Voici comment votre monde pourrait prendre fin, par Peter Brannen

Billet invité. Ouvert aux commentaires. Merci à Alexis Toulet pour la traduction.

Dans cet extrait de son livre Fins du Monde (Ends of the World), le journaliste scientifique Peter Brannen étudie les extinctions massives et l’issue catastrophique de l’augmentation des températures pour l’ensemble de la population mondiale.

Les conséquences sur les sociétés humaines d’un réchauffement même en apparence modéré sont souvent gravement sous-estimées.

Original en anglais – Peter Brannen, © The Guardian, 9 septembre 2017

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Feu de forêt, Californie 2014. Le réchauffement climatique devrait augmenter la fréquence des feux de forêts, avertissent les scientifiques

Beaucoup d’entre nous partagent une sourde inquiétude que le monde est en train d’échapper à tout contrôle, que « le centre ne peut tenir » (1) Feux de forêts, tempêtes « du millénaire » et vagues mortelles de chaleur sont devenus des leitmotive des journaux télévisés – tout cela après que la planète se soit réchauffée de même pas 1°C par rapport aux températures préindustrielles. Mais voici ce qui est vraiment effrayant.

Si l’humanité consomme toutes ses réserves de carburants fossiles, le potentiel existe d’un réchauffement de la planète allant jusqu’à 18°C ainsi que d’une élévation du niveau de la mer de plusieurs dizaines de mètres (2) Ce serait un réchauffement d’une plus grande amplitude encore que celle de l’extinction de la fin du Permien (3) Si les pires scénarios se réalisent, le système océan-climat légèrement menaçant d’aujourd’hui apparaîtra bien terne en comparaison. Même un réchauffement d’un quart de ce chiffre ferait apparaître une planète qui n’aurait rien à voir avec celle où les êtres humains ont évolué et où la civilisation a été construite. La dernière fois qu’il faisait 4°C plus chaud, il n’y avait aucune glace ni à un pôle ni à l’autre et la mer était 80 mètres plus haute qu’aujourd’hui.

J’ai rencontré le paléoclimatologue Matthew Huber, de l’Université du New Hampshire, à un dîner près de son campus à Durham. Huber a passé une bonne partie de sa carrière de chercheur à étudier l’environnement de serre chaude dans lequel vivaient les premiers mammifères, et il pense que dans les prochains siècles nous pourrions en revenir au climat de l’Eocène il y a 50 millions d’années, quand des palmiers poussaient en Alaska et des alligators se baignaient au cercle polaire.

Le monde moderne se rapprochera d’un champ de bataille. La fragmentation de l’habitat rendra beaucoup plus difficile de migrer. Mais si nous restons en-dessous de 10°C de réchauffement, au moins il n’y aura pas trop de morts par hyperthermie.

En 2010, Huber et son co-auteur Steven Sherwood publièrent l’un des articles scientifiques les plus inquiétants de mémoire d’homme « Limite à l’adaptation au changement climatique par stress thermique » (An Adaptability Limit to Climate Change Due to Heat Stress) (4).

« Les lézards iront bien, les oiseaux iront bien » dit Huber, remarquant que la vie a prospéré dans des climats plus chauds que même les pires projections du réchauffement climatique anthropique. C’est l’une des raisons de soupçonner que l’effondrement de la civilisation pourrait survenir bien avant que nous n’atteignions une extinction de masse à proprement parler (5). La vie a persisté dans des conditions qui seraient impensables pour une société mondiale en réseau partitionnée par des frontières politiques. Nous nous inquiétons bien sûr tout naturellement du sort de la civilisation, et Huber suggère que, extinction de masse ou pas, c’est notre dépendance incertaine envers une infrastructure vieillissante et inadéquate, le plus inquiétant peut-être : les réseaux électriques, couplée avec les limites de la physiologie humaine, qui pourrait bien faire tomber notre monde.

En 1977, quand l’électricité a été en panne un seul jour d’été à New York, certaines parties de la ville retombèrent en quelque chose ressemblant à un état de nature hobbesien. Des émeutes balayèrent la ville, des milliers de commerces furent détruits par les pillards et des incendiaires allumèrent plus de 1 000 feux.

En 2012, quand la mousson ne s’est pas levée en Inde (elle ne le fera pas du tout dans un monde plus chaud), 670 millions de personnes – c’est-à-dire 10% de la population mondiale – ont perdu l’accès à l’électricité lorsque le réseau fut paralysé par une demande anormalement haute de la part des fermiers luttant pour irriguer leurs champs, tandis que les températures élevées poussaient beaucoup d’Indiens à chercher des climatiseurs avides de kilowatts.

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Inde occidentale, Août 2012. Quand la mousson n’arriva pas, les villageois durent migrer par manque d’eau

« Le problème, c’est que les êtres humains ne peuvent même pas supporter une journée chaude aujourd’hui sans que le réseau électrique ne coupe régulièrement » dit Huber, remarquant que le réseau électrique vieillissant des Etats-Unis est construit avec des composants de bric et de broc que l’on attend parfois plus d’un siècle avant de remplacer. « Pourquoi penser que la situation sera meilleure lorsque la température moyenne l’été sera ce qui aujourd’hui est la plus chaude journée en cinq ans, et les températures les plus chaudes seront absolument sans précédent ici ? C’est pour 2050. »

En 2050, suivant une étude du MIT de 2014, il y aura aussi cinq milliards de personnes vivant dans des régions sous stress hydrique (6).

