L’Europe dans l’impasse néolibérale, par Emmanuel Rousseaux

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Bonjour Paul Jorion,

Merci beaucoup pour votre interview très intéressant de l’Actu Echo du 4 octobre dernier. Il porte sur un sujet hautement important et crucial – l’Europe. Vous sembliez très à l’offensive. Et pour cause, c’est le sujet qui veut ça…. À la fois complexe, clivant et contradictoire. Car on pourrait dire qu’aujourd’hui l’Europe est devenue à la fois le problème et la solution.

Depuis quelques années, la « construction européenne » apporte de plus en plus de contrariétés. D’abord 2005 (c’est devenu trivial de le dire), puis les multiples contradictions mises en évidence depuis la crise de 2008. J’ai revu dernièrement une vidéo télévisée d’Emmanuel Todd en 2013. Déjà ! Et on en est toujours au même point. Pire, il y a eu le Brexit et l’élection de Donald Trump. À quand la prochaine catastrophe ? Dernièrement, l’envolée lyrique d’Emmanuel Macron et sa posture volontariste ne masquent pas une situation très compromise. Le diagnostic probable est que le modèle néolibéral de l’Europe est mort à plus ou moins brève échéance. Le fédéralisme (insidieusement engagé, notamment avec la mise en œuvre de l’euro) pensé comme le propose Daniel Cohn-Bendit (un inspirateur direct d’Emmanuel Macron) est très probablement mort, car malheureusement complètement incarcéré dans un cadre idéologique néolibéral.

Comme vous l’avez bien titré dans le dernier numéro des (P)ièces (J)ointes, nous sommes écartelés entre deux options extrêmes, « l’ultralibéralisme ou le populisme » ; pour le second terme, on pourrait presque le remplacer par « nationalisme ». Ces deux voies sont mortifères – inutile de développer.

Je me permets un petit détour « philosophique ». J’ai le sentiment que la vision « néolibérale » porte en elle-même l’idée, pour dire simple, qu’il faut être affranchi (libéré, dirons certains) de la réalité historique et géographique. D’où une aversion des frontières, la négation d’un certain héritage historique et culturel, le mythe de la table rase, et celui de l’individu « neutre » (par exemple, dans la nov’langue, on ne dit plus immigré ou émigré, on dit « migrant » (peu importe d’où l’on vient et où l’on va – et nous serions tous des migrants). À l’inverse, le « nationalisme » est dans une vision opposée d’une fixité historique et géographique. D’où le discours identitaire (dans la racine du mot, il y a bien celle d’identique). Ces deux voies paraissent erronées. Pour moi, tout le « travail » consisterait plutôt à reconnaître les différents legs de l’histoire et de la géographie, et de les placer dans un processus évolutif, guidés par des choix conscients (vous y verrez certainement un parallèle avec la psychanalyse). En ce sens, j’apprécie le travail d’Emmanuel Todd, qui a mon avis procèderait bien de cette démarche.

Pour revenir à l’Europe, on voit bien que la voie actuelle est vouée à l’échec. Par exemple, cette idéologie « néolibérale » n’arrive pas à intégrer le concept de « peuple », donc de souveraineté, et donc de démocratie. Cela ne pourra pas tenir longtemps.

Notons au passage, que ce modèle néolibéral européen, porteur du libre-échange absolu, est un facteur très aggravant de chômage de masse et de dégradation des conditions sociales (on le voit à l’œuvre) – (au passage, ce point a été parfaitement bien exposé aux Etats-Unis par Bernie Sanders dans son dernier livre, « Notre révolution »). Notons également que l’automatisation va certainement avoir un effet d’accélération du phénomène.

Dans votre interview, il me semble que vous nous mettiez encore une fois en garde contre cette orientation. Depuis le Brexit, et dans la poursuite de la tendance actuelle, une accentuation de la polarisation autour de l’Allemagne semble inéluctable, et définitivement mortifère pour l’idéal européen. On y tend (Alstom en est un symptôme évident…).

Pour éviter un nouveau « collapse », il serait urgent de dégager une autre voie, si ce n’est pas trop tard… !

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59 réflexions au sujet de « L’Europe dans l’impasse néolibérale, par Emmanuel Rousseaux »

  1. Ce soir, sur France Culture, autour de M.Hervé Gardette, il y avait tout un petit aréopage de néolibéraux bien satisfaits d’eux-mêmes qui dictaient la loi et péroraient à tue-tête sur le thème de l’émission mal orthographié :  » Jusqu’où [ne pas ] taxer la fortune ?  » – Une intervenante – entre Ferrari rouge & titrisation – s’est réjouie à grand bruit que le gouvernement Macron ait enfin restauré les privilèges des plus richissimes et de toutes ces dames & de tous ces messieurs. Rendez-vous compte :  » La France était – via l’ISF – dans l’illégalité suprême face à l’Union Européenne !  » / ( No Comment ) – PS : La prochaine révolution sera européenne ou ne sera pas. Sinon, hein, vivement le Frexit !

  2. Assez naïvement pour l’Europe, en comparant aux autres structures fédérales, celle de l’Europe actuelle demande à tous les membres une adhésion béate à l’ectoplasme bruxellois, ectoplasme qui contient des beaux spécimens (Margrete Vestager par exemple), mais ne peut susciter une adhésion « nationale » malgré tout, ou pas dans sa version spatiale étendue.
    J’en suis à me demander si, faute de mieux, fragmenter ouvertement l’Europe en quelques blocs d’au moins trois pays pourrait aider à vivre le supranational sans ce syndrôme de l’adhésion béate. Espagnols, Italiens et maltais par exemple porteraient une voix institutionnelle, etc. Chaque « bloc de taille intermédiaire » connaitrait en interne les règles du jeu (ne concurrence pas mes olives et j’appuierai ta demande sur les quotas de pêche), et en externe, comprendra à quel autre bloc s’adresser pour obtenir les lois souhaitées à l’échelle continentale. Il faut pouvoir incarner (désincarcérer aussi ?) l’hostilité qui est ressentie vis à vis de l’ectoplasme pour qu’il devienne autre chose.
    Pour le contrepoint (Todd dirait mieux …):
    Aux USA, l’agrégation des états n’a pas besoin d’exister officiellement car ils détourent déjà par grands ensembles des réalités bien distinctes et qui connaissent leurs intérêts communs, testés année après année dans une grande redistribution, ce qui est évidemment tout aussi essentiel au désamorçage des forces centrifuges : Californie, nord-est, zone texane, sud-est des états anciennement fédérés, zone centrale de la Corn-belt.

