Loire ici ou la Saône ? au loin les Alpes Suisses ou pas ?) et d’autres petits « soins » me font avoir une démarche « active » qui rend tout le reste bien tolérable. Je suis donc sur le plan d’EasyJet bien éloigné du feeling de Mathilde Ramadier: il existe un créneau encore utilisable « dignement », et avec des opportunités qu’on n’avait guère il y a trente ans. Je suis d’accord avec elle qu’une moitié des low-cost (Ryan Air au premier chef) est du côté indigne de la chose. Je boycotte Ryan air.

    2) Otage pour otage, j’ai l’impression que ce sont les péages d’autoroute qui jouent ce rôle (ou les tarifs de TGV :comparez la France et l’Italie, ou l France et l’Allemagne sur les trains régionaux : 20 ou 30 euros pour une famille entière en illimité sur la Rhénanie du Nord Palatinat, qui s’étend sur presque 200 km). Sortir des autoroutes est un triple casse-tête: temps de parcours plus long et moins prévisible, sécurité bien plus hasardeuse malgré la vitesse moindre (intersection), besoin constant d’attention à la signalisation, etc.

    3) Sur un plan plus global, les compagnies aériennes sont devenues ce qu’elles sont depuis une vingtaine d’années parce que ce sont des systèmes à rentabilité prévisible, les moins loin des 15% de rendement annuel qui allument les yeux du capitaliste ordinaire. La récente faillite d’Air Berlin le prouve presque par l’absurde : la compagnie avait choisit un autre positionnement, à savoir les niches consistant à « prolonger des compagnies réputées » (Etihad) par leur trajets locaux, ou à faire du charter en hors saison, etc. , un mix limite rentable, donc, par l’effet de la reine rouge (qui n’avance pas recule), pas rentable.
    Quand ce moment de l’histoire aura passé, on devrait revenir à d’autres normes de profit, comme disait feu Michel Leis. On voyagera moins (on voit la saturation qu’engendre Airbnb/Uber dans les Barcelone et autres Venise, derrière les avions, il faut des maisons) , aussi parce que l’Amorino de Barcelone ressemblera à celui de Bruxelles et que l’Occitane en Provence à Stockholm ou à Anvers, et encore parce qu’on pourra faire autre chose que la liste des « grandes attractions avec queue » que note tripadvisor (ici des catacombes, là des Alcazar), en partageant d’une autre façon ce qui est fait de main d’homme. Le monde virtuel pourrait aider à cela et non pas nuire. Car je ne parle pas d’un musée d’outils agricoles, je parle d’un paysage (agricole ou urbain) qu’il s’agit de lire comme source d’enrichissement. Telle récolte ici, que devient-elle, qui a choisi la semence, telle structure de linteaux ou de porche, est-elle locale ou pas si locale ?
    Bref, la dystopie aérienne n’est que le point de condensation d’autres comportement dystopique, qu’il convient d’analyser pour réensemencer notre goût à vivre ensemble et connaitre plus d’environnements que le sien seulement (en laissant les autres environnements être des environnements , certes, le diable est dans ce gros détail).

  12. La politique de l’Etat Français est elle le LEAN management pour tou(te)s ? Elle le finance.

    Ryanair, les start-ups, c’est avant tout l’argent des contribuables.

    Quelques éléments afin de s’informer :
    – Les subventions publiques de Ryanair
    Ryanair, la compagnie low cost irlandaise… A chaque fois que ses avions se posent en France, ils font le plein de passagers… mais aussi d’argent public à tous les guichets : région, département, ville… Comment Ryanair s’y prend-elle pour que tout le monde cotise ?
    Chaque année en France, Ryanair toucherait 35 millions d’euros d’aides publiques. . . . .
    http://blog.francetvinfo.fr/oeil-20h/2017/01/19/les-subventions-publiques-de-ryanair.html

    – Les start-up : la vraie France des assistés
    Dans nos sociétés modernes-innovantes-à-la-pointe-du-progrès, il n’y a plus d’argent pour les hôpitaux, pour les trains régionaux, pour l’hébergement d’urgence, pour que les aides à domicile aient des conditions de travail décentes, etc. Par contre, il y en a toujours pour les start-up. . . . .
    https://www.lepostillon.org/Les-start-up-la-vraie-France-des-assistes.html

  13. @Pierre
    « Le tourisme de masse est une véritable catastrophe, on doit dire et répéter qu’il faut s’en détourner. »

    je suis en effet épouvantée par l’envahissement des touristes avec son corolaire les habitants réguliers qui n’ont qu’une envie : ne plus en voir un seul et plus jamais.