« Dans environ 30 à 50 ans commenceront les guerres de l’eau » selon Huber.

Dans leur livre Terribles Prédictions (Dire Predictions), Lee Kump et Michael Mann de l’Université de l’Etat de Pennsylvanie décrivent ce qui n’est qu’un exemple de la manière dont sécheresse, augmentation du niveau des mers et surpopulation pourraient se combiner pour faire sauter les rivets de la civilisation.

Des sécheresses de plus en plus sévères en Afrique occidentale susciteront une migration de masse de l’intérieur densément peuplé du Nigeria vers sa mégapole côtière, Lagos. Déjà menacée par l’augmentation du niveau de la mer, Lagos ne pourra pas faire face à cet afflux massif de gens. Les disputes autour des réserves en voie d’épuisement du delta du Niger, combinées avec la corruption d’Etat, s’ajouteront aux facteurs contribuant à une agitation sociale massive.

« Agitation sociale massive » doit ici être compris comme une expression relativement anodine masquant le chaos total submergeant un pays déjà déchiré par la corruption et la violence religieuse.

C’est le scénario du cauchemar en quelque sorte. Aucun des économistes ne modélise ce qui arrive au PIB d’un pays si 10% de la population est constituée de réfugiés vivant dans des camps. Mais regardez le monde réel. Que se passe-t-il si une personne qui travaillait en Chine doit se déplacer au Kazakhstan, et n’y travaille pas ? Dans un modèle économique, ils seraient immédiatement au boulot. Mais dans le monde réel, ils resteront juste là et commenceront à s’énerver. Si des gens n’ont pas de perspective économique et sont déplacés, ils ont tendance à devenir fous et à faire sauter des choses. C’est le genre de monde où les principales institutions, y compris des nations tout entières, voient leur existence menacée par la migration de masse. C’est dans cette direction que je vois les choses évoluer vers le milieu du siècle.

Et ça ne s’améliore pas après 2050. Mais les prédictions de désintégration de la société sont des spéculations sociales et politiques et n’ont rien à voir avec les extinctions de masse. Huber s’intéresse davantage aux limites infranchissables de la biologie. Il veut déterminer quand les êtres humains eux-mêmes commenceront à se désintégrer. Son article de 2010 sur le sujet fut inspiré par une rencontre avec un collègue.

J’ai présenté à une conférence un article sur les températures tropicales dans les époques géologiques passées et Steve Sherwood [climatologue de l’université de Nouvelle-Galles-du-Sud] était dans l’auditoire. Il a écouté ma présentation et a commencé à se poser cette question très simple : « A quel point peut-il faire chaud et humide, avant que des choses commencent à mourir ? ». C’était littéralement juste une question sur l’ordre de grandeur. J’imagine qu’en y pensant il s’est rendu compte qu’il ne connaissait pas la réponse, et n’était pas sûr que qui que ce soit la connaisse… Notre article initialement n’était vraiment pas motivé par le climat futur, parce que quand nous avons commencé nous ne savions pas si un quelconque climat futur réaliste pouvait sortir de cette limite à l’habitabilité. Quand nous avons commencé, c’était « Faut voir. Peut-être il faut aller jusqu’à, disons, 50°C de température moyenne mondiale ». Puis nous avons mouliné toutes sortes de résultats de modèles, et ça nous a plutôt alarmés.

Sherwood et Huber ont calculé leurs seuils de température en faisant intervenir la température au thermomètre-globe mouillé (TTGM) (7) qui mesure en gros de combien vous pouvez vous refroidir à une température donnée. Si l’humidité est élevée par exemple, la sueur et le vent sont moins efficaces pour vous refroidir, et la température au thermomètre-globe mouillé en tient compte.

Si vous regardez un cours de météorologie, pour calculer la TTGM on met un thermomètre en verre dans une chaussette humide serrée et on en enveloppe votre tête. Donc en supposant que cette limite de température s’applique à un être humain, vous êtes en train d’imaginer un vent violent soufflant sur un être humain dénudé, trempé, pas éclairé par le soleil, immobile et ne faisant rien d’autre que son métabolisme de base.

Aujourd’hui, les maximums ordinaires pour la TTGM dans le monde sont entre 26 et 27°C. Une TTGM à partir de 35°C est mortelle pour l’humanité (8) Au-dessus de cette limite, il est impossible aux êtres humains de dissiper indéfiniment la chaleur qu’ils dégagent, et ils meurent d’hyperthermie en quelques heures, aussi fort qu’ils essaient de se refroidir.

Donc nous essayons de faire passer le message que physiologie et adaptation et ce genre de choses n’ont aucune influence sur cette limite. C’est la limite de la cuisson au four. Vous vous cuisez vous-mêmes, très lentement.

Ce qui veut dire que cette limite est probablement bien trop large s’il s’agit de survie humaine.

Quand vous faites un modèle plus réaliste, vous atteignez la limite bien plus tôt, parce que les êtres humains ne sont pas des chaussettes mouillées.

Suivant la modélisation de Huber et Sherwood, un réchauffement de 7°C commencerait à rendre de grandes régions du monde mortellement chaudes pour les mammifères. Que le réchauffement aille plus loin, et des parties vraiment immenses de la planète, aujourd’hui habitées, dépasseraient la une TTGM de 35°C et devraient donc être abandonnées (9) Sinon, leurs habitants mourraient par cuisson, littéralement.