  3. « Pour éviter un nouveau « collapse », il serait urgent de dégager », après la Loi du plus fort, la Voie de l’intelligence, « si ce n’est pas trop tard… ! »

  4. A partir du moment où l’Allemagne ne veut pas changer l’organisation de l’UE/euro, la seule solution, c’est de créer un front suffisamment large et uni pour s’opposer à l’Allemagne et lui imposer ce changement. Malheureusement, lorsqu’on fait le tour des chefs d’état européens, on ne voit pas très bien en quoi ce front pourrait consister…

    1. « On ne voit pas très bien en quoi ce front pourrait consister… »

      La double signifiance

      DÉGAGER, hum, késako ?
      Dégager la première (Loi) : i.e. sortir, se retirer, se libérer de… bref s’affranchir de cette Loi détournée au profit des plus forts.
      Dégager la seconde (Voie) : i.e. délivrer, délier, révéler, bref, émanciper l’intelligence de cette brutalité sémantique obscurcissante.
      Mais comment s’y prendre ? La réponse est-elle à découvrir, ou bien existe-elle depuis longtemps, longtemps ?

      1. « Malgré cela, je pense qu’il serait possible de contraindre l’Allemagne. »

        Je pense justement que ce serait une grossière erreur, les faits l’ont démontré. Malgré un argumentaire construit et un raisonnement étayé et tangible, Y Varoufakis et A Tsipras s’y sont cassé les dents. Car ce n’est pas seulement « l’Allemagne » ou « Berlin », dont W Schaüble était le leader le plus tenace, mais bien tous les pays de l’eurozone et qui étaient du m^me avis; qu’ils ont dû affronter : ça fait du monde.
        http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2015/03/12/grece-vs-eurozone-histoire-secrete-dun-bras-de-fer-1/

        Et c’est là justement où E Macron a ses chances, car d’une part il est apprécié, d’autre part il est apte à faire le job et contrairement à son prédécesseur, il a une réelle volonté politique de faire bouger les lignes et il est de centre gauche. En outre, Me Merkel qui représente la CDU, « a entendu les cloches sonner » lors des dernières élections, donc il lui sera de plus en plus difficile aussi de faire la sourde oreille au mécontentement qui se manifeste, et ce d’autant plus, que ce ne sont pas les « alertes » , montée des extrêmes et autres brexit qui manquent, ces temps ci. Puissent les prises de conscience des dirigeants de l’UE devenir manifestes. Dont acte.

    2. Tous les problèmes n’ont pas de solution.

      Le problème consistant à convaincre ou forcer l’Allemagne à accepter le changement de la gestion de l’euro / de l’organisation de l’UE n’en a fort probablement pas :
      – L’euro tel qu’il est géré correspond aux intérêts allemands, au moins à court / moyen terme – comment « convaincre » dans de telles conditions ? Les Allemands sont des hommes, pas des saints, nous ferions la même chose à leur place
      – « Forcer » l’Allemagne n’est pas possible sans toucher aux traités, ce qui nécessite l’accord de l’Allemagne elle-même

      A partir de là, il n’y a que deux options :
      – Accepter que la politique économique de l’UE, donc de la France, est néolibérale, et en accepter les conséquences
      – Sortir de l’UE, ce qui vu le poids et la position centrale de la France la fera exploser

      L’alternative peut déplaire. Mais la réalité ne se discute guère…

      Dans le premier cas, on admet que la lutte contre les inégalités, ou même la simple lutte pour que les inégalités ne s’aggravent pas, n’est pas et ne sera pas à l’ordre du jour. Et on s’occupe d’autre chose, par exemple de chercher les moyens d’une véritable transition énergétique, de sauvegarder de l’environnement… ce ne sont pas les sujets qui manquent.

      Dans le second cas, on admet que l’UE en tant que projet politique est abandonnée, et que l’action publique à venir sera dans le cadre soit national, soit international (coopération entre pays, qu’ils soient européens ou non d’ailleurs) – mais pas dans un cadre supranational. Et on s’occupe d’autre chose : encore une fois, les sujets cruciaux sont légion.

      Soit dit en passant, le choix a été fait pour les cinq ans à venir, du moins en ce qui concerne la France. Et il est permis de douter qu’un autre pays pourrait à lui seul faire s’écrouler l’UE – le doute existe pour l’Italie, mais pour personne d’autre. La question de savoir s’il faudra maintenir ce choix en 2022, ou le changer, se posera certes, et il n’est pas interdit d’y réfléchir.

      Mais c’est tout même un peu tôt : nous ne connaissons pas encore les résultats de la présidence Macron. Si dans cinq ans la situation du chômage, de la prospérité et des inégalités ne s’est somme toute pas tellement aggravée que ça, le choix sera vite fait. Si dans cinq ans le chômage a encore augmenté de +1,3 million (toutes catégories confondues) comme sous Hollande, si la prospérité est en berne pour la majorité et les inégalités largement aggravées du fait du démontage d’une partie du système social… la question pourra à nouveau être posée.

      1. Je suis d’accord avec vous: tout problème n’a pas de solution.

        Malgré cela, je pense qu’il serait possible de contraindre l’Allemagne. Ne fût-ce qu’en menaçant de sortir. Si l’Espagne, la France et l’Italie disaient ensemble aux allemands: si vous n’acceptez pas de renégocier cette série de points du traité, nous sortons ensemble, cela ferait bouger les lignes.