    Quelle chance j’ai eu de voyager dans des pays presque sans touristes dès les années 40/50 : ainsi j’ai pu voir Pompéï à peine sorti de terre et vierge de touristes, Florence, Rome, Naples, Taormina, mais déjà j’avais peur d’aller à Barcelone années 60, Florence (et d’autres lieux en Italie) resta fréquentable jusqu’années 90, déjà Venise était à fuir. J’ai visité tranquille Dubrovnik années 60 et 70 et toute la côte Dalmate, le Sud Espagne, l’Autriche, la Suisse, la Tunisie vierge de touristes, le Maroc encore fréquentable jusqu’années 70 avant que les bobos se l’approprient. Je rêve encore de la GB des années 50/60, déjà années 70 ça commençait à se gâter mais pas trop encore. L’Afrique jusqu’années 80, et la Chine en 1965 (j’ai plus jamais voulu y retourner). Encore l’Asie du Sud Est jusque récemment : maintenant faut mieux rester chez soi, car même la France en été… sauf si vous restez dans des coins non prisés par les touristes, donc surtout pas les côtes où on peut admirer la laideur des corps étalés volontairement côte à côte pour être sûr de se tenir chaux par 30° et +, sentir les odeurs de ses voisins, voir leurs formes tellement esthétiques de bourrelets envahissant leur corps et qu’ils montrent avec fierté.
    et se taper en prime les routes et leurs files de voiture des heures durant totalement intoxiquant avec tous leurs gaz,
    alors non de nos jours si on veut vraiment sortir de chez soi pour voir du pays se restreindre aux obligations absolues pour cause de boulot, ou des coins inconnus des autres : ça existe encore (et je ne vous dirai pas lesquels).

    1. @ Annies: à votre place je me venterais pas d’avoir été précurseur de ce phénomène du tourisme de masse que je considère comme un des plus dangereux fléaux que nous ayons pu inventer ces dernières années. Pour moi cette activité est finie depuis le coup d’état de Boris Eltsine, et j’en suis fier. J’avais 27 ans et c’était après 15 jours éprouvants en club en Tunisie pour faire plaisir à une femme ( mon épouse…).

      Et d’ailleurs à chaque fois que je vois Paul se déplacer par ci ou par là pour ses conférences, ça me gêne. À la fin Paul aura peut-être cramé 10 ou 50x plus d’énergie non renouvelable que ce à quoi il aurait eu droit pour un humain moyen… Tout comme vous Annies!

      1. Quand on sait que Paul Jorion ne se déplace que principalement en train et que la majeure partie de l’énergie dépensée par le train sert à vaincre les frottements, c’est pas les 150 livres de Paul qui vont y changer quoi que ce soit.
        Le problème est le temps qu’il perd dans les gares ou autre arrêts de bus.

      2. Le tourisme de masse a commencé en France en Juin 1936 avec les congés payés ( 15 jours ) et le principe assez rapidement remis en cause de la semaine de 40 heures .

        Y-at-il quelqu’un pour s’en plaindre ?

        Il est par contre clair que le lien entre déplacements de masse et activité ( ou absence d’activité ) existe .

      3. Alors M. Jorion vous paraissez bien plus indispensable et utile que nombre de petits cadres affairés et ce n’est pas à vous que j’aurais pensé en premier ! Désolé si vous l’avez reçu comme cela.

      4. Budget holographique de Mélenchon : 1,2 million d’euros si je me souviens bien des chiffres cités dans l’article de FrInter lu hier et que je retrouve pas ! Va falloir doper les donations…

  14. Tant que c’est le consommateur qui souffre, est pris en otage et paie , plutôt que le citoyen , il n’y a que moindre mal (peut être même l’espoir que les abus sur le consommateur réveilleront le citoyen ) .