On pense toujours « Bon, ne peut-on pas s’adapter ? » et c’est possible, jusqu’à un certain point. C’est ce qui se passe après dont je parle.

Déjà, dans le monde d’aujourd’hui, réchauffé de moins de 1°C par rapport à l’époque préindustrielle, les vagues de chaleur sont devenues plus mortelles. En 2003, deux semaines chaudes tuèrent 30 000 personnes en Europe. On appela ça un événement qui arrive une fois tous les 500 ans. Il arriva à nouveau trois ans plus tard (avec 497 ans d’avance). En 2010, une vague de chaleur tua 15 000 personnes en Russie. En 2015, presque 700 personnes moururent rien qu’à Karachi du fait d’une vague de chaleur qui frappa le Pakistan alors que beaucoup jeûnaient pour le Ramadan. Mais ces épisodes tragiques sont à peine l’ombre de ce qui est prévu.

A moyen terme – 2050 ou 2070 – le Midwest américain sera parmi les plus frappés. Il y a un panache d’air chaud et humide qui se dirige vers le haut à travers le centre des Etats-Unis durant exactement la bonne saison, et qu’est-ce qu’il est chaud et collant. Ajoutez juste deux ou trois degrés et ça devient vraiment chaud et collant. Nous parlons de seuils. Ce n’est pas une progression en douceur. Qu’un certain chiffre soit dépassé et vous serez vraiment touchés gravement.

La Chine, le Brésil et l’Afrique doivent faire face à des prévisions tout aussi infernales, tandis que le Moyen-Orient déjà étouffant connaît ce que Huber appelle « des problèmes existentiels ». Les premiers signes de cette catastrophe au ralenti sont peut-être familiers aux Européens qui ont du mal à loger les dizaines de milliers de réfugiés à leurs frontières : l’effondrement et la migration de masse de la société syrienne est survenue après une douloureuse sécheresse de quatre ans. D’autres encore ont remarqué que le Hadj, qui amène deux millions de pèlerins à la Mecque chaque année, sera dans quelques petites décennies une obligation religieuse impossible à accomplir à cause des limites du stress thermique dans la région.

Mais dans les pires scénarios d’émission [NdT : de gaz à effet de serre], les vagues de chaleur ne seraient pas simplement une crise de santé publique ni un « multiplicateur de menaces », comme le Pentagone appelle le réchauffement mondial. L’humanité devrait abandonner la plus grande partie de la Terre qu’elle habite aujourd’hui. Dans leur article, Huber et Sherwood écrivent :

Si un réchauffement de 10°C devrait vraiment survenir dans les trois prochains siècles, la zone rendue probablement inhabitable du fait du stress thermique serait bien plus grande que celle touchée par le relèvement du niveau de la mer.

Huber continue :

Demandez à n’importe quel écolier « Que faisaient les mammifères au temps des dinosaures ? », il vous dira qu’ils vivaient sous terre et ne sortaient que la nuit. Pourquoi ? Eh bien, le stress thermique est une explication très simple. Il est intéressant de noter que les oiseaux ont une température interne plus élevée – la nôtre est à 37°C, les oiseaux sont plus proches de 41°C. Il me semble que c’est là une relique évolutive très ancienne. Parce que la température au thermomètre-globe mouillé allait probablement jusqu’à 41°C au Crétacé, pas 37°C.

Au dîner dans le New Hampshire, Huber m’a raconté son « histoire préférée » : la parabole réaliste de l’US Army dite de l’Homme de Pointe Motivé (10). En 1996, un peloton d’infanterie légère passa des jours dans la jungle de Puerto Rico pour s’acclimater à la chaleur et l’humidité étouffantes, surveillant avec soin leurs apports en eau avant de simuler un raid de nuit. Le peloton avait « certains des soldats les plus motivés et les mieux en forme du bataillon ». Quand arriva le soir du raid, le chef de peloton commença à mener ses soldats à travers la jungle, se traçant un chemin à la machette à travers les fourrés. Bientôt abattu par la fatigue, il délégua son commandement à un subordonné. Quand le deuxième soldat s’avéra incapable de mener le peloton assez vite, le chef exigea d’être en tête à nouveau. Mais il se retrouva rapidement hyperthermique et incapable de marcher. Ses hommes durent l’asperger d’eau froide et lui faire des injections intraveineuses. En définitive, quatre soldats durent le porter. Les efforts supplémentaires eurent tôt fait de ronger le peloton tout entier, tous les hommes commençant à souffrir de stress thermique. L’exercice dut être interrompu avant qu’il ne débouche sur un massacre.

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Soldats américains à l’entraînement dans la jungle. La résistance a des limites physiologiques

Je regarde ça et je me dis que même la nuit, même acclimatés, des gens très en forme peuvent se désintégrer tout simplement en un ramassis d’inutiles sur des brancards. Voilà ce que je vois arriver à la société, à des cultures. Si vous voulez savoir comment arrivent les extinctions de masse, voilà comment. Quand les gens parlent de l’extinction de la mégafaune du Pléistocène ou des gens de la culture Clovis, parfois ils font comme si tout cela était mystérieux. Mais c’est arrivé exactement de la même manière. Voilà quelque chose qui abat les plus forts, les plus faibles tentent de colmater la brèche, ils en sont encore moins capables, et le tout s’écroule.

Vous voulez savoir comment les sociétés s’effondrent ? Voilà comment.