        Je sais que c’est la stratégie de la France Insoumise. Et qu’il faut bien constater qu’elle n’a pas recueilli suffisamment de votes. Et a fortiori que les citoyens européens, globalement, votent plutôt « à droite ».
        Comme dit souvent Philippe Lamberts, le député européen, le problème principal, ce ne sont pas les institutions européennes (bien qu’il y aurait beaucoup à critiquer), mais ce sont d’abord les résultats des élections: même avec les institutions actuelles, si les forces de gauche étaient majoritaires au parlement européen, cela changerait énormément de choses. Mais ce n’est pas le cas: les électeurs votent globalement à droite.
        Pour moi cela reste un grand mystère (oui j’y vois certaines explications, mais cela me semble faible au vu de l’énormité de la chose…)

      2. @ Mathieu Van Vyve

        S’agissant de la menace de sortir, il suffirait qu’elle provienne de la seule France, qui a le format et la position centrale suffisante pour faire s’écrouler l’UE. La condition « la majorité des Français le veulent » n’est pas réalisée, mais elle est tout de même beaucoup plus réaliste que d’imaginer que trois pays, chacun avec sa situation et ses réflexes particuliers, le décident ensemble – ce qui pour parler franchement ressemble fort à de la politique-fiction.

        Je suis d’accord que cette menace pourrait être lancée, et c’est ce que proposait la F.I. Je ne vois pas comment elle pourrait mener à autre chose qu’à l’explosion de l’UE : l’Allemagne ne « fait pas semblant » de refuser ce qu’on appelle là-bas l’ « union de transfert », c’est une conviction profondément ancrée dans la grande majorité de la population comme de la classe politique. Et l’Allemagne n’est d’ailleurs pas le seul pays dans ce cas, un certain nombre de plus petits expriment le même refus.

        Dans les votes et les préoccupations des citoyens des différents pays de l’UE, comme dans ceux des habitants de tout autre pays, se trouve non seulement des motifs et des raisonnements purement économiques… mais énormément d’autres choses, différentes voire divergentes d’un pays à l’autre. Ce point est crucial.

        Les marxistes et les libéraux ont ce point en commun d’imaginer volontiers que les forces économiques seraient les plus fondamentales, et les plus déterminantes quant aux décisions notamment politiques de tout un chacun. C’est de mon point de vue une erreur qu’ils font en commun. Les motivations des êtres humains, tout comme leurs idées et convictions profondes, ne sont pas seulement, et même pas prioritairement compréhensibles en termes économiques.

        Il ne me semble pas si surprenant que les Allemands et les Français, ou les Espagnols et les Britanniques divergent suffisamment dans leurs motivations et leurs choix politiques pour que toute « convergence des luttes » en soit rendue largement illusoire.

      3. Jacquot.
        « …Les marxistes et les libéraux ont ce point en commun d’imaginer volontiers que les forces économiques seraient les plus fondamentales, et les plus déterminantes quant aux décisions notamment politiques de tout un chacun… »

        les libéraux n’ont pas de doctrine sinon celle qu’un homme est un loup pour l’homme. Pour ce qui concerne les marxistes, dont je suis, n’enterrons pas trop vite leur doctrine. Que disent-ils ?

        La réalité sociale conditionne la conscience.

        Et quelle est cette réalité sociale en Europe de l’ouest ?
        Grosso modo, et malgré le fait que nous soyons sur une pente savonneuse (les réformes libérales de Macron), malgré le fait que nous soyons proche d’une catastrophe financière majeure (attente angoissante), ça roulotte, aussi bien pour le prolétariat que pour la petite bourgeoisie (je ne parle même pas de la bourgeoisie, car pour elle c’est Noël tous les jours). Merci Mario Draghi !

        C’est pourquoi les conditions sociales d’existences d’une grande partie de la population, à Paris, à Berlin, en Catalogne, ne poussent pas leur conscience à former leurs bataillons. De toute façon cette idée saugrenue leur viendrait-elle à l’esprit, qu’on les en dissuaderait bien vite, non pas avec des arguments, mais avec du chantage style: « bon à partir de demain on ferme les banques et on vous asphyxie économiquement ». Les chefs ouvriers corrompus ne manqueraient pas aussi, de nous ressortir leur vieille et mensongère rengaine, du bolchevique le couteau entre les dents, non pas pour découper en petits morceaux le bourgeois, mais bien plutôt pour s’inviter dans votre maison, une fois vous avoir envoyé à trépas.

        Néanmoins il est indiscutable que la crise du capitalisme, cette conscience, les pousse à exprimer un sentiment de défiance vis à vis des gouvernements et des partis politiques. La petite bourgeoisie et le prolétariat, la jeunesse aussi, est mécontente. Ils observent ces peuples européens, médusés, ces représentants politiques, tous convertis à l’ultra libéralisme, tous menteurs comme des arracheurs de dents, lorsqu’il s’agit de promettre qu’après les réformes amères viendra la prospérité. Mais du fait qu’il n’y a pas d’alternative crédible à la toute puissance des banques, ils se retrouvent piégés de par les conditions politiques d’existences.

        Un être humain ne se construit pas, en dehors de l’espace et en dehors du temps une conscience politique.

        Conclusion: c’est la réalité sociale et politique qui nourrit l’intelligence d’un quidam moyen (quidam moyen que je suis), et il se trouve qu’il y a une contradiction qui se creuse régulièrement entre:

        « … L’orientation des masses est déterminée, d’une part, par les conditions objectives du capitalisme pourrissant; d’autre part, par la politique de trahison des vieilles organisations ouvrières. De ces deux facteurs, le facteur décisif est, bien entendu, le premier : les lois de l’histoire sont plus puissantes que les appareils bureaucratiques. … »
        (programme de transition. Trotsky)

        De cette contradiction se construit le mode de pensée dominant, le votre Jacquot, pas le mien, parce que moi je sais que derrière les Martinez et les Puigdemont (des clowns) il y a un bouillonnement, une attente, une richesse morale exceptionnelle, qui ne demande qu’à percer, et qui va percer !

