Ajustement du marché du travail, libéralisme, par Jean-Baptiste Auxiètre

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

On parle en France d’inadaptabilité, du manque de formation, de manque de mobilité des employés potentiels. Les employeurs demandent à la fois des allègements de charges et qu’on (l’État) leur fournisse des bataillons d’employés bien formés, disponibles et mobiles.

Ces mêmes employeurs se revendiquent en permanence de la loi de l’offre et de la demande pour pouvoir vendre ou acheter mais curieusement surtout pas en ce qui concerne l’offre d’emploi. Là où le rôle de l’État est en permanence critiqué dans son interventionnisme, dans les normes et les règles, l’État est par contre appelé à la rescousse pour trouver, former et mettre à disposition des employés – quitte à les punir. Il y a là pour le moins une schizophrénie dans le fait de croire à la loi de l’offre et de la demande et de ne pas proposer des salaires supérieurs qui permettraient évidemment de trouver plus de volontaires et mieux formés. Il va de soi que les gens se forment mieux quand on leur propose ensuite une vie plus confortable. On ne peut pas d’un côté se prévaloir d’un modèle libéral et de l’autre côté proposer de forcer les gens à prendre un emploi de la manière dont on le ferait sous un régime communiste autoritaire.

Mais peut-être ne croient-ils pas eux-mêmes à ce qu’ils préconisent et sont en permanence dans la mauvaise foi, suivant qu’ils soient dans un cas acheteurs, et dans l’autre, vendeurs, et de se montrer partisans dans chaque cas de figure du système le plus autoritaire qui soit mais qui les avantage alors, eux, mais surtout pas les autres.

Quoi qu’il en soit, il est alors exclu de parler décemment de flemmards, de fainéants et autres, puisque dans un système libéral, ce sont bien la liberté et le prix, le montant du salaire, qui incitent à travailler, acheter ou vendre, avec la liberté pour chacun de le faire – et dans les mêmes conditions pour tous.

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49 réflexions au sujet de « Ajustement du marché du travail, libéralisme, par Jean-Baptiste Auxiètre »

  1. Ce qui est bon pour un milliardaire au sommet de la chaîne capitaliste est très, très mauvais pour tout ce qui vit.
    Les mantras et autres liturgies des apôtres de la religion féroces combinés avec le consumérisme sont la drogue la plus aboutie pour liquider l’humanité de la surface de la terre.

  2. Il s’agit bien d’un jeu de dupe! Et le cynisme est assourdissant! Quand Macron parle des gens qui viennent « foutre le bordel » au lieu d’aller chercher du travail, il sait très bien qu’il n’y en a pas. Sinon, pourquoi baisser les charges des entreprises pour qu’elles embauchent? pourquoi demander aux patrons de créer des emplois?
    oui, il y a des postes qui ne sont pas pourvus. La question est pourquoi? Les formations? Elles aussi bidons pour la plupart. Mais tout n’est pas perdu pour tout le monde. C’est très rentable de créer une entreprise de formation bidon. Pourquoi ne pas profiter de cette manne prévue pour la formation? Comme Pôle emploi n’est pas très regardant, ça paye!
    Il existe même des sites internet pour vous mettre en garde:
    http://www.charlatans.info/formations.shtml
    Je ne comprends pas comment les gens ne réagissent pas plus, que ce soit en France, en Allemagne ou en Belgique?
    C’est triste!

  3. Ces mêmes employeurs se revendiquent en permanence de la loi de l’offre et de la demande pour pouvoir vendre ou acheter mais curieusement surtout pas en ce qui concerne l’offre d’emploi.

    Ohhh faudrait pas leur dire ça deux fois.
    Un peu qu’ils en voudraient bien de la loi de l’offre et de la demande pour le marché du travail…
    On commence par plus de Smic ?

      1. Pas que j’aime donner raison à Homer mais pour le salaire minimum en Allemagne, c’est déjà daté :

        https://www.connexion-emploi.com/fr/a/revalorisation-du-salaire-minimum-legal-en-allemagne-en-2017

        Mais pas sûr que le salaire zéro soit très bon non plus :

        « On appelle d’ailleurs « sophisme de composition » cette erreur intellectuelle qui consiste à étendre à la macroéconomie des énoncés valides pour la microéconomie, comme si la première n’était que l’extension « à l’identique » et à plus grande échelle de la seconde. En fait il n’en est rien, et il suffit pour s’en rendre compte d’imaginer la généralisation de ce rêve patronal — donc microéconomique — par excellence : le salaire zéro.