Ce qui disparaît quand la température augmente

+0,6°C – Quand les températures commencent à augmenter par rapport au niveau préindustriel, une extinction très large des amphibiens commence.

+1,0°C – Le réchauffement commence à faire fondre les plaques de glace, les populations de krill sont touchées, menaçant la principale source de nourriture des pingouins.

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Manchots empereur en Antarctique

+1,6°C – Environ la moitié de la toundra boisée est perdue, augmentant la pression sur ses habitants tels les élans, lynx et ours bruns.

+2,2°C – Un réchauffement très légèrement supérieur à la limite définie dans l’accord de Paris sur le climat (11) suffit à conduire à l’extinction 25% des grands mammifères d’Afrique.

+2,6°C – Grandes pertes dans les forêts tropicales et les espèces qui y habitent, par exemple orang-outang, paresseux et jaguars.

Supérieur à +4°C – A ces températures, plus de 70% des espèces s’éteindraient, les massifs coralliens mourraient et les déserts s’étendraient dans le monde.

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1 – « The centre cannot hold » extrait du poème The Second Coming de Yeats (1919) décrivant l’atmosphère en Europe juste après la Première Guerre Mondiale – Voir une traduction ici.

2 – Environ 70 mètres en cas de fonte totale des inlandsis de l’Antarctique et du Groenland. Une telle fonte s’étalerait cependant sur plusieurs siècles ou millénaires, à cause de l’inertie thermique de ces masses énormes de glace.

3 – L’extinction de la fin du Permien il y a 252 millions d’années a été la plus grande des cinq extinctions de masse ayant frappé la biosphère, avec la disparition de 80 à 96% des espèces marines et 70% des espèces de vertébrés terrestres. Voir une description ici.

4 – L’article est accessible ici.

5 – La sixième extinction de masse, celle que provoquerait l’être humain, est pour l’essentiel un risque pour l’avenir. Même les actuelles dégradations impressionnantes de la biosphère ne sont que prémices de ce que serait une véritable extinction de masse.

6 – Voir page 24 du document complet (PDF) La population totale sous stress hydrique en 2050 varierait entre 3,5 et 5 milliards suivant les scénarios, dont 3 milliards en stress permanent.

7 – Il s’agit d’un « indice composite de température utilisé pour estimer les effets de la température, de l’humidité, et du rayonnement solaire sur l’homme (…) le seul indice de température ressentie à tenir compte du rayonnement solaire ».

8 – Il est utile de remarquer que les limites de TTGM sont bien plus basses s’agissant des travailleurs, entre 28 et 32,5°C suivant l’intensité et la durée de l’activité. Or, pour qu’une région soit véritablement habitable par l’homme, encore faut-il qu’il soit possible d’y effectuer quelque travail… Voir les normes de santé au travail ici.

9 – Et qu’en serait-il des régions où l’être humain ne pourrait vivre qu’à condition de n’accomplir strictement aucun travail, ou bien seulement des travaux légers et une partie de la journée ? « Vivre » de cette manière a tendance à rendre difficile la simple survie…

10 – Voir la source ici au chapitre 9.

11 – Et dont cet accord définit très peu comment au juste elle pourrait être respectée. La date définie par l’accord pour parvenir à un pic des émissions de gaz à effet de serre – dont il faut espérer que les instances internationales vérifieront bien qu’elle n’est pas dépassée – est « dès que possible ». Une étude parue en juillet 2017 estime à 5% la probabilité de rester en-dessous de cette limite, et arrive plutôt à une « valeur la plus probable » de 3,2°C pour le réchauffement au cours du siècle. Encore cette valeur suppose-t-elle des efforts notables pour limiter les émissions, n’allant cependant pas jusqu’aux mesures véritablement draconiennes indispensables rapidement pour respecter la limite de 2°C. Voir un article sur cette étude ici.

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45 réflexions au sujet de « Voici comment votre monde pourrait prendre fin, par Peter Brannen »

  1. Depuis pas mal d’années j’accueille sur ma ferme des wwoofeurs (volontariat international dans les fermes « organics ») , bref, laissez moi vous raconter l’histoire de Sharon, 54 ans, Australienne, passée par ici en 2014….
    Un matin où elle me demande quoi faire, je lui passe la petite malle où nous rangeons les graines d’une année sur l’autre pour qu’elle y mette un peu de cet ordre qui me manque…et elle fonds en larmes….
    Une fois passé ce moment d’émotion, elle me raconte :
    Ancienne militante écologiste, elle vivait depuis vingt cinq ans dans une petite cabane au fin fond d’une forêt primaire d’australie. Son jardin potager assurait sa subsistance, des lémuriens rarissimes partageaient son quotidien, et une petite communauté alentour respectaient ce monde et son équilibre. Tous les mois, elle partait vendre et acquérir le nécessaire à une cinquantaine de milles de là.
    En 2011, alors qu’elle revient de la ville, elle trouve la route fermée par la police : un feu est en train de porter à 400 degrés tout ce qu’elle aime, toute sa vie.
    3000 personnes sont évacuées par la mer proche, plus de 60 000 hectares brulent, avec sa cabane, ses petites boites bien rangées de graines sélectionnées avec amour pendant 25 ans, elle mettra plusieurs semaine a savoir si ses voisins sont vivants…bref.
    Depuis, grace a un petit pécule de la croix rouge offert à ceux qui ont tout perdu, Sharon est sur la route.
    Elle cherche un lieu pour vivre, avec un rapport post traumatique assez costaud vis à vis du feu… Elle dit : J’ai vécu l’avenir du monde.
    Voilà il me semble que cela illustre bien le texte et le fait que 2050 pour les uns, ça commence aujourd’hui pour les autres…..