        Avec Marx bientôt on pourra crier: « bien joué la taupe ! « 

      4. On ne se serait pas douter que Eninel était un fervent laudateur de la préparation à l’X (Polytechnique) .

      5. L’euro tel qu’il est géré correspond aux intérêts allemands, au moins à court / moyen terme
        Mouais, depuis 2005 alors pasque jusque là on peut pas dire que c’était le pied en RFA avec l’euro. OK, y’avait encore la facture astronomique des miséreux de l’est à avaler mais kamême, 13% de chômage en 2005, entre 3,4 et 4% de déficit public de 2002 à 2005; pardon, pas jouasse la vieille fille malade de l’Eurozone, y’a 12 ans seulement.
        Et si elle en profite un peu maintenant la vieille, ça durera pas comme les impôts, tout a une fin, et j’vois pas ce qu’elle pourrait faire d’autre que changer de modèle si ça tourne mal, y’a plus de marge dans le sien, peut pas non plus exporter net 8% de son pib éternellement. Sans parler de son Energiewende ruineux et déjà en échec…

      6. « Mais c’est tout même un peu tôt …..la question pourra à nouveau être posée. »

        Exactement, la démocratie , n’est pas un « blanc sein » donné aux élus lors d’un mandat présent ou à venir. Macron est un homme de dialogue, c’est un de ses multiples atouts, qu’on l’apprécie ou pas.

    3. @ Mathieu Van Vyve – Ah, c’est sûr qu’aucun « chef européen  » ne compte rien changer à l’affaire puisqu’ils sont tous d’accord entre eux. Il ne peut y avoir politiquement à l’échelle continentale qu’un Front Social Européen pour bouter hors des instances suprêmes les vieilles marionnettes désarticulées et rabâcheuses de vieilles lunes. La convergence des luttes c’est bien, mais à l’échelle européenne, on attend toujours ! Pas étonnant que face au mur Allemand, les peuples se fractionnent en s’opposant directement à leurs gouvernements complices ; comme aujourd’hui en Catalogne ou en Espagne tandis que les refoulés de l’Histoire reprennent toutes leurs forces à mesure des compromissions de M.Rajoy, ce rouage mécaniste & agressif dans la main de fer Merkelienne. Face à l’impéritie des gouvernements qui se sont succédés depuis M.Zapatéro jusqu’à M.Rajoy, acceptant toutes les bassesses et vilénies de la grosse commission européiste, est-il si incroyable que le peuple Catalan sonne la fin de partie et ait grand plaisir à dire adieu à la vieille monarchie pour enfin passer à la souveraineté Républicaine ? Premier jalon dans sa propre libération, cela devrait sonner aussi comme un énième avertissement aux oreilles pointues de nos chers décideurs élus ou non élus. Nous ne nous reconnaissons plus dans votre usine à gaz producteur de chômage, de régressions institutionnelles et sociales, de misères invisibles, de violences terroristes, d’États d’Urgences éternels saupoudrés de Glyphosate. L’Europe des Yachts et des Titres, c’était donc ça votre beau projet dit  » européen  » ?

      1. Le préalable a eu 60 ans pour accoucher . Le coche est manqué .

        Les acteurs européens n’ont pas envie de jouer la partie . Leurs peuples non plus .

        La main passe à d’autres .

      2. @ Hervé
        « Un préalable pour avancer et construire sinon, on se perd. »

        Je comprends l’idée, mais avec le bénéfice de l’expérience je serais tenté de corriger votre expression en : « Un préalable qui fait reculer et qui bloque, c’est pourquoi l’on se perd ».

        Car expérience il y a. Je me souviens de Jacques Delors admettant en 1992 que le traité de Maastricht n’était certes « pas assez social », mais assurant qu’on se rattraperait ensuite. Je me souviens du PS assurant que le « Oui » au référendum de 2005, cela signifierait davantage d’ « Europe sociale ». Sans compter toutes les élections intermédiaires, où l’ « engagement européen » a été défendu dans les mêmes termes. Nous savons tous que durant ce quart de siècle – eh oui tout ça ne nous rajeunit pas 🙂 ! – c’est le contraire qui s’est produit.

        Je constate que l’idée continue cependant à exister.

        On peut essayer quelque chose et se tromper, ça arrive même souvent. On peut réessayer en imaginant que la prochaine fois sera la bonne. Et encore une fois, allez pourquoi pas. A un moment, il faut quand même reconnaître la réalité, je pense.

        Cela ne signifie pas soit dit en passant qu’il faudrait nécessairement jeter au panier l’Union européenne, entendons-nous bien ! Simplement qu’il faut choisir une chose ou l’autre, admettre une bonne fois pour toutes que la politique économique sera désormais néo-libérale, quel que soit le prix à payer en termes d’inégalités comme de chômage et de prospérité – et on peut d’ailleurs essayer de le réduire, sans garantie de succès certes voir Alexis Tsipras pour les détails – ou bien choisir de sacrifier plutôt l’Union européenne, et tenter alors de réduire les conséquences en termes d’entente entre les peuples en inventant de nouvelles coopérations inter (et non plus supra)nationales – sans garantie de succès non plus d’ailleurs.

        Il n’est pas étonnant que des personnes comme François Fillon ou Emmanuel Macron choisissent la première option. D’autres personnes peuvent faire un choix différent. A ce jour, la majorité des Français suivent les Fillon et les Macron.

      3. @Jacquot :

        Le subtil distinguo entre inter et supra , s’agissant de coopération , ne me semble plus de mise , compte tenu de la taille et de la nature du chantier exposé à la foudre internationale .