        Sans doute faut-il solliciter rudement l’imagination pour se figurer des salariés travaillant effectivement quoique renonçant à tout salaire. Mais l’expérience de pensée a précisément cette vertu de permettre la démonstration par l’absurde. La composition des zéro-salaires microéconomiques produisant zéro revenu disponible à l’échelle macroéconomique, il n’y a plus aucune demande solvable des ménages adressée aux entreprises… Problème de coordination typique, où chaque entreprise désirerait en fait se réserver le privilège du salaire zéro en laissant à toutes les autres le soin de contribuer à former de la demande solvable. L’inconvénient étant bien sûr que, chaque entreprise faisant par devers soi le même raisonnement, toutes se défaussent et, par-là même, produisent collectivement leur impasse. Où l’on découvre que la macroéconomie n’est pas simplement de la microéconomie augmentée. »

        https://blog.mondediplo.net/2017-10-03-Le-service-de-la-classe

  4. La loi de l’offre et de la demande ne peut évidemment pas fonctionner dans le cadre du marché de l’emploi puisqu’elle n’y est pas correctement énoncée.

    Alors que sur n’importe quel marché l’offre désigne l’ensemble des ventes potentielles et la demande celui des achats potentiels, ce n’est pas le cas sur le marché de l’emploi. On dit au contraire que les employeurs, pourtant acheteurs de force de travail, émettent des « offres d’emploi » tandis que les actifs inoccupés, vendeurs de leur force de travail, sont nommés « demandeurs d’emploi ».

    La question qui se pose dès lors, c’est pourquoi cette curieuse inversion sur ce marché en particulier. J’ai pour cette question au moins deux pistes de réponses à proposer.

    Premièrement, la loi de l’offre et de la demande propose d’expliquer les variations de prix des marchandises, ce qui signifie pour le marché du travail la variation des salaires. Inverser l’offre et la demande permet ainsi de rendre illisible le mécanisme de déflation salariale que suppose une politique du plein emploi poursuivie aussi bien par les gouvernements de droite que de gauche depuis des décennies, et souhaitée même jusque dans les rangs des soit-disant anticapitalistes du NPA.

    Deuxièmement, depuis l’énonciation de la loi des débouchés par J.B. Say, même des gens aussi respectables que l’ami de ce blog Jacques Attali, et avec lui tout le consensus des économistes ultralibéraux, considèrent que « l’offre fait la demande ». L’inversion propre au marché du travail devient alors sous ce motif l’expression d’un rapport de domination sociale: Celui qui gère l’offre contrôle le marché, or il faut bien admettre qu’en l’état actuel des choses, ce sont bien les employeurs qui font plus ou moins la pluie et le beau temps en matière d’emploi, d’autant mieux que les salariés semblent de plus en plus incapables de s’organiser collectivement pour emporter ce rapport de forces pourtant largement favorable sur le papier.

    Je ne résiste du coup pas à vous renvoyer une fois de plus vers cet excellent texte nous expliquant pourquoi la question du chômage est « une histoire d’ogre pour faire peur ».

  5. Pourquoi nier l’évidence ? Toute cette logique de classe, cette histoire de loi de l’offre et de la demande biaisée, bourgeoise, petite bourgeoise, prolétarienne,…tout ça est mort et enterré. Pourquoi nier l’évidence ? Et comment discuter avec des personnes qui nient l’évidence ?

    Ce blog est infecté de considérations de classe, c’est insupportable !

  6. Je connais très mal le monde ouvrier, je m’abstiens donc de parler en ce qui concerne le chômage et le mal de vivre de cette population-là. Mais il y a un problème de formation professionnelle en France, c’est évident. On propose aux jeunes des études supérieures pour lesquelles il n’y a pas de débouchés, ou très peu. La liberté de faire des études selon son choix, on ne l’a plus sur le marché du travail. Les études sup. arrangent le gouvernement, car un étudiant n’est pas comptabilisé comme chômeur.
    La formation pratique via l’apprentissage (voir l’Allemagne) doit être davantage soutenue et élargie. L’individu pourra toujours reprendre des études ensuite. J’ai parlé récemment à un enseignant à l’école « Arts et Métiers »: de nombreux jeunes suivent une formation d’ingénieur en alternance, tout en restant employé par leur société. Cette formule a du succès.
    L’emploi est un immens chantier, le blog de Paul Jorion a déjà abordé ce sujet à multiples reprises. Le problème c’est que le gouvernement francais, influencé par des lobbys, n’a toujours rien compris (ou ne veut pas comprendre): les recettes et remèdes antiques sont aujourd’hui inefficaces. Et le patronat défend strictement ses intérêts, ses profits, on a pas besoin Mélenchon pour le savoir.