  2. Bonsoir,
    Je vais probablement vous décevoir.
    Et alors ? Quelle est l’utilité d’un tel article qui fait suite à tant d’autres ? Que puis-je faire ?
    A mon échelle, je fais ce que je peux. De deux voitures nous sommes passés à une seule. J’utilise au maximum les transports en commun.
    Mes enfants sont éduqués afin qu’ils se préparent à la décroissance à venir, se déplacent à vélo. Que faire d’autre ?
    Lorsque je vois que nos politiques ne prennent aucune mesure contre les constructeurs européens qui ont triché sur le niveau de pollution réel des véhicules, que personne ne parle de la pollution générée par les camions toujours plus nombreux sur nos routes alors que le ferroviaire stagne voire régresse, le quidam que je suis n’a que peu de moyens d’action si ce n’est agir sur ses propres décisions.
    Sincèrement, je n’ai pas envie de déprimer. La crise est multiforme.

    Arrivera ce qu’il arrivera et je pense que l’humanité ne prendra réellement conscience du problème que lorsqu’une très grande catastrophe arrivera dans un pays développé.
    Un cyclone de type IRMA en stationnaire sur la Nouvelle Orléans par exemple durant 3 heures sera malheureusement nécessaire pour éveiller les consciences, en espérant des pertes humaines aussi réduites que possible.
    Tant que cela se passe en Afrique, dans certaines régions de l’Asie, tout le monde s’en fout !
    Allez, sur ce coup de gueule, je vais me coucher !!

    1. Tout à fait d’accord….sauf que ce n’est pas un texte déprimé ! Si vous savez plus ou moins dans quel contexte vous vivez, vous pouvez être heureux, mais si vous l’ignorez totalement et volontairement, vous êtes idiot et ce n’est pas pareil.

    2. Un cyclone de type IRMA en stationnaire sur la Nouvelle Orléans par exemple durant 3 heures sera malheureusement nécessaire pour éveiller les consciences

      Je suppose que c’est du second degré ?
      Katrina c’était y’a seulement 12 ans, déjà oublié ?

      1. Non, je ne l’ai pas oublié et c’est pour cela que j’ai cité à nouveau cette ville.
        Je pense même que Katrina rentrera dans les livres d’histoire comme étant la première catastrophe climatique majeure affectant un pays occidental, une sorte de jour J annonçant le basculement vers un autre monde.
        Tant que ce sera des événements isolés, en des lieux disparates, rien ne bougera.
        A l’opposé, une seconde catastrophe du même type au même endroit fera réfléchir. Du moins je l’espère.
        Tenez, un point qui me révolte …
        Hier, au journal TV était posée la question suivante :
         »Les Antilles seront-elles encore habitables à échéance x années »
        Rien sur le Bangladesh, pas un mot, etc, …
        Mourrez en silence et surtout ne nous importunez pas semble être le message que l’on transmet à ces populations qui subissent de plein fouet notre  »progrès technologique », notre modèle économique et mode de vie.

    3. Que faire d’autre ?

      Ben peut être commencer à mettre à terre le capitalisme, construire le mouvement naissant, puis le suivant.

      C’est plutôt pas mal parti pour cette première journée du 12 septembre.
      Bien sûr, on n’est pas tout à fait à la grève générale avec réquisition, mais on repart des gains/liens accumulés au cours des luttes précédentes.
      La joie et la poésie sont au rendez-vous dans la rue, et ça c’est beau.

    4. Sinon, ça c’est pas mal aussi, en complément :

      À découvrir sur France Culture :

      Paria, marginal ou cynique, le fainéant a toujours suscité autant louanges que dédain ou critiques, jusqu’à Emmanuel Macron. Depuis l’Antiquité, les philosophes font l’éloge de l’oisiveté contre le dogme du travail. Mais pourquoi Sénèque, Rousseau, Lafargue ou Russell défendent-ils la paresse ?

      https://www.franceculture.fr/philosophie/4-bonnes-raisons-philosophiques-detre-faineant

      1. J’ai trop la flemme pour m’intéresser à la paresse .

        Paresse que nous aurions plus grande en esprit que dans le corps , selon mon baron préféré .

    5. Que faire ? Pas grand chose au point de vue individuel c’est certain. Un niveau de responsabilité minimale peut être vécu, et partagé avec ses enfants, mais à lui seul il est largement insuffisant, même s’il était partagé par la majorité de la population ce qui n’est pas le cas.

      Le niveau collectif est indispensable. C’est-à-dire le pouvoir, avant tout politique puisque quoi qu’on en dise c’est bien lui qui commande au pouvoir économique, ne serait-ce qu’en définissant les conditions et le cadre dans lequel celui-ci s’exerce.

      Donc la préparation de forces politiques capables le moment venu de rassembler une majorité de citoyens pour appliquer un programme de salut public. Sur ce point comme sur d’autres.

      Ce que sont et doivent être de telles forces se discute, cela se discute même grandement. Mais il n’y a pas de doute qu’une voie nous éloignant de telles catastrophes voire effondrements sera définie au niveau politique, ou ne le sera pas.

      1. L’œuf ou la poule ?

        Le rassemblement par le parti ( votre exposé) , ou le parti par le rassemblement ?