    Ce que j’ai lu et traduit des commentaires de Timiota et Franck en particulier me pousse à imaginer qu’en termes politiques la réflexion est à porter sur Otages vs. Libertés ( dont celle de circulation ) , et sur la définition du rôle des acteurs autant que sur les limites d’équilibre entre les contraintes et les libertés .

    Où l’on retrouve le combat entre marché et démocratie pour le pire , entre réalité et vérité pour le meilleur .

  15. Depuis que j’ai mesuré la vitesse de pollution, le débit de CO2-GES des transports aériens ( qui se sont habilement sortis de la COP21 puis ont covenu entre eux de financer la reforestation peut-être en palmiers à huile) je me demande, y compris pour mes proches, quelle frénésie saisit les voyageurs aériens ?
    Les moyennes d’émission GES par passager sont effectivement comparables à ce que consomme une automobile mais sans tenir compte du temps nécessaire à émettre des quantités comparables : ce que l’avion émet en un trajet, la voiture le fait en un ou trois mois.
    L’injonction à  » penser par soi-même », à choisir des consommations de luxe prescrites par l’oligarchie et ses serviteurs est ici à l’œuvre.

    1. @Remy

      On viendra sans doute doctement vous expliquer que le système est fondé sur un principe de « roue à cliquets », « qu’aucun retour en arrière n’est possible », comprendre pour ceux qui argumentent pour le maintient du système en l’état sans vouloir l’assumer, effectivement, aucun changement dans leur mode de vie n’est à l’ordre du jour, parce que vous comprenez, ces voyages permanents sont tout à fait justifiés par d’importantes activités et autres rendez-vous de première importance, vous pensez bien…

      Et puis il faut bien se détendre aussi, de temps en temps, de préférence à l’autre bout du monde même si ce n’est pas très écologiquement correct, on ne peut pas arrêter de vivre, mais on ne peut pas non plus envisager de vivre autrement, alors…

      On retrouve la dedans la même hypocrisie grasse qui anime ceux que j’aime appeler les écologistes en hélicoptère (vous voyez sans doute de qui je parle, mais si ce n’est pas le cas, l’un d’eux fait de très jolies photos tandis que l’autre est actuellement ministre)… Soit, en fin de compte, des illustrateurs de la bonne vieille maxime « faites ce que je dis mais pas ce que je fais ».

  16. Ça vaut l’expérience du train playmobil Ouigo avec ses personnages estampillés de la marque, placés en farandole pour vous indiquer où il faut marcher. Il suffit de suivre les tshirt Ouigo pour trouver son train. Et faut pas demander à un tshirt pourquoi vous attendez groupir depuis une demi-heure, il ne saura pas vous répondre. La marque considère quand même que vous savez lire les écriteaux pour les recommandations du genre : gardez vos déchets, votre bagage XxXxX cm exclusivement sous votre siège et quelques pub. Le train a maintenu une poubelle dans les wawas et je me demande si ça n’est pas trop. Tout est bien rangé pile poil cependant faudrait quand même revoir le wagon famille car les marmots quel bordel ! Mais bon en réalité il n’y a aucune raison de se balader dans le train non plus. J’ai pris trop mes aises dans les trains et il faut que je quitte cette habitude de chercher le wagon bar ou d’emprunter le siège en bout de wagon histoire de me dérouiller un peu. Mais j’ai eu l’impression de prendre l’avion en prenant Ouigo notamment en considérant le temps de trajet pour rejoindre la gare de Chessy.

  17. 1/ M’en fous, problème de riches. Affaire suivante ?
    2/ Me rappelle le livre d’Hervé Kempf  » Comment les riches détruisent la planète  ».
    3/ Le problème ? Hum ! Voir si par hasard, ce ne serait pas le comportement des classes moyennes qui ne se rêvent que touristes … Et a collé la turista à la planète.

    1. 1/ problème de riches ? : Ben non pas vraiment sinon on ne parlerait pas de tourisme de masse. Y aurait-il autant de riches ?
      Le tourisme est une dénomination réductrice : déplacements professionnels, « retour au bled » pour les uns ou « visite de la famille » pour les autres, découvertes d’une région mais aussi les étudiants étrangers qui arrivent dans les universités françaises.

      2/ Détruire la planète : oui l’objectif est de travailler ce point. Voui l’avion pollue effectivement. C’est vrai que certains retraités font le concours de celui qui voyage le plus.