  5. « L’Europe dans l’impasse néolibérale »
    Que veut on ?
    « L’Europe sur l’autoroute marxiste » ?
    Les slogans et aveuglements ne mènent à rien.
    Quelques faits:
    1) L’Europe est démocratique car dirigée par des représentants élus selon les lois des peuples (parlement et conseil).
    2) Il se trouve que les peuples votent démocratiquement pour des partis « de droite » (ou définis comme tels sur ce blog).
    3) Aucun état européen n’est de taille à exercer sa souveraineté face aux forces mondiales. L’union fait la force.
    4) La gauche rouspète beaucoup mais propose peu. Quand elle défile, c’est pour plus de pouvoir d’achat (donc plus de capitalisme):
    Le capitalisme libéral est une « saloperie » qui a fait de l’obésité une maladie de pauvres.

    1. @ Hadrien
      « 3) Aucun état européen n’est de taille à exercer sa souveraineté face aux forces mondiales. L’union fait la force. »

      Vous avez tout à fait raison.

      L’Islande certes pourrait apparaître à première vue comme un contre-exemple, puisqu’elle a bien réussi à imposer la protection des intérêts de son peuple face aux forces mondiales, en l’occurrence financières qui cherchaient en 2009 à la forcer à nationaliser les pertes privées au prix d’une explosion de sa dette publique, comme cela s’est pratiqué dans bien d’autres lieux. Ceci avec une population de 330 000 personnes, soit 200 fois moins que la France.

      Mais l’Islande n’est pas entièrement un pays européen, puisque son territoire est à cheval sur le rift de séparation des plaques tectoniques européenne et américaine. Donc ça ne compte pas.

      Aucun Etat européen ne pourrait s’imposer à la hauteur de ce qu’a fait l’Islande, c’est bien démontré.

      1. Les Brits et Bataves créanciers d’Icesave se sont servis sur la bête en Islande, paradis néolibéral s’il en est, ils ont été payés, plus vite même que si les Islandais avaient accepté le moratoire de remboursement.

    2. Qu’est qu’on vous a jeté dans les yeux…et dans la réflexion pour être aussi peu réaliste que ça ? Ah, oui, je vois « Vive le libéralisme ! ».
      Cela fait des dégâts, graves les dégâts !

    3. Suède, Norvège, Island. Sont malheureux ces gens.

      1) Démocratique : mot bateau qui ne veut rien dire. Le citoyen n’a pas droit de citer.

      2) Les peuples votent pour qui ont leur dit de voter. Ici même : Macron

      3) Les forces mondiales: comme le marché une entité inexistante. La Corée du nord avec son tromblon fait tremblé le monde

      4) La gauche: connais pas.

    4. Bonjour Hadrien, merci pour votre « argumentaire » (mais peut-être pratiquez-vous l’ironie ?). Dans le doute :
      – « l’Europe sur l’autoroute marxiste » : ??? Il était donc caché là, le grand méchant diable ! (vous parliez vous-même de slogans et d’aveuglement….)
      – « L’Europe est démocratique »: quelques faits : le CETA, on applique et on ratifie après (une trouvaille géniale !) – La Commission qui a l’initiative exclusive des lois (législatif) et de leurs applications (exécutif) – mais vous le saviez sans doute; 30000 lobbyistes à Bruxelles aux petits soins de nos chers députés et commissaires (au moins, c’est efficace !); et pleins, pleins d’autres choses….(fastidieux)
      – « Les peuples votent à droite » : notez qu’une partie du « peuple de droite » (de plus en plus d’ailleurs, à ce qu’il paraît) vote contre l’UE…. pas simple.
      – La souveraineté : j’avoue que le sujet est complexe : certains parlent de souveraineté partagée (locale, nationale ou supranationale), d’autres de souveraineté une et indivisible. Quand on va parler sérieusement de sous (avec l’Allemagne par exemple), on va voir concrètement comment la souveraineté européenne va s’exprimer…. (on le perçoit déjà très nettement – cf. le dernier billet de F. Leclerc).
      Néanmoins, d’accord avec vous, l’union fait la force (reste à savoir quelle union et pour quoi faire…).
      – « la gauche rouspète » et veut plus de sous (c.à.d. du « pouvoir d’achat ») : disons que pour être plus clair, elle ne veut pas moins de sous – surtout quand, en même temps, la « droite » obtient plus de sous (voyez ce que je veux dire).
      – Quant à « l’obésité » : vous connaissez sans doute la situation sanitaire désastreuse aux USA et (surtout) au Mexique, et de plus en plus en Europe… ça ne prête pas à sourire (sujet social grave).
      En conclusion, j’espère que « nos élites », en particulier celles qui nous représentent, ont un peu plus progressé dans leur réflexion, car depuis au moins 10 ans beaucoup de choses se sont passées et sont de plus en plus « sur la place publique »; sinon il risquerait d’y avoir encore un petit malentendu….(genre Brexit, par exemple…).

    5. @ Hadrien.

      1) L’Europe sera démocratique le jour où les Etats qui la composent le seront eux même. Nos avons devant nous actuellement des régimes bonapartistes, où le pouvoir est concentré dans les mains d’un exécutif tout puissant. La construction européen est une copie conforme de ce schéma, avec une commission de Bruxelles (nommée et absolument pas élue) toute puissante, et un parlement croupion à Strasbourg.

      2) Si les résultats électoraux favorisent des partis de droite, c’est premièrement sur la base d’une abstention massive, liée à un dégoût des politiciens menteurs, secondement, du fait que la gauche se retrouve aujourd’hui sur bien des points, à droite de la droite, de toute façon bien incapable d’oser se mettre, unie et résolue, à la tête des masses pour aller de l’avant.