        Le changement à opérer me semble si  » essentiel » , que , au delà de mon inclination naturelle vers la deuxième voie ( je n’en remettrai pas une couche avec Tolstoï ) , je note qu’elle a des chances de réussite énergique plus fortes , car elle suppose la catalyse des corps , des affects et des éléments du réel au moment où ça devient à la fois trop et suffisant ( le trop selon François Leclerc en quelque sorte ) .

        Je remarque d’ailleurs que tous les partis qui vont plus vite que la marée se cassent la gueule , aussi bien que ceux qui sont à la traîne.

  3. Au passage , et pourvu qu’ils n’affectent que des zones sans âmes , on notera que les ouragans sont plutôt une bénédiction « réparatrice » puisqu’ils transforment de l’énergie calorifique en énergie mécanique .

    Si on avait des éoliennes assez balaises , on pourrait même en tirer de l’énergie électrique .

    Sur la trajectoire que l’on semble accepter , et pour supporter l’augmentation de température , on peut prévoir une course entre augmentation du risque dessiccation et crises cardiaques VS augmentation de la consommation d’électricité via les climatiseurs .

  4. « Demandez à n’importe quel écolier « Que faisaient les mammifères au temps des dinosaures ? », il vous dira qu’ils vivaient sous terre et ne sortaient que la nuit.  »
    Oui, exactement ce que ferons les mammifères que nous sommes. On va changer d’habitat, certains d’entre nous remonterons le plus possible vers les pôles ou chercherons la fraîcheurs des massifs montagneux ou bien aménagerons des lieux souterrains ….Je pense que c’est pas de la science fiction, c’est possible!
    Mais bon tout ceci sera le plus facile à faire si j’ose dire….car le plus dur cela sera de changer de modèle économique pour stopper la dégradation de notre environnement. Il s’agira donc de renverser l’ordre établi et là, cela m’inquiète beaucoup plus….Comment allons nous nous débarrasser du capitalisme et de ces prêtres? Sans cette opération préalable, je vois pas comment plusieurs milliards d’être humains pourront s’en sortir indemne?
    Je crois pas à la fin du monde mais à la fin de CE monde et il faut arrêter l’ angélisme, il y aura des victimes. Chacun d’entre nous peut espérer que cela sera le voisin ou les enfants du voisin mais soyons lucide nous sommes tous menacé. Avez vous vu comment un cyclone a transformé en 24 h une île paradisiaque civilisé en enfer? Nous sommes des mammifères, nos instincts primaires sont puissants et même si la « civilisation » vous donne l’illusion qu’on est supérieur, n’en croyez rien! Nous sommes peut être la forme de vie la plus intelligente qu’a connu notre planète mais nous avons aussi nos fragilités. Seront elles plus fortes que notre intelligence? Je ne sais pas. Mais malgré ce que nous sommes, il faut continuer à espérer.

    1. « il faut arrêter l’ angélisme, il y aura des victimes »… Affirmer qu’il n’y aurait pas de victime ne saurait être de l’angélisme, mais c’est la nature de notre intelligence moderne de jouer l’optimisme en dépit de toutes ces vérités scientifiques et les réalités sociales si cela favorise la satisfaction de nos intérêts égoïstes immédiats pour la victoire individuelle à court-terme qui compte seule, celle qui fait que chaque jour des millions d’élèves font leur apprentissage de nos valeurs à l’école et devant les écrans, favorisant l’accélération de notre déchéance. Comment pourraient-ils s’y retrouver avec tant de double discours dans leur apprentissage (capitalisme vert et autres joyeusetés néfastes à leur développement intellectuel).

       » la forme de vie la plus intelligente qu’a connu notre planète »… A un tel niveau d’intelligence s’agit-il de lucidité ou d’aveuglement? Ne peut-on pas redescendre un peu de notre piédestal quand s’annonce une extinction massive des espèces du fait de notre calcul égoïste? Si l’intelligence consiste à survivre nous avons un long apprentissage à faire qui devrait même rallonger considérablement la durée de nos études, nous sommes très longs à devenir indépendants vis-à-vis de nos géniteurs par rapport à d’autres espèces, et cela nous amène pourtant à toujours plus de repli sur soi, à charge pour nous de renverser la tendance pour faire de l’école autre chose que cette course à l’employabilité désuète pour que le destin ne soit pas un enfer, mais il n’en sera probablement jamais rien. Les générations futures qui n’auront pas non plus choisi de venir au monde, se trouvant en plein cataclysme, ne pourront faire autre chose que subvenir à leurs besoins à la manière dont cela sera encore possible avec le goût amer de la post-modernité qui leur laissera penser que le paradis était ici, maintenant disparu, et que rien ne permettra d’y revenir. C’est pour cela que les scientifiques ont une délicate mission, car annoncer qu’il est déjà trop tard pour la survie, trop tard pour sauver l’apparence que nous donnions à notre humanité, peut être lourd de conséquences. A moins que ce ne soit le meilleur moyen de changer de voie?

      1. En fait c’est exact que c’est bien de l’angélisme (sens courant, dépréciatif). Pour d’autres la réalité est connue mais là n’est pas le critère majeur de leurs décisions. Savent-ils ce qu’il leur restera, eux qui écoutent avec tant d’attention les prévisions économiques? Difficile d’évaluer la part de la population mondiale consciente de cette réalité du temps alloué dépassé, encore faut-il déjà avoir cette possibilité de se projeter.