      Le voyage forme la jeunesse dit-on. Ch’crois que c’est vrai. J’en ai rencontré un, de jeune, dans le train récemment, un américain de 23 printemps qui en avait marre de rester silencieux sur son siège. Parti d’un coup de tête de Chicago (marre de tout, du rythme de ses études et de son job), il me disait que ses quinze jours en France lui avaient fait prendre 10 ans voire plus 🙂 Ça peut être dangereux de ce côté-là aussi un voyage ! Celui-ci aussi a pollué dans son avion 🙂 Il voulait voir les universités à Grenoble et Lyon pour faire un bout d’études de biologie chez nous et il n’avait plus le temps de visiter Paris et sa tour Eiffel car il prenait l’avion retour le lendemain matin.
      Alors là, je lui ai fait faire un truc efficace …. non polluant : 0. Je lui ai dit ok, tu veux voir Parisss, je t’emmène cette nuit avant ton avion de retour. Tout à pied, jusqu’au matin pour le mettre dans un bus pas cher pour l’aéroport (il avait plus un radis !). Ces américains sont extraordinaires ma foi, celui-ci m’a remis le pied dans la capitale direct ! Non non je suis très contente que des touristes comme ça arrivent.

    2. Problèmes de petits bourgeois qui veulent se faire aussi nazes que les aristos désoeuvrés…

      Regardez le ski, un mode de vie et un moyen de locomotion parasité par des curistes consanguins à la fin du siècle dernier, loisir pour gros plein de fric, passé dans les « normes de consommation », qui ne concerne toujours que 20% de la population et avec lequel on nous assomme tous les hivers. En plus, si t’y va pas, franchement… c’est comme la rolex : t’as raté ta vie !

      Il y a cinquante ans qui voyageait et à quelle distance ? L’aristo et le bourge avant de se caser et de gérer à son tour les affaires de papa… On en est mort ?!

      Sans doute, les voyages ouvrent l’esprit, mais quels voyages et sous quelles formes ? Une semaine minable de train d’enfer avec visites au pas de charge et cuisson cancérigène bilatérale ? « Nécessités professionnelles » à l’heure holographique et vidéo-conférencielle, (sont-ils in-dis-pens-ables tous ces petits cadres serviles et infatués !) ?

      C’est le rythme accéléré de nos sociétés devenues malades du temps et du profit qui drainent ce type de consumérisme qui détruit tout (moi, vous, lui, eux, les gens, les vies, les paysages). Plus vite, plus loin et revenir aussi vite penser 11 mois et quelques à la prochaine semaine !

      Tiens, un mode rigolo, même s’il faut la société en arrière plan (et encore… celui sur la Hollande en tandem nous offre un contraste étonnant entre les classes sociales, à peine esquissé mais édifiant) : https://www.france.tv/france-5/nus-et-culottes/

      Et si on avait le temps, le vrai temps long, pourquoi pas d’autres modes de transports et de rapports humains : à pied, vélo, cheval, roulotte, voile ou vapeur ?! Il ne s’agit pas d’inverser des bénéfices sociétaux indéniables (comme pour ce jeune américain) mais de les construire différemment, le temps de vivre sur place, un peu, de rencontrer les gens… Pas de les consommer en alimentant la machine et de retourner se faire bouffer illico pour alimenter encore la machine en faisant défiler les diapos en technicolor sur le mur de l’ennui quotidien.

      C’est l’Ouroboros permanent ce système. Comment le court-circuiter et ne garder que le positif ? Sans doute parmi les vraies bonnes questions.

      Et en France, à côté de chez soi, tellement de trucs à voir : viendez en Bretagne, vous allez halluciner ! (promo discrète et gratos, je ne suis pas sponsorisé par le conseil régional ! 😉 ) Qui peut se targuer de connaître chaque région d’ici et ses richesses ?