    1. Concernant l’apprentissage,y’a du vrai.
      L’Education Nationale n’a eu de cesse que de saboter l’Apprentissage Professionnel depuis très longtemps et encore maintenant. Je crois que l’AFPA est passé prêt d’une prise de contrôle. Mais nuance, A.P. à la française. Car il n’y a rien de commun entre un apprenti allemand et son équivalent français.

      AFPA : Association pour la Formation Professionnelle des Adultes. Je suis preneur d’infos actuelles sur cette institution admirable. Irremplaçable pour récupérer les innombrables ratés de l’E.N.

      1. Pat Attalo

        Continuellement , on nous serine que l’education est insuffisante, qu’il suffirait d’une bonne education pour nous sortir de l’orniere et recreer de l’emploi… Le travail intellectuel, social, de ces elites critiques se borne à cacher la poussiere sous le tapis, pour n’etre pas trop emmerdée… etant donné que cette pseudo-elite est aux responsabilités… même si il s’agit plutot d’une elite aux irresponsabilités.

    2. Oui, au modèle de formation continue de type « Arts et Métiers ». Oui, sur vos remarques en général, et là, il y a un immense chantier. Oui, au fait de pouvoir interrompre un parcours professionnel en cours de carrière, et passer une durée conséquente à un apprentissage professionnel (songez que si on évalue que 85% des métiers qui seront là en 2030, ne sont pas encore créés, il va falloir vraiment changer de paradigme ! (évaluation fournie par un think-tank californien en 2017)) – C’est d’ailleurs une remarque générale qu’on pourrait adresser au rapport présenté précédemment sur le blog. Il faut être capable d’imaginer ce que ça peut signifier d’entreprendre des études à 18 ans par exemple, et de savoir que l’on va devoir travailler jusqu’à 70 ans, en ayant à changer d’emploi une 10ène ou 20ène de fois, avec toutes les transformations qui vont s’opérer entretemps….. Il faut véritablement changer de paradigme !

      1. Un « paradigme » à changer= qu’il y ait du travail.
        Passe que changer 20 fois d’activité entre 18 et 70 ans suppose des périodes d’arrêt non choisies, – un changement de paradigme pour le mot chômage-agréablement occupées à apprendre une nouveau métier…

        Si ça se trouve, à la vitesse où changent les activités calculées d’après vos chiffres ( durée= (70-18)/20), à peine votre cobaye est-il formé que sa formation est obsolète. C’est un nouveau paradigme: une formation continuellement discontinue.

        Je voudrais rester positif et consensuel: ce serait peut-être plus facile si l’âge de la retraite non paradigmatique était portée à 80 ans. A la réflexion, restons calme, ne nous laissons pas dépasser par notre enthousiasme: 80 ça semble excessif, mais 78 ans serait bien, ça facilite les calculs.
        Que ne ferait-on pas pour les calculateurs de nouveau paradigme ?

    3. @Germanicus
      Bonjour,

      Je ne comprends pas bien votre position quand vous écrivez « La liberté de faire des études selon son choix, on ne l’a plus sur le marché du travail ». Les études universitaires ont pour but d’apprendre à penser, le domaine de cet apprentissage est second et n’a rien à voir avec la « compétence professionnelle » telle que définie par les entreprises. C’est aux entreprises à former les citoyens aux techniques qui les intéressent pour un temps, et, dans le cadre de l’obsolescence programmée généralisée, pour en changer ensuite. La culture européenne ne devrait pas céder un seul pouce de terrain sur la nécessité de culture généraliste, la plus poussée possible, pour de tous les citoyens : n’est-ce pas la base même de la démocratie. Revendiquer l’adaptation des formations publiques à l’emploi n’est-ce pas faire « carpette » devant la religion féroce ?
      JLM