      1. Pas tout à fait. C’est plus complexe :

        – La population humaine était d’au moins un milliard d’habitants en 1830, bien avant que les énergies fossiles ne soient largement utilisées

        – L’espérance de vie à la naissance était de 40 ans au milieu du XIXème siècle. De plus, une bonne partie de la surmortalité était la mortalité périnatale, qui ne coûte pas grand chose à réduire du point de vue énergétique

        – Même sans aucune énergie fossile, certaines énergies renouvelables resteraient accessibles au minimum à niveau basique, je pense à l’hydraulique, à l’éolien et au solaire à concentration. Et peut-être le nucléaire et des énergies renouvelables plus complexes comme le solaire photovoltaïque, à condition que la fabrication des pièces nécessaires puisse continuer avec des agrocarburants. Ces énergies pourraient permettre de conserver une certaine industrie, à condition bien sûr que les métaux soient recyclés – les gisements à l’exploitation la plus facile sont déjà épuisés

        – Enfin, ce n’est pas seulement par utilisation d’intrants que les rendements agricoles ont explosé au XXème siècle. Les principes de culture sont bien mieux connus aujourd’hui, et des rendements importants peuvent être obtenus en permaculture. Voir par exemple http://www.lefigaro.fr/sciences/2016/04/14/01008-20160414ARTFIG00013–la-ferme-du-bec-hellouin-permaculture-rime-avec-rendement.php

        Donc un monde sans énergie fossile et sans progrès technique par rapport au niveau déjà atteint… pourrait être peuplé de plusieurs milliards de personnes, et qui vivent sans faire s’effondrer la nature autour d’eux.

        Le problème, c’est que ce n’est pas le seul scénario possible, et pas non plus celui vers lequel nous nous dirigeons. Il existe des scénarios plus positifs d’ailleurs – je pense au niveau technique – mais nous y allons encore moins.

  5. Si le maître de maison le permet, je vais me faire (un peu) l’avocat du diable: les événements extrêmes étant peu courants, sont très peu documentés. En plus quand se présentait un cyclone du genre Harvey ou Irma, on ne se précipitait pas dans le bateaux pour l’aller observer de plus près.
    – Du 9 au 22 octobre 1780, un ouragan qui serait classé catégorie 5 aujourd’hui a suivi grosso modo la trajectoire de Irma (zones touchées: États-Unis, Floride, République dominicaine, Porto Rico, Bermudes, Hispaniola, Petites Antilles). Bilan : + de 20 000 morts, des vents de + de 300 km/h (https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Ouragan_de_1780)
    – Au XVIII ème siècle, la ville de Saint-Jean-de-Luz a été martyrisée par les tempêtes [1707, 1749 (200 maisons rasées), 1782, le quartier de La Barre qui disparaît] la différence entre le trait de côte de 1725 et l’actuel, stabilisé en 1898 montre que la ville, à abandonné à la mer une bonne moitié de sa superficie,
    comme le montre un panneau d’information de la municipalité visible devant la plage (http://www.francebalade.com/paysbasque/stjeanluz.htm). Les épisodes extrêmes par leur violence n’ont donc rien de nouveau. D’aucuns qualifieraient malicieusement ces événements – n’étaient leur caractère tragique de conséquences du réchauffement sans précédent avant le réchauffement sans précédent. Ce qui change, en revanche, et accroît assez considérablement leurs conséquences, c’est l’exposition au risque qui a considérablement augmenté avec le bétonnage anarchique des côtes (Miami, comme il a déjà été mentionné sur ce blog, ou bien, chez nous, l’immeuble de Souillac construit sur la plage à 200 m de la mer il y a 40 ans, et maintenant abandonné pour cause de pieds dans l’eau. Dans le genre irresponsable …

    1. Vous avez tout à fait raison.

      Le problème c’est que des événements qui autrefois étaient extrêmes et aussi extrêmement rares… deviennent plus courants.

      Aucun événement _particulier_ ne peut être attribué au réchauffement climatique. On ne peut pas affirmer « sans le réchauffement, il n’y aurait pas eu Irma ». En revanche, l’augmentation de fréquence qui se dessine lui est attribuable oui.

  6. Qu’importe le scénario, les riches auront la vie éternelle format transhumanisme à température étendue et les autres crèveront avec un intermède nucléaire pour faire bonne figure.
    L’univers d’un riche s’arrête à la hauteur de sa fortune pécuniaire et de tous les moyens pour l’augmenter. Le reste n’est que babiole.
    La question non résolue, notre petit espoir, c’est comment faire passer l’info au plus grand nombre, trouver la backdoor du cerveau reptilien.
    Le temps presse, les publicitaires ont plusieurs longueurs d’avance. En cas de victoire, ils nous vendront la mort en duo pack avec 40% de rabais.

  7. Il y aura beaucoup de morts. Presque tous nous savons ce qui va arriver, et nous savons aussi qu’il n’y a plus rien à faire. Il est bien normal que ceux qui vont mourir profitent du confort de la civilisation techno-industrielle aussi longtemps que possible.