      3) Quelle connerie vraiment cette histoire de taille des Etats, alors même qu’actuellement une petite Corée du Nord tient tète au monde entier. L’union fait la force nous dites vous ? Mais une Union pour quoi faire ? Engraisser en priorité les capitalistes européens au détriment des capitalistes du reste du monde ?

      4) Cela ne vous auras pas échappé, qu’hier les bureaucrates syndicaux de la fonction publique, ce que vous appelez pour faire simple la gauche, si elle rouspétait, ce n’était pas pour avoir plus: « plus de pouvoir d’achat (donc plus de capitalisme) », mais dos au mur: contre la CSG, contre le gel des salaires (avec l’inflation perte de salaires), contre le jour de carence, contre le salaire au mérite etc.

      Ils s’y prenaient de toute façon de telle manière, ces directions syndicales traîtres (pas de préavis de grève à la SNCF ou RATP par exemple, dans la division, une seule journée, afin que demain hop on retourne servir la soupe au pouvoir, et surtout surtout ne pas politiser les manifestants), qu’un travailleur pouvait se demander légitimement si il n’était pas victime d’un numéro de cirque, entre un clown qui épluche des oignons (le pouvoir) et les les autres qui pleurent (les chefs syndicaux).

      Le capitalisme libéral est une « saloperie » qui a fait de l’obésité une maladie de pauvres, nous dites vous !

      Allez expliquer ça à Hamon et Laurent (avec la complicité de l’extrême gauche) qui ont tout fait pour perdre les élections. Allez expliquer ça à Martinez et Mailly (ce triste Mailly qui ose affirmer que si son syndicat réclame le retrait des ordonnances il part) qui continue, et continue encore à soutenir à bout de bras le capitalisme faisant de nos gosses des monstres.

      Mais pas à nous hein ! Sur ce blog nous sommes de gauche et anti capitalistes. Et si nous ne sommes pas encore tous marxistes, cela ne devrait plus tarder, à présent que les postures, « Les slogans et aveuglements » à la Macron, sur l’Europe de la liberté et de la prospérité, viennent se fracasser sur la dure réalité de leur impuissance chronique de maintenir -au moins- le niveau de vie des travailleurs européens.

  6. Le capitalisme néo( ou pas ) libéral est la religion mondiale devenue la « Constitution » mondiale de fait d’un peuple mondial qui n’existe pas .

    Les seules expériences d’autre chose qui aient une chance de faire prendre la mayonnaise nécessitent un territoire géographiquement homogène , peuplé d’au moins 500 000.000 d’habitants pour se donner un marché potentiellement autonome et capable de maîtriser les investissements de masse nécessaires pour rester en capacité de créer les outils innovants , capable d’échapper au diktat du dollar , capable d’une défense à un niveau mondial , capable de réunir en propre les talents de très haut niveau en matière de connaissances et applications …;

    Les USA étant exclus par construction , la Russie étant out et adepte du capitalisme d’Etat , les émergents étant out par faiblesses séquentielles , l’Europe ayant raté le coche depuis des décennies par cause de trop d’héritages bourgeois ( et pourtant c’est elle qui avait le plus d’atouts en mains )… Qu’est ce qui reste ?…

      1. Gagné .

        En ultime recours , si on lui accorde un siècle de montée en puissance , l’Afrique . Mais c’est trop tard .

  7. Bonjour Monsieur Jorion,

    Ce petit message pour vous informer que je ne pourrai pas venir à la soirée du Vicomte organisée le 28 octobre 2017.
    Pas de délicieuses spaghettis donc pour moi.

    Cordialement

    1. C’est bien la démonstration du manque de solidarité des européens , qui s’abritent facilement derrière la soit- disant « impasse européenne », pour qu’un français refuse de déguster des spaghetti italiens en Belgique .

  8. L’Europe, c’est mort. C’est un trou noir en formation qui s’effondrera sur lui même dans les 10 ans qui viennent. L’Allemagne, qui n’en peut plus d’être « über alles », va tout faire imploser. Si on lit bien E. Todd et sa remarquable démonstration fondée sur les valeurs véhiculées par des type familiaux disparus depuis des dizaines d’années, le projet était non viable depuis le début. La seule Europe qui a marché, c’est celle de la coopération entre nation, qui a accouché d’Airbus, Aérospatiale, Concorde etc… L’Europe « Junckerisée » en serait bien incapable, transformée qu’elle est en désert absolument infertile. La France y aura juste laissé toute son industrie. Il y a des comptes qui vont se régler de manière sanglante, je pense.

      1. Sans en être certain, je pense qu’Abraxas pensait plutôt à la lanterne. Dans le sens où l’on disait lors de la Révolution : « A la Lanterne ! »

        Toute violence contre les représentants élus serait fondamentalement injuste en plus d’être criminelle. S’ils ont agi de la sorte, c’est qu’ils ont été élus pour, et réélus encore !

        Un peuple ne peut pas se défausser des conséquences de ses choix sur les dirigeants qu’il avait élu pour les mettre en oeuvre. Cela s’appellerait choisir un bouc émissaire.

  9. « Tous les problèmes n’ont pas de solution. » (Jacquot)

    Qu’il n’y ait pas de solution satisfaisante c’est ce que semble être en train de démontrer la Grande Bretagne qui, bien qu’on lui ait accordé de rester en dehors de la zone euro, n’arrive ni à se décider à rester dans l’UE ni à se décider à ne plus en faire partie.

    C’est aussi ce que semblent être en train de démontrer la Catalogne, l’Écosse et quelques autres (mais j’exclus la Padanie, qui ne vise à mon avis qu’à renforcer sa « domination coloniale » sur le sud de la péninsule.)

    … Et pourtant, si on compare aux exemples que l’Histoire et l’actualité nous fournissent (la guerre de Sécession aux États-Unis par exemple), c’est mieux qu’une guerre. À la limite c’est se mettre d’accord pour décider à pile ou face qui serait la meilleure solution!