  7. Vous avez raison sur le fond : d’abord il faudrait qu’il y ait plus de travail. Maintenant l’idée n’était pas de promouvoir le changement d’activités (la fameuse « mobilité ») ou le report de l’âge de la retraite (bien au contraire !), mais de dire que le diagnostic actuel a cette conséquence, et qu’il faut prendre la bonne mesure pour pouvoir y remédier. Oui, stabiliser le travail, oui, mieux répartir la richesse, pour éviter la fuite en avant d’une dégradation des conditions environnementales et sociales, mais au contraire renverser complètement cette tendance.
    D’autre part, la technologie est là. Là aussi la question est d’essayer d’être lucide et de bien prendre la mesure. Comment donc organiser la société pour que celle-ci soit profitable à tous, plutôt que nuisible. Et consacrer plus de moyens dans l’éducation et la formation paraît quelque chose de plutôt favorable (mais sûrement pas suffisant)…….

    1. C’est cela, exactement. Comme il est agréable d’être compris, réflexion hors sujet certainement mais combien satisfaisante. Je ne pouvais la passer sous silence.

      Et vous avez raison : la technologie (Je change sa présentation ; je dis : la Technologie) est un bienfait pour lequel chaque travailleur devrait s’adapter le plus étroitement possible. On est tous destiné à finir un jour et, d’après Paul, le fait d’en prendre conscience est un drame personnel sinon humain qui explique beaucoup de nos perturbations. Toujours d’après lui, nous ne finirons jamais de prendre le deuil de cette triste réalité et le conclure, sinon par notre fin. Vous voyez où je veux en venir : tant qu’à crever, autant que ce soit par et grâce à la Technologie galopante. Elle nous dépassera toujours. Après tout, notre vie est un long combat, celui qui n’a pas compris que faire alliance avec la Technologie est une augmentation de ses potentialités, que lui reste-il ? Y’en a qui le valent bien. Et il y a les autres. Faut comprendre, et c’est difficultueux, que notre compassion a des limites précises, à peine de nous mettre en danger. Attachons plutôt nos regards et nos pensées aux travailleurs positifs, ceux qui réussissent. Car la robustesse n’a jamais manqué. Bref, hors de la Technologie, point de salut.

      Maintenant, une chose me chiffonne concernant vos si riches réflexions : comment pouvez-vous envisager incidemment une retraite à 70 ans dans un texte, et dans le suivant écrire presque le contraire . Je cite un extrait, en sachant que le symbole […] marque une coupure dans la citation n’altérant pas le sens qui pourrait justifier mon questionnement : « Maintenant l’idée n’était pas de promouvoir […] le report de l’âge de la retraite (bien au contraire !) » Je voudrais souligner le point d’exclamation, comme une affirmation redoublée, afin que nul n’en ignore. Et le « maintenant » est tout aussi lourd de sens. Mais le point en question est plus large : vous devez percevoir, j’en suis sûr, combien l’incidente « bien au contraire !» est troublante dans ce contexte. Ne répondez pas trop vite. Je suis un très récent retraité et ce simple fait doit polariser mon attention dans un sens trop étroit. Polarisation au sens optique s’entend, comme si les faisceaux dispersés de mon attention venaient presque en opposition de phases, d’où l’extinction. Une faiblesse, je le sais que trop. On a toujours trop tendance à ramener des questions d’ordre général à de petits détails perso, au fond sans importance. A cet âge, l’exaltation a ses limites. Vous me pardonnerez, je l’espère.

      Merci pour ces échanges.
      Cordialement.

      1. Bonjour,
        Désolé si j’ai laissé entendre que 1/ il faut envisager la retraite à 70 ans, 2/ que la technologie est inéluctable et que l’homme doit s’y adapter. Je vais donc essayer de préciser ma pensée :
        1/ Sur ce point je pense tout le contraire, et je voulais faire un constat, et en particulier dénoncer le fait que les « réformes » actuelles vont nous y mener sournoisement. Vous témoignez implicitement de votre situation, et certainement observez vous autour de vous, chez les plus jeunes, que la trajectoire ne va pas en s’améliorant, s’y on ne s’y oppose pas résolument. Moi aussi je pense à mon cas personnel, et je ne vous dis pas…Quant aux jeunes générations, qui ont déjà du mal à entrer sur le « marché du travail », ça n’a pas l’air d’aller mieux. Et quand on fait une enquête d’opinion autour de soi, on a l’impression qu’un grand nombre semble s’y être résigné (j’aimerais me tromper). Contre cela, il faut se battre.
        2/ Technologie : ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas contre la technologie qu’il faut se battre, mais pour que les moyens (qui théoriquement doivent permettre d’augmenter la richesse collective) profitent à tous et non le contraire. Et bien sûr, je vous suis tout à fait : ce n’est pas à l’homme de s’adapter à la technique, mais à la technique de s’adapter à l’homme. Il s’agit donc de pointer du doigt qu’il y a là un enjeu éminemment politique (cf. la proposition de « taxe robot », par exemple). Bien à vous.