      Alors avant d’aller faire sombrer les Maldives sous notre poids d’obèses junkfoodés : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Eles_du_Ponant

      Au passage pour Michel Lambotte : Batz (https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele-de-Batz), les années cinquante plus internet ! Agriculture, pêche, un peu d’artisanat, pas un magasin, pas une baraque à frite, 10 bagnoles, 20 tracteurs, 450 habitants, et malgré les charters de touristes toute la sauvagerie mystique bretonne : c’est possible ! Moyennant la rudesse tempérée du climat l’hiver, la promiscuité d’une petite communauté et les difficultés d’insertion dans l’insularité… Mais l’échelle est la bonne !

      1. @ 2Casa

        Bin depuis les années télévision, les incitations aux voyages à Ibiza, Louxor, Athènes, les Maldives et autres font mal au citron tellement la publicité nous les a rentrées plus ou moins efficacement à coup d’marteau non ?

        Bon alors maintenant que nous sommes tous, à des degrés divers, bien formatés aux horizons lointains fussent-ils bondés, je trouve un peu duraille de filer un œil malin à la masse dont nous faisons partie, qu’on le veuille ou non. Nous ne sommes plus qu’une masse… éducation de masse, vacances de masse, culture de masse, consommation de masse, l’habitat de masse, etc.

        Tout ceci changera avec tout le reste ; c’est tout l’ensemble qui doit bouger. Pour le moment les vacances vertes sont pour les bourses confortables valeurs sûres, tout comme le bio en ville, idem pour le p’tit coin d’jardin sa poule son hérisson et son crapaud sans oublier le m2 honorable de bout de ciel…

        Bon ben voui voui non je ne suis jamais allée à l’île de Batz ni les îles du Ponant. Mais pour le moment y pas quelqu’un qu’est sur le ch’min de Stevenson non ? C’est celui-là le prochain que je vais faire. J’aime pas les salles de gym… la gym de masse ne me plait pas non plus alors.
        Ben sinon je n’ai jamais pris de vol low cost, il faut dire que je prends l’avion tous les trois ou cinq ans en moyenne alors je peux payer le juste prix. C’est trop ça dites-moi ? D’ici les grandes « mutations », j’ai l’impression que l’option serait l’autorisation de partir en vacances à déposer en Préfecture un mois avant le départ on dirait 🙂

      2. Z’avez un crédit pour la baraque, la bagnole, les études des marmots ? Alors vous êtes piégée Armelle… Tout est bâti de la sorte et avant d’en prendre conscience on est déjà ficelé et doré sur tranche, joli rosbeef !

        Sinon vous auriez le temps.

        Parfois j’envie les gens du voyage, les travellers, l’escargot ! Sans le logement c’est encore 50% du budget qui saute et autant de liberté gagnée…

        Après, on peut toujours, comme moi, faire de nécessité vertu et a posteriori – merci ma conscience ! – se poser en donneur de leçon.

        On peut aussi refuser, quand la chance s’offre, des voyages au loin à budgets pharaoniques au regard du quotidien habituel – trois semaines à Cuba, je l’ai fait, ça fait mal, croyez-le – par principe, par fierté, et s’en construire une petite gloire (encore ici ! 😉 ) c’est tout ce qui reste et pas de souvenirs…

        Tout est dans l’auto-limitation. Vous semblez la mettre en pratique. D’autres non. Peut-être une autorisation en préfecture pour ceux-là s’avèrerait-elle nécessaire ? Un « crédit kilomètres annuels » ? Avec pondération en fonction du mode de locomotion… Le Khmer vert qui sommeille en moi !

        C’est la démesure, encore une fois, qu’il faut bannir. Le « je le vaux bien » et peu importe la planète, peu importe les conditions de vie des autres, peu importe que le système m’ait favorisé quand d’autres crèvent, je le vaux bien après tout puisque je le peux.

        Faudra-t-il que le dernier des trimards renonce à son steak hebdo ou bien peut-on taper ailleurs avant ?

        Les derniers articles de Madeleine Théodore semblent montrer où le gras se trouve. Que faudra-t-il pour que les consciences se réveillent ou que les couilles leur repoussent ?! Des pains jusqu’à plus soif façon « Fight Club » (symboliques ou pas) ? L’appel du héros version « Arès » récemment (à voir absolument, on y va tout droit) ? La pression sociale ne semble pas aller en ce sens, hélas.

        Alors ce sera le mur, pour tout le monde.