  10. « Cela ne pourra pas tenir longtemps »
    Je crains que oui, cela pourra encore tenir un certain temps.
    La doctrine néolibérale, défendue par pratiquement toute la classe politique dominante dans toute l’Europe, a la vie dure.
    L’essentiel se joue au niveau économique, au niveau des grands comptes. Par exemple: il existe une espèce rapacière, les (je traduis) « actionnaires activistes ». Ce sont des nantis qui achètent une importante part des actions d’une entreprise pour y exercer une forte pression sur sa direction pour que la société soit encore plus performante en terme de rentabilité. Cette espèce est très répandue en Amérique du nord, présente en Angleterre et en Suéde. Je veux dire par là: tout est focalisé sur le gain en productivité, en rentabilité financière pour le bien des actionnaires, et droit privé protège ces manoeuvres, juridiquement on ne peut rien faire.
    Le problème de fond c’est donc bien un problème moral. Quelque fois je suis tenté de baptiser notre époque « époque sociopathe », bien que cela ne soit pas compatbile avec la pensée scientifique. Mais on en est là.

    1. Cela tiendra éternellement: la propagande et le conditionnement éducatif y pourvoira.
      22 % de taux de pauvreté en GB, une rébellion en vue: Non
      Idem au USA, une rébellion en vue: non.
      17 % de taux de pauvreté en Germanie, Merkel réélue.

      1. A priori , et même si les deux sont bien évidemment liés , le taux d’emplois très bas ( ça rejoint les billets sur gratuité et travail ) est plus susceptible de susciter des mouvements sociaux que le taux de pauvreté . Dans les deux cas c’est l’importance de la variation vers le bas , et son accélération , qui crée le « mouvement ».

        On notera au passage que l’Europe a ces indicateurs parmi les multiples qui peuvent orienter ses choix d’aides ( enfin , avait car je ne sais plus où ça en est ) .

      2. Quand la propagande minoritaire de quelques milliardaires se fait passer pour  » l’Information normale « , il n’est pas étonnant de constater l’atomisation des peuples et leur ignorance foncière des enjeux contemporains avant le passage aux urnes. Pas de victoire des peuples aux élections nationales sans contre-propagande efficace, régulière, approfondie et continentalement partagée. Question : Qu’ont fait les peuples européens pour aider le peuple grec broyé par la machine allemande de l’U.E ?
        Réponse : Rien.
        Question subsidiaire : Pour quelle(s) raison(s) n’ont-il rien fait ?

      3. Lisez le le dernier opus d’Emmanuel Todd: « Où en sommes nous? » vous comprendrez les raisons profondes qui expliquent ce que vous soulignez sur les taux de pauvreté en Grande Bretagne et aux Etats-Unis (dont je rappelle quand même qu’ils sont directement à l’origine du Brexit et de l’élection de Trump) ou encore en Allemagne.

  11. A noter justement le discours de JLM sur l’Europe hier à l’Assemblée Nationale. J’approuve dans les grandes lignes, et j’espère vraiment qu’un débat de fond va pouvoir émerger sur le sujet. J’espère que François Leclerc pourra nous fournir son analyse de fond, et en tant que grand observateur de la question, continuer à nous donner des clés de compréhension…. Il y a des points cruciaux, comme ceux de la souveraineté , de la démocratie et de la compréhension des mécanismes et de tous les disfonctionnements constatés jusqu’à présent. Si la situation se poursuit, c’est de nature à mener à une désintégration, ou (pire) à une sorte de soumission à un régime rendu de moins en moins démocratique (et au passage, de plus en plus oligarchique). Navré de voir que les sièges de l’Assemblée aient été aussi clairsemés, preuve, s’il en fallait, de la grande pusillanimité des politiques actuels (on le savait largement avec LREM)… Mais un bon point pour Monsieur Le Drian, qui a l’air attentif au propos de JLM….A voir absolument.

  12. L’alternative, est/a toujours été:
    – Europe de la coopération (c’est à dire pas d’Europe du tout) possiblement non libérale (ça dépend du rapport de force avec les oligarchies locales)
    – Europe fédérale mais domination sans partage de l’ultra-libéralisme ( libre circulation des capitaux, des hommes, des marchandises…).

    On a vu dans l’épisode grec que PJ, contre Sapir, préferait garder l’UE et sacrifier les grecs sur l’autel de l’ultralibéralisme.
    Au passage, on aurait bien aimé a minima une réaction sur l’action de censure contre Sapir (a moins qu’elle ait eu lieu et qu’elle m’ait échappé?)…

    C’est le choix de PJ: L’UE et un retour en arrière de 50 ans en termes de droits sociaux et de domination politique des citoyens (imaginer que l’UE se démocratisera demain alors que tout, depuis sa construction, va dans le même sens, à savoir permettre aux principaux actionnaires des multinationales de s’affranchir de + en + des limites que pouvaient leur imposer les parlements des Etats!), plutôt que pas d’UE et la possibilité, à terme, de redéfinir un pacte social plus à l’avantage des 70% les moins fortunés.

    Je soupçonne son choix d’être en partie motivé par la piété filiale, et en partie par la dimension libertaire de « l’ideologie » 68 (Cohn Bendit 2017, validant l’analyse d’un Clouscard, conformément à la critique d’un Houellebecq, illustre bien ce qu’il y avait dès le départ de connivence entre 68 et l’ultra-libéralisme… et donc d’attachement à cette Europe ultralibérale).

    1. On a vu dans l’épisode grec que PJ, contre Sapir, préferait garder l’UE et sacrifier les grecs sur l’autel de l’ultralibéralisme.

      Y a bien eu quelques simulations pour voir si passer d’une production massive en vrac vendue à l’agroalimentaire à une production en bouteille pour l’huile d’olive permettrait à la Grèce d’avoir un semblant d’économie en dehors du tourisme, mais malheureusement, ça collait pas des masses.