    1. Confort de la civilisation, c’est beaucoup dire.
      Les frottements entre le moi et le sur-moi peuvent être aussi source de créativité intense, d’étincelles, avant l’engloutissement (il y a du tragique c’est un fait).
      Comme il est dit parfois non sans ironie : changer de lunettes ! Et la poésie vous dira changer d’œil et de regard – trait d’union avec une intériorité haute en couleurs par exemple, mais à coup sûr la poésie est toujours garante d’une véritable aventure ne serait qu’avec un jeu de mot à contre-temps. Pas une aventure pur sucre pur miel évidemment.
      D’accord, il faut aussi apprendre à décoller d’Internet, de la culture de masse, de la servitude volontaire, mais on sait pas faire ça ? Allons, franchement, vous avez oublié l’extraordinaire levier de l’imagination comme quand vous étiez enfant ?

      1. @octobre (13/9 à 21h56) écrit :
        .. »vous avez oublié l’extraordinaire levier de l’imagination comme quand vous étiez enfant ? »
        Et que dire de l’humour ..??
        Évidemment l’humour DOIT être « politiquement correct » , surtout pas comme celui-ci que d’aucuns prétendent discrètement régenter (( en notre nom bien entendu )). Par exemple :
        http://www.humanite.fr/le-parlement-europeen-veut-censurer-une-exposition-de-caricatures-grecques-641982

      2. @Otromeros

        Ça ne m’étonne qu’à moitié cette histoire (de tentative?) de censure.
        Et puis les attentats à Charlie Hebdo c’était déjà un problème d’humour que je sache.
        J’ai grandi avec l’humour fou d’un Franquin, il y avait d’excellents humoristes (je suppose qu’il y en a encore, dans mon pays (Kamagurka, complètement absurde). L’humour belge que je pratique, très caustique, corrosif, beaucoup de gens n’aiment pas (surtout en France) ; ça les met trop mal à l’aise, ils n’aiment pas trop qu’on leur remette les yeux en face des trous.
        Quand j’ai lu que Macron parlait des fainéants à Athènes (explication de son staff : c’est la liberté d’expression), alors que la presse allemande s’est déchaînée il n’y a pas si longtemps sur les PIGS, je me suis dit qu’il ne manquait pas de culot.
        J’aurais mieux fait de m’écrouler de rire.
        Ce qui est en revanche vrai, c’est qu’avec l’ordo-libéralisme et son politiquement correct, c’est fini de rigoler.
        TRA_VAIL!!

  8. « En 2003, deux semaines chaudes tuèrent 30 000 personnes en Europe. On appela ça un événement qui arrive une fois tous les 500 ans. Il arriva à nouveau trois ans plus tard (avec 497 ans d’avance). En 2010, une vague de chaleur tua 15 000 personnes en Russie. En 2015, presque 700 personnes moururent rien qu’à Karachi du fait d’une vague de chaleur qui frappa le Pakistan alors que beaucoup jeûnaient pour le Ramadan »

    Ces événements ont toujours existé au cours du temps.
    Pour info, quelques chiffres de canicules passées (40 000 morts à Paris en 1911, quand même!), pour le XXème siècle:

    Paris juillet 1911 : canicule et sécheresse (40’000 morts) . Pendant 10 jours à fin juillet : 30°, 34°, 36,6 et 37,5°. Du 8 au 14 août : 35° à 37,7. Du 1er au 12 septembre : de 30° à 35,6°.

    ‣ Lyon 1947, fin juillet : une semaine entre 32° et 39,5°. Août 1947 : 39,5° le 2 et 35,2° le 20. Du 10 au 19 septembre : de 30,7 à 32°. Le record absolu pour Lyon est de 39,8° le 22 juillet 1983.

    ‣ Lyon 1949, dernière semaine de juillet : de 30 à 35°. 1er août, 35,6 ; 2 août : 34,7° ; 7 août : 35° ; 8 août : 37,7° ; 22 : 33,2° ; 31 : 31,8°. 1ère semaine de septembre : de 30,8° à 35,8. 23 et 24 septembre : 31,3 et 30,1°.

    ‣ Lyon 1976 : 6 mois de sécheresse, la pire du siècle. Du 19 au 30 juin, 30 à 34°. 33-34° atteints plusieurs fois en juillet.

    ‣ Lyon 1983, 15 au 30 juillet : de 30° à 39,8° (7 jours au-dessus de 35°).

    1. Sans parler de la grande glaciation planétaire qui a fait de notre petite bille bleu une magnifique boule de neige/glace bien blanche il y a 650 millions d’années ! Pfffuuuuoooouuuu ça devait cailler hein ?

      https://www.youtube.com/watch?v=7t6Jrql3TMk

      Moi je dis, quand même deux boules vanilles dans le ciel avec le couple Terre/Lune ça devait claquer non ? Où a-t-on bien pu mettre le cornet ?

  9. Tant que nous aurons le blog de Paul Jorion, nous n’aurons rien à craindre !!!
    Je rappelle que Paul Jorion nous a donné tous les outils nécessaires pour nous en sortir.

    Mille fois merci Monsieur Jorion !

    1. Quand on veut se servir d’outils , il vaut mieux ne pas picoler .

      A copier mille fois , au recto de la page à Clo Clo qui n’a jamais fait sa punition .

      1. Ce qu’il y a de génial avec l’ironie, c’est que les personnes avec le plus faible QI tombent toujours dans le panneau…

      2. Ah, aurions-nous là la première intervention sur le blog d’un ex candidat à la présidentielle ? En l’occurrence et qui plus est de l’auto-désigné « dernier socialiste en campagne pour la présidentielle » ?

      3. @Vigneron :

        Entre vignerons vous devriez arriver à vous comprendre , mais je crains que pas mal d’autres aient renoncé à traduire Gérard Schivari ( ou Jean Lassalle) .

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