  8. Définition:
    Paradigme : nom masculin issu du grec (gros succès, et donc, déjà épuisé) , n’ayant rien à voir avec la terre promise des Pygmées (ben oui quoi, y a pas de y!).
    Qu’en voilà un mot à la mode, tellement convivial, et tout et tout…
    Oh oui, finissons en avec ce foutu Paradigme…
    Fonçons vers l’Enfergme!
    Pfff… Pas pu m’empêcher…
    Eric.

  9. Je lance une question. La doxa (pilotée par le MEDEF et ses affidés) pointent « le coût du travail » comme l’ennemi principal et la solution à tous les problèmes (compétitivité, productivité (mais surtout beaucoup plus de profits à l’horizon…)). Mais peut-être qu’il serait intéressant de réfléchir un peu plus au « coût du chômage » (et de l’inactivité subie, partielle ou totale). Alors, il y a évidement les « coûts directs » (indemnité chômage, RSA, prime d’activité); mais aussi indirects (je pense aux effets différés que sont les moins-perçus pour la retraite et la sécurité sociale), et ceux des aides aux personnes qui se retrouvent de facto démunies (les aides aux logements par exemple). Et surtout, il y a la perte de la richesse produite par ceux qui ne peuvent pas travailler. Enfin, il y les coûts plus « immatériels », des conséquences néfastes sur la santé, ou du mauvais stress et de la souffrance exercée sur les actifs eux-mêmes (plus enclins à faire des heures supplémentaires, ou à accepter des conditions de travail dégradées)… avec un coût social derrière. Et puis, il aurait aussi un « coût keynésien », celui induit par la baisse générale d’activité et de la demande (en particulier des biens et des services de base), qui elle-même entraîne une augmentation du chômage….
    Bref, mesdames et messieurs les économistes, à vos calculettes pour mettre en balance cette prétendue baisse du « coût du travail » avec celle du « coût du chômage »…. Alors combien ?

    1. Excellent questionnement. L’Économie politique est la focale large à utiliser pour tenter de voir et évaluer tous les intrants dans l’économie d’un pays ou d’un groupement humain, mais malheureusement cela est passé de mode, la focale utilisée maintenant vise de manière exclusive tout ce qui a rapport au strict profit matériel immédiat.

    2. @ Emmanuel,

      dans le cadre de ce blog le travail est un apport et non un côut. De plus, il est aussi possible de changer le contexte du travail et ainsi, de transformer les salariés subordonnés en oeuvriers du bien commun.
      JLM

  10. Prendre la moitié des bénéfices des dividendes donner aux actionnaires ( ou mieux prendre l’argent de la spéculation) et Développer des contrats sociaux,
    RNE (remettre la nature en État)
    pour aller laver les berges les forêts et planter des champignons dépolluants sur des terrains critiques.
    Si des gens le font alors que c’est si compliqué et si peu lucratif, imaginez quand une démarche comme celle-là sera appuyer par les institutions.
    Alléééé

    1. Et puis aussi aller dire à tous les agriculteurs qu’il faut qu’il replantent leurs graines Et qu’ils vendent leurs machines pour embaucher des migrants .
      si il y a 500 procès en même temps dans une zone géographique proche c’est la merde pour les lobbys et toute cette foutaise sera remis au grand jour.
      Allééé

  11. Y a personne qui veut faire un Tarot et boire un coup de rouge ?

    La seule formation qui compte, c’est la formation dit « en tortue » si mes souvenirs sont bons, sauf si ceux dans face ont la potion magique, la ça sert à rien en fait.