      Quant à Sapir, le rappel utile qu’un portail académique et scientifique n’est pas une tribune de propagande à outrance pour Vlad 1er n’avait que trop tardé. Censure ? Non, juste retour des choses.

      1. J.A. (11/10 à 14h03) écrit :
        ((==>SAPIR)) … »Censure ? Non, juste retour des choses. »

        Sauf que…une simple lecture de l’intitulé-adresse de sa production d’articles permettait de comprendre « d’où » il pouvait parfois écrire…ce qui n’est pas toujours le cas..ne pensez-vous pas??
        Le fait qu’il soit maintenant repris par exemple par le blog (honni?) d’Olivier BERRUYER ne manquera pas d’amener ses groupies dans d’autres sentiers.. Est-ce mieux?

    2. L’alternative entre sacrifier le système social et la lutte contre les inégalités d’une part, sacrifier l’UE d’autre part appelle un choix. C’est encore l’alternative entre le risque que la course à l’inégalité et au chômage ne connaisse pas de fin d’une part, le risque qu’un système supranational ne soit pas remplacé par des coopérations internationales mais par la guerre de tous contre tous d’autre part.

      Les raisons de tel ou tel de choisir l’un ou l’autre terme de l’alternative… eh bien, « qui peut sonder les reins et les cœurs ? ». Les raisons les plus profondes regardent chacun, nous ne partageons que des arguments dans un sens ou dans l’autre.

      Personnellement je préfère le second terme avant tout parce que je ne crois pas l’UE indispensable à la prévention de la guerre générale en Europe – je soupçonne même que son existence joue un rôle dans la multiplication des disputes internationales depuis quelques années, disputes qui à y regarder de plus près n’auraient pas eu de raison d’être sans la « proximité forcée » induite par l’appartenance à l’UE. De manière plus imagée : vous pouvez très bien vous entendre avec vos voisins et faire certaines choses en commun avec eux, il n’empêche que si vous décidez de vivre désormais tous ensemble dans une grande maison… vous ne tarderez peut-être pas à trouver des occasions de vous disputer !

      Pour qui pense que les Européens recommenceront à s’entre-tuer s’il n’y a plus d’UE, j’imagine que la marche vers plus d’inégalité et moins de prospérité peut sembler un moindre mal. Après tout, mieux vaut pointer à Popol Emploi voire être à la rue que charger au Chemin des Dames voire y mourir.

      Concernant Jacques Sapir, je ne sais pas si la suspension de son blog était justifiée ou non, mais de toutes façons ce n’est qu’une péripétie. Si c’est une censure, c’est une censure bien faiblarde ! Il y a pas mal de gens qui ont fondé et développé un blog personnel avec une infrastructure payée de leurs deniers ou de ceux des lecteurs 🙂 … rien n’empêche Sapir de faire de même.

    3. Galopin.
      Vous devriez savoir que Paul travaille pour le long terme. L’immédiateté des pb souvent évoqués ici depuis quelque temps n’est qu’un tremplin pour penser le Futur, pas pour les résoudre… Car le Futur, éclairé dès maintenant, sera idéal. Forcément idéal.

      @ Julien Alexandre: vous avez oublié la Fétà. J’avais, en son temps évoqué, sans calcul, une comparaison entre ce fromage et une Mer…dès. ( pas de pub…). Combien de l’une pour avoir l’autre? [ je l’avais orthographié Fetta, malheureuse confusion…].

    4. C’est le choix de PJ: L’UE et un retour en arrière de 50 ans en termes de droits sociaux et de domination politique des citoyens
      Vu d’ici, la France, démontrez moi cher monsieur en quoi les droits sociaux seraient ravalés au niveau misérable de 1967, tout comme en quoi la « domination politique » du péquin moyen auraient été élevée au pires moments de l’Etat UNR/UDR.

  13. Nous portons trop d’attention à l’économie. Cette polarisation nous envahit la conscience et l’amoindrie. Or, il n’y a pas de théorie universelle avec ce qui est essentiellement contingent et subordonné. Le néo-libéralisme n’est qu’une de ces théories mise sur pied pour justifier l’enrichissement d’une classe sociale de plus en plus étroite. L’ Ancien Régime se distinguait par la proportion des Nobles, environ 1% de la population. Ça devrait évoquer une conséquence : nous avons sciemment recréé une Noblesse, et aussi peu mobile que l’ancienne. Une théorie ad’ oc, une croyance universelle et 20 ans de patience, le trio pour que le tour soit joué.

    Je propose d’appeler cette soumission idéologique l’ « économistique ».

    Par quoi la remplacer ? Par la Politique. Espérer courber l’Allemagne à nos intérêts, forcément universels, est un rêve dangereux. L’Allemagne étant entièrement vouée au veau d’or exportateur, le biais économistique n’a aucune chance de succès. Et sans doute pour longtemps vu l’état de délabrement de notre Industrie.
    Alors que la Politique, et son instrument la diplomatie, nous redonne une chance de créer des coalitions capables de l’influencer.

    Mais, il faudra du temps : on ne se désintoxique pas facilement des affaires de pognon, surtout quand on ne perçoit pas qu’il s’agit de considérations contraires à nos intérêts. Il faudra aussi un sérieux effort sur nous-mêmes pour épargner les plus pauvres et défavorisés. Dans cette idée, l’ennemi est le tout ou rien ou une idéologie mal léchée : une taxe Tobin sur le HFT, pas suffisante ? Alors prévoyons un impôt sur les automates suppresseurs d’emploi. Une Allocation ‘Universelle’ ? oui, mais proportionnée au revenu. Le Graal de la gratuité des besoins de base est encore lointain .

    Dans la mesure où nous nous en tenons à un opportunisme raisonnable, toutes propositions méritent examen. Et souvenons-nous qu’en étant tous des Gaulois d’adoption, nous n’avons qu’une crainte : que le ciel nous tombe sur la tête. Pas l’instabilité des lois et règlements.

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