        Buvons et dansons sur les ruines de ce monde, nous, petits occidentaux embourgeoisés aveuglés par notre ego, nous le valons bien après tout. https://www.youtube.com/watch?v=QQWbUNFWokE

        Et c’est tout ce que nous valons…

  18. Ah bon ? Que c’était mieux quand le tourisme de masse n’existait pas et que l’on pouvait visiter Pompei quasi seul ?
    Vous vous moquez du monde j’espère ?
    Alors oui plutôt Easy jet que Ryanair, mais de quel droit vous permettez vous d’écrire des inepties pareilles ?
    En attendant, ces compagnies vont continuer à se développer car la demande est là et c’est tant mieux. Vive les voyages et surtout, pour tous !

  19. Low cost = communisme du caca.
    Quant aux soit-disant clients/otages, ils font payer aux autres (personnel, communes et régions qui financent les terminaux lowcost…) ce qu’ils ne payent pas eux-mêmes. Parfois cela se retourne contre eux. Mais même là ils ne font que payer, avec un certain retard ou une certaine avance, ce qu’ils n’ont pas payer ou qu’ils ne paieront pas au niveau des billets. Idem pour les bagages perdus : les malheureux clients paient pour des carences dues à un non-financement des services adéquats.en bref, c’est un monde de gens qui en ne voulant pas payer les choses à leur ‘juste prix »exploitent indirectement des gens qui ne sont payés, tout en se faisant de temps en temps et de manière très aléatoire, exploiter eux-même ; dans une espèce de jeu assez pervers et dont l’effet terminal, c’est le cas de le dire, est malheureusement un communisme du caca (il suffit de se promener quelques minutes dans un terminal low cost pour s’en assurer définitivement).

    1. Bon d’accord, c’est vrai que je n’ai pensé qu’à mon propre cas : celui où on m’invite quelque part en me disant : « Prenez un vol low-cost, ça ne coûte que 50 €, on vous les remboursera ! », et finalement vous vous pointez avec une addition de 150 € : 50 € pour le vol, 50 € parce que (gaspation !) vous aviez une petite valise (voyager avec une valise, c’est vrai que j’exagère !) et 50 € parce que ÉVIDEMMENT c’est l’AUTRE reçu qu’il fallait imprimer.

      Bien sûr, au bout de la quatrième fois, on a compris toutes les arnaques possibles, et à la cinquième, on finit par voyager pas cher, et à la limite on est même content. Si je me souviens bien, on appelle ça le syndrome de Stockholm.

  20. Vivement une « dictature verte » et l’interdiction des vols « low-cost »,
    des bus « Macron », et de toutes ces conneries d’un libéralisme économique débridé qui dégradent les conditions de travail et de rémunération des salariés, qui font des clients des otages du système, et en plus contribuent à mettre en péril l’avenir de la vie sur Terre.

  21. DE JUNIAC – EX-PDG D’AIR FRANCE – VOUS EXPLIQUE TOUT

    Revenant sur son expérience de patron d’Air France, Alexandre de Juniac se met à expliquer les effroyables contraintes auxquelles il est soumis. Sans possibilité d’agir sur le prix du kérosène, ou sur les tarifs des redevances aéroportuaires, sa seule marge de manœuvre, explique-t-il, « c’est le coût du travail ». Tout cela impose, selon lui, de « mettre des limites aux acquis sociaux », d’autant qu’il faut faire face à une concurrence redoutable, avec d’un côté les compagnies low cost et de l’autre les compagnies du Golfe. Ni les unes ni les autres ne sont bridées par le droit social, à l’entendre.

    « Comme le disait mon homologue de Qatar Airways hier à propos de la grève, M. de Juniac, chez nous, ce ne serait pas possible, on les aurait tous envoyés en prison”, raconte-t-il d’une mine gourmande, sous les applaudissements de la salle.

    Au sujet du plan Transform 2015, qu’il a conçu à son arrivé à la tête d’Air France en 2012 et qui portait sur 10 000 suppressions d’emplois il précise qu’il a été au préalable expertisé : «Les meilleurs experts mondiaux sont venus, on a payé tout un tas de cabinets de consultants très cher.»

    Si vous n’avez jamais vu cette exceptionnelle vidéo (20 min) : https://www.youtube.com/watch?v=b4kKEJ0KgXs&ab_channel=cgtairfrance

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