    Moi j’ai décidé de me déformer totalement, de désapprendre tout et de me mettre tout nu. C’est plus possible de lire à mon avis, tout cela n’a plus franchement d’intérêt. C’est ce que j’en dis hein, ma perception du moment, faudrait qu’on joue en fait. Chat perché ? Ballon prisonnier ? Enfin pour dire, que l’essentiel dans la formation, c’est le jeu, la rencontre, l’échange, sinon ben je me rends bien compte que je suis reparti pour un tour en jetant un oeil par la baie vitrée. Soleil couchant qu’on dit, hop la tête en bas jusqu’à demain matin, ça devrait remettre les idées à l’endroit ou pas. Je vous le dis, un coup de rouge et ça repart, mais une formation de plus, fraaannchement c’est pas nécessaire.

    1. @cloclo,

      depuis quarante ans, la seule création d’emploi c’est l’emploi de ceux qui s’occupent de l’emploi des autres. Alors, je crois bien qu’ouvrir son journal en tortue pour résister à ces formations bidon est une bonne tactique, et je ne parle pas des « stages ».

      Pratiquement, sur le terrain, que pourrions-nous faire ensemble et nous former pour changer les conditions de vie qui nous sont ainsi faites ? A+

      JLM

    2. Trèèèèèèèèèès bon. J’ai à nouveau éclaté de rire.
      Qu’est-ce que je me marre, à fond la caisse!!!!!! d’un bout à l’autre.
      Et j’ai pas l’habitude de doubler ou plus les lettres ou signes, c’est dire… Vive la défonce!
      Moi, j’ai pas besoin de gros rouge, j’ai le blog à Paul… tordant. Celui qui n’a pas mal aux flottantes est gros un naze de première.
      Au fond , on peut dire n’importe quoi, vraiment n’importe quoi, pourvu qu’un je ne sais quoi soit respecté. Croyez moi, c’est pas toujours facile. Et je dis ça en liaison avec la prose si coulante de Timiota que j’envie pour sa clarté.
      Au second fond, Todd a raison. C’en est la preuve, si vous n’avez pas au moins souri…

      Pour être enfin sérieux, un petit Meena Cryle de derrrière les fagots:
      https://www.youtube.com/watch?v=86ktbOgtjBo

      1. Et je dis ça en liaison avec la prose si coulante de Timiota que j’envie pour sa clarté.

        Daniel, Docteur en Ironie Furtive.

      2. A vigneron:
        Contre-sens. Je regretterais que mon appréciation sur Timiota rendant compte d’un livre de Todd ne soit pas prise à sa juste valeur. Nul n’est parfait. Mais accordez-moi ça: quand les cotes flottantes me font mal à force de rire, je suis sincère.
        Si CloClo a produit un magnifique texte, désopilant, il a eu un précurseur. Des gags sans furtivité.
        En revanche, je confesse que ma remarque sur Todd vous était directement adressée. Car mon exercice visait à illustrer la période pré-Todd. Le vide du n’importe quoi. Il est nécessaire de reconnaître que j’ai été aidé par un complice peu commun…
        Je regrette que vous ne l’ayez pas relevée. Vous vous souviendrez de votre appel à la compréhension de l’essence du phénomène Todd – et donc pré Todd– œuvre d’un historien, qui ne peut-être que vous.
        Vous en avez tous les talents.

      3. Je te concède qu’il y a bien un avant et un après Todd dans l’historiographie mondiale.
        Avant lui on aurait pas pu même imaginer qu’un simple prétendu historien pût déclarer « tout le monde sait maintenant que le libre-échange a abouti à la baisse du niveau de vie ».
        Il l’a fait.
        Le statut d’historien s’en est trouvé transformé.
        Pas en bien.

      4. Lâcheur, j’suis déçu. Un bon mot, mais rien derrière…

        Quand au libre-échange, il a parfaitement raison: le libre échange entre les draps de Manchester et le Porto du Portugal explique 200 ans de sous-développement de cette ex-quasi-colonie.

        En fait tout pays parvenant à une situation hégémonique tend à défendre le libre-échange. Et l’imposer de force, si le rapport (de force) le permet. L’ histoire abonde de tels exemples.
        Qu’est-ce le libre échange? une affaire d’impérialisme.

      5. Mon bon Vigneron, c’est du brutal.

        Pourtant, j’ai défendu en son temps le livre de François Ruffin, Leur Grande Trouille: Journal Intime de Mes « Pulsions protectionnisme ».
        Et ce n’est qu’un exemple, j’ai souvent fait référence au protectionnisme raisonné, surtout pas du tout ou rien.

        Vous ne pouviez l’ignorer.

        Dans un effort de réconciliation, je vous demande de considérer la méthode CloClo avec faveur, peut-être pas jusqu’au coup de rouge… vous savez, modération et tout ça. Et si le rire ne marche pas pour vous, un bon sommeil réparateur devrait aider…

      6. Spéculer en douce , être au four et au moulin pour aboutir au moulin à prières.
        Ah non alors ! Cachez ce saint que je ne saurais voir.
        Il faut dire que parfois la cuvette est pleine de bouillon.

    3. « La seule formation qui compte, c’est la formation dit « en tortue » si mes souvenirs sont bons, sauf si ceux dans face ont la potion magique, la ça sert à rien en fait. »

      « Moi j’ai décidé de me déformer totalement, de désapprendre tout et de me mettre tout nu. C’est plus possible de lire à mon avis, tout cela n’a plus franchement d’intérêt. C’est ce que j’en dis hein, ma perception du moment, faudrait qu’on joue en fait. Chat perché ? Ballon prisonnier ? Enfin pour dire, que l’essentiel dans la formation, c’est le jeu, la rencontre, l’échange, sinon ben je me rends bien compte que je suis reparti pour un tour en jetant un oeil par la baie vitrée. Soleil couchant qu’on dit, hop la tête en bas jusqu’à demain matin, ça devrait remettre les idées à l’endroit ou pas. »

      Yep, cool, entièrement d’accord cloclo, you’re right !
      Vive la potion magique. 😉

      Aïkidoka : a poil et que vivent les plumes.
      https://www.youtube.com/watch?v=d8mop0VxYFE

      Les formations qui comptent dans la vie d’un être humain :
      NON et non et non, ne laissez jamais mémère-peau de vache ou pépère fouettard, vous débranchez la prise quand vous « surfez sur VOTRE truc en plumes préféré », merde à la fin ! Ou alors débranchez lui tous ses zappareils à cuisine hyper ludiques et joueurs (machine à laver la vaisselle avec pastilles anti-calcaire (feignasse tu peux pas laver à la main comme les sans dents ?) , le frigo (va chasser le bison chez super U comme tout le monde !), le truc en téflon pour faire des gaufres molles comme ses idées et son imagination, etc..; entre autres joyeusetés…youpi) en guise de rétorsion, non mais !!!

      Ou alors, offrez lui un coca et un stage avec son jardinier ou sa jardinière préféré…Consternation et pince à vélo, ben vi…

      Que ma joie demeure !
      https://www.youtube.com/watch?v=k7bdA_WT708

  12. Se polariser sur les milliardaires, les patrons etc… ne me semble pas très utile, quand bien même toutes les critiques et remarques faites à leur encontre seraient justifiées. La dynamique qui s’est emparé du domaine du travail est telle que le patron d’aujourd’hui peut très vite se retrouver dépassé. La dynamique liée au domaine du travail me semble donc le point le plus important. Ce que j’attends de l’état, ce n’est pas une intervention (faire pour nous), mais qu’il joue son rôle d’étayage et de régulation. On saura s’il joue bien ce rôle si nos difficultés d’adaptation sont réduites, si le chômage baisse massivement et rapidement, si nous cessons de nous polariser sur les chiffons rouges des patrons et des milliardaires. Par exemple, sur le travail collaboratif, l’état pourrait très bien mettre à notre disposition des plateformes favorisant le travail coopératif, ce qui éviterait à des Uber ou BlaBla d’emporter le morceau. Plutôt que de mettre des bâtons dans les roues de l’auto-entreprise, il serait sans doute possible d’ajuster leur niveau de cotisation, négocié, pour équilibrer leur statut avec celui des artisans. Des structures comme les coopératives municipales (Jean Zin) pourraient être mises en place. Le travail social pourrait être mutualisé, cela demande quelques dispositions institutionnelles. Toutes ces pistes pourraient être discutées et négociées, il ne s’agit pas d’imposer quoi que ce soit par le haut!

    1. Dans l’état actuel de la réflexion du blog, l’idée prévaut selon laquelle la gratuité de l’essentiel est le seul moyen de corriger l’effet des inégalités de patrimoine sur les inégalités « naturelles individuelles ». Dans cette perspective, la gratuité de l’essentiel reste associée au maintien du lien de subordination dans le travail pour autrui, lequel permettrait d’accéder au superflu selon les capacités de chacun.

      Les Coopératives Municipales de jean Zin sont, bien heureusement, une étape nécessaire de l’émancipation des opprimés, par développement de leur capacité collective, (et non plus individuelle) à auto-instituer la gratuité, plutôt que de la recevoir par la redistribution du profit prélevé sur le revenu des maîtres des Robots.

      La transformation de l’ouvrier subordonné en – oeuvrier du nouveau bien commun- , demande il me semble, parallèlement à l’institution de la gratuité de l’essentiel, l’institution d’espaces concrets, à partir desquels les désemployé des robots, « moins doués par la nature pour l’ingénierie sociale et la programmation des machines », feront collectivement leur apprentissage de leur liberté et de leur créativité. L’organisation du maraîchage collectif dans le cadre de guinguettes sociales autogérées (en dehors donc des nomenklaturas politiques usuelles) est, il me semble, à l’ordre du jour du combat pour la liberté, l’égalité, la fraternité, la gratuité.

      JLM

      1. Ces espaces concrets là , ça ressemble à une version « libre et créative » de la politique de grands « travaux » de Napoléon III .

        Qui nous ont laissé entre autres , un réseau très intéressant de drainage et irrigation , les deux fonctions hélas tout en un , et des présidents , secrétaires et trésoriers d’ASA sous régime impérial .

        Car après tout cette liberté d’association existe déjà , et même les moyens pour qui en a vraiment envie .

        Comme la liberté d’user de sa liberté et de manifester sa créativité .

        Mais apparemment ça ne fait pas une société .

    2. @Michel Martin

      Monsieur Martin,

      Voulez-vous que nous discutions de la gratuité en faisant la différence entre la gratuité instrumentale et la gratuité vraie, (je transpose la distinction d’Aristote entre philia « instrumentale » et philia vraie).

      Je ne sais pas si vous avez pris connaissance de mes dernières interventions sur ce thème dans le blog, et ainsi, puisque que le blog est un fil de l’eau, seule la barque qui y godille s’y oriente encore; personnellement je ne sais même plus dans quels fils se situaient mes interventions depuis à peine trois à quatre semaines.

      Je vous propose de migrer cette discussion sur des eaux plus sereines et attentives, par exemple sur le blog de Pierre Sarton du Jonchay, au niveau de son avant-dernier dernier post ayant pour titre : Quelle causalite entre la valeur et leprix?

      http://pierresartondujonchay.over-blog.com/2017/09/quelle-causalite-entre-la-valeur-et-le-prix.html

      « La valeur donne le sens de la gratuité. La gratuité n’est pas le prix nul en réalité ou l’absence de valeur mais la relation entre les sujets et l’objet du prix qui garantit l’existence libre des personnes même si le prix est quantitativement nul ou négatif. Le gratuit est la valeur garantie pour toute personne indépendamment de la nullité ou de la négativité du prix sous un certain angle de calcul. »

      L’idée essentielle, selon mon point de vue, est que la gratuité par redistribution, reste dans le domaine des rapports de force, nous pouvons élaborer collectivement (une/ des) alternatives sociétales concrètes.

      Bien à vous,
      Jean-Luce Morlie

    3. Bonjour Michel,
      je t’ai recontacté sur le blog de PSDJ, renvoie-moi la référence à ton texte, car l’url n’y était pas.
      Merci A+

  13. Juan, je suis désolé, vous projetez en retournement complet de ma propre conception; je vous propose de lire Bookchin et Jean Zin sur les coopératives municipales, et aussi Castoridis sur l’institution imaginaire de la société.

    1. Castoriadis , c’est déjà fait en partie ( je ne suis pas fétichiste d’auteurs ) , pour le reste je lis Jean -Luce Morlie .

      Si coopérative municipale veut dire commune libre , je n’en vois que les dangers .

      La Commune est une coopérative par essence , et l’échelon communal entre lui même en crise .

      Pas par hasard .

      1. Rebonjour,

        j’ai donné, il ya quelques jours, la référence de travaux d’un sociologue français sur le thème « le socialisme est-il soluble dans le municipalisme ». C’était en réponse à votre position d’expérience sur l’intégrité des municipalistes par rapport à celle des administrés . imaginer la gratuité dans le renouvellement cadre des nomenklatura municipalistes, que peut-on imaginer de pire.

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